L'Univers de Yuimen déménage !


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 Sujet du message: Re: Les Rues
MessagePosté: Dim 6 Sep 2015 18:40 
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(((précédemment : 2. Marchandage)))

3. Une rencontre fortuite

Alors qu’il s’est déjà éloigné de la place et qu’il se rapproche de la périphérie de la citée, perdu dans ses pensées, il est soudain bousculé et aperçoit à sa droite l'ombre d'un humain qui se glisse rapidement entre les passants. S'il n'avait entendu le faible tintement des yuis, sans doute ne se serait-il rendu compte de rien. Mais son regard, mue par un réflexe conditionné chez les Thorkins, se porte immédiatement sur sa bourse, ou plus exactement là où aurait dû se trouver sa bourse. En un éclair, il comprend, relève la tête, aperçoit la silhouette déjà éloignée et se met en chasse discrètement.
Le voleur, semblant penser avoir commis son forfait en toute impunité, plutôt que de s'enfuir loin, s’arrête tranquillement deux rues plus loin, pour regarder un étalage. Plus Morte s’approche du voleur, plus il commence à se précipiter vers sa proie. Sûr de la tenir, Morte pointe un doigt accusateur et s'apprête à crier "au voleur!" pour que les autres passants l'aident, mais l'homme se retourne, voit sa victime et se rendant compte du danger reprend sa fuite. Malgré ses courtes jambes et son souffle lourd, le nain ne perd pas de vue la silhouette qui démarque largement dans la foule.
Sûr de tenir sa proie, Morte pointe un doigt accusateur et s'apprête à crier "au voleur!" pour que les autres passants l'aident, mais l'homme se retourne, voit sa victime et se rendant compte du danger, prend la fuite. Malgré ses courtes jambes et son souffle lourd, le nain ne perd pas de vue la silhouette qui se démarque largement dans la foule.

"Au voleur! Arrêtez l'humain, il m'a volé ma bourse!" S'essouffle Morte.

Soudain, la silhouette oblique à gauche et disparait dans une ruelle. Morte arrive finalement au tournant, il se retrouve seul face à un tunnel sombre dont surgit tout à coup un lourd projectile. Il tombe à la renverse et roule avec ce qu'il comprend être un humain sur lui. L'amas de cuir et de chair s'arrête de bouger, et écrasé par le poids de l'autre, Morte s'étouffe. Soudain l'humain est soulevé en l'air, et une main généreuse saisit le nain par l'épaule pour le relever.

"Eh bien, maître nain, excusez mon manque de délicatesse, je ne m'attendais pas à vous voir arriver si vite au coin de la rue." S'esclaffe d'une voix rauque l'ombre qui l'a remis debout, et qui tient toujours à bout de bras le voleur.

Morte est à bout de souffle, et prend une seconde avant de répondre. La voix s'échappe d'une large capuche sombre, s'élevant bien à un mètre quatre-vingt-cinq. Le reste de la silhouette est couvert par des vêtements de toile vert sombre et brun. Autour de la taille, une ceinture en cuir retient le fourreau d'une dague au pommeau richement décoré. Les méninges de Morte tournent à pleine vitesse pendant ce lasse de temps, car il semble reconnaître la voix. S'il reconnait un humain, il ne peut l'avoir rencontré qu'à un endroit: l'échoppe de maître Darum. Soudain, le déclic.

"Monsieur Koriac!? Mais que... Merci bien de votre assistance!" Puis ; sans perdre de temps, il se tourne vers le voleur, et fouille fiévreusement ses poches pour y retrouver sa bourse.

"Oh, mais c’est vous Morte ? Haha, quelle heureuse coïncidence ! Dit-il en baissant sa capuche, Et l’homme laisse s’échapper un rire franc et tonitruant. Je vous ai entendu crier dans la rue, et voyant cet individu à deux doigts de me foncer dedans, j’ai décidé d’aider à rendre justice ! Je n’avais pas reconnu votre voix, mais je suis heureux d’avoir pu vous aider !"

Samson Koriac, l’aimable humain, est un marchant itinérant qui parcourt Nirtim de ville en ville pour y vendre et acheter armes magiques et reliques. Toujours souriant et affable, c’est un bon commerçant et il s'adresse aux autres comme le ferait un vieil ami. Bien que cela soit rarement toléré de la part des étrangers, même les Thorkins se laissent séduire par cet homme et tolèrent son comportement. À chaque fois que son chemin le mène à Mertar, il se rend à l’échoppe de Boroz Darum. Les deux hommes se sont connus il y a longtemps et il est souvent cité dans les aventures que le mage nain conte à son apprenti ; ils auraient exploré le sud et l’est du continent et en auraient tiré de grandes richesses.

Le grand humain tient encore le voleur, mais a laissé son mètre soixante retrouver la terre ferme. Le petit, selon les critères humains, a cessé de se débattre, et reste muet, spectateur des retrouvailles, un regard noir vissé sur l’homme encapuchonné. Le Thorkin et le géant reportent leur attention sur le captif.

"Morte, je crois que ce jeune homme est à votre merci. Que devrions nous faire avec lui?"
"La canaille ne devrait pas grouiller dans les rues! Se met à grogner le jeune nain. Je vais l'amener à une patrouille de la garde!"
"Voilà une bien dure punition pour un petit crime, ne pensez-vous pas?"
" Tu ne laisseras pas offenser." Récita religieusement Morte
"Voyons, voyons, ami Thorkin, je vous prie de ne pas être si dur. Nous ne sommes pas toujours à même de choisir ce que l’on a à faire pour subsister. Déclare Samson d'un ton bienveillant. Moi-même j'ai parfois eu à subtiliser de quoi pouvoir vivre."
"Mais je ne peux le laisser partir sans punition, cet énergumène a essayé de me subtiliser ma bourse!"
"C'est encore un jeune homme, peut-être devriez-vous être plus clément. C'est grâce à un homme au grand cœur, que j'ai pu devenir l'homme que je suis. Alors que je lui avais subtilisé un objet, il me prit en flagrant-délit, mais décida de ne pas me couper la main comme il l'avait insinué. Il me dit que c'était la dernière chance que les dieux m'accordaient sur terre et m'offrit de travailler pour lui."
"Il est hors de question que j'engage ou que j'emploie quelqu'un qui m'a volé."
"Personne ne vous l'demande", lâche le voleur, laissant sa voix de jeune garçon, dans les quatorze ou seize ans, se faire entendre pour la première fois.

Samson gifle violemment le gamin pour son insolence. Morte fulmine.

"Je ne vous demande pas tant que cela, c'est déjà faire preuve d'honneur et de cœur que de le laisser partir." Et en disant cela, Samson a lâché l'épaule du jeune voleur, qui reste immobile une seconde avant de partir en courant dans la ruelle, vers les ténèbres.

