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 Sujet du message: Re: Le Temple de Thimoros
MessagePosté: Sam 23 Avr 2011 12:51 
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Le fait de passer sa main sur la douce nuque poilue de sa compagne pour la rassurer n'avait pas été sans susciter quelques délicieuses sensations chez Azdren : un corps si chaud, si sensible, si vulnérable... Il s'était néanmoins vite repris avant de regarder autour de lui si quelqu'un s'était aperçu de son trouble, mais cela ne semblait pas être le cas. En tous cas, cette petite séance de réconfort semblait avoir été bénéfique à la lyikor, qui parvint à réprimer les larmes silencieuses qui coulaient sur son visage lupins et à se redresser, visiblement rassérénée. Tout en lui gardant une main réconfortante sur l'épaule, le fanatique avança dans la sinistre salle à colonnade où avait toujours lieu le sacrifice et demanda son chemin à un adepte. Il se rendit ensuite au mur adjacent, poussa une porte et suivit plusieurs corridors avant de parvenir à la porte noire abritant les geôles, qu'il poussa sans attendre d'invitation..

Il va sans dire que l'endroit était sinistre : une cellule aux barreaux solides, sans une tache de rouille, une obscurité quasi-totale à peine mise en défaut par la fragile lueur d'une bougie posée sur une table au fond de la pièce... table à laquelle était assise une silhouette recroquevillée. Le silence qui régnait dans la pièce était quasi-surnaturel, à croire qu'il n'y avait personne d'autre que le gardien des lieux et eux-même... mais si l'on tendait l'oreille, on pouvait tout juste entendre de brèves respirations sifflantes et le petit bruit caractéristique de membres nus frottant contre la pierre. Dans un sens, cela rassura Azdren de ne pas pouvoir contempler le contenu de cette cage refoulant de vives odeurs d'excréments et de charogne, et à laquelle il allait devoir livrer la lyikor pour un temps.
Ce silence était néanmoins révélateur : les prisonniers n'osaient pas se faire remarquer de peur de se faire choisir pour le prochaine "sauterie" et ils ne tenteraient vraisemblablement pas de se faire remarquer en tentant de dépouiller une lyikor en un seul morceau et disposant de toutes ses facultés.
Azdren se dirigea donc vers le responsable des lieux et s'aperçut qu'il s'agissait d'un vieillard chenu aux cheveux blancs et au regard aveugle qui ne semblait pas particulièrement avoir suivi la mode locale des scarifications spectaculaires, mais il n'irait pas jusqu'a lui demander de soulever son aube pour vérifier ce point.
Le fanatique s'adressa avec respect au gardien, ce qui ne mangeait pas de pain.

- Salutation, frère gardien. Je viens mettre sous votre vigilance cette savoureuse femme-louve.

La vieille taupe lui lança ce qui aurait pu passer pour un regard inquisiteur si elle en avait eu un, puis se détourna en marmonnant sans prêter la moindre attention à Parnalia. Il sortit de sa manche élimée une unique clé rouillée et alla ouvrir la porte des geôles sans prendre de précaution particulière. Ne craignait-il pas une évasion ou une attaque ? Ou ce vieillard était-il bien plus qu'il ne paraissait être ?
En tout cas, nul ne se manifesta pour lui sauter à la gorge, et le fanatique put même entendre un bruit de recul précipité vers le fond de la cellule... peut-être que le gardien était tout simplement protégé par l'aura de peur générée par les prêtres, en fin de compte. Il laissa Parnalia s'engouffrer dans l'obscurité sans manifester d'émotion, mais tint tout de même à manifester sa volonté au vieillard, même si celui-ci semblait s'en foutre royalement.

- Je préférai qu'elle soit encore intacte quand je reviendrai la chercher. Il n'y a rien que je ne déteste plus qu'une victime qui ait déjà été entamée avant d'être passée sous mes doigts. Il s'agit de MA victime, frère de douleur...


Nouveau regard vide et visage inexpressif. Peut-être que la vieille taupe était-elle également sourde, tant qu'a y être. Azdren prit pas la peine de la saluer, mais fit une petite expérience avant de partir : tout en marchant calmement vers la sortie, il se concentra et généra une infime flammèche de magie sombre au bout de son index, qu'il approcha des barreaux. Il ne fut pas vraiment surpris quand il sentit la barre de métal noire attirer puis absorber sa petite démonstration de magie. Le fanatique pesta intérieurement derrière son masque : la lyikor devrait trouver un moyen non-magique de se délivrer ou attendre qu'il passe... après tout, cela ne devrait pas être très compliqué de leurrer cette chose aveugle.
Mais il n'avait pas le temps de s'occuper de cette question, car une tâche plus importante l'attendait : trouver la vraie relique et faire main-basse dessus si l'occasion se présente. Cette fois, il ne demanda son chemin à personne et se contenta de se fier à l'organisation classique de ce genre de temple tout en se repérant par rapport aux quelques filaments d'énergie divine et magique qu'il captait ça et là. Heureusement, le fait que les adeptes du temples ne soient pas spécialement nombreux et qu'ils se ressemblent tous une fois le capuchon de leur aube grise mis joua en sa faveur, et il ne pensa pas s'être fait remarquer.
C'est ainsi qu'il arriva devant une porte sombre décorée de motifs torturées d'où s'échappaient de puissantes bouffées de magie.

La pièce dans laquelle il pénétra avec précaution était de grande taille. Ses murs étaient recouverts d'étagères où reposaient d'étranges artefacts que le plus novice des mages auraient pu deviner comme chargés d'énergie : bijoux, pièces d'équipement, armes, restes humains... tout cela faisait penser au musée qui tenait lieu de bureau à Alianoff, maître de l'académie de magie de Tulorim, à ceci près que celui-ci n'était pas éclairé chichement par des glyphes verdâtres en forme de créatures mythiques grotesques.
L'atmosphère était lourde dans cette pièce, et ce n'était pas seulement le fait de la magie... les sens d'Azdren était en alerte : se pouvait-il qu'il ait actionné un mécanisme sans le remarquer ? Non... c'était plutot une impression de danger imminent. Cette salle n'était visiblement pas défendue alors qu'elle recélait les trésors du temple. Il n'avait beau ne pas y connaître grand-chose en piège magique ou non, le fanatique sentait que quelque chose ne collait pas et étudia attentivement son environnement.
Les dalles... le sol était couvert d'un genre de dalles complètement différent de celles qui jonchaient le sol du temple : noires, certes, mais d'une forme beaucoup plus arrondie. Même dans la lumière blafarde, il était clair que certaines présentaient un aspect légèrement patiné tandis que d'une mince couche de poussière en recouvraient d'autres, comme si on avait scrupuleusement évité de marcher dessus. Quant à savoir quel type de piège elles pouvaient bien déclencher, il n'avait aucune envie d'approfondir le sujet.
Au fond de la pièce, Azdren pouvait voir un autel de pierre décoré de façon macabre qui ne semblait pas pulser d'énergie mais au contraire l'attirer insidieusement à lui. Le fanatique n'était pas assez proche pour identifier ce qui s'y trouvait, mais il ne fallait pas être devin pour se douter de la valeur de l'objet requérant une telle mise en scène : la relique de Thimoros qu'il était venu chercher avec Parnalia.
La gorge légèrement nouée, il hésita... puis décida de faire machine arrière. Le moment n'était pas encore venu de passer à l'action et il devrait attendre que le Haut-Prètre soit hors de combat pour agir efficacement. Il sortit donc de la pièce en refermant bien la porte derrière lui et vagabonda un peu, de façon à imprimer dans sa mémoire le plan des lieux.
La partie allait être serrée.

