L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: Milice de Mertar
MessagePosté: Lun 3 Oct 2016 19:15 
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En revenant vers la milice, il fait le compte. Le reste de cette journée, une nuit, encore une journée, encore une nuit et ce sera l’heure du rapport. (Et sans compter tout le temps déjà perdu entre le moment où le vol a été commis et celui où il a été constaté… celui où il a été constaté et celui où il a été déclaré… celui où il a été déclaré et celui où on m’a confié la mission…) Voilà qu’au lieu de l’excitation d’une mission aventureuse, il se retrouve à buter de l’intérieur sur les embuches que lui colle son propre camp avant même qu’il tombe sur celles des criminels. Pour l’instant il n’a que deux tablettes d’argile résumant la commande et les lots livrés – bénies soient la comptabilité scrupuleuse des marchands nains et leur suivi méticuleux des meilleures bières ! – et le témoignage d’une tavernière qui n’a rien vu, et qui laisse entendre que le vol n’aurait pas pu se faire. (Pourvu qu’il ne s’agisse pas de magie…) S’il a un respect déférent pour les liens qu’entretiennent certains praticiens des arcanes élémentaires, surtout les prêtres, avec les divinités, il n’est en revanche que très peu familier de ce domaine, et préfère de loin s’en tenir éloigné autant que faire se peut.

Avant d’entamer le chemin du retour, il a descendu un niveau, non sans faire un sacré crochet, afin d’observer de l’extérieur la porte de la cave de l’Enclume Etincelante. Pas le moindre signe manifeste d’effraction. Et la rue, sans être bondée, est passante. Seulement aucune boutique susceptible de rester ouverte tard le soir ne se trouve là, autant dire qu’une enquête de proximité ne sera pas aisée.

Gorim ne compte pas, de toute manière, commencer par là. Avant toute chose, il va s’entretenir avec les chefs de patrouille qui ont pu arpenter le quartier cette nuit-là. Et consulter les registres, car il n’est pas à exclure que, pour une fois, ce monceau de paperasse, contre lequel râlent en permanence tous les miliciens tenus de le mettre à jour, se révèle utile. Une affaire résolue en épluchant un registre ! Ah ! On en parlerait pendant des semaines dans la salle de repos des gardes.

Avant même d’aller rencontrer les bons thorkins, il faut savoir qui sont les bons thorkins à rencontrer. Ça, c’est une question à poser au scribe en charge des rondes. Presque une Longue-Barbe, derrière son pupitre, cela fait longtemps qu’une sale blessure à la cuisse ne lui permet plus d’aller arpenter les rues avec ses camarades. Alors il organise chacune des tournées, et recense tout dans les moindres détails : lieux, heures, chef, équipe, tout y passe. Et gare à qui ne vient pas rendre compte à son retour. Il a beau trainer la patte, il est encore assez rusé pour se tenir en embuscade et mettre le grappin sur le retardataire. Après un long moment à scruter Gorim – si bien que chez ce dernier point un doute quant à l’aptitude du vieux à occuper ce poste – le scribe daigne tourner les pages de l’épais volume où il consigne chaque patrouille, et ânonner les différentes informations. A peine le milicien lui demande-t-il de répéter un renseignement qu’il recommence à débiter l’ensemble du même ton. Après avoir entendu trois fois les noms des chefs des quatre patrouilles susceptibles de passer par la rue où donne la cave de la taverne la nuit du vol, Gorim se sent assez motivé pour aller à la salle de garde chercher un supplément de renseignements. Au moins aura-t-il affaire à des thorkins plus vifs et moins rasoirs, et pourra-t-il se servir une chope de bière pour se rincer le gosier et faire passer les informations indigestes.

La salle des gardes – enfin, une des salles des gardes de la milice, celle du quartier général – est un lieu de vie, de patience, de détente. Située à côté de l’armurerie, elle fait office de vestiaire, de salle de réunion, de réfectoire, de salle de jeu. Tout milicien y passe pour trouver quelques autres comparses avec qui échanger lorsqu’un temps se trouve dans la journée. Même les gars de repos s’y trouvent parfois, pour fuir quelque temps le foyer, cuver avant de rentrer, simplement partager un peu de temps avec les copains, parce qu’ils finissaient par plus connaître leurs compagnons d’arme que leurs voisins. Il y a en permanence un feu qui flambe dans les cheminée à chaque bout de la salle ; sur toute la longueur s’étalent d’épais plateaux de bois, posés sur des tréteaux, arrangés suivant les convenances de chaque groupe, entourés d’escabeaux, de chaises, de bancs, dépareillés, rafistolés, traces des différentes générations qui se sont succédées ; aux murs sont fixées des armoires qui contiennent tout un fourbi, mais qui ne ferment plus depuis des temps immémoriaux, d’ailleurs, personne ne songerait à rien prendre de ce qu’il y a dedans, tout ce qui s’y trouve relève du pot commun, du récupéré, de l’utile occasionnel, un vieux tapis pour jouer au dé, des gobelets pris dans un bouge, des bouteilles vides, bout de ficelles et autres rebuts qu’on garde au cas où. Un intendant ou deux ont bien un jour eu dans l’idée de mettre de l’ordre dans tout ça, de rationaliser, mais sans succès. Certains connaissent mieux ce fourbi que d’autres, ceux-là sont une mine d’information précieuse. Un jour où il devait ressemeler une botte, Gorim y a trouvé un marteau, des clous, une forme ; et quelque part dans la salle, il y avait même un nain pour lui montrer comment faire.

