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 Sujet du message: Re: Barkhane - Cité de Golems
MessagePosté: Dim 22 Nov 2015 15:42 
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Barkhanes – Ruelles

Pour Guasina


    La petite lutine ne tarda pas à voir le corps massif de Monta’kh s’arracher au mur auquel il était adossé pour s’approcher d’elle. Il l’invita en se penchant à monter sur sa main pour la placer sur son épaule si elle le désirait et se mit en marche dans les rues de Barkhane.

    - La rencontre avec l’Esprit s’est-elle bien déroulée ? demanda-t-il de sa voix lente et grondante comme la terre.

    Il fit quelques pas avant de reprendre la parole.

    - Attention, je vais marteler le sol.

    Sur ce, il souleva son pied et le laissa brusquement tomber sur le sol, réitérant l’action deux fois.

    - C’est pour avertir Birhûvaya que la voie est libre,
    expliqua-t-il. Souhaitez-vous visiter quelque chose dans l’attente de votre compagnon ?


Barkhane – L’Antre de l’Esprit

Pour Kenra


    Aux premières paroles de Kalas, Varnamayâ hocha la tête.

    - Il n’y a nulle raison pour que cela se passe mal, le rassura-t-elle. L’Esprit est un être étrange, mais un être bon.

    Le groupe de golems écouta attentivement l’histoire de son shamanisme et acquiescèrent, sans cependant le commenter, mais Mapepala lui répondit en premier :

    - On est fait de fluides, et tu exsudes les fluides de Terre, cela se voit tout autour de toi, ils sont farouches, mais encore peu maîtrisés.

    - Vos manières et vos yeux sont ceux d’un loup. Il n’est guère difficile pour nous de le sentir ou de le ressentir. C’est… flagrant pour nous,
    précisa Varnamayâ.
    A l’issue de ces mots, chacun des Golems du cercle releva la tête, comme s’ils écoutaient quelque chose, puis Birhû et chacun d’eux se leva.

    - C’est votre tour de rencontrer l’Esprit, si vous voulez bien me suivre…

    Chacun des Golems le salua, espérant le revoir plus tard. Seul Nuraye ne dit rien, se contentant de lever de nouveau de doigts vers Kalas et Kaeleasas émit un petit grognement.

    Birhûvaya mena Kalas au travers des ruelles de Barkhane jusqu’à s’approcher de l’immense dune qui encerclait la ville de ses bras bienveillants. Il s’en approcha à tel point qu’ils foulèrent rapidement son contrefort, et, là, Kalas pu voir une porte se dresser, une gigantesque porte de pierre qui semblait mener à l’intérieur même de la dune.

    - Nous sommes arrivés ! Je vous laisse pénétrer dans l’Antre de l’Esprit, il vous attends, dit Birhûvaya avec un grand sourire.

    A ses mots, il s’avança pour pousser la vaste porte qui s’ouvrit dans un crissement de sable, laissant quelques grains chuter.

    A l’intérieur se trouvait un couloir, sombre, qui semblait être fait de ses mêmes pierres sableuses qui construisaient toute la ville. Au bout de celui-ci brillait une lumière dorée, qui, couplée à ses yeux de loup, permettait au jeune homme de voir dans ce tunnel au demeurant fort sombre.

    Le sombre couloir débouchait sur une étrange forêt intérieure qui semblait briller d’une lumière propre. De grands arbres s’élevaient, ainsi qu’un couvert végétal formé de quelques feuilles mortes, brunes, rouges, dorées. Il était impossible de voir au-delà de la cime des arbres, par trop dense, mais la lumière qui parvenait à pénétrer par le feuillage semblait être celle du soleil lui-même, alors que le jeune homme avait pénétré à l’intérieur de la barkhane.

    Marchant dans ce décor féerique, ses pas étaient ponctués par les piaillements d’oiseaux invisibles et d’une légère brise faisant bruisser les feuilles des arbres, comme un accueil chaleureux.

    Il parvint finalement à une clairière sur laquelle se dressait une pierre entourée des racines d’un arbre au tronc blanc et lisse.

    A ses pieds se trouvait un être étrange, paisiblement allongé, la tête reposant sur ses pattes. Il s’agissait d’un être à la forme générale d’un loup, mais seule sa tête pouvait réellement être de l’animal, car sa fourrure était semblable à un épais feuillage. Le loup se releva à l’approche de Kalas et s’assit sur son arrière train. Il l’observa approcher en penchant la tête sur le côté.


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 Sujet du message: Re: Barkhane - Cité de Golems
MessagePosté: Mar 24 Nov 2015 05:11 
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Retour avec Monta’kh


Récemment sortie de l’antre de l’esprit, j’avais appelé le gardien Monta’kh et la main en visière au-dessus de mes yeux, je le cherchais au loin. Grande fut ma surprise, lorsque je le vis s’arracher du mur tout près de moi. Discret, malgré son imposante stature, il savait se camoufler dans son environnement.

Galamment il se pencha et me proposa sa main afin que j’atteigne son épaule. J’hésitai un court instant, me dégourdir les jambes me ferait un grand bien. Par contre, la vision risquait d’être bien meilleure à la hauteur de son épaule, et puis curieuse comme je l’étais, je désirais tout voir. Je montai donc dans sa grande main rocailleuse droite, m’agrippant à son pouce pendant la montée pour finalement prendre place en position assise sur son épaule gauche. Dès qu’il vit que j’étais prête, il se mit à marcher tout en conversant avec moi. Il me demanda si cette rencontre s’était bien déroulée et c’est le sourire aux lèvres que je répondis par l’affirmative :

« Oh oui, il est magnifique et sa forêt l’est également. Il a répondu à la requête de Yuimen et m’a montré des images passées de mon monde et m’a informée sur une partie de mon destin. Sans vous offenser, je ne pensais pas votre esprit si puissant. »

Après quelques pas, Monta’k s’immobilisa. Il me prévint d’abord qu’il allait marteler le sol. Ne comprenant pas la raison, mais le voyant soulever son pied, je me dépêchai de trouver une prise sur le col de sa bure afin de ne pas tomber à la renverse. Il laissa tomber son pied à trois reprises. Et avant que je n’aie le temps de lui demander la raison d’un tel agissement, il m’expliqua que c’était une façon d’entrer en communication avec Birhûvaya pour le prévenir que le tour de Kalas était arrivé. Il m’offrit ensuite de visiter ce qui me plairait.

« J’aimerais bien visiter les marchés ou les boutiques. Je suis curieuse de voir les produits fabriqués par les artisans de Barkhane… Et tout en s’y rendant, j’aurais quelques questions à vous poser. Tout d’abord, l’esprit a apposé son museau sur mon front. Bien que j'ai sentie un picotement dans la nuque, je n’ai pu voir ce qui se trouve, faute de miroir, est-ce visible ? Si oui, cela ressemble à quoi ? Et puis, maintenant que j’ai cette marque qui m’aidera à contrôler le muutos. J’aimerais bien que vous m’expliquiez ce qu’il me permet de faire ? »

Curieuse, je l’avais toujours été et cette fois ne faisait pas exception. Mais en fait, la curiosité n’était pas mon unique moteur. Je tenais à connaître tous mes nouveaux pouvoirs afin de m’exercer à les contrôler. On m’avait confié une mission et je comptais bien la mener à bout et trouver ce qui arrivait à ce monde. C’était donc en conservant un silence religieux que j’attendis sa réponse.

(((478 mots)))

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 Sujet du message: Re: Barkhane - Cité de Golems
MessagePosté: Mer 25 Nov 2015 01:56 
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Les paroles rassurantes de Varnamayâ éteignirent rapidement les braises d'inquiétudes du jeune homme qui, malgré sa récente rencontre avec la lutine, ne souhaitait pas qu'il lui arrive quelque chose. En effet, Kalas prenait très à cœur sa nouvelle relation avec Guasina car elle constituait la seule chose qui le rattachait à un autre monde dans cet endroit.

(Même si je me plais énormément ici, j'ai bien trop d'attaches avec notre monde pour l'oublier si rapidement.)

Cependant, les explications de Mapepala et de Varnamayâ sur leur clairvoyance innée n'inspirèrent pas entièrement le Shaman. Inconsciemment, Kalas voyait les différences entre les Humains et les Golems creuser un écart qui ne lui plaisait pas, lui qui s'identifiait presque à cette race pleine de Magie et de mystères. Ses fluides, sa seconde forme, sa nature d'apprenti curieux de tout... Tout était apprécié chez ce jeune humain qui quittait la maison de son père il n'y a pas un an.

Kalas se contenta d'un sourire en guise de réponse et se releva quand les Golems réagirent à l'appel de Monta'kh. Alors qu'il ajustait sa bure et se débarrassait de la poussière accumulée pendant l'exercice, Birhû annonca la nécessité de le suivre pour rencontrer l'Esprit en saluant ses amis, obligeant le Shaman à faire de même de façon précipitée. Rattrapant rapidement le petit élémentaire qui avançait à son rythme, Kalas adressa des adieux qu'il espérait changer en "au revoir".

"Merci à tous ! J'espère vous revoir au plus vite ! MERCI !"

