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 Sujet du message: Re: Temple de Yuia
MessagePosté: Lun 15 Jan 2018 16:45 
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Intervention pour Kurgoth.



Kurgoth, sans savoir si c’était sa propre colère, sa propre rancune, ou l’effet de sa pieuse prière, sentit ses forces se décupler, ses muscles se bander au-delà de leur limite. La rage l’habitait, et il se sentait à la fois plus fort, plus rapide, plus puissant, plus vif et réactif. Plus endurant, plus résistant. Une vraie machine de guerre, prête à tout pour tuer.

Le souci, c’est qu’Olur semblait exactement dans le même état. Petite farce ou épreuve du divin, ça allait en tout cas donner lieu à un combat titanesque, digne des plus beaux et sauvages duels d’arène de légende. Nul ne pourrait s’interposer entre les deux assaillants à part la mort elle-même. Et encore. Thimoros venait-il de s’offrir un petit spectacle de qualité à l’œil ?

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 Sujet du message: Re: Temple de Yuia
MessagePosté: Lun 22 Jan 2018 17:12 
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Si Kurgoth avait réussi à contrôler ses pulsions le temps d'adresser sa prière, il parut métamorphosé en ouvrant les yeux. Alors que ces derniers, couleur sang, fixaient Olur avec la même avidité morbide qu'un affamé pouvait fixer une viande en train de rôtir qui était tout juste hors de sa portée, ses babines se retroussèrent en une grimace carnassière. Les badauds rassemblés se reculèrent légèrement en constatant l'état d'excitation proche de la transe dans lequel se trouvaient l'apprenti ainsi que son mentor. Les garzoks ne restèrent ainsi plus d'une seconde avant de se jeter l'un sur l'autre comme des animaux enragés. Ce combat contre Olur, la possibilité de se venger de toutes les souffrances subies durant ces longues années et cette excitation animale transportaient le barbare. Alors qu'il se ruait sur le traître, se sentant plus puissant, plus endurant, plus résistant, pour faire simple plus vivant, qu'il ne l'avait jamais été auparavant, le prêtre de Thimoros entrevoyait par avance l'extase provoquée par sa kikoup déchirant la chair du fidèle de Meno.

La différence de portée des armes empêcha la charge du barbare d'atteindre sa cible. Alors qu'il s'apprêtait à élancer son bras droit tenant la kikoup, il dut parer avec sa kitranche le coup mortel qu'Olur envoyait vers sa tête. Bien qu'il ait réussi à interposer son arme, le poids de l'énorme kitranche le déséquilibra et le prêtre de Thimoros roula dans les décombres pour finir sa course au pied de la foule. Trois spectateurs, excités par le combat entreprirent de le relever de force afin de le pousser vers son adversaire. Alors qu'il était remis de force sur ses pieds, le barbare vit son mentor brandir son arme au-dessus de sa tête et effectua une maladroite roulade dans les débris du temple. Cette roulade sur le sol recouvert de pierres chaotiquement agencées lui coûta sans doute quelques bleus douloureux mais le barbare n'avait cure de la douleur ; il ne portait plus d'attention qu'à son combat, sa survie et la mort d'Olur, quoiqu'elles lui coûtent. Si la lame, impressionnante par sa taille, manqua sa cible, elle ne manqua pas l'un des spectateurs qui l'aidait à se relever, le tranchant en deux sur la longueur.

"Dégagez vermine!"

Tandis que le chef de clan, furieux, intimait à ses pillards de leur laisser la place de combattre, le barbare profita de la distraction et plongea dans sa direction pour lui porter un coup. Le mentor se retourna alors violemment, son arme parcourant dans les airs un arc à hauteur de tête, bien trop haut pour toucher le garzok qui, au sol, venait de lui entailler le mollet. Si l'arme arrêta sa course à quelques centimètres d'un autre spectateur, qui échappa de peu à la décapitation et vit les flammes danser sur le métal de la lame juste devant ses yeux, Olur se servit du manche solide entre ses mains pour bloquer l'attaque suivante de son apprenti. Celui-ci concentra alors sa force dans ses cuisses musculeuses pour repousser son ennemi en arrière, lequel, sa jambe blessée s'étant prise dans les débris au sol, bascula sur le dos. Le mentor, voyant la masse de muscles l'ayant projeté au sol à présent bondir sur lui, tendit sa jambe valide vers l'abdomen de son agresseur et le repoussa en le faisant passer au-dessus de sa tête en direction de la foule.