Pour l’heure, ce qu’il faut à ce milicien, c’est une information sur d’autres miliciens. Pour ce faire, rien de plus simple : il va saluer les plus anciens, avec qui il a déjà patrouillé ou monté la garde à l’occasion, et raconte son affaire. L’opération va lui prendre du temps, car chacun va y aller de son commentaire, de son anecdote, et vouloir discuter un peu. Mais c’est un temps bien employé, bien plus qu’à traîner dans une cave et scruter les murs.

En plus des adresses des différents chefs de patrouille en repos, ou du poste de garde où ils sont affectés jusqu’à la fin de la journée, il récupère quelques précieux conseils, et des encouragements qui lui font chaud au cœur. Ne pas fayoter, de ne pas rechigner à l’effort, ne pas jouer les balances, être un brave gars, voilà qui s’est avéré payant. Des coups de pied au cul, il s’en est pris, mais voilà qu’il reçoit plus d’accolades. Après tout, on lui a confié une tâche un peu plus valorisante qu’au péquin de base. Il entre dans la famille.

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 Sujet du message: Re: Milice de Mertar
MessagePosté: Sam 8 Oct 2016 11:35 
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« Mon homme y disait qu’tout finit t’jours pas r’monter des puis d’mine. Les secrets ça tient pas par ici. Avec l’temps, tout s’sait. »

Sa logeuse ne parle pas souvent, portant le deuil avec une résignation triste, murée dans ses souvenirs et son activité quotidienne, mais lorsqu’elle s’exprime, Gorim reçoit ses paroles avec toute la considération qu’elles méritent. Du temps…

Il a enquêté, patrouillé, cherché, est retourné deux fois à la taverne pour fouiller la cave, a essuyé les sarcasmes de Karmina ; d’ailleurs, la cave a été à nouveau garnie de fûts, d’aussi bonne provenance que les disparus, gardés cette fois-ci par un thorkin peu engageant, portant les armes d’une famille assez influente pour se payer sa propre protection et ne pas compter sur celle de la milice.

(Du temps…)

Le sergent lui a passé un savon mémorable. Gorim a eu beau essayer de se justifier, expliquer qu’il était encore sur le coup, qu’il ne comptait pas laisser tomber, ça n’a pas vraiment apaisé son supérieur. Les coupables ils les fallait avant l’inauguration, frapper fort, faire un exemple expliquait-il. Le mal était fait. Heureusement, le capitaine avait pu s’entendre avec les notables pour apaiser les choses, la milice avait participé au rachat de la nouvelle marchandise, pour compenser le préjudice. Une semaine. Il avait une semaine pour trouver les coupables de ce vol, et après on ne le paierait plus à rien faire. Il retournerait à la garde.

Quelque chose dans l’attitude du sergent à la fin, une fois le gros de la colère passée, laisse à penser à Gorim qu’il lui a fait une fleur. Certes, il y a bien quelques types en haut qui mettent la pression, mais voilà la preuve que la Milice, quoi qu’en disent les mécontents, tourne bien. Une semaine de plus, ce n’est pas déraisonnable.

Alors, sitôt libéré, il s’est précipité vers les registres. Autant se presser, et utiliser cette rallonge à bon escient, faire tout ce qu’il ne s’était pas permis dans le délai trop court qui lui avait été imparti. Manger de la poussière de parchemin, s’user les yeux sur les pattes de mouche de certains miliciens tout juste assez instruits pour rédiger des rapports hésitants, à grands renforts de ratures.

    Sixième jour d’arala. Quatrième quart de la nuit. La patrouille de la porte sud, du cinquième niveau, est requise de se transporter à l’échoppe de Sid Mummr, tailleur, où il a trouvé la porte de ladite échoppe défoncée, ledit Mummr maltraité par les voleurs, la tête en sang. A été transporté chez un guérisseur.