_________________
Azdren, fanatique ynorien
Deux âmes pour une vie

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 Sujet du message: Re: Le Temple de Thimoros
MessagePosté: Mer 27 Avr 2011 18:07 
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Dans l'obscurité, le silence se faisait de plus en plus pesant, seulement interrompu de temps à autre par des respirations assourdies entrecoupées de petits gémissements de douleur. A sa table, le geôlier continuait de fixer obstinément le vide en marmonnant semblant y chercher une inconcevable vérité absolue.
Dans le noir, une lyikor tentait de prendre son mal en patience en échafaudant un plan d'évasion digne de ce nom tout en échappant à l'attention des autres résidents de la cellule où elle se trouvait pour éviter de se faire dépouiller de ses maigres possessions. Elle crut d'ailleurs y être arrivée jusqu'à ce que des doigts osseux lui effleurent le bras droit. Bien qu'ayant les nerfs à fleur de peau, elle se retint de glapir et même de retourner par réflexe une mornifle à l'importun de peur de se faire repérer. Bien lui en prit car les appendices ne s'attardèrent pas et une voix aigüe à l'haleine chargée de lourds remugles lui murmura à l'oreille.

- Pourquoi être là ?

Piège insidieux ? Prémisse d'une proposition indécente ? Parnalia préféra garder le silence pour ne pas risquer de trahir ses véritables intentions. Peut-être était-ce la raison pour laquelle les prisonniers ne se rebellaient pas : le risque de la présence d'un délateur parmi eux qui puisse révéler leur projet d'évasion.
La voix reprit néanmoins, insistante.

- Pas confiance ? Donne main. Te montrer. Pas piège.

Avant qu'elle ne puisse réagir, une main petite et forte s'empara de sa patte droite et la guida au contact d'une petite jambe nue à la peau granuleuse boursouflée de nombreuses cicatrices et la fit descendre jusqu'à une cheville cerclée de fer qui se poursuivait par des maillons scellés dans le mur. Ce ne fut qu'ensuite que la pression se relâcha et que Parnalia put récupérer sa main tandis que la voix murmurante revenait à la charge.

- Voir ? Kritiak prisonnière. Pas longtemps. Toi... pas être battue, avoir volonté. Kitiak a plan et couteau. Sortir avec toi si toi aider. Quoi nom ?

Parnalia réfléchit à toute vitesse : se pouvait-il que ce soit vrai ? Tomber sur une compagne de cellule qui fomentait une évasion à peine arrivée serait un vrai coup de chance. Trop beau pour être vrai... pouvait-elle vraiment lui faire confiance ?
Mais cette femelle semblait plus entreprenante et motivée que leurs autres compagnons de cellule invisibles... de plus, elle semblait déjà avoir souffert entre les mains des prêtres. La lyikor n'avait rien sentit de particulier en ce qui concernait la chaine, celle-ci ne résisterait donc pas si elle la congelait avant de la briser d'un coup sec, mais cela alerterait sûrement le gardien.
Elle avait besoin d'en savoir plus pour se décider et murmura à son tour à la silhouette assise à côté d'elle pour lui adresser une marque de confiance.

- Parnalia. Je m'appelle Parnalia. Supposons que j'ai le pouvoir de vous libérer de cette chaîne et de vous aider à sortir d'ici... comment feriez-vous ?

Sentant qu'elle avait ferré l'attention de la lyikor, son interlocutrice se montra un peu plus entreprenante, même si elle se forçait toujours à murmurer par précautions. Le vieillard qui leur servait de geôlier ne semblait toujours rien remarquer et les pauvres hères qui partageaient leur cellule semblaient se moquer éperdument de la discussion des deux femelles. Il était même douteux qu'ils s'en soient aperçus, distraits qu'ils étaient par les séquelles de leurs sévices.

- Kritiak savoir vrai problème est barreaux durs et mange-magie. Vieux pas problème. Pas magicien, pas fort. Toujours veiller sur nous car peur de manquer sacrifice. Parnalia briser chaîne et Kritiak faire morte. Gardien arriver pour vérifier cadavre Kritiak et toi l'assommer. Nous partir ensuite. Compris ?


- Et les autres prisonniers ?

- Eux trop peur ou trop blessés. Bougeront pas. Aiment trop ombres rassurantes, comme rats. Pas pouvoir faire confiance, toi oui. Toi avoir espoir et force, comme Kritiak.

Le raisonnement comme le stratagème se tenaient parfaitement et ils faisaient écho aux impressions que la lyikor avait eu en pénétrant dans la salle. La trop belle occasion se révélait plausible, même si deux questions taraudaient tout de même Parnalia : la première était qu'elle ne savait pas exactement quand elle pourrait essayer de s'échapper. De fait, Azdren devait venir la chercher une fois les hostilités terminées, et une évasion ne manquerait pas de susciter le chaos trop tôt dans le temple, ruinant leur opération. Quant à la seconde...

- Mais pourquoi n'as-tu jamais essayé de t'évader seule, Kritiak ?

- Gardien méfiant, reste à porte et ordonne à rat de vérifier cadavre. Une tentative ratée par autre avant. Si toi appeler aide, lui moins se méfier et toi frapper lui !

- Il n'y a pas de prêtre qui vient vérifier les cellules ? Il ne faudrait pas que notre évasion soit découverte trop tôt !

- Eux confiance dans vieux. Jamais fuite. Juste un passage par jour pour apporter nourriture. Pouah ! Lui déjà passé. Alors ? Parnalia aider ?

Parnalia réfléchit à toute vitesse : un plan concis et efficace, qui aurait le mérite d'être discret si tout se déroulait selon les dires de sa comparse. Et pour peu qu'elle vole l'aube du vieillard en passant... Cela valait le coup d'essayer.

- Tu peux compter sur moi, Kritiak. Laisse-moi briser ta chaîne et dis-moi si le gardien réagit.

La lyikor se tourna vers son interlocutrice et se saisit de la chaîne à tâtons. Elle commença alors par se détendre physiquement et mentalement pour se concentrer pour canaliser son énergie magique. Une fois l'état d'esprit adéquat atteint, elle respira profondément et transféra la puissance glaciale accumulée vers ses paumes, comme lorsqu'elle s'entraînait à geler des plaies dans l'officine du rebouteux de Dahràm. Fort heureusement, les geôles insalubres étaient implantées suffisamment profondément dans le temple pour qu'elle puisse utiliser un peu de l'humidité ambiante pour soutenir ses capacités magiques.
Elle envoya des vagues de froids d'une puissance régulièrement croissante dans la chaîne jusqu'à ce que celle-ci soit gelée jusqu'au cœur. Puis la jeune femme-louve évoqua une autre forme de sort et ne tarda pas à faire apparaitre un petit pic de glace dans sa main, dont elle se servit pour frapper le métal congelé d'un coup sec. Celui-ci se fendilla sans céder pour autant, faisant se redresser brusquement la mage au cas où le gardien les auraient entendues. Mais la position attentive mais calme de sa partenaire la rassura, et elle frappa derechef les mailles qui cédèrent dans un léger tintement. Toujours pas de réaction. Le vieux devait être vraiment dur de la feuille.

Parnalia vit alors sa providentielle assistant s'affaler contre le mur, pousser quelques hoquets convaincants et ne plus bouger, puis attendit quelques instants avant de hurler.

- Au secours, quelqu'un ! Elle ne respire plus, on dirait qu'elle est morte !