L'assurance et le charisme du marchand a vite raison de la colère du Thorkin, mais Morte sait qu'il reconnaîtra le visage du voleur et saura se souvenir de ce qu'il s'est passé.

"Soit, laissez-le donc partir", se sent-il obligé de grommeler en assentiment.
"Vous avez l'âme d'un grand Thorkin, Morte Baar. Peu de vos semblables auraient fait preuve de tant d'indulgence. Venez donc avec moi à la taverne, que je vous offre une bière!"

(((à suivre : 4. Levé de coude)))

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Morte: Mage de Terre, Thorkin, niv.1


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 Sujet du message: Re: Les Rues
MessagePosté: Ven 19 Fév 2016 11:36 
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Les couloirs de pierre se succèdent tandis que je progresse avec Nibelung. Il me raconte que des centaines d'années furent nécessaires pour faire de Mertar ce qu'elle est aujourd'hui, de nouveaux chantiers sont même prévus pour agrandir la ville.

Nous arrivons sur une grande place en effervescence, je vois la silhouette de Gaudium se détacher de la masse par son imposante stature et lui adresse un signe de la main. Il se presse de nous rejoindre et d'un ton confiant déclare :

"Tes compagnons vont mieux Nibelung. Ils sont encore accablés de fatigue mais l'avenir leur sourira à tous deux."

Le nain pousse un soupir de soulagement mais son visage exprime la douleur, celle d'avoir perdu tant de frères et de sœurs lors de l'affrontement. Il essaie tant bien que mal de le dissimuler mais l'art délicat des émotions ne m'est pas inconnu. Nibelung éprouve plus de peine qu'il n'y parait. Il nous invite cependant à le suivre et c'est à trois que nous progressons à travers les boyaux souterrains.

"Nous allons boire, à la mémoire de nos morts ! Ils ont été de valeureux défenseurs et méritent que leurs noms soient cités afin que leurs âmes puissent rejoindre l'autre-monde en paix !"

Au bout d'une dizaine de minutes, nous arrivons devant la porte de Nibelung. Il nous devance et sort une épaisse clef de son pantalon qu'il introduit dans un crissement. La porte refuse de s'ouvrir et je peux admirer la ténacité thorkine... Nibelung peste, donne des coups de pieds et d'épaule mais rien n'y fait. Il l'insulte, la menace d'en faire du bois de chauffage mais la porte demeure close.

"C'est pas une foutue porte qui va m'empêcher de commémorer la mémoire de mes camarades !"

Il s'équipe de son casque et se sert de sa tête comme d'un bélier... Un coup, la porte grince, un deuxième, elle gémit, un troisième, elle s'ouvre dans un claquement. Nibelung retire son casque et manque de tomber par terre. Il s'accorde quelques minutes puis nous prie de le suivre dans son humble logis.

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 Sujet du message: Re: Les Rues
MessagePosté: Mer 24 Fév 2016 15:46 
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Nibelung et moi fendons la foule d'un pas décidé avant de déboucher sur une ruelle peu éclairée et vide. Le silence prends le pas sur le brouhaha et me permets de parler à mon compagnon.

"Dis-moi, que fais-tu pour oublier ?"


Il s'arrête devant moi et me scrute avec intensité :

"Commence par arrêter de te miner pour ça, tu n'pouvais rien y faire. Il te faut continuer à vivre car, la mort, au même titre que la naissance fait partie d'la vie et d'son cycle. Il t'reste qu'à l'accepter."


Je ressens l'envie de lui donner l'exemple d'hier mais l'hommage qui a été rendu fut bref et vite succédé par l'évocation de bons souvenirs et d'histoires en tout genre. Je sais que Nibelung a raison, je dois accepter la mort de mon ami bien que cela risque de s'avérer compliqué. Me morfondre éternellement ne va de toute façon rien arranger.

Nibelung me raconte alors des blagues grivoises, l'intention est touchante, il essaie de me changer les idées, que je ne broie pas du noir et je me laisse finalement prendre au jeu, riant de concert avec lui, jusqu'aux larmes. Je ne me doutais pas que les blagues naines pouvaient être si drôles.

Nibelung me flanque un coup de coude et d'un geste qu'il veut théâtral, désigne une vieille bâtisse entourée par d'imposantes maisons. Un symbole rouge figure sur la porte et mon compagnon nain me fait signe d'entrer, affichant un sourire, pas vraiment rassurant...

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 Sujet du message: Re: Les Rues
MessagePosté: Sam 18 Juin 2016 15:52 
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Intervention de Guilde pour Mendax


Il acquiesça et te fit passer la porte en saluant les gardes.

"Mon nom est Sine, je suis chargé de promouvoir le nouveau culte des Messagers à Mertar. Les nains ne sont pas de grands adeptes de Phaïtos ! Et, hélas, les dernières tentatives ont... avortés..."

Il prend un instant pour réfléchir, puis déclare :

"Tu dis avoir rencontré un gentâme qui t'a parlé de nous... c'est extraordinaire. Il faut vraiment que tu ailles au château d'Endor, entre Luminion et Kendra Kâr ! Je suis sûr que la dame des brumes sera ravi d'en discuter avec toi !"

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 Sujet du message: Re: Les Rues
MessagePosté: Sam 18 Juin 2016 16:05 
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Le liykor finit par se présenter, se dénommant Sine. Il m'invite alors à le suivre et passe devant les gardes, les saluant avec un grand sourire, je fais de même et souhaite à ces nains une bonne journée avant de suivre Sine à l'intérieur des murs de la cité Thorkine.

Il me fait part de son rôle ici, m'expliquant qu'il se doit de tisser des liens entre les nains de Mertar et la guilde des Messagers du corbeau. Il déplore le peu d'entrain de ce peuple envers son dieu et évoque quelques tentatives infructueuses. Il se plonge dans ses pensées avant de me déclarer quelques minutes plus tard que ma rencontre avec le Gentâme est extraordinaire et il m'encourage à le suivre jusqu'à Endor, que je puisse y faire la rencontre de la dame des brumes et en discuter avec elle.

(Une femme somme toute nimbée de mystère. Je me demande à quoi elle ressemble... une vieille-peau ou une ravissante femme ? Dans tous les cas, je dois y aller. Ils m'offrent une famille, des êtres qui comme moi connaissent les faveurs de Phaïtos. Ce n'est pas par hasard, c'est forcement sa volonté que de nous rassembler sous son égide protectrice, tel le Père qu'il est pour nous tous...)

"C'est entendu alors ! Comme je te l'ai dis, je dois absolument panser mes plaies, me nourrir et laisser à mon corps le temps de se reposer. Nous pourrons partir dès demain vers ce castel d'Endor." dis-je avec un sourire.