Ensemble, ils arpentèrent les rues et autres passages de la ville, l'élémentaire la connaissant comme sa poche. Après plusieurs minutes de marche, l'homme-loup et Birhpu arrivèrent au pied du point le plus haut de la cité, immense dune qui protégeait la ville de l'absurde chaleur du soleil du désert. Le sable révéla les gongs d'une immense porte de pierre, comme taillée à même la roche, avant de la dévoiler dans son entièreté. Les yeux du Shaman se levèrent suffisamment haut pour en distinguer difficilement le sommet, avant de se faire interpeller par Birhû lui indiquant que l'Esprit l'attendait. Peu rassuré, Kalas plongea son regard dans les yeux globuleux de son ami qui le calma d'un simple signe de tête. S'il l'envoyait seul dans un endroit pareil, cela signifiait qu'il était en sécurité. Légèrement revigoré à cette idée, le jeune homme lui rendit son encouragement d'un geste de la main et s’enfonça dans le couloir sombre qui lui faisait face.

Progressant petit à petit en longeant les murs, Kalas ne comptait qu'à moitié sur sa vision nocturne et affûtée bien que la lumière était visible au bout du couloir. Il n'en profitait que depuis peu de temps et les occasions de se métamorphoser s'étaient faites rares depuis qu'il disposait de ce pouvoir. Il aurait pu voir les irrégularités et les trous dans le sol, mais n'aurait pu s'empêcher de tomber par manque de réflexes. Ainsi, il pénétra dans la lumière dorée qui clôturait l'extrémité du tunnel à un paysage idyllique.

Feuilles, couleurs, arbres, buissons, herbes, verdure, cimes, soleil... Tout se mariait dans une incroyable forêt presque surnaturelle aux yeux embrumés du Shaman. En quelques pas, Kalas se sentait appartenir à cet endroit qui n'en était pas qu'un. Le souffle du vent était faible mais agréable, le soleil surgissait alors qu'il lui aurait été normalement impossible de briller, les arbres s'élevaient si haut que même sa vision surhumaine ne lui permettait pas d'en voir la cime...

(C'est impossible... Mais mon esprit veut y croire. Quel est cet endroit ?)

Ses pas le menèrent jusque dans une clairière aux allures d'autel. Une pierre taillé de quelques gravures était prisonnière de l'étreinte d'un sublime arbre blanc et lisse comme du marbre. Il ne l'avait pas vu de suite, mais un animal au corps étrange dormait à son pied, relevant la tête à l'attention de Kalas. Ce dernier resta figé un court instant, fixant la tête de loup qui le regardait avec attention. Sans prendre en considération le reste de l'être étrange qui se trouvait à plusieurs mètres de lui, le coeur du jeune Shaman prit le dessus sur sa raison et l'obligea à réagir comme l'aurait fait chaque personne qui pensait retrouver un parent perdu.

"OSLIGHT ! VOUS ÊTES VIVANT !"

L'animal s’assied sur son arrière train, sans prendre en considération l’exclamation du jeune mage qui venait de pénétrer dans son antre, se contentant de le regarder avec attention. Kalas, lui, laissa son corps réagir à cette fausse nouvelle qui lui réchauffait le coeur. Ses crocs s'allongèrent, ses mains se pourvurent de griffes et sa peau laissa pousser une épaisse fourrure noire. Le Shaman se transforma rapidement en loup et galopa joyeusement vers l'inconnu, bouche ouverte et visage radieux, comme un chien à qui on aurait jeter un bâton, loin de se douter de la déception qui l'attendait.

(Il est vivant ! Il est vivant ! J'arrive pas à y croire ! Oslight ! Loup-Blanc ! MAÎTRE !!!)

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 Sujet du message: Re: Barkhane - Cité de Golems
MessagePosté: Sam 28 Nov 2015 15:55 
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Barkhane – La place du marché

    - L’Esprit est puissant, mais même sa puissance est limitée à une seule sphère, répondit Monta’kh aux premières paroles de Guasina.

    A ses secondes paroles, le Gardien de Barkhane répondit :

    - Nous n’avons guère de boutiques, seulement une place du Marché, je vous y mène. Votre marque vous permet de changer vos yeux à loisir entre vos yeux de lutine et des yeux de choucas. Cela peut s’avérer pratique si vous avez besoin de voir loin ou de vous focaliser sur les détails. J’ai cru comprendre que c’était ainsi que fonctionnait la vision de ces animaux. Cela vous permet également de trouver vos mains normales ou de les faire passer sous cette forme du muutos. Je crois que cela s’accompagne d’insensibilité au chaud et au froid si je ne m’abuse, non ? En somme, cela vous permet de passer de votre état « normal » à votre état « Muutos » à loisir.

    Alors qu’ils parlaient, le Golem et la Lutine sur son épaule arrivèrent sur une place animée, peuplée de nombreux golems de tailles et de formes différentes, certains manifestement apparentés aux végétaux, d’autres au minéral. Il y avait là de nombreux étals différents, certains de nourriture cuite ou crue, de poterie et plusieurs de vêtements, de couture ou d’outils domestiques. Il y avait là tout le nécessaire pour vivre simplement et paisiblement.

    - Voici notre marché. Nous n’avons pas de monnaie, nous fonctionnons pas troc ou échange de services. Souhaitez-vous aller quelque part en particulier ?


Barkhane – L’Antre de l’Esprit

    Le loup végétal accueillit la ruée de Kalas en se relevant pour se tenir debout devant le nouvel arrivant. Tous deux faisaient environ la même taille, quoi que le loup était peut-être un peu plus grand.

    Avant que Kalas n’ait pu l’atteindre, cependant, il entendit une voix dans son esprit.

    « Je ne suis pas Oslight Loup-Blanc, Kalas Machaviel, que l’on nomme aussi Hurlenuit. Je suis Ahankarikal, Esprit de la Terre d’Elysian et telle est ma forme. »

    Il observa Kalas avec bienveillance, une certaine tristesse émanant de lui.

    « Prend place, Hurlenuit au cœur déchiré, car nous avons à parler. »


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 Sujet du message: Re: Barkhane - Cité de Golems
MessagePosté: Sam 28 Nov 2015 18:51 
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Les mots de l'Esprit se frayèrent un chemin jusque dans la tête du jeune Shaman, traversant la nostalgie des moments passés entre lui et son maître. Les entraînements, les conseils et les sourires se mélangeaient dans ses pensées, véritable torrent de bonheur qui éclatait sous la forme d'une joie instable. La scène du carnage de la Meute ne cessait d'émerger à chaque souvenir ressassé, jusqu'à rendre Kalas euphorique à l'idée de voir cette période de sa vie continuer à nouveau.

Les mots de l'Esprit se frayèrent un chemin jusque dans la tête du jeune Shaman, atteignant finalement la conscience de ce dernier. Les entraînements, les conseils et les sourires s'effacèrent de ses pensées, véritable torrent de tristesse qui éclatait sous la forme de larmes. La scène du carnage de la Meute ne cessait d'émerger à chaque souvenir oublié, jusqu'à obliger Kalas à s'arrêter à l'idée de savoir que cette période de sa vie ne pourrait jamais continuer.

En entendant sa voix résonner, le loup sentit ses pattes trembler sous le coup de l'émotion, incapable de retenir ce sentiment amer qui lui emplissait la bouche. Ses yeux à la lueur orangée s'humidifièrent et tachèrent sa fourrure noire de larmes salées. Le retour à la réalité était dur et Kalas encaissait l'impact comme un puissant coup de masse sur le crâne. Bientôt, il ne fit plus à même de pouvoir tenir sur ses quatre pattes et le loup s'échoua au sol, voilant son visage comme il le pouvait.

La transformation du Shaman commença à s'estomper, sa peau absorbant les longs poils de son pelage. Ses griffes diminuèrent et s'enfoncèrent dans ses doigts et son museau se retracta sur son visage. Le jeune homme était maintenant redevenu lui-même, assis à même le sol, les mains voilant son visage. Il ne désirait pas montrer son désarroi à qui que ce soit, même à l'Esprit de la Terre. La face caché dans sa manche, Kalas laissa le loup blanc au corps de feuilles l'inviter à s'installer, indiquant qu'il désirait s'entretenir avec lui. Mêlée à la colère de revivre pareils souvenirs, la réponse du Shaman résonna comme étouffée d'entre ses bras.

"Je ne veux pas vous parler sous cette forme, Esprit. Elle est trop dur à supporter..."

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 Sujet du message: Re: Barkhane - Cité de Golems
MessagePosté: Jeu 3 Déc 2015 04:56 
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Le marché de Barkhane


Monta’k ne fit attendre ma curiosité et répondit rapidement à mes questions. Il me rappela que si l’esprit était puissant, il était limité à une seule sphère. En effet, j’avais pour le moment oublié les autres, ceux de l’air, de la lumière, de l’obscurité qui devait être tout aussi puissant assurément. Tout en poursuivant ses explications, il m’emmena à la place du marché puisqu’aucune boutique n’existait à Barkhane.

C’est durant ce bref parcours que j’appris que la marque désormais sur ma nuque me permettait de changer mes yeux à volonté, leur donner les capacités de ceux du choucas ou revenir à mes yeux de lutines. Ceux du choucas pourront me permettre une vision sur de plus grande distance ou encore de faire la mise au point sur un détail en particulier. A ce détail, je ne pus réprimer un sourire, cette nouvelle aptitude me plaisait bien et me serait sûrement très utile. Il m’expliqua également que je pouvais changer l’apparence de mes mains. Il croyait sans en être certain que sous leur forme de terre glaise mes mains deviendraient insensibles au chaud et au froid.

