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 Sujet du message: La plaine de pierre
MessagePosté: Lun 19 Mar 2012 16:44 
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La plaine de pierre


C'est à la pointe extrême nord de Nirtim que se trouve ce lieu si particulier, aussi aride que le marais de Gutenborg, à quelques kilomètres seulement de là, peut être humide. Cette plaine, balayée par les vents, ne reçoit que rarement de l'eau, qui s'arrête aux monts plus au Sud et ne fait que passer au-dessus de ce lieu. Son sol est un mélange de pierres, de cailloux et de lichen, seule espèce vivante qui semble pouvoir subvenir en ce lieu.

Le plus surprenant, est qu'elle constituée d'une manière totalement anarchique de gigantesques piliers de pierres dépassant parfois la hauteur de dix mètres.

Ce lieu était considéré dans des temps anciens comme un lieu de culte primitif à Valyus car la foudre y est littéralement attirée et les traces noires au sommet confirment ce fait. Depuis sa création, chacun de ces piliers a été frappé plusieurs dizaines de milliers de fois par la foudre. D'ailleurs, s'y promener par temps d'orage ne présente pas le moindre risque, tant que vous ne touchez pas la pierre. La très grande majorité des squelettes présents en ce lieu sont ceux d'aventuriers ou d'éclaireurs trop sûrs d'eux qui se sont adossés à un pilier pour se reposer.

Cette plaine fût en réalité autrefois une forêt dense, mise à mal par Thimoros et Valyus.

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Alors il y a une règle que je veux que vous observiez pendant que vous êtes dans ma maison : Ne grandissez pas. Arrêtez, arrêtez dès cet instant. Wendy dans "hook" (petit hommage à Robin Williams)
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 Sujet du message: Re: La plaine de pierre
MessagePosté: Lun 22 Avr 2013 10:17 
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Azra se réveilla avec le visage douloureux. Il avait l'impression d'avoir traversé un long cauchemar. Il avait soif. Il avait mal. Quelque chose entravait ses poignets.
Il n'eut pas le temps d'analyser plus longtemps la situation, il fut aspergé d'eau.
Il ouvrit difficilement les yeux. Un sentiment d'angoisse le saisit tandis qu'il reconnaissait les chaînes plantés dans une colonne rocheuse par des pitons. Il était enchaîne de la même manière que lorsqu'il avait été capturé par Gorak. Il leva les yeux et sentit son sang se glacer. Oui, le garzok, et d'autres, se trouvait devant lui.

« C'est pas trop tôt, morveux ! Ça fait trop longtemps que je t'attends... J'espère que tu as bien profité de cet eau, c'est la dernière que tu recevras de ta vie ! »

Il ricana. Il était entouré par une dizaine de garzoks. Derrière, Azra distingua un imposant homme en armure noire avec un masque semblable à un crâne sinistre. Il se tenait, silencieux, visiblement peu concerné.
Azra remarqua ensuite Magoult dans le groupe :

« Traître... » souffla-t-il.

Le jeune garzok haussa les épaules.

« J'avais aidé le groupe à dérober des armes à la milice. On gagne gros avec ce marché noir ! Je n'ai pas réussi à amener des renforts avant que tu ne tues notre ami... mais maintenant, tu vas payer ! »

Il semblait en effet avide de se venger des mauvais traitements que lui avait fait subir le jeune Kendran, mais Gorak le devança en lançant un violent coup de pied au jeune homme pour l'étourdir. Azra serra les dents, sa tête tournait. Il fallait se sortir de là ! Vite ! Mais comment ?
Avant qu'il n'ai le temps de faire quoi que ce soit, Gorak avait arraché les pitons des chaînes de terre pour les enfoncer de sa force peu commune dans les rochers. Voyant pour la première fois ce qui l'entourait, Azra découvrit un paysage étrange : un désert sec au milieu duquel se dressaient de grandes piles de pierres, comme de hautes colonnes qui tentaient de défier le ciel de leurs formes tourmentées.

« Notre chef veut garantir ta mort. »


Il fit un signe vers l'homme en armure qui restait derrière, toujours silencieux.

« On raconte qu'il y a longtemps, Valyus et Thimoros ont désertifié cette plaine, et que régulièrement, encore, la foudre frappe les piliers de pierre, tuant tout ceux qui s'y adossent. J'aurais préféré une mort plus lente, mais on n'a pas toujours ce qu'on veut, hein ? »

Le groupe derrière lui ricana. Azra s'efforça de présenter un air impassible. Non ! Il ne pouvait pas mourir aussi bêtement... pas après tout ce qu'il avait vécu ! Mais si... il restait un simple mortel. Il se consola en pensant à Chandakar qui serait furieux. Peut-être reprendrait-il des forces assez vite pour pouvoir revenir tourmenter Gorak. Et Azra, lié à lui dans la damnation, aurait peut-être au moins ce maigre réconfort.

Il fut interrompu dans ses réflexions par un violent coup de poing dans le ventre. Bientôt suivit d'un autre, puis d'un autre.
Au bout de ce qui sembla des heures, mais en réalité n'était que quelques secondes, Azra se retrouva à pendre misérablement au bout de ses chaînes. Il se refusa cependant à lâcher une larme de douleur ou de désespoir.
Les autres garzok vinrent un à un, le bourrant de coups. L'arrière du crâne du garçon frappa plusieurs fois le pilier auquel il était attaché et des étoiles dansèrent devant ses yeux.
Lorsque ce fut au tour de Magoult, ce dernier en profita pour se venger et envoyant à son tour un coup de genou d'une violence extrême dans l'entrejambe de sa proie.
Cette fois-ci, Azra laissa échapper un long gémissement pathétique. Il fallait que ça s'arrête. Peut-être que s'il faisait le mort...
Il n'eut pas besoin, un autre poing l'assomma. Mais pas pour longtemps, il fut réveillé par des gifles qui lui laissèrent la mâchoire endolori. Était-elle déboîtée ? Peut-être. Il s'en fichait.

