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 Sujet du message: Re: Le Désert Bleu
MessagePosté: Lun 3 Sep 2012 13:05 
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Épisode XI - Une évasion qui tourne mal


Au sortir de ma cellule, nous émergeâmes dans un large couloir qui se séparait immédiatement en trois passages. Un à droite, un autre à gauche et un dernier droit devant nous. Celui-ci ne s'étendait que sur quelques mètres avant de déboucher dans une nouvelle salle, tandis que les passages de droite et de gauche se prolongeaient bien plus loin avant de bifurquer parallèlement au premier, disparaissant de ma vue du même coup.
Je ne pus m’empêcher de noter le style - ou plutôt, l'absence de style - de ces lieux. Les couloirs en eux-mêmes étaient droits, géométriques et dénués de tout ornement. Ils avaient visiblement été taillés directement dans la pierre et les responsables de ce travail minutieux ne s'étaient manifestement pas donné la peine de sculpter une quelconque décoration.
Ajoutez à cette architecture l'éclairage sombre et oscillant des flambeaux épars disposés çà et là dans de lourds porte-torches en fer, et vous obtiendrez l'ambiance glauque et inquiétante qui régnait dans ces corridors nus.

Mais Aregh ne me laissa pas le temps d'observer plus en détails ces couloirs à l'allure sinistre. Sans même se donner la peine de refermer la porte derrière lui - après tout, l'alerte était déjà donné -, il bondit sur la droite en m'entrainant avec lui et nous plaqua tous deux contre le mur le plus proche. En effet, à l'instant même où nous fûmes à couvert, la salle d'en face bourdonna brusquement d'activité. A en juger les bruits de pas précipités et le cliquetis des armes, une petite troupe armée d'une douzaine d'individus était en train de la traverser à vive allure.
( Heureusement qu'ils nous sont pas tombés dessus, ceux-là ... ) Me fis-je la réflexion alors que je tentais de calmer ma respiration saccadée.

Nous restâmes donc ainsi jusqu'à ce que les bruits cessent, guettant les alentours et restant à l'écoute du moindre son.
Je n'avais guère de notion de temps, mais je devinai qu'il s'était bien écoulé deux ou trois minute lorsque je pus sentir Aregh se décrisper, juste à côté de moi. La menace étant effectivement passée, j'en fis immédiatement de même. Puis l'homme des sables me tapota doucement l'épaule et se remit en marche en empruntant le passage de droite. Je n'avais aucune idée de là où il nous menait mais je lui faisais confiance et il avait l'air assez sincère et sûr de lui pour que j'accepte de le suivre sans discuter.

Tandis que nous marchions lentement et discrètement, je remarquai que le mur que nous longions, à notre droite, était muni de nombreuses portes identiques à celle de ma cellule. De certaines s'échappaient quelques gémissements tandis que d'autres laissaient entendre de véritables cris furieux et étouffés par l'épaisseur de la roche. De peur, de douleur, de folie ... qu'importe. C'étaient toutes des geôles. Nous étions dans la prison de la Crête du Serpent, il n'y avait plus l'ombre d'un doute là-dessus.

Chaque pas était une épreuve qui semblait durer une éternité et qui réclamait un effort constant. Le stress étreignait mon esprit, rendant mes mains moites et mon souffle court tandis que mon cœur battait la chamade dans mes tempes et ma poitrine. De plus, et à chaque instant, je devais faire extrêmement attention à ce que mes nouvelles et longues griffes d'acier ne touchent pas les parois en roche polie du couloir dans lequel nous progressions. Au rythme auquel nous allions, il nous fallut plusieurs minutes pour atteindre la fin de cet interminable couloir, qui bifurquait alors en angle droit sur notre gauche.

Quand nous nous approchâmes du croisement, Aregh m'ordonna d'un simple geste de la main d'attendre, le temps qu'il vérifie que le prochain couloir était bien vide. Collé au mur, il s'avança à pas de velours et jeta discrètement un œil de l'autre côté du virage. L'instant d’après, il faisait un pas en avant en se retournant fugacement pour me faire un signe de tête. La voie était libre.

Pénétrant alors dans le couloir de gauche, je remarquai que celui-ci se prolongeait sur une trentaine de mètres pour finalement déboucher dans une nouvelle salle, vivement éclairée et d'où nous parvenaient quelques échos de voix. Le couloir en lui-même, toujours droit et monotone, ne dégageait pas plus de style et d'ornementation que le précédent. On pouvait d'ailleurs y voir les mêmes portes, disposées à intervalle régulier sur le mur de droite ...

Accroupis dans l'ombre, nous progressions avec difficultés lorsqu'un bruit de fond, en plus des divers gémissements qui provenaient des cellules, attira mon attention. C'était un brouhaha, irrégulier et lointain, qui semblait provenir d'en dehors de ces larges murs de pierre et qui croissait sans cesse. Il me semblait entendre le grondement des voix et le fracas des armes caractéristiques d'un affrontement féroce ...
( Cela expliquerait les cris que j'ai entendu en quittant ma cellule ... ) Songeais-je en conservant mon allure, lente et méthodique. ( Seulement ... Qui pourrait bien être assez fou pour s'en prendre aux Al Maijid et à une forteresse telle que la Crête du Serpent ? )

Soudainement, sans que je ne m'y attende le moins du monde, un hurlement déchirant retentit dans mon dos et résonna dans tout le couloir. Mon cœur faillit s'arrêta et je ne pus retenir un violent hoquet de surprise en me retourna vivement ... pour découvrir un couloir bel et bien vide.
J'étais tellement occupé à réfléchir aux origines du lointain brouhaha étouffé qui m'intriguait tant que je ne compris que trop tard que le hurlement n'était rien d'autre que le cri d'un prisonnier, dans sa cellule ...

Mais le mal était fait. Mon exclamation de stupeur résonna encore un court instant - qui me sembla durer une éternité - puis s'estompa pour laisser place au silence. Un silence oppressant, moite et pénible. Aregh et moi nous étions immobilisés et je pouvais le sentir extrêmement tendu, prêt à réagir s'il le fallait. L’atmosphère devint alors si lourde et si écrasante qu'il me semblait que même le temps s'était arrêté ...
L'espace d'une seconde, je crus bien que ma maladresse était passée inaperçue. Mais l'espoir fut de courte durée.

« Qui est-là ?! » S'exclama une voix depuis la salle qui nous faisait face. Puis, au même moment, dans la lumière de celle-ci, se détacha une sombre silhouette humaine, un sabre à la main.
Elle eut un instant d'hésitation puis sursauta et brandit son arme en reculant d'un pas. Nous étions vus ...
« Intrus, mes frères ! Des intrus dans le couloir Est !! »

Aregh jura sous son masque puis, aussi vif qu'un éclair, bondit sur ses pieds et détala à toutes jambes vers là d'où nous venions. Je m'apprêtais à le suivre, ne comprenant pas pourquoi il s'enfuyait ainsi, mais il m'en empêcha.

« Occupe-toi de celui-là ! Je me charge des autres ! Le laisse surtout pas filer ! » Lâcha-t-il à la vas-vite en me passant devant sans même m'adresser le moindre regard. Il ne m'avait pas appelé par mon nom ... la situation devait être extrêmement grave !

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Je suis Kogan, le Moine Woran tigré. Mais vous pouvez aussi m'appeler Krogan, Hulk Hogan, Koganounet à la crême, Koko, Cagounet, KahounInet, le Koganator, Koganinounichounafibichibidisloubidou, Kogy, Koganichoninet, ... Ça dépend des gens ! ^^
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Un grand merci à Vilnish et à Itsvara pour la signature !
Je voudrais adresser un hommage aux pages 11430 à 11440, qui furent
victimes de la terrible guerre du 9 avril 2012 et de ses conséquences.
Rendons également un hommage aux auteurs des pages 12380 et 12381 pour
leur élan lyrique et poétique ... qui retomba si rapidement dans la médiocrité ...
Mais il serait injuste de ne pas avoir une pensée pour les pages 13358 à 13366, qui se
sont héroïquement sacrifiées pour démontrer que BlaBla et RP ne font pas bon ménage ...


Dernière édition par Kogan le Dim 25 Nov 2012 20:02, édité 3 fois.

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 Sujet du message: Re: Le Désert Bleu
MessagePosté: Dim 23 Sep 2012 15:34 
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J’acquiesçai de la tête en regardant l’homme des sables vêtu de mauve s’éloigner à toute vitesse. Je lui faisais suffisamment confiance pour être certain qu’il n’allait pas me trahir et m’abandonner comme ça.
Cependant, avant de partir, il m'avait laissé des instructions précises et on ne peut plus claires : Régler rapidement son compte à cet homme armé qui me barrait la route. Honnêtement, je ne demandais pas mieux ! C'était l'occasion rêvée de tester mes nouvelles griffes et de me remettre au Nakralen. Au vrai Nakralen, pas à cette pâle imitation à mains nues dont j'avais dû me satisfaire durant ces quatre dernières années. D'autant que j'avais l'impression de ne pas avoir combattu depuis des siècles, mon dernier combat dans l'arène me paraissant déjà si lointain ...

Mais je ne m'arrêtai guère plus longtemps à ces réflexions. Retroussant mes lèvres et découvrant mes crocs, je poussai un feulement bestial avant de m'élancer en avant. Ce qui restait de ma douleur et de mon engourdissement me gêna et me ralentit sur les premiers mètres, mais s'estompa rapidement sous les effets de l'adrénaline.
De plus, en pleine course, un vivifiant sentiment de liberté vint attiser la flamme de ma détermination, la changeant en un véritable brasier de fureur qui brûlait dans ma poitrine et qui me fit pousser un nouveau rugissement.

