L'Univers de Yuimen déménage !


Nouvelle adresse : https://univers.yuimen.net/




Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 5 messages ] 
Auteur Message
 Sujet du message: [Amaranthe] Les habitations
MessagePosté: Mer 23 Sep 2009 16:11 
Hors ligne
Admin
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 26 Oct 2008 15:46
Messages: 13910
Les habitations de la ville d'Amaranthe :



Les chaumières sont simples et très semblables : les murs de pierre sont en bossage rustique et les toitures en chaume jaune reflètent étrangement la lumière solaire.

Il n'y a que la demeure du chef de la famille Amaratha qui est plus grande, entourée d'une grande palissade de bois. Elle se situe en hauteur.

_________________
Chibi-Gm, à votre service !


La règle à lire pour bien débuter : c'est ICI !
Pour toutes questions: C'est ici !
Pour vos demandes d'interventions GMiques ponctuelles et jets de dés : Ici !
Pour vos demandes de corrections : C'est là !
Joueurs cherchant joueurs pour RP ensemble : Contactez vous ici !


Haut
 

 Sujet du message: Re: Les habitations de la ville d'Amaranthe
MessagePosté: Lun 2 Juin 2014 23:11 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mar 27 Mai 2014 20:02
Messages: 321
Localisation: Amaranthe
Rien ne changeait jamais dans la ville d’Amaranthe, les même familles étaient là depuis un temps immémorial et faisaient la même chose que leurs ancêtres. La seule exception connue était l’installation il y a une trentaine d’année d’un citadin et l’arrivée de son neveu et de sa nièce à peu près dix ans plus tard. John soupira, allongé sur sa paillasse dans la modeste chambre qu’il partageait avec son oncle. Modeste mais non dépourvu du nécessaire et le jeune homme se leva finalement pour prendre de quoi s’habiller dans une solide commode en chêne dépourvue de décoration. Il manqua par ailleurs de se cogner contre une autre commode identique mais qui contenait les affaires de son tuteur. Il sortit finalement de la petite pièce une fois avoir revêtu des chausses brunes avec des bottes en cuir et une chemise en lin écru toute simple.

« Bonjour mon oncle. »

Le salut n’était pas vraiment chaleureux et l’expression neutre du visage du jeune homme n’indiquait clairement pas qu’il était de bonne humeur en ce jour. Le vieil homme attablé leva à peine les yeux de son bol de lait et marmonna un vague bonjour sans joie. Le montagnard se dirigea vers la porte de la troisième et dernière pièce de la maison et leva le bras pour toquer mais fut interrompu par le vieil homme.

« Ta sœur est déjà sortie, je pense qu’elle voulait être un peu seule. Tu la materne trop si tu veux mon avis. »

John se retourna vivement, le visage aussi fermé que l’étaient ses poings au bout de ses bras positionnés le long de son corps ce qui appuya parfaitement ses paroles et son ton agressif. Il n’avait quasiment aucun respect pour ce membre de sa famille qui avait selon lui autant d’ambition qu’une moule sur son rocher et qui lui n'avait rien appris sinon les bases fondamentales de la vie : marcher, parler et le minimum nécessaire pour vivre dans la montagne.

« Les avis d’un vieil éleveur de chèvres m’intéresse autant que ceux de ses bêtes. Vous savez au moins où elle est partie ?»

Le vieux ne releva pas l’insulte, après tant d’années il y était habitué et ne s’en offusquait même plus, il se contenta de hausser les épaules et de répondre sur un ton neutre.

« Elle est adulte, elle fait ce qu’elle veut tout comme toi. »

John soupira de nouveau de dépit avant de prendre un morceau de pain dans le garde-manger et un bout de fromage puis il vint s’asseoir à la petite table carrée qui trônait au milieu de la pièce de vie en face de la cheminée. Le meuble était tellement petit qu’il se trouvait beaucoup trop près de son oncle à son goût, cela ne lui coupa cependant pas l’appétit et il entama son déjeuner. Le jeune homme mangea le plus vite possible, impatient de retrouver sa sœur et de s’éloigner de son oncle. Le silence de la pièce n’était troublé que par les bruits de mastication des deux mangeurs et la tension entre eux était presque palpable. Ce fût l’éleveur qui finit toute fois en premier puis sortit de sa maison sans un mot, laissant son neveu seul. Ce dernier murmura pour lui-même alors qu’il avalait sa dernière gorgée de lait.

« C’est ça va retrouver tes bêtes. Il n’y a que ça qui t’intéresse de toute manière. »

Plus le temps passait et moins le vieil homme restait en compagnie de sa famille, ce n’était pas que le garçon l’appréciait beaucoup mais cela faisait au moins une personne à qui parler. John replongea dans ses souvenirs et en déduisit que leur oncle ne les aimait pas.

(Rectification il ne m’aime pas moi).

