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 Sujet du message: Re: Les habitations de Mertar
MessagePosté: Ven 26 Juin 2015 15:22 
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La seconde vague

« Allez me chercher des cordes que j’attache ce vaut-rien au lieu de rester là à rien foutre. »

Böl alla chercher des liens pour éviter que notre « nouvel ami » ne s’enfuît à son réveil, pendant que je commençai à le fouiller. Maintenant qu’il était inconscient, je pouvais enfin voir le visage d’un de nos agresseurs, qu’ils dissimulaient auparavant sous leurs capuches noires. Je fus plutôt déçu. Il avait un visage des plus banals pour un thorkin. Une barbe noire épaisse, une chevelure aile de corbeau mi-longue, deux sourcils broussailleux surplombant ses yeux clos, et un nez épaté que mon coup n’avait pas arrangé. J’entrepris de lui enlever sa cape pour m’assurer qu’il ne cachait aucun objet. En dessous de celle-ci, il portait une simple chemise en laine grise à laçages. De nouveau, rien de particulier sinon son manque de couleurs.
Mon oncle revint armé d’un rouleau de corde de chanvre.

« Enlève-moi sa chemise, Woder. Je vais le ligoter. »

Je m’exécutai et déshabillai l’individu. En enlevant sa chemise, je vis cependant enfin un détail qui pourrait le démarquer des autres nains. Sur son épaule gauche se trouvait un symbole que je n’avais jamais vu avant. Il représentait une sorte de scorpion stylisé dans un style qui n’avait rien à voir avec l’art thorkin. Je fixais le pictogramme pendant que Böl commençait à nouer les membres de notre captif. Nos agresseurs avaient agis en groupe, trouver la signification de ce tatouage nous mènerai peut-être au terrier de ces minables.
Perdu dans mes pensées, je me risquai à demander :

« Ne devrait-on pas le livrer à la milice ? »

« La milice ? Tu veux dire cette bande de bras cassés qui n’est pas foutue de chasser les sektegs qui profanent les halles de nos ancêtres dans l’ancienne Mertar ? Pouah ! Tu as peut-être la barbe d’un guerrier thorkin, fils, mais tu n’as pas la moitié de la jugeote de ta mère. »

J’ignorai la pique de mon père. L’éducation thorkin nécessitait de fréquente agressions envers le jeune nain, verbales le plus souvent, mais physique aussi parfois. Ainsi, le néophyte se constituait une véritable carapace au fil des années. Bien que sois à présent adulte, Thròr avait gardé cette habitude. Il ajouta :

« Non, Woder. Cette affaire ne concerne que notre clan. Il n’incombe qu’à nous de la régler. »

Après cela, nous déplaçâmes l’individu à présent ligoté dans une des nombreuses salles vides de la troglodyte. Il resta dans les vapes, avachi par terre comme un tas de gravats, une bonne partie de la soirée. Nous attendions qu’il se réveille, dans l’espoir qu’il nous apporte des explications aux derniers événements. La tâche de le veiller m’avait échue.
Soudain, sa sale trogne remua un peu, ses paupières clignèrent quelques instants avant de s’ouvrir. Il reçu immédiatement ma main dans la face.

« Quel est ton nom ?» lui aboyai-je.

Il ne répondit pas, ma main vola une seconde fois dans sa figure.

« Qu’est-ce que tu nous veux ? »

L’énergumène me sourit cette fois-ci. C’est mon poing qui vint lui rentrer dans le faciès.

« Mais tu vas répondre ? »

Ce sombre crétin restait toujours silencieux, affichant un sourire sarcastique à donner des envies de meurtre. Je l’attrapai par la mâchoire, bien décidé à lui arracher cette expression du visage, quand je fus tout de suite refroidi. Cet imbécile avait la langue coupée. Il me serait impossible de lui arracher la moindre réponse. Voilà qui, au moins, expliquait son sourire. De colère, je lui défonçai le nez d’un coup de poing, avant de le laisser là.

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 Sujet du message: Re: Les habitations de Mertar
MessagePosté: Lun 31 Aoû 2015 11:09 
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La richesse s'affiche

Daemon est surprit par le luxe de la demeure. Un grand hall richement décoré les accueille, des haches et des marteaux sont exposés sur les murs à la lueur des torches. Un vaste tapis se déroule jusqu'à une grande porte entre-ouverte. Avec ses airs bourrus, son comportement de cochon, il n'imaginait pas que son petit compagnon de voyage était de la haute.

« Ne t’avises pas de toucher quoi que ce soit. Contente-toi de me suivre, d’être silencieux comme une carpe et de faire ce que j’te dis. »

Korben appel son paternel, Thôrond « Ours qui gronde », se souvient Daemon. Ils se dirigent vers la porte au fond et pénètrent dans un salon. Son père, une copie avec quelques années de plus, est assit sur un gros fauteuil et sirote une bière. Il se retourne et déclare de surprise :

« Tiens Korben ! T'es d'retour ! »

Avant d’aborder le fanatique d'un coup d’œil rapidement détourné. Daemon commence à s'habituer à cette rengaine.

« Qui t'accompagne ? »

« Il se nomme Daemon, un semi-efle. »

Dit-il en butant sur ses derniers mots, il se penche ensuite vers son père et chuchote quelque chose d'inaudible pour Daemon. Thôrond hoche la tête d'un air amusé et se tourne vers son invité avec l’œil pétillant.

« Dans ce cas bienvenue ici Daemon ! »

Il ne sais pas vraiment quoi penser de se rapide changement d'attitude. Il se contente de saluer timidement, avant d'observer la pièce en détails avec un air niait. L'ours affiche de grand yeux ronds en reportant son attention sur son fils. Apparemment, il ne remarque que maintenant l’œil manquant.

« Si vous voulez bien nous excuser un instant.»

Il bredouille et embarque Korben dans une pièce adjacente.

« Touche à rien ! ».

Daemon attend un certain temps, il observe les décorations, les trophées de famille. De nombreux portraits sont affichés au mur, une vrai galerie de poils. Korben revient ensuite avec une choppe à la main pour déclarer :

« J’ai des choses à régler avec mon père, va visiter notre superbe cité. »

Daemon tourne les yeux au ciel en signe de dégénérescence.

« D'accord, je vais trouver une auberge en ville. »

« Vas à la Marmite d'Or et je t'y retrouverai demain. »


L'aventurier spéléologue

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 Sujet du message: Re: Les habitations de Mertar
MessagePosté: Mar 23 Fév 2016 00:34 
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Je pénètre une grande salle richement décorée, aux murs sont accrochés divers trophées, souvenirs d’une gloire passée, d’autres encadrent le foyer d’une cheminée prodiguant chaleur et bien-être. Quelques bas fauteuils sont disposés face au feu grondant et crépitant, je m’imagine déjà… Confortablement installé dans l’un d’eux, fumant la pipe et écoutant les récits relatant moult actes héroïques.

Nibelung nous invite, Gaudium et moi, à prendre nos aises, le chevalier de par sa grande taille éprouve beaucoup de mal à trouver chaussure à son pied et s’admet finalement vaincu, s’installant sur le sol à même le cul. Je regarde le pauvre gigoter et me calle quant à moi dans le fauteuil le plus proche, profitant de l’attente pour plonger mon regard dans l’âtre incandescent.

Nibelung revient peu après, il est équipé d’un épais plateau sur lequel est disposé plusieurs chopes. Chacun de nous en prend une et trinque avec les autres, en se regardant dans les yeux comme insiste de concert Nibelung et Gaudium. Ce dernier, dans un langage qui m’est inconnu, entonne une mélopée. Je ne comprends rien, pourtant… Je sens cette énergie me traverser, la musique m’envahit comme le ferait un fluide et embrase mes sens.

Gaudium termine par une note grave et s’assied, pressant ma jambe silencieusement. Je comprends que mon tour est venu de rendre un hommage. Le nain me fixe, l’air d’attendre. Je me racle la gorge, essaie tant bien que mal de trouver quelque chose mais n’ayant guère d’idée, improvise, laissant l’inspiration venir petit à petit.

« Je ne connaissais aucun de ces valeureux guerriers, ni de nom, ni de réputation. Pourtant je sais, je sens, ô combien ils étaient respectables. Eux qui bravaient les dangers au jour le jour afin de sauver les miséreux et les notables. Leurs âmes d’héros seront accueillis par Phaïtos, renaîtrons, de nouveau ils pourront fouler la terre et j’espère qu’alors, je pourrais avoir l’honneur de faire leur connaissance. »

Le nain incline sa tête et je comprends que c’est à son tour. Il commence par citer chacun des défenseurs dans une litanie mortuaire, la main placée sur le cœur. Il termine en hurlant et bois cul sec la boisson, Gaudium l’imite et d’une traite termine sa chopine.

Ils me zieutent alors, je jette un regard anxieux sur ce liquide ambré, peu habitué à l’alcool nain. J’en bois une petite gorgée pour adapter ma gorge mais tousse aussitôt avec violence. J’ai l’impression qu’un feu liquide se déverse le long de ma gorge, ce tord-boyau doit être vraiment fort pour me faire un effet si intense.

Nibelung rigole et me dit :

« Hormis ce défaut pour vider la boisson, nous avons pu faire un vibrant hommage à mes camarades. Merci… mes amis. »


Je lui rends un sourire chaleureux et en me pinçant le nez, termine mon bock, ça m’arrache un haut le cœur mais je suis parvenu à finir, c’est l’important. Le nain repart dans un rire bruyant, frôlant celui d’un cochon avec ses grognements avant de se ressaisir et de nous faire signe de nous approcher du feu.

Pendant une bonne partie de la nuit, nous nous racontons des histoires. Nibelung cause de sa troupe, des caractères de chacun, de leurs aventures et mésaventures. Gaudium aborde son projet, celui d’aller se marier afin de restaurer l’honneur et la richesse de sa famille.

Quand vient mon tour je n’ose pas parler au début de mon ancienne vie puis décide de faire table rase du passé. Je leur relate tout, ma vente par des parents inaptes à m’élever, mon apprentissage et ma vie en tant que catin, puis l’entrevue avec mon ancien propriétaire, le meurtre de la gérante du bordel dans lequel j’exerçais, ma fuite et ma rencontre avec Gaudium. Le choix de mon nouveau nom, Insanis, qui vient remplacer celui que j’avais en tant qu’esclave fait partie des révélations.

