L'Univers de Yuimen déménage !


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 Sujet du message: Re: Les Rues
MessagePosté: Jeu 6 Juin 2013 10:46 
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< La forge royale


Le nain aux cheveux et à la barde ébène dévalait une des rues principales de Mertar. Son attention ne s’attardait pas sur les divers habitats, encastrés ou désolidarisés de la roche, qui défilaient dans sa course. Une seule idée, une unique pensée. Agir ! L’alcool dévitalisant était devenu en un trait de temps un excitant notable amplifiant les foulées du nain. Il s’affairait sans réfléchir dans un enthousiasme débordant, manquant de percuter un nain de forte carrure dans sa course. Ce dernier, accompagné de deux comparses, héla le maladroit.

" Hé bien ! Ce serait pas Onor qui court par là, sacré pipe en bois ! "

Reconnaissant immédiatement le timbre de la voix, Onor s’arrêta, interdit. Lentement, il pivota pour se retrouver face aux trois nains et surtout face au plus imposant d’entre eux. Barbe châtains, yeux perçants couleur cyan, très grande taille (1m55) et ce petit sourire en coin qui apparait dans les moments gênants comme en cet instant précis. Dwif le Piquant* se tenait bien devant lui.

" Ouai c’est moi ! Et je pars de ce pas ! "

Ce ton sec et acerbe, cela ne faisait que peu de temps qu’Onor l’employait pour parler à Dwif. Auparavant, les deux nains étaient très amis, de véritables complices. Dwif, de 50 ans l’aîné d’Onor, se targuait d’une réputation de trouble-fête et de mercenaire au service de la race supérieure que constituaient les nains. D’un charisme incongru au domaine des grincheux, Dwif était devenu le leader d’un petit clan d’extrémistes nains qui, entre fêtes et bières, se livraient à des « patrouilles actives », comprendre là des embuscades contre des individus non-nains dans et aux alentours de Mertar. Leur slogan : Mertar royaume des nains, hier, aujourd’hui et demain ! Onor, sous l’influence croissante de Dwif, avait même rejoins le groupe et l’avait assisté dans des petites escarmouches, qui consistaient souvent en des attaques sans sommation ni dialogue contre des éléments jugés indésirables. Le temps passé avec ce clan avait renforcé la xénophobie d’Onor et l’avait éloigné des préceptes de son instructeur. Que de fois des conflits ont éclaté à ce sujet, les deux nains influençant Onor en étaient presque venus aux mains au cours d’une beuverie volcanique.

" Tu me vois toujours comme un oiseau de malheur, frère ? "

Dwif fixait intensément le regard d’Onor, cherchant un quelconque indice à exploiter. Dans les rues désormais quasi-désertes, le chuintement du vent entre les parois des habitations conférait à la scène un aspect funèbre. Le guérisseur se rappelait les années de complicité avec le guerrier, à vagabonder dans les rues de Mertar et à explorer ses alentours dans une ferveur mue par une adrénaline juvénile débordante. Mais il se rappelait aussi que ce fut Dwif qui annonça au nain la mort de ses parents, que ce fut lui qui resta évasif sur les conditions de leur disparition, et que ce fut encore lui qui défendait ardemment la thèse de l’accident envers et contre lui. Onor éprouvait depuis du ressentiment pour Dwif, il se sentait lâché par son compère qui ne comprenait même pas son déchirement. Prenant sur lui, le guérisseur présenta l’explication qui s’imposait.

" Je te vois comme un lâcheur Dwif, un lâcheur alors que c’était de ton soutien dont j’avais besoin. Au lieu de ça tu m’as servi de la soupe d’elfe pour éluder la vérité. Et la vérité je vais te la dire en face : mes parents… mes parents ont été assassinés ! Ce n’est pas un accident comme tu aimerais le croire et me le faire croire. Comment crois-tu que la paroi se soit effondrée, par un coup de vent ? "

Pendant qu’Onor continuait sa tirade, Dwif fit signe à ses deux acolytes de le laisser seul, ce qu’ils s’empressèrent de faire en continuant leur route sur le chemin pavé. Le guérisseur feignit de ne rien remarquer et poursuivait sa liturgie.

" Depuis quand prends-tu le parti de la facilité Dwif ? As-tu quelque chose à te reprocher ? Penses-tu que Valkyor soutien telle faiblesse ! "

A l’annonce du nom du dieu des nains, Dwif se renfrogna.

" Ne blasphème pas béjaune ! Qu’est ce qui t’as tourné la tête à ce point, ce vieux fou de sorcier ? Je t’ai déjà dit qu’il ne t’apporterait qu’égarement et divagation. Tu vas finir comme lui ! Notre combat Onor, souviens t’en ! Si tu arrêtais de regarder le passé et de considérer l’avenir un peu. Ce qui est arrivé est arrivé. Un meurtre tu dis ? Si c’est vraiment le cas, je couperais moi-même la tête de l’infâme qui t’as pris tes ascendants. Mais par les dieux Onor, c’est une chose invraisemblable et délirante. Je te l’ai dis et te le répète : la paroi a glissé à cause d’un manque de soutien des combles. Je reparlerais aux ingénieurs pour toi, je t’en fais la promesse parole du Piquant. "

Il cracha par terre puis releva la tête, le visage déterminé.

" Quand tu auras retrouvé tes esprits et ta lucidité, tu sais où me trouver. Va donc prendre une chope à l’Enclume je t’y rejoindrais si tu y es encore. Nous reparlerons affaires et ambition. "

Onor coupa sèchement la conversation. Il commença à repartir tout en lançant en guise de conclusion.

" J’ai plus important à faire. Si tu es vraiment si soucieux de moi, fais ce que tu as à faire pour éclaircir la tragédie qui me touche. Moi, elle m’oppresse, me bouleverse et m’empêche de voir clair. Je ne peux rester à Mertar, il faut que j’en sorte pour quelques temps. Pas longtemps, mais suffisamment. Et pour l’Enclume, tu boiras une mousse à ma fortune, elle n’a que trop été infidèle ces derniers temps. "

Onor avait déjà fais plusieurs mètres pour s’éloigner quand Dwif lui rétorqua en haussant le ton.