Le temps que Kurgoth retire sa kikoup de la poitrine du spectateur sur lequel il avait atterri, il vit qu'Olur s'était lui aussi relevé et s'apprêtait à attaquer. Se sachant hors d'atteinte, le barbare laissa venir le coup et s'apprêtait déjà à viser la jugulaire de son adversaire pour mettre fin au combat lors de sa riposte. Son mentor resta confiant dans son attaque et insuffla toutes ses forces dans le coup titanesque qui, au moment de toucher le sol, fendit en deux un bloc de roche et fit trembler le sol autour du point d'impact. Le prêtre de Thimoros, qui finissait de se relever, et une partie de la foule massée derrière lui perdirent l'équilibre suite à la secousse et s’effondrèrent au sol. Voyant son mentor approcher et se sachant dans une situation précaire, Kurgoth opta temporairement pour une attitude défensive et, à moitié redressé, tendit ses armes devant lui pour parer la prochaine offensive. Alors que les yeux de l'apprenti étaient fixés sur la lame enflammée que son mentor brandissait déjà de nouveau dans les airs, il vit les flammes s’apprêtant à le frapper changer de forme. Au lieu de simplement envelopper la lame comme s'il s'agissait d'une torche, elles prirent petit à petit la forme d'une tête de dragon rugissant en direction de sa cible.

(Par tous les maux de Thimoros, qu'est-ce que...)

L'attaque magique arriva rapidement, stupéfiant la foule et prouvant à tous, s'il en était encore nécessaire, pourquoi Olur était le chef incontesté de ce clan. La kitranche vint s'écraser lourdement sur les armes de Kurgoth qui dut plier les bras pour absorber le choc de l'arme colossale. Mais si l'acier avait été arrêté, les flammes à l'allure draconique continuèrent leur course, traversant la garde du garzok, et l'immolèrent. Tandis que le vieux mentor reculait de quelques par en ricanant pour apprécier le spectacle de cet apprenti payant bien cher le prix de son arrogance déplacée, sous les regards stupéfaits de la foule subjuguée par une telle démonstration de puissance, Kurgoth, hurlant de douleur, se roulait et se contorsionnait sur ce sol encombré pour éteindre les flammes dévorant sa chair.

"Doutes-tu toujours de la puissance incomparable de Meno? Ton dieu n'a que faire de ta survie! Il veut simplement te voir souffrir et mourir!"

Après de longues secondes de contorsions au sol accompagnées de cris, le barbare dont le corps fumait encore, à quatre pattes sur le sol du temple, reprenait son souffle, les yeux clos. S'il avait réussi à entailler la jambe de son adversaire, Kurgoth avait passé la plus grande partie de ce combat à tenter de fuir les coups dévastateurs d'Olur, sans grand succès considérant son état. Une vague de fureur déferla sur son esprit. N'avait-il rien appris malgré son entrainement? Comment, dans la force de l'âge, était-il incapable de rivaliser de puissance avec ce garzok pourtant vieillissant? Pourquoi n'avait-il pas réussi à l'emporter en profitant de la rage qui l'habitait au début de l'affrontement? Cette frustration fit naître dans le cœur du barbare une colère et une haine, non plus dirigées uniquement contre son mentor, mais aussi contre lui-même et toute la création des dieux, plus sombre que tout ce qu'il avait pu éprouver jusqu'ici; et il ne ressentait qu'un moyen de s'en libérer: tuer Olur; le massacrer; réduire son corps hideux en une bouillie informe.

