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 Sujet du message: Camp de la déportation d'Omyre
MessagePosté: Mar 28 Déc 2010 13:19 
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Camp de la déportation d'Omyre


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"Toi qui entre ici abandonne tout espoir "


Voilà comment t'accueille le camp de la déportation d'Omyre, gravé dans la roche en plusieurs langues sur le porche. Ces mots sont les derniers que les prisonniers verront, car personne ne ressort de cette prison.

Elle naquit dans la roche, pendant la grande guerre, elle n'était que de quelques bâtiments, mais les années passant le travail des forçats, leur sueur, leur sang et leur vie, paracheva l'enfer sur Yuimen.

On ne sort pas du camp: gardé par trois enceintes fortifiées, entouré par le vide, le seul point d'accès est ce pont maléfique qui n'apparaît que pour les relèves et les arrivées des soldats. Le personnel est composé d'orques, de gobelins et de trolls principalement. Les geôles s'enfoncent au plus profond de la falaise, épais couloir sombre, glacial, résonnant des cris de torture et de folie de ses habitants. la prison possède une cour en son centre. Sévèrement gardée elle reste un privilège rarement accordé. Les bagnards travaillent à la réfection ou à la construction de nouveaux bâtiments, ils vont chercher des pierres aux carrières, certaines rumeurs parlent même d'une mine. Une véritable hiérarchie au sein même des captifs s'est créée, impitoyable et funeste, plus votre cellule est profonde plus vous êtes en bas de l'échelle. Cependant, la corruption est reine au sein de cet enfer.

En haut siège le grand régent, un Elfe bâtardé du nom de Juste Kalel, remplaçant son prédécesseur Liam de Falek. C'est un sadique de la pire espèce qui dirige son établissement d'une main de fer, avec ruse. Mais c'est un gérant cupide et intelligent, contre un bon paiement il acceptera n'importe qui dans ses cellules. Les prisonniers forment une troupe hétérogène d'âmes perdues d'Humains, d'Elfes, Nains, Gobelins, Aldrydes... s'ils ont survécu au voyage jusqu'aux terres Orques, Ils s'engouffreront dans la gueule puante de ce purgatoire pour périr.

Toi qui entre ici, prie pour que ton agonie soit courte.

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 Sujet du message: Re: Camp de la déportation d'Omyre
MessagePosté: Sam 9 Juil 2011 01:26 
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Douleur violente. Un gout de sang imprégné profondément dans mes gencives. Voila ce que je ressens au moment ou je m’écroule sur le sol, inanimé. Qu’est ce que ça fait mal… Les années ici n’ont pas atténué la douleur et c’est peut être la pire chose à vivre dans cet endroit maudit. L’enfer sur terre… Comme à chaque fois, à cet instant, je ne peux m’empêcher de penser que la mort serait un sentiment plus enviable que continuer à subir tous ça. J’en ai oublié ce que ça fait d’être libre, heureux, sain. D’ailleurs, ai-je seulement vécu tous ça ? Je ne pourrais le dire, car j’ai oublié… Trop jeune probablement, pour me rappeler de ce temps ou souffrance n’avait pas de sens.

Groggy, je laissai volontiers mon âme s’échapper dans le néant. Je pouvais bien lui accorder ça, un peu de répit. Mais c’était sans compter sur le mépris et la violence de mon tortionnaire. Une main que je devinais hideuse agrippa mes cheveux pour me décoller de terre. Une poigne féroce appartenant à ce garzok de malheur. Je gardai les yeux fermés mais mon visage se crispa tant mon cuir chevelu était soumis à une tension inhabituel, comme si il était sur le point de rompre sans jamais vouloir se détacher de mon crane. Quel supplice ! Punition pour avoir tué à nouveau l’un de mes congénères, un autre prisonnier. Cet orque hideux prendrait il en compte le fait que j’avais fait cela juste pour me défendre, pour ne pas être tué à sa place ? Impossible, la justice et la compréhension étaient des notions inconnu dans ce monde à part. Et puis j’avais appris après toutes ces années d’arrêter de me plaindre. La plainte, chose inutile, futile en ce monde.

« Je ne sais pas ce qui me retiens de te tuer »

Ces paroles avaient étés prononcés si proches de mon visage que je sentis la caresse du souffle chaud de la vermine, et son haleine putride à l’odeur de mort et de chaire gangrénée perturber mon odorat. A cet instant, je ne pus qu’ouvrir les yeux, bravant la douleur, pour faire face à mon bourreau. Cette chose au teint verdâtre, aux petites oreilles ressemblant à des choux, au visage déformé, irrégulier, comme si des cratères avaient élu domicile sur cette face. Je savais qu’à cet instant, je n’avais qu’une chose à faire. J’aurais dû tenir ma langue et me contenter de subir. Cependant, le dégout montant devant cet être abject qu’avait engendré la nature eut rapidement raison de mon silence.

« Moi je sais que ce sont ces chaines liant mes poings qui m’empêchent de t’envoyer rejoindre Phaistos. »

A mes mots, le visage difforme du monstre prit une forme encore plus hideuse, mélange de haine et de désarroi. En moins de temps qu’il ne fallait pour le dire, mon visage alla côtoyer le sol d’une violence inouïe. Mon nez me lançai terriblement, une chaleur intense semblia prendre naissance contre les parois de mon arrête nasale. Puis, ce fut la souffrance, la douleur à nouveau, comme toujours, l’enfer ! Et mon âme, elle, hurlait ! Elle n’en pouvait plus de ce supplice, chaque jours, de cet épreuve impossible à surmonter. Quant à mon corps, il ne put rester inerte cette fois et mes jambes gesticulèrent, du mieux qu’elles le puent entravées dans leurs chaines, comme pour expier la douleur. Un geste inutile, mais indépendant de ma volonté blessée. Ma tête sembla partir, et bientôt mes pensées s’emmêlèrent tellement dans cet abysse de douleurs effrénées que je ne pus m’empêcher de pousser un râle, mélange de gémissement de douleur et de toussotement.

J’entendis un rire rauque et grinceux et je ne pouvais plus dire à cet instant, s’il provenait du Garzok ou du tréfonds de mon esprit qui semblait perdre tout fondement, toute base de raison et de logique. Cela faisait trop longtemps que je subissais cela, trop d’années, pour être encore sain dans ma tête. Et puis alors que la douleur se calmait, j’entendis les pas de l’orque s’éloigner, alors que la grille de ma cellule se refermait dans un grand fracas. Allongé la, sur les dalles froides, et granuleuses qui ornaient cette pièce je cessai tout mouvement. Comme apaisé en apparence. Mais mon esprit n’avait pas finit de disjoncter, souffrant encore plus que mon corps, et les dieux seules savaient que cela était presque impossible.

« Ahahah… ahahah… HAHAHAHA ! »

C’était à mon tour de rigoler, de me fendre la poire comme on disait. J’étais à cet instant rien qu’une démence placide. Contraste étrange, probablement inadapté, mais il y avait t’il encore quelque chose de sensée dans les tréfonds de mon âme ? Et cette folie soudaine, je ne pouvais la contenir, je ne devais pas le faire, triste état de mon égo. C’était pour moi le seul moyen d’adoucir ma peine, de laisser à ma réalité un peu de douceur. Cela dura encore quelques secondes, quelques minutes, ou même peut être quelques heures… Je ne savais pas, je ne savais plus, j’avais perdu pied. Plus de notion du temps, plus de notion de rien, c’était simplement « zéro », le temps infini… Pour un temps… Car je savais moi, ce qui empêchait ce Garzok de malheur de fouiller sa lame dans mes entrailles. Oui, bientôt, je sortirais d’ici… Oaxaca avaient besoin de main d’œuvre ailleurs parait-il, et j’étais l’un de ceux qui allaient bientôt partir vers cette destination inconnue. Elle avait besoin de personne résistantes, pour du dur labeur. Le genre d’esclave, qui ne rendra pas l’âme sous les coups de fouet dès le premier jour et j’étais sans vouloir me vanter, l’un des plus résistants dans cet endroit. Le nombre d’années que j’avais réussi à tenir ici en était la plus belle preuve. Cet imbécile de Liam de Falek avait dû me recommander… On se connaissait bien lui et moi, enfin, c’était une façon de parler. On avait déjà eu l’occasion de discuter, plusieurs fois, et il semblait toujours aussi surpris de me voir encore en vie… Cette sale ordure sans nom… Enfin, grâce à lui, j’allais quitter cet endroit, et je comptais bien me faire la malle durant le transfert ou mourir. Pour moi, il n’y avait que ces deux solutions.

« Ils ont raison les autres… Tu es vraiment un malade !»

(Qu’est ce que…)

Le nez dégoulinant de sang, je me relevai, non sans quelques difficultés, pour faire face à cette voix inconnue. Assis dans un recoin de la pièce, un humain qui devait approcher la quarantaine me détaillait du regard, un sourire confiant suspendu aux lèvres. Je l’observai alors moi aussi, lui, avec ses oreilles décollés, ses cheveux grisonnants, sa barbe hirsute et ses traits grossiers. Mais un élément attira plus particulièrement mon attention. C’était une cicatrice imposante traversant son front à l’horizontale, comme si un coup de hache avait été donné juste la.
Fichtre ! Ces incapables en avaient profités pour m’assigner un compagnon de cellule. Comme si j’avais besoin de ça.

« Narranazir ! M’enfin, c’est le nom que tu te donnes. »


Des les premiers mots qu’il prononça, je sus que ce type était du genre volubile. Encore un condamné à l’enfer qui se croyait intéressant, parce qu’il avait survécu quelques petites années à ce lieu maudit. Je décidai bien vite de ne pas m’attarder sur son compte. Ce type allait sûrement finir par comprendre que je ne m’intéressai pas aux vulgaires cloportes de son espèce. Je fis alors demi-tour, essuyant le sang de mon visage grâce à ma manche alors que je me dirigeai à l’autre bout de la cellule. Une pièce exigüe avec peu de place, assez grande pour contenir trois personnes. Quatre murs gris, sales, creusés dans la roche de la montagne. Seule une lourde porte en métal renforcée faisait office de décor dans cette salle. Celle-ci ressemblait d’ailleurs plus à un tombeau qu’à autre chose. C’était ma prison souterraine et elle empestait la mort… Seuls effluves restant, des nombreux cadavres qui avaient élu domicile en ce lieu. Ici, on côtoyait la crasse, les rats et les mouches bouffeuses de chaires. Personnellement, je m’en accommodais parfaitement. Après tout, on n’avait pas réellement le luxe de se plaindre.

Le corps encore endolori, je m’allongeai, recroquevillé sur moi-même contre les dalles froides du sol Je voulais dormir, oublier l’espace d’un temps onirique cet endroit. Ce lieux de malheur, ou je n’avais pas même une couche pour dormir. Enfin, j’aurais bien voulu, mais le cloporte ne semblait pas disposer à m’en laissé le loisir.

« Je suis Gorth ! Je suppose que toi aussi tu feras partit du transfert. »


Et en plus, j’allais devoir me coltiner cette langue pendue durant tout le trajet. A peine arriver, cet humain arrivait déjà à faire l’exploit de devenir envahissant. Il était un peu comme tous les membres de sa race, une sorte de parasite pour le monde.

« Si ça t’intéresse… J’ai un plan pour pouvoir nous échapper d’ici…»

Vulgaire cloporte ! Il avait réussi à cet instant à faire monter en moi une vague d’intérêt pour lui. Quelques minutes plus tôt, j’avais souhaité qu’il se taise, qu’il me lâche la semelle quelques instants et voila que la, je voulais qu’il en dise plus. J’étais piqué au vif, repoussé dans mes derniers retranchements, ne sachant pas si je devais l’écouter ou bien continuer à l’ignorer royalement. Mais mon envie de savoir prit bien vite le dessus sur mon indifférence, la repoussant loin, très loin dans mon subconscient. Elle avait gagné ce duel à mort, du moins, pour l’instant. Je me relevais sur mes avant-bras tournant vers l’humain un regard dur, mélange d’attention et de menace silencieuse. Si cet imbécile m’avait roulé dans la farine, je jurai à cet instant que je le tuerais sur le champ.

«Parle… »

Je sentis le tressaillement de joie, qui anima soudain le regard de mon compagnon de cellule. Je lui avais donné ce qu’il voulait, et à cet instant je ressentis une haine incommensurable me gagner. Dirigé vers lui et aussi vers moi pour m’être laissé avoir… J’allais le tuer c’est sûr.

« Ca t’intéresse alors ? »

« Parle ! »


Mon ton se fit plus ferme, plus froid, cet homme n’avait pas l’air de savoir que ma patience, si elle était grande, avait quelques limites….

« Tu sais… Je suis comme ça moi, je suis méticuleux ! Cela fait des années que je pense à un moyen de m’évader. J’étais quelqu’un de très futé dehors, un jour j’avais réussi à… »

S’en était trop, la colère pris possession de mes membres, et malgré ces chaines qui liaient mes poings et mes pieds entre eux, j’arrivai en quelques enjambées sur le dénommé Gorth. J’étais affaibli certes, mais pas assez pour que cela puisse m’empêcher de le tuer. Alors de tout mon poids, je tombai sur son corps, enserrant de mes grandes mains sa gorge. Mon visage s’était rapidement déformé par l’expression de ma haine. Je détestais profondément que l’on me fasse perdre mon temps.

« Vas-tu parler, enfin ? Si tu as réellement un plan dis le moi tout de suite ! Sinon je risque de… »

« D’acc…ord ! »

La voix de l’homme sortit difficilement, sous la pression que j’exerçais sur sa gorge. Des sons gutturaux horriblement désagréables émanèrent de sa trachée réduite par ma force. Ses yeux luisaient, d’une lueur horrible à voir. Celle de la peur, l’apanage des faibles et des lâches. Les humains étaient si enclins à se faire ronger par ce sentiment.

L’homme commença à ouvrir la bouche à l’ instant où je desserrai mes mains autour de son cou. Il s’emblait réfléchir, à la meilleure manière d’exposer son idée, sans fioritures. C’était bon signe, il avait finit par me cerner.

« Je… Voila… Je sais ou ils nous emmènent. Dans un camp situé dans les montagnes, non loin de Mertar. Là-bas il y a une garnison d’Omyre qui se prépare. Aussi tôt qu’on aura pénétré les montagnes, il n’y aura plus aucun moyen de fuir. »

« Et donc ? »

« Et donc, nous devons nous libérer avant même de quitter l’enceinte du camp. »


Ces derniers mots eurent la résonance d’un coup de fouet dans mon esprit. Nous libérer dans l’enceinte même du camp ? Mais cela était complètement impossible, avait il perdu la raison ?

« Tu es bien audacieux je trouve. Trouve moi une seule personne qui à pu quitter cet endroit si ce n’est en étant déjà mort ?! C’est impossible ! »


Mes mots eurent le don de provoquer chez l’homme une réaction que je n’avais pas prévu jusque la. Un sourire se dessina sur son visage dévoilant ses dents jaunes et rongées par leur mauvais entretien. Et ses lèvres dessinèrent des mots qui me firent tressaillirent. Le genre de frisson qui vous traverse, quand l’espoir voit le jour au milieu de la désolation.

« Nous serons les premiers… »

« Tu es bien trop confiant… Pourtant, tu as dis être ici depuis un moment déjà… Alors sois cet endroit t’as fait perdre la raison sois tu as un vraiment un plan. Mais il va échouer car on ne sort pas d’ici de son plein gré. Tu devrais le savoir mieux que quiconque. »

« C’est la que tu te trompes Narranazir ! En creusant dans les mines avec d’autres gars, on à découvert un nouveau réseau de tunnel sous-terrain. Et cela mène, directement vers les montagnes. »

« Mais encore… »

« Non ! Des montagnes, nous partirons vers Dahram. J’ai quelques amis la bas. Alors, nous partirons par bateau vers un lieu plus sûr. Si on reste sur la terre ferme, aucun doute qu’ils n’auront pas de mal à nous rattraper avant que nous ayons atteint une ville libre. »


Je m’étais tut un instant. Tout cela semblait émaner d’un songe. Qu’est ce que je devais faire ? Le suivre ? Ou bien tenter de partir par moi-même avec mon plan de départ. Toute cette histoire me paraissait étrange et je ne savais pas trop la marche à suivre. Néanmoins quelque chose d’évident, un problème qui se posait finit pas me sauter aux yeux. Cet homme que je ne connaissais ni de Yuimen ni de Gaïa venait me proposer de m’enfuir avec lui ? Dans quel but ? Non… C’était probablement un piège. Faire confiance aux gens ici est la pire chose à faire. Je l’avais appris à mes dépends…

« Pourquoi tu me dis ça ? Quel intérêt tu y trouves. »


« Je devais m’enfuir d’ici, avec quelques camarades, mais voila on m’a changé de cellule. Alors j’ai besoin de toi pour que l’on sorte d’ici. Demain c’est le jour J, il ne faut pas qu’on manque le bateau. Si tu vois ce que je veux dire. »


L’espoir… Ce sentiment j’avais vite fait de l’abandonner. Et voila que Gorth me l’avait ramené. Je ne savais pas si je devais lui en être reconnaissant ou pas. La seule chose sûre était que j’allais attendre de sortir d’ici vivant avant. Car malgré ce qu’il venait de me proposer, je ne lui faisais pas vraiment confiance.

« Et tu veux que je t’aides comment ? »

« Au signal, il faudra que l’on quitte cette cellule pour rejoindre les autres à la mine. Malheureusement, cette cellule est plus éloigné que la mienne de cet endroit et je ne sais pas comment m’y rendre, n’y comment en sortir. »


Mes yeux durent se plisser d’incompréhension à cet instant car Gorth se sentit obliger de continuer.

« Tu comprendras bien assez tôt, je te rassure.

[b]« Je n’aime pas ça, mais c’est d’accord. Au signal nous sortirons d’ici et je t’emmènerais vers les mines. Au réveil, tiens-toi prêt. »[/b]


L’humain me souri alors, comme si il venait de gagner ce petit duel improvisé. Il avait en quelques secondes prit l’ascendant, mais nous savions tous les deux que nous avions besoins l’un de l’autre. Je devais voir ça comme un échange de bon procédé et rien de plus. Je me levai, libérant l’homme de ma menace prête à frapper. Je me dirigeai alors vers ce recoin même ou je m’étais couché tout à l’heure. Avant que tous ça ne surviennent. Avant que cet homme ne vienne troubler mes pensées. Je ne saurai dire si je pourrai dormir, combien de temps je le pourrais tant mes pensées était remués, tant mon corps était meurtri. L’espoir me rongeait l’âme…

[b]« Je serait prêt Narranazir. »
[/b]


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 Sujet du message: Re: Camp de la déportation d'Omyre
MessagePosté: Dim 26 Oct 2014 16:54 
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(Allez Aenaria, réveille-toi la situation est de nouveau critique…)

Il ne m’en fallut pas plus pour que les propos alarmants de ma faera me fasse sortir de ma léthargie. Une douleur violente à la tête me lançait, quelqu’un semblait vouloir jouer du tambour avec mon cerveau, ce qui n’était pas à mon goût. Une odeur affreuse agressa mes narines, me soulevant le cœur. J’ouvris finalement les yeux et ce que je vis me déplut fortement.

J’étais dans ce qui ressemblait à une geôle entouré de barreaux de fer sauf sur une partie qui était un mur de roche. Pas d’ouverture sur l’extérieur, je devais probablement me trouver sous terre pour ne pas bénéficier de la lumière du jour. En lieu et place de l’astre solaire, des torches dispensaient une faible lumière, m’obligeant à m’habituer à la légère pénombre de l’endroit.

Ce que je découvris autour de moi me donna des frissons dans le dos. Des dizaines de geôles où toute la population de Yuimen se trouvait avec des fers aux pieds et aux mains. Regardant de plus près mon corps, je découvris que le même sort m’avait été réservé. Mon équipement m’avait été dérobé, adieu épée de l’île volante, bouclier céleste, armures. Les seuls objets que j’avais encore, à part mes vêtements, étaient le collier de mon frère, ma bague de fiançailles ainsi que mon anneau de l’équilibre.

Regardant de nouveau autour de moi, je réussis à distinguer un sindel dans la geôle à ma droite, un earion à ma gauche, d’autres elfes, des humains de différentes races, des aldrydes, des nains et des gobelins, voilà le petit monde qui m’entourait à présent. Mais que s’était-il passé pour que j’arrive ici ?

(Puis-je éclairer ta lanterne ?)
(Oui s’il-te-plaît. Au moins tu es toujours avec moi.)
(Bague de fiançailles ou pas, je ne te quitterais pas de si tôt.)
(Comment ai-je atterri dans cette prison ? Je me souviens avoir tenté de sortir d’Omyre et de m’être pris un coup sur la tête et après le trou noir.)
(A quel point est-ce que tu connais le continent et surtout la région d’Omyre ?)
(Seulement ce que j’ai pu en lire dans les livres et ce que j’en ai vu avec Ehemdim, pourquoi cette question ?)
(Le coup que tu as reçu à la tête t’as sonné pendant au moins 4 bonnes heures ce qui a permis à tes kidnappeurs de t’emmener ici, dans cette prison.)
(Quatre heures ? Je peux être dans n’importe quelle prison du continent !)
(Tu les connais toutes ?)
(Je pense que oui. Mais où est-ce que je suis Crystallia ?)
(En réalité, tu n’as pas quitté Omyre…)

De nouveau, un frisson me parcourut l’échine. La seule prison à ma connaissance qu’il y avait dans les alentours d’Omyre était en réalité un camp de déportation d’Oaxaca sur lequel les pires rumeurs circulaient. J’en avais entendu des vertes et des pas mûres à son sujet. Camp de travail, camp de torture, camp de déportation, de nombreux qualificatifs lui étaient appliqués, mais le plus important était le terme de prison. Peu de personnes en étaient sorties vivantes, la plupart des personnes qui entraient ici en ressortaient les pieds devant. Selon les dires, une phrase était gravée à l’entrée de ce bagne de l’enfer.

(Toi qui entre ici abandonne tout espoir.)
(Pardon ?)
(C’est la phrase inscrite en plusieurs langues à l’entrée de cet endroit maudit.)
(Et bien, cela annonce la couleur !)
(Aenaria, est-ce que tu te rends compte que ta chance de sortir vivante de cet endroit est infime ?!)
(Je ne suis pas passée par le fil de l’épée il y a quelques jours pour terminer mes jours ici ! Je suis morte une fois en me battant je ne sais où, et ne pas connaître toute l’histoire me pèse, mais je compte bien sortir d’ici vivante. Tu m’entends Crystallia ? Je ne baisserais jamais les bras ! J’ai déjà affronté la mort plus d’une fois, je suis passée de vie à trépas et je suis revenue à la vie dans cette ville. Je t’en fais la promesse, cette ville n’aura pas ma peau !)
(Bravo, très joli discours, mais comment tu comptes t’y prendre pour quitter ce lieu ?)
(D’abord en apprendre le plus possible sur ce lieu, fortifications, gardes, armements. Ensuite, essayer de trouver des bonnes volontés pour tenter de lancer une mutinerie générale et libérer tout le monde. Enfin, une fois sortie trouver la personne qui m’a envoyé ici et mettre un terme à sa vie misérable.)
(Bonne chance alors parce que ton plan semble bien difficile à mettre en…)
(Chut, j’entends quelqu’un arriver.)

Effectivement, mes oreilles avaient capté des bruits de pas bien lourds. Doucement, un orque lourdement équipé s’avança jusqu’à l’entrée de ma cellule. Il se posta devant la porte et me dévisagea avant de souffler fortement.

- « Bien, la princesse guerrière est réveillée. »

La princesse guerrière ? Sérieusement ! Quel manque d’intelligence ! L’orque siffla entre ses dents noires et aussitôt quatre gobelins firent leur apparition aux pas de course. Le garzok prit un trousseau à sa ceinture et introduisit une clé dans la serrure de ma cellule. Une fois ouverte, les quatre gobelins me soulevèrent de terre et m’entrainèrent de force hors de cette cage.

Le geôlier se mit en route vers un endroit inconnu pour moi. J’en profitai pour regarder de plus près les personnes se trouvant dans les cellules autour de moi. Toutes étaient plus misérables les unes que les autres, néanmoins dans certains regards je pus capter de la colère, de la haine, et même parfois un immense sentiment de vengeance. Je pourrais peut être motiver toutes ces personnes mais l’heure n’était pas à l’harangue de la foule.

Je devais commencer par faire un plan mental des lieux. En sortant du couloir des cellules, le geôlier laissa passer mon escorte ainsi que ma petite personne avant de se poster devant la porte d’entrée. Ainsi donc il gardait seulement mon couloir, ce qui impliquait probablement la présence de bien d’autres couloirs de geôles.

M’étant arrêté de marcher pour réfléchir à tout cela, les deux gobelins qui étaient derrière moi me donnèrent des coups dans le dos pour me faire avancer. Plier mais ne pas rompre comme disait mon instructeur à l’armée. Je serrai les dents pour ne pas montrer que ces coups étaient douloureux et repris ma marche forcée.

Nous prîmes sur la droite en sortant du couloir et marchâmes une petite minute à un rythme lent à cause de mes chaînes avant de tourner à droite de nouveau. En entrant dans cette nouvelle pièce, mon sang ne fit qu’un tour et il me fallut faire preuve d’une grande maîtrise de moi-même pour ne pas vomir tripes et boyaux devant ce spectacle.

En regardant autour de moi, je compris rapidement à quoi pouvait servir cette pièce. Des panneaux avec différents objets coupants, d’autres que l’on pouvait aisément chauffer dans un âtre qui semblait entretenu, une table avec des chaînes intégrées, des chaînes tombant du plafond. J’avais déjà eu l’occasion de voir une telle pièce durant ma formation, c’était tout simplement une salle de torture.

Les gobelins attachèrent mes chaînes de mais sur celles qui pendaient depuis le plafond et me laissèrent ainsi à attendre. De nombreux scénarios se fabriquèrent dans ma tête et tous finissaient mal. Ma faera apparut alors devant moi sous sa forme de fée avec un visage fort inquiet.

(Tu ne peux pas en trouver un plus réjouissant s’il-te-plaît !)
(Le but de cette salle n’est pas le plaisir. Fais-toi une raison, je vais me faire torturer. Les seules incertitudes sont la longueur et la violence des sévices infligées.)
(Par tous les dieux de Yuimen, comment les gens peuvent-ils arriver à une telle extrémité ?)
(Voilà ce qui arrive lorsqu’on a passé toute sa vie avec des pacifistes.)

Un homme fit alors son apparition dans le chambranle de la porte. Je ne l’avais pas entendu arriver, ce qui était plutôt étrange. Peu de personnes étaient capable de se déplacer aussi silencieusement. Je devais probablement me trouver face à un personnage de haut rang de ce camp. Il ferma la porte derrière lui et s’avança vers moi, me permettant enfin de voir son visage de plus près.