" Ne t’égard pas comme le voudrait ton soi-disant instructeur. Onor, souviens toi que ta vrai famille, c’est ton clan ! "

Le nain ne broncha pas ni ne se retourna. Il soutenu son pas en direction de la Milice.




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 Sujet du message: Re: Les Rues
MessagePosté: Mar 6 Aoû 2013 21:38 
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<< La Forge Royale

Nous revoilà dans les rues souterraines et agitées de la cité thorkine, je n'ai pas encore décidé ce que j'allais faire que la porte de la forge s'ouvre à nouveau pour laisser passer la frimousse de Torrok Pierre-Solide.

"Ariane, j'ai bientôt fini, tu partageras bien une mousse ?"

Pourquoi pas. Je hoche la tête et fais quelques pas dans la ruelle pour m'assoir dans un recoin et attendre le Merteran. Al et moi connaissons Torrok depuis sept ans, depuis notre arrivée à Stanrock en fait. Pierre-Solide n'a pas toujours travaillé à la forge, il était en première ligne pendant plusieurs années avant qu'une mauvaise blessure à la jambe l'empêche de combattre correctement. Revenir à une vie presque normale ne fut guère aisé pour ce Thorkin bagarreur, et en souvenir des heures passées ensemble sur le champ de bataille, il nous arrive régulièrement de boire des chopes. J'ai de l'estime pour ce solide petit être et je sais que nos sorties lui remonte le moral.

"Je t'ai entendu penser à Tulorim."
(Fouineur.)


Cette communication télépathique qui m'avait tant surprise la première fois est devenue une habitude. Mais nous prenons soin de ne jamais trop interférer dans les pensées de l'autre, sauf quelques fois... Al a tendance à le faire souvent, dès qu'il s'inquiète un peu trop pour moi. Ces derniers jours une lassitude s'empare parfois de moi, mais comment savoir si ce n'est que la région qui me fatigue ou la vie en générale ? Le quotidien de soldat ne m'a pas aidé à retrouver joie et bonne humeur après notre sombre séjour à Darhàm. Je me prends à rêver parfois de changement, repartir vers le sud comme c'était prévu au début. Si sept ans plus tôt, les Garzoks n'avaient pas attaqué Stanrock alors que nous y arrivions, je serais déjà de retour à Tulorim.

"Rien ne nous retient ici."

Je sais, mais rien ne nous attend là-bas non plus. Je ne parle pas directement à Al, mais je sens sa présence en moi, je sais qu'il écoute mes ruminations. La sortie de Torrok nous empêche d'aller plus loin sur le sujet.

"L'Enclume ou la Marmite ?
- Je ne sais même pas pourquoi tu poses la question...
- Bien, bien, en route pour la Marmite ! Elle ne change pas, pas vrai Al ?"


Mon regard se pose un instant sur le Thorkin qui marche maintenant à ma droite et s'adresse en souriant au lion qui nous suit. Ses cheveux et sa barbe tressés sont de plus en plus grisonnant, je ne lui ai jamais demandé son âge exact, mais il doit bien approcher des deux cents. Je ne connaissais pas spécialement cette race avant de débarquer dans la région, mais j'en ai appris un peu plus sur eux depuis. Et eux un peu plus sur moi.

>> Auberge de la Marmite d'Or

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 Sujet du message: Re: Les Rues
MessagePosté: Jeu 19 Sep 2013 16:51 
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Localisation: Mertar
< Maison d'Onor

Les courants d’air souterrains caressaient les voûtes des rues de Mertar, portant parfois quelques effluves du monde extérieur, brèves illusions qui ne trompaient que les ignorants. Au cœur des montagnes, l’air frais semblait venir des profondeurs de la terre. Lorsque la bise mordit les joues d’Onor, ce dernier ne put s’empêcher de frissonner. Il aimait ce froid incisif, perçant. Il se plaisait à le sentir glisser sur lui, le câlin de la montagne. Il se sentait moins orphelin déjà.

Onor et Dwif se dirigeaient d’un pas nonchalant en direction de la brasserie du Malt d’Or. Sans doute aussi réputée que la taverne de l’Enclume Etincelante, si on exclut le côté plus « populaire » de cette dernière, la brasserie du Malt d’Or avait la particularité de fournir, en plus d’une chope bien remplie, certains onguents aux vertus fortes utiles. Dwif fit quelques signes de main à des passants. Sa réputation sulfureuse le rendait de plus en plus connu, en bien ou en mal. Onor ne se sentait pas des plus à l’aise avec son ancien compagnon d’armes. Celui-ci gardait un rôle confus dans les évènements qui avaient touché Onor et il avait cette manie de ne jamais pouvoir justifier son camp. Comme l’eau ruisselante et insaisissable, les intentions de Dwif étaient brumeuses, au mieux. Au pire, fumeuses.

" Alors…comme ça t’as pas idée des marauds qui ont débroussaillé ma piaule ? " fit Onor, dans une nouvelle tentative.

" Tu me chauffe le caisson là ! "

" Bon, bon… "

Continuant leur route, ils bifurquèrent sur un sentier en direction de la Grand’Place, puisque la brasserie se trouvait à proximité. A l’angle de la rue, Onor percuta de plein fouet un thorkin qui allait dans la direction inverse. Sans réflexion préalable, Onor se comporta dans la pure tradition naine.

" Regarde devant toi gredin ! "

" Ça, c’est bien une réponse digne d’Onor Taillepierre ! "

(Par Valyus, personne ne m’appelle par mon nom !)

Levant les yeux vers l’individu, le guérisseur ne put masquer sa stupéfaction devant son interlocuteur.

