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 Sujet du message: Re: Les mines de Mertar
MessagePosté: Ven 29 Déc 2017 20:10 
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Arc du Souffle du Voile

Chapitre XLVII : Le sarcophage de foudre


Une bonne demie heure plus tard, Cherock se trouvait en face de l'entrée des mines : après avoir retiré la flèche fichée dans son sac, il s'était félicité d'avoir pris avec lui le marteau trouvé dans la fausse tombe. Seul contre temps, le projectile avait également traversé de part en part la liasse de lettres. Avec d'infinis précautions, il cassa la flèche en deux et fit sortir les deux morceaux de chaque côté. Le fragile papier se fendit sur certaines des lettres mais l'ensemble des textes restaient tout à fait lisibles. Il chercha de nouveau les lettres parlant du Marteau et après quelques minutes, tomba sur celles qui l'intéressaient.

L'une des lettres indiquaient le chemin empruntable pour rejoindre la grotte. La Comtesse connaissait le nom de la mine mais en bonne noble qu'elle était, elle était incapable de se diriger dans les mines mertariennes. « Alors si pour une raison ou pour une autre vous devez aller chercher le Marteau Runique, voilà comment l'atteindre… ». La suite de la lettre détaillait le chemin à parcourir, ce qui facilitait grandement Cherock qui ne connaissait pas non plus les mines. La fin de la lettre mentionnait encore une fois le Gardien, cette fois avec plus de précision : « … Nous avons réussi à l'amener pour le faire protéger le Sarcophage, mais nous aurons bien du mal à l'en déloger maintenant. N'oubliez pas : l'Elémentaire de terre attaquera quiconque s'approche de lui alors venez préparée. »

(Un élémentaire de terre hein…)

Les élémentaires étaient l'une des choses qui attirait le plus Cherock avec les métaux élémentaires. Les élémentaires de terres étaient relativement communs, les plus communs d'ailleurs. Leur force n'avait d'égale que leur faible intelligence d'après ce qu'il avait lu. (Mon épée ne me servira à rien contre ce tas de cailloux… Autant utiliser le marteau.) Emmener le marteau était décidément la meilleure décision de la journée. La pioche aurait été plus efficace mais il n'avait pas pensé à l'emmener, la jugeant plus encombrante qu'utile. Cherock décrocha une des lampes murales devant l'entrée, rajusta son sac sur les épaules et avança d'un pas déterminé, lettre à la main.

Comme toujours dans les longs boyaux souterrains, Cherock perdit la notion exacte du temps. Il estima qu'il avait marché pendant quarante bonnes minutes avant d'arriver devant la mine de la Comtesse. La lettre indiquait que celle-ci était une simple ligne droite et qu'il n'y avait plus raison de se perdre à ce moment-là. Seul l'élémentaire de terre restait en ultime rempart de la relique tant convoité. Remettant la lettre dans le sac, Cherock se mit à avancer prudemment, marteau et torche à la main. Pendant de longues minutes, seul le crépitement des flammes et les cailloux roulant sous les bottes du fulguromancien résonnaient contre les parois de pierre. Ici et là, des tas de cailloux jonchaient le sol devant des cavités creusées à coups de pioches. Certaines des cavités étaient soutenues par des madriers en bois rongés qui n'inspiraient pas la sécurité. Heureusement, le couloir principal semblait lui en relatif bon état et ne menaçait pas de s'écrouler à tout moment.

Son déplacement prudent lui permit d'entendre un raclement, discret. Il venait d'un peu plus loin, dans une cavité. L'enchanteur ralentit encore plus le pas et s'approcha tout doucement de l'origine du son qui s'amplifiait à chacun de ses pas. Il arriva près d'un des madriers encadrant l'ouverture dans le tunnel et s'immobilisa pour mieux entendre ce qu'il pouvait. Le son était plus distinct et plus imposant, sans que Cherock ne puisse en déterminer l'origine. Il approcha la torche pour déterminer ce qui pouvait bien produire ce bruit.

Lorsque la lumière pénétra dans le tunnel, le raclement se transforma en crissement, comme si on frottait plusieurs pierres les unes contre les autres. Un grondement fit résonner la montagne alors que le tas de pierre que Cherock pouvait apercevoir se mit lentement en mouvement. Les pierres de différentes tailles se mirent à léviter les unes après les autres, puis à tournoyer sur elles-mêmes. (Oh. Merde.)

Pas besoin d'être une lumière pour comprendre ce qu'il se passait : Cherock recula alors précipitamment et chercha désespérément du regard un moyen de fuite : le couloir était trop dégagé. Seul salut : les autres alcôves. Lâchant la torche dans sa main, le jeune homme se précipita vers une entrée aux madriers poussiéreux a quelques mètres de là et se cacha derrière l'un des piliers à l'entrée. Retenant sa respiration et essayant de se faire le plus petit possible, Cherock écouta ce qu'il se passait dans le couloir principal. Un bruit lourd résonna dans le couloir. Puis un autre. Et un autre. Le bruit d'un rocher s'écrasant contre un autre. (Ce sont des bruits de pas ! Mais de quelle taille est ce machin ?!) pensa-t-il, terrifié. Le plafond s'élevait à environ quatre mètres, ce qui limitait la taille de l'élémentaire.

