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 Sujet du message: L'écurie à boucs de Robur
MessagePosté: Ven 28 Mai 2010 16:44 
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L'écurie à boucs de Robur


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Attention, il ne s'agit pas tout à fait d'une écurie au sens humain du terme. Bien que les infrastructures et les activités puissent être similaires, dans l'écurie de Robur vous ne trouverez pas de cheval. En effet, les occupants des lieux sont les boucs des montagnes des guerriers de Mertar.

Située près de la porte est, l'écurie de Robur est placée juste en dessous d'un puits d'aération pour que l'odeur n'envahisse pas la cité. Constituée de trois bâtiments principaux et d'une cour intérieure assez vaste, elle est assez bien entretenue même si elle commence à montrer des signes de vieillissement.

Le bâtiment le plus imposant, dont provient le plus gros des bêlements, est celui dans lequel sont stockés les animaux. Il contient des box individuels pour les mâles, ceux que montent les guerriers, et des parcs pour les femelles et leur progéniture. Les autres bâtiments sont un atelier et une maison. La cour intérieure quant à elle est divisée en plusieurs espaces, des parcs pour faire "prendre l'air" aux animaux, des terrains d'exercice et de dressage.

Le propriétaire est presque un Longue Barbe, sa barbe et ce qu'il lui reste de cheveux sont entièrement blancs, il est assez susceptible, mais il est passionné par son métier d'éleveur. Il travaille avec deux de ses fils, des jumeaux assez gaillards, et sa fille, une blondinette qui n'aura aucun mal à trouver un prétendant.

Pour plus de renseignements sur les montures, se reporter à la règle spécifique sur les montures.

Montures élevées ici, à l'achat/revente :

Les boucs : Montures des Thorkins, ils sont parfaitement adaptés pour les terrains montagneux, rocailleux, neigeux et périlleux et se débrouillent en plaine. Ils ne peuvent par ailleurs pas supporter plus grand que des nains. Les Sinaris, les Aniathy ou les Sektegs peuvent également les monter au besoin.

    200 yus la monture à l'achat. 1/3 du prix à la revente. C'est à vous de le nommer, de faire une éventuelle description et de lui acheter du matériel si vous le souhaitez.

Code:
[u]Monture achetée :[/u]

Nom :
Description et race :
--------------------------------------------------------------
Équipements (A acheter !) :
-

Sac (E=0/10) (A acheter !) :

--------------------------------------------------------------


Vente de matériel:

    Selle et rênes standards : vitesse augmentée de 0,5 : 200 yus.
    Selle et rênes de qualité : vitesse augmentée de 1 : 500 yus.

    Sac (Encombrement [E= /10]) : 50 yus
    Une petite charrette (Encombrement [E= /30]), le propriétaire sera assis dans la charrette : 100yus.
    Une grande charrette : (Encombrement [E= /50]), le propriétaire + 1 personne supplémentaire seront assis dans la charrette : 200yus.

Le rachat du matériel ne se fera qu'à 1/3 du prix.

Hébergement de montures mises en pension :

    Vous pouvez apporter la monture standard (chevaux, belettes, boucs, poneys, dromadaires, loups) que vous possédez et la laisser en pension durant autant de temps que vous le voulez. Les montures originales seront refusées. Ce service sera payant en jeu mais aucun yus ne sera retiré de votre fiche.

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

(((Si vous voulez être servi dans des temps raisonnables, n'oubliez pas de demander aux GM dans le SUJET DES INTERVENTIONS GMIQUES de s'occuper de valider vos achats en jouant le commerçant. Nous ne faisons pas le tour des boutiques... merci de votre compréhension )))

_________________
Chibi-Gm, à votre service !


La règle à lire pour bien débuter : c'est ICI !
Pour toutes questions: C'est ici !
Pour vos demandes d'interventions GMiques ponctuelles et jets de dés : Ici !
Pour vos demandes de corrections : C'est là !
Joueurs cherchant joueurs pour RP ensemble : Contactez vous ici !


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 Sujet du message: Re: L'écurie à boucs de Robur
MessagePosté: Mar 18 Fév 2014 02:22 
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Adrayk n'avait même pas eu le temps d'avaler sa salive que déjà le gobelin partait à vive allure sans un regard en arrière.
A peine un "j'te laisse gérer ça", et le voila parti sans nul doute pour toujours.

Ainsi finissait sa première association de voyageurs.

C'est la vie dirait certains. Mais quand même, c'était un effet étrange dans son petit ventre. Une genre de boule pesante avait élue domicile en voyant partir Maltar...


Mais il n'avait pas le temps de s'apitoyer sur son sort, déjà Guasina partait à l'intérieur de l'écurie l'invitant à la suivre.
Voila que le petit guérisseur allait devenir grand pour son premier acouchement. Nul ne sortait moins grand après une naissance. Quoi qu'il arrive on en devenais plus mature et plus responsable.

Chez Adrayk cela consistaiterait à ajouter une touche plus bariolée à son chapeau... Une marque de maturité, sans aucun doute.


Trève de tergiversations, le lutin entra suite à sa congénère dans l'écurie.
Il fut assaillit par les effluves puissantes des bêtes. l'odeur de la paille mélée à celle du crotin fermenter depuis des semaines était horrible.

Comment pouvait-on vivre là dedans ?
Il eu la réponse lorsque le propriétaire passa à côté de lui, les dirigeant vers un box vide et à l'abris des regards.

