L'Univers de Yuimen déménage !


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 Sujet du message: Re: Route entre Kendra Kâr et Mertar
MessagePosté: Dim 18 Aoû 2013 13:46 
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Nous avons repris notre marche et la matinée touche à sa fin lorsque nous rejoignons le tracé de la route principale menant à Kendra Kâr. Fini le cheminement solitaire dans des contrés isolées, à peine avons-nous fait quelque pas sur la chaussée que nous croisons des gens allant et venant en direction de celle que l'on nomme la cité blanche. Je n'ai plus besoin de guides mais comme ils n'ont pour l'instant pas décidé d'une nouvelle pause, je continue d'aller à leurs côtés.

Peu attentive à ce qui se passe autour de moi, je suis pourtant saisie par un mot qui résonne lugubrement dans mes oreilles. C'est un homme dans un petit groupe passant près de nous qui vient de parler d'un manoir. Je secoue la tête me traitant d'idiote, si je dois maintenant sursauter à la moindre évocation d'un quelconque petit palais, je ne me débarrasserais jamais de mes sombres souvenirs. Mais les précisions qu'apporte un second quidam laissent monter en moi une bouffée d'angoisse. La tête et la vie. Une idée folle me traverse l'esprit, Lark aurait-il pu survivre ? S'échappant pour aller reconstruire un manoir surnaturel dans une autre partie du continent. Non, c'est impossible, quel que soit le lieu dont parlent ces gens, il ne peut avoir aucun rapport avec celui que j'ai connu et combattu. Et pourtant une petite voix se met à parler sans relâche dans ma tête, m'enjoignant à aller voir de plus près de quoi il retourne. Fol espoir ou obscur masochisme ?

(Tu as entendu Al ?)

"Oui, une certaine ressemblance avec la demeure de Lark, mais ce ne peut être que pure coïncidence Ariane."

(Tu as sûrement raison, mais nous pourrions juste nous en approcher, ce doit être sur notre route.)

"En es-tu sûre ? Seras-tu assez forte pour côtoyer ce même genre de folie ?"

(C'était il y a sept ans Al...)


Le lion ne répond rien, se contentant de me regarder avec insistance. Je hausse les épaules et sans plus réfléchir je m'éloigne de la caravane pour rattraper le petit groupe. Ralf me jette un coup d’œil interrogatif, mais voyant que Al-Ayrad reste près d'eux, il continue d'avancer. Sur le pas des étrangers, je les hèle pour les retenir.

"Pardonnez-moi messires !" Puis me rapprochant d'eux. "Pas que je sois indiscrète, mais j'ai entendu une partie de votre conversation alors que nous nous croisions sur la route, au sujet d'un manoir près de Kendra Kâr. Je... Je souhaitais juste savoir où il se situait exactement, si vous avez cette information et qu'il vous plait de la partager."

Sous la capuche qui couvre mes cheveux, mes deux yeux émeraudes vont de l'un à l'autre dans l'attente d'une réponse.

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 Sujet du message: Re: Route entre Kendra Kâr et Mertar
MessagePosté: Dim 18 Aoû 2013 13:55 
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Intervention PNJ pour Ariane


Les trois gars s'arrêtent au moment où tu les hélas. Ils se retournèrent et te regardèrent bizarrement.

- "Vous êtes surs de vouloir connaître l'endroit où ils se trouvent ?"

- "Laisse Artie. Répond à la question, on a d'autres chats à fouetter."

- "Tu avais pas dit qu'il était en dehors de la ville ?"

- "C'est ça pour être précis, il est à une petite heure de route de la ville, vous pouvez pas le manquer. Vous allez trouver un sentir sur votre gauche dans pas longtemps en remontant vers Kendra Kâr. Prenez-le et il se trouve au bout."

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 Sujet du message: Re: Route entre Kendra Kâr et Mertar
MessagePosté: Dim 18 Aoû 2013 14:26 
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J'ai juste le temps de hocher la tête à la question du premier homme qu'ils s'empressent tous les trois de me donner les informations demandées. Continuer vers Kendra Kâr puis prendre la première route sur la gauche. Il sera toujours temps de réfléchir une fois arrivé à l'intersection.

"Je vous remercie et vous souhaite une bonne route."

Sans rien attendre de plus je fais volte-face et reviens sur mes pas pour rejoindre la caravane des Haldorson. Je m'approche de Ralf et plonge mon regard dans le sien.

"Je vais vous laisser pour avancer plus vite, quelque chose m'attend au-delà."

Le grand kendran cache tant bien que mal sa surprise, puis sourit dans un soupir.

"L'heure de la séparation allait de toute façon arriver." Répond-il en arrêtant les deux chevaux qu'il mène. Son frère s'arrête aussi, intrigué.

"Je vous tire ma révérence et vous remercie pour la route depuis Mertar messeigneurs Haldorson. Koum, Azril, soyez prudents dans la suite de votre voyage."

Les deux Wotongohs m'adressent un signe de tête alors que Odomar et son père s'approchent de moi pour me dire au revoir sans oser m'interroger sur ce soudain départ.

"Bonne route à vous deux aussi alors."

Ils se remettent tous en marche, suivis de Al. Ralf est encore à côté de moi, les yeux fixés au sol.

"Bien. Content de t'avoir connue. Sois prudente et qui sait, peut-être à une autre fois.
- Je ne le dis pas souvent... Mais j'ai été contente de te connaître aussi. Je connais ta route, alors si je dois un jour l'emprunter de nouveau..."


Je n'en dis pas plus et caresse le bois de l'arc qu'il m'a offert.

"Tu n'as pas changé d'avis pour lui ?
- Non garde le, cela me plait de le savoir avec toi. Tu m'oublieras moins vite."


Il sourit et caresse brièvement ma joue du bout de ses doigts. Lui accordant un dernier sourire, je reprends la route sans me retourner et rattrape la caravane alors qu'il n'a pas bougé. Je les dépasse en leur adressant un dernier signe d'adieu. Marchant d'un pas plus rapide sans les chevaux chargés, nous les distançons rapidement. Encore quelques minutes de marche et il faudra prendre une décision.

***


"Nous y sommes, ce doit être là. Qu'as-tu décidé ?"

(Nous ne risquons rien à juste prendre ce sentier.)


Quittant l'avenue principale, Al-Ayrad me précède sur le chemin qui bifurque sur la gauche.

>> Le manoir fantasmagorique (quête 29)

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 Sujet du message: Re: Route entre Kendra Kâr et Mertar
MessagePosté: Lun 21 Juil 2014 22:21 
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Maltar quitte Mertar aussi vite qu'il était venu. Il marche en direction de kendrakar presque jusqu'au coucher du soleil en tirant par la bride "SON" cheval.
L'animal s'avère docile, et le suit placidement. Le gobelin est lui, comme souvent, en proie à de nombreuses pulsions contradictoires. La bonhommie que dégage sa monture à le don de l'énerver, à croire qu'elle lui fait confiance. Il la rouerait volontiers de coup de bâton, comme ça, juste pour le plaisir de la contredire, ça le ferait marrer. Mais il est en même temps conscient qu'en se montrant si peu rétif, le grand dada lui simplifie la vie... Et puis l'animal est sans aucun doute sa meilleur prise de la journée, surement du mois, peut être de l'année. Avec tout le barda qu'il a accumulé avec le temps, avoir quelque chose pour tout porter a sa place est un luxe que l'envie d'un steak de cheval ne parvient pas a contrebalancer.

Avouons le aussi, l'idée d'aller agacer un bestiau d'au moins 1600 livres à coup de gourdin n'est pas dans les habitudes de Maltar. Il se méfie beaucoup des chevaux, comme de tous les gros trucs. Un mauvais coup de sabot dans la trogne est trop vite arrivé. Toujours par méfiance, pas une seconde il ne pense à troquer la marche pour se reposer en chevauchant sa monture. Se retrouver si loin du sol, sur le dos d'un animal pouvant à tout moment décider ruer et le faire voler jusqu’à je ne sais où? Par ordre croissant de pertinence, L'idée arrive juste avant celle d'aller mettre une main au cul d'Oaxaca dans sa longue liste des choses à absolument faire s'il en a assez de vivre. Alors il va à pied, son cheval derrière lui, et c'est très bien comme ça. Ça évite les ennuis.

Il s’arrête au bord d'un bosquet, au milieu de nulle-part si ce n'est au bord de la route. Il attache au bout d'une corde "Grand DADA", après s’être assuré celui-ci aurait assez de mou pour pouvoir paitre tranquillement. Puis il escalade un arbre pour prendre de la hauteur, et observe les alentours pour s'assurer qu'au loin aucun groupe de voyageur ne risque de le rejoindre dans les heures à venir. Alors seulement, il commence à chercher du bois et se prépare pour la nuit.

Son repas se compose de viande séché trouvée dans ses "nouvelles affaires", qu'il grignote au coin du feu en comptant ses yus, 1083 maintenant. Il les divisent ensuite entre plusieurs cachettes reparties entre les différentes sacs et sacoche, pour n'en garder finalement qu'une pogné dans sa bourse pour assuer les dépenses courantes. A l'aide d'une ficelle, d'un bout de cuir et de son kikoup, il bricole à sa ceinture un système pour pouvoir facilement attacher ses gants de combats, afin de pouvoir les porter sans devoir les garder sur ses mains ou les ranger dans un sac. Il prend enfin quelques minutes pour ajouter des attaches sur le système de sangle du grand dada, pour y suspendre son gourdin et sa mandoline.