Je lui fais signe de me suivre et m'aventure dans les rues de Mertar, à la recherche du bzar magique, convaincu que le boutiquier aura bien un onguent à appliquer sur ma plaie, je n'aurais plus qu'à trouver une auberge pour manger et dormir avant de partir avec Sine demain.

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 Sujet du message: Re: Les Rues
MessagePosté: Jeu 22 Sep 2016 20:55 
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Un horrible cauchemar me tire de mon sommeil de plomb. Des images, fragments d’une vie passée, font s’ouvrir les vannes de mon cœur et je me prends à pleurer, des larmes chaudes traçant des sillons sur mes joues, se perdent dans mon épaisse barbe. Je m’extirpe de mes grosses couvertures, le corps en sueur, la tête dans le vague. Je me dirige vers une petite bassine d’eau, posée sur une table en bois.

L’eau me déride, rafraîchit mon visage et apaise mon esprit encore échauffé. Je m’étire alors rapidement, faisant craquer mes jointures puis ouvre une petite armoire où siège mon équipement. Une côte de maille que j’entretiens chaque jour, tout comme Titine, la hache de feu mon paternel. Son fil de lame est aussi tranchant que possible car je l’affûte chaque jour avec ferveur. Je récupère enfin mon casque et mes bottes de cuir renforcées de plaques en fer avant de tout équiper avec solennité.

Je me regarde, juste avant de partir dehors, dans la glace installée à l’un des murs. Ma gorge se noue et mon regard se fait… lointain. Ce que j’y contemple est l’image d’un nain vigoureux, mais dans mon ombre se dessine la silhouette de mon père… Après toutes ces années sans lui, je n’arrive pas à oublier sa vie, sa gloire et sa fin tragique et sordide. Je ne vis pas pour le dépasser, mais un drôle de sentiment étreint mon palpitant, comme un manque à combler. Et s’il n’y avait que lui… Ma mère, ma sœur, même mon frère sont morts. Jamais plus je ne vais pouvoir les voir, les serrer dans mes bras…

Une voix venue de l’intérieur me coupe alors l’herbe sous le pied et me sort de mes rêveries.

(Ah Thror ! Toujours dans le passé… Oui toute ta famille, moi y compris, sommes passé dans l’autre-monde. Mais nous y passons tous forcément ! Reprend toi bordel ! C’pas un nain que j’vois là, juste une pucelle !)

Feu mon frère, ou plutôt son âme, a trouvé refuge dans mon corps quand il fut sur le point de mourir, sauvé, si l’on peut dire, par celle qui fut ma mère, décédant quelques secondes après… Bien que je me sois habitué à l’entendre parler dans mon esprit, j’éprouve toujours du mal à adopter sa vision des choses. Sur mes épaules pèsent le poids d’un honneur familial à préserver. Je suis l’unique représentant encore vivant de cette dernière. Alors oui, toute l’histoire funeste de ma famille me chagrine, je n’arrive pas à passer outre ces morts, toutes plus atroces les unes que les autres.

Pourtant aujourd’hui est un nouveau jour à affronter à bras le corps, alors je me décide à expirer un grand coup, demain avant de partir je pourrais de nouveau m’autoriser à y penser, pas avant.

(Tch. La ferme Jork, je sais c’que j’ai à faire.)

Je me décide donc à sortir pour affronter cette nouvelle journée qui promet d’être riche en massacre et en sang. Mon regard se braque droit devant tandis que je marche dans les rues bondées de Mertar, croisant des nains et naines hauts en couleur. Certains m’interpellent mais je ne daigne leur faire qu’un rapide signe de la tête, trop impatient de rejoindre la milice.

Je me trouve toujours dans la zone intermédiaire de la ville mais je rejoins rapidement la milice qui se trouve à l’exact opposé de ma maison. De braves gardes stationnent devant les portes de pierre et je les salue d’un air sérieux, les appelant par leurs noms respectifs. La milice est comme une grande famille, composée de frères d’armes et de pères protecteurs et je m’y sens bien.

J’aime à partager ces moments avec ceux à qui je confie ma vie, comme eux me confie les leurs également. J’arrive dans le hall quand une voix profonde tonne comme un éclair ! Un vieux nain boitant avec sa jambe de bois s’approche de moi et me rugit dessus.

« Thror !? Ton équipe est déjà aux portes d’la ville espèce de corniaud ! Ils vont chasser un groupe de sekteg qui rôdent un peu trop près des portes. D’nombreux marchands, et surtout, des compatriotes, s’en sont plaint, on va donc y mettre un terme ! Urge toi d’les rejoindre maintenant ou ma botte va s’retrouver coincée dans l’orifice qui t’sert à chier ! »

Je souris, bien que ma tête en dissimule le résultat mais mes yeux pétillent d’une joie sauvage quand j’entends les paroles d’cet officier et avant qu’il ne rajoute quoi que ce soit, me retrouve déjà dehors, courant à corps perdu en direction des portes de Mertar.

J’en ai besoin. Il me faut ma dose de violence, de sang. Je veux, comme à chaque fois, exulter d’une folie guerrière totalement jouissive et libératrice. Mon sang pulse énergiquement dans mes veines, devient brûlant. Je me sens déjà gagné par l’adrénaline et traverse comme un énergumène les rues de Mertar jusqu’à arriver en vue de l’arche de pierre qui abrite les lourdes portes.

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Chef : Qu'il y a-t-il de mieux dans la vie ?
Guerrier : L'immense steppe, un rapide coursier, des faucons à ton poing et le vent dans tes cheveux.
Chef : Faux ! Conan, qu'il y a-t-il de mieux dans la vie ?
Conan : Écraser ses ennemis, les voir mourir devant soi et entendre les lamentations de leurs femmes.
Chef : C'est bien.



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 Sujet du message: Re: Les Rues
MessagePosté: Dim 25 Sep 2016 14:17 
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Quand je sors de la milice, je me rends compte que ça va être la première fois que je vais explorer l'ancienne Mertar. Des frissons d'excitations parcourent mon dos tandis que je m'imagine déjà triompher de cette mission qu'on nous a délégué. J'espère vraiment être victorieux, que la gloire de mes actes rejaillissent sur ma famille et son honneur souillé.


(N'empêche, va pas être d'la tarte. Va falloir être meilleur que contre c't'orc, il t'as sacrément amoché ! )


(Et lui, il est mort. Maintenant ferme la Jork et ai confiance en ton frère. Je vais m'en sortir vivant et auréolé de gloire. Je vais restaurer l'honneur de notre famille. De nouveau on va parler des Rougebraise comme de nains forts et non plus des reclus.)