« Je n’y ai pas vraiment porté attention jusqu’à maintenant, trop de nouveautés pour mes yeux, mes oreilles et mon nez. Mais je crois que vous avez raison pour l’insensibilité. »

Et puis nous arrivâmes sur la place animée du marché. Les golems plus différents les uns que les autres s’y trouvaient en grand nombre. Il y en avait un très grand, tout vert, filliforme. Il discutait avec un autre qui se tenait debout dans sa main. Ce dernier, de taille inférieure à la mienne était constitué de minéral entièrement. Trop occupé à regarder la diversité des habitants de cette cité, je ne répondis pas immédiatement à la question de Monta’kh.

Puis, me rendant finalement compte qu’il me parlait, je rougis légèrement de mon étourderie. Dans ce marché, les étals étaient nombreuses. Le golem de pierre m’expliqua qu’ici la monnaie était inutile, qu’il fallait plutôt faire des échanges. Cette option me plu. J’éviterais ainsi de trop remplir mon sac. Pour un objet rajouté, j’en retirerais un. Il me demanda ensuite ce que j’aimerais voir.

« Oui, j’aimerais bien me rendre aux étalages de vêtements. Il serait pratique pour moi de posséder des vêtements mieux adaptés au climat et à la culture d’Elysian. Et pour l’échange, je crois que j’ai tout ce qu’il faut dans mon sac ! » Terminai-je avec un grand sourire.

(((412 mots )))

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Dernière édition par Guasina le Mer 9 Déc 2015 04:15, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Barkhane - Cité de Golems
MessagePosté: Ven 4 Déc 2015 15:43 
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Barkhane – Le marché

    Le Gardien de Barkhane acquiesça et mena sans un mot et de son pas lourd la petite lutine vers l’un des étals. Il s’agissait d’une petite boutique aux montants de bois et cachée du soleil par des dais tendus sur les montants. A l’intérieur se trouvaient des piles gigantesques de tissus de toutes couleurs et de toutes formes, certaines petites, d’autres grandes ou encore complètement déformée. Il y avait là de quoi habiller des Golems bien différents.

    Assise sur une chaise, face à une toute petite table et occupée à coudre de pans de tissus ensemble se trouvaient une Golem. Sa chair était d’écorce et par-ci, par-là, sur son corps s’élevaient des touffes d’herbe, de mousses, de feuilles, ainsi que de fines tiges aux couleurs du blé mur. A leur approche, elle releva les yeux de son ouvrage.

    Image


    - Ah, Monta’kh, ta commande est bientôt prête, le tissu est en création, dit-elle d’une voix neutre et professionnelle, en réalité, tout son être inspirait le professionnalisme. Et une lutine ! ça par exemple, ça fait longtemps que je n’en ai pas vu une par ici. D’AEtelrhyt, je suppose ? Et tu l’amènes sans doute pour t’enquérir de ce que je peux faire pour elle.

    Monta’kh secoua la tête avec un léger sourire.

    - Non, elle vient d’un autre monde pour nous aider.

    La Golem haussa les épaules comme si ce n’était que de peu d’importance, car elle s’était approchée pour observer la lutine sous toutes les coutures.

    - Je n’ai rien à sa taille, et en plus c’est une guerrière, il lui faut un tissu spécial.

    - Justement, j’espérais que…

    La Golem balaya le reste des mots de Monta’kh d’un geste de main alors qu’elle réfléchissait. Les deux Golems semblaient bien se connaître, car le Gardien ne chercha pas à poursuivre et laissa la femme réfléchir. A la place, il se tourna vers Guasina, perchée sur son épaule.

    - Voici Hanarayâ, la meilleure couturière trouvable en cette ville, elle fait des merveilles avec un tissu fabriqué à l’aide d’un fil issu de l’arantèle d’araignées spécialement élevées pour ça.

    Cette dernière sortit un long tissu pourvu de petites marques et se mis à mesurer la lutine sans autre forme de procès.

    - J’ai quelques chutes qui pourront très bien faire l’affaire, il s’agit d’une heure pour que je lui fasse ça. Je peux faire une robe ou une tunique et un pantalon avec une cape.

    Elle ne posa qu’alors les yeux sur ceux de la lutine.

    - Vous en pensez quoi ?


Barkhane – La Forêt Intérieure

    « Relève la tête, homme-loup, je ne t’imposerai plus cette vision, bien que cette apparence-ci corresponde moins à ma nature », prononça l’esprit de la Terre.

    Lorsque Kalas releva les yeux, il put voir en effet qu’en lieu et place du loup au corps végétal se trouvait un félin étrange et majestueux aux couleurs de l’automne. D’étranges cornes noirs veinées de bleu semblaient sortir de ses épaules tandis que sa fourrure était parcourue de marques turquoises.

    « Malgré tout ce temps passé, le deuil n’est donc pas fait en ton cœur ? Pourquoi ? Que crains-tu, que redoutes-tu ? Ce monde représente-t-il la fuite ? »


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 Sujet du message: Re: Barkhane - Cité de Golems
MessagePosté: Lun 7 Déc 2015 00:16 
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Conscient qu'il lui faudrait lever les yeux à un moment ou à un autre, Kalas s'exécuta quand l'Esprit lui en fit la demande, ayant cédé à sa complainte. Le loup blanc au pelage de la forêt était surnaturellement devenu un magnifique félin proche du lion à la crinière dansante au gré du vent, laissant son souffle dévoiler ses tâches mauves parcourant son corps. Sa fourrure d'automne baignait dans un incroyable ballet de couleurs vives illuminé par les rayons du mystérieux soleil qui éclairait la clairière. De longues cornes noires veinées de bleu surgissaient de part et d'autre de ses articulations et se mouvaient au rythme de sa respiration. La nouvelle apparence de l'Esprit apaisa un instant le Shaman qui se releva pour ne pas manquer de respect à son hôte, attentif à sa première demande. D'un revers de manche, Kalas essuya ses dernières larmes et renifla discrètement de la même manière qu'un enfant pleurnichard, avant de se racler la gorge pour parler distinctement.

"Merci, Esprit. Je suis désolé d'avoir réagi ainsi..."

Alors que l'Esprit demandait des explications, le jeune homme posa volontairement son regard au loin, ne souhaitant pas dévoiler ses yeux et son cœur à la fois. Son buste se gonfla sous l'effet de l'inspiration qui traversait son corps et il relâcha l'air contenu dans ses poumons comme une délivrance. Trop longtemps égaré sur la route du chagrin, Kalas n'avait jamais pu se livrer ouvertement à une oreille attentive. Manifestement, l'occasion de retirer cette douloureuse épine de son cœur venait de se manifester et il ne put y résister. L'objectif même de la mission disparut un instant, laissant sa place aux souvenirs et à la période la plus marquante de sa vie. Sa deuxième inspiration se révéla plus lente que la précédente, comme si le trac la retardait, au vu de s'adresser à un être qui lui était inconnu, mais qui le connaissait aussi bien que lui. Plutôt que de chercher les mots justes, Kalas se laissa porter par ses émotions et ses sentiments, trop longtemps noircis par la tristesse.

"Quand j'étais petit, mes parents travaillaient énormement pour s'occuper de moi. Je n'ai presque pas de souvenirs de cette période, mais mon père me disait toujours qu'à mes premières années, je savais déjà manger la nourriture qu'ils ramenaient avec beaucoup de gentillesse et de joie dans le regard, comme pour les remercier. Pourtant, ce pain avait un coût et mes parents peinaient à s'intégrer dans la vie familiale, ne retrouvant leurs conditions de couple heureux qu'une fois rentrés tâchés de sueur. A cause de cela, ma mère fut contrainte de rentrer de plus en plus tard, au gré des risques qu'encours une femme seule au milieu de la nuit. Et pourtant, un soir..."

Ravalant sa salive, Kalas reprit le cours de son discours, la voix légèrement enrouée.

"Mon père m'avait dit n'avoir cru à sa mort qu'une fois le corps en face des yeux. Il n'a jamais voulu me dire dans quel état elle avait été retrouvée, mais son regard trahissait l'horreur de découvrir le cadavre de sa femme au milieu d'une ruelle. Elle avait été kidnappée par un groupe de dingues en robes noires, des fanatiques religieux d'un ordre malsain qui vivaient dans un temple non loin. La Milice locale n'a jamais voulu intervenir sans même donner la véritable raison de leur abstinence, expliquant brièvement qu'il s'agissait d'une affaire bien trop grosse pour eux. Quoi qu'il en soit, mon père n'a plus voulu rester en ville après ça et il quitta rapidement la cité pour nous isoler dans la campagne. C'est là qu'a réellement commencée ma vie."

Les souvenirs de son enfance se manifestèrent par un sourire qui ponctua par la suite chacun des mots du jeune homme.