Finalement, il fut 'sauvé' contre toute attente par l'homme en armure noir qui déclara, d'un air ennuyé :

« Bon, nous n'avons pas que ça à faire.... »

Il s'approcha d'Azra, froid comme la mort :

« Tu nous as quand même rapporté gros, mon garçon. Ton bâton se vendra très cher, je pense... Et lorsqu'on reviendra, on pourra aussi récupérer le bracelet. Bon, allons y. »

Gorak pesta et sortit son poignard. Lentement, délibérément, il l'appuya sur l'épaule du jeune nécromancien, mordant la chaire.

(Ne cris pas... ne cris pas !)

Azra avait les dents serrées, mais s'efforçait de regarder son tortionnaire dans les yeux.

« Personne ne me pose de lapin impunément, pas même ton foutu squelette. Il a hurlé comme un damné quand le maître l'a réduit en cendre ! Tu serviras d'exemple. Personne ne s'oppose à notre... commerce. »

Le poignard glissa, déchirant la tunique autant que la chair. Cette fois-ci, retenir un hurlement semblait impossible. Azra le voulait mais... attend qu'avait-il dit ? Il semblait considérer qu'il avait tué Rendrak... mais ce n'était pas possible. Il pensait l'avoir privé de son allié... mais Rendrak avait bien dit que tant qu'Azra serait vivant, rien ne pourrait les séparer.
Gorak n'en avait pas conscience, mais son commentaire fait pour blesser ne faisait que le ridiculiser en dévoilant son ignorance. Azra trouva dans cette réflexion la volonté pour puiser dans ses dernières forces et garder les dents serrées.
Finalement, le garzok retira sa lame, après avoir barré le corps de son ennemi d'une longue estafilade sanglante. Il semblait un peu surpris de sa résistance et, de dépit, lu donna un nouveau coup de poing dans le ventre. Puis, il s'en alla avec tout le groupe.
Les poignet cisaillés par ses fers mais n'ayant plus la force de se soulever, Azra resta un instant à souhaiter la mort. Rapide... pouvant mettre fin à la souffrance...

Mais non, il n'allait pas laisser ces ordures s'en tirer à si bon compte ! Il avait déjà réussi à se tirer de bien des situations... il devait bien y avoir un moyen...
La dernière fois, c'était Rendrak qui avait arraché les chaînes. Il était temps de vérifier sa théorie... mais pas encore. Il était tout simplement trop épuisé pour tenter d'invoquer son compagnon, surtout avec ses pouvoirs qui semblaient mystérieusement diminués.
En attendant, ses pensées tournaient en boucle, décousues. La vengeance y tenait une place importante. Il repensa aussi à Rendrak, tué par le 'maître', probablement l'homme en armure qui ne semblait pas en effet quelqu'un qui perdait son temps à autre chose qu'à tuer ses ennemis. Gorak avait dit que le liykor était réduit en cendre... C'était ce qu'il se passait quand il était désinvoqué. Cela confirma qu'il n'était probablement pas vraiment mort.

Visiblement, c'était la matinée, ce qui signifiait que le soleil n'avait pas encore fini de se lever. Pourtant, la température était déjà accablante. Pas le choix. Il fallait invoquer Rendrak maintenant avant qu'il n'en ai plus la force.
Il se concentra donc. Dans un premier temps, rien ne se passa. Il voulut serrer les dents de rage, mais cela ne fit que réveiller la douleur. Il perdait du sang. Il fallait agir.
Il retenta plusieurs fois, et le mort-vivant fini par apparaître, nuage d'abord hésitant, puis plus consistant et enfin liykor grand et puissant.

« Rendrak... »

Aussitôt, il fut sur lui, tirant furieusement sur les chaînes. Les mouvements que ça occasionnait ajoutaient de nouvelles douleurs mais Azra le laissa faire. C'était son seul espoir.
Hélas...

« Impossible ! C'est trop enfoncé, cette fois-ci. Ces fers sont fermés par des clés et sans elles, nous n'y arriverons pas... »

Le nécromancien se laissa retomber. Alors tout était fichu.

« Je suis désolé, j'aurais dû être plus vigilant. Au marché, ils m'ont attaqués par surprise... »

« Laisse tomber... On s'est fait avoir tous les deux. »

Le jeune homme leva les yeux. L'horizon était barré au loin par une grande masse de nuages. Sans doute un orage, si la légende de Gorak était vrai. Il était loin cependant, alors qu'à cet instant, Azra aurait bien aimé être foudroyé sur le champs.

« Que faire ? Il n'y a aucun espoir... »


« Cela ne me ressemble pas de dire ça, mais je pense que si. J'ai peut-être encore un jour ou deux à vivre. Il peut s'en passer des choses... Retourne à Omyre... Va chercher... quelqu'un. N'importe qui. Quelqu'un qui puisse briser ces fers. »

« C'est de l'acier trempé... et de toute façon, je crains qu'être loin de toi ne m'affaiblisse rapidement. »


« C'est possible... mais c'est notre seule chance. »

Le liykor hocha du crâne et ses yeux semblèrent briller plus fort.

« Je ferais mon possible. »

« Dépêche toi, je ne survivrais sans doute pas à l'orage qui approche... »

Rendrak se précipita aussitôt, ses longues jambes le propulsant plus vite que jamais.
De son côté, Azra ferma les yeux et tenta de se reposer et d'économiser ses forces.