Gaudium me regarde interloqué mais je lui fais signe que je n’ai pas totalement terminé. Je braque mon regard sur Nibelung et lui explique la motivation qui me pousse à voyager, cette fameuse amulette magique. Il hausse les épaules, n’en ayant jamais entendu parlé mais me demande de patienter un peu. Son paternel tient l’unique boutique magique de la ville, il pense que nous pourrons y aller demain. Sur ces paroles il me demande si rester dormir près du feu ne me dérange pas et j’acquiesce, puis il conduit Gaudium avec lui, sa maison ne disposant que de deux lits.

La chaleur du feu me berce et je le vois danser devant moi, les braises sautent, volent et s’éparpillent tandis que les flammes lèchent les buches de bois avec volupté. Je sens mes paupières qui deviennent lourdes, la fatigue m’accable et m’emporte finalement dans les contrées féériques du rêve.

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 Sujet du message: Re: Les habitations de Mertar
MessagePosté: Mer 24 Fév 2016 15:30 
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Dans mon crâne résonne mille cloches, j'ai la tenace impression qu'un troupeau de vaches m'est passé dessus et ma bouche est aride comme le désert. Je me redresse avec peine, les membres flageolants et courbaturés.

"Insanis, j'ai à t'causer..."


Je me tourne vers la source du bruit et constate avec hilarité que même les nains qui se targuent d'avoir les plus belles barbes doivent les coiffer. Nibelung exhibe une barbe rousse et hirsute qui m'évoque une forêt délaissée et luxuriante mais cela ne semble le déranger.

Je lui demande un instant avant de commencer et l’interroge sur l'éventuelle présence d'une bassine d'eau. Nibelung m'indique la porte du fond et je m'empresse d'y aller, plongeant ma tête dans l'eau glacé, tâchant de laver mes cheveux du mieux possible.

Quand je ressors, Nibelung patiente devant la maison mais je ne vois nul trace de Gaudium, m'inquiétant je décide d'en parler au nain qui me regarde avec tristesse avant de rétorquer :

"Hum... Le preux chevalier est décédé, cette nuit. Le docteur en inspectant son corps a trouvé de multiples entailles au niveau du poitrail et pense donc que Gaudium est mort lors de son sommeil, les poumons emplis de son propre sang. Je suis désolé."

Je regarde Nibelung les yeux écarquillés. Il me fait forcement une mauvaise blague... Gaudium ne peut pas être mort, pas déjà, pas comme ça. Il doit s'être caché... Il... J'observe l'expression du nain mais elle ne laisse pas de place aux doutes...

"Arrête ! Menteur ! Ta plaisanterie n'est pas drôle !"

Je m'empare d'un bibelot et lui lance avec colère, il ne prend même pas la peine de l'esquiver et se fait toucher à l'épaule. Son expression reste grave et je comprends alors... J'hurle, de désespoir, de protestation devant cette injustice. Cette révélation me laisse à genoux, mon corps secoué par des convulsions incontrôlables. Je viens de perdre un ami, un être que je ne connais que depuis peu mais qui m'appréciais pour ce que j'étais. J'ai du mal à réaliser, Gaudium m'apparaissait comme invincible, le voilà mort... Des larmes perlent le long de mes joues et je m'effondre à terre, en position fœtale. Les remords viennent se conjuguer à la tristesse. Et si j'avais agis autrement ? Gaudium vivrait-il encore ? Et si... Et si...

Je sais bien que la mort doit tous nous faucher, cueillir nos âmes à un moment ou un autre mais pourtant... C'est si soudain. Je prends conscience de ma propre fragilité. Gaudium qui hier allait bien est aujourd'hui mort. Il ne va plus jamais revenir, je ne pourrais plus lui parler. Jamais plus je n'entendrais sa voix, jamais plus je ne reverrais son visage empreint de cette joie si communicative... Mon cœur se presse, se contorsionne et je commence à respirer avec difficulté.

Cette bataille aura coûté bien des vies... Si seulement j'étais plus fort, j'aurais pu défendre mes amis, ne plus être un poids mort, un inutile mais quelqu'un sur qui compter, sur qui s'appuyer devant l'adversité.

Ma détermination, au lieu de se fissurer, se renforce. J'acquiers la conviction qu'il me faut devenir plus puissant. Il me faut cette amulette, il me faut du pouvoir, celui de protéger les gens que j'aime ainsi que moi-même. Je suis encore brisé par cette nouvelle mais tâche de rassembler le peu de courage qu'il me reste, m'armant d'une rage contrôlée et me redresse.

D'une voix où perce la détermination je demande à Nibelung :

"Conduis moi à ton père."

Il me tapote le bas du dos et m'emmène à travers la ville.

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 Sujet du message: Re: Les habitations de Mertar
MessagePosté: Sam 8 Oct 2016 14:35 
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Les gens vivent à Mertar. Gorim n’a jamais autant pris conscience de sa ville que durant ces quelques jours de presque désœuvrement. Ca le prend aux tripes, ça lui frappe les yeux, ça lui retourne un peu trop le cerveau. Ce brusque passage du confort des ordres suivis à celui de l’initiative infertile ne lui réussit pas trop, il a presque le cafard. Le temps de suivre un tunnel, il se dit qu’on lui a confié une mission impossible ; à peine a-t-il bifurqué qu’il se fustige de n’être pas à la hauteur d’une affaire somme toute banale qu’un autre nain aurait réussie sans peine. Un tournant encore et il se dit que c’est quelque chose de normal, une étape d’un parcours, une initiation. La formation de la milice avait aussi été quelque chose d’éprouvant, et pour le corps, et pour le moral. Combien de fois avait-il songé à abandonner ? Plus d’une, quand il lui semblait que ses bras allaient se détacher de son corps, ou que ses pieds fondaient en une purée de chair et d’ampoules suppurantes. La première nuit à grelotter sur une tour de guet, en plein hiver, fut rude également. Pourtant, il n’a pas rendu son tabard, et il est encore là, à enquêter. Alors dans le confort de la cité, l’épreuve est bien moins difficile, elle ne lui triture que les idées, le moral, son corps est relativement à l’abri. Au moins, il n’a pas de la merde plein la barbe à force de pelleter du fumier. Il rentre tous les soirs dans son lit, mange à sa faim, et puis on lui a donné sa chance…

Dans un sommet de moral, il se dit qu’il va aller manger chez sa sœur. Son beau-frère est un type bien, un marchand dégourdi, qui mène ses affaires et, maintenant, un peu sa politique vers une plus grande aisance. Il a les oreilles qui trainent, se dit Gorim, et sait bien des choses qu’un simple milicien ne peut pas apprendre. Peut-être aura-t-il des contacts au moins.

Le lendemain, il se trouve donc attablé avec sa famille, sa mère s’étant jointe au repas, confiant dans les cinq jours et quelques heures qui lui restent. C’est jour faste, Konnr, le beau-frère, ayant remporté un bon marché, un rôti de bœuf saignant fume dans un plat sur la table, entouré de pommes de terres, de légumes divers, et du vin des coteaux de Shory luit dans les flacons. Le pain est blanc et encore chaud du four, les fromages vieux de qualité, et des confitures et miels les agrémentent. Pas question de lésiner pour celui qui réussit, surtout pas auprès de sa famille. La discussion porte sur les choses du quotidien, avec un seul sujet passé sous silence, le père. La question des enfants se pose maintenant pour le jeune couple : puisque l’argent rentre dans les caisses, ils songent très sérieusement à assurer leur descendance, afin d’assurer la transmission du patrimoine. Et puis les desserts, fruits confits, gâteaux secs, achèvent de combler les estomacs. Les femmes se retirent pour poursuivre leurs discussions, et Gorim rejoint son frère par alliance, pour siroter dans son bureau quelques verres de liqueurs.

« Alors, la milice ? Ca donne quoi ? »

« Oh… » et profitant de la perche qui lui est tendue, lui qui n’a pas évoqué une seule fois au cours du repas ses occupations, Gorim se confie sur son actuel problème. Son beau-frère l’écoute attentivement, soucieux de lui fournir une aide quelconque : son intérêt est qu’un membre de sa famille progresse dans la milice, et il compte bien soutenir le jeune archer dans ses démarches.

« J’ai entendu parler de cette inauguration… Une nouvelle galerie, dans les quartiers hauts. Il y a eu une fête, et il va y avoir de l’argent, des familles vont s’installer. Les loueurs vont voir leurs coffres se remplir. L’axe était disputé, lorsqu’il n’était pas encore creusé. »

« Ah oui ? »

« La montagne a ses limites… Les Maîtres Maçons et Architectes du royaume veillent… Une cave mal creusée, et c’est un quartier qui peut s’effondrer. L’espace sûr vers le haut se négocie plus cher qu’un bon filon profond. Les quartiers sont abandonnés vers le bas, alors bon… » Konnr termine son verre de liqueur de prune et poursuit. « Je serais toi, je chercherais du côté de la famille Noir-Bélier. Ils ont pas mal perdu dans cette affaire, en voulant acheter des influences sans résultat. Ca m’étonnerait pas que l’un d’eux, ou un de leurs clients, ait décidé de se venger d’une manière ou d’une autre. Il y a eu des bagarres, des gueules cassées, entre ce clan et d’autres qui ont gagné dans l’affaire. Alors, pourquoi pas ça… »

L’après-midi s’est entamé dans une douce digestion mâtinée d’ivresse, seulement il faut repartir, un milicien n’est pas censé se remplir la panse outre mesure lorsque le temps file pour lui. Après avoir chaudement remercié son frère pour les informations et les contacts qu’il lui a fourni, embrassé sa mère et sa sœur, Gorim s’en retourne aux archives. A ceux de la ville cette fois.


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 Sujet du message: Re: Les habitations de Mertar
MessagePosté: Jeu 22 Déc 2016 16:10 
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Pas question d’attendre plus que quelqu’un se pointe à la salle de garde, Gorim, à mi-chemin entre l’agacement et la sérénité du fait de son entraînement mitigé au tir à l’arc, va secouer les puces des miliciens là où ils se trouvent. Un ancien sergent se joint au groupe sans qu’on le lui demande ; officiellement, il est à la retraite, ou ce qui s’en approche pour un milicien, mais comme sa femme l’ennuie parfois à la maison, il vient, il rend service, conserve des liens avec les copains. L’expérience est toujours bonne à prendre, d’autant que les trois autres miliciens sont à peine plus de la bleusaille que Gorim, qui ne s’est pas senti de rameuter des thorkins plus anciens pour leur donner des ordres qu’ils pourraient moquer. Par contre, ils ont des bras solides, l’un d’eux manie un marteau de guerre qui ne sera pas de trop pour défoncer une porte et les deux autres ont déjà manié la pioche dans un tunnel de mine.

