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 Sujet du message: Le Temple de Thimoros
MessagePosté: Jeu 30 Oct 2008 19:52 
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Le Temple de Thimoros


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Perdu dans un coin ombragé des montagnes sèches du désert, ce temple se dresse, impressionnant autant par sa démesure que par son côté sombre et lugubre. Tout Thimoros. Ce visage très réaliste ne se perçoit qu’au clair de lune mais il est bien présent… Le côté lugubre n’est pas que l’extérieur de ce temple. L’intérieur est à l’identique, constitué d'une immense salle sombre que seules des torches montées sur des crânes d’ennemis éclairent d’une flamme furieuse que les courants d’air attisent.
Les côtés de la salle principale sont des colonnes en formes d’ossements géants et rappellent aux adeptes que quiconque défie le Dieu sera puni sévèrement.
L’autel de la salle principal est un grand brasier et une table de torture, où les sacrifices ont lieu.
Les allées de chaque côté des colonnes ont des portes fermées, mais toutes aussi dangereuses les unes que les autres à ouvrir ou à pénétrer…

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 Sujet du message: Re: Le Temple de Thimoros
MessagePosté: Mer 6 Avr 2011 15:29 
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La chaleur, toujours cette implacable chaleur... cela faisait des jours que Parnalia avait quitté en compagnie d'Azdren l'accueillante ville de Yarthiss pour remplir leur mission : échanger une relique d'un culte ténébreux contre une autre meurtrière. La conviction de la lyikor d'essayer de la remplir et de ramener son partenaire en vie était certes intacte, mais la fournaise qui régnait dans ce désert était venue à bout de son habituel tempérament joyeux. La femme-louve traînant à présent la patte en exhibant une longue langue rose en haletant et en tressaillant de douleur chaque fois qu'une couche de sable lui brûlait les coussinets des pattes.
Le contact du tissu lui sur la peau lui était devenu intolérable, et elle s'était rapidement débarrassée de la tunique et des chausses qu'on lui avait donné à l'université de Tulorim pour les transformer en une sorte de turban improbable noué sur sa tête. Quasiment aussi nue que le jour où elle était entrée pour la première fois dans une ville, elle étalait sans pudeur la blancheur de sa peau et de ses poils qui lui tenaient si chaud.
La seule chose qui l'empêcha encore de se plaindre était la présence silencieuse d'Azdren, silhouette silencieuse drapée d'une robe noire étouffante rien qu'a la vue. Elle le plaignait sincèrement d'avoir à porter cet habit et l'avait invité à l'imiter dans sa démarche vestimentaire, mais s'était retrouvée face à un silence obstiné.
Enfin, ils parvinrent à une fissure dans la paroi rocheuse qui leur offrit une ombre bienfaitrice quoique brûlante et s'y engouffrèrent, à la recherche de leur destination finale : le temple de Thimoros.
Celui-ci se dévoila à eux au bout d'un long corridor rocheux, et elle s'arrêta à bonne distance pour le détailler. Il s'agissait d'un vaste bâtiment à la structure carrée dont la façade était composée d'arches colossales toutes bouchées à l'exception d'une seule.
L'ensemble d'une composé de blocs de pierre d'un noir profond, légèrement irisé à cause d'un phénomène visuel ou magique parfaitement sinistre. Rencogné dans l'ombre de la dépression rocheuse, ce temple dépourvu de tout ornement ressemblait à une bête, à une araignée à l'affut dans son antre prête à bondir pour s'emparer des visiteurs inconscients pour les dévorer à l'abri.
Parnalia déglutit un peu et jeta un coup d'œil inquiet à Azdren pour voir s'il était aussi tendu qu'elle.

- Pas très rassurant... je sais bien que tu m'en avais parlé, mais je ne pensai pas que ce serai aussi sinistre.

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 Sujet du message: Re: Le Temple de Thimoros
MessagePosté: Dim 10 Avr 2011 17:28 
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La route reliant Yarthiss au désert d'Imiftil, si l'on pouvait encore appeler une route ce sentier sinuant entre des roches et de rachitiques touffes d'herbe, n'avait pas été de tout repos. Certes, la lyikor et lui n'avaient pas fait de mauvaise rencontre, mais ils avaient pu se rendre compte que la piste caillouteuse avait de quoi rompre les pieds les mieux protégés et que le soleil semblait taper de plus en plus dur au fur et à mesure qu'ils s'approchaient de l'entrée du désert. Ce n'était pas qu'une impression.
Une fois qu'ils eurent pénétré dans la plaine vallonnée de roche et de sable, ils se firent engloutirent par une vraie fournaise qui fit suffoquer le fanatique sous son aube noire et son masque blanc. Il eut même l'impression que la chaleur parvenait plus ou moins à percer le sortilège d'inaltérabilité qui protégeait le contenu de sa cage qui pendait à son flanc et à le dessécher en partie... mais un examen approfondi par la suite montra qu'il ne s'agissait que du fruit de son imagination.

Heureusement, ou malheureusement selon le point de vue, il avait déjà survécu à pire traitement que celui-ci, et son corps d'ores et déjà asséché ne pouvait plus guère perdre de son eau. Le fanatique serrait donc les dents et avançait, méprisant la brûlure du sable à travers la semelle de ses bottes, le vent qui rendait sa respiration difficile et l'implacable morsure du soleil sur la toile sombre de ses vêtements.
Il avait néanmoins vu la lyikor se départir de ses grossiers vêtements un par un avec une certaine délectation coupable, la laissant offrir son corps poilu et blanc presque nu à la seule vision des dunes... et la sienne. Ce n'était pas parce qu'on était encore fidèle à un dieu de mort que l'on ne pouvait apprécier les courbes gracieuses d'un corps féminin, n'est-ce-pas ?
Lui-même avait été jusqu'à ôter son masque d'écorce blanc pour mieux respirer, même s'il n'avait été récompensé que par de suffocantes bouffées d'air brûlantes.

