L'Univers de Yuimen déménage !


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 Sujet du message: Re: Les grandes portes de la ville
MessagePosté: Sam 11 Juin 2016 21:21 
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Après plusieurs heures de marches où j’ai plus déambulé qu’autre chose, j’atteins enfin les grandes arches de pierre abritant les portes de la cité. La cuisante douleur que m’a infligé Kahdan est encore vivace mais je n’ose pas regarder le résultat. Je préfère me concentrer sur ma route, nourrissant la crainte que la milice ne me recherche à nouveau. Je regarde avec appréhension les gardes stationnés près des axes principaux. Ils semblent abattus par la chaleur, le soleil qui tape sur leurs équipements n’y est pas étranger…

(Il fait si chaud… si chaud…)

Je m’arrête aussitôt de marcher, convaincu que quelqu’un vient de me chuchoter cette phrase à l’oreille. Mais malgré une inspection minutieuse, je ne décèle rien de douteux et me convainc que ce n’était rien.

(J’ai mal… je suffoque…)

De nouveau j’entends distinctement quelqu’un parler et je comprends alors, ma mâchoire tombe et mes yeux s’écarquillent quand je reconnais ce timbre. C’est Kahdan… ou son âme.

(Son esprit a donc trouvé refuge au sein du mien… c’est pour le moins déconcertant… je vais devenir fou s’il se plaint toute la journée.)

(Aidez-moi… pitié…)

J’essaie alors d’établir le contact, me concentrant sur cette voix dans ma tête.

(Kahdan, est-ce vraiment toi… ?)

(Catin… pourquoi suis-je là ? J’ai si mal…)

(Je… heu… c’est toi le mage expérimenté je te ferais dire ! Merde, toi, tu devrais savoir ! C’est moi qui vais devoir te supporter à longueur de journée.)

(Il fait si chaud… je ne supporte plus le soleil…)

(Bon silence ! Pour l’instant j’ai n’ai ni explication, ni solution. Il va falloir qu’on se renseigne mais pour l’heure, j’ai d’autres chats à fouetter.)

J’expire un grand coup et levant les yeux aux cieux me demande pourquoi ai-je si peu de chance. J’essaie de prendre un nouveau départ mais non ! Bien sûr que non ! Il faut qu’un reliquat de mon ancienne vie vienne… en moi. Et pas de la façon que j’aime. Mais pour l’heure j’ai d’autres préoccupations. J’avance, les yeux rivés sur le sol, essayant de ne pas attirer l’attention. Je me faufile comme un fantôme entre les citadins et les paysans amassé comme du bétail.

Mes mains traînent lascivement, claquant dans une fesse à l’occasion. Un sourire enfantin orne mon visage, enfin libre de faire ce qui me plaît. Je passe rapidement devant le garde qui ne m’accorde pas plus d’un regard et je me rends compte qu’encore une fois, j’ai été trop paranoïaque. Mais c’est fini, terminé les pièges et les complots, terminé les soupçons constants…

La première chose que je fais après être sorti de la ville est d’embrasser du regard le paysage. Les montagnes lointaines semblent m'appeler. Je me rappelle que là-bas siège le castel d'Endor, avec en son sein des fanatiques de Phaïtos.


Je ne sais pas encore réellement où aller, je pense me laisser porter par le vent et le hasard. Je commence alors à marcher, tout droit, sans jeter de regard en arrière.

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Merci à Inès pour cette magnifique signature !


Dernière édition par Mendax le Ven 1 Juil 2016 21:04, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les grandes portes de la ville
MessagePosté: Mar 14 Juin 2016 02:18 
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Localisation: Kendra Kâr
-Les piétons, sur la file de gauche ! Les chariots, à droite ! Les convois, restez sur l'esplanade !

Ainsi s'époumonait un héraut de la garde, visiblement chargé de mettre de l'ordre dans la cohue informe qui se pressait devant les portes de la ville, tâche ingrate s'il en est.
Le guet semblait presque dépassé par la quantité de voyageurs souhaitant franchir les portes, dans un sens comme dans l'autre ; ils s'obstinaient pourtant à interroger chaque personne individuellement, engendrant un gigantesque bouchon sur la place, pourtant très vaste puisque prévue à cette effet. Tous les soldats étaient doublement acccablés, par le travail et par la chaleur ; ils couraient d'un bout à l'autre de l'esplanade dans l'espoir d'organiser la foule.

Après quelques tentatives infructueuses, Missen finit par réussir à attirer l'attention d'un planton qui passait par là.

-Salut, l'ami ! Dis moi, tu n'aurais pas eu vent d'une compagnie de théâtre qui serait passée par ces portes récemment ?

L'homme le regarda à peine avant de pointer d'un doigt las un ensemble de chariots à l'arrêt, dans un coin plus calme de l'esplanade. Missen eut à peine le temps d'esquisser un merci que l'homme avait déjà disparu dans la cohue. Tirant légèrement sur les rênes, il fit donc volter son cheval et se dirigea tranquillement vers l'espace précédemment désigné.


La compagnie était là, une file de roulottes qui attendaient patiemment de passer l'examen du guet, parquées dans un espace prévu à cet effet. La décoration bigarrée desdites roulottes ne laissaient guère de doute quant à l'occupation de ses propriétaires. En s'approchant, l'oeil avisé du poète remarqua que les tissus chamarrés qui habillaient les charpentes étaient d'étonnamment bonne facture.

Il fut arrêté environ dix mètres avant le premier chariot, par un guerrier visiblement en charge de surveiller la caravane.

-Désolé mon vieux, y'a que les membres de la troupe qui rentrent dans cet espace.

Missen le jaugea brièvement. L'homme avait le visage buriné par le soleil et portait un ensemble de protections disparates qui avaient eu leur compte de batailles. Il était lourdement armé, et chaque poignée semblait polie par l'usage. Redoutable, assurément, et très loin des soudards employés généralement par les caravanes marchandes.

(Quel genre de compagnie emploie ce genre de tueur pour assurer sa sécurité ?)

Un brin nerveux, il s'éclaircit la voix, puis s'adressa à lui.

-Je viens justement pour rejoindre la compagnie.

L'homme haussa les sourcils, l'air légèrement amusé.

-Hmm, je vois. D'ordinaire c'est la compagnie qui choisit ses membres, et non l'inverse, mais si tu estimes valoir assez pour la rejoindre... Essaye donc, je t'en prie.

Sur ces mots, il s'effaça sur le côté, son doigt tendu désignant la plus grande caravane du convoi, un imposant chariot à huit roues.

D'une pression des talons, Missen fit avancer Oblat jusqu'au chariot suscité. Là, il mit pied à terre, puis toqua doucement à sa porte.

-Entrez, fit une voix étouffée.

Missen s'exécuta promptement, désireux de se soustraire au regard goguenard du soldat.
L'intérieur du chariot était meublé et décoré avec un goût exquis. De fines tentures colorées habillaient chaque mur, le mobilier était taillé dans un bois sombre au grain fin ; de grands rayonnages fixés aux parois ployaient sous le poids de dizaines de manuscrits, livres et parchemins arrangés dans un désordre étudié. Le chariot était cloisonné en deux pièces par un rideau de perles serrées.

Le centre de la pièce dans laquelle Missen se trouvait actuellement était occupée par une grande table de bois sculpté. A cette table se trouvait un couple d'une cinquantaine d'année qui l'observait, Au charisme de l'homme, Missen sut qu'il était en présence du chef de la troupe.
Celui-ci ne tarda pas à rompre le silence.

-Oui ?
Laconique, efficace, expéditif.

(Ça ne va pas être de la tarte.)

Missen s'éclaircit la voix, sentant son estomac se nouer.

-Je me nomme Missen. Je souhaiterais rejoindre votre troupe. Je sais jouer de bon nombre d'instruments, chanter, composer de la poésie, je peux...