Il n’y avait jamais eu de marques d’affection entre Lucius et son neveu même s’il n’y avait jamais eu non plus de coups ou de grosses brimades. On pouvait presque dire que le vieil éleveur était totalement indifférent au sort de John comme s’il n’était qu’un de ses fromages dont il s’occupait juste parce qu’il en retirait de quoi vivre. Sa sœur par contre avait eu le droit à tout : les embrassades, les compliments et même des cadeaux et si n’importe quel autre frère aurait été jaloux de cela, le jeune montagnard n’en voulait aucunement à sa jumelle. Selon lui cela aurait été pire si les rôles avaient été inversés ou si leur oncle avait éprouvé la même indifférence pour les deux jeunes gens. Après tout sa sœur était si pleine de vie, si belle et intelligente. La perfection.

« Par ailleurs je ne sais toujours pas où elle s’est rendue. En route. »

Le jeune homme se leva de table et rangea tout ce qui traînait dessus, pas par égard envers son tuteur mais plus parce qu’Anna détestait le désordre et la crasse. Il enfila ensuite un surcot léger et s'arma de sa mystérieuse dague qui avait apparemment était laissé par son mystérieux géniteur. Il sortit finalement de la masure d’un pas pressé en claquant la porte derrière lui.

Suite

_________________
La fin justifie les moyens.




Haut
 

 Sujet du message: Re: Les habitations de la ville d'Amaranthe
MessagePosté: Lun 13 Juil 2015 20:57 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mar 30 Juin 2015 17:16
Messages: 81
Localisation: Couvent des Soeurs du Saint Livre (Duchés)
>>Brain freeze

C'est l'heure de la sieste!


(Noir)

...

(Noir)



(Blanc?) … (Doux. Chaud)



Clignant des yeux, un plafond bas parcouru de poutres en bois lui apparut. Puis ses yeux s'ouvrirent une fois de plus et elle distingua en face d'elle l'extrémité d'un toit de chaume à travers une ouverture étroite dans un mur de pierres grossièrement taillées. (Masure humaine ?) La moite pénombre de la pièce fut sa seule réponse et Haple sombra dans l'inconscience à nouveau.

...


(Froid). Plissant le front, elle émit un faible gémissement de protestation et entendit aussitôt des mouvements précipités dans sa direction.
Peau-comme-neige ?
Haple ouvrit les yeux sur le pelage blanc de l'acrobate Liykor. Celui-ci retirait un linge humide du front de sa patiente et le tendit à une humaine aux cheveux raides et blonds comme la paille du toit.
Le temps de mobiliser ses forces, elle lui répondit par une nouvelle question :
Où suis je ?
Amis
Et la demoiselle en retrait opina du chef avant de prendre la porte.

Maintenant qu'ils étaient seuls, l'enfant cherchant des explications, tenta de se redresser sur le lit... mais le Liykor l'arrêta aussitôt :
Repos. Pas Bouger.
(Soit)
La grotte...
Silence !” (Euh...vraiment ?) “Parler Moi
Puis une fois qu'il fut convaincu qu'elle ne l'interromprait pas, le Liykor poursuivit :
Grottes Faibles
Haple, elle, avait trouvé que ces grottes étaient plutôt bien défendues. Faibles n'était pas le qualificatif qui lui venait à l'esprit. Et quelque chose dans son visage du trahir ses pensées, car le Liykor précisa :
Faibles... Statues Glace. Monstres...Danger. Si Intrus Faible”, ajouta-t-il d'un air entendu.
Mais la petite ne savait que faire de ce charabia. Jusqu'à ce qu'elle remette les mots à l'endroit : pour les intrus qui sont faibles, les monstres représentent un danger (et c'est le cas du nain et de l'archère transformés en statues de glace....c'est bon)
Mais ils se sont désintéressés de moi alors qu'ils avaient pris le dessus. J'ai senti le froid m'envahir... puis la terre... comme dans un cercueil”, acheva-t-elle d'une voix faiblissante.