"J'y ai grandi si vite et si bien, c'en était déroutant. Mon père disait que j'étais un cadeau du ciel, que je tenais cette capacité d'assimilation des dons de ma mère, prêtresse d'une déesse bienveillante. Cependant, une fois adulte, je m'ennuyais des journées passées en cuisine avec Papa... Il ne s'y passait rien d'incroyable et j'avais soif d'aventures, d'originalité. De renouveau, quoi. C'est là qu'il est apparut. Son grand chapeau sur la tête, la pipe serrée entre ses dents, il vint me demander à boire. Un grand monsieur, marqué par les âges et l'expérience de la vie autant physiquement que mentalement, répondant au nom d'Oslight. J'étais loin de savoir qu'il allait devenir plus tard mon maître et bien plus encore. Après l'avoir perdu de vue, j'ai quitté la maison de mon père et suivit mon instinct qui me hurlait d'aller trouver bonheur ailleurs que derrière les fourneaux. J'ai rencontré des gens formidables, vécus des instants aussi magiques qu'inoubliables, confronté des salopards en lien avec les assassins de ma mère. C'était la première fois que j'étais persuadé de ma mort. J'en suis ressorti changé, j'ai appris de mes erreurs et de ma première véritable leçon de vie. Il faut se battre pour vivre, et non vivre pour se battre. A cet instant, j'étais décidé de ne plus penser au destin tragique de ma mère, mais plutôt de vivre ma vie comme elle se déroulait. Oslight m'a retrouvé à cette période et j'ai décidé de le suivre lui et ses idéaux, afin de former un groupe loin de tout et de tous. C'était... Magique."

Il parlait beaucoup, trop à son goût, mais Kalas savait que le dénouement ne tardait plus. Ainsi, il reprit, le sourire désormais absent de son visage.

"Courir avec un loup, c'est dingue. Vivre avec un loup, c'est incroyable. Mais devenir un loup, c'était tout ce que je souhaitais. Après avoir rencontré tous les partenaires de mon Maître, j'étais déterminé à devenir l'un d'entre eux. Ils m'apprirent énormément de choses, jusqu'à comprendre la nature et ne faire qu'un avec elle. Je trouvais ça jouissif, de pouvoir assister d'aussi près au cycle de la vie, d'y prendre part comme un réel spectateur. Mais une fois encore, il a fallu que le destin prenne une tournure différente de celle que j'avais prévu.

Kalas plongea son regard dans celui de l'Esprit en touchant la cicatrice verticale qui traversait son oeil gauche. La marque était profonde, mais l'organe visuel intact, ce qui ne l'empêcha pas de laisser une petite larme s'échapper de ses paupières.

"Vous connaissez déjà la suite. Vous connaissez déjà cette histoire et tout ce que je vous ai raconté. Que dire à un être capable de lire en moi comme dans un livre ouvert ? La réponse à votre question, c'est vous qui la connaissez et je veux vous l'entendre dire. Comment un homme ayant perdu sa famille peut-il vivre comme s'il en avait une ? Comment un Dieu peut-il maudire un homme avec son chien, comme un vulgaire os à mâcher et l'obligeant ainsi à devenir l'un des siens ? Comment croire au Bien quand celui-ci est incapable de protéger ses partisans ?

Le jeune homme laissa l'Esprit s'imprégner de tout ce qui avait été dit, avant de ponctuer son récit d'une volonté désormais gravée dans son cœur.

"Ce monde est différent, c'est pourquoi je veux le sauver. Elysian vaut la peine d'être défendue, même par la plus petite main. Je ne suis qu'un simple humain, mais j'ai la même conviction que vous, élémentaires et êtres de fluides.. Ce monde restera debout, je vous le promets."

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 Sujet du message: Re: Barkhane - Cité de Golems
MessagePosté: Mer 9 Déc 2015 05:07 
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J’étais censée sauver des habitants d’un monde inconnu à l’extinction qui les guettait, j’étais censée mener une enquête afin de trouver ce qui drainait leur magie et les affaiblissait, mais au lieu de ça, je déambulai dans le marché d’une petite cité de sable parmi des golems végétaux, minéraux et un doux mélange des deux. J’étais consciente du temps que je perdais à explorer ce monde, mais d’un autre côté, je savais que ce délai était nécessaire. Il me fallait d’abord contrôler le muutos, puis apprivoiser les lieux et les gens. Cette mission différait des précédentes, j’utiliserais davantage mon cerveau que mes armes de jet et cette pensée me rassurait. J’étais désormais protectrice, ce qui signifiait que mon rôle impliquait davantage la protection que l’écoulement inutile du sang.
C’est ainsi que mon hôte me conduisit à grands pas lourd vers un étal qui devait répondre à mes besoins. Perchée sur son épaule, je vis la petite boutique vers laquelle nous nous dirigeâmes. Portés par plusieurs montants, de larges et longs morceaux de tissus étaient suspendus, protégeant les commerçants, leurs clients ainsi que la marchandise des rayons d’un soleil trop présent. Une fois à proximité, je fus à même de détailler les innombrables piles de tissus de toutes formes, couleurs et textures. Il y avait là une diversité de tissu qui aurait fait envier toutes les mamans lutines désireuses de bien habiller leurs nombreux rejetons. Non, loin de ces trésors de matériaux brutes, bien assise derrière une toute petite table carrée se tenait la couturière, une séduisante golem d’écorces, de feuilles, de mousses et de sèves assurément. À notre arrivée, elle leva ses magnifiques yeux dorés sur nous et s’adressa directement à Monta’Kh lui annonçant que sa commande était sur le point d’être finalisé.

Puis elle m’aperçut, exprimant sa surprise et son plaisir de rencontrer de nouveau un être de ma race. Je me levai debout sur la large épaule du golem de pierre et tout en souplesse j’effectuai une petite révérence à son intention :

« Guasina Roquin ! » me présentai-je.

Vive d’esprit, la jolie golem, aux cheveux de blé, crut que je provenais de AEtelrhyt, la cité des lutins. La bouche ouverte, je m’apprêtais à répondre par la négative lorsque le gardien me devança pour expliquer que je venais d’un autre monde et que j’étais là pour les aider. Je rougis légèrement à cette affirmation. Pour le moment, je n’avais rien fait, et j’espérais de tout cœur pouvoir être à la hauteur de la mission qui m’était confiée.
La golem qui ne s’était pas encore présentée s’approcha de moi et de son œil professionnel m’examina sur toutes mes coutures. Je souris une fois de plus me prêtant de bon cœur à cet exercice, tout en profitant également pour admirer ses jolies oreilles pointues.

Professionnelle des racines jusqu’au bout de ses branches, la jolie couturière se concentrait sur la tâche qui lui était confiée réfléchissant sans doute à ce qu’elle pourrait me confectionner. Monta’kh profita de ce moment pour se tourner vers moi et la présenter. Elle se nommait Hanarayâ, et il s’agissait de la meilleure dans son métier selon le gardien. Je ne doutais point de son affirmation, cette golem végétale m’était bien sympathique et bien dynamique. Son moment de réflexion terminé, elle se saisit d’un long ruban de tissu, sur lequel étaient tracées de petites marques sombres distancées également sur tout le long. Je me laissai faire tout en demeurant silencieuse, toute curieuse de connaître sa proposition. Et cette dernière ne tarda pas. A l’aide des retailles de tissus qu’elle disposait, elle pouvait me fabriquer en moins d’une heure une robe ou bien un ensemble tunique, pantalon et cape.

« L’idée d’une nouvelle robe serait bien séduisante, mais dans les circonstances, je préférerais une tunique et un pantalon assorti. Pour ce qui est de la cape, la mienne est un présent dont je ne veux me séparer, mais peut-être que vous consentiriez à l’améliorer, à lui rajouter votre touche ? »

((( 668 mots)))

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 Sujet du message: Re: Barkhane - Cité de Golems
MessagePosté: Jeu 10 Déc 2015 18:22 
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    L’Esprit était allongé à la manière des félins, et écoutait chacune des paroles de Kalas, le fixant sous un regard calme, serein, énigmatique. Pas une seule fois il ne fit mine de le couper, pas une seule fois la moindre once de jugement n’effleura ses traits fauves. L’Esprit écoutait, simplement, il écoutait l’homme en face de lui, brisé par ce qu’il avait vécu, mais qui avait tout de même osé venir jusqu’en ces terres si lointaines et étrangères.

    L’Esprit de la Terre ne dit rien, il ne répondit pas à Kalas. Lorsque les derniers mots de l’Homme-Loup se furent envolée dans la petite brise qui agitait la clairière, rien d’autre que le bruissement des feuilles ne vint perturber l’Antre d’Ahankarikal.

    Mais, lentement, doucement, il entendit un murmure enfler, un son lointain qui grandissait. Petit à petit, il se rendit compte qu’il s’agissait d’un rire. Un rire joyeux, insouciant. Un rire féminin qui cascadait comme un baume apaisant. Soudain, il ne fut plus dans l’Antre de l’Esprit, il n’était plus à Barkhane, mais il était… ailleurs. Il voyait une femme devant lui, qui le regardait en souriant, un regard empli d’amour et de tendresse. Elle était kendrane et portait la robe des prêtresses de Gaïa et, lentement, il se rendit compte qu’il faisait face à sa mère. Ou du moins sa mère telle qu’elle avait dû être avant sa naissance, car elle était jeune. Elle prononça quelques mots, mais il ne les entendit pas car ils étaient trop diffus, cependant il ne put rater le nouvel éclat de rire qui l’anima. Il n’était pas lui-même, il le sentait, et il ressentait aussi l’amour qu’éprouvait en retour l’être dont il partageait les yeux. Son père.