Il ne me fallut qu'une poignée de secondes pour franchir la distance qui me séparait de ma cible. Celle-ci, toujours floue et indistincte, reculait prudemment et maintenait son sabre contre elle, au niveau de sa taille.
Ce n'est qu'en déboulant à toute vitesse dans la pièce éclairée que je pus enfin observer mon adversaire, même si ce n'était pas vraiment la priorité de mes yeux écarquillés et injectés de sang ... Couvert d'amples robes grises et du traditionnel boubou, un cimeterre à lame large et courbe dans la main droite, cet hommes des sables - un Al Maijid à en juger son accoutrement - ressemblait à tous les hommes des sables que j'avais pu connaître, de près ou de loin. Et, comme pour chaque représentant de ce peuple infâme, je nourrissais envers lui une haine profonde et viscérale.

« Hin Dir ! Nahkriin !! » Beuglais-je en bondissant sur le dernier mètre, griffes brandies en avant.

Probablement conscient qu'il ne pourrait pas me stopper dans ma charge, le guerrier du désert esquiva mon assaut au dernier moment. Il se jeta prestement sur sa gauche tout en repoussant mon gantelet du plat de sa lame. Je voulus aussitôt enchaîner avec l'autre main mais mon élan m'avait déséquilibré et m’entraîna deux bons mètres plus loin.
Le temps que je me retourne, l'homme des sables fonçait déjà sur moi, son sabre pointé dans ma direction et prêt à m'embrocher. Je fis alors un pas en avant et, exploitant tous les bénéfices de mes nouvelles armes, je déviai le coup d'un simple revers, laissant à ma deuxième griffe l'occasion de se frayer un chemin dans la garde ouverte du guerrier. L'agilité et la réactivité de ce dernier, combinées au poids inhabituel de mon arme, lui évitèrent de se faire transpercer au niveau du torse. Son épaule gauche eut moins de chance, cependant, et ses robes se déchirèrent là où trois vilaines estafilades venaient de s'ouvrir.

Portant la main à son épaule meurtrie, le Al Maijid recula gauchement et en grommelant de douleur. Un espace s'était ouvert entre nous et le combat cessa un instant. Un court instant ... En effet, j'étais bien décidé à ne pas laisser à ce misérable humain la moindre seconde de répit et je m'élançai donc sans plus tarder.
En un hurlement, je fus de nouveau sur lui. Cependant, même blessé, mon adversaire était largement capable de se défendre. Il dévia mon premier coup de griffes, évita le second, puis para adroitement le suivant, bloquant mes lames entre nous deux et m'empêchant du même coup de frapper sans prendre le risque de me blesser.

« Le tigre sans griffes ... C'est bien ça ? » Ricana alors l'homme d'un air amusé.

« Ne joue pas avec moi, humain ... » Lui lançai-je en retour, crachant le dernier mot comme s'il s'était agi de la pire des insultes. Puis, dans un grognement de frustration, je fus forcé de briser l'affrontement et de reculer d'un pas pour dégager mes griffes.

« Tu sais, j'ai connu un charognard, une fois ... Il m'a raconté comment l'Œil-de-Vautour te les a arrachées ... Tes griffes ... Il parait que tu as hurlé jusqu'à ce qu... »

Mais il n'eut pas le temps de finir sa phrase que je me jetais déjà sur lui, hurlant et luttant pour ne pas faire attention aux douloureux souvenirs qu'évoquait en moi cet homme cruel. En vain. Je ne me contrôlais plus.
Mes griffes d'acier laceraient l'air frénétiquement, sans pour autant toucher leur cible. En effet, uniquement animées par la rage et la douleur, mes attaques n'étaient plus que de vulgaires moulinets désordonnés, que le guerrier du désert n'avait aucun mal à esquiver.

Il me fallut plusieurs secondes pour m'en rendre compte. Je ne faisais que m'épuiser inutilement pendant que mon adversaire se contentait d’éviter mes assauts répétés, rassemblant ses propres forces pour quand je commencerais à faiblir. Il cherchait à me déstabiliser afin de reprendre l'avantage sur ce combat ...

( Ressaisis-toi, imbécile ! ) M'ordonnai-je intérieurement lorsque je m'en aperçu. Je devais me recentrer immédiatement sur cet affrontement si je ne voulais pas le perdre.

Je m’efforçai alors de calmer ma respiration, de détendre mes muscles et de ralentir mes gestes. Il fallait que je fasse le vide dans mon esprit et ce n'était guère possible dans cet état de rage.
Pourtant, lentement, mon souffle reprit un rythme à peu près normal et je pus sentir les effets de l'adrénaline diminuer progressivement. Ce n'était pas encore tout à fait ça, mais c'était un bon début. De même, mes gestes ralentirent en force et en vitesse ... C'était le signe qu'attendait cet Al Maijid pour enfin passer à l'action.

Voyant mes attaques s'affaiblirent, il pensa peut-être que j'étais à bout de forces ou que je me décourageais ... Il en profita alors pour bondir dans ma direction en essayant de m'ouvrir en deux par le bas. Ayant retrouvé une partie de ma concentration, je parvins à me déporter in extremis sur la gauche et même à bloquer le sabre de l'homme entre deux des lames de ma griffes droite. Mes lèvres s’étirèrent en un sourire involontaire et carnassier : il était à ma merci ...

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Dernière édition par Kogan le Lun 26 Nov 2012 23:26, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Le Désert Bleu
MessagePosté: Dim 28 Oct 2012 09:07 
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L'homme des sables tenta d'abord de dégager son arme bloquée mais je l'en empêchai en levant et en tordant brusquement mon bras droit. Puis, de l'autre poing, je frappais d'estoc ce misérable humain dans les yeux duquel je pouvais lire la panique et l'impuissance.
Les trois lames d'acier s’enfoncèrent profondément au niveau de sa hanche, lui arrachant un bref cri de douleur tandis que je sentais ses forces diminuer. Profitant de cette faiblesse, je tirai un grand coup sur mon bras qui immobilisait son arme, le forçant à la lâcher et l'envoyant valdinguer quelque part dans la salle ... Dans le même geste, mon genou opposé fusa vers son torse et le frappa violemment aux côtes.
Dans un bruit sourd, et le souffle coupé, il fut soulevé du sol et s'écroula lourdement un peu plus loin.

Un petit rire victorieux et teinté de cruauté me prit à la vue de cet homme des sables vaincu, ainsi étendu au sol et comprimant vainement sa blessure. Lorsqu'il tourna ses yeux vers moi et qu'il vit que je m'approchais de lui à grandes et lentes enjambées, son expression passa rapidement de la douleur à la terreur. Il tenta désespérément de mettre de la distance entre nous en battant l'air de ses pieds ... en vain.

« C'est terminé ... Tu as perdu ! » Crachai-je entre deux soubresauts, dans le but de saper le peu de combativité qu'il restait peut-être à cet homme.

Puis, une fois à sa hauteur, je levai lentement ma griffe droite et m’apprêtai à le mettre à mort. Ce geste m'était familier - en dehors du poids inhabituel de mes nouvelles armes - et pourtant, un profond et grave sentiment d'accomplissement emplissait mon être tout-entier. En effet, c'était la première fois que j'avais l'occasion de tuer un homme des sables ... depuis le raid sur mon clan, quatre ans plus tôt ...

« At … Attends … » Laissa alors échapper l'homme entre deux gémissements de souffrance tout en levant une main implorante. Malgré toute la haine que j'éprouvais à son égard, ma curiosité surpassa un instant mon sentiment de vengeance et je retins mon geste, désireux de savoir ce qu'il pouvait bien avoir à me dire.

« Le charognard … Il … Il m'a aussi raconté comment ils ont … Comment ils t'ont trouvé … » Commença-t-il d'une voix lente et faible. Puis son ton changea brusquement, passant de la supplication à la détermination et à la cruauté. « Et surtout comment ils ont massacré les tiens … ta famille ! Comment ils les ont traqués ... comme des bêtes ! Ils les ont éliminé les uns après les autres !! »

« Non, c'est impossible ! Tu mens !! » Hurlais-je en accompagnant mon cri d'un brutal coup de poing.

Les griffes de mon gantelet s’enfoncèrent profondément dans la chair du guerrier du désert, ouvrant trois nettes entailles sur son torse dans un bruit sec. Le sang qui s'en échappa gicla pendant une seconde, puis imbiba rapidement les robes déchirées de l'homme.
Cependant, malgré la souffrance, celui-ci ne laissa échapper qu'un faible et bref gémissement. Surement réprimait-il la douleur fulgurante qui devait l'envahir en cet instant, afin de garder une quelconque dignité dans la mort, peut-être ...

De mon côté, je refusais de croire ce que cette ordure venait de me dire … Je savais que les Charognards avaient poursuivis les miens à la suite de leur raid – j'avais même était durement torturé pour ça – mais j'étais persuadé qu'ils s'en étaient tous tirés … C'était ce qu'on m'avait toujours dit … Pourquoi me mentir à ce sujet ? Non, je ne pouvais le croire, ça n'avait aucun sens !

« Kogan ? Mais qu'est ce que tu fous, bon sang ?! » Cria une voix familière, m'interrompant dans ma montée bouillonnante de rage.

C'est à cet instant qu'une silhouette fit irruption dans mon champ de vision. Je relevais alors brusquement les yeux pour découvrir un nouvel homme des sables, encapuchonné, vêtu d'amples habits et portant un sabre à la main.
Ce n'est qu'au dernier moment, alors que je m’apprêtais à lui bondir dessus pour le tailler en pièces, que je me rendis compte qu'il ne s'agissait que d'Aregh. Ses yeux luisaient toujours de cet étrange et indéchiffrable éclat violet mais ses vêtements et sa peau étaient maintenant tâchés d'un sang épais et encore frais. Pas le sien, si l'on en croyait l'absence de traces de coups et de blessures qu'il affichait.
C'était lui que j'avais entendu, et il ne semblait pas des plus ravis. Au contraire, il y avait comme un ton de colère et de reproches dans sa voix.

« Je ... »

Préparant une réponse afin de me justifier, je me déconcentrai un court instant de l'homme que je tenais sous mes griffes. Une erreur stupide, encore une fois. En effet, l'homme en question n'en demandait pas plus, et dès lors que mon attention se détacha de lui, il profita de ma distraction pour commettre un dernier affront.
Avec une rapidité fulgurante, il produisit des replis de sa robe un petit couteau puis, criant une imprécation dont je ne saisis le sens, frappa du tranchant de l'arme.
Incapable de réagir à temps, je ne pus éviter le coup et la lame traça une profonde estafilade le long de mon tibia, ce qui me fit poser un genou à terre dans un grommellement de surprise.

