L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: Taverne de l'Enclume Etincelante
MessagePosté: Ven 20 Déc 2013 04:18 
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Libérée de mes liens


Il y a des limites à ce que le grade permet de faire ou pas. Bien que Maltar s’avérait à être un officier de la milice, rien ne l’autorisait à me manipuler ainsi. J’en avais peut-être la taille, mais je n’étais pas pour autant une poupée de chiffon. Privée de la liberté de parler ou de bouger, je ne me privai tout de même pas pour lui lancer un regard noir. Je lui en voulais de m’avoir exposée ainsi au reste de la foule de l’auberge, comme si j’étais une bête de foire. Et puis, la rudesse avec laquelle il m’avait lâchée au sol aurait pu être fatale pour mon petit protégé.

(Il t’a sauvé pourtant !)

Encore cette conscience qui me ramenait à la raison, elle disait vrai, malgré son manque flagrant de délicatesse et de savoir-vivre, cet étrange gobelin à la peau rouge m’avait sauvé des griffes de la méchante Achel.

Je poussai un soupir de soulagement lorsque le lutin prénommé Adrayk s’approcha de moi avec son petit couteau, j’allais enfin être libérée de mes liens. Tout vêtu de vert, hormis son bonnet rouge, il arborait une longue barbe tout comme monsieur Porsal, à l’exception que celle de ce dernier, beaucoup plus âgé, était toute blanche . Ce qui attira mon attention fut ses yeux, ils étaient vairons tout comme ceux de mon petit cousin Gustave. Mais à l’instar que Gustave, qui en avait un gris et l’autre brun, les yeux d’Adrayk étaient magnifiques. Celui de gauche d’un vert puissant alors que le droit s’apparentait plus au bleu du ciel. Avant qu’il ne puisse se rendre jusqu’à moi, le petit homme se prit le pied dans une petite planche de bois surélevée et s’affala sur le plancher. Si la situation avait été autre, j’en aurais sûrement ri, car il faut bien avouer que sa petite culbute était bien cocasse, mais je ne pouvais me permettre de faire cet affront à celui qui était sur le point de me délivrer.

Arrivé à ma hauteur, il s’affaira sans hésiter à couper mes liens. Mes bras enfin libérés, je les frottai ardemment tentant d’atténuer l’engourdissement dont j’étais victime. Puis je me dépêchai de retirer ce bâillon improvisé fait d’un petit morceau de cuir souple, probablement un bracelet vu les ciselures qui l’ornaient. Pensant qu’il pourrait m’être utile afin de me fabriquer une fronde, je le rangeai dans mon sac.

Galamment, le lutin me tendit la main et m’aida à me relever tout en s’informant de mon état. Ma main droite dans celle du lutin, la gauche soutenant l’œuf, je me relevai enfin. Je souris à mon sauveur :

« Ça va bien, je vous en remercie Adrayk ! »

Puis lui faisant une petite révérence, je me présentai à mon tour :

« Je suis Guasina Roquin ! » Me souvenant de nouveau d’Hortense, je m’adressai à la fois aux deux miliciens.
«Cette affreuse femme n’était pas seule, sa jumelle a emmené mon amie Hortense à la milice dans le but de l’accuser injustement et de la faire enfermer comme une vulgaire criminelle. Mais puisque vous faites vous-mêmes partie de la milice, vous pourrez arranger ça ? »

(((Guasina a ramassé un petit morceau de cuir... plus tard, elle s'en servira pour confectionner une fronde )))

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Dernière édition par Guasina le Mar 14 Jan 2014 04:46, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Taverne de l'Enclume Etincelante
MessagePosté: Mer 8 Jan 2014 21:26 
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Alors que Maltar retourne dans la taverne et se dirige vers le saucisson de brune, la lutine, maintenant délivrée (elle avait donc finalement trouvé une âme charitable), l'interpelle.

« Je suis Guasina Roquin ! »
«Cette affreuse femme n’était pas seule, sa jumelle à emmené mon amie Hortense à la milice dans le but de l’accuser injustement et de la faire enfermer comme une vulgaire criminelle. Mais puisque vous faites vous-mêmes partie de la milice, vous pourrez arranger ça ? »


Maltar la fixe deux longues secondes sans un mots, le regard plus bilieux encore que de coutume. Il avait beau savoir que ce genre de propos était finalement une conséquence logique de sa série de menteries, les paroles de la lutine lui semble tout de même profondément ubuesque, délirantes, voir vexantes... Que lui même prétende qu'il fait partie de la milice est une chose, mais que quelqu'un d'autre le dise lui semble presque insultant. Quand à l'idée d'aller sauver l'amie de lalutine des griffes de la jumelles, très peu pour le gobelin. Il a fait son bénéfice du jour, et il important de savoir quand tirer sa révérence... Surtout si comme le suggère la lutine la grande brune à laquelle Maltar vient de casser les dents à une complices sur place, et PIRE, une frangine qui elle aussi joue à la milicienne.


"... Yep, évidement, on charge m'dame vot'ravisseuse sur l'canasson, puis on va aller ensemble au poste attendre votre amie et l'affreuse qui la menace et on va démeler tout ça à la massette, Ça va bien s'passer m'dame Requin"


Dit il en pensant:

(... Yep, évidement, on charge m'dame vot'ravisseuse sur l'canasson, on l'égorge et s'en débarrasse en allant aux portes d'l'a ville, puis on file d'ici, loin, vite! )


Puis il attrape Achel par les pieds et commence à la trainer vers sa monture en interpelant l'assemblé:

y'aura t'il quelqu'un d'assez aimable pour m'aider à la porter jusqu'à son hongre?

la suite ici

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Dernière édition par Maltar le Jeu 29 Mai 2014 03:09, édité 4 fois.

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 Sujet du message: Re: Taverne de l'Enclume Etincelante
MessagePosté: Mar 14 Jan 2014 00:17 
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<--

Adrayk n'en croyait pas ses oreilles, voila que finalement le gobelin avait changé de manières de faire.
Se pouvait-il qu'une personne change aussi radicalement tout d'un coup ?

Adrayk en était persuadé, la preuve vivante était bien entendu Maltar !

Le guérisseur, fit un grand sourire à Guasina, puisque c'est ainsi qu'elle se nommait, et d'un geste l'invita à prendre la suite du gobelin.
Il était persuadé que son nouveau compagnon allait aider la lutine, il n'allait quand même pas s'arreter en si bon chemin ! Maintenant qu'il avait arrêté la kidnapeuse de lutin, il ne pouvait décemment pas la laisser repartir.



y'aura t'il quelqu'un d'assez aimable pour m'aider à la porter jusqu'à son hongre?

Sans même attendre de voir si la lutine le suivait, il s'empressa d'ouvrir la porte au gobelin, qui ne bougeat pas d'un pouce...

La porte de la taverne en chène massif, refusait de bouger sous son impulsion. Une force de moucheron certains diraient.
Les deux mains sur l'ouvrant, Adrayk poussa de toutes ses maigres forces jusqu'à ce qu'il soit catapulté par le coup de pied magistral que Maltar asséna à la porte.