Pendant qu'il continue a fouiller ses nouvelles affaire et les adapter à son usage, Maltar trouve un curieux petit carnet, qu'il s'empresse d'ouvrir. Toutes les pages en sont vierges, si ce n'est la première, ou apparaissent quelques yus remarquablement bien dessinés, à tel point qu'il en semble réels. Lorsqu'il commence à gratter le grain du papier pour sentir la texture de cette curieuse peinture, son doigt rentre dans la page, et rentre en contact avec le métal froid des piécettes. Étonné, il essaye de saisir les les saisir, se sont belle et bien de jolis petits yus qu'il sort du livre, puis qu'il peut ensuite reposer dans la fine épaisseur de la page blanche. De quelle étrange magie pouvait il s'agir? Rien à foutre. Maltar n'en a cure, mais trouve très pratique cet objet, qu'il range précieusement dans sa besace.

Son bordel rangé, il se retrouve finalement en tête à tête avec sa mandoline, qui semble avoir rougit depuis son départ. L'épisode de la taverne lui revient. Cet instant éphémère où, alors qu'il commençait à cracher des flammes bien malgré lui, il avait l'impression que cette mandoline avait viré cramoisi, presque incandescent. Tout cela n'est qu'un trouble de la mémoire? Ou une illusion?

Il saisit la mandoline pour l’examiner, bien décidé à en avoir le cœur net, et la cale sur son genou. La mandoline semble chaude sous sa main, alors que vu la température ambiante, le bois aurait dût être frais... Il l'observe sous tous les angles à la recherche d'autre chose de suspect, sans succès. Il approche ensuite maladroitement ses mains des cordes, et commence alors à les grattouiller sans conviction, juste pour voir ce qu'il se passe. Il n'avait jamais rien réussi en tirer d'audible jusqu’à maintenant. Et pourtant, mues comme par une force étrange, ses doigts commencent à se promener en rythme et en hargne sur l'instrument. Les cordes hurlent, mais pas comme l'aurait fait une mandoline classique. Les notes semblent faites de foudre et de feu,de tonnerre et de brasier. Sa main gauche monte et descend en rythme sur le manche tandis que des ongles de sa main droite il matraque les cordes en rythme. Une autre mandoline aurait vu toutes ses cordes lâcher une à une après pareil traitement. Celle-ci semble au contraire en redemander!
Dans un coin de sa tête, Maltar reste circonspect. Lui qui n'avait jamais joué d'un instrument, quelle est cette force étrange qui lui fait ainsi cracher ses notes dans la vallée? Il se laisse toutefois rapidement emporté par cette musique violente, fasciné par la violence qui se dégage son instrument sous forme de note, d'étincelles et de flammèches. Il y prend même un certains plaisir, assez pour rapidement ne plus faire attention au monde qui l'entoure, ce qui normalement ne lui arrive même pas pendant qu'il roupille.
Plus le temps passe, plus il joue vite, plus vite, plus fort, jusqu'à tomber d'épuisement, sans bien réaliser ce qui vient de lui arriver. A peine fait il attention au bruits affolés de sa monture.

Il ne sait pas ce qu'est cette mandoline, mais elle semble soit posséder, soit réveiller chez lui un certain pouvoir (peut étre un peu des deux). Elle semble aussi le rendre capable de produire des mélodies uniques, faites de cris et de bruits à nulles autre pareilles... Intéressant. Son palpitant s'emballe à nouveau. Il n'a qu'une hâte, recommencer. Mais épuisé il s'endort sans s'en rendre compte et sur cette pensée, sombre dans un sommeil sans rêve, sa mandoline lovée dans ses bras.

suite

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Dernière édition par Maltar le Dim 12 Mar 2017 23:57, édité 4 fois.

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 Sujet du message: Re: Route entre Kendra Kâr et Mertar
MessagePosté: Sam 6 Juin 2015 12:24 
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Dompter la monture !


La lutine propose et Yuimen dispose. Partir immédiatement, ne faisait vraiment pas partie de mes projets, cela me contrariait même. Je venais à peine de me faire à l’idée que je partirais le lendemain que la présence d’abominables insectes m’obligea à quitter Mertar sur-le-champ. J’étais loin d’Omyre, mais apparemment insuffisamment puisque les bestioles d’Aerq le fou m’avaient rejointe.
Comme un brigand en fuite, je sortis en courant par les grandes portes que les gardes avaient ouvertes à mon intention, mais aveuglée par la lumière du jour, je dus m’arrêter aussitôt. Les yeux plissés, je m’accordai quelques instants, le temps que mes iris se contractent et que mes pupilles rétrécissent.
Un arrêt de quelques secondes à peine, et je sentais déjà le sol grouiller sous mes pieds. Il s’agissait sans aucun doute de ces scarabées et des scolopendres, ou encore une autre monstruosité crée par le bouffon d’Oaxaca. Je pris donc mes jambes à mon cou espérant les distancer rapidement. A ma surprise, des sillons de terre me suivaient aisément et ne tarderaient pas à me rattraper. Pataud, quant à lui, me suivait tout en demeurant bien à l’abri des attaques des arthropodes puisqu’il empruntait la voie des airs.

(Si seulement je pouvais le monter !)

(Qu’est-ce qui t’en empêche ?)
Me questionna ma conscience
(Je ne l’ai jamais encore fait, et Pataud n’a jamais encore servi de monture)

(il y a une première fois à tout)

Une fois de plus ma Conscience n’avait pas tort, et puis je ne pouvais courir ainsi des journées entières quelques minutes tout au plus et je serais complètement épuisée. J’avisai donc une grosse roche quelques mètres plus loin et m’y rendis sans tarder. Une fois sur la pierre, je m’accordai un petit moment de répit et Pataud me rejoint aussitôt. Tout en reprenant mon souffle, je m’approchai de lui et lui flattai le plumage comme j’avais l’habitude de le faire. Il se pencha légèrement la tête comme pour me permettre de le caresser davantage. J’en profitai donc pour bien l’agripper de ma main droite et sauter agilement sur son dos. En moins de deux secondes, j’étais sur le dos de mon canard, prête à m’envoler.

(Plus facile que je l’aurais cru, il ne me reste plus qu’à trouver le moyen de lui faire comprendre de quitter le sol)
Je venais tout juste de formuler cette pensée que Pataud se retourna brusquement pour me piquer à grand coup de bec. Déstabilisée, je tombai sur la grosse roche plate.

« Aie ! »

Persévérante, je me levai aussitôt, et me rapprochait de Pataud. Je fis la même approche que la première fois et je bondis de nouveau sur lui. Cette fois, je m’approchai davantage de son cou, tentant d’éviter ses coups de bec. Cette fois, il émit quelques cris avant de partir à courir tout en sautillant. Mes bras tout autour de son cou, je tenais bon. Il courut encore quelques mètres avant de réussir à me désarçonner. Aussitôt au sol, je sautai sur son dos à nouveau, il courut encore, mais je parvins à demeurer en place près d’une minute cette fois avant de me retrouver au sol. Ce petit stratagème dura près d’une heure jusqu’à ce nous fûmes à bout de force. Une heure pendant laquelle nous n’avions guère avancé puisque Pataud courait dans tous les sens. Ces mouvements imprévisibles, aléatoires, avaient eu l’avantage de semer temporairement les bestioles souterraines. Fatiguée, mais toujours déterminée, je grimpai une énième fois sur le dos de Pataud. Il prit le pas de course quelques secondes, pour ralentir et se contenter de marcher. Épuisé lui aussi, il s’était apparemment habitué à porter une charge supplémentaire sur son dos. Je restai donc en place, tentant de le diriger en tirant sur ses plumes d’un côté et puis de l’autre. Bien que sa première réaction fut de me donner des coups de bec, il comprit vite la manœuvre et finir par obtempérer.

Lorsqu’une oie passa dans le ciel, il s’étira le cou, fit quelques pas rapides, ouvrit ses larges ailes, les battit, se qui me déséquilibra et me fit tomber sur le fessier. Il s’envola, fit quelques tours dans le ciel et vint de poser à mes côtés. Je montai sur son dos, sans qu’il ne s’y oppose. Il marcha encore quelques minutes avant de tenter de voler de nouveau. Cette fois, je me tins fermement avec les jambes et les bras. Il prit son envolée et je demeurai sur son dos.

La vue devait être splendide de cette hauteur, mais je ne la vis point puisque je tenais mes yeux fermés.

Après quelques minutes, je m’habituai au vent, à la hauteur, aux secousses. Je me décrispai progressivement et tentai même de jeter un petit coup d’œil en bas. Le paysage était à couper le souffle !

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 Sujet du message: Re: Route entre Kendra Kâr et Mertar
MessagePosté: Dim 7 Juin 2015 06:12 
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Balade à dos de canard


J’en étais à ma première expérience de vol et il en était presque de même pour Pataud. Certes, il avait déjà volé, mais jamais si longtemps, ni si haut et surtout jamais de telles distances. Cette fois, nous étions ensemble tous les deux dans les airs. Je n’avais pas à me lever la tête pour voir où il était. Couchée à plat ventre sur son dos, les pieds allongés, j’entourais fermement mes bras autour de son cou afin de ne pas perdre l’équilibre. Deux sentiments contraires m’habitaient; le bien-être et la sensation de liberté de voler et la peur que cette randonnée en haute altitude soit la dernière et se termine par un écrasement au sol.

