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 Sujet du message: Re: Les plaines autours de Khonfas
MessagePosté: Jeu 7 Juil 2016 23:12 
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Au cri et à l'assaut subit de Tanaëth se joignirent les membres de l'Opale, Kay compris, menés par Llyann. Très vite, ils infléchirent leur course pour venir se placer derrière le maître d'arme au moment où Saney et Ölendra le dépassaient. Déjà, une mêlée se formait. Le Lokyarme s'envola au-dessus de la tête de Tanaëth pour atterrir entre l'Hinïonne et les Shaakts et Kay en déduisit que l'elfe blanche était la propriétaire de la majestueuse créature. Laquelle ne tarda pas pour entrer dans la danse en se saisissant puis en arrachant le bras d'un noir. L'Hinïonne put en profiter pour récupérer son épée tombée à terre. Elfe et lokyarme se mirent à se protéger mutuellement, témoignant, à n'en point douter, de longues expériences communes. Au même moment, Tanaëth, arrivant devant une ligne ennemie, bondit par dessus et en moins de temps qu'il n'en aurait fallu pour invoquer leur dieu haï, le premier eut les côtes défoncées, le deuxième le bras tranché et le troisième le dos démoli.

Pendant ce temps, Kay était restée en retrait, les deux mains nerveusement resserrées sur la poignée de son épée, indécise sur la conduite à tenir, brusquement paralysée. Elle respirait fort et des gouttes de sueur commençaient à couler le long de sa colonne vertébral, salissant davantage sa peau grisâtrement diaphane. Saney était à côté d'elle, un peu en retrait - sûrement pensant que la semi-elfe s'était postée là pour le protéger. Ölendra, pour sa part et malgré son grand âge apparent, s'était lancée dans la bataille, comme dans une danse, hypnotique. Et elle, elle restait là. Plantée comme un pilier, un arbre de cette maudite forêt de cette maudite région. Mais enfin ! Qu'était-ce que cette timidité qui n'avait rien à faire ici ?!

Soudain, un cri familier retentit à ses oreilles, à peu de distance, attirant immédiatement son regard sur un des sangs-mêlés, le demi-Taurion, mis en difficulté par un lancier, lui qui ne possédait que des poignards comme armes. C'était ce qu'il lui manquait pour agir. Une décharge électrique secoua son corps entier et Kay se précipita vers son ami. Son épée arriva par le bas et elle frappa d'un coup remontant, déviant la lance et l'attention du Shaakt qui se retourna vers elle, un rictus rageur sur sa figure. Il rassura sa prise sur son arme et se fendit brutalement en avant. Kay esquiva d'une brusque torsion et se mit aussitôt en position défensive, ne prenant son épée qu'à une main. En criant, le Shaakt se précipita sur elle avec la visible attention de lui enfoncer sa lance dans la tête. Une nouvelle fois, elle évita le coup d'un simple déplacement et répliqua, sa lame fusant en ligne droite vers son abdomen. Il sauta en arrière pour l'éviter et renchérit en visant ses genoux. Elle coinça l'attaque. Une épreuve de force s'engagea alors entre les deux combattants. Kay serra la mâchoire et fit revenir sa main gauche sur la poignée de son arme, ne pouvant résister d'une seule main. De la sueur perla à son front. Elle commençait à se plier en deux, donner du terrain, quand, tout d'un coup, le Shaakt hurla d'agonie, tandis que des flots de sang jaillissait de sa gorge transpercée de deux poignards. Le demi-Taurion retira ses armes et l'elfe noir s'écroula à leurs pieds. D'un hochement de tête, Kay le remercia et sa paume passa rapidement sur son front pour en chasser la sueur et les mèches collantes qui gênaient sa vision. Sa poitrine se soulevait rapidement. Elle regarda autour d'elle pour savoir ce qui en retournait des autres. Elle n'en eût pas le temps : un autre Shaakt armé d'un cimeterre lui tomba dessus.

Par réflexe, elle se baissa et arrêta le coup qui venait par le haut en mettant son épée à l'horizontale. Le Shaakt rapprocha son visage d'elle, visiblement confiant dans la suite et elle crut s'évanouir devant l'odeur qui suppurait de sa bouche méchamment tordue. Elle déglutit difficilement, se demandant comment se dégager quand il le fit de lui-même. Elle n'eût cependant pas le temps de se mettre en position défensive et le coup suivant la cueillie par le côté. Elle parvint maladroitement à le parer, mais la violence du choc l'envoya s'écraser sur le sol et elle se retrouva sur le dos, légèrement sonnée. La dominant, l'elfe noir se rapprocha, un sourire carnassier aux lèvres. Il jouissait visiblement de l'instant. Il leva son cimeterre, prêt à asséner le coup fatal. Kay ferma les yeux, attendant l'impact, mais un cliquetis métallique la poussa à les rouvrir et elle découvrit Tahynel, courbé en deux au-dessus d'elle, qui venait de parer in extremis l'attaque qui lui était destinée. Sa position était tellement précaire, néanmoins, que leur ennemi n'eut aucun mal à le jeter à terre, lui aussi. Mais Kay profita de cette seconde de distraction pour rouler sur le sol et se relever d'un bond. C'était à présent à Tahynel d'être en difficulté. La semi-elfe s'apprêtait à rembourser sa dette quand une autre aide impromptue fit son apparition : le lokyarme s'abattit sur le Shaakt avec tant de force que ses côtes explosèrent, perçant ses poumons. Il mourut sur le coup. Tahynel put se relever et reprendre son souffle. Kay regarda dans la direction d'où était venue la créature et put voir que l'Hinïonne, Isil, avait rejoint Tanaëth et faisait désormais face aux noirs à ses côtés. La semi-elfe ne put s'empêcher de l'admirer, tandis qu'elle se débarrassait avec habileté d'un soldat dans l'épaule était en sang. Mais elle se reprit vite, heureusement ; les Shaakts continuaient d'affluer et après ce qui venait de se passer, elle ne pouvait plus se permettre le moindre instant d'inattention.

(Tanaëth !)

Elle avait dans l'idée de se rapprocher du maître d'arme, mais son sang ne fit qu'un tour quand elle vit un noir foncer sur lui, dans son dos, alors qu'il était occupé à... taper la causette à l'Hinïonne. Kay bondit aussitôt et sans réfléchir se jeta sur l'arme du Shaakt en le frappant de toutes ses forces de la sienne. Cette attaque sacrifice découvrit superbement sa garde, mais l'autre fut tellement surpris qu'il faillit être déséquilibré et elle put se remettre en position sans être inquiétée. Non plus n'attendit-elle passivement un coup à venir et, rassemblant son Ki comme le lui avait enseigné Tanaëth, elle fit un pas brutal vers le noir avant que son épée, prolongement de son bras, lui-même prolongement de ce rapide mouvement, ne fendît l'air en direction de la main adverse. Pour la première fois, elle n'atteignit pas le poignet, mais l'acier s'enfonça allègrement dans les chairs des doigts, si bien qu'en criant de douleur, l'elfe lâcha malgré tout son arme et se saisit de ses doigts ensanglantés de son autre main. Kay ne se fit pas prier pour profiter de cette ouverture inespérée ; son bras droit partit en arrière puis tout son corps se fendit en avant et l'arme siffla avant de pénétrer dans la gorge de son adversaire avec un bruit dégoûtant de sang gargouillant. Le noir ne s'était pas plutôt effondré sur le sol qu'elle l'enjambait d'un bond pour se retrouver enfin aux côtés de Tanaëth. Insensiblement, elle se détendit. À présent, elle se sentait en sécurité ou, du moins, protégée.