Ma réaction fut immédiate. La curiosité qui avait retenu mes coups un peu plus tôt s'était évaporée, pour ne laisser qu'une sombre colère, sauvage et incontrôlable.
Les larmes aux yeux, essayant de me convaincre que les miens ne pouvaient être morts et que tout ceci n'était que mensonges, je poussai un rugissement bestial puis, prenant appui sur ma seule jambe valide, je plongeai violemment mes griffes dans la gorge du guerrier, mettant ainsi un terme à sa vie.

Le cœur serré et battant la chamade, la respiration haletante, je mis un long moment avant de reprendre mes esprits. Mais je finis quand même par me relever, tant bien que mal, tout en jetant un dernier regard haineux à ce qui restait de mon adversaire gisant, affalé dans une mare de sang. De son propre sang. De ce sang qui maculait mes bras et mon visage. De ce sang qui coulait dans les veines de tous ses frères hommes des sables ... De ce sang que je ne demandais qu'à rependre encore et encore ...

« Fais-moi voir cette blessure, Kogan ? » Aregh me ramena à la réalité en s'approchant de moi tout en rengainant son sabre dans son fourreau. Posant une main sur mon épaule, il s'agenouilla à côté de moi et examina mon tibia d'un œil expert.

« Bon, rien de bien grave. T'en fais pas, Kogan, on va pouvoir continuer. Juste le temps de ... Voilà ! » Diagnostiqua-t-il en se redressant après m'avoir fait un rudimentaire bandage bien serré à l'aide d'un pan de robe déchiré du guerrier que je venais de tuer.

On s'était cru tirés d'affaires ... Comme nous nous trompions !
En effet, au moment-même où nous nous apprêtions à nous remettre en marche, un rire sans joie éclata dans le fond de la salle, suivit d'un lent applaudissement lourd de sarcasmes.

Alors, comme un seul homme, Aregh et moi nous retournâmes pour identifier la source de ce ricanement moqueur.
Et là, dans cette modeste pièce des geôles de la Crête du Serpent, mes cauchemars devinrent réalité. Car, ne cessant d'applaudir, se détacha une silhouette de l'embrasure d'une porte ... La sinistre silhouette d'Œil-de-Vautour.

« Tiens ... Tiens ... Tiens ... Vous voilà donc, tous les deux. J'ai bien cru que je n'allais jamais réussir à vous mettre la main dessus, hm ? »

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Dernière édition par Kogan le Dim 25 Nov 2012 20:07, édité 4 fois.

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 Sujet du message: Re: Le Désert Bleu
MessagePosté: Ven 2 Nov 2012 02:36 
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Épisode XII - Une bien mauvaise rencontre


Les mains gantées d'Œil-de-Vautour cessèrent enfin de claquer l'une contre l'autre, suite à quoi il s'arrêta et prit une posture dédaigneuse, légèrement affalé sur lui-même, le bras reposant sur la poignée du sabre qu'il portait à sa ceinture. Il affichait toujours ce semi-sourire narquois et, à vrai dire, il semblait se délecter de la situation.

Le silence s'installa progressivement sans que personne ne le brise. Du coin de l’œil, je pus apercevoir Aregh se tendre imperceptiblement, prêt à réagir. Pour ma part, je tentais tant bien que mal de conserver mon calme en réprimant la tristesse et la colère qui envahissaient mon être tout entier.
Finalement, ce fut le leader des Charognards qui se décida à parler en premier.

« Qui l'aurait cru ? ... La crête du Serpent, un des camps rebelles les plus fortifiés du Désert de l'Est, assiégée par toute une horde de Kel Attamara ... Et voilà qu'un traitre parmi les traitres tente de profiter de la diversion pour voler mon champion ? » Déblatéra-t-il en se redressant pour faire un pas dans notre direction. Je crus voir Aregh bondir à son encontre, mais celui-ci retint son geste, portant simplement la main à la poignée de son propre sabre.

« L'aide des Kel Attamara pour dérober ce woran ... Sérieusement ?! Quelle perte de temps ! » Cracha-t-il en faisant un nouveau pas. « Dis-moi ... combien de temps ça t'a pris, de gagner leur confiance, hm ? Un an ? Deux, peut-être ? Et autant pour retrouver ma trace et préparer ton coup ... J'me trompe ? Dis-moi, j'ai bon ?? » Ricana-t-il, presque hystériquement. J'en vins à me demander s'il avait trop bu, s'il jouait la comédie ou s'il cherchait seulement à déstabiliser Aregh.
Pour ma part, je me concentrais plus sur le contrôle de mes émotions que sur le sens des paroles de ce serpent ...

« Et tout ça pour quoi, hm ? Pour ça ?! » Cria-t-il alors en me désignant de la main comme il aurait désigné un vieil objet brisé et désuet. Son ton montait, tandis que lui se rapprochait ... « Qu'est-ce que tu veux en faire ? Il n'est bon à rien ! Ce n'est qu'un pauvre petit tigreau estropié, séparé de sa famille et de son clan il y a bien des années ... »

C'en fut trop. Ces insultes, ces provocations, ... Je savais au fond de moi que c'était exactement ce qu'il voulait, mais je ne pouvais me retenir plus longtemps. La rage furieuse que je gardais en moi telle une bête en cage se libéra alors subitement et s'empara de moi.

« Kogan, non ! » Entendis-je crier Aregh lorsqu'il comprit ce que j'allais faire. Mais je fis la sourde oreille. Sans plus réfléchir, je pris appui sur mes deux jambes et bondit en direction de mon pire ennemi.

Ce dernier n'esquissa même pas un geste d'esquive. Il se contenta de se placer de profil, un sourire aux lèvres, et de poser la main sur la poignée de son sabre. En un éclair, il le tira de son fourreau, s'abaissa sous mon coup de griffes et se redressa brutalement en me bousculant. Déstabilisé, je ne pouvais éviter l'estocade mortelle qu'il enchaîna immédiatement après. J'eus tout juste le temps de faire un maladroit pas de côté, avant de placer mes poings armés devant moi, en parade.

La longue et fine lame de couleur sable se faufila habilement entre mes griffes et manqua de me trancher la gorge. Le réflexe de me reculer en arrière m'avait sauvé la vie, mais la main libre d'Œil-de-Vautour fusa dans ma direction et me percuta brutalement à la tempe.

Ma vision se troubla et, malgré l'adrénaline coulant dans mes veines, une intense douleur s'empara de mon crâne. Au même instant, mes oreilles se mirent à siffler et mon équilibre chancela.
Je parvenais à peine à distinguer mon adversaire dans la brume floue et rougeâtre qu'était devenue ma vue. Je le vis s'élancer vers moi, image par image, comme au ralentit ... Par réflexe, je levai mon bras gauche pour écarter son attaque. Mais tout ce que j'en récoltai fut une nouvelle douleur, au poignet, cette fois.

( Utu ... ) Implorais-je.

Je ne savais pas ce qui se passait, ni même où pouvait bien être celui que je combattais. J'étais perdu.
Bientôt, je ne vis plus rien, la douleur dans ma tête n'allant pas en s'arrangeant. Titubant comme un ivrogne, je tentais en vain de me rattraper à quelque chose pour retrouver mon équilibre, en vain. Après un instant, je me sentis basculer inexorablement vers l'arrière et mon dos percuta une surface dure, achevant de me plonger dans les ténèbres.

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leur élan lyrique et poétique ... qui retomba si rapidement dans la médiocrité ...
Mais il serait injuste de ne pas avoir une pensée pour les pages 13358 à 13366, qui se
sont héroïquement sacrifiées pour démontrer que BlaBla et RP ne font pas bon ménage ...


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 Sujet du message: Re: Le Désert Bleu
MessagePosté: Sam 17 Nov 2012 20:07 
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Cela ne dura qu'un court instant. Heureusement pour moi, le coup que j'avais reçu n'avait fait que m’assommer temporairement, rien de plus. Je restai donc ainsi, étendu au sol et saisit de nausées au moindre mouvement, jusqu'à ce que mes facultés me reviennent pleinement.

Lorsque ce fut le cas, j'entrepris de me redresser tout en douceur. Certes, je me sentais encore groggy, mais j'étais maintenant capable de distinguer clairement ce qui m'entourait.

Je me trouvais dans une grande salle au style et à l'éclairage familier. Parfaitement carrée et d'une bonne dizaine de mètres de côté, elle ne possédait d'autres ornements que d'austères portes-torches d'un métal sombre et rutilant à la lueur des flammes. Ses murs étaient percés de quatre ouvertures, une de chaque côté, et son plafond de pierre se voyait soutenu par plusieurs larges colonnades entièrement lisses - plus pratiques qu'esthétiques.
Non-loin de là, à quelques mètres de moi seulement, gisait un corps ensanglanté. Le cadavre d'un homme des sables, à en juger son accoutrement souillé et la dague courbe qui reposait à ses côtés

( Par Utu, c'est celui que j'ai tué à l'instant ! ) Compris-je enfin après un laps de temps.

Je n'avais pas bougé. Non, j'étais toujours dans la même salle, dans les sinistres geôles de la Crête du Serpent, là-même où je m'étais effondré après que le poing d'Œil-de-Vautour ne m'atteigne au crâne.