" Que Valyus me foudroie sur place ! Oncle Som ! "

Devant Onor et Dwif se tenait Somorthor Coursbois, aussi appelé oncle Som, mais essentiellement par Onor. D’une taille commune (pour un nain), il arborait une fière barbe grisonnante toujours bien soignée, tressée avec patience et dévotion. Il faisait partie des rares nains à garder en permanence des cheveux courts, ni rasés ni délaissés. Ses yeux bleus perçant étaient semblables à ceux de Dwif mais animés d’une lueur espiègle qui le caractérisait tant. Toujours chaudement vêtu, il s’était couvert d’un long manteau en laine qui descendait jusqu’à ses bottes. Derrière son dos, au dessus de sa tête, dépassait le haut d’un lourd sac qui indiquait son arrivée récente en ville. En effet Somorthor était de la race des aventuriers. Il n’habitait pas Mertar mais un des nombreux villages situé au-delà du col blanc. Sa passion se résumait principalement au voyage. Il avait, dit-on, parcouru Nirtim en long, en large, et en travers. D’aucun affirme même qu’il aurait voguait au-delà du continent et rencontré un peuple nain outre îlien. Ce à quoi l’intéressé répondait constamment « et encore si vous saviez ! ». Compagnon de voyage drôle et apprécié, il n’était pas non plus le dernier à prêter main forte à ses compatriotes en cas de grabuge. Sa hache de guerre avait rencontré plus de chair que de bois au cours de sa vie. Malgré tout, Somorthor était un pacifiste dans l’âme et aurait peut- être même des tendances cosmopolites considérées comme déviantes pour la plupart des thorkins.

" Que fais-tu ici ? Cela fait tellement de temps qu’on ne t’a pas vu ! " s’exclama Onor.

" Et bien fils, c’est une longue histoire et je te la raconterais bien autour d’une bonne pinte de bière. Saches juste que mon cœur se meurtrit avec toi de la perte de tes parents. Ma sœur représentait le peu de lien familial que je conservais ici bas … Je suis juste désolé de n’avoir pas pu être là au moment du Retour à la roche. On ne m’a prévenu que très tardivement. "

Le voile du chagrin traversa les yeux d’Onor à l’écoute des paroles de Somorthor. Ce fut Dwif qui coupa par des mots justes l’affliction ambiante.

" Allons à la brasserie, c’est au bout de la rue ! Les langues desséchées ne peuvent pas bien parler. "

Les trois nains reprirent leur avancé, tous les trois dans la même direction cette fois.



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 Sujet du message: Re: Les Rues
MessagePosté: Dim 13 Oct 2013 07:09 
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<-- Entrée de Mertar

Une ville souterraine


Une fois les portes franchies, nous pénétrâmes dans un réseau de tunnel creusés dans la pierre par de valeureux nains armés de pics et de pioches. Bien vite nous arrivâmes dans un immense quartier central qui était bien éclairé grâce à des puits de lumières placés à des endroits stratégiques.

Mes mains étaient liées, ma bouche bâillonnée, mais mes yeux demeuraient écarquillés. Certes, il n’était point le temps de jouer au touriste, mais malgré ma mauvaise posture, je ne pouvais contrôler ma curiosité. Et puis, je devais mémoriser le plus possible l'emplacement des rues, des commerces, des tunnels de cette ville, si je voulais pouvoir me repérer et en sortir lorsque je prendrais la poudre d’escampette. Je ne savais ni où, ni comment, ni même quand, mais j’avais l’ultime conviction que je ne resterais pas là en victime, à ne rien essayer. Dès que l’occasion s’y prêterait, je m’évaderais. J’avais retenu la leçon de ma conscience : on avait toujours le choix.

À notre droite, bien visible sur une enseigne de bois, on pouvait lire : Taverne de l’Enclume Étincelante. Les demoiselles s’arrêtèrent devant l’établissement. Achel descendit de selle et attacha sa maigre monture à la robe noire avant de s’approcher de moi. Sans m’adresser la parole, comme si je n’étais qu’un vulgaire petit animal non doté d’intelligence, elle me détacha de la selle sans pour autant me libérer de mes liens.

Chimay, pour sa part, tira sur les rênes de sa jument et entraîna Hortense et Dulcinée avec elle.

Avant que ma kidnappeuse ne me cache sous sa cape, j’eus tout juste le temps de voir quelle direction prenait sa jumelle.

--> Taverne l'enclume étincelante

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 Sujet du message: Re: Les Rues
MessagePosté: Dim 1 Déc 2013 17:05 
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< La Brasserie du Malt d'Or

Quelques heures s’étaient écoulées. Quelques litres de bière avaient coulé.

Les trois thorkins titubèrent vers la sortie de la brasserie. Les rues toujours sombres étaient vainement éclairées par quelques loupiotes disséminées le long de l'allée tortueuse. Cela ne posait pas vraiment de problème pour les nains dont la vision était adaptée à l’environnement. Mais pour des nains imbibés, s’orienter relevait de l’exploit. Somorthor semblait le moins affecté et pourtant il ne parvenait pas à maintenir son cap. La seule différence avec Onor et Dwif est qu’il ne tombait pas tous les dix mètres. Il ne chantait pas non plus à tue-tête une chanson paillarde de combat.

" Au cœur des monts Thorkin ♫ Les crânes sektegs s’empilent ♪
Qu’ils sachent qu’ici dans Nirtim ♫ Personne n’abat un Thorkin ♪
"

Très vite Onor et Dwif s’arretèrent pour se reposer au coin d’une petite ruelle adjacente, adossés contre le mur. Ils étaient tout égayés et tristes à la fois. Plein d’énergie et vidés de tout dynamisme. Exaltés de leur force mental et inconscients de leur geste. Bref, l’alcool. L’oncle Som quant à lui avait poursuivi sa route en solitaire, et cela n’avait aucune importance pour personne, a priori.