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 Sujet du message: Re: Les plaines autours de Khonfas
MessagePosté: Sam 9 Juil 2016 14:00 
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Alors que je fais un rapide tour d'horizon pour examiner la situation, un léger bruit dans mon dos m'apprend qu'un Shaakt se précipite sur moi, préférant m'attaquer de dos plutôt que de se confronter ouvertement à mes lames. Je me retourne vivement pour le contrer, positionnant mes épées de manière à verrouiller ma défense, mais ce n'est que pour voir Kay se précipiter sur mon assaillant au mépris de toute prudence! Un noeud se forme dans mes tripes à cette vision, puis se dénoue alors que la jeune femme se replie sans dommage et met en pratique la technique que je lui ai apprise voilà peu de temps. Elle entaille joliment les doigts de son adversaire puis profite de son désarroi pour l'empaler proprement d'une pointe rapide et précise que je ne peux qu'approuver. A peine le Shaakt est-il à terre qu'elle l'enjambe pour me rejoindre, je lui souris d'un air appréciateur et dépose un léger baiser sur son front pour la remercier tout en lui disant:

"Excellent enchaînement, merci Kay."

La mêlée fait encore rage autour de nous, le temps me manque une nouvelle fois pour conseiller à Kay d'éviter d'ouvrir sa garde aussi imprudemment qu'elle vient de le faire et puis, j'aurais mauvaise grâce à le lui reprocher alors qu'elle n'a agi que pour me protéger. J'ai eu loisir de constater durant mon bref coup d'oeil que l'un des Sindeldi de l'Opale était tombé, ainsi que le sang-mêlé Taurion-Sindel, douloureuses pertes pour notre Ordre que celles-ci, mais nous sommes en guerre et cette dernière a ceci de fâcheux que des gens meurent en la pratiquant. Quant à mes autres compagnons, ils ont su utiliser la séparation des Shaakts en deux groupes pour se glisser entre eux et mettre à mal plusieurs ennemis, qui ne sont maintenant plus qu'une petite quinzaine en état de combattre. J'ai également aperçu Lyann qui réutilisait cette redoutable danse folklorique renforcée de Ki que je l'ai déjà vue pratiquer, celle-là même dont elle a usé pour m'enseigner une étonnante et efficace position de défense. Je me souviens également que l'une des Shaaktes que j'ai combattu dans le Rock Armath avait tenté de m'occire grâce à cette même technique, si bien que je crois entrevoir comment la réaliser.

L'Hinïonne au Lokyarme doit maintenant faire face à un noir muni d'un bouclier et d'un sabre, un adversaire redoutable pour l'elfe qui ne possède pas la moindre protection et pour toute arme une mauvaise épée! D'autant plus que le Shaakt adopte une stratégie plutôt défensive, utilisant ainsi avec habileté son avantage. Je me porterais volontiers à son secours mais d'autres ennemis nous entourent, qui pourraient aisément profiter que nous soyons tous deux occupés par le même adversaire pour nous mettre en danger ou pour s'attaquer à Kay. Je choisis donc de me charger d'une paire d'ennemis armés de piques qui se dirige vers notre petit groupe et qui, si nul n'intervient, pourrait menacer dangereusement ma nouvelle amie semi-Sindel d'ici peu. Comme il ne fait pas le moindre doute que ces deux adversaires sont au mieux des combattants médiocres, je me décide à tenter cette fameuse valse, aux allures de danse de bal villageois certes, mais ô combien efficiente.

Je rassemble donc mon Ki en visualisant de mon mieux les pas et les gestes précis que nécessite la réalisation de cette technique, assez proche de ma tactique de lames défensives d'une certaine manière, si ce n'est que le but est diamétralement opposé puisque il s'agit là clairement d'attaquer. Ma maîtrise pure est déjà améliorée par mon Ki, présentement, mais je dois maintenant le modeler pour accroître également ma souplesse et la grâce de mes gestes. Cette danse des sabres requiert élégance et fluides ellipses, le tout en conservant un équilibre parfait, rien à voir avec un brutal enchaînement de coups de taille plus ou moins bien ciblés. Je modèle donc mon énergie interne à faible puissance, nul besoin de m'épuiser inutilement pour effectuer une tentative possiblement vouée à l'échec, et le canalise de manière à favoriser souplesse et fluidité dans mes gestes.

Je me lance à l'attaque, concentré sur le moindre détail de mon déplacement. Un pas léger en avant, qui s'achève sur la pointe du pied, mon Ki sert alors à alléger mon poids, je le tends vers les cieux. Un geste orbital de ma lame droite, ni trop ample ni trop retenu, son objectif est de faciliter le pas suivant grâce à la force d'inertie ainsi engendrée. Dans mes muscles le Ki coule avec retenue, amplifiant imperceptiblement cette effet d'inertie, améliorant la courbe souhaitée. Puis le pas suivant, je pivote sur la pointe du pied, ma lame droite poursuit son ellipse et s'élève au-dessus de ma tête alors que la gauche entame un ovale descendant, puis mon corps se ramasse alors que je change de pied d'appui, mon Ki se tend maintenant vers le sol. Ces deux premiers pas me font maintenant adopter une posture proche de celle d'un fauve qui s'est ramassé pour bondir, c'est l'amorce de l'attaque proprement dite. Un nouveau pas en avant alors que je propulse ma force intérieure vers l’extrémité de mes deux bras, mais en oblique cette fois car mes deux lames constituent maintenant deux forces opposées qui font de mon corps un centre de gravité autour duquel elles tournoient. Difficile exercice que de maintenir la forme de mon Ki, qui sert à la fois à renforcer ce centre de gravité tout en accélérant les orbites extérieures manifestées par mes armes! Je le visualise alors sous une forme céleste pour me faciliter la tâche: un monde central, moi, pivotant à vive allure sur un axe légèrement incliné, autour duquel deux lunes tournent sur deux ellipses distinctes, mes armes.

Les deux pas suivants sont engendrés et définis par cet équilibre acrobatique, mon corps est mû par les forces d'inertie elliptiques engendrées, de même que mes armes qui tracent dans les airs des courbes extrêmement précises rendues plus vives et puissantes par l'effet de mon Ki. Je m'insère donc entre mes deux ennemis en dansant littéralement avec une grâce aérienne et mortelle, mes lames tracent en lettres de sang leurs orbites dans les chairs, faisant ressembler les deux noirs à des cartes célestes issues de l'esprit d'un astrologue dément! Néanmoins, alors que mes deux adversaires s'effondrent de part et d'autre de moi, je réalise aussi que l'inéluctabilité de ces deux derniers pas pose un problème: une fois le corps pris par cette force tournoyante il devient difficile de la détourner. Ce qui signifie qu'en cas d'attaque imprévue pendant ces gestes ou juste après, la parade ou l'esquive devient bien plus délicate. Un fait que je ferai bien de garder à l'esprit avant de m'essayer à cette technique dans un combat plus risqué. Quoi qu'il en soit j'achève mon rigodon après deux autres pas destinés à évacuer les derniers restes d'inertie et relève la tête pour faire le point de la situation, prêt à intervenir à nouveau en cas de besoin.