-C'est non, aboya l'homme.

-Mais enfin, je...

-C'est non, ai-je dit ! Croyez-vous que la Compagnie des Sept Roues ait quelque chose à voir avec ces misérables bateleurs de foire qui poussent la chansonnette pour ne pas crever de faim ? Nous sommes des artistes de cour, nous nous produisons devant les rois. Nos représentations sont plus attendues que la pluie pendant l'été ! Qui croyez-vous être, pour réclamer ainsi une place, alors que vous ne disposez pas de la moindre notoriété ?

La tirade laissa l'homme pantelant. Sa femme posa alors la main sur son bras et prit la parole d'une voix douce.

-Du calme, Graham. Ce jeune homme est peut-être ignorant des convenances, mais il me semble toutefois plein de bonnes intentions. Et tu n'es pas sans savoir que Sabazzo a rejoint son maître en arrivant ici, laissant sa place vacante. Nous devrions lui laisser sa chance.

Missen, qui commençait déjà à quitter la pièce suite au sermon qu'il venait d'essuyer, releva la tête, son espoir ravivé.

L'homme bougonna, toutefois apaisé par le contact de sa femme et par ses paroles tranquillisantes. Il protesta tout de même, mais à un volume sonore nettement moins élevé.

-Nous n'allons pas engager le premier incapable venu pour autant. Ce n'est pas comme ça que les choses se font, normalement ! La Compagnie vient aux talents qui le méritent, pas l'inverse.

Sa femme lui tapota le bras d'un air conciliant.

-Faisons au moins un essai. Je suis sûr que ce jeune homme pourra nous apporter, il a un physique d'acteur.

Missen s'éclaircit à nouveau la voix. Graham le fusilla aussitôt du regard, mais sa femme lui adressa un sourire bienveillant qui l'encouragea à continuer. Tentant de paraître à l'aise, il déballa sans trembler le mensonge suivant.

-Si je puis me permettre... J'ai là une lettre de recommandation de Johann l'Ancien, le joueur de luth. Il est mon mentor, et c'est de sa part que je me présente à vous.

Ce faisant, il tira de sa manche la lettre que Pulinn lui avait remise.
A ces mots, l'agressivité de Graham décrut notablement. Il tendit la main pour se saisir de la lettre. Missen la lui donna.

-Pourquoi ne pas avoir dit plus tôt que vous étiez recommandé par Johann, jeune homme ?

-Je voulais avoir une chance d'être recruté par rapport à ma propre valeur, pas en fonction de celle des noms auxquels je suis associé.

Le chef de la troupe se gratta la barbe, pensif. Il semblait toutefois nettement moins hostile qu'au début de leur entretien, et Missen se remit à espérer. Soudainement, il l'interroga à nouveau.

-Quel est ton champ de compétences exact ?

-Et bien, je suis un bon joueur de luth... Je chante, et je suis également poète.


-Un poète... répéta doucement Graham. Hmm, et ton expérience du théâtre ?

Le jeune homme hésita à mentir de nouveau, mais se ravisa ; l'homme en face de lui connaissait sans doute le milieu comme sa poche, inutile de lui lancer à la figure le nom d'un quelconque imprésario fictif.

-Euh... Assez restreinte, monsieur.

L'espace d'un instant, Missen craignit d'être refoulé pour cette raison. Mais le chef de la compagnie s'étira dans son siège et déclara nonchalamment :

- Je n'aime pas beaucoup cette voie de recrutement, mais ma femme semble penser que tu as du potentiel, et les dieux savent qu'elle a du flair pour ce genre de choses. Et puisque mon ami Johann se porte garant...

Il étouffa un baillement, puis continua :

-Considère toi comme membre à l'essai de la troupe. Tu ne toucheras pas de salaire jusqu'à nouvel ordre, mais tu seras nourri ; vois avec Giacomo, mon intendant, pour ce qui est du chariot ou tu dormiras. il est dans la roulotte voisine. D'ici à ce que l'on arrive à Shory, on essaiera de te trouver une utilité dans la troupe. Si tu joues comme un pied, ou si tu te rends coupable de la moindre incartade, je te fais moi-même descendre du convoi à coups de pieds au cul. Compris ?

Missen sentit son cœur bondir dans sa poitrine. Rentrer la queue entre les jambes au Temple des Plaisirs l'aurait en effet terriblement contrarié ; il était si soulagé qu'il entendit à peine les mises en gardes du vieux bougon. Il acquiesça pourtant avec ferveur.

-Merci monsieur, vous ne le regretterez pas.

Graham le chassa comme on chasse une mouche importune.

-Allez, fous moi le camp.


Le jeune homme ne se fit pas prier.

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 Sujet du message: Re: Les grandes portes de la ville
MessagePosté: Jeu 8 Sep 2016 20:25 
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Localisation: Kadren Kâr
Cela faisait un peu plus de deux ans qu'il n'était pas revenu a kendra kâr, il était presque nostalgique de cette époque où lui et son père vivaient des jours paisibles, mais juste en pensant à ce que son père lui avait caché, se sentiment disparut en fumée. Il prit un certains temps pour traversait le pont bonder de gens rentrants et sortants de la ville. Quand il fut arriver a la porte d'entrer un garde s'approcha et lui dit.

"Et vous que venait vous faire en ville?"tout en commencent a le fouiller.
"Je viens récupérées des affaires en ville.
-Quelle genre d'affaires?
-Heu... Des babioles, des petites choses, rien de très importants.
-Bien, je crois que tout est en ordre, monsieur, vous pouvez passé.
-Merci"

Enfin, il entra dans la ville et se dirigea vers son ancienne demeure.

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 Sujet du message: Re: Les grandes portes de la ville
MessagePosté: Dim 18 Sep 2016 18:42 
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Localisation: Kendra Kâr
Nous marchâmes quelques minutes avant de voir au loin l'architecture majestueuse de la Grande Porte.

(C'est magnifique !)

Elle dominait sans aucun doute le paysage, surplombant la masse grouillante de personnes qui s'amoncelaient autour. Cela me décourageait : nous étions en début de matinée maintenant et les habitants inondaient les rues, sûrement pour se rendre sur leur lieu de travail. Certains même travaillaient ici, les petits commerces étaient nombreux et on entendait déjà au loin les vendeurs s’égosiller pour faire remarquer leurs produits.
Pour rajouter à mon ennui, Oryon et ses deux gardes n'avaient pas l'air pour le moins du monde surpris. Ils avaient le regard blasé de ceux qui avait vu cela de trop nombreuses fois pour s’en soucier. Comme toutes les personnes autour de moi d’ailleurs.

J’étais tellement impatiente de voir Kendra Kâr pour de vraie ! J’en avais entendu des histoires du monde d’en haut encore plus cruel et injuste que celui des Shaakts, des rayons du soleil qui brûlaient le visage et de l’infériorité des races de la surface. Pourtant pour l’instant, rien de ce qui m’était arrivé n’était pire qu’une bonne journée à Caix. Même l’altercation de ce matin n’avait rien d’extraordinaire à part la surprise de me faire attaquer par des hommes. Faites la même en les remplaçant par mes sœurs et vous avez une belle partie de mon enfance !

Nous nous retrouvâmes au bout d'une file gigantesque qui n'avait pas l'air de vouloir avancer. J'essayais de monter sur la pointe des pieds pour voir ce qu'il se tramait, mais rien à faire ! Les gens devant moi avec tout leur attirail étaient bien trop grands pour que je puisse espérer voir quoi que ce soit. Alors que je sautillais pour prendre vainement de la hauteur, Oryon m'interrompît avec le sourire :

"Désolé, mais vous n'arriverez à rien comme ça. Et pour votre information, des miliciens contrôlent les allées et venues des personnes qui passent cette porte, question de sécurité. Vous comprenez par les temps qui courent ! »

"Vous auriez pu me le dire plus tôt ! Des minutes que j'essaye de comprendre quelque chose à cet attroupement !"