C’est à la tête de ce petit groupe que Gorim se pointe à la cordonnerie toujours fermée, non sans attirer le regard des passants. Jusque-là, patrouiller en l’a jamais trop dérangé, intervenir non plus, tant qu’un autre prenait les décisions et encaissait les quolibets ou récriminations des thorkins un peu en froid avec la milice, il pouvait bien suivre l’esprit tranquille ; peu lui importait de recevoir un trognon de choux sur le coin de l’oreille. Malgré la présence de l’ancien sergent, il sent que cette fois c’est à lui de faire face à toute difficulté et se maudit dans la foulée de n’avoir pas eu le cran de répondre à son supérieur qu’il n’a encore ni les épaules ni l’expérience pour se charger d’une telle affaire.

(C’était peut-être ça, une mise à l’épreuve… Etre capable de dire que l’on n’est pas capable… Ca serait pas le tour le plus fourbe pour les instructeurs… Quand le brok’nud charge, il n’est plus temps de lui tourner le dos…)

« Milice de Mertar ! Ouvrez ! » tonne Gorim tout en martelant le battant de la porte. Il n’obtiendra aucune réponse, il s’en doute depuis le premier coup, mais il est important de procéder selon les formes car déjà les badauds viennent au spectacle. Pas de réponse. Pour la forme, l’apprenti de la milice laisse ses trois camarades en faction et talonné du vieux sergent s’en va se renseigner auprès du voisinage. Des thorkins qu’il interroge, il ne tire rien de plus que lors de son premier passage, plus discret alors, du moins l’espérait-il ; on se souvient de lui, on lui demande des nouvelles de sa botte, sur un ton sarcastique, non sans mettre en doute l’innocence de son premier passage. Comme tous confirment qu’ils n’ont pas vu le cordonnier depuis une bonne poignée de jours – combien, personne ne peut en revanche s’accorder pour statuer – les miliciens se sentent dans leur droit pour causer des dommages irrémédiables à la porte. Un bon coup de marteau bien placé parvient à faire sauter le verrou et avec lui des éclats de roche, des échardes de bois, une bonne partie de la sécurité offerte par le battant.

La pièce principale, l’atelier, est vide : les outils prennent la poussière, les établis sont encore encombrés de pièces de cuir, de bobines de fil, les formes sont nues à l’exception d’une couverte d’une ébauche de botte. Sans que Gorim ait à le demander, les trois miliciens s’empressent d’aller fouiller le cellier, la petite chambre, de mettre un peu plus de fouilli dans les affaires de l’absent ; ils reviennent bredouilles, sans un parchemin compromettant, une tablette gravée, une arme, un tonnelet de bière marqué : rien.

Alors tandis que deux soulèvent le mobilier pour ne pas fausser le sondage, Gorim frappe du manche de son pic le sol. Les dalles rendent tour à tour un son sourd, si bien qu’il s’impatiente : se serait-il trompé ?

« On cherche des traces, tout ce qui paraît louche, tout ce qui peut laisser penser qu’on a creusé. »

Pendant ce temps, il se rend dans la chambre, dans le cellier. Partout le sol lui renvoie les échos d’un échec. Encore heureux que les autres miliciens ont de bons yeux, sans ça ils ne l’auraient sans doute pas interpellé depuis l’atelier pour lui demander de se radiner en quatrième vitesse ; il est des familiarités dans le langage qu’on peut se permettre entre pairs.

« Regarde ça ! »

En effet, deux dalles qui, mises bout à bout, ont la largeur requise pour couvrir un tunnel où deux nains descendraient en se serrant un peu, présentent des marques récentes d’usure sur leurs bords opposés, comme si on avait tenté de glisser des leviers dans l’espace libéré par les joints, absents. Malheureusement, le pic dont s’est équipé l’équipe est trop large pour être efficace, mieux vaudrait quelque burin, une barre à mine. Le détenteur du marteau propose de faire sauter la dalle, de la fendre, ce à quoi le vieux sergent rétorque qu’ils ignorent ce qu’il y a en dessous, et que c’est un coup à se retrouver avec plus d’ennuis qu’autre chose. Gorim préfère également une manière plus douce de procéder, aussi demande-t-il au milicien d’aller chercher de l’équipement assez rapidement : barre à mine, mais aussi cordes, lampes de galeries, un seau, une pelle.

« Bon, maintenant, y’a plus qu’à attendre. »

Les sujets de conversation y passent, les histoires, les commentaires sur les déboires plus ou moins réels d’autres miliciens. Dans le petit atelier au plafond bas, il n’y a guère de distraction pour qui ne s’intéresse pas à la confection de souliers. La chambre des dotée d’un lit garni d’un matelas de paille, les couvertures sont de bonne qualité, mais élimées, la batterie de cuisine réduite à son minimum, un poêle et un petit chaudron. C’est l’intérieur d’un homme vivant seul, recevant sans doute peu vu la rareté des couverts et gobelets, dont les loisirs se situent à l’extérieur, à la taverne. Attaché à l’ouvrage, ce qui a le plus de valeur pour lui sont ces outils, dont il connait les qualités, l’usage, les défauts. Impossible pour qui ne s’y connait pas de savoir s’il en manque. Car pour un thorkin seul, disparaître ne doit pas malaisé, suivant ce dont il dispose comme attaches.

(Un sac fait à la va-vite, son talent dans les mains et le voilà parti… Il trouvera sans doute une échoppe où travailler dans une autre ville, un village qui aura perdu son artisan, un endroit où on oubliera sa race pour ce qu’il sait faire… Moi, à sa place, je laisserais quoi ? Ma mère, quelques camarades, une ardoise à la taverne, des vieilles habitudes, mon père…)

L’un se colle dans le lit pour une sieste, l’autre s’en va se dégourdir les jambes, trouver un caniveau où pisser, le vieux sergent allume une pipe bourrée d’herbe de Shory ; Gorim se perd dans ses pensées. De toute manière, ils n’ont plus qu’à attendre. A cela, la milice les a bien entraîné.


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Dernière édition par Gorim le Dim 8 Jan 2017 16:57, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les habitations de Mertar
MessagePosté: Dim 8 Jan 2017 16:56 
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Lorsque leur camarade revient, les miliciens en sont au point mort de l’attente. Ils se relèvent avec une énergie retrouvée, dégourdissent leurs membres fatigués par quelques mouvements et s’emparent du matériel ramené chacun suivant ses affinités. Les deux plus forts prennent les barres à mine et cherchent de défaut dans le joint des dalles pour les soulever, ce à quoi ils parviennent sans trop de peine : elles ont été placées de telle sorte qu’elles puissent être mues par des bras de mineurs. La pelle et le seau ne sont pas de trop : sous la pierre, les miliciens découvrent une couche de sable bien tassé, sans doute destiné à tromper les tentatives pour sonder à l’oreille le sol, et deux linteaux qui soutiennent les dalles pour les empêcher d’appuyer sur le sable. Une fois cette première couche dégagée, le sable entassé dans un coin de la pièce, les thorkins tombent sur des planches. Retirées, elles dévoilent un puits profond, sans doute assez pour parvenir au niveau inférieur, à la taverne. Avant de jeter les cordes et de descendre, Gorim scrute patiemment les parois à la recherche d’un piège, d’un mécanisme, d’un fil, quelque chose qui pourrait lui faire risquer sa peau. Ne distinguant rien, il se décide à passer devant : après tout, c’est lui le chef.

(Ou tout simplement le plus stupide… ça peut aller de paire…)


Grossièrement attaché, avec une corde qui lui scie les reins malgré la cotte de maille, il se laisse happer par la noirceur, comptant sur ses camarades pour ne pas le laisser tomber. Alors qu’il glisse lentement entre la pierre, une première chose commence à l’interpeller dans un coin de sa tête, sans que son esprit puisse déterminer quoi. Enfin, il parvient à ce qui semble être le sol. Sous ses bottes des grains de sable crissent contre la pierre lisse et ce qu’il a pris pour un caillou est un anneau scellé dans la dalle. Le son qu’il perçoit en tapant du talon conforte sa conviction qu’il y a dessous lui du vide.

(Le puits est assez large pour faire descendre deux thorkins, et la dalle ne couvre pas toute la base… Une structure de bois au dessus du puits pourrait maintenir deux jeux de poulies : une pour soulever la dalle, une pour remonter les tonnelets… Quatre types baraqués et c’est plié… Mais merde ! tout ce boulot pour choper de la bière… Faut déjà le forer un puits pareil, ça demande de la patience, ça fait du bruit, et puis ils ont pas torché le bousin : c’est propre, régulier, même pas eu besoin d’étayer…)

Machinalement Gorim passe la main sur les parois pour apprécier la qualité de l’excavation. C’est ce contact physique qui achève de faire le lien avec ce qu’il a vu sans pouvoir l’analyser, les deux éléments se combinent pour lui permettre de mettre un mot sur sa suspicion. Le mur paraît lisse horizontales se font sentir, comme si on avait poli sur toute la hauteur dans un mouvement circulaire la roche. Quelque soit la densité et la nature de la couche traversée, tout est parfaitement uniforme. Même pour quatre thorkins, cela prendrait des semaines pour parvenir à un résultat aussi propre, en prenant en compte le temps nécessaire à excaver.

(Pourquoi se donner tant de mal… Ils ont creusé et puis ils ont travaillé l’aspect ? C’est lisse, ça va être pire que tout pour remonter, ils auraient mieux fait de laisser les aspérités pour ne pas patiner…)


« Alors ? T’as trouvé quoi ? »

« Ta gueule, je pense ! »

S’il y a bien une chose que l’on apprend dans les mines de Mertar, c’est que tout est un indice. Creuser un trou, n’importe quel troll équipe d’un morceau de ferraille peut le faire. En revanche certains travaux sont le fait d’experts et chaque maître appose sa marque sur son ouvrage, au moins par le savoir-faire mobilisé. Pas une galerie de mine ne ressemble à une autre à cause de cela. Alors dans ce puits, tout compte, du plus petit indice au plus grand. La paroi est spectaculaire mais l’anneau l’est tout autant. De l’œil et du bout des doigts Gorim essaie de deviner comment il a été intégré à la dalle, en vain. Autour de lui, la roche est parfaitement homogène, il semble faire corps avec la dalle, pas le moindre interstice pour permettre de comprendre comment il a été intégré.