C'est alors que je pris conscience de ce qui se déroulait juste sous mes yeux. En effet, un peu plus loin, au centre de cette grande pièce, Aregh et Œil-de-Vautour se livraient un duel sans merci. Engagés dans un corps à corps effréné, leurs armes respectives - une longue et fine lame ciselée de la couleur du sable pour le Charognard, et un large cimeterre bleuté à la pointe recourbée pour Aregh - dansaient autour d'eux dans un ballet époustouflant.
J'avais déjà eu l'occasion de voir Œil-de-Vautour se battre ainsi, mais je n'avais jamais vu quelqu'un lui tenir tête de cette façon. Ses assauts, pourtant fulgurants et mortellement précis, étaient tous parés ou esquivés par habile homme en mauve dont je découvrais les talents de bretteur

J'entrepris alors de me relever pour me rapprocher de la scène, mais je ne pus m’empêcher de noter une étrange facilité à bouger mon bras gauche. Ce n'est qu'en le regardant que je pus me rendre compte que mon encombrant gantelet était dépourvu de lames. En effet, là où autrefois se dressaient trois longues griffes courbes et d'un bleu étincelant, il ne restait plus que des résidus de lames brisées de quelques centimètres à peine ...

( Utu, Alun ! Dreh hin Paal Viik ... ) Maudis-je mon ennemi, qui avait surement dû profiter de mon affaiblissement pour briser mes griffes. Mais ce n'était pas ça qui allait m'abattre. Après tout, il me restait mon arme droite, celle avec laquelle j'étais le plus à l'aise en combat, et mon gantelet gauche était encore capable de formidables coups de poing.

« Mais pourquoi fais-tu tout ça ? » Criait Œil-de-Vautour en redoublant d'intensité dans ses attaques, obligeant son adversaire à se mettre sur la défensive.

Mais malgré la force, la vitesse et la rage des coups échangés, aucun des deux hommes des sables ne parvenaient à atteindre l'autre. Leurs lames s'entrechoquaient sans cesse dans des jets d'étincelles, parfois même un coude, un genou ou bien une épaule percutait sa cible lors d'une bousculade, mais le sang ne coula pas.

Jusqu'au moment où, à la suite d'une contre-manœuvre particulièrement audacieuse, Aregh parvint à se déplacer dans le dos de celui qui avait été mon tortionnaire ces quatre dernières années. Puis, profitant de la surprise de ce dernier, il lui asséna une vive estocade. Un coup qu'il ne pouvait éviter.
La lame bleue ne perfora pas le corps du Charognard, mais elle lui entailla tout de même sévèrement le côté gauche.

Réagissant au quart de tour, et semblant faire fi de sa blessure, Œil-de-Vautour se retourna immédiatement et riposta avec un violent coup vertical, de haut en bas. Aregh eut tout juste le temps de lever son sabre au-dessus de sa tête, une main à plat sur la lame, l'autre fermement agrippé à son manche. Cependant, lorsque l'épée du Charognard frappa perpendiculairement la sienne, la force de l'impact fut telle qu'elle manqua de le renverser. Il serra les dents, renforça ses appuis au sol, crispa les muscles de ses bras, et parvint finalement à tenir.

J'approchais toujours d'eux lorsque Œil-de-Vautour profita de l'occasion pour commettre un acte abject - qui ne m'étonna guère de lui. Dans un mouvement rapide et fluide, il détacha une main de la poignée de son arme, la glissa à sa ceinture et en dégagea un objet dont la vision me glaça le sang.
Une arme, pourtant des les plus simples, dotée d'une lame courbe et acérée, d'une trentaine de centimètres environ, mais qui avait une douloureuse signification pour moi. C'était la dague d'Œil-de-Vautour, celle avec laquelle il avait poignardé Miryia juste sous mes yeux ...

Maintenant la pression sur la parade d'Aregh à l'aide de son autre main, le leader des Charognards se saisit de son poignard puis, dans un geste sec et brutal, la plongea pointe en avant dans sa direction.
L'homme des sables vêtu de mauve poussa un cri déchirant lorsque la lame disparue dans sa chair avec un bruit humide, juste au-dessus de la hanche. Il en lâcha sa lourde arme et tomba à genoux, plié en deux.

J'aurais voulu me jeter sur Œil-de-Vautour, pour lui faire payer son coup déloyal ainsi que pour sauver la vie de cet homme qui était sorti de nul part pour sauver la mienne ... Mais je ne le pouvais pas. Mes jambes refusaient de m'obéir, tandis que mon esprit se voyait assaillit de douloureux et brutaux souvenirs.

« Est-ce que ça en valait la peine, hm ? Le sacrifice de ta vie contre la sienne ? Ah ! » Clamait le Charognard à son adversaire vaincu, retirant brutalement le couteau ensanglanté de ventre et affichant une mine victorieuse. Puis, lentement, il brandit sa seconde arme, prêt à l’abattre.

« Qu ... Qui a parlé ... de sacrifice ? » Parvint à grimacer Aregh entre deux grognements de douleur. Un genoux toujours au sol, sa main gauche comprimant sa blessure, il releva doucement la tête et tendit le bras droit devant lui, dans la direction d'Œil-de-Vautour.

Et à cet instant, il se produisit une chose à laquelle je n'aurais jamais pu m'attendre. En effet, devant mes yeux écarquillés par l'incompréhension, l'air autour d'Aregh sembla se mettre à onduler et à se troubler. Au même moment, les lueurs des torches vacillèrent en faisant jouer nos ombres sur les murs et colonnes de cette salle dont l’atmosphère semblait soudainement s'être alourdie.

Plongeant alors l'endroit dans un inquiétant silence, cette brume ondulante qui enveloppait maintenant clairement le bras d'Aregh migra vers son extrémité et s'y condensa en une mystérieuse boule flottante et étincelante.

« Utu ... » Eus-je seulement de souffler, abasourdi par ce que je voyais. Œil-de-Vautour retenait son coup, lui non plus ne semblait pas en croire ses yeux ... Il murmura un mot ... Quelque chose comme "fluide" ...

Puis, sans prévenir, cette bulle d'air de la taille d'un poing s'embrasa dans un crépitement strident et fusa directement sur sa cible, sur Œil-de-Vautour.
Elle le percuta au niveau du sternum et explosa dans une phénoménale boule de feu. Devant ce brusque changement de température et le bruit assourdissant de la détonation qui s'ensuivit, mes poils se hérissèrent sur mon corps entier alors que j'observais Aregh disparaitre dans les flammes et son adversaire charognard se faire projeter dans les airs.

« Non ! Aregh ! » Hurlais-je à m'en déchirer les cordes vocales.

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Je suis Kogan, le Moine Woran tigré. Mais vous pouvez aussi m'appeler Krogan, Hulk Hogan, Koganounet à la crême, Koko, Cagounet, KahounInet, le Koganator, Koganinounichounafibichibidisloubidou, Kogy, Koganichoninet, ... Ça dépend des gens ! ^^
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 Sujet du message: Re: Le Désert Bleu
MessagePosté: Dim 25 Nov 2012 04:39 
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Toussant, crachant, clignant des yeux, je me frayais tant bien que mal un chemin à travers l'épaisse et étouffante fumée noirâtre qui avait succédé à la boule de feu. J'en cherchais d'ailleurs le lanceur, ce fichu homme des sables vêtu de violet qui se faisait appelé Aregh.
Je priais intérieurement Utu qu'il soit encore en vie. Déjà, parce que je lui devais la vie, mais aussi parce qu'il était probablement mon unique chance de me sortir de cette prison sain et sauf ...

Je comprenais maintenant pourquoi mes ainés m'avaient toujours répétés que la magie était une puissance dangereuse et instable et qu'il fallait en rester éloigné le plus possible ... J'étais tout juste en train de réaliser que celui qui m'avait sauvé la vie en était un utilisateur lorsque la fumée commença justement à se dissiper.
Il ne me fallut pas longtemps pour repérer une silhouette humaine, droite et naturelle. Des portions entières de ses habits mauves avaient été réduites en cendres et sa peau déjà matte était maintenant couverte de suie. Pourtant, il ne semblait étonnement souffrir d'aucune blessure apparente, pas même de celle que venait de lui infliger Œil-de-Vautour !
Lorsqu'il me vit arriver, l'homme tourna la tête vers moi et je pus découvrir deux yeux étincelants d'une vive lueur, tels deux minuscules étoiles violettes. C'était bien Aregh.

J'aurais voulu bondir dans ses bras pour le remercier d'être encore en vie, j'aurais voulu le gifler de toutes mes forces pour m'avoir fichu une telle peur, j'aurais voulu éclater de rire devant l'absurdité de la situation, ... Mais il ne m'en laissa pas l'occasion.
Probablement épuisé par son combat, l'homme se pencha péniblement pour ramasser son sabre, le rangeant dans son fourreau et me fit signe de venir.

« Kogan, approche ... Nous n'avons pas beaucoup de temps avant que cette ordure ne se relève. » Souffla-t-il. Mais avant même qu'il ait finit sa phrase, je l'avais rejoint.

« Écoute moi bien ... La priorité, c'est de te mettre à l'abri, Kogan ... Toi et la dague ... » Commença-t-il en posant sa main sur mon épaule et en baissant la voix jusqu'à ce qu'elle ne fut plus qu'un chuchotement.

« Quoi ? La dague ? Mais qu'est-ce que ... »

« Non, Kogan ! Non ... J'imagine que tu te poses beaucoup de questions, en ce moment même ... Et tu auras des réponses, je te le promets. » M’interrompit-il d'une voix calme, sans hausser le ton. « Mais, pour le moment, il va falloir que tu m'écoutes attentivement, que tu me fasses confiance et que tu obéisses ... C'est compris ? »

« Oui, d'accord. » Acquiesçai-je en hochant brièvement la tête, après un court instant d'hésitation. Cela ne me plaisait pas vraiment de reporter à nouveau les réponses qu'il m'avait promis, mais je n'avais pas vraiment l'air d'avoir le choix.

« Esclave chez les Charognards, tu bénéficiais au moins de leur protection. Maintenant, tu n'es plus à l'abri nul part dans ce désert ... » Reprit-il en se mettant à marcher. Tournant la tête de droite à gauche, il scrutait le sol à la recherche de quelque chose ... Mais quoi ? « Est-ce que tu connais la ville de Yarthiss ? »

« Oui, j'en ai déjà entendu parler. » Lui répondis-je sans cesser de le suivre.