La lueur vacillante mais vaillante de la torche brillait et projetait l'ombre du colosse sur le mur. L'ombre était étrange, comme si l'élémentaire était en plusieurs morceaux, flottant les uns à côté des autres pour former une silhouette titanesque. Un grondement se fit entendre, plus proche du grognement. Un bruit sourd s'ensuivit et la lumière disparue soudainement. Broyé sous le pied monstrueux de l'élémentaire, la torche s'était éteinte. (Je ne peux pas le vaincre.) Cherock avait toujours courageusement affronté ses adversaires, aussi bien son père que des goules ou des assassins. Même lorsque le combat était désavantagé, il voyait toujours un moyen de gagner. Cette fois-ci, seul un massacre unilatéral l'attendait. L'écart de puissance était trop important. Le colosse mesurait au moins trois mètres de haut et son simple marteau lui aurait au maximum brisé le pied… Avant que la paluche de roche de l'élémentaire ne lui brise sa colonne vertébrale. Le silence s'installa dans le sombre couloir. Cherock ne bougeait plus d'un pouce, pas plus que l'élémentaire de terre. Un long moment plus tard, il l'entendit finalement faire demi-tour et quelques instants après, un bruit d'éboulement se fit entendre avant que le silence ne revienne.

Cherock relâcha enfin son souffle. Il hésitait à partir, laisser ce marteau-là où il était et rentrer chez lui loin de tout ça. Mais il avait tellement souffert pour en arriver là que la frustration d'un abandon lui serait insoutenable. Lentement, il se remit debout, sorti l'éclat de San-Divyna et se réengagea prudemment dans le couloir. La lumière qui s'en émanait était ténu et n'éclairait pour ainsi dire pas grand-chose, mais rassurait son porteur pour ne pas se retrouver dans le noir complet. Du bout du pied, il fit rouler quelques échardes de la torche en miettes et en fit craquer bruyamment d'autres. Il se figea, resserrant sa main sur la source de lumière pour l'étouffer. Un torrent de rocaille se fit entendre. Cherock avait eu tort de croire que l'élémentaire était retourné là où il l'avait trouvé : il s'était rendormi en plein milieu de la mine. L'enchanteur s'immobilisa de nouveau et ne bougea pas d'un iota. Le torrent se calma alors, comme si le géant de pierre s'était juste retourné dans son sommeil. Le bruit ne l'avait pas tiré de son sommeil car il n'avait pas été assez fort ? (Peu importe, tant qu'il continue à roupiller !)

D'après les bruits de raclements de la roche, Cherock estima que le colosse se trouvait devant lui, un peu sur sa gauche. Il décida donc de passer par la droite en gardant fermement le San-Divyna dans sa main. La main sur la paroi, il la longea prudemment en essayant de déterminer vaguement les formes qu'il discernait. Il fit attention à ne pas trébucher sur quelques pierres. Il ne savait si elles risquaient de s'animer et de l'écraser contre la paroi ou juste rester inertes.

Lentement, le son rocailleux se trouva dans le dos du Wiehlnois. Il put de nouveau marcher d'un pas normal, pas qu'il pressa pour mettre le plus de distance entre lui et le colosse de pierre. Lorsqu'il estima être assez loin, il ouvrit la main et la douce lumière du métal élémentaire rayonna, le rassurant quelques peu. Les bords droits avaient laissé des marques visibles sur la main de Cherock tellement celui-ci avait serré son poing sous le stress. La lumière le rassurait mais ne lui permettais pas de se déplacer dans le noir d'encre qui régnait ici. Il poursuivit néanmoins sa route en longeant la paroi avec sa main. Les espaces confinés ne le gênaient pas d'ordinaire, mais celui-ci le mettait mal à l'aise néanmoins. (J'y vois rien… Je n'entends presque rien sauf mes propres pas qui se répercutent à l'infini. Je vais trouver ce marteau fissa et me tirer de là !)

Finalement, il arriva au bout du couloir. La paroi s'était rapidement rétrécie pour finir en un goulot d'étranglement naturel. Pour un homme de la stature de Cherock, se faufiler était une sacrée épreuve. Il dut abandonner son sac devant l'entrée et pénétrer armé de son épée et le métal brillant à la main. Une fois passée, une odeur d'huile et de charbon l'assaillit. En éclairant l'entrée avec son cristal, il parvint à trouver des torches pouvant être allumé. Il refit le chemin retour pour récupérer de quoi allumer dans son sac. Lorsqu'enfin il put l'allumer, c'est un curieux spectacle qui s'offrit à lui.

Il se trouvait dans une salle circulaire, taillée et régulière, au centre de laquelle trônait un autel. Tout semblait avoir été saccagé, on apercevait des traces de flammes sur tout l'autel comme si on avait voulu le faire fondre. Le sol était jonché de différents outils, tous en morceaux. Là une pioche à la pointe aplatie, là une masse à la tête morcelée, un pied de biche tordue… Et sur l'autel lui-même, l'objet qui semble être à l'origine de tout ce chaos, l'objet qui reste inviolable malgré toutes les tentatives de ceux qui l'ont mis là. Le Sarcophage de foudre. Il était fait d'or et d'un métal noir veiné d'or, métal que Cherock identifia comme du Keraunos. SI son état général semblait intact, on pouvait voir de nombreuses bosselures, impacts et autres traces de brûlures sur sa surface. La secte de Meno y avait mis les moyens, c'était indéniable. Mais la boite restait hermétique. Cherock regarda le Sarcophage avec fascination. Il s'était posé la question sur le trajet pourquoi les lettres faisaient parfois mention du sarcophage de foudre et parfois du Marteau. Il avait supposé que le sarcophage renfermerait le Marteau et sa déduction était la bonne. La question était cependant la suivante.

(Comment vais-je réussir à ouvrir ce coffre s'ils n'ont pas réussi après des années d'échecs ?)

L'enchanteur observa plus attentivement la boîte. Elle mesurait un peu plus d'un mètre de long, cinquante centimètres de large et quarante de haut. Elle semblait extrêmement lourde, bien trop pour que Cherock puisse l'emmener avec lui tout seul. D'ailleurs, il ne savait pas s'il pouvait l'appeler « boite », il ne voyait aucune charnière, aucune serrure, aucun mécanisme d'ouverture ! Le seul indice qui laissait présager de son contenu, c'était le marteau gravé sur le haut du bloc de métal précieux. Des runes parcouraient tout le long du « couvercle » et l'enchanteur y reconnut à plusieurs reprises celles inscrites sur ses pierres de runes. Certaines d'entre elles étaient cependant effacées par les divers stigmates qui striaient la surface métallique.