Il transpirait sa propre écurie. Il devait dormir dans les mêmes enclots que ses bêtes, ou bien ne se lavait-il jamais.
Plus que probable...

Adrayk aida Guasina à s'installer, se demandant comment il allait s'y prendre...


Alors, il me faut de l'eau.... tiède nous n'aurons sans doute pas. L'eau des animaux devrait suffire si elle n'était pas stockée ici depuis quatre mois.

- Des linges propres.


Parler à voix haute l'aidait à se concentrer. Il savait ce qu'il devait faire.
Après tout il avait déjà assister à deux acouchements, ça ne devait pas être très compliqué.

Il parti en quète des linges propres qui au vue de l'écurie et de son propriétaire, devaient se faire aussi rare que du diamant....


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Dernière édition par Adrayk le Mar 4 Mar 2014 02:27, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: L'écurie à boucs de Robur
MessagePosté: Mar 18 Fév 2014 04:23 
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L'oeuf ou le canard ?

Bien que mon ventre prenne une place considérable, je pus sans difficulté passer sous cette grande porte destinée à faire sortir les montures. Sitôt à l’intérieur de l’écurie, un effluve plutôt désagréable envahit mes narines. Je plissai le nez et remarquai qu’Adrayk n’appréciait guère plus que moi, ce cocktail d’odeurs provenant sans doute de la sueur, de l’humidité et des fèces des bêtes qui séjournaient dans cette écurie.

S’il n’était guère ventilé, il en était tout autrement de l’éclairage. Bien que l’endroit fût plus sombre qu’en plein soleil, les différentes lumières installées çà et là ainsi que les nombreuses ouvertures permettaient d’y voir sans difficulté. Tout comme l’indiquait l’enseigne sur le bâtiment central, cette écurie ne renfermait point des chevaux, mais plutôt des boucs.

Je me relevai, secouai mes vêtements, et les deux mains sous mon ventre, je cherchai du regard l’endroit approprié calme et retiré afin de déposer mon œuf. Je n’eus à chercher longtemps puisque le nain barbu, que Maltar avait interpellé un peu plus tôt, nous conduisit silencieusement vers un compartiment vide rempli de pailles propres et fraîches. Bien que cette stalle fût de grandeur appropriée pour les boucs, je la trouvais démesurément trop grande pour moi, mon futur caneton et notre nouveau compagnon. C’est ainsi que tout en soutenant mon petit rejeton, je marchai dans la paille afin de me rendre jusqu’au mur du fond.

Aimablement, Adrayk me prêta son bras afin que je prenne appui sur lui et il me conduisit jusqu’au coin droit où je m’assis. Là, passablement nerveux, il se mit à expliquer à voix haute ce qu’il se proposait de faire. Croyant fermement que j’étais sur le point d’accoucher, il m’expliqua qu’il devait trouver de l’eau claire et des linges propres.

Honteuse de ne pas lui avoir révélé la vérité, j’ouvris la bouche pour mettre fin à cette mascarade. Mais il était trop tard, le brave lutin guérisseur était déjà parti quérir ce dont il avait besoin.

Profitant de mon isolement temporaire, je soulevai ma tunique et déposai l’œuf sur la paille fraîche que j’avais préalablement tassée afin d’y faire un petit nid.
À ce moment précis, j’entendis un petit cri. Le caneton n’était pas encore sorti de sa prison qu’il émettait un son. Et puis, il fit un petit trou dans la coquille. Émerveillée par cette scène qui était en train de se produire sous mes yeux, je me décidai de héler le lutin.

Debout, exposant mon ventre plat à nouveau recouvert de ma tunique, j’appelai mon nouveau compagnon :

« Dépêchez-vous, il est sur le point de sortir ! »

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Guasina, protectrice d'âme


Dernière édition par Guasina le Mar 4 Mar 2014 22:22, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: L'écurie à boucs de Robur
MessagePosté: Ven 21 Fév 2014 02:23 
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Le guérisseur se mit en chasse des éléments nécessaire pour une naissance.
Il trouva une bassine en fer contre un des abreuvoirs. Une fois remplie, il la déposa à proximité du box. Les secondes comptaient, les voyages non nécessaires devaient être proscris.

Il trouva les linges sur les enclos des boucs. Il ignorait depuis combien de temps ils étaient là, mais ils avaient le mérite d'être les moins pire de l'établissement. C'était les seuls à ne pas être infestés de tiques et par la crasse ambiante.


Adrayk se dirigeait sa bassine lorsque Guasina s'écria :

« Dépêchez-vous, il est sur le point de sortir ! »

Effrayé, il s'élança vers le box où il avait laissé la lutine seule avec son petit.

Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il vit la lutine le ventre plat, sa tunique immaculée et encore sur elle !
Depuis quand donnait-on naissance à des lutins en deux minutes trente ?

C'est alors qu'il vit à côté de Guasina un drôle d'ovoïde blanc pâle.
L'oeuf, car il s'agissait bien de cela, s'agita et il entendit des bruits d'animal frappant contre la paroi de l'oeuf.
Voilà qui expliquait l'acouchement express de Guasina...


Adrayk déposa sa bassine d'eau et ses chiffons aux côtés de l'oeuf, recula légèrement en voyant l'oeuf s'agiter de plus en plus.
Quoi qu'il y habitait, il voulait sortir au plus vite.
Le guérisseur interrogea du regard sa congénère, se demandant bien quel genre d'animal était enfermé dans cette prison blanche.