Finalement, en suivant cette carte que leur avait fourni le héraut du chateau de Yarthiss, ils étaient parvenu à un renfoncement rocheux qui leur avait offert une ombre salutaire tout en leur dévoilant l'accès au but de leur épuisant voyage : le temple de Thimoros.
Au fond d'un défilé rocheux se trouvait l'antre de la bête immonde : un bâtiment à l'architecture torturée faite d'une pierre d'un noir d'encre exsudant l'énergie ténébreuse du dieu maléfique. Sombres étaient les arcades qui composaient sa façade et inexprimables était l'horreur des images gravées dans la pénombre des frontons.
Même le fanatique, qui avait déjà vu pas mal d'horreurs vivantes et mort-vivantes dans sa vie, sentit un frisson glacé lui parcourir l'échine. Dans cette fournaise de roche et de sable abandonné par toute vie, de quoi pouvaient s'être rendus coupables les êtres qui se terraient dans ce lieu monumental et sordide ? Azdren ne souhaitait pas le savoir, mais il savait que d'ici quelques instants il serait peut-être obligé de faire face à une horreur sans nom, et de ne pas succomber à son appel.
Le fanatique chercha le regard de sa partenaire lupine, et y puisa certainement autant de maigre réconfort que celle-ci devait en puiser dans le sien. Puis il se reprit un peu, enfila son masque, et eut la réaction que la jeune femelle attendait de lui.

- Nous ne pouvons plus reculer. Je te demande de me faire confiance. Si tout se passe comme je l'ai prévu, nous devrions être ressortis sains et saufs de cet endroit maudit cette nuit, et au pire demain à l'aube.

Un ton neutre, mais apte à encourager son équipière... même si lui en aurait eu tout aussi besoin, car ce qu'il s'apprêtait à commettre ressemblait fort à un sacrilège à ses yeux.

- Ôte ce turban ridicule et réagit comme si tu étais ma fidèle, heureuse que je t'emmène dans le sanctuaire de mon dieu. N'en fait pas trop... et surtout ne parle pas.
Je m'occupe de tout.


Azdren laissa à Parnalia quelques instants pour se mettre en condition, et se mit à marcher d'un pas résolu vers l'entrée du temple avec la lyikor sur les talons.
Deux gardes en aube noire, dont le visage étaient indiscernables sous leurs capuchons rabattus, flanquaient l'entrée située dans l'arcade principale du temple. Ils ne portaient visiblement pas d'armes, mais il y avait fort à parier qu'ils étaient capable d'extraire de nulle part une dague aiguisée ou de jeter un sort mortel le temps d'un claquement de doigt. Le fanatique s'arrêta à un bon mètre d'eux, adressa le signe rituel et se présenta.

- Salutation frères portiers. Je suis le fanatique Azdren du temple de Dahràm. Je viens dans le but de me faire ordonner prêtre et pour solliciter une entrevue avec le haut-prêtre de ce lieu saint. Me laisserez-vous passer, frères de douleur ?

Les dés étaient jetés, et il ne restait plus qu'a boire l'amer calice jusqu'à la lie.

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 Sujet du message: Re: Le Temple de Thimoros
MessagePosté: Lun 11 Avr 2011 00:32 
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L'homme a qui Azdren s'était adressé releva lentement la tête, la capuche ne cachant qu'à moitié son visage dur aux traits tirés. Ce ne furent pas ses lèvres desséchés qui attirèrent l'attention des deux voyageurs, ni même les cicatrices qui marquaient ses joues et sa gorge. Non, c'était l'horreur de ses paupières cousues et scarifiées de symboles religieux qui marquaient les esprits.

D'une voix rocailleuse et teintée de mépris et d'ironie, l'homme répondit:

"Frère de douleur de Dahràm, nous sommes ravis de voir l'un des vôtres, pour une fois que l'un d'entre vous daigne se perdre dans nos vertes contrées."

Il sembla poser ses yeux fantômes sur Parnalia, un sourire cruel se greffant sur son visage marqué. Une langue épaisse et moite passa sur les gerçures de ses lèvres, dévoilant un instant des dents jaunes ou noires.

"Vous pouvez entrer, fanatique Azdren. Nous trouverons une occupation pour votre catin pendant ce temps, qui risque d'être bien long."


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 Sujet du message: Re: Le Temple de Thimoros
MessagePosté: Lun 11 Avr 2011 10:20 
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Azdren sut se montrer réconfortant, à la fois en prodiguant à Parnalia des paroles d'encouragement et en lui donnant des conseils clairs et stricts pour qu'elle se prépare à leur mise en scène. Elle lui en fut gréée, même si elle pouvait sentir la tension toute naturelle qui parcourait l'homme rongé des pieds à la tête.
La lyikor ôta donc de sa tête son turban improvisé, prit une profonde respiration et se composa un personnage de fidèle victime en se répétant que cela n'était pas si différent que lorsqu'elle se préparait pour un spectacle dans les grottes glacées de son clan. Elle baissa la tête, arrondi encore un peu son dos naturellement cambré et joignit ses mains sur sa généreuse poitrine, adoptant ce qu'elle estimait être une attitude pieuse.
Elle emboîta ensuite le pas à son partenaire en avançant à petit pas jusqu'à atteindre l'entrée du temple où stationnaient deux cerbères arborant la même robe noire qu'Azdren. Celui-ci se présenta avec une assurance teintée de la sévérité qui semblait particulièrement de mise dans cet endroit sinistre.
L'un des gardiens répondit d'une voix d'outre-tombe en relevant la tête et en dévoilant l'abominable contenu de sa capuche : une tête couturée de cicatrice, dont les yeux avaient été scellés par des fils aussi bien que par des glyphes ténébreux. Le rescapé d'un hôpital de campagne semblait pourtant y voir parfaitement, car il souhaita la bienvenue à Azdren en se tournant vers lui puis en lui lançant une remarque ironique à propos de la "catin" qu'il traînait derrière lui.
Parnalia, trop impressionnée et paralysée de peut face à ce regard de serpent aveugle en train de se pourlécher ses babines tavelées, n'eut même pas le réflexe de relever intérieurement l'injure.