La nuit était sur le point de tombée lorsque Pataud se posa au sol à l’orée d’une forêt. Je descendis de son dos, et je me dégourdis un peu les jambes. Il s’approcha de moi de sa démarche maladroite en cancanant et me donnant de légers coups de bec. Ils n'étaient pas assez puissants pour me causer des blessures, mais suffisamment insistants pour me faire comprendre qu’il avait faim. Tout en souriant, je lui caressai le dessus de la tête, et puis, je fouillai dans mon sac et lui offrit des grains de maïs. Pour ma part, j’avais comme priorité de me trouver un abri pour passer la nuit. En bordure de forêt il n’était pas difficile de trouver un arbre. J’en choisis donc un donc la disposition de l’une des grosses branches ferait en sorte qu’elle pourrait me servir de lit. Dans mon élément, je grimpai facilement ce gros feuillu dont l’essence m’était inconnue tout en humant le parfum que dégageait son écorce. Sur une haute branche de ce gros arbre qui avait les allures d’un chêne sans en être un, je m’installai confortablement, recouverte d’une petite couverture, mon sac me servant d’oreiller, tout en grignotant le petit pain que m’avait offert l’aubergiste le matin même. Tout aimable, la bonne naine n’avait pas seulement pensé à son ancêtre, elle m’avait également récompensée en m’offrant ce petit goûter. Je ne m’inquiétais pas pour Pataud, il se trouverait bien un endroit pour se nicher pour la nuit. Quant à moi, je tombais de sommeil et m’endormis aussitôt.

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 Sujet du message: Re: Route entre Kendra Kâr et Mertar
MessagePosté: Dim 7 Juin 2015 14:22 
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Et c'est reparti !



On dit que la nuit porte conseil ! Eh bien, ce matin-là, lorsque je me suis réveillée, j’avais ma petite idée bien en tête. Je ne savais pas si c’était ma Conscience qui me l’avait soufflé à mon oreille pendant mon sommeil, mais je la trouvais excellente et j’allais la mettre à exécution dès que j’aurais pris mon petit déjeuner. Celui-ci se composa, d’un morceau de pain et d’un tout petit bout de fromage qu’il me restait de la veille. Ainsi, sitôt ma petite portion avalée, je fouillai dans mon sac pour en sortir ma pelote de laine.
En tressant quelques brins ensemble, je renforçais la corde, il me la fallait solide puisque je voulais confectionner des rênes et un harnais. Toujours bien assise sur la haute branche de l’immense feuillu, je m’attelai à ma tâche, tressant à bon rythme et minutieusement. Moins d’une heure plus tard, j’avais terminé. La laine grise avait à présent une tout autre allure.

Je descendis prestement de l’arbre et retrouvai Pataud qui n’était pas très loin, les deux pattes dans une flaque d’eau, semblant chercher de petites créatures dans l’eau boueuse. Je m’approchai de lui et délicatement j’entrepris de lui installer ma confection, des rênes et un harnais. Avec précaution, je fixai les sangles du harnais autour de sa poitrine puis j’enroulai l’autre extrémité autour de ma taille. Les brides mises en place, je grimpai sur le dos de Pataud, prête à partir. Il se mit à trottiner, puis ouvrit ses ailes et s’éleva dans le ciel … dans la mauvaise direction. Je tirai délicatement sur les rênes et après quelques ratés, il comprit ou je voulais en venir et se dirigea enfin vers le sud, survolant l’immense forêt. En regardant, en bas, je poussai un immense soupir de soulagement, cette forêt me semblait bien hostile et regorgeait sans doute de gobelins ou des brigands de toute sorte.

Une journée de vol s’annonçait, mais cette fois, j’avais moins peur de passer par-dessus bord et je pus profiter davantage de la vue splendide qui s’offrait à moi.

***


En quelques heures, la forêt fut traversée sans incident, à ce rythme, nous serions à Kendra Kâr avant la tombée de la nuit. Mais Pataud semblait en avoir décidé autrement, puisqu’il se mit à entreprendre une descente. En effet, juste en dessous de nous se dessinait un lac d’eau claire de dimensions appréciable. Il n’y avait pas de doute, la présence de ce lac était la cause de notre future pause, le canard voulant sûrement se rafraîchir. Je tirai sur les rênes afin qu’il conserve son altitude, mais il n’y avait pas moyen de le faire dévier de la nouvelle trajectoire qu’il venait d’adopter.

Ma monture atterrit en douceur, malgré sa maigre expérience, sur les eaux du lac. Il nagea un peu en surface puis se rendit sur la berge, j’en profitai alors pour descendre et le laisser plonger la tête dans l’eau afin d’attraper de petits poissons ou autres créatures lacustres.

Une fois qu’il fut bien repu, il me rejoint sur la rive. J’attendis que ses plumes soient sèches, puis je le montai de nouveau. Cette fois, il obéit à mes petits coups de rênes et prit son envol sans tarder.

Nous volâmes ainsi le reste de la journée, longeant un cours d’eau qui me semblait un fleuve, vu de là-haut. Nous atterrîmes dans les hautes herbes, tout près du fleuve. Je tentai du mieux que je pus de me faire un petit coin pour dormir en foulant un peu la verdure. Je me couchai et m’assoupis de nouveau.

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 Sujet du message: Re: Route entre Kendra Kâr et Mertar
MessagePosté: Dim 7 Juin 2015 19:56 
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Enfin Kendra Kâr !


Ce fut le matin très tôt et par le chant des oiseaux que je me réveillai. Après m’être étirée, je me levai et me dirigeai vers le cours d’eau. Pataud y était déjà. Je m’accroupis près de la rive, mis mes mains en coupe afin d’y recueillir un peu d’eau afin de m’en asperger le visage. Le ventre vide, je fouillai dans mon sac à la recherche d’un peu de nourriture afin de me sustenter. Il ne me restait plus une miette de pain, je l’avais partagé la veille avec mon canard adoré. Je dus me contenter d’une dernière part de viande séchée et d’un peu d’eau de ma gourde.

Suite à quoi, j’installer bride et harnais sur Pataud avant de repartir pour Kendra Kâr.
Quelques petites heures suffirent pour arriver à destination. J’adorais cette sensation de liberté, mais je préférais tout de même la terre ferme, je m’y sentais plus en sécurité. Ce fut donc avec soulagement que j’aperçus les grandes portes de la cité.

--> Kendra Kâr

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 Sujet du message: Re: Route entre Kendra Kâr et Mertar
MessagePosté: Ven 26 Juin 2015 21:45 
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<-- La fuite

La caravane (Jour 1)

Mertar s’éloigne. Une profonde tristesse s’empare de moi. Je réalise alors que j’ai perdu tout ce que j’avais. Mon père, mineur, qui a passé sa vie dans les mines pour acheter de la nourriture et de quoi vivre. Ma mère qui errait chaque jour dans la maison, à la recherche d’un mets encore comestible. Ma petite sœur, encore un bébé qui se souviendra de sa soeur comme d’une déserteuse car telle sera certainement ma réputation en Mertar. Et bien sûr Narvilin qui vient de me sauver la vie. Aujourd’hui, il ne me reste qu’une épée et un bouclier volés. De guerrier prometteur à voleuse de bas étage, voilà ce que j’y ai gagné. Je ne sais même pas où je vais.

La caravane entame une descente qui lui fait prendre un peu de vitesse. Les coffres glissent et suivent le mouvement. Les sabots des chevaux frappent violemment le sol, tentant certainement de ralentir la roulotte afin de ne pas être entraînés par son poids.

Je me refuse d’abord de jeter un œil à la marchandise. Mais de toute manière, tout mon équipement est volé donc qu’est-ce que j’ai à y perdre ? Je remarque un défaut au niveau de la serrure sur l’un des coffres. A l’ouverture, je ne suis pas surprise de voir des minerais en abondance. Je reconnais l’or et le fer mais il y a aussi d’autres minerais. Il me semble que Père disait que l’or valait plus que le fer, mais le fer pourrait mettre utile à l’avenir.

Ce coffre est une opportunité en or. Les mains tremblantes, je saisis plusieurs minerais que j’enfouis dans ma poche. Soudain, des cris sauvages semblent jaillir de tous les côtés de la caravane. Pas de courses, bruits métalliques. Des bandits. Je reste paralysée. La caravane accélère brusquement l’allure, me projetant contre les coffres. Un cheval hennit de douleur et s’écroule. Ce déséquilibre fait basculer violemment la charrette sur le côté et moi avec. Tombant sur le dos, le bouclier amorti ma chute mais me laisse une vive douleur lombaire. J’entends des cris de rage et de douleurs qui se mêlent aux fracas des épées. Je me précipite vers l’arrière de la caravane pour sortir. Je repère au niveau du marchand quatre bandits dont trois armés d’une simple épée et le dernier d’un arc. L’humain sait manier l’épée mais devant leur nombre, il ne tiendra pas longtemps. Sortant mon épée et mon bouclier, je décide de me mêler à la bataille. Chargeant l’archer, je pointe mon épée en sa direction. L’archer me voit venir et esquive mon attaque. Il sort une dague de sa cape et alors que je lui tourne encore le dos, me poignarde les côtes. Sous la douleur, je me mets en position défensive. L’archer, confiant après cette attaque, donne un violent coup que je pare sans problème avec mon bouclier. Le choc le déstabilise. Je profite de cette faiblesse pour lui asséner un coup d’épée qui lui entaille méchamment le buste. Accompagné d’un cri de douleur, il se laisse tomber à terre. Un des bandits s’élance au secours de son compagnon. J’ai à peine le temps de lever mon bouclier que son épée frappe brutalement le métal. Surprise par la rapidité et la force du coup, je perds mon équilibre et me retrouve à terre. Avant qu’il n’ait le temps de brandir à nouveau son épée, je lui entaille la jambe. La douleur l’arrête dans son mouvement, me laissant le temps de me relever.