Après quelques moments de tapage, le vieillard décida enfin à bouger ses fesses desséchées et à s'approcher de la grille pour y voir de plus près. Évidemment, la partenaire de Parnalia était trop loin de lui pour qu'il se rende compte de quoi que ce soit... et il se décida à ouvrir la porte pour identifier le "cadavre" à l'odeur. Pour que cela soit plus crédible, la lyikor se rencogna dans un coin sombre comme si elle était terrorisée et le laissa s'approcher, certain de son aura de terreur de prêtre. Elle attendit qu'il se penche sur le petit corps et en profita pour lui sauter violemment sur le dos et le plaquer au sol. Le vieillard poussa un petit cri de surprise, qui s'étiola quand la partenaire de la femme-louve dégaina un objet caché sous elle et lui trancha proprement la gorge malgré l'obscurité.
Elle se fendit d'un petit ricanement nerveux qui se changea en rire hystérique qui dura une bonne éternité au milieu des déchets de sacrifice qui n'en croyaient pas leurs oreilles. Parnalia quant à elle avait l'estomac retourné : c'était la première fois qu'elle tuait quelqu'un. Certes, elle avait déjà chassé des animaux plus souvent qu'à son tour, s'était déjà battue et n'avait au final pas porté le coup fatal... mais elle était responsable de cette mort. Inévitable souillure qu'elle allait devait traîner en elle pour le reste de sa vie.

Mais foin de sentimentalisme, la lyikor venait après tout d'un clan de montagnards à l'esprit pratique : faisant taire ses remords, elle mit le cadavre encore chaud du geôlier sur son épaule et se dirigea vers la sortie. Comme l'avait prévu sa partenaire d'évasion, ce fut loin d'être la ruée et leurs compagnons de cellule hésitaient toujours à bouger. Une fois parvenues près du bureau éclairé par la bougie, les deux femelles purent enfin se jauger et quelle ne fut pas la surprise de Parnalia en constatant l'apparence de Kritiak : une petite sekteg à la peau vert tendre et aux yeux noirs, habillée de braies noires et d'une chemise grise ayant connu des jours meilleurs. Pour compléter sa panoplie, un morceau de métal tordu et maintenant souillé de sang se trouvait dans sa main, mais elle le rangea promptement dans une manche. Elle avait visiblement souffert de quelques tortures sans être toutefois gravement blessée ou handicapée : même ses longues oreilles pointues ne présentaient que quelques cicatrices.
La jeune-femme louve posa son fardeau au sol et tendit amicalement sa patte à sa partenaire, qui lui serra virilement l'avant bras de sa poigne solide.

- Nous voilà dehors, grâce à ton plan. Merci.

- Kritiak remercie Parnalia. Sortie impossible sans elle. Trouver moyen sortir de temple.


- J'en vois un : je vais enfiler la robe de ce type et je vais nous guider vers la sortie en te faisant passer pour ma prisonnière que... j'emmène à l'extérieur pour... aller chercher de l'eau !

- Bon plan ! Faire maintenant !

- Un instant. Il faut d'abord que je me change... et il faut que nous attendions un peu : un de mes amis doit créer de l'agitation dans le temple pour nous permettre de nous échapper, sinon il sera difficile de duper les gardes.

La sekteg acquiesça et laissa Parnalia enfiler les oripeaux du mort... qui s'avérèrent un peu courtes pour la silhouette musclée et la queue touffue de la lyikor. Il faudrait également espérer que les prêtres qu'ils croiseraient ne s'intéresseraient pas de trop près à ses pattes arquées, sans parler du bout de museau effilé qui pointait hors de la capuche baissée. Bref, le déguisement était très loin d'être parfait, surtout quant on pense au fait que la femme-louve n'avait aperçu aucun de ses congénères dans le temple lors de son passage, mais ce serait mieux que rien.
Elle prit donc la petite créature verte par l'épaule comme Azdren l'avait fait avec elle, se dirigea vers la porte du fond, attendit un moment puis l'ouvrit en étudiant scrupuleusement les couloirs vides autour d'elle, et s'enfonça dans les boyaux du temple noir.
Avec un soupçon de chance, cela devrait bien se passer, se disait-elle.

_________________
Parnalia, mage Fujonienne

Un monde si grand et si vaste... comment s'y sentir seule ?


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 Sujet du message: Re: Le Temple de Thimoros
MessagePosté: Lun 2 Mai 2011 18:20 
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-Message Guilde pour Parnalia et Azdren-


Ce n'est que dans la nuit que l'un des prêtres, à la jambe molle et aux paupières déchirées, s'approcha d'Azdren. Il n'était pas évident de donner un âge à l'homme, qui devait avoir vieilli bien plus vite que de rigueur dans ce sinistre environnement.

"Le grand maître veut vous voir pour le rituel. Maintenant."

Un sourire dévoila des dents affreusement taillées, alors qu'il semblait heureux d'annoncer pareille nouvelle. Sans doute qu'en général les visiteurs de l'homme souffraient atrocement. Il t'escorta ensuite, sans te lâcher une seconde, vers l'une des seules salles où il ne t'avait été permis d'entrer. Son rictus sadique toujours greffé sur son visage, il ouvrit une large porte de fer, gardée, avant de te faire signe d'entrer.

Il n'en fallut pas plus pour qu'une odeur de pourriture intenable ne t'assaille, violemment. La pièce en question était de taille moyenne, avec au centre un autel fait d'os. Mais ce n'était pas l'autel, ni les huit âmes autour qui charriaient cette infâme puanteur. Non, le sol tout comme les murs étaient recouverts de squelettes, mais aussi de corps pas tout à fait décomposés, de graisse humaine et de chair, comme si tous les morts étaient entassés ici dans une pantomime de sépulture.

La magie sombre était présente à son paroxysme.

"Notre invité. Joignez vous donc à nous Azdren, nous comptions justement étudier ce deuxième cristal de l'araignée. Prenez place dans notre cercle, vous serez notre neuvième prêtre. Prenez le comme une récompense, pour nous avoir rapporter ce précieux artefact."

Il s'agissait donc là des membres les plus éminents du temple, qui allaient bientôt se faire arracher les âmes par le piège d'Alianof...


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 Sujet du message: Re: Le Temple de Thimoros
MessagePosté: Mer 4 Mai 2011 13:18 
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Azdren avait passé l'après-midi à arpenter méticuleusement le temple pour graver tous les détails de sa macabre architecture dans son esprit. Il n'avait pas la moindre idée des conditions dans lesquelles Parnalia et lui devraient prendre la fuite, et chaque détail pouvait compter : se rendraient-ils directement à la sortie en profitant du chaos qu'ils déclencheraient ? Devraient-ils faire un repli stratégique pour feinter des prêtres fous de rage ? Ce pilier pourrait-il servir de bouclier contre des projectiles magiques ?
L'intellect de l'homme desséché tournait à plein régime, amplifié par sa paranoïa naturelle et par la nécessité de protéger sa partenaire : qu'importe s'il devait perdre un bras ou une jambe dans l'affaire, mais il ne laisserait pas la lyikor se faire amocher !

Tu tiens enfin à quelqu'un... j'ai cru que cela n'arriverai jamais.

Une voix chaude et familière, à peine plus qu'un souffle, venait de caresser le cœur d'Azdren. Irelia, sa défunte sœur dont il transportait la tête depuis une bonne éternité dans la cage de fer ballotant à son côté. Sa conseillère, et bien plus. Il tenta de lui répondre mentalement avant que le lien spirituel erratique qui les liaient se dissolve à nouveau et s'assit en tailleur le dos à un mur, comme s'il était en méditation.
Malgré l'effort pour faire le vide dans son esprit, il ne vit que l'obscurité : la voix était bien présente, mais l'image de sa sœur qui ne le quittait que rarement lors de ce genre de conversation n'apparaissait pas. Sûrement un effet pervers du temple.

