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 Sujet du message: Les mines de Mertar
MessagePosté: Sam 31 Jan 2015 20:52 
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Les mines de Mertar


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De quoi aurait l'air une ville Thorkine sans mine? Mertar ne faillit pas à la règle et en possède de nombreuses dans la montagne au cœur de laquelle la ville s'est construite.
Toutes les entrées des souterrains se situent non loin de la taverne de l'Enclume Étincelante, lieu où se retrouvent tous les mineurs de Mertar. Il s'agit d'un long couloir, qui fait aujourd'hui plus de trois kilomètres et ne cesse d’être agrandi. Si l'on se promène le long de ce couloir, on peut observer les différentes galeries de minage qui s'enfoncent dans les profondeurs.

Maintenant, penchons nous sur la description d'un tunnel classique. La taille de ce couloir permet de faire avancer deux chariots côte à côte sans se gêner réellement. Un petit panneau indique le propriétaire d'un couloir - souvent un Thorkin dans une situation sociale favorable - ainsi que les mineurs autorisés à travailler dans ce boyau; rares sont d'ailleurs les mineurs à posséder leur propre tunnel et à travailler à leur compte. L'entrée est souvent décorée, afin de montrer l'étendue de la richesse du propriétaire.

La mine de Mertar est réputée pour sa clarté et son extraction record de minerais et de pierres précieuses, y disposer d'une galerie est synonyme de richesse et chaque détenteur de couloir peut se vanter d'en posséder un.

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La règle à lire pour bien débuter : c'est ICI !
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 Sujet du message: Re: Les mines de Mertar
MessagePosté: Ven 18 Sep 2015 14:14 
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8. L'assaut

Au bout de quelques minutes, la lueur d’une torche apparait dans le tunnel venant de la ville. Derrière elle, un gros nain encapuchonné souffle lourdement en se dandinant dans leur direction. Morte commence à se concentrer. Le Thorkin s’engage dans l’intersection et passe le premier et le deuxième tunnel, il s’arrête peu après, et se tourne vers la paroi du mur. Il fait un geste de la main, et soudain, une ouverture d’un mètre de large pour un mètre cinquante de haut apparait.
Morte sent la main de Samson se poser sur son épaule, c’est le signal qu’il attendait. Il visualise le mur qu’il souhaite dresser. Au milieu de l’ouverture, un gros carré de pierre de dix centimètres de haut et de quatre-vingt centimètres de côté sort du sol, un coin sous les pieds du voleur. Déséquilibré, ce dernier chancelle et tombe lourdement au sol. Il lâche un chapelet d’injures et Morte reconnait la voix. Au même moment, l’autre comprend qui a lancé le sort et se relève.
"Sale parasite ingrat, lorsque je t’attraperais…"
"Maître Darum ? "
Morte se fige. Son cerveau intègre cette nouvelle information et le recroise avec les évènements récents. Depuis le début, il a marché naïvement dans un piège. L’enchanteur lève son bras droit comme pour pouvoir précipiter sa vengeance implacable, mais une flèche se plante presque directement dans sa main. Il n’a pas le temps de crier de douleur qu’une seconde vient se planter dans son épaule gauche, et lui fait lâcher sa torche.

(Depuis le début, leur objectif était maître Darum. Enfin, sa cachette. Il m’a mené en bateau. Mais pourquoi ? Ne pouvait-il pas accomplir la même chose sans moi ? Il va me tuer maintenant, je suis le seul témoin.)

Morte voit les troisième et quatrième voler par-dessus son épaule, pour rater finalement leur cible. Une silhouette apparait soudain à la gauche de l’enchanteur et se précipite vers lui. L’enchanteur, quoique surpris, a le temps de dresser un mur de pierre sur lequel s’écrase son agresseur, et s’éloigne de la porte.

(Non, il ne va pas me tuer. Il a pris soin de faire un coup monté pour qu'on m'accuse. A l'auberge, il m'a donné le sac de pièces pour faire croire qu'il m'avait payé. Ca n'a aucun sens

La silhouette passe le mur nouvellement formé, et avançant dans la lueur de la torche, Morte reconnait le voleur de la veille. L’enchanteur crie soudain quelque chose, et le sol s’ouvre sous les pieds du jeune voleur. Le petit humain s’enfonce dans le sol et disparait. Deux flèches volent vers le nain, l’une le manquant de peu, la seconde finissant dans son bras gauche.

Alors qu’il recule contre la paroi de pierre, il s’enfonce dans les ténèbres d’où surgit, dans son dos, la silhouette de Samson. Morte lève la tête et se rend soudain compte de l’absence de l’humain d’à ses côtés. Le Thorkin ne s’était même pas rendu compte qu’il avait bougé.
Avant que l’apprenti n’ait le temps de le prévenir, l’enchanteur butte sur l’humain, qui le foudroie de son poignard. La torche tombe dans un bruit étouffé, et Morte aperçoit derrière une forme s’écrouler au sol. Trois pas, puis une main s’assit la torche et l’élève à hauteur humaine. Samson se rapproche de la porte entre-ouverte. L’archer dans le dos de Morte s’approche également.


(à suivre: 9. Faire face aux conséquences)

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Dernière édition par Morte le Dim 20 Sep 2015 22:06, édité 4 fois.

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 Sujet du message: Re: Les mines de Mertar
MessagePosté: Ven 18 Sep 2015 14:15 
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(précédemment: 8. L'assaut)

9. Faire face aux conséquences

Samson se rapproche de la porte entre-ouverte. L’archer court dans sa direction et dépasse le Thorkin, encore accroupi derrière son caillou. Le marchand pointe Morte du doigt, et lui ordonne, d'un ton autoritaire.

"Toi, fait revenir Tobi."

Morte, interloqué, se relève et s'approche lentement. Il réfléchit à la question. Lorsque l'enchanteur a fait disparaitre, il a simplement déplacé la pierre sous les pieds du voleur, créant une sorte de puis. Techniquement, la question est donc de savoir à quelle profondeur l’enchanteur a enterré le jeune humain. Morte se sent épuisé, et l’entrainement du matin et le sort lancé plus tôt ont épuisé son énergie magique. Il pourrait peut-être le sortir de là s’il est à moins d’un mètre du sol.
Mais au-delà du défi technique, il y a la question morale, à savoir : a-t-il vraiment envie d’aider un homme qui a comploté pour l’impliquer dans un crime ? Morte sait du fond du cœur que la réponse est non. Cet être ne mérite ni sa pitié, ni son aide, car il ne lui en a offert aucunes. Le Thorkin savoure intérieurement l’ironie qui le voit ainsi vengé.
Une fois le Thorkin au niveau de l’humain, il pose ses mains au sol, et sonde la pierre. Au début, il ne perçoit qu’une mosaïque asymétrique. Lorsque Morte observe les assemblages d’éléments, comme la pierre ou les minerais, bruts à travers les flux magique, il perçoit une immense masse compacte et indivisible. Mais chaque centimètre cube, chaque espace pas plus gros qu’un grain de poussière, et plus petit encore, est un assemblage d’une complexité et d’une beauté qui ravissent l’apprenti mage. Pendant longtemps ainsi il observe cette matière, plongeant son esprit toujours plus profond, jusqu’à ce qu’il sente un creux. Trois mètres plus bas.

"Je suis désolé, je n’arrive même pas à sentir où il est. Maître Darum doit l’avoir envoyé très profond."
"Arrête d’appeler cet abruti "maître" ! "

Samson piétine. Il tourne une fois sur lui-même, comme cloué par la colère ; il ne s’était pas attendu à une si grande résistance de la part de son vieil ami. Il finit par se tourner vers la grotte. L’archer est à l’intérieur, et a commencé à faire un tri, jetant et piétinant les objets qu’ils ne pourraient emporter. Le marchand sort de sous sa cape trois sac et en tend deux à son complice.

"Choppe-moi tout ce qui peut se revendre. Matériaux précieux, bijoux, ce qui est en papier en premier, armes et autres après. Et prend vos deux parts," déclare posément Samson, après quoi il pose le dernier sac à l’entrée. Puis l’humain se dirige vers le Thorkin, toujours immobile. Il a toujours un sourire, mais il ne dégage plus aucune chaleur.
"Bien, à nous maintenant."
"Vous avez assassiné un Thorkin."
"Je savais que tu étais un être perspicace, et je te remercie d’ailleurs pour ton aide." Il se tourne dans la direction du corps, puis vers Morte. "Honnêtement, tu lui as rendu service. Si on n’avait pas pu bloquer la porte, il aurait fallu le torturer, et connaissant la vieille carne, on n’aurait même pas été sûr qu’il nous l’ouvre. "

"Depuis le début… Ce n’était que pour…"
"Pour te libérer, petit. " Bien qu’il soit numériquement plus jeune, c’est avec l’assurance de l’expérience qu’il prononce ce mot. "Tu étais engagé auprès d’un homme qui t’aurait exploité toute ta vie, dans un milieu qui allait petit-à-petit étouffer ton potentiel. Maintenant, tu n’as plus rien qui te retient ici."
"Et vous n’y gagnez rien, bien sûr," susurre Morte en jetant un œil à la porte. A l’intérieur, la lumière brille toujours, et des bruits d’objets qu’on soulève, qu’on jauge, qu’on récupère ou qu’on jette se font entendre.
"Ah, oui, ça c’était prévu, mais j’ai été heureux de pouvoir t’aider au passage. Maintenant, tu as le choix : reste ici, et perd la vie, ou viens avec nous, affranchit toi de tes fausses contraintes, de tes soi-disant devoirs, et fais-toi un nom."

("Fais toi un nom", mes fesses. Je ne suis qu’une marchandise qu’il tente d’acquérir. Mais il a bien joué sa carte, ce n’est pas comme si j’avais beaucoup d’options.)

"Vous ne me laissez aucun choix ! Vous m’avez piégé ! Tout était calculé… Pourquoi ne pas me tuer?"
"Bouhou… disons qu’un Thorkin est une denrée plus intéressante en dehors de Mertar. Surtout s’il sait forger, et qu’il est mage. Alors, autant te donner une motivation suffisante pour que je sois sûr que tu viennes."

(Et il se fout de moi en plus. Tu vois où te mène ta naïveté ? Quelles options as-tu réellement ?)

"Qu’est-ce qui vous dit que je ne vais pas rester ?"
"J’imagine que tu n’es pas assez stupide pour te résoudre à perdre la tête. Qu’est-ce que tu crois, petit ? Que parce que tu vas raconter qu’on t’a piégé, tu n’écoperas pas la peine capitale ? On t’as vu fréquenter la personne qui t’as soi-disant piégé en public, recevoir une large somme d’argent de cette personne, venir discuter avec l’archer qui a tiré sur la victime dans son camp… Hahaha, Morte, si tu crois pouvoir t’en sortir avec ça, alors, je ne peux plus rien pour toi. " Samson se retourne, rejoins ses complices dans le coffre, et commence à remplir ses sacs.

(Ils ne te laisseront pas rester. Tu es le seul lien entre lui et le crime. Si tu décides de rester, alors ils te tueront. Bienvenue dans la vie, petit.)

Morte reste mutique. Il se sent humilié; il s’est fait avoir si facilement. Il est complètement à leur merci. Samson retourne dans la cachette de feu Borkoz Darum et commence à remplir le troisième sac. Il rit et discute avec l’archer. Les deux semblent d’humeur joviale, somme toute très satisfaits de leur coup. Ils finissent de remplir leurs sacs et sortent. Samson se dresse face au Thorkin. [/i] [/color]

"Alors, mon cher Morte, quelle est ta décision ? "
"Je ne souhaite pas mourir. " Commence Morte.
"Formidable ! " S’exclame l’humain, partant dans un rire tonitruant. Il saisit un sac des mains de l’archer et le jette dans les bras du nain.
"Toutefois, j’ai une condition. "
"Tu as surévalué ta position. " et son sourire a de nouveau disparu.
"Vous l’avez dit vous-même, un forgeron Thorkin, en dehors de la citée ? Je vais être une denrée unique. Alors imaginez ce que cela donnera lorsque je vous forgerais une arme avec de l’acier de Mertar, et mes connaissances magiques ? Tout ce que je demande, c’est que vous me trouviez assez d’acier pour forger quelques armes. Si les histoires sur l’Extérieur sont vraies, alors ça fera déjà une différence. "

Samson le regarde en silence. Au bout de quelques secondes, l’archer soupire, et pose son sac à terre.

"Je t’aime bien petit. C’est pour ça que tu ne peux pas rester ici. Tu étoufferas à rester dans une seule ville. " Il se tourne vers l’archer, lui donnant sa bourse. "Passe à la forge royale. Si tu ne peux pas voler, achète. Rejoins-nous à la boutique de l’autre, " dit-il en désignant d’un coup de menton le cadavre.

L’archer s’en va dans le tunnel en direction de la ville. Samson saisit le sac au sol, et le lance à Morte.

"Tu gagnes le droit de te rendre plus utile. Il faut que l’on passe à la boutique, voir s’il n’y a rien laissé d’intéressant. Et puis, surtout, " dit-il en le regardant de la tête aux pieds d’un air amusé, "n’hésite pas à t’équiper, il fait froid en haut. "

Puis ils se mettent en route, précédés par le grondement du rire de l’humain.

(à suivre: 10. Souiller)

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 Sujet du message: Re: Les mines de Mertar
MessagePosté: Ven 18 Aoû 2017 19:16 
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Arc du Souffle du Voile

Chapitre XXI : Prospection Alpine


Le lendemain, Cherock et Hïo sortaient de chez Brumal emmitouflés dans d'épais manteaux. Portant chacun une pioche gracieusement prêtée par Ascan, les deux compères étaient également équipés d'un sac et d'une lanterne. Ils avaient de plus assez de provisions pour tenir jusqu'au lendemain dans le cas où ils seraient bloqués ou perdus à l'extérieur de la ville. Enfin, leurs armes ne les quittaient plus depuis l'avertissement du milicien et pendaient à leur ceinture.

Ils descendirent de quelques niveaux pour atteindre le palier où se rassemblaient déjà une vingtaine de nains, tous bien couverts et équipés. S'ils accueillirent les deux étrangers avec quelques regards en coin peu amicales, ils ne firent pas plus de commentaires que ça, excepté un dit un peu trop bruyamment.

« De toute façon, ce sont des blancs-becs, ils tiendront même pas la journée avec ce froid. »

La remarque ne plut pas à Hïo, qui se dirigea vers le Nain en question avec la ferme intention de lui imprimer dans le crâne sa façon de penser. Cherock le retint par l'épaule et avec un regard entendu, ils décidèrent d'en rester là.

Une heure passa et les Thorkins étaient maintenant au nombre de trente sans qu'ils ne bougent pas pour autant.

« Cette superstition est vraiment ridicule… râla Hïo qui s'était assis sur son sac, lassé de le garder sur les épaules.

- Qu'est-ce que tu veux, on doit respecter leurs coutumes. Et puis tu sais, ça nous aidera à nous intégrer de le faire, ils arrêteront peut-être de nous dévisager comme ça ! » positiva en retour son ami.

La tradition leur avait été expliquée par Brumal la veille alors qu'ils complétaient leurs affaires. Cette tradition veut que les nains mineurs avant de partir miner, attendent un signe quelconque de la part de Menos le dieu des forges ou de Valyus. Ce signe est censé leur porter chance pour leurs prospections et même si parfois une nécessité impérative les fait passer outre cette tradition, il peut arriver que les nains restent une journée entière à attendre ce signe.

« Et c'est quel genre de signe à ton avis ?

- Brumal m'a dit que ça pouvait varier d'une situation à l'autre, une torche qui brille intensément pendant quelques secondes, un grondement lointain faisant penser au tonnerre, la découverte d'une marque en forme d'éclair…

- Et ils ne peuvent pas tricher ? Comme par exemple avec une pierre en forme d'éclair qu'ils font semblant de découvrir ? demanda un Hïo dubitatif.

- T'as rien écouter hier ma parole ! Ils peuvent faire ça c'est vrai, mais ça irait contre leur fierté légendaire ils ne le font pas. En plus, ceux qui se font prendre deviennent presque des parias.

- Qu'est-ce que tu veux, il a dû en parler au moment où il nous a donné ces merveilles ! se défendit Hïo en prenant en main l'une des pioches. Quel magnifique travail !

- Bah, c'est une pioche…

- C'est plus que ça ! Ca ne te parlera pas puisque tu n'y connais rien en forge, mais la fabrication d'acier demande un certain raffinage, dont la qualité se manifeste par sa rutilance dûe à sa pureté. Et cet acier est de tout premier choix ! On va devoir s'acharner un bon moment avant de les briser.

- Ca tombe bien, vu qu'on va pas trouver facilement de la Faerunne.

- D'ailleurs, tant qu'on y est, la Faerunne, on fait comment pour la trouver ? T'avais dit que tu m'expliquerais tout ça pendant le trajet, mais bon là on n'a rien de mieux à faire.


- Pas faux. Bon alors… »

Cherock s'installa par terre contre un mur pour lui aussi attendre dans une position plus confortable que debout à faire les cent pas.

« D'abord, je dois t'expliquer ce qu'est la Faerunne, au-delà d'un simple métal élémentaire. De ce que j'ai pu lire dans la bibliothèque d'Oranan, ce sont à l'origine des filons de fer très pur qui se serait retrouvé à l'air libre, au contact de l'air. Balayé par des vents violents, le fluide de l'air s'insinue progressivement dans son cœur ce qui change progressivement ses caractéristiques.

- Mon père m'a aussi raconté que leur poids très léger produit même un léger son, même à l'état brut.

- Même à l'état brut ? Voilà qui devrait nous aider un peu plus dans notre recherche ! s'exclama Cherock. On va devoir… »

Avant que le mage n'ait pu terminer sa phrase, un grondement sourd résonna d'une cavité voisine, comme si quelque chose s'était écrouler ou qu'un éboulement avait eu lieu. Le sol vibra le temps d'une demie-seconde. A peine le tremblement s'était arrêté que déjà tous les Thorkins se levaient et se dirigeaient d'un pas rapide dans le tunnel qui menait vers l'extérieur.

« On verra ça plus tard on doit y aller maintenant ! déclara Hïo en se levant et en remettant son sac sur les épaules.

- Ouais, allons-y ! »

- - - - - - - - - -

Le vent hurlant pénétrait dans les moindres recoins ouverts de leurs vêtements, frigorifiant la peau ainsi mise à nue ou trop peu protégé. Equipés de leurs chaussures qu'ils avaient munis de crampons en fer, les deux amis suivaient péniblement la procession des Thorkins au sein des montagnes.