Nous sommes désormais face à face. Le bandit au sol continue de gémir de douleur, le sang continuant de couler sur son torse. Il ne lui reste plus beaucoup de temps à vivre. Le bandit en face de moi semble hésiter, jetant des regards inquiets à l’homme mourant. Dans un soupir, il jette l’épée à terre et s’agenouille auprès de l’agonisant. Je décide de leur laisser la vie sauve. Récupérant l’épée au passage que j’accroche dans mon dos, je me précipite tant bien que mal vers le marchand qui semble en difficulté. Alors qu’il abat l’un des assaillants, le second lui porte un coup à la jambe, le faisant tomber à terre. Ce dernier bandit me tourne le dos, alors, sans hésiter je le pourfends de mon épée.

Le voyou lâche son arme et porte ses mains vers la lame qui le traverse. Il ne semble pas comprendre ce qui lui arrive. Prise de culpabilité, je retire la lame mais cela ne changera rien à son triste sort. Le bandit s’écroule, sans vie, à mes pieds. Je reste figée devant ce drame. Je viens de tuer quelqu’un.

- « C’est la première fois, n’est-ce pas ? » questionne le marchand qui n’a pas perdu de temps pour se faire un bandage.

Je ne réponds pas. Je me contente de l’observer. L’homme n’est pas bien grand pour un humain, probablement dans les 170 centimètres. Les cheveux bruns sur son crâne pourraient faire penser à un jeune homme mais les rides sur son visage trahissent un âge déjà avancé.

- « La première fois, quand on tue quelqu’un, même pour se défendre, on se sent coupable. Coupable d’avoir retiré une vie. »

Il finit son bandage, et se tourne vers moi pour plonger son regard dans le mien. Il possède des yeux bicolores, l’un d’un bleu profond et le second vert sombre. Dans certaines régions, on considère cette marque comme deux esprits dans un seul corps.

- « Mais si tu réfléchis bien, tu as pris une vie pour en sauver une autre. D’ailleurs, pourquoi n’as-tu pas fui ? Pourquoi m’avoir apporté ton aide ? »

Etait-il au courant que j’étais dans sa caravane ? Je sens le poids des pierres dans mes poches et je me sens encore plus mal.

- « Vous m’avez sauvé la vie il y a peu. »

Le marchand laisse échapper un rire.

- « En réalité, je ne savais même pas que tu étais monté dans ma caravane. Ce n’est que lorsque je t’ai vu charger le bandit, que j’ai compris. »

L’homme se rapproche d’un de ces chevaux, et constate l’objet de sa mort : une flèche pointée dans le cœur. Se parlant à soi-même, il fait l’inventaire dans sa tête de ce qu’il doit faire.

- « Avec ma blessure et un seul cheval, je ne peux tirer la caravane jusqu’à Kendra Kâr. Le voyage est long. Il va falloir que je fasse demi-tour. Peut-être qu’à Mertar je trouverais de nouveaux chevaux. »

Je m’agenouille. Le corps du bandit avait déjà refroidi.

- « Tu devrais fouiller leur cadavre. Tu trouveras certainement des pièces, des armes et peut-être de la nourriture. »

J’exécute ses recommandations. Voler à un voleur n’est pas vraiment du vol. Je remarque alors que les deux bandits à qui j’ai laissé la vie sauve sont partis. Après avoir récupéré les affaires des deux bandits, je me rapproche de la caravane. J’aide tant bien que mal le marchand à remettre la caravane debout.

- « Si tu veux bien m’aider, je vais tenter de cacher la caravane derrière ces buissons. Nous pourrons profiter de la vitesse et le cheval fera le reste. »

Je hoche de la tête. De toute manière, je ne savais pas quoi faire d’autre pour le moment.

Quelques heures après, nous avons enfin réussi à cacher la roulotte derrière les buissons. Celle-ci est calée par de grosses pierres qui l’empêcheront de rouler. Une fois cela fini, l’humain revient me voir.

- « J’ai une proposition à te faire. Il faut que je retourne à Mertar pour acheter des chevaux. Je ne mettrais pas longtemps. Je serais de retour avant le lever du soleil. Cependant, je ne pense pas que ces bandits étaient seuls. D’autres viendront surement, et je ne peux pas me permettre de laisser ma caravane sans surveillance, tu comprends ? Du coup, voici ma proposition : tu protèges ma caravane pendant quelques heures, le temps que je revienne et de mon côté, j’achète un cheval à un marchand, et j’irais à l’écurie de Robur. Le bouc sera pour toi afin de compenser cette perte de temps et te remercier. »

L’offre était des plus intéressantes. J’acquiesce de la tête. L’humain détache donc le cheval de sa caravane, et l’enfourche.

- « Et fais-moi plaisir. Soigne cette blessure, me demande-t-il en désignant sur lui, la zone où je mettais fait poignarder. A bientôt ! »

Je profite de la faible lueur de la nuit pour rechercher autour du campement des buissons particuliers, de couleurs jaunes et violettes. En effet, il s’agit de Curchran dont ces fleurs, une fois écrasées et réduites en bouillis, soignent les plaies causées par des armes. Elles sont très recherchées car elles ne poussent qu’en altitude. Je repère un buisson correspondant à la description à quelques centaines de mètres. Observant attentivement les environs, je décrète que le danger actuel est celui de me vider de mon sang. Je pars donc à la recherche de ces fleurs.

En marchant vers ce buisson, je ne peux m’empêcher de penser à ces bandits. Il avait certainement une famille, quelqu’un qui l’attendait. Peut-être même qu’il attaquait pour pouvoir vivre. Après tout, ce marchand semblait être vraiment riche... Je secoue la tête afin de chasser ces pensées. Je cueille quelques fleurs, de quoi faire deux mélanges et je retourne au niveau du campement. A mon retour, rien ne semble avoir changé. Je prépare un mélange que j’applique directement sur ma plaie. Je conserve avec soin les fleurs que je n’ai pas utilisé.

La nuit commence à être profonde. Je réunis quelques morceaux de bois et des pierres pour réaliser un feu de camp. A l’aide d’un bout de toile qui s’est déchiré lors de l’attaque, j’essuie mon épée et les armes que j’ai récupérés.


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Dernière édition par Dwaleka le Dim 28 Juin 2015 12:53, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Route entre Kendra Kâr et Mertar
MessagePosté: Dim 28 Juin 2015 12:52 
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<-- La caravane (Jour 1)

La caravane (Jour 2)
Je me réveille. Je ne me souviens pas mettre endormie. Comme une vague qui s’abat sur moi, la panique me submerge, mon esprit est embrouillé, incapable de réfléchir. Je me relève d’un bond et dégaine mes armes.

(On m’a forcément endormie. Quelqu’un est ici, caché. Peut-être sont-ils plusieurs ? Oui, c’est ça, les bandits que j’ai laissé en vie tout à l’heure sont revenus. Ils m’épient certainement, prêts à m’attaquer.)

Le feu allume encore faiblement les environs, j’aperçois beaucoup de mouvements autour de moi. Les feuilles des buissons bougent. Quelqu’un est caché dedans, c’est certain. Je me concentre sur un point. Soudain j’entends du bruit derrière moi, mais je n’ai à peine le temps de réagir qu’une lame me transperce le ventre. Je lâche mes armes et regarde mon ventre, portant mes mains autour de la lame. Mais il n’y a rien, pas de lame, pas de nouvelles blessures. Je remarque alors ma plaie qui commence déjà à se refermer. Ce que je vois, ce que j’entends ne sont en fait que des hallucinations, un effet secondaire du remède. C’est certainement cette même pommade qui m’a endormie.

J’observe autour de moi, la tête éclaircie. Les buissons bougent, oui, mais tous dans le même sens. Le vent s’est levé. Je range mes armes dans mon dos, et je vais jeter un œil à la marchandise. Tout semble être là. Je retourne auprès du camp, où le feu brûle toujours.

(Quelle idée j’ai eu de l’allumer. Pour indiquer ma position à tout le monde ? Wouhou regardez ma belle marchandise !)

D’un revers du pied, je jette de la terre sur le feu, mais cela n’apaise pas mon énervement. Je regarde le ciel, dégagé il annonce d’ici une heure le lever du soleil. Le marchand n’est toujours pas revenu, et heureusement. S’il m’avait vu endormie, ma récompense aurait filé sous mon nez ! J’imagine le bouc, grand et puissant avec ses cornes, à la recherche d’aventure comme moi. Cette pensée me laisse un sourire. Ma famille, bien trop pauvre n’en a jamais eu, et à vrai dire, n’en a jamais eu besoin. Je prends place à l’arrière de la caravane.

Le soleil est bientôt aux zéniths et le marchand n’est toujours pas arrivé. Le soleil tapait fort alors je me suis caché dans la caravane. Mon ventre gargouille, je n’ai rien mangé depuis ma fuite. J’aurai dû tenter de chasser mais avec cette blessure ce n’était même pas la peine d’y penser.