Et tout continue comme cela, longue succession de paragraphes plus ou moins précis, aux formes convenues, un récit du quotidien qui emprunte toujours les mêmes mécaniques. L’ennui gagne plus d’une fois Gorim, qui est bien décidé à éplucher un an en arrière tout ce qui a pu se passer dans le quartier. Au moins, il sait ce qu’il cherche, un méfait semblable à l’affaire qu’il cherche à élucider. Une histoire de cave, de bière, de vol étrange. Une enquête qui aurait débouché sur une arrestation. De quoi s’inspirer, au moins, des méthodes, des conclusions, lui ouvrir des pistes auxquelles il n’aurait pas pensé. Mais rien. Fouiller dans les registres pouvait s’avérer salutaire, s’obstiner risque de l’emmener trop loin, de trop rogner sur son délai. Frustré, il abandonne cette piste, et referme la couverture sur ce tombeau de vécus. L’archiviste lui adresse à peine un regard lorsqu’il récupère le volume, et Gorim s’en retourne à son meublé, pas plus avancé.


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 Sujet du message: Re: Milice de Mertar
MessagePosté: Sam 15 Oct 2016 16:28 
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La botte remise en état, un tabard propre passé sur la cotte de maille, la barbe peignée, Gorim s’en retourne auprès du sergent pour rendre compte de ses conclusions. Il a laissé passer une nuit pour mûrir sa décision, réfléchir calmement à la conduite à tenir, et il lui est apparu comme évident qu’il allait devoir faire preuve d’humilité forcée pour cette fois. Ses souvenirs des tâches les plus ingrates de la milice lui ont appris quelques trucs. L’un d’eux étant que, quand on a merdé et éclaboussé le supérieur, s’il y a moyen de se rattraper, autant lui laisser le bénéfice de l’action : la plupart s’en souviendront.

(Je ne recevrai pas de récompense des pontes, pas pour cette fois, mais de toute façon, après avoir échoué à retrouver la bière assez vite… Et puis je me vois mal réclamer un groupe de milicien pour faire une descente correcte et ne rien laisser passer… Alors que si c’est le sergent qui s’en charge…)

C’est aussi le sergent qui aura le pouvoir de lui attribuer de nouvelles missions, ou au contraire de le reléguer à une routine quotidienne, voire de lui en faire baver.

Alors, après un salut qu’il espère impeccable, le jeune milicien commence son rapport à son supérieur circonspect. Sans omettre son manque de lucidité, il reprend tout depuis le début, en détaillant et argumentant l’ensemble de ses conclusions, en citant de mémoire – et il espère ne pas avoir la tête qui flanche – les éléments piochés dans les archives. Le sergent est impassible, mais Gorim ne se laisse pas démonter pour autant. Il est déjà mouillé jusqu’à la barbe, alors autant plonger pour de bon, et en finir. La dalle suspecte, l’absence du cordonnier, les commentaires des voisins, tout y passe.

« … et comme il faudra mobiliser plusieurs miliciens pour tirer tout ça au clair, et que ça touche un clan… J’ai préféré venir rendre compte. Quelqu’un de plus compétent et de plus expérimenté que moi pourrait obtenir un bien meilleur succès, je ne voudrais pas faire échouer l’enquête. » explique modestement l’apprenti, se doutant que la manœuvre ne passera pas inaperçue pour autant. Et anxieux, il attend.


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Dernière édition par Gorim le Sam 17 Déc 2016 18:17, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Milice de Mertar
MessagePosté: Jeu 20 Oct 2016 14:26 
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Intervention pour Gorim - Mission de milice



A la fin du rapport de Gorim, le Sergent le regarda quelques secondes sans rien dire, visiblement pensif. Après ce léger silence, cependant, son ton se fit jovial.

« Ha ! Je savais que tu me décevrais pas, Gorim. Enfin pas deux fois de suite en tout cas. Ceci dit ce sont des accusations graves que tu portes là... Un clan... Si tu venais à te tromper ce serait catastrophique... »

Il repartit dans ses pensées quelques instants, se caressant la barbe machinalement, avant de soupirer et de relever des yeux soucieux sur l'apprenti.

« Bon ça ne coûte rien de jeter un œil dans cette boutique. Alors voilà ce qu'on va faire : tu vas demander au scribe de te débloquer quatre ou cinq troufions et tu vas y aller toi, là-dedans. S'il s'avère que tu as eu raison, je te laisse carte blanche pour trouver des preuves sur les Bélier-Noir, et tu auras même le droit de faire l'arrestation toi-même. Mais si ça dégénère d'une manière ou d'une autre et qu'on vient à faire de l'ombre à un clan innocent, par contre... Qu'on soit bien d'accord, tu repartiras curer des latrines pendant les dix prochaines années ! »

Puis, comme pour encourager Gorim après ce discours quelque peu inquiétant, il laissa échapper un petit rire.

« Allez, va, je suis sûr que tout va bien se passer. Et ne fais pas honte à la milice, apprenti ! »

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 Sujet du message: Re: Milice de Mertar
MessagePosté: Sam 17 Déc 2016 18:15 
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« Oui chef ! Merci chef ! »

Ca fleure bon l’embrouille, les ennuis pour le trouffion, mais pas question de rechigner. Y’a au dessus de tout ça comme un relent d’avancement et de promotion pas dégueulasse, et les naseaux de Gorim ne sont pas si bouchés. Le sergent est clair : si ça marche, l’apprenti pourra toujours récolter un peu de renommée pour ses actes. Et en pas tout à fait explicite, l’archer devine que si ça foire, la milice non seulement le punira, pire, le laissera tomber.