Fulminant et fumant au sol, la sensibilité de ses sens décuplée par l'état second dans lequel sa rage intérieure l'avait plongé, Kurgoth sentit les pas lourds de son adversaire se rapprocher. Lorsqu'il tourna la tête vers son assaillant, le sourire sadique de ce dernier disparu lorsque que leurs regards se croisèrent. Si le prêtre de Thimoros débordait de rage au début du combat, il semblait à présent avoir perdu toute forme de conscience et n'être plus qu'une bête sauvage, vengeresse et assoiffée de mort. Le monstre au sol, bondit alors sur sa proie avec une force qu'il n'avait pas manifesté jusque là. Bien que le fidèle de Meno ait interposé son arme, entaillant l'épaule de la bête et rompant la sangle du sac à dos en cuir qui finit son vol plané près du brasier au centre de la pièce, cela n'arrêta pas l'animal qui se mit à porter des coups de plus en plus violents. S'ils manquaient cruellement de précision et de finesse, permettant au plus expérimenté de les bloquer et les dévier facilement, les coups portés par l'apprenti étaient tellement puissants, malgré le fait qu'il n'utilise sa kikoup que d'une main, que le mentor préféra ne pas tenter Zewen et Phaïtos et décida de se protéger sans chercher à contre-attaquer, sachant que la mort l'attendait si un seul de ces coups titanesques venait à l'atteindre.

Olur, que Kurgoth forçait à reculer à chaque coup en avançant inexorablement vers lui, finit par basculer une fois de plus sur un bloc massif tombé du toit. Emporté par l'élan de ses coups et n'ayant soudainement plus aucune résistance, l'apprenti chuta sur son mentor et tous deux, ayants échappés leurs armes dans cette chute, roulèrent sur le sol, agrippés l'un à l'autre dans une étreinte où les coups continuaient de pleuvoir de part et d'autre. Ils se stabilisèrent à proximité du bûcher central, l'apprenti martelant de ses poings et coudes le haut du corps du mentor sur lequel il se tenait. Le fidèle de Meno, sentant ses côtes se plier et son crâne se déformer sous les coups de boutoir répétés, rassembla sa magie pour une attaque désespérée. La puissance et la fréquence des coups diminuaient alors que Kurgoth, épuisé par son effort, semblait avoir déversé toute sa rage. Profitant de la situation, Olur plaqua sur le visage de son apprenti ses mains, rendues brûlantes par sa magie.

Sous l'effet de la chaleur, la peau brune du visage commença à fondre au contact des mains brûlantes et la victime, hurlant de douleur à en recracher ses poumons, se redressa brusquement portant ses propres mains à son visage déjà défiguré. Entrainé par son apprenti qui avait ses mains plaquées sur les siennes, Olur n'eut aucun mal à se relever. Sitôt sur ses pieds, il profita de l'état de confusion, provoqué par l'insoutenable douleur, de Kurgoth pour le déséquilibrer et le ramener au sol, plongeant sa tête dans le brasier au centre de la pièce. Si les morceaux de temple effondré meurtrirent à nouveau le dos du garzok, la douleur qu'il éprouvait au niveau de sa tête, à présent léchée par les flammes, dépassait tout ce qu'il avait enduré. Son instinct de survie, prenant les commandes de son esprit dans cette situation critique, ne tenta plus de sauver son visage à l'aide de ses mains, mais agita son corps en tous sens pour tenter de se dégager ou de sentir le moindre objet à portée dont il pourrait se servir.

Alors qu'il sentait ses derniers cheveux disparaitre dans les flammes enveloppant à présent sa tête, Kurgoth senti sa main droite caresser brièvement un morceau de cuir. Étendant, si peu qu'il le pût, son corps dans cette direction tout en tentant de marteler à nouveau, mais cette fois à l'aveugle, son mentor de sa main gauche, le barbare se saisit et rapprocha la poche de cuir qu'il espérait être son sac à dos. Plongeant son bras à l'intérieur en espérant y trouver une aide miraculeuse. Au milieu du fourbi, sa main se referma sur une rune. Bien sûr, une rune, les louanges du vieil Occulus sur leur puissant fusa à travers sa tête torturée par les flammes, il lui fallait cependant encore la reconnaître avant de s'en servir. Alors qu'il la tendait déjà vers Olur, son pouce épais reconnu le symbole de l'éclair gravé sur la pierre, il s'agissait de la rune signifiant "Arrêter". La plaquant sur le garzok le maintenant dans le brasier, il tenta d'activer la rune.