Et il ne s'agit que du portier ! Je n'ose même pas imaginer les horreurs que se sont infligées les prêtres de plus haut rang !

Une autre pensée atroce lui traversa l'esprit : Azdren... et si ce qu'elle avait prit pour les marques d'un terrible accident était en fait le résultat d'une même automutilation ?
Pourrait-elle faire confiance à quelqu'un qui se serait infligé cela ?
La confiance de la lyikor envers le fanatique en prit un coup, mais il était trop tard pour reculer : si elle perdait toute espoir en son compagnon, elle ne sortirait sûrement pas vivante de cet endroit.
Elle demeura donc dans son attitude soumise, prête à suivre le fanatique dans l'antre de la bête, même si à présent les légers tremblements qui agitaient sa peau et sa queue touffu n'étaient plus du tout feints.

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 Sujet du message: Re: Le Temple de Thimoros
MessagePosté: Lun 11 Avr 2011 19:46 
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Azdren eut une grimace de dégoût à peine perceptible sous son masque blanc lorsque l'un des cerbères releva la tête pour lui répondre d'une voix éraillée : l'homme, outre son visage tailladé et repoussant, s'était cousu les paupières avant de les entailler de runes macabres. Mais mieux valait ne pas s'y fier, car il semblait parfaitement à même de distinguer les visiteurs par le biais de ses autres sens physiques ou magiques.
Le fanatique avait déjà vu pire spectacle dans sa vie, mais celui-ci avoisinait le haut du panier, et cela renforça sa conviction qu'il vaudrait mieux pour lui ne pas tomber vivant entre les mains des résidents de ce temple si ceux-ci venaient à apprendre le véritable but de sa visite. Quoique, à dire vrai, il était même probable qu'une fois mort les prêtres continueraient à faire souffrir son fantôme pendant une éternité.
Il sentit Parnalia frémir derrière lui devant ce spectacle atroce, et il se tourna un peu pour lui mettre la main sur l'épaule tout en montrant les crocs au figuré au cerbère lorsque celui-ci lui proposa de trouver une occupation à sa compagne.

- Je n'en doute pas, frère, mais rappelez vous qu'il s'agit de MA "catin", celle que j'ai amené avec moi depuis Darahm pour lui faire connaître les joies de la communion avec le père de toutes les souffrances. Celle dont je me servirai pour la cérémonie de mon ordination. Je tiens à la garder blanche comme neige jusque là, compris ?

Sans lâcher l'épaule de sa partenaire, Azdren passa entre les sentinelles d'un pas sûr et royal en se drapant dans son indignation. Intérieurement il pensa qu'il avait échappé au pire : si celles-ci s'étaient aperçues du début de panique de la lyikor, elles se seraient sûrement demandé pourquoi la victime n'était pas pleinement endoctrinée et auraient sûrement commencé à poser des questions. Heureusement, son quasi-passage en force n'allait pas poser de problèmes, car il était notoire que les aspirants-prêtres de Thimoros pouvaient se montrer passablement irritables et arrogants la veille de leur ordination qui devait les dégoûter à jamais des plaisirs de la chair et de la vie.

Le couple arriva dans un hall sombre chichement éclairé par des torchères en forme de crânes accrochées au murs et flanqué de rangées de colonnes sculptées de façon à ressembler à d'antiques et titanesques ossements. Au fond de la salle, à l'endroit où se trouve d'habitude l'autel sacrificiel, se trouvait un attroupement d'aubes noires corbeaux en train de psalmodier. Leurs gémissements douloureux et extatiques s'enroulaient en un canon inhumain autour de cris désarticulés... probablement ceux de la victime du jour. Azdren ferma hermétiquement son esprit à cette douleur et à l'énergie maléfique qui saturait ce lieu, et héla le fanatique le plus proche pour se faire indiquer le bureau du Haut-prêtre.
Un adepte dont la bouche avait été entre autre agrandie à coup de rasoir avant d'être en grande partie recousue et tatouée lui indiqua par gestes un renfoncement au bout des sinistres colonnades.
Le couple arriva jusqu'à une porte sobre en bois pétrifié noir, à laquelle Azdren frappe.
Quelle abomination pouvait bien être le maître de cet endroit maudit ?

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 Sujet du message: Re: Le Temple de Thimoros
MessagePosté: Mar 12 Avr 2011 12:12 
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La porte s'ouvrit lentement, en grinçant sur la pierre dure et froide. Pendant un instant vous auriez presque pu croire que c'était la magie qui l'avait ouverte, jusqu'à ce que vous aperceviez un disciple encapuchonné de noir, tenant la lourde poignée de fer. L'homme leva le bras, pointant d'un doigt décharné un large bureau un peu plus loin. Son mouvement avait été tellement lent qu'on aurait pu douter que la vie coulait encore dans ses veines.

Quelqu'un se trouvait derrière le bureau, assis. Ce n'est qu'en vous approchant, passant devant des fresques malsaines et sadiques, gravées par des esprits malades que peu à peu vous pûtes découvrir son apparence.

Il était vêtu d'une toge noire déchirée par endroits, identique à celle de tous les autres prêtres. Son visage était marqué de scarification, des cicatrices grossières fendant à plusieurs endroits son faciès, la peau ne semblant pas identique à chaque endroit. C'était comme si on lui avait cousu des pièces de cadavre sur le visage. Ses yeux étaient ouverts, mais là encore chacun était différent: l'un était d'un beau bleu, tandis que l'autre ressemblait à l’œil d'un chien. Le contour de l’œil était d'ailleurs marqué de griffures, des croutes séchées prouvant qu'il devait beaucoup gêner son possesseur.