« Tu vas devoir t'y rendre. Nous nous retrouverons à l'Auberge de l'Au-Delà, tu ne pourras pas la manquer. »

« Très bien, mais ... Et vous ? » M'enquis-je, inquiet par le fait qu'il ne se soit toujours pas mentionné.

« Je vais rester ici pour les ralentir, sans quoi ta fuite ne servirait à rien ... Mais, en contrepartie, tu dois faire quelque chose pour moi. » M'annonça-t-il en s'arrêtant subitement de marcher pour me regarder dans les yeux. « Un ami à moi est enfermé dans ces geôles, et les Kel Attamara ne le laisseront pas partir d'ici vivant, pas plus que toi ... Je veux que tu le libère et que tu t'évade avec lui, il te servira de guide dans le désert. »

« Je ... D'accord ... » Une fois de plus, j'aurais aimé l'interroger et remettre en question son plan ... Mais je décidai qu'il valait mieux que je m'abstienne. « Où est-ce que je pourrais le trouver ? » Demandais-je plutôt.

« En empruntant ce couloir, tu tomberas sur un escalier. Prends-le et monte de deux étages, tu arriveras dans une salle comme celle-là, prend le chemin de gauche. Les cellules sont numérotées. C'est la cellule 42, en voici la clef. » Expliqua-t-il en accompagnant ses indications de gestes, pour finalement me tendre une petite clef terne. « Tu t’en souviendras ? »

« Oui … Je crois. »

« Bien, Kogan ! Et maintenant ... Je vais te demander de prendre ça ... » Sur ces mots, il s'agenouilla, attrapa un objet que je n'avais pas remarqué sur le sol, l'enveloppa soigneusement dans un pan restant de sa chemise qu'il déchira négligemment, et me le tendit.
Par Utu, c'était la dague d'Œil-de-Vautour !

Devant mes yeux écarquillés et ma bouche béante, Aregh jugea surement bon d'argumenter sa demande. « Je comprends que ce soit difficile pour toi, Kogan, mais c'est très important ! Plus que tu ne l'imagine, crois-moi ! »

« Mais ... Que ... » Balbutiais-je, les larmes aux yeux.

« Je répondrais à tes questions quand nous serons en sécurité, Kogan ! Ne la déballe pas, ne la touche pas, et évite même de la regarder ... Maintenant, file ! »

N'ayant pas la force de lutter, je rangeai à ma ceinture le douloureux fardeau que je transportais désormais et je fis demi-tour, me rendant compte du même coup que la fumée noire s'était totalement dissipée.
Dans un coin de la salle, affalé contre une des colonnes, était Œil-de-Vautour. Celui-ci semblait se remettre difficilement du choc enflammé qu'il avait reçu et tentait de se relever, à la recherche de son arme.
Priant pour qu'Aregh lui fasse mordre la poussière, j'allais me retourner pour suivre le chemin indiqué lorsque quelque chose remonta soudain à ma mémoire.

« J'aimerais juste savoir une chose, Aregh ... » Lui lançai-je, intrigué.

« Laquelle, Kogan ? » Me répondit-il, sans même se retourner. Ses yeux étaient rivés sur la silhouette mouvante du leader des Charognards et sa main droite était prête à dégainer son sabre.

« La douleur n'est qu'une information, elle ne doit pas être une limite ... Comment connaissiez-vous cette maxime ? »

« Bah ! Tu n'as pas arrêté de la répéter pendant que tu étais inconscient ! » Lâcha-t-il d'un air désinvolte en haussant les épaules.

« Vous ... Vous étiez chargé de me soigner ? » Déglutis-je. J'avais un peu de mal à avaler le fait d'avoir été soigner de mes blessures par la magie, aussi blanche et bienveillante soit-elle.

« Pas officiellement, Kogan. Mais oui, c'est moi qui t'ai guérit ... Sinon, comment crois-tu que tu te serais remis aussi vite ? » Il y avait dans sa voix une pointe d'ironie, et j'étais sûr que si son visage était découvert, j'aurais pu le voir sourire.

« Combien de ... J'ai dormi longtemps ? » Me renseignai-je, à la fois anxieux et curieux de connaître la réponse.

« Un peu moins de deux jours. »

Un silence passa, un silence lourd de sens.

« Merci. » Lui dis-je tout simplement, avant de partir en courant par le couloir qu'il m'avait indiqué.

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 Sujet du message: Re: Le Désert Bleu
MessagePosté: Mer 19 Déc 2012 00:49 
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Épisode XIII - La croix et la griffe


( Bien, ça devrait être ici … ) Me dis-je en m'engageant dans un long couloir sombre et particulièrement mal éclairé.

En quittant la grande salle carrée où j'avais laissé Aregh, j'étais bien tombé sur les escaliers qu'il m'avait indiqué. Priant pour ne pas croiser une patrouille d'hommes des sables, je m'étais alors empressé de gravir quatre à quatre les larges marches de pierre polie qui le constituait, pour finalement déboucher dans une salle identique à la précédente.
J'avais attendu, tapi dans l'ombre, que les quelques gardes qui l'occupaient s'en aille par le passage de droite pour aussitôt filer à l'opposée : à gauche.

Et me voilà à présent dans ce couloir, à la recherche de la cellule 42, celle-là même où devait être détenu celui qui me conduirait en dehors de ce désert infernal.
Je ne le connaissais pas, mais je lui en étais déjà presque reconnaissant. Une fois tiré du Désert de l'Est, et une fois que j'aurais obtenu les réponses que me devait Aregh, j'allais être libre de partir à la recherche de ma tribu, de retrouver Miryia … Miryia et notre enfant … Ce qu'avait dis le Al Maijid à propos des miens était trop impossible pour être vrai, mais je devais en avoir le cœur net.
Pour l'instant, je devais juste trouver la cellule 42.

C'était une tâche pourtant si simple : trouver une cellule dont j'avais le numéro et la clé. Et pourtant, je fus rapidement confronté à un problème, et pas des moindres. En effet, je ne connaissais ni l'alphabet, ni la numérotation des humains …
Certes, je savais plutôt bien parler la langue commune, mais c'était uniquement grâce à ces quatre années d'immersion au sein d'une société purement humaine – l'apprentissage des langues étrangères n'était vraiment pas mon domaine de prédilection du temps où je vivais encore parmi les miens – et les esclaves des hommes des sables n'avaient guère souvent l'occasion de lire ou d'écrire.

Me saisissant de la clé, je fus forcé de me rapprocher d'une torche pour déchiffrer ce qui y était écris tant il faisait sombre.

( Alors, voyons voir ça … Ça ne doit pas être si compliqué ! ) M'encourageais-je en scrutant les deux petits symboles gravés à l'arrière de la clé métallique. ( Ce premier sigle, on dirait un genre d'éclair ? Ou une fourche … Ou alors une sorte de croix stylisée ? Ah, c'est un coup à ne pas s'y retrouver ! Bon, et le deuxième … Ça ressemble à une griffe. Oui, c'est ça, une griffe ! Une croix et une griffe ! )

Et me voilà parti à arpenter hâtivement le couloir en plissant les yeux et en levant la tête devant chacune des nombreuses portes qui s'étendaient à la fois à ma gauche et à ma droite. A chaque instant, je craignais de tomber sur un homme des sables, et le moindre bruit me paralysait ou me faisait sursauter.

( Celle-là ? Hmm … Non, là il y a trois symboles. Celle-là aussi, et encore celle-là … Par Utu, je suis au bon endroit, au moins ?! Pourtant ils commencent bien tous par cette fichue croix … Ah, en voilà une à deux signes ! Je ne dois plus être très loin ! )

( Quel était le second symbole déjà ? Ah oui, une griffe ! Alors, celle là ? Non, cette griffe là est fermée … Celle que je cherche est ouverte … Là ? Non, elle est inversée … Et ici ? Toujours pas, là il y en a deux superposées ! Que c'est compliqué ! Mais par Utu je n'y ar... )

Mes yeux s'attardèrent sur l'un des panneaux de fer forgé.

( On dirait bien le même, oui ! La griffe, à l'horizontale, tournée vers le bas … Oui, c'est ici, ça ne fait aucun doute ! )

C'est donc sans hésiter que j'enfonçai la fine clé tordue dans la serrure de la porte, persuadé que ça fonctionnerait. Et, à ma plus grande joie, elle tourna sans problème tandis que le mécanisme du verrou cliquetait bruyamment en s'ouvrant.
Il ne me restait plus qu'à pousser l'énorme battant de fer et de bois, ce que je m'empressai de faire aussitôt, découvrant ainsi l’intérieur de la cellule.

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Dernière édition par Kogan le Lun 7 Mar 2016 21:43, édité 3 fois.

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 Sujet du message: Re: Le Désert Bleu
MessagePosté: Ven 21 Déc 2012 14:41 
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Dépourvue de torche, dépourvue de fenêtre, la cellule était plongée dans l'obscurité la plus totale. La seule source de lumière provenait de la faible et vacillante lueur des torches du couloir duquel je venais. Autant dire que la salle était dans le noir complet, donc.
Il y régnait également une odeur pestilentielle, mêlant celle du chien mouillé à celle de la pourriture. Ces effluves infectes me prirent le museau et manquèrent au passage de me donner un haut-le-cœur.

Tout en craignant de ne pas être au bon endroit - ou alors était-ce Aregh qui s'était trompé ? - je m'avançai prudemment en me raclant la gorge pour signaler ma présence. Un seul pas.
«
Je ... » Eus-je seulement le temps de dire.

Le coup fut si fulgurant que je ne le vis même pas venir. Sortant des ténèbres, sur ma droite, une masse sombre et insaisissable fusa dans ma direction et percuta mon épaule de plein fouet.
Sonné et déséquilibré, je titubai quelques pas en arrière en tentant de me rattraper et de lever mon arme. Mais un nouveau coup, aussi vif et invisible que le précédent, m'atteint à la tête, et je m’effondrai au sol, dos à la porte ouverte de la cellule.