    La scène se modifia et il se retrouva ailleurs. Il était vêtu tout de noir et dans sa main se trouvait une large hache sur un long manche. Il portait une cagoule et voyait par les trous laissés pour les yeux un homme agenouillé devant lui, la tête sur un billot. L’homme fermait les yeux, il ne pleurait pas et son visage était fermé, comme s’il attendait sereinement la mort. Mais quelque chose dans sa respiration saccadée démentait ce calme. Il n’avait pas le visage d’un assassin ni d’un criminel. Et le bourreau dont il partageait le corps observait cet homme attendant la mort. Kalas ressentait les émotions qui étreignaient le bourreau. La nécessité de faire son travail, la distance nécessaire prise avec le condamné, l’impatience de rentrer chez lui pour serrer sa petite fille dans ses bras et oublier tout de cette journée. Une de plus. Une de trop. Il relève les yeux et un autre homme, vêtu comme un notable, lui indique d’opérer à sa triste besogne. Le bourreau se saisit de sa hache et la lève au-dessus de sa tête. Le métal froid retombe dans un bruit mat faisant crisser la pierre sous ses pieds. La tête du condamné est toujours sur ses épaules, il lève sur le bourreau, sur Kalas, un regard larmoyant, suppliant : « qu’on en finisse », lit-il sur ses lèvres. Mais le bourreau secoue la tête, il refuse. Il ne sera pas l’instrument de la mort de cet homme, il ne sera plus l’Instrument de la Mort. Il a choisi.

    La scène se modifie de nouveau et il se retrouve agenouillé sur le sol, les mains sur les yeux. Il sent les larmes couler entre ses doigts, même s’il ne les entend pas. Il ressent la peine, la douleur, profonde. Le désespoir. Les mains quittent ses yeux et il voit devant lui quatre tombes. Rien de plus que des petits monticules de terre allongés. L’un grand, la taille d’un adulte et les trois autres sont petits. Le dernier ne fait guère plus que la longueur d’un bras. Ses yeux balayent l’horizon et Kalas ne voit que le chaos. Des arbres couchés par terre, des carcasses branlantes de maisons et d’autres personnes, comme lui, désespérées. Et la désolation. Plus aucun champ, simplement un sol sableux recouverts de débris. Ils ont vécu un cataclysme, une catastrophe naturelle et il n’ont rien pu faire. Une vague gigantesque a déferlé sur eux, emportant tout sur son passage. Emportant tout, jusqu’à sa famille. Désespoir.

    Une autre vision, mais ce même homme, des années et des années plus tard. La douleur se fait encore ressentir, mais plus ténue, comme apaisée par le temps. Kalas l’entend rire, un rire un peu brisé, pas entièrement vrai, mais un rire ressenti avec une saute de joie. Il est avec des amis, et, ensemble, ils partagent. Ils se connaissent, ils se comprennent, ensemble ils vont de l’avant.

    Une nouvelle scène. Il se voit lui-même au travers d’autres yeux perchés sur un bouc. Kalas se voit s’approcher d’une petite lutine rouquine et lui présenter son poing fermé, le visage illuminé par la joie. La lutine lève à son tour son poing minuscule et les deux se percutent.

    Les visions se fondent et il regagne son corps, dans une clairière de la Forêt Sous la Barkhane. Devant lui se trouve l’Esprit de la Terre. Il n’a toujours pas bougé, ses yeux sont toujours fixés sur lui, énigmatiques.

[Je t’envoie un mp en complément]


Barkhane – Le marché


    Hanarayâ passe ses doigts d’écorce sous son menton en réfléchissant à la question de Guasina, puis finit par acquiescer.

    - Oui, je peux faire ça, donnez-moi le tout.

    Elle se saisit de la cape et disparaît dans l’arrière-boutique, le visage fermé, comme si elle réfléchissait déjà à ce qu’elle pouvait faire. Un peu plus d’une heure s’écoule durant laquelle Monta’kh emmène Guasina sur le marché, lui montrant les différents artisanats de la ville. Finalement, ils retournent dans l’antre de la tisserande. Cette dernière sort tout juste de l’arrière-boutique, de petits vêtements dans la main.

    - Voici ce que j’ai pu vous faire. C’est en fil d’araignée des sables, un type d’araignée que l’on ne trouve qu’ici et qui fournit un tissu extrêmement solide mais également très fin. Il saura vous protéger des coups dures.

    Elle pose sur la table une tunique et un pantalon fait d’un tissu très doux et très agréable, laissant assurément la peau respirer tout en la maintenant au chaud en cas de besoin. Il s’agit assurément d’un très riche et rare tissu.

    - J’avais également une chute de soie Sylphe, et comme vous avez émis la volonté d’avoir une robe…

    Elle semble légèrement gênée de son initiative en déposant une petite robe miniature à côté de la tunique. Il s’agit d’un ouvrage simple, mais délicat, possédant un petit liseré de couleur aux manches et au col, une robe assurément agréable à porter, mais qui pourtant ne détonerait pas par sa beauté dans une cour royale.

    Les deux Golems laissent à la lutine l’opportunité de se changer si elle le souhaite.

[La robe est ajoutée dans les possessions rp. Tu peux, si tu veux, extrapoler sur les artisanats que Guasina voit, il y a en gros de la poterie, des outils, quelques vêtements, rien de luxueux, mais des choses de bonnes qualité. Tu peux aussi choisir la teinte de chacun des vêtements.]


[Kalas – xp : 2 (post) ;
Guasina – xp : 1 (post) ; 0,5 (équipement)]


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 Sujet du message: Re: Barkhane - Cité de Golems
MessagePosté: Dim 13 Déc 2015 07:25 
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J’avais donné mon avis et la spécialiste réfléchissait. Immobile si on exceptait la main grattant son menton, la belle Hanarayâ faisait tourner les rouages de son cerveau. Puis, sa décision prise, elle me pressa de lui donner ma cape, empressée sans doute de se mettre à la besogne qui l’attendait.

Un peu à contrecœur, je me défis de la cape qui me rappelait M. Porsal et lui remis entre ses doigts de fées d’écorces. Elle s’en saisit prestement et disparut dans son arrière-boutique en tournant les talons sans nous adresser un mot de plus.

Mon regard se porta alors sur mes bras. Il avait un aspect gris de roche. Aspect, qui ne me déplaisait pas, mais qui n’était pas tout à fait moi. L’esprit venait de me donner le pouvoir de contrôler le muutos, je devais m’y exercer. Ainsi, je fermai mes yeux et me concentrai quelques secondes demandant à mes bras de reprendre son apparence originelle ainsi qu’à mes yeux de choucas de laisser place à ceux émeraude de lutine. J’attendis quelques secondes avant de risquer un œil, puis le second. Mes bras avaient repris leur couleur peau. Et même si je ne pouvais voir mes yeux, je constatai que ma vision était à présent celle d’une lutine. Je me doutais bien qu’il n’était pas nécessaire de fermer mes yeux pour retrouver mon apparence, mais c’était ma première expérience, et je n’avais pas pris de chance.

(Une petite heure à me promener !)

Je ne disposais que d’une petite heure pour visiter les autres étals du marché, je n’avais pas de temps à perdre.

De nouveau assise sur l’épaule du gardien en marche, je laissai mon regard se promener sur les différents présentoirs des artisans divers. Certains exposaient leurs outils confectionnés avec soin ou les vêtements cousus avec patience.

Puis, je tapotai doucement le cou de Montra’kh lui signifiant ainsi mon désir qu’il s’arrête. Devant nous se tenait assise sur un petit tabouret, une vieille femme ou plutôt une golem de terre, dont les innombrables crevasses trahissaient un âge très avancé. Même ma grand-mère Roquin paraîtrait une jeunette à ses côtés. Derrière sa table carrée, la vieille golem ne nous remarqua pas immédiatement concentrée qu’elle était à façonner de ses mains trempées un petite motte de glaise. Cette dernière bien collée contre une pierre plate et ronde tournait au rythme du mouvement circulaire imposé par la dame. Le pied de celle-ci, sans relâche, faisait tourner une autre pierre plus imposante près du sol qui était reliée à la première par un axe vertical. Je n’avais jamais vu une telle machine et lorsque je questionnai l’artisan, ses lèvres se fendirent en un magnifique sourire, il s’agissait d’un tour à poterie. Ce fut ma seule et unique question. Avec l’accord de Monta’kh, je restai là de nombreuses minutes comme hypnotisée par ces nombreuses rotations, m’émerveillant devant la création qui prenait forme sous mes yeux. Une motte de terre sans âme devint après patience, savoir-faire et minutie, un magnifique vase. Lorsque la dame eut terminé son œuvre et qu’elle la plaça dans un endroit semi-ombragé afin d’éviter qu’elle ne durcisse trop vite, je fis signe à Monta’kh que j’étais prête à poursuivre ma visite.

Lorsque nous arrivâmes dans l’antre de la tisserande, elle s’avança vers nous avec des vêtements de ma taille à la main.