(Raaaaaaaaaah merde…)

L’apprenti en arrive à la conclusion que ce ne sont pas ses maigres connaissances qui vont le tirer d’affaire, il lui faudra faire appel à un expert.

« Remontez-moi les gars ! »


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Dernière édition par Gorim le Dim 15 Jan 2017 13:55, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les habitations de Mertar
MessagePosté: Dim 15 Jan 2017 13:54 
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Une fois les deux pieds dans la boutique, Gorim fait part de ses découvertes aux autres miliciens. Il espérait que ces révélations trouveraient un écho chez eux, mais rien. Ni le plus vieux ni les plus jeunes n’avaient plus d’idées que leur meneur, aussi prirent-ils le parti d’aller demander conseil. Le sergent se propose d’aller trouver un contremaître compétent en matière d’excavation, ce qui est une décision parfaitement logique que l’apprenti ne s’avise pas de contester : il dispose de par son expérience du meilleur réseau, et probablement des meilleurs moyens de faire pression sur des thorkins acariâtres pour les convaincre de quitter leur galerie. Les autres… Les autres doivent attendre.

Pas moyen de savoir combien de temps cela prendra alors il faut s’organiser en conséquence. A charge du porteur de marteau d’aller, avec les quelques pièces que ses camarades lui confient, chercher de la nourriture, un tonnelet de bière, de quoi faire patienter. Aucun ne s’est montré pingre, en prévoyant au plus juste, ils l’obligeront peut-être à marcher un peu plus mais s’assurent ainsi une certaine confiance : celui qui a en main le pot commun se doit de revenir avec ce qu’on lui a commandé. S’il est trop juste, il doit y aller de sa poche, s’il est trop large – par exemple parce qu’il est en combine avec un sien parent – il remplit sa bourse pour la prochaine fois : tout le monde le sait, tout le monde procède ainsi et tous les miliciens s’en satisfont.

Sur une peau abandonnée une partie de dés commence, réunissant les thorkins qui jouent du hasard autant que des réactions de leurs collègues. Les petits cubes d’ivoire roulent et seuls quelques haricots secs du garde-manger changent de main en guise de jeton. Il ne s’agit pas non plus de créer des tensions en plein pendant la mission pour cause de jeu d’argent. Gorim l’aurait interdit et n’a pas eu besoin de le faire, les autres savent bien que quelqu’un doté d’un plus grand pouvoir de nuisance leur chauffera les oreilles en cas de manquement flagrant au règlement.

(On ne touche pas une solde pour ne rien faire, mais pour attendre… c’est un peu différent… Et c’est toujours mieux que de pelleter du fumier ou de passer de la pommade sur les culs irrités des boucs, ça c’est certain… Est-ce qu’il pourrait m’échapper, le voleur, parce qu’on attend ? De toute façon, il doit déjà être loin… Ils doivent déjà être loin. Et le cordonnier… Peut-être parti avec, peut-être mort, même…)

« J’vous présente Solon. »

Le sergent a fait relativement vite. Pour un vieux briscard comme lui la tâche devait être d’une remarquable simplicité, la rapidité avec laquelle il a opéré suffit à en mettre plein la vue aux jeunots qui l’accompagnent. Pas un n’aurait douté cependant qu’un thorkin comme lui, officiellement rayé des listes du service actif de la milice, ne soit pas efficace.

Solon ne perd pas de temps en présentation, ni même simplement en paroles. Il tient sa propre lampe à la main – un petit bijou de cuire patiné doté de miroirs réflecteurs en intérieur qui concentrent et dirigent la lumière en un faisceau net, un objet de prix – et se dirige vers le puits. Sans un mot, il fait signe aux deux thorkins les plus costauds de le descendre à l’aide de la corde et se glisse dans le puits avec la facilité de l’habitude faute de pouvoir compter sur celle de la jeunesse. Pas le temps de compter jusqu’à cent qu’il émet un ordre pour être remonté.

« C’est un géomancien qu’a fait ça. »

« Comment vous savez-ça ? »

« J’ai déjà vu ça. Y’a des gars qui peuvent changer la pierre en aut’ chose avec la magie. En argile, en sable. Sont plus ou moins forts, alors y peuvent creuser un peu plus profond, un peu moins en un d’leurs tours. Par couches. Ca fait des stries, comme ça. J’dirais qu’c’est un magicien. »

« Eh ben… Et combien d’temps ça peut mettre, pour creuser un trou comme ça ? »

« J’peux pas dire. Ca dépend du magicien j’suppose. Plus vite qu’à la pioche, sans bruit. Faut juste sortir tout c’qu’y transforme. »

« A votre avis, combien de thorkins pour faire ça ? »

« Ch’ais pas… Le gars qui transforme, un gars, p’têt’ deux avec des pelles pour choper c’qui change et l’sortir, pis voilà. Eh… c’est vous la milice, hein. V’nez pas non plus me d’mander de faire tout vot’ boulot ! »

« Sois pas vache Solon » lui rappelle le vieux sergent. « Toi aussi t’as commencé en bas. T’étais tellement pas malin qu’t’es pas resté. »

« Ouais… Et ça m’a pas mal réussi. Ben v’là, vous savez tout. Bonne chance. »

Le sergent raccompagne son compère sur un bout du chemin, laissant la poignée de jeunes thorkins seuls avec leurs pensées à propos de la révélation.

(Merde, merde, merde et merde ! De la magie ! Merde ! C’est marqué sur la gueule de personne qu’il est mage. Encore moins qu’y peut creuser des trous, comme ça.)

« Qu’est-ce qu’on fait ? »

« Sergent, et toi, et moi, on rentre à la milice. Vous deux vous gardez la boutique en attendant qu’on vous r’lève. Fermez les portes, ouvrez l’œil, on sait jamais… Le trou on peut pas s’en occuper, c’pas notre affaire. On va juste essayer d’trouver qui a fait ça. »


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 Sujet du message: Re: Les habitations de Mertar
MessagePosté: Jeu 16 Mar 2017 20:17 
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Arc du Souffle du Voile

Chapitre XV.1 : Un humain dans la Ville



Lorsque Cherock se réveilla, il ne sut pas si c'était le jour ou la nuit dehors. Les nains vivants sous la terre la plupart de leur temps et à l'écart du puits de lumière de la Grand' Place avait l'habitude de se réveiller à heure fixe, plus ou moins en même temps que le soleil. Aussi, en entendant le trafic qu'il y avait dans la rue, il estima qu'il était déjà l'heure de se lever.

La chambre d'ami qu'il avait partagée avec Hïo était à l'égal de la maison : petite (du moins, pour des humains) et en pierre. De par son statut de marchand, Brumal gagnait de manière plus que correcte sa vie et avait donc pu s'établir avec Pétunia dans la partie haute de la ville, pas encore au niveau de la rue principale, mais le nain n'avait pas de quoi se plaindre. En se relevant du lit au matelas de paille où ses pieds avaient dépassé toute la nuit, Cherock se remémora la discussion avec Hïo avant de dormir, tombant de fatigue.

« Eh, vieux…

- Oui ?

- Pourquoi sont-ils morts ?

- Hïo…

- Pourquoi ce n'était pas toi, ou moi en queue de file ? coupa Hïo en se levant, pourquoi les Dieux ont décidé de prendre leurs vies ?! POURQUOI EST-CE EUX QUI ONT PERIS ALORS QUE C'EST NOUS QUI SOMMES LES CIBLES ?!!! POURQUOI… Pourquoi… »

Hïo s'assit sur le lit et se prit la tête dans les mains, les doigts emmêlés dans ses boucles noires.

« Tu sais Hïo… commença son ami, tu as raison. Pourquoi eux ? Pourquoi pas nous ? Et si nous n'étions pas les cibles ? Et si personne n'était responsable, que c'était juste de la malchance, un craquement de la glace qui aurait produit le bruit de tonnerre et qui aurait déclenché l'avalanche en chutant ? Et si l'aplomb ne nous avait pas sauvé ? Et si elle avait été déclenchée cinq secondes plus tôt ?

Tu vois, il y a autant de possibilités que je peux mettre de « si » dedans. Et de toute façon, ce qui est fait est fait : nous morfondre et nous complaire dans notre tristesse ne fera pas avancer les choses, ce serait insulter leur mémoire et leur honneur de nains de les pleurer sans en connaitre les causes, ils auraient voulus qu'on cherche la vérité avant de s'endeuiller.

Comme toi, je pense que quelqu'un est derrière tout ça, quelqu'un qui voudrait nous voir mort, nous ou peut être Brumal. Continuons notre mission pour le Père Roland, garde toujours ta masse avec toi et restons vigilant : si l'ennemi se montre de nouveau, alors là seulement nous pourrons lui rendre la monnaie de sa pièce. »
conclut le mage en tendant sa main vers son ami.

Celui-ci, après un instant d'hésitation, prit son avant-bras, fit glisser sa main jusqu'à la sienne en une poigne, comme ils le faisaient depuis toujours.

« Compte sur moi pour compter leurs intérêts. »


- - - - - -


Descendant en compagnie de Hïo, le fulguromancien trouva assis dans la salle principale Brumal, astiquant la lame de sa hache avec un soin tout particulier, l'aiguisant encore et encore jusqu'à ce qu'elle lui ouvre le pouce comme un couteau percerait un fruit trop mûr. Le Thorkin suçota son pouce et avec un sourire satisfait, posa Dunn'Kur sur la table, table où restait encore les bols de bois qu'ils avaient utilisé la veille pour manger une rapide soupe préparée par Pétunia avant d'aller dormir dans un vrai lit, harassé par la fatigue et la nuit blanche de la veille.

« Alors les gamins, bien dormi ?

- Parfait Brumal, vos lits sont une bénédiction après ce long voyage.

- Où est Pétunia ? demanda Hïo.

- Elle est… Partie annoncer à la famille des jumeaux leur décès. Elle en a pour la matinée j'pense.

- Oh.