Combien de temps resta-t-il ainsi ? Impossible à dire. Quand il revint à lui, la chaleur atteignait son paroxysme et le soleil était très haut dans le ciel. Le nécromancien maudit l'astre de Gaïa, mais il vit aussi que la chaleur étouffante avait une autre source. Les nuages se rapprochaient. L'orage ne venait pas droit sur lui, mais il finirait probablement pas arrivé, lentement, mais sûrement. L'ombre tomberait alors, et Azra ne serait protégé des flèches de Gaïa que pour tomber sous la fureur de Valyus.
À choisir, il préférait Valyus. Au moins, ce serait rapide.

La vie était décidément une sacré chienne. Azra se demanda si, en ce moment, il n'y avait pas quelque part un nécromancien qui aurait une tâche plus banal et plus calme que de risquer sa vie en continue. Essayer de calmer un chat par exemple.
Pour ça, il pourrait compter sur Rendrak, lui...

(Arek ?)

Il ne s'attendait pas à une réponse, aussi, fut-il surpris.

(Je suis désolé, Azra.)

(Qu'as-tu fait ? Tu m'as manipulé comme ce shaakt d'autrefois ? Ce n'est pas grave. Ça aura été un plaisir de rencontrer quelqu'un qui pense que je suis bon à quelque chose.)

(Je ne sais même pas pourquoi je fais ça. Phaïtos n'a jamais été célèbre pour sa reconnaissance. Mais je veux essayer de remonter dans son estime. Les autres faera ne m'aiment pas. Je suis toujours à la limite de nos lois. J'agis pour le bien de mes maîtres, je t'assure !)

(Je te crois.)

(Tu peux encore survivre. Il va maintenant falloir que tu partes en quête de la faux du souffle glaciale, qui a appartenu à mon ancien maître...)


(Qu'est-ce que...)

(Il est capitale que tu la récupères. Il faut aussi que tu apprennes le véritable pouvoir des nécromanciens. Tal'Raban est loin, mais quand il reviendra, tu auras besoin de toutes les armes possibles pour survivre. Fait moi, confiance. Tu peux gagner...)

Sa voix s'estompa, mais il était impossible de dire si c'était qu'elle avait cessé de parlé ou ci c'était parce qu'il perdait connaissance. L'épuisement l'emportait enfin dans un monde plus calme.

Des alliés inattendus

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Dernière édition par Azra le Mer 24 Avr 2013 17:21, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: La plaine de pierre
MessagePosté: Lun 22 Avr 2013 11:32 
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La nuit était-elle tombé ? Azra fut réveillé par l'obscurité.
Mais non, c'était un immense nuage en forme d'enclume qui cachait le soleil. Des lumières crépitaient en lui, signe d'un orage terrifiant qui s’apprêtait à se déchaîner. Il regarda autour de lui mais ne vit aucune trace de Rendrak.
Il allait donc mourir ainsi. Foudroyé... Il y avait pire façon d'y passer, il fallait le reconnaître.

Le premier éclaire frappa bientôt un pilier à quelques centaines de mètres. Un grondement terrible monta presque aussitôt. Puis, le silence. Avec un amusement détaché, le jeune nécromancien regarda un genre de gros cafard qui rentrait dans son terrier. Il avait compris le principe de la survie dans ce désert : il s'était établi aussi loin que possible de chacun des grands piliers de pierres qui l'entouraient.
Nouvel éclaire. Nouveau coup de tonnerre. Valyus, le seigneur des orages, était prêt à se déchaîner.

Alors, l'enfer frappa. Il n'y avait aucune pluie, seulement des lances de lumières qui crépitaient, de plus en plus nombreuses, tombant à chaque fois plus proche. Il était à moins de cents mètres, maintenant, et les premiers éclaires tombaient à proximité.

« Je n'ai pas peur de toi, ravageur des cieux ! »

Mais la faible voix de ce pathétique défi fut noyé dans la fureur des éléments.

Et ils furent là. Rendrak et deux autres personnes. L'une en retrait et montée sur un grand loup, l'autre était en fait Koriga, le gobelin. Il fut sur les chaînes en un instant et, d'une main experte, crocheta la serrure.

« Vite ! »

Rendrak prit Azra et le jeta loin du pilier. L'instant d'après, un vacarme assourdissant retentissait et les chaînes, encore fichées dans le roc, se trouvèrent toute crépitantes d'électricité.

« Il était moins une ! cria Koriga. Maintenant filons d'ici ! »

Azra perdit encore connaissance, puis se réveilla. Il était maintenant dans une sorte de petite grotte. Rendrak se disputait avec Koriga.

« Ce n'est qu'un juste paiement ! »

« Tu seras payé par notre aide ! C'est notre or, tu nous le rends ! »


« Ça suffit, bande de dégénéré, siffla une voix féminine qu'Azra reconnut aussitôt et qui lui porta un coup au cœur. Gobelin, rend l'or, on a d'autres choses à faire. »

« Dois-je te rappeler qui commande, ici ? »


« Dois-je te rappeler qui a la plus grande épée ? »
ricana la femme.

« Aléria... » souffla Azra.

Il tourna la tête jusqu'à parvenir à voir la jeune femme qui l'avait aidé à vaincre le roi des rats à Kendra Kâr. Elle portait toujours une armure noire et son énorme épée à deux mains dentelée.

« Salut, pauvre minable. Si on m'avait dit que je devrais encore te sauver la vie, je serait plutôt aller prier au temple de Gaïa. »

Elle cracha par terre.

