L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: La Grand'Place
MessagePosté: Mar 28 Oct 2008 14:52 
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La Grand'Place


Aussi appelée "le quartier central", la Grand'Place est en réalité la plus grande galerie de toute la ville. Longue de deux cents mètres et haute de plusieurs dizaines, c'est sur cette grande place que débouche l'entrée principale. Sur les parois, de nombreuses cavités sculptées servent soit de demeure pour de riches familles naines, soit de couloirs menant aux quatre coins de la capitale. Son plafond abrite la Ville-Haute, quartiers du roi.

Au centre, un gigantesque fontaine fournit de l'eau aux voyageurs épuisés. De nombreux marchands s'installent autour, afin de vendre leurs objets aux étrangers de passage.

Articles:

Matériel divers:

Corde de 10 m [E=5] 16 yus
Corde de 20 m [E=10] 32 yus
Gourde (vide) [E=2] 6 yus
Lanterne à huile [E=2] 10 yus
Silex et amorces [E=1] 8 yus
Tente [E=5] 30 yus
Très grand sac [E=28] 150 yus

Potions [E=1]:

Petite potion de soin (redonne 5PV) 20 yus
Potion de soin moyenne (redonne 10PV) 50 yus
Grande potion de soin (redonne 20PV) 110 yus
Potion de soin divine (redonne 40PV) 250 yus
Élixir de soin (redonne 10 pv, 4 doses) 300 yus

Les marchands vous rachèteront vos objets de cet acabit à la moitié de leur prix de vente.

Vos objets cassés ou abîmés sont réparables contre 1/4 du prix initial, (cf le Générateur de prix d'équipement) du moment qu'ils correspondent à un type d'objet vendu ici.


(((SI VOUS VOULEZ ÊTRE SERVI DANS DES TEMPS RAISONNABLES, N'OUBLIEZ PAS DE DEMANDER AUX GM UNE INTERVENTION GMIQUE ICI, POUR QU'ILS S'OCCUPENT DE VOS ACHATS/VENTES. Nous ne faisons pas le tour des boutiques... merci de votre compréhension )))

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 Sujet du message: Re: La Grand'Place
MessagePosté: Lun 17 Juin 2013 19:08 
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Localisation: Mertar
< Maison d'Onor


La Grand’Place est à Mertar le quartier qui vit à toute heure. Si l’activité y est constante, les acteurs eux se relaient au cours de la journée. Il y règne une atmosphère de négoce que seuls les thorkins savent entretenir. Ici tout s’achète et tout se vend, mais surtout, tout se négocie. La présence occasionnelle de kenders ont fait pousser des écriteaux où, l’on peut régulièrement lire « la maison ne fait pas crédit ». Les comptoirs s’agglutinent autour de la fontaine centrale de la place qui sert également d’abreuvoir. La partie droite est réservée pour les voyageurs et les thorkins, la partie gauche, isolé, est offerte aux montures principalement constituées de boucs et de poneys. La particularité de cette journée était la présence de trois nains équipés et armés qui semblaient attendre quelqu’un. Le plus âgé des trois arborait le blason de la milice de Mertar et inspirait le respect aux commerçants et passants. Porté par un pas hâtif, Onor repéra immédiatement le groupe lorsqu’il atteignit le quartier central. D’un signe, l’instructeur de milice l’invita à les rejoindre pour entamer ses recommandations verbales.

" Bon, nous voila au complet. Les vendeurs se souviennent de l’incident. Les deux vermines de sektegs ont émergé ici comme par magie et se sont vite fait tranchés par la garde. Du coup, pas d’interrogatoires possibles, un sergent nous attend à l’entrée du puits pour quelques précisions mais si vous voulez mon avis ils n’ont juste aucune idée sur ce dont il retourne. "

" Une enquête en immersion " souligna Dolin en inspectant son bouclier.

" Ca m’en a tout l’air ", répondit Hurt en chargeant son sac à dos. " Tu as tout ce qu’il te faut, Onor ? "

Le guérisseur acquiesça d’un hochement de tête. Satisfait de la réponse, Hurt fit un bref mouvement de bras annonçant leur départ. La petite troupe s’éloigna en direction du puits d’accès au vieux Mertar.



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Onor, Thorkin, Guérisseur


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 Sujet du message: Re: La Grand'Place
MessagePosté: Sam 27 Juin 2015 21:23 
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Localisation: Mertar
Une piste?

Je me rendis le lendemain à la Grand’Place de Mertar, au fond de laquelle se trouvait le puit qui donnait accès à la ville basse. A l’extérieur, l’astre du jour était levé depuis peu de temps, et de pâles faisceaux lumineux éclairaient la voûte de la cité, passant par les puits de lumières qui perçaient, ça et là, le haut de la gigantesque cavité.

La salle qui occupait le centre de la cité troglodyte était immense. La voûte de pierre était soutenue par d’imposants piliers de plusieurs coudées de diamètre. De nombreuses cavités étaient creusées dans le roc de la paroi, abritant bien souvent les demeures de riches marchands. Au centre de la salle, une fontaine bien plus grande que nécessaire offrait un peu de fraicheur aux passants.

Malgré l’heure, la place regorgeaient déjà de nains allant en tous sens, certains se rendant au lieu de leur profession lorsque d’autre s’adonnaient de bon matin à l’un des passe-temps favoris de notre race; le marchandage.

Je me frayai un chemin entre les badauds et les nombreuses échoppes dont la salle était emplie, et me dirigeai vers le fond de celle-ci, dans un recoin bien moins fréquenté et plus sombre que le reste de la place, où un puit noir plongeait vers les abysses d’un passé grandiose dont il ne restait que des ruines.

La descente

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 Sujet du message: Re: La Grand'Place
MessagePosté: Jeu 27 Aoû 2015 19:23 
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Localisation: Sur la planête Aliaénon
Ascension au cœur de la cité

La grande place semble être cœur de la cité, toutes les principales galeries débouchent ici. Un marché de divers étals s'organise autour d'une superbe fontaine au centre de la place. Le bruit de l'eau ruisselante ponctue les cris des marchands nains. Daemon distingue quelques humains parmi la foule, sûrement des négociants. Une immense voûte surplombe le marché, un escalier serpente jusqu'en haut. Un énorme complexe de poutres et de plate-formes forment un monte charge. Korben lui explique qu'au dessus siège la ville haute, avec le palais royal et les habitations des plus notables familles. Il ne manque pas de se gausser d'y vivre d'ailleurs.

Ils ne s'attardent pas sur les marchandises, après avoir traversés la foule, ils s'engagent sur l'escalier qui semble délaissé au profit du monte charge. L'ascension est longue, d'en haut ils distinguent mieux la place qui fourmille de vie, ainsi que la ville basse qui disparaît dans les profondeurs.


La richesse s'affiche

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 Sujet du message: Re: La Grand'Place
MessagePosté: Lun 31 Aoû 2015 11:21 
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Thôrond « Ours qui gronde »

Pour le retour Daemon ne prend pas l'escalier mais le monte charge pour descendre à la Grand'Place. Il attend ainsi quelques minutes l'arrivée de l'engin, encore après, le temps du déchargement des marchandises. Le mécanisme complexe liant des rouages, ainsi que des chaînes, l'intrigue fortement. En haut comme en bas, un poste de contrôle est dirigé par un nain. Des tonnes de leviers activent la machinerie. Il reste attentif pendant le processus, mais n'arrive pas à distinguer d'où provient la force motrice soutenant la plate-forme.

Aucune marchandise ne descend, seul une poignée de nantis papillonnent à ses cotés. Épiant leurs discussions, il entend l'un d'eux, apparemment marchand, raconter le déroulement d'une affaire florissante. Il avait oublié qu'il était ici à Mertar, l'avidité Thorkine n'est plus a démontrer.

Le tumulte de la place se fait entendre bien avant d'arriver à sa hauteur. Daemon songe à faire le tour du marché, sa destination n'est plus très loin, des équipements pour explorer la grotte ne seront pas de trop. Il fouille dans ses poches et compte ses économies.