(C'est quand même étrange qu'elle n'ait pas l'air d'avoir souffert plus que ça…) se dit-il. A en voir les quantités d'outils fracassés, les Thorkins avaient dû s'y prendre des centaines de fois de toutes les manières différentes pour l'ouvrir ! Et son contenu restait toujours un mystère. Cherock n'était pas forgeron mais quel que soit le métal si résistant soit-il, il ne pouvait pas encaisser autant d'assauts sans broncher. (Les lettres m'en diront surement plus…)

Malheureusement, ce ne fut pas le cas. Après avoir fouillé dans les lettres secrètes de la Comtesse, il avait bien trouvé plusieurs passages mentionnant l'inviolabilité du Sarcophage de foudre et les multiples échecs essuyés, mais rien de bien nouveau. A l'exception près d'un passage : le nom Sarcophage de foudre avait été trouvé par un des sous fifres chargé de le percer : le mot « foudre » venait non seulement des origines de la création du Marteau, mais également des chocs électriques réguliers que recevaient ceux qui tentaient de l'ouvrir. (Sûrement à cause du Keraunos.) pensa Cherock, au sujet des effets du métal élémentaire. Il décida néanmoins de tester ces chocs pour voir ce qu'il en était. Se levant, il posa la torche toujours allumée dans un brasero vide posé sur l'autel abîmé, à côté du Sarcophage. Il approcha sa main tout doucement de la surface et bientôt, une décharge électrique se propagea dans tout son bras. Maîtrisant les fluides de foudre, le choc fut moins douloureux que pour une personne lambda mais lui fit tout de même rapidement retirer sa main. (Le Keraunos ne devrait pas infliger des chocs aussi violents ! Les livres d'Oranan parlaient de picotements sur la peau, pas de trucs pareils !)

Le Sarcophage n'était décidément pas normal : résistance hors norme, protection électrique. Il y avait quelque chose là-dessous. Le fulguromancien en vint à la conclusion que les deux étaient liés : la magie et les fluides étaient les seules explications possibles à ces phénomènes. Après tout, le Marteau avait été créé par de puissants enchanteurs, il n'était pas absurde de penser qu'ils étaient également les créateurs du Sarcophage… (… Des enchanteurs ? De foudre ?) Une idée commençait à germer dans l'esprit du jeune homme. Il devait d'abord tester quelque chose.
Ramassant une pioche en fer au hasard, il approcha celle-ci de la boite. Arrivé à une vingtaine de centimètres de sa surface, la progression de la lame de la pioche ralentit brusquement, comme repoussée par une force invisible. Cherock essaya alors de donner un grand coup mais même avec tout son élan, la pointe de la pioche fut repoussée et ne put atteindre la surface. Elle fut déviée bien avant et alla s'enfoncer près du pied de Cherock lui donnant une sueur froide.

Néanmoins, il comprit mieux de quoi il retournait. (Les enchanteurs qui ont créé le marteau ont également enchanté ce coffre pour qu'il puisse protéger du mieux qu'il puisse son trésor !) Ouvrant ses perceptions d'enchanteur, le jeune homme ressentit les pulsations fluidiques émaner du Sarcophage de foudre devant lui. Des pulsations lentes et régulières, qui s'intensifiaient à mesure qu'il approchait un objet métallique ou sa main. (Ils devaient avoir prévu qu'un tel scénario pouvait arriver… Ils ont donc mis cet ultime rempart pour protéger leur œuvre. Mais ils ont surement dû également prévoir un moyen de l'ouvrir non ? Sceller à jamais l'œuvre de plusieurs années de dur labeur, quelle ironie !)

Pas de serrure, pas de clé, une surface lisse et pas de charnière. En examinant de plus près, on pouvait apercevoir une mince fente qui délimitait le couvercle du reste. (Se pourrait-il que… ?). Seul un autre enchanteur de foudre peut comprendre parfaitement le fonctionnement de ce qui a été fait par un enchanteur de foudre. Un enchanteur très expérimenté pourrait sûrement analyser les créations d'enchanteurs d'un autre fluide que les siens, mais la similarité des fluides est un facteur important. Malgré sa faible expérience dans ce domaine, c'est avec cette profonde conviction qui lui vint naturellement que Cherock posa sa main sur le couvercle en fermant les yeux. Il serra les dents sous les chocs électriques violents et analysa l'artefact qui se trouvait devant lui.

Il chercha d'abord à examiner dans son ensemble la structure de la boîte. Le fluide parcourait chaque recoin de l'objet qui était entièrement fait de métal. Il essaya de mêler son fluide à celui du sarcophage pour l'examiner plus en profondeur. Il se heurta alors à un vrai mur. La magie de foudre, bien que présente depuis des centaines d'années, avait gardé sa force d'origine. Elle suivait un chemin qui traversait toute la boite et était si dense, si compacte que les tentatives d'incursion fluidique de Cherock rebondissait sur le flux. Loin de se décourager, le jeune homme modifia son approche en modelant son fluide pour qu'il ai une forme plus fine, telle une aiguille pour s'immiscer dans le fleuve de fluide. Cette méthode échoua également et Cherock l'abandonna également après plusieurs essais. Il arrêta également car les chocs électriques commençaient à lui engourdir la main. En se frottant la main pour refaire circuler le sang dans sa main, une idée lui vint. Le fluide qui l'électrisait sortait bien un instant du flux pour le toucher. Il suffisait qu'il se serve de ce fluide pour lui ouvrir la voie dans la masse circulante. (Allez, on essaye ça.)