- Quant à moi, j'dois aller contacter mes r'vendeurs pour leur filer ma marchandise. J'pense en avoir pour la journée, pourquoi vous en profiterez pas pour aller faire quelques achats ? Sûrement des trucs qui vous intéresseront. Et après j'vous récupère sur la Grand'Place peu avant l'coucher du soleil et on file à l'armurerie royale, j'ai des matériaux pour eux au passage, autant passer après la ferm'ture y aura plus personne !


- Très bien, parfait ! On y va de ce pas après avoir mangé un morceau. Il te reste combien de lanières de bœuf séché Hïo ? demanda le mage à son ami.



- L'Hospitalitée Thorkin, vous connaissez pas les gamins ? Z'êtes mes invités donc pas question que vous mangiez vos propres réserves. Et tiens gamin,
dit le Thorkin en lui tendant un bandage, v'là un aut' bandage à la curchran pour ta blessure.

- Elle est presque cicatrisée vous savez, je n'ai pas besoin de..

- Depuis quand tu discutes les ordres du méd’cin gamin ?! Prend ça, un morceau de pain et du fromage, et débarrassez moi l’plancher ! J’ai du travail moi ! »

A suivre…

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 Sujet du message: Re: Les habitations de Mertar
MessagePosté: Ven 7 Avr 2017 01:05 
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Chapitre XVIII.3 : Folie ?


Ayant toqué à la porte de l'habitation et ne recevant aucune réponse sauf une porte non fermée, les humains pénétrèrent timidement dans la bâtisse.

« Eh oh ! Y a quelqu'un ? cria Cherock en passant la porte.

- Je la sens pas vieux… Tirons nous d'ici j'ai eu ma dose de frayeur et d'émotions pour la journée, pas la peine d'en rajouter !

En plus, je suis sûr qu'elle est abandon…


- QUI OSE ME REVEILLER DANS MA DEMEURE ? tonna une puissante voix à l'étage.

- Merde merde je te l'avais dit ! Faut qu'on parte d'ici, vite !

- TROP TARD ! »

Surgissant de l'escalier qui se trouvait face à la porte, un vieux nain avec les cheveux blanc broussailleux leur fit face. Il portait une bure d'un violet délavé, ceinte par une ceinture blanche tout aussi délavée à laquelle pendait une petite dague de simple facture. L'extrémité de la ceinture était sertie d'une perle jaune de la même couleur que le fermoir en forme d'éclair. Physiquement, il avait des yeux d'un bleu très clair et une cicatrice partant de sa pommette courait jusqu'à son épaule mais elle devait surement continuer plus long sur le bras. Sa couleur rose pâle contrastait avec celle plus sombre de sa peau parcheminée.

« Vous aussi vous venez vous moquer du vieux Polad ? Hein ? Le vieux diacre fou ? VOUS ALLEZ PAS ETRE DECU ! enchaîna le vieux thorkin en dégainant sa lame.

- Oula attendez un peu diacre Polad, nous….

- Balivernes ! » coupa-t-il en se jetant dague en avant sur les jeunes humains.
Heureusement pour eux le nain n'était pas très doué avec une dague en plus d'être lent, c'est pour ça que d'un simple décalage sur le côté les deux amis laissèrent passer le thorkin. Ils furent surpris de sa faiblesse malgré son agressivité.

« Diacre Polad, nous ne sommes pas là pour nous battre ni pour nous moquer, on veut juste... commença Cherock

- Mensonges ! cria de plus belle le vieil homme en se jetant cette fois sur Hïo, qui l'immobilisa en le ceinturant après l'avoir esquivé.
Lâche-moi humain !

- Ecoute ce que mon ami a à te dire et tiens-toi tranquille, gronda le jeune homme.

- Vénérable Polad, je suis ici pour vous parler des Dragons de Foudre de Valyus, on m'a dit que vous en saviez surement un peu plus que les autres. »

A ces mots, le nain arrêta de se débattre pour fixer Cherock.

« Les Dragons de foudre ? Alors vous n'êtes pas là pour vous payer ma tête ?

- Bien sûr papi, tu l'aurais su si tu nous avais pas attaquer tout de suite avec ta dague !

- PAPI ? Respecte moi plus jeune arrogant, je n'ai que 298 ans ! réplique indigné le vieux Thorkin en se débattant de plus belle dans la poigne de fer que maintenait sans mal le forgeron.

- Hïo, ce n'est pas le moment de le vexer. Polad, nous aimerions vraiment en savoir plus sur les dragons de foudre. J'ai fait un étrange rêve il y a quelques semaines et le marchand Thorkin Brumal m'a dit que vous seriez le plus à même de nous donner des informations.

- Dit à ton ami de me lâcher d'abord, on parlera ensuite seulement. »

Hïo libéra le vieux diacre qui grommela en se massant les côtes et en lui lançant un regard noir, avant de s'adresser à Cherock.

« Tu veux en savoir plus sur les Dragons de Foudre de Valyus c'est bien ça gamin ? Enfin quelqu'un qui prend au sérieux cette histoire !
Oui, j'ai dit « histoire » et pas « légende ». Car j'ai la preuve qu'ils ont existé. »


Prenant une lampe à huile qui était posée sur une corniche et qui éclairait l'entrée, le nain les invita à entrer à sa suite dans la pièce qui se trouvait sur leur gauche : une salle de vie où croulait un vieux fauteuil de paille et deux chaises de pierres autour d'une table elle aussi en pierre.

Faisant glisser ses doigts sous le dessus de la table, le nain semblait chercher un quelconque mécanisme, qu'il finit par activer : au centre de la table, un panneau s'ouvrit sur une petite cache. Polad plongea sa main dedans et en sorti un objet emballé qu'il tendit devant ses invités.

« Je sens le fluide de Valyus en toi jeune homme et mes années de services au temple de Valyus à y rendre sa foudroyante Justice m'ont appris à savoir lorsque quelqu'un est sincère. Et tu l'es gamin. Aussi, je te montre mon bien le plus précieux. »

A la lueur de la lampe, les deux humains se penchèrent pour voir le contenu du tissu blanc immaculé que tenait dans sa main le diacre de Valyus.

« Voilà le seul exemplaire connu d'un Croc de Dragon. »
A suivre…

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Dernière édition par Tergeist le Ven 7 Avr 2017 11:49, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les habitations de Mertar
MessagePosté: Ven 7 Avr 2017 11:48 
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Arc du Souffle du Voile

Chapitre XIX.1 : Os Foudroyant et Métal Liquide



Cherock fut déçu de voir ce qu'il trouva : cela ne ressemblait qu'à un banal croc de monstre, gros certes, mais sans quoi que ce soit de particulier. Il avait d'ailleurs commencé à fossiliser, fusionnant avec la pierre ce qui lui donnait un aspect minéral, une teinte plus sombre, comme du granit très clair.

« Bon d'accord c'est une grosse dent, mais comment pouvez-vous affirmer que c'est bien une dent de dragon de Foudre ? demanda Hïo, aussi dubitatif que son ami.

- C'est vrai qu'il ressemble à un banal croc de monstre présenté ainsi, mais j'ai deux arguments qui vont dans ce sens : tout d'abord, la taille. Par rapport à la taille du fossile on peut avoir une idée de la dentition de son propriétaire, de sa mâchoire et donc par extension une estimation de sa taille. Avec une dent de cette taille qui fait 18 centimètres, on approche d'un bestiau qui fait dans les 5-6 mètres d'après moi. Et j'ai consulté tous les répertoires zoologiques que j'ai trouvé, on ne fait mention d'aucun monstre de cette taille sur tout Yuimen.

- Vous êtes sûr ? Dans la bibliothèque d'Oranan, ma ville natale, j'ai lu un jour un livre relatant l'existence de monstres bien plus grands que cela : des gorilles de glace, des arbres vivants…

- Les Burganaks -tes gorilles des glaces- font aux alentours de quatres mètres, que l'un deux ait une dentition pareille indiquerai un spécimen exceptionnellement grand. De plus, ils vivent dans les montagnes ou la toundra et pas en plein milieu du désert de l'ouest d'Imitril où j'ai trouvé ce fossile. Pour les autres créatures plus grandes comme les gardiens des marais, ce sont des créatures qui n'ont pas comme caractéristique une dentition pareille.

- Très bien, mais qu'est-ce qui vous prouve que c'est bien un croc de Dragon de Foudre ? Ca pourrait être celui d'une autre vieille bestiole à dents elle aussi disparue, fit remarquer Hïo.

- Effectivement gamin, mais là intervient mon deuxième argument. Toi, dit-il en pointant Cherock, insuffle une partie de ton fluide dans ce croc. »

Dubitatif, le fulguromancien pris le croc dans sa main et essaya de faire circuler sa magie à travers : à son grand étonnement, il y parvint très facilement, comme si le fossile était fait de métal.

« C'est… Stupéfiant ! Comment est-ce possible ?

- Eheh, ça t'en bouche un coin hein gamin ? Je ne sais pas plus que toi la raison qui permet à la foudre de circuler à travers cette dent, mais cela me conforte dans mon choix que les dragons ont bel et bien existés.

- Mais, avec de telles preuves, pourquoi ne pas en avoir parlé plus largement ? Des dizaines, des centaines de fidèles seraient ravis d'apprendre que la légende est vraie !

- Connaissez-vous l'épreuve de l'Eclair ?

- Non, répondit Cherock.

- De même, renchérit le forgeron.

- C'est l'épreuve qui consiste à faire subir un choc électrique de huit minutes à un diacre souhaitant devenir prêtre, commença le nain en découvrant son épaule. Cela demande non seulement une volonté et une force de caractère à toute épreuve, mais également un corps pouvant supporter le choc. Dans mon cas, c'est mon corps qui a lâché malgré ma maîtrise du fluide de foudre. C'est de là que viens ma cicatrice… expliqua le diacre, le regard voilé par la tristesse.

- Ca a dû être terrible…

- Tu n'imagines pas ! Depuis cette cérémonie ratée, mon corps est souvent agité de grossiers soubresauts, comme des spasmes. Combiné à mon obsession de la légende de l'Obélisque noir, ma réputation n'eut besoin de rien d'autre pour être faite : j'étais un fou au cerveau malade grillé par l'Eclair. Et lorsque enfin après un long voyage et d'intenses recherches, je revenais enfin avec mon fossile, ce ne fut que pour essuyer moquerie et pitié feinte envers un thorkin déséquilibré. Personne ne voulait écouter mon histoire, les rares qui m'accordaient un peu de crédit finissaient par me traiter de tricheur avec mon os électrifié. Finalement, j'ai arrêté de me battre et j'ai caché mon croc, ne le montrant qu'à ceux qui viendraient me voir pour la légende. Je considère que c'est un signe des personnes réellement intéressées par cette histoire et qui méritent d'en savoir plus. Contrairement à mes pairs qui sont bien trop obtus.