Le combat s'achève cependant, mes compagnons ne sont pas restés inactifs pendant que je me livrais à cet petit exercice de style. L'Hinïonne s'est débarrassée du noir au bouclier ainsi que d'un deuxième ennemi, apparemment. Elle enlace maintenant son Lokyarme avec, dans les yeux, des larmes que j'attribue intempestivement à la joie de le revoir plutôt qu'à la tristesse. Elle finit par s'en détacher pour lui montrer des espèces de menottes étranges, dont elle semble penser que c'est à cause d'elles qu'elle n'a pu communiquer avec son compagnon ailé. Elle se redresse ensuite fièrement et se dirige vers nous alors que je nettoie ma Vorpale sur le tabard du cadavre le plus proche, mon ardente n'ayant évidemment nul besoin de ce traitement. Je rengaine mes armes puis fais face à l'Elfe Blanche qui nous salue d'une manière bien particulière que j'ai appris à reconnaître, à ma connaissance seuls les habitants d'Hirdirain l'emploient, viendrait-elle de cette cité devenue la mienne?! Elle se présente ensuite sous le nom d'Aisillyn An’Naïnelim, qu'elle abrège en Isil selon ses mots. Elle nous remercie ensuite de notre intervention et, plus particulièrement, de lui avoir ramené son compagnon. Je réponds à son salut comme le ferait un habitant de la Perle Blanche, puis je lui réponds avec un sourire amusé aux lèvres:

"A dire vrai c'est votre Lokyarme qui nous a amené ici. Il m'a sorti d'un sale pétrin en venant à mon aide alors que je luttais contre une quinzaine de Shaakts, puis il m'a fait comprendre qu'il voulait que je le suive. Je me nomme Tanaëth Ithil, Danseur d'Opale, membre de la milice d'Hidirain. Honoré de faire votre connaissance, Dame Isil."

Je laisse à mes compagnons le soin de se présenter, ajoutant avec sérieux:

"Je suis heureux que nous soyons arrivés à temps. Je pense que nous ferions bien de ne pas nous éterniser ici, ceci dit. Si nous nous sommes trouvés dans la région, c'est qu'une armée de cinq mille Shaakts campe dans la forêt maudite, à quelques heures d'ici. Comme ils s'apprêtaient à attaquer Hidirain, la milice m'a donné pour mission de les ralentir. Nous venons donc dans ce but de semer un méchant chaos dans leur campement, et de trucider la matriarche qui les dirigeait, j'imagine que ces damnés noirs vont s'exciter comme un essaim de guêpes dans lequel on aurait mis un grand coup de pied. Avez-vous imaginé un plan pour évacuer tous ceux qui ont subi le joug des Shaakts?"

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 Sujet du message: Re: Les plaines autours de Khonfas
MessagePosté: Sam 9 Juil 2016 19:28 
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De son épée précieuse à ses seuls yeux, gouttait du sang shaakt, détrempant un sol qui l'en était déjà suffisamment. Des cadavres, partout. Majoritairement de ceux d’engeance noire, mais il y avait aussi deux de leurs compagnons. Des bouts de chair, des bouts rouges, des morceaux désormais sans vie. Mais pour Kay, seul comptait le fait qu'elle se trouvât près de Tanaëth. Elle venait d'occire l'elfe noir qui venait dans son dos, mais personne n'aurait pu douter que, même sans son aide, il s'en fût sorti sans aucun problème. Pourtant, il la congratula et la remercia. Un sourire béat vint fleurir innocemment sur son pâle visage.

(Il a dit excellent !)

C'était là tout ce qui importait. Presque trépignant sur ses pieds à cause de l'excitement, elle reçut son baiser sur son front. C'était bien immature de sa part - Kay était plus qu'une grande fille ; elle avait même un jour été mariée, mais en cet instant, elle se sentit plus fière que jamais et revit le doux visage de sa mère qui n'avait eu de cesse de l'encourager pour qu'elle prît confiance en elle. Elle n'était guère une paysanne. Guère, non plus, une citadine. Tandis que Tanaëth, déjà, se détournait en quête d'un nouvel ennemi, elle remit une mèche de cheveux derrière son oreille subtilement pointue et réfréna un nouveau sourire. Définitivement, elle avait bien trouvé un endroit où elle se sentait utile - et douée. Tanaëth accepterait-il de lui enseigner davantage ? Kay resserra sa main sur son arme et regarda autour d'elle. Le maître d'arme entamait une drôle de danse, face à deux lanciers noirs. C'en était presque hypnotique. Oubliant à l'instant ce qu'elle s'était pourtant promis de ne pas faire, Kay abaissa lentement sa garde, totalement absorbée par le gracieux spectacle que donnait à contempler Tanaëth. Une erreur qui faillit lui être fatale. Mais, heureusement, comme guidée par un sixième sens, elle se retourna en relevant son épée, juste à temps pour bloquer un coup visant sa gorge.

Le shaakt qui lui faisait face - et qui faisait partie des derniers restants, la bataille s'achevant peu à peu, était armé d'une espèce de sabre. Il était déjà blessé au bras, mais se battait avec la force que conférait une rage aveugle. Kay, de même, était fatiguée de ce combat et n'espérait plus que de le voir finir. Elle raffermit sa prise sur son épée en la prenant à deux mains et, méthodiquement, sans faiblir, bloqua l'un après l'autre les coups forcenés que lui assenait avec une colère croissante son adversaire noir. Ses pieds glissaient tranquillement sur le sol à mesure que la violence de ses attaques la faisait toujours plus reculer. L'autre s'épuisait, néanmoins, et il était clair qu'il ne lui suffisait plus que d'attendre la bonne occasion. Cette dernière arriva finalement assez vite. Soudain, son ennemi se fendit vers l'avant. Kay se déporta à la dernière seconde et il fut emporté par son élan. La semi-elfe se campa alors fermement sur ses jambes et brandit son épée. Il vint s'y empaler sauvagement. Il expira dans un gargouillement affreux et son sang chaud vint asperger Kay.

(Argh...)