Une fois de plus, il posa la main sur le couvercle parcourut de foudre. Lorsqu'il ressentit les décharges, au lieu de les repousser comme il l'avait fait précédemment, il endura au contraire la pleine puissance du choc et le laissa parcourir son corps. Ca faisait un mal de chien, bien que ce soit une broutille contrairement à la douleur encore fraîche de son doigt brisé. Il posa son index et son majeur de son autre main sur une autre surface du couvercle et laissa s'échapper par là les fluides étrangers. Lorsqu'au bout d'une poignée de secondes la boucle que formait son corps était stabilisée et rendu plus supportble, il y mêla une partie de son propre fluide. Son fluide pénétra cette fois sans difficulté et atténua un peu plus la douleur puisqu'il diluait le fluide scellant le Sarcophage de foudre. Peu à peu, le sarcophage révéla ses secrets au jeune homme. Si les fanatiques de la secte n'avait pas compris comment pouvait bien se fermer le sarcophage, c'était parce que le phénomène du magnétisme leur était inconnu. Une épaisse barre de Keraunos était incrustée dans l'or sur tout le contour en contact avec le couvercle. Le fluide de foudre y passait à grand vitesse et démultipliait les vertus magnétiques du métal de foudre, attirant à lui le couvercle et scellant par la même occasion le boitier. Couper ce flux était donc le seul moyen d'ouvrir le sarcophage. (A moins d'avoir recours à une force colossale qui ignorerait complètement les protections magiques du Sarcophage. L'élémentaire de terre en aurait peut être la force, mais ça serait prendre le risque d'endommager ce qu'il y a à l'intérieur.)

En analysant un peu plus la structure de l'objet magique, Cherock remarqua un second circuit inutilisé fait de Keraunos. AU lieu de faire une boucle, celui-ci revenait ensuite sur ses pas pour retourner dans la barre maintenant le boitier scellé. De la même manière que le sens de rotation de son fluide créait une attraction ou une répulsion, le sens de circulation dans le Keraunos devait avoir le même fonctionnement ! Sans hésité, le jeune homme serra les dents et força une partie du fluide à emprunter le chemin secondaire. L'exercice revenait à essayer de faire diverger à mains nues un fleuve tout entier et la douleur ressentit était atroce. L'enchanteur ne s'avoua pas vaincu cependant. (J'en ai chier pour en arriver là, je vais pas abandonner si près du but !). Petit à petit, le flot de fluide de foudre changea de sens. Contrairement au fleuve où chaque goutte est indépendante, le flot de foudre ressemblait lui à un énorme groupe de chaînes : dévier un maillon faisait dévier tout le reste de la chaîne et c'est donc par paquet qu'il put faire changer de direction le circuit. Lorsqu'il réussit à attirer la moitié du fluide, tout s'enchaîna. Le reste suivit naturellement la voie où la majorité du fluide se dirigeait. Epuisé et les bras complètement engourdit, Cherock tomba sur les fesses. Il prit de longues goulées d'air et calma sa respiration alors que les poils de son corps reprenait lentement leur état initial, cessant d'être dressés. Il observait le couvercle légèrement bosselé, noirci par les attaques de flammes, lévité une dizaine de centimètres au dessus de la boîte. L'équilibre était parfait, mais une simple poussée ferait chuter sur le coté le couvercle du Sarcophage. Au bout d'une longue minute Cherock se releva, s'approcha de l'autel et souleva avec précaution le couvercle. (Bordel, c'est que c'est lourd ce truc !). Il le lâcha plus que le déposa contre l'autel. Il se pencha alors au dessus du Sarcophage de foudre et découvrit son contenu.

A suivre…

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 Sujet du message: Re: Les mines de Mertar
MessagePosté: Jeu 25 Jan 2018 03:50 
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Arc du Souffle du Voile

Chapitre XLVIII : Amy


Lorsque Cherock posa la main sur l'objet contenu dans le sarcophage de foudre, une profonde énergie s'en échappa. Il sut tout de suite qu'il avait enfin trouvé ce pourquoi il avait autant souffert. Il sortit l'objet de sa prison pour la première fois depuis des centaines d'années, mais le temps n'avait semble-t-il pas altérer sa beauté. Il tenait dans sa main un marteau de guerre : le manche mesurait soixante-dix centimètres et la tête mesurait quant à elle une bonne dizaine de centimètres. Le marteau était fait d'un métal doré sombre, dont le manche était lui recouvert d'un tissu violet cerclé d'or. Sur toute la surface , on pouvait apercevoir de nombreuses runes, dont les deux runes que l'enchanteur avait déjà en sa possession. Il fit quelques moulinets du poignet avec l'arme et trouva son équilibre remarquable. La lueur de la torche éclaira alors le sourire qui illuminait le visage de Cherock. (Enfin, je l'ai ! C'est bien le Marteau Runique de Valyus !)

La puissante magique qui découlait de l'arme le faisait déborder d'énergie. Il était désormais temps de rentrer chez lui, le départ de la caravane de Brumal étant prévu dans la matinée. En jetant un dernier coup d'œil dans le sarcophage, l'enchanteur y découvrit une nouvelle rune laissée par ses prédécesseurs, emballées dans une lettre qui s'effrita dans ses mains sans qu'il ne puisse en lire un seul mot. Il aurait tout le temps de l'identifier plus tard.