Un homme au visage sévère, balafré en plusieurs endroits, des cheveux épais et noir de jais, un sourire sadique sur les lèvres, une tenue aussi noire que la nuit, pas de doute, j’étais en face de mon bourreau. Il s’avança vers moi, après quelques secondes théâtrale d’observation de ma petite personne, pour faire le tour de sa future victime. Finalement, il se posta jambes écartées devant moi, les mains croisées dans le dos. Il était suffisamment prêt pour que je sente son souffle chaud sur ma joue.

- « Ainsi donc on m’a graissé la patte pour te faire endurer mille tourments. »

- « Qui a payé pour me voir ici ? »

Une gifle sur la joue plus tard, je pus constater à quel point il était vif car il avait déjà repris sa position initiale.

- « C’est moi qui pose les questions ici ! »

- « Puis-je au moins savoir à qui j’ai à faire ? »

Une deuxième gifle plus forte cette fois-ci atteignit de nouveau mon visage. Je gardai une expression le plus neutre possible pour ne pas lui montrer à quel point j’avais envie de lui rendre son coup.

- « Tu n’as pas le droit de parler, chienne ! »

- « Je ne suis pas une chienne ! »

- « Mais c’est qu’elle mort en plus ! »

- « Viens donc plus près que je te montre à quel point mes crocs sont acérés ! »

Petit décalage de sa jambe gauche et extension de la droite pour attendre mon ventre. Sous le coup, mon corps se balança en arrière avant de revenir vers mon bourreau qui me donna un magnifique crochet du gauche. Le timing était parfait, la douleur immense, il avait l’habitude de pratiquer cet exercice.

- « Est-ce que tu es calmée ou bien il faut que je t’humilie un peu plus ? »

- « Tu ne me fais pas peur ! »

- « Le grand Liam de Falek ne t’inspire pas la peur ! Tu vas plier comme tous les autres avant toi sale catin ! »

- « Tu veux une preuve de ta stupidité : tu viens de me donner ton nom ! »

- « Alors sache que je suis le maître des lieux et que je vais te descendre plus bas que terre ma grande. Mais d’abord analysons de plus près ma prochaine victime. »

Il se posta derrière moi et posa ses sales mains sur mon corsage qu’il délaça avant de tirer d’un coup sec dessus pour déchirer les manches, me laissant juste en sous-vêtement sous ses yeux. Il repassa devant moi avec ma robe, ou du moins ce qu’il en restait dans la main droite avant de faire un « hum » de satisfaction.

- « Le spectacle te convient ? »

- « Tu ne serais pas une de mes prisonnières j’aurais beaucoup aimé passer la nuit avec toi ma grande ! Tu es magnifique mais aussi très musclée, ce qui m’indique une chose : ton esprit va être dur à pénétrer. »

(Tu ne crois pas si bien dire.)

- « Musclée ? Je m’entretiens c’est tout. »

Un nouveau crochet heurta ma mâchoire me la déboitant presque.

- « Tu t’entretiens ?! Tu me prends pour une poire ?! Tu penses que tu es la première sindel à t’installer dans mes geôles ? J’en connais plus sur les tiens que tu sembles le croire ! Seuls les personnes faisant parti de l’armée royale présentent une telle stature ! De plus, ton maniement des armes est assez impressionnant à ce que l’on m’a dit. Quand à la magie, tout le monde pense que tu as eu de l’aide depuis le public. Une sindel qui manie les armes et la magie à un tel niveau, ce n’est pas possible. C’est inhumain. »

- « Je ne suis pas humaine. »

- « C’est vrai, tu es une elfe, mais une sindel à la merci d’un des plus grands sadiques que ce camp ait connu et surtout, je m’en flatte beaucoup, l’un des plus doués dans la torture des prisonniers. »

Son regard brillait d’une lueur infernale, cela n’annonçait rien de bon pour la suite. Mais quelque chose dans son discours avait retenu mon attention : les gens pensaient que j’avais un complice dans l’arène lors de mon combat. Oh non, Hong !

(Crystallia, est-ce que tu es sur qu’il va bien ?)
(Oui… Enfin, je pense.)
(Laisse-moi, je peux me débrouiller et retrouve-le. Je ne veux pas qu’il se soit attiré des ennuis par ma faute alors que j’étais censée faire le contraire en le prenant sous mon aile.)
(Je serais suffisamment prêt pour entendre tes pensées et te parler en cas de besoin. Tiens le coup.)

Il leva ma robe pour la mettre à hauteur de ses yeux alors que Crystallia me faisait un signe d’au revoir de la main avant de disparaître à travers le mur derrière Liam.

- « Tu pourras récupérer ceci sous plusieurs conditions. La première que tu survives à la torture que je vais t’infliger dans les heures voir les jours à venir. La deuxième que tu sois un esclave docile qui travaille comme tous les autres prisonniers de ce camp si tu survis. La troisième que tu ne tentes rien contre moi sinon c’est la corde qui t’attend. Est-ce que j’ai été suffisamment clair ? »

- « Relativement. »

De nouveau une lueur infernale dans les yeux, je l’avais énervé. Il posa ma robe délicatement, plutôt étrange comme comportement, sur la table avant d’aller récupérer un fouet qu’il fit d’abord claquer dans l’air avant de le faire claquer sur mon ventre. J’avais vu le coup venir donc j’avais eu le temps de comprimer mes abdominaux pour amortir la douleur mais c’était quand même violent. Une mince coupure fit son apparition laissant perler quelques gouttes de sang.

- « Lorsque je pose une question simple, tu réponds par oui ou non, c’est compris ? »

Il voulait me casser, il allait avoir du mal. Entre mon entraînement et ma faera qui me soutiendrait jusqu’au bout s’il le fallait, je ne pouvais pas perdre contre lui.

- « Parfaitement. »

Deux coups de fouet de plus sur mon ventre ouvrirent de nouvelles plaies.

- « Tu vas plier ? »

- « C’est mal me connaître ! »

Il se posta un peu plus sur le côté et fit encore une fois claquer son fouet sur ma peau. Cette fois-ci les côtes et mon bras droit furent touchés. J’avais beau bander mes muscles de toute part, la douleur commençait à se faire sentir de plus en plus. Je ne devais rien laisser paraître pour qu’il ne ressente rien.

- « Tu vas arrêter de me répondre tout de suite ! »

- « Jamais ! »

Les coups de fouet plurent de nouveau sur mon bras et maintenant dans mon dos.

- « Tant que… j’en aurais… la force… je te… répondrais… je te… résisterais… jamais… je ne me… soumettrais ! »

Mes paroles étaient hachées à cause des coups que je prenais à intervalle régulier. J’avais arrêté de les compter mais continuais malgré tout de garder les dents serrées, perdant ainsi mes cris dans ma gorge. Liam s’arrêta quelques secondes avant de se poster de nouveau devant moi.

- « Tu vas crier salope ! »

- « Je ne te ferais pas ce plaisir Liam ! »

- « Tu vas hurler pour demander grâce, ça je peux te le jurer ! »

Je m’apprêtais à lui répondre lorsqu’il fit de nouveau tournoyer son arme au-dessus de sa tête lui faisant prendre de l’élan avant de l’abattre avec violence sur moi. Je ne lui ferais pas le plaisir d’hurler sous ses coups de fouet. Je fermai les yeux, serrai les dents de toutes mes forces et regardai le plafond pour tenter de ravaler les larmes qui faisaient leur apparition dans mes yeux.

(Aenaria, Hong va bien. Je l’ai trouvé.)
(Reviens vite, j’ai besoin de toi.)
(Tiens le coup, j’arrive au plus vite.)

Je gardai la tête en l’air me concentrant sur tout autre chose, essayant par la même de faire abstraction de ce qui m’arrivait mais c’était bien difficile. Malgré moi, des perles d’eau salée sinuèrent le long de mes joues prouvant à mon adversaire que la douleur était intenable. Progressivement, mes forces m’abandonnaient, ma mâchoire commença à se décontracter mais je devais tenir bon.

Tournoyant autour de moi, il n’épargna aucune partie de mon corps avec ses attaques répétées. Je sentais mon sang couler dans mon dos et sur mon ventre, puis le long des mes jambes avant de se perdre dans une flaque sous mes pieds. J’avais envie d’utiliser mes pouvoirs de soin mais je ne pouvais pas à cause de cette terrible douleur qui vrillait tous mes membres.

Mon supplice finit par s’arrêter sans que je ne sache vraiment pourquoi. Je pouvais remercier l’armée et ma formation car je n’avais pas crié, je ne lui avais pas fait ce plaisir. J’ouvris les yeux et baissai la tête afin de comprendre la raison de cet arrêt, que je bénissais de tout mon être. Liam semblait essoufflé, de la sueur perlait sur son front, de la fatigue se lisait sur son visage.

- « Tu es bien plus résistante que je ne l’aurais cru. Te briser me prendra plus de temps que prévu… Je vais prendre un malin plaisir à te faire goutter à toutes les tortures possibles et imaginables que Oaxaca a pu imaginer pour les pauvres bougres de ce camp. »

J’avais envie de lui répondre une phrase assassine mais je n’en avais plus la force. Ce fut le moment que choisi ma faera pour faire son apparition devant moi.

(Par Sithi, qu’est-ce qu’il t’a fait ?)
(C’est si moche que ça ?)

Je vis mon bel oiseau faire le tour de mon pauvre corps avant de se fixer de nouveau devant moi.

(A vue de nez, je dirais qu’il s’est bien amusé avec toi. Tu as du recevoir une centaine de coups.)
(Tant que ça ?)

Mes forces m’abandonnèrent soudain. Liam siffla entre ses dents et aussitôt les gobelins qui m’avaient escorté refirent leur apparition alors que je partais progressivement dans un autre monde.

(Ne t’évanouies pas Naria, tiens encore le coup.)
(Plus… la … force…)

Je sentais que j’étais à deux doigts de tomber dans l’inconscience, mes yeux se fermaient malgré moi. Je devais faire preuve d’un effort surhumain pour les rouvrir à chaque fois.

(Tiens encore deux petites minutes Naria, je t’en prie. Ne lui montre pas que tu vas perdre pied face à lui… Calme les battements de ton cœur, pense à Ehemdim, à ce que tu ressens en sa présence. Je vais essayer de te faire retrouver cet état de calme.)

J’avais presque oublié que ma faera avait des pouvoirs, celui de faire moduler la fréquence de ma voix mais également celui de me calmer. Calmer les battements de mon cœur n’allait pas m’empêcher de perdre conscience, simplement, cela ralentirait mon évanouissement

Les gobelins me détachèrent du plafond et je tombai lourdement sur le sol, sans force pour tenir sur mes jambes. Un des gobelins me prit par la taille et me balança sur son épaule comme un sac à patate. J’aurais très bien pu en un mouvement lui briser les cervicales avec les chaînes autour de mes poignets mais les forces me manquaient.

(Ne fais rien de stupide, tu n’es pas en état de te battre.)
(Je ne suis… pas en état… du tout…)

Mon escorte me ramena dans ma cellule où il me jeta sur le sol sans aucune autre forme de procès. Le geôlier ferma derrière moi et s’en alla de son pas lourd.

(Naria, tu es toujours éveillée ?)
(J’ai mal…)
(Dors, laisse-toi partir.)

Je fermai les yeux, me recroquevillai sur moi-même et me laissai aller à l’inconscience.

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 Sujet du message: Re: Camp de la déportation d'Omyre
MessagePosté: Mer 31 Déc 2014 10:03 
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Je ne saurais dire combien de temps s’était écoulé entre le moment où j’avais lamentablement échoué sur le sol de ma cellule et le moment où je fus sortie du sommeil par un bac d’eau glacée mais il sembla que ce temps était bien trop court. J’ouvris difficilement les yeux et réalisai que je vivais le pire de mes cauchemars, être pratiquement nue dans la cellule d’une des prisons les plus meurtrières de Yuimen. En levant la tête, je trouvai un visage familier qui me détaillait de la tête au pied.

- « La princesse trouve son séjour agréable ? »

- « C’est encore mieux qu’à la maison ! »

- « Je serais toi, j’éviterais les sarcasmes si tu ne veux pas que ta vie se termine plus vite que prévu ! »

(C’est un bon conseil que tu devrais suivre à la lettre Aenaria.)

Je baissais la tête en signe de soumission jusqu’à ce que l’orque ne fasse demi-tour. Je soupirai de lassitude avant de regarder autour de moi la misère de cette geôle. Je devais trouver un moyen de sortir de cette situation et vite car des séances de torture comme celle que j’avais subi hier aurait vite raison de mon esprit et de mon corps.

- « Vous récupérez plus vite que la moyenne. »

Une voix que je n’avais jamais entendue encore venait de résonner à ma gauche. C’était celle de l’éarion. Il s’approcha des barreaux et je pus voir que lui aussi avait subi plusieurs séances de tortures. Des traces plus ou moins récentes de sang, des coupures plus ou moins anciennes décoraient tout son corps.

Regardant mon corps, je remarquai que nombre de mes blessures s’étaient déjà refermé, certaines avaient même commencé la cicatrisation. C’était impossible, j’étais trop sonné pour faire usage de mes pouvoirs magiques, comment cela avait-il pu arriver ?

(Est-il possible de faire usage de sa magie dans son sommeil sans s’en rendre compte ?)
(Certaines personnes arrivent à utiliser inconsciemment leur pouvoir lorsqu’ils sont dans une situation très grave. C’est peut-être ce que tu as fait.)
(Génial ! Moi qui ne voulais pas utiliser mes pouvoirs en ces lieux, c’est raté !)

- « Disons que j’ai un métabolisme qui me permet de récupérer rapidement. »

L’elfe bleu s’approcha un peu plus des barreaux me faisant signe de m’approcher de lui. Je m’exécutai, m’accroupissant près de lui. Il baissa la voix avant de reprendre.

- « Je suis un éarion, la magie de l’eau coule dans mes veines dès la naissance. Je suis capable de détecter des fluides magiques, les vôtres sont en contradiction avec les miens. Je dirais éclair et lumière à première vue, vous êtes une paladine. »

- « Vous êtes perspicace. »

- « Faerlyn, c’est ainsi que l’on me nomme. »

- « Aenaria Imfilem. »

Une main sur nos cœurs respectifs termina les présentations avant de continuer à voix basse.

- « Ils ne doivent rien savoir sur mes pouvoirs. »

- « Ni sur les miens. »

- « Nous sommes d’accord. »

- « Comment est-ce que vous vous êtes retrouvé ici ? »

- « Je ne sais pas qui, mais quelqu’un me voulait ici. J’ai été victime d’une embuscade à Omyre alors que je quittais la ville. Et vous ? »

- « J’ai fait du tort à une personne puissante de Dehant, il a mis un contrat sur ma tête pour que je souffre autant que je l’avais fait souffrir et me voilà dans ce lieu de perdition. »

- « Vous n’avez pas l’air d’être une personne dangereuse ou du moins capable de faire souffrir quelqu’un. »

- « J’ai révélé des informations explosives suite à une enquête de longue haleine. Je pensais avoir mis à l’ombre cette personne mais elle a réussit à passer entre les griffes de la justice. »

- « Vous semblez exercer un métier dangereux Faerlyn. »

- « Mon métier est beaucoup moins dangereux que le vôtre, je suis professeur de magie. Vous, en revanche, vous menez une vie bien plus dangereuse que moi. »

- « A quoi vous le voyez ? Au fait que je sois une paladine ? Pitié, tous les paladins ne passent pas leur temps sur un champ de bataille. »

- « Vous êtes arrivé dans votre cellule avec votre équipement : épée, bouclier, armures. Ils vous en ont dépossédé comme une malpropre. Il n’est pas très difficile de faire le lien. »

Cet éarion avait un trop grand sens de l’observation, pas étonnant qu’il se soit attiré des ennuis. Son regard me rendait presque nerveuse, je me mis à faire tourner mes deux bagues pour essayer de calmer les battements de mon cœur.

- « Mariée ? »

- « Fiancée. Vous savez que votre sens de l’observation est dérangeant, pas étonnant que vous vous soyez attiré des ennuis ! »

(Et toc !)

- « C’est un don et une malédiction… »

Un don et une malédiction… sens de l’observation exacerbé… franc parler… sans peur des conséquences… probablement une mémoire qui stocke toutes les informations…

(A quoi tu penses ?)
(Il peut m’aider à sortir d’ici.)
(Comment ?)
(Grâce à son sens de l’observation.)

Un petit sourire naquit sur mon visage, un sourire d’espoir. Ce serait long mais ce n’était pas impossible.

- « Puis-je connaître la raison de votre sourire ? »

- « Nous pouvons nous aider mutuellement pour sortir de ce lieu de fou. »

Une lueur d’espoir naquit dans son regard bleu océan.

- « Comment voulez-vous faire ça ? »

- « Vous avez un sens de l’observation dérangeant mais utile, j’ai la connaissance des armes, à nous deux nous pouvons tenter de quitter ce lieu. Ce ne sera pas sans difficulté, ça je peux vous l’assurer mais il est hors de question que je finisse ma vie derrière ces barreaux. »

- « Personne n’a réussi à s’échapper de cette prison depuis que je suis enfermé ici. »

- « Depuis combien de temps êtes-vous enfermé ici si ce n’est pas indiscret ? »

- « Cela fait à peu près un an, du moins je le suppose. Nous n’avons aucune notion du temps qui passe dans ces sous-sols. »

Un an ? Il était clairement aminci mais ne semblait pas être en mauvaise santé. Les geôliers devaient prendre soin de leurs prisonniers pour mieux les torturer. Aurais-je le droit à ce même traitement de faveur ? Espérons-le sinon je ne tiendrais pas très longtemps les séances de tortures répétées.

- « Que pouvez-vous me dire sur les lieux ? Les rondes des gardes, les couloirs, où ils mènent, tout ce qui peut être utile. »

- « Le plan de cet étage est relativement simple : sur la droite on trouve les différentes salles de tortures. Elles sont différentes dans leur utilisation : l’une est faite pour la noyade, l’autre pour la torture physique, vous l’avez expérimenté, dans l’autre ils utilisent des médicaments et des poitions pour jouer avec nos esprits, dans la dernière je ne sais pas ce qu’il y a mais tout ce que je sais, c’est que si vous y allez, vous n’en revenez jamais.

- « Une salle pour l’exécution des prisonniers donc. Et de l’autre côté ? »

- « Il y a l’armurerie, les quartiers des gardes orques, puis celui des gobelin et enfin les marches qui permettent de rejoindre la surface pour travailler. »

Je fis un plan mental de ce qu’il venait de m’apprendre : à droite mauvais, à gauche liberté.

(Liberté, liberté, c’est un bien grand mot ma chère !)
(Si ce n’est pas la liberté, je serais au moins à l’air libre !)
(Et après ? Ca t’avancera à quoi concrètement ?)
(Qui connaît son ennemi comme il se connaît, en cent combats ne sera point défait. Qui se connaît mais ne connaît pas l'ennemi sera victorieux une fois sur deux. Qui ne connaît ni son ennemi ni lui-même est toujours en danger.)
(Imfilem ?)
(Non, je n’ai pas cette prétention d’avoir eu de si belles paroles sur la guerre. C’est un stratège militaire ynorien qui a dit cela il y a des lunes et des lunes. Mais il avait entièrement raison. Je sais de quoi je suis capable, je connais mes limites également, si je ne connais pas suffisamment bien mon adversaire, que je ne connais pas ses forces et ses faiblesses, je sortirais forcément perdante.)
(Whaaaaaaaa… je suis impressionnée…)
(Ne le sois pas, j’ai appris cette maxime par cœur et elle m’a bien servie dans la vie jusqu’à présent.)

- « Une fois à l’extérieur, le niveau de sécurité doit être impressionnant ! »

- « Il y a des gardes dans la cour qui nous surveillent évidemment mais après, je n’ai jamais fait attention. Si tu survis à tes cinq jours de torture, tu le verras par toi même. »

- « Cinq jours de torture ? J’ai connu pire, je survivrai, du moins je l’espère. »

(Quelqu’un aproche.)

Levant la main vers la bouche, je fis signe de se taire à Faerlyn avant de reprendre ma place. J’avais bien peur que ces bruits de pas ne soient pour moi.

(Sithi, ait pitié de moi.)

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 Sujet du message: Re: Camp de la déportation d'Omyre
MessagePosté: Jeu 29 Jan 2015 23:05 
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Ce qui devait arriver arriva. L’orque qui servait de geôlier entra et se dirigea vers ma cellule accompagné des quatre gobelins de la veille. Génial, j’étais dans de beaux draps, encore. L’orque se posta devant l’entrée de ma cellule et me hurla dessus ces quelques mots.

- « La princesse ! Debout ! »

- « S’il-te-plaît, ce serait trop vous demander ? »

- « Tout de suite ! »

- « Bon, bon, d’accord. »

- « C’est bien tu apprends l’obéissance sale sindel ! »

- « Ouais, ouais… »

Je me mis difficilement debout, mon corps était encore endolori de ma petite session de coups de fouet de la veille.

- « Maintenant, tu croises tes doigts derrière ta tête et tu ne bouges pas. »

- « Si tu penses que je vais faire quelque chose dans cette position, tu me surestimes. »

(Je pourrais te faire griller la cervelle en deux secondes ou te coller mon point dans la figure, cela pourrait me faire le plus grand bien !)
(Zen Naria, calmes-toi.)
(Je suis calme ne t’inquiète pas pour moi.)

En apparence en tout cas, à l’intérieur je bouillonnais, tous les sens en alerte. Les gobelins entrèrent dans ma cellule et je dus me retenir très fort de ne pas les envoyer valdinguer dans le geôlier. Cela m’aurait procuré un plaisir fou mais j’étais un peu limitée physiquement, ce n’était pas le moment de faire montre de mes capacités magiques.

Une fois les mains entravées dans mon dos, je fus soulevée de terre par les gobelins et vivement on me fit sortir de ma cellule. Je ne regardais pas Faerlyn pour que mes geôliers ne voient pas notre collusion. Ils me firent tourner de force sur la droite, direction la torture. Croisons les doigts pour je n’aille pas à la salle du bout car, d’après les propos de l’éarion, j’en ressortirais les pieds devant.

Je passais la première salle, la noyade n’était donc pas au programme aujourd’hui, la deuxième salle passa également sur ma droite, il n’en restait plus que deux. Liam était bien trop sadique pour mettre un terme à ma vie aussi tôt. Il m’avait clairement fait comprendre qu’il voulait jouer encore un peu avec moi.

Mes suppositions étaient justes, mes gardes me firent entrer dans la troisième salle sur ma droite. J’allais donc avoir le droit aux psychotropes et autres substances hallucinogènes, génial.

(Tu as déjà eu ce genre de traitement ?)
(Non, je connais l’existence de certaines plantes qui font voir la vie en rose mais à part cela, je n’en ai jamais testé. Et toi, tu as déjà vu les effets de ce genre de produits ?)
(Non, j’ai juste vu une de mes maîtresses en préparer il y a des centaines d’années mais je n’ai jamais vu ce qu’elle a fait sur la personne qui l’a bu.)

La situation était inquiétante. Si ces produits me faisaient revivre certains évènements de mon passé, ça n’allait pas être joli. Je n’avais pas envie de ressentir de nouveau ces douleurs, ma vie en tant que soldat n’avait pas toujours été très rose, Crystallia le découvrait un peu plus chaque jour.

Dans cette nouvelle salle, je découvris un fauteuil à accoudoir équipé de sangles pour attacher les malheureuses victimes que nous étions. Liam avait un véritable sens de la perversion et de la théâtralité. Pour ce qui était du reste de la pièce, je découvris une table avec tout un tas de fioles avec des couleurs différentes. Vu le nombre, j’allais passer un bon moment dans cette pièce. De mieux en mieux.

Les gobelins me conduisirent sans trop de surprise vers la chaise à sangles. Ils défirent mes liens et tentèrent une première fois de m’asseoir sans y réussir. Ils utilisèrent alors la manière forte en me frappant derrière la tête ce qui me sonna quelque peu. Ils purent alors sans problème m’asseoir et m’attacher comme une vulgaire proie que l’on venait tout juste de chasser.

J’étais une proie, il ne manquait qu’une chose, le chasseur. Des pas légers se firent entendre, presque inaudibles pour une oreille qui n’était pas entraîné à détecter des bruits aussi infime. Comme disait l’expression, en parlant du loup, voici Liam qui faisait son entrée avec le sourire sur les lèvres dans cette pièce.

Portant les mêmes vêtements que la veille, même si je me doutais que ceux-ci étaient propres, il claque simplement des doigts puis indiqua la sortie aux gobelins qui s’exécutèrent dans la seconde.

Une fois seul à seul, il s’avança doucement vers moi avec un sourire carnassier sur le visage. Il m’inspecta de la tête au pied afin de voir l’état de mes blessures. Il leva un sourcil d’étonnement en voyant que nombre de mes coupures s’étaient déjà refermées. Il passa alors sa main sur mon corps ce qui me déclencha des frissons de dégoût. Il releva la tête et planta son regard dans le main.

- « Je vais briser ton esprit comme les vagues se brisent sur les rochers ! »

(Ployer comme un roseau, oui, mais me briser, JAMAIS !)
(C’est peut-être cela qu’il attend.)
(Quoi donc ?)
(Que tu ploies et te brises mentalement. Si tu réfléchis, quel est le dénominateur commun à toutes les personnes dans les geôles, à part leur faiblesse physique ?)
(Le fait que dans leurs yeux on peut y lire la résignation à mourir dans cet endroit.)
(Et si certains d’entre eux, à l’image de Faerlyn, n’étaient pas si résignés que cela mais qu’ils faisaient comme si ils étaient brisés mentalement.)
(Donc il faut que je lâche prise ?)
(Pas de tout de suite, à la fin de ta semaine de torture mais pas avant. Il faut cependant que tu lui montres au fur et à mesure des signes de faiblesse. Il faut que tu restes en vie !)
(Ployer mais ne pas se briser, comme je l’avais dit.)

- « Causes toujours ! »

Je lui crachai au visage pour bien lui faire comprendre que je ne serais pas si simple à briser. Pour toute réponse, il me gifla avec le dos de sa main gauche.

- « Aoutch. »

Liam ne fit pas attention, se recula simplement et prit la pause en croisant les bras sur son torse, jambes légèrement écartées.

- « Tu es une princesse guerrière, donc tu t’es déjà battue, vu ton équipement, cela semble une évidence. »

- « Je suis une guerrière, tu l’as dit toi-même ! »

- « Ne m’interromps pas lorsque je parle ! »

Je levai un sourcil d’étonnement devant sa petite crise, avant d’avoir un petit rire nerveux. Je n’étais pas au mieux et je faisais la maline pour le provoquer, pour le forcer à montrer son jeu. J’allais vite savoir ce qu’il y avait au menu aujourd’hui pour moi.

- « Je vais peut être changer de stratégie avec toi. Je dispose de dizaines de drogues, de dizaines de psychotropes, j’ai plusieurs moyens de te faire du mal avec ton cerveau, tu ferais bien de ne pas trop jouer avec mes nerfs, sinon cette salle sera la dernière chose que tu verras de ta vie. »

Cela ressemblait à une véritable menace dans sa voix. Mieux valait changer mon épée d’épaule.