(174 yus... Saleté de pirates, deux ans de travail pour rien.)

La plate-forme atterrit dans un grand bruit sourd qui le surprend, les habitués ne semblent pas y prêter attention. Le contremaître vient ouvrir la grille de sécurité et invite la foule souhaitant monter à s'écarter pour laisser passer les sortants.

Après un rapide tour des étals, Daemon découvre un vendeur de matériels divers. Des pelles, des pioches, des cordages, des lanternes, des tentes, etc. La panoplie de l'aventurier spéléologue, quelle aubaine !

« Bonjour ! »

Le marchand, un nain bien gras avec des petits lorgnons l’accueille à bras ouverts !

« Bonjouuur chère client ! Que puis-je pour vous ? »

Daemon réfléchit quelques instant et réclame :

« Je souhaiterait vous prendre... hum... Disons une corde. »

« Quelle longueur ? Nous en avons à dix mètres, vingt mètres, trente mètres... »

Il ne pense pas avoir besoin d'une très grande corde, après tout il n'en aura peut être même pas l'utilité.

« Dix mètres suffiront. Je vais aussi vous prendre une lanterne à huile ! Ce sera tout. »

Le marchand ravis, déroule un morceau de corde pour l'enrouler de son bras plié jusqu'à son épaule et compte les mètres à voix haute. Il saisit ensuite un couteau et tranche net. Il tend la lampe tandis que Daemon ouvre son sac pour accueillir son butin.

« Quarante yus chère clients. »

Daemon n'est pas dupe. Il sort sa bourse, la sous pèse et rétorque.

« Hum, vingt yus ! »

Le marchand mime l'arrêt cardiaque assez vulgairement, avant de décliner en soulignant l'outrage.

« Tant pis » répond Daemon en tendant la lanterne.

« Grrr... Trente Yus! »

« Vingt-cinq yus, je ne peux pas plus. »

Indique Daemon en reposant la loupiote avant de s'éloigner. Le marchand fulmine derrière son étal, il s'écrie au dernier moment !

« Vingt-Sept yus ! »

Hurle-t-il dans l'espoir de gratter jusqu'à la dernière piécette. Le semi-efle ne réagit pas, continuant sa route en direction d'un concurrent.

« Vingt-six !! »

Daemon se retourne en affichant un petit sourire de satisfaction avant de rejoindre le gros commerçant.

« Marché conclut ! »

Ils rigolent de bon cœur. Daemon n'y croyait pas vraiment, il n'est vraiment pas très doué pour bluffer. Alors duper un commerçant nain, on frise l'exploit. Il saisit le matériel et ouvre sa bourse.

« Vingt-sept ! »

« Ah non ! »


Un couple âgé

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Dernière édition par Daemon le Dim 27 Sep 2015 18:09, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: La Grand'Place
MessagePosté: Lun 31 Aoû 2015 11:55 
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Le marchand marmonne en encaissant, n'ayant visiblement qu'une hâte : te voir partir.

"Heureusement que tous les clients ne sont pas comme vous, sinon, je serais ruiné !" lance-t-il d'un air théâtrale.

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 Sujet du message: Re: La Grand'Place
MessagePosté: Mer 2 Sep 2015 09:27 
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Localisation: Mertar
1. Le grain de sable

Au cœur du quartier commerçant de Mertar, de nombreuses boutiques aux devantures plus ou moins crasseuses, plus ou moins accueillantes, se partagent des bouts de trottoirs. Dans une allée parallèle aux grands axes de circulation toutefois, il est une échoppe devant laquelle aucun présentoirs, aucune table ni aucune démonstration ne prennent jamais place. Les marchands accolés, un bijoutier bon marché et une maroquinerie spécialisée dans les vêtements de mineurs, ont vite appris que la tactique qui consiste à déborder sur le territoire de son voisin pour voler sa clientèle pouvait se révéler très dangereuse, pour leur stocks comme pour eux.

La boutique de Borkoz Darum est le repère d'une clientèle initiées à la magie et d'un enchanteur irascible et affable. Depuis les carreaux, ont ne distingue qu'un fatras d'objets divers et insolites éclairé par la faible lueurs des bougies à la flamme vacillante. Le contraste est d'autant plus saisissant lorsque l'on ouvre la porte et que l'on pénètre cette singulière tanière dédiée à la magie. En effet, une fois entré entre l'étagère de droite et le présentoir central, les bougies ne sont pas si vacillantes que cela, et offrent un éclairage tel que l'on croirait l'unique pièces illuminée par des lampes à huile.
Une lourde table en bois, au milieu de la pièce, met en évidence des objets divers de première qualité, tandis que sur les murs reposent grimoires, fioles et bijoux magiques dans de grandes étagères. Accolé perpendiculairement au mur du fond, une planche et deux tréteaux servent de bureau à Borkoz Darum. C'est là qu'il passe son temps à identifier, enchanter et déverrouiller, ainsi qu'à compter les pièces en fin de journée. Derrière, une petite porte rarement fermée donne accès à un espace de stockage et aux appartements privés de l'enchanteur.
N'ayant fait d'aménagement lorsqu'il accueilli son apprenti, l'enchanteur a calé une chaise à l'entrée de l'échoppe, mais du côté opposé à la porte. Lorsqu'il n'assiste pas son maître,ne s'occupe pas du magasin ou n'est pas envoyé dehors pour une course urgente, Morte a ainsi une petite place pour assoir ses fesses et s'appliquer à son exercice quotidien.

Peu de clients sont entrés aujourd'hui, ce qui a permis à Morte de se concentrer pleinement sur son exercice. Penché sur un grand bol en pierre rempli de sable, il s'efforce de n'en soulever qu'un grain par la force de son esprit. Après de longues minutes d'efforts, l'apprenti mage, croyant avoir assez condensé le flux magique qu'il ressent en toute chose dans la boutique, relâche le pouvoir ainsi catalysé. Une fine colonne de sable de quelques millimètres de largeur s'élève au dessus du bol.

"Par Meno! Maître Darum, est-il bien nécessaire de me faire suer dans ce bol de sable?

Pour toute réponse, le mage claque de la langue d'un air exaspéré, sans relever le nez d'un petit coffre en bois déposé la veille par un client pressé. Morte saisi le bol de ses genoux et le repose sur une étagère, puis s'approche de son maître, l'air de rien, le regard rivé sur le casse-tête magique entre les mains ridées.

"Voilà un an que je suis votre apprenti, et vous m'avez appris à dresser des murs de pierre..."
"Des murs... des "murs" plutôt." grommèle le vieux nain
"Et pourtant, continue Morte imperturbable, et pourtant depuis six mois vous me forcez à travailler sur un petit grain de sable. N'est-il rien d'autre que je puisse apprendre, de plus puissant, de plus utile, de plus..."

Jamais auparavant il n'a osé être aussi discourtois envers un aîné. Le respect des ancêtres et des sages est une valeur sacrée chez les Thorkins. Mais un vent d'excitation souffle dans la tête de Morte depuis quelques mois déjà. Le vieil enchanteur avait semblé satisfait de ses progrès, et lui avait fait miroiter une aventure hors de la ville pour le récompenser et l'initier à la magie hors du cadre confortant de la citée naine.

Mais depuis, l'apprenti a été chargé d'élever un grain de sable dans un bol, et il n'a plus été questions de rien d'autres. Ne pouvant concentrer la puissance magique que sur une durée de temps limitée, une fois qu'il s'était brisé sur l'exercice si difficile, Morte finit par assister son maître dans les tâches quotidiennes de l'échoppe: balayer, récurer, accueillir et conseiller, et parfois même, plonger dans les vieux grimoires pour aider à identifier un objet. Rien, ou plutôt très peu, du savoir-faire passionnant que Morte espère acquérir. A ce compte là a-il vite pensé, il aurait mieux fait de rester forgeron.