Ils marchaient depuis une bonne heure, entourés par une vallée de neige et de glace lorsque enfin le supposé endroit se révéla à leurs yeux. La zone était clairement identifiable bien que vaste : la paroi de droite s'aplanissait pour s'étendre en un plateau gelé tandis que celle de gauche s'élevait en devenant une muraille dont le sommet s'étendait même au-dessus d'eux. Le surplomb ainsi formé était garni de longues stalactites aussi belles que fatales en cas de chute. Ce qui était le plus étonnant, c'était la paroi lisse du mur de glace : le blizzard qui avait sévit durant tout l'hiver avait poli et rendu aussi lisse que du verre la paroi. Avec le Soleil qui éclairait haut dans le ciel dégagé, les reflets sur la glace rendait la muraille presque éblouissante.

Le long des parois, on pouvait apercevoir des zones creusées, moins lisses, preuves du début des recherches par les Thorkins ces derniers jours.

« Eh bah ! » siffla Cherock.

Pour un jeune homme qui n'était que peu sorti de sa ville natale c'était un enchaînement de merveilles qui s'offrait à lui. Il n'avait cependant pas le temps de se préoccuper de ça, les autres mineurs s'étaient déjà attelés à la tâche en rejoignant chacun une paroi déjà entamée.

« La prospection se fait un peu au petit bonheur de la chance, expliqua Hîo. Comme la localisation du filon n'est pas très précise, chaque mineur occupe une portion du mur de deux mètres environ. Lorsqu'il estime qu'il a assez creusé un Thorkin se déplace et attaque une autre portion de la paroi. Ce système de privatisation de terrain permet d'éviter les vols en cas de découverte de filon et évite les conflits !

- Mais si une veine de métal passe dans deux portions ?

- Chacun mine uniquement la partie qui fait partie de son « territoire ». Si un des deux ne possède qu'un quart du filon c'est dommage mais c'est comme ça. Après, les deux mineurs peuvent toujours négocier pour se répartir plus équitablement les gains mais pour des métaux précieux comme la Faerunne tu te doutes bien que c'est très rare.

- Je vois, il faudra que je remercie Ascan pour ses précieux conseils.

- Eh, s'offusqua Hîo, tu crois que je suis venu sans me renseigner un minimum ? Miner nous même le minerai était une des possibilités donc j'ai demandé à mon père quelques informations.

- Bien joué alors, mais on devrait commencer à miner maintenant ! »

Les deux amis choisirent donc chacun une portion vers le milieu de la paroi, à côté d'un Thorkin solidement charpenté qui se présenta sous le nom de Fried entre deux coups de pioche. Ils ne tardèrent pas à se mettre au travail à leur tour.

Hîo et Cherock étaient des humains solidement bâtis et malgré un manque évident de technique, ils purent se mettre à l'œuvre et prendre peu à peu le mouvement en imitant Fried. La première couche de glace n'était pas dure à briser, mais problématique : elle se brisait très facilement et projetait des éclats de glace un peu partout. Ils n'étaient pas assez coupants pour percer leurs épaisses couches de vêtements mais ils s'en protégèrent instinctivement.

Ce fut Hïo qui atteignit le premier la roche. Changeant sa prise sur la pioche, il rapprocha ses mains au bout du manche pour donner plus de force à ses coups et utilisa le côté pointu. Cherock préféra dégager toute la glace qui recouvrait sa portion de mur pour bien avoir conscience de sa zone avant de s'attaquer à la roche. Il l'atteignit au bout d'une grosse vingtaine de minutes d'efforts et en profita pour souffler un peu. Le travail était physique et mobilisait plus de muscles qu'il ne l'aurait pensé : mis à part ses jambes solidement campées sur le sol, c'était tout son buste et ses bras qui travaillaient de concert pour piocher la glace. Sentant la sueur couler le long de son dos, il entrouvrit son épais manteau et le regretta immédiatement.

(Non de Valyus quel froid !) le vent s'engouffrait dans les plis de ses vêtements et glaçait son dos. (Je vais devoir rester avec les vêtements fermés si je veux pas tomber malade.)

Il referma à contre cœur son manteau et se remit au travail. En s'inspirant des mouvements de Fried, Cherock utilisa sa pioche pour décoller la glace de la paroi en glissant la lame entre la roche et celle-ci. Cette méthode s'avéra efficace et en une poignée de minutes, la paroi fut entièrement mise à nue. Cherock retourna la pioche, arma son mouvement en faisant passer ses bras derrière sa nuque et donna un grand coup dans la pierre. La roche, bien plus dure que la glace, ne se laissait pas percer aussi facilement ; le choc se répercuta dans la pioche, le long de son manche, faisant trembler douloureusement les poignets de Cherock qui en lâcha la poche. Fried lui jeta un regard dédaigneux avant de continuer son trou déjà bien entamé. Alors que le fulguromage se massait les poignets, Hïo vint le retrouver.

« Erreur typique des apprentis forgerons : lorsque tu as frappé la roche tu avais les poignets rigides non ?

- Ouais… Enfin, je crois, je suis pas sûr.

- C'est comme lorsqu'on forge : taper avec son marteau un morceau d'acier et l'enclume en dessous, ça provoque de grosses vibrations, un peu comme celles-ci. C'est pour cette raison qu'il ne faut pas verrouiller tes poignets et tes articulations sinon elles vont prendre de front toutes les vibrations. Regarde comment je fais et observe attentivement mes poignets. »

Hïo arma la pioche de la même manière que Cherock, mais lorsqu'il donna son coup ses poignets fléchirent également, pour donner davantage de vitesse à la pioche. La roche éclata un peu plus et Hïo ne sembla pas souffrir d'un quelconque dommage.

« Plus de souplesse dans le poignet, indiqua Hïo en mimant de nouveau le geste. Avec ça, non seulement tu donnes un petit supplément de force juste avant l'impact, mais en plus tu rends ton poignet moins rigide ce qui dissipera l'onde de choc dans tout ton corps. Ça minimisera les dégâts comme ça ! »

A son tour, Cherock prit la pioche entre ses mains, la leva au-dessus de sa tête et frappa tout en laissant du mou dans sa prise. La pioche fit éclater la pierre sans lui causer une grande douleur, mais pas à l'endroit ciblé.

(Mmmh… Je n'ai pas eu trop mal, mais j'ai perdu en précision. Il faudrait que je sois… un peu plus ferme dans mon coup… Comme ça ! Non, trop rigide. Réessayons. Mieux, mais trop souple cette fois. Bon, recommençons…)

Pendant l'heure qui suivit, Cherock mina en trouvant progressivement la façon la plus optimale de piocher tout en faisant de fréquentes pauses pour épargner ses épaules et ses mains endolories. Pendant celles-ci, il observait comment les autres nains se débrouillaient pour essayer de voir à quelle profondeur ils s'enfonçaient avant de renoncer et de trouver un autre lieu pour miner. Pour l'instant, aucun d'entre eux n'avais changé d'endroit et avait creusé un trou de soixante-dix/quatre-vingts centimètres de profondeur pour les plus avancés.

(Bon, pas le temps de lambiner ! Au travail !)

- - - - - - - - - -

La journée passa vite avec une petite pause pour le repas le midi avant de recommencer à creuser. Au bout du compte, Cherock avait terminé son trou après s'être enfoncé d'un petit mètre dans la roche ; Hïo avait quant à lui déjà entamé sa deuxième portion dont une bonne partie de la glace gisait en bris à ses pieds. Mis à part une petite pépite de fer trouvée dans la partie de Cherock, ils n’avaient rencontré rien d’autre que de la roche.

« Quelle journée ! soupira Cherock, épuisé. Et certain font ça tous les jours ? Ils sont fous !

- C’est vrai que c’est épuisant, mais ça reste une question d’habitude. Moi avec le travail à la forge, ce genre de travaux manuels j’y suis habitué.

- Chanceux va !

- Eh, te plains pas, je te porte déjà ta pioche parce que t’es trop crevé pour le faire toi-même ! »

Alors qu’ils discutaient, les autres Thorkins, eux, continuaient de les observés. Cherock s’en aperçus et se souvint des commentaires peu encourageants lancés à leur égard alors en début de journée. S’ils semblaient moins hostiles qu’en début de journée, ils n’en étaient pas pour autant plus amicaux ou moins hautains.

(Vous verrez, demain, après demain et tous les jours qu’il nous faudra pour trouver de la Faerunne ; nous serons présents !)

Le lendemain, perclus de courbatures, Cherock ne put aller miner.


A suivre…

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Dernière édition par Tergeist le Sam 26 Aoû 2017 15:02, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Les mines de Mertar
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Arc du Souffle du Voile

Chapitre XXII : Rififi Montagnard


Cela faisait déjà une semaine que les deux amis avaient rejoints le groupe de minage de la Faerunne et personne n'avait encore mis la main sur le moindre petit filon. Après les premières courbatures, vinrent les ampoules qui génèrent le jeune Cherock dans la poursuite de son activité qui se força serrer les dents et faire fi de la douleur. Hïo continuait quant à lui à son rythme étant habitué à pareille utilisation de ses mains. Les Thorkins qui minaient avec eux devenaient chaque jour un peu moins distant, si bien que le 8ème jour, ils répondaient d'un simple hochement de tête ou d'un grognement les salutations des deux humains.

Ce jour-là le signe pour partir aller miner fut rapide à venir : un Thorkin laissa tomber sa pioche sur une pierre qui se fendit en deux avec une coupe aussi droite et lisse qu'on aurait cru que c'était une lame au redoutable tranchant qui l'avait découpé. Les Thorkins se mirent donc en chemin satisfaits que le signal soit arrivé aussitôt et piochèrent avec entrain une fois arrivé. La paroi était à présent à moitié creusé à sa base et certains Thorkins recommencèrent à creuser dans des portions où un nain était déjà passé.

« Eh Hïo, dans ce genre de cas, est ce qu'un mineur peut recommencer à miner dans une zone qui n'était pas la sienne au départ ?

- Bien sûr ! il doit juste faire attention à ne pas empiéter sur le territoire d'un autre mineur qui ne s'est pas présenté ce jour-là pour une raison quelconque.

- Ouais évidemment. Bon allons voir si la chance va nous sourire aujourd'hui ! » s'enthousiasma le fulguromancien.

Ils arrivèrent à une nouvelle portion de la paroi, toujours plus éloignée de l'entrée. Le vent y était plus rude et le froid plus mordant, mais les deux compères étaient maintenant habitués à ce climat et n'en furent que peu affectés.

La couche de glace y était plus épaisse et plus solide puisque plus exposée aux intempéries ; ils passèrent donc une bonne heure à enlever l'intégralité de la couche de glace, avant de faire une pause bien méritée à l'abri du vent derrière un rocher.

Avant de se remettre au travail, le fulguromancien s'approcha de la paroi pour effectuer ce qu'il appelait « L'Identification ». Cela consistait à utiliser sa magie sur la paroi de pierre en utilisant son affinité avec les métaux pour essayer de déterminer si un filon de métal se trouvait derrière. Pour l'instant, cette technique ne lui avait permis de découvrir que deux filons, un de fer et un autre de nickel. Le seul souci est qu'il était également tombé sur un filon d'or, très petit si ce n'est pas carrément inexistant, mais celui-ci il ne l'avait pas détecté. Il avait alors fait le test dans la forge d'Ascan avec plusieurs pépites de différents métaux, allant du fer au mythril bleu en passant par des métaux précieux comme l'argent et quelques petits morceaux de métaux élémentaires : la Faerunne et le Gravilay, métal du fluide de terre le plus lourd jamais trouvé. Les yeux bandés, Cherock devait déterminer quels métaux étaient présents et lesquels ne l'était pas.

Lorsqu'il déclenchât son pouvoir, il fut assailli par la quantité de métaux présents : il était dans une forge, il y avait donc quantité d'outils, d'arme et autres pièces d'armures ! Un violent mal de tête lui vrilla alors le crâne et il dû sortir de la forge pour s'éloigner de la source de ses maux.

« Eh Cherock qu'est ce qui ne va pas ? s'inquiéta son ami en le rejoignant dehors.

- Trop de métal dans la forge, devina Ascan. La présence de tous les métaux a dû lui être difficilement supportable. Mais maintenant que nous sommes dehors, il ne devrait plus y avoir d'interférence, tu veux réessayer Cherock ?

- Oui… Essayons. » déclara le mage après avoir repris ses esprits.

Le mal de tête était toujours présent, mais il parvint à se concentrer sur les différents métaux qu'il percevait. Parmi les pépites, seules celles de métaux que l'on pourrait qualifier de « commun » comme le fer, le nickel ou l'étain purent être trouvées. La maîtrise du fluide de foudre de Cherock ne devait pas être assez forte pour détecter les autres métaux plus précieux.

Secouant la tête pour se focaliser sur le moment présent, Cherock se concentra.

(Grosso modo, la portée de mon Identification est d'à peu près trois mètres. Je vais cette fois plus me mettre au centre de nos deux potions pour identifier les filons dans la mienne et celle de Hîo.) se dit le fulguromancien.

Alors qu'il fermait les yeux, une autre pensée lui vint en tête, une petite anecdote qu'il avait lu dans un livre de la bibliothèque d'Oranan.

« Chaque métal élémentaire se forme après un processus d'imprégnation des fluides plus ou moins long. Plusieurs facteurs sont donc nécessaires à sa fabrication. Les lecteurs les plus perspicaces se sont donc surement déjà dit « Et s'il y a plusieurs fluides présents près du métal ? Lequel a l'avantage ? » A cette question je répondrai tout simplement qu'en fonction des lieux, il y aura toujours un des fluides qui sera toujours plus présent que les autres. Mais ce n'est pas tout : le fluide modifie certes les propriétés du métal, mais il n'en ajoute pas : il ne fait qu'améliorer celles du matériau de base ! C'est pourquoi j'en ai déduit que tous les matériaux ne pouvaient pas devenir tous les métaux élémentaires. Un exemple : le plomb est un métal très lourd et dense, il semblerait incongru qu'il soit à la base de la Faerunne qui est d'une légèreté sans pareil. Par contre, il serait un candidat de choix pour le Gravilay.Je me suis donc penché sur ce cas dont voici ma conclusion : chaque métal élémentaire est issu d'un métal en particulier. Pour les plus sceptiques, je vous informerais que les métaux élémentaires sont toujours trouvés à proximités d'autres filons qui sont systématiquement les mêmes : l'or pour le Keraunos, le plomb pour le Gravilay, le fer pour la Faerunne, l'étain pour… »

Cherock avait donc besoin de trouver du fer pour avoir une chance d'avoir de la Faerunne à côté. Fort de cette découverte, il utilisa son fluide pour découvrir où se trouvait les potentiels filons. La main sur la paroi, il fit vibrer son fluide au creux de sa paume pour produire comme une onde de choc, chaque fois plus grande, pour détecter la présence de métaux. Il détecta d'abord l'anneau et la chaine porte bonheur dans sa poche, puis sa manchette, sa pioche à ses pieds, son épée. Il fit fi de ses informations et se concentra sur ce qui venait de la paroi. Il trouva un filon à cinquante centimètres sur sa droite. Taille modeste, rien de bien intéressant. Nouvelle impulsion. Rien. Impulsion. Début de filon sur la droite, du côté de Hïo. Impulsion. Le filon de Hïo s'élargit et devient de taille plutôt respectable, la veine semble prometteuse. Impulsion. Nouveau petit filon loin dans la roche, peu intéressant car il n'a pas dû être en contact avec le fluide d'air depuis un bon moment. Dernière impulsion. Rien de bien nouveau, si ce n'est le médaillon de bronze et les yus de la bourse du nain qui se trouve sur sa droite ainsi que les crampons d'acier de Hïo qui se trouve derrière lui.

« Hïo, j'ai trouvé quelque chose ! » appela le mage. Il lui indiqua la direction et la distance approximative de la grosse veine de métal qu'il avait senti et lui expliqua ce qu'il avait lu dans le livre.

« Donc on a juste à trouver du fer et miner autour ? Eh bah, on dirait que ta magie va enfin nous servir à quelque chose ! le charria Hïo avec une bourrade sur l'épaule. Allez, au boulot ! »

Les deux amis se mirent alors à miner avec entrain en ciblant leurs filons respectifs, tout en se reposant régulièrement. Les ampoules ne faisaient plus souffrir le mage et même si sa technique à la pioche était perfectible, elle n'en restait pas moins efficace pour le gros œuvre. Lorsqu'il atteignit le premier son filon, il laissa Hïo se charger de son extraction puisqu'il maniait de manière plus subtile la pioche que lui. Cherock s'occupa quant à lui de poursuivre le trou de Hïo.

Le petit filon se montra à la hauteur de sa taille : décevant. Un petit filon d'étain sans importance que Hïo récolta néanmoins pour l'offrir à Ascan en remerciement de son aide.

Le soleil était bien haut dans le ciel quand les deux amis firent leur pause déjeuner, composer de pain, de fromage et de viande séchée. Rien de bien orignal, mais cela avait le mérite de tenir au corps.

« Eh Cherock, avec ta magie au lieu de s'embêter à creuser pour rien, tu pourrais pas l'utiliser à chaque fois pour qu'on cible plus efficacement et qu'on ne creuse pas inutilement ? demanda son ami après avoir fait passer une bouchée de pain au fromage avec de l'eau.

- Je voudrais bien mais je ne peux pas utiliser beaucoup de fois mon sort par jour, donc il faudra souvent faire comme les autres.

- Arf, dommage… Mmh ?

- Quoi ?

- Si t'as faim mon vieux faut prendre plus à manger la prochaine fois ! se moqua le forgeron.

- Hein ? Mais de quoi tu parles ?

- Bah, ton ventre vient de gargouiller non ?

- Euh, non.

- Grraaaoh….

- Tu vois ! T'as faim !

- Mais c'est pas mon ventre ! Qu'est-ce que c'est alo- Attention !

- Graooh ! »

Une masse blanche venait de sauter du haut du rocher surplombant la pause déjeuner des deux humains, droit sur Cherock qui roula sur le côté pour échapper à l'attaque. En se relevant à moitié il vit à une trentaine de centimètres de son visage un groin rose pâle recouvert de neige surmonté de deux billes noires le fixant intensément. Deux défenses d'ivoire sortaient de part et d'autre de la gueule de la bête et se recourbaient légèrement en des pointes dangereusement effilées. De la vapeur blanche sortait par la gueule et n'annonçait rien de bon.

Une boule blanche éclata alors sur le côté gauche du visage de la créature. Hïo forma une autre boule de neige et la lança de nouveau en hurlant « Eh saloperie vient par là ! ». Cherock profita de la diversion pour se reculer et se remettre debout en tirant son épée au passage. Il observa plus en détail la créature : elle faisait à peu près un mètre de haut et se campait sur ses quatre pattes. L'intégralité de son corps était recouvert de poils blanc comme la neige, offrant un camouflage parfait dans celle-ci. Une longue queue touffue s'agitait et ses puissantes pattes étaient munies de griffes noires pour compléter le portrait de la bête sauvage qui avait l'air tout sauf amicale.