Ce que les deux thorkins auraient pu remarquer si ils avaient était moins torché, c’est que deux ombres furtives les avaient pris en filature à la sortie de l’établissement du Malt d’Or. Se déplaçant avec rapidité mais trahissant une certaine maladresse, les silhouettes de deux thorkin se détachèrent bientôt de la pénombre. Onor les aperçut alors et un instinct de méfiance, acquis de ses études en guérison, perça la brume enveloppante issue des breuvages ingurgités plus tôt. Tentant de se relever, le guérisseur voulut gagner du temps.

" Ola camrade, qu’est ce qui vous amène par chez nous ? "

Les deux êtres ne traduisaient aucune expression sur leur visage, ils ne parlèrent pas, ils ne prévinrent pas. Le premier coup percuta la mâchoire d’Onor de plein fouet, le renvoyant au sol. Le deuxième agresseur en profita pour sauter sur Dwif, qui à peine conscient, tenta vainement de se dresser sur ses deux jambes. Onor avait perdu toute notion d’espace, les coups qui pleuvaient sur lui achevaient d’ébranler le peu de proprioception qu’il conservait. Devenu une marionnette, il ne pouvait plus opposer aucune résistance contre la tornade s’abattant sur lui. Le thorkin qui le frappait abattit une dernière droite se soldant par l’immobilité complète du guérisseur. De son côté, Dwif avait subit le même sort, sombrant dans l’inconscience. Un fil de lucidité se maintenant, Onor ressenti vaguement des mains le fouiller et le retourner. Il put entendre ses agresseurs échanger quelques mots.

" Rien sur le mien, et toi ? "

" Fichtre ! Rien non plus, tu es sûr d’avoir bien cherché ?
"

" Certain ! Pourtant c’est sûr que c’est lui, la description correspond. Alors ? "

" Le troisième doit l’avoir, on n’aurait jamais dû les laisser se séparer. Allons le chercher si il est encore dans le coin. Sinon, il faudra rentrer bredouille. Allez. "

Les ombres disparurent en laissant derrière elles deux thorkins en bien sale état.

Les minutes passèrent sans que rien ne vienne déranger le sommeil forcé des deux nains. Les rares passants ne s’alarmaient guère de voir les deux soulards allongés dans la rue. Après tout, il n’était pas étonnant de contempler un tel spectacle aux abords des tavernes. Alors témoin silencieux, seul le vent des parois de Mertar enveloppa les deux êtres dans ses bras.

Premier retour d’un sommeil sans cauchemar. Première conscience déliée de pensées terrifiantes. Premier sursaut libéré du deuil noir. Onor écarquille les yeux, sa perte de conscience n’avait duré qu’une dizaine de minutes, toute une nuit à ses yeux. Ses souvenirs se remirent vite en ordre malgré les relents alcoolisés qui emplissaient ses sens. Prenant une grande inspiration, le guérisseur thorkin s’assit en tailleur. Il se reconnecta tant bien que mal avec ses fluides. Laissant la place à un grand vide dans son esprit, il chassait méticuleusement toutes interférences internes : pensées, émotions, désirs, il ne laissait rien passer. Sa respiration s’allongea, ses muscles se décrispèrent, ouvrant les valves lymphatiques empruntées par les fluides de lumière. Il resta là, laissant la magie agir pour soigner ses hématomes et plaies. Un grognement étouffé le ramena à la réalité. Dwif reprenait conscience. Pivotant de sa position, Onor s’assit face à son compagnon et prodigua les mêmes soins qu’il s’était octroyé. Cependant la fatigue le gagna plus vite, gâchant par là même son effort précédent. Les fluides se tarissaient et les déchets énergétiques produits obstruaient de nouveau les réseaux organiques de son corps. Il stoppa le souffle de Gaia, épuisé.

" Sacré foutards ! Ces ordures nous ont rossés sans raison !
"

Dwif s’était remis debout, tout vaillant qu’il était. Onor le dévisagea avec lassitude.

" Non Dwif, pas sans raison. "

Les yeux désormais dans le vague, le guérisseur poussa un soupir.

" Foutu parchemin… "



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 Sujet du message: Re: Les Rues
MessagePosté: Lun 16 Déc 2013 12:34 
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< Le bazar magique

Le serpentement informe des tunnels annexes de Mertar contrastait singulièrement des voies d'accès principales. Tels des vers de sables créant un sillon à leur passage, les réseaux souterrains déformaient aléatoirement les voûtes rocheuses de la montagne. Des encastrements argileux étaient creusés ça et là pour bâtir des habitations de fortune, dans un agencement anarchique où seuls les habitués trouvaient leur repère. Les quartiers pauvres de Mertar resplendissaient de vilenie. Un nain boitillant, progressait ainsi dans cet environnement peu accueillant.

(A croire qu'ils étaient tous rincés lorsqu'ils ont trimé ici!)

Le guérisseur cherchait un endroit calme pour régénérer ses fluides en utilisant la fiole obtenue plus tôt. Un vertige abattit un coup de marteau sur les méninges du nain. Il s'adossa contre la paroi du tunnel, cherchant à calmer la douleur.

(Valyus, ma caboche ! Pétard d'un sekteg empalé... stoppes ça!)

Le tiraillement migraineux le força à s'asseoir au sol. L'alcool, les coups reçus et l'utilisation de ses pouvoirs de guérison avaient affecté son état de santé. Ses muscles se crispaient de douleur et son visage était régulièrement déformé par les abcès de sa céphalalgie. Lorsque vint le moment de la bise, il profita de l'instant pour empoigner la fiole et la vider d'une traite dans un cul sec digne d'un bébé hinïon.

(Ca n'a pas de goût ce truc...)