"Quelque chose de plus spectaculaire? Finit le mage. Non, je ne veux rien t'apprendre de tel. La magie est un art qui demande de la patience et du temps. Cet exercice t'apprend cela et c'est un des deux piliers de la magie tellurique. Un mage qui peut contrôler un grain de sable, peut commander à la montagne, et...
"Et celui dont l'esprit fait du sable du verre, la terre sera son champs de bataille et son havre de paix, son arme, son bouclier et son outil." Marmonne Morte dans sa barbe, mais pas assez doucement pour que le vieux maître ne l'entende. Son visage se congestionne et ses yeux semblent lancer des éclairs à son apprenti.

"Ainsi je n'ai plus rien à t'apprendre? Hurle le mage. Peut-être crois-tu que ton apprentissage est une perte de temps, car c'est ce qu'il me semble. Jamais personne n'a répondu à son maître de manière si insolente."

Se détournant de son ouvrage, le vieux se dirige brutalement vers le fond du magasin, où il disparaît en un éclair, seuls ses cris se faisant encore entendre à distance. Bientôt la longue barbe grise et broussailleuse réapparaît, une sacoche en cuire entre les mains.

"Si tu ne peux prendre ton apprentissage au sérieux, alors tu ne vaux pas plus qu'un coursier. Beugle-t-il en jetant l'objet au visage de Morte. Rapporte donc sa sacoche au vieux Gorli, et dis-lui qu'il s'agit d'un outil de contrebande. Explique-lui pour le double fond magique, et que s'il veut savoir comment ça marche qu'il trouve par lui-même, ou ça lui coûtera 10 yuis de plus!"

Morte reste silencieux et accepte la virulente réprimande. Il est vrai qu'il n'est pas dans son habitude de manquer de respect, et l'impatience est l'un des rares défauts qu'il ne partage pas avec son frère ainé, Dentril. Il se saisit du sac dont il a assisté à l'identification la veille. Il s'agit d'un vieux toile en jute usé d'apparence anodine, mais si l'on le remplit à moitié, et que l'on lace à l'intérieur un petit fil à l'encoche dédiée, soudain le sac semble vide et échappe à l'examinait on la plus attentive.
Se dirigeant vers la porte, le jeune nain ne sait trop que penser. D'une part il est vrai que son comportement est inexcusable, d'autant qu'il n'a jamais vu son maître si exaspéré que depuis qu'il travaille sur le petit coffret de bois. Mais sa frustration à lui est réelle et lui semble justifiée. À aucun moment n'a-t-il accepté de devenir garçon à tout faire pour pouvoir devenir un mage puissant, ni encore attendre des années avant de découvrir le monde ou un second sortilège. Tandis qu'il saisit la poignée de la porte d'entrée, la voix rauque Borkoz Darum gronde une dernière fois derrière lui.

"Et tâche de réfléchir à ce que tu veux faire et devenir, jeune nain. Demain, soit ici à six heures, et que le magasin soit rangé lorsque je rentre. Si je te trouve ici, alors ne discute plus jamais mes ordres!"

Puis la tempête s'efface dans le brouhaha de la rue.

(((A suivre: 2. Machandage)))

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Dernière édition par Morte le Sam 12 Sep 2015 14:21, édité 4 fois.

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 Sujet du message: Re: La Grand'Place
MessagePosté: Dim 6 Sep 2015 18:26 
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(((précédemment : 1. Le grain de sable)))

2. Marchandage


Alors qu'il sort de la boutique, Morte prend une seconde pour regarder le flot humain qui se meut bruyamment. Les ruelles aux alentours de la Grand’Place de Mertar sont des lieux uniques pour découvrir la richesse et la diversité de la citée. Un balais de têtes poilues, rousses, brunes ou blondes se croise et s'arrête devant les étalages. Parfois de plus grandes carrures, des humains, se démarquent verticalement de plus de cinquante centimètres. Peu de non-Thorkins connaissent les chemins vers la citée, la plupart humains, et soit marchants, soit aventuriers.
Mais le fait est que toutes les catégories sociales viennent ici commercer, se balader ou discuter, et cette rencontre offre parfois des spectacles éblouissants. C’est dans ces rues que pour la première fois de sa vie, à 18 ans, Morte vit une armure en mithril, un métal si solide, et précieux que seul les plus riches de la citée en possède. L’aspect poli et parfait du métal lui-même avait coupé le souffle du jeune nain. Il s’était simplement arrêté de marcher, puis avait suivi du regard l’armure d’un noble qui rentrait avec ses soldats d’un affrontement avec des gobelins, inconscient de la clameur de la foule, félicitant leurs héros, simplement hypnotisé par l’armure.

Ses pensées divaguent et il se met à repenser à l'exercice du grain de sable. Plus le vieux Darum lui répète le même baratin, plus il se rend compte que quelque chose cloche. Depuis six mois son temps libre était consacré à parcourir toutes les rues de Mertar, toutes ses mines, pour mettre toutes les matériaux possibles à l'épreuve de ses nouveaux savoirs et nouvelles perceptions. Il était vrai que c'était le stupide exercice qui l'avait mis sur la voie. Il avait d'abord passé de longues heures dans les carrières ou les tunnels, assis, les mains simplement posées sur de la terre ou une différent types de roches.
Au lieu de perdre son temps à focaliser sa concentration et les flux magiques sur un seul grain de sable, il tentait de comprendre l'ensemble: quelle densité a cette matière? Quelle est sa résistance? Il essayait aussi de comprendre ce qui fait que la terre ici est tendre et souple, tandis que là elle est dure comme de la pierre, de même pour les roches, les minéraux et, lorsqu'il le pouvait, des filons de fer, d'argent ou même d'or. Les mineurs qui l'avaient croisé, une fois sûrs qu’il ne tentait pas de voler leurs trouvailles (et quelques yuis servaient à calmer les plus méfiants), l'avaient pris pour un fou.
Lorsqu'il se sentit enfin à l'aise avec cet exercice, il décida de l’utiliser pour explorer plus en avant la ville. Il parcourait les échoppes jaugeant la qualité de l’acier des armes et armures et apprit à reconnaitre le bon cuire et le bois de qualité. Il posait parfois subrepticement ses mains sur les murs, les colonnes ou les statues pour jauger la structure de la bâtisse ou de l’objet. Ses balades le menèrent des quartiers bas à l’entrée du palais, lorsqu’il décida qu’il était temps de redécouvrir le cœur de la ville.
S’il avait à vous expliquer l’anatomie de Mertar, Morte, naturellement, commencerait par le bas. La vieille ville abandonnée sous la citée et les nombreuses mines sont les pieds: innombrables, mais ils mènent toujours quelque part. Les quartiers bas, où les mineurs et les artisans vivent, sont les jambes et les bras, les organes moteurs de la citée. Les quartiers commerçant et autour de la Grande Place en sont le tronc, et le palais et les quartiers riches le système nerveux. Mais le cœur, c’est la forge royale.
Tous les nains et visiteurs, tous les objets et outils qui circulent dans la citée passent à cet endroit. C’est véritablement ce qui permet à l’ensemble de fonctionner. Grâce au bon souvenir qu’il avait laissé aux forgerons du temps de son apprentissage là-bas, il put pendant une semaine, revenir travailler le soir. Là, alors qu’il travaillait le métal, il essayait de focaliser son énergie pour rendre le matériau plus malléable, mais malgré tous ses efforts, il ne vit jamais d’effet. Mais il ne perd pas espoir qu’à force de concentration et d'entrainement il puisse réussir à manipuler la matière aussi aisément que de l'argile.
Alors si, seul de son côté, il a pu se forger cette expérience, au final, à quoi lui sert maître Darum ?