Un violent haut le cœur la saisit et elle s'empressa de se dégager puis fit un bond en arrière pour s'éloigner au plus vite de ce cadavre hideux. Reprenant son souffle, elle en profita pour analyser la situation. La bataille était finie. Tanaëth était en train d'essuyer sa Vorpale sur les vêtements d'un mort et l'Hinïonne se détachait de son Lokyarme. À n'en pas douter, ces deux-là avaient été depuis plus longtemps séparés que la semi-elfe ne l'avait d'abord cru. Ayant nettoyée rapidement son épée avant de la rengainer, Kay revint vers Tanaëth. L'Hinïonne les rejoignit et se présenta d'une manière tout à fait particulière. Kay fronça les sourcils, mais, à cette présentation étrange, Tanaëth lui répondit tout aussi étonnamment. Il devait donc s'agir d'une manière de se saluer propre à une cité. Peut-être Hidirain ? Se sentant mal à l'aise par rapport à ce qu'elle ne comprenait ni ne savait, Kay inclina légèrement la tête avant de se présenter tout aussi succinctement.

"Je m'appelle Kay de Kallah ; j'accompagne juste Tanaëth. Enchantée aussi de faire votre connaissance."

L'Hinïonne se nommait Aisillyn An’Naïnelim, mais préférait à ce qu'on se référât à elle par le nom d'Isil. Kay se demanda brièvement quelle était la relation entre ces deux noms et pourquoi en préférer l'un, mais fut distraite par la présentation des membres de l'Opale. Il en manquait... Tanaëth avait déjà connaissance de ceux tombés en ce jour, mais non Kay. Un guerrier sindel manquait à l'appel. Elle n'avait jamais su comment il s'appelait. Ayant fait un pas en arrière - car ne se sentant pas trop à sa place dans les discussions plus stratégiques que venait justement d'entreprendre Tanaëth, ses yeux balayèrent le champs de bataille et ce fut un autre corps que celui du Sindel qui provoqua en elle un profond émoi. Là, sur le sol désormais boueux et rouge, presque recroquevillé, gisait le demi-Taurion avec qui elle avait fait connaissance durant le trajet d'Hidirain à ces plaines maudites. Un soubresaut nauséeux la prit et elle baissa la tête pour que nul ne pût voir ses larmes.

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 Sujet du message: Re: Les plaines autours de Khonfas
MessagePosté: Sam 9 Juil 2016 20:19 
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Alors que je salue l'Hinïonne, je remarque du coin de l'oeil que nos échanges protocolaires spécifiques, si brefs soient-ils, mettent Kay légèrement mal à l'aise. Je réalise alors qu'au travers de ces si simples gestes, nous manifestons une appartenance commune, nous signifions par là que nous appartenons un même groupe, à une même famille au sens large du terme. Ce qui, bien involontairement, exclut ceux qui n'en font pas partie. Je suppose que c'est cela qui pousse la jeune femme à se présenter ensuite de la manière la plus humble qui soit, déclarant qu'elle me "suit juste". Je plisse imperceptiblement les yeux à cette présentation et rajoute immédiatement d'une voix douce à l'attention des deux femmes:

"Plus exactement, mon amie Kay de Kallah a choisi de cheminer à mes côtés après que je le lui aie proposé. Elle m'a ainsi apporté son aide alors que j'en avais grand besoin, et n'a pas hésité à risquer sa vie avec une grande bravoure pour me permettre d'accomplir la mission cruciale qui m'a été confiée. Hidirain lui doit une fière chandelle, et moi de même."

Alors que j'évoque quelques considérations stratégiques à l'attention d'Isil, Kay recule d'un pas, comme pour signifier qu'elle n'a pas son mot à dire dans ces discussions. Une fois de plus je tique intérieurement, conscient d'avoir commis une erreur en ne l'impliquant pas davantage dans les motivations profondes de nos actions qu'elle ne peut, de ce fait, appréhender entièrement. Sans doute quelqu'un d'un caractère très affirmé aurait-il pris une place le mettant plus en avant, mais Kay me semble plutôt d'un naturel timide et peu enclin à s'imposer. J'achève ma tirade tout en observant indirectement ma nouvelle amie, qui durant ce temps observe le champ de bataille. Elle baisse soudain la tête, juste après que son regard se soit posé sur le semi-Taurion décédé et, si je n'ai pas saisi immédiatement le pourquoi de son geste subit, je réalise alors ce qu'elle doit être en train de vivre. Elle a dû se lier avec cet elfe au cours des heures écoulées, les liens se forment rapidement lorsque l'on côtoie la mort ensemble. D'autre part elle n'a certainement pas l'habitude de voir des cadavres, à plus forte raison d'êtres avec lesquels elle vient de se lier. Un regard plus attentif me révèle que la jeune femme pleure, silencieusement, pudiquement, ce qui me fait instinctivement repenser aux paroles de ma Faëra: Sois toi-même, Tanaëth, simplement.

J'adresse un bref signe à Isil pour lui enjoindre de patienter quelques instants et me tourne face à Kay que je prends avec douceur dans mes bras, espérant seulement qu'elle ne prendra pas mal mon geste, et lui murmure à l'oreille:

"Je suis désolé, Kay...désolé qu'il soit tombé. Il est en paix, maintenant, auprès de Sithi. Une nouvelle étoile brillera aux côtés de la lune, ce soir, en la voyant tu sauras que de là-haut il veille sur toi. Tu n'es pas seule, tu ne l'es plus. Je suis là pour toi, Kay de Kallah."

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 Sujet du message: Re: Les plaines autours de Khonfas
MessagePosté: Dim 10 Juil 2016 00:31 
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Kay ne rougit même pas lorsque Tanaëth compléta de façon fort élogieuse sa rapide présentation, n'hésitant pas à parler de bravoure et de la reconnaissance qu'Hidirain à présent lui devait. La semi-elfe ne s'y retrouvait tout simplement pas. Elle avait agit selon son cœur et bien moins que les membres de l'Opale. Elle avait mis sa vie en danger ? Cinq l'avait sacrifiée. Les larmes, silencieuses, abondantes, coulaient le long de ses joues devenues sales, y traçaient des sillons qui s'achevaient au creux de ses lèvres sèches dans un goût amer.

(Pourquoi... ?)

Elle sentit la présence de Tanaëth, mais resta obstinément immobile. Sans doute voulait-il l'inviter dans leur conversation - il avait l'air de tenir à ce que tout le monde se sentît impliqué, quelque fût le sujet. Mais très peu pour elle. Elle n'avait aucune idée sur comment ils pourraient procéder à une évacuation aussi preste qu'efficace des esclaves de ce camp. Kay n'avait jamais eu affaire à ce genre de décision qui impliquait de conduire d'autres vies, des dizaines d'autres. Elle ne doutait pas que ce dût être difficile et que tout avis était le bienvenu. Elle avait juste... autre chose en tête. Elle ouvrit la bouche, faillit demander au maître d'arme d'aller voir ailleurs, mais il la devança et la prit dans ses bras. Aussitôt, sa poitrine se souleva violemment et ses larmes jaillirent une nouvelle fois. Sans un mot, elle l'écouta. Quand il fit mention de la lune et des étoiles, elle leva la tête vers le ciel, qui n'était que bleu azur. Sithi n'était pas là.

(C'est... inutile.)