« Malheureusement, il n'y en a pas à Omyre, j'ai été obligé de venir... »

Une multitude de questions se bousculaient dans la tête du garçon, mais elle était déjà sur lui, avec une petite fiole :

« Bois ça. »

Un potion offerte par une servante de Thimoros devait être quelque chose à éviter, mais il n'eut guère le choix puisqu'elle la lui mit entre les dents. Le liquide avait un goût affreux. Il sentit sa tête tourner.
Aléria laissa une main courir sur la blessure qui lui barrait le torse.

« Quel dommage d'effacer ça... ça à dû faire tellement mal... »
ronronna-t-elle.

Azra se demanda comment il pouvait se sentir soulagé d'être entre les mains de cette sadique. Mais après tout, que pouvait-on attendre d'une fanatique de Thimoros qui s'était scarifié le visage en suivant avec élégance ses traits pour les souligner de cicatrices sinistres ?
Il ne put penser autre chose, la potion lui tournait la tête et il retomba dans l'inconscience.

Il se réveilla plus tard. Ils étaient toujours dans la petite caverne, mais visiblement, l'orage était terminé. Ses forces semblaient revenues, il se redressa. Autour, il y avait Rendrak, Koriga et Aléria.

« Enfin réveillé ? remarqua le gobelin. On va pouvoir passer aux choses sérieuses... »

« Que faites vous là ? Tous les deux ? »

Azra avait encore de la peine à se dire qu'il avait survécu, et par un soutient inattendu. Il se tourna vers la guerrière fanatique dont la présence était la plus surprenante.
Elle haussa les épaules :

« J'ai été envoyé chercher un financement pour mon temple... »

« Et officieusement mener une enquête dont elle refuse de parler. » bougonna le gobelin.

Azra sourit. Il devinait aisément le but de l'enquête : trouver qui avait placé le roi des rats dans les catacombes du temple de Kendra Kâr et lui faire payer.

« Et toi, gobelin ? »

« Moi ? Je fais mon boulot. Et j'ai été bien embêté quand j'ai appris que le bâton était en vente libre... J'ai cru que tu étais responsable et j'allais te tuer quand j'ai croisé ton compagnon squelettique qui m'a tout expliqué. Maintenant, je vais avoir besoin de toi. Nous avons tous les deux un but commun : empêcher le bâton de Camarde de tomber entre les mains de Tal'Raban. C'est pourquoi je te propose de m'aider à le récupérer à ces bandits. »

Azra hocha la tête avec un sourire sauvage :

« Avec plaisir... Mais pourquoi Aléria nous aiderait-elle ? »

« Je l'ai recruté... après tout, il y a de l'argent à a clé... »

C'est vrai qu'à Omyre, chercher un financement prenait un sens autre qu'à Kendra Kâr.

« Alors, nous aideras-tu ? »

« Sachant que ça reviens à se jeter dans la gueule du loup pour un affrontement avec une infériorité numérique qu'on ne peut même pas évaluer clairement ? Bref, une mort certaine ? » ajouta Rendrak.

Le nécromancien sourit de toutes ses dents :

« Bien sûr ! On part quand ? »

startégie

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 Sujet du message: Re: La plaine de pierre
MessagePosté: Lun 1 Sep 2014 17:23 
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La traversée des plaines




Les plaines désertiques, piquetées de rochers terreux, s'étiraient devant le groupe à perte de vue. Si la vue d'un tel spectacle avait de prime abord ravivée les âmes les plus lasses du groupe, trop heureux de quitter la moiteur étouffante des marais de Göteborg, la satisfaction était à présent bien loin des pensées. Au fur et à mesure que le soleil s'érigeait majestueusement dans le ciel, la chaleur du lieu s'échappant de la terre craquelée en faisant vibrer l'air, emportait nos sourires.

Les vêtements eurent tôt fait de sécher, les gosiers de s'assécher et les épaules de s'abattre sous l'astre solaire impérieux. Serpent avait vivement conseillé de guetter le ciel, dans la crainte de voir arriver leur cauchemar à écailles. Mais même ça leur était difficile, la lueur brulait leurs yeux et le ménestrel sentit pointer une vicieuse migraine dans les tréfonds de son crâne.

Durant leur traversée de la plaine de pierres, il prit un long moment pour observer ses compagnons, particulièrement les plus distants. Il n'avait de toute évidence rien de mieux pour occuper son esprit vagabond.

A'sharia' entre autre, s'était rapprochée de l'équipée sauvage. Elle les suivait sans dire le moindre mot, tout semblait se traduire dans le visage. Psychologiquement, elle ressemblait à l'Hinionne qu'ils avaient du laisser dans les marais : Individualiste et méfiante. Physiquement, elle possédait une peau brune d'une incroyable netteté, par ailleurs tous les traits de cette femme semblaient d'une perfection troublante. Le ménestrel n'avait aucune idée de son ethnie mais elle dégageait une aura bienveillante qui l'apaisait. Sa présence était la bienvenue dans ce long voyage songea t-il.

Le Woran tigré quant à lui semblait, selon toute apparence, en baver sous la chaleur sèche des plaines. Il se déplaçait le plus souvent sur deux pattes, mais Serpent le surprit de temps à autre à user de ses quatre membres pour gravir une ou deux dunes terreuses. Depheline, quant à elle se cachait du soleil sous une capuche et s'épongeait le front tout les quinze pas, on l'entendit même jurer.

Les jumeaux également faisaient preuve d'un silence morbide, témoignant de l'inconfort du voyage pour des elfes pâles, tout boute-en-train qu'ils étaient. Même le redoutable Kurag n'en menait pas large sous l'écrasante fournaise. Au vu de sa peau pâle, de la couleur de ses cheveux argentés et de ses tatouages runiques, le barde en déduisit rapidement la cause: le guerrier était un membre de la race des Fenris, un homme du nord, à l'aise dans les climats nordiques et les montagnes boisées. Il paraitrait même que la température de leur corps était inférieure à la moyenne. Ici, la particularité de sa race se trouvait être un fardeau sans nom. Il suait comme une fontaine et ses yeux se voilaient d'une chape grise, témoignant de son état comateux.