(De toute façon, chercher des noises à un clan...)

L’idée de faire respecter la loi de la cité ne paraît soudainement plus si lumineuse à Gorim alors qu’il quitte la salle du registre sur un salut impeccable. Même s’il trouve des preuves, même s’il peut procéder à l’arrestation, qui pourra-t-il arrêter ? Un laquais, au mieux. On ne verra jamais une Longue-Barbe mise au fer par un nanillon comme lui. Encore heureux, pense-t-il, il faut tout de même un minimum de respect pour l’organisation de la cité, sans quoi c’est la porte ouverte à une décadence plus grande.

(Si ça se trouve, ce sont quelques dissidents qui foutent le merdier, ça ne m’étonnerait même pas…)

Pas à l’aise du tout, il se raccroche à cette idée pour se donner du courage. Parce que maintenant, il faut avancer, et tout d’abord s’attacher trois quatre paires de bras supplémentaires qui, pour excaver ou mater quelques trublions, ne seront pas de trop. Pas question pour autant de foncer voir le scribe. Des diverses leçons qui lui ont été inculquées, parfois à grands renforts de taquets et de coup de pied au cul, au cours de ses années à la milice, il y a bien que quand tu te lances dans un truc nouveau, tu vas d’abord demander conseil à un plus expérimenté : ça t’évite de faire des conneries, de passer pour un ingrat, et ça lui fait plaisir que tu reconnaisses son expérience, il y a sera sensible. Et puis les anciens savent des choses sur leurs camarades miliciens, par exemple lesquels sont issus de famille de mineurs et savent manier correctement pelles, pioches, poser des étais solides, éviter les éboulements. Alors Gorim tourne ses pas vers la salle des gardes, certain d’y trouver tous ceux qui lui seront d’une manière ou d’une autre utile.

Lui qui se voyait déjà mener une opération éclair vers la boutique se trouve bien dépité en ne trouvant aucun visage familier : tous ceux à qui il aurait souhaité s’adresser sont en patrouille, rentrés chez eux, vident des godets dans les tavernes, font tout simplement n’importe quoi d’autre qu’être là.

(Patience… Patience… De toute façon, les preuves ne risquent pas de disparaître comme ça sans que je le sache, je peux bien attendre…)

Se convaincre plutôt que de ruminer paraît préférable, alors il se répète des idées du même ordre pour éviter de se faire du mouron. L’envie d’aller faire tinter les dés dans une timbale ne le tente guère, ni de jouer en général. Ces derniers jours l’ont pas mal occupé, et il ne s’est pas livré à d’autres occupations que trainer dans la ville, de droite et de gauches, faisant bien fonctionner ses mollets, quelque peu sa cervelle, mais guère ses bras et son œil. Une séance d’entrainement au tir s’impose à lui comme une évidence.


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Dernière édition par Gorim le Dim 18 Déc 2016 17:35, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Milice de Mertar
MessagePosté: Dim 18 Déc 2016 17:34 
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Le champ de tir est une galerie. Voilà qui convient bien assez comme environnement aux archers nains de la milice. Les soldats peuvent s’entraîner dans les montagnes, sur de plus grandes distances, en plein vent ; les meilleurs tireurs de Mertar également. Pour tous les autres, qui ne décocheront jamais une flèche que du haut des fortifications de la cité, dans les halls obscurs de l’ancienne ville, quelque part dans les rues courtes et étroites, au sein d’une troupe pour faire pleuvoir une pluie de traits sur l’ennemis, pour tous ceux-là, les conditions du champ de tir de la milice conviennent bien.

Pour mettre à l’épreuve son habileté, encore faut-il montrer patte blanche. Le thorkin qui garde sévèrement l’entrée du lieu n’est autre qu’un intendant, plus redoutable que n’importe quel molosse pour défendre un stock, selon Gorim. Car c’est de cela qu’il s’agit : s’entrainer c’est une chose, gaspiller des flèches, c’en est une autre. Chaque milicien ayant dans l’idée d’aller perforer des cibles doit d’abord apporter sa contribution à l’effort de guerre en composant quelques flèches, instruit et surveillé par un facteur se trouvant là à demeure. Certains archers préfèrent utiliser des flèches assemblées par eux, dans les matériaux et les dimensions qui leur conviennent, ainsi procèdent les maîtres pour les armes dont ils usent. Pour toute la piétaille tout juste capable de viser dans la même direction, le standard fait bien l’affaire. Et comme c’est la guerre, autant n’être pas à court. Nul ne tir s’il ne participe, un point c’est tout, répète l’intendant. Personne à la milice n’a entendu dire qu’un thorkin lui a un jour désobéi.