Il y a longtemps que je ne t'avais pas entendu, ma sœur... Me reproches-tu de vouloir sauver ma partenaire ?

Jusqu'ici tu n'avais pas vraiment besoin de moi, mais ici tu te trouves en danger de mort, et tu auras besoin de mon aide.

Tu sais bien que je ne peux pas me passer de toi. Peux-tu me dire ce que prépare le Haut-prêtre et ce qu'il se passe du côté de Parnalia ?

Je ne peux pas m'approcher de ce type ignoble. Il est entouré en permanence d'un sort qui capture les esprits comme moi pour les assimiler... je suppose que c'est pour contrer toute tentative d'espionnage de la part de ses pairs et de ses subalternes.
Quant à ta lyikor, elle vient de sortir de sa cellule en compagnie d'une voleuse sekteg.
Son déguisement est navrant mais je pense qu'il ne lui arrivera rien pour l'instant : j'ai senti sa peur mais également sa détermination à sortir d'ici vivante. J'ai également cru déceler un poussière de sentiment à ton égard. Touchant.


La dernière phrase avait été "dite" sur un ton gentiment moqueur, mais cela n'empêcha pas le fanatique de rougir. Un "sentiment" ? Que sous-entendait-elle ? Il est vrai qu'il avait éprouvé une ou deux bouffées de désir à son encontre, mais c'était tout ! Et elle sous-entendait qu'il pourrait y avoir quelque chose de similaire dans l'esprit de sa compagne lupine, voire davantage ?

Laisse cela de côté, tu sais bien qu'il n'y a que toi seule compte à mes yeux. Je trouverai bientôt le moyen de te redonner corps, ma sœur.

La "voix" d'Irelia passa brusquement de la joie moqueuse à une forme de tristesse, comme de la mélancolie. Quelque chose ressemblant à une caresse spectrale passa sur la joue gauche d'Azdren, qui le sentit malgré son masque et son capuchon.

Je ne sais que trop que ton cœur m'appartient. Et tu sais pertinemment que je n'ai pas besoin de corps physique pour te rejoindre. Il est vrai que certains aspects de ma vie de mortelle me manquent, mais pas au point que tu risques ton corps et ton esprit pour cela. Si tu souhaites vraiment continuer dans cette voie, fais-le tranquillement, sans te mettre en danger plus que nécessaire.

Je suis déjà sur une piste sérieuse. Je pense même que ce n'est qu'une question de semaines avant que je ne tente quelque chose qui puisse marcher. Ne t'inquiète pas.

Il y eut un bref "silence" que l'on aurait pu qualifier de pensif de la part d'Irelia avant qu'elle ne se fende d'une petite remarque et que sa présence ne s'efface.

Quelqu'un vient pour toi. Je vais rester un peu en retrait.


En effet, un pas traînant se fit entendre à l'extrémité du couloir, forçant Azdren à ouvrir les yeux. Irelia n'avait pas semblé affolée en le prévenant, donc il devait s'agir d'un messager qui à priori ne lui voulait pas de mal... même si la notion de "mal" était pour le moins élastique dans ces lieux maudits.
Un prêtre à l'apparence usée, dont les paupières étaient lacérées et qui traînait une patte folle derrière lui, lui ordonna de le suivre : le haut-prêtre requérait sa présence pour le rituel d'identification de la fausse relique.
Toujours assis, le fanatique cogita à toute vitesse : pouvait-il se permettre d'entrer dans la salle où allait se tenir la cérémonie ? Ne risquait-il pas de se faire arracher son essence vitale au même titre que tous les membres de la pièce ? Alianoff, le concepteur du piège, lui avait certifié que non... et de toute façon, le fait de refuser cette convocation ne ferait que mettre le sinistre maître des lieux sur ses gardes.
Azdren se leva donc, opposant la façade de son masque blanc au sourire sadique aux dents taillées en pointe du sinistre messager.

Tocard.

Cette simple remarque mentale suffit à faire naître un sourire fugace sur le visage dissimulé du fanatique qui emboîta le pas à son guide handicapé. Pas facile de rester derrière quelqu'un qui fait racler son membre mort sur le sol derrière lui.
Ils finirent par arriver à une lourde porte de fer, que Patte-folle ouvrit, son sourire sadique toujours greffé sur sa face de ragondin écorché.
La première chose qu'Azdren perçut fut l'odeur. Il avait croisé plus d'un charnier dans sa vie, rencontré des lépreux en fin de vie, mais rien ne l'avait préparé à l'odeur de pourriture suffocante qui cherchait à s'échapper de la pièce. Aucun moyen d'y échapper, même en retenant sa respiration ou en se bouchant le nez, tant celle-ci imprégnait la pièce. Serrant les dents, essayant d'occulter le goût de chair rancie qui commençait à s'installer sur ses papilles gustatives desséché, le fanatique pénétra bravement dans la pièce.
Après l'odeur, la vue : la pièce était tapissée du sol au plafond de morceau de squelette et de corps à moitié pourris. Le tout n'étais même pas homogène et même le plus tordu des artistes n'aurait pu affirmer qu'il y avait une réelle recherche esthétique là-dedans. Il s'agissait d'un hommage à Thimoros dans son aspect le plus dément et le plus morbide, mais c'était pourtant la brutalité de l'ensemble qui permettait à Azdren de rester sain d'esprit : un entassement de corps, même s'il couvrait l'étendue d'une grande pièce, n'était rien d'autre qu'un charnier.
Au centre de l'ensemble se trouvait autel d'os vomissant littéralement de l'énergie magique noire autour duquel se trouvait huit silhouette en aube sombre et sur lequel était posé la fausse relique démoniaque.
Le Haut-prêtre se détacha du cercle de ce qui devait être les plus puissants membres du temple et souhaita la bienvenu au nouveau venu de son habituel ton grinçant et sarcastique.

- Notre invité. Joignez vous donc à nous Azdren, nous comptions justement étudier ce deuxième cristal de l'araignée. Prenez place dans notre cercle, vous serez notre neuvième prêtre. Prenez le comme une récompense, pour nous avoir rapporté ce précieux artefact.

Pas moyen de reculer. Le Haut-prêtre décharné allait sûrement mener la danse et se servir de l'énergie magique et vitale des huit autres personnes présentes pour tester la fausse relique, ce qui créerait un lien entre chacun d'eux, qui servirait de vecteur à la malédiction du piège d'Alianoff. Azdren allait devoir participer sous peine de faire échouer le plan. C'est donc la gorge un peu serrée qu'il entra dans la ronde tant en se fendant d'une simple réplique.

- Merci, maître. Puisez en moi autant que vous le souhaiterez, même si je ne suis qu'un humble fanatique.

- Nous en discuterons si vous survivez à ceci.