Alors que le jeune homme s'apprêtait à retourner dans la brèche, un son rocailleux se fit entendre. Un son qui ne disait rien qui vaille au jeune homme. (Et merde.) Instinctivement, il sauta par-dessus l'autel et se mit à l'abri juste à temps pour éviter une pluie de débris rocheux. La paroi avait littéralement explosé et avec la lumière de la torche qui éclairait la petite pièce, Cherock vit le responsable de tout ça. Pour une raison que Cherock ignorait, l'élémentaire de terre s'était réveillé et avait enfoncé la paroi rocheuse. Il se dressait de toute sa hauteur, un bon trois mètres cinquante et était composé comme Cherock l'avait pensé d'une multitude de rochers plus ou moins grands qui formaient ses membres. Les liens entre ces rochers étaient de toutes évidences magiques puisqu'ils flottaient les uns à côté des autres tout en se mouvant comme de vrais membres. En apercevant le jeune homme, l'élémentaire rugit et balança son poing gigantesque sur l'autel. Il en pulvérisa une bonne partie et enfonça avec une force colossale le sarcophage désormais vide. Cherock avait cependant eu le temps de plonger sur le côté grâce à la lenteur du golem. Il n'en était pas pour autant sorti d'affaire : le colosse bloquait la majeure partie de l'entrée, interdisant son passage. La lueur minérale qu'abritait le fond de ses orbites de pierre suivit Cherock. Dans un grognement guttural, il balaya l'air d'un revers de la main, envoyant plusieurs échardes de pierres sur Cherock.

(Merde !) Il ne s'y attendait pas, aussi l'une d'elle s'enfonça profondément dans sa cuisse. La douleur se répandit dans toute sa jambe quand la pointe toucha légèrement l'os. A genoux et des larmes coulant sur ses joues, l'enchanteur sentit une décharge d'adrénaline le parcourir. Il ne savait pas comment affronter le titan, mais il devait gagner du temps. Les épines de pierre revinrent alors dans la main de l'élémentaire, comme s'il avait lancé des propres parties de son corps. Cela comprenait également celle profondément planté dans la cuisse du jeune homme. Il poussa un hurlement aussi bien de douleur que de rage et accumula le maximum de fluide qu'il pouvait dans sa main pour lancer un puissant choc de Valyus sur le golem de pierre. Une puissante énergie émana également de la relique et renforça davantage le sort de Cherock. Cela le surprit un instant et remercia cette aide inattendue avant de lancer le plus puissant arc de foudre de sa vie. Celui-ci frappa en plein torse le géant qui recula sous l'impact. (Je voulais gagner du temps mais ça a été bien plus puissant que je l'espérais !)

Le jeune homme n'était pas tiré d'affaire pour autant. Ce sort avait bien entamé ses réserves déjà utilisées et il ne pourrait plus lancer qu'un seul autre sort de ce calibre, peut être deux.

Greeeeeeuh !

Et déjà l'élémentaire revenait à la charge. La pierre au centre de sa poitrine abordait maintenant un profond impact noirci. En bloquant toujours la sortie, il lança de nouveau un large éventail d'épines de pierre. Il les esquiva en se mettant de nouveau à l'abri derrière l'autel, mais ce mouvement brusque fit gicler un peu plus de sang de la plaie à la cuisse. En serrant les dents et les larmes aux yeux, Cherock sauta de nouveau sur le côté pour éviter le coup de poing qui ne manquerait pas de pulvériser le reste de l'autel. Il avait vu juste puisque l'autre partie de l'autel explosa sous le second impact. Sans plus aucun abri, la situation était devenue aussi simple que dangereuse : il devait forcer le passage sous peine de mourir en attendant un miracle. (Mais je fais pas le poids au corps à corps avec ce truc !) Le Marteau de Valyus en main, il pouvait espérer lui faire quelques dégâts, mais certainement pas le vaincre. Il vit alors les échardes réintégrer le corps du golem alors qu'il se tournait en face de sa cible. (Cette idée est dingue, mais c'est la seule que j'ai.) Il leva sa paume et lança de nouveau un puissant éclair sur le golem, prenant soin de viser son visage cette fois-ci. Il sentit le Marteau runique l'aider à canaliser sa foudre tandis qu'elle fondait sur sa cible. Une fois de plus, le géant se retrouva repoussé, la tête en arrière. Cherock chargea son marteau de fluide foudroyant dans processus qui se déroula à une vitesse déconcertante, sûrement parce que c'était la création d'enchanteurs de foudre. Le jeune oranais chargea alors l'élémentaire, en traînant à moitié sa jambe meurtrie. Arrivé au niveau des jambes de l'élémentaire, il balança un puissant swing de ses deux mains dans ce qui faisait office de rotule pour le colosse. La foudre crépita à l'impact et envoya valser la pierre en la fissurant, faisant chuter sur l'avant le tas de pierres vivant.

D'un coup d'œil, il aperçut son sac qui miraculeusement n'avait pas souffert en étant mis dans un coin. Il l'embarqua et décampa le plus vite qu'il put. Il vit la pierre qu'il avait expédiée à coup de marteau se mettre à l'éviter et filer à toute vitesse dans le dos de Cherock. Peu de temps après, un grognement de rocaille se fit entendre, accompagné juste après de pas lourds. L'élémentaire de terre était peut-être lent, mais compensait sa lenteur par sa taille et les grandes enjambées qu'il faisait. Cherock, malgré son avance, entendait son adversaire le rattraper. Sans sa torche, progresser dans le noir s'avérait périlleux. Il sortit un instant l'éclat de San-Divyna mais dans un grondement, le géant lança tout de suite après une volée de pierre. L'une d'elle entailla profondément le bras droit du jeune homme qui s'empressa d'étouffer la douce lumière. (Il va me rattraper et je ne peux pas éclairer mon chemin sans qu'il me voit !) Cherock se mit à longer une des parois et lorsqu'il identifia une des entrées avec ses madriers, il s'y engouffra. Là il s'adossa à la paroi en se maintenant sur sa jambe valide sortie une fiole de récupération de fluide. Il comptait réitérer l'action avec la ferme intention de pulvériser cette fois la rotule de pierre. Contrairement au géant, Cherock pouvait estimer à son pas lourd sa position approximative. Situé à une vingtaine de mètres derrière lui, il eut le temps de boire sa fiole et de se préparer mentalement. Lorsqu'il estima que la distance était suffisamment proche, l'enchanteur déclencha un éclair non sonore qui éclaira le couloir pendant deux petites secondes et surgit en face du géant. En le voyant, celui-ci arma son bras et envoya carrément tout son poing brisé le corps de l'enchanteur. Il tenta de l'esquiver mais le manque d'appui de sa jambe droite l'empêcha de complètement éviter l'attaque. Le poing emporta à moitié dans son élan le bras droit de l'humain, ce qui le déboîta et le rendit inutile. Cherock qui s'apprêtait à lancer son sort de foudre avec cette main hurla de douleur et relâcha par accident son sort. Les multiples éclairs partirent en tous sens, frappant aussi bien le plafond que les murs. L'un deux frappa le golem au bras mais il ne parut pas en souffrir. A genoux, Cherock avait la vue troublée par la douleur. (Cette fois, c'est la fin… ?) se dit-il alors que la lumière générée par son éclair s'estompait. La douleur l'empêchait de réfléchir, ses pensées s'embrouillaient dans son esprit sans prendre de forme cohérente. La seule source de lumière qui restait, c'était celle du marteau runique de Valyus qui brillait dans le noir par le revêtement de fluide.