La tâche ne déplaît pas à Gorim, aussi ne lui viendrait-il pas à l’esprit de tenter de s’y soustraire. Ce fut un grand plaisir pour lui que de découvrir les gestes, les techniques et les matériaux, d’être capable d’associer un savoir-faire technique à sa pratique martiale, plus pragmatiquement de se débrouiller par lui-même le jour où il n’aurait pas accès aux réserves de la milice. Alors, à la lumière des lampes – l’abondance de l’huile semble être une concession de l’intendant pour obtenir un résultat satisfaisant – l’apprenti taille, ajuste, colle, ligature, son faisceau de flèches neuves pour avoir le droit de s’en voir fournir quelques-unes plus anciennes, plus usées, pour l’entrainement. A partir des gabarits qui lui sont fournis, notamment pour la longueur des fûts, il devine que certaines pièces ne seront pas destinées à des armes de thorkins, mais plutôt à des arcs taillés pour des individus plus grands, probablement les humains.

Au moment de se positionner face aux cibles, il a l’esprit déjà bien éclairci de ses tracas de mission par le travail manuel. Même s’il n’oublie jamais que l’entraînement est avant tout une question de survie, pour se défendre, pour attaquer, pour manger – et les instructeurs de la milice n’ont de cesse de marteler ces paroles aux nouveaux engagés – Gorim prend plaisir à la recherche permanente de l’excellence dans ce qu’il fait, dans la modeste mesure de ses moyens : poser son souffle, adopter la bonne posture, viser. Les années passent sans qu’il s’en lasse.

« T’es pas mauvais sur un gros rond de paille… »

« Mer…merci » Il a fallu une seconde à Gorim pour se reprendre et ne pas balancer un mot bien senti au thorkin venu se placer à ses côtés. Son visage est quelconque, un peu tanné, la barbe grisonnante taillée sans extravagance ; sa tenue ressemble à celle de nombreux thorkins sans titre ou distinction, drap épais et laine chaude, teinture unie et grossière. Ce qui a retenu l’apprenti dans ses invectives, c’est un insigne brodé sur la tunique, au niveau du cœur, qui lui semble familier. La chose est assez originale pour inciter à la prudence, d’autant que n’importe qui ne peut pas accéder au champ de tir de la milice, et que ce thorkin n’a pas l’air d’un milicien.

« Et sur un ennemi, tu vaux quoi ? » continue l’autre, sur le ton de la conversation, sans que pointe moquerie dans sa voix, plutôt une sincère curiosité.

« J’ai tué un gobelin, pendant une garde sur une des tours de guet. »


« Faut bien commencer quelque part. Et blesser tu sais faire ? »

« Hein ? »

« Oui. Blesser. Tirer pour blesser, pour capturer un ennemi par exemple. Lui tirer dans les membres. L’empêcher de marcher, ou de se servir de son arme. Pas le tuer. »

Voilà une idée à laquelle Gorim n’a jamais songé. Pour lui, le centre de la cible, c’est le cœur de l’ennemi, ses poumons, un quelconque organe vital, le torse, la tête éventuellement. Quelque chose d’assez gros pour toucher pour de bon, même si ce sont souvent les parties du corps les mieux protégées. L’instructeur beuglait qu’un ennemi qu’on rate, c’est un ennemi qui avance, pas le temps de faire des fioritures.

« Je… je ne sais pas. »

« Au moins t’es honnête. On va voir ça. »

Le thorkin sans attendre de réponse ou commentaire s’en va fouiller dans la réserve pour trouver un des mannequins d’entraînement que l’on sort à certaines occasions pour tester la résistance des pièces d’armure prélevées sur les ennemis. Au buste, un sac de paille, fixé sur un chevalet, comme n’importe quelle cible, il assujettit deux « bras » et deux « jambes », assemblages de bois, de tissus et de paille. Pour y voir le représentant d’une quelconque race bipède, il faut déjà un peu d’imagination. Beuglant la consigne à laquelle les deux autres archers présents répondent en rangeant leur flèche au carquois, il traine sans ménagement le chevalet vers l’arrière du champ de tir, et remplace la cible en face de Gorim, puis revient à son niveau.

« Bon, ben on va voir ce que ça donne. Tire dans le bras. »

La situation est quelque peu incongrue, par habitude d’obéir aux ordres, par sens du défi, Gorim s’exécute cependant. Par bras, il comprend le segment perpendiculaire supérieur de droite. Alors il vise, serein, et tire et… manque. Et pas d’un peu. Sans tourner la tête, pour ne pas voir la figure de l’inconnu, il tire une nouvelle flèche avec tout aussi peu de succès. La troisième consacre un nouvel échec. Le milicien va pour tirer la quatrième quand il sent une main se poser sur son bras.

« Du calme mon gars. Du calme. T’énerve pas, t’arriveras à rien. C’est normal de pas y arriver. Tu tires bien, mais… tu tires sur des grosses cibles. Même si tu touches au centre, t’as la cible dans l’œil. T’as la cible dans la tête.»

