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(Où suis-je ? Il y trop de monde, il m’est préférable de rester les yeux fermés pour l'instant.)
Au moment où minuit sonna, les portes de la salle de repos s’ouvrirent à deux battants et une prêtresse annonça que le blessé était réveillé mais qu’il se reposait encore. Après avoir lancé son avis médical, elle retourna vaquer à ses occupations habituelles.
Elle n’était pas seule, d’autres individus l’entouraient.
Une dame, toute de blanc vêtue, était au chevet, accompagnée d’un prêtre et de son disciple. Leurs accoutrements fidèles à la déesse qu’ils vénéraient ne trahissaient en rien la divinité. Exceptée la jeune dame à l'habit couleur de neige, tous étaient en robe bleu clair : ici, on vénérait Moura et tout les signes l’indiquaient.
L’architecture en premier lieu. Sobre et d’un classique antique, subtil mélange de sérénité et d’aspiration à l’éternité. L’eau et le marbre, ayant prit des apparences mousseuses, ne faisaient qu’un. L’omniprésence de l’eau, sans pour autant être extravagante comme cela aurait pu l’être chez un elfe bleu, était certaine ; l’eau régnait sans même le faire. Une régence que tous pouvaient confirmer sans l'affirmer. Et pour finir, les habitants du temple : stéréotypes même des préceptes de Moura. Ils semblent tous aussi calmes les uns que les autres mais si un soupçon de colère leur arrivait à l’esprit … le proverbe en dit plus long : « Ce n’est pas parce-que Moura ferme les yeux qu’elle ne vous tuera pas. »
Le disciple, à qui on avait soumis une liste, voyant le nom de l’individu sur le lit, s’était écrié :
« Ô grand maître Al’naleï, comment savons-nous son nom ? »
« Moura a parlé, mon disciple. » avait répondu le prêtre.
Soudain les portes de la salle de repos s’ouvrirent avec fracas ; une autre s’ouvrit, faisant plus de bruit encore que la première. Cette seconde porte, c’était la bouche d’un petit garçon qui hurlait en se faisant à peine comprendre. Sans aucun doute, c'était Ashtim :
« N’importe quoi ! C’est moi qui ai dit son nom ! Le menteur ! J’ai jamais vu de l’eau parler, moi … »
Le disciple, qui était assis sur une chaise en bois de lanurme, se leva, outré.
« Que Moura pardonne cet enfant ! »
« Et Moura le pardonnera, elle pardonne toujours à l’innocence. »
Ashtim se gratta le nez, visiblement fier de lui. Il continua avec un sourire propre à son âge.
« Bah, oui. Et… euh... il va bien ? »
« Que m’est-il arrivé ? »
Déjà réveillé depuis fort longtemps, personne ne semblait vraiment se soucier de Llewelyn. Pas qu’on se moqua du fait qu’il soit rétabli, non. Mais personne ne regardaient vers lui car il faisait semblant de dormir pour écouter la conversation.
« Vous êtes réveillé, ah. »
« Effectivement, je le suis. Si je vous parle. Je vous demanderai tout d’abord ce qu’il s’est passé, je vous prie. Pourquoi suis-je dans un lit et visiblement dans le temple de Moura ? »
( Depuis combien de temps suis-je ici… je sens l’aura de Sithi … il est donc tard. Il fait nuit, je n’ai pas de temps à perdre, je dois me rendre dans cette forêt !)
Il ne laissa pas une seconde au prêtre pour répondre avant de lui assener d’autres questions.
« Vous ne répondez pas ? Oh, à mon aise, je n’ai que peu de temps à perdre ici. Quoi qu’il se soit passé, je vous remercie. »
Une attitude fort logique mais bien inamicale que Llewel employait ci-présent, il entreprenait avec calme et froideur ce que de nombreuses personnes auraient fait avec enthousiasme et reconnaissance. Il cherchait à fuir ce lieu, où on l’hébergeait pour des raisons encore bien inconnues, pour rejoindre la forêt au sud en sachant le peu de chances qu’il avait de rencontrer une fois de plus la mystérieuse inconnue. Il engageait sa fuite en se levant de son lit et se déplaça vers le petit Ashtim sans rien lui dire, il laissait entendre qu’il lui était reconnaissant de lui avoir tenu compagnie, mais le regard que Llewelyn lui portait en disait long : il avait pour ambition de revoir ce garçon et même de le laisser l’accompagner. Selon lui, cet enfant avait un esprit assez large pour ne plus être ignoré, une place grande du fait de la forte ressemblance de mœurs avec son ancien ami Barc. Espérait-il que le petit Ashtim le suive ? En tout cas, il n’allait pas lui demander, ce détail était certain. L’idée du mage était de sortir rapidement, mais il aurait été plus sage d’agir sans mauvaise foi. Pensait-il vraiment partir de cette manière, alors qu’il n’avait même pas encore engagé son troisième pas que le prêtre se tenait devant lui? Il se retourna et vit les visages de la dame blanche, du disciple et celui d’Ashtim. Llewelyn haussa des épaules et se dit :
(Et alors ? Je pouvais bien essayer. De toute manière, elle n’est plus.)