"J'espère que ma création vous plait."

La voix était venue de derrière vous. Lorsque vous vous retournâtes, vous pûtes voir un autre individu s'approcher, le corps totalement nu. L'être était d'une maigreur cadavérique, le corps couturé sur toute la longueur, des os saillants manquant de transpercer une chair élastique. Chauve, son crâne était parcouru de protubérances de chair, comme si des créatures tentaient de s'enfuir de sa tête.

Il n'avait d'ailleurs pas l'air vivant, la magie ténébreuse parcourait ses veines pourries, l'animant artificiellement tout comme ses yeux, qui n'étaient que deux orbites vides d'où émanait une purulence sombre.

"Mon fils, soyez le bienvenu dans la maison de notre dieu."

La voix n'avait pas semblé sortir de sa bouche, mais plutôt de son ventre.


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 Sujet du message: Re: Le Temple de Thimoros
MessagePosté: Mar 12 Avr 2011 18:55 
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Parnalia ne fut pas dupe de la mise en scène d'Azdren et se rasséréna un peu lorsqu'elle sentit le contact ferme et rassurant de sa main noueuse sur son épaule. Le fanatique parvint ainsi à donner le change à ses condisciples tout en forçant presque le passage.
Ils entrèrent à l'intérieur d'un endroit qui n'était que noirceur : partout, des décorations morbides, des colonnes en forme d'os, des torchères en forme de crânes... mais le pire demeurait la litanie lancinante provenant du fond de la salle où des officiants enveloppaient de leurs voix extatiques les gémissements inhumains d'une victime qu'ils étaient probablement en train de découper doucement en lanières.
Une crise de panique commença à transpercer la lyikor : tout en ce lieu n'était qu'abomination, perversion du culte vital de la Mère et du Père. Comment pouvait-on à ce point se méprendre et se complaire dans cette souffrance immonde ?
Elle se mit à trembler de tous ses membres, refusant d'avancer plus avant dans cette horreur, et il fallut toute la poigne persuasive d'Azdren, de la chaleur qui se dégageait de sa main, pour qu'elle reprenne le contrôle de ses nerfs et continue à le suivre.
Le fanatique demanda son chemin à une monstruosité en bure à la bouche fendue, et ils se dirigèrent vers le fond de l'immense salle, où se trouvait une étrange et hostile porte de bois. A peine son partenaire eut-il frappé que celle-ci s'ouvrit en grinçant lugubrement, faisant monter au museau de la jeune femme-louve une odeur âcre et délétère.
Elle n'eut pas un regard pour la personne qui avait ouvert la porte, mais fixa tout de suite son attention sur une aube à capuche élimée assise derrière un bureau. Le visage de cet homme semblait avoir été arraché et recousu avec des morceaux ne lui appartenant pas, donnant naissance à une horrible et vivante sculpture baroque devant laquelle Parnalia demeura sans voix. Mais le pire restait à venir...

Une voix sépulcrale se fit entendre derrière eux.
La lyikor se retourna lentement et vit une chose qui avait peut-être été humaine à une époque, mais qui n'était plus à présent qu'un sac d'os scarifié dont les yeux morts semblèrent la fixer de toute la puissance de leur regard vide exhalant la magie noire.
C'en fut trop pour elle : ses jambes lâchèrent et elle se retrouva assise sur ses fesses, tremblante comme une feuille et incapable de former une pensée cohérente.
Elle était aussi hypnotisée devant cette parodie d'être qu'une souris devant un serpent.

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 Sujet du message: Re: Le Temple de Thimoros
MessagePosté: Mer 13 Avr 2011 12:07 
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La porte du bureau du bureau du Haut-prêtre s'ouvrit d'elle-même dans un gémissement lugubre, et Azdren entra d'un pas décidé dans l'antre de la bête... pour s'apercevoir la silhouette squelettique d'un disciple ayant fait office de portier. Celui-ci indiqua le fond de la pièce où brûlait une unique bougie posée sur un bureau. Derrière celui-ci se trouvait une autre encapuchonné dont le visage était tellement couturé de cicatrices qu'on aurait pu croire qu'il avait été déchiré et recousu avec des morceaux de chair ne lui appartenant pas... ce qui pouvait être le cas, à bien à réfléchir. Le regard bicolore et encrouté de tissu cicatriciel de l'individu ne semblait se poser nulle part, et Azdren était en train de commencer à se demander comment réagir quand un murmure nauséabond caressa sa nuque protégée par sa capuche.

"J'espère que ma création vous plait."


Le fanatique se retourna lentement vers l'importun... et manqua de défaillir. Ce qu'il avait devant ses yeux n'était plus qu'une parodie d'être humain : un être haut aux os saillants et déformés par des tumeurs immondes, d'une nudité repoussante de par son exhibition totale de chair scarifiée. Mais le plus horrible demeurait ses yeux : deux puits sans fond suppurant de cette énergie magique corrompue qui devait nécessairement animer cette chose innommable qu'était le Haut-prêtre.
Azdren sentit sa bouche s'emplir d'un goût de cendres tandis que Parnalia tombait à genoux devant cette abomination... qui souhaita la bienvenue au fanatique d'une voix de gorge sans bouger ses lambeaux de lèvres.
Ce dernier dut user de toute sa volonté pour ne pas s'enfuir en courant et s'en tenir au scénario qu'il s'était matraqué pour pouvoir s'y fier. Il s'inclina lentement, et répondit à la créature tout aussi vite.

- Merci... de votre accueil... grand maître. Je suis venu exprès depuis le temple de Dahràm pour tenter de passer ma cérémonie d'ordination dans ce lieu saint, si vous m'en jugez digne, bien sûr.
J'ai pris la peine d'amener avec moi une adepte encore vierge de toute étreinte des joies du Père de toutes les douleurs dans ce but.


