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Nous filâmes d'une bonne foulée jusqu'au village qui paraissait si calme vu depuis les terrasses. Mais au fur et à mesure que nos pas s'enchainaient dans cette direction, la cacophonie d'une bataille emplissait nos oreilles.
Cris de rage et de peur, fracas d'armes, chute et éboulement se mêlaient dans un maelstrom de sons disgracieux. Je jetais un regard à Depheline mais cette dernière était encore éteinte, abimée par son acte salvateur auprès des âmes meurtries des esclaves torturés. En parlant des esclaves, une bonne partie de ceux que nous avions libérés nous suivaient armés de bêches et de pioches, le regard empli de colère. Visiblement nous n'allions pas entrer discrètement dans le patelin.
Et c'est avec fracas que l'on déboula dans la mêlée. Hurlant de rage, la horde d'esclaves libres s'élança dans la mêlée. Depheline criait par dessus le bazar: il fallait nous battre de nouveau, c'était notre devoir.
(Devoir? Depuis quand devais-je m'embarrasser de devoir?) J'esquissai une moue désapprobatrice quant à l'idée de participer à ce tohu-bohu. Soudain, un esclave atterrit à mes bottes en hurlant, le visage zébré d'une cicatrice sanguinolente. Il pleurait et braillait de douleur en se roulant au sol, son tortionnaire avançait vers nous, sabre à la main. C'était un garzok en tenue de cuir, un garde chiourme surement.
La douleur et la détresse du pauvre gars toucha mon cœur jusqu'à m'en donner la boule à la gorge. Je répondis sobrement à Depheline en sortant mes griffes: "Je ne ferai rien par Devoir... mais par envie..." Et d'un bond vif, je me ruai vers le garzok qui affichait un rictus dédaigneux en voyant le ménestrel s'opposer à lui.
La danse commence, épée et griffes s'entrechoquent en ripant, créant des étincelles froides alors que parades, attaques et coups de pieds déstabilisants s'enchainaient. L'ennemi n'était pas spécialement adroit, mais je me sentais encore bien fatigué de mon dernier combat et la potion de santé n'avait pas du finir son travail.
Je crois que je perdis Depheline du regard à un moment: ce moment où après plusieurs coups cinglants échangés, je tranchai la gorge de la peau verte. Le garde, dans un gargouillement, s'écroula au sol, agité de convulsions morbides. Je soufflai en égouttant mes griffes du sang vermeil, avant de chercher mon amie du regard.
En balayant le champ de bataille du regard, je vis perché sur un toit une gamine vêtue d'un manteau bleu qui me paru assez familière, près d'elle une Garzok patibulaire semblait bâillonnée.
Mon regard détecta la présence d'autres petites filles sur le champ de bataille qui massacraient tous ce qui gênaient leur passage. L'une portait un manteau rose que je reconnus de suite. C'était celle qui nous avait donné les colliers.
Un beuglement d'ivrogne m'avertit qu'un garde éméché me provoquait en duel, dans mon dos. Je lâchai du regard les drôles de gamines pour me ré-ancrer dans le présent. Le combat nécessitait toute mon attention.
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Serpent Ménestrel (origine Voleur) Niveau 15 "Oaxaca contre-attaque." (Quête 30)
Réputation : ¤ Il est beau ¤ Une navigatrice dans la quête 27 ¤ Il est fantastique ! ¤ Un tavernier de Dahràm ¤ rchhhtll blll rll !! ¤ Le dieu pieuvre des mines de Lebher ¤ Il est trop rapide pour moi ¤ Le Dragon Noir d'Oaxaca ¤ Il m'a faite danser, et j'ai aimé ça ¤ Silmeria, l'anima noire
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