Le Gahkai -car s'en était un, Cherock se souvenant de ce sanglier des montagnes dont Brumal lui avait parlé- poussa un grognement furieux et chargea l'humain qui osait lui lancer des morceaux de glace. La bête fondit à une vitesse stupéfiante sur le jeune homme malgré son gabarit, qui l'évita en plongeant sur le côté. La bête s'arrêta brusquement dans sa charge et changea de direction pour de nouveau toucher le forgeron. Celui-ci fut surpris par cette attaque soudaine et ne l'évita qu'au prix d'une déchirure de son manteau par la défense du Gahkai.

l se releva tout en dégainant la masse à sa ceinture. Cherock profita du fait que la bête lui tournait le dos pour essayer de lui porter un coup de son épée, mais la bête l'entendit arriver et se mit hors de portée de son attaque d'un bond avant de déraper sur le sol gelé et faire face à ses cibles qui s'étaient regroupées.

La bête ne perdit pas de temps et les chargea de nouveau, les forçant à se séparer chacun de leur côté, avant de poursuivre sa charge vers Cherock. Il vit qu'il ne pourrait pas l'éviter en sautant à côté alors il décida de limiter les dégâts en sautant par-dessus le Gahkai. le saut ne fut évidemment pas assez haut mais seules les jambes furent fauchées, ce qui causa une vive douleur dans les mollets du fulguromage mais lui évita un piétinement en règle du monstre qui devait peser quatre-vingts kilos au bas mot. Se relevant en grimaçant, il vit derrière le monstre qui amorçait un demi-tour que les Thorkins avaient fui à l'arrivée du Gahkaiet qu'ils avaient battu en retraite dans le tunnel de la mine. Seul restait un des nains : Cherock et Hïo ne connaissait pas son nom, mais ils avaient entendu dire qu'il était sourd et n'avait pas entendu le mouvement de panique. Il continuait donc de miner sans faire attention à ce qu'il se passait car dans leur fuite personne ne l'avait prévenu.

« Hïo ! cria Cherock à son ami. Va réveiller l'autre sourd pour qu'il aille se mettre à l'abri puis aide moi à me débarrasser de cette saloperie ! »

Il ne s'inquiéta pas de savoir si son ami l'avait entendu car déjà le sanglier alpin revenait à la charge. Mais cette fois-ci, Cherock était prêt à le recevoir : le fluide parcouru tout son bras avant de se focaliser dans sa paume, s'emmagasinant dans sa paume avant de partir frapper le Gahkai. Un éclair crépita le long de son index avant de fuser en direction du sanglier, le frappant sur le dos et roussissant son pelage. La bête poussa un cri de douleur et dévia sa course pour s'éloigner un temps du mage, qui ne renonça pas et tira un éclair une deuxième fois, touchant cette fois-ci la bête au flanc ce qui la fit trébucher puis s'écrouler à une vingtaine de mètres de Cherock. Entendant du bruit dans son dos, le mage se retourna pour faire face à son ami qui revenait, masse à la main, après avoir prévenu le nain sourd qui se précipitait vers la sortie, pioche sur l'épaule.

« Rana toute Puissante, tu sais c'est quoi ce truc ?

- Oui Brumal m'en a parlé. C'est un Gahkai, une sorte de sanglier des montagnes. Ils sont pas farouches d'habitude, ils préfèrent la fuite au combat : mais ils sont aussi territoriaux quand ils ont des nouveaux nés et on a dû un peu trop se rapprocher du nid. » supposa Cherock.

Alors qu'ils parlaient, la créature s'était remise debout et les fixaient en rodant de gauche à droite, se méfiant des éclairs du jeune homme.

« Et on ne pourrait pas juste fuir ?

- Tu as vu à quel point cette bestiole est rapide ? Elle nous réduirait en charpie avant qu'on ait parcouru la moitié du trajet jusqu'au tunnel.

- Donc on n'a pas le choix… » conclut Hïo alors que la bête poussait un rugissement en les chargeant.

Le Gahkai fonçait avec une vélocité impressionnante pour sa taille et lorsque les deux compagnons se séparèrent, c'est Hïo qu'elle décida de poursuivre. Celui-ci courut tout droit puis sentant le monstre sur le point de le rattraper, il pivota en se retournant pour frapper avec sa masse en utilisant son mouvement. Malheureusement, le monstre compris son action et changea au dernier moment sa trajectoire pour esquiver le coup. Ayant mis toute sa force dans son attaque Hïo glissa sur le sol gelé et tomba à la renverse en envoyant valser sa masse, à la merci du Gahkai.

Cherock savait qu'il lui restait environ deux sorts et il ne pouvait pas se permettre de les gaspiller, surtout que le contre coup d'avoir utilisé tout son fluide le fatiguerait énormément. Aussi, étant trop loin de Hïo pour l'aider directement, il lança une boule de neige fait à la va vite sur la bestiole en criant : « Eh oh saloperie ! C'est ici que ça se passe ! »

Il eut raison de crier car la boule de neige rata complètement sa cible et toucha le pied de Hïo. Cela eut néanmoins l'effet escompté car la créature se désintéressa complètement de Hïo pour se focaliser sur l'adversaire qu'elle considérait comme le plus dangereux. Elle chargea donc celui-ci. Mais Cherock avait une idée derrière la tête : son coup reçu aux jambes l'empêchait de pouvoir détaler ou juste courir et il avait vu à quel point le Gahkai était réactif. Il devait néanmoins craindre sa magie et les dégâts qu'elle lui avait causé. Il chargea donc sa magie dans sa main droite et de la main gauche, arma le bras pour donner un coup de taille de sa lame de la gauche vers la droite. Lorsque la bête fut sur lui, il donna son coup d'épée sachant très bien qu'il n'arriverait pas à la blesser, puisqu'elle se décalerait sur la droite pour l'esquiver grâce à son agilité. Ce qu'elle fit, pour se mettre juste dans l'axe de la main droite de Cherock et de son Choc de Valyus qui ne se fit pas prier pour foudroyer la bête.

L'éclair zébra la courte distance les séparant et frappa le visage du Gahkai qui cria de douleur en perdant un œil avant de charger devant lui, renversant Cherock. Ecraser par le poids du sanglier mourant, il fit de son mieux pour éviter les défenses essayant de lui labourer le visage, utilisant sa main droite valide pour saisir une des défenses. Son bras gauche était lui bloqué par la patte avant de la bête dont les griffes lui rentraient dans la peau après avoir déchiré ses vêtements. Le jeune Oranais se débattit, utilisant son avant-bras et sa main gauche pour essayer de poignarder et blesser le flanc de la bête, mais ses coups ne portaient pas ou étaient superficiels.

« Bordel de… ! » jura Cherock avant de sentir le poids du Gahkai se soulever, puis du sang couler sur son torse et le corps de son assaillant tomber sur le côté, une pioche enfoncée dans le dos. C'était Hïo qui une fois debout, ramassa une pioche qui traînait à côté de lui pour venir en aide à son ami.

« Tu m'en dois une vieux ! lui dit Hïo en lui tendant une main pour l'aider à se lever.

- Te vante pas trop ! Je t'ai sauvé le cul moi aussi !

- On est quitte alors ! »

A leurs côtés, la bête expira sous les vivats des Thorkins qui n'avaient pas vu pareil combat depuis un bout de temps.

« Par contre Hïo, c'est toi qui te colle le reste du minage, avec les trois Choc de Valyus que j'ai dû envoyer, je suis un peu crevé là.

- Pas de soucis, panse tes blessures et laisse-moi m'occuper du reste ! »
assura son ami.

Pendant que les Thorkins se remettaient lentement à la tâche après avoir remercié les deux humains, Cherock banda les plaies à son bras gauche et essaye de recoudre la manche du manteau sans grand résultat. Après avoir un peu repos dans l’un des trous abandonnés par les nains t à l’abri du vent, le jeune mage rejoignit Hïo pour lui donner un coup de main. Il se munit de sa pioche et remarqua le sang coaguler dessus.
(C’est donc ma pioche qui l’a achevé hein ? La solidité de l’acier d’Ascan n’est pas réputée pour rien !)

Alors qu’ils piochaient tous les deux en direction du gros filon détecté par Cherock, un coup de pioche de celui-ci fit éclater la pierre, laissant entrevoir un reflet métallique très brillant.
Serait-ce… ?


A suivre…

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 Sujet du message: Re: Les mines de Mertar
MessagePosté: Sam 26 Aoû 2017 23:27 
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Chapitre XXIII.1 : Le Retour


Les deux amis se penchèrent un peu plus près pour examiner le fruit de leur découverte. N'y voyant pas grand-chose, Hïo se munit de sa pioche et commença délicatement à miner tout autour de la veine. (Que ce soit ou non de la Faerunne, se disait Cherock, cela reste quand même une veine de métal de premier ordre !)

Le filon était massif comparé aux autres, comme l'avait détecté Cherock. Il s'étendait sur un peu moins de quatre-vingts centimètres et mesurait cinq à huit centimètres de haut. La veine semblait même s'étendre en dehors de la zone de Hïo sur la droite, une chance que les deux humains aient été aussi impopulaire car personne ne se plaçait jamais à leurs côtés. Cherock s'empressa donc de passer derrière son ami pour privatiser cette nouvelle portion. Mu par l'excitation, il oublia un temps sa fatigue et déclencha à nouveau son identification des métaux. Il ferma les yeux et laissa son fluide résonner autour de lui. Il sentit de nouveau son équipement métallique ainsi que celui de Hïo, la veine sur sa gauche progresser lentement dans sa direction. Il estima sa taille à un mètre et quelques et détecta une autre veine de métal en haut à droite, à trois mètres de hauteur. Inaccessible donc. Il n'y avait donc aucun filon à portée et Cherock se focalisa donc sur l'extraction du gros filon.

Il racla tout d'abord la paroi de glace puis attaqua la roche en dessous, tandis que Hïo dégageait un maximum de roche autour du filon de sa partie. Au bout de deux heures de piochage minutieux, la veine s'offrit à eux. Une somptueuse veine de fer dont les reflets brillaient sous les rayons de soleil qui amorçait sa descente était devant eux, d'un gris parfait sans peu d'imperfection.

« Ca c'est une belle bête ! dit fièrement Hïo.

- Ouais ça tu peux le dire ! On aura trimé pour l'avoir celle-ci ! Mais regarde plutôt par là… »
Au centre de la veine sur une excroissance de fer, un éclat brillait plus fort que les autres d'un éclat… Vert, Gris ? Bleu ? Sa couleur semblait changer et oscillait constamment entre ses couleurs ; pour avoir vu de nombreuses fois ces variations de lumières aux messes Ranaïques, les deux Oranais savaient parfaitement ce qu'ils avaient devant les yeux.

« De la Faerunne ! » s'écrièrent les deux compères, ameutant autour d'eux une dizaine de Thorkins qui les félicitèrent d'une bourrade dans le dos ou acquiescèrent d'un hochement de tête. L'un deux approcha même avec une des charrettes mises à disposition pour ce genre de grosses pièces qu'il était impensable de transporter à mains nues. Aidés de deux Thorkins, ils mirent sur la charrette le minerai extrait pour que les deux amis puissent rentrer avec, ce qu'ils firent immédiatement. Ils rentrèrent donc en mettant les pioches dans la charrette, avec Cherock qui tirait devant et Hïo qui poussait. Ils peinèrent d'abord sur les premières dizaines de mètres puisqu'ils étaient encore dans la neige, mais lorsque la neige fit place à la route glacée, le trajet se fit plus facilement, d'autant plus lorsqu'ils arrivèrent au bout d'une petite heure dans les tunnels de pierre. Ils progressèrent encore et une fois arrivés dans Mertar même, ils décidèrent de faire une pause à la taverne qui se trouvait juste en face. Etrangement celle-ci était fermée et son gérant en sortait avec hâte.

« Bonsoir Monsieur, vous fermez déjà ? » demanda Cherock.

Après un regard jeté rapidement à ses interlocuteurs, le Thorkin répondit : « Tout le monde se rassemble sur la Grand'Place, alors j'y vais aussi !

- Pourquoi ça ? Il y a quelque chose qui est arrivé ?

- Oui, Elle est revenue !

- Qui ça, Elle ? demanda le mage curieusement.

- La Reine de la Foudre ! s'excita le tenancier en courant vers les escaliers supérieurs.

- Mais qui est-ce ? cria Hïo.

- Sa Sainteté Rifa Cime-Haute !... »

(Ce n’est quand même pas…) pensa Cherock avant que le Thorkin ne confirme ses pensées : « … L’Exarque ! L’Exarque est de retour ! »

A suivre…

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 Sujet du message: Re: Les mines de Mertar
MessagePosté: Dim 17 Sep 2017 21:14 
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Chapitre XXXII.2 : Une mine peut en cacher une autre.


Armé de sa torche, Hïo inspectait les parois de la caverne. Il chercha la faille qu'il avait vu plus tôt et fini enfin par la trouver, après quelques instants de longues recherches.

« La voilà ! » signala Hïo en désignant une faille haute d'un mètre soixante et large d'une cinquantaine de centimètres. Ses bords rugueux se confondait à merveilles avec le reste de la paroi, camouflant l'entrée parmi les jeux d'ombres que faisait la torche. (Pas étonnant qu'on l'ait pas vu avant, j'ai encore du mal à la distinguer clairement.) pensa Cherock en se dirigeant vers l'entrée.

« Hïo tu ferais mieux d'enlever ton sac. Il risque de pas passer sinon.

- Ouais… Bah euh tu sais, c'est pas plus mal si je passe pas, les passages aussi étroits, ça m'angoisse un peu. Puis il faut quelqu'un pour faire le guet non ?

- Mmh, je suppose que tu as raison. Le seul souci c'est qu'il n'y a pas d'endroit pour se cacher dans le coin, alors si jamais Arig et ses petits copains se pointent, on aura du mal à expliquer notre présence. Viens quand même et laisse le sac ici, mieux vaut ne pas trop se séparer.

- O-Ouais… » acquiesça à contre-cœur son ami en se délestant de son sac, non sans laisser échapper un sourire de soulagement au passage.

Il passa ensuite la torche à Cherock qui ouvrit le passage en la tendant devant lui. Ils fléchirent ainsi les genoux et se déplacèrent comme des crabes pour pouvoir passer la fente exiguë. La progression fut difficile, mais ne dura que quelques dizaines de secondes. (Pfiou, il était temps d'arriver. Hïo allait me faire une crise de panique si on était resté deux secondes de plus dans ce boyau.) pensa l'enchanteur en observant son ami trempé de sueur et visiblement soulagé d'être sorti. (Allons y.)

Muni de la torche, Cherock parcourut un long tunnel qui montait en pente douce. D'après lui, le tunnel allait en parallèle de celui empruntés habituellement. Les crampons d'aciers des bottes de Hïo tintaient contre la pierre, pas très plate. Plusieurs fois, le tunnel proposa d'autres chemins mais Cherock décida de suivre la direction qui lui semblait parallèle à l'autre tunnel, c'est-à-dire tout droit. Il ignora donc les différents embranchements, renforcé par l'idée qu'avec un labyrinthe pareil, mieux valait ne pas s'amuser à prendre trop de directions différentes. La faille se trouvait à une petite dizaine de minutes de la zone d'extraction, aussi se donnèrent-ils autant de temps pour déterminer s'ils s'étaient trompés de chemin pour rejoindre la surface, dans lequel cas ils arrêteraient de s'enfoncer dans la montagne pour pouvoir retrouver leur route.. L'instinct de Cherock fut bon : alors qu'il commençait à douter du chemin qu'ils empruntaient, une lueur apparue au bout du tunnel. La lueur fut appuyée par un vent froid mordant qui confirma le lien avec l'extérieur. Marchant à sa rencontre, les deux humains retrouvèrent avec plaisir les lumières crépusculaires du soleil couchant. Celles-ci se reflétaient sur les glaciers et les neiges éternelles des monts voisins.

La corniche sur laquelle ils se trouvaient se trouva être la même que celle qui surplombait la zone de minage. Elle faisait une dizaine de mètres de large et se prolongeait tout le long de l'à-pic de glace, s'affinant en s'éloignant de l'entrée. La paroi gauche, elle, était recouverte de trace de minage. Sur une vingtaine de mètres, la roche avait sévèrement été mordue par les lames des pioches. Les débris de pierres reposait près de l'entrée avec une pioche posée dessus.

« Ca, c'est de la vue ! s'ébahit le forgeron en se rapprochant du bord. Pour cause, la vue offrait un magnifique panorama sur les vallées enneigées en contrebas, les forêts de conifères baignées d'or, les glaciers reflétant les ultimes rayons du soleil. Eh regarde Cherock, on voit même une rivière d'ici ! Woah, on dirait de l'or liquide !

- Calme toi Hïo, rappelle-toi pourquoi nous sommes ici !

- Ah, c'est vrai… Bah apparemment ils minent bel et bien ici non ? On pourrait rentrer maintenant.

- On devrait apporter une preuve avec nous, expliqua Cherock. Puis en plus, on ne sait pas s'il y a vraiment de la Faerunne dans le coin, on sait juste qu'ils minent.

- Pas bête.

- Merci. »

L'enchanteur se posta face à la paroi, rassembla la magie dans la paume de sa main et procéda à l'identification de la paroi. A sa grande surprise, il perçut de nombreux échos en réponse, preuve que la paroi de pierre derrière recelait effectivement beaucoup de minerai. Un de ceux-là se trouvait à une distance proche de la surface, aussi Cherock chargea Hïo de creuser à cet endroit avec sa pioche.

Il se munit d'elle et très vite, recula la fine pellicule de glace recouvrant la zone indiquée par le fulguromancien. Les coups de pioches suivants firent éclater la pierre tandis que Cherock essayait de penser à un moyen pour repérer d'autres filons. Il fit alors un pas de côté pour laisser plus de place à Hïo et détecta alors un autre signal, à l'extrémité de sa zone de détection. Surpris, il se rapprocha du signal sur une paroi nue déjà extraite et senti alors d'autres signatures tandis que d'autres disparaissaient à mesure qu'il s'éloignait d'elles. (Mais oui ! Ma zone d'identification se déploie autour de moi, pas autour de l'endroit où je lance mon sort !) Excité, il se déplaça en longeant la paroi déjà minée, repérant quelques minerais non extraits. (ils n'ont pas terminés correctement leur boulot… Là, il y a un métal à seulement cinq centimètres de la surface !)

Tout à coup, le mage entendit des bruits de pas résonner dans le couloir ; trop occupé à identifier la paroi, il n'avait pas fait attention à ce qu'il se passait autour de lui. Des voix se firent bientôt entendre.