Fière, avec raison, elle déposa ses confections sur une table devant nous et m’expliqua qu’elle avait utilisé un tissu fait de fil d’araignée de sable. Ce tissu très fin était apparemment aussi très solide se révélant ainsi un moyen efficace de protection.
Les yeux tout grands d’émerveillement et la bouche bée, je glissai doucement de l’épaule du gardien tout en longeant son bras de pierre pour atterrir sur la table de travail de Hanarayâ.

Du bout des doigts, j’effleurai le tissu vert anis de la tunique et du pantalon agrémenté ça et là de quelques garnitures orangées. J’étais émue devant un tel travail d’artisan, j’avais peine à imaginer que ces vêtements allaient non seulement être miens, mais qu’ils avaient été confectionnés à mon intention.

Les yeux humides, je levai mon regard vers Hanarayâ et lui dit d’un souffle :

« C’est magnifique ! »


Comme toute réponse, la couturière me dévoila m’avoir tout de même confectionné une robe à partir de bouts de soie de Sylphe. Cette délicate robe bleu turquoise était ornée de liséré jaune or aux manches et au col. Une robe superbe que je me réserverais pour les grandes occasions.

À ma demande, la tisserande me conduisit à un endroit à l’abri des regards indiscrets où je pus essayer mes nouveaux vêtements. J’essayai d’abord ma robe. Bien qu’elle fut simple, je me sentais comme une lutine qui s’apprêtait à se rendre au bal du printemps. Ne voulant faire attendre plus longtemps Monta’kh et Hanarayâ, je me dépêchai de l’enlever afin d’enfiler la tunique et les pantalons. Ils étaient à la fois doux et confortables.
De retour sur la petite table de travail, je fouillai dans mon sac afin de payer mes achats.

« Je vous remercie infiniment pour ces vêtements superbes. Il est maintenant le temps pour moi de vous payer. Monta’kh m’a expliqué que vous fonctionnez par échange. Je vais donc étaler sur la table quelques objets et je vous laisserai choisir ce qui vous convient en guise de paiement. »

Joignant les gestes à la parole, je fouillai à nouveau dans mon sac pour en sortir un petit saphir, une épingle à chapeau, deux potions de soin, et la cuirasse du fourmilion.

(((926 mots)))

(((Je te laisse le soin de choisir ce que tu trouves approprié comme paiement pour les achats)))

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Dernière édition par Guasina le Lun 14 Déc 2015 00:07, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Barkhane - Cité de Golems
MessagePosté: Dim 13 Déc 2015 18:01 
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Rien ne semblait troubler l'Esprit, resté silencieux durant la totalité des aveux. L'air sur son visage représentait l'essence même de l'impartialité, alors que celui de Kalas transpirait de l'impatience d'une once de réaction de la part du lion. Le vent vint apporter le bruissement des feuilles à l'échange de regards entre les deux protagonistes, non sans souligner l'importance du silence qui s'installait progressivement.

Alors qu'il s'apprêtait à lever le pied en direction d’Ahankarikal, le jeune homme fut envahit d'une paralysie soudaine, l'empêchant de faire réagir la moindre parcelle de son corps aux hurlements de son cerveau, jusqu'à en perdre le contrôle. Seules les arbres agitaient leurs feuilles colorées pour répondre au vent qui les caressaient, observant le Shaman à la merci des éléments. Bientôt, le souffle porta un bruit lointain jusqu'à ses oreilles et Kalas fut rapidement à même d'en comprendre la nature. Un rire. Mais pas n'importe lequel. Il était doux, chaleureux, presque mielleux. C'était un rire qu'il avait déjà entendu par le passé, mais impossible pour lui de se souvenir où et quand. Ses yeux s'ouvrirent sur un nouveau paysage. La clairière du sanctuaire de Barkhane s'était changée en une petite pièce faite de bois et de pierre, appartement classique d'une maison humaine de moyenne classe. Dans la cheminée crépitait une flamme aussi rassurante que possible, dispersant dans l'atmosphère une délicieuse odeur de charbon de bois. Une marmite contenant un genre de ragoût était assise sur le feu, signalant la présence de vie entre ces murs. Une véritable scène de repas familiale se déroulait au centre de la pièce dans laquelle on pouvait retrouver, assis à une table, trois personnes.

La première était une femme aux cheveux d'or, tranchant un gros pain aux céréales à l'aide d'un long couteau dentelé. Elle arborait un magnifique sourire sur son visage impeccable, dénué de tout sentiment négatif, quel qu'il soit. Ses traits étaient fins et délicatement dessinés, si bien que n'importe quelle personne la trouverait belle au minimum. Une fois le pain tranché, elle se leva en secouant sa robe blanche comme la neige et irradiante comme un soleil, avant de poser ses lèvres sur l'homme à ses côtés, homme qui semblait être son mari ou du moins une personne chère à son cœur. Très certainement Varrockien de part sa petite taille, il parvenait tout de même à se hisser à hauteur convenable, sans toutefois atteindre celle de sa compagne. Habillé d'une simple tunique recouverte d'un tablier brun fait de cuir rapiécé, l'homme semblait fatigué ou du moins en manque de sommeil de part les cernes qui soulignaient ses paupières d'une sombre demi-lune. Son visage semblait flouté par un nuage surnaturel, comme pour dissimuler sa véritable identité. Néanmoins, un large sourire lui fendait le visage, très certainement dû au petit bout qu'il tenait entre ses bras velus, véritable définition de l'innocence. Un petit bébé, au visage rond et joufflu, trop heureux d'être entourer de ses parents, trop heureux de pouvoir grandir à leur côté.

Le spectacle chaleureux n'était pas sans rappeler à Kalas la période dans laquelle il vivait sous le toit de son ami Cornélius. Le Sinari et sa femme étaient adorables et reflétaient souvent ce genre de ressenti au jeune mage quand ils lui avaient offert le gîte et le couvert. Cependant, le Shaman se sentait concerné par la scène qui se déroulait devant lui, comme s'il y détenait une place particulière à cet instant même. A peine cette pensée lui traversait l'esprit que le couple leva le regard vers lui, spectateur fantôme. La brume qui voilait le visage de l'homme se dissipa et bientôt, c'est son père qui apparut devant ses yeux. Comme une étincelle, son hypothèse embrasa les soupçons qui flottaient dans sa tête et Kalas comprit soudainement qu'il regardait ses parents à l'époque où sa famille était encore entière. D'un sourire nerveux, le jeune homme ne réalisa pas de suite la possibilité d'un tel événement, le laissant tendre doucement la main vers ses géniteurs. Aucune larme ne mouilla ses joues ni même ses paupières, il était hors de question de brouiller un tel instant de Magie et de bonheur.

(Maman...? Papa ?)

Les lèvres de sa mère s'ouvrirent pour lui adresser quelques mots, mais Kalas fut incapable d'en discerner le moindre sens tant ils étaient inaudibles. Le bébé dans les bras de son père s'agita un instant, jusqu'à ce que ce dernier ne le serre à nouveau dans ses bras comme il le faisait avec lui auparavant. La sensation d'étreinte chaleureuse qui envahissait le jeune mage lui fit rapidement comprendre que le bambin n'était autre que lui sous sa forme du passé. Comme pour réagir à la découverte de Kalas, sa mère se mit à rire, illuminant davantage son visage aussi radieux que possible, laissant à son fils le temps de comprendre qu'elle était celle qui l'avait amener dans cet endroit. Le jeune homme ne su trouver les mots pour la remercier de lui avoir permis d'assister à un moment aussi inoubliable. Incapable de contrôler son corps, Kalas laissa ses jambes faire quelques pas dans la direction de ses parents jusqu'à voir la scène disparaître sous la forme de nuage, rapidement accompagnée par l'endroit dans lequel il se trouvait.

La chaleureuse maisonnette qui abritait sa famille se modela progressivement sous une autre forme. Les murs de pierres vinrent s'assombrirent et se parer de veinures d'humidités nauséabondes. Une étrange odeur de sang et de mort régnait dans ce qui semblait être une salle de torture, en somme tout à fait classique mais qui n'était pas inconnu au jeune homme. La cellule au fond de la pièce et le petit escalier à son opposé vinrent confirmer à Kalas qu'il s'agissait du repaire de Garold et Sharold, les deux frères psychopathes et fanatiques de Thimoros qui l'avait capturé il y a quelques mois de cela. L'ambiance générale se fit rapidement lourde et étouffante, atmosphère accentuée par la nouvelle tenue du Shaman. Son visage était voilé par une cagoule offrant une visibilité réduite par deux trous percés à la va-vite au niveau des yeux. Ses deux mains serraient une lourde hache à double tranchant, affûtée et couverte de sang séché, signe d'une récente utilisation. Étrangement, le poids de l'arme ne se ressentait pas, certainement grâce à la carrure bien plus évolué du jeune mage devenu maintenant un haut et large colosse. A ses pieds, un billot soutenait la tête d'un homme de petite taille, le visage calme et préparé à la macabre suite des événements. Le silence qui régnait dans la pièce fut agrémenté par la vive respiration du condamné, ne pouvant la contrôler aussi bien que son faciès.

(Mais c'est...)