- « Si je me tiens un minimum, puis-je poser une question ? »

Il se rapprocha de moi, me regarda profondément, cherchant une réponse à une question silencieuse. Il resta dans cette position un long moment, cela en devenait presque inconfortable. Au bout de plusieurs minutes interminables, il finit par se reculer dans sa position initiale.

- « Poses ta question mais choisis-la bien, je n’y répondrais pas forcément si cette dernière ne me plaît pas. »

Bon, alors réfléchissons, j’avais le droit à une question, une seule, je devais bien la choisir. Il me fallait savoir une chose. Je savais pertinemment que si je posais la question de manière frontale, il n’y répondrait pas, il me fallait la poser différemment. Voyons voir…

- « Est-ce que je connais la personne qui m’a fait enfermer ici ? »

Il se fendit d’un large sourire avant d’acquiescer de la tête.

- « Oh que oui, tu connais cette personne. »

Pour qu’il ait une telle réponse, il fallait plusieurs éléments : une personne avec des moyens, une personne avec le bras long et surtout une personne ayant des liens avec une ville comme Omyre, des liens avec de mauvaises personnes. Je n’en voyais qu’une seule dans mon entourage qui soit aussi vil et avec autant de connexion : mon frère !

- « Je jure sur Sithi que je vais lui faire la tête au carré ! »

- « Encore faut-il que tu arrives à sortir d’ici en vie ! »

- « Ce n’est qu’une question de temps ! »

Il balaya mes propos d’un mouvement de la main comme pour passer à autre chose mais ma colère était telle en cet instant que je ne pouvais me concentrer sur autre chose.

- « Comme je disais, j’ai le moyen de stimuler différentes parties de ton cerveau pour induire différentes réactions plus ou moins douloureuses. J’ai une petite préférence pour aujourd’hui pour les potions qui induisent les souvenirs. Mais des souvenirs précis, des souvenirs de tortures physiques, de douleur qui seront mis les uns après les autres. »

Au fur et à mesure qu’il parlait, mon attention se reporta sur lui et mes yeux s’ouvrirent un peu plus à chaque mot. J’en ouvris la bouche de surprise et presque de tétanie.

(Allô la lune, ici Crystallia. Aenaria !)
(Ca va faire mal !)
(Tu n’as pas vécu tant de choses douloureuses que cela ?)
(Euh… comment dire cela simplement ? J’ai fait 50 ans d’armée, 50 ans de combats, 50 ans d’entraînement, plus les quelques jours que tu as vécu avec moi. Tu as eu un assez bon aperçu de ce que je peux vivre.)
(Tu es souvent passé près de la mort ?)
(Oui, pourquoi ?)
(Ouh là…)

- « Sais-tu que la douleur indue par des souvenirs peut tuer les gens ? »

- « Quoi ?! »

- « Une princesse qui a peur de ces souvenirs ? Tu n’en serais pas une alors ? »

- « Je me tue à te dire que je suis une guerrière, pas une princesse ! J’ai vécu des choses très violentes dans ma vie ! Ces souvenirs vont me tuer ! »

- « Serait-ce de l’inquiétude que j’entends poindre dans ta voix ? Tu as vraiment vécu tant de choses affreuses ? »

- « A ton avis ! J’ai passé la moitié de ma vie à me battre becs et ongles pour défendre mes fesses ! »

- « Ahahahahah, alors ce sera encore plus facile et plus drôle que je ne le pensais de te voir te tordre de douleur rien qu’avec tes souvenirs ! »

Je le vis se diriger vers la table et attraper une fiole bien précise. Il connaissait le contenu du moindre de ses récipients, c’était quelque peu rassurant mais également très inquiétant. Il revint ensuite vers moi et déboucha la fiole avant d’appuyer très fortement sur ma mâchoire pour m’obliger à ouvrir la bouche. Il versa le contenu bleu dans ma gorge avant de refermer ma bouche, me contraignant à l’absorption du liquide. Je n’eus d’autre choix que d’avaler.

Liam lâcha ma mâchoire et recula pour m’observer.

- « Si tu survis, tu auras le droit de récupérer ta robe mais vu ce que tu m’as dit, j’en doute. »

Il prit la direction de la sortie mais fit une pause pour se retourner vers moi. Il leva la main droite et pointa le plafond de son index.

- « Juste une petite chose. Tu revivras tes souvenirs d’une manière particulière : tu verras toute la scène de l’extérieur de ton corps. En littérature, on appelle cela un narrateur omniscient. La seule différence c’est que tu n’écriras pas l’histoire, non, tu seras comme paralysée, une simple spectatrice mais la douleur sera bien présente. Bon voyage dans tes souvenirs ! »

Il baissa sa main, afficha un petit sourire sarcastique et fit un demi-tour avant de disparaître complètement.

(Sithi, je t’en supplie aide-moi)

Le produit fit effet petit à petit, je le sentis s’insinuer dans mes veines un peu plus à chaque seconde. Un liquide froid dont la direction était mon cerveau, cette sensation était affreuse, savoir que la torture allait venir de ma propre personne. Mes paupières devinrent soudainement très lourde, trop lourde pour que je puisse garder mes yeux ouverts et je perdis conscience de mon environnement, me perdant dans mes souvenirs.

En rouvrant les yeux, je me retrouvais dans une tente face à moi-même. Cela était étrange mais aussitôt je reconnus le lieu, j’étais à la bataille de Calànor dans la tente d’Emarùm. Je le vis entrer dans la tente et m’assénai un coup de poing tellement puissant qu’il me fit tomber au sol. Puis la source du soleil s’accéléra, c’était presque irréel de me voir ainsi au sol.

Puis le bourreau shaakt entra de nouveau dans la tente, me remis debout et je me réveillai presque instantanément. Il posa sa main sur mon épaule, me demanda mon nom, devant ma non réponse, il m’électrocuta. Mon souvenir et moi-même nous souffrîmes de la même douleur. Je contractai la mâchoire en espérant retenir un cri de douleur. Arriva la deuxième décharge, plus puissante que la première et enfin la troisième qui me laissa presque morte, tremblante comme une feuille.

A cette époque-là, je ne possédais pas de magie, je ne pouvais la contrôler. Aujourd’hui, je possédais des fluides d’éclair et étrangement, je ressentis un peu moins la douleur attendue. Heureusement pour moi, car je savais parfaitement ce qui m’attendait par la suite.

Je me vis alors devant un bac d’eau glacé et Emarùm me plongea la tête dedans sans attendre que je prenne ma respiration. Je sentis le froid envahir mes poumons lorsque l’air vint à le manquer. Il me releva la tête avant de la replonger une nouvelle fois plus longtemps. Oh non, pas ça.

Il me poussa ensuite dans le bac d’eau glacé, je me préparai alors à me faire hydrocuter car c’était la suite logique dans mes souvenirs. Respirant profondément, je pris sur moi le plus possible mais la douleur était bien trop grande et je criai de toutes mes forces ma douleur. Je ne savais même pas si mon cri était vrai ou bien s’il était simplement resté coincé dans la gorge.

La tente disparut alors, je sautais dans mes souvenirs pour me retrouver dans la salle d’armes de la maison d’Ehemdim. Je me vis sortir mon épée alors qu’Ehemdim était atteint de la maladie de Kendra Kâr. Nous allions nous battre, le combat se passa en vitesse accélérée mais je sentis toutes les blessures à la vitesse normale et surtout la coupure dans mon dos.

Mon cœur battait de plus en plus vite à mesure que j’encaissais les coups, des coups de plus en plus violents. Je connaissais trop bien ma vie pour savoir que si la drogue continuait d’agir, j’allais me retrouver à deux doigts de la mort deux fois de suite. Je ne pensais pas pouvoir le supporter, mon corps ne pourrait pas le supporter. Et Crystallia qui ne pouvait pas m’aider dans mes souvenirs…

Ma respiration était saccadée par la violence du combat et la drogue faisait toujours effet. Ma vision se troubla quelques secondes pour faire apparaître un nouveau souvenir et un nouveau lieu : l’entrée du donjon du palais de la rose, la demeure de feu Grantier.

Le combat commença contre mes 4 assaillants. Je prenais des coups et j’en rendais du mieux que je pouvais… Deux adversaires envoyés au bas des escaliers, plus que deux avec des lames d’assassins… Une mauvaise attaque de ma part et une coupure au niveau du cou qui me fait passer de vie à trépas sans compter les différents coups que j’avais pu prendre avant…

Même si je vivais un souvenir, que je voyais la scène de loin, je pouvais sentir la vie qui quittait mon corps de nouveau suite à ce combat… Je ne criais plus, je n’en avais plus la force, mon corps était trop douloureux. J’avais envie de me plier au sol de douleur mais j’en étais parfaitement incapable, j’étais, comme Liam l’avait dit, paralysée sur place, paralysée dans mon propre corps.

Le fait de ne pas pouvoir agir, l’immobilisme m’énervait profondément. La douleur me faisait trembler de tous les côtés, les larmes coulaient maintenant abondamment sur mon visage. Mon cœur battait de plus en plus fort, ma cage thoracique et la pression exercée dessus devenait très inconfortable, insupportable.

Le flou de nouveau devant mes yeux, je voulais sortir de cet enfer, mais la drogue faisait toujours effet, à quel moment s’arrêtait-elle ? Ma tête me faisait trop mal pour réussir à aligner deux phrases de réflexion correcte, la douleur dans mon corps était indescriptible. Toutes ces blessures rouvertes les unes après les autres, toute cette souffrance mise bout à bout… C’était une véritable torture !

- « Arrêtez cette torture ! »

Etrangement, le flou devant mes yeux se dissipa me faisant revenir à la réalité. Etait-ce aussi simple de sortir de cet enfer ? Peu importait, je ne pouvais pas en supporter plus. Faites que ce soit la solution.

Mes yeux se rouvrirent sur le visage de Liam qui était déçu de toute évidence. Il eut un ronronnement presque animal de mécontentement face à mon réveil. Avais-je contrecarré ses plans ?

- « Tu as résisté bien plus longtemps à la revisite de tes moments de torture physique que je ne pensais ! Et cerise sur le gâteau, tu as trouvé le seul moyen de contrecarrer cette drogue ! Tu vas le payer très cher ! »

Il claqua des doigts et aussitôt les 4 gobelins entrèrent dans la pièce. Je tremblais encore de tous mes membres, j’étais dans un état de léthargie assez profond. Aucune plaie n’était ouverte sur mon corps mais j’avais l’affreuse sensation que ma cicatrice dans le dos s’était rouverte.

Les quatre peaux vertes me détachèrent et l’un deux m’aida à me relever parce que j’en étais totalement incapable. Liam avança vers moi et fis un signe à deux de ses acolytes afin qu’ils lèvent mes bras. Je ne comprenais pas ce que cela voulait dire mais la réponse arriva très vite. Il enfila ma robe par dessus ma tête avec beaucoup de soin.

- « Chose promise, chose due. Ramenez la dans sa cellule et donnez-lui de quoi manger et boire. Elle va en avoir besoin pour tenir les prochains jours. »

Le gobelin le plus fort me souleva de terre avec une facilité déconcertante, je ne pouvais absolument pas bouger. Il avança lentement avec moi comme poids sur l’épaule. Une fois devant ma cellule, il me déposa au sol sans aucune forme de compassion. L’un de ses comparses apporta un plateau avec de quoi manger mais je n’en avais pas la force.

(Dors Aenaria, c’est tout ce que tu as besoin de faire pour le moment.)
(Crysty, tu as là…)
(Bien sûr, je ne t’ai pas abandonnée. Maintenant dors, je vais tenter de calmer tes craintes alors ne penses plus à rien.)

Une fois enfermée et rassurée, je sombrai dans un profond sommeil.

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MessagePosté: Lun 2 Fév 2015 00:05 
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Vaseuse, je me réveillais dans ma cellule mais surtout dans ma robe. J’ouvris les yeux et remarquai le plateau avec du pain et de l’eau qui était resté sur le sol. Je pris le verre et bus de petites gorgées afin de ne pas m’étouffer. J’attrapai ensuite la miche de pain et mordis dedans à pleines dents en prenant bien le temps de mâcher le plus possible.

Je finis tranquillement mon repas, me permettant de reprendre un minimum de force avant la prochaine séance de torture. Liam avait promis de me détruire dans les jours à venir, mieux valait récupérer le plus possible.

Un léger déplacement sur ma gauche attira mon attention. Faerlyn venait aux nouvelles de toute évidence.

- « Comment vous sentez-vous ? »

- « J’ai l’impression que ma tête est passée sous un char de guerre, mon corps me fait mal de partout, Liam m’a promis de nombreuses tortures encore, c’est le plus beau jour de ma vie ! »

- « Au moins, vous n’avez pas perdu le sens de l’humour. »

- « C’est ça ou bien je m’apitoies sur mon sort. Et vous, comment vous allez ? »

- « Le travail ne me tuera pas si c’est la question. »

- « Puis-je poser une petite question ? »

- « Bien sur. »

- « Nous ne sommes pas les seuls prisonniers ? »

- « Oh que non. »

- « C’est bien ce que je pensais. »

Je n’eus pas le temps d’en dire plus que les pas bien lourds du geôlier se firent entendre. Faerlyn se recula quelque peu de moi avant que le gros orque ne se fige devant ma cellule.

- « Debout et mains derrière la tête. »

- « C’est bon je connais la musique. »

Je m’exécutai rapidement avant de me faire engueuler un peu plus. Aussitôt mes quatre gobelins préférés arrivèrent au pas de course et m’entravèrent comme à leur habitude. Je ne me battais même pas, préférant garder les quelques forces que je venais de récupérer pour une bien meilleure utilisation.

Ils me firent ensuite sortir de ma cellule et du quartier de détention où j’avais élu domicile provisoirement. Je passais la première porte su ma gauche, puis la seconde, pour retrouver encore une fois, la salle de torture mentale. Qu’y avait-il au menu pour aujourd’hui ?

Je me montrais relativement docile et m’assis dans le fauteuil sans faire d’histoire. Ils m’attachèrent comme la veille, du moins, j’avais la sensation d’avoir dormi très longtemps pour récupérer de la précédente absorption mais peut être que j’étais dans le flou le plus total.

Au moins j’avais récupéré ma robe, un peu de dignité en plus ne faisait jamais de mal. Je tournai alors la tête vers la table qui contenait toujours autant de fioles. Il y avait un espace vide à l’endroit où il y avait le contenant du liquide bleu que j’avais absorbé quelques heures auparavant. Je me perdis dans la contemplation de cette table qui n’annonçait rien de bon pour mon organisme.

Liam fit alors son entrée en faisant un dérapage contrôlé pour arriver pile au milieu de l’embrasure de la porte. Quelle théâtralité ma parole ! Il s’avança doucement vers la table et attrapa une fiole dont le liquide était jaune cette fois-ci. Il se positionna ensuite devant moi comme il l’avait fait la veille.

- « Bien, il semblerait que tu tiennes encore debout. »

- « Il semblerait. »

- « Aujourd’hui, tu vas avoir le droit à un psychotrope qui va stimuler une autre partie de ton cerveau et donc un autre type de souvenir. Petite question : quelle est pour toi le sentiment le plus douloureux qu’une personne puisse éprouver ? »

- « C’est une question piège ? »

- « Non. »

- « Je dirais l’amour. C’est toujours dur de voir une personne que l’on aime nous trahir. »

- « Exactement ! La trahison, c’est intolérable surtout quand elle vient d’un être cher. Tu as donc déjà expérimenté ce sentiment je suppose ? »

- « Oh que oui, plus d’une fois. »

- « Bien alors ouvre la bouche. Tu sais que c’est inévitable, inutile que je rappelle mes amis les gobelins. »

- « Ai-je vraiment le choix ? »

Il s’avança vers moi tout en débouchant la fiole. Je soupirai de lassitude avant de pencher la tête légèrement en arrière tout en ouvrant la bouche. Il versa le liquide jaune dans ma bouche et me laissa avaler comme une grande fille. Le contenu me donna soudainement très chaude et fit effet plus vite que le produit de la veille.

- « Et maintenant, voyons à quel point tu as été trahi mais également à quel point tu as trahi sachant que tu blesserais quelqu’un. »

Ma tête devint lourde et mes yeux se fermèrent malgré moi. Je savais qu’une nouvelle fois, je faisais un tour dans mes souvenirs. Mais par où la substance allait commencer ? Le brouillard devant mes yeux annonçait le premier souvenir. Lorsqu’il se dissipa, je me retrouvais à l’endroit que je voulais le plus revoir mais où je craignais grandement de rentrer : le manoir de Faronia.

Je me trouvais retenue par un shaakt alors que mon frère avait un couteau sous la gorge de Gameleb, mes parents étant retenus par d’autres drows au service de mon frère. J’allais devoir revivre le moment le plus dramatique de ma vie : la mort de ma famille, commandité par mon frère. Il n’y avait pas de plus grande trahison.

Mon frère me toisa avec un regard étrange qui me donna des frissons. Je ne pouvais toujours pas bouger avec cette drogue, c’était affreux. J’allais devoir subir cela une nouvelle fois. Je savais exactement comment cela allait se passer, je ne voulais pas regarder mais je ne pouvais pas faire autrement.

L’elfe noir qui avait une dague sous le cou de mon père l’égorgea sur ordre de mon frère avant de demander la même chose pour mon frère. J’avais envie de crier, de hurler, de mettre à terre ses rebus de Yuimen mais ni moi ni mon double de souvenir ne pouvait bouger. Puis mon frère tourna sa tête vers moi alors qu’il resserrait sa prise sur la lame qu’il tenait sous le cou de Gameleb.

Mon frère m’adressa quelques paroles que je n’avais absolument pas remarquées lors du meurtre de ma famille et de Gameleb. Il m’expliqua qu’il avait fait tout cela pour moi, qu’il voulait que nous soyons ensemble pour le reste de nos jours, qu’il voulait que nous fondions une famille tous les deux.

Je n’avais jamais entendu ses propos et aujourd’hui avec le recul, ses actions étaient encore plus impardonnables. Il méritait de passer devant la justice de notre pays et de se faire pendre haut et court pour trahison. Je serais les poings de rage car c’était bien la seule que je pouvais faire en cet instant.

Je me remis à la place de mon double. Mon dégoût pour Aenarion était immense, le sentiment de trahison atteignait un tel niveau que lorsque je sentis une petite baisse dans la prise du shaakt sur mes mains, je pris la poudre d’escampette afin de rejoindre ma chambre pour récupérer mon épée. Mais une fois de retour dans la pièce, il était trop tard, Gameleb était passé de vie à trépas, mon frère et son petit gang avait disparu.

Je n’avais plus que mes yeux pour pleurer, mon cœur saignait abondamment de la traitrise de mon frère et je me vis prendre quelques affaires avant de disparaître à sa poursuite. Ma vue se brouilla et je sus que j’allais devoir affronter une nouvelle forme de trahison.

Quelques secondes plus tard, je me retrouvais devant une fontaine où je pus admirer le reflet d’Ehemdim. Je mis un petit moment avant de réaliser où je me situais jusqu’à ce que je voie une elfe grise aux cheveux noirs comme la nuit embrasser à pleine bouche mon fiancé. Je savais qui était cette salope, Tamìa, qui avait changé de couleur de cheveux.

Sa félonie trouvera un jour la justice et surtout un châtiment que je serais ravie de lui infliger moi-même. La trahison cette fois-ci venait d’Ehemdim que je voyais prendre du plaisir alors que quelques heures auparavant il m’avait juré fidélité ! Il avait bafoué tout ce en quoi il croyait. Il disait m’aimer et détester Tamìa, mais cette vision de lui m’avait indiqué le contraire. Ce ne fut qu’en rentrant à Kendra Kâr que sa traitrise était involontaire car il avait attrapé la maladie qui ravageait la cité blanche à ce moment-là.

Non, ce jour-là le plus grand acte de trahison était venu de ma part. Ne sachant pas tout sur ce qu’il se passait sous mes pieds, car oui j’étais sur l’île volante des dragons durant cette vision, j’avais commis un acte impardonnable : je m’étais laissée aller dans les bras d’un inconnu que je ne connaissais que depuis quelques minutes.

Je voulais me venger pour infliger autant de douleur à mon fiancé qu’il m’en avait causé. J’avais réussi mon coup mais à mon réveil le lendemain, un sentiment dominait, le remord le plus profond. Au final, je m’étais fait plus de mal qu’autre chose. J’avais avoué à Ehemdim mon geste dès mon retour, ce qui avait généré une dispute entre nous, chose que je détestais par-dessus tout.

Mon cœur venait de recevoir une autre lame, me faisant monter les larmes aux yeux. Que c’était dur de repasser par là, j’avais tellement mal que ma respiration devint erratique, j’avais le souffle court. Mes émotions prenaient clairement le dessus sur mes souvenirs, je n’arrivais plus à penser, je n’arrivais plus à aligner le moindre mot dans mon esprit.

C’est alors que le brouillard se forma de nouveau devant mes yeux, un brouillard qui n’était pas du à l’effet du psychotrope. Non, celui-là était clairement différent, j’en étais à l’origine. J’étais juste en train de suffoquer, de manquer d’air, j’allais tout simplement finir par m’étouffer à cause de mes propres souvenirs.

D’un seul coup, je sentis que mon corps bougeait malgré moi et, en l’espace d’une minute à peine, je me retrouvais de nouveau dans la salle de torture, mais comment ? En tournant la tête, je vis que Liam était à côté de moi, avec expression étrange sur le visage, une expression mêlant inquiétude et satisfaction. Je devais le scruter avec un regard intrigué pour qu’il prenne la parole.

- « On m’a explicitement demandé de te faire souffrir mais pas de te tuer. Ton cœur battait beaucoup trop vite, je t’ai fait boire une substance pour te faire revenir à la réalité. »

Je pouvais sentir les battements de mon cœur retrouver un rythme normal. Je respirai profondément plusieurs fois avant de répondre.

- « Merci. »

La tension retombant, je tremblai de froid suite à ce sursaut émotionnel. Mon frère voulait donc me voir souffrir, je ne comprenais plus grand chose dans cette histoire, je croyais qu’il voulait faire sa vie avec moi. Cela n’avait pas de sens, Aenarion ne me ferait jamais subir une telle épreuve. Si ce n’était pas lui, qui était à l’origine de mon incarcération ?

- « Ne me remercie pas, je n’ai fait que mon travail. »

Il grogna une phrase de plus mais je n’y prêtais pas attention. Mes pensées étaient focalisées sur le commanditaire de cet enfermement. A part mon frère, qui pouvait avoir le bras suffisamment long pour me faire entrer ici ? J’aurais largement le loisir d’y réfléchir durant mon séjour ici.

Trop occupée à réfléchir, je n’entendis pas les gobelins arriver dans la pièce. Ils le détachèrent de la chaise et me ramenèrent dans ma cellule. J’y entrai et attendis qu’ils défassent mes liens avant de m’asseoir dos contre le mur afin de réfléchir. Je pris quelques minutes pour retrouver un souffle normal avant de contacter ma meilleure amie.

(Liam a dit que je connaissais la personne qui m’avait fait entrer ici.)
(Tu es sûr que ce n’est pas ton frère ?)
(C’est bon de t’entendre de nouveau.)
(C’est bon de pouvoir te parler à nouveau. Alors ?)
(Durant l’un de mes souvenirs, celui du jour de l’assassinat de mes parents, j’ai entendu les propos d’Aenarion. Il disait qu’il m’aimait et qu’il voulait fonder une famille avec moi.)
(…)
(Pas de commentaire sarcastique de ta part ?)
(Je préférais ne pas interrompre le cours de ta pensée avant d’intervenir.)
(Oh, je n’en ai tellement pas l’habitude. Enfin bref. A la lumière de ce nouvel élément, j’ai de plus en plus tendance à croire que je ne suis pas ici par la volonté de mon frère.)
(Qu’est-ce que tu veux dire par là ?)
(Si mon frère voulait vraiment fonder une famille avec moi, est-ce que ce serait logique, selon toi, de me faire subir ça ?)
(Si par ça, tu entends ton enfermement, effectivement ça ne colle pas des masses avec ce qu’il a pu te dire.)
(C’est la réflexion que je me suis faite lorsque je suis revenue à la réalité. La question est donc la suivante : à qui vais-je devoir faire la tête au carré ?)
(Tu n’as pas d’idée sur l’identité de cette personne ?)
(Un des frères des orques que j’ai tué dans l’arène, un ennemi puissant de la guilde dont je n’aurais pas connaissance, une des personnes que j’aurais pu froisser, un ennemi que j’aurais ou…)
(Toi, tu viens de trouver ce que tu cherchais.)
(Pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt ! Tamìa ! Elle me déteste prodigieusement et ses parents sont riches. Se faire délaisser par Ehemdim lui a légèrement abîmé le cerveau !)
(Légèrement ? C’est un euphémisme ? Elle a couché avec Ehemdim alors qu’il était parfaitement inconscient de ses actes !)
(Oui bon d’accord. Il y a des connexions qui ne se font plus dans son cerveau, c’est mieux ?)
(Oui.)
(Quoi qu’il en soit, je ne vois pas qui pourrait me faire envoyer ici à part eux deux.)
(Cela change-t-il tes plans ?)
(J’ai un étrange pressentiment à leurs sujets donc non.)
(Et maintenant, au repos soldat.)
(Oui madame.)

Me couchant à même le sol, comme tout le monde ici, je me laissai aller au repos, un repos bien mérité après toutes ces émotions.

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MessagePosté: Mer 4 Fév 2015 19:19 
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Je me réveillai quelques heures plus tard après avoir passé une sale nuit à repasser à travers tous mes souvenirs les plus traumatiques. En avalant ma salive, je me rendis compte que j’avais terriblement soif. J’ouvris les yeux pour voir que l’assiette sur laquelle avait été posée la miche de pain était toujours dans ma cellule, ainsi que le verre. Je m’en approchai et constatai qu’il était vide.

- « Un petit coup de main ? »

Faerlyn s’était manifesté à côté de moi. Il me proposait son aide mais en quoi pouvait-il mettre utile pour résoudre mon problème de soif à cet instant précis.

(De l’eau.)
(Mais oui, il est aquamancien.)

- « Si possible, je dirais pas non. »

Je le vis pointer mon verre de deux doigts mais il n’eut pas le temps de mobiliser ses fluides que le geôlier entra dans le couloir. Il s’arrêta devant ma cellule et me fit simplement signe de me lever d’un geste de la main. Tant pis pour le verre d’eau, il attendrait.

Je m’exécutai, me mis dos à la porte, les mains avec les doigts croisés derrière la tête. Cette situation était inévitable, je n’avais pas les moyens physiques de résister au geôlier et à ses petits copains. Alors mieux valait se soumettre, pour l’instant.

Comme à l’accoutumé, ils m’entravèrent les mains et me firent sortir de ma cellule. A la sortie du couloir, nous prîmes à droite pour ne pas changer et nous tournâmes aussitôt dans la première salle à droite, cela n’annonçait rien de bon car d’après les dires de Faerlyn, cette salle était dédiée à la torture aquatique.