Azdren posa la main sur la tête de Parnalia, qui regardait toujours le Haut-prêtre sans pouvoir se relever, les yeux exorbités par l'effroi. Il tira un peu de réconfort de la sensation des poils doux et blancs sous ses doigts, et espéra qu'il pourrait calmer un peu la lyikor ainsi tout en donnant le change d'une impression de domination.

- J'ai également une nouvelle à vous transmettre, ou plutôt, des objets.

Le fanatique fit glisser d'une main le sac de son épaule et en extrait le sigil de prêtre de Thimoros que lui avait confié le maître de l'école de magie de Tulorim pour la montrer à son interlocuteur.

- Alors que je marchai à travers le marécage s'étendant entre Tulorim et Yarthiss, je suis tombé sur le cadavre d'un membre de notre ordre. Ne souhaitant pas laisser perdre des artefacts ou des connaissances qui n'appartiennent qu'au Père de toutes les douleurs, j'ai fouillé le corps. J'y ai non seulement découverts ce sceau, mais également quelques documents rongés par l'humidité... et surtout, ceci.

Azdren plongea à nouveau la main dans son paquetage et en sortit la pierre noire marquée d'un sigle d'araignée qui devait être la copie conforme d'une relique du culte de Thimoros. Sa main ne tremblait qu'à peine.

- Il m'a semblé reconnaître l'une des saintes reliques sauvegardées ici. Me trompe-je, maître ?

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 Sujet du message: Re: Le Temple de Thimoros
MessagePosté: Mer 13 Avr 2011 20:26 
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-Message Guilde pour Parnalia et Azdren-


Ses ongles ressemblaient à des serres de corbeaux, comme vous vous en rendîtes compte lorsqu'il saisit la petite pierre et qu'il l'approcha des plaies béantes qui lui servaient d'yeux.

"Sais-tu ce que nous faisons aux menteurs, mon fils? J'imagine que non, alors laisse moi t'expliquer. Nous leurs ouvrons le ventre et déposons dans leurs entrailles des œufs de scorpions du désert. Nous refermons tout cela, puis nous leur brisons les membres et leurs arrachons la langue, les oreilles, le nez, les yeux, le sexe. Nous ne les tuons pas cependant."

Il avait parlé doucement, presque avec tendresse, le cristal toujours entre ses doigts rachitiques. Il se dirigea ensuite vers le bureau avant de poser la pierre obscure, de manière quasi ostentatoire.

"Mais je doute que vous soyez des menteurs. Qui serait assez fou pour venir me mentir, en ce lieu putride et obsolescent que tu juges saint. Nous ne sommes pas là pour donner les joies du père des douleurs. Nous ne sommes pas des enfants serviles et stupides. Dis moi mon fils, pourquoi veux-tu devenir prêtre de ce fils de chien de Thimoros? Et toi, femme chienne, pourquoi souiller ta blanche pelure?"

Il n'y avait aucune pointe d’énervement dans sa voix, dénuée également de toute ironie.


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 Sujet du message: Re: Le Temple de Thimoros
MessagePosté: Jeu 14 Avr 2011 10:23 
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A travers le brouillard cotonneux de ses pensées embrouillées par une peur viscérale, Parnalia écouta Azdren dérouler laborieusement le plan qu'il avait mis au point pour passer outre un possible interrogatoire du Haut-Prêtre : il prétexta avoir venu depuis Dahràm avec elle dans ses bagages pour se faire ordonner prêtre et avoir trouvé en chemin le cadavre d'un officiant du culte de Thimoros porteur d'un sceau et d'une relique.
Mais l'histoire ne sembla pas convaincre plus que cela l'abomination décharnée qui servait de maître des lieux : d'un geste précis, il s'empara de la contrefaçon, l'étudia de près en l'amenant près des puits de ténèbres qui lui servaient d'yeux... avant de décrire d'une façon presque affectueuse, aimante, ce qu'il advenait aux menteurs en ces lieux et prouvant ainsi que les prêtres du dieu noir étaient passés maîtres dans l'art de faire agoniser leurs prochains pendant un temps infini.

Un fragment d'éternité passa, chargé de mortelles promesses, avant que le Haut-Prêtre poursuive son propos en précisant qu'il ne croyait pas avoir affaire à une paire d'escroc. Comme il le disait si bien, qui serait assez stupide pour mentir à un archonte de Thimoros dans sa propre antre ?
Puis il enchaîna en semblant remettre en question la sainteté de son propre culte et questionna la lyikor et l'humain sur leurs motivations quant à leur présence ici, tout en posant sur son bureau la contrefaçon avec délicatesse. Il devait s'agir là d'un simple test pour les jauger, mais qui pouvait s'avérer mortel s'ils ne donnaient pas de réponse satisfaisante. Mais y-en avait-il au moins une ?
Cette parodie d'être humain jouait avec ses deux intrus comme un chat de gouttière galeux avec des souris. Parnalia, toujours sous le choc, eut du mal à articuler une réponse cohérente tant les scarifications de l'homme évoquaient ce qu'il pourrait lui infliger dans un océan de douleur.

- Je... je suis une lyikor, maître. Mon peuple... mon peuple est toujours à la recherche de moyens d'exprimer artistiquement le plaisir. On m'a parlé de la communion que ressentaient les adeptes de Thimoros avec leur dieu, et j'ai suivi ce fanatique pour en savoir plus. Mais je ne m'attendais pas à cela !
Ayez pitié, maître, ne me torturez pas ! Laissez-moi repartir, je vous en prie !


Le mélange de réelle panique et de vérité dans le ton de la jeune femme-louve auraient arraché des larmes à une pierre... et cela aurait sûrement l'effet inverse sur le sac d'os scarifié, pour le meilleur et surtout pour le pire.

