Retour vers Birhû
Mes petites mains retenant mon épaisse chevelure, j’attendais, toute fébrile, que Kalas me dévoile ce que représentait mon nouveau tatouage. Lorsqu’il me révéla la couleur, mon sourire s’afficha sur mon visage. Lorsqu’il précisa qu’il s’agissait d’un arbre, je devinai immédiatement qu’il était question d’un chêne. L’esprit de la terre n’était pas sans savoir que cet arbre représentait beaucoup pour moi. Ainsi, c’est d’une humeur joyeuse que je laissai redescendre mes cheveux roux sur ma nuque et que je fis de nouveau demi-tour afin de me retrouver face à mon compagnon.
Monta’kh qui était demeuré silencieux depuis nos retrouvailles se permit de nous faire un commentaire au sujet de l’esprit de la terre. Il nous précisa que tous les esprits avaient un talent particulier et pour Ahankarila, cela comportait de lire dans notre passé.
Monta’kh accepta de bon cœur de nous reconduire à la petite maison de Birhû et Kalas se transforma en loup. Cette forme lui étant sans doute plus agréable pour les balades. Pour ma part, je demeurai assise et silencieuse tout le long de ce petit trajet. Repassant encore dans ma petite tête la conversation avec la créature loup-feuille.
Monta’kh frappa à la porte de la maison juste à côté de celle qui nous était prêtée le temps de notre séjour et c’est un Birhû tout sourire qui nous ouvrit. Suite à son invitation, nous entrâmes dans sa demeure qui ressemblait presque en tout point à sa voisine. Il nous invita à sa table et nous servit des jus frais. Je profitai de cette occasion pour descendre délicatement de l'épaule du golem de terre. Une fois les pieds sur la table, je lui fis une petite révérence en guise de remerciement. Après quoi, je m’abreuvai de ce délicieux jus que Birhû avait pris soin de mettre dans un contenant à ma taille. J’aimais bien Monta’kh, mais j’aimais encore plus Birhû, et je souhaitais secrètement qu’il nous accompagnerait tout au long de nos aventures.
Birhû ne manqua pas lui aussi de me complimenter sur mes nouveaux vêtements. En connaisseur, il avait reconnu la griffe de la charmante couturière. Le rouge me montant une fois de plus aux joues, je le remerciai lui aussi.
Monta’kh nous renseigna alors que nous devions retourner à Ilmartar retrouver la gardienne du vent. Mais avant, il avait quelque chose à nous dévoiler. Je fronçai légèrement les sourcils lorsque je le vis consulter son compatriote golem du regard.
(Va-t-il nous annoncer une mauvaise nouvelle ? )Mais heureusement, mes craintes étaient non fondées. Monta’kh ne nous annonça rien de catastrophique, il voulait plutôt nous donner un moyen qui nous permettrait d’appeler un golem au besoin. En fait, il nous expliqua que pour entrer en contact avec les habitants d’ AEtelrhyt, il était préférable d’être accompagné d’un golem. Les lutins et elfes d’AEterlrhyt constituaient un peuple très fermé et voyaient de mauvais œil les étrangers.
Je fus un peu déçue de cette nouvelle, mais je pris soin de le cacher. Je m’étais attachée à Birhû et je croyais qu’il nous accompagnerait jusqu’à la fin de nos aventures, d’où ma déception d’apprendre qu’il nous faudrait appeler un golem si besoin est. Bref, attentive tout de même, j’écoutai les directives et me les répétai afin de ne pas les oublier.
(Il faut pénétrer dans la forêt d’Aetelrhyt et une fois qu’on ne voit plus l’orée, on s’arrête. On plante ensuite nos mains avec le muutos activé dans la terre et on les laisse dans cette position pendant plusieurs dizaines de minutes. On les retire ensuite et on attend.) Cette curieuse marche à suivre qui avait des allures de recette devait nous permettre d’appeler un golem afin de nous reconduire dans cette municipalité retirée.
Puis Monta’kh nous remis à chacun une petite pièce de terre cuite :
« Merci Monta’kh pour ce présent. Il nous faut tenir cette pièce lorsque nous voulons appeler le golem, ou bien nous devons nous en servir pour nous identifier lorsqu’il arrivera à nous ? » Tout en le questionnant, je tournais et retournais cette petite pièce dans mes mains, l’observation sur toutes ses facettes.
Puis à ma grande joie, Birhû nous annonça qu’il nous accompagnerait vers Ilmatar.
« C’est gentil à vous de nous raccompagner, je n’avais pas envie de me séparer immédiatement de vous. » Lui dis-je sincèrement.
« Pour ma part, je suis prête à vous suivre immédiatement…. Mais je pense que Kalas a quelques questions à vous poser » Rajoutai-je tout en ramassant mon petit verre pour boire une dernière gorgée.
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