(Ta respiration dans l’eau est comment ?)
(Je ne suis pas un poisson, je n’ai pas de branchies pour respirer sous l’eau !)
(Je voulais dire comment tu te débrouilles lorsque tu es sous l’eau, en apnée ?)
(Je suis plutôt douée. Des années d’entraînement dans la cascade du domaine de mes parents, plus l’entraînement de l’armée, je devrais pouvoir m’en sortir, enfin je l’espère…)

Quelque chose différait dans cette salle par rapport à celle où je m’étais retrouvée deux jours de suite, si on pouvait parler de jour car j’avais totalement perdu la notion du temps dans cet endroit. Il y avait une espèce d’immense bassine au fond de la pièce, suffisamment grande pour permettre à une personne de s’immerger totalement dans son contenu.

J’entendis derrière moi les gobelins se mettre à rire, pourquoi se comportaient-ils ainsi ? Qu’est-ce qu’il y avait de si drôle ? Leur comportement m’intriguait tout autant qu’il me faisait peur, je ne saurais dire pourquoi, mais j’avais un étrange pressentiment.

Sans attendre mon reste, ils me poussèrent jusqu’à la fameuse bassine et je découvris la raison de leur rire. Le contenu de cette dernière et ce qu’il y avait au programme pour moi avait vraiment de quoi effrayer n’importe qui. Dans une bassine, on mettait normalement de l’eau, plutôt chaude, cette fois-ci elle devait être glacée car de petits bouts de glace flottaient à sa surface.

Je fus agenouillée de force devant ce contenant qui n’augurait que des tourments pour ma petite personne. Deux gobelins se postèrent à mes côtés, posant chacun une main sur mes épaules de sorte que je ne pouvais me relever. J’étais à la place des prisonniers lors de ce que l’on appelait à l’armée « les interrogations aquatiques ». Le prisonnier était posté de la même manière que moi devant une bassine d’eau et on lui mettait la tête sous l’eau à répétition jusqu’à ce qu’il craque.

(Naria, dis-moi que tu n’es pas sérieuse ?)
(Malheureusement, c’est la plus stricte vérité.)
(Par tous les dieux de Yuimen, comment les hommes peuvent-ils inventer ce genre de torture ?)
(Lorsqu’on est en tant de guerre, tout est bon pour faire parler un prisonnier. Le moindre renseignement peut te faire gagner, dans ces cas-là tous les moyens sont mis de notre côté pour obtenir ce que l’on souhaite. C’est ainsi.)
(Serait-ce une pointe de défaitisme que je sens poindre dans ta voix ?)
(L’interrogatoire n’est pas ma spécialité, j’ai surtout appris à y résister. Cependant lorsque ton physique arrive à ses limites, deux solutions s’offrent à toi : forcer la main de celui que tu tortures pour qu’il mette un terme à tes jours en ayant la conscience tranquille ou bien craquer sous la pression au risque de faire tuer tous tes amis. La guerre est brutale, c’est le principe même d’une guerre Crystallia. Comment crois-tu que les Sindeldi ont réussi à dominer le Naora ? Par leur seule puissance technologique ? Je ne suis défaitiste, je suis réaliste sur la situation. Là vu comme je suis partie, je vais avoir le droit à mon interrogatoire aquatique.)
(Au moins, je serais avec toi cette fois-ci.)
(C’est une consolation de taille.)

Une démarche légère, des bruits de pas à peine perceptible, Liam venait de faire son entrée dans la pièce.

- « Bien, tu sais probablement de quoi il retourne donc inutile de te faire un dessin. »

Il claqua des doigts et aussitôt les deux gobelins qui se tenaient à mes côtés me soulevèrent du sol d’un seul coup. L’un m’attrapa les poignets, l’autre les pieds et tous deux positionnèrent mon corps au-dessus de la bassine qui de ce nouveau point de vue s’apparentait plus à une baignoire de fortune. Ils me descendirent d’un seul coup dans l’eau froide et je ne pus retenir un cri de surprise devant ce contact glacé.

Liam fut ravi de ma réaction car je l’entendis ricaner légèrement. Il prenait un malin plaisir à me faire souffrir et tout ça, pour quoi ? Parce que cette gourgandine le lui avait demandé ! Faire souffrir Ehemdim n’était pas suffisant, il fallait qu’elle s’en prenne à moi, pour quelles raisons se défoulait-elle sur moi ainsi ?

Suivant le cours de ma pensée, je ne faisais plus attention à ce que faisaient les gobelins. Celui qui tenait mes pieds les attacha entre eux puis au fond de la baignoire, le deuxième fit de même avec mes mains dans mon dos, je me retrouvais dans une position très inconfortable avec aucun moyen de sortir.

J’étais prise au piège, à la merci de Liam. Les battements de mon cœur s’accélérèrent soudainement, ma respiration devint erratique encore une fois dans ce lieu.

(C’est à ce moment-là que je peux paniquer !)
(Calme-toi…)

Entendre ses mots suffit à mon esprit pour retrouver un semblant de calme, le pouvoir de ma faera avait vraiment le don de tranquilliser mes idées. Je réussis à retrouver un rythme cardiaque correct prouvant ainsi à mon bourreau que je n’avais pas peur de lui et de ce qu’il allait me faire subir. J’en avais vu pire dans ma vie, quoi que…

- « Merci mes mignons, je prends le relais à partir de là. »

Les deux gobelins firent un signe de tête avant de prendre la direction de la sortie me laissant seule avec Liam. Ce dernier s’était sensiblement rapproché de la baignoire et je pus voir son expression changer lorsque ses deux acolytes disparurent de la pièce. Il se tourna alors vers moi avec un sourire carnassier sur le visage.

- « A nos deux maintenant. »

Il s’assit sur le bord de bois et plongea la main dans l’eau qu’il retira très vite.

- « Tu apprécies ton bain ? »

- « Il n’est pas à la bonne température. »

- « Fais donc la maline tant que tu le peux. Je te promets que d’ici quelques secondes tu vas te mettre à trembler comme une feuille, si ce n’est déjà le cas. »

Effectivement, de légers tremblements commencèrent à parcourir mon corps. Je savais que la résistance humaine ou elfique à l’immersion dans une baignoire glacée était relativement courte, je ne dérogeais pas à cette règle.

- « Le jeu est simple : soumets-toi à mon autorité et je t’épargnes de longue souffrance ou bien résiste et tu risques d’y laisser des bouts de corps. A toi de choisir ! »

Mes tremblements étaient de plus en plus présents, augmentant doucement en terme de violence. Je respirai profondément tentant de me calmer avant de formuler ma réponse.

- « Me soumettre n’est pas à l’ordre du jour ! »

- « Tu te soumettras comme tous les autres avant toi ! »

- « NON ! »

Je tremblai par tous les pores de ma peau, les liens entravant mes chevilles et mes poignets me faisaient d’autant plus mal. Tous ces mouvements incontrôlés faisaient dangereusement bouger la surface de l’eau, m’envoyant de l’eau glacée dans le visage. Liam restait là à observer le spectacle qui s’offrait à ses yeux non sans s’en délecter, il suffisait de regarder le sourire grandissant qu’il affichait.

Plusieurs secondes de secousses corporelles passèrent sans que nous parlions. Finalement, Liam se baissa vers le sol pour attraper quelque chose, du moins c’était ce que je supposais. En se relevant, il avait effectivement récupéré un objet que j’étais incapable d’identifier.

- « Je vais calmer tes tremblements et augmenter ta peine un peu plus ! »

Sa voix était profondément mauvaise à cet instant. Il déposa une chaîne au niveau de mon abdomen, en dessous de ma poitrine, avec une pierre à chaque extrémité, ma parole, il était en train de me lester. Déjà que je luttais de toutes mes forces pour diminuer mes tremblements, il allait également falloir que je me batte pour garder la tête hors de l’eau.

Les pierres touchèrent le fond emportant mon corps avec elles. Liam se baissa de nouveau pour prendre une autre chaîne qu’il déposa cette fois-ci au niveau de mes hanches de telle sorte que mon corps formait un V étrange dans cette baignoire.

- « Confortable n’est-ce pas ! »

La sensation de froid était vraiment trop grande à présent. Je ne sentais plus le bout de mes orteils, ni le bout de mes doigts.

- « J’ai… connu… mieux… »

Lutter pour garder la tête en dehors du froid devenait un combat digne des plus grandes épopées yuiméniennes. Je me maintenais tout juste à flot mais c’était limite. C’était sans compter sur le sadisme de Liam qui se baissa une nouvelle fois pour attraper une nouvelle chaîne qu’il déposa sur mes chevilles si bien que je devais forcer sur ma ceinture abdominale pour respirer.

- « Abandonne ! »

- « Non… »

Mes tremblements atteignirent un point tel que malgré moi, ma tête passa sous l’eau. Il me fallut un effort surelfique pour remonter à la surface. J’aspirai de l’air à plein poumon sachant pertinemment que je ne pourrais plus tenir très longtemps dans cette position.

- « Alors tu vas mourir. »

- « Je… cro… yais… que… tu… de… vais… me… gar… der… en… »

Cette fois-ci je fus aspirée vers le fond de la baignoire sans avoir eu le temps de reprendre ma respiration. L’eau glacée s’insinua dans ma bouche et dans mon nez, se frayant un chemin jusqu’à mes poumons qui hurlèrent de douleur. Je voulais me débattre mais je n’en avais plus la force, c’en était fini de moi.

(Allez Aenaria, tu peux encore retrouver la surface.)
(Désolée Crysta….)

Mes poumons se remplirent progressivement d’eau, mes yeux se fermèrent et ce fut le trou noir.

***


Je me réveillai en sursaut en crachant de l’eau sur le sol, j’avais terriblement froid et ce n’était pas à cause de la baignoire où je me trouvais. J’ouvris les yeux et découvris Liam qui était agenouillé à mes côtés, inquiet mais pas trop car je venais de revenir à la vie.

- « Ramenez-la dans sa cellule. »

Les gobelins attrapèrent les liens qui entravaient toujours mes mains et me firent glisser sur le sol, m’éraflant les jambes au passage. Deux minutes plus tard, j’étais balancée comme un sac de farine contre le mur de ma cellule, tremblant de tous mes membres, le corps rougi par mon immersion prolongé dans cette baignoire glacée.

Ma tête était contre les barreaux me séparant de Faerlyn. Je pouvais le voir à côté de moi qui se faisait du souci pour ma santé mais j’étais bien trop gelée et bien trop fatiguée pour lui parler. Je me mis en position fœtale avant de tenter de trouver le sommeil du mieux que je le pouvais.

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MessagePosté: Jeu 26 Fév 2015 23:10 
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Je me réveillais tremblante mais pas de froid cette fois-ci, je tremblais pour autre chose. J’avais mal au niveau du thorax, dû probablement à la position que j’avais prise pour dormir. En tentant de me mettre sur le dos, ce mouvement me tira une violente quinte de toux. Par habitude, je mis ma main devant ma bouche et ce que je trouvais au creux m’inquiéta grandement : du sang.

Je toussai pendant un bon moment, j’avais du mal à respirer par la suite, quelque chose ne tournait pas rond avec moi. Ma nuit ne m’avait pas permis de récupérer de ma dernière séance de torture, je n’allais pas bien du tout. Je sentis un mouvement sur ma gauche, c’était Faerlyn qui venait de poser une main sur mon front.

- « Par Moura, vous avez de la fièvre, vous êtes malade. »

J’avais à peine entendu la fin de sa phrase trop tiraillée par une nouvelle quinte de toux qui me fit de nouveau cracher du sang. Je toussais en continu à tel point que ma respiration se fit rauque, de plus en plus dur avant que les battements de mon cœur s’emballent, rendant mon retour au calme quasi-impossible.

J’avais les poumons en feu, le cœur me faisait mal, j’étais vraiment au plus mal. Mes oreilles bourdonnaient, ma tête tournait, j’étais à deux doigts de m’évanouir ou pire de sombrer dans l’inconscience. Ma faera se matérialisa devant mes yeux sous sa forme de fée, visiblement inquiète pour moi.

(Aenaria, il faut que tu appelles à l’aide et VITE !)
(Je ne…)

J’étais trop faible pour entretenir la moindre conversation avec ma faera. Je tournai la tête vers Faerlyn, les larmes sur les joues d’avoir trop toussé, la détresse dans les yeux devant l’inquiétude que ma faera me portait.

- « Aidez-m… »

Je n’eus pas le temps de terminer ma phrase que mes yeux se fermèrent me faisant sombrer dans l’inconscience.

***


Je revins légèrement à moi lorsque je sentis que l’on me portait, une nouvelle quinte de toux me secoua le corps. La personne qui me portait me serra contre lui pour m’empêcher de trop bouger.

- « Dépêche-toi un peu ! J’ai promis à la personne qui l’a fait entrer ici de la garder en bonne santé. Elle devrait d’ailleurs arriver dans quelques heures pour voir si tout va bien… »

Le reste ne me parvint que comme un son lointain avant que je ne perde de nouveau conscience.

***


(Par tous les dieux de Yuimen, faites qu’elle s’en sorte…)
(Je suis là…)
(Tiens le coup Aenaria, ils font venir du renfort.)

- « Faites quérir le meilleur guérisseur d’Omyre ! Et que ça saute ! »

Cette voix, je l’avais entendu tout à l’heure. J’ouvris les yeux et remarquai que je n’étais plus dans ma cellule habituelle. J’étais dans une chambre tout ce qu’il y avait de normal, dans un lit chaud, ce qui calma quelque peu mes tremblements. Je me mis en quête de la source de l’ordre et reconnus facilement Liam.

De nouveau je me mis à tousser, à cracher du sang, Liam se tourna vers moi avec un visage visiblement inquiet. Il s’approcha de moi, récupéra quelque chose à côté du lit et me tendit finalement un verre.

- « Non… merci… »

- « Même si j’aurais préféré continuer à te torturer, tu es tombée gravement malade. Je ne sais pas ce que tu as pour le moment, mais tu es en mauvais état. Ce n’est que de l’eau, il faut que tu t’hydrates un minimum. »

Je pris le verre, il n’avait pas la moindre envie d’augmenter mon mal, je bus d’une traite et me blottis sous les couvertures avant qu’une nouvelle toux ne m’arrache un cri de douleur.

- « Mais que fait ce foutu médecin ! Je jure sur Oaxaca que je vais … »

Je ne sus pas quel châtiment il réservait au guérisseur que je repartais dans un autre monde.

***


Je fus sortie du sommeil par une affreuse odeur à réveiller les morts. Une personne que je ne connaissais pas se tenait à mes côtés. Je ne saurais dire combien de temps j’étais restée dans les vapes, le visage de Liam était suffisamment expressif pour ça.

(Le guérisseur a mis trois heures à venir ! Il a pris une soufflante !)

Ce devait être lui, le nouveau venu, le guérisseur. Sa voix me parvenait de loin mais je réussis à discerner ses demandes. Il fallait que je m’asseye dans le lit afin qu’il puisse écouter mes poumons. Il colla son oreille contre mon dos avant de taper en des points précis, il prit ensuite mon poignet pour calculer les battements de mon cœur et enfin il palpa mon front.

Il me poussa délicatement dans le lit et remonta la couverture sur moi. Il se tourna vers Liam et lui annonça ce que j’avais. Il lui donna un énorme sachet d’herbes qu’il avait pris par avance. Il expliqua à Liam qu’il était en retard parce qu’il avait pris soin de prendre le plus de remèdes possible. Liam le paya et le guérisseur partit sur-le-champ.

- « Qu’ai-je ? »

- « Et bien pour une première fois, je dois dire que j’ai fait très fort ! Je testais une nouvelle méthode de torture sur toi et il semblerait que je sois la cause de ta pneumonie. Tu vas devoir rester aliter pendant plusieurs jours apparemment. Le guérisseur m’a donné un sachet d’herbes qui te permettront d’aller mieux dans le meilleur des cas. Dans le pire, on retrouvera ma tête sur une pique. »

Peu m’importait, j’allais très mal, je ne pouvais rester plus longtemps sans soin. Liam siffla entre ses dents et aussitôt un serviteur arriva.

- « Une théière et de l’eau chaud ! »

Je ne vis pas le serviteur partir, mon esprit s’embrumait de nouveau, j’allais de nouveau m’endormir. Liam se porta à ma hauteur et me secoua doucement me faisant rouvrir d’un seul coup les yeux.

- « Ne te rendors pas, il faut que tu prennes ces herbes au moins avant. »

Je respirai toujours difficilement, dormir ou sombrer dans l’inconscience me semblait le meilleur moyen d’oublier ma douleur.

- « Tu veux surtout… sauver ta tête… »

- « Même à l’agonie, tu continues de me faire chier ! »

- « Je n’y suis… pour rien… »

Et une nouvelle quinte de toux vint me secouer les poumons. J’avais tellement mal que ma gorge était en feu. Je vis alors quelqu’un entrer dans la chambre et déposer un plateau sur le meuble à droite du lit. Liam se leva et mit aussitôt des herbes de la besace dans l’eau de la théière. Il laissa infuser quelques minutes tout en gardant un œil sur moi avant de me verser une tasse et me la présenter.

- « Croisons les doigts pour que tu survives à cette nuit. Allez bois-ça, ça te fera du bien. »

Je pris l’anse de la tasse et bus d’une traite le liquide chaud. Il me réchauffa quelque peu le corps. Liam repartir déposer la tasse alors que je me blottissais de nouveau dans les couvertures.

- « Apparemment, il y a un léger psychotrope dans ces herbes, donc durant tes périodes de réveil, il se peut que tu sois vaseuse et que tu imagines des choses mais ce n’est pas… »

Je n’étais déjà plus attentive.

***


Un éclat de voix dans la chambre me tira du sommeil.

- « Puis-je savoir ce qu’il s’est passé pour qu’elle soit alitée, malade comme un chien ? »

- « Tu m’as dit de la torturer mais de faire en sorte qu’elle survive, c’était bien ça le deal ? »

- « Oui mais de la mettre aux frontières de Phaitos ! C’est mon problème ! »

- « Elle a survécu à sa nuit, c’est encourageant alors arrête de me casser les pieds ! Sais-tu au moins à qui tu t’adresses ?! »

J’entendis un boum comme si on lançait quelque chose contre le mur.

- « Et toi, tu me sous-estimes grandement Liam ! »

- « Lâche-moi… argh… tu m’étouffes… »

L’une des voix était celle de Liam, c’était indéniable, l’autre était une voix de femme, que j’avais déjà entendu, qui m’était familière à un tel point que je n’arrivais pas à mettre un nom dessus. Et si c’était ? Non impossible, je devais halluciner, comme Liam l’avait prévu.

Un nouveau boum se fit entendre comme lorsqu’un corps tombe par terre.

- « Je reviens dans un mois, d’ici là tâche à ce qu’elle reste en vie ! Et laisse lui un minimum de confort, ce qu’elle a est grave, elle pourrait faire une sale rechute. »

- « Je te croyais experte en magie noire ! »

- « C’est en connaissant la magie blanche que l’on est à même de la contrer ! »

- « Tu paieras… »

Le sommeil fut plus fort que ma volonté et m’emporta une nouvelle fois.

***


Une nouvelle quinte de toux me réveilla, une de celle qui vous causait une telle souffrance que tout votre abdomen devenait douloureux. Je me mis à cracher du sang sur le côté du lit. Liam fit son apparition dans la pièce et accourut presque jusqu’au lit. Il prit un mouchoir sur la table et me le présenta afin que je puisse m’essuyer la bouche.

- « Il faut que tu prennes de nouveau ces herbes médicinales. »

Prenant le temps d’inspirer le plus profondément possible, je répondis à mon hôte.

- « Tu es au petit soin pour moi, il est loin le temps où tu me traitais de salope ou de chienne. »

- « Je pensais que dans le contrat, c’était moi le roi, mais il semblerait que je me sois fourvoyé et que je ne sois qu'un pion dont elle dispose. »

- « Tu es tombé sur plus fort que toi. »

Il se tourna vers la table et me versa une tasse contenant mon remède avant de me la présenter puis il s’assit sur le rebord du lit.

- « Il semblerait mais je ne dois pas m’en faire pour autant. Allez avale-moi ça d’une traite et repose-toi surtout. »

Sachant que le remède avait fait déjà diminuer mes tremblements, je ne me fis pas prier et m’exécutai comme un bon soldat à qui on venait tout juste de donner un ordre. Et d’un seul coup, la conversation me revint en mémoire, la voix devint claire à mes oreilles. Je m’installai confortablement sur l’oreiller alors même que Liam quittait la chambre.

- « Tamìa t’a mis la misère Liam, avoue-le. »

Je l’entendis vaguement bougonner alors que mes paupières devenaient de plus en plus lourdes.

***


Une quinte de toux, du sang dans ma bouche, une tasse du remède et je m’endormais de nouveau. Ce fut ainsi plusieurs fois de suite. Durant cette période, je perdis complètement la notion du temps. Heureusement que ma plus fidèle alliée était là pour combler les blancs.

(Tu es restée dans cet état pendant 8 jours. Tu vas mieux maintenant c’est clair. Merci les créateurs.)
(8 jours, plus les 4 jours de torture, cela fait 12 jours que je suis ici !)
(Tu as retrouvé une partie de tes facultés mentales, maintenant il te faut reprendre de vraies forces.)

Au bout d’un certain temps, je finis par rester éveillée suffisamment longtemps pour supporter de manger une soupe de légumes avec quelques morceaux de poulet. Liam argua qu’il avait pris ces informations sur mon régime alimentaire auprès du guérisseur. Je mangeai doucement mais avec appétit, cela faisait du bien d’avaler quelque chose mais comme cela n’était pas arrivé depuis plusieurs, je devais être prudente, sinon mon estomac se manifesterait violemment.

Liam fit son apparition dans la chambre et récupéra le plateau repas que l’un de ses serviteurs avait emmené. Il repartit comme il était arrivé sans faire de bruit, sans rien dire, sans même m’adresser un regard. Etrange, son comportement inquiet et protecteur avait de nouveau laissé place au salaud qu’il était en puissance.

Sans crier gare, il fit son retour dans la chambre et s’installa comme il l’avait déjà fait sur le bord du lit.

- « Il semblerait que tu ailles mieux. Le traitement du guérisseur a fait effet. »

- « Il semblerait que j’aille mieux effectivement. Tu me tortures mais tu me soignes lorsque tu me fais passer trop près de la mort. Cela ne te paraît pas étrange alors que tu es plutôt du genre à laisser mourir tes prisonniers ? »

Il rit de bon cœur devant ma réflexion avant de se concentrer de nouveau sur mon visage.

- « Au lieu de m’énerver prodigieusement, tu me fais rire. Etrange… Quoi qu’il en soit, selon les instructions du médecin, il faut que tu quittes ton lit pour faire quelque pas. Je n’allais pas laisser cette tâche à l’un de mes serviteurs. »

- « J’ai plus de valeur à tes yeux vivante que morte, n’est-ce pas ? »

- « Tu as tout compris. »

- « Qu’est-ce qu’elle a bien pu te promettre pour que tu lui obéisses ainsi au doigt et à l’œil ? »

- « Une montagne de yus ! Je suis un des êtres les plus cupides de cette planète ! Alors je ferais tout ce qu’elle me demande de faire. Si tu crois que c’est dans mes habitudes d’être au petit soin pour une elfe, tu te trompes. »

Je fis glisser mes jambes sur le bord du lit. Je mettais déjà levée pour satisfaire des besoins naturels mais c’était bien tout. Marcher plus de dix pas aller relever du miracle. Liam me tendit la main pour que je prenne appui dessus pour me relever.

- « Tu es donc au petit soin pour moi, chose qui n’est pas dans ta nature. »

- « Cela me pèse, tu n’imagines pas à quel point. Mais elle a dit que lorsqu’elle reviendrait elle te demanderait comment tu as été traitée. Elle a la possibilité de savoir lorsque les gens mentent, je suis donc obligé de te rendre la vie décente. Nous allons nous rendre jusqu’au couloir pour commencer. »

- « D’accord. »

Doucement, il me mena vers l’entrée de la chambre. Mes jambes se mirent à flageoler dangereusement lorsque j’atteignis finalement le chambranle de bois. Liam s’arrêta, sentant bien que ma prise sur sa main s’était raidit.

(Allez Aenaria, tu es au niveau du couloir, il te suffit juste de tenir sur le retour, rien de grave.)
(C’est toi qui dit ça mais ce ne sont pas tes jambes qui tremblent !)
(Bon sang, tu es un soldat de l’armée sindel, montre que tu es plus forte que ça !)

Ma faera venait clairement de me dire que j’étais une incapable en tirant sur la corde sensible de l’armée. Je détestai lorsqu’elle agissait ainsi, mais à chaque fois, cela fonctionnait plutôt bien.

- « Maintenant que tu as vu autre chose que les murs de ta chambre, tu veux retourner dans ton lit peut être ? Tes jambes parlent pour toi ! »

- « De nouveau les sarcasmes, je suis sûre que tu jubiles intérieurement de me voir ainsi compter sur toi pour mon salut, avoue-le ! »

- « Je prends un malin plaisir à te voir te battre avec ton propre corps, c’est vrai ! »

Un petit sourire sadique en coin de sa part et je sus que j’avais vu juste. Il me fit faire demi-tour et retour à la case départ, plus doucement qu’à l’aller, bien évidemment. Arrivée devant le lit, je transpirais d’avoir fourni un tel effort. Il me fallut plusieurs minutes pour récupérer mon souffle. Une quinte de toux vint terrasser mes exercices respiratoires. Je me pensais presque guérie mais j’avais tort, du sang se trouvait encore dans mes expectorations.

Liam en les voyant changea du tout au tout. Il fit appeler un serviteur et lui demanda plusieurs choses vu la longueur de la conversation qu’il entretint avec ce dernier. J’en profitai pour me remettre sous les draps, mon corps montrant des signes de poussée de fièvre évident.

Liam fit les cent pas devant l’entrée de la chambre guettant le retour de son serviteur. Il revint avec un plateau comprenant plusieurs objets que je n’arrivai pas à distinguer de là où j’étais. Liam houspilla le serviteur avant d’amener le plateau sur le meuble à ma droite comme à son habitude. Il me prépara une tasse avec l’infusion du guérisseur qu’il me tendit rapidement.

- « Te faire sortir du lit était peut être prématuré. Tu sais quoi faire de cette tasse. »

Je bus son contenu d’une traite et la lui rendis immédiatement. Il la reposa sur le plateau et partit de la chambre en le laissant derrière lui. Une fois à l’entrée, et cela sans se retourner, il me lança quelques mots.

- « Je ne sais si l’infusion te fera dormir donc je t’ai fait préparer des livres de ma bibliothèque personnelle pour t’occuper l’esprit, tant que tu ne peux pas t’occuper le corps. »

Il passa la porte me laissant seule avec mon regard vers le plateau. Il y avait 5 livres qui n’attendaient que moi. Au prix d’un incroyable effort, je me sortis du lit et attrapai le premier de la pile. Il relatait l’histoire des familles matriarcales de Gwadh, une lecture intéressante. Je m’installai confortablement afin de lire. Ma faera fit son apparition sous sa forme de fée et se posa sur mon épaule afin de lire en même temps que moi.

Quelques minutes après le début de la lecture, je sentis le sommeil poindre. Je m’allongeai complètement et me laissai aller au monde des rêves.