Sur ces paroles charmantes, l'homme aux allures de cadavre ambulant se plaça devant l'autel et tendit ses mains squelettiques paume vers le haut au-dessus de celui-ci, puis commença à conjurer dans une dialecte qui n'avait pas été pensé pour un gosier humain. Les glyphes qui éclairaient la pièce jusqu'ici virent leur lumière blafarde s'assombrir, laissant tous les ritualistes dans les semi-pénombre.
Puis une sorte de main ombreuse sembla s'extirper de la bouche toujours dégoisante du Haut-prêtre, avant de se ruer vers l'une des silhouettes en aube immobiles en train de marmonner et de s'enfoncer dans sa poitrine. Pas de plainte, de plaie ou de sang, juste une voix dont la timbre et la vigueur diminua.
Deux autres appendices d'ombre surgirent des flancs du priant puis s'enfoncer dans ceux de ses voisins et ainsi de suite jusqu'à ce que tous soient reliés par cet espèce d'infâme cordon ombilical. Le hasard voulu qu'Azdren se retrouva en fin de chaine, ce qui que bien qu'il gémit doucement en sentant le "bras" glacé pénétré jusqu'à la moelle de ses os pour lui voler une partie de son essence vitale, il n'avait pas a endurer le transfert d'énergie dans son ensemble : le premier priant touché par le sortilège devait accueillir en lui toute l'énergie drainée aux autres avant de la "régurgiter" vers celui qui les vampirisait tous. La pression chez cet homme devait être démentielle, à être ainsi traversé par des énergies impossibles à manipuler pour lui !
On peut néanmoins admettre que l'individu devait connaître une certaine forme d'extase à se faire ainsi remplir et vider d'une telle énergie en continu.

La voix du Haut-prêtre monta dans des aigus capables de crever les tympans, et de ses mains cadavériques jaillirent des flots d'énergie sombre que le cristal à motif d'araignée absorba comme un rien, se contentant de pulser puissamment. C'est à ce moment que le presque-mort dut se douter de quelque chose. D'un coup, il tenta de rompre le sort, mais la fausse relique ne l'entendait pas de cette oreille : l'énergie continua à affluer toujours plus dense vers elle sans qu'aucun des incantateurs puisse se dépêtrer des arcanes du sort complexe... y compris Azdren !
Celui-ci se sentit partir tandis que des fragments de plus en plus gros de son énergie vitale lui était arrachés pour nourrir le cristal. Il n'allait pas tarder à tourner de l'œil quand une voix familière se fit entendre dans sa tête.

A moi de jouer.

L'esprit d'Irelia, profitant de l'affaiblissement du maître des lieux, s'était immiscé dans l'arcane du sort qui enserrait Azdren et s'était mis à... disons à "ronger" peu à peu les mailles du filet arcanique comme une patiente petite souris jusqu'à ce qu'elles cèdent.
L'espace d'un instant, les liens glacées qui reliaient le fanatique au cercle des vampirisés se rétractèrent... ce qui luit permit de tomber à la renverse parmi les chairs faisandées et les ossements faisant office de sol.
Le pression magique s'accrut d'autant sur les membres du cercle rétrécit, qui s'effondrèrent l'un après l'autre sans un bruit, devenus de simples coquilles vides. Seul le Haut-prêtre bataillait toujours, faisait appel à toutes ses connaissances et surtout à son esprit haineux et inébranlable pour ne pas basculer également dans l'oubli.
Voyant cela, Azdren ne put résister : il brisa un morceau d'une côte saillante qui était à portée de main et se releva péniblement, sourd aux imprécations du quasi-mort-vivant qui ne l'avait pourtant pas vu. Le fanatique s'approcha de lui dans le dos d'un pas titubant et lui murmura quelque chose à l'oreille.

- Tu avais raison : je n'avais pas la moindre chance de te tuer. Du moins, pas sans aide. Salut le père de toutes les douleurs de ma part, hérétique.

Le Haut-prêtre poussa un hurlement assourdissant et fit brusquement tourner sa tête à 180° dans un craquement sonore, dardant ses yeux pleins de haines et d'une profondeur abyssale sur le responsable de sa déchéance. Mais avant qu'il ne puisse proférer la moindre malédiction, le fanatique lui planta l'os dans l'orbite gauche de toute ses force, tourna d'un mouvement sec du poignet et envoya d'une bourrade le corps cadavérique s'effondrer contre l'autel, c'est à dire en plein sur la fausse relique.
L'être immonde poussa une plainte déchirante venue tout droit du royaume de Thimoros, tressauta violemment... puis disparut dans une explosion pourpre qui réexpédia derechef Azdren parmi les tripes faisandées et les membres avariées.
Le fanatique resta étendu là pendant un moment, cherchant à récupérer des forces et à remettre de l'ordre dans ses idées sans s'empoisonner avec l'atmosphère putride des lieux à présent agrémentés de sept nouveaux cadavres.

C'est confortable ?

- J'ai connu mieux. Je crois d'ailleurs qu'une tête de fémur est en train de me rentrer dans le dos. Merci pour le coup de main, grande sœur.

Effet hallucinatoire dut à sa faiblesse ? Azdren avait l'impression que la voix d'Irelia provenait d'un petit nuage de brume flottant au dessus de sa tête.

Tu ne rêves pas. On dirait que l'énergie du sort que j'ai absorbé m'a légèrement renforcée. Mais trêve de bavardage, tu ne dois pas rester là. Les hurlements n'ont pas attiré l'attention, mais je suppose que ce silence brusque va mettre la puce à l'oreille des gardes. Tu te sens assez fort pour sortir ?

- Faudra bien... des gardes ?

Un seul en fait, l'autre est parti s'occuper de je ne sais quoi. Tu n'as pas beaucoup de temps.

Le fanatique desséché se remis vaillamment sur ses jambes encore tremblante, son aube à présent tachée d'ichor et de sang, et alla ouvrir la porte. Une silhouette à capuchon lui lança un regard inquisiteur et le força à mentir du mieux qu'il put.

- Nous avons dû interrompre le rituel. L'objet est plus réticent à l'identification que prévu et le grand-maître est furieux. Il m'a envoyé cherché des objets nécessaires à une recherche plus poussée. Je vous préviens : celui qui passera cette porte avant moi le paiera de sa vie, voire pire.

Était-ce parce qu'Azdren semblait avoir été piétiné par un troupeau de buffles ? Était-ce à cause de son ton mêlant à la fois fatigue, colère et conviction ? Toujours est-il que le garde ne trouva rien à y redire et baissa la tête.
Le fanatique se rendit alors d'un pas lourd vers la salle des reliques en passant par le large hall à colonnade d'entrée. S'il ne trouvait pas Parnalia dans la première, il l'attendrait dans le second. Un instant, il pensa à faire demi-tour pour aller chercher le faux cristal et ne laisser aucune trace... mais il n'avait guère envie de toucher à cette chose démoniaque, il poussa donc un profond soupir et continua à avancer.

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 Sujet du message: Re: Le Temple de Thimoros
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Accoutrée de son aube noire trop courte pour elle, Parnalia avait repoussé les limites du ridicule en vagabondant dans le temple pour essayer de trouver par elle-même l'endroit où pouvait être cachée la relique qu'elle et son compagnon étaient venus chercher et où elle avait une chance de le retrouver pour mettre les voiles.
Toujours en tenant sa "prisonnière" Sekteg par l'épaule comme si elle la conduisait vers un hypothétique lieu de sacrifice, elle savait que son déguisement ne résisterait pas à un examen même superficiel. Heureusement, les deux évadées n'avaient jusqu'ici rencontré aucun prêtre à même de les démasquer. Mais la petite femelle verte devenait de plus en plus nerveuse au fur et à mesure que le temps passait : elle aurait de beaucoup préféré pouvoir s'enfuir sur-le-champs au lieu d'avoir à attendre une hypothétique diversion d'un complice de la lyikor... nervosité qui se communiquait peu à peu à cette dernière.
Enfin, elles parvinrent à un couloir fendu de seulement deux portes : l'une était de bois noir sobre, tandis que l'autre était non seulement décorée de motifs sinistres mais également surveillée de près par une acolyte se tenant dans une posture étrange, comme s'il avait s'agit non d'un humain mais d'un arbre noueux.
C'est naturellement vers la seconde que se dirigèrent les deux femelles.
Le fanatique releva la tête en les voyant approcher, tête qui sous le capuchon se révéla dépourvue de lèvres, de paupière et de nez. Un regard d'un vert acide pénétrant se mit à détailler la lyikor pauvrement déguisée... mais il ne réagit pas plus que cela.