Inconsciemment, ses pieds l’ont mené à l’échoppe le Gorli une petit marchand qui tous les matins s’installe sur la Grand Place pour y vendre les objets achetés la veille au soir. Le nain aux cheveux noirs est en train d’emballer ses trouvailles dans de vieux chiffons pour les ranger. De bonne humeur, il s’accueille avec le sourire, content de recevoir un autre objet à vendre le lendemain. Une fois les amabilités d’usage passées, Morte tend la sacoche à Gorli, mais ne la lâche pas lorsque l’autre nain s’en saisit

"Gorli, n’avez-vous rien fait pour offenser maître Darum ? "
"Le vieux grincheux n’a besoin de personne pour se mettre en colère, pourquoi donc cette question."
"Le maître m’a dit de vous rendre l’objet, ce qu’il fait, lâchant le sac. C’est un sac utilisé par les contrebandiers pour faire circuler de la marchandise discrètement. "
"Oh, oh, heureuse pioche alors ! Comment cela marche-t-il ? "
"C’est le passage que vous allez moins aimer. Déclare Morte, prévenant, avant d’enchainer. Maître Darum m’a dit qu’il vous en coutera vingt yuis de plus pour le savoir. "
"Vingt yus ? Cette vieille carne veut ma mort ? Je lui en ai déjà donné 10 pour qu’il identifie cet objet ! " Gorli a perdu son sourire. Il peste et crache par-terre. Morte le laisse encore s’enerver quelques secondes.
"Je me suis douté de votre réaction, dit-il compréhensif, et je lui ai dit que ce n’était pas raisonnable. Vous avez sûrement acheté celui une vingtaine du yus, et vous ne pourrez sûrement le vendre pour cent, voire cent-dix yus. Après avoir discuté un moment, j’ai réussi à le convaincre de ne vous demander que quinze yuis. "

Le marchand le regarde un moment. Morte sait qu’il a surement acheté le sac pour trois fois rien et qu’il le vendra surement plus cher. Mais en prétendant ne pas se rendre réellement compte de la valeur de l’objet, il rend l’autre plus susceptible de profiter de son offre.

"Un jour quelqu’un lui fera des misères à votre maître, dîtes-le lui", dit-il finalement, tendant les pièces à Morte.

Fier de sa négociation, Morte lui explique comment nouer correctement le petit fil noir d’un pan du sac à la boucle sur le pan opposé. Instantanément, le profil de la petite dague qu’ils avaient mis au fond disparait et le sac semble, tant par la forme que par le poids, vide. Le marchand semble ravit, et ils se quittent finalement. Le jeune nain fait sauter sa bourse un moment entre ses mains, heureux de son tour qui lui a permis de gagner cinq yuis.
Lassé de sa journée, il décide qu’il est temps d’aller se reposer et prend le chemin de la maison familiale, dans les quartiers bas.

(((à suivre : 3. Une rencontre fortuite)))

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Dernière édition par Morte le Dim 20 Sep 2015 21:50, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: La Grand'Place
MessagePosté: Ven 18 Sep 2015 18:44 
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(précédemment: 9. Faire face aux conséquences)

10. Souiller

Ils marchent au son des chants de Samson, qui, toujours enthousiaste, donne l’impression d’un mineur revenant d’un nouveau filon qu’il vient de découvrir. A deux reprises, il s’arrête brusquement et pousse Morte contre la paroi du tunnel, lui tenant la bouche fermée de la main. Et à chaque fois, une magie s’opére. Des mineurs Thorkins apparaissent au bout du couloir et, continuant leurs discutions et disputes, passent juste à côté d’eux sans même se rendre compte de leur présence. Puis, après une minute d’attente, sans un bruit au début, ils reprennent leur marche.
Morte ne comprend pas exactement le phénomène, mais il sent qu’un flux magique opère autour d’eux. La seconde fois, il croit sentir que Samson manipule l’ombre omniprésente dans les tunnels comme s’il s’agissait d’une matière physique. Il n’arrive pas à comprendre comment l’humain maitrise une variation de lumière comme lui martelait le fer. Par son environnement, il était devenu plus familier avec le sol et les éléments naturels de la montagne. Mais différentes expérience auraient pu faire de lui une toute autre personne, peut-être lui aussi aurait-il pu maîtriser un autre élément. Ils arrivent bientôt à l’échoppe, et Samson ouvre avec les clefs qu’il a prises du cadavre. Ils entrent rapidement.
Morte, instinctivement s’en va allumer la lumière, mais l’humain l’arrête, il sort deux petites bougies dans des caissons métalliques avec une paroi en verre. Il allume les deux, et en donne une au Thorkin. Puis il se met à inspecter la boutique, en quête d’objets de valeur pour finir de remplir le troisième sac. Il flane devant les étagères, s’arrête un moment devant des amulettes et en prend deux, puis passe au bureau, sur lequel il récupère la boite en bois. Il pose son sac sur un tas de papiers, et y enfourne les objets qu’il a déjà pris. Lorsqu’il se remet à marcher, s’il n’y avait cette bougie, on aurait pu le prendre pour n’importe quel client, regardant la marchandise. Sauf que là, il n’y aurait aucune facture.
Le Thorkin est dégoûté par le comportement du marchand.

(Du marchand… La bonne blague ! Du voleur ! C’est un truand bien spécialisé dans l’art de la fourberie et de l’apparence. Je ne suis pas un vautour comme lui. Un prédateur qui ne tue pas pour la proie, mais pour piller le nid.)
(Mais il a raison. Tu n’es pas équipé pour affronter le froid du Col Blanc. De toute façon, que tu restes ou que tu partes, tu seras accusé du meurtre de Borkoz Darum. Et tu en es en partie responsable. Tu ne peux pas me rendre plus coupable, et d’ici à ce que tu reviennes, tu te seras débarrassé des objets.)
(Rien ne sert de te punir plus que l’exil. Donne-toi au moins une chance de survivre.)

Morte s’ébranle. Lentement, il parcoure des yeux les étalages, essayant de retrouver quoi que ce soit qui puisse l’aider, sous le regard amusé de l’humain qui retourne à son sac, une tunique, deux gros livres et une dague en mains. Le Thorkin marche lentement à côté du présentoir central, et s’approche lentement de Samson qui remet son sac. Dans sa tête, l’être civilisé se bat avec l’être rationnel pour le contrôle de ses mouvements.

(Oui, voler, c’est mal, mais il est mort. De toute façon ces objets seront vendus aux enchères, avec tout le reste pour enrichir les caisses du palais. Fais en sorte de tirer une chose de bénéfique de cette mésaventure.)

Le nain soupire, puis pose son regard sur une cape qu’il a plié, bien plus tôt dans ce qui semble être une toute autre réalité, dans l’étagère de gauche à côté du bureau de l’enchanteur. C’est une cape en peau d’ours, avec la tête de l’animal pour capuche, trop longue pour lui et à la fourrure un peu rêche. Elle semble avoir servi énormément, été peu entretenue, mais elle offre la promesse de pouvoir affronter le froid de la montagne. Se saisissant de l’objet, il le fourre sur le haut d’un des sacs qu’il tient et ressert le lien pour enfermer le contenu dedans. Et il jette un coup d’œil au bureau au passage.

(Ne prend rien qui soit trop incriminant. Seulement ce qui est nécessaire.)

Samson a fini son tour et attend le nain à la porte. Il souffle sa bougie, et lui dis dans un chuchotement de venir. L’humain ouvre la porte et le précède dehors. Soudain, Morte se tourne vers le bureau et saisit le tas de papiers qui y trainaient. Il ne sait ce qu’il y aura dedans, mais peut-être sera-t-il chanceux. Il les fourre dans la cape pliée, referme le sac et sort rejoindre Samson.


(à suivre: )

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 Sujet du message: Re: La Grand'Place
MessagePosté: Jeu 29 Déc 2016 18:13 
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Une fois sorti de l'auberge, Sildarim prit quelques instants pour se repérer.

(bien, je connais pas la ville, mais j'imagine que si je veux avoir des informations sur l'arrivée d'une caravane commerciale, le meilleur endroit est le quartier des marchands).

Avisant un Torkin, le semi-elfe s'approcha

Hola mon brave, pouvez-vous me dire ou se trouve le quartier commerçant ?

le nain se tourna vers le rodeur et le considéra un instant:

Qué ? le quartier commerçant ? on pas d'ça chez nous... Si vous voulez voir des marchands, rendez-vous à la Grand'Place.

Le courtaud tourna les talons sans ajouter un mot, laissant le semi-elfe en plan.