"Aoar!"

La perception du barbare se troubla un instant, il fut envahi d'une sensation étrange. Ni la douleur des flammes, ni la pression d'Olur ne disparurent cependant et il sentait toujours la pierre dans sa main. Mille questions l'assaillirent alors malgré l'intolérable douleur. Le vieil Occulus l'avait-il dupé? Ces cailloux insignifiants étaient-ils seulement magiques? Avaient-ils bien étés identifiés? Les noms qu'on lui avait donnés, étaient-ils bons? Les avait-il, par hasard, mélangés dans son esprit à cause de la douleur? Son seul espoir de survie reposait sur cette dernière question. Le barbare, sentant sa conscience le quitter, tenta sa dernière chance dans un soupir agonisant.

"Daï!"

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 Sujet du message: Re: Temple de Yuia
MessagePosté: Mer 24 Jan 2018 00:42 
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Quelques secondes s'écoulèrent et puis Kurgoth put sentir qu'il était devenu libre,... son mentor cessait de le maintenir dans le feu... mais cet effet ne durerait pas longtemps, il devait se dépêcher car la rune se désintégrait assez rapidement. Lorsqu'elle sera complètement disparu son effet fera de même.

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 Sujet du message: Re: Temple de Yuia
MessagePosté: Ven 2 Fév 2018 17:13 
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"Aoar", "Dai", ces noms étaient bien ceux que le vieil Occulus lui avait donné lorsqu'il identifia les pierres prétendument magiques... Et pourtant rien ne se passait, Kurgoth restait plaqué au sol par son mentor, la tête flambant dans le brasier dans une indicible douleur. Lui avait-on menti? Olur avait-il raison? Meno était-il plus puissant que Thimoros? Ou le dieu de la souffrance souhaitait-il simplement se délecter de sa mort atroce? Le prêtre était à bout de forces, il ne pouvait plus endurer cette torture et sentait sa vie le quitter.

(Phaïtos, j'ai tant souffert pour ton frère, soit clément envers moi, à présent que je rejoins ton royaume.)

Comme si le dieu sombre de la mort l'avait entendu, le barbare se sentit brusquement plus léger. Il était soudain libre de ses mouvements et senti la chaleur insupportable des flammes s'atténuer alors qu'il roulait au sol, mû par ses spasmes de douleur. Lorsque son visage vint au contact de la neige glaciale qui recouvrait le sol dans cette partie du temple au toit effondré, Kurgoth revint à la réalité. Cette morsure du froid sur sa chair brûlée fut ressentie comme une douleur d'une extrême vivacité, brouillant son esprit et le faisant soudainement ouvrir les yeux, séparant ses paupières dont la peau, fondue par la chaleur, avait presque fusionné. Sa vision était floue et incertaine; il crut cependant reconnaitre, à sa droite, son mentor figé sur place. A sa gauche, au milieu de la tache brune correspondant probablement à son sac de cuir, le garzok distingua une lueur flamboyante. Bien qu'il fût au bord de la perte de conscience, il tendit cependant le bras pour étouffer les flammes sur ses affaires. Ses doigts ne rencontrèrent cependant aucune source de chaleur, bien au contraire, leur premier contact fut avec la fiole de verre rendue particulièrement froide par la température extérieure.

