Aurevoir Barkhane !
Nous avions remercié nos hôtes et avions fait nos salutations à Montak’h, nous étions fins prêt à partir pour Ilmatar.
Ainsi, lorsque je demandai à mes deux compagnons si nous pouvions y aller, Kenra acquiessa, tout sourire comme à son habitude, en suggérant d’aller chercher nos montures. Avant d’obtempérer, je me retournai vers Birhû qui m’annonça que le choucas était désormais à moi, que je pouvais le garder aussi longtemps que je le désirerais.
Poliment, puisque c’était ainsi que l’on m’avait élevée, j’esquissai un sourire tout en le remerciant de ce cadeau inestimable.
« Merci, Birhû, j’en prendrai bien soin. »Ma réponse était sincère, j’appréciais toujours les cadeaux, et la reconnaissance faisait partie de mes qualités. Par contre, celui-ci me contrariait beaucoup plus qu’il ne pouvait me faire plaisir. J’étais bien conscience que les choucas étaient des oiseaux très intelligents et aussi d’excellentes montures. De plus, je n’eus aucune difficulté à m’adapter à celui-ci comme si nous avions toujours volé ensemble. Cependant, je ne désirais pas le garder. Je possédais déjà une monture et je me voyais mal en posséder deux. Certes, ce choucas me serait très utile, voire indispensable, pendant toute ma mission sur Elysian, mais dès mon retour sur Yuimen, il en serait autrement. Sur Yuimen, seul mon Pataud pourrait me transporter d’un lieu à un autre. J’aimais bien ce choucas, mais Pataud était mon petit protégé, mon bébé à moi. Je l’avais protégé contre les prédateurs, je l’avais couvé, nourri, je l’avais guidé dans ses premiers pas, sa première nage, son premier coup d’aile. Pataud était mon bébé et j’étais sa maman. Avant mon départ pour ce monde inconnu qu’est Elysian, je l’avais confié à la milice de Tulorim. Et dès mon retour, je m’empresserai d’aller le chercher.
Mais pour l’instant, il me fallait une monture, et je ne pouvais désirer mieux que ce choucas. Perdue dans mes pensées, je ne vis pas la main tendue de Kalas et je marchai jusqu’aux écuries suivant mes deux amis. À notre arrivée, le cheval de Kalas hennit à quelques reprises exprimant à sa manière sa joie de retrouver son maître. Le golem se chargea d’ouvrir les portes des stalles afin d’en faire sortir son bouc et le cheval de l’homme-loup. De petite taille, bien que beaucoup plus grand que moi, Birhû dut se mettre sur le bout de ces branches afin d’atteindre les loquets des portes. Dès qu’il en vint à bout, les montures rejoignirent leur maître.
Le Choucas qui était libre de tous ses mouvements vola jusqu’à moi. Posé au sol, il s’approcha à quelques centimètres de moi se tournant la tête pour m’observer. Silencieuse, je le regardai à mon tour, inclinant ma tête d’un côté et de l’autre. Curieux, il fit tout comme moi. Après quelques secondes, je laissai échapper un rire avant de lui parler.
« C’est décidé, tu t’appelleras : Torti ! »Torti, comme torticolis. À vouloir se tourner la tête d’un côté et de l’autre afin de ne rien manquer, c’était ce qui risquait d’arriver aux gens trop curieux. Les choucas étant réputés pour être des animaux curieux, ce nom lui allait à merveille.
Je caressai le plumage de mon nouveau compagnon ailé puis d’un petit saut, j'embarquai sur son dos.
Birhû nous demanda si nous étions prêts tout en tenant son pendentif. Kalas, tenant le sien, annonça sa destination tout en me regardant fixement. Pour ma part, tout en lui souriant, je touchai le mien et déclara à mon tour :
« Palais d’ilmatar ! »Comme dans un rêve, le décor autour de moi s’estompa.
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(Suite à Ilmatar)