Avant même qu'un son ne sorte de son gosier, l'oeuf se craquela.
La fissure se propagea sur le haut sous la pression de son locataire qui ne souhaitait assurément plus resster une minute de plus.
Soudain un bec sorti de l'oeuf. Il était jaune orangé.

Il lança un regarda encore plus intérogatif à la lutine avant de reculer de deux pas. Il ne savait toujours pas ce qu'il allait sortir de cette cage blanche.



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Dernière édition par Adrayk le Mar 4 Mar 2014 02:32, édité 3 fois.

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 Sujet du message: Re: L'écurie à boucs de Robur
MessagePosté: Lun 24 Fév 2014 02:24 
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Naissance tant attendue



Affolé par les paroles que je venais de prononcer, le petit lutin arriva en courant. Tout essoufflé, il déposa à côté de l’œuf les linges et la bassine qu'il avait trouvés. Son visage déconfit exprimait la surprise ainsi qu'une certaine inquiétude tout en observant l’œuf taché. Craignant des reproches ou encore pire des remontrances, je détournai mon regard d'Adrayk pour le concentrer vers la forme ovoïde et ne plus m'en détacher. Je sentais le rose monter sur mes joues, honteuse de n'avoir rien révélé de mon secret.

Alors que le petit s'agitait dans sa coquille, je risquai un petit coup d’œil à mon compagnon lutin. Je fus soulagée de ne lire aucune rancune dans son regard, seulement une certaine incompréhension et un peu d'inquiétude. Cette dernière l'incita à reculer de deux pas. Son regard interrogateur devenant insistant, je me résignai à lui fournir quelques explications.

"Un petit caneton. Ses parents étaient de magnifiques canards arborants un plumage très coloré et attrayant. "

Puis soudain je réalisai que le lutin, ne connaissant pas les circonstances de cette adoption, pouvait penser que j'avais kidnappé l’œuf tacheté.

"Ah non, je ne l'ai pas volé ! Il était orphelin !" Dis-je avec précipitation, "J'ai tenté de sauver sa famille en vain. De grands loups affamés l'ont toute décimée. Je l'ai donc pris sous mon aile et j'ai promis d'en assurer la protection et l'éducation. "

J'avais prononcé ces dernières paroles avec une détermination sincère. N'ayant pu sauver sa famille, je me promis de m'occuper de leur progéniture.

Le petit cri de l'oiseau concerné me rappela qu'il tentait de faire son entrée dans notre monde. Cette excroissance blanche au bout de son bec coupait de façon efficace la coquille. Au bout de quelques secondes, l'instrument avait découpé une petite calotte que l'oiseau repoussa dans un ultime et dernier effort. Une fois sortie de sa prison, tout mouillé, le petit s'immobilisa. Craignant sa mort prématurée, je me précipitai à son chevet. Je jetai un regard suppliant au guérisseur tout en lui demandant :

"Vous pouvez le sauver ?"

C'est à ce moment précis que le caneton se remit en mouvement, me dévisageant de ses grands yeux, tout en s'approchant de moi, en poussant de petits cris. Il n'y avait pas de doutes pour lui, j'étais sa maman.

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Guasina, protectrice d'âme


Dernière édition par Guasina le Mar 4 Mar 2014 22:26, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: L'écurie à boucs de Robur
MessagePosté: Mar 4 Mar 2014 02:20 
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Adrayk écouta les explications de la lutine sans rien dire, ne laissant rien transparaître.
Il n'avait qu'une idée, celle de se rapprocher plus près du nouveau-né, voir à quoi ressemblait le petit protégé de Guasina.

Il eut un petit sourire en voyant le caneton se jeter sur ce qu'il pensait être sa mère. D'un certain point de vue c'était bien le cas, une mère d'adoption dira-t-on.
La lutine était aux anges, cela se lisait sur son visage enfantin caractéristique des lutin.

Leur petit cocon de bonheur aurait pu tenir bien longtemps encore, mais ce n'est pas ce qu'en décida le sort...



Obéron et Mjöllnar étaient deux nains un peu éméchés cherchant un endroit où dormir la nuit.
Ces deux compagnons se connaissaient depuis quelques heures, mais l'alcool faisant son effet, ils se côtoyaient comme deux amis ayant vécu une décennie ensemble.

Avec la discrétion caractéristique d'hommes ivres, ils se frayèrent un chemin parmi les bêtes.
Si personne ne les entendit cela relevait du miracle, ou seulement que le propriétaire des lieux était dans le même état....

Quoiqu'il en soit, aucun des protagonistes ne sut qui était le plus surpris lorsqu'ils découvrirent au beau milieu d'un enclos, un trio hétéroclite.
Un.... Deux lutins, et un canard ?


Adrayk eut la surprise d'entendre la porte de l'enclos s'ouvrir derrière lui et de découvrir deux créatures poilues et grasses.
L'un était roux des pieds jusqu'à la tête. Ses poils étaient aussi présents que sa crasse, il avait sans nul doute trainé dans les caniveaux avant d'arriver jusque dans l'écurie.
L'autre était brun, la barbe légèrement grisonnante. On ne savait néanmoins pas s'il devait ce teint à son âge ou à sa saleté. Tout comme son compagnon, il donnait l'impression de s'être rouler dans la boue.

Malgré leur apparence désastreuse, le petit guérisseur avait noté la présence de poignards effilés pendant à leurs ceintures. La comparaison entre les armes deux nains et la sienne relevait du cure-dent face à une épée batarde.



Hey Obéron ! Rgarde c'qu'on a là dis ! Deux mini-trucs et un casse-croute.
T'as pas faim toi ? Moi à voir ce machin tortiller ça commence à venir.