(charmant... Et bien il me reste plus qu'à trouver cette place)

Le rodeur se mit en marche, il lui fallut beaucoup de temps pour trouver le chemin de la place. Finalement, après s'être fait rabrouer par plusieurs Torkins de mauvais poil, il parvint à trouver ce qu'il cherchait. Il s'engagait sur l'avenue principale menant à la Grand'Place quand une silhouette familière, à 50 mètres environ, attira son attention. Un sinari avançait de toute la vitesse de ses petites jambes. Sild reconnut sans peine Guy Perbor, l'alchimiste du convoi. Accélérant le pas il le rattrapa facilement, pensant au dernier moment à retirer son anneau.

Guy !! content de voir que tu t'en es sorti. Je craignais que le convoi ait été entièrement détruit !

Sild ? hé ben ca pour une surprise, on pensait que t'étais mort ! Je suis content de voir que tu as échappé aux brigands qui nous ont attaqués. Beaucoup n'ont pas eu cette chance. Torga, Igor, Louis, ils sont tous morts.

Louis aussi ? Comment est-il mort ?

Hé bien je sais pas, on a retrouvé son cadavre criblé de flèches à l'écart de la caravane après les combats, je pense qu'il a essayé de fuir.

le semi-elfe acquiesça sans rien dire de plus au sujet de Louis.

et mes amis, Bou et Tim, tu les as vus ?

Oui oui, suis moi, ils sont avec les survivants de la caravane.

le rodeur emboita le pas à l'alchimiste qui le conduisit dans un coin un peu reculé de la place. Assis sur un muret, Bou et Tim discutaient à voie basse. Ils s'interrompirent quand leurs regards se croisèrent. la jeune femme se leva d'un bon et se jeta dans ses bras.

Sild, j'arrive pas à y croire ! je craignais qu'ils aient réussi à t'attraper.

Tim s'était également levé et tapa le dos de son ami:

Oui, content de te revoir entier, quand je t'ai vu fuir poursuivi par la moitié de nos assaillants j'aurais pas donné cher de ta peau.

baissant le ton:

Tu as remarqué, certains étaient des Shaakts...

le semi-elfe l'interrompit, chuchotant:

C'est pas le meilleur endroit pour parler, trop d'oreilles nous écoutent. Sache juste que j'ai retrouvé Miradlis, je l'ai laissée à l'auberge pendant que j'essayais de vous retrouver. On se voit demain aux portes de la ville au lever du soleil. En attendant mieux vaut que nous restions séparés pour pas trop attirer l'attention. Je vous expliquerai tout à ce moment.

C'est à ce moment que Guy Perbor revint vers eux porteur de 4 choppes et d'une immense bouteille d'un liquide ambré.

Les amis, c'est de la Girondelle noire, la meilleure liqueur du coin, par contre je vous avertis, ca réveillerait un mort ! Trinquons à la mémoire de ceux qui sont morts sur la crête... Torga, Igor, Louis... c'était tous mes amis

Le sinari écrasa une larme sur sa joue

Un peu pris de cours et ne trouvant pas de raison valable de refuser, ils trinquèrent avec le Sinari. qui ne se priva pas de remplir leurs chopes à plusieurs reprises

Quand le semi-elfe serra ses amis et pris congé, la soirée était bien avancée. Bien que sérieusement éméché, il pensa quand même à remettre son anneau.

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 Sujet du message: Re: La Grand'Place
MessagePosté: Jeu 16 Mar 2017 20:03 
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Chapitre XIV.3 : Enfouir ses sentiments dans la Cité Enfouie




(Effectivement, il n'y a pas que quoi s'extasier sur le tunnel. Cette place est DES CENTAINES de fois plus impressionnante !)


La Grand' Place Mertarienne s'offrait aux yeux émerveillés de Cherock qui, l'espace d'un instant, oublia totalement le reste. Une immense galerie de 200 mètres de long pour 30 de haut constituait le cœur même de la ville. La luminosité de la galerie venait d'un astucieux puits de lumière qui éclairait une large partie de cet espace. Ce puits se situait directement au-dessus de la monumentale fontaine qui trônait au milieu de la place, clair comme si elle venait tout juste de fondre des glaciers au-dessus de la ville. Une statue du Dieu Valyus de cinq bons mètres surmontait la fontaine, observant de son regard caché par son heaume légendaire les personnes entrant dans la cité, indiquant que chaque outrage envers son peuple élu ne saurait être toléré. Le Dieu tenait debout devant lui de ses mains croisées un bouclier long à la forme d'amande, avec les bords du haut tronqués de façon arrondie et dont le centre était frappé d'un blason typiquement nain. Ce blason, rond et également tronqué sur les côtés, était marqué en son centre d'un écu de la même forme que le blason mais borduré d'or a fond de foudre, avec placé bien au centre la montagne runique elle aussi couleur or. Le fond de l'emblème était quant à lui uni et de couleur terre, et l'emblème de la Nouvelle Mertar (selon les dires de Brumal) constituait la seule trace de couleur sur la statue de pierre finement ciselé.

Si les pans de sa cape flottaient dans un vent imaginaire venant du tunnel et si le bouclier est la première chose que le Dieu brandit à tous ceux pénétrant dans la Grand' Place, l'observateur avisé remarquera le manche d'une épée dépassant du haut du bouclier. A l'instar de leur Dieu, si les Thorkins venaient à lever en premier lieu leurs boucliers pour protéger leurs terres, ils n'hésiteraient pas une seconde à dénuder par la suite leurs lames.

Mettant pied-à-terre, le jeune homme retira ses gants, se nettoya le visage de l'eau de la fontaine et après en avoir bu une longue gorgée, s'agenouilla devant la statue de son Dieu. Il créa comme à son habitude les petits arcs entre ses doigts, puis ferma les yeux.

(Valyus, Dieu Protecteur de la Foudre et de la Justice, guide les âmes valeureuses de Fruar et Frior vers les Enfers qu'elles y trouvent le repos qu'ils ont mérité.
Je remercie ton peuple de nous accueillir dans leur cité et les prie de bien vouloir nous venir en aide dans notre quête.
Enfin je te remercie encore pour le don que tu m'as offert, et jure de retrouver celui qui a précipité le destin de Frior et Fruar avec ton pouvoir pour l'exposer à ta sainte justice.)


Libérant les étincelles contenues dans le creux de ses mains, Cherock ouvrit ses yeux vairons et vit ses compagnons de voyages, ses amis, prier également devant la statue du Dieu protecteur de la cité.

Puis les nains ouvrirent les uns après les autres les yeux, se relevèrent et lorsqu'en dernier, Brumal se leva, il se tourna vers les deux humains.

« Les gamins, v'nez avec moi. Si on en veut à vot' vie, s'rez plus en sécurité avec moi qu'à l'auberge. Puis si l'une d'ses personnes s'pointe… »

Le nain serra le poing de colère et déclara d'une voix ferme : « Alors, ils pourront pas s'cacher derrière la Loi de Valyus. Et Justice sera rendue, pour Fruar et Frior. »
A suivre…

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 Sujet du message: Re: La Grand'Place
MessagePosté: Dim 27 Aoû 2017 00:08 
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Chapitre XXIV : Procession


La foule sur la Grand'Place était monstrueuse. Pour l'occasion, les habituelles échoppes de la place furent démontées et rangées pour laisser le maximum de place aux Thorkins qui se pressaient dessus. Ils étaient des milliers, portant parfois des enfants sur leurs épaules. Un couloir traversait la masse d'individus, limité par cordon de sécurité formé d'un panaché de gardes royaux (reconnaissables à leurs lourdes hallebardes et au blason de la ville frappé sur leurs plastrons) et à la Garde du culte de Valyus pourvue d'imposants boucliers estampillé d'un éclair violet.

Grâce aux bavardages que Cherock et Hïo entendirent, ils purent établir que le retour de l'Exarque n'avait été annoncé qu'à la fin de la matinée, d'où cette agitation aussi soudaine. Ils se frayèrent difficilement un chemin à travers la foule pour avoir une place respectable, tout en longeant les murs. Ils finirent par se trouver une place près d'une étale adossée à un mur et qui ne gênait donc pas trop les habitants de Mertar pour assister à l'arrivée de l'envoyée de Valyus. De par leur taille, Cherock et Hïo voyait sans difficulté au-dessus de la foule des petits Thorkins.