(J'attends d'voir !)

"Par Valyus, c'est plaisant d'te voir ragaillardi Thror !" s'exclame Hirsold, le trappeur du groupe d'une voix énergique.

J'entends distinctement et en même temps la voix de Jork dans ma tête et celle d'Hirsold et m'en trouve un peu confus, me laissant le temps de faire le tri entre les deux. Mon visage exprime la confusion la plus totale et je reste interloqué pendant quelques secondes avant d'me reprendre, d'un coup d'un seul.

"Et moi donc mon gars ! Y'a plus qu'à aller sauver l'gosse en passant par l'puits !" m'exclamé-je en retour.

Korben braille le nom de notre troupe, les Sangliers Furieux, et nous mène en direction de la grande salle, afin d'accéder à l'ancienne Mertar. Nous sommes tous déterminés et avançons d'un pas décidé. Les nains que nous croisons nous regardent et certains nous acclament même, sachant ce que l'on s'apprête à faire. J'entends des paroles d'encouragements et cela me fait chaud au palpitant. Je crie en retour qu'on va sauver l'garçon et trouver l'autre escouade. Qu'on va l'faire car on est des Nains.

Nous arrivons bientôt en vue du puits d'accès et Korben nous fait mine de nous arrêter avant de déclarer :

"Bon les gars, c'est l'moment d'montrer ce qu'on a dans les tripes ! Va y'avoir l'action, c'est sûr, mais on va c'qui faut ! C'clair ?!"

On hurle tous que oui et notre chef rigole à gorge déployée avant de se retourner et de marcher vers le puits, avec moi et les autres à sa botte.

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Chef : Qu'il y a-t-il de mieux dans la vie ?
Guerrier : L'immense steppe, un rapide coursier, des faucons à ton poing et le vent dans tes cheveux.
Chef : Faux ! Conan, qu'il y a-t-il de mieux dans la vie ?
Conan : Écraser ses ennemis, les voir mourir devant soi et entendre les lamentations de leurs femmes.
Chef : C'est bien.



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 Sujet du message: Re: Les Rues
MessagePosté: Lun 3 Oct 2016 19:05 
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- 1 -

Pas de grognement, pas de remarque désobligeante ; pas moyen non plus de déterminer, faute à la barbe qui lui couvre les traits, si le sergent est satisfait de la présentation du milicien ; cependant, les deux premiers signes plaident en faveur de cette hypothèse. Et cela emplit Gorim d’une certaine fierté : il y a encore une poignée d’années, il se prenait sans cesse une réprimande. Comme il aurait aimé avoir un de ces beaux miroirs qui luisent dans les boutiques, pour pouvoir s’exercer à un salut impeccable… Mais il n’en avait pas les moyens, alors faisait-il de son mieux face au mur. Avec des résultats à la clef, semble-t-il.

Son supérieur lui présente les choses en une économie de propos habituelle à la milice de Mertar : à ceux qui ne comprennent pas vite les tâches ingrates, aux autres on ne demande pas d’être des génies mais au moins de comprendre une poignée d’ordre quelque soit l’instant où ils sont lâchés, au coin d’une table comme au milieu d’une bataille. De toute manière, il n’y a pas grande chose à dire : des tonneaux ont disparu d’une taverne, et il faut les retrouver.

Après un nouveau salut tout aussi bien exécuté, Gorim rejoint sans attendre les rues, direction la taverne de l’Enclume Etincelante, où le forfait a eu lieu, et où il pourra trouver plus de renseignements auprès d’une serveuse, Karmina. La mission a un peu déconcerté le thorkin, même s’il s’est efforcé de n’en rien montré face à son aîné. Pourquoi lui confie-t-on l’affaire d’un simple larcin ? Des fûts de bière qui disparaissent, ce n’est pas vraiment ce dont rêvent toutes les recrues de prime abord… Alors, lui, qui a quand même quelques années d’expérience dans la milice, même s’il n’était pas autonome, encore moins.

Comme il arpente les rues de la cité, empruntant celles plus étroites et moins bien dallées et taillées, mais aussi moins fréquentées que les principales artères de Mertar, il lui vient soudainement un trait de lumière dans sa caboche épaisse, et se gourmande de n’avoir pas perçu plus tôt l’importance de l’ordre. (Ce n’est pas comme ça que tu deviendras sergent mon pauvre vieux…)

C’est évident ! Alors il force le pas, car le temps compte bien plus qu’il ne l’a imaginé. Voler des fûts c’est une chose, mais ponctionner une réserve destinée à une inauguration de galerie, c’en est une autre. Qui dit inauguration, dit fête ; qui dit fête, dit bière ; qui dit fête dit surtout thorkins influents qui ne manquent pas de venir entretenir leur prestige et les liens avec les différentes familles, et leur clientèle. Alors si la bière vient à manquer, cela passera pour un incident mineur, on boira de l’hydromel, et sans doute mangera-t-on tout de même à satiété. Mais il se trouvera tout de même quelques mauvais plaisants pour venir rappeler que dans une fête sous le patronage de tel thorkin, au banquet la bière a manqué. D’autres se feront le relai de rumeurs sur le mauvais état des finances, le peu de cas dont il est fait de la galerie creusée. Des honneurs seront égratignés. Un rien suffit pour que le sang s’échauffe au moins assez pour qu’un nain qui a l’oreille des puissants vienne pousser une gueulante aux têtes de la Milice. Et toute gueulante redescend vers la base, amplifiée par le mécontentement des relais d’avoir été houspillés.

Passant devant une échoppe où fument encore des pâtés en croute sortis du four, Gorim réprime une soudaine fringale. La gourmandise est un défaut qui peut lui coûter cher, à commencer par l’ajustement de sa cotte de maille. Il sera toujours temps de prendre du ventre une fois installé à un poste plus adapté pour filer vers la retraite. La brioche leste beaucoup trop un milicien dans son ascension hiérarchique. Alors il se contente d’adresser un sourire à la thorkine qui assure la vente, et un clin d’œil une fois qu’elle l’a remarqué. Sans se démonter, elle lui sourit en retour. Ce qu’il aperçoit également, ce sont les sourcils froncés d’un frère trop protecteur ou d’un fiancé jaloux, occupé au four en arrière-boutique mais conservant un œil sur l’étal et la vendeuse.

(D’ici ce soir il me faut une piste, quelque chose à inscrire dans mon rapport. Pas moyen de rentrer bredouille… Au pire je veillerai…)

Ne pas vendre la peau du brok’nud avant de l’avoir tué… Solidement fixée à deux barres d’acier scellées dans le roc, l’enseigne caractéristique de la taverne apparaît au détour d’une rue : une enclume cuivre martelé, entourée d’étoiles de même métal figurant des étincelles, quotidiennement astiquée pour lui donner cet éclat à la lumière.