Soudain j’entends des bruits de sabots. Impatiente, je commence à me lever pour sortir de la caravane, lorsque j’entends des voix je m’arrête. Le marchand m’a-t-il trahi ? D’un ton fort et audible, je reconnais la voix du marchand :

- « Voici ma caravane. Vous voyez bien qu’il n’y a personne ! Je n’ai pas vu votre fugitif bon sang. Allez-vous me laisser reprendre la route maintenant ? »

Un silence s’installe. Je me déplace lentement vers l’arrière de la caravane dans l’espoir de me cacher derrière des coffres.

- « Et vous avez laissé votre caravane sans surveillance alors que vous vous êtes fait attaquer par des brigands ? »

Cette voix me pétrifie. C’est celle de mon père. Il est à ma recherche, il s’inquiète certainement. Je suis indécise, il n’est certainement pas seul. Un garde est forcément avec lui, sinon, comment aurait-il su que c’était cette caravane où je mettais réfugié ? Je décale lentement les coffres afin de me cacher derrière.

- « Vous comprenez, on ne peut pas laisser une fugitive en liberté, continue mon père avant de rajouter, d’une voix énervée, d’autant plus qu’elle est armée. »

- « Ecoutez, je n’ai pas plus de temps à perdre. J’ai déjà une demi-journée de retard. Je suis désolé pour votre fugitif, mais je ne l’ai pas vu. »

- « Pourquoi emmenez-vous un bouc avec vous alors ? »

- « Je vous l’ai déjà dis, soupir le marchand, c’est bientôt l’anniversaire d’un ami nain à Kendra Kâr et je souhaiterais lui offrir ce bouc. Les boucs sont de meilleures moutures à Mertar qu’à Kendra Kâr. »

Des pas se rapprochent de la caravane, et quelqu’un tire sur la toile afin de voir à l’intérieur.

- « Narvilin, va voir à l’intérieur. Je veux retrouver ma fille, elle a déshonoré notre famille en ne répondant pas à ses actes. »

(C’est Narvilin qui l’a prévenu... C’est pour ça que mon père savait très bien dans quelle caravane je suis allée. Quel traître.)

Narvilin monte dans la caravane et inspecte les moindres recoins. Arrivée à ma hauteur, il me lance un regard triste, plein de remords. Puis il fait demi-tour et déclare d’une voix posée :

- « Il n’y a rien ici. Elle a certainement profité de l’attaque des bandits pour se faufiler. »

Narvilin ralentit légèrement le pas et murmure :

- « J’espère pouvoir la revoir un jour. Peut-être que si elle devient un héros pour Mertar, toutes les charges contre elle seront oubliées et elle pourra revenir vivre avec nous. Où que tu sois, bonne chance Dwaleka. »

La caravane bouge lorsque le nain saute à l’extérieur. Ces mots sont comme un poignard qu’on retourne dans mon coeur. Je venais seulement de l’insulter de traître et il vient une nouvelle fois de me sauver la vie.

(Je reviendrai Narvi, je reviendrai. Sois-en sûr. Un nain ne se laisse pas salir sa réputation aussi facilement !)

Les deux nains s’en vont. J’attends un peu avant de sortir de la caravane. L’humain semble surpris de me voir.

- « Je pensais vraiment que tu étais partie. » m’avoue-t-il

- « Je m’étais simplement abrité de la chaleur. Merci pour tout. »

Le marchand me regarde et esquisse un sourire.

- « Ce bouc est pour toi, me dit-il. Au fait, je m’appelle Jidal et toi c’est Dwaleka si j’ai bien compris ? »

- « C’est exact. Le nain le plus âgé était mon père. »

- « Ton père ? répéta-t-il, surpris. Mais, il voulait que tu sois enfermée... »

Je hausse les épaules. Je n’avais pas envie d’y penser. Je me rapproche du bouc attaché à un arbre. Il n’est pas comme je l’avais imaginé.

Plutôt jeune, le bouc semblait coupé en deux. A l’avant, il était essentiellement noir avec quelques zones plus roussies. A l’arrière, à partir de ces membres supérieurs, le bouc était majoritairement blanc parsemé de tâches marron. Ces longs poils et sa barbichette le rendaient vraiment agréable à voir, mais il semblait plus gentil que terrifiant.

Image

- « J’ai pris le plus jeune. Ainsi, il pourra t’accompagner longtemps dans ta quête. »

- « Merci pour votre aide, Jidal. »

En souvenir de son aide, je décide de nommer le bouquetin Jidal. Cette pensée me fait sourire. Ma formation à Mertar m’a appris à les monter. Je m’approche de l’animal qui est bien trop occupé à manger de l’herbe. D’une main prudente, je caresse son encolure. L’animal ne réagit pas, alors je monte sur son dos. Jidal le Bouc se relève, prêt à partir à l’exploration.

- « Eh bien, ça aura été rapide ! s’exclame impressionné Jidal qui prépare ces chevaux au voyage. Si tu continues ton voyage en direction de Kendra Kâr, je serais ravi de me joindre à ton voyage.

- Ce sera un plaisir partagé. »

Une fois les chevaux attelés à la caravane, nous prîmes la route.

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 Sujet du message: Re: Route entre Kendra Kâr et Mertar
MessagePosté: Ven 24 Juil 2015 19:21 
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Maltar se réveille à l'aube, fourbu. Un mince filet de fumée blanche s'échappe encore des ultimes braises de son feu. Il se dépêche de les raviver en repensant à la nuit de la veille, son organisme boosté par l'adrénaline de l’excitation après quelques gestes pataud.
C'était trop cool! Dans son univers de grincheux, où seul survie et pragmatisme * occupaient jusque là une place, cette soudaine nouveauté venait de lui faire passer une fin de soirée complétement inutile. Pourtant... C'était géniale! Les instants magiques de ce déferlement de bruit sont gravé dans ses oreilles. Ses doigts le démangent, et il lui tarde de recommencer.
Une petite part de lui même garde malgré tout une certaine retenue quant à ces évènements. Avec ces conneries, il s'était endormie comme un aviné, oubliant toute règle de prudence. N'importe quoi aurait pu lui arriver. Il pourrait être mort à l'heure qu'il est!
Mais c'était quand même trop cool! Et les perspectives lui semblent immenses.

Après avoir grignoté un morceau de viande séché et un bout de pain, il plie bagage et repart avec son canasson pour une journée de marche. Il joue à nouveau le soir suivant, et tous les autres soir de son voyage jusqu'à Kendrakar. Mais dés lors, c'est toujours depuis l'abri du haut d'un arbre qu'il laisse libre cours à sa "musique".

Dans les villages des alentours on parle encore parfois, au coin du feu, de ces bruits étranges et terrifiants, ces coups de tonnerre sans orage qui détonnèrent en ces nuits d'été. On parle aussi de la soudaine migration des animaux sauvages qui, face à ce qu'ils perçoivent comme une menace de mort, fuient alors les abords de la route reliant Kendrakar à Mertar et n'y revinrent pas avant de longues semaines. Certains racontent même que les poules firent des œufs sans jaunes, que les carottes se mirent à pousser rouge écarlate et que les brebis en perdirent le sommeil. La légende du goblardent était en marche.

Quant à Grand Dada, Maltar pris bien soin chaque soir de lui bourrer les oreilles de persil: cela le préserverai des bruits et le jour venu, cela donnera meilleur gout à ses oreilles.
Le bestiau s'en porta très bien.


*et une humeur profondément massacrante prétendent certains.


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Dernière édition par Maltar le Lun 26 Déc 2016 01:03, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Route entre Kendra Kâr et Mertar
MessagePosté: Sam 15 Aoû 2015 07:09 
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« La première nuit dans le col, c’est la plus difficile mon garçon », glissa Lokri alors que la caravane avançait et qu’il relevait Godril de son tour de garde.

Il faisait nuit noir autour de la colonne de marchands, un fort vent soufflait depuis le haut des monts enneigés, Godril se sentait si seul quand il regardait autour de lui. Du blanc balayé par le blizzard à perte de vue, sans aucune lumière alentoure. Ses prévisions quant à la durée du voyage et sur son stock de nourriture semblaient compromises, en effet ils étaient dans cette neige, sans repères, depuis quelques heures déjà. Ils pouvaient tourner en rond depuis le début de la nuit sans s’en rendre compte et cela perturbait Godril. Alors qu’il était censé dormir, il rejoignit Lokri pendant son tour de garde aux côtés du conducteur de la caravane :

« Hé Lokri, t’es là ? »

« Qu’y-a-t’il camarade ? »

« J’ai l’impression qu’on tourne en rond dans ce désert glacé, ça doit faire deux heures qu’on est là »

« Non, ça fait moins d’une heure, il faut que tu fasses confiance au vieux camarade que je suis, jeune camarade. »

« Ouais je sais mais excuse-nous si on passe pas notre vie dans un col paumé complètement nul… », railla amicalement Godril.

« Ton humour me déborde déjà camarade nain héhéhé ! », plaisanta Lokri en tapant son dos.

« Rhaaaa ! T’aurais pas pu taper aill…Attend attend, c’est quoi ce caillou qui bouge là-bas ? »

« C’est pas un caillou ça camarade ! TOUT LE MONDE DEBOUT, ON A UN OURS QUI VEUT S’INVITER ! », cria le grand nain.