Cette fiole de verre, la seule qu'il transportait dans ses affaires, contenait une potion de soin que le barbare s'empressa de se vider sur le front. S'il ressentit immédiatement la température glaciale du liquide, il ne ressentit par la morsure de cette basse température sur sa peau brûlée comme ce fut le cas lorsque son front toucha le sol un peu plus tôt. Ce liquide froid le rafraichissait agréablement et soulageait sa douleur. Bien qu'il ait appris à se délecter de la souffrance, en bon prêtre de Thimoros qu'il était, Kurgoth ressenti une certaine jouissance en sentant ce liquide couler sur son front, se répandant à la fois sur son visage et son crâne meurtris. Les premières gouttes, se faufilant dans les reliefs de son visage marqué par les épreuves et laissant dans leur sillon un délicieux sentiment bien-être, furent bientôt rattrapées par une vague irrépressible de soulagement, provoquée par le renversement brutal de la fiole au-dessus de sa tête, et sa tête fut ainsi, bien que totalement déformée par les flammes et plus hideuse que jamais auparavant, comme enveloppée d'une bulle de plaisir où la souffrance n'existait plus. Bien que son derme absorbasse avidement ce liquide, véritable concentré de soulagement de la douleur, une partie coula jusque sur ses épaules et le haut de son torse et de son dos, le garzok à la tête brulée sentit ses muscles touchés par le liquide médicinal comme emplis d'une énergie nouvelle. Kurgoth ne put cependant profiter de la situation bien longtemps. A peine la dernière goutte de potion quittait-elle la fiole pour atterrir sur son front, que le barbare voyait déjà, du coin de l'oeil, son mentor récupérer sa mobilité.

"Comment as-tu? Qu'importe tes tours de passe-passe, tu n'as été que parce que j'ai voulu savourer ta souffrance. Mais c'est fini, je vais achever ta misérable vie et mettre fin à cette mascarade!"

Tandis que son mentor semblait rassembler ses fluides pour une attaque magique finale, le barbare observait son environnement immédiat à la recherche d'une solution. La situation semblait pourtant désespérée, il était désarmé, ses armes trop lointaines pour les atteindre et attaquer ensuite avant de subir le sortilège en préparation, et ne pouvait non plus se cacher derrière quoique ce soit, les épais piliers en pierre du temps gisant en blocs massifs autour de lui mais n'étant toutefois pas assez large pour dissimuler son imposante carrure s'il plongeait derrière l'un d'eux. Qu'avait donc Kurgoth pour contrer la magie d'Olur? Son seul avantage sur son mentor était sa force brute, comment la mettre à profit dans une telle situation? S'il ne pouvait se cacher derrière un morceau de pilier effondré, peut-être avait-il la force de le soulever pour s'en servir comme bouclier et éviter cette attaque avant de pouvoir répliquer. Le prêtre de Thimoros ceintura alors le cylindre de pierre le plus proche pour tenter de le soulever. Le bloc de roche taillée, devant peser près d'une tonne, ne sembla pas se montrer coopérant et resta fermement ancré dans le sol. Le vieux mentor, qui ne pouvait cacher sa satisfaction de voir son apprenti ainsi désespéré, ne put s'empêcher de le railler tout en s'approchant afin d'utiliser son sort à bout portant.

"Ne sois donc pas ridicule, jamais tu ne soulèveras ce bloc de roche. Montre-toi courageux une fois dans ta vie et accepte que ton sort soit de rejoindre Phaïtos."

L'esprit de Kurgoth rejetait tout net ces paroles, après tout ce qu'il avait fait pour survivre, il ne se laisserait pas tuer sans rien tenter. N'avait-il pas réussi à arracher les attaches de métal le plaquant au mur lorsqu'il fut prisonnier à l'antre des exclus? N'avait-il pas, il y a tout juste quelques jours, réussi avec sa seule force à stopper un brok'nud en pleine charge avant de le soulever au-dessus de sa tête? Les cuisses gelées du suidé à côté de son sac à dos témoignaient encore de ce dernier exploit. Soulever ce morceau de pilier relevait certes de l'exploit réservé à ceux possédant une force surhumaine, mais ce ne serait pas la première fois que Kurgoth en ferait preuve et s'il n'y parvenait pas, il en serait de toute façon fini de lui. Voyant Olur se rapprocher en concentrant sa magie, le barbare redoubla d'efforts. Ses bras resserrèrent la pierre contre son torse tandis que ses lombaires et ses cuisses tentèrent respectivement de redresser son buste et de relever l'ensemble, corps et pierre, dans les airs. Alors que tous les muscles du prêtre se contractaient dans cet effort extraordinaire, le cylindre taillé décolla du sol, faisant reculer la foule alentour soudainement coupée dans les moqueries qu'elle proférait à l'encontre du garzok à la face brûlée. Tous se turent et regardèrent abasourdis leur congénère soulever cette masse inerte colossale. Le bloc enfin en mouvement, Kurgoth utilisa ses dernières forces pour avancer vers Olur en amenant son bouclier de fortune à hauteur d'épaules. Si la démonstration de force perturba la concentration du mentor et interrompit son sortilège, le barbare venait d'utiliser ses dernières forces et, entrainé par le morceau de pilier qu'il tenait, s'effondra en avant sur son mentor.