Adrayk se retrouva bien malgré lui les quatres fers en l'air, de la boue plein les vêtements et le chapeau de travers.
C'est d'ailleurs la première chose qu'il remit en place avec empressement.

Encore une fois, il faisait preuve d'une indéniable façon de montrer son utilité.
Il se releva rapidement regardant en arrière vers le gobelin, attendant une décision de sa part.

Lui était prêt à braver les mille et uns défis que la vie lui mettrait au travers de son chemin. Avec cette compagnie, il se sentait enfin à sa place de ce monde gigantesque.
Une voix dans la tête lui criait à tue-tête :


A l'Aventure !!!

Ensuite ?


Fut sa seule parole envers Maltar, de peur de montrer trop cette soudaine envie qui l'animait.

-->

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Dernière édition par Adrayk le Mer 29 Jan 2014 01:23, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Taverne de l'Enclume Etincelante
MessagePosté: Mer 15 Jan 2014 05:40 
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Le travail ne fait que commencer


C’était la tête légèrement inclinée sur le côté droit que j’observai le retour du milicien dans la taverne plein de nains. Je ne pouvais m’empêcher de penser que ce lutin charmant et cet affreux gobelin formaient un étrange duo. Ce Maltar à la voix si désagréable et à l’attitude vulgaire me donnait des frissons. Je me gardai bien de partager cette impression, puisque je me sentais honteuse de juger ainsi les gens selon leur apparence. Qui plus est, ce sekteg, aussi laid et rustre qu’il pût être, avait consenti sans hésitation à se rendre à la milice afin de sortir Hortense du mauvais piège dans lequel elle était tombée. C’est ainsi que malgré le malaise que sa présence me causait, je me forçai de demeurer aimable.

Puis, un bruit de corps traînant sur le sol attira mon attention. Sans précautions, le gobelin aux yeux vitreux avait attrapé la méchante Achel par les pieds et la tirait sur le rude plancher de bois usé. Bien que je n’éprouvais que de la haine pour cette hors-la-loi, je ne pus réprimer une petite grimace lorsque je vis de quelle façon il la trimbalait. Heureusement, son comportement n’avait point déteint sur son mignon compagnon aux yeux vairons qui me gratifia d’un sympathique sourire. Ce dernier, prénommé Adrayk, m’invita d’un geste poli de la main de prendre la suite du gobelin. Habitée par le sens du devoir, je décidai de les accompagner. Il était vrai que je connaissais Hortense depuis peu et que je la considérais plus comme une compagne de route que d’une amie, mais je tenais à porter ce secours à cette femme qui par sa présence d’esprit avait déjoué les deux vilaines sœurettes à la dentition douteuse.

Soudainement, alors que j’en avais oublié la présence, le petit être que je cachais sous ma tunique, se manifesta. L’œuf qui lui servait de maison et de protection venait de subir une première attaque. J’entendis un léger craquement et un infime couinement. Un son si faible que personne d’autre que moi ne l’entendit. Bien que je n’avais pas voulu attirer l’attention, mon comportement avait tout de suspect. Une expression ahurie peinte sur mon visage devenu blême, mes deux mains plaquées contre mon ventre, je demeurais immobile. Inquiète, l’aubergiste qui était demeurée silencieuse depuis le début de ma libération , s’approcha de moi et me questionna d’une voix douce et maternelle

« Ça va petite ? Tu es toute pâle ! » Me dit-elle tout en me dévisageant.

« Oui, oui… il a bougé, ça me surprend toujours ! » dis-je en pointant ma bedaine.

« Je vais prendre un peu d’air, ça va me faire du bien. Ne vous inquiétez pas, je suis en bonne compagnie ! » Enchaînai-je tout en jetant un regard sur le lutin au bonnet rouge qui sortait de la taverne à la suite du gobelin et de son paquet ficelé.

Soutenant toujours mon futur rejeton, je m’empressai donc de suivre les deux compères. J’avais fait la promesse de veiller sur ce petit orphelin. Pour sa sécurité et surtout pour le soustraire des regards curieux et des estomacs trop gourmands, je devais me retirer dans un endroit tranquille afin de lui fournir tous les soins et la tranquillité dont il avait besoin.

--> les rues de Mertar

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 Sujet du message: Re: Taverne de l'Enclume Etincelante
MessagePosté: Mar 22 Juil 2014 15:01 
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PREMIER REVEIL

Un rayon de soleil m'éblouit, je me réveil alors en sursaut sur une table, quelques secondes suffisent pour me rappeler ce qui c'est passer la veille. J'avais pris une bonne correction de la part de l'un des clients de l'auberge à qui j'ai tenté de dérober une belle bourse en cuir bien remplie qui pendait à sa ceinture.
Une bosse trône désormais sur mon beau front de voleur ! Le visage encore tout endormi je me lève et m'étire.

*bâillement*

Je me tourne vers la gentille serveuse qui s'empresse de m'offrir un sourire et de s'approcher pour me dire :

"Alors Mido ? Enfin réveillé ? J'te sers quelque chose à manger peut être ?"


"Bien volontiers Karmina ! Je meurs de faim..
(Hum... Qu'es que je pourrais bien manger ?)


"Je t'apporte le plat du jour ?"

"D'accord apportes m'en deux ! J'ai de quoi payer !"

"Je t’amène ça de suite mon petit !"[/color]

(Mon petit ?! Elle a osé ?! Je ne suis pas petit !)

"V'la ton petit déjeuner ! Bonne appétit !"

"Mm... Merci"

Tout en me remplissant le ventre, je songe à ma bourse qui se vide peu à peu. Trouver du travail va surement devenir indispensable à la suite de mon voyage !
Après avoir fini mon repas, je me lève d'un pas décider en direction du comptoir pour questionner Karmina qui est entrain de servir quelques pintes!

"Dis ma p'tite Karmina, tu saurais pas ou je pourrais me faire un peu d'argent dans le coin ?"

"Tout dépend ce que tu cherches Mido, dis m'en plus"

"Bah... Mon truc c'est le cambriolage mais bon, en soit je peux faire un tas d'autres trucs ! Si d'aventure tu entends des infos dans ton auberge, touches moi en quelques mots ! En attendant je vais voir ce que je peux trouver dehors ! A plus tard"

"D'accord j'vais voir ce que je peux faire pour toi ! Je suppose que tu reviens ce soir.. Donc à plus tard !"

Je lui offre mon plus beau sourire tout en franchissant le pas de la porte donnant sur les rues à la recherche d'une quelconque opportunité pour me faire quelques sous..