- Qu'est-ce que vous amène par ici, sœur de douleur ? Le grand maître a interdit l'accès à la salle des reliques jusqu'à ce que cette histoire de faux soit réglée.

Le sang de Parnalia ne fit qu'un tour : ainsi, la nouvelle avait déjà circulé dans le temple ? Cela signifiait que les gardes seraient sans doute plus suspicieux qu'à leur entrée. Il était déjà miraculeux que ce type se laisse berner par sa robe trop courte... mais peut-être croyait dans la pénombre que ses pattes arquées et son dos voûté étaient en fait des mutilations similaires aux siennes ?
En tout cas il ne la laisserai pas passer, et elle devrait sûrement...
Sentant l'indécision de sa partenaire d'évasion, probablement poussée par l'appétit de vengeance et de richesse faciles à prendre, la Sekteg ne fit pas tant de chichis : sans un cri elle se jeta sur la silhouette tordue, dégaina sa lame artisanale et dans le même mouvement trancha la gorge du gardien dans un mouvement d'experte.
Il n'est pas douteux de penser que celui-ci aurait ouvert de grands yeux s'il avait encore eu ses paupières, mais ils se contentèrent d'exprimer une grande surprise teintée d'indignation de voir une si chétive créature lui prendre la vie. Il tenta bien de proférer une malédiction, mais sa voix s'obstrua dans le bouillonnement de sang qu'était devenu sa gorge. Pour plus de sûreté, la petite créature verte toujours agrippée au col de son adversaire alla jusqu'à lui administrer un solide coup de boule qui expédia l'acolyte en arrière et lui fit cogner la tête contre la porte. Le fanatique se vida de son sang avant de reprendre connaissance.
La Sekteg se redressa, essuya sa lame sur la robe du cadavre, puis entreprit de lui faire les poches sous le regard de la lyikor incrédule face à la célérité avec laquelle la petite chose nerveuse avait donné la mort. Celle-ci finit par s'en apercevoir et se redressa en rangeant quelques pièces dans un pli de ses vêtements et en lui adressant un sourire sadique.

- Parnalia trop réfléchir parfois. Mauvaise habitude mage. Homme seul : tuer, prendre. Même pas être homme, juste monstre. Pas problème.

Evidemment, vu sous cet angle ce geste semblait beaucoup moins horrible si ce n'était que la lyikor en gardait tout de même un goût bilieux dans la gueule. Deux morts dans la même journée, même si il s'agissait d'ordures de la pire espèce... au moins n'avait-elle pas eu à se salir les mains jusqu'ici. Mais quelque chose lui disait que sa chance allait sans doute bientôt tourner.
Elle resta donc mutique et se contenta de prendre le cadavre du fanatique sur son épaule puis de pénétrer dans la pièce des reliques une fois que Kritiak en eut ouvert la porte. Celui-ci ne pesait qu'a peine plus que le poids de ses os.
il s'agissait d'une pièce de grande taille, dont la décoration était bien moins macabre que celle du reste du temple : des murs sombres couverts de glyphes procurant une lumière blafarde et d'étagères regorgeant d'objets divers mais dont l'aura magique aurait fait tinter les sens du plus néophyte des mages, un sol bizarrement pavé de carreaux noirs et gris... et une autel d'os à l'aura oppressante situé au fond la pièce.
Parnalia commença par déposer son fardeau près de l'entrée, sans faire attention au sang que celui-ci avait déposé sur son aube, et referma la porte en se demanda par quoi commencer. Se pouvait-il que l'endroit soit piégé ? Pouvait-elle s'emparer à mains nues de ces reliques ? Alianoff ne leur avait pas recommandé de prendre de prendre de précautions particulières quant au transport du cristal maléfique qui se trouvait sous ses yeux, mais les autres ?
Elle décida de faire confiance à son instinct et se dirigea vers une étagère dont se dégageait un "fumet" magique qui lui était familier... avant de se faire retenir par le bras par Kritiak. La Sekteg, les oreilles dressées, faisait courir son regard d'un bout à l'autre de la pièce comme si elle cherchait quelque chose qui lui échappait constamment. Était-elle perturbée par les flux magiques traversant la pièce qu'elle ne pouvait pourtant qu'à peine sentir ?

- Attendre. Sentir pas normal.

Laissant parler l'expérience, la lyikor recula de quelques pas en regardant agir sa compagne, qui se mit à fureter prudemment dans la pièce, sans trop s'approcher des étagères et en s'arrêtant par moment pour s'accroupir. Après un long examen, elle revint pour faire son rapport.

- Piège-magie. Parnalia pas marcher sur pierres noires.

En tant qu'ancienne trappeuse, Parnalia ne put que se montrer impressionnée par le savoir faire de sa partenaire à détecter des pièges dont elle n'avait même pas vu les traces. Elle se contenta de lui lancer un signe de tête approbateur et de recommencer à parcourir la pièce en évitant soigneusement les dalles qui lui avaient été indiquées. Celles-ci étaient visiblement peu nombreuses, ce qui témoignait des allées et venues régulières qui avaient lieu ici...
La jeune femme-louve se dirigea à nouveau vers l'objet qui avait retenu son attention : il s'agissait d'une sorte de bracelet assez large pour encercler son bras, tout en glace taillée de façon exquise et qui semblait irradier d'énergie glaciale. Pas mécontente de sa découverte, elle s'en empara sans déclencher le moindre piège et le passa à son bras droit. Il semblait avoir été fait pour elle.

De son côté, la Sekteg n'était pas en reste et fit main-basse sur tout ce qu'elle pouvait emporter dans la mesure où elle non plus n'avait pas de sac : elle laissa ainsi de côté une épée courte et un sceptre, mais passa autour de son cou plusieurs pendentifs à l'aspect précieux, qu'elle dissimula sous le col de sa chemise. Son attention se porta ensuite sur un long bâton torsadé et noir dont le "pied" était composé d'une pique de métal sombre, le tout semblant enveloppé dans une chape de ténèbres dense. Bien que l'arme sembla rétractable et coûteuse elle hésita néanmoins à faire main-basse dessus à cause de son aura déplaisante, indécision à laquelle la lyikor mit fin en s'emparant de l'arme dans le but de la donner à Azdren, qui en ferait sûrement un bon usage. La petite créature verte ne protesta pas et continua à faire son marché tandis que sa comparse passait le singulier objet à sa ceinture.

Enfin, elles parvinrent au plat de résistance : le cristal de l'araignée, l'original qu'elle était venu chercher, trônant sur son autel d'os d'un vif éclat malsain. Bien qu'il n'y ait pas de dalles noires à proximité du l'estrade où reposait l'objet, Parnalia ne put s'empêcher de frissonner, tant à cause de l'aura sinistre que des bouches de gargouilles gravées dans le mur et auxquelles elle tournerait le dos une fois qu'elle monterait les quelques marches menant à la pièce de mobilier macabre pour s'emparer du précieux trésor. Un piège plus vicieux ?
Elle jeta un regard interrogatif à sa compagne, qui après une analyse superficielle et à bonne distance se contenta de hausser les épaules. Mais quelque chose clochait.
Pour en avoir le cœur net, Parnalia se concentra profondément et fit affluer les flux magiques entre ses pattes griffues et poilues jusqu'à faire apparaître une tige de glace d'environs un mètre cinquante qu'elle empoigna fermement à bout de bras et qu'elle tendit vers la relique jusqu'à la toucher.
Il y eut un bref crépitement, qui poussa la lyikor à bondir en arrière par réflexe, et deux jets de flamme verte surgirent des bouches des gargouilles incrustées pour aller calciner l'autel... ou du moins l'auraient-elles fait si celles-ci n'avaient pas été absorbées par le cristal plus promptement qu'une choppe de bière par un Thorkin assoiffé !
Mais alors que la jeune femme-louve se remettait de cette brutale surprise et laissait tomber à terre le moignon cautériser de son bâton de glace, elle vit la sekteg bondir sur l'estrade, s'emparer du cristal rougeoyant et revenir d'un saut vers sa partenaire en arborant son habituel sourire sadique.