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 Sujet du message: Re: Les Rues
MessagePosté: Sam 8 Oct 2016 10:48 
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Le plus court chemin entre deux points, c’est la ligne droite. Cela vaut peut-être pour les habitants de la surface, mais à Mertar, cet adage semble avoir été ignoré de tous les bâtisseurs. Ou, plutôt, quand bien même auraient-ils voulu s’y conformer, des obstacles par dizaines ont transformé leur ambition en sinuosités sans nom. A commencer par la roche : pas moyen de la tailler comme on le souhaite, elle n’est pas une couche uniforme, ni toujours solide, avec ses particularités tous les tunneliers doivent composer, d’autant qu’une mine c’est encore autre chose qu’une cité où les bâtiments et la vie vont se déployer. Les questions de propriété se posent également, à un moment donné, de responsabilité aussi : qui peut creuser là, et pourquoi ? La chicane n’est pas hors les mœurs thorkines, et voilà encore une bonne raison pour aller de travers plutôt que de risquer des années d’embrouilles afin d’aller droit. Ajoutez à cela des générations successives pas toujours au fait du plan des anciens, ou pas toujours d’accord, c’est selon, des ouvrages de maçonnerie venus clore, des remblais pour combler, de nouvelles voies pour aménager, et vous obtenez ce qu’à Mertar les naïfs appellent « rues ». Et encore, personne ne prend vraiment en considération les tunnels abandonnés, les voies sans issues, les divers labyrinthes dépeuplés qui contiennent toutefois des raccourcis précieux pour qui les connaît à fond.

Gorim a beau avoir patrouillé pendant quelques années sous la férule de supérieurs bien au fait des mystères des galeries, être né sous la montagne, avoir participé à des ballades improvisées avec les gamins de son âge, s’être perdu plus d’une fois, il ne peut pas se considérer comme un expert. Rallier les différents postes de garde de la milice, il s’en tire sans peine, notamment aidé par les runes taillées à même la roche par les miliciens, jalons auxquels il est toujours possible de se fier, mais surtout par l’expérience. En revanche, pour trouver la demeure de tel ou tel sergent, c’est une autre paire de manches. Plus d’une fois, il doit s’arrêter, demander son chemin, ou tout simplement retourner à une artère plus fréquentée pour s’orienter, quitte à faire un détour.

Il a commencé par les postes de garde, pour être certain de ne pas manquer ceux qui s’y trouvent encore en faction, et ne pas risquer de devoir allonger outre mesure ses pérégrinations dans les quartiers résidentiels. Malheureusement, si les souvenirs de la patrouille sont encore frais dans la mémoire des principaux concernés, rien de bien particulier ne s’est imprimé dans leur mémoire. Le quartier sur lequel donne la porte de la cave de la taverne leur est familier, aussi peuvent-ils assurer n’avoir pas remarqué de chariot chargeant à la va-vite des fûts de bière. Seulement, ils n’ont pas été présents toute la nuit, et ne peuvent assurer que rien ne s’est passé. Il faut voir le reste avec les collègues.

(Eh merde, à ce rythme là, va me falloir de nouvelles semelles avant la fin de l’année.)

Dur au mal, l’archer de la milice n’est pas du genre à se plaindre. Surtout depuis qu’il a compris que c’est encore le meilleur moyen de se prendre une corvée de latrines, ou quelque autre tâche ingrate. Mais il ne voit pas de raison d’éprouver outre mesure sa résistance. Ce n’est pas une pause qui va entraver son enquête à ce stade. Autant avoir l’estomac calé pour réfléchir à plein. Un milicien repu est un milicien autrement plus efficace. Les raisons ne manquent pas pour justifier son arrêt chez un boulanger. Les fournées sont déjà cuites depuis longtemps, les prochaines lèvent encore, mais commerçant comme bien d’autre, il met à cuire dans son four, lentement, des jarrets de porc dans des terrines. La viande est grasse, fondante, s’effiloche sous le couteau, idéale pour garnir une large tranche de pain. Avec ça, une rasade de bière conservée dans un recoin plus frais de la boutique, et c’est le bonheur provisoire.

(Me manque plus qu’une réponse…)

Les autres miliciens qu’il dérange chez eux ne peuvent cependant pas la lui apporter. Au terme de cette escale par la Milice, et de ce long détour par les tunnels, il n’est guère plus avancé, sauf à considérer qu’une hypothèse invalidée restreint le champ d’investigation.

(Ils ne sont pas passés par la rue… mais ça ne me dit pas où ils sont passés… Ni ce qu’ils ont fait, ni qui a fait ça… Alors c’est ça, les missions de la milice ? Et pourquoi pas courir après un troupeau de chèvre qui a quitté son enclos… Ca doit se faire, je parie… Valyus m’en préserve…)

Cette courte imploration machinale lui renvoie à l’idée qu’il n’y a peut-être pas de dieu pour les miliciens…


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 Sujet du message: Re: Les Rues
MessagePosté: Sam 15 Oct 2016 16:00 
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Alors Gorim est retourné à l’Enclume Etincelante. Armé d’un balai, peu digne de sa fonction selon ses critères, il sondé le plafond de la cave là où il lui semblait que l’architecture trahissait une ancienne fonction de communication. Une dalle plus large, proche d’une paroi de la cave, ayant deux piliers à ses deux angles opposés, rendait un écho différent. Les soupçons et un son étrange d’une pierre ne suffisent pas à lancer les gardes de la milice dans une boutique. A Mertar comme ailleurs, les thorkins censés imposer l’autorité n’aiment guère passer pour des andouilles face à un attroupement de badauds goguenards. Parce qu’il les a déjà déçu – du moins l’a-t-il interprété ainsi – Gorim ne tient pas à faire un rapport si mince à ses supérieurs. Il hésite sur la manière de faire, tergiverse. En mettant la main sur du matériel, quelques bras solides, il pourrait de la cave soulever la dalle qui clos l’ancien puits, peut-être parvenir à la basculer, se faufiler. Ce qu’il y a de l’autre côté, il l’ignore cependant : des remblais qui ne demandent qu’à retomber, un ouvrage mal étayé, un piège peut-être. Risquer de fragiliser une construction, menacer des vies, tout cela ne sera pas pour plaider en sa faveur. Aussi garde-t-il pour lui sa découverte, et s’en retourne-t-il dans les rues, non sans essuyer une pique de Karmina.