***


Je me réveillai en me sentant en bien meilleure forme que lors de mon endormissement. Je repris donc ma lecture en attendant que mon emploi du temps ne change et en espérant que Liam n’aurait pas d’autres idées farfelues dans les jours à venir car mon corps n’était pas encore prêt à reprendre une activité physique.

Nous verrons avec le temps ce que l’avenir me réserve.

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 Sujet du message: Re: Camp de la déportation d'Omyre
MessagePosté: Sam 28 Fév 2015 15:40 
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Pendant trois jours, je ne vis personne à part un serviteur qui venait me donner à manger. Au bout de ces trois jours, il m’apporta une nouvelle pile de livres ainsi que plusieurs morceaux de tissus. Mes rations alimentaires me permettant de tenir sur mes jambes et de me déplacer normalement, je sortis du lit afin de faire quelques étirements et surtout pour satisfaire ma curiosité.

En arrivant devant la table, je constatai que ces morceaux de tissus étaient en réalité une tenue, en deux morceaux d'étoffes bleues brodées d’or, très noble. Ces deux morceaux constituaient une tenue complète : une sorte de brassière améliorée avec des manches amples arrivant probablement juste au-delà du coude et une jupe très fendue, jusqu’à la ceinture, en deux morceaux, un devant moins large que celui couvrant les fesses.

(Il ne veut quand même pas que je porte ça !)
(Pourquoi pas ? Tu as vu l’état de ta robe ?)
(Je sais qu’elle est en piteux état, mais je ne vais pas porter ça ! Ca n’a pas l’air pratique pour se battre.)
(Parce que tu comptes livrer bataille ? Première nouvelle ! Je sais que tu vas mieux mais quand même !)
(Je vois toujours le côté pratique dans mes vêtements. Ma robe est parfaite pour se battre car elle moule parfaitement mon corps tout en me laissant une parfaite liberté de mouvement.)
(Et moi je te dis que cette tenue t’ira à merveille ! Alors arrête un peu d’argumenter et essaye-la. Pour ce qui est du reste, on en reparlera !)
(Je vais bien mieux ! Sans pouvoir utiliser une lame certes, mais je suis sure que je peux de nouveau utiliser ma magie sans pour autant me vider intégralement de mes forces.)
(On verra bien.)

- « Il semblerait que tu ailles mieux très chère. »

Je ne l’avais pas entendu venir et sa voix me fit sursauter. Je me retournai pour le voir avec un visage des mauvais jours, encore eut-il fallu que j’ai vu son visage des bons jours ! Pourquoi n’était-il pas venu me voir pendant 3 jours entiers ?

- « Ta divine présence m’a manqué durant ces quelques jours. »

J’avais dit cela sur le ton de la séduction, qui ne tentait rien n’avait rien. Il eut alors une drôle de réaction : il s’approcha de moi, vraiment très près, voir même trop près. Je pouvais sentir son souffle chaud sur ma peau.

- « Tu es d’humeur taquine, bien. J’ai une mission pour toi. »

- « Je suis donc toujours prisonnière… »

- « Jusqu’à preuve du contraire, oui. Donc, j’ai un ambassadeur de Khonfas qui vient ici pour visiter mon magnifique royaume. Je sais qu’il déteste copieusement ta race mais j’ai également appris qu’une elfe grise qui danse sensuellement devant lui a le don de lui délier la langue et de l’aider à négocier. Je veux donc que tu portes cette tenue ce soir et que tu danses pour lui, une danse suffisamment envoûtante pour que je glisse un petit quelque chose dans son verre afin de le rendre plus enclin à la discussion. »

- « Et le libre-arbitre ? »

- « Le tien ou le sien ? Le tien, tu n’as pas le droit au chapitre, je te rappelle que tu es ma prisonnière. Pour ce qui est du sien, je m’en fiche éperdument du moment qu’il m’envoie ses prisonniers. Plus de prisonniers chez moi veut dire plus de reconnaissance de la part d’Oaxaca et surtout plus de soldats pour elle car elle peut facilement pervertir leurs âmes. Le jour du grand soulèvement, elle aura son armée à ses ordres. Alors tu feras ce que je te demande, un point c’est tout ! »

Le ton dans sa voix m’indiqua qu’il n’attendait pas de réponse de ma part. Il attendait beaucoup de cette rencontre, j’allais lui montrer de quoi j’étais capable.

(Parce que tu sais danser sensuellement ?)
(Tu ne sais pas tout sur moi !)
(De toute évidence ! Tu m’expliques ?)
(Plus tard.)

J’entendis ma faera bougonner mais je n’en avais rien à faire. J’avais une autre idée en tête : je devais me faire belle pour ce soir et dans l’état actuelle des choses, c’était loin d’être le cas.

- « Puis-je formuler une demande ? »

- « Je l’écoute mais je ne suis pas certain de la satisfaire. »

- « A quel point cette danse doit être sensuelle ? Sensuelle hypnotisante ou sensuelle à émoustiller n’importe quelle personne du sexe masculin ?

- « Tu allies les deux pour mettre toutes les chances de mon côté, ça te convient comme réponse. »

- « Pas trop non mais ai-je vraiment le choix ? »

J’avais dit cela d’un ton sarcastique comme d’habitude. Il réagit aussitôt et me gifla violemment. J’en avais presque oublié ce qu’était la douleur physique, la douleur d’un corps touchant un autre corps avec force. Ces derniers jours, mon objectif était de récupérer la santé et voilà que je savais à quoi m’attendre si jamais je plantais cette soirée.

Sous l’impulsion du mouvement, ma tête s’était décalée sur la droite mais Liam prit mon menton dans ses mains et ramena doucement, presque tendrement, mon visage dans le même alignement que le sien.

- « Contrat avec Tamìa ou pas, si tu foires ton coup, je te descends, me suis-je bien fait comprendre ? »

- « Parfaitement. »

Cette fois-ci ce fut de la peur qui érailla ma voix, me donnant un frisson dans le bas des reins. Je devais tout faire pour rendre ce shaakt heureux, et bien, qui aurait cru qu’un jour je devrais satisfaire les désirs de mes plus mortels ennemis ! C'était le monde à l'envers ! Cette sous-race était actuellement au service de mon frère, par Sithi !

- « Je vais te laisser te préparer pour ce soir, enfin il faut que tu sois prête dans une petite heure. Tâche de faire au mieux. »

Il se retourna, se dirigea vers la sortie mais j’avais une autre demande à formuler.

- « Est-ce que ce serait un crime que de te demander de me laisser prendre un bain ? »

Pour toute réponse, il claqua des doigts et aussitôt un de ses serviteurs fit son apparition.

- « Ce jeune homme t’escortera dans la pièce d’à côté afin que tu puisses te laver et te préparer. »

Me laver, j’avais peur qu’il ne me réserve une autre mauvaise surprise.

- « Rassure-toi, l’eau est chaude. A tout à l’heure et ne sois pas en retard ! »

Il disparut me laissant avec son serviteur. Il se cala contre le chambranle de la porte m’indiquant la sortie. Je pris ma nouvelle tenue et attendis qu’il ne referme la porte derrière moi. Il attacha la clé à sa ceinture et me conduisit sur la gauche où de la vapeur sortait d’une porte grande ouverte. Il me l’indiqua de la main et je compris qu’il fallait que j’entre dans la pièce.

Alors que mes yeux embrassaient la pièce dans son ensemble pour la première fois, je me fis enfermer dedans. Cela n’aurait pas du m’étonner plus que ça. Je levai les yeux au plafond de dépit avant de regarder de plus près cette nouvelle pièce.

C’était une pièce de bain tout ce qu’il y avait de plus classique : une baignoire de bois en son centre, une commode avec un miroir posé dessus. Sur une table à côté, le nécessaire de toilettes et même quelques bijoux en prime. Décidément Liam avait pensé à tout.

(Tu as vraiment intérêt à savoir danser ma cocotte, sinon je ne paie pas cher de ta peau !)
(Je sais danser et pas trop mal selon Ehemdim et d’autres personnes, donc n’aie aucune crainte de ce côté-là.)
(Puis-je savoir où et quand tu as appris à danser ainsi ?)
(C’est une longue histoire, tu permets que je m’immerge avant de commencer ?)
(Fais donc.)

Je me défis de mes vêtements, récupérai le savon sur la table et plongeai dans la baignoire de bois. Je poussai un cri d’extase devant le bonheur d’enfin pouvoir me laver et surtout pour le contact chaud sur ma peau qui m’avait manqué. La dernière fois que j’avais fait trempette c’était dans une baignoire remplie de glaçon.

- « Alors, j’attends mon histoire moi ! »

Ma faera s’était manifestée physiquement dans la pièce. Elle était assise à une extrémité de la baignoire et venait de me parler directement.

- « Est-ce que c’est sur de parler ainsi ? »

- « Si nous n’élevons pas trop la voix, il n’y a aucun danger. Je te rappelle que tu es enfermée dans la pièce. »

- « C’est vrai. Bon alors commençons. Tu sais que j’ai fait l’armée et que j’ai vécu des choses pas toujours rose. »

- « Oui. »

- « Et bien cela en fait plus ou moins parti. J’étais en mission incognito dans une taverne. Je devais remplacer la danseuse du ventre, si on peut l’appeler ainsi, qui s’était faite porter pâle. »

- « Elle n’est pas tombée malade toute seule je parie ? »

- « Tu as deviné. Ehemdim l’a un peu aidé. C’était parfait car nous devions récupérer des documents sur une personne qui fréquentait régulièrement l’établissement. Nous savions, après l’avoir surveillé, qu’il était très prompt à garder les yeux rivés sur le corps d’une femme qui se déhanche sensuellement. J’ai donc regardé avec attention comment la danseuse bougeait et je me suis entraînée le soir avant de prendre sa place. La suite, tu la devines. »

- « Tu l’as ensorcelé avec des mouvements de bassin et Ehemdim a pu subtiliser les documents en question, j’ai juste ? »

Pour toute réponse, je levai mes deux pouces vers le haut. J’attrapai ensuite le savon et me lavai en frottant bien partout, cela faisait … 4 et 8 et 4 … ouh là ! 16 jours sans bain !!! Au secours ! Je finis par m’immerger complètement dans l’eau, oubliant cet endroit l’espace de quelques secondes en apnée.

L’apnée, l’eau, le courant, cette sensation me transporta à des milliers de kilomètres sur les terres du domaine de mes parents où j’avais l’habitude de nager dès que je le pouvais. Ce souvenir me redonna quelque peu le sourire et ce fut sur les mémoires de l’onde rafraîchissante entourant mon corps que je sortis de mon bain.

J’attrapai la serviette sur la commode et découvris en dessous une culotte de la même couleur que les vêtements que je devais porter. Je ne savais qui remercier pour cette attention, Liam ou le serviteur, je le saurais probablement avant la fin de la soirée. Je l’enfilai et admirai le reste de mon corps dans le miroir et ce que je vis m’inquiéta quelque peu.

Durant ma convalescence, j’avais de toute évidence perdu du poids. Je ne saurai dire combien de kilos mais mes cuisses étaient plus fines, la ligne de mes abdominaux était moins importante, ce qui pour la situation présente était parfait. Pas trop de muscles pour ce que j’avais à faire ce soir m’aiderait dans ma tâche. Je n’avais plus que la double ligne parallèle de visible, les séparations étaient visibles seulement lorsque je forçais dessus.

Le plus inquiétant était le nombre de cicatrices qui parsemaient mon corps suite à ma séance de torture au coup de fouet par Liam. Toutes mes blessures étaient refermées et cicatrisées, certes, une bonne chose, mais j'avais de nombreuses marques sur le corps. Des marques qui n'étaient pas terribles à regarder pour certaines et qui allaient me desservir.

Après ce constat physique, je mis la tenue que Liam avait indubitablement choisie pour moi. Elle m’allait parfaitement, cela était presque dérangeant, c’était comme si il avait été capable de définir mes mensurations d’un seul coup d’œil.

- « Il est peut être physionomiste. »

- « Probablement, ce qui est vraiment étrange c’est que la tenue me va comme un gant, on dirait qu’il a pris en considération le fait que j’ai perdu du poids ! »

- « Ou peut être que cette tenue vient d’une ancienne servante qui avait des mensurations semblables aux tiennes. Ne cherche pas le mal partout Aenaria, te faire des nœuds au cerveau n’est pas utile dans les circonstances actuelles. »

- « Tu as raison. »

Je finis par me regarder dans le miroir et ne pus qu’être admirative devant ma nouvelle tenue. J’aimais ma robe elfique mais alors cette tenue était juste sublime, elle mettait en valeur la pâleur de ma peau et le blanc de mes cheveux. Mes quelques mèches roses se prêtaient assez bien à l’exercice de ce soir même si elles juraient avec ma tenue, tant pis je ferais avec.

En m’approchant de la commode, je constatai qu’il y avait de nombreux bracelets, de poignets et de chevilles, des colliers, des diadèmes. Je mis certains de ces bijoux de côté afin de le mettre tout à l’heure mais pour le moment, j’avais des devoirs.

(Hein ?)
(Tu vas voir.)

Je devais mesurer l’ampleur de mes mouvements et surtout voir comment je pouvais me mouvoir dans cette tenue. Les grandes manches allaient certainement me gêner mais cela ne devrait pas être trop préjudiciable.

Ainsi je commençai mes étirements par les bras, puis le bassin que je fis se balancer de droite à gauche, puis de gauche à droite. Je n’étais pas trop rouillée de ce côté-là, youpi. Je passais ensuite au bas du dos que j’étirais en me penchant sur les côtés, bras opposé en avant, puis en me penchant en avant. Ensuite, les jambes que je pliais et dépliais plusieurs fois dans tous les sens avant de prendre des attitudes dignes d’une danseuse professionnelle.

Et maintenant le plus difficile allait venir. Je m'allongeai le dos sur le sol et prenant appuis sur mes pieds et mes jambes, je me relevai le plus souplement possible formant un dôme avec mon corps.

- « Whaouh ! »

- « Je t’impressionne ? »

- « Je me demande surtout pourquoi tu ne pratiques pas plus le combat au corps à corps avec une telle souplesse. »

- « C’est réservé aux assassins et aux voleurs, trop peu pour moi. Je suis un soldat, on nous apprend à nous battre avec une épée, un arc, une lance à la limite mais rien de plus. »

- « Si tu le dis. »

Mon dos commençait à me faire souffrir dans cette position, je redescendis au sol et me relevai en faisant une roulade en arrière. Je n’avais pas perdu grand chose de mes mouvements, une bonne chose. Bon et maintenant un nouvel exercice. Je m’avançai près du mur mais pas trop, posai les mains au sol devant moi avant de propulser le reste de mon corps vers le mur, les pieds en haut.

Ma tenue et mes cheveux suivirent le sens de la gravité, bloquant quelque peu ma vue mais le but de l’exercice était de tester la résistance musculaire de mes bras. En piquet, ça tenait, il ne restait plus qu’à voir si j’étais capable de faire des pompes à l’envers. Je pliai mes coudes avant de relever tout mon corps, une fois, ça allait, deux fois, ça allait encore, à la troisième fois, je fis repasser mes jambes sur le sol.

- « Je ne t’avais jamais vu faire ça. »

- « Dis-le que je t’impressionne ! »

- « Un peu mais j’ai déjà vu faire, c’est surtout le fait de voir un soldat le faire qui m’impressionne car ce sont des exercices de méditation et de souffle. Où as-tu appris ça ? »

- « C’est ma mère qui me les as appris. Je la regardais souvent faire au manoir. Je la trouvais tellement belle et si gracieuse que j’ai voulu apprendre et cela m’a bien servi. Et toi, où est-ce que tu l’as vu faire ? »

- « Plusieurs de mes maîtresses étaient prêtresses, ce genre d’exercice est commun aux initiés de Sithi et Gaia. Cela favorise l’ouverture d’esprit, le contact avec le divin, la méditation et la respiration comme j’ai déjà pu le dire. C’est un moyen de se recentrer spirituellement. C’est très beau que ta mère t’ait appris cela, cela prouve à quel point elle tenait à toi. »

- « Tu l’aurais adoré Crystallia. C’était la femme la plus douce et la plus gentille que je connaisse. Elle m’a été arrachée trop tôt, trop violemment. Je ne dois pas perdre de vue mon objectif premier : traquer et retrouver mon frère pour le mettre devant la justice et surtout faire la peau à cette salope de Tamìa ! »

- « Tout doux Aenaria, elle n’est pas devant toi en ce moment. Tu as autre chose à penser en cet instant. Finis de te préparer au lieu de ruminer ta vengeance ainsi. »

Je fis un mouvement d’énervement des mains et aussitôt la brosse qui se trouvait à côté de moi sur la commode vola dans ma direction. Je l’attrapai au vol totalement surprise de ce qu’il venait de se passer.

- « C’est toi qui a fait ça ? »

- « Non je n’ai pas ce pouvoir, je suis un mélange de fluide d’air et de lumière, pas d’éclair. C’est toi qui possèdes ce talent. »

- « J’avais complètement oublié que je pouvais attirer à moi les petits objets métalliques. Cela pourrait s’avérer très utile pour la suite. »

- « Cela veut surtout dire que tes pouvoirs se manifestent de nouveau, et que par conséquent tu es complètement guérie. Et maintenant, dépêche-toi de te préparer, Liam ne devrait plus tarder. »

J’acquiesçai de la tête, essuyai mes cheveux le plus possible afin d’en enlever le surplus d’eau. En fouillant dans la commode, je découvris du maquillage ainsi qu'une crème pour le corps, si je me débrouillais bien, je pourrais cacher la plupart de mes cicatrices.

Récupérant la poudre et la crème, je les mélangeai afin d'obtenir un mélange à la couleur de ma peau ou tout du moins s'en rapprochant le plus. Une fois la couleur trouvée, j'en appliquai toutes les parties de mon corps afin que ça ne jure pas. Je me regardai dans le miroir et constatai que mon subterfuge ne fonctionnait pas trop mal. J'en passai une deuxième couche, histoire d'être sur que ça tienne. Je pris soin de ne pas cacher mon tatouage, il faisait parti de moi, je ne pouvais le masquer.

Je m’emparai ensuite des bijoux que j’avais sélectionnés pour mes poignets et m’en parai. Je récupérai la brosse que j’avais attiré à moi pour me brosser les cheveux et les attacher en une couette très haute, terminant ma coiffure par une tiare en or. Je maquillai mes yeux d’un léger trait noir.

J’entendis alors la clé tourner dans la porte. Un dernier coup d’oeil dans le miroir pour vérifier que j’étais prête, une profonde inspiration et je me mis en condition.

- « C’est parti. »

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 Sujet du message: Re: Camp de la déportation d'Omyre
MessagePosté: Jeu 5 Mar 2015 23:55 
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La porte grinça sur ses gonds et laissa apparaître Liam qui eut un moment d’arrêt, que se passait-il ? Avais-je fait quelque chose de mal ?

- « Il serait inconvenant de ma part de dire que tu es magnifique dans cette tenue. »

Il s’approcha de moi avec un regard carnassier, il me dévorait des yeux, je lui faisais donc de l’effet. Il n’était pas insensible aux charmes féminins, peu importait la race. Sachant cela, je pourrais aisément jouer dessus en lui faisant croire que j’étais sous son charme même si je doutais qu’il ne morde à l’hameçon.

Il me colla, respira mon odeur, je fermai les yeux et me pinçai les lèvres pour éviter de vomir. Il fit ensuite son inspection en tournant autour de moi avant d’attraper doucement mes cheveux encore humides pour les laisser glisser dans sa main alors qu’il se postait de nouveau devant moi.

- « J’espère que tu danses aussi bien que tu présentes. »

- « Ne t’inquiètes pas pour ça. »

- « Tu es donc bel et bien une princesse guerrière. N’apprend-on pas à danser aux princesses ? »

- « Pas les danses inconvenantes en société et celle que je vais exécuter ce soir à ta demande fait partie des danses indécentes que seul le peuple apprécie à sa juste valeur. »

- « Il y a beaucoup plus de pages au livre que ce que la quatrième de couverture en disait. »

- « Si cette quatrième de couverture porte le nom de Tamìa, elle ne me connaît pas si bien que cela. »

- « C’est ce qu’il semblerait. Bien. Suis-moi maintenant, tu n’es pas armée donc il est inutile que je t’entrave, n’est-ce pas ? »

- « Ne me suis-je pas montrée docile jusqu’à présent ? »

- « Trop docile à mon goût. »

- « Je ne fais qu’accepter l’inévitable. Je suis ta prisonnière et je ne peux faire qu’une chose : me plier à ta volonté. Je te dois la vie, c’est le moins que je puisse faire jusqu’au retour de Tamìa en ces murs. »

(Plier mais ne pas rompre ?)
(Laisser croire que je me soumets alors que j’ai juste envie de lui balancer mon pied où je pense !)

- « Reconnaissante en plus ! C’est du jamais vu ! Si tu réussis ce travail, il se peut que, par la suite, je t’épargne les travaux dégradants dans ces lieux. »

- « Je n’en demandais pas tant. »

- « Si je te tue à la tâche, Tamìa le verra et moi… »

Il se porta la main autour du cou comme pour le protéger avant de reprendre sa position initiale.

- « Allez suis-moi maintenant. »

Il sortit de la pièce et prit à droite, repassant ainsi dans la chambre où j’avais élu domicile depuis 15 jours. Nous continuâmes avant de passer sous une arche fermée par une porte de bois massive. Il la poussa et nous entrâmes dans un univers bien différent, beaucoup plus luxueux, ce devait être les appartements de Liam.

La première porte à droite menait vers une armurerie et quelle ne fut pas surprise que de voir luire mon bouclier sous les flamme d’une torche. Il était là, à portée de main, mais je ne pouvais me détacher de mon but du soir, satisfaire Liam et peut être gagner un peu de liberté de mouvement.

La porte suivante arrivait déjà devant mais au lieu de continuer, Liam s’arrêta juste devant l’entrée et se tourna vers moi.

- « Mon invité est déjà là, il pense que tu es une esclave docile qui m’obéis au doigt et à l’œil, tu vas te comporter exactement de cette manière, c’est bien compris ? »

- « Je n’ai pas trop le choix et puis obéir aux ordres j’ai fait ça une bonne partie de ma vie, ça ne devrait pas être trop compliqué. »

- « Parfait. Attends quelques secondes avant d’entrer, tu comprendras quand lorsque la musique se déclenchera. Il n’y a qu’un shaakt dans la pièce, donc ce ne sera pas difficile de trouver ta cible. Mais surtout éteins-moi cette lumière qui brille dans tes yeux ! Tu es soumise, pas innocente ! »

Il m’avait craché ces deux dernières phrases au visage. L’éclat dans mon regard, je n’avais pas d’éclat dans mon regard, du moins pas à ma connaissance.

- « Cet éclat pourrait très venir du fait que je suis contente de servir mon maître et de l’aider dans sa quête. »

- « Une esclave, heureuse de sa situation ? Tu vis dans quel monde Aenaria ? Etre une esclave n’est jamais plaisant ! »

- « Qu’est-ce que tu en sais ? »

- « Je suis très observateur tout simplement. Je n’ai jamais eu une esclave satisfaite de sa condition. »

- « Peut être que si tu les traitais différemment, elle serait plus heureuse de travailler pour toi ! »

- « Parfait ! Tu as le regard que je veux, un peu de colère, un peu de pitié, avec ton sex-appeal, ce sera parfait ! Et maintenant, attends le signal. »

Il entra alors dans la pièce et je l’entendis sortir un grand « bienvenue en ces lieux » à son hôte. Sa voix ne parvint pas jusqu’à mes oreilles malheureusement, j’aurais la surprise en entrant dans la pièce.

(Combien sont-ils dans la pièce ?)
(En dehors des musiciens et des deux servantes, il n’y a qu’eux.)
(Comment ça, pas de gardes en vue ?)
(Non rien de tel.)
(Etonnant.)
(Tu te sens prête ?)
(Pas le moins du monde, mais comme je l’ai dit, est-ce que j’ai le choix ? C’est soit je danse et je satisfais Liam, soit je refuse et je risque une nouvelle séance de torture. Je n’ai pas envie de passer de nouveau à deux doigts de la mort !)
(Et moi je ne veux pas te voir mourir. Alors danse pour sauver ta vie !)

Les premières notes de musique retentirent, je sus qu’il était temps pour moi de faire mon entrée. Je respirai un grand coup et me jetai dans la gueule du loup.

J’entrai dans la pièce et restai près du chambranle de la porte auquel je me collai sensuellement et commençai à remuer mon bassin en faisant des vagues d’avant en arrière. Ma tête tourna doucement en direction de la personne que je devais « séduire », un elfe noir, peau noire, cheveux blancs, yeux violet, classique.

Je lâchai le chambranle pour avancer tout en me déhanchant d’abord en faisant des huit avant de me poser devant ces deux messieurs. Je levai mes bras à hauteur d’épaule afin d’accompagner mes hanches de mes poignets. Je fis passer mes hanches d’un mouvement en huit à un mouvement en x.

Un mouvement plus langoureux du bassin qui commençait par un mouvement en diagonale aller-retour vers l’arrière, avant de balancer mes hanches sur une ligne droite et de faire ensuite la diagonale inverse. Tout cela en gardant à l’idée de monter et descendre le bassin en rythme avec la musique.

Je changeais ensuite de mouvement, faisant onduler mes hanches en les roulant à gauche de bas en haut, formant une légère courbe, puis la même chose sur la droite. Je regardai droit dans les yeux ma cible, comme l’avait si bien désigné Liam, et un sentiment dominé : le dégoût. J’étais en train de bouger mon cul pour un elfe noir ! Comment avais-je pu tomber aussi bas !

Je vis d’ailleurs son sourire diminuer, il était temps de changer de tactique. Je fis le même mouvement dos à la nuit tout en reculant doucement mais surement afin qu’il admire mon postérieur. J’étais en train de me déhancher pour satisfaire les désirs d’un pervers sadique et d’un elfe noir, Sithi vient à moi aide !

Je me remis face à lui afin de faire des mouvements de vagues avec mes bras, un peu comme si ces derniers étaient désarticulés, le tout en trépignant avançant petit à petit, reculant le plus possible le moment où je serais suffisamment proche pour sentir son souffle sur ma peau.

Me mettant de profil par rapport à mon audience, je continuai mes mouvements de vague avec mes bras devant moi. Ces mouvements furent accompagnés d’une descente progressive du haut de mon corps pour commencer à former un arrondi avec mon dos. Mes abdominaux se manifestèrent à cause de la position que je prenais et que je tenais.

N’en pouvant plus ainsi pliée, j’arrêtai mes mouvement de bras les balançant en arrière faisant un pont avec mon corps. Le plus était encore à venir, je levai ma gauche utilisant la droite comme d’un point d’appui pour relever mon bassin, faire un piquet et retomber en arrière sur mes deux jambes de manière gracieuse.

Je descendis en grand écart de la où j’étais. Je ramenais ma gauche, qui était derrière, vers moi et fis ensuite une roulade pour me rapprocher de mes spectateurs. A genou, je me mis dos à eux, les bras au-dessus de ma tête, mains jointes et fis cette fois-ci une vague avec mon corps, le balançant en rythme de gauche à droite.