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 Sujet du message: Re: Le Temple de Thimoros
MessagePosté: Ven 15 Avr 2011 18:11 
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Tendant ses ongles aussi longs et aiguisés que des serres de corbeau, le Haut-prêtre s'était emparé délicatement de la fausse relique dans la main d'Azdren et l'avait étudié sans manifester d'émotion à son égard. En revanche, c'est d'un ton suave et quasi-sensuel qu'il décrivit le destin qui attendait ceux qui osaient lui mentir : une longue et pénible agonie que seul un savoir-faire de maître pouvait prolonger jusqu'aux limites de l'inhumain. Le fanatique se douta qu'il s'agissait d'un simple test pour étudier ses réactions en tant qu'adepte, et il ne laissa rien transparaître. Par contre, Parnalia semblait sérieusement ébranlée, et demeurait à terre en fixant le maître des lieux comme un oisillon un serpent, et Azdren pria en son fort intérieur pour qu'elle parvienne à tenir sa longue langue.

La torture psychologique s'arrêta lorsque le Haut-Prêtre posa délicatement le cristal noir sur son bureau et reprit la parole après un long silence éloquent, sussurant qu'il ne les suspectaient pas d'appartenir à une telle catégorie. En effet, qui oserait mentir à un prêtre de Thimoros, n'est-ce pas ?
L'abomination poursuivit en mettant néanmoins en question les propos du fanatique : il fallait être vraiment stupide pour croire que l'ordre de Thimoros n'avait qu'une simple fonction religieuse, selon lui, et le dieu lui-même s'avérait accessoire. Des propos blasphématoires et choquants pour n'importe quel adepte, mais murmurrés d'une façon tellement convaincante... Azdren flaira à nouveau le piège et se tint sur ses gardes, prêt à adapter sa rhétorique à un nouveau revirement.
Ce qui arriva, puisque le Haut-prêtre leur demanda à tous les deux de donner leur motivation quant à leur visite en ces lieux.
Parnalia sortit sous impulsivement une réponse potable que la panique rendait particulièrement crédible, ce qui poussa Azdren à s'expliquer en mêlant habilement vérité et mensonge.

- Puisque vous le prenez ainsi, grand maître, je vous dirait que je souhaite ardemment devenir prêtre car j'ai grand besoin d'étudier les différents aspects, les différentes opportunités qu'offrent l'énergie de Thimoros. Je crains d'avoir gardé en moi une partie de mon passé avant de me mettre au service de mon dieu... et j'ai besoin de sa puissance pour en finir avec celle-ci.

Tout cela avait été dit sans broncher en regardant l'abomination d'un air aussi neutre que possible, la main droite posée sur la cage de fer contenant la tête de la soeur d'Azdren conservée magiquement. La tension était perceptible : la caricature d'homme allait-elle gober les couleuvres des deux comparses ?

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 Sujet du message: Re: Le Temple de Thimoros
MessagePosté: Ven 15 Avr 2011 21:07 
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-Message Guilde pour Parnalia et Azdren-


Un rictus décharné se greffa sur son immonde faciès alors qu'il observait la Lykor de ses plaies oculaires. Il se gratta la gorge, arrachant un petit lambeau de peau, avant de répondre au fanatique:

"Perdre qui tu étais et devenir un avec notre Dieu. C'est une belle motivation, qui a du faire pleurer de joie les prêtres de Dahràm et d'ailleurs. Oublier tout pour se consacrer uniquement à la puissance et à Thimoros, c'est une volonté pure, magnifique, vide."

"Je vais t'expliquer, à toi et à ta sacrifiée, ce que j'explique à chaque nouveau venu. Thimoros est le Dieu du mal absolu, du pouvoir et de la guerre. C'est le plus monstrueux des dieux, le plus abominable et abject. Et c'est lui qui, dans son incommensurable cruauté, nous a donné ordre de le suivre et de lui obéir."

"Mais t'es-tu déjà demandé pourquoi? Pourquoi un être de terreur absolu aurait besoin de suivants, de larves humaines misérables louant sa grandeur? Pourquoi nous accorde t-il ses noirs pouvoirs, pourquoi nous laisse t-il être? Oh je sais ce que ces suceurs de queue de prêtres vous disent, en-dehors de ces murs. Le Père accorde son pouvoir à ceux qui le suivent et qui répandent sa parole. Mais ils mentent, éhontément. Thimoros n'est pas un Dieu de parole et de verbe, c'est un Dieu de souffrance et de violence."

"Mais plus que tout c'est un Dieu de pouvoir. Vois-tu, ce qu'il recherche, c'est un être suffisamment vil et corrompu pour oser s'opposer à lui et déclencher une guerre divine. Ce qu'il attend, c'est que l'un d'entre nous ne parvienne à transcender son Dieu et lui ouvre le ventre et lui déchire les entrailles. Mais ceux qui échouent sont condamnés aux plus abominables souffrances."

"Quel pire crime que le déicide, le meurtre du père éternel de toutes les souffrances? Celui qui y parviendra aura vraiment suivi les enseignements de Thimoros. Celui qui y parviendra aura réussi l'impossible et sera un tueur de Dieu. Un Dieu lui-même. Le déicide n'est pas puni, car qui pourrait punir un tueur de Dieu? L'échec l'est, cependant."

"Mais pour tuer un Dieu, notre Dieu, il faut être le plus puissant et le plus perfide. C'est là l'ordre même de notre temple: ceux qui sont forts doivent le devenir encore plus, jusqu'à atteindre ma place, jusqu'à ce que l'un de mes disciples ne m'éventre et ne bouffe mon cœur. Enfin ce qu'il en reste. S'il échoue, sa mort est abominable, éternelle, une pure offrande à la souffrance immortelle. Et tant qu'il n'essaye pas, il n'est qu'un esclave sous ma botte, un mangeur de merde."

"Ainsi nous fonctionnons. Ceux qui sont en-dessous de vous sont en votre total pouvoir, alors que vous appartenez à ceux qui sont au-dessus de vous, jusqu'à ce que vous les surpassiez, jusqu'à ce que vous réduisiez leur âme en charpie et n'atteignez mon rang. La quête du pouvoir est totale, sans compromis. Nous ne sommes pas frères, nous sommes maîtres et putes. Et en étant ordinné ici, vous ne serez rien d'autre. Soumission et rébellion."