« Quelle idée d'oublier sa pioche à la merci des éléments…

- Pas ma faute, j'avais les bras déjà bien chargés !

- Ouais ouais… Eh, t'entends ça ? On dirait que quelqu'un mine chez nous ! »


Les bruits de pas s'accélérèrent subitement ; Cherock se retourna en sachant bien qu'il n'y avait pas d'échappatoire, ce que son regard lui confirma. Il allait devoir la jouer fine.

Rutag et Proma sortirent à la lumière du jour sur la corniche et virent les deux humains sur leur terrain.

« Regarde frangin, mais qui voilà ! Ce serait pas les deux fouineurs d'hier ?

- Je crois bien frérot.


- Oh, Rutag, Proma, quel hasard ! Avec Hïo on vient de trouver cet endroit et on se disait que… »

Le son feutré d'une lame sortant d'un fourreau coupa court aux vaines paroles de Cherock. Les deux Thorkins venaient de s'armer : finalement, le combat semblait inévitable.

A suivre…

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Dernière édition par Tergeist le Dim 17 Sep 2017 21:34, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les mines de Mertar
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Chapitre XXXIII : Du sang sur la glace.


Proma s'avançait vers les deux amis, une hache à la main. Le métal était luisant et bien entretenu, son propriétaire devait en prendre grand soin. Rutag se tenait en retrait derrière son frère et s'était muni d'une dague un peu trop effilée. Hïo s'était arrêté de piocher et regardait avec appréhension le combat sur le point d'exploser. Cherock se recula et dégaina son épée en tendant cependant les mains devant lui.

« Woooooh calmez-vous ! On est juste là par hasard ! Pas la peine de s'exciter !

- Ecoute le frangin, il est pacifique ! cracha Proma entre ses dents.

- Dommage pour lui qu'on ne le soit pas.

- Attendez, on peut régler ça sans se battre. Laissez nous nous entretenir avec Arig, on cherche juste une dose de Faerunne.

- Ca va être compliqué d'lui parler, répondit le nain armé de la hache avec laquelle il faisait des moulinets comme pour s'échauffer. Il est, comme qui dirait, un peu mort. »

(Ca dégénère.) pensa Cherock. Il prit la décision de commencer à enchanter sa lame de son fluide. (Je vais malheureusement en avoir besoin !)

« Mort ? Comment ça ? dit l'enchanteur pour gagner du temps alors que ses adversaires se rapprochait peu à peu.

- On allait quand même pas partager la Faerunne de ce filon, répondit le plus naturellement du monde Rutag. Alors quand il nous a montré cet endroit, il a fait une malencontreuse… Chute. »

Le sort de Cherock commençait enfin à recouvrir sa lame. Il ne lui manquait qu'une poignée de secondes. Il vit alors une inquiétante fumée noire comme de l'encre entourée la main de Rutag.

« Vous avez donc le choix : soit vous sautez et avez une chance d'avoir une mort douce, soit mon frère et moi on s'occupe de votre cas.

- La mort c'est pas dans notre programme ! cria Hïo en brandissant sa pioche devant ses yeux.

- Ouais, c'est pour ça qu'on va prendre la troisième option : vous botter le cul !

- Qu'il en soit ainsi. » déclara Rutag en tendant la main entourée d'ombre devant lui.

De manière parfaitement synchronisée, les deux frères attaquèrent de concert. La fumée noire jaillit de la main de Rutag et fonça vers le forgeron qui se protégea le visage de ses bras. Le sort l'atteignit au niveau du visage et une ombre épaisse explosa autour de lui, masquant complètement sa vue. Proma quant à lui s'était jeté sur Cherock, profitant de sa petite taille pour attaquer en dessous de la garde de l'enchanteur. Mais Cherock avait anticipé son action, fort de son combat contre Noruk. (Les Thorkins sont plus petits que nous, il va surement essayer de profiter de sa petite taille !). Le jeune homme baissa son épée courte maintenant nimbée de foudre et intercepta le coup de son adversaire se dirigeant vers ses rotules, détournant le coup vers la gauche. L'électricité parcourant sa lame se transmit à la hache du nain qui était uniquement faite d'acier. Une petite décharge électrique toucha donc Proma qui fut surpris, le forçant à reculer.

Un rapide coup d'œil derrière lui permit à Cherock de voir que son ami n'arrivait pas à se défaire du nuage obscur qui l'entourait, malgré ses tentatives de le dissiper avec ses bras. Le fulguromancien ne pourrait compter que sur lui pour le moment. Déjà, le mage sombre Thorkin assemblait de nouveau sa magie, s'apprêtant à cibler de nouveau le forgeron. L'ombre était remplacée par une sorte de rayonnement obscur qui ne disait rien qui vaille à Cherock. (Ca ne sera pas juste de la fumée cette fois !). Il tendit sa main droite libre et tira un arc électrique en direction de Rutag, qui l'évita in extrémis en plongeant sur le côté, s'éloignant de la paroi. Cherock profitait de sa taille pour pouvoir tirer au-dessus de Proma qui s'était également baissé pour esquiver le sort qu'il pensait lui être destiné. (Leur taille les rend plus difficile à viser cependant.) pensa Cherock.

Proma décida alors de se jeter plus franchement sur Cherock, hache à la main. Il taillada en visant de nouveau ses genoux mais en y mettant plus de force. Il essaya de parer de nouveau son coup, mais celui-ci était autrement plus puissant que le précédent. Il ne put que dévier le tranchant de la hache qui ne tapa que le côté du genou de Cherock avec le plat de la lame. L'enchanteur pâlit sous la force du coup et la douleur qui irradia dans toute sa jambe. Elle ne put supporter son poids et le jeune homme s'effondra dans la neige, à genoux. Il essaya de porter un coup au nain avec son épée chargée de fluide, mais celui-ci écarta facilement son coup avant d'armer son arme pour viser son cou. Alors qu'il s'apprêtait à lui trancher la tête une ombre passa au-dessus de Cherock : Hïo, enfin délivré de son brouillard, contra le coup de hache avec la lame de sa pioche. Il utilisa la partie courbée de la pioche pour être sûr de pouvoir capter le coup de hache de Proma. Profitant du fait que l'arme de son adversaire soit bloquée, l'enchanteur profita de l'ouverture pour brandir son épée et la planter dans le ventre du Thorkin.

La lame grésilla en s'enfonçant dans les chaires, brûlant au passage les tissus de la plaie. La foudre se propagea dans tout le corps du nain à travers son sang, qui hurla de douleur en s'effondrant sur le sol. La hache s'échappa de sa main et tinta sur le sol. Cherock sortit son arme du corps du Thorkin et se rappela soudain la présence du frère lorsque celui-ci hurla le nom de son frère avant de brandir la main en direction des deux amis. Même si Cherock était celui qui avait blessé son frère, le forgeron était debout et faisait une cible bien plus simple, aussi le cibla-t-il de son attaque. Un rayon obscur fusa en direction de Hïo, le touchant au niveau de l'épaule et le traversant de part en part. Grognant en se prenant l'épaule, l'oranien chancela.

Il chargea tout de même le mage noir, en brandissant la pioche. Cherock vit qu'à l'endroit où la magie avait frappé, le vêtement était intact. (Pas possible, je l'ai vu traverser son corps !) pensa Cherock en se mettant difficilement debout. Sa jambe aurait du mal à le supporter. Il ne pourrait pas bouger sans l'assistance de quelqu'un pour le moment. Alors que Hïo courrait vers lui Rutag envoya un autre rayon obscur qui le toucha cette fois en plein torse et traversa de nouveau le jeune homme sans laisser la moindre blessure apparente. Pourtant, celui-ci cria de surprise avant de trébucher et s'effondrer sur le sol en se tenant la poitrine. Si elle ne laissait pas de trace physique, le trait d'ombre n'était pas inoffensif. Rutag s'approcha dague à la main pour mettre à mort le forgeron recroquevillé au sol, le regard fou. Cherock sauva son ami en lançant un autre éclair de sa main droite sur le bourreau de Hïo. Grimaçant sous la douleur, Rutag reporta son attention sur le fulguromage immobile qui n'attendit pas avant de lancer un autre éclair pour éloigner son ennemi du forgeron. Il l'évita en se décalant encore un peu plus sur la gauche et répliqua par sa propre attaque. En se baissant Cherock put éviter en grande partie l'attaque, mais le rayon traça un sillon engourdissant le long de son dos.

Faisant fi de cette sensation étrange, il tira de nouveau sur son ennemi et sembla le manquer de peu en tirant trop à droite, ce qui fit que le mage n'eut qu'à faire un pas de côté pour l'esquiver sans grand problème. Le piège de l'enchanteur se referma alors sur Rutag.

Lorsqu'il voulut attaquer de nouveau Cherock, le Thorkin se rendit compte qu'en esquivant les attaques magiques du jeune humain, il s'était dangereusement rapproché du bord de la falaise. Il lança alors son attaque et voulu s'éloigner de la corniche. En se tournant il vit deux pioches voler dans sa direction : usant de sa magie, le mage de foudre avait tendu la main droite en direction de la pioche de Hïo tombée devant lui et celle posée sur le tas de pierre près de l'entrée. Encaissant le tir de fluide obscur dans le ventre en serrant les dents pour ne pas s'effondrer sous une soudaine fatigue, Cherock fit un mouvement sec du poignet. Il projeta violemment les deux pioches vers le mage obscur qui les prit de plein fouet dans la poitrine, lui coupant le souffle le faisant reculer d'un pas puis d'un second sous le coup de l'impact. Ce deuxième pas en arrière scella le destin de de Rutag : le talon dans le vide et le reste du pied sur une portion de neige friable, la stabilisation du Thorkin était loin d'être bonne. Il bascula alors en arrière et son cri résonna pendant de longues secondes dans la vallée avant de s'éteindre dans les mugissements du vent qui s'était levé durant le combat.

L'adrénaline retomba et arrêta de pulser dans les veines de Cherock, de même que sa magie dont les réserves étaient bien entamées. Son regard se posa alors sur le corps agonisant de Proma et une violente montée de bile lui tordit l'estomac et qui n'avait rien à voir avec l'attaque de tout à l'heure. Comme si un coup de massue lui avait fracassé le ventre, Cherock réalisa quelque chose, quelque chose de terrible. Il venait de tuer.

A suivre…

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Arc du Souffle du Voile

Chapitre XXXIV : Le poids des choses.


Retenant avec la plus grande des peines le haut-le-cœur qui le prenait, Cherock s'effondra sur la glace, tombant à genoux.

(J'ai tué.)

Le regard désormais vitreux de Proma regardait le ciel, une expression de surprise et de douleur sur le visage. Son teint avait déjà pris une teinte bleue, son sang n'affluant plus dans ses veines.

(J'ai tué un Thorkin.)

Bleu, c'était également la couleur de ses mains. Des mains qui étaient restées crispées sur la plaie béante qu'il avait essayé de combler. Le sang qui ne coulait plus dans ses veines avait imbibé ses vêtements.

(J'ai tué Proma.)

Finalement, il ne pouvait plus retenir les torsions qui tordaient son estomac. Il vomit sur le sol gelé. L'odeur métallique du sang se mêla à celle de son propre vomi, le faisant rendre son repas une nouvelle fois. Une fois que son estomac eut terminé de se vider, Cherock put de nouveau relever la tête. Il aperçut que la petite taille de feu son ennemi l'avait induit en erreur sur la partie du corps qu'il avait touché. Il avait touché un peu plus haut que le ventre et avait surement percé un poumon et un ou deux autres organes plutôt que simplement le ventre.

Finalement, Cherock se releva. Le coup à sa jambe lui faisait encore mal, mais c'était supportable. Hïo était debout lui aussi. Pâle, mais bien vivant. Une expression triste flottait sur son visage.

« C'est atroce, dit l'enchanteur en rejoignant en boitant son ami.

- Ouais… Mais on n'avait pas le choix.

- Pas le choix hein… »

Ils se tournèrent tout deux vers le cadavre de Proma. Que faire ? Ils auraient décidément des ennuis si on les découvrait maintenant. Ils devaient agir en premier et aller se présenter à la milice de Mertar et signaler l'agression. A moins de se débarrasser du corps ? L'enterrer dans un coin ?Lui faire suivre le même sort qu'à son frère et lancer son corps dans le vide ? Les idées tournaient dans la tête du jeune homme, toutes plus horrible les unes que les autres.

« Eh Cherock, mieux vaut déjà récupérer la Faerunne, on se tire après et on prévient la milice.

- Ouais, t'as raison… Tu te sens bien ? T'as été touché plusieurs fois.

- Ouais ça peut aller. Je me sens faible, mais ces coups n'ont pas l'air de m'avoir blessé. Juste un peu plus épuisé.

- Ouais je vois. J'ai eu l'impression qu'une chape de plomb m'étais tombé sur les épaules en recevant son sort, décrivit Cherock.

- Exactement. Bon, dépêchons-nous et tirons-nous d'ici, j'ai pas vraiment envie de m'éterniser. »

Le jeune homme ramassa la pioche qui n'était pas tombée avec le Thorkin et alla finir d'extraire le minerai. Mettant ses ultimes forces dans quelques coups de pioches, le forgeron affaiblit dégagea les dernières couches de roches qui subsistaient. Cherock s'assit quant à lui à côté du tas de pierre à l'entrée de la corniche, reposant son genou douloureux. Sa main se posa à côté d'un caillou et une sensation familière se fit ressentir. Intrigué, Cherock regarda plus attentivement les pierres et il en vit une qui semblait différentes. Pour tout dire, elle semblait émettre des pulsions magiques. L'enchanteur prit alors la pierre dans sa main, la retourna et aperçu une curieuse marque en forme de y. (Une rune ! Dire qu'ils sont passés à côté d'un objet pareil !)

Ne se sentant pas la force de l'examiner maintenant, le jeune homme la rangea dans sa poche avant de regarder où en était son ami qui déblayait justement l'ultime couche de roche. Malheureusement pour eux, ce qui se révéla derrière n'avait rien à voir avec de la Faerunne. La veine se révéla être un gros filon de cuivre, incompatible donc pour devenir du métal élémentaire.

« Bon et bah on dirait que ça ne sera pas pour cette fois non plus…

- Merde, on a fait ce combat pour rien… On a tué pour rien !

- Perdons pas espoir, se motiva à grande peine Cherock, on peut examiner encore quelques filons, il y en a bien un qui sera bon !

- On peut pas juste essayer d'aller chercher le minerai déjà extrait chez ces deux enfoirés ?

- Je pense pas que ce soit une bonne idée, regretta le mage en secouant la tête. On tue déjà deux des leurs, la milice va à peine tolérer ça surtout qu'on a pas beaucoup de preuves. Alors si en plus on essaye de piller la maison des personnes qu'on a tué, ça risque de vraiment pas passer.

- Ouais… Bon, rentrons pour le moment. »

Les deux amis exténués et blessés se mirent donc sur le chemin du retour, se soutenant l'un l'autre. Ils n'eurent pas un regard pour le Thorkin qu'ils avaient tué, ne voulant pas se remémorer cette mauvaise expérience. Alors qu'il marchait tant bien que mal, Cherock adressa une silencieuse prière à Valyus. (Valyus, j'ai tué un membre de ton peuple ce soir. Je regrette d'avoir eu à le faire, mais j'ai essayé de respecter ta Loi ainsi que le second et le troisième Préceptes. Si tu m'en tiens rigueur, pardonne-moi. )

Les deux amis arrivèrent alors à un embranchement avec un couloir qu'il n'avait pas vu lors du passage aller.

« Et merde, manquait plus que ça.

- On va où ? A gauche ou à droite ?

- J'en sais rien… d'instinct, je dirais celui de gauche, il semble ne pas trop s'éloigner du couloir d'en dessous. Mais je suis pas sûr. Bon, on prend ce chemin, mais on fait une marque sur le mur pour pouvoir se repérer au cas où. » décida Cherock en tendant la torche vers un des murs, laissant une marque cendrée sur celui-ci.

Ils se remirent en marche, marchant au fur et à mesure un peu plus rapidement à mesure que la douleur s'estompait dans le genou de Cherock et que l'engourdissement se dissipait dans le corps de Hïo. Ils restaient relativement faibles, mais parvenaient maintenant à se déplacer seuls. Durant une douzaine de minutes, ils marchèrent ainsi dans le boyau sombre, ressassant les derniers évènements qui pesaient lourd sur leurs consciences. (Même si c'était justifié, on aurait pu trouver un moyen de les épargner… Surtout Rutag… Non, c'était la bonne chose à faire. Je n'avais pas le choix, Hïo ne pouvait plus se battre et moi j'étais blessé. Eux n'auraient pas eu de scrupules à nous exécuter.)

« Eh Cherock… dit Hïo soudainement, tirant celui-ci de ses pensées.

- Oui ?

- Ca fait un moment qu'on marche, on aurait déjà dû trouver la faille non ?

- Merde t'as raison, on se serait trompé de chemin ? s‘inquiéta l'enchanteur en regardant tout autour de lui, se rendant compte que tous les boyaux se ressemblaient et qu'il n'était pas nécessaire de chercher des points de repères naturels.

- Me dis pas qu'on est per… Eh regarde ! Un autre embranchement !

- Allons le voir, on trouvera peut-être quelque chose ! »

Ils s'approchèrent du croisement et y cherchèrent la faille qui leur permettrait de rentrer à Mertar. Bien évidemment, ils n'y trouvèrent rien. Cependant, ils remarquèrent en inspectant le tunnel de gauche que la flamme semblait vaciller. Hïo suggéra que c'était certainement le fruit d'un appel d'air et que ce tunnel menait à l'extérieur de la montagne.

« A défaut de retrouver le chemin, essayons de nous repérer avec l'extérieur, peut être retrouverons nous la zone d'extraction ! »

Non sans mettre au préalable une autre marque sur le mur à l'aide de la torche, les deux jeunes hommes s'engagèrent dans le couloir de gauche de nouveau. Au bout de quatre ou cinq minutes, malgré leur fatigue, leurs sens se mirent littéralement en alerte. En l'espace de quelques secondes, trois d'entre eux leurs envoyèrent des informations particulières : le toucher sentit de fortes bourrasques, renforçant l'hypothèse de l'ouverture sur le monde extérieur. Plus inquiétant, leur ouïe capta un râle qui n'augurait rien de bon. Il semblait guttural, venant de la gorge d'une créature dont on aurait écorché les cordes vocales. Et enfin, plus inquiétant encore, leur odorat leur renvoya une odeur de pourriture. Une odeur qui les prit à la gorge, comme s'ils étaient proches de la carcasse d'un animal mort depuis bien trop longtemps. (Ou proche d'une trentaine d'œufs moisis.) pensa Cherock en se bouchant le nez. D'un regard, il se concerta avec son ami : il semblait aussi terrifié que déterminé : après tout, avaient-ils le choix ?