Kalas écarquilla de grands yeux en reconnaissant le visage d'Ernest, le Sinari enfermé avec lui dans ce qu'il appelait "la cellule de l'horreur". Sa salopette de travail tâchée de sang et la petite faucille abîmée à sa ceinture vinrent remémorer au Shaman cette nuit de douleur et d'effroi pendant laquelle lui et le Sinari avaient combattu ensemble face à ce monstre colossal qu'est Sharold aux Poings d'Aciers. Dans ce cas, pourquoi la tête de son compagnon de cellule se retrouvait-elle sur le billot ? Sa respiration s'accéléra progressivement et Kalas commença à comprendre la raison de sa présence et surtout de son accoutrement. Soudain, une vague d'émotions vint envahir l'esprit du jeune homme, comme s'il partageait ce corps avec une autre âme. Il pouvait y sentir la frustration de se retrouver là, l'impatience de quitter la pièce pour ne plus jamais y revenir et surtout l'image d'une petite fille. Bien que floue à imager, cette dernière semblait être au coeur des pensées du bourreau, véritable joyau parmi les visages des victimes que sa hache avait caressée.

Son regard quitta celui d'Ernest pour se poser sur un homme richement vêtu, sans nul doute noble ou quelque chose d'équivalent. Il tenait livre lourd de quelques centaines de pages sur lequel il s'apprêtait à écrire quelque chose à l'aide d'une plume au bout noircie. D'un signe de tête, il indiqua le condamné à ses pieds et imposa sa volonté de voir le bourreau qu'était désormais Kalas faire son travail. En réponse à l'ordre indiqué, ses deux bras soulevèrent la lourde hache au-dessus de sa tête, prêts à l'abattre entre la tête et les épaules d'Ernest. Incapable de reprendre le contrôle, l'esprit de Kalas hurlait à son corps de s'arrêter, mais rien n'y fit. Ses muscles se raidirent et firent siffler le fil de son arme dans l'air, résonance de la mort elle-même.

*CLANK*

Le métal frappa avec violence contre le sol tapissé de pierre, laissant le fracas de l'impact rebondir contre les murs. Le condamné ne paru pas même surpris, comme s'il s'attendait à une telle réaction de la part de son bourreau. Le visage ravagé par les larmes, il supplia pour que la sentence soit respectée, véritable dénouement à l'insupportable attente de la potence. A son tour, Kalas put sentir ses yeux s'humidifier, indiquant qu'il avait reprit le contrôle du corps. Ses mains se détachèrent du manche de la hache et arrachèrent la toile qui lui recouvrait le crâne, venant se dévoiler aux deux protagonistes. Lui-même ne savait s'il s'agissait de son propre visage ou de celui d'un autre, mais il était convaincu que son esprit était libre de s'adresser lui-même à eux. Gardant son attention loin du nobliard qui s'énervait seul dans son coin à vociférer menaces et insultes à son encontre, Kalas fixa Ernest droit dans les yeux. Leur évasion avait été laborieuse, qu'il s'agisse de la peur de se faire surprendre par Garold pendant leur escapade hors de cette horrible salle de torture ou bien de la difficile marche jusqu'à Dehant en portant le Sinari sur son dos. Pourtant, même si ce dernier était celui qui l'avait amené dans cet endroit, il ne pouvait lui en vouloir d'essayer de protéger sa famille. Les deux psychopathes avait menacé de mort les personnes qui lui était cher, afin de mener le Shaman dans un piège grotesque.

(Tuer, c'est donner raison à Thimoros. Et je refuse de le faire.)

Aucun son n'en sortit, mais ses lèvres le suppliait de finir ce qui avait été commencé. Kalas refusa de se résoudre à le faire, rongé par la colère et la haine. Autrefois, les places avaient étés échangées entre les deux hommes et Ernest, même s'il avait dû agir sous la crainte, avait répudier à l'idée de condamner à mort un homme libre. Il était donc tout à fait normal de faire de même avec lui. Kalas coupa le noble dans sa frustration et donna la parole à son cœur, laissant la rage en occuper la majeure partie.

"ECOUTE-MOI, PAUVRE CONNARD ! J'ai choisi de laisser cet homme vivant et il le restera ! Je refuse de tuer, c'est mon choix et je vivrais aussi ! Et même si tu me dégoûtes autant que cette pourriture de dieu, je ne te tuerais pas. C'est terminé ! TERMINE !!!"

En guise de réponse, le noble claqua son livre entre ses mains, la mine sévère, puis le décor se dissipa sous la forme d'une fumée dansante au gré du vent. Ernest, la hache et ses vêtements. Tous disparurent pour laisser place à un décor encore plus malfaisant, une véritable plaine d'apocalypse, de mort et de désolation. Le ciel et l'horizon étaient noirs et voilés par d'immenses nuages pompant le moindre rayon de soleil et plongeant le monde dans une obscurité inquiétante. Le monde semblait rejeter ses habitants et toutes formes de vies, brûlant même la terre et absorbant la moindre source d'eau. S'il s'agissait de Yuimen, Kalas comprit que plus rien ne ressemblait au monde qu'il connaissait à l'origine. On y mourrait plus qu'autre chose et le spectacle était horrible pour le jeune homme, désormais genoux à terre et mains sur le visage, retenant maladroitement les larmes qui s'échappent entre ses doigts. Un important mélange d'émotions négatives alimentaient son coeur qui se noircissait peu à peu du désespoir. Face à lui, quatre tombes, fraîchement creusées et de tailles différentes. Kalas éloigna ses mains de son visage et constata la terre sous ses ongles et la quantité non négligeable de poussières dans les lignes de ses paumes, lui indiquant qu'il avait été le fossoyeur des cadavres désormais enterrés. Alors que les flammes terminaient d'en ronger les structures, une gigantesque bâtisse s'échoua sur elle-même et souleva un épais nuage de poussière qui vint s'ajouter à la visibilité déjà très réduite du Shaman. Lui-même ne comprenait pas ce qu'il se passait, mais son coeur et son esprit s'occupaient de répandre chagrin et tristesse en lui, comme s'il avait été marqué par la mort de ces personnes. Ses parents ? Cornélius et Mélissa ? La Meute ? Impossible de le savoir. Tout ce qu'il était capable de comprendre, c'est que la mort avait frappée. Encore. Debout sur ses jambes encore branlantes, Kalas posa son regard sur les tombes, une à une, avant de pleurer une nouvelle fois au milieu du fracas des arbres morts qui s'abattaient à terre.

"Je... Pardon...Je voulais tant rester à vos côtés... Je suis tellement désolé..."


Le flux d'émotions s'amoindrit à mesure que le paysage disparaît encore une fois, plongeant à nouveau Kalas dans une véritable expérience au sein de son esprit. Son subconscient le mena à la rencontre de plusieurs étapes de sa vie, récentes ou bien lointaines, durant lesquelles le Shaman en apprenait un peu plus sur lui à chaque fois. Il n'en fallu pas davantage au jeune homme pour comprendre le sens de cette épreuve, imposée par l'Esprit de la terre, Ahankarikal. Les questions, c'était Kalas qui les avait posé et le lion avait jugé qu'il valait mieux lui faire comprendre par des scènes ou des actes plutôt que des paroles. On instruit la théorie par la voix, mais la pratique s'apprend par les yeux. Cette véritable adage de vie se retrouvait dans beaucoup de situations, comme la Magie ou l'entraînement militaire. En bon enfant de la vie, Kalas était capable de mettre son statut d'apprenti à profit et de disposer une nouvelle fois des meilleures enseignements possibles. Bien qu'il n'avait pas saisit le sens de toutes les images, le jeune homme avait su en tirer les leçons qu'il jugeait nécessaire pour faire son deuil.

L'esprit de Kalas semblait désormais reconstruit, comme une maison entièrement retapée après une tempête. Rafistoler ne suffisait pas à induire le calme dans ses pensées, il lui fallait reprendre depuis le début. Les fondations soutenaient les années passées aux côtés de personnes toutes plus formidables les unes que les autres. Les murs se dressaient à l'image des erreurs et obstacles dépassés pour avancer sans jamais s'arrêter et son toit n'était autre que la capacité du jeune homme à rester sain d'esprit malgré tout le malheur encouru. Un enfant brisé était entré dans la tanière de l'Esprit, c'était désormais un homme endurci qui allait en ressortir.

Soudain, toute cette énergie, cette passion d'apprendre de ses erreurs et sa volonté de réussir vinrent se mélanger dans un extraordinaire ballet de Magie, dansant et virevoltant autour de l'homme-loup qui venait de se réveiller. Après plusieurs secondes de fascination, Kalas tenta de ne faire qu'un avec cette énergie surnaturelle, de l'attraper pour ne plus jamais la relâcher. C'était le fruit de son travail, de son dur labeur au sein de son subconscient et il méritait d'en profiter, lui et lui seul. Au contact de ses deux paumes, la boule de Magie vint éclater dans une formidable explosion lumineuse et s'infiltra sous la peau du Shaman, qui laissa le phénomène opérer sans tenter de se mettre au travers du processus. La boule lumineuse remonta la longueur de son bras et escalada l'épaule, absorbant la couleur de son sang au fur et à mesure de son voyage qui prit fin sur le côté droit de son cou. Brillant désormais d'une couleur brune, la lumière vint se changer en une étrange inscription dont le jeune homme ne pu en comprendre le sang, même en tentant d'y apposer ses doigts. Convaincu qu'il s'agissait d'un jargon bien trop développé pour un petit homme comme lui, Kalas se frotta la peau du cou jusqu'à sentir l'intensité de la luminosité s'éteindre complètement, le laissant face à Ahankarikal. L'Esprit de la Terre et le jeune homme-loup se retrouvaient une nouvelle fois ensemble, mais l'un était désormais à même de comprendre la mission que les élémentaires lui avait confié.