(Elle se moquera moins lorsque j’aurai résolu l’affaire… Ou peut-être pas…)

La première chose à faire maintenant est de trouver de quoi accréditer la thèse de la complicité du marchand. Ou tout du moins de sa participation involontaire au projet en prêtant sa boutique. Aidé des souvenirs des plans des archives, et surtout de la bonne volonté des quelques habitants du coin qui daignent lui fournir les indications qu’il demande, Gorim parvient à trouver la boutique du cordonnier. Ce dernier n’est pas présent, ou tout du moins feint de ne pas l’être. Les fenêtres sont closes par de lourds panneaux de bois, la porte fermée à double tour, rien ne l’ébranle, pas même les coups répétés du milicien qui, pour donner le change, s’est à demi arraché une semelle de botte et réclame un service à l’artisan d’une voix tonitruante. Dans la rue, les passants lui jettent quelques regards réprobateurs, ce dont il n’a cure. Tout ce qu’il souhaite, c’est ne pas attirer l’attention d’un observateur du clan Bélier-Noir par un comportement suspect, c’est-à-dire un comportement d’enquêteur. Autant passer pour un empoté emmerdeur, le profil type du milicien dont tout le monde se moque sans se méfier. Il se demande s’il y réussit.

Non sans manifester à grands renforts de jurons sont mécontentement – à demi feint, car il doit vraiment marcher avec une semelle qui baille – Gorim s’en va poser quelques questions chez les voisins, pour savoir s’il serait possible de faire réparer sa botte chez ce cordonnier, s’il n’allait pas tarder à revenir. Tous rendirent le même son de cloche. La boutique a fermé il y a environ deux semaines, il y a eu des allers et venues, comme des travaux, mais personne ne sait rien de plus précis. Les plus audacieux dans leurs hypothèses vont même jusqu’à avancer que la boutique a été vendue, car il n’était guère bon dans son métier, et avait accumulé des dettes : un nouvel artisan devrait s’installer sous peu, peut-être un menuisier, ou quelque chose comme ça, car il y avait eu du mouvement, du matériel amené.

(Ca vaut ce que ça vaut… Cette porte, il va falloir la défoncer de toute manière… Et j’aurai l’air bête de me lancer comme ça.)

Trainant la patte d’une manière que quelques enfants s’amusèrent à imiter derrière lui à un coin de rue, Gorim s’en retourne à la milice, pas tout à fait satisfait de lui-même, espérant trouver encore de quoi ressemeler sa botte dans la salle commune.


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 Sujet du message: Re: Les Rues
MessagePosté: Jeu 16 Mar 2017 19:51 
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Chapitre XIV.2 : Enfouir ses sentiments dans la Cité enfouie




La charrette faisait résonner ses roues sur les dalles de pierres qui pavaient le large tunnel reliant la grande porte à la ville elle-même. Ces dalles étaient d'un gris clair, les fins interstices entre celles-ci étaient comblés par un matériau légèrement plus sombre, que Cherock ne su identifier. Néanmoins, leur agencement parfaitement régulier imposait le respect, aucun pavé déchaussé, ou de travers.

S'arrachant à sa tristesse, le jeune mage contempla l'ouvrage des nains et ne put qu'admirer le tour de force de ces derniers pour construire dans une montagne un tunnel aussi large et aussi lisse. Les parois du tunnel semblaient comme polies par un artisan ayant travailler l'ensemble de l'ouvrage d'un seul tenant. Le tunnel allait en s'élargissant, la lumière se faisait de plus en plus vive, étouffant peu à peu celle des torches placées dans les niches du tunnel.

« Ce tunnel est incroyable ! Vous les Thorkins avez vraiment creuser tout cela ?

- Tu t'étonnes pour si peu gamin ? Attend d'voir la Grand' Place au bout du tunnel, t'vas pas en croire tes yeux ! »

Le nain avait répondu sur un ton encore un peu colérique, mais avait retrouvé un certain soulagement à retrouver sa ville natale.

« En parlant d'la grande place, la v'là… Bienvenue à Mertar gamin, cité des fiers Thorkins !

A suivre…

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 Sujet du message: Re: Les Rues
MessagePosté: Jeu 16 Mar 2017 20:31 
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Chapitre XV.2 : Un humain dans la Ville



Les deux jeunes humains marchaient au milieu d'une foule de nains, et c'est ce qui les perturba en tout premier : mesurant en moyenne 40 bons centimètres de plus que les habitants des lieux, ils voyaient l'autre bout de la rue sans soucis ! Cette démarcation ne passa pas, bien entendu, inaperçu les Thorkins les dévisageant pour la plupart. En particulier le mage et ses yeux vairons, mais il n'en avait cure, habitué à être un sujet de curiosité. Hïo était plus intimidé par tous ces regards, parfois menaçant.

La foule progressait dans des tunnels propres, dallés et éclairés par de nombreuses torches dans des alcôves de par leur position élevée dans la ville, où la population plus aisée avait les moyens de les entretenir pour leurs déplacements quotidiens.

Des indications, gravées à même la paroi des couloirs, indiquait à ceux qui le voulaient les différents points névralgiques de la ville, comme la Grand' Place, la Salle du Conseil des Longues Barbes, ou encore l'entrée du puits de mines. Les deux amis décidèrent de prendre le boyau menant à la grand' Place, et alors que la colonne de lumière solaire commençait à illuminer le tunnel, la devanture d'une boutique attira l'attention du mage, une vieille enseigne pendait au-dessus d'une porte tout aussi vieille mais bien entretenue. En s'approchant, Cherock lu à la lumière des flambeaux : ‘' Le bazar Magique ‘'.

« Hïo regarde ! Une boutique magique ! Ca ne te dérange pas de m'accompagner dedans ?

- Pas de soucis mon vieux, mais par contre quand on passera devant une forge tu ne me refuseras pas une petite visite ! »

A suivre…

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 Sujet du message: Re: Les Rues
MessagePosté: Lun 20 Mar 2017 13:36 
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Chapitre XVI.2 : L'assassin



« Drôle de type. » murmura Hïo à son ami alors qu'ils sortaient dans la rue, qui étaient un peu moins bondée, mais toujours pleine d'activité.

« Bien, maintenant partons à la recherche d'une forge, c'est pas ça qui doit manquer dans le… Eh ! Ma bourse ! » cria le jeune forgeron. Un thorkin vêtu d'une cape à capuche grossière brune venait de le percuter, lui rentrant dedans et cherchant à le délester de sa bourse. Malheureusement, le nain était un bien piètre voleur, aussi le fit-il sans arriver à passer inaperçu et pris instantanément la fuite, son butin dans la main.

« Arrête toi fumier ! » hurla Hïo en se lançant à sa poursuite, ses longues jambes peinant à se mouvoir dans la foule de nains, au même titre que Cherock sur ses talons. Le voleur, au contraire, se mouvait facilement dans la masse de ses congénères, jouant des épaules et n'hésitant pas à en faire tomber certains qui se trouvaient sur son passage, provoquant des cris indignés et de violentes vociférations.