« A ton avis, elle ressemble à quoi ? demanda Hïo à Cherock.

- Aucune idée, sûrement une naine, les Thorkins laisseraient difficilement une autre race diriger leur culte.

- Excepté si la personne en question est une sang-mêlé ! dit une voix dans leur dos. Brumal venait de les rejoindre accompagné de Pétunia.

- Brumal, Pétunia ! On a trouvé de la Faerunne dans la mine à ciel ouvert !

- Oui et je vois que vous avez mis vos manteaux en pièces ! reprocha Pétunia en fronçant les sourcils après avoir vu la déchirure au bras gauche du fulguromancien.

- Rien de bien grave, juste une petite rencontre avec un Gakhai. Brumal, tu as dit « Sang-Mêlé ? »

- Ouais, une sang-mêlé. Son père c'un Thorkin, mais sa mère est humaine ! Une Wielhenoise me semble.

- Une sang-mêlé Wielhenoise qui maîtrise la foudre et s'intéresse aux dragons de foudre ? Ca me rappelle quelqu'un, tiens !

- Ouais, on dirait bien que j'ai plus de points en commun avec elle que je ne le pensais ! Eh, on dirait que ça s'agite là-bas !

- Sauf que toi tu diriges pas toute une religion et envoie pas d'assassin… » ajouta Hïo avant de se taire en entendant le silence se faire sur la place.

La Grand'Place baigna pendant une longue minute dans un silence irréel. Cherock n'entendait rien, pas la moindre respiration bruyante, une quinte de toux, rien. Comme si tout le monde retenait son souffle à l'approche de l'Exarque. Il jeta un coup d'œil autour de lui et vit que tous les regards étaient tournés vers le tunnel menant à l'entrée. (Je ne vois aucun autre humain… Hïo et moi on détonne un peu trop ! Cette Rifa ne risque pas de nous louper…)

Soudain, un son résonna dans toute la place. Il semblait être un écho lointain venant du tunnel et se rapprochait manifestement, étant de plus en plus fort. Avant que Hïo ou Cherock ne puisse identifier exactement ce que pouvait être ce son, une clameur s'éleva de la foule au début du couloir formé par les Thorkins et recouvrit entièrement l'écho. La clameur se propagea rapidement à travers la foule maintenant surexcitée contenue à grande peine par la Garde Royal et la Garde du culte de Valyus. Ils scandaient tous le même mot, repris de façon unanime. Les murs de pierre brute semblaient trembler sous les assauts sonores du peuple des montagnes.

« Exarque ! »

« EX-ARQUE ! »

« EX-ARQUE ! »

« EX-ARQUE ! »


Suivi de deux colonnes de nains montés sur de robustes chevaux, une femme ouvrait le cortège, juchée sur un superbe cheval à la robe immaculée et à la crinière blonde. Le harnachement du cheval était violet et or, couleur de Valyus. La femme sur le cheval étrangement à sa monture (A moins que ce ne soit fait exprès ?) se demanda Cherock ; en effet, c'était une femme de taille plutôt petite, aux longs cheveux blonds et à la peau de nacre. Elle était, à l'instar de son cheval, vêtu d'une robe de voyage pourpre dont le col était lui blanc ainsi que le bas de la robe et des manches. Une longue rivière dorée pendait également à son cou et un diadème semblait lui ceindre la tête. Cherock ne pouvait pas la voir mieux que ça de par la distance, mais c'était sans nul doute une magnifique jeune femme.

La procession déchaînait les Thorkins sur son passage, malmenant les gardes chargés de les contenir. Malgré tout, les Thorkins semblaient plus faire ça pour la forme et ne désiraient pas réellement dépasser la limite. Par peur ? Par respect ? Cherock ne le savait pas, mais alors que l'Exarque contournait la fontaine centrale avant de passer au niveau des deux humains, Hïo se pencha vers lui.

« Elle a l'air pas mal tu trouves pas ?

- C'est vrai, mais n'oublie pas que tu parles de l'Exarque, ne lui manque pas de respect avant qu'un fidèle ou un… Enragé ne nous entende, le mit en garde son ami en baissant la voix pour dire « Enragé ».

- Mmh, tu as …. »

Cherock n'entendit jamais la fin de sa phrase car l'Exarque venait de rentrer de nouveau dans son champ de vision. Et, bien que maîtrisant la magie de foudre, la voir fut comme un choc pour lui. Une décharge électrique, comme si quelqu'un lui avait envoyé un Choc de Valyus à pleine puissance. Rifa Cime Haute n'était pas juste magnifique. C'était au-delà des mots pour lui. Deux grands yeux bleus réhaussaient un visage aux traits délicats, une bouche menue et délicate, un nez fin entouré de deux pommettes hautes rougies par le froid de la montagne. Ses longs cheveux blonds avaient quant à eux des reflets roux, surement hérité de son père Thorkin. Son port altier achevait de faire du visage de l'Exarque le plus beau que Cherock ai jamais vu. Et le peu que sa robe de voyage laissait apercevoir de ses courbes féminines laissait imaginer des formes sensuelles et bien proportionnées.

(Valyus tout puissant… !) s'estomaqua le fulguromancien.

Un évènement refroidit pourtant le jeune homme : le regard de Rifa, d'abord bienveillant alors qu'il se posait sur ses Fidèles, se fit dur et lorsqu'il tomba sur les deux silhouettes se détachant très clairement de la masse des nains. Imperceptiblement, elle décala le convoi pour longer le bord de Hïo et Cherock. Elle les détailla du regard, s'arrêtant un peu plus longtemps sur le fulguromancien. (A-t-elle compris que je maîtrisais également le fluide de foudre ?) s'inquiéta-t-il. Elle finit par les dépasser et continua son chemin sans rien dire.

« L'Exarque a pas l'air d'vous apprécier les jeunes…

- Tu crois pas si bien dire… Dans le genre beauté glaciale et flippante, elle est en haut de mon classement !

- Ouais… une vraie beauté…

- Eh oh mon vieux on se réveille ! Elle nous porte pas dans son cœur la bougresse, son application dans l'attaque de Noruk ne laisse plus de place au doute !

- C'est vrai… Allons chercher la Faerunne et tirons nous d'ici !

- Je crois que vous ne deviez rester encore un peu… dit Ascan en approchant d'eux par l'arrière.

- Ascan ? Je croyais que vous deviez garder la Forge ?

- Dwergal vient de rentrer, il a pris ma place. J'ai eu le temps d'extraire la Faerunne. Il n'y a qu'une seule dose, il vous en manque une.

- Et merde… Pas le choix, on peut plus se permettre de perdre de temps avec le minage, on va devoir être plus efficace ! déclara Cherock en quittant la foule.

- Eh attend ! cria Hïo, tu vas où comme ça ?!

- Chercher le filon de Faerunne à sa source ! »

A suivre…

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 Sujet du message: Re: La Grand'Place
MessagePosté: Sam 2 Sep 2017 20:45 
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Sans doute aurais-je eu le plus grand mal à franchir les portes de Mertar si Rakha's n'avait usé de son autorité de Longue-Barbe et ne s'était porté garant de moi aux gardes. Même avec cette garantie, ce sont des regards noirs et des visages fermés qui m'ont encore jaugé durant plusieurs secondes avant que l'officier ne grogne à contrecœur un assentiment.

Je parviens alors sur une allée colossale, plus démesurée que toutes celles que j'ai pu apercevoir au sein du Rock Armath et, surtout, incroyablement plus peuplée. Divers marchands se sont installés là, proposant cordes, lanternes ou autres potions, regroupés pour la plupart autour d'une immense fontaine. De cette allée partent diverses galeries et, sur les côtés, des entrées fastueuses révèlent des demeures de familles aisées. Les regards sont nombreux à se poser sur mon fauve et sur moi, aucune chance de passer inaperçu dans cette cité, si vaste et grouillante de vie soit-elle, mais qu'importe, je ne suis là que pour affaires.