Un cri de douleur effroyable résonna dans le temple habité par pillards avant de se perdre dans la nuit hivernale et les deux garzoks, mentor et apprenti, gisaient au sol, l'un avait le bassin écrasé sous un bloc de pierre, l'autre était presque mort d'épuisement. Le combat de titans était enfin terminé, Olur n'avait plus que quelques minutes à vivre tandis que son sang se répandait au sol près de son apprenti haletant. Celui-ci était à présent le chef des pillards qui les entouraient et héritait des biens du fidèle de Meno agonisant. Sachant que son mentor n'en avait plus pour longtemps, Kurgoth ne put s'empêcher de le questionner, bien que chacun de ses mots fut entrecoupé de bruyantes respirations.

"Pourquoi? Pourquoi tu n'es jamais retourné en Omyrhie? Pourquoi rester si loin dans les Duchés?"

Olur, toujours écrasé sous son pilier, rassembla ses dernières forces pour répondre d'une voix faible interrompue par des crachements de sang.

"L'antre de Balmor... Elle vaut tous les sacrifices de ce monde. Mais maintenant que je vais mourir, trouve-la. Fais ça pour moi, pour ton mentor, rends-toi digne d'être mon apprenti et successeur!"

Tandis que le mentor agonisant agrippait le gilet de cuir de son apprenti en prononçant ses derniers mots, ce dernier le repoussa du revers de la main avant de lui répondre en se relevant.

"Rien à foutre d'être digne de toi. La dignité, t'as jamais connu."

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 Sujet du message: Re: Temple de Yuia
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A peine l'apprenti s'était-il relevé que la foule l'acclamait déjà. Avaient-ils apprécié le combat? Étaient-ils heureux d'avoir un nouveau chef? Ou était-ce juste pour se faire bien voir de ce dernier après sa démonstration de puissance? Cela importait peu pour Kurgoth, il était à présent le chef de ce clan, un rôle qu'il n'avait jamais désiré mais auquel il ne pouvait se soustraire. En ayant vaincu Olur, il avait prouvé qu'il était le meilleur combattant et dans la société garzok cela signifie que nul ne peut lui donner d'ordre, c'est donc à lui de diriger les autres, plus faibles. Qu'il le veuille ou non, il était devenu l'héritier d'Olur. Il avait, en le tuant, pris la tête de son clan et en tant que chef de celui-ci, nul ne contesterait le fait qu'il s'accapare tous les biens de son prédécesseur. Il avait aussi, dans un certain sens, hérité de sa quête. Maintenant que son mentor était mort, le seul objectif de sa vie, sa vengeance, avait été atteint et il n'avait plus, hors cette quête qu'il acceptait encore difficilement, de raison de vivre. Sa foi envers Thimoros était sincère, certes, mais il n'avait rien d'un prêtre prosélyte, cela n'allait d'ailleurs pas avec l'idée qu'il se faisait de son dieu. Selon lui Thirmoros préférait voir les êtres vivants souffrir et s'entretuer plutôt que de se réunir à son service. Si tous les peuples le vénéraient, les guerres pour des motifs aussi ridicules que les croyances disparaîtraient et cela ne ferait que priver le dieu sombre de ce spectacle morbide qu'il appréciait tant.

"Que chacun installe sa tente à l'extérieur du temple. Le tout puissant Thimoros vous interdit de séjourner dans un lieu dédié à un dieu autre que lui ou son sombre frère. Il est temps pour vous, garzoks, de retrouver la vraie foi de notre peuple, celle du dieu de la guerre Thimoros et de sa fille Oaxaca, notre reine."