Tout en maudissant mon imprudence, je clignais des yeux pour essayer de distinguer quelque chose dans l'obscurité, en vain. Recroquevillé et les bras grossièrement levés, je m'attendais à recevoir un nouveau choc, le coup de grâce ... mais il ne vint pas.
A la place, je crus distinguer un mouvement dans l'ombre. Un mouvement silencieux mais pourtant ample et pesant, comme si quelque chose d'énorme se mouvait dans le noir. Impression qui se confirma lorsqu'une silhouette se détacha lentement de l'obscurité, une silhouette à la carrure démesurément grande.

( Par Utu, comment un truc aussi gros peut faire aussi peu de bruit ?? ) Fut la première pensée qui me vint à l'esprit.

«
Tu dois être Kogan ... » Gronda une voix si rocailleuse qu'on aurait crut entendre un éboulis de gravats dans une caverne. « C'est bien ça ? »

Tout en prononçant ces mots, la silhouette s'avança d'un pas lourd jusqu'à apparaître à la lueur des torches. Sa carrure était telle qu'elle devait bien faire une fois et demie ma taille, et au moins deux fois mon poids.
Dressé sur ses membres inférieurs, son corps musculeux était entièrement recouvert d'une épaisse fourrure sombre tandis qu'une longue queue touffue se balançait lentement dans son dos. Son visage allongé était surmonté de deux longues oreilles pointues et se terminait en un fin museau humide. Ce physique canin ne pouvait signifier qu'une chose : un likyor.

Les likyors ... Ils étaient aux loups ce que nous étions aux tigres. Je comprenais mieux l'horrible odeur de chien mouillé, à présent.
Je ne savais que peu de choses sur eux. Il en existait plusieurs espèces, dépendant de la couleur de leur pelage, et chacune avait son mode de vie bien propre. Mais, pour la grande majorité, il s'agissait d'êtres bestiaux, vivants en petites communautés autonomes et se nourrissants exclusivement de la chasse.
Cependant, ce dont je ne me souvenais que trop bien, c'était que les miens craignaient et évitaient toujours soigneusement les forêts qui servaient de territoire de chasse aux clans likyors noirs, les représentants les plus grands, les plus forts et les plus sanguinaires de cette espèce sauvage. Et c'était justement un de ceux-ci qui se tenait juste en face de moi.

«
Euh, oui … Oui, c'est moi … » Bredouillais-je après que le monstre se soit arrêté à moins d'un mètre de moi, me fixant de ses petits yeux blancs et luisants.

«
Et où est Aregh ? » Grommela-t-il, tout près de moi. Trop près de moi. Quand il parlait, sa gueule démesurée s'ouvrait et dévoilait une rangée de longs crocs jaunâtres et effilés.

«
Il est resté en bas pour combattre les hommes du désert. » Expliquais-je en crachant un peu de sang. « Il m'a dit que vous me serviriez de guide et m'a demandé de vous lib ... »

«
Guide ? » Me coupa le likyor en grimaçant. L'idée ne semblait pas l'enchanter, à vrai dire ...

«
Oui, jusqu'à Yarthiss. Il a dit qu'on devrait ensuite le retrouver à l'auberge ... »

«
Hmmm ... Alors débout, on a du chemin ! » M'ordonna-t-il en me tendant une énorme patte velue.

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Dernière édition par Kogan le Lun 7 Mar 2016 21:46, édité 10 fois.

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 Sujet du message: Re: Le Désert Bleu
MessagePosté: Sam 12 Jan 2013 00:58 
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Mon premier réflexe fut d'attraper la patte tendue du likyor avec ma main droite. Mais mes nouvelles griffes manquèrent de lui entailler le bras et, bien heureusement pour moi, je parvins à retenir mon geste au dernier moment, évitant de justesse un regrettable incident. Prudemment, je lui tendis plutôt le bras gauche, qu'il ne manqua pas de me broyer - intentionnellement ou non - sans le moindre effort, et ce malgré la protection de mon gantelet. Puis il me souleva comme si je ne pesait guère plus qu'un fétu de paille.
La force de cette brute susceptible n'était plus à démontrer, à présent ...

«
Et bien ... Je vois que vous m'avez pas attendu pour vous équiper ... » Maugréa l'énorme likyor lorsque je fus remis sur pieds. Il louchait sur mes longues griffes d'acier avec une avidité qui, malgré moi, me fit froid dans le dos.

«
T'équiper ?? » Soufflais-je d'incompréhension tout en dévisageant les muscles démesurés du colossal homme-loup, ainsi que ses griffes et ses crocs effilés.

«
Évidement ... Alors, tu viens ? » Lâcha-t-il sur le ton de l'évidence avant de me bousculer pour sortir de sa cellule. En dépit de sa taille et de son poids, il se déplaçait vite et avec une facilité surprenante ... le tout dans une discrétion à peine croyable.

«
Et où est-ce qu'on va, exactement ? » L'interpellais-je en me lançant à sa poursuite, dans la direction par où j'étais arrivé.

«
A Yarthiss ... » Grogna-t-il pour seule réponse, tournant brièvement vers moi sa gueule bestiale. Il me sembla y entrevoir un sourire fugitif ...

( Par Utu, ça promet d'être long ... ) Me fis-je la remarque avant d’accélérer l'allure pour rester à son niveau.

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Je voudrais adresser un hommage aux pages 11430 à 11440, qui furent
victimes de la terrible guerre du 9 avril 2012 et de ses conséquences.
Rendons également un hommage aux auteurs des pages 12380 et 12381 pour
leur élan lyrique et poétique ... qui retomba si rapidement dans la médiocrité ...
Mais il serait injuste de ne pas avoir une pensée pour les pages 13358 à 13366, qui se
sont héroïquement sacrifiées pour démontrer que BlaBla et RP ne font pas bon ménage ...


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 Sujet du message: Re: Le Désert Bleu
MessagePosté: Dim 13 Jan 2013 12:38 
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Épisode XIV - Un plan explosif


Quelques secondes suffirent à nous ramener dans la grande salle par laquelle j'étais passé juste avant de trouver la cellule 42. Une fois en son centre, le likyor noir qui devait me servir de guide grogna discrètement pour attirer mon attention. D'un bref signe de tête, il manifesta son envie de descendre par le large escalier de pierre que j'avais emprunté un peu plus tôt.

Je le suivis sans discuter. Mais alors qu'il s'en approchait à grandes enjambées, il s'immobilisa subitement et redressa ses deux longues oreilles noires.

«
Des bruits de pas ... » Murmura-t-il, complétement immobile et sur ses gardes. « Une demie douzaine. Peut-être plus. » S'empressa-t-il de préciser.

« Tu as l'ouïe fine, c'est le moins qu'on puisse dire ! » Fis-je alors la remarque, aussi à voix basse.

«
Un commentaire, le chat ?! » Rétorqua-t-il immédiatement en grognant et en insistant bien sur les deux derniers mots. J'étais à deux doigts de répondre mais le regard assassin qu'il me jeta m'en dissuada bien vite. « Il faut filer, ils ne sont plus très loin. »

Mais avant même d'avoir finis sa phrase, le likyor avait déjà fais demi tour. Avec moi sur ses talons, il se précipita dans la direction opposée à celle que nous nous apprêtions à prendre.
Commença alors une course effrénée dans le dédale que formaient les multiples corridors étroits et tortueux des geôles de la Crête du Serpent. Une course qui ne manqua pas de me rappeler ma blessure à la jambe qui, bien que bandée par Aregh, me faisait encore un mal de chien.

Un premier virage à gauche, un autre à droite, un long couloir rectiligne, puis un nouveau tournant à droite, ... Partout où le likyor m’emmenait, les murs que nous longions étaient percés d’innombrables portes de fer forgé, toujours identiques les unes aux autres.

( Encore des cellules ... ) Je ne pus m'empêcher de me demander ce que les Al Maijid pouvaient bien garder dans une si gigantesque prison ... Retenaient-ils une armée prisonnière ? J'en vint à penser que s'ils le voulaient, ils le pourraient.

Mais après une petite poignée de minutes, mon guide m'interrompit dans mes pensées et mes observations en levant brusquement la main pour stopper notre course, à l'entrée d'une vaste salle éclairée. Tapis dans l'ombre, il se colla alors au mur et le longea jusqu'à pouvoir passer la tête par le seuil sans porte de la pièce.
J'en profitais pour récupérer de notre course, soufflant doucement et massant minutieusement ma jambe endolorie d'où coulait un mince filet de sang. A l’extérieur, le combat semblait toujours faire rage, à entendre les cris et le fracas des armes. De même, de nombreuses plaintes s'échappaient encore des cellules qui nous entouraient.

«
C'est bon, la voie est libre. » Lâcha le likyor avant de se décrocher de son mur pour pénétrer à grandes enjambées dans la fameuse pièce qu'il avait examiné.

Il s'agissait une fois de plus d'une grande pièce aux murs carrés, sans ornements autres qu'une colonne de pierre dans chaque angle, identique à celle dans laquelle Aregh et moi avions affronté Œil-de-Vautour ainsi qu'à celle que j'avais traversé avant de trouver la cellule du likyor.
Ce dernier, justement, traça tout droit et nous mena dans le couloir d'en face, pas plus éclairé que les autres. Au bout de celui-ci, se tenait un nouvel escalier, que nous entreprîmes de descendre sur la pointe des pattes. Le guide en tête, il avançait prudemment et tendait l'oreille au moindre bruit, afin d'éviter une malheureuse rencontre.

Nous descendîmes ainsi d'un étage au cours desquels le guide nous immobilisa à deux reprises, craignant que nous ne tombions sur une patrouille d'hommes des sables, avant de changer d'avis et de reprendre notre avancée.
Puis, il nous fit sortir de ces escaliers pour rejoindre un couloir qui, je commençais à en avoir l'habitude, nous mena dans une grande salle carrée ... Toujours la même grande salle carrée. Les Al Maijid manquaient décidément grandement de gout !