(2219 mots)

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 Sujet du message: Re: Barkhane - Cité de Golems
MessagePosté: Mar 15 Déc 2015 16:09 
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Barkhane – La Forêt Intérieure

    Anhankarilal observa Kalas un instant lorsqu’il revint de ses visions, le laissant reprendre ses esprits. Quelques secondes plus tard, l’Esprit s’avança vers lui et lui donna un petit coup de tête, comme le feraient des loups au sein d’une même meute pour renforcer leur cohésion, par affection, pour indiquer qu’ils sont présents, ou encore par jeu. Si l’Esprit avait revêtu les traits d’un félin, il n’en agissait pas moins comme les augustes lupins.

    « Tu possèdes ma marque à présent, Homme-Loup qui Hurle dans la Nuit, et tu maîtrises le muutos » dit-il simplement. « Ton cœur jamais ne sera guéri de ces pertes, mais les souvenirs des instants passés avec eux sont à chérir. Ils ne doivent pas être une ancre t’enchaînant au passé, mais un fanal lorsque tout devient sombre. »

    Il lui donna un nouveau coup de tête et se recula légèrement, écoutant ses questions s’il en avant, autrement, Kalas était libre de partir ou de rester quelques instants de plus.


Barkhane – Le Marché

    Le regard d’Hanarayâ fut instantanément capté par le petit saphir que présenta la lutine et ses doigts, délicatement, s’en saisirent pour le porter à ses yeux. Elle le fit tourner et l’étudia à la lumière du soleil brûlant de Barkhane. Le petit joyau étincelait, renvoyant de multiples éclats qui paraissaient tout ce qu’il y a de plus normal à la lutine, mais la Golem semblait y percevoir quelque chose, autre chose qui la fascinait. Elle finit par baisser les yeux sur Guasina.

    - J’accepte ce petit joyau en paiement de la tunique, cependant la robe est un cadeau, dit la Golem.

    Elle porta à nouveau le saphir devant ses yeux.

    - Comment s’appelle cette pierre sur votre monde ? Elle n’existe pas ici, sur Elysian. Sa cohésion et ses couleurs sont très jolies. Merci.

    En disant cela, la lueur jaune de ses yeux et les herbes jaunes présentes sur son corps virèrent un instant au bleu saphir et semblèrent prendre ses propriétés avant de revenir à la normale.

    Monta'kh regarda un instant Hanarayâ, l'air pensif, avant de soupirer et de reporter son regard sur la lutine.

    - Cela vous va très bien, dit-il.


[Kalas – xp : 4 (post), 0,5 (visions) ;
Guasina – xp : 1,5 (post)]


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 Sujet du message: Re: Barkhane - Cité de Golems
MessagePosté: Sam 19 Déc 2015 14:18 
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En quelques battements de cils, Kalas laissa les couleurs de la clairière se dessiner à ses yeux, encore atteints par la myriade de décors qu'ils venaient de traverser au sein de son esprit. Le félin s'approcha de lui à petits pas, qui n'en étaient pas moins immenses au vu de sa taille et d'un geste simple, il posa son front duveteux sur celui du Shaman. Le jeune homme en comprit instantanément le sens, après le temps passé au sein de la Meute à côtoyer des loups. Il pouvait y sentir de l'espoir, du courage, de la sagesse et tout l'amour et les encouragements qu'Anhankarilal plaçait en lui. La blessure sur son cœur s’amenuisa, procurant au jeune homme une douce chaleur se baigner au creux de sa poitrine.

Les mots de l'Esprit étaient brefs, mais indiquaient que Kalas pouvait désormais maîtriser le Muutos de la même manière que le Milicien pouvait maîtriser le sien. Du moins, en théorie. L'inscription sur son cou résonnait silencieusement de pouvoir et le Shaman y apposa sa main une nouvelle fois, comme pour s'assurer qu'elle était toujours présente. Les contours, encore frais, laissaient une étrange sensation de dessin à même la peau, sans que la chair ne soit relevée. Il ne s'agissait pas d'une marque au fer rouge ou à la lame, mais bien d'une encre indéfinissable et appliquée de façon permanente. (Quelle étrange inscription...)

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La voix de l'Esprit continua a résonner, indiquant au Shaman la voie à suivre en cas de détresse. Si les épreuves passées à l'instant lui avait permis d'y voir plus clair, il n'en restait pas moins encore troublé par l'expérience traversée. Ainsi, seul le temps saurait soigner sa blessure. Anhankarilal posa une nouvelle fois son front sur celui de l'homme-loup, comme signe de compréhension et retourna à sa place d'origine, semblant attendre quelques questions ou simplement le départ de son hôte. Effectivement, Kalas en avait une.

Depuis son arrivée sur Elysian, le jeune Shaman avait remarqué l'importance de la Magie au sein du mode de vie des élémentaires. Sa volonté de s'intégrer n'avait jamais faibli depuis que son corps avait traversé le Muutos, mais après avoir vécu, apprit et échangé avec ces êtres surnaturels, Kalas se demandait s'il était capable d'utiliser correctement ce qu'il avait apprit. Lors de son exercice avec les Golems, ces derniers avaient indiqués qu'il n'était pas à même de maîtriser la Magie comme eux le sont capables. Sa trop forte différence corporelle avec une telle race et son manque de maîtrise magique en étaient certainement la cause. Malgré sa rare capacité à se transformer en animal, l'enseignement de la Magie était une chose qui le tenait particulièrement à coeur, mais il se sentait limité. Aussi prit-il la décision de s'adresser à celui qui était le plus à même de l'aider, l'Esprit de la Terre en personne.

"Je voudrais vous demander quelque chose, Anhankarilal. Depuis mon arrivée en ce monde, je ressens énormément de choses. Des sentiments, des pensées et même une nouvelle vision de la vie que je souhaite mener. Cependant, je ne reste qu'un humain aux capacités réduites et limités. Aussi, j'aimerais que vous m'y aidiez, car il s'agit pour moi d'un important moyen de sauver Elysian. Donnez-moi votre force. Donnez-moi le pouvoir d'y parvenir, je vous en prie."

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 Sujet du message: Re: Barkhane - Cité de Golems
MessagePosté: Dim 20 Déc 2015 15:40 
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Il est curieux de constater qu’un objet qui peut nous sembler banal s’avère être extraordinaire pour autrui. Le choix de la commerçante ne fut pas difficile, dès qu’elle l’aperçut, elle jeta son dévolu sur le petit saphir. Délicatement, elle s’en saisit et l’observa de plus près. Pendant qu’elle l’étudiait et qu’elle le faisait miroiter à la lumière du jour, elle en oubliait presque notre présence. Je souris pour moi-même et rangeai donc le reste de mes objets, tout en tentant de me rappeler comment j’avais obtenu cette petite pierre.

Puis mes souvenirs refirent surface et je me revis dans les rues de Kendra Kâr, Il s’agissait de ma toute première visite dans la cité blanche et je me souviens que j’étais fort impressionnée par toutes ces maisons alignées et l’absence de verdure. Mais inquiète de la présence des gardes qui fouillaient la charrette, j’avais eu la mauvaise idée de me cacher dans le sac d’une voyageuse qui avait profité de l’hospitalité de Gustave pour prendre place sur la charrette. Cette femme découvrit ma présence et fit le choix de me garder comme animal de compagnie.La pauvre dame connut mon mauvais caractère. Après que je lui eus mordu un doigt et fais semblant de détruire ses effets personnels et précieux, elle m’expulsa rudement de sa besace. Et dans l’action, le petit joyau bleu s’était incrusté dans mes vêtements. Elle m’avait rudoyée à tort et fut l’une des rares à subir le côté désagréable de ma personnalité. Bref, je n’avais aucun souci à me séparer de cette pierre qui fascinait Hanarayâ.

(Elle est un golem de terre après tout. Les pierres font partie de son élément.)

Tout en donnant à ses yeux la couleur du petit jouyau, la golem me questionna sur le nom qu’on lui donnait sur Yuimen.

« Hum… je ne sais… » En fait, je ne connaissais rien aux pierres précieuses ou semi-précieuses ou pas précieuses du tout. J’allais l’informer de mon ignorance lorsque du fin fond de ma conscience la réponse surgit :

(Un saphir)

« Un saphir ! »

Monta’kh soupira devant le comportement de Hanarayâ avant de se tourner vers moi et me complimenter sur mes nouveaux habits. Mes joues s’empourprèrent légèrement.
« Merci ! » lui répondis-je dans un murmure timide avant de le questionner.

« Vous pensez que Kalas aura bientôt terminé avec l’esprit ? J’ai bien hâte de le retrouver ! »

À présent que l’esprit, par l’intermédiaire du tatou, nous avait outillés afin de maîtriser le muutos, je n’avais qu’une seule ambition, celle d’enquêter afin de trouver ce qui drainait le fluide sur Elysian.

(((436 mots )))

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