Puisque ces pillards avaient fait de lui leur nouveau chef, alors ils suivraient ses commandements et le prêtre les ramènerait au sein de son culte. Ce tout premier ordre jeta un froid sur l'assemblée, préférant apparemment l’abri procuré par les murs en ruines. Aucun cependant n'osa protester et lentement ils se dirigèrent vers leurs affaires, prenant soin de ne maugréer qu'une fois suffisamment éloignés de Kurgoth pour qu'il ne saisisse leurs paroles. Après quelques instants, la fatigue suivant son effort exceptionnel passée, le barbare suivit lui-même ses consignes et se dirigea vers son sac à dos pour installer sa tente dans le blizzard hurlant. Alors qu'il s'apprêtait à sortir, l'un des guerriers l'interpela en pointant Olur, gisant au sol sous le morceau de pilier.

"Que fait-on de lui? Vous voulez ses armes?"

"Laissez-le agoniser cette nuit s'il n'est pas déjà mort. Je récupèrerai ses biens au lever du jour, reposer vous, une longue marche nous attends. Pensez aussi à transférer le brasier à l'extérieur, que tous ne meurent pas de froid."

Si l'évocation d'une longue marche fit se tourner quelques têtes, l'idée de transférer la source de chaleur à l'extérieur, près de leurs tentes, sembla être appréciée par le groupe. Respectant la hiérarchie, sans doute par crainte, les pillards attendirent que Kurgoth installe sa tente avant d'installer le foyer à proximité. Ils se pressèrent ensuite d'installer leurs refuges individuels au plus près du feu tant convoité, ou des foyers de taille réduites que certains rusés établirent, voyant qu'ils seraient trop loin pour profiter du brasier principal. Malgré les questions qui se bousculaient dans sa tête, le barbare s'endormit rapidement, victime de son épuisement.

Lorsque les premiers rayon solaires apparurent à l'horizon, le nouveau chef de clan avait déjà rassemblé ses affaires et celles de son mentor décédé durant la nuit. La tête tranchée de ce dernier pendait à sa ceinture alors qu'il exigeait que tous ses guerriers prient le dieu de la souffrance avant de se mettre en marche. Une vague de mécontentement traversa la foule qui finit cependant par s'allonger sur le ventre dans le manteau neigeux en signe de soumission au dieu.

"Je ne suis pas de ceux qui vous traineront dans une quête illusoire. Aujourd'hui, nous rentrons chez nous, à Omyre."

Si Kurgoth espérait sincèrement que cette nouvelle serait bien reçue, il n'en fut rien. Le pillard qui lui avait demandé la veille ce qu'ils devaient faire d'Olur osa même remettre son ordre en question, appuyé par ses camarades.

"Grand chef, nous sommes aux abords d'Amaranthe, pourquoi ne pas en profiter pour l'attaquer? Par ailleurs, nous n'avons pas eu le temps de récupérer la carcasse de votre prédécesseur afin de nous partager la viande."

Le barbare dégaina alors sa kikoup et la pointa vers le ciel pour que tous la voient. Il trancha ensuite la gorge de l'insolent devant la foule et répondit.

"Le corps d'Olur le Traître servira d'offrande à Ter Zignok. Si vous avez faim, partagez vous ce cadavre-ci. Les humains savent que nous sommes ici et ont sûrement fortifié Amaranthe, gardons nos forces pour affronter l'Aube Radieuse dans le duché de Luminion. Ce sont eux nos plus grands ennemis. En tant que prêtre de Thimoros, ce sera la dernière fois que je punirai l'un d'entre vous par une mort aussi douce, souvenez-vous en!"

Dans cet environnement brutal que représentaient les clans de pillard, il fallait être craint pour converser le pouvoir, Kurgoth le savait bien et était déterminé à sacrifier à Thimoros, en remerciement pour sa victoire, le prochain osant contester son autorité. S'il n'avait pas sacrifié celui-ci, c'était uniquement qu'il voulait éviter d'affronter les humains sur le terrain dangereux que représentait le sentier menant au temple en ruine. Suite à son discours aussi succinct que clair, les garzoks récupérèrent en silence le corps de leur camarade et après se l'être grossièrement partagé, se mirent en route sur l'étroit sentier descendant la montagne, prenant la direction de la ville noire.

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