Je maugréais, mes oreilles s’affaissèrent en signe de mécontentement. J’étais là, à me ridiculiser et lui, les bras ballants, profitait du spectacle !
Étonnamment, un des gardes (Abbo je crois ?) m'adressa la parole :

"Je vous prie d’excuser Messire Oryon, il oublie souvent comment se comporter avec les Dames. »

Sur ce, il inclinât poliment la tête. Ce garçon avait finalement un peu d’éducation et à la fin de sa phrase mes traits se détendirent. J’avais appris à la dure que les coutumes, notamment envers les femmes, ici n’étaient pas du tout les mêmes que chez moi. Mais un soupçon de galanterie ne faisait pas de mal !

Je le vit alors pour la première fois avec ses larges épaules, attestant d’une bonne musculature sous toute cette ferraille. Son teint cuivré laissait penser qu’il n’était pas de Kendra Kâr, dont le climat semblait beaucoup trop pluvieux. Il avait un visage carré et des yeux verts foncés juvéniles qui trahissaient son manque d’expérience. Il dégageait une certaine maturité malgré tout, comme si il avait un poids trop lourd à porter sur ses épaules.

« Visiblement, Messire Oryon à moins d’éducation que les pauv…les personnes d’une classe sociale moins aisée à son service. »

Les trois hommes me regardèrent avec un air de reproche mais ne dirent rien. Tant mieux, je n’avais pas besoin de me faire plus remarquer aujourd’hui !

Brusquement, dans la cohue, une petite forme à la tignasse blonde me bousculât ravivant la douleur dans mon dos. Je faillis perdre l’équilibre mais Oryon m’attrapât le bras à la dernière seconde. Le gamin se retournât dans sa course, me lança une œillade et reparti. Je me contentais de regarder dans sa direction ne voyant plus que sa chevelure qui bientôt se confondrait dans la foule. Son air malicieux et vulnérable à la fois me replongeant dans les souvenirs de ma maison natale. Il me faisait penser à un de mes petits frères. Je n’avais même pas pris la peine de me souvenir de son prénom à celui-là. Il devait être mort maintenant : ils ne survivaient pas bien longtemps dans la famille.

Perdue dans mes pensées, la file se déplaça de quelques mètres et Oryon m’intima d’avancer d’un contacte sur mon avant-bras. Je le laissais me guider, la tête toujours tournée vers là où le garçon avait maintenant disparu, puis mon regard se retourna doucement vers l’horizon de têtes devant moi. Cela me semblait être des heures que nous étions coincés ici !

"Oryon, je reviens de suite. Quelque chose à régler." Informa l'autre garde dont je ne m'étais pas souvenue du nom.

Oryon le regarda curieusement mais ne fît pas de remarque.

"Très bien, revenez vite Wilks. Rejoignez- nous à la place du Château quand vous aurez fini."

On le vit filer à travers la file bousculant femmes et enfants pour atteindre sa destination inconnu. Abandonner son poste pour régler une affaire personnelle ! Chez moi il n'aurait pas fait long feu.

Finalement, au bout d’encore quelques minutes, je levais mon regard et pouvais voir d’en bas l’immensité de la porte qui semblait se mêler au ciel. Elle était gardée comme prévu par deux hommes en armure qui ressemblaient étrangement à celles portées par Abbo.

(Des miliciens ?)

C’est vrai, j’en connaissais peu sur le monde extérieur. Mais Lyndra avait toujours mit un point d’honneur à me faire reconnaître toutes les emblèmes de milice. Que je ne les aient pas reconnues avant me dépita un peu…
Faisant fi de la porte surveillée, Oryon ne s’arrêta pas et continua tranquillement sa route vers l’autre côté. Un milicien l’interpella néanmoins :

"On promène la marchandise m'sire Fëlys !"

Il prit à peine le temps de se retourner vers lui et leva un sourcil vers son interlocuteur souriant dans le plus grand des calmes.

"Si elle t’intéresse tant tu sais très bien où la trouver, ma marchandise, si ma mémoire ne me fait pas défaut"

"Votre mémoire pt'être pas mais le poids de ma bourse c'est une autre histoire ! Allez, bonne journée m'sire !"

Il allait se retourner afin de faire son travail avec un dernier geste de la main pour Oryon quand il me vit m'engager vers la porte à mon tour.

"Holà l'encapuchonnée ! Que crois-tu faire !? Ici nous sommes des professionnels, nous ne laissons pas les voyageurs allez et venir comme bon leurs sembles. Viens voir par là et découvre ta tête !"

Tient on me parlait ! Bien que le concept de l'interrogatoire ne me dérangeait pas spécialement, j'aurais préféré pouvoir rentrer directement. Jamais je ne me serais attendue que cela soit si compliqué ! Avant que je puisse lui faire part du fond de ma pensée sur le fait de me donner des ordres, Oryon prit la parole.

"C'est bon ne t'occupes pas d'elle : elle est avec moi."

Le garde se désintéressa de moi non sans une once de suspicion et continua son travail. Je me dépêcha de passer sous les voûtes fraîches de la porte me soulageant pendant quelques secondes du soleil qui atteindrait bientôt son zénith. La masse entrante et sortante se faisait de plus en plus épaisse. Une humaine me bousculât pour passer mais je l’ignorais.

(Enfin à l’intérieur !)

Je croyais que la foule devant la porte était importante, c'est que je n'avais pas encore vu la celle qui peuplait la rue principale. Les habitants, les voyageurs, des personnes d'âges et de races différentes se confondaient dans le large espace surplombé de bâtiments paraissant plus clairs par le soleil qui les tapait. Le monde grouillait et s'étendait à perte de vue où se dressait au loin de hautes structures et une grande coupole dont le sommet brillait de milles feux.

Je sursautais à la voix d'Oryon dans mon oreille:

"Fermez la bouche Nox, je n'ose imaginer ce que cela sera lorsque vous verrez le château. C'est une des plus magnifiques structures du continent. Maintenant avancez vous bloquez le passage."

La Grande Rue

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"Nox", Shaakt, Guerrière


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 Sujet du message: Re: Les grandes portes de la ville
MessagePosté: Ven 21 Oct 2016 18:08 
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Inscription: Dim 16 Oct 2016 19:12
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Localisation: Oranan
Du haut de son toit, un pied sur chaque flanc, tu te sentais le maître du monde. Pour en accentuer l'impression, tu écartas les bras et prit une profonde inspiration. Mais allons, tu n'avais pas que cela à faire. Doucement, le dos courbé, les bras en position d’équilibriste, tu fis passer tes deux pieds du même côté. Tu évaluas la distance à traverser, cherchant le meilleur moyen de t'y prendre. Ton cœur qui, depuis, s'était quelque peu calmé, recommença à accélérer, la sueur perla à tes tempes et nerveusement, tu te passas plusieurs fois la langue sur tes lèvres sèches. Brusquement, tu te décida, tout ton corps bascula vers l'avant. En deux bonds, tu fus au bord du toit et là, profitant de ton élan, sauta. Tes bras et tes jambes moulinèrent, incontrôlables, dans le vide qui s'ouvrit devant toi. Mais, d'un coup, tu te réceptionnas sur les tuiles brillantes. Au même moment, ton pied droit glissa et dans un fol instant de panique absolue, tu te sentit partir en arrière. Tu plantas tes ongles entre les fines interstices des tuiles rouges et t'accrochas avec la force du désespoir. Ta chute s'arrêta.

(J'ai eu chaud.)