Pas grand-chose à manger la dedans s'tu veux mon avis...

Horrifié face à de telles paroles, le petit lutin s'exclama de sa voix la plus assurée :
Mais vous êtes fous vous deux ! Comment pouvez-vous parler de ce caneton comme d'un vulgaire repas ?!

Il eût malgré tout un mouvement de recul incontrôlé lorsqu'il vit les deux affreux faire un pas en avant pour mieux écouter ses remontrances.
Lorsqu'on est ivre, il est difficile de comprendre la petite voix fluette d'un lutin en colère.

Oui, il valait mieux que Guasina soit bonne combattante si les choses devaient mal tourner...


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Dernière édition par Adrayk le Mar 18 Mar 2014 01:32, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: L'écurie à boucs de Robur
MessagePosté: Jeu 6 Mar 2014 04:44 
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Les nains ont faim


Il est difficile de décrire ce que je ressentis lorsque le caneton se précipita sur moi. De la fierté, de la joie, le sentiment que j’étais la personne la plus importante au monde pour le petit être qui venait de naître. Je compris alors ce qu’avaient sans doute éprouvé mes parents à ma naissance et la profondeur de leurs sentiments pour leurs enfants.

Je me tournai enfin vers Adrayk, espérant qu’il ne m’en veuille pas trop de lui avoir menti au sujet du petit. J’observai attentivement son visage, mais ce dernier ne laissa rien transparaitre. Puis, avec soulagement, je vis naître un sourire sur sa bouille de lutin. Tout comme moi, il semblait fasciné par le mignon rejeton qui venait de sortir de sa coquille blanche tachetée de picots noirs.

Ce doux moment fut malheureusement interrompu par l’arrivée impromptue de deux inconnus. La porte de l’enclos s’ouvrit pour faire place à deux nains à la démarche titubante. Plutôt éméchés, à en juger par l’odeur de l’alcool qui vint envahir mes narines, ils s'avançaient vers nous.


Le premier, un roux trop poilu héla son compagnon :

« Hey Obéron ! Rgarde c'qu'on a là dis ! Deux minis trucs et un casse-croûte.
T'as pas faim toi ? Moi à voir ce machin tortiller, ça commence à venir ! »


Ce dénommé Obéron, un barbu de taille légèrement inférieure lui répondit :

« Pas grand-chose à manger là-dedans s'tu veux mon avis, Mjöllnar ... »

Les deux compères recouverts de vase, peinant à demeurer debout, nous regardaient d’un drôle d’air qui était loin de me plaire.

Alors que j’étais demeurée muette de surprise, Adrayk plus prompt s’exclama haut et fort qu’ils étaient fous de parler du caneton comme d’un vulgaire repas.

« Ha, c’est qu’y a la langue ben pendue, ce drôle de p’tit bonhomme ! » Répliqua le roux après avoir dégainé un poignard argenté effilé.

Le deuxième, celui aux cheveux bruns et à la barbe grisonnante s’approcha d’Adrayk et l’agrippant par le col de sa tunique, le souleva de terre pour le regarder droit dans les yeux.

Je voulus aider mon compagnon, mais Mjölnar fit un pas en avant. Si je voulais secourir Adrayk, je devais m’éloigner du caneton. C’était bien sûr ce que souhaitait ce nain abruti par le breuvage qu’il avait absorbé en trop grandes quantités. Je ne pouvais laisser ainsi périr un autre lutin, mais je ne pouvais davantage abandonner le canard à ce salopard. Je me plantai devant le caneton, et j’attrapai mon arc d’ombre. D’une main sûre, j’empoignai la corde et la tendit. À ce moment, une flèche se matérialisa. Je me mis en joue et d’une voix forte, ferme, sans équivoque j’interpelai les nains.

«Vous là-bas, lâchez mon ami. Et vous, devant moi, rengainez votre arme. »

Ma voix se voulait à présent menaçante :

« Je n’hésiterai pas à vous tuer, si vous me désobéissez ! »
mentis-je.

Tuer, ainsi sans que ma vie ne soit en péril, je savais que j’en serais incapable, et c’était là une bonne chose, je n’étais pas une tueuse d’hommes. Mais pour défendre mon petit et mon ami, j’étais prête à blesser et à menacer.

Armée et prête à agir, j’attendis ainsi la réaction de mes ennemis.

_________________
Guasina, protectrice d'âme


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 Sujet du message: Re: L'écurie à boucs de Robur
MessagePosté: Mer 12 Mar 2014 01:55 
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Adrayk se sentit soulevé de terre par le col, battant l'air des pieds, il ne put s'empêcher de lâcher un petit cri.

«Vous là-bas, lâchez mon ami. Et vous, devant moi, rengainez votre arme. »

« Je n’hésiterai pas à vous tuer, si vous me désobéissez ! »


Battant toujours des jambes dans le vide, le petit lutin se débattait comme un diable s'entortillant tout seul.
Entre deux tours autour de lui même, il vit Guasina sortir son arc et mettre en joue leurs agresseurs, voilà qui expliquait ses paroles.

Ne se posant pas d'autres questions, Adrayk sorti son couteau, dans le but même défendre chèrement sa peau.
Les deux nains fixaient l'archère, se demandant ce qu'ils devaient faire. Prendre au sérieux ces menaces ou rire à gorge déployée face à ce lance cure-dents.