Les sourcils broussailleux du Liykor se levèrent, surpris. Il avait visiblement compris quelque chose à travers ce qu'elle venait de dire, quelque chose qu'elle ignorait elle-même. Et il tenta de communiquer ses pensées de la manière suivante :
Froid... Monstres. Terre... toi.
Encore une fois, le message ne passait pas dans l'esprit de l'enfant éprouvée par ses récentes mésaventures. Alors, ouvrant la bouche à plusieurs reprises comme s'il tentait de reformuler, le Likyor agita une griffe dans l'air de la même manière que sur le lac... avant de laisser tomber sa patte par dépit devant le regard morne de son interlocutrice.
Histoire... Patience toi ! l'avertit-il avant de prendre une grande respiration et de reprendre avec un flot hésitant,“Les ...Liykors Poil-comme-neige sont Fujoniens. Je suis... un... Fujonien.
Comme s'il était fier de son élocution bancale, il se lança avec plus d'assurance dans ce qui devait être le plus long monologue de son existence :
Les Fujoniens envoient Volontaires dans ...la … Grotte. Si ...les...Volontaires sont Maîtres de Faibl...esse, Monstres pas intéressés. Si ...les... Volontaires ont Passions, Monstres mangent... leurs ... Flamme”. dit-il en tapant son coeur pour marquer le concept.
Toi...tu as Passions avant” continua-t-il en montrant ses engelures. (avais... j'avais des passions...c'est bon)
Mais si toi es Vivant, toi as vaincu Faibl...esse. Passions … Gelées! Ou plutôt... Coeur Pierre
(Coeur de pierre !)
J'ai entendu quelqu'un (faute de meilleur terme) me souffler ces mots lorsque la pierre me recouvrait !
Le Liykor l'arrêta d'un geste autoritaire. Puis il lui fit signe qu'il avait deux choses à dire :
Un. Fujonien Experts avec Magie Glace... mais Autres avec Terre aussi. Il y a … des... Histoires avec Fujoniens ...sont...Statue de Pierre. Toi... pareil.
Deux. Ancêtres sont dans ... la … Terre. Parlent, guident...les...pas, et prennent dans ...leurs...bras après.
(après... un doux euphémisme)

...


Gardant le silence un moment, tentant de refouler le souvenir de ce murmure et de la personne qu'elle soupçonnait en être à l'origine, Haple finit par relançer la conversation sur autre détail qui l'avait perturbé :
Après s'être arrêtés dans leur attaque, les monstres se sont mit à fouiller dans mes affaires... je crois... avec autant d'avidité que lorsqu'ils m'ont mise à terre...Et après, ils ont filés, un halo de lumière rouge les englobant. Comme si les flammes d'un brasier brulaient à proximité et éclairaient leurs corps de glace et les parois rocheuses.
Haaa...”, l'intérompit le Liykor.
Et celui-ci plongea une main dans le coffre du tambour, posé contre le sommier, avant d'en ressortir un petit paquet éventré.
Qu'est ce que c'est...?” demanda Haple, sachant pertinemment qu'elle ne comptait pas cet objet parmi ses possessions.
Et le Liykor retroussa ses babines laissant voir ses gencives noires avant de poursuivre d'un air malicieux :
Nourriture pour Monstres. Passions Magiques. Presque tout manger...
(Un appât en somme) Les choses se mettaient en place dans l'esprit de l'enfant : elles avaient été Volontaire malgré elle. Dans quel but ? Elle l'ignorait encore, mais elle l'apprendrait du Liykor avant de lui rendre la monnaie de sa pièce.

Poursuivant la conversation, l'air de rien, Haple demanda alors avec une curiosité presque sincère :
Et toi, tu maitrises la magie de glace alors ?
Le Liykor secoua la tête.
Moi, Muscles et Fer. Aucune Magie. Envoyé chez cousins Bratiens pour apprendre Combat dans Air et Langue Commune.
(un franc succès)
Mais Bratiens ont changé...” ajouta-t-il avec déception. “Ils n'ont pas de Père et Mère. Eux ont Yuimen. Alors moi Pense : aucun Père, Mère ou Yuimen. Moi Pense Glace avant, maintenant, après...éternelle Yuia! Et moi Retour dans ...les... Montagnes-comme-neige
Et ses yeux noirs se perdirent dans le vague à l'évocation de son idéal montagnard.

...


Après quelque temps d'un silence confortable, le Liykor sursauta légèrement. Comme s'il venait de se rappeler d'un endroit où il aurait déjà dû se trouver.
Moi Dois partir. Toi reste ici, dors, mange, dors.” dit-il rapidement en se levant.
Et toi va chez Fujoniens trouver Bharf. Moi Bharf.” ajouta-t-il son regard fixé décryptant avec insistance le visage de l'enfant elfe pour s'assurer qu'elle avait bien compris."Demander Chemin...à...les...Amis ici"
Je viendrai. J'ai d'autres questions à te poser... Et je t'enseignerai la langue commune alors.
Sur quoi le Liykors partit d'un rire franc découvrant ses crocs à nouveau :
Essayer !
Et l'acrobate tourna prestement les talons vers la porte, laissant la jeune fille perplexe face à ces nouvelles informations. A commencer par les motivations obscures du roublard qui l'avaient amené à jeter la petite entre les griffes des monstres pour lui porter secours ensuite... Et, Haple ne pouvait se défaire de l'impression qu'elle connaissait ce dernier d'avant même leur rencontre au lac... et alors qu'elle fermait les yeux, du fond de sa mémoire, moins qu'une image à l'esprit, le souvenir évanescent d'un loup marchant à ses côtés dans le désert traversa sa conscience vacillante.