Tu fermas les yeux une seconde comme pour te remettre du choc. Puis, une nouvelle fois, tu escaladas le toit de la maison et réitéras ton saut périlleux qui te conduisit, sans encombre, sur une nouvelle toiture. Tu la grimpas encore. Tu te sentais de plus en plus confiant. Cependant, à cet instant, tes yeux captèrent du mouvement sur la muraille qui se trouvait à ta gauche. Levant le regard vers elle, tu y vis une agitation peu commune et qui ne présageait rien de bon ; des soldats se rassemblaient et certains te pointaient du doigt. La majorité avait un arc et une flèche encochée. Tu grimaças. Rester au-dessus à bondir de partout n'était plus une bonne idée. Il te fallait retrouver la terre ferme. Avec précaution, tu passas de l'autre côté du toit, te laissas glisser jusqu'à son bord, ensuite tomber sur une terrasse et enfin, sur le pavé boueux. Ta descente attira de nombreux regards curieux, mais tu ne t'y attardas pas et repris ta course de plus belle. Quittant ton artère, tu te retrouvas dans une rue plus large, juste en face de l'arène. À ta gauche, la rue se déroulait jusqu'aux Grandes Portes. Un sourire moqueur s'étala sur ta face. Tu n'aurais pas cru cela si facile. Ne ralentissant pas, tu te dépêchas de les rallier. Juste avant d'y parvenir, tu te stoppas net et te dissimulas dans l'ombre d'une habitation en attendant de reprendre ton souffle. Quand ta respiration fût à nouveau redevenue normale, tu t'avanças d'un air dégagé.

Comme à son habitude, l'abord des Grandes Portes était farouchement gardée et surveillée, proportionnellement à l'influence de la population - il était midi. Tu t'avanças, avec d'autres, sous l’œil attentif d'un garde. Bien que le stress revînt d'un coup, tu n'en laissas rien paraître. Quelques secondes, encore et tu serais dehors, libre...

"Arrêtez cet homme ! Arrêtez cet Hafiz !"

Pas une seconde, tu ne te demandas si c'était bien de toi dont il était question. Tu te précipitas en avant, bousculant avec force et sans hésitation tous les passants qui se trouvaient sur ton chemin. D'autres ordres, des cris. Tu n'y prêtas pas attention. Tu passa sous l'énorme muraille, déboucha de l'autre côté, sur le pont. L'instinct te fit lever les yeux et tu vis un soldat tendre son arc. Comme si le temps s'était arrêté, ton regard se baissa, tomba sur un marchand, un boucher, plus précisément dont le charriot était stoppé juste à tes côtés, faisant par là-même barrière. Au moins, que tu n'eusses pas fait tout cela pour rien. Ta main fusa, s'empara d'un jambon engouffré avec hâte dans ta chemise que tu agrippas. Puis tu sautas.

Le contact avec l'eau froide fut brutal - et désagréable. Rapidement, ta tête creva la surface déjà troublée et, tout aussi immédiatement, t'empressas-tu de te mettre à l'abri sous le pont. Bien t'en pris : une flèche plongea à l'endroit même où tu t'étais tenu une seconde auparavant. Le cœur battant, tu tentais de reprendre tes esprits pour élaborer ton plan. Les archers étaient très certainement prêts, là-haut, à relâcher toutes leurs flèches sitôt que tu émergerais du dessous de ce pont dont tu sentais les tremblements à chaque passage de pas, de sabots, de roues. D'un autre côté, ils enverraient peut-être quelqu'un avant, t'y déloger de force. Après réflexion, la deuxième solution était la moins dangereuse. Alors tu attendis. Le temps s'étala, s'éternisa. Tes paupières se fermaient toutes seules en même temps que le froid, petit à petit, paralysait chacun de tes membres. Accroché tant bien que mal à la berge sur laquelle prenait appui la construction de bois au-dessus de ta tête, tu attrapas bien vite des crampes aux poignets et aux doigts. Combien de temps s'était-il écoulé ? Une heure ? Plus ? Moins ? Là-haut, t'avait-on déjà oublié ou, la fatigue aidant, tu ne t'étais pas rendu compte que quelques minutes à peine s'étaient écoulées et on t'attendait donc toujours, arc bandé ? Tant pis. Tu n'en pouvais plus. Rester plus longtemps, c'était risquer que tu te noyasses.

Tu pris une profonde inspiration, engrangea le maximum d'air et plongea. Tu nageas, les yeux fermés, sans aucune idée de ta position, aussi longtemps que tu le pus, poussant encore une fois tes poumons à leurs extrêmes limites. Et quand, seulement, ils parurent sur le point d'exploser et que ta tête t'en faisait mal, alors tu remontas à la surface. Tu repris aussitôt ta respiration d'un réflexe salvateur. Tu en profitas pour porter immédiatement ton regard en direction des archers, sur la muraille. Mais personne ne regardait dans ta direction. Tu avais effectivement réussi à les lasser. En brasse tranquille, tu rejoignis le rivage. Devant toi ne s'étendaient à présent que des lieux de champs cultivés. Aucune forêt pour te réfugier. Ta lassitude t'empêcha toute pointe de désespérer et même, tu en souris. D'un pas incertain, mécanique de fatigue, tu repris ton chemin.

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Multi d'Ædräs


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 Sujet du message: Re: Les grandes portes de la ville
MessagePosté: Mar 22 Nov 2016 18:15 
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Après un an, le revoilà... devant les portes de Kendrâ Kâr.
Ces portes qui grouillaient de monde : gardes, marchands, voyageurs, vauriens, hommes et femmes à la recherche d'une nouvelle vie ou d'un retour à la civilisation. C'était, après tout, la véritable citadelle du genre humain. Ce titre pouvait sembler exagéré, mais c'était bien l'impression qui s'en dégageait une fois devant ses portes.

Kendrâ Kâr était le genre de cité qui rappelait à Heartless à quel point le monde était rempli de gens différents. Mais elle était bien trop contrôlée à son goût, il n'aimait pas voir des péquins en armure observer chacun de ses faits et gestes. Lorsqu'il eut enfin fini de braver la queue pour arriver jusqu'à l'entrée, un de ces épouvantails lui demanda froidement et avec un ennui palpable dans sa voix :

- Qui êtes vous ? Qu'est-ce qui vous amène ici ?

Le borgne hésita une seconde, pensant que ses débauchés d'un an auparavant pouvaient bien lui causer du tort... mais c'était tellement loin, désormais. Et son nom ne voulait rien dire à l'époque. Il ne voulait toujours pas dire grand chose. Mais un jour, on fera davantage que simplement hausser un sourcil à l'évocation du nom de...

- Sirius Heartless. J'viens pour voir le roi.

En disant cela, il pointa le ciel du doigt. Le garde haussa un sourcil (évidemment) et se replongea dans son registre.

- Allez-y.

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 Sujet du message: Re: Les grandes portes de la ville
MessagePosté: Jeu 24 Nov 2016 00:11 
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J'avais pris une journée supplémentaire hors de la ville exprès pour arriver à l'ouverture des portes. Je voulais éviter les grandes foules. J'aime bien la compagnie en générale mais la masse informe et grouillante que représente la capitale aux heures de pointes m'écoeure. C'est donc dans la fraîcheur qui précède l'aube que je me présentais devant la grande cité.

Un garde qui venait visiblement d'être tiré du lit était appuyé de ses deux bras sur sa lance plantée dans le sol et regardait avec indifférence les rares personnes qui entraient dans la capitale. Ses collègues étaient en retraits et ne se préoccupaient pas du tout des passants. Quand il m'aperçut son attitude changea du tout au tout. D'un coup il se redressa et fixa son regard sur moi. Son mouvement attira l'attention des autres gardes. Bientôt toute la petite troupe me dévisageait alors que je m'approchais. Celui qui m'avait repéré en premier m'ordonna d'un geste de me présenter à lui. J'obtempérais.