Le nain voleur sembla sur le point de les semer lorsqu'il tourna dans un boyau bien mal éclairé et désert, essayant peut-être de les semer dans le dédale des tunnels. Cependant, dans ces tunnels peu fréquentés, les longues enjambées des humains entrèrent en ligne de compte et eurent tôt fait de rattraper le fuyard.

« Je te tiens mon salaud ! »
cria Hïo alors que sa main se rapprochait de la cape du nain.

Soudain, celui-ci s'arrêta brusquement et se retourna. Caché au début par les pans de la cape, un éclat d'acier brilla dans l'obscurité, ratant d'un cheveu le bas ventre du forgeron aillant freiner juste à temps.

« Tss, t'aurais pas pu me laisser te toucher ? Ca t'aurait évité bien des douleurs inutiles mon petit Hïo… »


Devant un Cherock et un Hïo incrédule, la capuche s'abaissa sur un visage malheureusement connu et familier. Jouant avec une dague d'acier crantée bien trop aiguisée, Noruk les regarda d'un regard chargé de mépris à la lueur des rares torches présentes.

« Maintenant, je vais devoir forcer mon talent pour vous trancher la gorge… Chiens de Rana, vous allez crever ! »


A suivre…

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Dernière édition par Tergeist le Jeu 23 Mar 2017 23:54, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Rues
MessagePosté: Jeu 23 Mar 2017 23:52 
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Chapitre XVII : A couteaux tirés


Choqué, Hïo ne semblait pas comprendre que la personne qui le menaçait de sa dague était le même que celui avec qui il avait voyagé deux longues semaines durant.

Cherock, lui, en était bien trop conscient, aussi réagit-il assez vite pour faire esquiver un second coup de lame à son ami en le tirant en arrière, le faisant chuter sur le sol. Il tira ensuite sa propre lame et profita de son allonge pour tenir en respect leur agresseur.
« Oh, joli réflexe petit mage, mais ça ne vous sauvera aucunement ! » dit le Thorkin en se jetant sur le mage, déviant facilement ses grands moulinets.

« Hïo ! Tire-toi de là et va chercher de l'aide ! hurla le fulguromancien en sautant sur le côté pour esquiver un coup de dague qui déchira sa tunique.

- Mais… Je peux pas te laisser tout seul ! Tu vas te faire tuer !

- Arrête tes conneries et vas-y ! j'arriverai sûrement à le contenir le temps que la garde arrive, mais dépêche-toi ! »

Le jeune forgeron retourna donc sur ses pas chercher de l'aide, ses grandes enjambées l'éloignant rapidement du nain tueur.

« Pas grave, je m'occuperai de lui plus tard… Devant les gardes, ce sera la parole d'un Thorkin contre celle d'un étranger ! Maintenant, à ton tour… » déclara sombrement Noruk en faisant siffler sa dague crantée dans l'air avec de rapides mouvements du poignet.

(Au corps à corps, je n'ai aucune chance. Et ma magie n'est pas encore assez puissante pour lui faire suffisamment de dégâts ! Réfléchis… Réfléchis…)

Cherock observa ce qui l'entourait, cherchant quelque chose qui pourrait l'aider à tenir face à nain belliqueux. Il repéra deux caisses éventrées le long d'une porte de ce qui semblait être une arrière-boutique. L'une d'elle contenait des barres de fers mal dégrossies. (Peut-être des tisonniers ?) se demanda-t-il, la pénombre ne permettant que de refléter vaguement la lueur des rares torches sur le métal. Une pile de vieux pavés déchaussés gisait contre un mur sur sa droite, à deux pas du trou dont ils avaient probablement été extraits. Enfin, un tonneau fermé était posé devant une torche une vingtaine de mètres derrière Noruk, inaccessibles donc.

Le Thorkin lança soudainement un assaut sur Cherock, fendant l'air avec une surprenante agilité pour un être aussi massif. Il esquiva d'une rotation du bassin et de sa main gauche armée essaya d'atteindre le nain pendant son saut : il n'eut aucun mal à dévier la trajectoire de l'épée courte avec son poignard. Une fois de nouveau en position de combat face à son adversaire, l'assassin inversa sa prise sur son arme car bien décidé à éviscérer sa cible d'un coup au bas ventre.

Le combat continua, unilatéral : pendant une trentaine de secondes le nain fit crouler le jeune humain sous un barrage de coups, profitant de sa petite taille pour lui infliger nombre d'estafilades à travers ses chausses. Cherock essayait de répliquer, mais ses faibles connaissances en maîtrise des armes ne lui permettaient pas d'atteindre son assaillant; de plus, il était bien trop occupé à esquiver les coups pour pouvoir faire appel à sa magie.

Les choses ne s'annonçaient pas bien pour Cherock, surtout lorsque se ramassant sur lui-même, le nain se détendit brusquement pour se propulser sous la garde de sa cible. S'il put éviter la dague, le mage fut renversé par Noruk et se retrouva étendu sur le sol. La lame à la main, il essaya de porter un coup à son adversaire situé au-dessus de lui mais celui-ci d'un coup de talon écrasa son avant-bras, le clouant au sol. Un coup de pied éloigna de sa main l'épée lâchée sous l'effet de la douleur tandis que le traître Noruk s'installait au-dessus de son adversaire sans défense. Il immobilisa son poignet droit avec sa main gauche, son genou gauche sur la poitrine et son pied toujours sur l'avant-bras de Cherock.

« Tss tss tss… Mon pauvre Cherock, ça me coûte de voir que Valyus ait accordé sa bénédiction à un serviteur de Rana tel que toi.

- Je… Vénère… Autant Valyus que… N'importe quel Thorkin, tu le sais bien ! gémit le mage, observant le visage de Noruk à contre-jour de la torche située juste au-dessus.

(Le combat nous a déplacé contre le mur… Merde, si seulement je pouvais attraper cette torche, la faire tomber !)

- Peut-être un Thorkin lambda, mais pas autant qu'un Enragé de Valyus !

- Un Enragé… de Valyus ? »

Le regard fou, Cherock cherchait désespérément un moyen de se sauver de l'emprise d'acier qu'exerçait son agresseur. Son épée était hors de son champ de vision, seules restaient les caisses éventrées.

(Avec ma main valide, je pourrais essayer de l'électrocuter, mais il verrait les éclairs affluer et me tuerait sur le coup ! Il me faut autre chose… Ma magie... )

Les caisses éventrées... Les tisonniers… Les tisonniers en métal… en métal ?

(Mais oui !)

Concentrant une partie de son fluide dans sa main, le mage essaya de déplacer le tisonnier jusqu'à lui. Celui-ci bougea, mais que très légèrement.

