L'Univers de Yuimen déménage !


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 Sujet du message: Re: Les terres cultivées autour de Kendra Kâr
MessagePosté: Lun 13 Juil 2015 09:26 
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Sa première destination fut le verger. Les nuages d'automne cachaient la lune, rendant sa vision très limitée et conférant à l'endroit un aspect lugubre qui ne l'avait jusqu'alors jamais frappée ; mais peut être était-ce la perspective de se mettre à la recherche d'une créature que toute personne saine d'esprit aurait fuie qui lui donnait cette impression. L'obscurité ambiante rendait l'exploration des lieux très compliquée et Anastasie mit plusieurs minutes avant de trouver l'endroit de l'attaque. Elle le reconnut aux traces de sang séché qui traînaient un peu partout ; il n'avait que peu plut ces derniers temps, et visiblement pas assez pour effacer la sinistre trace de l'agression de Marielle. Elle s'accroupit pour mieux observer l'herbe et les sombres tâches qui la paraient, à la recherche de traces plus noires encore que l'était l'hémoglobine à l'abri de la lumière ; ce n'était pas chose aisée, mais elle finit par mettre la main dessus. C'était une manière visqueuse, presque semblable à du sang, mais plus gluant, moins fluide.

Une bourrasque de vent vint soulever quelques feuilles derrière Anastasie, qui se redressa vivement pour se tourner vers la source du bruit, le cœur battant soudain la chamade. Elle était nerveuse.

( Mais qu'est-ce que tu fais là, idiote ? ) s'énerva-t-elle contre elle-même.

Quelques semaines plus tôt, la moindre histoire de croque-mitaine racontée après le couché du soleil la faisait veiller d'angoisse jusqu'au milieu de la nuit, et voilà maintenant qu'elle partait elle-même à la recherche d'une créature bien plus effrayante encore. Elle prit quelques secondes pour calmer l'excitation de son cœur avant de se retourner vers la trace noire. Elle n'était pas isolée, et la jeune femme se retrouva très vite avec une piste toute tracée vers le centre du verger. Elle la suivit avec prudence, une main sur le pommeau de son épée et les yeux se tournant vers le moindre bruit suspect. Elle ressentait à la fois une certaine excitation malsaine qu'elle avait bien du mal à s'expliquer et une peur incontrôlable, lui criant de rebrousser chemin et d'aller se coucher, mais à mesure que la première enflait, la seconde faiblissait doucement, jusqu'à ne plus être qu'un murmure laissant la jeune femme de marbre.

( Je ne me serais jamais cru courageuse, ) songea-t-elle, plutôt fière d'elle.

La piste continua sur quelques centaines de mètre avant de s'arrêter à quelques dizaines de pas des bois du domaine, ceux-là même où elle s'était faite agresser par les deux bandits. Une boule se forma dans son ventre au souvenir d'Algus, son défunt fiancé. Elle ne l'avait que peu connu, mais elle se sentait toujours un peu responsable de sa mort, c'était elle qui avait voulu s'éloigner toujours plus, faisant fi du danger, et c'était pourtant elle qui avait survécu. Elle chassa ses pensées morbides, se concentrant de nouveau sur sa tâche à accomplir. Elle était consciente qu'elle devrait probablement pénétrer dans ces bois si elle voulait débusquer la créature, mais cette perspective ne l'enchantait guère.

Préférant ne laisser aucune piste de côté, elle décida d'aller d'abord inspecter le lieu où l'on avait trouvé le corps inerte de la petite fille, le jour même, avant de se rendre dans les bois, si lugubres dans la faible clarté de la nuit. C'était à l'entrée du domaine, à portée de vue du garde qui surveillait l'entrée de la maison, aussi fit-elle un grand détour pour éviter de se faire repérer et s'arrêta-t-elle à quelques mètres de l'endroit où s'était trouvé le corps un peu plus tôt dans la journée pour rester en dehors de son champs de vision. Là aussi, les bois n'étaient qu'à quelques mètres, et Anastasie soupçonnait que le traqueur ne s'en soit servi de cachette en attendant qu'une personne peu soucieuse ne s'aventure trop loin du confort sécurisé du manoir pour lui sauter dessus. Elle s'accroupit et observa le sol tout autour d'elle, à la recherche des mêmes traces noires qu'elle avait laissé quelques minutes plus tôt.

Elles étaient encore plus visibles, ici, offrant un chemin dégagé jusqu'au traqueur, et comme la noble s'en doutait, elles indiquaient évidemment les bois. Anastasie se mordilla la lèvre inférieure, peu emballée. Elle aurait préféré l'affronter à découvert plutôt que dans un endroit d'où il pourrait surgir derrière chaque arbre pour la prendre par surprise.