Cherock fit signe à son ami de le suivre discrètement quelques mètres derrière lui : l'enchanteur avait toujours eu le don de pouvoir se déplacer silencieusement, il en profita donc pour aller en éclaireur, diminuant les chances du duo de se faire repérer. Le tunnel tournait quelques mètres plus loin et il s'y engagea prudemment. Il s'arma également de son épée en repensant au son qu'il avait entendu et aperçut au loin dans le tunnel, à une centaine de mètres, la lumière du début de la nuit encore faiblement éclairé par le soleil qui disparaissait. Mais dans l'obscurité de la mine, le ciel semblait rayonner de luminosité. Le vent siffla alors à ses oreilles dans une bourrasque violente qui l'empêcha momentanément d'avancer. Le râle qu'ils avaient entendu plus tôt perça un moment les mugissements du vent qui charriait également l'odeur rance de pourriture. Le vent retomba alors et Cherock vit alors quelque chose de curieux : une silhouette enfantine semblait flotter au niveau de l'entrée sur l'extérieur.

On l'apercevait difficilement car elle semblait immatérielle, faite de vent. Des vents visiblement furieux. Furieux contre une ombre qui se releva alors, se découpant sur l'entrée lumineuse. Une ombre humanoïde qui sembla être humaine. Qui sembla l'être jusqu'à ce qu'elle se retourne vers Cherock et Hïo quelques pas derrière lui. Tout ce que l'on voyait, c'est que la créature avait visiblement un bras en moins et, chose curieusement effrayante, des yeux rouges qui semblaient briller dans la nuit.

Un hurlement rompit le maigre silence installé et la créature cauchemardesque fonça sur les deux hommes.

A suivre…

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Chapitre XXXV : Créatures.


« DEGAGEZ ! »

Une voix sifflante résonna dans le couloir alors qu'une autre bourrasque traversa le couloir. Elle était de toute évidence non naturelle car elle cibla directement la chose fonçant sur les oraniens. De justesse, les deux hommes se plaquèrent contre le mur alors que la bourrasque fit voler le monstre à travers le couloir pour aller s'y écraser contre un mur dans un bruit sourd et immonde. Sans réfléchir plus que nécessaire Cherock fonça vers la silhouette venteuse qui venait selon toute vraisemblance de les sauver, Hïo sur ses talons.

« Tu es… Un élémentaire d'air ? demanda Cherock une fois arrivé et un peu essoufflé.

- Un sylphe s'il te plait ! » répondit rapidement leur sauveur. Cherock estima aux courts cheveux du sylphe qu'il s'agissait d'un jeune garçon. Pour le reste, ses traits ne cessaient de changer excepté les deux pupilles bleues azures qui résidait au fond de ses yeux. Il mesurait un peu plus d'un mètre et flottait à une cinquantaine de centimètres du sol.

« Excuse nous, mais merci de nous avoir sauvés !

- Je vous ai pas encore sauvé, loin de là. La goule va revenir à la charge dès qu'elle aura repris ses esprits ! »

Comme pour faire écho à ces propos, un hurlement effroyable résonna dans le couloir.

« Une goule ?! répondit Hïo, terrifié.

- Oui, elle doit venir d'une des galeries en dessous de Mertar, répondit le sylphe avant de se poser sur le sol. Mais j'ai utilisé toute mon énergie, je ne peux plus me battre. Va falloir vous débrouiller sans moi ! »

En regardant par-dessus l'épaule éthérée de la créature, il observa que la sortie n'en était pas vraiment une : plus un balcon naturel qu'autre chose puisqu'il n'y avait rien sauf un gouffre sous leurs pieds.

« Et merde… Hïo, tu peux te battre ?

- Je suis encore faible Cherock, j'arrive à peine à soulever la pioche.

- Et bordel. Bon, reste derrière moi et si ce truc te tourne le dos pendant mon combat, plante lui cette pioche dans le dos.

- C'est une goule, les avertit l'être de vent, les seules façons de s'en débarrasser c'est de détruire son corps ou de lui couper la tête !

- De mieux en mieux... » grommela l'enchanteur en jetant la torche devant lui, dégageant un cercle de lumière d'une dizaine de mètres. (Au moins, j'y verrai un peu mieux avec ça.)

L'enchanteur écouta les grognements immondes de la goule qui se rapprochait et estima qu'elle serait sur eux d'ici une poignée de secondes. Il eut le temps de recouvrir son épée de fluide de foudre et de se mettre en garde à la périphérie du cercle de lumière de la torche avant que la goule n'arrive. Le temps qu'elle mettait à arriver rendit nerveux le jeune homme. (Pourquoi elle met autant de temps pour nous rejoindre ? Elle doit sûrement avoir été blessée par le choc contre le mur.) Il profita de ce gain de temps inattendu pour vérifier sa réserve de Fluide. Il estima pouvoir lancer encore un Choc de Valyus plus un autre supplémentaire en récupérant le fluide dans son arme avant d'épuiser ses réserves et perdre connaissance.

Il n'eut pas le loisir de pousser plus loin sa réflexion car la goule entra alors dans son champ de vision.

(Valyus tout puissant !). Une vision de cauchemar s'offrait à Cherock. La monstruosité avait dû être un elfe gris à la base, à en juger par sa peau grisâtre, ses rares cheveux blancs et ses oreilles pointues. Enfin, SON oreille pointue car il lui manquait son oreille droite, au même titre que son bras. Des lambeaux de vêtements de cuirs recouvraient son corps, ses yeux injectés de sang et rougeoyants regardait fixement son futur repas.Des ongles cassés sur les doigts de la main tendue vers Cherock, des dents manquantes ou de travers et une jambe gauche au pied manifestement brisé vu qu'elle traînait derrière elle complétait le portrait sordide de la goule. En apercevant distinctement sa proie, la goule hurla de nouveau et se précipita encore plus vite sur l'enchanteur, bras tendu. Cherock réagit en se mettant du côté droit de la créature, où l'absence de bras le rendait plus difficile à toucher. Tenant son épée de la main gauche, son coup ne porta que peu et ne fit qu'ouvrir superficiellement la chair putréfiée des côtes droites de la goule. Avec une agilité surprenante, la goule pivota sur son pied valide et envoya le moignon de coude droit dans le visage de l'enchanteur, lui ouvrant la lèvre.

Le sang coula sur son menton et sa vue porta la goule à un stade d'excitation encore plus grand. Il se jeta sur le jeune homme qui l'esquiva en roulant sur le côté. Son genou gauche recommença à le faire souffrir, mais le flot d'adrénaline qui se déversait de nouveau dans ses veines endigua la douleur. La monstruosité tenta de se retourner vers sa cible à terre mais prit cette fois appui sur le mauvais pied qui ne put supporter son poids. Elle trébucha lourdement sur le sol et tendit quand même la main sur la cheville de Cherock, l'agrippant fermement. D'un coup rageur, Cherock lui entailla profondément le crâne mais elle ne parut pas s'en soucier, approchant sa gueule grande ouverte de la cheville de Cherock.

« Elle ne sent pas la douleur ! » hurla le Sylphe dans un sifflement.

Prenant en compte cette information, Cherock abattit sa lame sur le poignet de la goule. La lame rendue plus tranchante par la magie de foudre sectionna la main en état de décomposition avancée du reste de son corps, laissant tout le loisir à l'humain de décocher un coup de talon au visage de la bestiole de son pied libéré. Il se releva en grande hâte et se remit en position entre Hïo et la goule.

« Cette saloperie veut me bouffer ! » enragea Cherock alors qu'il voyait rapidement la créature se relever sans souffrir de ses blessures. Il remarqua également que pour un poignet tranché la blessure ne saignait vraiment pas beaucoup. Chassant cette observation de son esprit, il tendit la main devant lui et visa le visage de son adversaire. Des étincelles crépitèrent le long de son bras jusqu'à ses doigts tendu et fusèrent en direction de la goule qui ne cherchât pas à éviter. La foudre gronda et perça son œil gauche qui éclata dans une explosion de fluides rouge. Une odeur nauséabonde se rajouta à celle déjà ambiante. Le but de Cherock était d'aveugler le monstre pour lui foncer dessus et le décapiter d'un large mouvement circulaire, mais il avait oublié de prendre en compte l'absence de la sensation de douleur chez le cadavre mouvant. Alors qu'il armait son coup, la goule entra brusquement dans la garde du jeune homme. Celui-ci voulut frapper au cou la goule mais celle-ci sacrifia son moignon pour intercepté la lame. Dans un crépitement, la lame électrique ripa contre l'os en enlevant toute la chair sur la longueur du bras. C'est le bras ramené devant son visage que Cherock fut ceinturé du moignon restant de la goule avant d'être plaqué au sol.

C'est ce bras qui lui sauva la vie. En le collant contre la gorge de la goule il empêcha celle-ci d'accéder à sa gorge avec ses dents. Elle possédait néanmoins une force surhumaine et approchait lentement son visage de celui de Cherock, exhalant une haleine fétide. De la bave – était-ce vraiment de la bave ?- coula de la bouche de la goule. La scène fit un instant écho au combat contre le Gahkaï : Hïo intervint et planta sa pioche dans le dos de l'immondice, permettant à Cherock de s'échapper de son étreinte.

Le seul souci, c'est que contrairement au sanglier des montagnes, la goule se releva, la pioche toujours plantée dans son dos et regarda d'un air appétissant le jeune homme qui reculait sur les fesses, pris d'une terreur incontrôlable. (Ce truc ne veut pas mourir ! Bordel bordel BORDEL !). Il tenait toujours son épée dans la main alors que celle-ci tremblait comme une feuille un soir d'orage. Cherock pensa à tout ce qu'il n'avait pu faire, cette quête inachevée, ce marteau qui resterait encore de nombreuses années dans les mains de Doure Barbe Ecarlate, ses parents qui mourraient de tristesse… Le visage de l'Exarque qu'il ne pourrait plus voir…

Hïo recula aussi sur le coup de la peur. Il ne pensait pas qu'on pouvait survivre à un coup pareil. Mais voir son ami en si mauvaise posture lui donna un sursaut d'énergie. Alors que la goule était tournée vers Cherock et en train de se pencher dans sa direction, Hïo poussa un hurlement et agrippa fermement la pioche. Il tira violemment dessus et senti qu'il avait accroché la colonne vertébrale du monstre. Il tenta de la briser en tirant un peu plus fort jusqu'à ce qu'il perde le manche des mains lorsque la goule se tourna dans sa direction. Si la goule était prête à perdre des membres pour se repaître de la chair de ses victimes, elle n'en restait pas moins assez douée d'intelligence pour se rendre compte que si elle ne s'occupait pas de Hïo, Cherock serait à coup sûr son ultime repas. C'est donc d'un pas lent alourdi par la pioche plantée dans son dos qu'elle s'avança en direction de Hïo. Qui hurla à s'en arracher les cordes vocales.

Ce hurlement réveilla Cherock. En voyant son ami hurler de terreur, Cherock s'infligea une baffe mentale. (Bordel à quoi tu penses ?! T'allais laisser Hïo se faire béqueter ? Abruti ! Et ça se dit croyant de Valyus, le Dieu protecteur ?!)

Il vit la pioche enfoncée dans le dos de la créature et se releva dans le but d'achever ce que Hïo avait commencé. Il se saisit du manche de la pioche, cala son pied contre le coxis de la goule et tira d'un coup sec. Dans un craquement ignoble, la colonne vertébrale sortie du corps de la créature en se brisant en deux. Sans celle-ci, sa propriétaire s'écroula au pied de Cherock tel un pantin désarticulé. Sans pouvoir bouger, elle le regarda de son œil valide lâcher la pioche avant de ramasser son épée qui se nimba progressivement d'une lueur violette. La goule poussa un long râle alors que Cherock se campait sur ses deux pieds au niveau de son cou. Il hurla en abattant l'épée de toutes ses forces devant lui, décapitant dans le grésillement de sa lame le cadavre ambulant. Le râle s'éteignit alors que Cherock hurlait encore au-dessus du mort-vivant mort. Finalement, sa voix mourut elle aussi alors qu'il s'affaissait sur le côté, terrassé par la fatigue et l'épuisement de sa magie. La dernière chose qu'il aperçut avant de sombrer dans l'inconscience fut la vision du Sylphe penchant son visage aérien au-dessus de lui.

A suivre…

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Arc du Souffle du Voile

Chapitre XXXVI : Escalade à hauts risques.


Cherock se réveilla au bout d'un temps qu'il eut du mal à déterminer. A peine se réveillait-il que tous ses sens étaient agressés. (Super.) râla-t-il. Tout d'abord, une odeur de pourriture. (La goule…) Une série de flash lui revinrent en tête, son combat contre le cadavre. Ayant trouvé d'où venait cette sensation, il passa aux autres. Un gout métallique dans la bouche suivie d'une douleur ? (J'ai dû rouvrir ma blessure à la lèvre en me réveillant.). De douloureuses courbatures lui rappelèrent qu'il avait « dormi » à même le sol et malgré le lieu, il ne sentait pas le froid. La vue lui revint alors clairement lorsqu'en se relevant, il aperçut la lueur des étoiles à travers l'ouverture au bout du tunnel. La silhouette assise et le dos tourné de Hïo se découpait distinctement sur le ciel nocturne et il crut également apercevoir le Sylphe. Finalement, son ouïe se reconnecta également à son cerveau lorsqu'il entendit la voix aérienne de la Sylphe s'adresser à Hïo : « Il se réveille.

- C'est vrai ?! Oh bon sang ! s'écria Hïo en se levant après s'être retourné. Quand je t'ai vu t'effondrer comme ça, j'ai eu la peur de ma vie ! Encore plus qu'avec cette foutue goule.

- J'ai… Dormi combien de temps ?

- Six ou sept heures je dirais, répondit la Sylphe. J'ai veillé sur vous deux, votre ami Hïo s'est écroulé de fatigue une dizaine de minutes après vous. Il n'est réveillé que depuis peu.

- On est donc au beau milieu de la nuit hein… » déduisit l'enchanteur en se relevant.

Ses muscles le faisaient souffrir, mais la douleur se dissiperaient vite à mesure que ses muscles se chaufferaient. (Au moins, mon corps a pas l'air d'avoir trop souffert.) Jetant un coup d'œil à sa réserve de fluide il constata qu'elle s'était régénérée de moitié. Tout en étirant ses muscles endoloris, Cherock s'approcha de son ami qui lui donna une accolade amicale et se tourna ensuite vers la Sylphe.

« Merci d'avoir veillé sur nous tout ce temps.

- Je vous en prie, ce n'est qu'un juste retour des choses. Après tout, vous m'avez débarrassé de cette goule.

- Il nous a protégé du vent pour pas qu'on meurt de froid dans notre sommeil, informa le forgeron.

- Empêcher le vent de rentrer là-dedans n'est pas grand-chose pour moi.

- Je ne vois pas le corps de la goule, remarqua alors Cherock.

- Je l'ai balancé dans le vide après le combat, expliqua Hïo. Foé s'en serait bien occupé, mais d'après ce que j'ai compris, faire venir des vents de l'intérieur de la montagne n'est pas dans ses capacités.

- Foé ?

- C'est mon prénom, intervint le Sylphe. Je l'aurais bien expédié dans le vide bien avant votre arrivée, mais c'est impossible pour moi avec mes capacités. C'est pourquoi je vous suis reconnaissant de m'en avoir débarrassé. Même si je suis fait de vent, les disperser est possible et moi avec.

- Mais alors pourquoi ne pas vous être enfuis ?

- Je protégeais de la Faerunne.

- De la Faerunne ??? s'exclama Cherock. Il y aurait donc de la Faerunne ici ? »

Cette information était capitale. Ils avaient la possibilité d'accomplir leur quête initiale avec une quasi-certitude ! Impatient, Cherock demanda où ils pouvaient la trouver.

« Nous les Sylphes, sommes parfois assignés à la surveillance de ce métal pour éviter qu'il tombe entre de mauvaises mains. Evidemment, nous ne sommes pas assez nombreux pour couvrir toutes les veines et nous avons également d'autres devoirs. Je suis né assez récemment et mon manque d'expérience m'a assigné à ce poste. Et pour répondre à votre question Cherock, le minerai se trouve un peu au-dessus de ce tunnel, sur le flanc de la montagne. Si vous souhaitez l'avoir, je ne vous en empêcherai pas aux vues de votre aide à mon égard.

- Bien, je pense qu'il serait plus prudent d'aller chercher du matériel pour grimper et…

- Attend vieux, intervint Hïo, y a un souci : vaudrait mieux s'en occuper maintenant.

- Pourquoi ça ? On a pas de cordes, pas de piolet, rien !

- Hïo a raison, ajouta Foé. Les vents sur cette montagne sont très violents et ce soir, le temps est particulièrement calme. Mais rien ne nous dit que ce sera le cas quand nous reviendrons plus tard. C'est ce dont nous parlions avant votre réveil.

- Et j'ai pas encore tout à fait récupéré… Vu les conditions de repos, je pouvais pas en espérer grand-chose. Du coup, il n'y a que toi pour le faire. Soit on le fait maintenant, soit on retourne chercher du matos en espérant que les vents aient pas repris toute leur puissance à notre retour. Tu t'en sens capable ? »

Cherock eut alors un moment de réflexion. Il pesa le pour et le contre, sonda son corps pour savoir s'il pourrait subir une tâche aussi ardue, jeta rapidement un coup d'œil à la paroi pour en évaluer ses chances. Ce fut l'origine même de sa quête qui le convainquit : une Aurore Boréale se déroula dans la nuit, éclairant de sa lumière verte fantomatique les versants des montagnes alentour. Cherock y vit deux choses : premièrement, un potentiel signe de la déesse Rana qui l'invitait à y aller maintenant en éclairant son chemin et deuxièmement, un rappel. Le temps pressait, ils avaient passé bien assez de temps à Mertar et la Cérémonie du Souffle du Voile approchait. Il prit sa décision.

« Hïo, passes moi tes crampons de fer. »

- - - - - - - - - - -

D'un signe de la tête, Hïo souhaita bonne chance à son ami. Celui-ci s'était équipé du lourd manteau du forgeron, avait fixé ses crampons à ses bottes et passé la pioche en travers de son dos.Le forgeron allait certainement grelotter le temps que son ami aille récupérer le métal mais pas assez longtemps pour qu'il tombe malade pour autant. Cherock étudia un instant la paroi, s'étira un instant les bras puis commença son ascension. D'après les indications de Foé, la veine se trouvait une dizaine de mètres plus haut et la paroi, bien que presque verticale par moment, contenait de nombreuses prises pour faciliter la grimpe de Cherock.