Et Haple se rendormit, laissant ces mystères pour un jour nouveau.

(((rideau)))

_________________


Haut
 

 Sujet du message: Re: Les habitations de la ville d'Amaranthe
MessagePosté: Mar 4 Aoû 2015 18:05 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mar 30 Juin 2015 17:16
Messages: 81
Localisation: Couvent des Soeurs du Saint Livre (Duchés)
(((Dans le chapitre précédent, Haple se vit bannie d'Anorfain suite à une violente dispute familiale, au cours de laquelle la petite précipita la mort de sa mère. N'éprouvant aucun remord, elle accueilli avec enthousiasme la perspective de devoir traverser les montagnes de Nirtim et affronta l'environnement inhospitalier avec détermination, et une bonne dose de chance, jusqu'à tomber sur un mystérieux Fujonien, appelé Bharf. Après avoir affirmé sa domination hiérarchique sur la petite, celui-ci fourvoya l'enfant sur le chemin d'une grotte sans l'avertir des dangers qui l'y attendraient. Elle y affronta des élémentaires de glaces et ne s'en sortit que d'extrême justesse grâce à un étrange phénomène au cours duquel ses fluides terrestres semblèrent opérer d'eux-mêmes et la transformer en statue de pierre suffisamment longtemps pour détourner l'attention des créatures de glace. Tombée inconsciente, Haple fut secourue par le Fujonien qui la conduisit hors de la zone de haute-montagne jusque dans la demeure d'une amie à Amaranthe. Lorsque Haple sortit de son coma, le Fujonien lui expliqua que la grotte était un lieu où les Fujoniens venait tester leur capacité à dominer leurs émotions et qu'elle-même semblait avoir passé l'épreuve avec un relatif succès. Il l'invita finalement à le rejoindre lorsqu'elle aurait recouvré ses forces car maintenant il devait partir d'urgence et la laisser au soin de son amie)))

Dure comme la Pierre


Le lendemain, Haple eut le plaisir de se réveiller avec l'odeur alléchante d'un petit-déjeuner au lit. Son hôtesse était revenue dans la pièce et se dirigeait vers la fenêtre pour rabattre les volets intérieurs contre le mur de pierre. Malgré le bas plafond et l'étroitesse de la fenêtre, une éclatante clarté envahit aussitôt la pièce et l'enfant ensomeillée plissa les paupières sous le coup de l'éblouissement. Lorsqu'elle les rouvrit, une fraction de seconde plus tard, la jeune femme se dirigeait vers le lit de la convalescente. Un halo doré la suivait, remarqua l'elfe, avant de réaliser qu'il s'agissait en fait de ses boucles blondes dansant gracieusement au rythme de ses pas dans la lumière du jour. Haple ne l'avait entrevue que rapidement la veille avant son entretien avec le Fujonien. Elle découvrait maintenant une humaine d'une trentaine d'année, guère plus haute qu'une enfant, mais marchant avec l'assurance d'un vétéran de l'armée de la Reine. Elle en avait également l'endurance songea la petite à la vue de ses bras musclés. Et, résultant de ce contraste entre la grâce délicate de son visage et une prestance toute virile, l'hôtesse dégageait finalement une aura androgyne des plus dissonantes.

Lorsque celle-ci s'assit lourdement sur le bord du lit, se fut donc avec surprise que Haple l'entendit s'exprimer d'une voix cristalline et maternelle :
- Tu ne manges pas ?
Le fumet du petit-déjeuner lui revint aussitôt à l'esprit et Haple suivit le regard de la montagnarde vers le plateau placé sur la table de chevet. S'y trouvait placé avec attention un assortiment de mets simples et nourissants : des pommes jaunes coupées en fines tranches, une épaisse miche de pain accompagnée d'une baratte de beurre doré, un verre d'eau et une bouillie d'avoine tiède dont s'échappaient langoureusement de délicats volutes de vapeur... En somme, un véritable festin pour la petite aventurière !
- Voilà qui est mieux... commenta la jeune femme en voyant son invitée se jeter sans la moindre retenue vers le bol de gruau aux raisins secs et au miel. Les fruits viennent du jardin. C'est moi qui les fais sécher tu sais. Je suis ravi de voir que tu les apprécies...?
Le ton de la jeune femme s'était infléchi sur la fin, comme pour rappeler à l'enfant que si son mutisme et sa voracité étaient compréhensibles, ils n'en étaient pas moins malvenus et impolis.
- Oui. Délicieux.
Et posant la cuillère en bois dans un bruit sourd, l'enfant se recomposa une mine civile :
- Merci de votre accueil, Madame...?
- Pas de "Madame" avec moi, répondit l'intéressée avec un sourire pincé. On m'appelle Roche.
L'air de la pièce s'épaissit l'espace d'un instant alors que la conversation faiblissait. Haple avait l'étrange sentiment d'avoir fait un faux pas sur un terrain miné sans vraiment comprendre pourquoi...
- Notre ami commun se permet même de me donner du Pierre lorsqu'il veut vraiment m'énerver...! ajouta-t-elle pour elle-même, comme plongé dans des souvenirs récents, partagée entre peine et tendresse. Continue, continue...Mange tant que c'est chaud, l'invita-t-elle finalement.
Et entre deux goulées de bouillie, la petite relança par curiosité, la jeune femme sur cet aparté :
- Mais Pierre, c'est un prénom de garçon chez vous n'est ce pas...?
Pour toute réponse, la montagnarde lui jeta un regard de marbre, derrière lequel transparaissait cependant une colère froide, de celle qui naît de blessures mal refermées.
- Il se fait tard. Tu as dormi trop longtemps. Bharf m'a laissé des instructions pour toi. Quand tu auras fini de manger, nous discuterons... de la marche à suivre.
Derrière la dureté apparente de sa voix, Haple perçut un certain trouble lorsque fut évoqué le message du Fujonien la concernant. Et un désagréable pressentiment la saisit... car la montagnarde ne semblait être le genre de femme à être déstabilisée par le moindre nuage à l'horizon. C'est donc avec un certain malaise qu'elle regarda son hôtesse se remettre debout avec un sourire forcé et prendre la porte avec un dernier regard soucieux vers l'enfant au lit.
- Je reviens.