( Mais pourquoi ne m'attaque-t-il pas ? Je suis seule, il fait nuit, personne n'est là pour me protéger et je suis toute petite... Serait-ce l'épée ? Ou bien mes fluides... )

La jeune femme était soudain encore moins rassurée, la créature était certainement bien plus intelligente que ce qu'elle avait envisagé, ou disposait d'un instinct particulièrement développé.

« Je sais que tu es là, » murmura-t-elle en direction des bois. « Je sais que tu me vois, mais je t'aurais. »

Comme en réponse à ses paroles, un râle sinistre se fit entendre face à elle, dans les bois. Elle en était à une bonne centaine de mètres.

( C'est ça, fais le malin. )

Elle dégaina son épée courte de la main droite et s'avança d'un pas décidé vers les arbres. La peur et l'excitation se mêlaient à part presque égale, créant une adrénaline qu'elle n'avait jusqu'alors jamais expérimenté. Quand elle pénétra finalement dans le bois, la peur commença à prendre le pas sur sa détermination, mais elle chassa ses doutes et se concentra sur la mission qu'elle s'était donnée.

Elle était maintenant dans un noir presque total, ne distinguant que quelques contrastes de ténèbres différents. Elle entendait les criquets et les chouettes rythmer ses pas à mesure qu'elle s'enfonçait toujours plus profondément entre les gigantesques feuillus ; elle savait que le traqueur obscur pouvait surgir derrière n'importe lequel d'entre eux mais elle continuait de progresser à une vitesse soutenue, taisant ses angoisses, et si chaque bruissement de feuille alimentait un peu plus son sentiment d'insécurité, sa confiance en elle s'en retrouvait proportionnellement grandie à chaque fois.

Elle était profondément avancée dans les bois lorsqu'elle l'aperçut pour la première fois. Il était monstrueux, à la fois humanoïde et bestial, pâle et sombre, de longues griffes parcourant ses doigts. Quand il la vit, il se mit à courir – ou du moins se déplacer à une certaine vitesse – dans le sens contraire. Anastasie ne savait pas très bien s'il avait réellement peur d'elle ou voulait la mener dans un piège, mais elle le prit en chasse sans attendre de réponse. Elle devait avancer prudemment pour éviter les racines et autres obstacles qui pourraient se dresser sur son chemin dans l'obscurité de la forêt, aussi la créature – probablement habituée à la nuit – la distança sans mal, malgré ses déplacements hachurés tout à fait particulier. Elle l'aperçut de nouveau au détour d'un arbre, mais là encore le traqueur la fuit.

( Mais qu'est-ce qui lui prend ? )

Elle eut bien vite une réponse, cette fois-ci, lorsqu'elle atterrit dans une plaine où l'attendait la créature, lui faisant face.

( Il a compris que ce serait un combat et non un massacre, ) supposa Anastasie. ( Il doit penser que me tuer prendra du temps et ne veut pas risquer d'être interrompu par les gardes. Je crois qu'il est bien plus intelligent que ce que j'espérais. )

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 Sujet du message: Re: Les terres cultivées autour de Kendra Kâr
MessagePosté: Lun 13 Juil 2015 09:26 
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Immédiatement, le traqueur tendit ses bras vers elle, lui laissant voir les yeux qui trônaient dans les paumes de ses mains. Anastasie sentit comme une épaisse brume pénétrer son crâne et elle se retrouva bientôt incapable du moindre mouvement, alors que la créature approchait lentement dans sa direction, maintenant les bras tendus. La jeune femme était désorientée, elle ne parvenait pas à réfléchir correctement et chaque fois qu'elle tentait de rassembler ses esprits elle sentait une violente décharge malmener sa cervelle. A mesure que le monstre approchait, le contrôle mental se faisait de plus en plus violent, et lorsqu'il fut à seulement quelques pas d'elle, une douleur insoutenable s'empara de son cerveau, lui arrachant des hurlements de douleur. C'était pour cela qu'il les avaient éloignés du manoir.

Maintenant à quelques centimètres d'elle, le traqueur maintint le contrôle de son bras gauche et leva le droit en l'air alors qu'elle laissait tomber son arme au sol ; il s'apprêtait à l'abaisser sur le visage de la jeune femme, clôturant un duel qui aurait été bien court. Mais, la magie obscure qu'utilisait la bestiole étant affaiblie par l'emploi d'un unique membre, Anastasie réussit à se défaire de son contrôle au dernier moment, se laissant tomber à la renverse alors que le traqueur abattait sa griffe dans un mouvement qui lui aurait été fatal. Le choc de sa chute lui coupa cependant le souffle quelques secondes, qui suffirent à la créature pour lui sauter dessus. Elle s'apprêta une seconde fois à déchirer le visage de la jeune femme, mais celle-ci attrapa son épée et la planta dans le morceau de chair le plus proche qu'elle put trouver, qui n'était autre que le dessus de sa hanche. Le traqueur laissa échapper un râle terrifiant avant de se jeter en arrière pour se défaire de la lame.