Douloureusement, elle le réalisa. Sa tristesse était inutile. Il n'y avait rien qu'elle pût faire, encore moins qu'elle eût pu faire. Il avait, non seulement été conscient des risques, mais les avait acceptés. Sûrement, il était mort sans regret. Pourquoi en porterait-elle pour lui ? Il était mort tué et ce n'était pas injuste. Ces shaakts qui gisaient à terre : à eux aussi, on leur avait ôtés la vie. Ce n'était pas même un "on" quelconque : elle y avait pris part, elle en avait tué avec une sauvage satisfaction. Celle d'être dans son droit, de faire ce qui lui incombait. De leur côté, ils n'avaient fait que se défendre pour leurs vies. La guerre est cruelle, elle n'épargne personne, il était normal que des gens mourussent... Elle avait déjà entendu ça. Oui, normal était-ce. Alors pour continuait-elle à penser qu'il n'aurait jamais dû mourir en ce jour ? Pourquoi continuait-elle à pleurer ?

"Au moins..."

Elle tourna son visage vers Tanaëth. Elle avait bien envie de croire à ses paroles, à cette "belle histoire". Ah, seule ! Elle n'était pas sûre de l'avoir été plus qu'en cet instant ! Tanaëth avait raison, cependant : elle l'avait rencontré, elle allait l'accompagner encore sur plusieurs aventures, il lui enseignerait d'autres choses, il veillerait sur elle. Et puis, il y avait l'Opale. Elle avait envie d'en savoir plus et, pourquoi pas, vivre avec eux ? Pourtant, et bien que sa tristesse ne servît à rien, elle n'arrivait pas à s'en défaire.

"Au moins, est-ce qu'on pourra l'enterrer ?"

Elle ne voulait pas partir avec la pensée de son corps dévoré par les animaux errants. Pas après qu'il se fût fait tuer en aidant les autres.

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 Sujet du message: Re: Les plaines autours de Khonfas
MessagePosté: Dim 10 Juil 2016 01:53 
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Étrange sensation que celle de tenir contre moi cette jeune elfe en larmes. Je n'ai, à dire vrai, pas souvenir d'avoir déjà vécu semblable situation un jour. Trop jeune pour endosser ce rôle avant mon départ du Naora, trop solitaire depuis. Pourtant je ne me sens pas gêné, pas plus que je n'hésite sur la conduite à tenir. Ma première vraie bataille ne remonte pas à bien longtemps, j'avais tranché des vies avant bien sûr, vu des êtres chers mourir sous mes yeux. Mais cela n'avait rien à voir, des batailles comme celles que nous venons de livrer poussent ceux qui les vivent dans leur ultimes retranchements. Et Kay ne s'était jamais battue avant cela, jamais elle n'avait tué, ni vu mourir des êtres par le fer d'après ce que j'ai compris de son histoire. Je la laisse pleurer, m'abstenant de toute parole, me contentant de la tenir serrée contre moi en lui caressant les cheveux avec tendresse.

Elle finit par tourner la tête vers moi, le visage ruisselant de larmes, pour me demander après une certaine hésitation si nous pourrons enterrer celui qui était devenu son ami. Je contemple un instant en silence, cherchant mes mots pour lui dire ce qui doit être dit sans brutalité, puis je lui réponds d'une voix douce:

"Ecoute bien ce que je vais te dire, parce que dans cet enfer c'est peut-être la seule chose qui nous permette de ne pas devenir fous: tu ne peux plus rien pour les morts, mais tu peux quelque chose pour ceux qui ont survécu. C'est vers eux que doit se tourner ton attention, ton amour. Regarde autour de toi. Regarde les morts, il n'y a plus d'âme dans ces corps, ils ne sont plus là, il ne reste d'eux qu'une enveloppe vide. Puis regarde les vivants. Regarde-les dans les yeux. Vois-tu, au-delà de la tristesse, cet espoir qui y brille? Cette joie d'être en vie, d'avoir un avenir? C'est pour cela que je me bats, pour cela que les Danseurs d'Opales acceptent de donner leurs vies si nécessaire."

Je m'écarte un peu d'elle, essuyant ses larmes d'une caresse du bout des doigts, puis je reprends avec une fermeté dénuée de toute brusquerie:

"La plus belle manière d'honorer nos amis qui sont tombés c'est de mener à bien ce qu'ils avaient entrepris, ce que nous avons entrepris. Alors et alors seulement leur sacrifice aura un sens. Pour cela nous devons faire en sorte que les esclaves des Shaakts que nous venons de libérer puissent retrouver une vie digne, heureuse. Ils n'oublieront jamais les ténèbres dans lesquelles ils ont été plongés, mais ils se souviendront aussi que des êtres ont risqué et, pour certains, donné leurs vies pour eux. Une lueur dans les ombres, voilà ce que nous avons le pouvoir de leur offrir, ce que nous avons choisi de leur offrir."

Une pause, pendant laquelle je désigne tous les survivants qui nous entourent, puis je finis de dire ce que j'avais sur le coeur:

"Courage, Kay. Pour eux, pour nos frères tombés. Sèche tes larmes, sois fière d'avoir connu des êtres capables d'offrir leur vie pour protéger ceux qui ne peuvent le faire eux-mêmes. Et, ensemble, faisons ce qui doit être fait pour que nos compagnons ne soient pas tombés en vain. Si nous en avons le loisir, nous embraserons ces bicoques de bois et nous offrirons aux flammes nos morts, afin que nul ne souille leurs dépouilles, mais d'abord nous devons nous occuper des vivants."

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Alors que je réconforte Kay, je médite sur les paroles d'Isil, qui a prévu de faire fuir les esclaves jusqu'à Eniod grâce aux bateaux se trouvant dans le village situé non loin du camp dans lequel nous nous trouvons. Elle m'a également appris que son Lokyarme avait été un Sindel, jadis, et que c'était peut-être pour cette raison qu'il m'avait aidé. Cette affirmation me laisse songeur, ainsi ce Lokyarme serait un Sindel réincarné?! Voilà qui échappe à ma compréhension, comment cela se pourrait-il?! Quoi qu'il en soit je n'ai pas vraiment le temps de me livrer à une étude circonstanciée de cette étonnante révélation qui, je dois l'admettre, expliquerait passablement de choses quant au comportement de ces créatures.

Après avoir fait de mon mieux pour redonner courage à Kay je me tourne à nouveau vers Isil, désignant ses menottes du menton:

"Je devrais pouvoir briser vos fers d'un coup d'épée, mais pour cela il faut que vous me fassiez confiance et demeuriez rigoureusement immobile. Quant à votre Lokyarme, je ne sais pourquoi il m'a aidé, mais c'est le deuxième que je croise, et le deuxième à qui je dois la vie."

Je jette ensuite un regard pensif en direction de la mer et du village Shaakt, faire fuir les esclaves délivrés par bateau me semble une bonne idée, à condition de ne pas laisser aux Shaakts le loisir de les suivre, et de parvenir à éliminer également les probables gardes elfes noirs qui doivent se trouver dans ce village. Je repose les yeux sur l'Hinïonne et poursuis donc:

"Votre plan me semble bon, mais n'omettez pas de détruire les embarcations que vous n'utiliserez pas. Ceci dit, je suppose qu'il doit rester des Shaakts dans ce village. Je dois impérativement retourner rapidement à Hidirain pour les informer du résultat de ma mission afin qu'ils puissent s'organiser, mais mes compagnons de l'Opale peuvent vous prêter main forte jusqu'à ce que vous ayez embarqué si vous le souhaitez."