« Que de hâte Vermelh ! Vous partez fort trop rapidement ! »
« Vous connaissez mon nom ? »
« Les eaux sont bavardes, vous ne trouvez pas ? »
« Assez. J’ai l’impression que tous les cultes sont des lieux de repos pour les fous en ce moment. Loin de moi l’idée de douter de la grande déesse de l'eau. »
« Elle ne doute pas de vous en tout cas. Et elle sait que vous goûterez à sa puissance un jour. »
( ‘Et les larmes de la Déesse s’abattirent sur moi, ceux-là disaient : Tu celui qui est choisi, tu goûteras la puissance des eaux et ce triomphe que Moura t’accorde est ultime.’ Je connais la chanson, prêtre, j’ai lu plus de livres que tu ne peux l’imaginer. Les appendices de Moura n’est qu’un livre présent pour dire que les élus de Moura sont tous ceux qui ont besoin d’eau. Et nous avons tous besoin d’eau.)
« Certes, certes. Alors que m’est-il arrivé si vous êtes si enclin à me parler ? »
« Quel personnage pressé et grincheux vous faites ! Le petit Ashtim ne nous a pourtant dit que du bien vous concernant ! En parlant du petit, c’est lui qui nous a rapporté que vous vous étiez évanoui soudainement alors vous aviez trouvé je ne sais plus quel butin sur un cadavre. Il est donc parti voir sa mère qui n’est autre que la dame que vous voyez là. C’est une prêtresse de Moura, c’est elle qui vous a soigné. »
La dame se leva et déclara à son tour.
« Heureux de vous rencontrer et de savoir que vous avez surveillé mon fils. Je me nomme Eshlana. Vous avez été empoisonné par un mal qu’on nomme la tétane, une sorte d’infection qui se propage en vous lorsque vous êtes touché par une arme qui n’est pas neuve. Nous ne savons pas grand-chose à ce sujet mais nous pouvons le soigner facilement au temple de Moura. A défaut d’avoir un temple de Gaïa ou de Jeri dans la ville, il y a celui de Moura. »
( De toute manière il est bien trop tard, inutile de passer par la forêt, je ne la verrai plus. Peut-être plus jamais …)
« Je vous remercie pour ces informations. Alors vous êtes la mère d’Ashtim ? Les prêtresses ne doivent pas … »
« Ah ? Oh, non ! Il n’y a bien que les prêtresses de Gaïa qui doivent prêter ce serment. Et croyez moi, il doit y avoir bien plus de chasteté chez les prêtresses de Thimoros que chez celles de Gaïa ! Ah, ah » répondit-elle d’un air amusé, une étrange joie coulait en elle. Un rare sentiment de satisfaction comme pour exprimer une sorte de 'si il grogne, il est en forme'
(Je vois que cet humour est de famille... Le petit ne doit pas s’ennuyer, c’est certain.)
Encore plus enthousiaste, elle claqua des mains en déclara à haute voix :
« Mais allons ! J’ai rétabli une âme ! Fêtons cela ou même, quittons ce lieu de convalescence ! Suivez-nous, sieur Vermelh. »
(Vont-ils vraiment fêter cela ? Dois-je comprendre qu’elle rate une fois sur deux les soins qu’elle entreprend ? Ah, suivons-les pour l’instant, il est bien trop tard …)
Il était trop tard pour espérer rejoindre la mystérieuse prisonnière, hélas trop de fois hélas pour le jeune mage. Mais aucun point de rendez-vous n’était fixé, aucun accord n’avait été passé, tout cela était prévisible ; quoi qu'au fond de son être il savait qu’il aurait pu la rencontrer là-bas. Ils prirent les escaliers en direction d’une autre pièce, pas très loin de cette salle de repos pour aller y faire la ‘fête’.
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Dernière édition par Kashell Valeth le Lun 24 Aoû 2009 17:43, édité 6 fois.
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