- Parnalia trop réfléchir ! Piège mettre toujours mettre temps à réamorcer, toujours profiter ! Parnalia jamais grande voleuse !


Cette phrase fit naître un sourire sur la gueule de la lyikor, qui se transforma insensiblement en éclat de rire nerveux auquel se joignit Kritiak. Les deux purent relâcher ainsi un peu la pression qui les opprimait depuis leur sortie de cellule.
Parnalia put enfin placer un mot une fois son hilarité calmée.

- fufu, oui, c'est triste. Je ne ferai jamais une grande voleuse... mais toi, tu ne feras jamais une grande mage !

- Kritiak pas envie devenir mage ! Pas amusant !

- Et moi je ne veux pas devenir voleuse, ce n'est pas amusant !

Un nouveau fou-rire les agita jusqu'à ce qu'elles atteignent à nouveau la porte d'entrée. La Sekteg avait glissé le cristal gravé dans l'un des plis de sa tunique... le Père seul savait ce qu'elle voulait en faire.
Les deux comparses prirent donc le temps de se calmer et de se composer l'attitude stricte et souffreuse de rigueur en ces lieux avant de pousser la porte. Elles se dirigèrent vers le hall à colonnade en rasant les murs, conscientes que dès que l'absence du garde serait remarquée, le branle-bas aurait vraiment lieu dans le temps.
Ce n'était qu'une question d'heures, voire de minutes.

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 Sujet du message: Re: Le Temple de Thimoros
MessagePosté: Jeu 5 Mai 2011 16:16 
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Azdren traînait un peu la patte, ce qui n'était pas étonnant vu ce qu'il avait dû subir : vampirisé par un Haut-prêtre de Thimoros dément ET par une fausse relique en folie, probablement empoisonné par les gaz délétères émanant des corps servant de décoration de la pièce où s'était déroulé le rituel, méchamment secoué par l'explosion dudit prêtre... ajoutez à cela qu'il était debout depuis l'aube et vous comprendrez pourquoi il commençait à ressentir le besoin d'une surface plane où s'allonger quelques instant.
Mais comme de bien entendu, c'est dans ces moments-là que le repos du guerrier était refusé, en partie parce que le fanatique voulait s'enfuir avant que les prêtres du cru ne s'aperçoivent de la disparition de leur maître, mais également car il devait récupérer sa partenaire avant de pouvoir le faire en espérant qu'elle ait sur elle l'objet de leur quête.
C'est pourquoi il fut soulagé de trouver une silhouette en aube ridicule et aux pattes arquées en train de se cacher derrière l'une des colonnes en forme d'os de l'entrée principale en compagnie d'une Sekteg aux abois.

J'aurai vraiment tout vu.

Non, je pense que tu peux trouver encore plus ridicule, si tu cherches un peu.

Sur ces bonnes paroles d'Irelia, Azdren vérifia autour de lui que personne ne les surveillait et s'approcha doucement de Parnalia, lui mit doucement la main sur l'épaule et lui parla d'une voix pressante, l'heure n'étant pas aux amabilités.

- Parnalia ? C'est moi. Je me suis occupé du Haut-prêtre. As-tu trouvé la salle des reliques ? As-tu le cristal d'araignée avec toi ?

Question stupide. Il suffisait de voir le bâton noir qu'elle portait à la ceinture : rien de moins qu'un authentique artefact porté par l'un des premiers prêtres de Thimoros ! Sa valeur et sa puissance devaient être inestimables pour les prêtres... et elle se promenait avec ça accroché à sa ceinture ? Quelle inconscience !
En essayant de ne pas se montrer trop brusque malgré ses nerfs à fleur de peau, il s'empara de la crosse rétractable de la lyikor et la cacha dans sa propre manche.

- C'est trop dangereux pour toi de garder un objet comme ça en vue : n'importe qui ici peut le reconnaître facilement ! Un miracle que tu n'aies pas été repérée...
Bref, il faut que nous partions maintenant si nous voulons avoir de l'avance lorsque ces fanatiques se rendront compte de la situation. Suivez-moi, toutes les deux.


Le fanatique ne savait pas jusqu'à quel point il pouvait compter sur la Sekteg : cette race était après tout réputée pour sa fourberie... mais ils étaient tous dans le même bateau, et si la petite créature à la peau verte couturée de cicatrices rituelles avait aidé Parnalia à s'enfuir, elle méritait sans doute qu'on lui fasse confiance, à condition de vérifier régulièrement le contenu de ses poches.
Azdren se dirigea donc vers la sortie, ses deux compagnes sur les talons... pour se retrouver face aux dos des prêtres gardant l'entrée qui continuaient à scruter impassiblement l'embouchure de la crevasse menant au temple, même s'il faisait à présent nuit noire. Une évidence s'imposait.

- Ils ne nous laisseront pas passer. Nous avons déjà eu de la chance qu'ils nous laissent entrer tous les deux, mais nous laisser ressortir de nuit alors que tu n'as aucune marque et qu'une Sekteg nous suit... impossible.
Vous savez ce qu'il nous reste à faire. L'une de vous fait le guet tandis que l'autre s'occupe du garde de droite, je prend celui de gauche.


Il laissa aux deux femelles le temps de se concerter, puis commença à incanter le sort qu'il avait étudié à l'académie de magie de Tulorim : faire appel à la bonne forme du sort dans son esprit, attirer les ombres à lui, modeler à l'aide du flux divin... projeter !
Deux interminables bras noirs à la forme féminine s'extirpèrent de l'ombre du prêtre de gauche, s'étirèrent jusqu'à sa nuque et entourèrent celle-ci brusquement. L'homme, pour autant qu'on puisse encore l'appeler ainsi, fut immédiatement muselé et eut peut-être le temps de sentir sa nuque se rompre dans un bref craquement avant de s'effondrer comme un pantin en robe désarticulé. Le sort se dissipa, distillant en Azdren une éphémère sensation de vieillesse qui se dissipa lorsqu'il pensa que le dernier obstacle à la liberté venait de sauter.
Aucun bruit, aucun cri... leur action était passée inaperçue. D'un pas traînant, il se dirigea vers la porte ouverte laissant passer l'air glacial de la nuit désertique.
Il était temps de rentrer à Tulorim.

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 Sujet du message: Re: Le Temple de Thimoros
MessagePosté: Ven 6 Mai 2011 12:45 
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Cela faisait maintenant un moment que Parnalia faisait le pied de grue en milieu du hall d'entrée en proie à la l'angoisse communicative de la Sekteg qu'elle retenait par l'épaule. Elles avaient réussi à se rencogner dans l'ombre de l'une des colonnes en forme d'os de titan et n'avaient eu d'autre choix que de patienter là ne prenant l'attitude de priants. La cérémonie de torture qui avait débuté lors de son arrivée dans le temple s'était terminée il y a un moment déjà et l'estrade où reposait l'autel était à présent déserté, quoique couvert de sang et de sanie. De même, la circulation dans l'immense salle à colonnade s'était raréfiée à l'approche de la nuit, et nul ne s'étonnait de la présence en ces lieux d'une aube grise en pleine contemplation en compagnie de son futur sacrifice.