Je réalise à cet instant qu'une tache de sang s'étend peu à peu sur la bure d'Isil, j'avais supposé que c'était le sang d'un ennemi qui l'avait éclaboussée mais elle visiblement blessée, bien qu'elle n'en montre rien. Je lui tends ma gourde contenant encore deux grandes potions de soins en ajoutant:

"Vous êtes blessée, Dame...buvez une rasade de ceci, une potion de soin vous fera du bien."

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 Sujet du message: Re: Les plaines autours de Khonfas
MessagePosté: Dim 10 Juil 2016 16:10 
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Ma proposition de briser les menottes est accueillie avec une certaine réticence par Isil, ce qui me semble plus que logique étant donné qu'elle ignore tout de moi. Sa réponse est donc toute en subtiles nuances, évoquant le fait que les Thorkins doivent m'accorder une grande confiance pour m'avoir laissé en possession de la légendaire épée ardente. Elle semble en connaître l'histoire sur le bout des doigts car elle me demande si je suis parvenu à la récupérer dans la Faille des Tempêtes, ce à quoi je réponds:

"Les Thorkins m'ont éprouvé avant de m'autoriser à tenter de récupérer cette lame. Les prêtres de Meno m'ont soumis à l'épreuve des Trois Cercles, puis ont fini par accéder à ma demande. Je suis en effet allé jusqu'à la Faille des Tempêtes, mais l'épée n'y était pas. Son précédent porteur avait survécu à la chute, puis probablement tenté de trouver une sortie, mais ses pas l'ont conduit dans un temple Shaakt abandonné, gardé par un vieil Arctosa. J'ai bien failli y laisser ma peau, à l'époque je n'étais pas assez expérimenté pour le vaincre, mais j'ai pu me faufiler jusqu'à l'épée, et ressortir vivant grâce à elle. Les Arctosas craignent le feu...bref, je suis retourné au Rock, et les Thorkins ont accepté de me remettre le fourreau enchanté qui seul peut contenir le brasier de cette lame, cela parce que j'ai fait serment devant Sithi que mes lames seraient toujours au service du Rock. J'ai par la suite combattu à leurs côtés alors qu'une troupe de Shaakts menaçait le coeur même de leur cité."

Je marque une pause, l'esprit plein des souvenirs de ces rudes instants, puis je rajoute doucement:

"Je défendrai le Rock et Hidirain aussi souvent qu'il le faudra, nul ne s'en prendra jamais à eux sans devoir m'en rendre compte. Ces montagnes...sont ma patrie, j'aime ses peuples, ses paysages, je donnerai ma vie avec joie si cela pouvait les préserver."

Je désigne ensuite un rocher plat dépassant du sol et demande à l'Hinïonne en dégainant lentement ma Vorpale:

"Posez vos poignets bien à plat là-dessus, et ne bougez plus d'un cheveu."

Isil obtempère, non sans un regard légèrement inquiet à son compagnon ailé. J'attends qu'elle soit parfaitement positionnée puis, mon Ki accroissant toujours notablement ma maîtrise d'armes, je me concentre à l'extrême pour que mon coup soit d'une précision sans faille, cherchant en moi le calme le plus absolu avant de tenter de briser ses fers. J'abaisse ma lame d'un geste sec et puissant, prenant garde de ne pas me laisser entraîner par mon élan. Les fers se brisent sous le violent impact, mes muscles et mon Ki s'unissant alors parfaitement pour arrêter la course de mon arme, qui s'immobilise à un petit centimètre de la peau de l'Hinïonne. Je soupire imperceptiblement de soulagement, je ne doutais pas vraiment de ma réussite, mais...Ma lame regagne aussitôt son fourreau tandis que je souris à la Coureuse des Plaines en disant simplement:

"Vous voici libre, Dame, merci de m'avoir fait confiance."

Je lui ai proposé l'aide de mes compagnons pour aider les fugitifs à gagner sains et saufs les navires, mais Isil ne souhaite pas d'aide contrainte, ce que je peux comprendre. Plutôt que de lui répondre directement je m'adresse aux membres de l'Opale:

"Je dois retourner à Hidirain, mais ceux que nous avons délivrés ne sont pas encore sortis d'affaire. Ceux de vous qui le souhaitent pourraient les aider à gagner les navires qui se trouvent au port du village que nous voyons, mais rien ni personne ne saurait vous y obliger. Le choix est vôtre."

Les survivants se concertent brièvement du regard, des sourires entendus s'échangent, puis Lyann prend la parole au nom de tous, s'adressant à Isil:

"Nous viendrons avec vous, c'est un plaisir de pouvoir soustraire des êtres aux malveillances des Shaakts."

Je la remercie d'un signe de tête puis reprends à l'attention de l'Hinïonne:

"Eh bien, voilà qui est entendu."

Comme elle a refusé de boire à ma gourde sous prétexte que je puis en avoir plus besoin qu'elle je fronce les sourcils en ajoutant d'un ton qui ne souffre guère de réplique:

"Oubliez vos scrupules et avalez-moi une rasade de cette gourde! Vous devrez être au mieux de votre forme pour achever ce que vous avez commencé et moi je pourrai me réapprovisionner dès mon retour à Hidirain. Je veux que vous vous en sortiez, sinon mes frères d'armes seront tombés en vain. Alors pas de discussion, vous m'offenseriez."

Elle me demande ensuite ce que sont ces Danseurs d'Opale dont je l'abreuve depuis un moment, j'hésite brièvement à lui répondre de manière évasive mais après tout notre secret n'a plus lieu d'être, nous nous sommes dévoilés en Hidirain, pour le meilleur ou pour le pire. Et puis, cela renseignera également Kay, ce que j'avais bien l'intention de faire tôt ou tard. Observant avec curiosité la pierre qu'Isil a sorti de sa poche j'entreprends donc de lui répondre:

"Les Danseurs d'Opale sont un Ordre de combattants créé sur Eden, le monde d'origine des Sindeldi, à la demande de Sithi. Leur rôle, à l'origine, était de protéger notre peuple, de ses ennemis mais aussi du pouvoir par trop absolu des Ithilausters, le Clergé de Sithi. Ils tombèrent jusqu'au dernier lors de l'Exode sur Yuimen, pour permettre aux Sindeldi de fuir sur Yuimen. Les Ithilausters firent disparaître toute trace d'eux, ils assassinèrent tous ceux qui voulurent faire perdurer les principes de cet ordre, les déclarant hérétiques et donc traîtres au Royaume du Naora. Pourtant, certains descendants des membres de cet ordre parvinrent à fuir et finirent par se réfugier aux environs d'Hidirain. Là, ils construisirent une citadelle avec l'aide des Hinïons et des Thorkins, s'entourant du plus grand secret afin d'échapper à la vindicte des prêtres de Sithi. Nul ne se souvenait des arts des Danseurs d'Opale originels, aussi l'Ordre demeura-t'il en sommeil durant d'innombrables millénaires, mais les croyances et préceptes demeurèrent malgré le temps écoulé."