Je jette un coup d'oeil aux étals pourvus en fioles, mais je réalise vite que leurs vendeurs ne pourront répondre à toutes mes demandes, c'est un mage compétent qu'il me faut et non un camelot. Les deux premiers Thorkins à qui je demande mon chemin m'ignorent royalement et se bornent à me lancer des regards hostiles, mais le troisième m'indique finalement la bonne direction. Quelques minutes plus tard, après avoir emprunté une petite ruelle annexe, je parviens enfin à une échoppe aux vitres poussiéreuses écrasée entre deux imposantes bâtisses. Elle ne paie pas de mine, mais avec un peu de chance je trouverai là ce que je cherche, les apparences en matière de magie étant souvent trompeuses.

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Ce n'est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur.
(Aung San Suu Kyi)


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 Sujet du message: Re: La Grand'Place
MessagePosté: Ven 8 Sep 2017 02:24 
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Chapitre XXIX : Déductions et hypothèses


Une fois arrivé sur la Grand’Place, Cherock commença à interpeller les différents vendeurs à l’étalage qui occupaient ladite place. Cette moisson d’informations se révéla clairement moins productive que celle de la bibliothèque. Peu de vendeurs connaissaient personnellement le mineur Arig et les autres ne le connaissaient tout simplement pas ou juste de nom. Personne ne put donner la moindre information intéressante à son sujet et ses deux compagnons semblaient encore moins connu. (C’était à prévoir, se consola le jeune oranien. Ce n’est pas une personne influente, un simple mineur parmi tant d’autres.) Néanmoins, il continua à poser des questions et au fil de ses pas, tomba devant une échoppe dont une délicieuse odeur s’échappait par la porte. Son estomac criant famine, le jeune homme ne fit pas prier et entra dans la modeste bâtisse.
Un comptoir de pierre coupait la pièce en deux, l’une pour les clients et l’autre pour les vendeurs. Du coté client, le mobilier était inexistant excepté une petite table de bois sombre dans le coin de gauche. Le sol était pourtant propre, bien entretenu et décoré par de multiples stries dans la roche qui formaient ainsi un dessin, que Cherock identifia rapidement comme étant un moulin. (Une boulangerie donc.) estima-t-il en observant les différents bacs à pains qui se trouvait de l’autre côté du comptoir. Une des employées arriva sur le fait et adressa un joyeux « Bienvenue dans notre boutique ! » avant de remarquer la taille de son client et rajouter « Oh, monsieur n’est pas du coin à ce que je vois. »
Cherock commençait à être habitué à cette méfiance du premier contact des Thorkins, aussi ne lui tint pas rigueur de son ton quelque peu soupçonneux.
« Oui, je suis de passage dans votre cité et mon estomac m’a incité à me rendre dans l’établissement laissant s’échapper la meilleure odeur. Et me voici ici !
- Votre estomac est un fin conseiller alors ! La boulangerie du Moulin Souterrain est la meilleure de tout Mertar, c’est moi qui vous le dit ! » répondit plus aimablement la vendeuse, mise en confiance par l’attitude sympathique du jeune homme.
(Le Moulin Souterrain ? Ca ne serait pas le nom de la boulangerie dont parle les « Chroniques de Barbe Ecarlate » ?)

« Il me tarde de voir ça, avez-vous quelque chose à me conseiller ?

- Je vous propose ce délicieux pain à la viande, nous l’avons fourré de petits dés de bœuf d’Alkinos, simple, efficace et délicieux ! assura-t-elle.

- Voilà qui mérite la peine d’être goûté ! J’en prend un !

- Très bien monsieur, cela fera cinq yus ! » dit la vendeuse en sortant d’un des compartiments incrustés dans le mur derrière elle un pain de la taille d’une demie miche.

Le pain était encore fumant, aussi le jeune homme s’en étonna auprès de la vendeuse après l’avoir payé.

« Notre four à pain se trouve juste derrière cette paroi de pierre, nous nous servons de sa chaleur pour chauffer nos casiers à pains pour les garder toujours au chaud comme s’ils sortaient du four !

- Ingénieux système ! approuva Cherock en mordant avec appétit dans son pain à la viande. Mmmh ! Savoureux !

- N’est-ce pas ?

- Oui, les dés de bœufs semblent littéralement fondre dans la bouche avec le pain. Dites, j’ai entendu parler d’une boulangerie qui serait directement attitrée à la famille royale et au palais, ça ne serait pas la vôtre par hasard ?

- Oui tout à fait ! Nous tenons ce privilège de ma grand-mère qui l’a obtenu du temps du Roi Doure Barbe Ecarlate. Même si après sa disparition, elle a souhaité rompre ce contrat, mon grand-père l’a convaincue de son importance pour le prestige de la boutique et ses revenues.

- Oh ? Pourquoi vouloir rompre un contrat aussi avantageux ?

- Elle ne nous l’a jamais dit, ma grand-mère est une personne pleine de mystères.

- Tant mieux si vous l’avez conservée en tout cas. Je vais y aller maintenant, bonne journée ! salua le jeune enchanteur en sortant de la boutique.

- Au revoir ! Revenez vite nous voir ! »

Le jeune homme sorti de la boulangerie et s’asseya à un banc sur la place, dégustant son pain à la viande encore fumant. (J’en ramènerai un à Brumal et pétunia ce soir. Ils méritent bien ça pour leur accueil !)
En mangeant tranquillement son pain, Cherock regarda les alentours. En ce début de printemps, le balai incessant des marchands reprenait petit à petit son cours dans la cité et de plus en plus de chariots arrivaient chaque jour. Les étals ne désemplissaient pas et leurs propriétaires négociaient souvent avec les nouveaux venus, marchandant des tissus à revendre à leur tour ou bien des denrées alimentaires pour une consommation plus personnelle. Alors qu’il balayait la zone du regard, quelque chose attira le regard de Cherock. Quelque chose qu’il n’avait pas vu les fois précédentes sur la Grand’Place.
Cherock se leva de son banc et approcha d’un renfoncement situé à l’ouest de la place. Il ne se démarquait pas du reste des structures, aux contraires : elles semblaient sciemment vouloir l’occulter et la faire disparaitre du paysage, redoublant de prouesses architecturales pour attirer le regard et détourner l’attention. Le renfoncement, s’aperçut l’oranais à mesure qu’il s’approchait, abritait en son centre un immense trou, ceint de barrières de protection pour prémunir d’une chute. En se penchant au-dessus, Cherock eu bien du mal à apercevoir le fond du trou, nimbé de ténèbres. Il estima sa profondeur à quatre-vingts mètres de profondeur, peut-être plus. Interpelant un milicien Thorkin visiblement de poste à proximité, Cherock lui demanda de lui en dire plus sur ce trou.
« C’est l’entrée de l’ancienne Mertar. Le puits d’accès mène directement à une partie encore praticable, le reste étant en grande partie inondé.

- On peut donc y descendre ?
demanda le jeune homme, curieux.

- Ouaip, mais à votre place je tenterai pas ! C’est rempli de saloperies en dessous, infestés de goules, gobelins et autres monstres du genre. Heureusement, c’est le seul accès connu à l’ancienne Mertar, les autres galeries ont été bouchées.

- Mais si quelqu’un décide d’y pénétrer quand même ?