«
Par Utu, j'ai l'impression qu'on tourne en rond ... Tu es sûr de savoir ce que tu fais ? »

«
Évidement, que je sais ce que je fais ! » M'assura-t-il sans vraiment m'accorder d'attention, puis il reprit. « Il y a de ça deux ou trois jours, Aregh m'a annoncé que des patrouilleurs Al Maijid sont tombés sur une colonie de mineurs gobelins, à la bordure des montagnes du désert. »

«
Euh ... d'accord. Et donc ? » M'enquis-je, ne voyant pas où il voulait en venir.

«
Et bien ! Les gobelins ne minent pas avec des pioches ... Tu vois ce que je veux dire ? »

«
A vrai dire ? Non ... »

«
Rah ! Stupide chat de gouttière ! » Lâcha-t-il en balançant la tête de droite à gauche d’exaspération.

Et nous reprîmes la marche, traversant la grande salle carrée en vitesse, en empruntant le passage de gauche. Une fois de plus, nous nous trouvions dans un long couloir, dont le bout disparaissait dans les ténèbres, mais qui bifurquait un peu plus loin sur la droite.
Cependant, à ma grande surprise, les murs de ce couloir n'étaient plus recouverts de portes de cellules ...

(
Mais où est-ce qu'on est ? ) M'interrogeais-je en regardant partout autour de moi.

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 Sujet du message: Re: Le Désert Bleu
MessagePosté: Ven 24 Mai 2013 22:19 
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Les rayons de l’astre de jour s’abattaient en ce début d’après-midi avec une virulence peu commune, avant d’être rejetés par les roches et les sables brûlants. Le ciel était un linceul bleu immaculé, perturbé uniquement pas les quelques vautours qui l’arpentaient à la recherche de pitance. Le roulis de la carriole avait quelque chose de presque berçant, tout comme le son des bottes et des pieds frappant le sol à un rythme de moins en moins régulier à mesure que le temps s’écoulait.

Elle entendit le son du fouet claquer puis le cri, ou plutôt le râle fatigué, qui s’en suivit. L’esclavagiste mordit une nouvelle fois le dos du pauvre homme qui s’était roulé sur le sol, n’ayant même plus la force de soupirer. Vaex se surprit à compter ce que les coups lui faisaient perdre en valeur : probablement une demi-douzaine de yus par claquement, avec le risque évident que l’homme périsse. Les autres esclaves ne pipaient mot. La carriole continuait d’avancer, tirée par ces étranges bêtes du désert à une ou deux bosses.

Personne n’osa regarder celui qui restait en arrière, battu jusqu’à la mort par un imbécile prêt à sacrifier au moins trente yus pour un excès de colère. La caravane continuait et le meurtrier ne tarda pas à la rejoindre, haussant les épaules lorsque son chef lui lança un regard noir. Vaex reporta son attention sur la cage dans laquelle elle se trouvait et dans laquelle séjournaient malgré eux sept autres passagers : quatre femmes, probablement prostituées ou mendiantes et vendues pour une bouchée de pain ; deux orphelins, qui ne devaient pas avoir passé leur dixième printemps et dont seuls les dieux connaissaient le sort. Quant au vieillard dont les cheveux en désordre tombaient sur des yeux blancs et vides, Vaex imaginait qu’il possédait quelques savoirs, probablement un herboriste ou un lettré.

Elle s’appuya sur les barreaux cuisants, essayant tant bien que mal de trouver de la place pour ses jambes crampées. Au moins, elle avait la chance d’être assise, à la différence des esclaves hommes qui devaient marcher sous le soleil aride. Elle ignorait où elle allait, ni combien de temps durerait le voyage. Visiblement les marchands d’esclaves étaient des habitués du désert, mais elle ignorait s’ils se rendaient dans une ville en particulier ou s’ils étaient plutôt nomades, vendant leur marchandise au premier venu. Vu l’état de la marchandise en question, elle penchait plutôt pour la première solution, sans quoi ils n’auraient bientôt plus que de la viande avariée sur les bras. L’image lui vint d’un acheteur qui donnerait des coups de canne sur son corps brûlé, refusant l’achat car il préférait déguster saignant que bien cuit.

« Alors ma belle, c’est moi qui te fais cet effet ? »

Le sourire qui s’était imperceptiblement glissé sur ses lèvres se rétracta bien vite devant l’homme qui lui avait adressé la parole. Il ne devait pas être bien plus âgé qu’elle, mais l’innocence avait depuis longtemps quitté ses licencieux yeux noirs.

« Oui mon bel étalon, c’est bien toi… »

Elle attendit qu’un sourire surpris ne vienne à son tour orner les lèvres du vicieux avant de finir sa phrase, toujours sur un ton sensuel :

« J’imaginais les nuits que tu passes avec ton flasque et dodu employeur. Ça expliquerait bien pourquoi tu chevauches comme un giton. »

Elle ne vit pas le coup venir, coup fort heureusement amorti par la présence bienheureuse des barreaux de fer. Le jeune homme s’apprêtait à finir le travail lorsque son chef le remis dans le rang. Non, Vaex ne valait pas que trente yus et espérait bien ne pas nourrir aussi tôt les vautours.

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 Sujet du message: Re: Le Désert Bleu
MessagePosté: Sam 25 Mai 2013 11:40 
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La nuit, glaciale et abyssale, était finalement tombée sur le désert et les pauvres âmes qui le parcouraient. La chaleur qui quelques heures auparavant occupait l’entièreté des pensées de Vaex avait laissé sa place à un froid intense. Le corps recroquevillé sur le sable bleuté elle frissonnait, cherchant un sommeil qui risquait d’être le dernier. Il ne fallait pas compter sur les hommes de mains du maître de la caravane pour leur fournir des couvertures ; ils avaient déjà été obligé de sortir les esclaves de leurs cages pour leur donner une maigre pitance, ils ne feraient pas davantage.

Elle se retourna, se frottant les bras vigoureusement avant de s’arrêter net en sentant un chatouillement au niveau de la cuisse. Ses yeux s’ouvrirent paresseusement d’abord, alors que le sommeil s’éclipsait. Elle reprit cependant bien vite ses esprits en découvrant la source de ce petit désagrément: désormais parfaitement immobile, elle observa la petite créature à huit pattes qui avait trouvé le cuir de son pantalon suffisamment agréable pour s’y arrêter. Vaex n’était pas une experte mais elle doutait qu’une araignée de cette taille soit autre chose que dangereuse.

La panique monta en elle, de la sueur coulant dans son dos et la chaleur lui prenant visage. L’horrible animal, de la taille d’un poing d’homme, était extrêmement velu. La mygale couleur sable ne bougea tout d’abord pas, comme pour narguer sa victime qui était prête à perdre le peu de sang froid qui lui restait à chaque instant. Cette immobilité dura une petite éternité, avant que finalement, presque paresseusement, l’arachnide ne se décide à poursuivre son bout de chemin sur les jambes de Vaex, grimpant sur ses bottes avant de choir sur le sol. Sans un regard en arrière ses huit pattes l’éloignèrent du corps bientôt glacé de la jeune femme.

Maintenant que le danger était passé, le rationnel reprit le dessus. Cette créature, effrayante, n’aurait probablement de toute évidence pas pu la mordre à travers le cuir épais. Lentement Vaex se redressa, regardant l’animal qui s’éloignait d’elle. Sans réelle connaissance certes, elle savait que les araignées mordaient que par l’avant et ne piquaient pas. Avec une lenteur calculée elle se rapprocha, avant de délicatement l’attraper, ses doigts saisissant fermement les flancs de l’animal. Elle s’était attendue à ce que l’araignée ne se débatte, mais celle-ci n’en fit rien, ne gigotant que faiblement ses pattes velues en maigre protestation.

Vaex soupira, les doigts toujours aussi crispés. De la main gauche elle ouvrit une poche dissimulée dans la manche de sa cape pour y mettre la créature, presque tendrement. Si elle en avait eu peur et avait manqué de faire une crise d’angoisse, elle ne doutait pas que la réaction d’un autre individu soit similaire. Enchainée et vouée à être transportée dans une cage, c’était bien le seul petit avantage qu’elle pouvait désormais avoir sur les gentilshommes qui ne désiraient pas son bien-être.

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 Sujet du message: Re: Le Désert Bleu
MessagePosté: Dim 26 Mai 2013 11:42 
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« Debout ! »

Vaex ignorait combien de temps elle était restée assoupie. Un coup de pied dans ses jambes lui arracha un petit cri surpris et elle se redressa, se rendant compte qu’elle était entourée par deux des gardes de la caravane.

« Vous avez pris rendez-vous ? »

L’un d’entre eux, armé d’un glaive et d’un rictus mauvais, la pris par le bras et la força à se lever. Il approcha son visage marqué par le désert de son oreille, laissant à Vaex tout le loisir de sentir l’odeur du vin.

« Le maître a pris rendez-vous. Et après, c’est nous. Pas d’histoire et tout se passera bien. »

Elle ne se débattit pas lorsqu’ils la conduisirent, ou plutôt la trainèrent vers la tente la plus grande du petit campement. L’autre garde y entra un instant, puis ressortit et leur fit signe. Vaex et l’esclavagiste entrèrent à leur tour, une flopée d’odeurs appétissantes assaillant les narines, puis l’estomac de la jeune fille. Le flasque et dodu maître de la caravane était attablé, les doigts gras de poulet et de sauces épicées.

Il fit signe à ses hommes de sortir, avant de pointer un os de poulet vers un petit tabouret rembourré, en face de lui. Vaex s’approcha et vint s’asseoir, les yeux se posant avec grand intérêt sur un plat de criquets grillés.

« Je t’en prie mon enfant. Sers-toi et mange à ta faim. Que l’on ne dise pas que Monsieur Rheinart n’accueille pas bien ses petites fiancées ! »

Il aurait été facile de saisir un couteau sur la table et probablement pas plus compliqué de lui sauter dessus et de lui planter quelque part. La fuite aurait toutefois probablement été un problème et elle n’était pas encore prête à se sacrifier juste pour s’en prendre à cette boule libidineuse. Et puis elle avait faim, aussi saisit-elle une tranche de pâté qu’elle étala généreusement sur du pain un peu sec malgré tout.
Elle servit du vin dans deux verres et en tendit un à Rheinart, qui ne manqua pas de toucher ses petits doigts de ses phalanges boudinées.