Je marque une pause pour permettre à Isil d'assimiler mes paroles puis je reprends en la regardant droit dans les yeux:

"La suite, vous la croirez ou pas, à vous de voir. J'ai dès ma plus tendre enfance été guidé par des rêves, qui m'ont incité à choisir la voie des armes. Après de nombreuses péripéties et certaines révélations que je ne suis pas en droit de vous révéler, j'ai appris de la manière la plus certaine qui soit que j'étais le descendant des fondateurs de l'Ordre, et que mon destin était de le faire renaître de ses cendres. J'ai donc rejoint la citadelle de l'Ordre, l'Opale de Lune, et j'en ai pris le commandement aux côtés de Lyann. Nous avons redéfini notre rôle selon la situation actuelle de Yuimen, bien différente de celle d'Eden, et décidé que notre place dans ce monde était de veiller à ce qu'il ne connaisse pas le destin funeste de notre monde d'origine. Pour cela, nous avons choisi d'étendre notre protection à tous les peuples respectant la vie, et non plus aux seuls Sindeldi. Il nous a semblé impératif de tisser des liens avec les peuples nous entourant, à savoir dans un premier temps les Hinïons d'Hidirain, les Thorkins du Rock, les Taurions de la forêt. Seuls ces liens amicaux, à notre sens, pourront permettre aux Danseurs d'accomplir leur tâche, et d'assurer un avenir durable à Yuimen et à ses habitants. Voilà, peut-être comprendrez-vous mieux les raisons de notre présence et ce qui nous a poussé à vous venir en aide."

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 Sujet du message: Re: Les plaines autours de Khonfas
MessagePosté: Dim 10 Juil 2016 18:32 
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A peine ai-je brisé les menottes de l'Hinïonne qu'elle semble soudain prise dans un véritable maelström d'émotions, tombant rapidement à genoux. Elle se redresse à grand peine et va enlacer le cou de son Lokyarme en lui murmurant des mots que je ne cherche pas à entendre, ils ne me concernent en rien. La fauve ailé gronde sourdement pendant que je me tourne vers mes compagnons, désireux de laisser à Isil et à son animal une certaine intimité:

"Kay et moi allons nous mettre en route pour Hidirain sans plus tarder. Le temps est venu pour moi de vous saluer, puisse Sithi faire que nous nous retrouvions tous bientôt. Les mots ne peuvent exprimer ce que je ressens pour vous mais...merci."

Je serre chacun et chacune dans mes bras un bref instant, nous sommes davantage qu'un groupe de combattants, nous sommes les Danseurs d'Opale et nous sommes Frères, ou Soeurs. Comme un seul nous murmurons alors:

"C'est par notre seule volonté que nos armes se meuvent!"

Tout est dit, chacun de nous connait son rôle, l'a choisi, nous ne faillirons pas. Remarquant qu'Isil s'est détachée de son Lokyarme je me tourne à nouveau vers elle, chassant d'un geste ses remerciements teintés de subtiles excuses d'avoir ainsi été submergée par ses émotions.

"Je ne peux imaginer ce que vous avez vécu dans ces lieux maudits. Mais si jamais vous décidez de lutter pour que de telles horreurs ne se produisent plus, n'hésitez pas à venir quérir notre appui. Les responsables de la milice d'Hidirain sauront vous indiquer le chemin pour nous trouver."

Après que je lui aie expliqué ce que sont les Danseurs d'Opale, Isil reste silencieuse quelques instants puis souligne que c'est là une noble tâche impliquant de rudes sacrifices, ajoutant qu'elle nous souhaite de réussir et que, si jamais nos routes se recroisaient, elle serait ravie d'en apprendre davantage sur nous. Je hoche gravement la tête et lui réponds:

"Nous réussirons si Sithi le veut. Mais le chemin est aussi important que le but du voyage. Vous serez la bienvenue à l'Opale si vous désirez en apprendre plus sur nous, ou simplement vous reposer dans un lieu enchanteur où les arts de la guerre sont voués à la paix. Ce fut un honneur de vous rencontrer et de pouvoir danser à vos côtés, Dame. Puisse Sithi veiller sur vous et vous guider vers un avenir heureux."

Je m'incline courtoisement puis lui adresse un dernier sourire en ajoutant:

"Au revoir, Isil. Nos routes se recroiseront un jour ou l'autre, dans ce monde ou dans l'autre."

Je me tourne ensuite vers Kay pour lui demander:

"On y va?"

La jeune femme m'indique qu'elle est prête à partir, aussi j'entame le voyage de retour d'un bon pas, sans un regard en arrière. Quelques heures plus tard nous parvenons à la lisière de la forêt, que je décide de suivre jusqu'aux montagnes. Il y a un lieu où je veux emmener Kay, cela rallongera un peu le chemin mais je connais maintenant les sentiers des montagnes et nous éviterons ainsi de folâtrer du côté de l'armée Shaakte, que je ne tiens pas particulièrement à recroiser dans l'immédiat. Quelques heures encore et nous parvenons aux premiers contreforts du massif d'Hidirain, que nous entreprenons aussitôt de gravir.

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 Sujet du message: Re: Les plaines autours de Khonfas
MessagePosté: Dim 10 Juil 2016 22:28 
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La présence de Tanaëth était rassurante. Il la serrait dans ses bras comme un père protégerait son enfant et Kay acceptait - et appréciait - cette idée. Oui, en cet instant, elle avait bien la faiblesse d'un enfant. Paradoxalement, elle profitait de sa tristesse et de ses larmes. Ce ne serait certes pas la dernière fois qu'elle les verserait, mais ce devait être la dernière fois qu'elle laissait cela l'atteindre autant. Bien qu'ils l'eussent tous plus connu qu'elle-même, aucun des Danseurs ne pleuraient la mort du demi-Taurion. Pourtant, ils n'étaient pas insensibles. Ils savaient juste qu'il n'y avait rien à faire pour des morts. Aucune raison d'être faible, fragile devant leur disparition. Kay profitait de ses larmes parce qu'elle pleurait, en cet instant, pour tous les morts qui joncheraient encore sa route.

Quand Tanaëth reprit la parole, elle dressa ses oreilles pointues, mais, très vite, poussa un soupir presque inaudible. Au moment même où il commençait sa tirade sur la nécessité de s'occuper des vivants, non des morts, Kay comprit qu'ils n'auraient pas le temps d'enterrer leur ami. C'était bien elfique, ça, tous ces détours de langage pour ne pas répondre directement à sa question. Tanaëth parlait d'espoir, de combat pour la vie, pour les survivants... C'était beau. Et aussi inutile que sa tristesse. Du bout des doigts, il lui essuya ses larmes et par réflexe, Kay acheva le travail, écrasant sa paume sale de terre et de sang sur ses joues pâles. Baissant les yeux, l'esprit détaché, elle écouta néanmoins le maître d'arme jusqu'au bout. Il lui parla encore d'honneur et d'entreprise, ceux des morts qu'il fallait désormais porter pour eux. Il lui parla de cette lueur qu'ils avaient apportée aux esclaves juste par leur simple combat. D'un geste large, il les lui désigna et elle les regarda par en-dessous, piteusement. Le reste ne fit pas sens.