L'homme était plus petit que moi d'au moins dix centimètres. Comme tout les autres gardes il était vêtu de l'armure en fer, propre à ses fonctions. En m'approchant je pus distinguer plus nettement son visage. Il avait un grand front fuyant sur une calvitie avancée. L'autre partie de cette surface anormalement grande en proportion de sa petite tête était délimitée par un unique sourcil broussailleux et roux. En continuant de descendre le long de ce faciès disgracieux on arrivait sur deux yeux verts trop écartées qui me fixaient méchamment. Son nez n'avait pas été épargné non plus, visiblement cassé et mal remis, il formait une courbure improbable ajoutant à la difformité de ce visage. Plus bas encore, là où aurait dû se trouver bouche et lèvres, il n'y avait qu'un mince trait. Il ne semblait pas y avoir de rupture entre le début de sa moustache mal entretenue et de sa barbe rousse comportant de nombreux trous. L'ensemble était parsemé de tâches de rousseurs et encadré par de grandes oreilles décollées. Il était affreusement laid.

"Qu'est ce qui t'amènes à la capitale?"

Il avait détaché chacune des syllabes du dernier mot, comme si il représentait un concept qui m'échappait. Les autres gardes formèrent un demi cercle autour de leur confrère et moi. Sur le côté les gens qui passaient la porte ralentissaient pour observer la scène. Moi qui espérais faire une arrivée discrète et tranquille, c'était raté. J'ignorais pourquoi ils avaient voulus me prendre à part de la sorte mais je n'avais rien à gagner en provoquant un incident ici. Ravalant ma fierté et ma colère je répondais le plus aimablement possible.

"Je suis un chasseur qui vient de Shory. Je suis ici pour vendre des peaux et je recherche également une personne qui a disparu."

D'un geste de la main le garde qui m'avait interpelé indiqua à un de ses compagnons de s'approcher de moi. Je compris ce qu’il attendait et sans un mot donnai l'ensemble de mes affaires. Alors qu'il fouillait minutieusement, l'autre continua son interrogatoire d'une voix agressive.

"-Ton nom?

-Harper.

-Ton âge?

-Dix-neuf ans.

-Combien de temps tu comptes rester ici?

-Je l'ignore.

-Comment ça?

-Le temps qu'il faudra pour que je trouve la personne que je cherche ou une piste me menant à elle.

-C'est qui cette personne?"

Chacune de ses questions avait été aboyée. De nombreux postillons m'avaient aspergés tout au long de cet interrogatoire qui relevait plus de l'intimidation que d'autre chose. J'avais le sentiment qu'il n'écoutait même pas mes réponses. Je n'étais vraiment pas d'humeur à servir de faire valoir à un garde en manque d'autorité et je faillis perdre patience. La rage qui grandissait en moi menaçait de prendre le dessus. Luttant pour garder mon calme, je tentais de répondre en gardant un ton égal. Le pendentif où sommeillait Sélène se rappela soudain à ma mémoire.

"Une amie.

Vous entendez ça les gars?! Il s'était retourné vers le reste de la troupe. Il a perdu sa chéri et il pense qu'elle veut le revoir!"

J'avais menti espérant que cette version passerait inaperçu, ça avait raté. Sa remarque grossière provoqua l'hilarité de son groupe tandis qu'il me toisait d'un air narquois. Il cherchait visiblement à me provoquer pour que je lui donne une raison d'exercer ses pouvoirs. Il était hors de question que je lui fournisse ce plaisir. Malgré toute la haine que j'avais contre cet homme, je me contentai de soutenir son regard, je me forçai même à sourire. Contre mon torse mon pendentif venait de perdre plusieurs degrés.

Le garde qui avait fouillé mon sac se pencha à l’oreille de mon interlocuteur et y chuchota quelques mots que je ne pus pas entendre. Il écouta sans détacher son regard de moi. Ce n'est qu'une fois que l'autre eut finit son rapport qu'il se tourna avec lui, demandant à mi voix.

"T'es sûr?"

Sur un acquiescement de son collègue il saisit l'ensemble de mes affaires et me les tendis visiblement à contre cœur. Alors que je faisais mine de les récupérer il les éloigna d'un coup sec de mes mains.

"Ecoute moi bien "Harper". Il avait volontairement accentué mon nom. J'ignore ce que tu viens faire dans ma ville, mais sache qu'on t'a à l'oeil. Au moindre écart, ce sera les geôles voire pire. Crois moi on te le fera vite regretter si t'essaies de jouer au plus malin. Je prendrai plaisir à m'occuper personnellement de ton cas, ose juste m'en donner l'occasion. Compris?"

L'hilarité qui avait précédé s'était effacée de tous les visages pour céder la place à des regards agressifs. Sans dire un mot j'acquiesçais et me saisissais de nouveau de mes affaires. Cette fois il me laissa les attraper. Mes biens récupérés je dus me forcer un passage entre les gardes qui s’écartaient de mauvaise grâce pour que je puisse atteindre la porte. J'avais des envies de meurtre quand je pénétrais enfin dans la capitale. Mon pendentif était glacé.



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 Sujet du message: Re: Les grandes portes de la ville
MessagePosté: Ven 9 Déc 2016 17:58 
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On ne se rend pas bien compte de l'attachement que l'on peut avoir pour un lieux avant de l'avoir quitté. C'était cette réalisation qu'expérimentait Anastasie en ce jour. Car Kendra Kâr lui avait manqué à un point qu'elle n'aurait jamais pu imaginer. Bien sûr ce n'était pas la première fois qu'elle avait quitté la capitale ; maintes fois son père l'avait emmenée avec lui en voyage, notamment en Imiftil et même une fois sur le Naora. Mais elle connaissait l'exact moment de leur départ et l'exact moment de leur retour. Ils partaient pour une durée fixe et lorsqu'ils arrivaient dans une nouvelle cité elle n'avait rien d'autre à faire que visiter, manger des spécialités locales et acheter des souvenirs, bien protégée derrière ses gardes du corps. Mais ce n'était là que la seconde fois qu'elle quittait la Cité Kendrane sans filet de sécurité, sans réelle protection et, avant tout, sans savoir quand elle serait de retour. La première fois elle n'avait pas quitté les Duchés et ne s'était absentée qu'un peu plus de deux semaines ; cette fois elle revenait de deux longs mois d'absence loin des siens.

« Nom et motif de votre visite, » demanda d'un air solennel un garde.
« Anastasie Terreblanc ; je vis ici, » répondit la jeune femme avec un large sourire.

Elle vivait ici, en effet.

« Oh, veuillez m'excuser Mademoiselle, » fit le soldat en s'écartant du chemin. « Je ne vous avais pas reconnue. »

La Comtesse le rassura d'un signe de la main avant de serrer les talons pour commander à Fenrir d'avancer. Elle avait déjà vu cet homme à de nombreuses reprises devant les portes de la ville mais elle ne pouvait le blâmer de ne pas avoir deviné son ascendance d'un simple coup d'oeil. Il fallait dire que les changements, tant dans son comportement que dans son physique, étaient de plus en plus extraordinaires. Bien sûr, quelques mois plus tôt elle se serait offusquée de ne pas être reconnue ; les gardes en charge de cette surveillance étaient toujours les mêmes, pour gagner du temps lors des fouilles et interrogatoires, et reconnaître les nobles et autres personnages importants étaient une part de leur travail. Ainsi il était de coutume de simplement s'écarter à l'approche d'un aristocrate, qui avait loisir de passer outre la file d'attente pour pénétrer directement dans la cité sans aucun problème. Un passe-droit agréable, en somme, mais quelque peu injuste : beaucoup d'autres personnes vivaient dans la cité mais devaient inlassablement répondre à des questions et voir leurs cargaisons fouillées, s'ils en avaient. Mais en ce jour Anastasie était trop heureuse de cet acquis pour s'en passer : elle n'avait pas vu le visage de l'un de ses amis depuis un long moment et tout son corps rêvait d'un bain bouillant et d'un massage.