Vers Midi, après quelques kilomètres à travers les cailloux et la poussière, ils trouvèrent enfin le bonheur derrière une petite colline de roches. Ce fut le Woran qui en premier entendit le son cristallin de l'eau qui courrait entre les pierres. Par une chance incroyable ou bien parce que Zewen en avait décidé ainsi, une rivière traversait la zone aride ondulant entre d'étranges stèles de pierre aux sommets noircies.

Le groupe entier se rua dans le lit clair de la mince rivière, dans de grand cris et soupir de soulagement. Il y eu même des rires et des sourires échangés alors qu'ils buvaient à s'en noyer l'estomac. La présence de squelette polie par le soleil en haillons ne suffisait pas pour toucher le moral de l'équipe. Serpent pris même l'initiative de prendre le reste d'une cape décolorée par le soleil sur le cadavre d'une des victimes des plaines. Ceci afin de la trempée dans l'eau jusqu'à ce que la moindre parcelle de tissu en soit imbibé. Il l'enroula ensuite autour de sa tête et de son visage, de manière à garder sa matière grise au frai. D'autre suivirent sont exemple et bientôt le groupe déguisé en peuple du désert, remplirent chacun leur gourde et reprirent leur route en longeant la rivière.

D'après la carte cette dernière leurs permettrait de sortir des plaines sans mourir de soif.

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Serpent Ménestrel (origine Voleur) Niveau 15
    "Oaxaca contre-attaque." (Quête 30)

    Réputation :
    ¤ Il est beau ¤ Une navigatrice dans la quête 27
    ¤ Il est fantastique ! ¤ Un tavernier de Dahràm
    ¤ rchhhtll blll rll !! ¤ Le dieu pieuvre des mines de Lebher
    ¤ Il est trop rapide pour moi ¤ Le Dragon Noir d'Oaxaca
    ¤ Il m'a faite danser, et j'ai aimé ça ¤ Silmeria, l'anima noire


    Dernière édition par Serpent le Sam 27 Sep 2014 09:55, édité 1 fois.

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     Sujet du message: Re: La plaine de pierre
    MessagePosté: Dim 7 Sep 2014 12:31 
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    L'arrivée du Mal


    La soirée était bien avancée lorsqu'ils atteignirent enfin les contreforts des montagnes séparant les terres sauvages d'Omyrhy de la république d'Ynorie. Par un coup de chance impressionnant, le groupe avait jusque là échappé à leur terrible poursuivant draconique. Peut-être le fait d'avoir remonté un temps la rivière, après un bain salutaire, avait rendu leur traque difficile à l'odorat, songea le Ménestrel.

    Bien que Serpent pouvait sentir chacun de ses membres grincer sous l'effort, il ressentait enfin un faible sentiment de sécurité. Ils approchaient de la lisière d'une sombre forêt et d'une solide montagne. Deux endroits qui offriraient autant de cachettes que de lieux de repos salutaire pour les voyageurs fourbus. Le dragon noir qui les terrifiait, aurait d'autant plus de mal à leur mettre la griffe dessus dans les méandres des bois ou des monts.

    La suite de la direction à prendre fut longuement débattue car plusieurs membres du groupe préféraient passer par les cols sinueux que par les chemins sombres de la foret d'Omyrhy. Kurag, A'sharia' et les jumeaux s'opposaient à l'idée de passer par le bois sombre, avançant le fait que la forêt était un potentiel refuge de peaux vertes et de brigands.

    Serpent avait beau argumenter, expliquer qu'ils longeraient la lisière et n'entreraient dans les bois que pour se cacher, le quatuor dissident affirmait qu'ils seraient plus en sécurité cachés dans les grottes que derrière un arbre. La discussion piétinait et le groupe semblait partagé entre se séparer pour ne plus perdre de temps et tenter de convaincre l'autre moitié pour rester groupé.

    La décision ne vint pas des aventuriers mais de l'Ouest. Tirée depuis une colline aux herbes brulées, une flèche noire perça l'air en vibrant pour venir se planter à nos pieds. La troupe se retourna comme un seul homme. Du haut de la colline, une bande de Garzoks et de Sektegs, aux allures tribales, les regardaient avec des yeux fous. Visiblement, nos problèmes en avait attiré d'autres et le Sekteg qui avait tiré la flèche banda de nouveau son arc, décidé à ne pas louper sa cible cette fois.

    "D'où est-ce qu'ils viennent ceux-là?" grogna Kurag, mais déjà Serpent se plaça dans une position défensive en sortant ses griffes. Toute la compagnie de voyageurs en fit de même, imitée en face par les peaux vertes qui avaient trouvé là de bons adversaires.

    Un vent timide bruissa entre les feuilles sombres de la forêt adjacente et balaya l'espace entre nos deux groupes, temporisant le combat en faisant voltiger quelques feuilles au passage. La dernière tourbillonna un moment avant de retomber lentement au sol dans un mouvement de balancier, un silence religieux l'accompagna.

    À peine eut-elle atteint le sol que les orques beuglèrent leur cri de guerre en se ruant sur nous, agitant marteau, hâche et kikoup. En réponse, chaque membre de l'équipée du Ménestrel renchérit dans une discordante cacophonie.