« Nous sommes les dévoués fidèles de la cause de Valyus, directement placés sous les ordres de l'Exarque, dirigeante suprême du culte de Valyus ! »

Le tisonnier bougeait, mais bien trop lentement pour Cherock, qui sentait que le nain n'allait pas s'étendre en paroles sur son organisation.

« Mais bon… Tu n'as pasbesoin de savoir tout ça, tu vas crever ! » hurla-t-il, brandissant haut sa dague dans la main droite.

Désespéré, Cherock investit d'un coup plus de fluide dans sa tentative de déplacer le tisonnier, ne cherchant plus à l'attirer vers lui, mais à l'envoyer directement sur son agresseur.

Miraculeusement, quelque chose se produisit. Sous la volonté du fulguromancien, la barre de fer fendit les airs comme mût par une volonté propre, traversant l'espace entre la caisse et les deux combattants pour s'écraser… Un bon mètre derrière le Thorkin, faisant tomber la torche de son applique murale au passage. Si le projectile ne toucha pas sa cible, il eut au moins le mérite de surprendre Noruk qui suspendit son geste et se tourna pour voir d'où venait le bruit.

En se tournant, les appuis du Thorkin changèrent, diminuant la pression exercée sur son bras gauche. Profitant de l'occasion, le fulguromancien dégagea sa main et la colla sur le visage du nain qui se retourna. Pouce sur l'arrête du nez, index et majeur tendu contre la tempe, la lueur de l'œil bleu de Cherock se refléta dans les yeux effrayés du nain alors qu'il réunissait ses dernières brides de fluides.

« Prend ça ! »

Le fluide de foudre traversa le bras de Cherock, atteignit le bout de ses doigts et frappa le côté de la tête, provoquant un cri de douleur chez l'assassin qui chuta en arrière, se tenant le visage entre les mains. Cherock en profita pour se relever et attraper le tisonnier à ses pieds. Il se tourna vers un Noruk étourdi qui eut seulement le temps de voir sa cible armé son coup, tisonnier agrippé à deux mains dans son dos.

« Ca, c'est pour les jumeaux. »

Le coup parti et frappa cette fois à la tempe droite, assommant le nain qui tomba mollement sur les pavés de la ruelle avec une vilaine plaie sur le côté du crâne.

Au même moment, c'est un Hïo inquiet masse à la main qui déboula dans la rue accompagné de 4 gardes nains armés de hallebardes. En voyant un humain armé d'un tisonnier ensanglanté debout devant un corps de thorkin manifestement inconscient -voir pire-, ils firent ce que n'importe quel garde aurait fait : ils menacèrent de leurs hallebardes le jeune mage.

« Eh toi ! Lâche ton arme tout de suite !

- D'accord très bien… répondit calmement Cherock en déposant le tisonnier à terre.

- Oser agresser un Thorkin dans les niveaux supérieurs de Mertar ! Tu ne doutes vraiment de rien humain !

- Non attendez ! cria Hïo, ce n'est pas lui, c'est mon ami ! C'est Noruk qui a essayé de nous tuer !

- Noruk ? Noruk le marchand ? demanda un garde en approchant un peu plus sa torche pour éclairer Cherock et le nain évanoui. Eh, mais je te reconnais toi ! Tu es arrivé avec Brumal hier !

- Oui c'est tout à fait ça, vous vous êtes le garde qui était de faction à la porte, Amtar… ?

- Aitar, corrigea celui-ci.

- Aitar, Noruk le marchand nous a attaqué après nous avoir attiré dans une ruelle en nous volant une bourse. Et il n'avait rien de très amical… dit le jeune humain en montrant la dague maculée de sang dans la main du nain et ses coupures aux jambes.

- Très bien… Si ce que vous racontez est vrai, il a certainement beaucoup à nous dire… Suivez-moi, nous allons voir ce qu'il sait. »

Deux gardes soulevèrent le nain et le traînèrent à la suite de Aitar à travers la foule de la rue principale, foule qui s'écarta devant ce curieux spectacle. Le cortège se terminait par Hïo soutenant Cherock pour l'aider à marcher, étant épuisé et blessé aux jambes, surveillés par le quatrième garde.

Au bout de quelques minutes de marche, les gardes s'arrêtèrent devant une solide bâtisse de plusieurs étages, entourée d'une petite enceinte.

Cherock entendit alors le bruit familier du bois d'armes d'entrainement s'entrechoquant, comme au terrain d'entrainement d'Oranan. La déclaration de Aitar fit écho à ce souvenir.

« A défaut de pouvoir atteindre le poste de garde qui se trouve un peu trop loin, nous utiliserons ce bâtiment pour l'interrogatoire et pour soigner vos blessures.

Bienvenue à la Milice Mertarienne ! »


A suivre…

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 Sujet du message: Re: Les Rues
MessagePosté: Ven 7 Avr 2017 00:36 
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Chapitre XVIII.2 : Folie ?



Cherock et Hïo sortirent de la milice et demandèrent le chemin pour rejoindre la Grand' Place au soldat de faction, qui leur indiqua la rue à prendre pour accéder à la rue principale qu'ils avaient prises la veille.

« J'arrive pas à croire que Noruk nous ai trahi comme ça…

- Et pourtant mon vieux, c'est bien lui qui a essayé de nous étriper. Je viens d'y penser, mais c'est peut-être lui aussi qui a déclenché l'avalanche dans le Col.

- Comment ce serait possible ? Il était avec nous dans le convoi ! riposta son ami surpris.

- C'est vrai, mais nous parlons quand même d'un Thorkin qui a sciemment coupé sa langue avec les dents pour ne pas livrer d'informations : il est sûrement fou à lier et prêt à se sacrifier pour nous emporter avec lui dans la tombe.

- Mmmh. Pas faux. Même si cela n'explique pas comment il aurait bien pu la déclencher… »

Alors que les deux amis se plongeaient dans une profonde réflexion sur la raison pour laquelle un tel groupe en avait après eux, Cherock s'arrêta devant une maison qui sortait de l'ordinaire. Elle était un peu plus encaissée dans la paroi que les autres et des tuiles multicolores détonnaient également dans les habitations aux couleurs d'habitude plus discrètes, preuve d'une excentricité du maître des lieux… Ou d'une folie plus vraisemblable.

Le fulguromancien se rappela alors des paroles de Brumal, du vieux diacre à moitié fou qui avait soi-disant trouvé quelque chose sur les dragons de foudre de la légende.

La maison qui se trouvait actuellement en face de lui était sans nul doute la sienne, fidèle à sa description.

Bien que très délabrée..)

« Hïo, tu veux bien me rendre un autre service ? »

A suivre…

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