Le seul élément rassurant de ce cadre sinistre était ce petit cette brise glaciale provenant de la porte du temple toujours ouverte à une dizaine de mètres dans son dos et qui suscitaient insensiblement dans son esprit l'image des monts enneigés où elle était née et qu'elle avait quitté. Ce n'était pas vraiment de la nostalgie, puisqu'elle ne regrettait pas d'être partie à la découverte du monde extérieur, mais plutôt de...
Elle poussa un glapissement en sursautant lorsqu'une main desséchée se posa sur son épaule. Kritiak quant à elle se retourna au quart de tour en posant la main sur sa dague artisanale et fut sur le point de trancher une nouvelle gorge quant la lyikor la retint à nouveau in extremis, reconnaissant ce contact.
Azdren était de retour. Elle tourna prudemment son visage vers lui, pour ne rencontrer que son habituel masque blanc fendu par ses deux yeux jaunes. On pouvait néanmoins remarquer que celui-ci était moucheté de gouttes sombres et que le fanatique semblait se tenir un peu plus courbé qu'à l'ordinaire, comme si il portait une lourde charge sur ses épaules.
Malgré son attitude pressante, Parnalia crut bon de faire succinctement les présentations pour calmer la nervosité de la Sekteg.

- Kritiak, c'est Azdren, mon partenaire, celui que j'attendais. Nous allons pouvoir sortir à présent.


La petite créature verte ne répondit rien et se contenta de fixer avec méfiance ce fanatique semblable à tous ceux qui l'avaient torturé jusqu'ici.
Ce dernier se montra d'ailleurs pressant, annonçant qu'il avait vaincu le maître des lieux et lui demandant si elle avait pu récupérer la véritable relique, ce à quoi elle répondit en désignant la Sekteg.

- C'est Kritiak qui l'a récupérée. Jamais je n'aurai pu la prendre sans elle.

L'intéressée se raidit encore d'un cran tandis qu'Azdren ouvrit des grands yeux en lorgnant sur le bâton magique noir et rétractable qu'elle avait récupéré dans la salle des reliques et qu'elle avait passé à sa ceinture. En proie à une grande nervosité, il s'en empara et le cacha dans sa manche en la sermonnant sur le fait que l'objet était par trop reconnaissable par les prêtres pour le révéler ainsi aux yeux de tous. Une erreur qui aurait pu coûter cher, très cher.
Une réaction sans doute un tantinet excessive mais qui était excusable vu qu'ils étaient tous trois passablement nerveux et que la sortie leur tendaient les bras... Panalia ne répondit donc rien et emboîta le pas au fanatique vers la porte du temple, la petite furie verte sur les talons.

Ils durent néanmoins stopper net en voyant se découper les silhouette des prêtres gardant l'entrée du temple, le tissu de leur robe cérémonielle semblant absorber la lumière des torchères ronflant dans leur dos. Il était difficile de définir ce qu'ils surveillaient, du fait qu'il faisait à présent nuit noire et qu'ils n'avaient que peu de chance de repérer l'approche d'un visiteur, sinon au bruit.
Azdren se mit alors à pester révélant une faille élémentaire dans leur plan de fuite : ils ne pourraient jamais passer à trois, surtout au vu de son pauvre déguisement et de la présence de la Sekteg couturée. Aucun garde ne laisserait trois individus douteux ressortir d'un endroit tel que le temple de Thimoros alors qu'ils n'y avaient pénétré qu'a deux il y a à peine une demi-journée !
Une évidence s'imposait : le trio allait devoir "disposer" des importuns en les prenant par surprise. Déjà Azdren se mettait en position pour incanter... Parnalia jeta un regard à sa partenaire d'évasion à longues oreilles, pris son courage à deux mains et se mit elle aussi à incanter. Elle n'allait tout de même pas la laisser faire le sale boulot jusqu'à la fin !

Elle se servit de l'énergie puissante qui parcourait le temple ainsi que du courant d'air glacial qui lui caressait le museau pour réunir assez de fluide magique pour lancer son sort, concentra celui-ci de ses paumes et le projeta d'un mouvement sec du poignet.
Le garde se situant du côté droit de la porte poussa un hoquet en sentant une fine tige de glace lui transpercer le dos pour ressortir partiellement par la poitrine, tandis que celui se trouvant à gauche s'écroulait comme une marionnette dont on aurait coupé les fils, la nuque brisée par le sort du fanatique. Celui qu'elle avait frappé tituba, essaya de pousser un cri d'alarme avant de s'effondrer... mais ne le put à cause du flot de sang qui s'échappait de sa gorge tranchée. La petite tueuse avait encore frappé !

la lyikor jeta un rapide coup d'œil autour d'elle, mais par chance ce remue-ménage était passé inaperçu dans le hall quasiment vide. Elle vit en revanche Azdren vaciller sur ses jambes comme un ivrogne, et l'attrapa promptement par une épaule pour le soutenir jusqu'à la sortie. La façon dont il traînait la patte semblait montrer qu'il était à bout de force et qu'il avait dû puiser profondément en lui pour jeter ce dernier sort.
Heureusement il ne pesait pas bien lourd et elle put aisément s'enfoncer avec lui dans la nuit noire en lui murmurant quelques paroles d'encouragement à l'oreille.
Clopin-clopant, les pieds du fanatique raclant sur le sol pierreux du goulot d'étranglement naturel menant au temple, ils parvinrent jusqu'à l'endroit où ils avaient dissimulés les sacs contenant leurs affaires. Parnalia déposa donc son "fardeau" contre un pan de rochers tandis qu'elle déplaçait un pan d'éboulis pour récupérer leurs biens, lesquels n'avaient pas trop souffert de leur traitement... sauf peut-être les gourdes d'eau qui devaient être à présent bouillantes comme de la lave en fusion.
C'est à cet instant que Kritiak se manifesta, à peine plus qu'une ombre parmi les ombres.

- Kritiak partir. Avoir plus chances échapper à prêtres si partir seule. Kritiak remercie Parnalia-amie.

La petite ombre tendit la main vers la lyikor, qui la serra avec effusion : n'était-ce pas grâce à cette femelle qu'elle avait réussit à s'enfuir ? Lorsqu'elle la lâcha, ce fut pour s'apercevoir que dans se poing brillait légèrement d'un éclat pourpre la pierre d'araignée, l'objet de leur quête.

- Merci, Kritiak. Merci pour ce que tu as fait pour moi. Je te suis redevable. Si jamais tu as besoin de moi un jour, n'hésite pas à demander à l'accueil d'une académie de magie, on te dira où me trouver.

- Kritiak pas aimer magie.

- Penses-y quand même. As-tu besoin de quelque chose pour traverser le désert ?

- Kritiak pas besoin. Adieu, Parnalia-amie.

La silhouette de la Sekteg s'évanouit, laissant la lyikor seule avec le fanatique allongé qui commençait à reprendre des forces. Elle l'aida à se remettre debout, lui mit le sac le plus léger sur les épaules, puis prit la tête de leur tandem à travers les sables du désert rendu glacial par cette nuit sans lune.
Au petit matin, Parnalia et son partenaire se rendirent compte qu'une partie de leurs provisions, de leur équipement avait disparu. Un véritable coup de maître !

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