A peine avait-il prononcé mentalement ces mots qu'une décharge de bien être surpris son corps affalé. Une accélération de sa palpitation cardiaque s'accompagna d'un frisson d'excitation qui le traversa de la tête aux pieds en un éclair. Il se surprit à repenser à ses parents, ses amis, ses joies, ses peines. Un friselis d'amour tintait dans ses oreilles. Onor commençait à prendre peur alors que la somatisation se transformait en convulsions incontrôlables. Heureusement, cette phase était la dernière de l'absorption du fluide et bientôt, le thorkin se trouvait dans un état de paix et de sérénité rarement expérimenté ces derniers temps. Il pensait presque à méditer lorsque sa raison thorkine le rattrapa.

(Par Valyus, voilà que je m'érode comme le grès au lieu de m'endurcir comme l'acier... debout sot!)

Animé d'une nouvelle force, le guérisseur se dressa sur ses jambes, le regard fixe et l’œil alerte. A travers les tunnels tortueux se déplaçait désormais un thorkin à l'esprit droit et toujours aussi rigide.



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 Sujet du message: Re: Les Rues
MessagePosté: Ven 24 Jan 2014 18:37 
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rp précédent ici

Maltar charge finalement avec l'aide d'un client son lourd colis en travers de la croupe du hongre. Puis après s’être fait indiquer la direction de la milice et avoir échangé les quelques mièvres amabilités d'usages chez les gens civilisés, il saisi les rênes de sa nouvelles monture et s'en va, Adrayk et la grosse lutine a sa suite. Les rues sont bondées, le soleil encore haut, il rumine en prenant la direction du poste de milice... Au bout de deux croisement, il se trompe volontairement de chemin et commence à jetter un coup d'oeil à chaque ruelle à la recherche d'un coin tranquille où égorger Achel et assommer la lutine si celle si s'offusque de trop de son attitude pragmatique. Mais pour l'instant, rien, toujours face à lui un commerce, un marchand, une taverne, et plus il avance dans les méandres de la ville, plus il désespère de trouver ce petit coin à l’abri des regard qui pourrais régler ses soucis. il commence à s'en inquiéter un peu: un gobelin avec une femme saucissonnée en travers de sa monture, dans une ville pleine de nain, allez savoir pourquoi, ça inspire plutôt la méfiance... Pour un peu que l'un des lutins se mette à brailler, et il donnait peu cher du crédit que l'on pouvait lui accorder... Et guère plus de sa tête.

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Dernière édition par Maltar le Jeu 29 Mai 2014 03:24, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Rues
MessagePosté: Dim 26 Jan 2014 05:38 
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<-- L'auberge de l'enclume étincelante

Indisposition


Lorsque je me retrouvai à l’extérieur, le gobelin, aidé d’un nain pas plus grand que lui, venait tout juste de terminer d’attacher la vilaine Achel sur sa monture. Je poussai enfin un soupir de soulagement. Tout allait enfin entrer dans l’ordre. La méchante femme sera livrée à la police et je témoignerai pour Hortense expliquant son innocence.


C’est avec cette pensée positive que je me décidai d’accompagner les deux miliciens. Mais nous n’avions pas fait deux pas que mon petit se manifesta de nouveau. Je dus m’arrêter bien malgré moi, devant soutenir cet œuf qui menaçait de céder à tout moment. Pendant ce temps, heureusement, le milicien aux yeux globuleux avait également arrêté sa monture afin de demander son chemin à un passant, un nain corpulent à la barbe blonde malgré ses cheveux entièrement noirs. Occupée à tenir l’œuf, je n’écoutai pas les explications données au milicien.
Et nous marchâmes encore et encore, passant par une rue et une autre, des plus grandes aux plus petites, jusqu’aux ruelles. Je finis par me demander si le milicien ne s’était pas trompé de chemin. Mais à chaque fois, il y avait des gens dans la rue et pas une fois le milicien ne redemanda son chemin.


À bout de souffle, je m’arrêtai devant trois bâtiments assez imposants dont l’enseigne indiquait : L’écurie à boucs de Robur. Ne pouvant plus faire un pas de plus, je pris la décision de laisser ces deux officiers s’occuper seuls d’Hortense.

« C’est ici que nos chemins se séparent messieurs ! »
Criai-je à l’intention du lutin et du gobelin.

« Mon petit doit sortir et cette écurie me semble l’endroit idéal. »

Éduquée dans une bonne famille de lutin, j’attendis leur commentaire avant d’entrer dans l’établissement.

_________________
Guasina, protectrice d'âme


Dernière édition par Guasina le Ven 14 Fév 2014 03:55, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Rues
MessagePosté: Mer 29 Jan 2014 01:22 
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<--

Adrayk marchait depuis trop longtemps, il voulat revoir la forêt. La ville lui donnait des boutons, l'air était lourd et sombre. A chaque rues qu'ils traversaient c'était la même rengaine.
Enfin, ils appelaient ça une rue ! Une rue ! Chez les lutins une rue était vivante, fleurie, éclairée. Autre chose que ça...

Le pays de Bouhen commençait presque à lui manquer.
Ou alors c'était simplement le fait de voir une de ses congénères. Sans doute.

Pendant un temps, il s'accrocha au crin de la monture du gobelin attendant patiemment qu'il trouve le chemin. Il avait l'air de savoir ou aller. L'air seulement.
Dès que Maltar s'arrêta devant un passant, Adrayk sauta au bas de la monture. Il commençait à avoir des fourmis dans les jambes à force de ne rien faire.
Tourner en rond dans une ville n'était définitivement pas ce qu'il fallait à l'esprit aventureux du lutin.

Il fallait vraiment qu'ils se pressent de livrer la ravisseuse à la milice et repartir loin de cette ville.

Il allait faire part de son envie à ses nouveaux compagnons quand Guasina pour la première fois depuis la taverne les interpela.