Anastasie profita de ces précieuses secondes pour se redresser, faisant de nouveau face à la créature. Celle-ci redressa de nouveau ses bras, mais la jeune femme baissa le regard pour ne pas voir les yeux qui y étaient incrustés, échappant de peu à un second contrôle mental. Le traqueur poussa de nouveau un cri répugnant, qui semblait être de l'énervement aux oreilles de la noble, puis s'avança de son éternelle démarche tantôt vive tantôt lente vers elle. Anastasie avait trouvé comment se soustraire à sa magie, mais ne pouvant voir que ses jambes, elle était toujours désavantagée. Lorsque le monstre fut suffisamment près d'elle, elle risqua un bref coup d’œil dans sa direction pour voir venir son assaut ; elle effectua alors un pas chassé sur la gauche, esquivant l'attaque de la créature, et lui donna un coup de taille en diagonale, blessant de son épaule gauche à ses côtes droites.

Le traqueur cracha un nouveau râle et recula, soudain en mauvaise posture, et la jeune femme en profita pour se remettre en position et de nouveau observer ses jambes.

( Ca marche ! ) s'exclama-t-elle intérieurement, fière d'elle. ( A ce rythme là je ne vais même pas avoir besoin d'utiliser la magie ! )

La créature s'approche de nouveau et, utilisant le même schéma qu'auparavant, Anastasie lui jeta un coup d’œil au dernier moment. Mais elle avait sous-estimé l'intelligence de la créature, qui n'attendait que cela pour lancer de nouveau un contrôle mental. Anastasie fut prise d'une violente migraine et, se précipitant pour ne pas laisser passer l'occasion, le traqueur lui envoya un violent coup de griffe dans la corps. L'armure de cuir amortit une grande partie de l'attaque, mais sous la violence de l'impact elle chuta tout de même, rompant par la même le contrôle mental. Elle pouvait sentir sa peau à nu par endroit, mais les griffes n'avaient par traversées sa chair.

Anastasie se redressa vivement, mais la créature était déjà sur elle ; elle sentit une pression sur son estomac, suivie d'une violente douleur alors que les longues griffes du traqueur s'enfonçaient dans son ventre, la transperçant de part en part. La douleur était atroce, et elle pouvait sentir son corps faiblir tandis que le monstre retirait sa main. Un flot de sang tout à fait effrayant jaillit de la blessure, et elle crut bien voir ses derniers instants arriver. Levant les yeux vers la créature, elle entra de nouveau en contact avec un des yeux qui ornaient ses mains, mais la douleur insupportable que provoquait sa blessure prenait trop de place dans son esprit pour que le monstre ne puisse y exercer un quelconque contrôle. Dans un instinct de survie incontrôlé, la jeune femme tendit son bras armé pour aller planter la pointe de son épée dans l'organe du traqueur ; alors que la créature hurlait sa douleur d'une telle force que ses râles passés paraissaient des murmures tout en reculant, Anastasie tomba à genoux, lâchant sa lame pour poser ses deux mains sur son ventre.

Le sang continuait de se répandre, la vidant peu à peu des maigres forces qui lui restaient. Elle concentra ses fluides aussi puissamment qu'elle put au creux de ses membres et envoya la vague de magie dans son corps, refermant rapidement les blessures que lui avait causé le traqueur. Elle se releva tant bien que mal, sans oublier d'attraper son arme au passage et refit face à la créature. Celle-ci se tordait encore de douleur en tenant sa main handicapé de son second membre.

Voyant qu'Anastasie s'approchait d'elle, elle leva son dernier bras valide pour tenter de prendre le contrôle de son esprit, mais la jeune femme, s'y étant attendu, redressa également un bras dans sa direction. Elle détourna alors le regard, et, transformant de nouveau ses fluides, tira un jet de lumière vers le traqueur. Le coup était faible, elle en avait conscience, mais elle n'avait guère utiliser ses pouvoir pour autre chose que soigner, et les transformer en quelque chose d'offensif ne lui semblait pas naturel. Un léger râle écœurant lui confirma cependant que la magie avait atteint sa cible, et elle fit une nouvelle tentative, prenant plus de temps pour manipuler ses fluides cette fois-ci. Elle sentit une certaine puissance se créer à l'intérieur d'elle, mais lorsqu'elle relâcha son contrôle pour l'envoyer vers son ennemi, la plupart de l'énergie resta dans son corps, n'envoyant une fois de plus qu'une légère décharge qui vint tirer au monstre un genre de couinement, comme celui d'un chien que l'on bat.