Et maintenant, attisons la flamme de ce monstre. J’étais à deux doigts de la répulsion la plus profonde face à ce que j’étais en train de faire. Le seul moyen de terminer sans vomir était d’imaginer que je faisais cela pour la seule personne qui le méritait vraiment sur cette planète, mon fiancé Ehendim.

Je fis tourner mes mains et poignets, créant une sorte de moulinet avec les deux et prenant une profonde inspiration, je descendis en arrière offrant une vue plongeante sur mon décolleté. J’en profitai pour regarder un peu plus ma cible et ses réactions, de même pour celle de Liam.

L’elfe noir avait les yeux rivés sur moi et son sourire de satisfaction me prouvait que le spectacle lui plaisait grandement. Liam avait également les yeux braqués sur moi, je pouvais distinguer une petite fiole dans sa main qui était encore pleine. Ma danse l’avait arrêté dans son mouvement, j’allais prendre très cher si ce shaakt ne signait pas le contrat.

Je sentis dans le rythme que produisait les différents instruments présents dans la pièce qu’il faiblissait, les dernières notes allaient arriver. Je finis ma danse, dos contre le sol, les bras en croix. Je gardai la position quelques secondes, en fait jusqu’à ce que Liam me demande de partir de la pièce.

- « Je signerais tout ce que tu voudras Liam à condition que cette jeune sindel danse à chaque fois que je viens. »

Il se tourna vers Liam en lui tendant la main, qu’il serra avec bonheur.

- « Allons conclure cet accord mon ami. La sindel, tu peux partir ! »

Je ne pipai mot, me relevant simplement et sortis de la pièce tout en me déhanchant ostensiblement. Je retrouvai dans le couloir le serviteur qui était venu me voir tous les jours. Il m’indiqua simplement la porte par laquelle j’étais passée quelques minutes auparavant.

Je le laissai passer devant moi, repassant devant la pièce contenant une partie de mon équipement. Il ouvrit la grande porte de bois puis d’un nouveau signe de la main, il m’indiqua la chambre dans laquelle j’avais élu domicile. J’avais l’étrange sensation que ce serait la dernière fois que je verrais ces murs et que j’allais bientôt rejoindre Faerlyn.

Il était hors de question que cela arrive, mais que pouvais-je faire ? Et si Liam était vraiment satisfait de mon travail et qu’il me permettait de rester dans cette pièce ? Si tel était le cas, je devais tenter le tout pour le tout. Mon bouclier et mon épée étaient dans l’armurerie à côté de la salle de réception de Liam. Je devais faire quelque chose mais quoi ?

Cette impuissance m’énerva et mes mains agirent pour moi, les doigts se crispant de colère, se crispant… Je me retournais au moment où le serviteur se tournait vers la porte. Je secouais les mains afin de me détendre avant de me concentrer sur le trousseau à la ceinture du serviteur. Il était composé de trois clés : celle de ma chambre, celle de la salle de bains et enfin celle de la grande porte.

Inspirant profondément, j’attendis le dernier moment afin d’attirer à moi ces clés qui seraient mon sésame vers la liberté. Crispant le pouce, l’index et le majeur de la main droite, je sentis mes pouvoirs se manifester de nouveau, l’éclair se transformer en aimant métallique et les clés arriver à toute vitesse dans ma main.

Je refermai ma paume très vite, faisant disparaître cet objet et entrai dans ma chambre avec un petit sourire de victoire sur le visage. Je planquai le trousseau entre une latte du lit et le matelas avant de m’allonger négligemment sur le lit.

(Crystallia, j’ai besoin que tu fasses quelque chose pour moi.)
(Bien joué pour la danse et les clés, qu’est-ce que tu veux ?)
(Peux-tu aller voir Ehemdim pour moi et me dire comment il va ?)
(C’est un voyage de plusieurs heures, tu jures de faire attention pendant ce laps de temps ?)
(Juré, je vais dormir.)
(Alors à demain.)

Je vis mon bel oiseau s’envoler alors que la fatigue me submergeait.

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 Sujet du message: Re: Camp de la déportation d'Omyre
MessagePosté: Dim 15 Mar 2015 16:58 
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[:attention:] Certains propos peuvent choquer le lecteur ! [:attention:]

- « On se réveille la danseuse du ventre ! »

Je me réveillai en sursaut avec la voix de Liam. Je me relevai doucement encore dans les vapes. Je le trouvai à l’entrée de la chambre que j’occupai avec un verre dans chaque main. Il s’approcha de moi tranquillement, le sourire aux lèvres. Arrivé à ma hauteur, il me présenta l’un des verres qu’il me donna. Je le pris ne voulant pas le froisser, mais j’étais quelque peu méfiante.

- « En quel honneur ? »

- « Et bien pour fêter le contrat que je viens de signer avec l’envoyé de Khonfas pardi ! »

- « Je ne vois pas pourquoi je devrais participer à la fête, je n’ai fait qu’exécuter un ordre, rien de plus ! »

- « Je n’aurais pas réussi sans toi. Tu as rempli ta part du contrat et tu mérites de le fêter avec moi. »

J’étais quelque peu interdite par ses propos. Je devais fêter sa victoire ? Il lui manquait vraiment une case ! Mieux valait ne pas l’offenser, il avait mon avenir entre ses mains.

- « Et donc tu m’apportes un verre d’alcool pour trinquer ? »

- « Tu es un peu longue à la détente, c’est ce que je m’évertue à te dire ! »

- « Je suis juste un peu méfiante, alors excuse-moi d’être sur mes gardes. »

- « Inutile ! Trinquons et je te laisse. »

Il leva son verre, le dirigeant vers le mien. Je trinquai de dépit et regardai Liam vider son verre d’un seul coup. Je fis de même et eus le droit de découvrir un alcool qui était relativement fort et que je ne connaissais pas.

- « Whaouh, c’était quoi ça ? »

- « Les elfes noirs appellent cela de l’absinthe noire, c’est très courant en Omyrhy. »

Mon palais était en feu. Je dus me rendre vers mon lit afin de m’asseoir pour ne pas flancher.

- « Ton truc pourrait réveiller un mort ma parole ! »

- « Oui c’est vrai mais on s’y habitue ! »

- « Ca m’a retourné l’estomac… »

Ma tête était lourde, je me sentais vaseuse, je lâchai mon verre qui se fracassa au sol, mes forces m’abandonnaient. Mon corps devint mou et je tombai en arrière sur les couvertures. J’avais encore quelques grammes de lucidité dans mon corps pour demander à Liam de me laisser.

- « Je crois que je vais dormir. »

- « Je serais là à ton réveil… »

Je n’entendis pas sa dernière phrase que l’alcool fit son effet, m’entraînant dans le sommeil.

***


J’émergeai dans un lit à baldaquin que je connaissais parfaitement, il était dans ma chambre à Balsinh. J’avais une gueule de bois monstrueuse. Je ne me souvenais pas d’avoir abusé de la bouteille la veille mais c’était l’impression qu’il me restait, ou du moins la seule mémoire que j’avais.

Je sortis de mon lit et me rendis compte que je ne portais pas ma robe habituelle mais bien une nouvelle tenue en deux morceaux. Une tenue bleue et or qui était absolument sublime et qui mettait parfaitement en valeur mon corps.

Quand l’avais-je acquise ? Ma mémoire me faisait en cet instant défaut alors que j’étais plutôt fière de sa fiabilité. Je me rendis vers le miroir afin de vérifier que je n’avais pas pris un coup sur la tête. Je ne distinguai rien de tel, il fallait croire que j’avais sérieusement abusé de la bouteille. La question était pourquoi ?

J’étais chez moi, dans ma chambre, quand et comment étais-je rentrée ? Je pris la direction de la sortie lorsque la poignee tourna laissant apparaître la personne que j’aimais le plus au monde : Ehemdim.

- « Ma princesse est réveillée à ce que je vois. »

J’avais beau avoir mal à la tête je n’en étais pas moins lucide. La dernière fois que j’avais eu de ses nouvelles il était sous l’emprise d’un mauvais sort lancé par Tamìa. Le voile blanc qui faisait disparaître son magnifique regard vert n’était plus. Tous les éléments se bousculaient dans ma tête, mes souvenirs semblaient m’avoir déserté. Que se passait-il ?

- « Est-ce que tout va bien ? Tu as une expression étrange sur le visage ? »

- « Je suis quelque peu perdue. On est quel jour ? »

- « Ouh là, Naria tu m’inquiètes. »

Il s’approcha de moi, passant gentiment son index droit sur mon visage pour calmer mes angoisses.

(Crystallia !)

Etrange, ma faera ne me répondait pas. C’était inquiétant.

- « Quel jour sommes-nous ? »

- « Nous sommes au lendemain de la fête pour célébrer ta victoire sur Tamìa et sur ton frère. Tu n’en as aucun souvenir ? »

Tamìa… Aenarion… ma victoire sur eux… Ouh là, il me manquait un sérieux pan dans ma mémoire.

- « Donc j’ai réussi à m’enfuir de ce camp à Omyre, je t’ai sauvé la vie, j’ai vaincu Tamìa et Aenarion ? C’est ce que tu es en train de me dire ? »

- « Tu as vraiment abusé de l’alcool elfique hier soir ! Viens là. »

Il me prit dans ses bras, m’enlaçant tendrement, perdant son nez dans mes cheveux, respirant leur odeur. Est-ce que c’était ça le bonheur ? Il recula et m’embrassa avec une fougue que je ne lui connaissais pas. Je répondis à son baiser avec cette même fougue. Puis doucement, il me fit reculer vers mon lit mais quelque chose me titilla. Je le repoussai tendrement afin d’avoir une explication.

- « Le conseil est au courant de notre situation ? Il l’approuve ? »

- « Le conseil ? »

La question qu’il venait de me poser en retour m’intrigua, il savait parfaitement de qui je parlais à ce moment précis.

- « Oui le conseil de la ville ? Est-ce qu’il sait pour nos fiançailles ? Est-ce qu’il approuve notre union ? »

- « Est-ce que tu crois sincèrement que je serais ici, dans ta chambre avec une seule idée en tête, s’il n’était pas au courant ? »

- « Et pour Valsta ? »

Il leva un sourcil inquisiteur avant de reprendre une expression neutre, feintant un léger sourire en coin.

- « Il est transporté de bonheur pour nous. Alors arrête un peu de t’en faire comme ça. Tu as gagné cette bataille, tu as le droit au bonheur. »

J’étais sceptique au début mais finalement, il m’avait convaincue, pourquoi devrais-je lutter plus longtemps. Cette fois-ci, je me jetai sur ses lèvres et aussitôt il répondit. Il me prit par les épaules et me sépara de ses lèvres en me poussant violemment contre le mur.

- « Aoutch. »

S’il essayait de me chauffer, il avait réussi. Ce n’était dans ses habitudes d’être aussi brutal mais cela changeait un peu de la douceur de nos étreintes. Je me mordis la lèvre inférieure et sa réponse fut immédiate. Il s’approcha de moi, posant ses lèvres sur mon cou avant de descendre vers la naissance de mes seins déposant une pluie de baiser sur sa route.

J’avais de plus en plus chaud et lorsqu’il remonta vers mes lèvres ce fut l’explosion au moment où nos langues se retrouvèrent. Mes mains entouraient son cou, l’empêchant de me quitter. Sa main droite glissa sensuellement le long de mon corps avant de retrouver ma cuisse qu’il souleva, la gauche fit bientôt de même. Je n’eus d’autre choix que d’entourer sa taille afin de garder un semblant d’équilibre.

Me soulevant ainsi, il me décolla du mur. Il fit remonter doucement ses mains le long de mes côtes, les passant sous mon débardeur le tout en nous menant vers mon lit. Il me départit de mon haut juste avant de me balancer sur le lit. Il me sauta dessus, à califourchon sur mon bas-ventre.

Ses yeux se baladèrent sur ma poitrine offerte à sa vue. Il enleva ensuite sa chemise blanche offrant son torse parfaitement musclé à mon regard. Il n’avait vraiment rien perdu de sa superbe.

- « Miam ! »

- « Qu’est-ce que je devrais dire ? »

Son regard gourmand devint carnassier. Il commença par jouer avec sa langue sur mon nombril, me chatouillant et me chauffant en même temps. Il remonta doucement et s’occupa de ma poitrine. Ce qu’il fit était totalement inédit et se passait royalement de commentaire mais je pouvais dire une chose : mon plaisir fut décuplé.

Pourquoi serais-je la seule à prendre mon pied ? D’un habile mouvement de hanche, je le retournai sur mon lit, me retrouvant sur lui. Je commençai par ses pectoraux et descendis doucement mais surement vers son bas-ventre car je savais qu’il était chatouilleux à cet endroit.

Je me décalai quelque peu et défit les boutons de son pantalon avec mes dents, ce qui excita mon elfe, je pouvais le voir. Il était de plus en plus à l’étroit. Je le déchargeai de ce qui le restait de tissu, me permettant d’admirer son corps nu dans son intégralité.

Il choisit ce moment de vulnérabilité devant la beauté de son corps pour me remettre sur le dos et passer ses mains dans ce qui couvrait la partie la plus intime de mon anatomie. Doucement, il fit glisser ses mains, me dénudant complètement. Ses lèvres se déposèrent de nouveau sur mon nombril et descendit dangereusement me tirant à chaque fois un nouveau cri de plaisir.

Ce qui se passa ensuite entre nous était totalement obscène, mettre des mots dessus rendrait la chose parfaitement indécente. Une chose était sure, nous jouîmes plusieurs fois durant le laps de temps où nous fîmes des galipettes dans mon lit. Nous finîmes par nous endormir, fatigués de tant de gymnastique.


***


J’émergeai du sommeil, la tête en vrac et nue dans un lit. Nue ? J’ouvris les yeux d’un seul coup et réalisai que je me trouvai toujours dans le camp d’Omyre. Du regard, je me mis en quête de mes vêtements et sortis du lit à toute vitesse afin de me rhabiller.

Mais par tous les dieux mauvais de cette planète, que s’était-il passé cette nuit ? J’avais eu un rêve des plus étranges. Mais était-ce vraiment un rêve ou bien l’alcool que j’avais ingéré hier m’avait fait complètement délirer m’emmenant dans un futur hypothétique que j’espérais de tout cœur un jour connaître ?

Je m’assis dubitative sur le rebord du lit afin de mettre tout ça à plat. Hier soir, j’avais bu un verre avec Liam, pour preuve, des morceaux du contenant se trouvaient au sol. La tête m’avait tournée et j’étais tombée comme une masse sur le lit. Ce que je ne m’expliquais pas c’était comment un rêve pouvait être suffisamment puissant pour me faire me déshabiller.

J’étais dans le flou le plus total et cela m’inquiétait beaucoup. J’avais beau retourner tout ça dans ma tête, une explication tangible ne pointait toujours pas le bout de son nez. La frustration prit alors le pas sur le questionnement qui remplissait mon esprit.

(Crystallia.)

De toute évidence, elle n’était pas encore revenue de son trajet vers Kendra Kâr, c’était bien ma veine. Elle serait donc dans l’incapacité de m’expliquer ce qu’il s’était passé cette nuit.

Trois coups à ma porte me firent sortir de mes réflexions. Je m’attendais à voir un serviteur au lieu de cela, ce fut Liam qui entra dans la pièce avec un immense sourire sur le visage. Je savais qu’il était content de ma performance de la veille mais qu’il n’arrive pas à se départir de son sourire cachait quelque chose de plus grave à mon sens.

- « Comment va ma danseuse du ventre préférée ? »

- « Pardon ? »

- « Ton maquillage a disparu mais ton corps n’a pas changé depuis hier… »

J’étais prise de court, je ne savais absolument pas quoi dire, ni comment agir face à cette remarque. Liam profita de mon petit arrêt sur image pour s’approcher de moi, il me prit par la main et me fit lever du lit. J’étais encore sous le choc, j’agissais par réflexe. Il fit le tour de mon corps, glissant son doigt sur la partie de mon dos contenant les armoiries de ma famille. Ce geste me fit revenir à la réalité, je fis un mouvement de côté pour m’écarter de lui.

Il revint face à moi et son sourire avait quelque chose de… je ne saurais mettre mes mots dessus. Quant à son regard avec cette lueur caractéristique, je me mis à me poser tout un tas de questions sur ce qu’il s’était passé la nuit dernière. Il avait trinqué avec moi, je m’étais écroulée et j’avais rêvé que j’étais dans les bras d’Ehemdim, cela n’était pas inquiétant.

En y repensant, Ehemdim était quelque peu différent dans son comportement avec moi, dans ses caresses, dans ces gestes et dans ces propos. Il m’avait presque donné l’impression d’ignorer par moment de qui ou de quoi je parlais. Il me manquait encore un élément pour comprendre ce qu’il s’était passé dans cette chambre.

(Réfléchis Aenaria !)

Je m’étais retrouvée nue dans mon lit ce matin, Liam avait une attitude étrange, son regard montrer un désir sexuel exacerbé… OH NON ! Par tous les dieux de Yuimen, ne me dites pas que ce que je pense à cet instant est vrai. J’ouvris de grands yeux de surprise avant que la colère ne prenne le pas et ma réaction physique fut immédiate. Ma main droite rencontra rapidement et violemment la joue gauche de Liam.

- « Comment as-tu osé !? »

Il reporta son visage vers moi mais son regard avait changé. Il était mauvais, comme à son habitude. Il leva vivement sa main droite qui vint aussitôt enserrer ma gorge. Puis avec force, il me poussa contre le mur derrière moi m’étranglant toujours.

Une fois le dos contre le mur, il posa ses lèvres sur les miennes pour me tirer un baiser mais je ne lui fis pas ce plaisir. Il recula tout en gardant sa main contre mon cou, les miennes se serrèrent sur son bras pour le forcer à lâcher prise mais rien n’y faisait.

- « Tu m’appartiens ! Ne l’oublie jamais ! J’ai le droit de faire ce que je veux de toi, quand je veux et où je veux ! Du moment que tu tiens sur tes jambes ! »

L’air commençait à manquer dans mes poumons, il allait m’étrangler s’il continuait ainsi. Mon visage blanchit devant le manque d’air, Liam lâcha prise avant de m’asséner un magnifique coup de poing dans la joue droite.

- « TU ES MON ESCLAVE ! »

Il avait tout simplement hurlé ses paroles dans ma face. Je l’entendis exprimer bruyamment un soupir avant de partir de la pièce alors que je glissai le long du mur et sanglotai comme une malpropre. Je ne pensais pas que ma dignité me manquerait tant et que je tomberais aussi bas.

_________________


Dernière édition par Aenaria le Dim 22 Mar 2015 22:39, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Camp de la déportation d'Omyre
MessagePosté: Sam 21 Mar 2015 18:57 
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J’étais toujours au sol à pleurer face à ma situation qui je pensais s’était améliorée pour finalement atteindre le fond. Comment avais-je pu tomber si bas ? J’étais au plus mal dans cette chambre, aucun espoir, à l’horizon je ne voyais qu’un seul tableau : moi devenant l’esclave sexuelle volontaire de Liam. Rien que cette idée me donnait envie de vomir.

Ce fut le moment que choisit ma faera pour faire son retour.

- « Aenaria, que s’est-il passé ? Pourquoi tu pleures ? »

Entre deux crises de larmes, je réussis à articuler quelques mots.

- « Liam m’a drogué et on a fait l'amour. »

- « QUOI ! »

J’essuyai les gouttes d’eau salées qui perlaient encore de mes yeux avant de relever la tête pour affronter le regard de ma faera. J’inspirai profondément un grand coup avant de rentrer dans la phase d’explication.

- « Tu sais à quel point il aime les psychotropes ? »

- « Oui, il t’en a fait tester plusieurs. »

- « Il m’en a fait boire un sans que je le sente. Il l’avait mis dans un verre d’alcool très fort. Je l’ai bu d’une traite et je me suis évanouie à cause des vapeurs d’alcool, du moins c’est ce que j’ai cru. Je me suis réveillée pensant être dans un rêve avec Ehemdim à Balsinh alors qu’en réalité, j’étais ici avec Liam qui avait pris l’apparence d’Ehemdim. J’ai couché avec lui de ma propre volonté ! »

Je voyais bien qu’au fur et à mesure de mon récit, ma faera se décomposait un peu plus. J’avais peur de sa réaction face à ce qu’il venait de se passer même si au final je n’avais strictement rien à me reprocher pour la simple et bonne raison que Liam avait abusé de moi. J’avais également peur de croiser le regard de Crystallia. Je baissai la tête pour éviter son jugement.

- « Je ne sais quoi dire qui pourrait exprimer à quel point je suis désolée pour toi et pour ce qui t’est arrivée en mon absence. »

Je relevai le visage alors que de nouvelles larmes naissaient dans mes yeux.

- « Oh Crystallia ! Jusqu’à présent je m’étais montrée forte, je faisais la grande fille, le soldat aguerri sans peur et sans faille mais ce n’était qu’une façade. J’ai peur de ce qu’il pourrait m’arriver dans les prochains jours, j’ai peur de devoir rencontrer Tamìa dans de telles circonstances, j’ai peur de ce que Liam pourrait me faire ou me faire faire. Je suis perdue Crystallia, je ne sais plus quoi penser, ni croire. »

Des sanglots longs agitèrent mon corps, comment une faera pouvait-elle réconforter physiquement un être humain alors qu’elle n’était faite que de fluides. J’avais envie d’entendre de bonnes paroles, non j’en avais besoin. J’avais besoin de sentir un corps amical me prendre dans ses bras pour me rassurer et me dire que tout allait bien se passer. Tout ceci n’était qu’une douce illusion…

- « Je me doutais bien qu’à un moment cette belle façade s’effriterait. »

- « Merci de ta sollicitude, elle fait chaud au cœur ! »

- « Avant de monter sur tes grands chevaux comme tu viens de le faire, écoute-moi un peu. »

Crystallia attendit quelques secondes, comme un acteur au théâtre, avant de reprendre.

- « Tu as vécu des choses affreuses depuis que tu es arrivée ici Aenaria, le fait que tu aies tenu aussi longtemps sans craquer prouve à quel point tu es résistante. Plier mais ne pas rompre, c’est bien ce que tu me disais lorsque tu te faisais torturer ! Et alors ! Tu viens de rompre mais cela ne prouve qu’une seule chose : tu es humaine ! Tout le monde a le droit à son moment de faiblesse Naria, craquer est normal vues les circonstances. Alors arrête de te torturer ! Lève la tête et réfléchis pour sauver ta peau et la mienne par la même occasion ! »

- « Te sauver la peau ?! Tu te payes ma tête ! Tu es faite de fluides ! Si je meurs, tu retourneras dans la forêt des faeras et tu trouveras un nouveau maître à qui servir tes boniments ! »

- « Je n’aime pas du tout la tournure que prend cette conversation ! Je reviendrais lorsque tu auras de nouveaux les idées claires ! »

- « C’est ça ! Fuis donc comme une lâche ! »

Ma faera qui avait commencé à me tourner le dos fit volte-face à la seconde avant de fondre sur moi à toute vitesse, pointant un doigt accusateur sur mon visage.

- « La plus lâche d’entre nous ce n’est pas moi, c’est toi ! Regarde-toi un peu dans un miroir avant de faire de telles accusations ! Tu baisses les bras trop vite ! Tu es pratiquement morte dans une baignoire remplie de glace, tu as eu une pneumonie mais tu as survécu ! Et maintenant que Liam a couché avec toi, et je dis bien « couché », le monde de madame s’écroule ! Si je le pouvais, je te mettrais un sacré coup de pied dans le derrière pour te faire réagir ! Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir Naria, alors secoue-toi bon sang ! »

Au fur et à mesure que Crystallia m’avait hurlé au visage sa tirade, j’avais ouvert un peu plus les yeux. Je savais que les mots pouvaient être blessant mais aller jusqu’à donner des claques aussi violentes, je n’en avais jamais fait l’expérience. Ma faera avait croisé les bras devant elle et de toute évidence, attendait, ma réaction.

J’étais au plus bas entre le jugement que je portais sur ma situation et les propos de ma confidente magique. J’étais perdue dans les méandres de mon esprit, j’avais touché le fond, faisant disparaître toute la volonté que j’avais de me battre. Tous ces doutes qui bloquaient mon esprit, prirent bientôt le chemin de ma bouche.

- « Et qu’est-ce que tu veux que je fasse ? Je passe mes journées enfermées ici à la disposition de monsieur ! »

- « Réfléchis, sonne la révolte dans ta tête par Sithi ! »

Elle en avait de bonne Crystallia ! J’étais bloquée ici avec mes malheurs à ne faire que deux choses : lire et dormir. Aucune issu pour moi. Certes j’avais retrouvé mes forces mais j’étais sans arme, sans mon équipement, sans lien vers l’extérieur sauf celui de Crystallia, mais à quoi cela pouvait-il bien m’avancer.

- « J’aimerais te voir à ma place Crystallia ! Tu as déjà eu à faire à des situations aussi désespérées avec tes anciens maîtres ? Alors arrête un peu tes leçons de moral à deux yus ! »

Elle voulait que je sonne la révolte dans ma tête, plus facile à dire qu’à faire. Je me mis à embrasser toute la pièce du regard jusqu’à ce que mes yeux s’arrêtent sur les bords du lit. Et ce fut l’illumination dans ma tête. Elle voulait une révolte, j’allais lui en donner une. Cela prendrait du temps et beaucoup de planification pour que je ne me fasse pas prendre mais c’était faisable.

Je relevai la tête et séchai mes larmes du revers de mes mains puis me mis debout.

- « Je ne te savais pas aussi volontaire Crystallia et surtout aussi persuasive. Si je pouvais te prendre dans mes bras, je le ferais. Merci ! »

- « Il est hors de question que je perde de nouveau ma maîtresse dans de terribles circonstances. »

Je relevai l’information tout en levant un sourcil interrogatif mais je savais parfaitement qu’elle ne répondrait pas à ma question. Je chassais ma question dans un coin de mon esprit pour me concentrer sur ce que je devais faire.

- « Bien. J’ai les clés qui permettent d’ouvrir les portes autour de moi, je pourrais probablement récupérer mon équipement lorsque le moment sera opportun. En attendant, il faut que je récupère le plus d’information possible sur ce lieu. »

- « Je suis à ton service. »

- « Pas cette fois Crystallia. Je dois voler de mes propres ailes si on peut parler ainsi. Il faut que je retrouve mon instinct de soldat. Que tu puisses traverser les murs et parcourir de longues distances, c’est très pratique, mais ici, il faut la jouer plus fine. »

- « D’accord. Je comprends. »

- « En parlant de longues distances, comment va Ehemdim ? »

- « Egal à lui même : le regard blanc et semblant quelque peu perdu. Pas de signe de Tamìa. »

- « D’accord. »

Je me baissais afin d’atteindre les clés que j’avais dissimulé entre les lattes du lit lorsque la clé dans la serrure de ma porte se fit entendre. Je récupérai un livre que j’avais laissé sur la commode à côté du lit et sautai vivement dessus pour faire semblant de lire. Entra alors dans la pièce l’homme que je détestai le plus au monde après mon frère.