« C’est ici que nos chemins se séparent messieurs ! »

« Mon petit doit sortir et cette écurie me semble l’endroit idéal. »


Ah oui, c'est vrai qu'elle était enceinte. Il avait presque oublié. Quel bourde...
Il se demanda s'il ne devait pas l'accompagner. Après tout il était guérisseur, c'était aussi son travail que de mettre au monde des lutins. Certe les matronnes lutines faisait tout le travail, mais il y avait toujours un guérisseur en cas de problème.
Une fois il avait même vu la naissance d'un lutin qui ne respirait plus, le guérisseur présent sur place avait réussi à refaire partir son petit coeur grâce à son art.


Oui, décida-t-il, il faut que je sois présent.

Oui, mais qu'allait-il arriver si lui aussi devrait utiliser son pouvoir ?
Il n'avait aucun doute sur sa capacité à voir l'urgence du moment, il avait nettement plus peur du résultat s'il devait intevenir.

La dernière guérison en date était celle de Maltar. Il n'était toujours pas revenu dessus, mais il y aurait forcément un moment où il lui demanderait pourquoi il s'était transformé en lézard cracheur de feu.
Et si le nouveau né était lui aussi affecté par le sort ? Son corps allait-il pouvoir tenir le choc ?

Bien sur cela pouvais être moins pire que des flammes.
Mais il pouvait être pris d'un hocquet perpétuel, des poils de nez pouvait lui pousser sur pied. Comment savoir ?

Il regarda Guasina, tiraillé entre l'envie de l'aider et la peur d'aller à l'encontre du nouveau né.
Un choix cornélien s'impposait à lui.


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Dernière édition par Adrayk le Mar 4 Mar 2014 02:26, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Rues
MessagePosté: Ven 14 Fév 2014 02:03 
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Maltar est encore en train de pester intérieurement en se demandant comment il va pouvoir se débarrasser de son encombrant colis humain avec les deux lutins collés dans à ses basques quand guasina, en prenant la parole, lui donna une idée.


« C’est ici que nos chemins se séparent messieurs ! »

« Mon petit doit sortir et cette écurie me semble l’endroit idéal. »


Il jetta un oeil à Adrayk, puis à la lutine, à nouveau à Adraykh, puis acquiesce:

"Oui, s'doit étre trés bien, t'sra tranquille là bas pour faire ton affaire... Et t'dev'rais rester avec elle Adraykh, t'es toubib, s'ton rôle d't'occuper d'ces choses là "

Il enchaine en interpelant un nain s'afférant dans l'écurie à poney à ramasser les crotins.

"Hey M'sieur! Bonjours, J'me présente: agent Maltar, milice d'Kendrakkar, et voici mon adjoint l'médico-lutins Adraykh. N'sommes ici en mission spéciale. N'z'avons arrétés à l'enclume étincelante la d'moiselle toute ficellée ici présente sur ma monture. L'était coupable de'trafique d'lutine engrossée, elle en capturait et r'vendait pour j'n'ose imaginer quoi. L'enquéte d'vrais permettre d'en savoir plus, mais on dit qu'd'riches orcs d'Omyre payent des fortunes pour des lutines fourrées... 'fin bref. On l'a mise hors d'état d'nuire et libérée s'te p'tite lutine, dame guasina, qu'est sur l'point d'mettre bas... C'est ça qu'mamène, pourrait ont louer un d'vos box pour qu'la lutine fasse son affaire? Et si c'était qu'un effet d'vot'bontée, j'vous laisserait bien aussi ma prisonnière l'temps d'rejoindre la milice et d'venir la chercher 'vec un agent d'part chez vous. J'ai peur qu'a m'promener chez vous avec s'te criminelle ficellée sur l'dos d'ma monture, on m'prenne pour un bandit et qu'm'arrive des misère. C'est qu'y parait qu'ça court pas les rues un gobelin agent d'la milice, hein! Alors qu'des gobelins voleurs, violeurs et meurtriers... 'fin vous'en savez qu'ek chose, 'vec vos guerre contre Oaxaca." Il crache au sol pour marquer son dégout du "sacrosaint rammassis d'reste de semance de thiméros". " 'fin j'voudrais pas vous ennuyer plus longtemps dans vot'travail, j'pose s'te criminelle là..." Le gobelin saisit Achel sans ménagement, la bascule sur le sol et la cale contre le bord de l'écurie.Et je vais me dépécher d'aller chercher la milice pendant que l'agent Adrayk va installer Dame Guasina... J'vous laisse vous débrouiller avec lui pour l'paiement, moi j'vais m'dépécher d'aller trouver là milice. V's inquiétez pour la prisonnières, attachée comme ça elle d'vrait pas vous poser problème... Par contre, agent Adraykh, veillez à s'que la prisonnière reste en pas trop mauvais état, faudra qu'elle soit d'aplomb pour l'intérogatoire t't'à l'heure. S'vous ira m'sieur? S'parfait!

Il a dit tout ça très vite, trop vite pour que le nain ai vraiment le temps de bien comprendre, encore moins pour qu'il trouve le temps de le contredire. Et il le gracie même d'un sourire pas trop mauvais, ce qui venant de lui était plus rare qu'une larme d'Oaxaca, et d'une pièce de pourboire. Encore éberlué par le débit de parole, et pas sur de tout comprendre, le nain lui répondit "qu'fallait voir", et qu'il allait "chercher l'patron". Lorsqu'il tourne le dos pour aller trouver le gérant de l'établissement. Maltar se retourne vers Adraykh.

"Bon, j't'fait confiance pour gérer ça, moi j'vais vite à la milice. A tantôt... Dame Guasina, j'vais faire mon possible pour éclaicir s't'affaire et libérer vot'amie. Bon courage d'vot'coté..."

Et il repart sans un regard en arrière en tirant la bride de son cheval, en direction du centre ville de Mertar, soulagé: maintenant qu'il ne promène plus Achel, il sent le regard des nains braqués sur lui moins lourd. Il a fait en public ce qu'il supposait qu'un milicien Gobelin aurait pu faire. Son numéro s’arrête là, et c'est pas dommage! Il avance, traverse une rue, tourne, retourne, puis reprend la direction des portes de la ville.