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"Emprunter n'est pas voler"


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 Sujet du message: Re: Taverne de l'Enclume Etincelante
MessagePosté: Sam 23 Aoû 2014 18:21 
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<Les rues>
A l’intérieur de la taverne, je pus voir plusieurs nains, plus d’une douzaine, attablés. Je reconnus certains habitués parmi eux. En face du bar se trouvait une petite scène sur laquelle un conteur, accompagné d’un petit orchestre, détaillais une ancienne légende, écouté par quelques thorkins. Karmina, la serveuse, voletait de table en table, telle une abeille industrieuse, pour répondre aux besoins des clients.
(Ah, il est temps de boire ma paye !)
Karmina m’interpella :
« Thorùlfr ! Te revoilà parmi nous ! Alors, qu’est ce que j’ te sers ? »
« Une bonne pinte de brune, s’il te plait. »
« Je t’amène ça tout de suite. »
Elle se retourna et se dirigea vers le bar.
« Karmina, attend ! »
« Oui ? »
« Amène m’en plutôt deux, j’ai grand soif ! »
« Pas de problème. »
Je m’installai à une table et attendis le retour de Karmina. Elle revint quelques instants plus tard, munies de deux grosses pintes dégoulinantes de mousse.
« Et voilà pour toi, Thorùlfr. »
« Merci bien, lui répondis-je »
Je dégustais ma bière en écoutant distraitement le conteur. Je ne compris pas toute la teneur de son histoire sans avoir pu profiter du début.
Malgré cela, l’ambiance plutôt calme de la taverne et la bière furent propices à me détendre après cette journée. J’essayai de ne tout de me même pas me saouler car je devais avoir l’esprit clair pour le travail qui m’attendrait le lendemain.
Après avoir fini mes deux pintes, je sortis de la taverne.

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 Sujet du message: Re: Taverne de l'Enclume Etincelante
MessagePosté: Lun 31 Aoû 2015 10:16 
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Je sors, mon père m’emboite le pas tout en claquant la porte derrière lui, nous nous dirigeons vers la grande place. Elle a toujours été le théâtre d’une grande agitation, ici se rencontre les marchands désireux de faire du chiffre, et des clients récalcitrants à l’idée de débourser plus de yus que nécessaire. A ma droite, le forgeron menace d’abattre son marteau sur la tronche d’un client revêche, sur ma gauche se dessine la taverne… Temple consacré à l’ivresse, dont ses « prêtresses » sont toutes plus charmantes les unes que les autres. J’entre et tout de suite l’odeur me laisse rêveur. Mon père entre et me pousse dans le dos en ronchonnant à propos de mon éducation. Je suis un peu perdu, depuis la perte de mon œil je suis souvent pris de migraines aiguës, la douleur me lancine, et l’angle mort ne me facilite pas la tâche. Je poursuis et m’attable au comptoir, Trôrond agrippe ma manche et me fait un signe de la tête, on va dans le fond, une table est là un peu en retrait. Je prends place aux côtés de mon père et lui dis :

« Bon, t’as encore des choses à m’demander je suppose ? »

Je sens son regard me traverser, il soupire, lève la main et montre deux doigts au tavernier qui arrive aussitôt avec un plateau sur lequel est disposé deux bières.

« Non, il me semble que tu m’as tout dit. Je souhaite juste passer un moment agréable avec mon fiston avant qu’il ne reparte perdre son autre œil bwahaha ! »

Il affiche un sourire moqueur, me donne une tape sur l’épaule et boit une lampée de bière, je l’imite et en quelques gorgées nos chopes sont vides. Mon père fait de nouveau un geste au tavernier, qui, toujours prompt à servir ses clients se dépêche de venir nous servir. Pendant deux bonnes heures mon père et moi nous racontons des histoires abracadabrantesques en agrémentant ce moment de nombreuses bières. Je finis par me lever, peu sûr de moi j’avance en titubant, mais ma vessie est trop pleine et je ne puis repousser ce passage salutaire aux toilettes. Je continue donc de progresser en chancelant, j’arrive devant la porte mais au moment de saisir la poignée voilà qu’elle me résiste. J’hausse les épaules, baisse mon froc et commence à me soulager sur la porte quand soudain, voilà qu’elle s’ouvre, comme par magie ! Une silhouette sort mais je n’arrive pas à me contenir et le jet finit sur les bottes du nain. Il me regarde, puis ses bottes, sa veine temporale gonfle, son visage devient rouge…

« TOI ! Tu vas morfler gamin ! »

Mes reflexes diminués par les nombreuses pintes que j’ai bu, je n’ai guère le temps d’esquiver et voilà qu’un poing ganté me frappe en plein dans l’nez ! Je bascule en arrière et pousse un nain qui tombe avec fracas sur la table devant lui. Je n’ai pas l’temps de me relever que l’autre rapplique et me dit en hurlant :

« C’est pas terminé ! Tu vas prendre une raclée demeuré ! »

Totalement abruti, je le regarde d’un air bête, j’essaie de comprendre ce que j’ai fait mais j’vois pas. Celui que je viens de renverser extirpe sa tête du plat dans lequel elle a fini. Il a de la sauce partout sur la trogne, lui aussi à l’air énervé… Il m’agrippe par derrière tandis que l’autre rigole en s’approchant, il arme son poing et me donne un crochet au ventre, j’ai envie de vomir. Il soulève ma tête d’une main, et de l’autre me fout une claque retentissante. L’alcool commence à perdre emprise sur moi, je récupère peu à peu, le nain devant moi s’apprête à me foutre un nouveau coup, il prend une inspiration et abat sa main en direction de ma gueule, elle n’arrivera jamais à destination. Mon père s’est interposé et s’exprime d’un ton calme :

« Je ne puis défendre mon fils, il a été stupide, une fois de plus… » Il prononce ces derniers mots en dardant sur moi un regard accusateur

« Mais deux contre un, ce n’est pas… Equitable ! » Il donne un coup de tête magistral au gus qui me tient les bras en finissant sa phrase.

Je ne suis plus entravé, j’ai retrouvé mes esprits, je me mets en position pour affronter mon adversaire. Mais pour lui le combat est déjà commencé depuis longtemps, il traverse ma garde et d’un coup de paume me fracasse le nez, le sang coule abondement. Je tente une riposte fulgurante et lui fonce dessus, espérant le déséquilibrer. Ma charge aboutie et voilà mon assaillant qui tombe en arrière pour atterrir dans la cuvette des toilettes. Je décide de pousser mon avantage et lui bondit sur le dos, j’agrippe sa natte et lui cogne la tête contre les parois. Il se relève d’une impulsion et me fait tomber à terre. Je me remets debout et me prépare au nouvel assaut, il s’élance vers moi en criant moult insultes naines. J’essaie d’arrêter son élan et me portant à sa rencontre, nous nous empoignons pour finir à terre. Je lui balance un crochet dans la mâchoire, il crache du sang et me donne un nouveau coup de tête. Je me sens faiblir, je regarde à gauche et voir mon père en prise avec deux nains, mon adversaire profite de ce moment de relâchement pour m’administrer un coup de pied dans le genou, je crie de douleur en tombant, il soulève encore son pied, bien déterminé à me sonner. J’arrive à saisir sa botte de mes deux mains et d’une torsion le fait s’effondrer. Je lui monte dessus et lui flanque plusieurs coups. Il finit par s’évanouir, je me rétablis tant bien que mal et essaie de jauger la situation. Mon père se bat désormais en un contre un, l’autre est assommé.