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 Sujet du message: Re: Les grandes portes de la ville
MessagePosté: Mar 13 Déc 2016 21:29 
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III.6 A l'intérieur de la grotte.

Je me réveil beaucoup plus tard, Sylve guettant mon retour à la réalité.

"Je vais commencer par croire que c’est une manie chez toi. Comment fais-tu pour te retrouver toujours dans un tel état en à peine un mois ?" Me demande-t-elle.

"« Ca » être Shaakt. Shaakt attirer problèmes." Je lui réponds en regardant mon environnement.

Il fait jour. Notre caravane est en route, mais je vois loin derrière une immense cité. Il ne m’en faut pas davantage pour comprendre que Bouhen est derrière nous et que notre prochaine destination est Kendra-Kâr. Beaucoup de personnes ont quitté le convoi et d’autres nous ont rejoints. J’espère que ce ne sont pas les personnes qui me détestent qui sont encore présentes.

"Cette fois-ci tu ne me quittes plus." Reprend la semi elfe. "Tu vas rester à travailler tout le reste du voyage et je te garantis que tu vas en baver c’est compris ?" Continu-t-elle sur un ton autoritaire.

Je la détaille un instant me remémorant ce qui s’est passé la veille. Malgré son attitude colérique je vois de la tendresse dans ses yeux. Bon je n’ai pas l’habitude de voir ce genre de regard, mais c’est ce qui semble se rapprocher le plus. Je crois que je l’ai beaucoup inquiétée avec mon escapade nocturne. J’acquiesce de la tête et me met de nouveau au travail.

"« Ca » être prêt ! Impatient apprendre."



La route pour atteindre Kendra Kâr est aussi longue que pour atteindre Bouhen. Une telle distance me conforte dans l’idée qu’aussi loin de mes origines, mes anciennes connaissances ne sont plus un danger pour moi. Sylve a tenu sa parole et m’a fait travailler tout le long du voyage. Pour le reste, je me suis contenté de me mêler un peu aux gens lorsqu’ils le voulaient. Il n’est pas nécessaire de passer pour un bon samaritain quand on risque de ne plus jamais revoir les personnes. En particulier lorsque celles-ci ont une image très mauvaise de vous au premier regard.

Ainsi les journées passent jusqu’à notre arrivée à Kendra Kâr, sous un ciel bleu parsemé de nuage. Je demande quels sont les bâtiments autour de la grande ville, mais ma protectrice et tutrice ne parvient qu’à répondre à ma question en me désignant uniquement les noms des lieux : le Nobélium, l’ecclesia ainsi que la plateforme d’embarcation où l’on aperçoit une cynore partir. En revanche, j’ignore encore les raisons d’être de ces deux autres lieux. Ils ne semblent pas conçus pour résister à une offensive surprise ou est-ce que Kendra Kâr n’a justement aucune crainte à ce sujet. Je laisse mes doutes de côté pour admirer la ville en elle-même. D’immenses murs parsemés de tours de guets encercle la ville, compensant fortement le défaut les bâtiments extérieurs. Même de loin je percevais malgré la forte lumière, les silhouettes du grand nombre des soldats en poste. Une forme d’intimidation émane de ce lieu où un simple regard sur la ville permet de comprendre sa nature profonde. Nous sommes libres et nous défendrons nous liberté à tout prix ! En moi la peur de l’inconnue et l’excitation d’intégrer la ville se mêle. La ville semble immense vu de l’extérieur et une multitude de culture s’y mélange. J’espère que ce lieu répondra à mes attentes.

Le flot de personnes qui entrent et sortent ne cesse pas. Il nous faut faire preuve de patience pour finalement atteindre les portes.

"Il y a un poste de garde qui scrute la moindre personne entrante à l’intérieur des murs." M’informe la semi elfe. "Je te conseille de te dévêtir la tête et de donner toi-même les documents du conseil, cela prouvera ta bonne foi."

J’acquiesce de la tête et exécute parfaitement les consignes lorsque les gardes arrivent à nous, ou plutôt à moi. Il me faut me dévêtir pour montrer que je ne cache pas d’arme ainsi que montrer l’intégralité de mes affaires. Il serait étrange de voir un assortiment de lames pour un prétendu apprenti magicien. Après cette longue inspection on me laisse finalement rentrer. J’ai rarement senti un tel soulagement. Heureusement que les gardes ne voyaient pas cette expression de satisfaction sur mon visage, ils auraient pu mal interpréter mon sentiment. Lorsque nous traversons les portes, le brouhaha de la ville et son ambiance de gaieté nous submerge et elle est très loin de ressembler à Omyre.

"J’espère que tu es prêt, car c’est ici que tu peux commencer à être qui tu veux."

Je la regarde avec un réel sentiment de reconnaissance pour tout ce qu’elle fait pour moi.

"Je être prêt et impatient d’apprendre !"

"Tu as fait quelques progrès dans la langue, mais il te reste encore beaucoup à apprendre. Continu de travailler."

IV. La faculté de magie.

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 Sujet du message: Re: Les grandes portes de la ville
MessagePosté: Lun 26 Déc 2016 00:45 
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Plus la cité se fait proche, plus Maltar se fait discret et met son entrainement de côté. Il espère rentrer à Kendra Kar sans encombre, ce qui implique de ne pas trop faire de vagues.

Le soir avant son arrivée aux portes de la ville, il bivouaque près d'un ruisseau. A contrecoeur mais s'y sentant contraint, le gobelin y fait un brin de toilette, pour la même raison. Son délicat fumet de vagabond poisseux n'est probablement pas de nature à lui rendre service. Tant pis pour les poissons en aval... Il prend aussi la peine de décrasser ses vêtements avant de les faire sécher vers un feu préalablement allumé.

Pendant qu'il frotte, Maltar se dit qu'il aurait tout de même bien besoin d'une tenue un peu plus passe-partout, du genre à peu près propre dans un tissu pas trop moche qui lui donnerait l'air civilisé si on y regarde pas trop. Ses frusques sont parfaites tant qu'il court les campagnes ou traine dans des villes comme Dahram. Mais elles lui fermeront sans doute bien des portes à Kendra Kar. Maintenant qu'il a une monture pour transporter ses affaires, il peut se permettre ce type de fantaisies sans s'effondrer sous le poids de son paquetage.
Il verra plus tard. Ce n'est de toute façon pas entre ici et les portes kendranes qu'il trouvera les vêtements qui camoufleront un peu plus la crasseuse et sadique noirceur de ses moeurs. Alors, il frotte, fait son possible pour chasser le gros des tâches de sang et de boue, ainsi que toute la sueur rance qui s'est accumulée avec les semaines de maraude.

Une fois peau et tissus débarrassés de toute crasse, Maltar se munit d'une couverture et part dormir caché dans les cimes d'un chêne. Comme à son habitude : que d'une oreille et prêt à mordre.

Il se lève le lendemain matin dès l'aube. Ses affaires sont maintenant vaguement sèches. Il s'équipe, range son paquetage et mange rapidement un morceau de boeuf séché avant de partir en direction de la cité, la bride de "grand dada" derrière lui.