Cherock choisit le chemin de gauche : il comportait certes un peu moins de prises visibles, mais celles qu'il voyait étaient des prises larges et solides. Un parcours où il aurait d'avantages besoin de ses bras et c'est ce qu'il lui fallait. En effet, le jeune oranais n'avait pas une très grande confiance en ses jambes pour les efforts physiques intenses. Il commença son ascension et dégagea la neige recouvrant l'aspérité qui serait sa première marche vers la Faerunne. Il progressa lentement et fut bientôt confronté à un problème : l'absence de prise sur une portion d'un mètre. Il pouvait tenter de se tenir à une seule main pour ensuite tenter d'attraper une prise en se balançant sur une dizaine de centimètres, mais la moindre erreur serait fatale.

En cherchant une solution, il posa sa tête contre la paroi. La couche de neige amortie mollement son crâne jusqu'à ce qu'un objet dur lui fasse mal. Il crut d'abord que c'était la paroi derrière la neige, mais la sensation faisait plus penser à une boule. Il enleva la neige à ce niveau et découvrit une nouvelle prise en dessous. (Evidemment, la neige a tout recouvert. Il doit potentiellement y avoir d'autres endroits pour s'accrocher en dessous !). Il balaya alors d'un geste de la main le la portion au-dessus de sa tête et découvrit une prise qui lui sembla convenable. Son escalade se poursuivit quand au bout de deux minutes, une puissante bourrasque de vent manqua de déstabiliser l'enchanteur.

Le vent commençait à se lever et les courants qui courraient le long des versants prenaient de plus en plus de vitesse. Sortant un moment du tunnel, Foé hurla : « Il te reste un peu moins de trente minutes ! Si jamais tu es soufflé dans le blizzard qui va suivre, tes chances de survie seront quasi nulles ! »

Cherock reçut le message et accéléra la cadence. Arrivé à environ trois mètres de la fin de la corniche, un nouvel accident manqua de faire perdre la vie à celui-ci. La prise qu'il avait choisi se trouva recouverte d'une fine couche de glace et lorsqu'il voulut l'utiliser ; il ne s'y attendait pas et avait déjà investi une bonne partie de son poids dans la prise. Sa main gauche se déroba et il eut la présence d'esprit de remettre tout son poids sur ses appuis jambiers le temps de se stabiliser. Sa main sa balança dans le vide alors que ses jambes tremblaient sous l'effort. Il les avait contractés un peu plus que nécessaire sous le coup de la peur. Cherock se reprit et chercha une autre prise de sa main ballante et en trouva une acceptable sur la gauche, ce qui l'obligea à déblayer la neige du pied pour y trouver d'autres roches pour ses pieds. Aussitôt qu'il en trouva, il se décala vers ces nouvelles prises et continua son chemin.

Un dernier incident se produisit en haut de la falaise, juste avant l'arrivée : la prise qu'il pensait pouvoir utiliser et qui se trouvait seulement à trente centimètres de la corniche se détacha littéralement de la paroi. Il perdit l'équilibre et même ses jambes ne purent trouver des appuis solides à ce moment-là. En poussant un cri terrifié, l'enchanteur se retrouva suspendu par sa seule main gauche et comble de l'ironie, le vent se leva également. (Merde je vais crever je vais crever je vais crever !).

Balloté par les vents, Cherock paniqua encore plus. (Quel con d'avoir voulu grimper tout seul maintenant… Je sens mon bras gauche qui tremble, j'ai pas assez récupéré c'était évident ! Puis sans matériel d'escalade c'est du suicide j'aurais dû le savoir ! Si seulement j'avais un piolet…)

Soudain, le calme se fit dans son esprit. Les quelques larmes de désespoir qui perlaient à ses yeux furent balayés d'un revers de la main. (J'ai pas de piolet… Mais j'ai une pioche !) pensa Cherock en sentant le poids de la pioche qu'il avait oubliée accrochée dans son dos. Il passa sa main dans son dos et la referma sur la boucle maintenant la pioche. Il défit la boucle de son index et de son pouce en tenant le manche avec le reste de sa main, puis raffermit sa prise dessus avec le reste de ses doigts. La pioche pesait lourde dans sa main et dans cette situation inconfortable, son équilibre se trouva encore plus précaire. Le jeune homme sut qu'il n'aurait qu'une seule chance. Soit il se hissait sur la corniche, soit il finissait en bouillie humaine sur les rochers plus bas.

D'un mouvement de bras rageur, Cherock envoya la pioche par-dessus son épaule : la lame de la pioche dépassa le rebord de la corniche avant de bloquer lorsque le manche percuta la paroi. Il tira vers le bas la pioche pour que la partie métallique se coince contre le rebord et pu enfin soulager son bras gauche en se suspendant avec ses deux bras. Néanmoins, si les gants de cuir lui assuraient une meilleure prise sur le manche de bois, la pioche n'avait rien d'un appui très fiable. Cherock n'était plus en danger de mort imminente, mais loin d'être en sécurité. Ses deux prises lui permirent de retrouver deux appuis pour ses pieds, ce qui soulagea encore un peu plus la tension sur son bras gauche. Pour le reposer, il reposa tout son poids sur ses pieds et se servit de ses mains uniquement pour garder l'équilibre. Une trentaine de secondes plus tard, Cherock était prêt. Il allait faire quelque chose de risqué, mais il n'avait pas de prise disponible pour remplacer celle de sa pioche.

Il raffermit sa main autour du rocher qu'il agrippait de sa main gauche et tira dessus. Il ne bougea pas d'un iota, rassurant Cherock sur sa solidité. Puis, respirant plusieurs fois à fond pour calmer ses jambes qui tremblaient, Cherock fit le vide dans son esprit. (T'as pas le choix mon pote. Tu vas pas rester ici toute ta vie ! Allez, à trois, j'y vais. Un… Deux…) Il eut du mal à prononcer le trois. La peur lui cisaillait les jambes et Valyus savait à quel point il en avait besoin maintenant. (Allez, y a Hïo qui compte sur moi. J'ai pas vaincu une putain de goule pour mourir d'une pauvre chute en montagne ! Un, deux, trois !)

Cherock prit appui sur ses pieds et sauta en même temps qu'il lâchait le manche de la pioche. Il s'aida de sa main gauche pour se propulser un peu plus haut et parvint à faire passer son avant-bras sur la corniche, les jambes battants au vent. Forçant de nouveau sur ses bras, il fit passer avant-bras gauche sur la corniche à son tour et se hissa tant bien que mal dessus, faisant passer sa jambe gauche dessus avant de rouler sur le dos, haletant. Il eut la présence d'esprit de récupérer in extremis la pioche avant qu'elle ne bascule dans le vide, poussée par le vent. Il reprit son souffle durant une minute et se releva, armé de la pioche pour fracasser toute la roche se trouvant entre lui et le précieux métal. Il utilisa sa capacité pour détecter les métaux et déterminer la paroi qu'il devrait attaquer. Curieusement, son sens lui indiqua que du minerai se trouvait un peu partout juste en face de lui, sous la couche de neige. Il l'enleva alors la couche de neige.

A suivre…

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Chapitre XXXVII.1 : Retour mouvementé


Le jeune homme n'en croyait pas ses yeux : devant lui, une veine de Faerunne brillait de mille feux alors que l'aurore boréale l'éclairait. Sa couleur grise argentée se teintait de vert, mais ne semblait jamais se fixer sur une teinte précise. (De la Faerunne ! Enfin !). Fou de joie, le jeune homme dégagea la neige autour du précieux métal. Il ne pouvait pas utiliser son pouvoir pour déterminer sur combien de centimètres la veine courrait car celui-ci ne détectait pour l'instant que les métaux standards : il devait donc extraire les contours à la pioche, sans savoir ses dimensions exactes. Il se mit rapidement à l'œuvre, minant tout autour de la veine extérieure. Ne voulant pas abîmer le fruit de sa quête, Cherock ne s'embarrassa pas de détail et laissa une couche de pierre plus ou moins épaisse autour : quelqu'un de plus qualifié comme Hïo s'en occuperait alors.

Il finit par détacher complètement le bloc. Par rapport à la pépite qu'ils avaient trouvée quelques jours avant, il estima qu'il tenait entre les mains quatre doses de Faerunne environ, peut-être plus. Il n'eut pas le temps de se réjouir car le blizzard approchait et était désormais presque sur lui. Il rattacha la pioche dans son dos et se rapprocha du bord de la falaise, le minerai tant convoité dans les bras. (C'est super léger quand même, on voit bien que c'est de la Faerunne.) Il se pencha au-dessus du vide pour appeler Foé qui répondit instantanément à l'appel.

« Tu l'as récupéré ? lui demanda le Sylphe dont la voix sifflante perça étonnamment bien le blizzard.

- Ouais j'en ai trouvé ! Mais la paroi est trop accidentée pour que je puisse faire le trajet retour, on doit passer au plan B !

- T'es sûr de toi ?

- On a pas le choix Foé !

- Ok, mais alors dépêche-toi, le vent commence à souffler très fort j'aurai bientôt plus la capacité de pouvoir t'aider ! » répondit en retour l'être de vent.

A vrai dire, Cherock n'avait pas plus envie que ça d'avoir recours au plan de rechange qui consistait ni plus ni moins qu'à un saut dans le vide. (Je préférerais presque la descente en escalade… Mais c'est pas comme si j'avais le choix.)

Il se recula jusqu'à la paroi pour bénéficier d'un maximum d'élan. La paroi étant légèrement pentue, s'il sautait trop court en étant alourdi par le poids de la pierre, il se briserait les os contre celle-ci. Prenant son courage à deux mains, Cherock commença à s'élancer et courut vers le bord, mais une violente rafale de vent brisa sa résolution et son élan. Il freina des quatre fers et s'arrêta au bord du gouffre, les jambes tremblantes. S'infligeant mentalement une gifle pour reprendre ses esprits, l'enchanteur tenta de nouveau de sauter. Le courage lui fit de nouveau défaut une deuxième, une troisième, une quatrième fois. Après tout, il remettait sa vie entre les mains de Foé, un élémentaire de vent qu'il ne connaissait que depuis quelques heures. Il avait certes plusieurs fois sauté du haut d'un mur pendant sa jeunesse, mais jamais plus de deux mètres. Et puis les vents étaient-ils assez violents pour l'envoyer se fracasser contre des rochers ? Ne pouvait-il pas essayer de trouver une autre voie pour descendre ? Et pourquoi ne pas longer la paroi pour espérer trouver une autre sortie ? Ou alors…

« CHEROCK ! cria Foé.

- Et merde ! » jura le jeune homme en s'élançant dans le vide, serrant la pierre entre ses bras et fermant les yeux.

Le vent sifflait dans ses oreilles. Il voulut hurler mais retint pour une obscure raison ce hurlement au fond de sa gorge. Peut-être était-ce la peur qui lui tenaillait le ventre ? Toujours est-il que durant la demi-seconde que dura sa chute initiale, Cherock se vit pour la troisième fois mourir de la journée. (Ca commence à faire beaucoup.) pensa étrangement le mage.Il se surprit à penser ainsi : s'il avait le temps de se faire cette réflexion, c'est qu'il avait pris plus de temps pour chuter que la normale, ce qui dévoilait une chose : Foé était à l'œuvre. Il prit enfin confiance de son environnement : l'air dans lequel il évoluait semblait plus dense, plus lourd, plus… Compact. Il ouvrit les yeux et remarqua avec appréciation que sa chute avait ralenti de moitié : Foé se tenait face à l'entrée de la caverne et tendait ses deux mains dans la direction du jeune homme. Il sentit alors l'espace autour de lui se modifier et senti son corps décrire une courbe en direction de l'entrée qui était dans son dos. Telle une bille dévalant un bol, le jeune homme fut pour ainsi dire projeté dans le tunnel puant où Hïo l'attendait. Il se réceptionna sur les fesses et enchaîna avec une roulade arrière pour ralentir sa vitesse, suivi d'une autre qui s'arrêta lorsque Cherock tendit sa jambe droite en arrière pour se stabiliser.

« Joli atterrissage mon vieux ! commenta Hïo en le rejoignant.

- Pas mal hein ? Mais je reviens pas les mains vides, regarde !

- Je savais que t'y arriverais ! Champion ! le félicita son ami forgeron d'une bourrade sur l'épaule.

- J'en serais jamais sorti vivant sans l'aide de ce cher Foé.

- Je vous en prie, mais je considère maintenant avoir payé ma dette envers vous, intervint le Sylphe en flottant tranquillement vers eux.

- On ne vous remerciera jamais assez Cherock et moi ! Mais maintenant on doit rentrer, un bon lit ne me ferais pas de mal et nous devons vite rentrer chez nous à Oranan maintenant… déclara Hïo en allumant la torche avec les pierres à feu sorties de sa poche.

- Je me doute bien. Pour que vous récupériez votre chemin, retournez sur vos pas et prenez le premier tunnel à votre droite. Il vous mènera à l'entrée que vous cherchez.

- Merci de l'indication ! Au revoir Foé, peut-être nous reverrons nous un jour ! salua Cherock en s'éloignant guidés par Hïo, le minerai dans les bras.

- Je ne pense pas que ce sera le cas, mais ce serait avec plaisir. Que Rana vous accompagne ! »

A suivre…

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 Sujet du message: Re: Les mines de Mertar
MessagePosté: Ven 29 Déc 2017 16:26 
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Chapitre XLII : Douleur


Le marteau sorti lentement à l'air libre, conservé intact contrairement à la couronne. L'arme faisait environ soixante-dix centimètres de long, masse comprise, avec un poids qui devait approcher en tous les sept kilos. Il pesait lourd dans sa main, le reflet du cuivre tanné par l'absence de lumière le rendant terne. (C'est étrange, pour un marteau avec autant de valeur, il semble relativement commun…) Il prit alors la couronne et remarqua quelque chose : ce qu'il avait d'abord prit pour de l'or terne était en fait également du bronze : rien à voir avec la couronne d'or et de mythril dont Comarou'him avait parlé.

« Dis, est-ce que… » commença Cherock en se retournant vers le Thorkin.

Il ne finit jamais sa phrase : une douleur fulgurante lui vrilla la tempe et un voile noir tomba devant ses yeux alors qu'il perdait conscience.




Douleur.

Ce fut la première chose que ressentit le jeune homme alors qu'il revenait lentement à lui. Une douleur dans tout son corps, qui irradiait comme si chacun de ses muscles étaient distendus dans un fourneau de forgeron. Il sentit également que ses poignets lui faisaient particulièrement mal, probablement ouverts même. Alors qu'il battait difficilement des paupières, un puissant impact au niveau de son estomac le tira brutalement des brumes qui l'entouraient. Cherock eut le souffle coupé et ouvrit grand les yeux. Il vit un poing ganté d'acier profondément enfoncé dans son estomac sur lequel il venait de cracher un long filet de bave sous le coup. Relevant difficilement la tête, son assaillant apparu comme un Thorkin vêtu de rouge et de maille, un marteau gravé dessus. Un masque recouvrait également la majeure partie de son visage, ne laissant apparaître que sa mâchoire inférieure. Un masque de cuir rouge, lui aussi estampillé du même marteau.

Le poing se retira lentement de son estomac et une voix retentit alors.

« C'est bon, il est réveillé. »

Le souffle revint à Cherock qui put alors observer ce qui se passait autour de lui. Un rapide coup d'œil l'informa qu'il se trouvait dans une cellule, aisément identifiable à ses barreaux de fer. Trois Thorkins étaient également présents ; celui qui l'avait frappé, un autre à la même tenue et un troisième entre les deux premiers qui respirait l'arrogance et la démesure. Il portait la même tenue que les autres mais se distinguait par un lourd pendentif doré avec le chiffre « 3 » gravé dessus. La bave qui dégoulinait sur le menton de Cherock et il voulut l'enlever, mais un cliquetis l'en empêcha. Jetant un regard à ses mains, il comprit d'où venait le son et à quel point il était dans une situation peu recommandable. Il était attaché par des chaînes aux poignets à un mur, chaîne mises assez hautes pour qu'il doive presque se tenir debout sur la pointe des pieds pour soulager un tant soit peu ses bras. Les mêmes fers étaient quant à eux mis à ses pieds. (Là, ça craint.)

« Aaaah, notre « invité » est enfin réveillé.

- Où… est-ce que je suis ? »

Un violent revers de la main gantée d'un des sous-fifres vola en direction de sa joue. Le contact dur et froid de l'acier s'écrasa sur son visage, le faisant se mordre la gencive. Sa bouche se remplit alors de sang.

« Numéro 3 ne t'as pas autorisé à parler enfoiré !

- Que de zèle Marteau. Mais ne l'abîme pas trop sinon nous ne pourrons pas avoir les informations qu'il détient.

- Oui votre Honneur. Pardonnez-moi votre Honneur, s'excusa le servile garde.

- C'est oublié, répondit ‘'Numéro 3''. Donc, mon cher Cherock O'Fall, qu'est-ce qui vous amène dans notre belle cité ?

- Je suis ici pour… Trouver de la Faerunne..

- Voyez-vous ça. Et vous pensez que ça vous donne le droit de voler une des précieuses reliques de notre peuple ?

- Je n'ai jamais… »

Ce fut au tour de Numéro 3 de gifler le jeune homme. Le sang qu'il avait déjà dans la bouche fut craché et aspergea les bottes de son bourreau.

« Argh, quel pouilleux ! Il a mis du sang sur mes bottes, je déteste ça ! dit le Thorkin en s'essuyant les bottes sur la jambe de pantalon d'un de ses gardes qui ne broncha pas. Alors, comment as-tu su pour le Marteau ? Qui t'as parlé de ça ?

- J'ai fait mes propres recherches… J'ai demandé à des gens, j'ai rencontré des personnes…

- Tu es allé te renseigner à la bibliothèque non ? Quel livre as-tu lu ?

- Je… ne me souviens plus… Je crois que c'était la biographie du Roi Doure…

- Monsieur n'est pas sûr, voyez-vous ça… Marteau, occupez-vous de lui rafraîchir la mémoire. Mais pas de sang. »

Avec un sourire lugubre, le deuxième garde jusqu'alors silencieux se dirigea vers lui, sortant une tenaille de la sacoche qu'il portait. Montant sur une petite chaise il immobilisa la main droite de Cherock qui essaya en vain de se débattre, mais la poigne du nain était trop forte. Il approcha alors l'outil du petit doigt et referma la pince sur l'articulation.

Il la cassa d'un coup sec.

« AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH ! »

Cherock hurlait de douleur alors que sa vision se troublait. Le craquement de son doigt brisé se répercuta longtemps dans son oreille. Luttant pour rester conscient, il sentit des larmes couler sur ses joues.