Une panique généralisée s’en suivit, les trois autres Thorkins se mirent sur le pied de guerre immédiatement alors que les marchands commençaient à émerger. L’ours n’était qu’à une trentaine de mètres du convoi quand les cinq braves guerriers sautèrent de ce dernier, une torche à la main sur les conseils de Lokri.

Les cinq personnages approchèrent de l’énorme bête qui se confondait presque avec la neige. On entendait le sifflement du vent, les grognements de l’ours et les cris étouffés de Lorki qui guidait ses hommes :

« ENCERCLEZ-LE, APPROCHEZ VOTRE TORCHE DE LUI ET RESSERREZ LE CERCLE ! »

La caravane s’était stoppé et les marchands calmaient les chevaux terrifiés pendant que les guerriers Thorkins appliquaient les consignes de leur aîné. L’animal massif, se sentant en grand danger, tenta une attaque sur la cible la plus proche, Lokri :

Il esquiva habilement la lente patte de l’ours et brûla cette dernière. Cette terrible douleur fit enrager l’ours alors que son agresseur tentait de porter un coup de hache à son bassin. La blessure macula la neige blanche du sang rouge de l’ours, son poil tacheté ne trahissait cependant pas une attaque mortelle ou handicapante.

Furieux, l’ours changea de direction et se rabattit sur un des protecteurs du convoi dont Godril ne connaissait pas le nom. Surpris, ce dernier pris la gifle monumentale de l’ours dans les côtes et s’effondra à terre. Porté par un sentiment héroïque dont il n’avait jamais eu connaissance auparavant, Godril se jeta sur le dos de l’ours, torche ardente à la main, et il infligea une sévère brûlure à l’ours qui hurla de douleur. Ce hurlement bestial renforça l’inquiétude croissante des montures, puis l’animal blessé griffa son adversaire à la tête, Godril fit un vol plané et se releva sonné deux mètres plus loin. Ces quelques instants d’égarement lui fit perdre de précieuses secondes qui lui aurait permis d'aider ses compagnons.

Pendant ce temps le combat faisait rage entre les trois combattants encore debout et l’animal. Portés par un Lokri courageux, ils paraient et contre-attaquaient la bête. Celle-ci fut alors touchée à la patte arrière droite par une lame chanceuse. Terrassé par la douleur et la perte de sa jambe, l’animal s’écrasa à terre et le sol vibra si fort que la neige se souleva un instant avant de retomber au sol. L’ours était fortement blessé et perdait beaucoup de sang mais malgré cela et les nombreuses mutilations infligées par ses ennemis, il continuait de frapper avec acharnement. Un autre des compagnons de Godril prit un coup sévère à la tempe alors qu’il tentait d’asséner un coup d’estoc dans l’estomac de la créature.

Godril revint à temps pour donner un grand coup de hache dans le dos du monstre, il trancha ce qui semblait être une artère au vu du geyser de sang jaillissant de la plaie béante. Dans un dernier élan de bestialité, l’ours blanc tâché de sang emporta sa patte dans sa chute sur le petit Thorkin, l’énorme membre bloqua Godril alors qu’il sentait son esprit vaciller. C’est à ce moment que deux de ses compagnons d’aventure aidés de un marchand vinrent soulever la patte et libérer le petit être de l’emprise de ce monstre géant.

« Aaah…Lokri, je crois qu’il m’a pété une côte ! Ah bordel….aaaaah »

« T’inquiètes pas jeune camarade, tu va t’en tirer. Vous autres allez aider les deux blessés, je ramène ce camarade ! »

Les quelques Hommes et Thorkins s’activèrent, ils remontèrent les trois blessés dans les roulottes et commencèrent à panser sommairement les plaies de chacun alors qu'un détail troublait Godril:

« Pourquoi vous vous occupez pas de lui là, il pisse le sang sévère les gars ! Argh, appuie pas là toi !»

Un vide aussi blanc que la neige qui tombait s’installa alors, personne ne trahissait le silence jusqu’à ce que Godril reprenne la parole :

« C’est bon j’ai eu mal, je voulais pas m’énerver, désolé Lokri… »

« C’est pas ça camarade, c’est que le camarade qui saigne…nous as quittés, l’ours a brisé son crâne, c’est une mort violente pour un si fier camarade », lâcha Lokri, une larme à l’œil.

Alors les tours de garde reprirent silencieusement et Godril s’endormit de fatigue, surveillé constamment par l’œil averti du vieux Lokri.

Vers route entre Kendra-Kâr et Mertar

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Dernière édition par 371 le Dim 16 Aoû 2015 23:31, édité 3 fois.

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 Sujet du message: Re: Route entre Kendra Kâr et Mertar
MessagePosté: Sam 15 Aoû 2015 23:56 
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Godril ouvrit ses yeux et s’adossa à une caisse dans le chariot, il fut prit d'une soudaine nausée alors que ses yeux bleus s’entrouvraient. La route semblait être rudimentaire, en effet les vibrations fortes et constantes faisaient trembloter divers objets de petite taille. Lokri apparut alors au travers des plis de la bâche qui protégeait la carriole des éléments extérieurs :

« Te voilà enfin réveillé jeune camarade, nous allons faire une pause pour manger un bout. »

Lokri portait un bandage autour de la tempe qui couvrait ses sourcils et un de ses yeux gris métal. Il avait noué ses tresses grises à la manière d’une queue de cheval et n’était vêtu que de simples vêtements en cuir et d’un long haut en tissu vert qui tombait jusqu’à ses genoux, lui donnant un air amusant. Il manqua de s’empêtrer les pieds dans cet accoutrement presque ridicule avant de sauter de la carriole pendant qu’elle s’arrêtait. Sa tête réapparue un instant au dessus du bord du chariot, il tentait de regrimper :

« Arf…je t’ai laissé une canne camarade, sers t’en pour me rejoindre. »

A peine sa phrase terminée, il lâcha sa prise et tomba sur les fesses puis, en marmonnant dans sa barbe, se dirigea vers une clairière au bord du petit sentier qui descendait ces larges collines et commença à préparer un feu.

Godril cherchait la canne déposée par son aîné, son regard balaya alors son environnement et tomba finalement sur un bâton de bois épais et long dépassant d’une caisse entrouverte. Prenant appui sur la caisse en bois, il se mit sur les genoux et plongea la main dedans, il sentit le bâton mais également une surface lisse presque parfaite, un miroir. Se demandant à quoi ressemblait son corps après l’affrontement du soir précédent, il se saisit de l’objet, retira le haut de sa tenue et inspecta son visage puis son buste : L’œil droit portait une marque violette et il était presque fermé, de légères griffures parcouraient son front bosselé, traversaient un de ses sourcils blonds et terminaient en dessous de son œil blessé. Son buste était pansé au niveau des côtes, il défit délicatement son bandage et s’employa à frôler son corps, il sentait comme une déformation dans la partie gauche du torse, et une douleur lui arracha une grimace quand il appuya un peu à cet endroit.

Son examen minutieux terminé, il se revêtit et, prenant appui sur cette branche taillée marron clair d’environ un mètre de long, il réussit avec difficulté à se lever, à soulever la bâche et à s’asseoir sur le bord du véhicule. La petite troupe composée des marchands et des trois Thorkins s’était installée dans la clairière située à la lisière du sentier terreux, formant comme un demi cercle dans la végétation bordant la route. La grande forêt était surplombée à l’horizon par d’immenses montagnes enneigées perçant les nuages gris qui couvraient le ciel visible. Les arbres étaient assez robuste et devaient mesurer dans les quinze mètres de hauteur, laissant bouche bée le petit mais non moins épais Thorkin. Le tronc des arbres était de couleur sombre, comme les feuilles que leurs nombreuses ramifications portaient.

Godril prit une quarantaine de seconde pour descendre de la carriole en s’appuyant avec sa main droite sur le bâton tandis que sa main gauche restait accroché à son perchoir situé à environ un mètre vingt de haut. Il lâcha cette main et retomba, le plus doucement possible, sur la terre. Il avança jusqu’aux autres membres de la colonnes, tous assis en cercle autour du feu. Il n’avait jamais porté une attention particulière à ses compagnons, à l’exception de Lokri, mais le fait de ne pas savoir le nom d’un homme qui était mort à ses côtés le taraudait. Alors qu’il s’approchait de ce campement primaire, il prit la parole :

« Salut à tous, mais surtout ceux qui ont donné de leur personne hier soir héhéhéhé. »

« Cette manie de couvrir vos peurs par de l’ironie vous mènera à votre perte camarade !», s’esclaffa Lokri.

« Faut bien faire tomber la tension, et puis on a pas eu le temps de se présenter sauf bien sur notre héros Lokri ! Moi c’est Godril, de Mertar, jeune Maître Nain et champion national du coupage de langue, héhéhéhé. »

S’en suivirent de longues minutes ou les douze personnages se présentèrent à Godril, tous étaient des habitués du chemin et formaient une équipe soudée. La perte de leur compagnon et ami Grostoki le jour précédent avait mis un coup au moral de la troupe mais les nombreuses blagues plus ou moins douteuses du Thorkin avaient réussi à calmer les tensions.

C’est dans cet esprit qu’eût lieu l’enterrement de Grostoki, l’ex-second de Lorki avait pour dernière volonté d’être enterré sur la route qu’il avait fréquenté pendant dix longues années de sa vie. Ce n’était pas un homme simple mais il savait rester humble disaient ses amis. C’est ainsi que finit le brave homme, ou plutôt le brave Thorkin, surnommé « Belle Barbe ». Il serait enterré comme il avait vécu, humblement et avec respect.