    L'arrivée du dragon (musique)

    Soudain, un Sekteg leva les yeux, les écarquilla dans un strabisme divergeant, freina des quatre fers et hurla dans sa langue crôtteuse : "Woalala Gg'ro Zenn'ui ! Kass'oss vit'fé !". Ses alliés levèrent les yeux à leur tour, et le même trouble oculaire se dessina sur leur visage porcin. Ils partirent, sans plus attendre, à la débandade dans le chao le plus total, stoppant la charge des aventuriers presque instantanément.

    Serpent eut l'espoir imbécile que leur charge fantastique fût si impressionnante qu'elle mît en déroute les Sekteg, mais le cri de Depheline brisa ses rêves et son courage en deux simple mots hurlés : "LE DRAGON !"

    Tous se retournèrent pour constater la terrible vérité. Au loin, dans un ciel assombri par l'approche de la nuit, une immense silhouette volait dans leur direction, une vision de cauchemar qui brûlait le crépuscule de ses ailes enflammées, déchirant les nuages, projetant dans son sillage flammèches et poussières. La bête sombre d'Oaxaca fonçait sur eux comme un orage. Il semblait se trouver encore à plusieurs kilomètres mais déjà le vacarme de ses grandes ailes infernales s'entendait jusqu'à leur position.

    Les poils de Serpent se hérissait sous l'effet de la peur et il recula d'un pas.
    "F..fuir ! " articula-t-il dans un croassement de gorge, ses jambes tremblaient et il ne parvenait déjà plus à penser correctement à une stratégie. Il fit volte face et courut comme un dératé vers la foret. Depheline le suivit d'ailleurs sans demander son reste, imitée par le Woran tigré.

    Le Ménestrel ne vit pas que Kurag et les autres fuyaient vers les montagnes, bien plus proche que le couvert des bois.

    Il rejoignit l'abris végétal en quelques minutes de course effrénée et s'engouffra à l'intérieur sans réfléchir une seule seconde. Zigzaguant entre les arbres, enjambant buissons et troncs, il courait à s'en rompre le cœur.

    Un rugissement monstrueux retentit derrière eux. Le dragon avait trouvé l'un d'eux et Serpent se retourna pour voir qui était le malheureux. Il ne vit rien d'autre qu'une grande ombre survolant un bref moment la cime des arbres. Paniqué, il plongea dans un buisson et s'immobilisa comme une sourie. Puis le rugissement s'éloigna, visiblement le dragon ne les avait pas découvert, ou s'était dors et déjà retourné vers d'autres proies.

    C'est à ce moment que le barde se rendit compte de l'absence d'une bonne partie de son groupe et il jura entre ses dents. Ils n'étaient plus que trois et bien qu'ils soient encore en vie, il devait reconnaitre amèrement que cela ne serait peut-être pas le cas des autres. Le trio se dévisagea un moment, l'horreur peinte sur leur visage, cherchant un consentement mutuel pour la suite des évènement. Sans même dire un mot, ils reprirent leur route vers Oranan, le cœur lourd et la peur au ventre.

    Le voyage vers la république d'Ynorie touchait bientôt à sa fin, si le destin choisissait de les maintenir en vie...

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    Serpent Ménestrel (origine Voleur) Niveau 15
      "Oaxaca contre-attaque." (Quête 30)

      Réputation :
      ¤ Il est beau ¤ Une navigatrice dans la quête 27
      ¤ Il est fantastique ! ¤ Un tavernier de Dahràm
      ¤ rchhhtll blll rll !! ¤ Le dieu pieuvre des mines de Lebher
      ¤ Il est trop rapide pour moi ¤ Le Dragon Noir d'Oaxaca
      ¤ Il m'a faite danser, et j'ai aimé ça ¤ Silmeria, l'anima noire


      Dernière édition par Serpent le Sam 27 Sep 2014 10:01, édité 3 fois.

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       Sujet du message: Re: La plaine de pierre
      MessagePosté: Mar 9 Sep 2014 14:59 
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      Le groupe d’aventuriers se rua hors des marais, avec l’énergie de l’espoir que leur offrait la vision de cette terre sèche. Depheline aurait aimé savourer le dernier pas qui la séparerait de la tourbière, pourtant, la transition se fit progressive, et avant même de le réaliser, elle s’était retrouvée, avec ses compagnons, dans une sorte d’immense étendue désertique de roches et de graviers concassés par les vents arides. La chaleur humide du marais avait fait place à la sécheresse de ces plaines qui portaient bien leur nom, à en juger par la carte de Serpent le Ménéstrel, qui avait été substituée par ce dernier dans le campement où avait eu lieu la terrible rencontre entre Oaxaca, certains de ses sbires, et le dragon qui était à leur poursuite…

      Sans relâcher leurs efforts malgré les rayons du soleil qui frappait leurs épaules basses, ils finirent par arriver auprès d’une rivière qui leur donna enfin une occasion de se détendre, et surtout, de camoufler leur odeur marécageuse qui devait probablement servir de boussole au Dragon de la déesse terrestre à leur trousse. La magicienne savait qu’il pouvait surgir de n’importe où, à tout instant, et restait donc vigilent en toute situation, aussi revigorante fut-elle.

      Après de nombreuses minutes passées dans les eaux fraîches, à boire, se laver et à soulager leurs membres et surtout leurs pieds, ils entreprirent donc de se remettre en marche, le groupe toujours commandé par Serpent qui avait pris leur tête avec toujours autant d’assurance. Cela rassurait la magicienne, sans cesse en proie à l’inquiétude et à l’angoisse. Elle n’avait pas l’esprit d’une meneuse, mais d’une conseillère, et la situation lui convenait donc parfaitement en l’état.