« Ouais, ouais… »

« Je sais que ça t’passe au-d’ssus de la tête ce que j’te dis. C’est pas le moment d’y penser de toute façon. Mais repense à ça, à l’occasion. Sors-toi la cible de la tête. Apprend à viser n’importe quoi. D’abord dans ta tête, le reste suivra. T’as l’air de savoir te servir d’un arc. »

« Je croyais... »

« Mais si ! Bon, aller, persévère. Que Valyus veille sur toi, milicien. »

« Valyus veille sur vous. »

Sans un mot de plus, le thorkin qui ne s’est pas présenté s’en va du champ de tir, adressant un simple signe de tête à l’intendant qui en retour incline quelque peu le buste. Cet échange silencieux pique la curiosité de Gorim, mais il s’attache d’abord à prendre sa revanche sur cette histoire de tir aux bras.

D’abord, reprendre confiance : tirer dans le torse, Gorim sait faire, aussi achève-t-il le mannequin de deux flèches, dans les tripes, dans les poumons. Ca suffirait sans doute à mettre à mal n’importe quel ennemi, pour de bon, malheureusement. C’est sûr qu’un garzok aux poumons percés, il n’y a pas grand-chose à en tirer. Si on lui sectionne une artère dans la cuisse non plus, mais tout de même… La question de blesser, ne pas tuer, fait chemin dans la tête du milicien. Pas assez cependant pour qu’il réussisse. De toute manière, il n’a plus de flèches, et il a assez passé de temps comme cela. Aussi s’en retourne-t-il à la salle commune de la milice.


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 Sujet du message: Re: Milice de Mertar
MessagePosté: Dim 5 Mar 2017 17:22 
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(Et dire qu’y a des thorkins qui s’engagent pour aller défoncer des crânes de garzoks, broyer du sekteg… Si je croise un sekteg en peinture, j’aurai déjà la trique… Une prime de semelle qu’on devrait réclamer… Et encore… Si je réclame une prime de semelle, le rat qui veille sur les coffres de la cité serait foutu de me prélever des yus sur ma solde pour « usure excessive des dalles de Mertar » ou une connerie administrative du genre…)

Patrouiller avec quatre-cinq copains c’est un coup à se prendre des quolibets, quelques moqueries pas dénuées de gentillesse, une ou deux remarques bien senties parfois justifiées, mais globalement ils renvoient tous une bonne image, avec leur tabard, leur groupe, le sentiment de faire quelque chose de vaguement utile, tout du moins nécessaire. Une milice qu’on ne verrait pas, est-ce que ça aurait du sens ? Mais là, tout seul, pas à son avantage dans les réclamations ni dans le statut que lui apporte son grade plus qu’inférieur, Gorim en viendrait presque à regretter le bon temps où on ne lui confiait pas d’autres responsabilité que celle de veiller à ce qu’il y ait toujours de l’huile dans les lanternes.

Le pyromancien de la première boutique a été le plus sympathique de sa tournée. Sur les conseils de ce dernier, l’apprenti milicien a commencé à faire le tour des échoppes susceptibles de vendre des fluides de terre ou d’un autre élément, ou tout simplement des objets magiques. Entre franche animosité et suspicion, les thorkins l’ont envoyé bouler avec les formes, eut égard à l’emblème qu’il arbore ; mais envoyé bouler tout de même, puisque tout le monde comprenait bien qu’il représentait un pouvoir de nuisance plus que modéré du fait de sa position dans la hiérarchie. Et pas question de mentir, les nains peuvent se montrer plus qu’âpres dans la défense de leurs intérêts et auraient tôt fait d’aller frapper au poste le plus proche pour se faire expliquer cette intrusion dans leur vie privée et financière. Le pire de la tournée fut atteint dans un gourbi tenu par une humaine. Dans un invraisemblable bric-à-brac de flacons, charmes tissés, breloques rouillées, trophées animaux et pierres de toutes sortes, elle vit courbée comme un vieux saule, vêtue d’un centon perdue – raconte-t-on – dans sa folie ou ses visions, suivant le crédit accordé à ses paroles. Et l’intrusion du thorkin, avant même qu’il ait pu aller au bout de sa requête, fut vécue comme une invasion, quelque agression indue, la goutte d’eau qui fit déborder le vase des griefs réels ou fantasmés accumulés au cours des années contre cette race de creuseurs de tunnels. La vieille – à moins qu’elle fasse plus que son âge sous la crasse et sa magie – agonît le milicien d’un tombereau de propos verts et mots crus, dont certains le firent rougir malgré lui. Pour ne pas risquer l’esclandre et le ridicule, car les cris d’orfraie couplés à un parler gras attirent toujours le chaland, Gorim prend le parti de laisser là sa prospection concernant cette humble échoppe.