Aussitôt seule, Haple rabattit ses couvertures et bondit hors du lit... avant de se rappeler avec une grimace qu'elle s'était foulée la cheville lors de ses péripéties sur le glacier. Passant progressivement son poids d'un pied à l'autre, elle évalua l'ampleur des dégâts. La douleur persistait mais ne l'incapaciterait plus autant que dans les rudeurs climatiques du Col Blanc. En revanche, son attelle de fortune s'était desserrée et ne soutenait plus grand chose. L'enfant tendit alors un bras vers la table de chevet et se saisit du couteau sur le plateau du petit-déjeuner ainsi que de sa tunique de lin. Et d'un coup sec, elle perfora le tissu dans la manche avant de le déchirer de part en part en tirant avec ses mains jusqu'à en tirer une bande d'une longueur de bras. Défaisant les restes de l'attelle usée, elle s'affaira ensuite à la remplacer avec le couteau pour tuteur et le tissu fraichement coupé comme bandage. Le résultat la satisfaisait, pour autant qu'elle pouvait en juger dans les conditions favorables d'une chambre douillette de... Mais où se trouvait-elle? Le Fujonien lui avait seulement dit qu'il l'avait conduite chez des "amis" pour qu'elle se refasse une santé. Poussée par un besoin impératif de savoir où elle avait mis les pieds, Haple se hâta vers la fenêtre. L'ouverture donnait sur une ruelle en terre qui serpentait vers une rue plus importante en contre-bas. Là-bas, elle apercevait de rares passants allant leur chemin sous le soleil de plomb. Leurs tenues étaient modestes ; ils portaient de solides vêtements de bure dont le but était clairement de résister à l'usure du temps et des travaux du quotidiens. Mais quelques touches de couleurs venaient tout de même égailler la jupe épaisse d'une mère avec son enfant ici, et là-bas, un ruban cintrait avec soin le chapeau d'un modeste gentilhomme. Haple ne se trouvait certainement pas dans une capitale de la mode, mais pas non plus dans une bourgade miséreuse. Oui, à regarder les toits de paille chauffés par le soleil de l'après-midi et les murs en pierre de taille des habitations de la ruelle, cette localité avait tout d'une paisible ville de province où il faisait bon vivre pour les bonnes gens et les honnêtes travailleurs. Mais la jeune fille ne savait pas encore si elle pouvait ranger son hôtesse dans cette catégorie...