Sentant que le guérisseur n'aurait pas d'autre chance, il s'élança. La pointe du couteau en avant, il l'enfonça violemment dans la paume de son geôlier.
La seule chose à laquelle il n'avait pas songé était la réaction du nain face à cet affront.

D'abord, un cri de douleur et de surprise en même temps, puis un concours de lancer de lutin. Concours avec un seul participant.
Adrayk se retrouva les quatre fers en l'air contre le mur du box, heureusement que la paille était épaisse et l'avait empêché de se rompre le cou.

Les deux nains firent mine d'avancer de nouveau, un geste de la lutine qui le tenaient en joue les fit stopper net.
Malgré leur 20cm, les lutins avaient de véritables armes et savaient s'en servir. La main ensanglantée d'Obéron faisait foi.

Adrayk vint se poster aux côtés de sa congénère un peu sonné, la lame au clair.


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Dernière édition par Adrayk le Mar 18 Mar 2014 01:25, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: L'écurie à boucs de Robur
MessagePosté: Ven 14 Mar 2014 04:04 
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Les lutins plus coriaces que prévu


La menace était lancée et j’étais prête à l’exécuter. De son côté, mon comparse, lutin, les jambes dans le vide, se débattait du mieux qu’il le pouvait pour échapper à la grosse poigne poisseuse du nain grassouillet. L’être de vingt centimètres, avait beau tourner d’un côté, et puis de l’autre, rien n’y faisait, le nain tenait toujours sa proie.

Et puis les deux courtauds entendirent ma menace et me fixèrent un moment. Ils semblaient hésiter quant à la position à adopter. Ce qui ne m’étonnait guère, je n’en étais pas à mon premier combat contre des géants et je savais bien que ma petite taille nuisait à ma crédibilité.

Mon compagnon lutin profita alors de ce petit moment de diversion pour dégainer son petit poignard et infliger une vilaine blessure dans la paume de son assaillant. À mon grand soulagement, il réussit à bien planter son couteau affuté ce qui provoqua un cri de douleur effroyable. Mais je m’étais réjouie trop rapidement. Fâché d’avoir été ainsi attaqué, le gros nain lança mon ami Adrayk comme s’il n’était qu’une vulgaire poupée de chiffon. La bouche ouverte, choquée par ce geste trop violent, je craignis un instant pour la santé du petit lutin. Ainsi propulsé, il risquait de se briser le cou. Envahie par l’angoisse, je lâchai mon trait sans hésitation. Étant malgré tout trop bonne et naïve, je n’avais visé que le chapeau du nain, ce trait se voulait seulement un avertissement. J’espérais que son couvre-chef avait autant de valeurs pour lui, qu’ils en avaient pour nous les lutins.

C’est ainsi que ma flèche atteint son but et ramassa au passage le bonnet du nain pour se ficher sur la porte de bois du bâtiment. Pendant ce temps, Adrayk effectua un impressionnant vol plané avant d’atterrir sur la paille non loin de moi.

« Tout va bien ? » lui demandai-je inquiète sans pour autant détourner mon regard des deux thorkins ivres, prête à toute éventualité. Ce dernier ne me répondit point, mais se releva et se plaça à mes côtés, vraisemblablement prêt à en découdre de nouveau.

Nos deux adversaires à la démarche houleuse et à la bouche pâteuse, s’avancèrent de quelques pas dans notre direction, lame à la main, sans se préoccuper du chapeau que je venais de retirer à l’un d’eux. Je m’étais trompée, au lieu de les dissuader de nous attaquer, je n’avais fait que les encourager à poursuivre leurs mauvaises intentions.

« On veut jouer dans la cour des grands ? »
Fanfaronna le nain à la barbe rousse.
« N’approchez plus, ou je vais tirer de nouveau. » Lançai-je d’une voix qui se voulait forte et menaçante.

Visant les grosses mains noueuses, ralentissant ma respiration afin de tenter de rester calme, je guettai mes ennemis du moment, prête à lâcher mon projectile sitôt que je percevrais du mouvement dans notre direction.

_________________
Guasina, protectrice d'âme


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 Sujet du message: Re: L'écurie à boucs de Robur
MessagePosté: Mar 18 Mar 2014 01:20 
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Adrayk n'avait pas suivi grand-chose, mais un des agresseurs n'avait plus de chapeau et Guasina réarmait son arme.

Nul besoin de sortir de l'académie de Bou-chène pour comprendre que le nain avait dû le déposer pour se rafraichir le cerveau.
Un QI tel que le sien se devait d'être ventilé...

La situation se dégradait de secondes en secondes.

Malgré la blessure qu'il avait infligé et leur taux d'alcoolémie, leurs deux assaillants étaient bien supérieur en masse corporelle.
Les 45cm des deux lutins les uns au-dessus des autres ne faisaient définitivement pas le poids face au deux fois 1m20 de barbe et d'hydromel.

La situation était pour le moins critique.

Guasina faisait assurément peur avec son arc et sa détermination à faire frémir un aigle en pleine chasse.
Malheureusement pour eux, les deux bougres n'étaient pas des aigles... et l'alcool leur donnait des ailes, pas les bonnes bien entendu.


« Tout va bien ? »

Il n'était pas sur de vouloir vraiment lui répondre. Il avait mal partout, il avait du mal à respirer, il avait même vu noir après son vol plané...
Bizarrement, il allait bien. La seule chose qui coulait dans ses veines était l'adrénaline.

Réfléchissant à toute allure, il essayait de trouver une idée qui pourrait les faire se sortir de ce mauvais pas.
Soudain, l'illumination atteint son esprit.