- Et combien de personnes sont venues vous consulter à ce sujet ?

- Seulement deux : un jeune nain dont je n'ai plus eu de nouvelles et Rifa Cime-Haute.

- Rifa Cime-Haute ? Qui est-ce ? demanda Cherock, intriguée.

- Elle est la dirigeante du culte de Valyus, la plus jeune et unique sang-mêlée à avoir accédée au titre d'Exarque. Elle n'a que 100 ans !

- L'Exarque… grogna Hïo en serrant le poing.

- Et elle n'a jamais accordée d'importance à votre histoire ?


- Pendant un temps oui, mais après avoir atteint le statut de prélat, elle m'oublia purement et simplement. J'imagine que c'est normal lorsqu'on a la charge d'un continent de ne pas avoir de temps à perdre avec des légendes, ironisa le vieux thorkin.

(La chef suprême du culte s'est elle aussi intéressée à cette histoire ?)

- Bon c'est pas tout Cherock mais nous on doit y aller, Brumal va nous attendre.

- C'est vrai, nous devons le prévenir pour Noruk.

- Pas si vite gamin ! dit le nain en attrapant la manche du mage, t'as parlé d'un rêve non ? Pas question que tu partes sans m'avoir parler de tout ça. C'est la moindre des choses ! »

Acquiesçant mais pressé par le temps, Cherock raconta dans les grandes lignes au vieux diacre son rêve : Orphal, la colonne martelée par la foudre, les œufs à ressusciter.

« Mmmh… Fit le nain une fois le résumé terminé. Je pense tout comme toi que ce n'est qu'un rêve, mélangé à ton inconscient qui a dû entendre à un moment ou à un autre la légende.
Cependant, tu as la certitude maintenant que les dragons existent. Vas-tu te mettre à leur recherche ?

- Je ne sais pas encore pour l'instant, déclara le fulguromancien alors qu'il franchissait le pas de la porte d'entrée, rejoignant Hïo qui l'attendait déjà dehors. Mais cette histoire m'intrigue tout comme vous, diacre Polad. Je continuerai mes recherches de mon côté et si d'aventures je repasse par Mertar, je viendrais vous en informer !

- Très bien jeune fulguromancien, que Valyus guide tes pas ! »
A suivre…

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 Sujet du message: Re: Les habitations de Mertar
MessagePosté: Sam 15 Avr 2017 16:02 
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Arc du Souffle du Voile

Chapitre XX : Nouveau Sort


Après avoir remercié les forgerons pour leurs indications Cherock, Hïo et Brumal rentrèrent chez ce dernier alors que la lumière du puit de lumière déclinante indiquant une nuit en approche. Les deux amis étaient impatients, ils avaient de nouveau un objectif clairement définis et les moyens de l’atteindre.
Une fois arrivé chez le nain, Cherock posa la question qui lui était venue sur le trajet du retour.

« Si le filon de Faerunne avait déjà été identifiée, comme cela se fait-il que personne ne l’ait encore exploité depuis qu’il est de nouveau accessible ? Ascan a bien essayé de nous l’expliquer, mais je n’ai pas compris la moitié de ses explications.

- Trop de terme thorkin, c’doit être pour ça ! éluda le nain en rangeant la bourse de yus fraîchement acquise à la forge. Pour faire plus simple, on sait que d’la Faerunne est présente dans le coin car on en a ramené une pépite de la zone sans savoir son emplac’ment précis. C’est c’qu’il voulait dire par « pépiter la veine ».
En plus, l’blizzard à recouvert les parois d’une couche de glace c’qui brouille encore plus les repères. Du coup, la zone où s’trouve le filon est encore plus large
.

- C'est logique dit comme ça. Du coup, comment les mineurs procèdent ?

- Il faut faire fondre la glace pour examiner les parois ? proposa Hïo.

- Surtout pas ! Faire fondre des pans entiers d’glace, c’est l’meilleur moyen de s’ramasser tout c’qu’il y a au-dessus. Non, avec la partie élargie des pioches, on retire des lamelles de glace, comme si on épluchait la paroi. C’moins violent et plus sûr.

- Je vois. Je pense qu’on partira après demain, demain serait trop risqué avec nos muscles encore engourdis par le voyage. Faut se reposer !

- J’te suis là-dessus mon vieux ! » déclara Hïo en tapant un grand coup dans le dos de Cherock.

Pétunia avait préparé ce soir là un repas fait à base de volaille assaisonnée des épices jaunes thorkines typique et de riz ynorien. Elle appelait ce plat un « curry » dont le goût délicieusement relevé combla les estomacs affamés des hommes présents à table. Repu, Hïo s’aperçut qu’il restait une dose non négligeable du plat.

« Pétunia, tu en as fait trop ! s’exclama-t-il en se permettant de la tutoyer après 3 semaines de vie commune.

- Ce n’est pas grave, cela en fera pour demain ! Je serai occupée de toute manière, si en dehors de Mertar c’est mon mari qui s’occupe de tout avec les clients, une fois ici c’est moi qui prend le relais !

- A ce sujet, t’as parlé aux parents des jumeaux ? Z ‘ont réagis comment ?

- Disons que… Ca a été. Ils ont accusé le coup vaillamment, ils connaissaient les risques du métier. Ils regrettent simplement ne pas avoir de corps à murer dans la nécropole. Ils iront demander de faire les stèles dans la semaine probablement.

- Les pauvres.. » conclut Brumal en se renfonçant dans l’un des deux fauteuils que comptait sa maison.

Ne souhaitant pas s’éterniser, les deux jeunes humains saluèrent leurs hôtes avant de monter se coucher dans la chambre d’amis qu’ils avaient mis à leur disposition.

Si Hïo s’endormit rapidement, Cherock ne se sentait pas encore prêt à se coucher. Le sommeil n’avait pas beaucoup d’emprise sur lui les deux premiers jours sans dormir.

(Soit raisonnable, je n’ai pas eu une journée des plus reposante et les suivantes seront forcément tout aussi éprouvante.)
Aussi faisant fit de son manque de sommeil, le jeune Cherock se coucha dans le minuscule lit et fut malgré tout bien vite rattraper par la fatigue.

Le lendemain, le jeune homme se réveilla reposé et estima qu’il avait dormi un peu plus de 8 heures. Hïo quant à lui dormait toujours à côté d’un profond sommeil. Puisqu’il n’entendait pas de bruit dans la pièce en bas Cherock décida de s’exercer de nouveau à la maitrise de sa magie en attendant que tout le monde se réveille. Cela lui rappela son achat fait la veille dans la boutique du Bazar Magique : de son sac, Cherock sorti la deuxième fiole de fluide de foudre qu’il avait acheté.

(Je me suis fait malmené par ce fumier, je risque gros à chaque fois et mes réserves de fluide ne sont pas suffisantes. Je dois en augmenter la quantité pour pouvoir lancer plus de sorts !)

Il déboucha la deuxième fiole résolument et en bu le contenu d’une traite. Les sensations qu’il éprouva furent semblables à celle éprouvées dans le magasin, avec la superposition des différentes parties de son corps, à la différence près que le mage perçu une différence dans le processus. Les couches de son corps ne se réassemblaient pas sans raison : son fluide semblait tout d’abord attirer les os qui à leur tour attiraient les canaux sanguins et ainsi de suite. La boule de fluide grossit avec l’ajout de la fiole et refit de nouveau une fois le tour de son corps, hérissant sur son passage les poils de Cherock. Une fois la « visite » finie, le fluide s’immobilisa au creux de son estomac et bouillonna quelques instants encore avant de se calmer.
Cherock sentit qu’il avait de nouveau un contrôle parfait sur sa magie : il ouvrit les yeux, son œil bleu rendu lumineux par la magie s’éteignant progressivement. L’énergie circula dans le corps de son propriétaire sous son impulsion et bien qu’elle soit plus importante sa maîtrise ne s’en trouvait pas réellement impactée : il avait juste plus de ressources à disposition.

En s’étirant, le jeune homme grimaça de douleur. Les blessures à ces jambes lui rappelèrent alors son combat, son impuissance au corps à corps, la projection du tisonnier qu’il avait réalisé. Cette capacité l’intriguait considérablement puisqu’elle offrait des possibilités nouvelles, surtout vu la puissance avec laquelle le tisonnier avait frappé le mur.
Aussi expérimenta-t-il avec un yus mais malgré toute sa volonté, il ne parvint qu’à la faire se déplacer lentement vers sa main. Il essaya donc le même procédé que pour déterminer quels objets étaient influençables par sa magie. Il réunit différents types de métaux, quelques yus de différents métaux, un bibelot en étain et l’objet en acier offert par sa mère pour effectuer différents tests.
Il parvint à tous les attirer au creux de sa main, mais aucun ne voulut être envoyé dans une direction opposé comme il l’avait fait avec le tisonnier. Il réessaya en se focalisant uniquement sur l’objet, puis sur le trajet, sur la cible. Rien n’y faisait.
Frustré, il abandonna ses expériences en entendant Brumal marmonner en descendant les escaliers et décida de faire de même.

« Bien le bonjour Brumal ! Comment allez-vous ce matin ?

- Quand t’décideras tu à m’tutoyer gamin ?

- Ce n’est pas pour maintenant j’en ai bien peur, mis à part Hïo je ne tutoie personne vous savez.

- Très bien, bah j’répondrai plus tant que tu ne m’auras pas tutoyé.

- Vous êtes sérieux ? Ahah ! » s’amusa le jeune homme.

Voyant que le thorkin ne lui répondait pas, Cherock se sentit un peu ridicule.

(Après tout, je ne tutoie pas que par marque de respect, mais si la personne le demande expressément, c’est différent… ? Peut-être ?)

Après un long silence entrecoupé par la mastication de pain et de fromage du nain, le mage se lança.

« Vous… Tu… Tu es sérieux ?

- Un peu que j’le suis gamin ! T’as intérêt à pas l’oublier !