« Alors petit humain, tu veux bien te montrer coopératif ? Ta mémoire est-elle revenue ou je dois demander à mon acolyte de te briser encore une articulation ? Tu en as un sacré paquet en plus, on pourra continuer pendant un bout de temps avant de s'attaquer aux autres parties de ton corps, susurra chef avec un sourire aussi sadique que ses yeux étaient froids.

- C'était… sa propre autobiographie… J'ai consulté d'autres livres, mais c'est celui qui m'a le plus appris…

- Et qui sont les personnes qui t'ont renseigné ?

- Il y a une comtesse… La comtesse Cédure je crois…

- Ca on le sait déjà. On est bien informé nous aussi, le quartier Riche abrite certains de nos mécènes. Qui d'autres ?

- …

- Marteau, brise lui une autre phalange. Le même doigt.

- Non non no- AAAAAAAAAAAAAAAH ! hurla Cherock lorsqu'il brisa également la deuxième articulation, propageant une nouvelle vague de douleur.

- Alors ?

- La boulangère… Du moulin Souterrain. Elle ne m'a rien dit, mais à aider à identifier celui que je pensais être le Roi Doure.

- Et t'es tombé sur son fils… Un incapable de plus. Heureusement qu'on a pu intervenir. Maintenant… » commença Numéro 3 avant d'être interrompu sur un Thorkin qui venait d'arriver devant la cellule. Ils échangèrent quelques mots, ouvrit la cellule avec une clé d'acier qui fit cliqueter le mécanisme puis ouvrit aux tortionnaires qui sortirent tout trois.

« J'ai quelques petites choses à régler, Monsieur O'Fall. On ne sait pas encore qui est la personne qui t'as parlé du Marteau, on a hâte de la rencontrer. On reviendra bientôt et plus tes réponses seront rapides et convaincantes, plus ta mort le sera également. Sinon, nous serons obligés de te briser quelques os supplémentaires. Ah c'est vrai, ça ne nous dérange pas ! Ahahah ! »

Le rire de numéro 3 résonna longtemps dans le couloir avant de s'éteindre progressivement. La vue toujours embuée de larmes, Cherock sombra un instant dans l'abattement le plus total. Son corps se vida de ses forces et les fers à ses poignets rentrèrent un peu plus profondément dans sa chair. Son doigt cogna contre le mur et une nouvelle vague de douleur le réanima.

(Plus jamais. Je veux plus ressentir cette sensation écœurante, cette douleur insupportable. Je ne sais pas quand ils vont revenir, mais je dois agir et vite. Je ne pourrais pas garder pour moi l'identité d'Akanaer s'ils venaient à me torturer…)

Seul son tortionnaire était resté. Il jouait avec la tenaille, la faisant rouler entre ses doigts en regardant d'un air malsain le jeune homme. Il s'assit sur une chaise en face de lui, à côté d'une table où il posa son épée. Il croisa les bras sur sa poitrine et fixa intensément son prisonnier. (Je ne peux rien tenter tant qu'il est là… il va peut-être partir… ?) espéra Cherock. Il pouvait difficilement viser le garde avec un Choc de Valyus dans sa position.

N'ayant rien d'autre à faire, il s'inspecta pour voir dans quel état il se trouvait. Il portait les mêmes vêtements, mais on lui avait retiré sa manchette ainsi que toutes ses armes évidemment. Il se risqua à jeter un coup d'œil à sa main et son visage pâlit lorsque son regard se posa sur son doigt, ravivant la douleur. Son doigt était tordu en arrière avec un angle proprement pas humain. Il tenta instinctivement de le remettre droit par réflexe et la douleur que cela lui causa lui arracha un hurlement étouffé entre ses dents crispées. Il perdit momentanément connaissance pour reprendre ses esprits quelques temps plus tard. Il ne savait pas combien de temps s'était écoulé, mais son tortionnaire était parti en laissant son arme sur la table. (Il va surement bientôt revenir… Je tente ? Je ne tente pas ?

… Est-ce que j'ai vraiment le choix… ?)


Cherock n'avait plus rien à perdre. Ses geôliers lui avaient annoncé sa mort prochaine quoi qu'il arrive, à différents degrés de souffrance. Le fulguromancien avait une certaine estime de lui-même et ne voulait pas mourir sans avoir rien tenté pour échapper à cette fin.

D'abord, il devait se libérer. Faisant de son mieux pour ne pas voir son doigt meurtri, il inspecta les bracelets à ses poignets. Ils comportaient une serrure qui commandait l'ouverture et la fermeture des fers, il y avait donc bien une clé qui les ouvrait. Pour l'ouvrir, celle-ci était sûrement en métal, il pourrait donc utiliser ses pouvoirs fluidiques pour l'attirer. Encore fallait-il qu'elle soit à portée. Il plissa les yeux pour essayer de voir par miracle si le gardien ne l'avait pas laissées sur la table. Il pencha la tête sur la gauche et la droite pour voir si les barreaux ne gênaient pas sa vue en cachant ladite clé. Les dieux semblèrent entendre sa prière car un trousseau de trois/quatre clés était posé sur la table, à côté de l'épée. Il était situé à sept mètres environ de lui, ce qui signifiait qu'il se trouvait dans son rayon d'action.

Tendant la main, le fulguromancien fit appel à ses fluides qui avaient pu se reconstituer pendant son inconscience et en focalisa une partie dans sa main. Il tourna celle-ci approximativement dans la direction de la table et fixa du regard la clé en faisant tourner de plus en plus vite le fluide de foudre dans sa main. L'épée commença d'abord à se diriger vers lui. (Merde, j'ai mal visé.) il se reconcentra alors sur le trousseau de clés qui finit par se déplacer également vers Cherock, puis tomba sur le sol dans un tintement caractéristique avant de diriger vers lui. L'épée cessa de bouger quand Cherock cibla les clés à terre de sa main alors qu'elles glissaient sur le sol. (C'est pas assez rapide !). Se mordant la lèvre, le fulguromancien fit tourner plus vite la magie dans sa main, ce qui eut pour but de faire voler le trousseau jusqu'à sa main. Cette petite victoire remplit le cœur de Cherock d'espoir alors que de sa main gauche il testait les différentes clés pour libérer sa main droite. La troisième des quatre clés s'avéra la bonne et c'est avec un soulagement infini que Cherock put se reposer sur les talons. Il examina son poignet droit meurtri, la marque des fers nettement visible.

La croute de sang qui lui ceignait la peau s'était arraché avec les fers, ce qui fit saigner de nouveau faiblement la plaie. De l'index et du pouce, avec de minutieuses précautions pour son doigt cassé qu'il refusait toujours de regarder, Cherock délivra son bras gauche. Ne plus être soutenu par les chaînes le fit presque s'effondrer par terre, aussi s'adossa-t-il au mur pour rester debout. Les fers à ses chevilles tombèrent quelques secondes plus tard au sol, rendant sa pleine liberté à l'enchanteur. Ne souhaitant pas rester plus de temps que nécessaire ici, il se dirigea vers la porte de sa geôle et essaya la première clé pour la déverrouiller. Elle en marcha pas, aussi essaya-t-il la deuxième. Puis la quatrième qui fut elle aussi sans succès. Prit d'un doute affreux, il approcha la troisième clé, celle des fers et la fit tourner dans la serrure. Blocage.

(Aucune de ces clés n'ouvrent la porte… !) gémit Cherock, succombant de nouveau au désespoir.

Au même moment, des pas résonnèrent dans le couloir qui menait à la prison.

A suivre…

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Arc du Souffle du Voile

Chapitre XLIII : S'échapper du complexe souterrain


Cherock réfléchit rapidement à ses options. Il ne pouvait pas fuir et au moment où le garde verrait qu'il s'était libéré, il ameuterait tous ses copains ce qui le condamnerait à la mort. Ne sachant pas quoi faire, il s'affola de plus en plus et fit les deux choses qui lui semblèrent logique sur le moment : jeter les clés à travers les barreaux de sa cellule et retourner se remettre au niveau de ses fers. Il eut le temps de placer les fers à ses chevilles de sorte qu'un rapide coup d'œil ne suffirait pas à voir la supercherie et plaça ses mains dans les fers de manière plus convaincante. Son doigt en piteux état lui fit presque hurler de douleur lorsqu'il se coinça contre le bracelet, mais il ne laissa échapper qu'un faible cri. Au moins il pourrait chèrement défendre sa peau si les trois malades revenaient.

La porte s'ouvrit et le tortionnaire à la tenaille revint. Il jeta un rapide coup d'œil à Cherock, s'assura qu'il était toujours là et s'assit sur sa chaise en face de la cellule. Son regard se posa alors sur le trousseau de clé au sol devant la table. Il fronça les sourcils puis les ramassa avant de jeter un coup d'œil à son prisonnier qui faisait semblant d'être inconscient mais qui observait à travers un œil entrouvert la scène.

(Merde merde merde merde merde merde merde merde merde !)

Avec un haussement d'épaules et de sourcils, le garde reposa les clés sur la table en baillant. Cherock poussa un discret soupir de soulagement, puis gémit de douleur. Son doigt lui relança une onde de douleur qui se répercuta de nouveau dans tout son corps. Il releva alors la tête et vit une clé pendre à la ceinture du garde. Il ne la vit pas bien mais supposa qu'elle ressemblait bien assez à celle qui avait ouvert sa cellule quelques temps auparavant pour penser que c'était elle. Le tout était de se retrouver en sa possession.

(Je ne peux pas l'attirer à moi sans qu'il le remarque. Il faut que ce soit le garde qui me l'apporte.)

Sauf que le garde ne lui apporterait pas de bon cœur, ça il le savait pertinemment. Il fallait le pousser à venir dans la cellule. Comme il ne s'attendrait pas à le voir libre de ses mouvements, Cherock Pourrait en profiter pour l'attaquer et pouvoir passer par la porte.

« Garde…

- Quoi qu'est-ce qu'il y a ?

- De… l'eau… demanda Cherock d'une voix volontairement -et réellement- faible

- Rien à foutre, répondit-il aussi sec.

- Mais… J'ai si soif…

- Je m'en fous je te dis.

(Merde, ça ne va pas marcher comme ça. Bon, essayons une autre façon…)

- Alors au moins un pot… Pour que je ne me fasse pas dessus…

- Tu peux te faire dessus aussi, de toute façon t'as plus beaucoup d'heures à vivre.

(Il veut vraiment pas venir… Bon, il reste plus qu'à le provoquer.)

- Tant pis, je finirai comme vous alors…

- Comme nous ? demanda le garde en fixant son prisonnier des yeux.

- Oui, comme un sac à merde. Sauf que moi, c'est au sens propre.

- Toi… grogna le nain entre ses dents.

- Mais au moins je mourrai avec mon honneur, n'est-ce pas Marteau ? Je m'attaque pas à des personnes enchaînées. Ah… soupira Cherock. Moi qui pensais que l'honneur avait de l'importance chez les Thorkins… Il n'est pas plus grand que vous en fin de compte !

- Tu l'auras voulu… !

- Si tu entres dans cette cellule, ne t'attend pas à en ressortir indemne. » le mit en garde Cherock. Il essayait d'appliquer la Loi de Valyus même dans ces circonstances, mais il n'en menait pas large. Son doigt revenait constamment lui rappeler qu'il avait souffert.

Le garde, fou de rage, venait de pénétrer dans la cellule, tenaille à la main. Il frappa le ventre de l'enchanteur d'un puissant coup qui le cloua au mur et s'adressa alors à lui, son visage souriant d'un air sadique.

« Tu croyais que j'allais te libérer pour t'affronter à la loyal et préserver mon honneur ? Tu es bien naïf sombre crétin. J'ai pas le droit de te tuer, mais te briser quelques os pour te rendre plus docile, ça je peux le faire ! Voyons voir si tu feras encore le malin avec trois doigts de plus en charpie !

- C'est bien ce que je disais, un vrai sac à merde. »

Alors qu'il énonçait ces mots, Cherock dégagea sa main gauche de son entrave factice et la colla sur le côté du visage. Il lut malgré son masque la surprise sur le visage de Marteau qui n'eut pas le temps de reculer. La paume de la main sur la tempe du nain, Cherock infligea le plus puissant Choc de Valyus qu'il put. Il pensait pouvoir assommer son tortionnaire avec ça, mais il ne voulut pas prendre de risque. Alors que celui-ci titubait en arrière, les yeux écarquillés, Cherock se défit des autres attaches. Il s'avança sur sa droite, mit sa main sur le masque du geôlier et envoya d'un puissant mouvement le crâne percuter le sol en se servant de son déséquilibre. Un bruit mat résonna dans la cellule alors que les yeux révulsés du Thorkin était visible à travers les fentes de son masque.

« Je t'avais bien dit de pas rentrer. » déclara le fulguromancien après s'être assuré qu'il n'était plus conscient. L'adrénaline du moment présent s'estompa et une soudaine chape de plomb lui tomba sur les épaules. La douleur causée par son doigt le grignotait moralement petit à petit. Il enchaîna les pieds du corps au mur et le soulagea après une fouille rapide d'un petit anneau d'argent et de sa bourse. Il referma la porte de la cellule et la verrouilla, puis cacha la clé sous un tas de paille présent dans une autre cellule de la prison. Il s'apprêtait à quitter la pièce quand ses yeux tombèrent sur le glaive du Thorkin. (Mieux vaut la prendre en attendant de retrouver mes affaires.) Il la sangla dans son dos avec les attaches qu'il portait toujours sur lui et ouvrit prudemment la porte pour voir ce qu'il y avait derrière.

Un long couloir s'ouvrit devant lui, tout taillé de roche. Quelques torches l'éclairaient, le rendant passablement sombre. Il le parcourut en ouvrant les quelques portes qu'il trouvait sur le chemin, ne trouvant rien de bien intéressant dedans : un garde-manger, une autre prison, un petit placard. Les autres portes étaient verrouillées. Il pensa un instant aux clés inutilisées du trousseau resté dans la prison, mais ne voulut pas retourner dedans. Des bruits de pas se firent de nouveau entendre dans l'escalier qui se trouvait au bout du couloir. Deux personnes arrivaient dans sa direction. Ne réfléchissant pas plus que ça, il s'enferma dans le petit placard qu'il venait d'ouvrir et referma la porte.

Cette cachette temporaire fit prendre conscience à Cherock son état. Privé de sa vue, il se fiait alors à son ouïe et son corps pour l'avertir des dangers. A l'étroit dans ce placard contenant un balai de paille ainsi qu'un tas de paille, la douleur de son corps le frappa. Il avait mal partout. Pendant qu'il était en prison, la douleur de son doigt avait envahi son spectre de douleur. Mais alors qu'elle s'était quelques peu calmé, les autres douleurs apparaissaient les unes après les autres. Ses poignets meurtris, sa bouche frappée à plusieurs reprises, son estomac douloureux, sa blessure de flèche de la veille… La somme de ces douleurs entamait sans soucis et de manière importante son endurance. Il aurait pu fermer les yeux et s'endormir instantanément s'il l'avait voulu.

Mais s'endormit en plein camp adverse était aussi dangereux que suicidaire. Ravalant la douleur, il écouta le bruit des pas des Thorkins, essayant de savoir ce qu'ils comptaient faire et vers quelle pièce ils se dirigeaient. Il n'entendit pas grand-chose, mais les mots « bœuf » et « pomme » lui vinrent aux oreilles, ce qui le convainquit qu'ils allaient se diriger vers le garde-manger situé un peu plus loin dans le couloir. Il entendit le claquement des bottes sur la pierre passer devant la porte du placard et attendit avec appréhension l'éloignement du son. Il entrouvrit lentement la porte et vit les deux nains s'engouffrer dans le garde-manger. Il en profita pour sortir sans le moindre bruit du placard et monta silencieusement les marches.

L'escalier débouchait sur une grande pièce circulaire dont trois grands tunnels partaient. La salle en elle-même était un disque de trente mètres de diamètre avec une estrade en face de ce qui semblait être l'entrée principale, solidement gardée par deux Thorkins. Sur l'estrade reposait un autel où deux mots étaient gravés : « Meno » et « Marteau ». Une grande tenture était également suspendue au-dessus de l'autel contre le mur et représentait un marteau doré sur un soleil écarlate. Ne s'attardant pas sur les convictions de ce qu'il considérait comme des fous furieux, Cherock examina les deux autres couloirs. L'un était visible de sa position et était plutôt court, se finissant par une double porte de bois. Quelques râteliers étaient alignés devant la porte et contenaient aussi bien des armes d'entrainement en bois que des armes en acier. (Une salle d'entrainement ? Alors il doit y avoir une infirmerie à proximité.)

L'idée même de pouvoir apaiser sa douleur la réveilla paradoxalement et lui arracha une grimace de douleur. Il décida donc de faire de l'infirmerie son premier objectif avant de chercher à atteindre la sortie.

Traverser la pièce par le milieu était tout bonnement ridicule. Il serait à découvert sur une trentaine de mètres et il suffisait que pour une raison obscure un des nains entre dans la pièce à ce moment-là pour qu'il se fasse instantanément repérer. L'autel en revanche offrirait une bonne cache à mi-parcours. Il fonça donc en s'accroupissant pour atteindre l'autel, ce qu'il fit en une poignée de secondes. Il profita de son nouveau point de vue pour observer le tunnel qu'il n'avait pas pu voir depuis l'escalier de la prison : il s'agissait d'un long couloir percé de plusieurs ouvertures qui donnaient sur ce qui semblaient être des couchettes de pierre, un baraquement donc. Il n'avait aucun intérêt à aller pour l'instant, aussi s'apprêta-t-il à courir de nouveau vers les râteliers d'armes lorsque des bruits de pas résonnèrent dans la salle. Il se rabaissa directement et se colla à la paroi due l'autel pour ne pas se faire voir. Il reconnut les voix des deux Thorkins qui étaient passés prendre quelque chose au garde-manger et glissa un œil pour voir vers où ils se dirigeaient ; les bras chargés de nourriture, les deux Thorkins avaient le même style vestimentaire que les deux sous-fifres de Numéro 3. Ils se dirigèrent vers les baraquements et bientôt, le silence régna de nouveau dans la salle. Poussant un discret soupir de soulagement, Cherock regarda en face de lui. Il vit alors une porte dissimulée derrière la tenture, sûrement en rapport avec la présence de l'autel juste devant. (Le bureau du prêtre.) pensa l'enchanteur. Celui-ci devait occuper une position importante dans la secte, son bureau contiendrait peut-être des choses intéressantes ?