(C'est pour ça que je me suis battu… Que j'ai souffert… A quoi me sert-il maintenant ?) Il ne pouvait gagner. Il ne pouvait qu'attendre la mort. Déjà, le poing avait regagné dans un choc pierreux son propriétaire. Tout son corps lui faisait mal. Seul son côté gauche avait été épargné. Pouvait-il affronter une adversaire qu'avec un bras ? Il n'y arriverait pas. Il ne pouvait pas le battre. Lentement, il ferma les yeux.

(Qui te parle de l'affronter ?)

Une voie aérienne retentit alors dans son crâne. Il ne savait pas d'où elle venait, il ne pouvait même pas savoir si c'était une hallucination ou pas.

(Tout ce que tu as à faire c'est de fuir, de trouver un moyen ? Tu vas vraiment abandonner comme ça, Cherock O'Fall ?)

(Qui est-ce ?)

(Qui je suis n'a pas d'importance pour le moment. Néanmoins, tu peux me considérer comme ton amie.)

(Amy ? Quel prénom étrange…)

(Amy ? Mon prénom ? AHAHAH !)

A suivre…

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 Sujet du message: Re: Les mines de Mertar
MessagePosté: Jeu 25 Jan 2018 04:34 
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Arc du Souffle du Voile

Chapitre XLVIII : Amy


Lorsque Cherock posa la main sur l'objet contenu dans le sarcophage de foudre, une profonde énergie s'en échappa. Il sut tout de suite qu'il avait enfin trouvé ce pourquoi il avait autant souffert. Il sortit l'objet de sa prison pour la première fois depuis des centaines d'années, mais le temps n'avait semble-t-il pas altérer sa beauté. Il tenait dans sa main un marteau de guerre : le manche mesurait soixante-dix centimètres et la tête mesurait quant à elle une bonne dizaine de centimètres. Le marteau était fait d'un métal doré sombre, dont le manche était lui recouvert d'un tissu violet cerclé d'or. Sur toute la surface , on pouvait apercevoir de nombreuses runes, dont les deux runes que l'enchanteur avait déjà en sa possession. Il fit quelques moulinets du poignet avec l'arme et trouva son équilibre remarquable. La lueur de la torche éclaira alors le sourire qui illuminait le visage de Cherock. (Enfin, je l'ai ! C'est bien le Marteau Runique de Valyus !)

La puissante magique qui découlait de l'arme le faisait déborder d'énergie. Il était désormais temps de rentrer chez lui, le départ de la caravane de Brumal étant prévu dans la matinée. En jetant un dernier coup d'œil dans le sarcophage, l'enchanteur y découvrit une nouvelle rune laissée par ses prédécesseurs, emballées dans une lettre qui s'effrita dans ses mains sans qu'il ne puisse en lire un seul mot. Il aurait tout le temps de l'identifier plus tard.

Alors que le jeune homme s'apprêtait à retourner dans la brèche, un son rocailleux se fit entendre. Un son qui ne disait rien qui vaille au jeune homme. (Et merde.) Instinctivement, il sauta par-dessus l'autel et se mit à l'abri juste à temps pour éviter une pluie de débris rocheux. La paroi avait littéralement explosé et avec la lumière de la torche qui éclairait la petite pièce, Cherock vit le responsable de tout ça. Pour une raison que Cherock ignorait, l'élémentaire de terre s'était réveillé et avait enfoncé la paroi rocheuse. Il se dressait de toute sa hauteur, un bon trois mètres cinquante et était composé comme Cherock l'avait pensé d'une multitude de rochers plus ou moins grands qui formaient ses membres. Les liens entre ces rochers étaient de toutes évidences magiques puisqu'ils flottaient les uns à côté des autres tout en se mouvant comme de vrais membres. En apercevant le jeune homme, l'élémentaire rugit et balança son poing gigantesque sur l'autel. Il en pulvérisa une bonne partie et enfonça avec une force colossale le sarcophage désormais vide. Cherock avait cependant eu le temps de plonger sur le côté grâce à la lenteur du golem. Il n'en était pas pour autant sorti d'affaire : le colosse bloquait la majeure partie de l'entrée, interdisant son passage. La lueur minérale qu'abritait le fond de ses orbites de pierre suivit Cherock. Dans un grognement guttural, il balaya l'air d'un revers de la main, envoyant plusieurs échardes de pierres sur Cherock.