- Il doit fournir lui-même sa corde pour y descendre, environ soixante-dix mètres de descente. Il a alors une semaine pour faire Valyus sait quoi et passé ce délai, nous détachons la corde. Nous refusons de laisser un moyen d’accès aux immondices qui se trouvent là-dessous. »

Remerciant le garde qui semblait avoir récité son texte comme s’il le faisait depuis des lustres, Cherock s’éloigna. Cette entrée l’intriguait. Jusqu’à présent, il avait pensé que les mines inférieures et la vieille cité était accessible aisément, mais qu’elles étaient juste inutilisées. Cette entrée changeait tout : ces zones n’étaient pas si facile d’accès que ça et le seul point de passage connu était gardé. Si le Roi Doure s’était enfuis dans ces niveaux inférieurs, il ne pourrait pas retourner à la surface.
Plus Cherock réfléchissait, plus l’hypothèse selon laquelle le roi s’y trouvait perdait en crédibilité. (Il n’y a pas tant de possibilités que ça. S’il y est allé, deux solutions : soit il y est mort, soit il est en vie. Dans les deux cas, je descendrai pas dans un endroit pareil donc le Marteau, je ferai une croix dessus. Sauf que le roi, si c’est bien lui le coupable, était quelqu’un de relativement intelligent et qui surtout, aimait bien manger. Impossible qu’il décide sciemment de se jeter dans un endroit où la nourriture y soit aussi rare qu’ignoble à manger. Il pourrait peut-être y avoir un lien direct avec la surface autre que le puits, mais ce serai compliqué par les monstres qui s’y engouffreraient si tôt que le passage serait découvert. Et en quelques siècles, ils auraient bien fini par le trouver et le passage aurait été bouché. Non, il n’a pas pu descendre en bas. Mais dans ce cas, où est-il ?)
Cherock en vint à la conclusion que pour deviner si le roi était bien descendu, il fallait en apprendre plus sur lui. S’il arrivait à prouver que c’était bien lui le voleur, il devrait chercher où il pouvait bien se cacher dans Mertar. Mais pour savoir tout ça, il devait obtenir d’autres informations. La bibliothèque ne lui en fournirait plus, aussi devait il se rabattre sur d’autres sources et l’une d’elle lui vint à l’esprit. Une personne qui avait bien connu le roi pour avoir été un membre de sa cour. Et, cerise sur le gâteau, une personne qui semblait être le point de départ de toutes les rumeurs qui circulaient à la cour à cette époque.
D’un pas décidé, Cherock pris la direction de la rue montante au nord de la place, direction les plates formes élévatrices qui s’y trouvaient. Au bout de ces plates formes, la Ville Haute. Et dans la Ville Haute, la demeure d’une certaine Comtesse. La Comtesse Cédure.

A suivre…

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 Sujet du message: Re: La Grand'Place
MessagePosté: Ven 8 Sep 2017 03:26 
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Arc du Souffle du Voile

Chapitre XXXI.2 : Vol à l'Etalage


Durant la descente du monte-charge, Cherock assimila toutes les informations qu’il avait pu récolter. (Je suis maintenant presque sûr de la culpabilité de ce roi. Il a plusieurs raisons de le faire et sa disparition coïncide avec celle du marteau. Maintenant, reste à savoir où il peut bien se terrer… Ou où il a bien pu se terrer. Toutes les personnes qui m’ont parler de Doure Barbe Ecarlate m’ont parlé d’un homme qui porte son estomac en très haute estime, c’est donc impossible qu’il se soit enfuit vers l’ancienne Mertar. Il n’a pas pu s’enfuir puisque les pisteurs et autres gardes auraient retrouvés ses traces dans la neige. Il est donc quelque part dans la nouvelle Mertar, avec quelqu’un qui le cache ou du moins le fourni en nourriture. A moins qu’il ne vole carrément…)
Aux vues de ces informations, Cherock estima que le meilleur moyen de savoir laquelle de ces options étaient la bonne étaient d’abord de savoir s’il y avait eu des vols à l’étalage dans les échoppes de nourritures. Cette réflexion le fit prendre conscience de quelque chose. (Ca ne peut pas être du vol ! Mertar lui offre une situation relativement peu dangereuse, donc il a très certainement survécu jusque-là sans trop de soucis avec sa longévité. Et si cela fait plus de deux cents ans qu’il vole, quelqu’un se serait bien douté de quelque chose depuis un bout de temps.)
Doure avec donc un mécène qui le protégeait et le nourrissait. Ou une mécène. La seule personne dont il était vraiment proche en dehors du château, c’était cette boulangère qui encore aujourd’hui est vivante. Cherock n’excluait pas la possibilité qu’il soit aidé par un noble aux moyens plus larges, mais la thèse de l’amante lui inspirait plus de crédibilité. Aussi il se dirigea pour la deuxième fois vers le Moulin Souterrain, dans l’espoir de pouvoir soutiré quelques informations.
Ce fut la même Thorkine qui l’accueilli avec un charmant sourire.

« Re-bonjour monsieur ! Ce pain à la viande d’Akinos vous a-t-il plu ?


- Parfait mademoiselle ! tellement bon que je vais en prendre un deuxième pour l’offrir à mes hôtes ce soir !

- Avec plaisir !

- C’est vous qui les faites ? demanda l’air de rien Cherock.

- Ma grand-mère oui ; elle se lève tôt le matin pour tout préparer. Elle se repose souvent en journée, comme c’est actuellement le cas.

- Votre grand-mère est bien vaillante pour continuer de travailler encore à son âge ! Surtout à des horaires aussi épuisants.

- Elle a bien du mérite oui ! Cela fera cinq yus monsieur ! répondit la jeune Thorkine en lui tendant le pain tout chaud.

- Je vous remercie. Mais dites-moi… Vous n’auriez pas des soucis de vols à l’étalage ?

- Du vol ? Comment ça ? s’étonna la vendeuse en empochant l’argent que Cherock lui tendait.

- Eh bien j’ai entendu des passants parler de vols à l’étalage sévissant ces derniers temps et je me demandais si vous faisiez partie des victimes.

- Non non, c’est assez difficile de nous voler quoi que ce soit, dit-elle en tapotant le comptoir devant elle.

- Evidemment, tant mieux pour vous alors ! Quoi que je comprendrais bien pourquoi on vous prendrai pour cible, vos pains sont succulents !

- Hihi, je vous remercie ! A vrai dire, déclara la vendeuse en se penchant en avance comme pour partager un secret, les seuls qui nous volent, ce sont les Anges.

- Les Anges ?

- Oui, une vieille tradition de ma grand-mère. Quand je prépare les fournées le soir et que ma grand-mère fait cuire le pain le matin, il y a toujours quelques pains qui disparaissent. Ma grand-mère appelle ça la « Part des Anges ». Elle assure ne pas savoir comment ils disparaissent, mais je suis sur que c’est elle qui les laisses brûler dans le four.

- Pourquoi faire une telle chose ? demanda le jeune homme en faisant mine d’être perplexe.

- Pour que les cendres du pain montent dans les airs et qu’elles atteignent les Anges ou même Valyus pour le remercier. Une offrande en quelque sorte. Mais comme par hasard, quand je m’occupe de la cuisson, aucuns pains ne disparaissent ! Ma grand-mère nie tout ça, mais ce n’est pas grave ça ne me dérange pas, j’aime même ces petites histoires.

- Amusante tradition ! Vous devriez en parler plus souvent, ça rajoute du mystère autour de votre boulangerie ça attirera du monde !

- Vous croyez ? s'étonna la vendeuse, qui n'y avait jamais songé.

- Evidemment ! Bien, il se fait tard, je vais vous quitter. Bonne fin de journée mademoiselle !

- Au revoir cher client ! »

(Doure, je t’ai trouvé !) jubila le jeune homme en s’éloignant de la boutique en direction de la demeure de Brumal. (Demain soir, je surveillerai l’entrée et verrai s’il pointe le bout de son nez pendant la nuit !) Alors que Cherock regardait autour de lui pour repérer le meilleur endroit pour espionner, une voix l’interpella.

« Cherock ! »

C’était Hïo qui se précipitait vers lui, tout essoufflé.

« Salut Hïo ! Alors, cette journée ?

- Je pense avoir découvert l’endroit où se situe le vrai gisement de Faerunne ?

- Comment ça, le « vrai gisement » ?

- Arig nous as lancé sur une fausse piste ! La Faerunne se trouve autre part, et je sais où c’est ! »

(On dirait bien que Doure vient d’obtenir une journée de répit…) pensa Cherock avant d’inviter Hïo à le suivre.

« Viens mon vieux et dis moi en plus sur ce fameux gisement ! »


A suivre…

_________________


Dernière édition par Tergeist le Dim 17 Sep 2017 20:51, édité 1 fois.

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