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       Sujet du message: Re: La plaine de pierre
      MessagePosté: Mar 9 Sep 2014 15:28 
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      La journée fila dans les plaines de Pierre désertiques, après qu’ils se furent remis en marche. Cette rivière qu’ils quittaient avec regret contrastait avec la suite du paysage, où la vie semblait ne pas vouloir s’installer, faute de quoi survivre, si l’on exceptait cette eau qui venait tout droit des Duchés des Montagnes, pour venir se jeter dans celles, marécageuses, d’Omyre. Sans doute la nature sentait-elle la corruption de ces lieux remonter le long du lit de la rivière et ne voulait-elle donc pas s’y installer, songea Depheline, avant de secouer la tête imperceptiblement pour se forcer à penser à autre chose. Pour l’heure, le dragon n’était toujours pas là, et elle se prit à espérer que Mercurio ait eu raison. Les menaces d’Oaxaca, cette histoire de chasse donnée par sa terrifiante bête, n’était peut-être que des paroles en l’air destinées à rendre la vie impossible à ces aventuriers traumatisés par les aventures qu’ils avaient vécus sur l’île des treize.

      La marche continua, encore et encore, jusqu’au soir, où leur chemin croisa celui des montagnes et de la forêt séparant le territoire d’Omyre, de celui d’Oranan. Bientôt, toute cette aventure ne serait plus qu’un lointain souvenir dont on sourirait peut-être, et sur laquelle on s’appuierait pour revendiquer la réputation qui devait précéder ce groupe rescapés d’une mort censée être certaine et pourtant évitée. Les pensées positives s’étaient belles et bien installée dans l’esprit de la magicienne, qui ne voulait plus maintenant faire marche arrière.

      La rechute fut néanmoins difficile. Installés et bien décidés à se scinder en deux groupes pour la suite des aventures, parce que Mercurio, Depheline et Serpent estimaient plus judicieux de longer la forêt, tandis que le reste du groupe souhaitait traverser par les montagnes, les discussions furent coupées nettes. Une flèche s’était plantée au pied du Ménestrel, qui bondit sur place en déclarant l’état d’alerte maximal, alors que le reste du groupe copia son mouvement et fixa l’horizon. Un groupe de gobelins et d’Orques se tenaient sur une colline, jurant dans leur langue incompréhensible, et bien qu’ils furent assez nombreux, Depheline sut qu’ils étaient en mesure d’en venir à bout.

      Prêt à se jeter dans la mêlée, les aventuriers identifièrent néanmoins une émotion étrange sur le visage des créatures qui avaient troublé leur discussion : la peur. Elle n’était pas naturelle, chez ces êtres téméraires qui ne vivaient que pour le sang, la guerre et le profit, s’imaginait la sorcière de feu. C’est alors qu’elle comprit, en suivant le regard de ces êtres semblant si frêles et petits, en comparaison de la monstruosité de ce dragon que l’on apercevait au loin, mais qui faisait déjà frémir les arbres de la forêt non loin de là, et rugir la montagne dans l’écho du battement de ses ailes gigantesques.

      Depheline eut le souffle coupée, et hurla de toutes ses forces l’instant d’après, car elle était visiblement la première à l’avoir aperçu parmi les aventuriers. Pas une seconde n’était à perdre : « Le dragon ! »

      Sans se faire attendre, Serpent ordonna à tous de fuir, lui aussi totalement horrifié. Puis, les membres du groupe se ruèrent vers la destination qu’ils avaient préalablement choisis de suivre suite à la discorde qui les avait précédemment partagé en deux sous-groupes. Ainsi divisés, Depheline hésita un instant, en proie à la panique d'abandonner une nouvelle fois des compagnons derrière elle, comme ça avait été le cas du pirate.

      Mais voyant le monstre colossal se rapprocher à une vitesse incroyable, son sang ne fit qu'un tour et sa volonté abandonna tout espoir de venir en aide aux autres, cédant totalement à la peur à l'instinct de survie. Elle prit la tête du trio alors que ses jambes usaient de leurs toutes dernières forces. Elle avait finalement décida de ne plus se retourner, et bien heureusement pour elle, car sa fuite vers la forêt lui avait permis d'être épargnée de la terrible vision à laquelle Serpent n'avait, quant à lui, pas pu se soustraire : celle de Kurag l'Orque gentil qui, tourné vers la montagne, s’était vu enlevé dans les airs, projeté dans une giclée de sang devant la gueule du monstre, puis littéralement englouti par le Dragon Noire, encore plus effrayant que les dieux-eux-mêmes, aux yeux de Depheline. La magicienne pu voir dans les yeux de Serpent, qui n’avait pas détourné le regard à temps, la mort qu’il porterait sur sa conscience pour toujours, car il n’avait pas été capable de protéger ses compagnons jusqu’au bout. Elle savait que la culpabilité le rongerait le restant de sa vie, et qu'il aurait besoin d'elle pour chasser les cauchemars qui hanteraient désormais ses nuits.

      Le dragon s’était finalement dirigé vers les monts et les trois compagnons du premier groupe étaient parvenus à mettre de la distance avec ce monstre désormais occupé. Cependant, ce second groupe qui s’était détaché d’eux, sans le savoir, avait ainsi prit le parti de sacrifier leur vie pour épargner celle de Serpent, Depheline et Mercurio...

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      Dernière édition par Depheline le Dim 14 Sep 2014 11:53, édité 1 fois.

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       Sujet du message: Re: La plaine de pierre
      MessagePosté: Mar 9 Sep 2014 20:58 
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      La Fuite - Chapitre III



      La Fuite

      Chapitre IV




      Le regain d'énergie de Mercurio fut de courte durée. De la moiteur des bois pourris du marécages, ils étaient soudainement passés dans une plaine sèche et rocailleuse. D'immenses piliers naturels de pierres se soulevaient ça et là, permettant quelques doux mais trop courts moments d'ombres.