Malgré cet épisode, il n’a rien, et c’est ce rien qu’il va faire valoir comme une information auprès de ses supérieurs s’il ne veut pas risquer le blâme pour incompétence.

(Bon… Qu’est-ce que j’ai… de bonnes suppositions sur l’origine du trou, des soupçons qui s’étayent de plus en plus concernant le clan du Bélier noir, puisqu’ils possèdent dans les faits la boutique où débouche l’excavation et en plus une voie d’approvisionnement pour des fluides et des potions… Ca compte quand même… Bien mince pour aller cogner à leur porte en bombant le torse, mais ça devrait suffire à quelqu’un de plus galonné que moi pour faire pression, au moins leur dire « si vous êtes mouillés, faites gaffe, on vous a à l’œil »… Ouais, y devrait bien y avoir quelqu’un à la milice qui saura quoi faire de tout ça… parce que moi…)

Un arrêt par une échoppe pour commander un énorme beignet aux pommes plus tard, il reprend le fil de sa pensée.

(Mais pourquoi faire ça ? … Bon, bouleverser une inauguration d’une mine d’un clan concurrent, ça, ça se tient… Enfin y’a moins galère que toute cette manoeuvre ! Un tunnel… C’est comme chasser les mouches à la catapulte… Le moindre poivrot aurait pu effrayer des mules, faire verser un chariot, sans risquer plus qu’une bastonnade ou quelques jours au pilori… Creuser comme ça dans la cité, c’est pire… Un coup à souffrir longtemps… très longtemps… Faut que ça serve… Piller une taverne… Pas de métaux précieux, pas de bijoux, pas de pierres de valeurs, ni d’armes… De la bière… Comme si on jouait pour de faux…)

L’idée lui trotte dans la tête sans vraiment aboutir comme il arrive à la milice. Renfrogné, il se résous à passer les lourds battants laissés ouvert tout au long de la journée, trainant les bottes jusqu’au sergent, affairé derrière son bureau, ou semblant l’être, comme à son habitude.

« Alors ? »

Le rapport dernier avait donné lieu au compte rendu de la découverte du puits, des suppositions sur sa formation. Gorim le complète avec les maigres suppositions qui sont les siennes et l’absence de preuves supplémentaires suite à sa tournée.

« Les vendeurs ont pu me mentir… Je ne sais pas si on peut les obliger. Mais peut-être qu’ils ont dit la vérité. Y’a pas plus à dire sur les Béliers Noirs. Ils possèdent la boutique par les dettes, ils ont une filière d’approvisionnement en fluides et potions de mana. Je pense pas que c’est assez pour aller taper chez eux. Ca vaut peut-être le coup de les garder à l’œil, de voir ce que les autres miliciens peuvent savoir. J’vois pas pourquoi quelqu’un creuserait pour de simples tonneaux de bière. D’la bonne bière, ouais, mais c’est quand même risquer gros pour ça. »

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 Sujet du message: Re: Milice de Mertar
MessagePosté: Ven 7 Avr 2017 00:28 
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Dans le chapitre précédent…

Arc du Souffle du Voile

Chapitre XVIII.1 : Folie ?



Lorsqu'il se réveilla, Noruk dû certainement comprendre instantanément comprendre qu'il était dans une situation loin d'être confortable. En effet, Cherock, Hïo, Aitar et un officier de la Milice du nom de Jeriko l'observaient ligoté sur une chaise, le regard des plus inamical.

« Alors, t'es réveillé mon salaud ? commença hostilement Hïo.

- Je regrette de t'avoir loupé au premier coup petit forgeron, cracha Noruk en retour.

- Espèce de … !

- Calmez-vous jeune homme, nous sommes là pour savoir ce qui s'est passé, le frapper ne fera que compliquer les choses, intervint Jeriko, en agrippant calmement mais fermement le poignet de Hïo.

- Mais… D'accord, très bien officier.

- Bon, venons-en aux faits : ces jeunes gens affirment que… Eh ! Aitar, ouvrez-lui la bouche ! »

Du sang perlait aux coins des lèvres de Noruk, relevés en un sourire dément. Cherock ne comprenait pas ce qui se passait et fut répugné de voir une quantité abondante de sang sortir de la bouche de l'assassin quand le garde le lui fit ouvrir de force.

Au centre de la flaque de sang qui était désormais aux pieds de la chaise gisait un petit morceau de chair, que tout le monde identifia très vite.

« Ce fou furieux s'est sectionné la langue avec ses dents pour ne pas parler ! Penchez lui la tête en avant ! » hurla Jeriko à Aitar alors que dans un rire fou étouffé par le sang le Thorkin relevait la tête, faisant couler le sang par soubresauts dans sa gorge.

Aitar intervint rapidement et baissa la tête de sa main posée sur la nuque du prisonnier qui cracha une nouvelle gerbe de sang quand il lui tapa dans le dos.

« Mais… Qu'est-ce qu'il fait ? Il devait vraiment en arriver là ? questionna un Hïo choqué.