Profitant du fait d'être d'ores et déjà devant la porte, Cherock décida d'y jeter un coup d'œil avant de rejoindre l'infirmerie. Il s'en approcha accroupi et ouvrit la porte discrètement, la main droite chargée de fluide et prête à le défendre. Il n'y avait cependant personne dedans mais recelait des choses forts intéressantes : dans un coin de la petite pièce composée d'un bureau de pierre et de trois chaises de bois, le sac de Cherock était posé dans un coin. Son contenu ainsi que ses armes avaient été vidés à côté à l'occasion d'une fouille minutieuse. Il se dépêcha de le ramasser et y rangea la pioche et la hache thorkine qui était restée là.

Sa manchette magique retrouva au plus grand plaisir de son propriétaire sa place d'origine. Le marteau et la couronne de bronze de la tombe trônait quant à eux sur le bureau : les deux étaient marquées d'un soleil et d'une flamme, les deux symboles de Meno. (J'y suis… je serai donc dans un repère de fanatiques de Meno ? Mais pourquoi ils m'en veulent ? j'ai décidément la poisse avec les fanatiques fous furieux…) pensa avec un pâle sourire l'enchanteur. Il avait d'autres soucis plus urgents pour l'instant, aussi ne s'attardât-il pas trop sur la question et empocha les deux équipements également. Il pourrait toujours les revendre à Ascan.

En passant derrière le bureau, une caisse attira son attention : elle contenait tout un tas de lettre adressé à « Numéro 1, Chef des Marteaux des Runes Enflammées ». (Après Numéro 3, Numéro 1 ? En voilà une surprise.) ironisa le jeune homme. L'ironie lui permettait de penser à autre chose que la douleur qui nimbait son corps d'un voile oppressant. Il jeta un coup d'œil à leur contenu se demanda qui pouvait bien les lui envoyer. (Vu que c'est des lettres manuscrites, certainement un de ces « mécènes ».) Par précaution sans doute, toutes les lettres étaient signées avec des initiales et nombre d'entre elles étaient signées de « M.C ». Il en lit quelques-unes en diagonales et l'une d'entre elle attira son attention. « … je vous confirme que cet endroit n'est plus occupé. Il est donc l'endroit parfait pour y placer le Marteau. Assurez-vous que le transfert se fasse dans la plus grande discrétion. L'Héritage du roi Doure ne doit pas quitter nos mains, même après sa mort. Je vous recontacterai dans un mois comme d'habitude. Gloire à Meno ! M.C
P.S : N'oubliez pas au sujet du Gardien… »

L'emblème du Marteau prenait alors tout son sens. Il s'agissait d'une secte de fous furieux dévoués à Meno et à la protection du Marteau Runique de Valyus ! (Comment on peut faire un tel lien entre le Marteau et Meno ? Bah, j'ai d'autres choses plus importantes à faire.) Il fouilla rapidement les autres lettres mais ne trouva aucune mention de ce fameux emplacement. Ne pouvant s'éterniser en ces lieux, il quitta la pièce rapidement. La salle était toujours aussi silencieuse, à peine troublée par le bâillement long et guttural d'un des gardes en faction. Un rapide sprint emmena l'enchanteur devant le râtelier d'armes, où il espéra trouver le seul objet qu'il n'avait pas récupérer, à savoir la lame courte que son père lui avait offert pour ses dix-huit ans. Elle ne s'y trouva pas, ce qui attrista d'autant plus le jeune homme. Il se ressaisit et ce dirigea vers la porte attenante à la double entrée qu'il avait vu de loin et où était imprimé dessus un flacon entouré d'un serpent, le symbole du Dieu Jeri. (Jeri, Dieu de la santé et de la maladie… Ca doit être ici.)

Il y pénétra par la porte entrouverte et trouva un Thorkin lui tournant le dos, profondément concentré sur le visage d'un autre nain allongé sur une table de pierre. Cherock se figea instantanément et observa si le médecin l'avait vu. Il semblait trop absorbé par sa tâche, aussi ne vit-il pas le jeune homme pénétrer dans la pièce. Pas plus que le Thorkin ausculté qui avait les yeux fermés et la bouche ouverte.

« Mmmh… Une belle carie ça.

- Marghni mmmh mmh ? baragouina le patient.

- Oui mais attend d'abord Marteau, je regarde s'il n'y a rien d'autre à soigner. Tu m'avaleras ça après ça te soulageras. »

Cherock profita de la situation incongrue pour observer la configuration de la salle. Il y avait différentes fioles rangées dans des alcôves murales et il était bien incapable de savoir ce à quoi elles servaient. Il vit également plusieurs rouleaux de bandages et de compresses qui étaient impeccablement rangées. Il s'approcha alors du guérisseur pour pouvoir le neutraliser le plus vite possible. Il tenait une petite spatule de bois pour abaisser la langue de son patient et voir plus facilement ses dents. Alors que Cherock se relevait de toute sa taille pour frapper et assommer le dentiste, le Thorkin entrouvrit les yeux et aperçut le jeune humain derrière le guérisseur.

« Mmarmmbl ! » essaya-t-il de prévenir.

Trop tard. L'enchanteur abattit sa main gauche sur l'arrière du crâne du Thorkin qui lui tournait le dos, écrasant son front contre celui du patient au-dessus duquel il était penché. Un impact sourd résonna dans l'infirmerie et le Thorkin allongé roula des yeux avant de devenir inerte, le bâtonnet enfoncé profondément dans sa gorge. Le deuxième Thorkin s'effondra quant à lui sur le sol en gémissant, se tenant le crâne. (Il est encore inconscient.) Un coup de pied envoyé dans son visage termina d'envoyer le Nain dormir, non sans le priver d'une ou deux dents. (J'espère que Valyus me pardonnera cette petite entorse à sa Loi.)

Il était temps de se soigner sommairement. Son doigt le faisait souffrir par ses multiples fractures et les mouvements qu'il faisait en balançant ses bras. Il devait donc le fixer pour qu'il arrête de le faire souffrir. Par chance, les mouvements involontaires qu'il avait fait depuis le début de son évasion avait réaligner la première phalange tordue avec le reste de sa main. Il restait qu'une seule partie de son doigt en piteux état à remettre d'aplomb. Il s'empara d'un rouleau de bandage, d'une des baguettes de bois semblable à celle utilisé pour abaisser la langue. Il la plaça sous son doigt, enroula une bande de bandage plusieurs fois autour de la phalange dans la bonne position et rien que ça lui donnait une envie de hurler de douleur. Il prit un morceau de chiffon, l'enfonça dans sa bouche pour atténuer les cris qu'il allait irrémédiablement pousser alors qu'il fermait la porte. Sa main gauche trembla alors qu'il approchait les doigts de sa main gauche pour redresser son doigt. Elle rencontra une sorte de barrière invisible faite par sa peur qui repoussa sa main, prévoyant la douleur qu'il allait subir. (Je vais avoir l'impression de m'arracher le doigt avec ces conneries… !)

Il pensa alors au breuvage que le médecin avait prévu pour son patient, qui devait semble-t-il « atténuer » la douleur. Il le but d'une traite, grimaçant sous le goût amer de la mixture même en ne savant pas si cela allait changer quoi que ce soit. Prenant son courage à demain, Cherock ferma les yeux et redressa d'un coup sec son doigt tordu.

La douleur qui le submergea dépassa tout ce qu'il avait connu. Son hurlement s'étouffa dans le tissu alors que des larmes coulaient abondamment sur ses joues. La douleur anesthésia ses sens et il profita d'un moment de lucidité pour enrouler le bandage plusieurs fois et fixer ainsi son doigt. Le serrage du doigt déclencha de nouvelles ondes de souffrance mais elles étaient cachées par la douleur originale.

Trois minutes plus tard, il sortait de l'infirmerie. La douleur avait embrumé ses perceptions et c'est l'esprit plus clair qu'il se rappela la situation précaire dans laquelle il se trouvait. Son doigt en miette était désormais solidement fixé et ne risquait pas de bouger tant que le bandage tiendrait. En passant la porte, Cherock observa discrètement les deux gardes postés à l'entrée. Ils lui tournaient le dos et étaient tout deux armés d'hallebardes. Pour le reste, cotte de mailles et masque composaient la même tenue que pour les autres sbires que Cherock avait croisé. Alors qu'il réfléchissait au moyen le plus sûr de sortir, un évènement bouscula ses plans : Numéro 3 venait de passer la porte et se dirigeait, chargé d'un de ses acolytes, vers l'escalier qui menait aux geôles. Il ne faudrait pas longtemps avant qu'ils se rendent compte de son évasion.
Les Thorkins disparurent dans l'escalier et le compte à rebours commença. Cherock attendit qu'une poignée de secondes soit passée pour s'élancer vers la sortie en dégainant son épée. La discrétion n'était plus au menu, il fallait fuir.

A suivre…

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Dernière édition par Tergeist le Ven 29 Déc 2017 18:30, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les mines de Mertar
MessagePosté: Ven 29 Déc 2017 18:29 
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Arc du Souffle du Voile

Chapitre XLIV.1 : Ki est l'indic' ?


La charge de Cherock fut assez silencieuse pour que les gardes ne l'entendent qu'au dernier moment. Le garde de gauche, le plus proche de Cherock, se prit un violent coup du pommeau de l'épée Thorkine à la tempe en plus d'être bousculé. Cherock estima lui avoir donné un coup qui suffirait à l'assommer assez longtemps le temps qu'il s'enfuit. Malgré ce que ses camarades lui avaient fait subir, le jeune homme répugnait à tuer pour se venger. Néanmoins, une colère froide brûlait en lui depuis son évasion. C'est pourquoi il n'avait pas hésité à recouvrir à la violence, notamment contre le médecin. (Je n'aurai jamais fait ça avant. Mais à circonstances exceptionnelles…).

Combattre le second nain n'avait pas d'intérêt, maintenant qu'il avait forcé le passage sur un côté, il pouvait s'enfuir. Du moins, c'est ce qu'il pensait. De sa hallebarde, le deuxième garde réagit très rapidement et asséna un coup d'estoc à Cherock pour lui barrer le passage. Il dût faire un saut en arrière pour esquiver cette attaque, ce qui donna la possibilité au garde de se replacer face à Cherock, au milieu du tunnel. Avec son arme d'hast, l'empêcher de passer le tunnel s'avérerait très facile. Il n'avait pas d'autre choix : il devait forcer le passage et tuer si nécessaire le Thorkin et le plus tôt serait le mieux car celui-ci ne tarderait pas à sonner l'alerte. (En plus, je ne peux pas me servir de ma deuxième main pour appuyer mes coups, il va falloir la jouer stratégique.). D'abord, gagner quelques précieuses secondes en l'empêchant de parler. Il chargea son adversaire et essaya de détourner la pointe de son arme avec la sienne, mais sa garde était ferme. Il n'arriva pas à le menacer suffisamment pour l'empêcher de crier « UN INTRUS ! LE PRISONNIER S'EST ECHAPPE ! ». Dès lors, un trop court contre-la-montre s'engagea.

Cherock ne pouvait pas se permettre de lésiner sur les moyens et sur sa réserve fluidique. Il y avait aussi cette curieuse énergie qu'il avait ressenti contre Comarou'him, mais il ne voulait pas dépendre d'une énergie qu'il ne maîtrisait pas. Cherock prit le temps de renforcer son arme avec le revêtement de foudre, électrifiant la lame et la rendant plus acérée. Il tenta alors un autre assaut et essaya de contourner la pointe de la hallebarde sauf que le nain connaissait bien son affaire : son but n'était pas de blesser Cherock, juste de l'empêcher de passer pour attendre l'arrivée des renforts. Il semblait néanmoins inquiété par les étincelles qui crépitaient sur la lame de l'humain. (Si ces petites étincelles t'inquiètent mon pote, t'es pas prêt pour la suite.) La hallebarde l'incapacitant, il devait trouver un moyen de passer outre cette défense. La magie serait le bienvenu et jouerai un effet de surprise des plus appréciables, estima Cherock. La douleur persistait dans la main droite du fulguromancien lorsqu'il la leva, mais elle n'avait rien à voir avec ce que ça avait pu être. Paume tendue, un éclair sorti de celle-ci et frappa la cotte de maille du garde, propageant l'éclair à travers toute celle-ci. La décharge électrique qui le toucha déstabilisa son attaque d'estoc et celle-ci put être aisément évitée par Cherock en pivotant sur lui-même. Il se retrouva face au corps inconscient du premier garde et de sa hallebarde sur le sol. Hallebarde avec une tête en acier. La hampe de la hallebarde l'empêchait d'accompagner plus précisément son sort Magnétisation Balistique d'un geste de la main car elle était tendue devant lui. Préférant attendre une situation qui y était plus propice, il fit filer sa lame sous la hampe horizontale du nain pour lui taillader le bas ventre, coup qui fut contré par le nain qui releva la tête de la hampe et décala donc le coup qui suivi la hampe vers le sol.

Un saut en arrière et le combat retrouva un semblant de statu quo. Statu quo de façade seulement car les renforts du nain commençaient à affluer aux sons que Cherock entendaient dans son dos. Il n'avait plus beaucoup de temps. D'un geste de la main, il envoya la pointe de la hallebarde voler vers son adversaire. Le manche suivi également et le manque d'équilibre de l'arme fit tournoyer celle-ci durant son vol, si bien que malgré s'être protégé derrière son arme, le manche tourna autour de la hallebarde tenue et vint frapper le Thorkin qui s'empêtra avec les manches. Cherock profita de la situation et bondit en tailladant vers le garde qui parvint à se protéger malgré tout avec la hampe de son arme. La lame rendue plus tranchante par le fluide trancha proprement le bois, séparant le manche en deux. Furieux, le Thorkin tenta d'embrocher Cherock avec le reste de sa pointe de hallebarde mais peu habitué à se battre avec ce qui ressemblait maintenant d'avantage à une hache à une main, la portée manqua. La maîtrise des armes de Cherock ainsi que son allonge supérieure fit basculer l'équilibre des forces. C'est ce moment que choisirent les autres membres de la secte pour faire irruption dans la salle. Numéro 3 déboula aussi, écumant de rage. Il hurla « BRISEZ LUI LES JAMBES ! BLESSEZ-LE ! MAIS JE LE VEUX VIVANT ! » et ponctua son ordre d'une boule de feu qui fusa vers le jeune homme, en dépit du garde dans la ligne de mire. La boule de feu explosa contre la paroi à gauche de Cherock et aspergea sa main d'épée de flammèches brûlantes. Pour ne rien n'arranger, le souffle lui manqua brusquement. Les différents coups reçus au corps avaient entamé son endurance bien plus qu'il ne le pensait. Il ne pouvait pas en rester là pour autant. (Je suis à deux doigts de la sortie ! Allez mon corps, un dernier petit effort ! Valyus, donne-moi la force…!)

Une énergie nouvelle se déversa dans ses veines. C'était la même énergie qui l'avait inondé à l'ultime moment de son combat de la veille. Elle semblait parcourir ses veines, activant les muscles de son corps d'une puissance renouvelée. Tout comme les fluides, son fonctionnement lui sembla instinctif, comme si elle avait toujours fait partie de son corps. Cela lui rappela les paroles de son père…

« Ecoute Cherock, les grands guerriers font appel à la magie du corps, le Ki, pour augmenter leur puissance de frappe.

- C'est un fluide ? avait alors demandé curieusement le jeune garçon qui commençait son entrainement martial.

- Non, c'est une énergie qui vient du fond de ton corps. Son utilisation est interne, on ne peut que l'utiliser pour augmenter sa force et ses capacités physiques. Essaye de la sentir au fond de ton corps, de la faire circuler en toi dans ton sang, essaye de… »


A l'époque, Cherock n'avait jamais réussi à éveiller ce fameux Ki. Il avait tenté pendant plusieurs mois et son père avait fini par abandonner, découragé. Et Cherock ne comprenait pas comment en imitant la technique propre à son père, le « Croc de la lune descendante », il n'arrivait qu'à obtenir une pâle copie. Ce qui lui manquait, c'était ce fameux Ki. (Alors c'est ça, le Ki…)

L'enchanteur ne connaissait pas la moindre technique utilisant le Ki autre que celle de son paternel et elle n'était pas utilisable à cet instant précis. Cependant, la technique qu'il avait utilisée sans le vouloir pouvait faire l'affaire. (Il suffit de mettre le Ki dans ses muscles ?). Il insuffla cette énergie dans ses muscles et la fit gonfler ses muscles pour essayer de faire virevolter sa lame plus vite qu'à l'accoutumée. Sa maîtrise du Ki n'était pas parfaite, au même titre que le dosage. Il eut l'impression de se déchirer les muscles tellement l'énergie surexcitait la moindre parcelle des muscles de son bras.
La lame s'abattit violemment deux fois à une vitesse ahurissante sur le pauvre garde. Le premier coup ouvrit sa garde et avant que celui-ci n'ait pu la remettre en place, le deuxième coup trancha l'espace séparant les deux combattant et déchira la cotte de maille, noircissant les maillons trancher par la lame de foudre.

Le Thorkin tomba en hurlant et en se tenant la poitrine d'où s'échappait une quantité non négligeable de sang. Le bras gauche donnait à Cherock sur le point de tomber tellement le Ki avait surmené ses muscles et ses tendons. Il parvint à ranger l'épée dans son fourreau, détacha une des torches murales de l'entrée et se mit à courir dans le tunnel. Les cris de ses poursuivants lui semblaient dangereusement proches alors que leurs vociférations lui promettaient les pires supplices imaginables. Numéro 3 semblait d'ailleurs très inspiré à mesure qu'il lançait des boules de feu en courant, illuminant le couloir dans leur progression avant d'exploser en une gerbe de flamme contre un mur. Cherock avait les poumons en fusion mais les promesses de morts étonnamment longues et douloureuses lui donnaient des ailes. Ses longues enjambées distancèrent rapidement les Thorkins et il continua à ce rythme pendant un long moment, courant tout droit vers l'inconnu pendant un temps inconnu. Lorsqu'enfin ses jambes le lâchèrent, il n'entendait plus rien dans la grotte que sa propre respiration. Il resta une minute entière allongé, puis se força à se relever. Son corps lui faisait mal : il avait l'impression qu'on venait de l'enfermer dans une vierge de fer chauffée à blanc. Il continua malgré tout à avancer dans le sombre tunnel, éclairé de sa torche. Au bout d'un temps qui lui sembla infini, il vit enfin une lumière autre que la sienne. (La lumière au bout du tunnel… !)

Il en laissa tomber la torche sur le sol et se mit à courir vers la sortie : celle-ci était relativement étroite, aussi dû-t-il se contorsionner avec soin pour ne pas s'écharper en passant en force. La lumière éblouissante qui l'aveugla était celle du puits de lumière de la Grand'Place : il était revenu à l'entrée par laquelle l'enfer avait commencé. Incrédule, il se retourna et distingua dans l'obscurité du boyau l'embranchement et la caisse contenant les torches. Des larmes de joies coulèrent sur ses joues. (Enfin, c'est fini… !).

A suivre…

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