"Bien sûr cela ne s'arrête pas ici. Le but est de renverser chaque autre grand prêtre, de détruire même le maître du culte. Et ainsi d'accéder toujours à plus de pouvoir, jusque atteintre la divinité. Je peux déjà vous dire, "frère", que vous n'êtes pas un tueur de Dieu. Vous n'arriverez jamais ne serait-ce qu'à me tuer. Non, vous resterez un simple objet. Cela dit ton offrande est acceptée, elle a compris sa place, à nos pieds. Emmène là, prépare là, nous ferons de toi un nouvel esclave du temple."

Il laissa finalement le silence revenir dans la salle sèche et sombre, un silence lourd et pesant, harassant. Sa folie ne semblait pas feinte, ni faîte pour vous impressionner. C'était la déviance suprême, mais en même temps il était tellement proche des paroles de Thimoros que c'en était effrayant. Peut-être était-ce réellement l'essence de ce morbide culte que vous touchiez enfin du doigt.

Une essence infâme mais pure...


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 Sujet du message: Re: Le Temple de Thimoros
MessagePosté: Mar 19 Avr 2011 14:37 
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Azdren ne répondit pas pendant tout le monologue du Haut-prêtre. Celui-ci lui fit part de ses réflexions quant à la façon dont il percevait et voulait honorer Thimoros : par la mort et la souffrance oui, mais dans le but de venir s'approcher peu à peu de son statut divin et le détrôner.
Car selon la parodie de cadavre ambulante, tel était le secret et le but ultime du culte du dieu noir : s'élever, se servir des autres ainsi que de leur peur et de leur souffrance pour se renforcer et monter peu à peu dans la hiérarchie cléricale. Et une fois le haut de celle-ci atteinte... accéder à un niveau de puissance supérieur pour devenir le nouveau Thimoros.
"Quel pire crime que le déicide, le meurtre du père éternel de toutes les souffrances ?". Telle était la sentence du Haut-prêtre pour décrire sa vision du culte.
Un crime en effet, une façon de penser parfaitement hérétique et digne d'un être dont le peu de cœur restant était sûrement noir comme du charbon.
Même si Azdren n'avait jamais réellement été un acharné pur et dur du culte du Père de toutes les douleurs, il avait néanmoins retenu les enseignements de ses maîtres lors de sa formation : croire en ce dieu permettait avant tout de résister à toutes les saloperies qui pouvaient déferler dans votre existence et accueillir sereinement la mort. Vénérer ce dieu était tourner en ridicule deux des plus grandes terreurs que puisse connaître un être vivant : peur de la blessure, qui rappelle toujours qu'on est mortel, et la peur de la mort elle-même.
Non que la plupart des adeptes de Thimoros soient attirés par le suicide ou par la scarification volontaire, mais ils sont davantage... libérés que la plupart des gens, même s'ils en viennent fatalement à ne plus prendre goût aux choses de la vie.

Mais écouter les propos déments de cette chose immonde qui vous fixait avec ses orbites vides suppurantes de magie noire avait de quoi vous retourner les tripes... et Azdren avait du mal à s'accrocher à ses propres convictions.
Le fanatique desséché n'était d'accord que sur un seul point avec son interlocuteur :
"vous n'êtes pas un tueur de Dieu. Vous n'arriverez jamais ne serait-ce qu'à me tuer.".
Le scarifié avait raison : il n'avait aucune envie de devenir un tueur de dieu ni même d'essayer de le tuer. Ce charmant petit objet que l'immonde venait de poser sur son bureau pour dégoiser à son aise le ferait à sa place. Un sort bien pire que la mort.
En entrant dans ce temple avec l'obligation de tuer des membres de sa congrégation, Azdren avait cru qu'il se rendrait coupable du pire des sacrilèges, mais à présent qu'il avait le Haut-Prêtre corrompu dans tous les sens du terme sous les yeux... il commençait à croire qu'il s'agirait d'une épuration salutaire.

Enfin, le maître des lieux leur donna congé sur un ton suffisant et Azdren put se retirer après avoir saisit Parnalia par l'épaule et l'avoir forcé à se redresser, grimaçant de colère sous son masque blanc.
Une fois la porte de bois noir passée et refermée derrière eux, il ne sut vraiment que faire pour la rassurer, car elle paraissait vraiment terrifiée et tremblait de tous ses membres. A défaut d'autre chose, il réagit en lui caressant doucement la nuque comme s'il avait s'agit d'un chien et lui murmura quelques paroles rassurantes.

- Du calme, du calme... tout se passe comme prévu. Mais nous allons devoir suivre le plan à la lettre et tu va te laisser enfermer.
Je promet... non, je te JURE que je viendrai te chercher et que nous fuirons hors d'ici ensemble. Maintenant, suis-moi, doucement.


En réalité, c'était loin d'être aussi simple : le Haut-prêtre pourri avait fait main-basse sur la fausse relique sans laisser le moindre soupçon sur l'emplacement de la vraie. Azdren devrrait donc la chercher par lui-même avant que l'immonde créature ne cherche à étudier ce qui trônait sur son bureau, sinon il y aurait deux ou trois cadavres inexpliqués dans un temple en alerte alors qu'il aurait toujours les mains vides.
Mais Parnalia n'avait pas besoin de connaître ces détails sordides. De plus, qu'y avait-il de plus discret dans un temple de Thimoros qu'un fanatique en vadrouille ?