« Eh petit, je vais t’apprendre…une…leçon. Toujours se méfier d’un « Lourde-Enclume » ! »

Celui que je pensais avoir vaincu est derrière moi, il abat une chaise en bois dans mon dos, les débris se répandent autour de moi, je mets un genou à terre. Une douleur atroce me remonte l’échine. Je commence à perdre conscience, la dernière chose que j’entends se résume à ces quelques mots :

« Touche pas au fiston tête de fion ! »

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J'suis tête en l'air... Merci à Dame Itsvara pour c'te superbe signature !


Korben's Song.


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 Sujet du message: Re: Taverne de l'Enclume Etincelante
MessagePosté: Sam 12 Sep 2015 19:19 
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(((précédemment: 3. Une rencontre fortuite)))

4. Levé de coude

Le nain et l’homme conversèrent longtemps sur le chemin de l’auberge. Samson parla longuement de ses derniers voyages à Bouhen, Cuilen et Shory, et fît parler Morte de sa vie avant de devenir l’apprenti de Borkoz Darum. Lorsqu’ils arrivent enfin, le nain se dirige vers les tables au fond, mais il est arrêté par la main du marchand sur son épaule, qui l’attire à une table plus proche du comptoir derrière lequel le tenancier essuie les choppes en toisant ses clients, véritable maître des lieux. En passant devant ce dernier, Samson montre sa main, l’index et le majeur levés, et, parlant fort pour couvrir le bruit de la salle :

"Apportez-nous deux bières, si vous nous voyez lever le coude, apportez-nous en deux autres !"

Le nain l’observe des bottes à la tête, jaugeant si l’étranger a assez pour payer ce qu’il commande. Si ses vêtements n’ont pas l’air de particulièrement bonne facture, Samson fait soudain apparaitre dans sa main une bourse gonflée par les pièces. Le tenancier hoche la tête en signe d’assentiment, et verse lui-même les bières. Le duo s’installe à sa table et presqu’aussitôt vient le troisième service.

"Cher Morte, excusez-moi de ma franchise, commença le marchand avant de boire une nouvelle bière d’un trait, mais il me vient de vous demander : que faites-vous avec Barkaz ? Vous semblez être un garçon doué, sûrement plus que ne l’est Barkaz Borum !"

L’humain en disant le nom fait de gros yeux et prend un ton si sirupeux que Morte explose de rire, propulsant un geyser de bière au milieu de sa barbe rousse.

"Vous ne devriez pas, monsieur Koriac !"
"Appellez-moi Samson, comme tout le monde."
"Monsieur… Samson, hoquète Morte sous les rires de son interlocuteur, maître Darum est un très bon magicien, simplement pas un bon professeur. Mais il m’a raconté comment vous avez traversé les grandes plaines jusqu’à Bouhen pour y trouver ce pendentif magique, et les sorts qu’il utilisa ne sont pas simple à maitriser."

Le nain paraît embarrassé un instant, puis décide de répondre. Peut-être qu'une personne rompue aux voyages et à l'aventure est au finale la seule qui puisse comprendre l'impatience et l'impuissance qui le torturent.

"Toutefois, et ce n'est pas... Je veux dire... Je ne voudrais pas critiquer maître Darum, vous comprenez..."
"Mais...?" Complète le marchand, engageant.
"Mais... Voilà un an que maître Darum m'a pris pour apprenti, et pourtant, si j'ai bien appris les rudiments de la magie tellurique," commence Morte, en insistant sur le mot "rudiments", "voilà plusieurs mois que je n'ai rien appris de nouveau. Mon rôle se limite à celui de boutiquier. Vous comprenez, je n'ai certes que cinquante-huit ans, mais j'aimerais enfin quitter Mertar, parcourir le continent et découvrir plus."(Plus d'endroits, plus de sorts, plus de minerais, plus de...)

Un silence s'ensuit. Le nain, les yeux rivés sur le fond de son verre, est sorti de sa méditation par le serveur qui lui prend le récipient vide et le remplace par un plein, puis effectue le même balais devant le marchand. Le regard de Morte de porte alors sur l'homme et découvre, stupéfait, le visage de Samson rougit et boursoufflé, comme s'il s'efforçait de ne pas exploser de rire. Puis ses lèvres se fissurèrent, et de la faille béante s'échappa, d'abord par fins filets, puis de plus en plus fort, son rire franc.
Morte rougit de honte et de colère. Il se sent ridicule, et que l'homme à qui il exprime honnêtement ses pensées explose de rire, entame sérieusement sa confiance, en lui-même et dans son hôte. Samson qui se rend compte que cette fois-ci son rire seul ne pourra détendre son interlocuteur, se calme rapidement, et commence à s'excuser entre ses derniers sursauts.

"Veuillez m'excuser, Morte, et ne le prenez pas pour vous mais... Vous êtes très mal tombé! Vraiment très, très mal tombé! Si vous vouliez devenir mage, alors devenir l'apprenti de Boroz n'était pas le bon choix!"
"Expliquez-vous! Pourquoi donc suis-je votre risée!"
"Pardonnez, oh non, je ne ris pas de vous, mais de la roublardise de ce cher Darum. Voyez-vous, j'ai été surpris, lorsque mon ami a pris un apprenti. Il n'a jamais été un mage très habile, mais il a toujours su tirer le meilleur de ce qu'il avait. C'est pour cela que même avec une connaissance de la magie limitée, il a réussi à se tailler une bonne réputation et à vivre correctement de son commerce. Je ne pense pas malheureusement que vous ayez choisi le bon maître, à moins que vous ne cherchiez à apprendre la fourberie et l'avarice. Quels sorts Borkoz t’a-t-il appris ?"
"L’un des premiers sorts qu’un magicien peut apprendre, à créer un mur de pierre pour me protéger."
"C’est exactement là que je veux vous mener : j’ai moi-même été formé à la magie, et j’appris plus d’un sort ma première année. Borkoz n’a aucune intention de vous former. Mais vous êtes fautif aussi, vous auriez dû chercher par vous-même à découvrir de nouveaux sorts, en cherchant d’autres mages, en lisant des parchemins, ou en réfléchissant par vous-même. La magie est un art d’imagination. Il faut savoir ce que l’on veut faire, avant de savoir comment le faire."

Morte est bouche bée. Il se rend compte que son interlocuteur a raison. Il a passé tellement de temps à essayer de comprendre comment circulent les flux magique, qu’il n’a jamais tenté, même une fois, de recréer quoi que ce soit d’autre qu’un demi-cercle de pierre, d'utiliser son savoir pour apprendre les sorts qu'il se plaint de ne pas connaitre.

"Je sens en vous un Thorkin intelligent et un aventurier, mais vous n’êtes pas encore aventureux. Je pense qu’il vous faut partir de Mertar, et découvrir le monde."
"Je ne puis, je suis engagé auprès de Maître Darum. Légalement, je veux dire."

Samson prend une seconde avant de répondre, et un sourire commence à se dessiner sur ses lèvres.

"Et alors, vous pensez qu’ils enverront des patrouilles de la garde vous chercher à travers Nirtim ? Ha ha ha, Morte, mon ami, vous avez signé un contrat de servitude avec ce cher Borkoz. Le seul moyen de vous en sortir est de sortir de cette citée-cocon. Mais je suis d’accord qu’il n’est pas facile de faire le premier pas, surtout sans argent. Que diriez-vous de gagner quelques yus ?"