La suite

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Dernière édition par Maltar le Jeu 9 Mar 2017 23:28, édité 6 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Rues
MessagePosté: Ven 14 Fév 2014 03:47 
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Le destin pour peu qu’on y croie nous réserve parfois bien des surprises. Alors que je croyais me retrouver seul avec mon petit à naître, le lutin milicien affirma catégoriquement que sa présence était nécessaire. Surprise par cette affirmation, mais surtout ne comprenant pas la raison pour laquelle il se détournait de sa mission, les sourcils froncés je le questionnai du regard.

Mon vis-à-vis n’eut pas le temps d’ouvrir la bouche, pas davantage de sourciller que son patron de gobelin partit dans un baratin dont je ne compris qu’un mot sur deux. C’est ainsi que j’appris que son apprenti s’avérait être un guérisseur. Ce qui aurait été une bonne nouvelle si j’avais réellement porté un lutillon dans mon bedon. Je ne fis cependant aucun commentaire me contentant de sourire au lutin.

Puis ce chef milicien héla un nain d’âge moyen qui sortait justement du bâtiment de droite, sans aucun doute l’atelier où les employés fabriquaient les selles et autres attirails pour les montures. Le gros nain, arborant une barbe rousse et muni d’un étrange outil courbé, s’arrêta net, et tout comme moi, tenta de déchiffrer ce que disait le gobelin. Ce dernier sans éducation déballait à un propre inconnu toute mon histoire de façon vulgaire et malvenue. En moins d’une minute, mon plan d’entrer discrètement dans l’écurie et de m’y faire un petit nid venait de tomber à l’eau. Cet affreux gobelin aux yeux globuleux venait de tout gâcher. En colère, je lui aurais sûrement dit ma façon de penser si l’œuf ne s’était pas mis à craquer de nouveau.

Je n’avais plus de temps à perdre, je devais leur fausser compagnie afin de me préparer à la venue du nouveau-né. Ainsi donc, pendant que Maltar déchargeait son lourd colis et en expliquait la provenance au nain éberlué par ce récit loufoque, je m’en allai discrètement vers le bâtiment principal. Après avoir fait signe à Adrayk de me suivre, je me faufilai sous la grande porte et disparut dans l’établissement sans même avoir remercié le gobelin de m’avoir sauvé d'un triste destin.

--> L'écurie à bouc de Robur

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 Sujet du message: Re: Les Rues
MessagePosté: Lun 18 Aoû 2014 01:15 
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<--

Le petit trio s'engagea dans les rues avec une nouvelle mission en ligne de mire. Soucieux de se montrer à la hauteur, Adrayk s'empressa de montrer la voie.
Arrivé au premier croisement, il dû se rendre à l'évidence : il n'avait aucune idée d'où ils étaient.
La mission de sauvetage risquait fort de tomber à l'eau s'il ne trouvait pas une idée.

L'idée la moins saugrenue lui vint rapidement : demander son chemin aux habitants. L'autre étant de monter le caneton jusqu'à arriver aux portes de la ville et exiger la libération d'Hortense.
Lorsqu'il y réfléchissait, cette idée n'était peut-être pas à écarter aussi rapidement.
Adrayk, laissant ses compagnons sur le bord de la route, parti en quête de renseignements.


Excusez-moi....

A peine le temps de finir sa phrase que déjà la personne était partie. Il y en eu même un qui lui répondit "Pas intéressé"...

Mais je n'ai rien à vendre !


Lorsqu'enfin une matrone naine prit la peine de s'arrêter, elle lui indiqua la milice comme le meilleur endroit où chercher son amie. Puis tourna les talons et reparti aussi vite qu'elle était arrivé.

Revenant vers Guasina, il eut une adresse à lui communiquer et leur mission pouvait reprendre. Adrayk se perdit deux fois avant d’arriver à bon port. Forcément, sans plan il était difficile de respecter les indications avec des repères différents et inconnus du lutin.
Enfin, le principal étant qu'ils étaient devant les murs de la prison. Si Adrayk avait bien compris et ne s'était pas trompé une troisième fois...

L'édifice qui s'élevait devant eux était fait de pierres devenues noires de crasse avec le temps et les précipitations. De l'extérieur, on aurait dit un château hanté. Les seules fenêtres que le lutin pouvait voir était protégées par d'épais barreaux métalliques.
Soudain il n'eut plus envie de montrer la marche à suivre. Regardant Guasina, il eut un petit signe vers elle.

C'est là. Enfin je crois...

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Dernière édition par Adrayk le Sam 18 Juil 2015 10:41, édité 3 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Rues
MessagePosté: Sam 23 Aoû 2014 17:45 
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Au sortir de ma demeure, je marchais dans un tunnel de moyenne taille, éclairé à intervalles réguliers par des faisceaux lumineux que laissaient pénétrer les puits de lumières. Le tunnel, au plafond voûté, s’étendait en ligne droite sur plusieurs dizaines de mètres et donnait accès à quelques habitations. Bien que quelques fissures se laissaient apercevoir dans la paroi de roche et que le sol était usé par le martellement incessant des bottes des nains empruntant quotidiennement le boyau, la voûte semblait encore solide et le tunnel, sans danger.
De là, je débouchais sur une artère de plus grande taille d’où je pourrais rallier la rue principale. Je l’atteignis après quelques minutes de marche d’un pas tranquille. Je me frayai un chemin entre les divers badauds, en majorité d’autres nains ainsi que quelques étrangers. Je ne tardai pas à trouver ce que je cherchais : l’enseigne familière de la Taverne de l’Enclume Étincelante. Sans plus attendre, j’en franchis la porte.