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Dernière édition par Azdren le Ven 22 Avr 2011 22:21, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Le Temple de Thimoros
MessagePosté: Ven 22 Avr 2011 10:57 
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La parodie d'être humain s'était contentée de s'esclaffer de façon sinistre devant les explications de la lyikor et de l'humain : non qu'il acceptait leurs dires légèrement capillotractés, mais il était plus exact de dire qu'il s'en foutait royalement. Il avait lui-même révélé qu'il ne les considérait pas mieux que comme esclave et chien servile, incapables de mordre la main qui les frappe et les nourrit. S'en était suivit tout un laïus sur la façon dont le Haut-prêtre percevait sa divinité et le moyen à employer pour s'approcher du rang de son maître : assassiner et faire souffrir pour marcher dans les pas de son dieu et exaucer la prière de son dieu de trouver quelqu'un d'assez puissant pour commettre... un parricide. L'argumentaire déployé par la créature ne manquait certes pas de pertinence, mais aucun lyikor sain d'esprit n'aurait pu s'accorder sur un tel mode de pensée et d'action. De toute façon, la pauvre Parnalia n'avait pas le loisir d'écouter les élucubrations de ce fou, frappée d'une sainte terreur par l'aura de celui-ci.

Finalement, le Haut-prêtre leur donna congé d'un ton méprisant, et elle se sentit soulevée par le bras par une poigne sèche mais qu'elle était capable de reconnaître même dans sa détresse silencieuse.
Marchant à tâtons sur des jambes peu assurées, elle laissa le prêtre noir la conduire calmement en dehors de la pièce... et elle put laisser couler ses larmes de panique contre sa joue une fois la porte de l'antre infâme refermée. Elle n'osa pas se blottir dans les bras du fanatique qu'elle sentait pourtant amical, de peur de le brusquer ou que quelqu'un les voit.
Elle pleura en silence un moment tandis qu'Azdren, mêlant maladroitement paroles rassurantes et caresse primaire quoique affectueuse dans sa nuque, parvenait peu à peu à la convaincre d'affronter la vérité en face. La mission... celle-ci était entamée maintenant que la fausse relique se trouvait dans le bureau du haut-prêtre... et Parnalia, qui n'arrivait pas à accepter que l'on puisse laisser quelqu'un se laisser arracher l'âme et ne plus pouvoir prétendre à quelque réaction une fois quitté ce monde, commençait à se dire qu'une telle pourriture (dans tous les sens du terme) ne méritait pas autre châtiment pour sa perversion.
Vaillamment, une pensée après l'autre, la jeune femme louve parvint à convaincre ses muscles à se remettre en marche et à la porter à nouveau. Elle se retrouva donc à nouveau en train de fixer Azdren, le dos presque droit, pour lui manifester son regain de courage dont elle allait avoir grandement besoin pour la suite.

Elle traversa à nouveau la salle à sinistre colonnades en tentant d'occulter les résonances des cris de la victime du sacrifice toujours en cours, et se laissa guider à travers un dédale de couloirs jusqu'à atteindre une porte de métal noir massive.
Azdren abattit la poignée et la porte s'ouvrit, permettant aux deux compagnons de se faire assaillir pour des relents de mort et de pourriture pire que ceux qui embaumaient le haut-prêtre. Ils venaient de trouver les geôles.
Celles-ci étaient constituées d'un long espace de circulation longeant une seule longue et profonde cellule dont les barreaux solides ne cachaient rien de la détresse des pauvres hères qui y croupissaient dans la pénombre. En effet, l'unique source de lumière de la salle provenait de la bougie tremblotante qui se trouvait sur la table du prêtre jouant les garde-chiourme. On pouvait d'ailleurs se demander pourquoi celui-ci en avait besoin, au vu de son regard de taupe aveugle ainsi que de ses doigts crochus et desséchés... la réponse était : l'espoir. Un être plongé dans les ténèbres perpétuelles pouvait finir par oublier la réalité et se détacher de ce monde comme d'une mue pour devenir ainsi insensible au traitement de ses bourreaux, tandis qu'avec une lumière brasillante... comme d'éphémères et torturés papillons de nuit, la flamme parfaitement visible ne pouvait que les enjoindre à rattacher les victimes à ce monde de souffrance où elles avaient chut. La torture mentale était également une façon de révérer Thimoros tout en maintenant les proies de ses prêtres dans l'état d'esprit adéquat.

Après un bref conciliabule entre Azdren et le gardien, celui-ci ouvrit d'une main tremblante la porte de la grille qui se trouvait à côté de son bureau de bois éraflé avec une clé rouillée. Elle s'ouvrit dans un prévisible grincement lugubre tandis que les silhouettes les plus proches de l'ouverture battaient frénétiquement en retraite dans les ténèbres en émettant à peine plus que des couinements de souris effrayées.
Parnalia se laissa enfermer sans un mot et regarda avec une certaine angoisse le fanatique s'en aller sans se retourner ni dire un mot qui aurait pu le trahir auprès du fossile en faction qui avait repris sa place à son bureau sans rien faire, se contentant de projeter son regard aveugle dans le vide et de marmonner.
Elle essaya de s'adapter à la pénombre, trébucha une ou deux fois sur un membre tendu, geste qui n'arracha pas de cri à son propriétaire, et finit par se trouver un pan de mur qui ne soit pas couvert d'excréments ou de fluides douteux pour s'y appuyer et tenter de faire le point. Autant pour se préparer à son évasion que pour détourner son esprit des horreurs qui avaient lieu céans, la lyikor avait besoin de réfléchir à un plan efficace.

Comment sortir d'ici ? Je ne vois que deux solutions : ou je tente de geler les barreaux avec ma magie jusqu'à ce que l'un d'eux se brise, soit j'attire le gardien pour lui voler sa clé et l'assommer au passage.
Mais quelque chose me dit que ça ne marchera pas... ce type me paraît trop faible pour l'être véritablement et cela ne doit pas être la première fois qu'ils enferment des mages ici. Les prêtres ont sûrement dû prendre leurs précautions...


Plongée dans ses reflexions, elle ne sentit pas tout de suite s'approcher de son flanc droit une petite silhouette aux longues oreilles qui se mit à l'évaluer de son regard perçant.

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