Comme pour répondre à son interrogation, la porte de la chambre grinça sur ses gonds, laissant entrer la dénommée Roche. Celle-ci portait dans ses bras une pile de vêtements, pareils à ceux que portaient les passants de la grand-rue, et vint les placer sur le lit. Elle commença par déplier un justaucorps tissé dans une laine épaisse, le tendit à bout de bras, son regard allant de l'enfant au sous-vêtement, et finalement hocha du chef.
- Voilà qui t'iras très bien, dit-elle d'une voix satisfaite. Tiens, change toi. Il y a également des chausses, une chemise et un surcôt, ajouta-t-elle dans un sourire affable.
Mais l'enfant elfe se contenta de regarder le justaucorps tendu avec suspicion... Elle n'avait de toute évidence pas l'intention d'obtempérer ce qui fit froncé le sourcil clairsemé de la blonde.
- Et bien ma petite, qu'est-ce que tu attends?
(Petite...vraiment?)
- Mes habits me conviennent très bien, merci, répondit-elle avec mesure... Et ceux-ci seraient bien trop chauds pour les gens de mon espèce, surtout par ce temps estival.
- Pas pour le trajet qui t'attend non. J'insiste, Haple c'est bien ça...? Change toi maintenant, conclua la jeune femme d'une voix respectueuse mais ferme.
Cependant, derrière son masque de tempérance, son interlocutrice n'en avait pas fini :
- Et... comment se fait-il que j'ignore tout de cette destination où je suis censée me rendre?
- Je te l'ai dit, rétorqua vivement la montagnarde avec des yeux éffarés par la résistance de l'enfant, Bharf a laissé des instructions.
Puis avec une élocution faussement pondérée où frisait la condescendance :
- Je t'emmene à Amarok le retrouver parmi les siens. Nous devrons traverser le Col Blanc et ce ne sera pas une partie de plaisir pour une enfant.
- Je connais, je peux m'y rendre par mes propres moyens...merci.
Cette fois, l'agacement transparut dans la réponse de l'enfant en question. Et son hôtesse perdit tout semblant d'amabilité maternelle et partit dans une tirade enflammée :
- Ecoute petite, tu vas faire ce qu'on te dit et sans discuter. Ce n'est pas comme si tu pouvais prétendre t'en être tirée à merveille de ta traversée des montagnes. C'est moi qui t'ai remise sur pied, je te rapelle, et je n'ai pas l'intention de jouer les gardes chiourmes une nouvelle fois. Alors, tu t'habilles en tenue de montagne, on part à la nuit tombée et je te refourgue au sac-à-puces. Bharf m'avait prévenue à ton sujet... Je pensais pas que c'était possible d'être aussi petite et aussi teigneuse!
(Vous avez qu'à vous...!) Haple tremblait intérieurement d'une rage grandissante et brûlait d'envie de renvoyer l'insulte à son hôtesse. Elle-même ne faisait pas vraiment preuve de consilience et l'elfe avait beau être plus petite en taille, elle avait vu plus de lunes que la jeune humaine! Mais l'évocation du Fujonien lui rappela la correction qu'elle avait reçue la dernière fois qu'elle avait lâché la bride à sa langue. Au prix d'un grand effort, Haple se résolut donc à garder son commentaire cinglant pour elle et, après une longue minute d'affrontement silencieux, l'enfant tendit un bras raide en direction du sous-vêtement. Visiblement satisfaite, mais toujours échaudée, Roche le lui mit sèchement entre les mains et marcha d'un pas vif vers la table de chevet pour récupérer les restes du petit-déjeuner avant de se diriger vers la porte. Alors qu'elle était sur le point de quitter la pièce, l'enfant elfe l'interpella une dernière fois, toujours plantée sur place, comme chiffonée par un dernier détail...
- Roche? Vous avez dit que nous partirions à la tombée de la nuit...Pourquoi ?
Malgré le ton empreint de déférence que Haple avait tenté donné à sa question, celle-ci prévoyait une nouvelle réaction épidermique de la part de la blonde. Mais il en fut tout autrement... L'hôtesse s'arrêta net et, après un instant d'hésitation, se retourna vers la petite elfe. Une lueur de compassion vacilla dans ses yeux châtains... avant de disparaître dans leur assurance habituelle.
- Laisse faire les grandes personnes.
Et la jeune femme tourna les talons, entre-ouvrit la porte du pied et se glissa hors de la chambre avec le plateau dans les mains.

>> Subduction

_________________


Dernière édition par Haple Mitrium le Lun 24 Aoû 2015 17:08, édité 6 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: Les habitations de la ville d'Amaranthe
MessagePosté: Jeu 6 Aoû 2015 20:44 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mar 30 Juin 2015 17:16
Messages: 81
Localisation: Couvent des Soeurs du Saint Livre (Duchés)
>> Dure comme la Pierre