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 Sujet du message: Re: Les Rues
MessagePosté: Sam 23 Aoû 2014 18:36 
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<sort de la Taverne de l’Enclume Étincelante>
Après être sorti de la taverne, je repris le trajet de tout à l’heure en sens inverse. L’alcool dans mon sang rendait mes déplacements plus gauches sans pour autant me faire perdre mon équilibre. Je quittai donc la rue principale et marchai quelques minutes avant de bifurquer pour réemprunter le tunnel qui me reconduirait chez moi. J’atteignis mon domicile quelques instants plus tard.
<rentre chez Thorùlfr jàrnhàmmar>

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 Sujet du message: Re: Les Rues
MessagePosté: Mer 27 Aoû 2014 04:19 
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En route vers la milice


Mon baluchon rempli de victuailles fournit par la généreuse épouse du propriétaire, je jetai un dernier coup d’œil à la stalle qui m’avait servi de maison ces derniers jours avant de suivre Adrayk qui poussait vaillamment la lourde porte de bois de l’établissement. Rapidement, et avec Pataud sur mes talons, je passai par l’étroite ouverture et échouai sur la rue creusée dans la dure pierre des montagnes du Duché.

Je n’eus le temps d’interroger mon copain sur la route à prendre que celui-ci prit les devants et nous conduisit jusqu’au bout du chemin de pierre qui déboucha au quartier central de la ville éclairé par de nombreux puits de lumières et dont le sol était recouvert par un solide pavé de pierre plates et grises. Mon compagnon perdit soudainement toute assurance, évidemment tout aussi perdu que moi devant cet immense réseau de tunnel. Ne voulant me montrer son désarroi et toujours aussi résout à prendre la tête de notre petite expédition, il partit à la recherche d’informations, nous laissant moi et Pataud à l’intersection.
Je le regardais s’éloigner lorsque j’entendis un bruit de pas derrière moi. Sur le qui-vive, je me retournai promptement, prête à faire face à un éventuel danger. Pour une fois, je m’étais alarmée inutilement. En face de moi, se tenait innocemment deux enfants nains à l’air ahuri.

« C’est une mignonne petite chose ! Tu crois que je pourrais l’emmener à la maison, Richi ? »

Dis la petite rondelette aux nattes blondes au petit garçon tout aussi blond et légèrement plus grand. Ce dernier prenant un air important, lui rétorqua d’un ton qu’il voulait ferme.

« Non Rayma ! Maman a été claire, tu peux jouer avec toutes les petites bestioles inoffensives que tu veux, mais tu les laisses là où tu les as trouvés ! »

Devant leur air admiratif vis-à-vis mon petit protégé, je ne pus réprimer un bienveillant sourire. Puis, comme toute maman fière de sa progéniture, je le présentai :

« Il s’appelle Pataud, c’est un canard. Je suis sa mère adoptive, tu ne pourrais pas le prendre même si ta mère l’autorisait. Il me suit partout, il est mon protégé. »
Terminai-je d’une voix douce ne cherchant surtout pas à les effrayer.

« Oh ! Mais elle parle ! » S’exclama la fillette les yeux ronds comme des yus.

« Oui, je crois que c’est un lutin ! » expliqua le petit garçon à sa frangine, sans me lâcher des yeux.

Surprise de ma méprise, je restai immobile, la bouche grande ouverte, incapable de répliquer quoi que ce soit, moi qui d’ordinaire, avait la langue bien pendue. Richi en profita pour enchaîner :

« Nous savons reconnaître un canard ! Les canards, on en a déjà vu. Notre oncle Maturin se promène de ville en ville avec sa grosse charrette. Il vend les armes fabriquées ici, puis achète ce dont nous avons besoin. Parfois il nous rapporte des canards. C’est notre maman qui les prend et nous prépare un délicieux repas. »

Termina-t-il en se pourléchant les babines devant ma mine désappointée.

« Mais on avait jamais vu de lutin, tu es mignonne, tu veux être ma poupée ? » Rajouta la petite naine.

D’abord surprise de sa demande, sans être le moins du monde offensée, je cherchais les bons mots à lui dire. Je me sentais bien en leur présence, ils étaient curieux comme des enfants savent l’être, mais ne semblaient pas méchants pour cinq yus. Comme j’ouvris la bouche pour lui répondre que je n’étais pas une poupée, Richi me prit de vitesse et sur un ton de réprimande, il s’adressa à la naïve Rayma.

« Même si elle est haute comme trois pommes, ce n’est pas une poupée ou un jouet, elle est bien vivante tout comme nous. Et puis, tu vois bien qu’elle n’est pas un enfant »

À ces mots ses joues s’empourprèrent, mais il poursuivit tout de même son petit sermon.
« Elle a tout d’une… ben, elle a …. Tu sais.. » Pour ma part, je me contentais de rire sous cape, sans faire de commentaire. C’est la petite qui le sortie de l’embarras.
« C’est une maman ? »

Le sourire fendue jusqu’aux oreilles, j’acquiesçai

« Oui, je suis une maman, je me nomme Guasina ! » Bien que je n’avais porté en mon ventre aucun enfant, en adoptant l’œuf, le couvant, le portant, le soignant, j’avais bel et bien endossé le rôle d’une maman.

Et sans perdre une seconde, j’enchaînai.

« Vous savez où se trouve la milice ? Je dois y retrouver une amie ! » En fait, je voulais plutôt m'assurer qu'Achel était derrière les barreaux et Hortense libérée, mais je jugeais inutile de tout révéler à ces charmants enfants.

Avec la fierté de quelqu’un qui veut se rendre utile, l’ainé répondit rapidement.

« Oui, bien sûr, vous prenez le tunnel de gauche et vous avancez tout droit jusqu’au pont, mais vous ne le traversez pas, et prenez à droite, puis encore à droite. »

(Gauche, droite, droite, je devrais m’en rappeler.)

Après avoir remercié les enfants, je rejoins Adrayk qui revenait vers nous, arborant le fier sourire de celui qui a obtenu l’information qu’il cherchait.

--> la milice

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