Alors qu’il commençait à pleuvoir, les treize compagnons d’aventure mirent en terre le mort simplement, dans un trou d’environ deux mètres de hauteur et un de large pour deux de long. Ils déposèrent ensuite sur l’herbe retournée une croix de bois simple qui mentionnait : « Ci-gît Grotoski « Belle Barbe » Hergersson, que son âme repose en paix. ». Au moment où Lokri frappa la croix pour l’enterrer dans le sol, un éclair illumina le ciel et la pluie se fit drue et battante. Le montagnes soufflèrent un vent froid qui caressa la cime des arbres, faisant légèrement plier ces derniers dans un sens puis dans l’autre, à la manière d’une légère gracieuse danse, comme pour saluer la fin d’une vie.

Dans un silence respectueux, brisé par le souffle du vent et le bruit des gouttes qui tombaient sans répit sur le sol et les feuilles, la compagnie reprit la route deux heures après leur arrêt. Cette courte pause avait calmé les esprits et la colonne marchande repartait déterminée et libérée.

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 Sujet du message: Re: Route entre Kendra Kâr et Mertar
MessagePosté: Dim 16 Aoû 2015 18:05 
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Depuis la route entre Kendra-Kâr et Mertar

« Réveille toi camarade, nous serons au lac dans une heure. », murmura Lokri alors qu’il faisait encore nuit noire.

« Pourquoi tu me fait lever, il fait même pas jour ! », lui répondit silencieusement Godril.

« Je te l’ai déjà dit, fait… », il fut coupé par Godril :

« …Confiance au vieux camarade, je sais. »

« Alors fait silence jeune camarade »

Les deux compères prirent un petit-déjeuner à la lueur d’une torche puis s’habillèrent et sortirent rejoindre le conducteur de la caravane. Après avoir brièvement salué ce dernier et échangé quelques banalités concernant la nuit et le voyage, Lokri guida Godril à l’arrière de la caravane en lui dit :

« Assieds-toi avec moi et regarde la où je pointe mon doigt, dans quelques minutes tu contempleras la beauté de la nature, ce pourquoi je fait ce trajet depuis vingt-cinq années. »

« Arrêtes, tu sais bien que conneries ça prend pas avec moi », s’amusa Godril.

Les minutes passèrent sans qu’aucun mot ne soit prononcé, sûrement à cause du récent réveil d’un Thorkin « pas du matin » comme on disait chez lui. L’attente se faisait longue quand tout à coup, les premiers rayons de soleils percèrent au dessus des montagnes. Une lumière rouge vif émanait des majestueux monts comme un halo divin, l’ombre des montagnes et collines préservait leurs pentes et la lumière vint réchauffer les deux comparses. Le soleil couleur sang révélait la rosée et les neiges et l’ensemble du paysage s’illumina alors tel des milliers de miroirs frappés par la lumière rouge. Ces perles rouges ne durèrent qu’un instant éphémère car en à peine quelques secondes le paysage retrouva un semblant de banalité, la lumière rouge était presque classique mais le lever du soleil donnait une belle vue sur le lac qu’ils allaient atteindre.

En effet, à un kilomètre ou deux en contrebas, on apercevait un lac et quelques modestes embarcations. Godril malgré sa prétendue insensibilité à la beauté de la nature était assez surpris et même un peu ému.

« C’est pas tout ça mais on a du boulot camarade.», dit Lokri, mettant fins aux rêveries des deux Thorkins.

Deux étonnants félins semblaient en effet intéressés par les réserves de nourriture du convoi, leur pelage rouge contrastait avec leurs yeux cyan voir turquoise.

« Des asternias jeune camarade, ces bêtes te flairent à une centaine de mètres, ils doivent nous avoir repéré. Prends vite le bouclier du camarade Trevonn, celui qui dort et qui pue des pieds, derrière toi. »

Godril s’exécuta rapidement et suivit Lokri, jusqu’aux deux bestioles, encore sur la route. Ils descendirent des carrioles, bouclier en avant jusqu’à presque atteindre les deux félins. Ces derniers s’énervèrent et lancèrent alors des épines en direction de leurs adversaires. Ces projectiles se figèrent pour la plupart dans le bois des boucliers, mais quelques unes atteignirent les deux comparses, malgré la douleur ils en profitèrent pour charger leurs nouveaux ennemis.

Les félins bondirent en arrière alors que les Thorkins s’avançaient, ils conservaient la distance qui les séparait jusqu’au moment ou l’un des deux animaux s’élança en avant. Il heurta violemment le bouclier de Lokri qui éjecta la bête contre un arbre situé à quelques mètres de distance de sa position initiale. Les bêtes ne reculèrent pas pour autant et malgré un léger handicap pour celle touchée par le bouclier, elles attaquèrent de nouveau. Heureusement, Godril esquiva à temps son adversaire et parvint à lui asséner un coup d’estoc, une de ses spécialités, la hache projeta donc violemment l’animal à terre, il semblait ne plus pouvoir se relever.

Pendant ce temps là, Lokri avait fort à faire avec le deuxième félin, plus robuste et imposant. Ce dernier semblait attendre une brèche qui ne venait pas, hésitant il tenta de feinter Lokri. Il fit mine de partir à droite pour finalement sauter vers le bras gauche de son ennemi. Mal lui en pris car le guerrier expérimenté, d’un vif coup de hache, trancha la patte de l’animal qui perdit conscience peu après.

Fait inhabituel, Lokri courut chercher des bandages et soigna l’animal blessé, demandant à Godril de faire de même avec l’autre félin.

« Pourquoi ça, ils ont voulus nous tuer ! »

« Pas de question pour le moment camarade, contente toi d’apporter l’autre animal. »

Encore une fois, Godril s’exécuta et pansa le corps du second asternia. Une fois les deux animaux hors de danger, il reposa sa question à Lokri :

« Pourquoi les avoir sauvé, ces bandages auraient pu te servir, non ? »

« Oui jeune camarade, mais je respecte tant que possible la vie des animaux sauvages, ils ne sont pas si différents de nous, j’ai appris à les aider quand ils l’ont fait pour moi. Je ne raconterais pas en détails mes expériences camarade, mais sache qu’une vie reste une vie, que ce soit celle de Grostoki ou d’un asternia, ça ne fait aucune différence. »

C’est sur ces mots que le convoi arriva à destination, le lac était bordé de quelques habitations et de forêt, c’est là ou Lokri relâcha les animaux. A cet instant, le convoi se réveilla. Quelques secondes plus tard, ses occupants descendirent et s’attelèrent à réapprovisionner et nettoyer ce même convoi. Godril s’adressa alors une dernière fois à Lokri :

« C’est ici que nos routes se séparent, du moins pour le moment. »

« Tu te dirigeras vers Kendra-Kâr c’est ça jeune camarade ? »

« Oui, je vais trouver quelqu’un pour me faire descendre par le fleuve. »

« Nous nous reverrons peut-être là-bas, la caravane y fera escale dans quelques temps. »

« Tu connais mon nom, je suis Godril Lunnsson, ça te suffira sans doute pour me retrouver héhéhéhé. Et n’oublie pas de dire aux parents de Grostoki qu’il a combattu vaillamment pour nous défendre ! »

« Je le ferais, au revoir alors camarade ! »

« Salut vieux débris, héhéhéhé ! », cria Godril en s’éloignant vers les marchands.

« Irrécupérable ce gosse. », soupira Lokri en esquissant un sourire.

Godril n’entendit pas ces mots et se dirigea vers le chef des marchands :

« Mon bon monsieur, ce fut un plaisir de faire affaire avec vous, je compte sans doute ouvrir un commerce qui portera mon nom à Kendra-Kâr d’ici peu de temps. Passez me voir à l’occasion, on pourra s’entendre. »

« Pas d’problème Godril, on parlera affaire. », s’esclaffa le marchand.

« Je vous ferais des prix, héhéhéhé. »

Sur cette note économique, Godril se dirigea vers une petite embarcation vide, repéra deux rames à l’intérieur et poussa la barque à l’eau. Il grimpa vite à l’intérieur et s’éloigna du rivage, ne pensant même pas à qui pouvait appartenir cette barque en bois.

Vers la route entre Kendra-Kâr et Mertar

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Dernière édition par 371 le Lun 17 Aoû 2015 19:33, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Route entre Kendra Kâr et Mertar
MessagePosté: Lun 17 Aoû 2015 19:32 
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Depuis la route entre Kendra-Kâr et Mertar

Cela faisait déjà plusieurs heures que Godril naviguait paisiblement sur le fleuve, il n’avait rencontré aucun incident notable et avait même profité de la journée pour se reposer. Le soleil commençait à tomber quand il aperçut une cabane abandonnée à quelques centaines de mètres de distance sur la berge. C’était l’occasion de terminer son voyage, en effet s’il continuait sur cette frêle embarcation elle ne tiendrait sûrement pas face aux courants de l’estuaire. Il prit donc la décision d’utiliser ce cabanon comme sorte de point d’ancrage. Il rama afin de ramener la barque vers le bord du fleuve et se prépara. Il n’était qu’à une dizaine de mètres de son objectif et tendit alors sa hache derrière son dos prêt à frapper. Il espérait que le bâtiment ne soit pas trop abîmé afin d’y planter profondément sa hache, stopper son élan et pouvoir s’arrêter, et ceci car les courants du fleuves, il en avait peur, risquaient de l’emporter et de le noyer s’il tentait de débarquer simplement.