Un sourire éclaire le visage de Morte. Pour être sûr d’avoir toute l’attention d’un nain, offrez-lui de le payer. Samson avait son public déjà pendu à ses lèvres de toute façon, mais Morte a conscience qu’il lui faut de toute façon de l’argent, qu’il veuille rester ici ou partir.

"Ma foi, si je peux vous rendre service, et gagner des yus, je suis fort intéressé."
"Ha ha, vous voilà dans le bon état d’esprit ! Avez-vous entendu parler de ces mineurs qui ont déclaré avoir trouvé un filon de mithril ?"
"Oui, ces imbéciles n’avaient trouvé qu’un minéral inutile. Ils ont été la risée de la citée !"
"Et bien figurez-vous que leur trouvaille n’est pas si inutile que cela. Je connais un collectionneur à Kendra Kâr qui, je pense, serait très intéressé. Il collectionne minéraux et roches rares. Malheureusement, je sais que les mineurs tireront avantage du fait que je sois humain pour gonfler les prix, ce qui fait que je ne tirerais pas de profit de la revente après. Peut-être pourriez-vous l’acheter, vous, car ils seront plus enclins à négocier ? Ramenez-m’en un kilogramme, et vous pourrez garder la moitié de ce que vous m’aurez fait économiser. Cela vous convient-il ?"
"Mais bien sûr !" Répond Morte, ravi.

Aucune chance qu’on lui vende le minéral trop cher. Avec ces connaissances en la matière, même s’il n’arrive pas à identifier les crystaux, il aurait au moins une idée de la valeur réelle. Soudain, Samson poussa sa chaise en arrière.

"Il est temps pour moi, de vous quitter, mon cher Morte. La bière Thorkin est délicieuse, il me faut partir en repérage pour demain," dit Samson en se levant.

Morte se redresse aussi et Samson va régler le tavernier en personne.

"Je vous remercie pour votre compagnie ce soir, Samson. Excusez ma curiosité, mais pour quoi donc devez-vous faire des repérages ?"
"Peut-être vous en dirais-je plus un autre jour, mais je ne le peux malheureusement ce soir."
"Je comprends, je comprends," s’empresse de dire Morte. "Quand devrais-je vous remettre le minéral ? " Rajoute-t-il.
"Il faut absolument que je récupère cela ce soir, mais je ne pourrais le faire moi-même. Rendez-vous là où j’installe toujours ma charrette. Un de mes garde y sera, remettez-lui les minéraux et le reste," dit-il en pointant la bourse. "Je ne pourrais malheureusement pas me rendre là-bas ce soir, mais je ne vous dis pas au revoir, nous nous reverrons bientôt. "
"Fort bien, ce sera fait, et par ma barbe vous paierez le prix juste ! Je vous dis à bientôt, Samson, c’est avec plaisir que je vous reverrais. "

S’il est coutume de récupérer une "contribution" pour les apprentis quand leurs maîtres les envoient acheter quelque chose ou recevoir de l’argent pour eux, cette fois-ci, Morte se sent investi d’une mission. L’humain est si charismatique, si aimable et serviable, que le Thorkin se sent obligé envers lui. Ils se saluent devant la taverne, et le marchand itinérant se dirige vers l’est, quand Morte prend la direction du gisement dont ils ont parlé.

(((à suivre: 5. A la charrette)))

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Morte: Mage de Terre, Thorkin, niv.1


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 Sujet du message: Re: Taverne de l'Enclume Etincelante
MessagePosté: Sam 26 Déc 2015 16:49 
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Je termine ma... Je ne sais plus mais je fini une autre pinte. Je me délecte du brouhaha autour de moi comme pour en garder une trace en mémoire. Être entouré de mes compères risque de devenir quelque chose de rare durant les mois/années qui suivront. Aujourd'hui, je fête mes cinquante ans ainsi que le début de mon périple. Je jette un coup d'œil vers le tavernier et lui commande la dernière chopine que je vais boire en terre naine avant longtemps. Il est bientôt l'heure du départ des marchands vers Kendra Kâr et je ne veux pas manquer mon créneau!

(Mmm passer autant de temps avec des humains ça ne vas pas être simple... Mais je suppose que je dois m'y habituer! Ce pourquoi je vais commencer par Kendra Kâr... La grande cité des hommes. Autant commencer fort, ça me mettra directement dans le bain. De plus, je suis curieux de découvrir comment se comporte les humains quotidiennement.)

Je vide alors mon dernier verre en deux gorgées et me hâte à sortir de cette taverne que j'ai tant fréquentée! Au passage, je salue d'anciens compagnons de l'école de la guerre, qui fêtent apparemment leur entrée à la grande garde. Je me dirige alors vers les grandes portes de la ville afin de rejoindre mon convoi.


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 Sujet du message: Re: Taverne de l'Enclume Etincelante
MessagePosté: Lun 3 Oct 2016 19:12 
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Malgré l’heure matinale, la taverne est déjà pleine d’activité. Des thorkins encore trop jeunes pour avoir plus qu’un duvet sur le menton raclent et balaient la sciure jetée au sol, tandis que d’autres lavent déjà les dalles nues. Une fois l’ensemble sec, il sera recouvert pour de nouvelles soirées. C’est un luxe que peut s’offrir une taverne qui ne désemplit jamais. Karmina dort, mais un gamin accepte d’aller la réveiller, impressionné par le tabard frappé de l’écu à la montagne. La responsable de ce lieu de libation descend quelques minutes plus tard, non sans force de grognements et jurons, des greniers où se trouvent les chambres. Emmitouflée dans une épaisse robe de chambre de laine, ses cheveux en désordre, avant même d’adresser un mot à Gorim, elle se dirige vers les cuisine et veille à ce que le pain ne cuise pas trop dans le four, que le repas des pensionnaires soit bien prêt, et que celui du soir soit déjà dans tous les esprits. Après, seulement, elle s’installe à la grande scène de pierre, amenant avec elle une miche de pain sur sa planche, un pot de confiture et une jatte de lait de chèvre. Sans gêne aucune, elle commence à manger, tout en indiquant de la pointe du couteau à Gorim de prendre un tabouret. Ici, un capitaine de la milice pourrait bien se pointer, c’est elle qui dirige.

« Tu viens pour le vol, c’est ça ? »

« Oui m’dame. »

« Mmmmmh » se borne-t-elle à commenter, affichant une moue dubitative ; « je pensais qu’on m’enverrait quelqu’un avec plus de… ou plus d’un… enfin bon, t’es là, si tu fais le boulot pour lequel je paie des taxes, ça me va. »

« Je serai à la hauteur ! » ne peut s’empêcher de protester Gorim, un peu vexé d’être si mal accueilli.

« Ouais, ils disent souvent ça, mais dans les faits… »


Le milicien n’est pas assez naïf pour ne pas saisir le sous-entendu, pas non plus assez niais pour s’empourprer. Cependant, il demeure déstabilisé d’être ainsi traité, par une thorkine en plus. Se massant les tempes, elle continue de manger à gros morceaux ses tartines. La bouche pleine, elle poursuit.