Subduction


Le soleil s'était couché derrière les montagnes des Duchés et l'obscurité envahissait désormais la chambrette qui abritait une enfant elfe exilée loin des siens. Assise dans le silence, Haple méditait. Ou plutôt, Haple ruminait. Voila des heures que son hôtesse l'avait délaissée et de nombreux fantasmes avaient travaillé l'enfant rebelle, certains frisant l'inconscience... Lui avait notamment traversé l'esprit l'idée de faire payer à la blonde sa bienveillance condescendante et son autorité autoproclammée au moyen du couteau à beurre attelé à sa cheville. Mais au fond d'elle, une voix reconnaissait qu'elle lui en voulait surtout du fait que la montagnarde ait eu raison quant à ses insuffisances d'exploratrice en herbe...et qu'elle aurait bien besoin d'elle pour parvenir jusqu'au Fujonien. Mais après tout, par quel décret était-elle tenue de se rendre à Amarok ?! Qui étaient ces adultes qui prétendaient vouloir régir sa vie alors même qu'elle venait de s'affranchir des chaînes de son carcan familial ?! La petite avait fait les cent pas dans la chambre, tenant la bride à son indignation, et avait du réfreiner son ardent désir de prendre la poudre d'escampette par l'étroite fenêtre pour tenter sa chance seule. Et il s'en fut de peu qu'elle ne se laissa séduire par cette perspective. Au final, seules deux choses la retinrent sur place : le souvenir de sa dernière mésaventure et la curiosité. En effet, c'était lorsqu'elle avait faussé compagnie au Fujonien qu'elle s'était retrouvée dans une si dangereuse situation. Et bien qu'elle ignorait à quel point elle avait raison, elle préssentait que même en l'absence physique de ce dernier, c'était de son fait qu'elle avait pris la direction la grotte et y avait fraulé la mort. Les explications lacunaires du roublard lupin n'avait pas satisfait l'esprit aiguisé de l'elfe et celle-ci voulait maintenant des réponses. Des réponses qu'elle n'obtiendrait qu'à Amarok apparement. Il serait toujours temps après de leur faire regretter les libertés qu'ils avaient prises avec elle...

Montant crescendo, des bruits de pas parvinrent aux oreilles pointues de l'enfant avant de soudainement marquer une pause. Roche avait fait halte de l'autre côté de la porte. Etait-elle toujours remontée contre l'enfant?
Avant que Haple n'aie eut le temps de s'attarder sur la question, la porte pivota sur ses gonds et une silouhette courtaude se déssina dans le contre-jour d'une chandelier mural.
- Ah, tu es là, sursauta la jeune femme, mais que fais-tu dans le noir? Tu aurais du venir me chercher pour demander une bougie enfin... Voilà que tu vas me faire passer pour une hôtesse de quat'sous.
Etait-ce de l'humour que Haple percevait dans la voix haut-perché émergeant de l'encadrement de la porte? Une maladroite tentative de réconciliation...? Quoiqu'il en soit, l'enfant s'enferma dans un mutisme obstiné.
- Allez viens, tout est prêt pour partir. Le reste de tes affaires se trouve avec les vivres, dans la cuisine.
Haple se leva sans un mot et emboîta le pas à sa guide. Après avoir décroché le chandelier de son portoir, Roche l'entraîna dans un couloir étroit. Tout en la suivant, la jeune elfe regardait danser les ombres sur les pierres de taille qui façonnaient le mur, et laissant glisser sa main sur leur surface, enregistrait dans son esprit la rugueur de leur grain. Une texture qu'elle n'avait jamais connue dans l'architecture anorfine toute en finesse organique. (J'aime) Et, parvenue à ce constat, l'enfant reporta son attention devant elle alors que les deux marcheuses parvenaient dans une pièce richement éclairée.

Eblouie par une telle profusion lumineuse, Haple s'arrêta sur le seuil laissant la blonde s'éloigner dans la pièce, ses cheveux blonds brillants d'éclats orangés à la lumière d'un vif brasier brûlant dans l'âtre de la cuisine. Une table à manger en bois massif se trouvait dans un coin avec des sacs cirés entassés à ses pieds finement ciselés et Roche se dirigea dans leur direction avant de s'agenouiller pour en ouvrir un. Ne se préoccupant pas de son hôtesse, Haple passa en revue le reste de la pièce. Il ne s'agissait pas à proprement parler d'une “cuisine” mais plutôt d'une pièce de vie complète rassemblant vestibule, salon, salle-à-manger et … cuisine. Mais le tout était à mille lieux de dégager une impression misérable. Deux sofa, confortablement rembourrés à la mode shorianne, se faisaient face à proximité d'un second foyer qui crépitait dans une cheminée de céramique. De délicates broderies kendranes reposaient sur les meubles luisants parmi lesquels des coffres ouvragés de ferronerie thorkine, des commodes à gravures florales anorfine et des étagères croulant sous les livres reliés de cuir blanc, de parchemins soigneusement enlacés de rubans soyeux et de cartes de voyage au couleurs vives. Stupéfaite devant une telle profusion de richesses, une pareille diversité de matériaux et de styles décoratifs, l'enfant ne put s'empêcher de se retourner vers son hôtesse pour la regarder sous un autre jour. Il ne s'agissait manifestement pas d'une habitante quelconque de cette bourgade montagnarde. Tout dans cet intérieur portait à croire que, malgré son jeune âge, l'humaine avait beaucoup voyagé, ou bien qu'elle était issue d'une famille si riche qu'elle avait pu se faire parvenir ce mobilier exotique contre espèces sonnantes et trébuchantes. (Non, c'est une aventurière!) Son avis était fait et, lorsque la jeune femme se releva une frippe entre les mains, celle-ci découvrit dans les yeux de son invitée une bonne dose d'admiration. Autant dire que le différence avec l'enfant opiniâtre de l'après-midi dut être frappante!