- Pas de soucis Brumal ! »

En regardant la pièce tout en discutant avec Brumal, le mage prit attention à la cheminée, élément qu’il n’avait pas remarqué la veille car bien dissimulé dans un recoin de la pièce à vivre.

« Dites Brumal, comment pouvez-vous faire un feu sous terre ? Où va la fumée ?

- Pardon ?

- J’ai dit, comment pouvez- vous faire un feu sous terre ? Où..

- Pardon ?

- Bon… Comment fais-tu pour faire un feu de cheminée avec la fumée que ça produit ?

- Bonne remarque gamin ! On utilise du bois de sapin qu’on a fait sécher très longtemps, du bois sec ça ne fait que peu de fumée ! Puis comme on est proche de la surface, on a un p’tit conduit qui permet de l’évacuer directement, expliqua le nain.

- Ingénieux ! Dis, est ce que tu as un tisonnier ?

- Evidemment, r'garde à coté près du panier à bois. »

Le mage se leva et se dirigea vers la cheminée pour y chercher l’outil avant de mettre finalement la main dessus. Au passage, il aperçut sur la cheminée trois petites sculptures en pierres, deux grandes d’une vingtaine de centimètres et une plus petite de quinze centimètres. Si les deux grandes représentaient à coup sûr Brumal et Pétunia, Cherock n’avait aucune idée de qui pouvait être la dernière personne. La statuette représentait un thorkin avec les traits très prononcé, des cheveux tressés et un regard songeur.

(Peut être leur fils ? Ca expliquerait pourquoi il est plus petit.)

Gardant ses réflexions pour lui-même, il sorti avec le tisonnier en main et s’installât en tailleur devant la maison des thorkins. Celle-ci bénéficiait d’une petite cour pour bien séparer la porte de la rue, faisait deux-trois mètres de large et étaient ceinte par un petit muret d’un peu moins d’un mètre.

(Puisque la première fois, j’ai réussi avec un tisonnier comme celui-ci, je dois pouvoir faire la même chose.)

Mobilisant de nouveau sa magie, le mage essaya d’abord d’appeler le tisonnier à lui et y arriva tout aussi facilement, le poids ne semblant pas impacter sur sa maîtrise des objets métallique.
(Ou du moins, pas encore.) pensa-t-il avant de le reposer devant lui pour cette fois essayer de l’envoyer dans la direction opposée à lui, contre une paroi de pierre. Il essaya d’abord de repousser l’objet, essaya de déplacer sa magie dans son corps pour qu’il suive la même direction, mais rien n’y faisait.
Pendant de longues minutes, il essaya encore et encore, et cela fini par l’impatienter.
(Bordel pourquoi ce foutu bout de ferraille veut pas bouger ?!) il essaya d’insuffler plus de magie, mais le résultat restait le même, le tisonnier ne faisait que légèrement bouger, osciller.
(Tu vas bouger oui ??) A bout de nerfs, le mage projeta brutalement la magie qu’il avait mobilisé, partant du haut de son épaule pour rejoindre la paume de sa main gauche.
(Mais dégage !)
Soudain, le tisonnier fut projeté dans les airs et alla s’écraser contre le mur en face de lui, provoquant un boucan assourdissant. Les passants se tournèrent tous en sursautant dans sa direction et Brumal suivit de près par Hïo et Pétunia arrivèrent pour comprendre ce qui se passait.

« C’quoi tout c’raffut ? A quoi tu joues avec mon tisonnier gamin ?

- A rien Brumal, je m’entrainais à contrôler ma magie et… Bon, je voulais faire voler ce tisonnier, mais pas aussi violemment.

- Mmmh. Et pourquoi le faire avec le mien ? demanda le thorkin en le ramassant pour voir s’il n’était pas abimé.

- Contre Noruk, c’est ce qui m’a servi de diversion, donc j’ai essayé de le refaire avec le même objet pour essayer de comprendre comment mon sort marche.

- Et tu as découvert comment ça marchait ? demanda en baillant le forgeron.

- Je pense, attend je reviens. »

Le mage retourna chercher les objets de son test du matin, les ramena dans la petite cour et expliqua sa théorie.
« Ma magie affecte les objets métalliques. Je peux les attirer à moi s’ils ne sont pas trop lourd je pense, mais je ne peux pas les repousser. Sauf que ce n’est pas la bonne manière de penser : pour propulser un objet dans une direction avec la force que j’ai donné, il ne suffit pas de le pousser dans une direction, il faut vouloir l’éjecter.

- J’te suis pas trop gamin… déclara le vieux Thorkin en se grattant la barbe.

- Pour vous donner un exemple, c’est comme avec un enfant. Si on lui met la main dans le dos et qu’on essaye de le pousser dans une direction, il va freiner et ce sera difficile. Alors que si on lui met une grande claque dans le dos, si on relache la magie d’un coup au lieu de petit à petit, l’enfant va être envoyé dans la direction désiré. Evidemment tout dépend également de la dose de fluide que j’investis et du poids de l’objet.

- Je comprends mieux, tu veux bien nous faire une démonstration avec tes objets ? demanda Pétunia.

- Regardez bien ! »

Se concentrant sur les objets les uns après les autres, il essaya de le projeter les uns après les autres. Aucun ne marcha et Cherock se senti un peu bête, jusqu’à ce que sa main passe au-dessus de son porte bonheur en acier qui fut envoyer en face de lui à une grande vitesse, intercepté par Hîo qui grimaça un peu sous le coup de l’impact.

« Bordel de… Eh t’en as pas marre de toujours me faire mal avec ta magie ? Je suis pas un cobaye ! se plaignit le forgeron en se tenant la main.

- Désolé Hïo !

- Semblerait bien qu’ça n’affecte que les objets ferreux ton truc si l’étain, l’cuivre, l’argent et l’or ne réagissent pas.
Bon maintenant tu m’ramasse tout ce foutoir, on a vot’ prospection de demain à préparer ! »


A suivre…

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 Sujet du message: Re: Les habitations de Mertar
MessagePosté: Mer 6 Sep 2017 17:40 
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Arc du Souffle du Voile

Chapitre XXVII : Absorption douloureuse


Cherock et Hïo étaient revenus à la maison de Brumal lorsqu’une délicieuse odeur les enveloppa : Pétunia terminait de faire cuir quelque chose dans la fosse à feu de la maison et ça avait l'air succulent. Brumal vint alors à leur rencontre.

« Alors les p’tits gars, c’te chasse aux infos, elle a payé ?

- Plus ou moins, répondit Cherock dans un sourire. Par contre, je meurs de faim rien qu’en sentant ce délicat fumet, qu’est-ce que c’est ?

- Tu le sauras bientôt, la cuisson est finie ! A table ! » répondit Pétunia en se retournant vers ses deux invités, tablier noué autour de la taille.

Les trois hommes se mirent donc à table alors que Pétunia apportait le plat en question : une curieuse viande qui avait cuit « en crapodine » accompagnée de carottes fondantes et de pommes de terre. A la première bouchée, la saveur forte de la viande explosa dans la bouche de Cherock.

« Pétunia, ce plat est incroyable ! Où avez-vous trouvé une viande pareille ??

- Eheh, c’est plutôt vous qui devriez me répondre ! C’est de la viande de Gahkai !

- Du Gahkai ? Comme la bestiole qu’on a affronté plus tôt dans la journée ?

- Celle la même, les autres mineurs ont appris que vous habitiez ici donc ils nous l’ont apporté pour vous remercier d’avoir sauvé l’un des leurs. Vous ne saviez pas que c’était un met très cher et très prisé ?

- Absolument pas, mais je regrette pas de l’avoir tué ! dit Hïo en enfournant une autre cuillère pleine dans sa bouche.

- Bon et si vous nous racontiez vot’ journée ?

- Et bah, on est d’abord allé à la mine… » commença Cherock.

Pendant une vingtaine de minutes, l’enchanteur raconta la journée bien remplie que les deux jeunes gens avaient vécu : Brumal et Pétunia furent surpris à de nombreuses reprises et posèrent beaucoup de questions, notamment sur la Faerunne qu’ils avaient trouvé et leur rencontre avec l’Exarque à la bibliothèque. Le récit se finit en même temps que leurs assiettes, raclées à en faire pâlir de jalousie un chien.

« … Et au final, je n’ai pas su identifier la rune malgré mes efforts. Le vieux Aknaer m’a rassuré en me disant que c’était normal au début. Je réessayerai demain, j’aurai peut-être un peu plus de chance !

- Et beh, en v’là une journée chargée ! Z’êtes fatigués là j’imagine ?

- Je suis complètement vanné, acquiesça Hïo en baillant.

- Moi ça va, je suis surtout excité à l’idée de me mettre à la recherche du marteau ; Et puis cette découverte d’être un enchanteur… Ca me rend très impatient.

- Le Marteau Runique de Valyus hein… J’ai entendu quelques histoires à son sujet. Apparemment, ce serait vraiment le roi qui serait parti avec. Il aurait fait appel à d’la magie de feu pour les brûler vif. Il s’terrerait quelqu’part au fond d’Mertar, là où plus personne ne va. Il s’rait devenu fou…

- Tu pourrais m’en dire plus sur ce roi ?


- S’app’lait Doure Barbe Ecarlate. Très aimé du peuple selon mon propre père. J’l’ai pas connu, il a disparu un peu avant ma naissance, y a deux cent cinquante ans. A c’qui se disait, c’était un bon vivant, quoi qu’un peu difficile sur la nourriture.

- Mmmh. Ca ne va pas trop m’aider…


- Désolé gamin, c’tout c’que j’sais.

- Merci quand même. Euh, Hïo est en train de piquer du nez dans son assiette, je vais aller le coucher et en profiter moi aussi pour dormir un peu. Mes fluides ont besoin de se reconstituer.