Fixant Mjöllnar de son regard le plus sérieux, il sorti son onguent de son sac et l'ouvrant il en badigeonna sa lame en prenant soin qu'il n'ai aucun contact avec sa peau.

Un lutin ne sort jamais sans sa lame empoisonnée.
Si vous voulez mon avis, vous avez encore quelques minutes avant de sentir votre peau gratter, puis vous perdrez l'usage de votre main. Ensuite, le bras en entier.


Et enfin, seul la mort sera votre salut...


Afin de parfaire son jeu, il tendit son pot dans l'attente que la lutine y trempe sa flèche.

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Dernière édition par Adrayk le Mar 25 Mar 2014 21:29, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: L'écurie à boucs de Robur
MessagePosté: Jeu 20 Mar 2014 04:20 
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Poison ravageur !


Un bonnet en moins et la main ensanglantée, le nain roux, accompagné de son comparse aux cheveux bruns grisonnants, faisait fi de mes menaces et avançait vers nous bien décidé à s’offrir un caneton comme gueuleton.

Nous, lutins, par notre petite taille, sommes assez désavantagés en combat contre les races plus grandes. Il n’est donc pas question de se battre au corps à corps où nous ennemis pourraient nous écraser sans souci sous leurs grosses bottes renforcées. Ainsi, c’est peut-être pour compenser ce désavantage musculaire que Yuimen nous a dotés d’une surprenante espièglerie. Notre malice, notre tendance innée à jouer des tours, nous sort souvent d’un mauvais pas.

Et le dénommé Adrayk qui m’accompagnait faisait honneur aux lutins quant à sa vivacité d’esprit. Alors que je maintenais en joue les deux nains à moitié ivres. Mon compagnon sortit une sorte d’onguent à la forte odeur de boisé de son sac et entreprit de badigeonner le bout de sa lame tout en prenant soin d’expliquer à nos vis-à-vis que comme tout bon lutin qui se respecte, il allait enduire de nouveau son arme d’un crème empoisonnée, prétendant que la blessure à la main du rouquin n’allait pas tardé à s’infecter et qu’il se retrouverait bientôt amputé.


(Les lutins empoisonnent leurs ennemis ?… Pas dans mon village en tout cas, ils se contentent de jouer de vilaines farces… Ah ! ça y est ! J’ai compris !)


Tout en terminant son petit discours, Adrayk me tendit le petit pot contenant le supposé poison. J’entrai dans son jeu et j’y trempai la pointe de ma flèche avant de rajouter :

« Je vous aurai prévenus ! »

Cela à peine dit, mes doigts relâchèrent la corde pincée et je laissai filer la flèche vers sa cible. Cette fois-ci, j’avais visé les mains du brun dans le but de le désarmer.

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Dernière édition par Guasina le Sam 29 Mar 2014 21:03, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: L'écurie à boucs de Robur
MessagePosté: Mar 25 Mar 2014 00:45 
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Adrayk vit la main de son acolyte s'ouvrir, relâchant son trait "empoisonné" qui alla se ficher droit dans la main gauche du nain encore valide.

De douleur, il lâcha son arme et poussa un cri.

Si l'on en restait à la ruse des lutins, les voilà tous deux empoisonnés. Maintenant, la seule interrogation était de savoir combien de temps allaient-ils mettre pour comprendre la supercherie.
Certes deux nains ivres étaient facilement manipulables, mais ils n'étaient pas totalement dépourvus de cervelle.

Avant même que la flèche ai atteint son but, Guasina avait déjà bandé de nouveau son arme. Toujours prête à en découdre pour sauver son petit protégé.
D'ailleurs, où était-il celui-là ?


Le caneton vivait tranquillement sa vie derrière ce qu'il pensait être sa mère. Il se savait totalement à l'abri, derrière la lutine qui le protègerais jusqu'à la mort.
N'est-ce pas ce que font toutes les mères ?

Un silence pesant c'était installé entre les quatre protagonistes. Personne ne souhaitait attaquer ou parler en premier, chacun fixait son adversaire. Les guerriers jaugeaient leurs vis-à-vis réfléchissant à la meilleure conduite à tenir.
L'esprit d'un nain ivre est très étrange, alors même qu'une partie de lui-même lui criait qu'il était en train de mourir d'un poison foudroyant, il n'avait encore qu'une envie primaire : celle de voir rôtir le canard sur une broche. La fringale de l'homme ivre disait-on.
Aucune réflexion...

L'un des deux nains pouvait néanmoins se féliciter d'être le moins stupide de la bande. Malgré ses deux grammes d'alcool par litre, et ses yeux injectés de sang, la volonté de survivre était la plus forte.

Après un dernier regard vers les deux lutins, il lâcha son arme et prit la fuite manquant de tomber contre la porte de sortie.
Il ne va sans dire que jamais Mjöllnar ne raconta cet épisode. Un nain fuyant devant des lutins...
Si sa caste venait à apprendre cela il pouvait dès à présent passer le balai dans les rues de Mertar.

Obéron, interloqué regarda son comparse fuir lâchement vers la sortie.
La sortie lui était toute tracée, le choix lui incombait maintenant...



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Dernière édition par Adrayk le Ven 8 Aoû 2014 22:46, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: L'écurie à boucs de Robur
MessagePosté: Sam 29 Mar 2014 21:43 
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Intervention divine


Mon projectile fila droit vers la cible que je m’étais fixée, le bras armé du gros nain barbu ayant trop bu. Ce dernier hurla de douleur et laissa tomber sa lame par terre.