- Euh... tout va bien ?
Haple opina du chef.
- Ce sont les livres qui te font cet effet? Ca fait lontemps que j'en ai pas ouvert un moi... Tout est là dedans maintenant, tu vois... dit-elle en se tapotant la tempe de son index pour accompagner le geste à la parole.
La jeune femme rejoignit sa protégée en quelques enjambées énergiques et tendit un bras vers l'étagère pour en retirer un tome épais figurant en couverture une créature mi-humaine mi-tortue avec des piques d'acier qui jaillissait de sa carapace.
- Un bel essai sur l'enchantement de terre, axé sur la défense. A destination des trouffions de Kendra Kar principalement, mais une entrée en matière respectable tout de même. Tiens, tu me diras ce que tu en penses, lança-t-elle à l'adresse de Haple en lui mettant le livre sous le nez.
Les joues de l'enfant s'enflammèrent aussitôt. Roche fronça les sourcils en regardant l'enfant comme si elle cherchait à comprendre cette subite timidité.
-Ah... je vois...Tu ne sais pas lire, n'est-ce pas...? Je me suis trompé sur ton compte, admit-elle avec un léger haussement d'épaule. Je pensais que tu étais née une cuillère en argent dans la bouche... à ta manière de parler aux adultes... Comme quoi, on fait tous des erreurs de jugement, acheva la blonde avec un clin d'oeil ironique à l'adresse de l'enfant.
Haple ne jugea pas nécessaire de préciser qu'elle avait effectivement eu une jeunesse privilégiée et que c'était par principe qu'elle avait refusé d'apprendre à lire plus que quelques mots utiles dans la vie de tous les jours. Un principe qui lui parraissait tout à coup bien puéril... Finalement, Roche reposa le traité d'enchantement et retourna vers l'espace cuisine, suivie machinalement par l'enfant soulagée de ne s'être pas plus embarassée aux yeux de l'aventurière.
-Tu...n'as... pas à ...t'en faire, poursuivit la montagnarde en hissant l'un des sac de voyage sur ses épaules. Les fluides de Terre sont forts en toi. Leur contrôle te viendra instinctivement. Mais puise dans la connaissance qu'apportent les livres de magie... et tu repousseras les limites de tes dons. Cela dit, je vois que tu as déjà fait un premier pas dans ce sens : c'est un étonnant instrument que tu as là... insinua-t-elle en faisant rouler ses doigts sur la peau tendue du tambour.
- Comment cela ? demanda Haple à qui la curiosité avait redonné sa langue.
-Il est enchanté! Tu le savais pas? Enfin...la peau seulement. Pas le fût en bois. Et la finition laisse à désirer... Un enchanteur pourrait te l'améliorer. Mais il te servira bien en l'état déjà, pour focaliser tes fluides et controler leur manifestation.
L'elfe contempla sa trouvaille avec émerveillement. Elle qui n'y avait vu qu'un instrument de musique, certes très appréciable à jouer, mais une percussion seulement...!

Cependant, Roche coupa court à son emballement silencieux et saisi des frippes qui trainaient sur la table :
- Je t'ai trouvé une cape de voyage et un fichu ciré.
Soudainement, la question de l'habillement en vue de la traversée des Montagnes prenait un jour nettement plus favorable. Il s'agissait désormais de se joindre à "Roche, l'aventurière" !
- La tenue te convient, interrogea-t-elle en s'approchant de l'enfant.
(Ca gratte)
- Oui... ça ira, laissa-t-elle entendre d'un air qui se voulait blasé.
Amusée par ce revirement de comportement, Roche fit le tour de la petite et lui passa la cape de laine grise sur les épaules avant de tendre une main vers les agraffes du col.
- Je peux le faire, merci, l'interrompit posément Haple de sa voix la plus adulte possible.
- Très bien. Mettons nous en route alors.
Et la montagnarde ouvrit la porte avec une dernière recommandation addressée à la petite elfe :
- Tu ferais bien de couvrir ces oreilles avant de sortir. Ton arrivée dans les bras d'un Fujonien a déjà trop attiré l'attention sur toi à mon goût. Je serai plus tranquille si on te remarquait pas. Sait-on jamais qui traînent dans les rues...
Et sur ces joyeuses paroles, Roche s'engouffra dans la nuit.

>> Dans l'ombre de Roche

_________________


Haut
 

Afficher les messages postés depuis:  Trier par  
Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 5 messages ] 


Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 0 invités


Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets
Vous ne pouvez pas éditer vos messages
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages

Aller à:  
Powered by phpBB © 2000, 2002, 2005, 2007 phpBB Group  

Traduction par: phpBB-fr.com
phpBB SEO

L'Univers de Yuimen © 2004 - 2016