Il arrive en vue des hautes tours de la puissante cité peu après midi. Un immense va et vient de badauds divers, de paysans, de commerçant qui s'affairent au pied des murailles. Ça rentre et ça sort de la ville dans un parfait chaos, sous l’œil passif de quelques miliciens veillant plus ou moins au grain. Un royaume sûr de sa puissance et une ville loin des conflits. Ça fleure bon la décadence et le laissé-aller.
Maltar se glisse dans la foule, refrène son envie trancher quelques bourses (le moment est mal choisi) et passe finalement sous l'épaisse muraille comme papa dans maman : facilement mais dans le bruit.

la suite ici

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Dernière édition par Maltar le Lun 27 Fév 2017 22:08, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les grandes portes de la ville
MessagePosté: Dim 26 Fév 2017 22:42 
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Entre les passants, l'habit pourpre de l'enfant ne passait pas inaperçu. On voyait bien qu'il était poursuivi, mais bien peu réagissaient – ils avaient autre chose à faire, naturellement, et Helboldt grommelait contre cet amas d'incapables qui, bien loin de l'aider, l'empêchaient de passer aussi facilement que Ferdinand, capable de se glisser souplement entre ces membres s'agitant dans tous les sens. À cette heure-ci, peu avant la fermeture des Portes de la ville, de nombreux voyageurs ou citadins parcouraient la Grand-Rue, que ce soit pour trouver une auberge, faire quelques achats avant la tombée de la nuit ou simplement aller discuter avec des connaissances. L'artère centrale de la ville était bondée et, plusieurs fois, Helboldt tressaillit en croyant avoir perdu de vue le fugueur avant de le repérer à nouveau, toujours un peu plus loin.

Malheureusement, ses jambes n'étaient plus aussi rapides à force de passer ses journées à lire et à enseigner, alors que celles de l'enfant portaient sans mal son corps encore fin mais néanmoins capable de mille galipettes, gambadant et sautillant dans tous les sens déjà dans le jardin et maintenant dans la rue. Ils s'éloignaient du centre de la ville, laissant le Château derrière eux ainsi que les étals du marché qui commençaient à fermer, ajoutant au remue-ménage de la soirée, et bien vite les dernières habitations furent dépassées : ils étaient déjà aux portes de la ville, entre lesquelles les derniers arrivants se frayaient hâtivement un passage sous l'inspection des Gardes.

- Ferdinand ! Attends ! cria le professeur.

Mais c'était déjà trop tard. Profitant de l'occupation des Gardes pressés par les derniers voyageurs traînards à destination de la capitale, trop harassés par les journées de voyage qu'ils avaient eu à subir pour patienter encore un peu, l'enfant se faufila, évita les Gardes, plongea sous une charrette arrêtée et ressortit de l'autre côté après s'être traîné dans la boue tel un vulgaire ver de terre. Il se releva et adressa un ultime regard provocateur à son poursuivant bloqué, en exhibant bien haut ses couleurs ternies. Puis, ne souhaitant pas être rattrapé aussitôt, il se mit à courir, vite, trop vite, aussi libre que l'air, sur le chemin qui s'éloigne, vers la verdure du monde et la nuit vagabonde.

Helboldt ferma les yeux quelques instants, réfléchit rapidement pour trouver une solution. Il ne pouvait laisser Ferdinand s'échapper pour des raisons évidentes, mais le passage des portes allait s'avérer difficile – et surtout le retour à Kendra Kâr – d'autant plus qu'il n'avait pour ainsi dire aucune chance de rattraper l'enfant à la course sur les chemins de campagne et dans les bois. Car le petit garçon allait certainement tenter de se cacher dans la forêt au Nord de Kendra Kâr ou dans l'un des bois non loin, où il serait presque impossible de le retrouver rapidement si Helboldt ne réagissait de suite. Soudain, il releva le visage et, malgré le trouble dans lequel il était plongé, essaya de cacher en partie la livrée de la maison Cappique en s'approchant. Arrivé au niveau des Gardes, il haussa la voix et s'adressa à eux, aussi impératif et impérieux que possible :

- Écartez-vous ! Gardes, au rapport : vous venez de laisser s'échapper un fugitif ! inventa-t-il en se souvenant d'un des rares romans qu'il avait pu lire. Les circonstances sont dramatiques, je décrète l'état d'urgence capitale dans cette zone – non, ce n'était pas un enfant, voyons ! C'était un Sinari, et détenteur d'informations confidentielles relevant de la sûreté du Royaume, du Roi lui-même, de la guerre contre la maléfique Oaxaca, de la victoire de Gaïa et du Bien sur les horreurs Omyriennes ! Il s'emportait tout à fait : mais au moins, les Gardes semblaient impressionnés - ou simplement médusés. Alors vous êtes Garde de la porte mais vous n'y voyez rien ! Cela suffit – oui, je suis en civil, mais c'est pour ne pas me faire repérer : votre incompétence est flagrante ! Ne me posez point d'autre question, je suis en mission exceptionnelle et la fuite de cet individu doit être notre priorité, à tous !

Les yeux froncés et accusateurs, il agita les mains dans tous les sens pour faire comprendre qu'il ne rigolait pas – ce n'était pas gagné – et, sans laisser le temps à l'un des Gardes de répliquer à ses élucubrations exagérées, il décréta :

- Bouclez-moi la zone ! Si l'on vous demande de quoi il retourne, restez muet jusqu'à mon retour, vous m'entendez ? Nous sommes dans une situation dra-ma-tique, asséna-t-il en martelant chacune des syllabes du mot. Vous ! fit-il à l'un des voyageurs qui écoutait son baratin, interdit, donnez-moi ce cheval ! Il est réquisitionné pour causes exceptionnelles : vous irez vous plaindre au Roi Solennel VI si vous avez quoi que ce soit à dire !

Et, sans attendre davantage de réponse, il saisit l'animal par le licol et le lui arracha des mains.

- Allons, vous nous remercierez lorsque la menace Omyrienne ne pèsera plus sur nous ! ajouta-t-il en pressentant un refus catégorique du pérégrin – il venait de monter dessus d'un geste vif, parvenant à s'y maintenir non sans mal mais sa prestance orale semblant laisser les spectateurs médusés. Place ! Place !

Les badauds qui se massaient derrière les portes furent bien forcés de s'écarter tandis qu'il se mit à galoper sur la route qui quittait la ville, laissant derrière lui cris et exclamations. « Mon cheval, mon cheval ! » (Tant pis pour ton canasson, mon gros. J'ai pas envie de perdre ce travail... Et Cappique pourra bien te faire rembourser.) Plus loin, il distinguait nettement une tâche pourpre qui avançait et qui, d'un coup, disparut entre les branches et buissons de la forêt. Il n'y avait plus de temps à perdre : la bête se montrait exceptionnellement docile et il suffisait de galoper, galoper jusqu'à l'orée de la forêt où il faudrait l'abandonner pour trouver un garçon décidément très embêtant.



Après

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 Sujet du message: Re: Les grandes portes de la ville
MessagePosté: Mar 16 Mai 2017 15:45 
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En ce début d'après midi, une foule importante se pressait sous le ciel gris aux portes de la ville. Marchands et passants se suivaient ou se croisaient, parfois se bousculaient légèrement, et la rue résonnait d'éclats de voix et du bourdonnement continu des conversations.

La foule était la meilleure alliée de Mydria. Si les gardes à l'entrée de la ville avaient coutume d'interroger les entrants et sortants sur leur identité et leurs motivations, ils ne pouvaient s'intéresser à tout le monde avec une telle affluence. Avec un peu de chance, la jeune fille parviendrait à...

"Jeune homme, venez un peu voir par ici!"

Tournant la tête vers l'endroit d'où provenait la voix, Mydria étouffa un juron: le regard du garde était indéniablement posé sur elle, et prétendre ne pas l'avoir entendu serait plus que suspicieux. Fuir était également impossible, la foule empêchant la jeune fille, pourtant pas bien grosse, de se faufiler hors de la cité.

Elle plaqua un sourire tranquille sur ses traits et se dirigea vers le garde d'une démarche assurée. Faussement assurée.