« J’ont vo’é les togneaux dans ‘a nuit d’a’ant hier. »explique-t-elle, puis déglutit ; « Quelque part après la mi-nuit. J’avais fait remonter des fûts pour servir en salle, et puis après personne n’est descendu. C’est hier matin que j’ai constaté qu’on m’avait volé. J’ai vérifié que c’était pas une erreur de chez moi, qu’on n’avait pas monté la bière par erreur. Alors je suis allée à la Milice. Et z’ont pas été foutus d’envoyer quelqu’un avant ce matin. Ma bière doit déjà être éclusée ! Et moi je passe pour quoi auprès de mes clients ? Hein ? » Les derniers mots sont ouvertement agressifs, assez pour que Gorim ne songe pas un seul instant à rétorquer que la milice fait ce qu’elle peut et traite les affaires selon leur priorité. Après tout, Karmina dispose encore d’un couteau à portée de main, et il sait très bien que pour tenir une taverne, pas question de manquer de talents divers.

« Je ferai tout mon possible pour trouver les coupables. Pouvez-vous me montrer où les fûts étaient entreposés ? »

« Ouais. »

Cependant, le milicien doit encore attendre qu’elle ait fini de manger, puis qu’elle aille se changer. Oubliée la tenue qui met en valeur ses formes encore généreuse et fraîches de thorkine plutôt gironde dans la force de l’âge. Tous les apprêts ne valent que pour les clients, à l’heure où ils sont enclins à lamper plus que de raison, et à verser les pourboires en fonction du volume de poitrine qu’ils devinent. Dans l’intervalle qui la sépare de son travail de salle, Karmina est avant tout une thorkine qui doit tenir son établissement, aussi adopte-t-elle une tenue fonctionnelle, chemise de laine, braies, ceinture de cuir et bottines renforcées, le tout dans des nuances sombres qui ne tachent guère. Elle soulève sans peine la lourde trappe du monte-charge, et fais descendre la plate-forme ; de même elle découvre le passage pour les thorkins, un boyau descendant vers la cave où l’échelle est directement taillée dans la pierre.
Comme certaines demeures dont les propriétaires sont assez riches pour occuper deux surfaces, la taverne de l’Enclume Etincelante profite de la configuration en étage de Mertar. La salle, située plus haut – c’est tout la logique de la cité thorkine – accueille les clients ; la cave, juste en dessous, la marchandise. Si bien que tout est livré par le bas, et passé par le monte-charge. Il y fait bien plus frais que dans la taverne proprement dite, sans que pour autant la moindre humidité se manifeste. Car sont conservés là salaisons, sac de farines, pois, céréales, diverses boissons en fûts. Tous les parfums se mélangent pour donner celui si caractéristique d’un garde-manger bien rempli, une soupe d’odeur réconfortante. Au bout de la cave, une porte rectangulaire à double battants doit ouvrir sur la rue. Les gonds sont solidement ancrés dans le roc, deux traverses d’un bois dense la tiennent close, en sus d’une serrure.

« Vas-y, fouine tant que tu veux, mais trouve moi qui a fait ça. Moi j’ai du boulot. »

Karmina confie à Gorim la lampe à huile qu’elle a amené pour fournir de la lumière dans ce vaste cellier, puis remonte jusqu’à la salle, laissant le thorkin seul avec ses questions.

(Par où commencer ?)

C’est qu’il n’a jamais vraiment été formé à enquêter, ce ne sont pas vraiment des choses auxquelles on éduque les recrues. Les vieux disent que ça vient avec le temps, qu’on apprend sur le tas. Apprendre sur le tas, il veut bien, mais pas question de rater le coche. S’il se plante dans les grandes largeurs, combien de temps avant qu’on lui confie à nouveau une occasion pour faire ses preuves ? Peut-être jamais…

« Merde… merde. Merde ! » grogne-t-il entre les dents, de peur que Karmina l’entende. Pas question de retourner voir le sergent, pas tout de suite, pas question de se rater, il faut réfléchir vite, réfléchir bien. Mertar est immense et un fût de bière ça se vide vite, dans un gosier ou un caniveau. Pire encore, ça se brûle ! Un tour dans une forge et hop, plus de preuves !

« Merde… »

Et comment entrer dans la réserve ? Passer par la salle, un soir de grande affluence, c’est possible, encore que risqué. Mais remonter les fûts par le monte-charge sans que personne ne s’en aperçoive, puis les sortir par la porte principale, hors de question. Alors que peut-être, descendre dans la réserve, ouvrir l’accès à la rue, charger les fûts, refermer, remonter ; le tout en veillant à ce que personne ne descende au même moment, ou dans la rue ne se pose de question. Risqué, parce que si quelqu’un débarque au mauvais moment, il vaut mieux fuir en vitesse. Par contre, avec un plan pareil, si personne ne voit rien… Eh bien personne ne voit rien, et c’est foutu pour le milicien qui doit se coller l’enquête. Pas de témoin, pas de preuve.

« Peste… »

Vacillent avec la flamme de la lampe les espoirs d’ascension.

« Par Valyus, reprend toi ! »

Les instructeurs lui ont appris à tirer à l’arc, pas à fouiner dans des caves à la recherche de potentiels indices. Heureusement, ils lui ont également appris à ne pas se rendre, à ne pas baisser les bras, à ne pas se laisser abattre, au sens propre comme au figuré. Ça ne vaut pas tout à fait une leçon sur la manière de mener une enquête, mais c’est mieux que rien. Soudain, il est content d’avoir été chargé seul de résoudre ce vol. Au moins personne n’a assisté à ce soudain accès de faiblesse. La réputation est sauve, et lui seul pourra se reprocher d’avoir songé un instant à abandonner à ce stade. Quelle que soit l’issue de son enquête, il devra faire un rapport, alors autant avoir des choses à raconter au moment fatidique.

Comme tous les thorkins, Gorim sait qu’il y a littéralement plusieurs manières de voir les choses. La lumière est un confort, pour distinguer les couleurs, certains reliefs, voir le monde autrement. Mais l’œil d’un nain est acclimaté aux ténèbres, et ce qui fait leur essence, leur histoire, leur identité, ce sont les tunnels sombres, la nuit perpétuelle des cavernes. Un nain ne se priverait pas de cet avantage, surtout pas pour prendre le risque de se faire pincer en trahissant sa présence. Aussi le milicien ferme-t-il les yeux et souffle la bougie. En rouvrant ses paupières, son regard s’acclimate doucement. Il voit la cave comme les voleurs l’ont peut-être vue. Pour tirer à l’arc, il faut anticiper plusieurs facteurs : la vitesse et la direction du vent, de la cible, la distance. Finalement, pour enquêter, c’est une démarche un peu semblable. Il faut rétro-anticiper, se dit-il, prendre en compte tous les paramètres tels qu’ils étaient. L’idée ne le rassure qu’un temps, pas tout à fait, en voulant filer la métaphore, il se perd. Alors il se raccroche à une étude minutieuse des lieux. Ici aussi il y a des dalles, et pas de signe qu’elles ont été déplacées, ou quoi que ce soit. Les sacs sont à leur place, et les traces dans la légère poussière, farine et charbon mêlés, au sol, ne dénotent que des absences, pas de déplacement. De même, la porte ne semble pas avoir été forcée, pas moyen de passer une scie dans un interstice pour venir à bout des traverses, et le verrou de l’intérieur ne révèle rien. Par acquis de conscience, Gorim frappe tous les murs à sa portée, sonde à la recherche d’un éventuel passage secret bien dissimulé : après tout, Mertar compte plus de tunnels et de passages que les mémoires parviennent à conserver la trace. Beaucoup creusent, bouchent, maçonnent, excavent, au gré des alliances, des acquisitions et des cessions. Mais rien.

