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Le personnage approche, sombre et mystérieux. Une capuche de cuir masque ses traits dans l'ombre alors qu'il parvient au bout de cette ruelle sordide, d'un pas pressé. De son visage, on ne voit qu'une mâchoire crispée. On n'entends que sa respiration, pressante, forte, rapide. Elle souffle entre ses dents au rythme de ses pas éclatant les flaques d'eau. Sous sa coule, on devine des yeux fous, ivres de rage, de rancœur, de haine brutale. Nul ne sait d'où il vient, ni où il ira après. Encoléré, il avance juste vers le fond de cette impasse. Personne ne connaît ici la raison de son ire, aucun badaud de l'avenue principale, pas même le vieux mendiant traînant là tous les soirs au coin de la ruelle.
Puis, soudain, serrant aussi fort les dents que sa main, il frappe le mur du poing. De toutes ses forces. Ses os craquent sous le choc, la peau se fend aux points d'impact. Le sang macule les pierres dégoulinant de pluie.
Décompression.
Il hurle. La douleur remplace la haine, dans ses yeux, dans son corps, dans son esprit. Il récupère sa main dans l'autre et s'effondre au sol, prostré, à genoux. Il n'a plus cure de rien.
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