(Je l’ai gravement blessé alors qu’il ne m’avait encore rien fait, pardonne-moi Yuimen, mais je n’avais pas le choix. )

Je n'eus pas le temps de me morfondre dans les remords que ma Conscience intervint:

(Tu as toujours le choix et tu le sais très bien !)

(Mais !)

Comme à son habitude, elle me coupa la parole afin de poursuivre son argumentaire:

(Mais, tu as fait le bon choix! L’alcool altère le jugement, désinhibe les scrupules. Souls qu’ils étaient, ces nains auraient pu s’avérer dangereux. Qui sait ce qu’ils vous auraient fait subir à toi et à tes deux protégés. Cette blessure se cicatrisera en peu de temps. De plus, l’onguent dans lequel tu as trempé ta pointe de flèche empêchera la plaie de s’infecter.)

Cette conscience qui me sermonnait lorsqu’elle le jugeait approprié me rassura cette fois. Mon geste n’avait pas été gratuit, et les dommages plutôt mineurs pour mon adversaire.

Me méfiant de la réaction de nos ennemis du moment, je bandai la corde de mon arc, laissai la flèche se matérialiser et attendis. Derrière moi, le petit caneton se trémoussait, je craignais qu’il se déplace de tous les côtés, cherchant probablement quelque chose à manger. Heureusement, il n’en fit rien, demeurant derrière moi, profitant de ma protection.

Après un silence de quelques secondes, qui me parut pourtant une éternité, Mjöllnar, souffrant de deux blessures à la main, prit la sage décision de quitter les lieux, sans demander son reste. Son comparse interloqué et toujours indemne avait fait un choix différent. Le regard abruti et mauvais, il s’approchait de nous, l’arme au point avec une démarche décidée quoique quelque peu titubante.

Je ne voulais point qu’il s’approche davantage et afin d’éviter le pire, j’usai de ruse à mon tour. Profitant du pouvoir que me conférait ma petite broche en forme d’étoile, je changeai ma voix :

« C’est moi ton dieu qui te parle. Cesse ça immédiatement, tu fais honte à ta race de fiers mineurs !

Empruntant une voix masculine, grave, forte et très ferme, j’avais tenté d’imiter l'un des dieux vénérés par les nains, espérant qu’ils en aient un.

(Valyus, dieu de la foudre et du tonnerre)

Jouissant de l’information que me fournit ma conscience, je poursuivis.

« Si tu ne m’obéis pas, moi Valyus, je te punirai en faisant tomber la foudre sur toi. »

Mon plan était assez risqué puisque je n’étais point ventriloque. Si ce gros nain brun avait été à jeun, il aurait deviné aussitôt mon subterfuge, voyant sans difficulté mes lèvres bougées. Cependant, l’alcool dans son sang avait miné son jugement et il ne fit aucunement attention à ma petite personne. Apparemment troublé par les paroles de son dieu, la bouche ouverte, les yeux arrondis, il resta pétrifié quelques moments avant de prendre les jambes à son cou pour quitter l’écurie.

Contente du dénouement de notre petite mésaventure, je poussai un soupir de soulagement tout en adressant un sourire complice à Adrayk.

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Dernière édition par Guasina le Sam 12 Avr 2014 17:05, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: L'écurie à boucs de Robur
MessagePosté: Jeu 10 Avr 2014 00:28 
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A peine la flèche décochée que déjà Guasina bandait de nouveau.
Cet arc était décidemment plein de ressources.

Le deuxième nain pris les jambes à son cou. Adrayk eut toutes les peines du monde pour ne pas sauter de joie. Le sourire jusqu'aux oreilles, il ne put s'empecher de répondre à l'espièglerie de sa comparse.
Et voilà comment 45 centimètres de malice pouvaient venir à bout de presque trois mètres de barbes, de poils et d'alcool.

Le guérisseur rempocha son pot de crème cicatrisante se félicitant de son idée. Quelle présence d'esprit que Guasina ai compris son stratagème.


Je crois pouvoir m'avancer sans trop de soucis, nous formons un duo d'enfer !

Une soudaine envie le guetta. Une envie digne du plus gourmand de tous les lutins... Une tarte à la framboise.
Quel dommage qu'ils ne soient pas à Bouhen, il aurait pu s'offrir une belle part, et en gentleman qu'il est, il aurait proposé à Guasina. Mais plus de la myrtille, oui il la voyait bien avec de la myrtille.

Se rappelant la présence du nouveau né, Adrayk le vit se dandinner pour se poser dans la paille. Un regard pour les deux lutins, mais surtout pour sa mère adoptive et l'invita à le rejoindre. Le canneton se replia sur lui même, le bec dans l'aile commença sa sieste.


A n'en pas douter, il s'agit là de la meilleure des idées.
Vu que nous n'avons pas de framboises...
Ajouta-t-il tout bas.

Prennant compte de l'invitation de l'animal, il commença à préparer son matelas de fortune.

Rien ne pouvait perturber l'oiseau, même après froler la borchette. Ceci dit, peut-être qu'il n'avait pas remarqué que sans les deux lutins il serait dans l'estomac des deux nains à l'heure qu'il est.
On pouvait se poser la question au vu de la façon dont il regardait Guasina. Un mélange d'admiration à tout épreuve et d'envie de rester jusqu'à la fin de sa vie avec elle. De l'extérieur, Adrayk trouvait celà très étrange et ne savait pas comment une telle imprégnation était possible.