- « Lâche ce livre ! »

Je levai les yeux vers lui avant de redescendre sur le livre pour finalement le fermer. Mieux valait ne pas trop le chercher.

- « Pauvre fille, tu as pleuré ta maman ? Elle est où ta maman ? »

Ma mâchoire se serra malgré moi, s’il y avait bien un terrain sur lequel il ne fallait pas venir me chercher c’était la famille et surtout mes parents. Je sentis alors mes fluides de foudre monter dans mes mains sans que je puisse les contrôler, si je ne me calmais pas rapidement, j’allais regretter amèrement mon geste. Je fermai deux secondes les yeux afin de prendre une profonde inspiration. J’en profitai pour visualiser le manoir où j’avais grandi, ce qui me permit de retrouver un minimum de calme. Je rouvris les yeux, fixant Liam du regard.

- « Va en enfer Liam ! »

- « L’enfer on y est déjà très chère ! Et maintenant, lève ton séant de ce lit séance tenante ! J’ai un travail pour toi. »

- « C’est quoi ce travail ? »

- « Bouge tes fesses et tu le sauras. »

J’avais l’impression qu’il ne fallait pas chercher le monstre qui sommeillait au fond de cet humain. Je m’exécutai donc et suivis Liam qui sortit de la chambre. Il tourna sur la droite, passant la grande arche dont les portes étaient grandes ouvertes. Un petit regard sur le côté et je vis bien en place mon équipement, qui m’attendait.

(Bientôt je le récupérerai.)
(J’ai retrouvé ma guerrière !)
(Merci.)
(Toujours.)

Nous passâmes devant la salle où je m’étais déhanchée pour un elfe noir avant de tourner sur la droite afin de prendre un escalier qui descendait. Un coup d’œil sur la gauche me permit de distinguer un nouveau couloir qui desservait plusieurs portes. Une fois à l’étage inférieur, les marches débouchaient sur une immense porte en bois massif magnifiquement sculptée. Liam poussa les deux battants laissant passer une odeur que je pouvais reconnaître entre mille : celles des parchemins et des livres poussiéreux.

J’étais dans une bibliothèque où du moins ce qui avait ressemblé à une bibliothèque. J’avais l’impression qu’une tornade était passée dans cette pièce. J’étais estomaquée de voir l’état dans lequel était ce lieu de savoir : des piles de livres ouvertes en vrac sur le sol, des étagères pleines de poussières avec des volumens et des codex entassés anormalement, le sol était jonché de parchemins en tout genre.

- « Qu’est-ce que tu as fait à cette bibliothèque ? »

- « Moi ? Rien du tout. L’ancien bibliothécaire avant de mourir a voulu me faire payer son mauvais traitement et a foutu un bazar monstre. »

- « Un bazar monstre ? C’est un euphémisme ! Y’a eu une guerre dans cette pièce, c’est pas possible autrement ! Attends une minute, qu’est-ce que tu veux que je fasse exactement ? »

- « A ton avis ? »

- « Tu veux que je remette tout en ordre ? A moi toute seule ? »

- « Et chaque jour qui passera sans que ce soit terminé, tu souffriras. »

- « Au moins, je sais à quoi m’en tenir. Puis-je formuler une demande ? »

- « J’écoute mais je ne répondrais pas forcément favorablement. »

- « Avec ce que j’ai fait pour toi et pour ton envoyé de Khonfas et aussi pour la superbe partie de jambes en l’air que tu as cru bon de t’octroyer, puis-je avoir l’aide de l’un des prisonniers ? »

- « Et me faire sauter des occasions de te prendre comme je le veux ? »

Il se mit à réfléchir dans sa tête sur la proposition que je venais de formuler. Je priai intérieurement pour avoir son approbation car j’avais déjà une petite idée sur la personne qui viendrait me prêter main forte.

- « J’accepte car j’ai besoin que ces documents soient en ordre. De toute façon, rangement ou pas, j’ai le droit de disposer de ton corps comme je le souhaite alors peu m’importe. »

Je me doutais bien que cela ne changerait pas grand chose à ce que j’allais devoir affronter tous les soirs mais que pouvais-je faire d’autre ? Il y avait plusieurs jours de travail, un peu d’aide ne serait pas de trop.

- « Dans ce cas, puis-je choisir la personne qui m’aidera ? »

- « Parce que tu as quelqu’un en tête en plus de cela ? Tu abuses de ma gentillesse là ! Mais dis toujours. »

- « En juste retour des choses, je voudrais que l’earion qui était dans la cellule à côté de la mienne et qui a signalé mon état de santé puisse m’aider dans cette tâche. »

- « Entre elfes, on se serre les coudes ! »

- « Avec une telle bibliothèque, tu n’as donc aucune notion d’histoire des peuples Liam ? »

- « J’ai raté quelque chose ? »

- « Les éarions et les sindeldi se détestent cordialement parce que les technologies développées par mon peuple ont pollué les océans, ce que les éarions nous reprochent depuis des millénaires. Même si aujourd’hui nos relations sont plus cordiales, on ne va pas aller jusqu’à dire qu’elles sont amicales. »

Il frappa trois fois dans ces moments d’une manière très théâtrale.

- « Merci pour le cours d’histoire. »

- « Tu me vois ravie de combler tes lacunes culturelles ! »

Il me gifla tellement vite que je ne la vis pas venir. J’ouvris la bouche de surprise après son claque avant de faire revenir mon visage vers Liam, passablement énervée.

- « Je déteste l’insubordination, recommence et ce sera bien pire que cela. »

- « Qu’est-ce qui peut être pire que ça ? »

Tout en m’exprimant, je montrai le lieu où nous étions tout en l’englobant du regard.

- « Tu veux savoir ce qui peut être pire ? Que dirais-tu si tu perdais complètement ta dignité de femme ? Qu’au lieu de t’administrer un psychotrope lorsque je veux faire mumuse avec ton corps, je ne te donne rien du tout et que je te viole ? Tu garderais toujours cette attitude de révolte contre moi ? »

- « Tu as gagné… »

Je venais d’avouer cela sur un ton de résignation mais en réalité, ce n’était pas le cas.

(La partie ne fait que commencer et à la fin, j'espère bien l’emporter.)

- « Bien, tu es obéissante comme la chienne que tu es. Reste à ta place, et tu n’auras rien à craindre. Maintenant, mets-toi au travail. Je vais réfléchir à ta demande. »

Il passa à côté de moi non sans un magnifique sourire de victoire sur le visage. Il ferma la porte derrière lui me laissant seule dans la pièce. Je serrai fortement les poings à m’en faire pénétrer les ongles dans la peau.

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 Sujet du message: Re: Camp de la déportation d'Omyre
MessagePosté: Mar 9 Juin 2015 10:59 
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Une fois ma colère contre Liam passé, mon regard engloba de nouveau cette bibliothèque qui ne semblait pas avoir de fin. Le travail que je devais abattre était bien trop grand pour une seule personne. Je me condamnais à rester dans cette prison pendant au moins un mois si ce n’était plus. Si mon cadre de classement ne plaisait pas à Monsieur, il me faudrait tout reprendre à zéro.

Première chose à faire dans ce capharnaüm, mettre un peu d’ordre sur la table de l’ancien bibliothécaire qui, aux dires de Liam, avait connu un sort funeste. En tout cas, cet homme était très organisé, si j’en jugeais par le bureau qu’il occupait. La couche de papier en désordre éliminée, je découvris une sorte de registre dans lequel il notait tous les documents qui entraient ou sortaient de cette pièce.

Mes yeux se portèrent de nouveau vers le fond de la salle. En y regardant de plus près dans les rayonnages, je me fis la réflexion que ma première impression était erronée. La profondeur de la pièce n’était pas si importante que cela, une grosse vingtaine de mètres, et que je me trouvais plus dans une salle d’archives que dans une véritable bibliothèque. Je n’aurais donc pas tant de travail que cela à abattre, un bon point, mais je redeviendrais rapidement le joujou de Liam, pas bon.

Trouver une solution à mon petit problème carcéral était le meilleur moyen pour moi de sortir d’ici. Je levai les yeux au ciel en pensant à la tâche qui m’attendait puis entrepris d’arpenter tranquillement les quelques rayonnages afin de prendre connaissance des différents documents qui se trouvaient sur place.

Mon tour fut relativement rapide, pas plus de cinq minutes. Il me fallut plus de temps pour enjamber les nombreux parchemins qui jonchaient le sol et donc ne pas les abîmer que pour tout voir. Ceci confirma ma seconde impression, j’aurais vite fait de tout ranger, encore plus si quelqu’un venait m’aider.

(Il va falloir que je joue à l’autruche.)
(Tu vas te planquer la tête dans le sable ?)
(Très drôle ! Non, je vais jouer celle qui cède du terrain à Liam et…)

Ma discussion fut interrompue par la porte de la pièce qui était de nouveau ouverte et je vis apparaître un visage familier. Un sekteg le balança comme un vieux chiffon dans la pièce et referma derrière lui. Il ne comprenait définitivement pas ce qui lui arrivait jusqu’à ce que ses yeux ne se portent sur moi. Il me toisa avec de l’étonnement dans le regard avant de prendre la parole.

- « Aenaria, que se passe-t-il ? Que t’est-il arrivé ? Qu’est-ce que cette tenue ? Et par Moura, qu’est-ce que tout cela veut dire ? »

Il venait de pointer la porte d’une main et la pièce de l’autre.

- « Moi aussi, je suis contente de te voir Faerlyn. »

Il s’approcha de moi en me tendant la main.

- « Excuse-moi, je manque à toutes mes bonnes manières. »

Je serrai la main qu’il me présentait et lui posai délicatement la main gauche sur l’épaule.

- « Donc pour répondre à tes questions dans l’ordre : il se passe que je t’ai fait venir ici, j’ai été torturé comme tu le sais et je suis tombée gravement malade, une pneumonie, avant de devenir l’esclave personnelle de Liam, d’où ma tenue, et tu es ici pour m’aider à ranger ce bazar. »

Il fronça un peu plus les sourcils à chaque nouvelle information que je lui procurais. Lorsqu’il eut absorbé tous les renseignements, il se gratta la tête.

- « Pourquoi moi ? »

- « Parce que tu es la seule personne que je connaisse ici, que tu es un elfe pourvu de pouvoir magique et que tu as un exceptionnel don pour les détails. »

- « Si je ne connaissais pas suffisamment les gens, je dirais que tu as une idée derrière la tête ? »

- « Je réside actuellement dans les appartements non loin de Liam, j’ai mon équipement à portée de main, je passe devant tous les jours. J’ai réussi à subtiliser les clés d’un garde donc je vais pouvoir aller le récupérer lorsque le moment sera opportun, cependant il me manque des informations sur le fonctionnement du bagne et surtout sur la cour extérieure que tu es le seul à pouvoir me donner. Encore faut-il que nous arrivions à mettre la main sur un plan dans ce bazar ! »

- « Tu comptes sortir vivante de cet endroit ? »

- « Pas toi peut être ? »

- « Je me suis fait une raison, tu devrais en faire de même ! »

J’étais presque choquée par les propos que l’éarion venait de tenir. J’ouvris la bouche de surprise avant de reprendre mon souffle pour lui asséner une réponse bien sentie.

- « Comment un éarion qui aime tant son peuple et sa magie pourrait ainsi baisser les bras alors qu’il doit rêver tous les jours à Moura et la grandeur de son territoire, l’océan ? Je ne te pensais pas prompt à jeter l’éponge et abandonner lorsqu’une personne se présente pour te donner une petite lueur d’espoir en vue de sortir de ce lieu maudit ! »

A ces mots, je tournai les talons et me rendis au fond de la salle où je commençais à trier les volumens qui me tombaient sous la main. Au loin, j’entendis que Faerlyn faisait de même et nous nous murâmes tous les deux dans le mutisme le plus complet.

Plusieurs heures passèrent du moins c’était l’impression que j’avais. J’avais pratiquement remis de l’ordre dans une étagère complète et malheureusement, ma pêche aux indices sur les lieux avait été particulièrement infructueuse ce qui m’énerva prodigieusement. J’avais l’impression de perdre mon temps et l’impuissance était un sentiment que je ne tolérais pas.

Des bruits de pas derrière moi et quelques secondes plus tard, Faerlyn venait taper sur mon épaule.

- « Je pense que j’ai trouvé quelque chose. »

Il ne m’en fallait pas plus pour que l’espoir ne revienne en moi. Je suivis l’éarion jusqu’au bureau où il avait déroulé un volumen qui semblait très prometteur.

- « D’après ce que j’ai lu, c’est le plan du camp lors de sa création. »

Mon cœur fit de grands bonds dans ma poitrine. Je me mis à l’analyser comme on m’avait appris à le faire à l’académie, retenir le moindre détail, le moindre trait, se l’approprier d’un bout à l’autre.

C’était un carré fait de trois enceintes successives mais qui présentaient un certain affaiblissement dans les fondations au fur et à mesure que l’on s’éloignait. Plus le mur était orienté à l’extérieur, plus il était facile de le détruire. Une grande cour centrale surplombée par un tour de garde, standard. Puis ensuite on trouvait les quatre murs.

Une autre coupe du plan présentait les différentes étages par ailes : nord, sud, est et ouest. En observant le plan, je découvris que je dormais à l’heure actuelle dans l’aile ouest. Faerlyn pointa alors un endroit sur ces coupes à l’est au sous-sol, c’était les geôles où ils se trouvaient. Il était de l’autre côté par rapport à moi sans compter les deux étages en moins, cela allait sérieusement compliquer les choses.

En observant cette feuille de plus près, je remarquai une petite annotation dans le coin inférieur droit, une petite annotation qui était très prometteuse.

- « Où est-ce que tu as trouvé cette feuille de parchemin ? »

Faerlyn se tourna et m’indiqua de la main un tas de parchemins qui prenait la poussière depuis un bon moment. Je me jetai presque dessus et me mis en quête d’un morceau de papier très précis. Je fis voler des papiers dans toute la pièce, cherchant frénétiquement l’objet de ma quête.

Cinq minutes passèrent puis dix puis vingt, cette recherche devenait interminable faisant presque disparaître la petite lueur d’espoir que ce plan avait fait naître en moi. Faerlyn se joignit finalement à moi ayant compris ce que je cherchais. Les minutes s’égrainèrent, je sentais la tension monter dans mes mains à chaque feuille que je retournai.

(Calme-toi Aenaria.)

Je bouillais à l’intérieur de colère, je devais me contrôler ou sinon j’allais faire feu de tout bois, littéralement. La pile de parchemins diminuait à vue d’œil, nous allions bientôt toucher le fond, au sens propre comme au sens figuré. Je commençai à voir le sol, c’était perdu d’avance cette recherche de toute façon.

- « Euh… Aenaria ? Tu ferais bien de te lever. »

Je tournai la tête vers l’éarion qui tenait un long parchemin dans sa main. Ma parole, c’était un chercheur de trésor ! Il posa le nouveau document sur le premier alors que je me relevai à toute vitesse me prenant les pieds dans les rouleaux que j’avais triés. Je me retins à la table tant bien que mal et ouvris grand les yeux face à la découverte de Faerlyn.

- « Tu es un faiseur de miracle toi ! »

- « Tu m’expliques ? »

- « C’est la que ma science de la lecture des plans de bâtiments entre en scène, merci la formation militaire ! Bien alors, regardons le premier plan que tu as trouvé. Il présente le plan général et des plans en coupe de chaque aile, tu suis ? »

- « Oui je vois tout ça. »

- « Maintenant si tu superposes le second plan, tu te rends compte que ce sont les souterrains du camp que l’on voit. »

Du doigt, je traçais le carré représentant le camp puis le déplaçais vers le centre ou se trouvait des traits irréguliers qui passaient d’une aile à l’autre sous la cour.

- « Ce que tu vois ici ce sont probablement des galeries qui ont été creusées afin de communiquer entre les différentes ailes lors de la construction du camp. Ce n’est pas rare de voir cela. L’Omyrhy n’est pas connu pour être une région particulièrement ensoleillée, dès qu’il pleut, il pleut ! Donc il fallait bien pouvoir se déplacer ou se reposer sans trop de problème. Tu me suis toujours ? »

- « Oui, je crois même comprendre où tu veux en venir. Tu veux utiliser ces tunnels pour passer d’une aile à l’autre et donc me délivrer ? »

- « C’est l’idée ! Le plus dur va être de trouver l’entrée de ces tunnels, ce qui va être compliqué et me demander du temps. »

Faerlyn leva les yeux des plans pour englober la pièce du regard. Son visage s’assombrit rapidement.

- « Malheureusement, nous allons manquer de temps. »

- « Tu te rallies à moi maintenant ? »

- « Ce plan est la preuve que nous pouvons nous déplacer sous le camp et que donc nous pouvons faire bouger les choses. Je suis avec toi mais quel est ton plan ? »

- « Créer une mutinerie ou plutôt une révolte des prisonniers, il n’y a rien de mieux. »

- « Tu penses que nous serons suffisamment nombreux ? »

- « Si les plans disent vrais, ô que oui ! D’ailleurs je croyais que la plupart des personnes travaillaient dans le camp comme toi mais apparemment j’avais tort, il n’y a plus grand chose d’industriel ici. Tout le monde se dirige vers les carrières ou les mines. Il doit donc y avoir un transfert important de prisonniers pour rentrer dans le camp ce qui me fait penser qu’il y a plus de prisonniers que de gardes et qu’ils sont simplement dociles. »

- « D’accord mais comment fait-on pour se débarrasser des gardes ? »

- « A travers l’eau et la foudre. »

Faerlyn ouvrit de grands yeux de surprise en comprenant ce que je voulais faire.

- « Tes jours de torture en ces lieux ont porté leurs fruits ? »

- « Plutôt une douloureuse expérience au combat ! Mais tu as compris l’idée, une bonne hydrocution dans les règles de l’art, réduira à néant les premières défenses, le tout sera d’ouvrir les portes par la suite. »

- « Et pour les geôles comment tu fais pour les ouvrir ? »

- « Avec ton aide. »

(Ce qui est admirable, c’est que sans t’en rendre compte tes actions vont préserver l’équilibre cher à la guilde à laquelle tu appartiens.)
(C’est vrai. Punir un grand nombre et libérer un nombre de prisonniers encore plus grands. La balance restera à l’équilibre, enfin presque. Nathanael et Kellan doivent être morts d’inquiétude de ne pas avoir de mes nouvelles.)
(Tu veux que j’aille les prévenir que tu vas bien ?)
(Non, il se mettrait à poser bien trop de questions, je ne veux perdre ton temps inutilement. Tu m’es plus précieuse ici, chaque chose en son temps. J’aurais largement le temps de leur expliquer la situation à mon retour à Kendra Kâr.)

Faerlyn était quelque peu perplexe face à la situation, le plan était loin d’être parfait mais c’était un bon début.

- « Et comment on fait pour circuler sans se faire voir ? »

- « C’est le hic dans le plan, il va me falloir trouver l’entrée de tous les tunnels et les explorer les uns après les autres pour les mémoriser et cela malgré ma claustrophobie. »

- « Tu veux explorer des tunnels alors que tu es claustrophobe ? Tu serais pas un peu masochiste aussi ? »

- « Ce n’est qu’en faisant face à sa peur que l’on peut la surmonter. »

- « Si tu le dis, je te crois mais il va nous manquer quelque chose : le temps. Regarde autour de toi, d’ici quatre jours grand maximum, on aura terminé ! »

- « Je vais te raconter une histoire. Il y a des siècles vivait un couple d’elfes, Asterya et Sagittè. Asterya était une femme d’une beauté inégalée et courtisée par de nombreux elfes dont Sagittè. A cette époque, la guerre faisait rage sur le Naora. Elle promis qu’elle épouserait celui qui reviendrait le plus auréolé de gloire. Une première bataille, une deuxième bataille et à la troisième, Sagittè fut fait prisonnier. Ces camarades revinrent plus ou moins victorieux et allèrent trouver Asterya. L’histoire n’a pas retenu quelle race avait emprisonné Sagittè mais elle a retenu ceci : il est resté prisonnier pendant 100 ans. Asterya avait commencé une tapisserie et elle ajouta une condition à son future choix de mari : elle le ferait lorsqu’elle aurait terminé son ouvrage. Ce que les prétendants ne savaient pas c’était que toutes les nuits, elle se levait afin de détruire son ouvrage de la veille. Et ainsi passèrent les jours, puis les semaines, puis les années. De son côté, la patience et l’esprit de Sagittè furent mis à rude épreuve mais lorsqu’il trouva une faille, il s’engouffra dedans, détruisit le camp où il se trouvait et retourna chez lui. En arrivant avec les armes du chef de guerre ennemi, l’armée reconnut en lui l’un des plus grands soldats de son temps. La nouvelle se diffusa rapidement et elle parvint à Asterya qui avait secrètement gardé l’espoir de revoir Sagittè dont la mort n’avait jamais été officialisée. Sagittè retrouva Asterya, lui demanda sa main et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. »

- « C’est vrai la fin de l’histoire ? »

- « J’ai un peu réduit la suite de l’histoire mais tout le reste est juste. »

- « Tu veux défaire une tapisserie, je ne te suis pas… »

- « Pas une tapisserie, le rangement que nous devons faire. Nous allons avancer, il le faut, mais au rythme d’un escargot. »

Faerlyn se frotta le menton comme un intellectuel, il était en train d’analyser le plan que je venais de lui révéler.

- « Que je récapitule : explorer des tunnels que nous avons trouvé sur un plan qui date de la fondation du camp, créer une révolte parmi des prisonniers à bout de force, récupérer ton équipement, ouvrir les portes du camp et fuir de ce lieu, cela paraît impossible ! »

- « Ca paraît amusant ! L’élément le plus important sera le facteur temps. Si je peux en avoir suffisamment, on peut le faire ! Je sais qu’on peut le faire ! Il est hors de question que je finisse mes jours dans ces quatre murs ! »

- « Compte sur moi alors ! »

- « Parfait ! »

Je lui présentai ma main comme pour sceller notre pacte à travers une poignée de mains. Il la serra franchement et je pus sentir mes fluides d’éclair s’exciter à ce contact avec un aquamancien. Nous lâchâmes la main de l’autre puis un détail me revint en mémoire.

- « Rappelle-moi une chose : tu m’as bien dit que tu travaillais dans la cour ? »

- « Oui, pas très loin des écuries d’ailleurs. »

- « Tu peux me montrer où sur le plan ? »

Il s’exécuta et me désigna un espace non loin de la porte de la première enceinte intérieure, logique. Je pris la plume sur le bureau et écrivis un petit e afin d’identifier l’endroit. Il restait encore à régler un problème.

- « Que fait-on de ces deux documents ? »

- « Je pensais à la même chose : nous devrions le planquer derrière un des meubles. »

- « Ou tout simplement, le cacher dans le bureau. Il est bien connu que les choses les plus en vues sont les moins visibles. »

Un petit coup d’œil vers les bougies et je réalisai à quel point la journée était avancée, une grande partie de la cire avait fondu.

- « C’est tellement vrai. Nous ferions bien de nous dépêcher, je pense que les gardes ne devraient pas trop tarder. »

Chacun prit un parchemin, l’enroula et nous les déposâmes dans un tiroir du milieu du bureau. A peine avions-nous fini qu’un garde fit son entrée dans la pièce afin de récupérer Faerlyn, derrière le garde se trouvait Liam. Nous partîmes de la pièce en silence. En haut des escaliers, Faerlyn continua sa route vers les geôles alors que Liam me ramenait vers « ma chambre ».

Je devais contourner ses ardeurs sexuelles ou bien j’allais encore coucher avec lui sans mon consentement mais comment faire ?

(Ecroule-toi de sommeil tout simplement.)
(Pas bête, je vais dormir direct et je profite de ce temps pour commencer ma visite nocturne du camp.)

- « Je te fais amener un plateau pour le diner. »

- « Merci. »

Nous arrivâmes devant ma chambre, il ouvrit la porte, me laissa entrer et referma derrière lui. J’enlevai mes chaussures et courus dans le lit afin de faire celle qui dort. Une fois en position fœtale, je ralentis le rythme de mes battements de mon cœur pour faire semblant.

Quelques minutes plus tard, j’entendis la porte de ma chambre s’ouvrir. Je ne réagis pas du tout, histoire de faire semblant. Le serviteur, ou du moins, la personne que je prenais pour le serviteur posa le plateau, un bruit allant dans ce sens parvint à mes oreilles, avant de ressortir de la pièce.

Il ne ferma pas la porte en quittant ma chambre et je pus l’entendre parler à Liam.

- « Elle dort monsieur. »

- « Elle a donc plus travaillé que je ne le pensais. Laissons-là se reposer. Récupère le plateau, elle n’en aura pas besoin. »

Le serviteur rentra dans la chambre, récupéra le dit plateau et sortit.

- « Ce n’est que partie remise Aenaria. »

Je dus me retenir de ne pas trembler sous le drap devant cette phrase qui ne faisait que prédire l’inévitable pour moi. Je serais fermement les lèvres pour me retenir de hurler avant que la porte ne soit fermée. J’expirai un grand coup quelques secondes plus tard et ouvris les yeux.

J’avais eu chaud aux fesses, littéralement. Il était maintenant temps pour moi de mettre mon plan à exécution et de commencer l’exploration de ce lieu.

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 Sujet du message: Re: Camp de la déportation d'Omyre
MessagePosté: Sam 13 Juin 2015 23:46 
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J’attendis quelques minutes avant de sortir de mon lit et récupérai les clés que j’avais soigneusement cachées sous mon lit, le tout dans le noir le plus complet. Je savais que je pouvais éclairer la pièce mais je ne voulais pas attirer l’attention sur cette dernière. A tâtons, je rejoignis la porte et introduisis la clé dans la serrure en espérant ne pas avoir été trop bruyante.

Je tournai mon sésame dans le verrou et attendis de nouveau quelques secondes avant d’ouvrir la porte. Aucun son ne provenant de l’autre côté, aucun coup porté sur le bois me propulsant dans les airs, tout allait bien. J’ouvris doucement et me retrouvais dans le couloir qui était éclairé par une douce lumière prodiguée par quelques candélabres stratégiquement disposés.

Un d’œil sur la droite vers la grande porte menant vers les appartements de Liam, rien à l’horizon, un petit coup d’œil sur la gauche, vers la salle de bains et une grande porte de bois dont je ne connaissais pas la destination. Ma meilleure chance était ce côté-ci, passer devant les appartements de Liam sans pouvoir mettre à exécution mon plan final était beaucoup trop risqué. Mon équipement devrait encore attendre un peu.

A pas de loup, je rejoignis la dite porte en espérant très fort que la clé en ma possession pouvait également ouvrir celle-ci et que donc j’avais une sorte de passe-partout.

(Sérieusement !)
(On a le droit de rêver ! Après toutes les tuiles qui me sont tombées sur le nez ici, j’ai le droit à un peu de chance !)

Une fois au niveau de la porte, je me collai contre cette dernière afin d’écouter ce qu’il se passait de l’autre côté. Vu son épaisseur, mon entreprise fut vaine car absolument rien ne passait à travers. Je n’avais plus qu’une chose à faire, sauter dans l’inconnu, enfin presque.