Il élança donc sa hache en direction de cette cabane tout en sautant de l’embarcation. Sa hache se planta dans le bâtiment mais le traversa aussitôt, il bascula tête à l’envers et chuta dans l’eau. Il cria alors très fort et ferma les yeux, craignant pour sa vie. Il rouvrit rapidement les yeux et constata qu’il était assis dans le fleuve, de l’eau jusqu’à la taille avec son bas et ses bottes complètements trempées.

« Bon bah gagné, j’ai l’air du con de service. »

Cette réflexion formulée à haute voix, il se releva et s’éloigna de la rive en maugréant dans sa barbe d’un air furieux. Alors qu’un petit serpent passait par là, il lui sauta dessus à pieds joints en exprimant sa colère :

« Raclure de serpent, tu va voir ce que ça fait d’être mouillé, ça te fait marrer c’est ça ? »

Il termina son œuvre par un monumental crachat sur le cadavre de la pauvre petite bête écrabouillée au sol. Regagnant ses esprits, il regarda la direction que prenait le fleuve et décida de suivre la direction Sud-Est qui s’éloignait de la rive. Avant de poursuivre son périple et d’atteindre enfin Kendra-Kâr, il marqua une pause d’une vingtaine de minutes pour faire un feu, manger, boire et sécher ses vêtements. Il en profita également pour s’attarder sur son environnement alors que le soleil projetait ses dernières lueurs sur les plaines. Il n’y avait pas beaucoup de haute végétation ni de forêts environnantes. Les changements de niveau du terrain ne lui permettaient pas d’étudier avec précision son futur trajet mais il estima que la ville devait se trouver à une vingtaine de kilomètres. Les plaines semblaient également relativement calmes avec peu de mouvements.

Il renfila donc ses vêtements secs, se chaussa, alluma une torche, éteignit son feu et prit enfin la route. Il pensait déjà à une bonne nuit dans une auberge et les bienfaits qu’il en tirerait quand à peine une centaine de mètres après son départ, il fit une nouvelle rencontre :
Deux hommes se tenaient au travers de la route, le premier portait une tenue verte, un chapeau vert surmonté d’une plume blanche et tenait dans sa main un arc peint en rouge, de la même couleur que sa cape qui flottait légèrement dans le vent. Le second était habillé d’une armure de cuir complète et d’un bandeau vert sombre. Ils se ressemblaient comme deux gouttes d’eau, leurs nez fin, leurs oreilles légèrement pointues, leurs corpulences fines et leurs yeux marrons clairs étaient en tout point similaires. La seul contradiction était leurs cheveux, le premier portant une tignasse bouclée et mal coiffée brune alors que l’autre possédait des cheveux blonds et lisses. Le blond lui adressa la parole :

« Halte, intrépide voyageur ! Ne savez-vous pas que ces contrées pullulent de dangers la nuit venue? »

« Si mais honnêtement j’en ai rien à faire, alors bougez de là les deux tiges, regardez-vous on dirait que vous allez vous envoler héhéhéhé! »

Ils se regardèrent d’un air passablement outré et le brun rétorqua avec colère :

« Vous me semblez bien peu au courant du danger qui vous attend maître Thorkin ! Délestez-vous de votre bourse et vous pourrez repartir sans craintes ! »

« QUOI ! TU VEUX MON OR ? A L’ATTAAAAAAQUE ! »

Godril chargea furieusement la personne qui avait osé lui demander son or, on ne touche jamais l’or d’un Thorkin ! Il franchit la distance le séparant du bandit en à peine quelques secondes et tenta de lui faucher les pieds. Son adversaire bondit en arrière, pris de panique, et s’écrasa l’arrière-train contre le sol de la route. Celui qui semblait être son frère, ou du moins son compagnon, était hésitant à la vue de Godril, en effet malgré sa petite taille ce dernier invectivait les deux brigands, les traitant d’imbéciles et d’une multitude innommable d’insultes variées et divers. Il semblait complètement fou et en hurlant une insulte sur le métier de la mère de ses adversaires, chargea à nouveau le brun.

Cette fois-ci le blond eut la présence d’esprit de tenter une attaque du revers de sa courte lame, d’environ vingt centimètres. Il manqua de peu la tête de Godril, ce dernier l’ayant baissé dans sa course folle. Son coup dans le vent ne lui fit pourtant pas perdre espoir et il revint à la charge. Godril ne pensait plus, il se contentait juste de suivre ses réflexes et son instincts, guidés par sa rage meurtrière. Alors que sa hache s’entrechoquait avec l’épée du bandit brun, qui avait perdu son chapeau, il sentit que le blond ne tarderait pas à lui causer des ennuis. Se servant de son poids et de celui de son arme, il fit basculer en arrière son premier adversaire et fit volte-face juste à temps pour voir le second lever sa petite épée dans sa direction.

Ce bandit apparemment novice dans la maitrise des armes avait lancé son coup trop tôt, ce qui permit à Godril d’anticiper ce dernier et de se décaler du côté gauche de son attaquant afin de se retrouver sur le flanc de ce dernier et de conserver la vue sur le l’autre malfrat. Il envoya valser le blondd’ un coup de pied dans les côtes, ce qui le fit tomber la tête la première contre le sol. Godril s’appuya sur son corps qui tentait de se redresser pour se projeter vers le brun qui lui arrivait dessus. Le corps du blond s’écrasa sous le poids du Thorkin et alors que les protagonistes du combat entendirent un léger craquement le blond hurla de douleur. Son frère jeta un coup d’œil rapide au sol, mais apparemment pas assez car les genoux de Godril lui vinrent en pleine tête. Les deux guerriers s’écrasèrent au sol dans un fracas notable et peinèrent à se relever, encore confus.

La tenue de cuir du blond était fortement endommagée ou elle paraissait l’être, des pièces de cuir gisaient sur le sol à divers endroits. Malgré cela, il se releva et, se tenant le buste, il tenta une attaque surprise sur celui qui lui avait fracturé les côtes. Le vif Thorkin para rapidement la lame avant d’infliger un coup d’estoc à son porteur, ce qui fit voler sa cible un peu plus loin. Pendant ce temps-là, son second adversaire avait repris ses esprits, il réussit à lui infliger un coup d’épée au niveau du thorax, il ne fit qu’entailler la chair, mais suffisamment pour blesser Godril qui tomba au sol, surpris de cette attaque.

Sa plaie saignait abondamment mais ce n’était pas sa principale préoccupation, en effet celui qui avait porté cette attaque revint à la charge et tenta de finir son œuvre en plantant son arme dans le ventre du Thorkin. Godril roula alors vivement sur le côté et esquiva la lame qui se planta profondément dans le sol et fit lâcher prise à son utilisateur surpris. Profitant de ces quelques moments de répit, Godril asséna un violent coup de hache au bandit brun, sa tenue verte se macula rapidement de sang et son teint bronzé devint rapidement livide.

Mais le Thorkin n’en avait pas fini et à peine son coup donné, il se retourna face au bandit blond. Ce dernier avait un air complètement apeuré mais Godril lisait de la rage dans ses yeux et alors que les seuls bruits que l’on pouvait entendre depuis le début du combat était des insultes, halètements, fracas des lames et autres joyeusetés sonores, le brigand survivant lâcha quelques mots, souvent interrompus par sa respiration et ses larmes :

« Tu as…t-t-tué mon frère. Je-j-j-je ne te le pardonnerais jamais. »

« Et je vais faire de même avec toi si tu ne te rends pas. », fit Godril qui appuyait sur sa plaie de sa main libre.

Le bandit réfléchit un court instant, la tête vers le sol, mais releva son regard empli de haine vers Godril en prononçant ces mots :

« Jusqu’à la mort... »

Il s’avança lentement vers Godril en se tenant les mains, se stoppa puis rigola. Godril maintenit sa garde et commença à tourner autour de sa cible. Cette dernière ne s’arrêta de rire que lorsqu’elle se mit en position d’attaque, sa lame levée et posé sur des appuis fermes. L’homme vêtu de cuir s’éjecta en avant et tenta un coup d’estoc qui fût dévié par Godril qui tenta à son tour une attaque mais verticale cette fois. Le malfrat se décala sur la droite et élança son coup en direction de l’épaule du Thorkin qui, d’un simple mouvement du corps, esquiva le coup. Pendant la légère inertie du corps brigand due à cette attaque ratée, Godril balaya son ennemi qui s’écrasa au sol.

L’arme du bandit avait volée au loin et il se retrouvait à terre, terrorisé et sans défense face à son destin probable. Godril hésita longuement et se rappela des paroles de Lokri. Il mit alors un violent coup de pied dans le nez du brigand qui s’étala complètement au sol, endormi. Godril pansa rapidement sa plaie au thorax puis dévêtit intégralement le brigand endormi après l'avoir dépossédé lui et son frère de leurs biens terrestres. Il se réveillerait nu comme un vers aux premières lueurs de l’aube.

« Et que ça lui serve de leçon à celui là, il a cru que c’était aussi facile de voler un Thorkin ? Héhéhéhéhé ! »

Il reprit ensuite sa route vers Kendra-Kâr alors que le soleil venait de disparaître complètement et que sa vision n’était assurée que par sa torche qu’il venait de rallumer. Sa blessure le tenaillait mais il espérait qu’il pourrait tenir jusqu’à la ville.

Vers les terres cultivées autour de Kendra-Kâr

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