Isil An'Naïnelim a écrit:
Caabon a écrit:
A l'époque c'était le dernier de mes multis. Tous mes personnages sont des expérimentations, ils ont quelque chose de différent les uns des autres, dans la forme que je leur applique et dans les caractéristiques qui sont les leurs. Avec Jager, le personnage était en quelque sorte lié à l'image que j'avais trouvé et qui est sur ma fiche ; et puis je me suis dit, pourquoi ne pas expérimenter un avatar, parmi le reste. Avec Esmé, je suis revenu à la situation initiale.
Tu veux dire différentes façon de jouer tes personnages ?
De jouer, de les écrire, de les penser.
Avec Caabon, j'ai découvert Yuimen, je me suis donc cantonné à quelque chose d'assez "simple" : homme, jeune, récit à la troisième personne et au présent, classe physique pure. Il a un passé, mais il ne traverse pas vraiment ses aventures.
Therion est écrit à la troisième personne, au passé, classe physique pure toujours, mais cette fois-ci un guerrier, donc une approche différente du combat avec les armes AA. C'est un liykor qui a toujours vécu sauvage, ne parle que son dialecte et celui des garzoks ; avec lui je voulais expérimenter un personnage dont les références sont très en décalage avec celles des autres humanoïdes, et surtout poser la question du langage et de sa barrière, travailler la différence physique radicale, la peur. Un personnage neutre aussi : il se fiche éperdument des grandes causes, du bien et du mal, sa préoccupation c'est son territoire et sa chasse. Il y a aussi chez Therion un rapport aux Dieux diférent des autres personnages : Jager et Caabon sont attachés à Rana pour des questions d'origine et de culture, Esmé s'en fout elle a déjà bien assez à faire avec les humains ; Therion, lui, vit comme un Enfant du Père et de la Mère (deux entités représentant Yuimen pour les liykors), il veut se montrer dignes des déités de son peuple, être conforme à ce que doit être un liykor noir, mais c'est une foi directe, qui fait l'impasse sur toute forme de religion.
Jager représente le passage à la première personne pour les récits. La question qui oriente pour l'instant ses aventures, et qui fonde le personnage, est celle de son passé et du sang qui l'entache ; c'est un personnage en exil, devenu solitaire, qui va chercher une rédemption, une place dans la société (ce dont les derniers personnages se foutent éperdument), qui va rencontrer des questions comme celle de l'attachement à une terre, à un peuple, à la famille. C'est également une incursion vers une classe physique qui comprend des compétences AJ, donc une nouvelle manière d'appréhender les combats, et plus généralement l'espace dans lequel il évolue.
Esmé est une double expérimentation : c'est une femme, et une classe semi-magique. Elle mêle dans le récit deux formes : son passé à la première personne et au passé, son présent à la troisième personne et au présent. Avec elle, outre la magie et la place de la femme, je compte aborder les thèmes de la vieillesse, du vieillissement, de la vie en communauté, du souci de l'autre ; une forme de RP non épique, l'histoire non pas des guerriers et de leurs combats, mais celle des villes, des villages, des petites gens et de leur quotidien. Et puis je me suis inspiré d'Esmé Ciredutemps de Terry Pratchett pour concevoir une partie de sa personnalité, de son rapport au monde : je me suis demandé ce que pouvait être la Esmé du Disque-Monde avant d'être la vieille sorcière qu'elle est dans les récits, puissante mais terriblement sage.
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C'est par la sagesse qu'on bâtit une maison, par l'intelligence qu'on l'affermit ;
par le savoir, on emplit ses greniers de tous les biens précieux et désirables.
Proverbes, 24, 3-4