Clé dans la serrure, tournage de la clé, je me répétai tout en croisant les doigts de la main gauche. Pas d’opposition de la part du verrou, la porte s’ouvrit sur un nouveau couloir qui desservait plusieurs pièces mais surtout, il disposait de fenêtres donnant sur la cour. Ça allait être coton, voir sans être vu, ce n’était pas ma spécialité. Tel l’assassin, j’allais me fondre dans les ombres et croire en ma bonne étoile.

(Ca va l’envolée lyrique ?)
(Oh laisse moi un peu rêver ! Et maintenant, chut !)

Je me collai contre le bord de la première fenêtre et initiai un rapide regard vers l’extérieur afin de mémoriser le mouvement des gardes. Encore eut-il fallu que les gardes aient un mouvement régulier ! C’était bien ma veine, ils ne se déplaçaient pas de manière harmonieuse sur le chemin de garde, ils m’étaient impossible de prévoir leurs déplacements.

J’allais devoir me lancer de toute manière si je ne voulais pas me faire repérer. Inspirant profondément, je passai rapidement devant la première fenêtre, puis devant la deuxième, et enfin devant la dernière. Elles étaient relativement larges, ce n’était pas évident de bouger de manière fluide et rapide.

Au bout de ce premier couloir, je me retrouvais à un angle du bâtiment. Ainsi donc, je connaissais les dimensions. Des torches illuminaient cet angle du bâtiment, un peu trop à mon goût, ma position pouvait être découverte très vite. Je devais choisir la route à suivre. Sur la gauche, un escalier qui descendait vers l’étage inférieur, sur la droite une nouvelle porte.

L’objectif de ma sortie était de trouver l’entrée des tunnels se trouvant sous le camp, faire le tour du bâtiment n’était pas à l’ordre du jour, donc l’escalier était la suite de mon trajet. J’avançai prudemment vers les premières marches à l’écoute du moindre bruit provenant du dessous. Après une bonne minute d’attente, je descendis quatre à quatre cette volée de marche et me trouvai dans un nouveau couloir.

J’étais maintenant au premier étage du camp. La curiosité était un vilain défaut, je le savais, il m’avait déjà causé quelques petits problèmes par le passé. J’avais, pour faire simple, terriblement envie de découvrir ce qu’il se cachait dans les pièces que desservait ce couloir. Mais mon esprit martial me disait que je devais continuer ma mission.

(Le tourisme ce sera pour un autre jour !)
(Si tu t’y mets aussi !)

Bien, je restai donc sur les marches et portai de nouveau attention à ce qu’il se passait sous mes pieds. J’allais atteindre le rez-de-chaussée à la prochaine descente, j’étais sûre de trouver plus d’animation et pourtant pas un son ne montait. C’était étrange car on m’avait toujours dit que le son montait. Soit les gardes de Liam dormaient profondément, soit un événement inattendu était en cours.

Je devais tenter ma chance. Je descendis les marches restantes et contrairement à l’étage d’où je venais, je ne pouvais pas descendre encore. En arrivant au rez-de-chaussée, j’étais toujours sur le qui-vive. Pour éviter de rester dans une position trop à découvert, je me cachais sous les marches afin de modifier mon plan de recherche.

D’après les dessins, les tunnels débouchaient sur le sous-sol, je devais descendre encore pour y parvenir. J’allais devoir faire un peu d’exploration pour trouver mon chemin. Je me relevai et entrai fissa dans la première pièce sur ma droite par rapport aux escaliers. Je refermai aussi vite que je l’avais ouverte.

- « Quoi toi faire ici ? »

- « Oups… »

En me retournant, je découvris un simple gobelin qui était assis derrière une table. La pièce était relativement grande au moins 8 mètres de large. Elle était parfaitement éclairée par différents chandeliers tout autour de la salle. Quelques grandes caisses en bois étaient présentes dans le fond.

Le gobelin portait une chemise pleine de tâches, un pantalon de cuir tout aussi sale, un foulard rouge autour du cou négligemment noué et à sa ceinture, se trouvait un poignard dans un fourreau.

Que devais-je faire ? Aller à l’affrontement au risque de créer du bruit et faire venir d’autres gardes ou bien tenter le tout pour le tout et bluffer. Testons la deuxième solution et au pire, en avant la boule de feu !

(Tu peux modifier ma voix pour qu’elle soit plus aiguë comme une fille de joie ?)
(Oui bien sur.)
(Fais-le !)

Je mis les mains sur les hanches et pris une expression indignée.

- « Je cherche Liam depuis vingt bonnes minutes dans ce labyrinthe ! Comment est-ce que vous faites pour vous repérer ici ! »

Je levai ensuite les deux paumes vers le plafond, les yeux de même, le tout en soupirant bruyamment de dépit. Le gobelin s’approcha doucement de moi, mon cœur fit des bonds dans ma poitrine mais je ne devais rien laisser paraître sinon ma couverture allait sauter.

Le regard de mon interlocuteur changea pour des petites étoiles. Oh non, je n’aimais pas ça du tout, j’avais assez d’un pervers à gérer, inutile d’en avoir un second. Il défit son foulard et me le tendit, je ne comprenais pas son geste. Je le pris pour ne pas le froisser et attendit la chute de l’histoire.

- « Vous avez une tâche sur votre haut. »

Puis il se tourna, il avait juste maté mon décolleté avant de me tendre un morceau de tissu. Il baissa la tête comme pour se dire qu’il avait manqué sa chance. Je devais être inaccessible pour lui, vu que j’étais la propriété de Liam. Je regardai mon débardeur et vis des marques dues au déménagement dans la salle des archives.

- « Foutue poussière de parchemins ! »

Aussitôt le gobelin releva la tête, lui comme moi nous comprîmes notre erreur en un quart de seconde. Je pris le foulard dans mes deux mains et le passai autour de la gorge du pauvre gobelin, pauvre parce qu’il avait été gentil avec moi, et l’étranglai de toutes mes forces.

Vu sa taille et vu ma force, je réussis à le soulever de terre tout en serrant de plus en plus fort. Au bout de deux minutes, il arrêta de bouger et devint un poids mort. Je le posai à terre et inspectai rapidement son cadavre. Dans la poche de son pantalon, je mis la main sur une potion de soin et le délestai de son poignard et de la ceinture à laquelle s’attachait le fourreau.

En englobant la pièce du regard, je me posai une question : à quoi pouvait servir cette pièce ? Au final, il n’y avait qu’une table avec un gobelin derrière, des caisses sur la droite et deux trois objets sur la dite table. Je m’avançai vers le meuble de bois et trouvai dessus une sorte de registre dans une langue qui ne m’était pas familière.

(C’est du vieux garzok, c’est une sorte de registre qui fait état des personnes qui entrent et qui ne sortent pas.)
(Temps mort. Tu sais lire cette langue ?)
(Je connais tous les dialectes de cette planète de par ma très longue existence.)
(D’accord… Et pour la deuxième partie, les personnes qui entrent mais ne sortent pas, il y a des gens qui ne sortent pas ? Des gens meurent dans cette pièce ?)
(Moi pas savoir.)

Je regardai de nouveau la pièce dans le détail mais ne vit aucune trace de sang que ce soit au sol ou sur les murs. Je fis ensuite le tour de la table et des caisses et découvris qu’elle cachait un petit secret : une échelle qui communiquait avec le sous-sol. Mais quelle était l’utilité de ce sous-sol ?

Après quelques secondes, mon esprit fit rapidement le lien entre cette pièce invisible depuis l’entrée et le registre qui parlait de personnes mortes. Il ne m’en fallut pas plus pour descendre le long de cette échelle bien poisseuse. Une fois en bas, je constatai qu’il faisait bien sombre.

- « Luminare ! »

Doucement, une petite boule lumineuse fit son apparition devant moi, une nouvelle manifestation de mes pouvoirs magiques. Ce que je découvris me fit froid dans le dos. J’avais déjà vu des scènes d’horreurs mais là je venais d’atteindre un nouveau stade dans la monstruosité humaine.

Je savais que Liam était porté sur la torture mais vu la quantité de sang qu’il y avait sur les murs, il devait s’en donner à cœur joie ! Ceci expliquait le fait que l’échelle soit poisseuse, avec l’hémoglobine qui coulait dans cet espace ! Au fond de la pièce se trouvait une porte. Je fis attention aux endroits où je posais les pieds ainsi qu’au plafond au cas où une goutte tomberait.

Une fois devant la porte, je sortis de nouveau ma clé en voyant la serrure. J’introduisis la clé dedans mais rien ne se produisit, j’étais dans un cul-de-sac. Je sentis une sorte de courant d’air provenir de sous la porte, chose inhabituelle. Je m’accroupis afin de regarder en dessous et sentis de nouveau ce courant d’air, relativement frais.

De toute évidence, il ne venait pas de la pièce, il venait donc de l’autre côté de cette porte qui me résistait. Je donnais un coup d’épaule dans le bois mais je récoltai une grimace et probablement un bleu pour le lendemain.

(Et si tu appuyais sur le loquet au lieu de jouer à madame muscle ?)

Je fronçais les sourcils face aux propos de ma faera. En observant de plus près l’obstacle face à moi, je compris ce que voulait dire ce petit être fait de fluides. Appuyant sur le loquet, la porte céda aussitôt et me permit de passer dans la pièce suivante qui n’en était pas une, accompagnée de ma boule lumineuse.

C’était un rebord rocheux relativement grand qui semblait naturel, comme une sorte de grotte sur ma droite. Bon il était clair qu’il se servait de cet endroit pour balancer les cadavres vu la trainée de sang qui allait jusqu’au bord. Sur ma gauche, une paroi rocheuse avec des caisses devant, encore des caisses, serait-ce ma soirée de chance ?

Je m’approchai des boites en bois qui étaient empilées les unes sur les autres sur une hauteur maximale de deux mètres. Rien d’impossible pour moi à déplacer donc. J’entrepris de les bouger une par une en commençant par le haut. Au bout d’une dizaine de boîtes, je touchai le gros lot car je découvris un trou d’un bon mètre cinquante de haut.

D’après le plan que j’avais encore à peu près en tête, si c’était bien le bon tunnel, il devait passer sous la cour et arriver directement au niveau des geôles où j’avais passé plusieurs nuits et donc près de Faerlyn. Tout ceci devenait sérieusement intéressant, il était temps pour moi de jouer les exploratrices à l’aide de ma boule de lumière, le tout sans trop me salir sinon j’allais me faire taper sur les doigts.

Je commençai à avancer en me baissant le plus possible, je me mis presque à courir pour gagner du temps. Ce trajet me parut incroyablement long, je ne pensais pas que la cour était aussi grande. Ma boule de lumière finit par éclairer un mur en face de moi, je ralentis le rythme de mes pas en arrivant devant afin d’éviter la collision.

Ce mur se révéla être une planche de bois, plus exactement une porte sans serrure mais avec un loquet. Par sécurité, je coupai mon sort et aperçus de la lumière sous la porte ainsi que des ombres qui bougeaient. En collant mon oreille contre l’obstacle, j’entendis des voix distinctivement, au moins trois personnes discutaient de la situation de certains prisonniers.

(On dirait que j’ai atterri sur la salle des gardes.)
(Tu es dans de beaux draps. Qu’est-ce que tu vas faire ?)
(Je n’ai pas trop le choix ! Je me vois mal enfoncer la porte et alerter les gardes de l’autre côté. Je ne sais pas si je suis bien au bout du tunnel auquel je pense. Je peux très bien me trouver dans une autre aile du camp. Dans tous les cas, je ne peux pas attendre indéfiniment, je dois prendre une décision.)
(Je peux te dire où tu es si tu veux.)
(Non, c’est bon. Jusqu’à présent tu m’as beaucoup aidé, et je ne t’en remercierais jamais assez mais je me débrouillais comme une grande fille avant toi, je peux encore me débrouiller pour savoir ça.)
(Et tu vas faire comment ?)
(Comme ça.)

Je fis monter mes fluides de lumière de nouveau à mes mains et une fois dans mes doigts, je lançai un trait lumineux droit devant moi. Il illumina ma route pendant un bon moment avant d’exploser au loin contre la paroi, était-ce la paroi du gouffre ? Cela paraissait éloigné mais de toute évidence, j’étais globalement restée en ligne droite. Je me trouvais bien au niveau des geôles.

Un petit sourire naquit sur mes lèvres alors que je claquai des doigts afin de faire réapparaître ma sphère lumineuse. Au petit trop je pris la route en sens inverse afin de rentrer dans ma chambre.

(C’est quoi l’étape suivante ?)
(Revenir ici afin de savoir ce qu’il y a derrière cette porte ou bien demander directement à Faerlyn.)
(Et ensuite ?)
(J’échafaude mon plan au fur et à mesure de mes avancées. Donc attends que je rentre en un seul morceau et on en reparle demain.)

J’arrivai rapidement au gouffre. J’entrepris de remettre les caisses en place pour effacer toutes les traces de mon passage. Je repassai dans la pièce de la mort et remontai l’échelle. Je retrouvai le cadavre du gobelin que j’avais étranglé, je ne pouvais pas le laisser ici à la vue de tout le monde. Mes yeux se portèrent sur l’échelle, bingo.

J’attrapai le pauvre bougre par les pieds et le tirai jusque dans le trou où je le fis lourdement tomber. Je le rejoignis en glissant le long de l’échelle. Récupérant ses pieds, je le tirai jusqu’au gouffre où d’un coup de pied, je le balançai dans le vide avant de commencer à compter. Je n’eus un retour de son que huit secondes plus tard, ce qui faisait une profondeur de … quatre je retiens deux… plus de deux mille cinq cents mètres ! Mieux valait ne pas tomber !

Je repartis de nouveau sur mes pas, remontai l’échelle et croisai les doigts pour ne trouver personne. Je sortis de la pièce à la vitesse de la lumière avant de prendre les escaliers pour gagner l’étage supérieur. N’entendant rien, je pris la poudre d’escampette et arrivai au deuxième et dernier étage.

En dessous, j’entendis deux gardes discuter, l’un d’eux exprima le souhait de faire un tour au second afin de voir si tout allait bien. Je piquai le sprint de ma vie tout en préparant la clé pour ouvrir la porte. Tant pis si les gardes du chemin de ronde me voyaient, ils penseront que ce sont leurs collègues.

J’ouvris la porte à toute vitesse et la refermai aussi vite que possible. J’eus le temps de voir le premier garde arriver au niveau du couloir. Je priai intérieurement pour qu’il n’ait pas vu la grande porte se fermer et pour mon grand déplaisir, il me vit. Génial ! Je courus jusqu’à ma chambre et m’enfermai dedans à toute vitesse.

J’attendis collée à la porte afin de savoir si les gardes allaient retrouver ma trace mais rien ne se passa. Je laissai plusieurs minutes avant de calmer les battements de mon cœur car je l’avais échappé belle. A tâtons, je rejoignis mon lit non sans me cogner le genou dedans. Je rangeai les clés, la potion et le poignard sous mon lit et me glissai dans les draps en étant cette fois-ci bien fatiguée mais surtout contente de ma première soirée d’exploration du camp. Espérons que demain soir je sortirai indemne.

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Dernière édition par Aenaria le Dim 5 Juil 2015 17:31, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Camp de la déportation d'Omyre
MessagePosté: Dim 14 Juin 2015 20:24 
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Je me réveillais quelques heures plus tard, juste le temps pour moi de m’étirer de tout mon long dans mon lit avant qu’une clé ne tourne dans la serrure de ma porte et qu’apparaisse le serviteur habituel avec un plateau. Il fit entrer la lumière du couloir dans la pièce avec lui et en profita pour allumer plusieurs bougies. Il se tourna ensuite vers moi.

- « Mr de Falek m’a demandé de vous emmener un plateau avec de quoi manger ce matin vu que hier soir vous dormiez lorsque je suis venu. »

- « Merci. »

Mon estomac se manifesta comme si il acquiesçait au geste de Liam au moment même où le serviteur quittait la pièce. Je me levai afin de regarder ce qu’il y avait sur ce plateau repas : un morceau de pain, un morceau de fromage et un verre d’eau.

(Au moins tu peux boire sans crainte de faire une hallucination !)
(Véridique.)

En cinq minutes, le plateau était vide et peu après, le serviteur revint dans la pièce accompagné de mon rayon de soleil.

- « Tu es tombé de sommeil hier soir, longue journée ? »

- « Tu me poses vraiment la question ? Tu as la moindre petite idée du temps qu’il va falloir pour ranger le capharnaüm que tu m’as demandé de ranger ? »

Il fit un sourire narquois, presque gourmand avec une lueur dans les yeux qui disait « j’ai envie de te prendre contre le mur ».

- « Deux jours ? »

- « Et tu te payes ma tête en plus de ça ! »

- « Attention Aenaria, ma patience a des limites. »

Son regard avait changé pour de la colère, il était le plus grand lunatique que cette planète pouvait porter. Je n’avais encore jamais croisé la route d’une personne qui pouvait changer d’humeur aussi vite que cela. C’en était presque dérangeant.

- « Et moi je me demande pourquoi on fait la causette de bon matin ! »

- « Si cela t’ennuie, alors rejoignons ton antre ! Dépêche-toi ! »

Je passai devant lui et il ne se retint pas de me mettre la main aux fesses, je ne réagis pas gardant mon énervement à l’intérieur avant de pouvoir l’exprimer. Connaissant maintenant la route pour ma salle de travail, je passai la grande porte de bois sur la droite de ma chambre puis devant la salle présentant fièrement mon équipement ainsi qu’une petite nouveauté : mon ancienne robe. Je ne pus retenir un commentaire tout en continuant ma route.

- « Puis-je savoir pourquoi ma robe est dans la pièce que nous venons de passer ? »

Je ne mentionnais pas délibérément mon équipement pour ne pas attirer l’attention dessus. Je commençais à descendre les marches menant au sous-sol tout en attendant la réponse de Liam qui tardait à venir.

- « Alors ? »

- « Pour que tu saches que tu m’appartiens tout comme le reste de tes affaires. »

- « Ca me semble clair. »

(Je ne t’appartiens pas sale con, j’appartiens à un autre elfe !)
(Tout doux Aenaria.)

J’inspirai profondément pour me calmer avant que je n’explose au visage de Liam. Je devais garder toute cette rage contre lui bien enfoui en moi jusqu’au jour du jugement. Une dernière volée de marche et j’arrivai devant la porte de la salle des archives.

- « La porte est ouverte, ton pote l’elfe bleu devrait arriver. »

Des bruits de pas se firent entendre en haut des marches. Faerlyn arrivait, escorté par un gobelin qui ressemblait étrangement à celui que j’avais étranglé la veille.

- « Le gang des elfes est réuni. Allez travailler maintenant. »

J’entrai la première dans la salle avant que Faerlyn ne me suive et que Liam ou le garde ne ferme derrière ce dernier. Nous nous rendîmes vers le bureau et attendîmes quelques secondes avant de sortir les plans du camp.

- « Alors ? Ta petite exploration de la veille a donné quelque chose ? »

- « Très utile ! Il me faut le plan des tunnels. »

J’attrapai les deux rouleaux de parchemins et les ouvrit. Je posai celui présentant les tunnels et entrepris de raconter mon aventure à l’earion.

- « Bien alors, j’ai trouvé l’entrée du tunnel de l’aile dans laquelle je demeure. On accède à l’entrée ici. »

Je montrai le plan avec les coupes latérales des différentes ailes. J’indiquai une pièce au rez-de-chaussée à côté des escaliers à Faerlyn.

- « Il y a une échelle qui permet de descendre d’un étage dans cette pièce qui mène à une salle où Liam doit prendre un malin plaisir à tuer des gens. »

Du doigt, je refis ma route sur le plan pour mon nouvel allié.

- « Cette pièce débouche sur un gouffre naturel très profond mais surtout sur l’entrée du tunnel. Il traverse toute la cour pour arriver dans l’aile où tu dors et plus exactement au niveau de la salle des gardes. »

- « La salle des gardes ? Donc ça veut dire que ce tunnel mène à la salle juste à gauche des geôles. »

J’attrapai la plume et annotai le plan « t1 » afin de savoir où se trouvaient l’entrée et la sortie du tunnel.

- « Seul hic, je n’ai pas pu aller plus loin à cause du va-et-vient des gardes dans la pièce. Sachant maintenant que je sais que tu te trouves à côté, je ne vais pas me risquer d’aller plus loin. Lorsque ce sera le cas, ce sera pour libérer tout le monde. »

- « Cela semble raisonnable effectivement. Maintenant, que fait-on ? »

- « Regardons ce plan de plus près. Si ce que je vois est juste, il doit y avoir un autre tunnel qui arrive sous l’aile est. Je serais curieuse de savoir ce qu’il y a là-bas. »

- « Je suppose que l’entrée doit être un peu plus loin à partir du rez-de-chaussée. »

- « C’est ce qui semble le plus probable effectivement. Donc un peu plus de danger pour moi pour peut être rien du tout mais ça vaut le coup. Il ne me restera plus qu’à récupérer mon équipement et ma robe. »

- « Bien alors mettez-nous un minimum au travail, n’oublions pas que nous devons faire semblant d’avancer. »

Nous rangeâmes les plans dans le bureau avant de nous mettre au travail chacun de notre côté.

- « Nous sommes d’accord, nous prenons notre temps pour tout ranger. »

- « Un peu de lecture ne nous fera pas de mal ! »

Nous acquiesçâmes de la tête et prîmes chacun position devant une pile de parchemins. Je m’assis carrément sur le sol adossé contre une bibliothèque et attrapai le premier document qui me passa sous la main. J’en entamai la lecture, c’était affligeant de nullité mais au moins cela m’occuperait un bon moment.

***


Quelques heures plus tard, la pile de documents disparut et le sol apparut. J’en avais terminé et me relevai tout en m’étirant les bras vers le plafond. Ce fut le moment que choisit Faerlyn pour me rejoindre.

- « J’ai quelque chose à te montrer, ça risque de t’intéresser. »

Je levai les sourcils de surprise et le suivit jusqu’à la bibliothèque qu’il avait rangé à moitié. Il pointa le sol du doigt, je ne compris pas de suite ce qu’il voulait de moi mais il insista sur l’endroit qu’il me montrait. Je m’accroupis afin d’observer le sol de plus près et je compris l’intérêt de Faerlyn pour cette armoire.

Il y avait des marques distinctives sur le sol qui prouvaient que le meuble était escamotable. Je me relevai et lançai un regard empli d’excitation à mon acolyte.

- « Ce meuble a été déplacé plus d’une fois. Tu penses à ce que je pense ? »

- « Que le second tunnel serait derrière cette bibliothèque ? Je le pense sincèrement. On tente notre chance ? »

Inutile de répondre, nous étions tous les deux contre le meuble à le tirer vers le centre de la pièce. Nous n’eûmes pas à trop forcer car l’armoire était coutumière du déplacement. Derrière nous trouvâmes l’entrée d’un tunnel, le second tunnel de l’aile sud.

- « Pour une découverte inattendue, c’est une bonne découverte ! »

- « Voyons maintenant, ce que ça donne. »

Je me concentrai, me détendis et fis monter mes fluides de lumière dans mes mains. D’un signe de la main, je demandai à Faerlyn de reculer quelque peu. Mes mains s’illuminèrent et je pus lancer un trait de lumière droit devant moi. Il explosa très près de moi, m’aveuglant l’espace de quelques secondes.

Sur le coup, je reculai et Faerlyn me rattrapa, me collant le dos contre une autre bibliothèque. Je mis un petit moment à retrouver mes esprits et surtout une vue non troublée par un point lumineux en plein centre de mon champ de vision. Je trouvai à ce moment Faerlyn à l’entrée du tunnel bien dubitatif.

- « Ton trait a explosé bien près de nous, je dirais une dizaine de mètres pas plus. »

- « Ce qui ne veut dire qu’une seule chose : il y a un obstacle. Puis-je ? »

- « Bien sur mais j’espère que tu ne vas pas encore lancer un sort qui risque d’exploser ! »

- « Ce n’est pas le seul sort que j’ai en stock. »

Sentant encore mes fluides de lumière au bout de mes mains, je claquai des doigts et fis apparaître une boule afin de nous éclairer. J’entrai dans le tunnel et compris rapidement pourquoi mon attaque avait été bloqué net : il y avait un éboulement dix mètres plus loin. Nous ne pouvions pas l’utiliser en l’état.

- « C’est un cul-de-sac. Tant pis pour nous ! »

- « Je pourrais bien tenter de fracturer les pierres avec la puissance de la foudre mais j’ai peur que cela prenne trop de temps et d’énergie. »

- « Sans parler du bruit ! »

- « Tu marques un point. Nous ferions mieux de refermer le passage, la journée doit toucher à sa fin. »

- « Tu as raison. »

Nous sortîmes rapidement du tunnel, je coupai mon sort de lumière et nous replaçâmes la bibliothèque derrière nous. Après avoir remis quelques parchemins et livres en place, nous repartîmes à notre lecture.

Peu de temps après notre futile découverte, Liam et le gobelin arrivèrent dans la pièce. Nous nous séparâmes au rez-de-chaussée et ce fut le moment que choisit le propriétaire des lieux pour engager la conversation.

- « Ca avance ? »

- « Doucement mais sûrement. Il y a beaucoup plus de parchemins que nous avions prévu. Pourquoi ? »

- « J’ai un petit quelque chose pour toi. »

Nous arrivâmes au deuxième étage où je m’arrêtai dans mon avancée. Je ne comprenais pas le comportement de Liam.

- « A quoi dois-je ce cadeau ? »

- « Ton ami earion a le droit à un repas un peu plus consistant ainsi qu’une cellule plus propre que les autres. Toi tu as déjà ce genre de petites attentions. »

- « Où est le retour du bâton ? »

- « Il n’y en a pas. J’ai remarqué que tu avais de la poussière sur toi, il y a un bain qui t’attend. »

J’ouvris la bouche et levai un sourcil de surprise, un peu plus et les bras m’en tomberaient. Il s’approcha de moi et referma ma bouche avec douceur.

- « Suis-moi. »

J’obéis cherchant toujours à comprendre son changement de comportement et surtout sa nouvelle soudaine gentillesse. Nous passâmes la grande porte de bois, puis devant ma chambre pour arriver à la salle de bains. De la vapeur filtrait de sous la porte, apparemment, le bain n’attendait que moi.

Je lançai un regard interrogatif à Liam qui me répondit en ouvrant la porte.

- « Vas-y. »

- « Que dois-je faire en retour ? »

- « Continuer d’être mon esclave. Et maintenant, entre dans cette pièce avant que je change d’avis. »

Je ne me fis pas prier et entrai dans la pièce pour découvrir un bain chaud qui n’attendait que moi. Liam ferma la porte derrière lui à clé. Il ne m’en fallut pas plus pour me départir de mes vêtements et plonger dans ce bac d’eau. J’allais pouvoir me détendre pendant quelques minutes tout en réfléchissant aux intentions cachées de Liam.

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Dernière édition par Aenaria le Dim 5 Juil 2015 17:42, édité 1 fois.

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