Lorsqu’il remonte dans la salle, Karmina est à nouveau attablée à l’estrade, avec devant elle un livre de compte qu’elle remplit avec soin. Sans même lever le nez, elle balance sa pique.

« Alors, t’as fait une sieste pour trainer si longtemps en bas ? »

Cette fois, Gorim est en colère que son zèle passe ainsi pour de la paresse ; et plus encore de ne savoir quoi répondre à cette impertinente, ni comment. De toute manière, elle ne lui laisse pas le temps d’en placer une.

« Les tablettes, c’est la commande. » précise Karmina en désignant du bout de la plume deux plaques d’argile enchâssées dans un cadre de bois. « Ça vient du Malt d’Or, un bon millésime, vieillie en fût, spécialement pour les officiels, le genre distingué. Avec ça je garde toujours une trace. Les fûts sont marqués au fer rouge, tu vois l’année, le contenu, comme ça ils savent ce qu’ils ont mis dedans, ce qu’ils peuvent encore vieillir, et combien de fois. Du fût haut de gamme, ils les récupèrent. T’as les numéros sur les tablettes. Si un crétin les a gardés, tu les distingueras facilement. Si tu trouves le crétin. »

« Est-ce que quelqu’un aurait pu… »

« Descendre dans la cave ? Y’a un verrou sur la trappe, le genre lourd, je ferme parce qu’il y a toujours un ivrogne pour aller se fourrer dedans et foutre le merdier. Est-ce que quelqu’un aurait pu me piquer les clefs, faire une copie, ou je ne sais quoi ? Eh, tout est possible, c’est toi le milicien, à toi de me dire. »

« Oui, alors est-ce que… »

« Ecoute mon mignon, je la possède pas cette taverne, j’ai un propriétaire sur le dos. Soit tu me sors quelque chose d’intelligent, soit tu me laisses compter, vu ? Parce que si on retrouve pas cette bière, j’aurai intérêt à présenter de bons chiffres si je veux pas perdre ma place. Et je vais galérer à retrouver la confiance de mes commanditaires. Au fait, la réception c’est après-demain. T’as plus beaucoup de temps, alors traine pas en bavardages. »

« Bonne journée m’dame. » marmonne le milicien en tournant les talons.


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 Sujet du message: Re: Taverne de l'Enclume Étincelante
MessagePosté: Sam 2 Sep 2017 18:48 
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Dans le chapitre précédent…

Arc du Souffle du Voile

Chapitre XXV.1 : L'enquête


Le temps pressait. Aussi, après un rapide détour par la maison de Brumal pour y déposer leurs affaires, Cherock et Hïo partirent directement en recherche d’indices. Cherock avançait rapidement en tripotant un curieux caillou marqué d’un symbole qu’il avait trouvé à ses pieds sur la Grand’Place. Etrangement, il sentait une aura sortir de la pierre, mais la rangea dans sa poche en se promettant de l’apporter à quelqu’un qui pourrait lui en apprendre plus sur la pierre.

« Mais des indices de quoi ? Explique-toi ! » cria Hïo en poursuivant son ami.

Cherock chassa le visage de l’Exarque qui flottait encore dans son esprit. Elle n’allait pas lui faire de cadeau, donc autant ne pas perdre de temps.

« Tu te souviens de comment les Thorkins ont su qu’il y avait de la Faerunne ?

- Ouais, un des mineurs est revenu en disant qu’il avait trouvé de la Faerunne dans une des mines mais qu’il n’avait pas eu le temps de l’extraire, l’hiver aillant bloqué l’entrée juste après sa découverte.

- Exacte. C’est lui qui est à l’origine de tout ça, aller lui parler serait une bonne idée, peut être qu’un détail a été négligé ? proposa Cherock.

- Ca me parait censé, approuva le jeune forgeron. Tu sais où on peut le trouver ?

- J’ai une idée. Là où on trouve tous les mineurs, la taverne de l’Enclume Etincelante ! »

Telle fut la conversation des deux amis sur le chemin qui menait à la taverne de l’Enclume Etincelante. Lorsqu’ils y entrèrent, ils découvrirent une taverne pleine à craquer de Thorkins consommant joyeusement des pintes de bières. C’était simple, la salle était pleine à craquer et malgré l’heure peu tardive, de gigantesques broches de viandes tournaient au-dessus de la fosse à feu qui trônait au milieu de la salle. L’ambiance y était joyeuse et toutes les discussions ne tournaient qu’autour du retour de l’Exarque. Comment s’était passé son voyage ? Quand repartirait-elle ? Quoi qu’il en soit son retour était un prétexte de fête pour tous les Thorkins qui s’en donnaient à cœur joie.
Se Frayant un chemin jusqu’au bar, Hïo remarqua la jolie serveuse naine qui virevoltait avec aisance parmi les tables bondées, les Thorkins déjà éméchés et ceux en partance pour aller chercher une énième bière au bar.
Arrivé au comptoir, Cherock dut hurler pour se faire entendre du barman, tant le brouhaha était omniprésent.

« EST-CE QUE VOUS SAVEZ QUI EST LE MINEUR QUI A TROUVE UN EMPLACEMENT DE FAERUNNE IL Y A QUELQUES MOIS ? »
Le tavernier reconnut sans grand mal les deux humains qui l’avaient interpellé plus tôt dans la journée et lui répondit d’une voix grave qui couvrit parfaitement le bruit.
« VOUS PARLEZ SANS DOUTE D’ARIG ? IL EST – KARMINA TES CINQ PINTES SONT PRËTES ! – PAS VENU ICI DEPUIS DEUX BONNES SEMAINES.

- VOUS SAVEZ OU ON PEUT LE TROUVER ? répondit Cherock alors que l’unique serveuse de la taverne passait récupérer les cinq pintes de bières mousseuses sur son plateau.

- NON MAIS DEMANDEZ A CEUX DE LA TABLE PRES DE L’ENTREE, ILS LE CONNAISSENT BIEN ILS POURRONT PEUT-ÊTRE VOUS RENSEIGNER !