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Dernière édition par Adrayk le Sam 9 Aoû 2014 00:18, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: L'écurie à boucs de Robur
MessagePosté: Dim 13 Avr 2014 15:59 
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Le prédateur chassé


Depuis que j’avais quitté mon village, j’avais côtoyé des humains, des humorans, des nains, des elfes de toutes les couleurs, des aldrydes, des êtres mi-hommes mi-loup, mais très peu de lutins. Adrayk s’avérait être le deuxième, le premier étant un lutin d’un certain âge habitant à Kendra Kâr. Tous ces moments passés avec les autres m’avaient fait oublier comment il était bon de se retrouver avec quelqu’un de la même taille qui partage une culture et une mentalité similaire. Plus besoin de prouver sa valeur pour compenser sa petite stature, plus besoin d’expliquer sa ligne de pensée. En effet, côté espièglerie, Adrayk et moi étions sur la même longueur d’onde. J’avais vite compris son stratagème au sujet de la crème empoisonnée et de son côté, il avait approuvé la petite comédie que j’avais jouée en imitant la voix de Valyus, un dieu vénéré par les nains. Bien que nous nous connaissions depuis peu, une réelle complicité existait entre nous. Pour reprendre l’expression de mon compatriote, nous formions un duo d’enfer.

Un regard attendri et attentif sur mon rejeton me fit comprendre qu’il était fatigué. Sa sortie de l’œuf lui ayant demandé beaucoup d’efforts, il se coucha sur la paille fraîche, cacha son bec sous son aile, disposé ainsi à s’endormir. Adrayk semblait vouloir faire de même en se fabriquant un petit paillasson. De mon côté, l’instinct maternel prenant le dessus, je m’éloignai d’eux afin de rechercher de quoi sustenter mon nouveau-né. Je sortis donc de la stalle pour m’approcher d’une espèce de gros récipient rectangulaire. Tout comme je l’avais pressenti, cette mangeoire destinée sans doute aux boucs était remplie d’une céréale sèche dégageant une douce odeur de fraîcheur. J’en ramassai donc quelques brassés que je déposai dans un vieux morceau de tissu retrouvé dans mon sac. Le chiffon refermé comme un baluchon, sourire aux lèvres, je m’apprêtai à rebrousser chemin lorsqu’un petit bruit de pas m’alerta. Levant les yeux, j’aperçus, juché tout en haut de la cloison de notre compartiment, une bestiole à fourrure.

(Une belette ?... Une énorme belette ?)

Mon cœur se mit à battre très vite dans ma délicate poitrine de lutine. La belette étant un mammifère carnivore très féroce, je craignais avec raison pour la vie de mon protégé. Sans perdre un instant, je déposai mon petit paquet sur le sol et m’armai de mon arbalète. L’animal que je n’avais observé que de dos jusqu’ici se retourna alors légèrement sur le côté.

(Un chat !)

L’habile grimpeur au pelage tigré n’était pas une belette, mais bien un chat. Moins hargneux que le mustélidé, le félin s’avérait tout de même à être un aussi redoutable sinon meilleur chasseur. Étant moi-même de taille réduite, je craignais ces deux prédateurs. Mais cette fois, ce n’était pas de moi qu’il s’agissait, mais de l’être que j’avais promis de protéger au péril de ma vie.

Ayant localisé sa proie, le fauve affamé débuta des manœuvres d’approches, tout en adoptant une position aplatie et des mouvements furtifs permettant de ne pas être vu de sa cible de choix. Puis, sans doute arrivé à la distance désirée, il s’écrasa puis observa son objectif de ses fourbes yeux aux pupilles verticales.

Le moment de mon entrée en scène venait de sonner, je ne pouvais attendre davantage si je voulais voler au secours de mon caneton adoré. Visant rien de moins que le cœur de mon adversaire, je tendis la corde de mon arbalète et sans perdre une seconde je relâchai le carreau.

(NON !)

Ce cri d’alarme, bien que seulement audible dans ma petite caboche, me déconcentra à un point tel que j’en ratai ma cible. Le trait frôla les pattes du chat qui après avoir émis un miaulement surpris, leva la tête en ma direction avant de repartir d’où il était venu.

(Pourquoi t’es-tu interposée ?)

(Tu allais faire une erreur monumentale !)

Contrariée et en colère, je ne fis aucun commentaire à cette Conscience qui se permettait de juger mes actes, et à mon plus grand dam d’intervenir lorsque bon lui semblait. L’ignorant, pire encore la boudant, je me précipitai vers le compartiment occupé par le caneton et mon compagnon.

Arrivée à destination, je constatai un phénomène étrange. Le lit de paille semblait bouger comme si quelque chose se déplaçait en dessous. J’observai attentivement la direction de ce mouvement et vit soudainement une affreuse tête écailleuse surgir des tiges de graminée coupées.

(Une couleuvre !)

D’une ouïe très supérieure à la mienne, le chat avait sans doute été attiré par les vibrations dégagées par ce sournois être rampant. Ainsi, contrairement à ce que j'avais pensé, le félin prévoyait bondir sur l'animal à sang froid. Je compris enfin le comportement de ma Conscience. Bien que je ne puisse me l’expliquer, elle savait que le reptile était l'éventuelle cible du gros chat tigré. En éloignant ainsi le félin, j’avais sauvé la vie de l’animal perfide qui s’approchait sournoisement du volatile nouveau-né.

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Dernière édition par Guasina le Dim 27 Avr 2014 06:21, édité 1 fois.

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