(Merde !) Il ne s'y attendait pas, aussi l'une d'elle s'enfonça profondément dans sa cuisse. La douleur se répandit dans toute sa jambe quand la pointe toucha légèrement l'os. A genoux et des larmes coulant sur ses joues, l'enchanteur sentit une décharge d'adrénaline le parcourir. Il ne savait pas comment affronter le titan, mais il devait gagner du temps. Les épines de pierre revinrent alors dans la main de l'élémentaire, comme s'il avait lancé des propres parties de son corps. Cela comprenait également celle profondément planté dans la cuisse du jeune homme. Il poussa un hurlement aussi bien de douleur que de rage et accumula le maximum de fluide qu'il pouvait dans sa main pour lancer un puissant choc de Valyus sur le golem de pierre. Une puissante énergie émana également de la relique et renforça davantage le sort de Cherock. Cela le surprit un instant et remercia cette aide inattendue avant de lancer le plus puissant arc de foudre de sa vie. Celui-ci frappa en plein torse le géant qui recula sous l'impact. (Je voulais gagner du temps mais ça a été bien plus puissant que je l'espérais !)

Le jeune homme n'était pas tiré d'affaire pour autant. Ce sort avait bien entamé ses réserves déjà utilisées et il ne pourrait plus lancer qu'un seul autre sort de ce calibre, peut être deux.

Greeeeeeuh !

Et déjà l'élémentaire revenait à la charge. La pierre au centre de sa poitrine abordait maintenant un profond impact noirci. En bloquant toujours la sortie, il lança de nouveau un large éventail d'épines de pierre. Il les esquiva en se mettant de nouveau à l'abri derrière l'autel, mais ce mouvement brusque fit gicler un peu plus de sang de la plaie à la cuisse. En serrant les dents et les larmes aux yeux, Cherock sauta de nouveau sur le côté pour éviter le coup de poing qui ne manquerait pas de pulvériser le reste de l'autel. Il avait vu juste puisque l'autre partie de l'autel explosa sous le second impact. Sans plus aucun abri, la situation était devenue aussi simple que dangereuse : il devait forcer le passage sous peine de mourir en attendant un miracle. (Mais je fais pas le poids au corps à corps avec ce truc !) Le Marteau de Valyus en main, il pouvait espérer lui faire quelques dégâts, mais certainement pas le vaincre. Il vit alors les échardes réintégrer le corps du golem alors qu'il se tournait en face de sa cible. (Cette idée est dingue, mais c'est la seule que j'ai.) Il leva sa paume et lança de nouveau un puissant éclair sur le golem, prenant soin de viser son visage cette fois-ci. Il sentit le Marteau runique l'aider à canaliser sa foudre tandis qu'elle fondait sur sa cible. Une fois de plus, le géant se retrouva repoussé, la tête en arrière. Cherock chargea son marteau de fluide foudroyant dans processus qui se déroula à une vitesse déconcertante, sûrement parce que c'était la création d'enchanteurs de foudre. Le jeune oranais chargea alors l'élémentaire, en traînant à moitié sa jambe meurtrie. Arrivé au niveau des jambes de l'élémentaire, il balança un puissant swing de ses deux mains dans ce qui faisait office de rotule pour le colosse. La foudre crépita à l'impact et envoya valser la pierre en la fissurant, faisant chuter sur l'avant le tas de pierres vivant.

D'un coup d'œil, il aperçut son sac qui miraculeusement n'avait pas souffert en étant mis dans un coin. Il l'embarqua et décampa le plus vite qu'il put. Il vit la pierre qu'il avait expédiée à coup de marteau se mettre à l'éviter et filer à toute vitesse dans le dos de Cherock. Peu de temps après, un grognement de rocaille se fit entendre, accompagné juste après de pas lourds. L'élémentaire de terre était peut-être lent, mais compensait sa lenteur par sa taille et les grandes enjambées qu'il faisait. Cherock, malgré son avance, entendait son adversaire le rattraper. Sans sa torche, progresser dans le noir s'avérait périlleux. Il sortit un instant l'éclat de San-Divyna mais dans un grondement, le géant lança tout de suite après une volée de pierre. L'une d'elle entailla profondément le bras droit du jeune homme qui s'empressa d'étouffer la douce lumière. (Il va me rattraper et je ne peux pas éclairer mon chemin sans qu'il me voit !) Cherock se mit à longer une des parois et lorsqu'il identifia une des entrées avec ses madriers, il s'y engouffra. Là il s'adossa à la paroi en se maintenant sur sa jambe valide sortie une fiole de récupération de fluide. Il comptait réitérer l'action avec la ferme intention de pulvériser cette fois la rotule de pierre. Contrairement au géant, Cherock pouvait estimer à son pas lourd sa position approximative. Situé à une vingtaine de mètres derrière lui, il eut le temps de boire sa fiole et de se préparer mentalement. Lorsqu'il estima que la distance était suffisamment proche, l'enchanteur déclencha un éclair non sonore qui éclaira le couloir pendant deux petites secondes et surgit en face du géant. En le voyant, celui-ci arma son bras et envoya carrément tout son poing brisé le corps de l'enchanteur. Il tenta de l'esquiver mais le manque d'appui de sa jambe droite l'empêcha de complètement éviter l'attaque. Le poing emporta à moitié dans son élan le bras droit de l'humain, ce qui le déboîta et le rendit inutile. Cherock qui s'apprêtait à lancer son sort de foudre avec cette main hurla de douleur et relâcha par accident son sort. Les multiples éclairs partirent en tous sens, frappant aussi bien le plafond que les murs. L'un deux frappa le golem au bras mais il ne parut pas en souffrir. A genoux, Cherock avait la vue troublée par la douleur. (Cette fois, c'est la fin… ?) se dit-il alors que la lumière générée par son éclair s'estompait. La douleur l'empêchait de réfléchir, ses pensées s'embrouillaient dans son esprit sans prendre de forme cohérente. La seule source de lumière qui restait, c'était celle du marteau runique de Valyus qui brillait dans le noir par le revêtement de fluide.