- Pas d’soucis gamin, reposez-vous bien ! »

- - - - - - - - - - - - - - -

Hïo s’endormit directement après s’être laisser tomber comme une masse sur le lit. Cherock défit quant à lui ses habits et s’assit sur son lit, son épée à la main, une fiole de fluide dans l’autre.
(Bon… Voyons ce que je peux faire avec ces nouveaux pouvoirs… Mais avant ça, mieux vaut faire un peu le plein.)
Sans hésitation, le fulguromancien fit sauter du pouce le bouchon de liège scellant la bouteille, porta le goulot à ses lèvres et bu l’intégralité du liquide présent. Le liquide se déversa dans son corps et contrairement à la dernière fois, l’assimilation se passa différemment. Le liquide coula jusqu’à son plexus solaire où il s’arrêta, formant une boule située au-dessus du réservoir originel. La boule se mit à grossir, enfla jusqu’à occuper tout l’espace de sa cage thoracique. Alors qu’elle semblait sur le point d’éclater, elle se rétracta brusquement pour atteindre la taille d’une petite bille de verre. La sensation s’arrêta là, à la grande surprise de Cherock qui essaya d’accéder à cette source de fluide, en vain. Il se tapa du plat de la main la poitrine dans l’espoir de faire tomber la bille dans son propre réservoir mais là encore, ça ne marcha pas. (Merde, comment je fais moi maintenant ? J’ai besoin d’assimiler le fluide durant la nuit pour pouvoir au possible l’utiliser demain. Peut-être ai-je juste besoin de temps…)

Le mage veilla pendant une heure, préparant et peaufinant sa journée du lendemain qui s’annonçait chargée. Ils devraient d’abord se séparer avec Hïo. Lui devrait aller miner en espérant trouver de la Faerunne et couvrir sa disparition. Si les deux humains disparaissaient du jour au lendemain, ça attirerait l’attention, notamment des deux frères Thorkins qui connaissaient Arig. Le travail de Cherock ne serait lui aussi pas de tout repos : il devrait d’abord chercher des informations sur le Marteau à la bibliothèque et partir ensuite glaner des informations sur celui-ci et sur Arig et les deux frangins. Dans le cas où il tomberait sur ces deux derniers, il prévoyait de les prendre en filature un temps pour déterminer où s’ils pourraient les mener à Arig.
Satisfait de son programme, le jeune homme n’était en revanche pas satisfait de son absorption de fluide. Il alla boire, manger un morceau de pain, mais rien de tout ça ne fit passer la boule. Exaspéré, Cherock prit une décision. (Ni l’eau ni la nourriture ne fait descendre cette foutu bille de fluide. Il ne reste plus qu’à la faire descendre avec plus de fluide !) Se munissant de la seconde bouteille de fluide, il en but tout le contenu d’un trait rageur, se posa sur son lit et commença à faire circuler le fluide qu’il avait sous son contrôle dans son corps en fermant les yeux, espérant que cela aide à l’absorption. Le fluide ingurgité coula et vint envelopper la bille, la faisant grossir. De nouveau, le même procédé eut lieu : expansion, puis rétractation. Sauf que la bille ayant doublé de volume se mit lentement à tourner sur elle-même. Curieux, Cherock fit tourner son propre fluide autour de la bille, ce qui accéléra sa rotation. (C’était donc ça !) se réjouit l’enchanteur en accélérant encore la vitesse de rotation de la bille qui commençait à se fissurer. Celle-ci finit par céder sous les fissures et explosa littéralement dans sa poitrine. Le corps du mage se figea sous le coup de la douleur qui le traversa. De l’emplacement de la sphère de fluide s’échappaient des dizaines de flèches de foudre aux multiples ramures qui percèrent chaque centimètre carré de sa peau. Cherock en aurait hurlé de douleur si la paralysie n’avait pas également touché ses cordes vocales. Il resta donc tétanisé, la bouche grande ouverte, sous les assauts incessants du fluide dont la sphère se vidait progressivement. Les fourches de foudre semblaient désintégrer une fraction de seconde la peau à son point d’impact avant de la reconstituer et de rejoindre le courant de magie qui circulait de plus en dans son corps.

Au bout d’une longue demie heure de souffrance, la douleur s’arrêta petit à petit. L’enchanteur prit alors une grande bouffée d’air comme s’il était resté en apnée tout le temps de l’absorption. Il essaya de bouger et ne ressentit aucune douleur, aucune gêne. Cela le surpris un temps vu ce qu’il avait enduré, mais le souvenir du processus de déstructuration/réparation de son épiderme lui fit comprendre que son corps n’avait en réalité subit aucun dommage. Au contraire, toute la tension qu’il avait senti dans ses muscles auparavant avait totalement disparu. La fatigue mentale mise à part le mage se sentait plus en forme que jamais. En faisant attention au fluide qu’il possédait maintenant, il estima que sa réserve de fluide avait au moins doublé. (Un mal pour un bien…) pensa avec un pauvre sourire le jeune homme.
Sentant la poignée de son épée près de sa main gauche, la volonté de tester ses capacités d’enchanteur lui revinrent à l’esprit. Prenant l’épée dans sa main, il fit venir le fluide de foudre fraîchement acquis dans la paume de celle-ci. Il essaya alors de l’insuffler dans l’arme, mais échoua à le faire. Il se rappela alors que le marchand avait parlé d’une arme RECOUVERTE de feu. En soit, cela semblait logique pour Cherock. (Pour un enchanteur maîtrisant le fluide de terre ou d’eau, mettre son élément dans l’arme ne sert à rien. En revanche, recouvrir son arme d’une pellicule de fluide, c’est plus pratique et plus efficace.) Il essaya alors de déployer son fluide autour de l’arme et non pas dedans. La magie progressa et recouvrit la garde de l’arme, avant de se rétracter. Motivé par cet essai encourageant, l’enchanteur novice essaye une nouvelle fois de la recouvrir : l’enveloppe de foudre grimpa, recouvrit une petite partie de la lame avant de revenir dans la main de Cherock.
Plusieurs essais plus tard, Cherock arriva enfin à recouvrir son arme. Son épée était nimbée d’un halo de couleur jaune au plus proche de la lame et qui se teintait progressivement de violet. En faisant des moulinets de son épée, Cherock entendit le crépitement de la foudre qui parcourait désormais son arme. Il hocha la tête, satisfait, avant de rompre le sort. Le fluide retourna alors dans sa main avant de rejoindre le reste de son fluide interne. (Parfait ! Ca, c’est un sort qui ne me permettra de me défendre sans rien me coûter !). Le jeune homme refit plusieurs fois son sort pour vérifier qu’il le maîtrisait parfaitement et s’endormi juste après, un sourire satisfait sur le visage.


A suivre…

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 Sujet du message: Re: Les habitations de Mertar
MessagePosté: Mer 20 Sep 2017 14:36 
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Arc du Souffle du Voile

Chapitre XXXVII.2 : Retour Mouvementé


La suite des évènements s'enchaîna à une vitesse affolante. Alors qu'ils s'approchaient de la faille, ils rencontrèrent des miliciens partis à leur recherche après le signalement de leur disparition de Brumal, inquiet de ne pas les avoir vus rentrer. Ils avaient découvert la faille en trouvant le sac de Hïo devant celle-ci et venaient juste de s'y engouffrer. Cherock et Hïo en profitèrent pour les guider au lieu de leur affrontement avec les frères Thorkins. Ils leur racontèrent les raisons de leur affrontement et bien que les miliciens furent tout d'abord méfiants envers ces deux humains ayant tués deux des leurs, ils finirent par les croire. C'est aux vues de leurs états d'épuisement avancé, de leur bonne volonté à les mener d'eux-mêmes sur le lieu de l'affrontement et sur le fait que les deux frères n'étaient pas connus pour leur réputation d'enfants de chœur qu'ils acceptèrent leur version des faits. Ils les raccompagnèrent cependant chez Brumal en leur posant quantité de questions pour y chercher la moindre cohérence. Satisfaits d'avoir une affaire aussi propre et d'être débarrassés de deux voyous locaux, les miliciens les laissèrent devant la porte de Brumal et Pétunia qui s'empressa de les bombarder de questions.

Ils étaient debout malgré l'heure tardive, trop inquiet pour dormir. « On vous aime bien les p'tits gars.» se justifia le vieux nain d'un ton bourru. Un rapide résumé de leur journée les satisfirent, du moins Pétunia qui les envoya se coucher manu militari au grand désespoir de son mari qui avait encore beaucoup de choses à leur demander. En s'écroulant sur le lit, Cherock fut content de dormir dans une cité souterraine. Ce n'était pas la lumière du soleil qui allait les réveiller.

Une dizaine d'heures s'écoula. Cherock se réveilla le premier, étira ses muscles encore quelques peu endoloris. Il trouva devant la porte de leur chambre un plateau remplis de nourriture : des fruits, du pain, du fromage et une assiette où une généreuse cuisse de volaille croulait sous une montagne de riz d'Oranan. L'assiette était assaisonnée avec les fameuses épices Thorkine chères à Pétunia. Cherock aurait trouvé délicieuse n'importe quel plat pénétrant dans son estomac mais celui-ci était déjà succulent de base en plus de répondre aux grognements de son estomac vide depuis trop longtemps.

Il engouffra sa portion avec appétit et s'allongea repus sur son lit, un papier dans la main. Ecrit de la main de Brumal, celui-ci annonçait avoir apporté le bloc de Faerunne chez Ascan pour que celui-ci en extrait toute la Faerunne possible. Ne sachant pas trop quoi faire, ses yeux se posèrent sur la hache de feu Proma qu'il avait récupéré avec l'accord des miliciens. Le souvenir de son épée traversant la chair de son ennemi, la sensation se répercutant dans son bras le hantait encore. Il avait néanmoins réalisé que c'était une action nécessaire et légitime, la culpabilité avait donc un peu quitté ses épaules. (Une bien triste issue quand même.) regretta l'enchanteur. Il sentit alors quelque chose de dur dans sa poche et en tira la rune qu'il avait trouvé sur le tas de pierre à l'entrée de la mine à ciel ouvert. Il fouilla parmi ses affaires et trouva également la deuxième rune qu'il n'avait pu identifier. Les deux mains reposant sur ses genoux alors qu'il s'était redressé en tailleur, Cherock fit appel à sa magie pour essayer une nouvelle fois d'entrer en résonance avec les pierres, essayant de les identifier.

(Cette fois, j'y arriverai !)

A suivre…

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Dernière édition par Tergeist le Dim 24 Sep 2017 15:28, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les habitations de Mertar
MessagePosté: Mer 20 Sep 2017 23:49 
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Intervention GM pour Tergeist


Identification rune "Ten": 24 réussite
Identification rune "Ni": 32 échec


Cherock parvint, à force de concentration, à identifier la première rune, "Ten", qui signifiait "maîtrise". En revanche la deuxième, "Ni", demeurait incompréhensible. Il lui faudrait encore quelques efforts sans doute, mais il finirait bien par parvenir à percer son mystère.

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