- Il a préféré essayé de s'étouffer dans son propre sang plutôt que de répondre à nos questions. Un individu isolé qui fait ça, c'est hautement improbable. S'il ne veut pas parler, c'est qu'il a quelque chose à protéger.

Garde Aitar, surveillez ce Thorkin, j'envoie un guérisseur soigner sa langue, nous aviserons ensuite pour savoir ce que l'on fait de lui. »


L'officier thorkin sorti alors de la pièce, suivi des deux amis. Cherock se déplaçait en grimaçant mais seul, un nain guérisseur s'étant occupé dès son arrivée de ses coupures aux jambes. Contrairement à la blessure de son père au menton, ces coupures peu profondes ne laisseraient pas de cicatrices à l'instar de sa blessure contre le poivrot de Luminion.

Le nain appela un de ses subordonnés, lui glissa quelques mots à l'oreille. Celui-ci se dirigea au pas de course en direction de l'infirmerie pour aller chercher un guérisseur pour Noruk.

Les trois hommes s'installèrent sur des tabourets devant une table près de la salle d'interrogatoire, une pièce en pierre taillée sobrement éclairée et meublée d'un unique râtelier d'armes.

(C'est aussi étrange qu'amusant de voir ces armes exposées ainsi, ce sont les mêmes que celles qui sont utilisées au terrain d'entrainement d'Oranan, mais celles-ci sont à taille naine !)

« Bon, jeunes gens… Rappelez-moi vos prénoms ?

- Cherock.

- Hïo.

- Cherock, Hïo, avez-vous une quelconque idée de pourquoi ce fou furieux vous en voulait ?

- Eh bien… Je ne sais pas, quand il était avec nous dans la caravane de Brumal, il avait l'air tout aussi normal qu'un autre.

- Mmmh… Et c'est tout ? Pas d'allusions particulières ? demanda le nain, perplexe.

- Pendant notre combat, se souvint Cherock, il a mentionné appartenir à un certain groupe, les « Enragés de Valyus ». je ne sais pas ce que c'est mais vu le nom, je pense que…

- Les Enragés de Valyus ? C'est bien ce que vous avez dit ? le coupa Jeriko.

- Oui, un groupe qui serait sous les ordres d'une certaine Exarque…

- Que Valyus vous protège… »

Le visage du nain s'était soudainement fermé, comme profondément ennuyé. Il poursuivit avec une voix plus calme, plus discrète : « Si c'est bien les Enragés de Valyus, cela expliquerait pourquoi l'autre taré s'est coupé la langue. Les Enragés sont un groupe secret, plus proche du mythe que de la réalité pour la population. Cependant, pour en avoir interrogé quelques-uns, je sais qu'ils existent vraiment, même si je n'ai jamais pu en apprendre beaucoup plus que ce que les histoires courent sur eux. Ils sont la milice privée de l'Exarque, la dirigeante suprême du culte de Valyus sur Yuimen et ont un credo : la mort plutôt que le déshonneur. Ce Noruk a préféré se couper la langue pour essayer de se noyer dans son propre sang que de se faire interroger et compromettre son organisation. Comme fanatique, il n'y a pas pire qu'eux.

- Sainte Rana… murmura Hïo. Mais pourquoi ces dingues auraient envie de nous tuer ? On n'a pas offensé leur Dieu à ce que je sache !

- Je vous avoue que cela m'étonne aussi… Malheureusement, plus qu'avec les autres espions, obtenir des informations des Enragés est très difficile. C'est à croire qu'on leur apprend à se suicider de toutes les manières possibles pour ne laisser aucune indication ! J'ai déjà vu un prisonnier qui après avoir brisé un barreau de chaise, s'est laissé tomber dessus pour se l'enfoncer dans la gorge. On n'a jamais su si c'était un Enragé, mais on le soupçonne fortement, qui d'autre aurait fait ça ?

Toujours est-il que je vous conseille d'être on ne peut plus sur vos gardes, ils ne vous lâcheront pas de sitôt !


- Vous ne pourriez pas assurer notre sécurité ? demanda Cherock.

- Ce serait difficile, nous n'avons que peu d'effectifs disponibles avec les incursions de plus en plus fréquentes des forces d'Oaxaca. Par ce fait, tous les baraquements sont réquisitionnés par nos miliciens et ça ne doit pas être très différents pour la garde. Tout ce que je peux vous conseiller, c'est de ne jamais vous déplacer seul ou sans armes, de fuir si vous le pouvez : vous avez eu de la chance avec celui-là, mais rien ne les empêchera de vous tomber dessus à plusieurs la prochaine fois.

- Je vois. On vous remercie de votre aide, mais maintenant nous devons partir, le rendez-vous avec notre protecteur est pour bientôt à la Grand' Place, répondit Cherock en se levant de son siège.

- Faites attention à vous, que Valyus vous protège de ses Enragés. »

A suivre…

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