(C'est pour ça que je me suis battu… Que j'ai souffert… A quoi me sert-il maintenant ?) Il ne pouvait gagner. Il ne pouvait qu'attendre la mort. Déjà, le poing avait regagné dans un choc pierreux son propriétaire. Tout son corps lui faisait mal. Seul son côté gauche avait été épargné. Pouvait-il affronter une adversaire qu'avec un bras ? Il n'y arriverait pas. Il ne pouvait pas le battre. Lentement, il ferma les yeux.

(Qui te parle de l'affronter ?)

Une voie aérienne retentit alors dans son crâne. Il ne savait pas d'où elle venait, il ne pouvait même pas savoir si c'était une hallucination ou pas.

(Tout ce que tu as à faire c'est de fuir, de trouver un moyen ? Tu vas vraiment abandonner comme ça, Cherock O'Fall ?)

(Qui est-ce ?)

(Qui je suis n'a pas d'importance pour le moment. Néanmoins, tu peux me considérer comme ton amie.)

(Amy ? Quel prénom étrange…)

(Amy ? Mon prénom ? AHAHAH !)

Un rire cristallin éclata dans la tête de Cherock. Il ne comprenait absolument rien de qu'il se passait, mais la voix le rassura. Il ne l'avait jamais entendue nulle part, mais elle sonnait d'une manière douce à ses oreilles. Comme lorsqu'il appréciait les longues discussions avec Hïo. Il ouvrit alors les yeux.

(On ne m'avait jamais nommé d'une façon aussi… Particulière. Soit, je serai Amy. Reviens entier à Oranan, nous verrons alors de quel bois tu es fait, Cherock O'Fall !)

La voix légère résonna un instant dans son esprit avant de se dissiper comme de la fumée un jour de tempête. Cherock ne savait pas trop quoi pensé de ce qui venait de se passer, ses pensées étaient sans dessus dessous. Néanmoins, la voix avait raison. Il ne pouvait pas mourir ici. (Oranan… Trop de gens m'y attendes.)

Tant bien que mal, Cherock se remit debout. En l'absence de lumière, le titan avait continué à balancer de puissants coups avec ses mains, sans se douter qu'ils passaient tous au-dessus de son adversaire à terre. (Je dois éclater cette rotule.) Il n'aurait la force que pour un seul coup : à travers le marteau, Cherock envoya un simple éclair devant lui. Le flash de lumière indiqua instantanément la position du golem puisque l'éclair éclata sur son corps de pierre, si proche que Cherock pouvait le toucher de sa main. Il aurait écrasé Cherock sans le savoir en faisant un mas de plus. Face à cette information, le corps de l'enchanteur se mouva tout seul. Il fléchit sa jambe gauche légèrement, se stabilisa avec la deuxième et arma son bras valide en plaçant le repli de son coude devant le nez. Avec un seul bras, il ne pouvait espérer faire autant de dégâts qu'avec ses deux mains, aussi fit-il appel à quelque chose qu'il avait découvert récemment, le Ki. Il ne le maîtrisait pas totalement, mais pensait raisonnablement qu'en l'utilisant pour renforcer ses muscles, il pouvait simplement frapper plus fort. Et c'est ce qu'il fit.

En détendant son bras, Cherock insuffla une grande quantité de Ki dans ses muscles. Mais frapper vite ce n'était pas pareil que frapper fort : l'emploi du Ki était fondamentalement différent, si bien que ses muscles hurlèrent de douleur lors du coup. Grâce au flash de lumière, il visa approximativement la rotule de pierre fragilisée et envoya ses dernières forces dedans. Dans un craquement sourd, la rotule explosa. La douleur qui vrilla les articulations de l'enchanteur lui fit penser qu'il avait également brisé son poignet. Sans prendre le temps de vérifier ce qu'il advenait de son adversaire, le jeune homme tituba du plus vite qu'il put pour s'éloigner du danger. Il entendit le bruit du corps de pierre qui s'affaisse, qui se relève tant bien que mal et qui rampe à sa poursuite. Cherock n'avait plus qu'un seul objectif : fuir. Sans lumière, le mur qu'il longeait était son seul repère. Il savait qu'en le suivant, il pourrait franchir les premiers embranchements en s'aidant de sa mémoire. Il aurait cependant besoin des lettres de la comtesse pour se repérer sur la fin. Pendant de longues minutes, Cherock traîna son corps brisé où seule sa jambe gauche avait été épargnée. Il Entendait le golem rampé derrière lui et ne l'entendait pas se rapprocher. D'un autre côté, il n'arrivait pas à le semer non plus. Il fit une pause et ouvrit son sac pour chercher les lettres qu'il éclaira avec la San-Divyna. Ce fut le seul souvenir clair qu'il eut. Ensuite, tout était très flou. Il se souvenait que pendant un temps qui lui avait paru infiniment long, il avait progressé dans un noir angoissant, ne voyant pas à plus d'un mètre. Il était poursuivi par un monstre qui le mettrait en charpie s'il lui mettait la main dessus. Il pensa s'être perdu un nombre incalculable de fois. Seule la volonté de rentrer à Oranan le maintenait opérationnel.

Enfin, le bruit de rocaille cessa. Enfin, les tunnels se firent familier. Enfin, il aperçut la timide lueur des torches annonçant l'entrée des mines. Il arriva devant son entrée et pensa (J'y suis arrivé…). Il s'écroula aussitôt de fatigue. D'un pli de sa cape, un minuscule point lumineux se faufila à l'air libre. De ses ailes, il survola le corps du jeune homme qu'il accompagnait maintenant depuis son départ d'Oranan. Le point lumineux vit un grand homme entré sur la place, apercevoir le corps inconscient et sanguinolent du jeune homme et se précipiter vers lui. Il le prit sur son épaule et courut en direction de la Forge Royale. Dans un sourire, le point lumineux fila à toute vitesse à travers le puits de lumière et disparu.

(Amy, hein… Ça me plaît bien.)

A suivre…

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