"Que puis-je pour vous?" Lança-t-elle d'une voix qu'elle maintenait dans le grave. Bien sûr, même avec les plus grands efforts, elle ne passerait pas pour un modèle de virilité; mais le rôle qu'elle avait décidé d'incarner était celui d'un jeune garçon à peine adulte qui désirait vivre l'aventure avec un grand A et se faire passer pour un héros. Cela, espérait-elle, justifierait son timbre de voix parfois un peu forcé.

Le garde l'examina de la tête aux pieds, visiblement soupçonneux.

(J'aurais dû enlever la cape. Rien de plus louche qu'un type qui s'obstine à masquer son visage...) Pesta intérieurement la jeune fille.

"Comment vous appelez-vous?" Demanda le garde après un instant de silence.

"Selyel Tern. Retenez bien ce nom, c'est celui d'un futur héros!"

"Et pourquoi le futur héros veut-il quitter la ville?"

"Pour trouver l'aventure, pardi! On ne devient pas une légende en attendant le c*l posé sur une chaise!"


Le garde soupira, toute méfiance envolée. Mydria, elle, se prenait au jeu et avait du mal à se retenir de rire. Son sourire était maintenant tout ce qu'il y avait de plus sincère, et les commissures de ses lèvres étaient agitées de très légers soubresauts, uniques témoins de l'hilarité qui la menaçait. Par bonheur, le garde ne la dévisageait plus.

"Dans ce cas, je vous souhaite toute l'aventure du monde. Circulez, et n'allez pas vous faire tuer."

"Je suivrai votre conseil à la lettre, vaillant gardien!" S'exclama la jeune fille en se dirigeant à grands pas vers les portes. Quelques instants plus tard, elle était dehors. Elle parcourut encore une centaine de mètres avant de céder à un inextinguible fou rire qui ne la quitta que difficilement.

"Selyel Tern! Finit-elle par articuler, les larmes aux yeux. "Un bien sympathique personnage! Il ne reste qu'à espérer que ce brave garçon ne rencontre pas trop de gardes méfiants sur son chemin, ou je crains bien de trop prendre goût à l'incarner!"

Sur ce, elle se mit en route, d'humeur considérablement plus joyeuse que ce matin.


(((Vers la route entre Kandra-Kâr et Oranan)))

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 Sujet du message: Re: Les grandes portes de la ville
MessagePosté: Dim 21 Mai 2017 16:11 
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(Enfin !)

Kay tira légèrement sur les rênes de Chevauchante pour la faire ralentir et lui permettre de contempler les immenses portes de pierre de la cité. Kendra Kâr, enfin. Elle y arrivait après une dizaine de jours de voyage qui lui en avait paru durer au moins le triple. Machinalement, elle gratta le bandage de fortune qu'elle avait au bras. Malgré l'attaque des deux bandits, elle s'était forcée à reprendre la route dès le lendemain et elle qui avait cru que rien, en terme de supplice, ne pouvait dépasser son deuxième jour, fut amèrement détrompée. Avec son bras blessé, elle avait eu du mal à diriger son cheval, ses fesses n'étaient toujours pas habituées et ses pieds s'étaient déchirés sur toutes les racines, toutes les branches d'arbre, toute la pierraille coupante du sol sur lequel elle s'était battue. Elle avait d'abord voulu rembourrer ses bottes de tissu, mais, en vérité, c'était encore pire ainsi. Ravalant sa souffrance, elle avait dû faire avec.

Heureusement, il n'y eut plus aucune attaque, plus aucun désagrément d'aucune sorte. Son fessier se raffermit, son bras cicatrisa rapidement et, au bout de quatre jours supplémentaires, elle atteignit le lac de Hynim, au nord de la frontière du royaume Kendran. Là, elle put un prendre un bateau et descendre le long du fleuve tranquille reliant le lac à la mer. Ces deux jours lui furent très agréables - et reposants. Elle apprécia le doux roulis, les paysages verdoyants défilant devant ses yeux (cela la changea des austères montagnes d'où elle revenait). Arrivée au niveau de la mer, elle descendit de l'embarcation, fit ses adieux aux marchands - de bonnes gens qui avaient été très attentionnés envers elle - et remonta sur Chevauchante. Quelques heures plus tard, elle y était.

(Plus qu'à trouver cette fameuse auberge dont m'avait parlé messire Illinwë.)

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Kay de Kallah, Maître d'Armes et demie-Sindel

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 Sujet du message: Re: Les grandes portes de la ville
MessagePosté: Dim 20 Aoû 2017 11:45 
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Mon arrivée aux portes de la ville se fait sous une légère pluie qui, malgré sa finesse, à complètement détrempée mes vêtements. A l'entrée, se trouve une troupe assez fournie de soldats qui surveille les portes et fouille toutes les personnes qui entrent ou sortent de la ville.

Je m'avance vers l'un d'eux et l'interpelle : « B'jour soldat, j'viens d'Mertar et j'souhait' entrer à Kendra-Kâr. »
Le soldat semble avoir passé sa journée à garder les portes étant donné qu'il est également complètement mouillé. Son caractère s'en ressent donc, malgré cela, je ne semble pas le déranger.
« Bonjour, pourriez vous venir ici que je puisse vous inspecter ? » Me dit-il en me dirigeant vers un des côtés de l'entrée afin de laisser place pour la circulation.
Après être passé au crible, le soldat me fait signe de continuer ma route. Je remercie de soldat mais celui-ci est déjà occupé avec un autre passant.
J'entre donc en ville curieux de découvrir ce que cache ces grands remparts.


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Tharïn, Thorkin, Guerrier


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 Sujet du message: Re: Les grandes portes de la ville
MessagePosté: Lun 18 Sep 2017 23:25 
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Localisation: Nessima, Naora
Le temps est maussade et la pluie menace alors que je parviens en fin d'après-midi aux vastes portes de la capitale. Toute une foule se presse pour entrer en ville, un afflux canalisé et freiné par une solide garde qui contrôle tout et tout le monde. Plus rares sont ceux qui quittent la ville, sans doute parce que partir de nuit n'est pas l'option la plus engageante, mais ces quelques personnes et chariots participent au ralentissement de la file qui souhaite pénétrer dans les murs. Je me place sagement derrière ceux qui sont arrivés avant moi, mon Silnogure attirant comme de coutume bon nombre de regards plus ou moins inquiets. Il est d'ailleurs plus nerveux que d'habitude, la faute à ce trop grand nombre de gens amassés autour de lui, ce qui ne manque pas de m'inquiéter légèrement. Je passe une main autour de son encolure et tente de l'apaiser en lui parlant calmement, avec un résultat assez mitigé en vérité. Trop de monde, trop d'odeurs inconnues, de bétail en tout genre qui représente pour lui des proies alléchantes, il va falloir que je le garde sérieusement à l'oeil durant mon séjour dans cette cité.

Il faut près d'une heure pour que je parvienne enfin devant les gardes qui me bloquent l'accès de leurs hallebardes croisées, visiblement pas très tranquilles quant à mon impressionnant compagnon. L'un d'eux s'avance néanmoins et demande d'un ton las:

"Raison de votre visite, sieur?"

"Une halte de quelques jours, j'ai besoin de repos et de réapprovisionnement."

Le garde désigne mon fauve du menton et précise:

"Tenez votre animal serré et vos armes au fourreau, nous ne voulons pas de grabuge en ville, est-ce bien clair?"

"Limpide, soldat. Vous n'entendrez pas parler de moi."

"Bien. Passez, et bon séjour en notre cité."

Je le remercie d'un signe de tête, un peu forcé parce que sa manière de me demander si les choses sont bien claires aurait tendance à me rendre vaguement cassant, en particulier venant d'un humain, puis j'entre en ville d'un pas pressé. Plus vite je trouverai un endroit tranquille pour apaiser Sinwaë mieux cela vaudra.


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