(Comment peut-on être fier d'avoir tué ?)

Plus elle y pensait, plus Kay se sentait honteuse. Souillée. Tanaëth se détourna, rejoignant Isil avec laquelle il se mit à discuter de la meilleure façon de faire fuir les esclaves, laissant la semi-elfe à nouveau seule avec elle-même. Elle frissonna et remonta ses mains sur ses épaules, comme pour se protéger d'un quelconque froid. Vraiment, elle avait du mal à y voir clair. Dix contre cinq mille : cela n'avait été, en somme, que de la légitime défense et d'autant plus parce qu'ils voulaient protéger une cité que d'innocents composée. Mais ici... Ça avait été presque une boucherie. Tous les Shaakts étaient tombés. Elle avait beau se dire que ce qui s'était passé dans ce camp était immonde, que les esclaves ici avaient vécu le pire des cauchemars, ils avaient quand même massacré tous ces elfes. Sans chercher à parlementer ; rien. Était-ce juste ?

La jeune guerrière tourna son visage en direction de Tanaëth et d'Isil. D'ici, elle entendait parfaitement leur conversation. Toujours aussi altruiste, le maître d'arme s'était proposé pour dégager l'Hinïonne de ses fers - Kay ne remarqua leur présence qu'à cet instant et fut d'autant plus admirative envers l'elfe pour avoir pu participer à la bataille avec ça, avant de lui proposer sa gourde de potion de soin. Isil accepta (avec une légère réticence cependant) la première proposition, mais refusa la seconde, arguant que Tanaëth en avait plus besoin qu'elle. Pourtant, même Kay pouvait voir le sang couler et la tâche rouge s'élargir sur sa bure. Finalement, les deux s'approchèrent d'une pierre plate, mais avant qu'Isil ne posât ses poignets dessus, elle posa une nouvelle question, cette fois-ci sur l'épée que brandissait le Sindel. Kay tendit davantage l'oreille, intéressée par l'histoire de l'Ardente. L'étonnement la saisit : elle ne s'était pas doutée un seul instant pas qu'elle fût une épée légendaire, gardée par les Thorkins. Cependant, ce fut la Vorpale que Tanaëth utilisa pour libérer Isil de ses menottes. Aussitôt, la belle femme sembla pris d'une terrible migraine, tombant à genoux, en même temps que le Lokyarme grondait toujours plus et plus fort. Étrange spectacle.

(Ces deux-là doivent avoir un lieu très fort. Ça explique pourquoi il était aussi impatient d'attaquer.)

Kay n'imaginait même pas à quel point l'épreuve avait dû être abominable pour eux. Sitôt après, Tanaëth, selon le plan qu'ils avaient élaboré, vint demander leur avis aux membres de l'Opale qui, sans surprise, décidèrent à nouveau de retarder leur retour à Hidirain pour aider les esclaves à fuir par la mer, tout en empêchant de possibles Shaakts de les poursuivre. Cela fait, le maître d'arme entreprit d'expliquer plus avant à Isil ce qu'était l'Opale et, pour le coup, Kay ne put s'empêcher de se rapprocher d'eux. Durant le voyage jusque dans ces plaines, les deux sangs-mêlés lui avaient donnée quelques explications, mais sa soif d'en savoir plus n'en avait pas été tarie pour autant. Et sa surprise fut énorme quand Tanaëth leur révéla qu'il était, en réalité, à l'origine de l'Opale actuelle. Le reste était Histoire ; Tanaëth lui avait déjà parlé de l'Exode sur Yuimen, des Ithilausters et de leur réécriture du passé. Pour la deuxième fois, pas une seule seconde Kay ne mit en doute sa parole, ni son honnêteté quand il leur dit qu'il était guidé par ses rêves ; le résultat seul lui donnait valeur de preuve. Kay soupira. L'Opale, vraiment, portait tout ce en quoi elle voulait croire.

(Si je pouvais y entrer !)

Quand Tanaëth eût terminé son récit et sans attendre la réponse d'Isil, Kay se détourna. D'un pas peu assuré, comme un pantin, elle se rendit jusqu'au corps de son ami demi-Taurion qu'elle contempla longuement. Même dans la mort, il restait beau à regarder. Elle leva la tête, cherchant une nouvelle étoile. Mais c'était toujours le jour ; on ne pouvait pas encore les voir. Était-il mort en paix ? Elle avait cru entendre Isil dire que le Lokyarme était une réincarnation d'un Sindel. Bien qu'elle ne sût encore quoi en penser, Kay espéra du fond de son cœur que la même chose échût à son ami tombé. À cet instant, la voix de Tanaëth retentit, interrompant brusquement ses pensées. Elle s'empressa alors de le rejoindre. Au passage, ses yeux tombèrent sur quelque chose qui l'intéressait. Elle haussa les épaules. Les morts n'ont besoin de rien. Elle le chopa et continua sur sa lancée.

"Je suis là" lui indiqua-t-elle, lui signifiant par là qu'elle était prête à repartir, avant de se tourner vers Isil et de la saluer "Au revoir Dame Isil, j'espère que nous nous reverrons un jour."

Cela dit, Tanaëth et Kay entamèrent leur voyage de retour, sans un regard en arrière.

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Kay de Kallah, Maître d'Armes et demie-Sindel

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 Sujet du message: Re: Les plaines autour de Khonfas
MessagePosté: Mar 10 Oct 2017 16:44 
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Un groupe de quatorze shaakts, surement ceux que j'avais combattu tout à l'heure, se dirigeaient vers la ville et je le suivis discrètement. J'en en attrapa un, en l’empêchant avec ma main de crier, et lui trancha la gorge. J'en attrapa un autre, fit pareil avec ma main et lui planta mon arme dans la colonne vertébrale. Un autre se prit un coup de couteau dans la gorge. Un autre se fit étrangler en même temps qu'un autre se prenait un coup de couteau dans la gorge, je le mis a terre et subis le même sort que son ami. Un autre se fit égorger, encore une fois, et encore un autre se prit un coup de couteau dans la gorge. Plus que sept. Je laissa les autres et fouilla le corps des sept shaakts morts. Je trouva cent yus, quinze couteaux de lancer et des armures.

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 Sujet du message: Re: Les plaines autour de Khonfas
MessagePosté: Mar 10 Oct 2017 20:35 
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Je cacha les corps derrière un rocher et attendis que les sept shaakts repassent. Les sept shaakt repassèrent. J'en en attrapa un, en l’empêchant de crier avec ma main, et l’égorgea. J'en en attrapa un autre et lui donna un coup de couteau dans la colonne vertébrale. Un autre se prit un coup de couteau dans la gorge et encore un autre se prit un coup dans la colonne vertébrale. Un autre se fit étrangler, coucher a terre et se prit un coup dans la gorge. Un autre se pris un coup dans la colonne vertébrale. le chef se prit un coup de couteau derrière le genou se fis égorger.

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