- MERCI ! »

Cherock commanda deux pintes de la cuvée de la maison, une bière blonde très appréciée apparemment qu’il paya pour lui et Hïo avant de se diriger vers ladite table. Deux nains y étaient attablés, deux Thorkins dont la ressemblance avec l’archétype de leur peuple n’avait d’égale que leur ressemblance entre eux. Ils étaient plutôt petits, aussi haut que larges et portaient une longue barbe rousse très fournies. Un visage buriné, dur, percé de deux trous au fond desquels se trouvaient deux billes noires qui servaient d’yeux. Leur accoutrement tout à fait standard pour des Thorkins (pantalon de cuir, veste sans manche en peau de bête et ceinture cloutée) achevait le portrait. Tirant deux tabourets laissés dans un coin, Cherock et Hïo s’installèrent à leur table après leur avoir demandé la permission, permission qui se traduisit par un grognement venant de celui de droite, le plus près de la porte.

« Bonjour messieurs, laissez-moi nous présenter : je suis Hïo et voici mon ami Cherock. Nous sommes à la recherche d’un certain Arig…

- Proma.

- Rutag.


- Pardon ?

- Lui, c’est Rutag, dit le Thorkin de gauche en désignant d’un coup de tête son camarade.

- Et lui c’est Proma, dit le Thorkin de droite en réptant le signe de son comparse.

- On est Rutag et Proma, dirent-ils en chœur, avant d’ajouter : Rutag est le grand frère.

- Euuuuuh… Ok, sinon vous connaissez un certain Arig ?

- Pt’être bien, dit Proma.

- On raconte ça, renchérit l’autre.

- Et…. Vous pouvez nous dire où le trouver ?

- Pourquoi vous le cherchez ?

- Nous sommes à la recherche de Faerunne et le tavernier nous a informé que vous connaissiez ce Thorkin, qui a trouvé un emplacement de filon de Faerunne…

- On leur dit Rutag ?

- Mouais. Vasy Proma.

- On connait bien Arig et c’est bien lui qui a trouvé l’emplacement de la Faerunne. Sauf qu’il est pas disponible pour le moment.


- Comment ça ? demanda Cherock, interrogateur.

- Bah disons qu’il est occupé à… » commença Proma avant de chercher ses mots un peu trop longtemps. Cherock commençait à se méfier de quelque chose ; les deux nains n’avaient pas l’air de vouloir coopérer de bonne grâce. (Ils nous cachent peut être quelque chose…)

Rutag vint alors au secours de son petit frère.

«… Occupé à visiter les latrines.

- Les latrines ? demanda Hïo, incrédule.

-Bah ouais. Les latrines. Il est malade v’voyez.

- Tout de même, ça fait plus d’une semaine qu’il n’a pas été vu et…

- Il est aux chiottes, ‘voulez qu’je vous fasse un dessin ? Non ? Bah voilà. Vous pouvez pas lui parler. » le coupa un peu agressivement Proma avant de se faire rabrouer par un regard noir par son frère.

« Bon et bien… Si vous le revoyez, dites-lui que nous souhaiterions le rencontrer pour parler de la Faerunne qu’il a découvert, c’est d’une grande importance pour nous d’en obtenir. » dit Cherock avant de se lever, récupérant au passage les deux chopes de bières qu’apportait à ce moment-là la serveuse répondant au nom de Karmina. S’asseyant à une table un peu plus loin, les deux amis dégustèrent leur bière. (Délicieuse.) pensa Cherock.

« Alors, on fait quoi maintenant ? demanda Hïo, semblant lui aussi apprécier le goût de la bière dont le goût légèrement amer était relevé par une touche de baies et d’épices, lui donnant des reflets orange.

- Je pense qu’ils nous cachent quelque chose. T’as vu comment ils semblaient incertains sur la raison de son absence ? Puis excuse moi, j’ai été malade un certain nombre de fois et j’ai jamais passé autant de temps aux toilettes.

- Bah moi un jour j’y ai passé cinq jours, c’était pas beau à voir et…

- N’en dit pas plus, le coupa le mage. Toujours est-il que plus d’une semaine, c’est bien trop suspect. Il faudrait essayer de les suivre pour voir s’ils ne nous mèneraient pas par hasard à ce fameux Arig. En attendant…

- En attendant ?

- Faisons un tour à la bibliothèque de Mertar. Avec leur quasi culte du minage, il doit bien y avoir quelques informations sur la Faerunne !

- Vendu ! dit Hïo en finissant sa chope. Je ne sais pas très bien lire, mais je pourrai au moins t’aider en recherchant quelques livres traitant des métaux élémentaires pendant que tu les lis !

- Faisons comme ça ! » conclut Cherock en finissant à son tour sa chope.


A suivre…

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 Sujet du message: Re: Taverne de l'Enclume Étincelante
MessagePosté: Ven 6 Oct 2017 17:06 
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Morne devant ma chopine à moitié vide, je ressasse en maugréant les faits de ma journée. Rien de bien folichon, en soi : attendre l’elfe qui n’est finalement pas venu. Nous nous étions pourtant arrangés pour nous retrouver au matin et partir vers son castel en nos terres. Mais rien. Il n’a pas montré le bout de son nez. Et moi, je l’ai attendu. Longtemps. Au point de m’endormir dans ma fourrure, jusqu’à me faire éveiller par les gardes soucieux, qui me pensaient moribond. Sans nouvelle de lui, j’ai fini par demander à ces-dits gardes s’ils avaient vu passer un elfe à la peau d’argent avec une espèce de gros fauve blanchâtre à ses côtés. Le genre d’aventurier qu’on ne peut pas louper, en vérité. Il leur a fallu presque deux heures pour me donner une réponse, puisqu’ils n’étaient pas de garde le matin même. Après avoir retrouvé leurs collègues à moitié ivres – sans leur équipement officiel heureusement – dans une brasserie du cru, ils leur ont soutiré l’information que je cherche : Tanaëth s’est bien montré goujat, et a quitté Mertar sans m’avertir ni laisser de nouvelle. Curieux. Même si je ne le connais que de peu, il ne m’a pas semblé irrespectueux. Sans doute était-ce important, puisqu’il a jugé bon de ne pas finalement respecter son engagement auprès de l’envoyé royal des thorkins pour montrer patte blanche pour la présence de sa citadelle. Il ne m’a pas semblé être du genre à abandonner son devoir pour aller courir l’elfette au fond des bois. Encore que… sait-on jamais, avec ces oreilles pointues. Ils ont quelques fois un sens des priorités étrange.

Quoiqu’il en soi, mon devoir à moi, je ne l’oublie pas, et je compte bien allez prévenir ces sindeldi de la position du Roi Nain à leur égard, qu’ils se tiennent prêts à accueillir son délégué avec toute la déférence qui lui est due. De mon côté, je m’en laverai les mains, ensuite. Je n’ai plus aucune envie d’avoir à faire aux miens de Mertar. Je voyagerai. Où ? Je l’ignore encore. J’espère trouver des réponses aux questions sur mon état. Et les nains n’y pourront rien. Les elfes ? Peut-être. Ils m’aiguilleront avec plus d’ouverture que la bande de barbus se terrant dans leurs montagnes, superbes peut-être, mais bien loin de certaines réalités de ce monde.

L’œil fatigué, le regard dans la mousse, je finis ma soirée seul et torve. Maussade.

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Rakha's al Bünd


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