      La boue et la vase du marais qui s'était collé contre sa fourrure s'étaient mises à sécher et cette rétractation lui tirait les poils. La chaleur le minait, et, par quelques obstacles, il se laissa aller à marcher à quatre pattes.

      Le silence s'était imposé dans le groupe. Non un silence pesant ou oppressant, mais de fatigue. Elles étaient bien loin les courses folles du marais, qui était assez fou ici pour courir ? Certainement pas lui.

      Mercurio regardait de temps en temps Kurag.
      Depuis l'île, il restait un repère. Il le connaissait. Ils avaient combattu ensemble. Ils avaient traversé des épreuves. Mais depuis les précédents évènements, aucun des deux n'avait vraiment adressé la parole à l'autre. Pour la simple et bonne raison qu'ils avaient tout deux leur croix à porter.

      L'humoran avait certes perdu son capitaine, mais Kurag avait perdu bien plus. Tout son équipage était mort dans les péripéties sur l'île. Sauf Farion, son ami, qui l'avait trahi de la pire des façons, en rejoignant les rangs d'Oaxaca, simplement comme ça, sans lui adresser ne serait-ce qu'un mot ou un regard. Cette décision devait encore hanter son esprit.

      De quoi aurait-il bien pu parler, si ce n'était de ça ? Alors autant ne pas se torturer.
      De plus, la chaleur n'épargnait ni l'un ni l'autre. L'humoran bouillait pour des raisons évidentes, et l'homme du nord ne semblait pas accoutumé à ce genre de climat. Difficile de parler lorsque notre gorge s'assèche et que même déglutir devenait douloureux.

      Puis, fut-ce sa race qui eût l'oreille plus fine, mais Mercurio se mit à entendre très nettement le bruit d'un cours d'eau. Il aurait pu se croire encore devenir fou, mais il devait en avoir le cœur net.

      "De l'eau. De l'eau ! Y a de l'eau là-bas !", dit-il en dépassant tout le monde, dirigé par la force de l'espoir.

      Une rivière. Un vrai don des dieux dans lequel ils se ruèrent avec délectation, oubliant temporairement leur sursis pour se livrer à cette extase liquide à corps perdu.
      Ça ne parlait pas plus, mais ça riait, ça souriait, ça criait de joie. A quoi bon parler de toute façon ? Tout le monde s'était déjà compris.

      Une fois leur joie retombée, ils se souvinrent et reprirent route en suivant le cours d'eau. Les langues se délièrent alors que se profilait à l'horizon la fin de la plaine de pierre. Il fallait choisir vers où se diriger, par les bois ou les monts. Mercurio se rangea du côté des partisans des bois, avec Serpent et Depheline. Déjà pour la simple et bonne raison qu'il se sentait trop peu de forces dans les pattes pour s'amuser à monter et descendre les reliefs, mais aussi parce que les bois lui semblaient bien plus discret. Comment un dragon pourrait-il y voir aux travers des feuillages d'une forêt dense ce qui s'y cache en dessous ?
      Les autres rêvaient. Ils espéraient trouver quelques grottes dans lesquelles se cacher en toute tranquillité, comme si cette montagne était un putain de fromage.

      Le débat tourna court lorsqu'ils se firent attaquer. Des peaux-vertes. Il ne manquait plus que ça pour égayer sa journée, comme si les emmerdes n'étaient pas suffisantes. En les voyant arriver de la sorte, il ne pût s'empêcher de soupirer de lassitude. En d'autres circonstances, il aurait eu peur ou cela aurait réveillé ses instincts sauvages. Mais là, il était juste blasé. Il n'avait pas envie. C'était déjà assez dur de survivre comme ça, alors merde. C'était comme s'il était à terre et que ce connard de Zewen, passant tranquillement par là, venait pour lui coller des coups de tatanes dans les côtes juste pour le plaisir de faire chier. C'était franchement décourageant.

      Mais Zewen commençait à peine à s'amuser. Il s'était ramené avec une masse et s'apprêtait à lui broyer le crâne : Le dragon, comme une putain de vision de l'enfer, se ramenait à leurs trousses. Le bruit de ses ailes immenses s'entendaient à des lieux à la ronde et venait droit vers eux, faisant fuir par la même occasion les garzoks et les sektegs idiots.

      Le groupe lui aussi détala de la plus ridicule des façon, et chacun sprinta vers la destination qu'il avait choisi. La forêt n'était pas la solution la plus proche, mais elle fut la plus salvatrice. Le dragon décida de s'attaquer au groupe des montagnards.

      "Putain, putain, putain !", ne cessait de maugréait l'humoran dans sa barbe, les dents serrés. Le dragon avait choppé Kurag et l'avait croqué comme s'il fut un bouloum trop juteux. "Putain, putain, putain !", continuait-il à répéter, la larme à l’œil et l'aigu dans la gorge. Une sensation de froid et de malaise inonda son corps. C'était reparti, il courrait pour sa vie.



      La Fuite - Chapitre V

      _________________

      Playlist de Mercurio

      A propos, j'ai trouvé la morale de la fable que ton grand père racontait,
      celle du petit oiseau que la vache avait recouvert de merde pour le tenir au chaud et que le coyote a sorti et croqué...
      C'est la morale des temps nouveaux.
      Ceux qui te mettent dans la merde, ne le font pas toujours pour ton malheur
      et ceux qui t'en sortent ne le font pas toujours pour ton bonheur.
      Mais surtout ceci, quand tu es dans la merde, tais-toi !

      --------------------
      Jack Beauregard (Henry Fonda), Mon nom est Personne, écrit par Sergio Leone, Fulvio Morsella et Ernesto Gastaldi


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