« Vous avez une bonne tablée dîtes moi, Monsieur Rheinart. Les affaires vont bien ?
-A merveille mon enfant, à merveille ! Je ne voudrais pas gâter vos oreilles en parlant boutique, mais j’ai fait d’excellentes acquisitions auprès des Hazim. Je suis sûr que je pourrai vendre tout ça à bon prix à quelques amis marins. Si vous voulez et surtout si vous êtes bien sage, je pourrai même m’arranger pour qu’on vous vende dans une belle ville. Je connais un petit bordel sur Tulorim où vous vous sentirez comme chez vous !
-Mais c’est une proposition merveilleuse Monsieur Rheinart. J’en suis persuadée.
-Je savais que vous étiez une jeune femme avec les deux pieds sur le plancher des chameaux. Pensez juste à ne plus jouer d’argent que vous n’avez pas la prochaine fois. Je ne pourrai pas vous sauver à chaque fois.
-Merci pour vos si bons conseils.
-Mais de rien ma jolie, de rien de rien de rien ! »

Elle sourit et leur resservit du vin, avant de prendre un peu de canard aux oranges.

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Dernière édition par Vaex le Jeu 30 Mai 2013 21:33, édité 3 fois.

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 Sujet du message: Re: Le Désert Bleu
MessagePosté: Lun 27 Mai 2013 21:01 
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Après le repas vint le moment fatidique du dessert et en cet instant, Vaex avait l’impression d’être plus appétissante que la tarte aux pommes qui siégeait sur la table. Elle était pourtant loin d’être dans un état idyllique, même selon ses critères qui n’étaient pas toujours ceux d’une dame. Monsieur Rheinart lui fit signe de s’approcher, ce qu’elle fit sans rechigner.

« Si tu es une bonne fille, je ne serai peut-être pas obligé de te vendre tout de suite. On peut toujours négocier avec Monsieur Rheinart.»

Elle acquiesça timidement puis le repoussa vers son lit aux draps de soie beige et bleue, le faisant s’échouer en arrière dans un bruit mou. Sans hésiter elle le rejoignit et entreprit de déboutonner son veston d’une main experte. Il faut dire qu’elle avait une certaine expérience dans le délaçage et le délestage, expérience acquise peut-être moins honnêtement que celle d’une prostituée.

Malgré l’entrave de ses chaînes elle libéra rapidement la bedaine du bellâtre qui roucoulait en pensant au plaisir à venir.

« Vous pouvez fermer les yeux un instant, Monsieur Rheinart ? J’aimerais vous faire une surprise.
-Une surprise tu dis ? Oh oui oui oui. Très bonne idée ! »

Dès qu’il eut les paupières closes elle glissa la main dans la poche de sa cape, saisissant la pauvre bestiole à moitié asphyxiée. Elle la secoua un peu et les pattes velues de la tarentule ne tardèrent pas à s’animer de nouveau. Un petit sourire en coin, elle posa tout doucement l’araignée sur le bas ventre de sa victime, sans lâcher l’animal.

« Oh c’est doux. Une plume ? Vous êtes joueuse, j’aime beaucoup ça ! »

Vaex attira les couvertures vers elle, prête pour la suite :

« Et bien mon gros lard, et si on arrêtait de jouer. Tu vas être bien sage, ou madame l’araignée se fera un plaisir de piquer.
-Oh oui piquer. Oh oui pique moi. »

Elle resta perplexe un instant, sous l’emprise d’un effroyable sentiment de dégoût. Finalement elle saisit un bout de peau qu’elle pinça avec un plaisir difficilement dissimulable.

« Mais ça fait mal ! Je ne suis pas… »

Son regard se posa enfin sur la créature qui agitait toujours mollement ses pattes, sans trop comprendre ce qui lui arrivait. Les yeux de l’homme se révulsèrent et il poussa un hurlement suraigu et particulièrement sonore qui rappelait d’avantage la mort d’un goret que la peur d’un mâle.

Ni une ni deux, Vaex rabattit la couverture sur l’objet de terreur au moment précis où les gardes entraient, l’arme au clair. Ils restèrent figés devant la scène, n’apercevant que le corps à moitié nu de leur employeur et une jeune fille qui avait davantage l’air de lui inspirer des pensées inavouables que des frayeurs impitoyables. Elle souleva l’araignée juste suffisamment pour que le marchand ne tourne de l’œil.

« Vous ne voyez donc pas que Monsieur Rheinart est occupé ?
-C’est que… Hum… Nous avons entendu un cri. Et… Tout va bien Monsieur Rheinart ? »

Vaex se retourna vers lui et lui jeta un regard noir et glacial, effleurant de nouveau la peau de celui-ci sous les couvertures et lui arrachant un petit jappement.

« Je… Je… Je… Tout va pour le mieux.
-Vous êtes sûr ?
-Absolument. Absolument. Sortez maintenant. »

Les deux hommes se regardèrent, plus gênés qu’autre chose, avant de rengainer leurs armes. Avant qu’ils n’aient franchi le seuil de la tente, Vaex renchérit :

« Peut-être que vous pourriez vous éloigner. Visiblement votre maître n’aime pas être dérangé pour rien. N’est-ce pas Monsieur Rheinart ? »

Le marchand avait l’expression d’un vieux chien que son maître venait d’abandonner. De la sueur perlait de son double menton et ses jambes tremblotaient. Il était au bord des sanglots, mais il ne craqua pas :

« Oui, partez. Occupez-vous… Je sais pas, des chameaux.
-Des chameaux Monsieur?
-Oui des chameaux. Dehors ! »

Les deux hommes obéirent, laissant les deux tourtereaux et leur charmant animal de compagnie seuls. Vaex attendit un instant avant de s’exprimer de nouveau :

« Je pense que nous avons beaucoup de chose à nous dire. Voyez-vous, Monsieur Rheinart, on peut toujours négocier avec Vaex. »

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Dernière édition par Vaex le Jeu 30 Mai 2013 21:34, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Le Désert Bleu
MessagePosté: Mer 29 Mai 2013 22:18 
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« Vous êtes un homme du désert et vous devez donc connaître les tarentules des sables. Si ce n'est le cas, laissez moi vous rafraichir la mémoire: sa morsure, bien que non mortelle, provoquera des douleurs et des spasmes musculaires d'une rare violence. Au-delà de la souffrance, qui devrait être à son apogée dans les deux jours et durer une petite semaine, la menace est à plus long terme car, voyez-vous, la tarentule femelle pond. Les œufs ont besoin de nourriture et la chair humaine, bien que peu adaptée, fait tout à fait l'affaire, ce principalement si l'animal se sent en danger. Je peux vous certifier, Monsieur Rheinart, que c'est le cas. »

Bien évidemment, Vaex n'avait pas la moindre idée de la véracité de ses propos mais, compte tenu du visage transi d'effroi de son auditoire, elle n'avait guère de souci à se faire quant à sa coopération. Elle laissa l'animal posé sur son ventre avant d'aller défaire la ceinture de sa victime.

"Si vous voulez bien mettre vos main en arrière."

Il mit un petit temps avant de s’exécuter mais elle eut bientôt tout à loisir de ligoter ses mains contre les barreaux du lit. Satisfaite, elle commença à fouiller les lieux, sous les yeux de merlan frit du marchand.

"Vous avez de l'or dans la tente, Monsieur Rheinart?
-Oui, dans... dans le petit coffret. Sous le lit."

Elle souleva les soieries envahissantes, avant de finalement poser les yeux sur la petite boite maladroitement dissimulée. Il ne fallut pas longtemps non plus pour que le bougre ne révèle la combinaison de la serrure, pourtant des plus sûres. Ce n'était pas bien rempli certes, mais le contenu devrait certainement suffire à rembourser ses dettes.

L'esclavagiste poussa un petit cri, sans doute dérangé par la mygale. Vaex saisit un voile et se rapprocha de lui:

"Un dernier mot?
-Je... Je... Pitié...
-J'en aurai si vous promettez d'être bien sage. Si je vous entends ne serait-ce que gémir, croyez-moi, je vous ferai payer pour toutes ces jeunes filles que vous avez avilies."

Elle le bâillonna en bonne et due forme, s'assura que l'araignée était toujours à sa place - l'animal ne semblant pas prêt à quitter un nid aussi douillet - et se prépara une petite réserve de vivres et d'eau. Lors du dernier échange de regard avec son prisonnier, elle posa le doigt sur ses lèvres avant de se faufiler sous la toile de tente, à l'opposée de l'entrée de celle-ci

Le camp était calme, les gardes étant davantage là pour assurer la protection contre les bandits que de se prémunir contre les fuyards: le désert se chargeait de mettre un terme rapide aux escapades. Elle se dirigea d'un pas souple vers la lisère du campement, là où se trouvaient les chameaux. Les deux hommes que le marchand avait envoyés avaient probablement choisi de rentrer dans leur tente pour boire et jouer aux dés, car seule restait visible la silhouette d'un garde, visiblement assoupi.

Ses pieds nus effleurant avec délicatesse le sable frais, Vaex se rapprocha, s'assurant que le risque d'être découverte était mince. Elle contourna l'enclos des animaux, soulevant sans un son la barrière de celui-ci avant de seller un des chameaux. L'étape suivante était un peu plus voyante: une fois sortie, elle saisit une des lampes à huile qu'elle jeta à regret sur le flanc d'un animal. La monture prit feu avant de pousser un cri bestial à briser le cœur, prise de folie et de douleur.

La panique s'en suivit et c'est avec grand mal qu'elle maîtrisa sa monture. Les autres s'enfuirent à tout va, ruinant les chances de poursuite des esclavagistes.

Vaex partit dans la nuit, jetant un dernier regard vers le camp désormais en ébullition et en proie au chaos.

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Dernière édition par Vaex le Jeu 30 Mai 2013 21:04, édité 1 fois.

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