Du coin de l’œil, Anastasie vit le traqueur se déplacer sur le côté pour s'éloigner de la ligne de mire de la jeune femme. Elle le suivit du mieux qu'elle put, tâchant de concentrer une nouvelle attaque dans sa main libre, mais elle avait du mal à se concentrer à la fois sur sa magie et sur les mouvements du monstre, ce qui lui fit rater une nouvelle fois son essai. Ca avait beau n'être que des projectiles de faible intensité, elle sentait ses fluides s'amoindrir, et elle savait qu'elle ne pourrait pas garder la cadence bien longtemps. Seulement elle redoutait un nouveau face à face au corps à corps avec le traqueur, étant particulièrement affaiblie depuis qu'il l'avait sauvagement transpercée, et puis elle était à court de stratégie pour voir ses attaques sans se faire avoir par son contrôle mental.

Consciente que ce serait probablement son dernier essai, Anastasie lâcha son arme et leva de nouveau le regard vers le traqueur obscur. Elle concentra de nouveau ses fluides jusqu'à avoir une puissance suffisante, et, maintenant plus à l'aise avec la magie destructrice, tendit sa main droite vers le monstre. Celui-ci, voyant qu'elle regardait maintenant dans sa direction, leva un bras pour prendre contrôle de son esprit. Mais elle avait bien prévu son coup. Alors que l'habituelle brume semblait pénétrer son cerveau, elle lâcha prise sur ses fluides et les projeta de toutes ses forces vers son ennemi. La magie prit la forme d'un trait d'une luminosité sans commune mesure avec les attaques presque inutiles qu'avait lancé la jeune femme un peu plus tôt, s'élança à une vitesse prodigieuse vers le traqueur, et, touchant le dernier œil valide de la créature, provoqua une vive explosion qui consuma entièrement l'organe. La jeune femme sentit aussitôt la brume se dissiper et ses membres lui répondre de nouveau.

(((Tentative d'apprentissage du sort Trait de Lumière)))

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 Sujet du message: Re: Les terres cultivées autour de Kendra Kâr
MessagePosté: Lun 13 Juil 2015 09:27 
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La créature était en piteuse état, se roulant par terre de douleur. Anastasie venait de se débarrasser de ses deux armes les plus dangereuses. Elle n'était cependant pas en pleine forme non plus, l'emploi intempestif de magie ayant aggravé la fatigue que lui causait son cruel manque de sang. Elle se sentait de plus en plus sur le point de défaillir, elle devait mettre un terme à ce duel le plus tôt possible si elle ne voulait pas risquer de s'évanouir avant de s'être débarrassé de son ennemi. Elle s'agenouilla pour récupérer son épée et se redressa pour se mettre en position d'attaque ; elle était prête à en découdre.

( Le Docteur Etienne n'a pas menti, cette créature n'aime vraiment pas ma magie, ) songea-t-elle en voyant que le traqueur continuait de se tordre de douleur.

Anastasie reprit ses esprits juste à temps pour voir une griffe s'abattre sur elle. Elle recula vivement, esquivant l'attaque, et contre-attaqua aussitôt, enfonçant sa lame dans le corps de son ennemi comme un couteau dans du beurre. Le traqueur disparut aussitôt en une volute de fumée, laissant la jeune femme pantoise, mais elle dû bien vite se reconcentrer alors qu'une autre créature lui fonçait dessus. Là encore, elle se débarrassa d'elle en une riposte, mais une autre la remplaça aussitôt. Les échanges durèrent plusieurs minutes pendant lesquelles la jeune femme baignait dans une incompréhension totale teintée de frustration. Plus elle tuait de traqueurs, plus il en apparaissait, finissant par se matérialiser deux par deux. Son état de fatigue ne fit qu'empirer et empirer à mesure qu'elle décimait ce qui lui semblait être une armée de monstres, et elle sentait son cœur accélérer alors qu'elle réalisait qu'elle ne pourrait continuer comme ça plus de quelques minutes sans tomber d'épuisement.

C'est seulement après avoir échoué à éviter une attaque qu'elle comprit le subterfuge. La griffe de son adversaire s'enfonça en elle sans rencontrer la moindre résistance, et la silhouette de la créature vola en fumée comme lorsqu'elle les transperçait de son épée.

( Ce n'est pas un dédoublement, ce sont des illusions ! ) comprit-elle, s'en voulant soudain d'avoir gaspillé tant d'énergie à se battre contre du vent. ( Le Docteur Etienne m'a dit que ses yeux étaient sa principale source d'énergie, pas la seule ! Quelle idiote ! )

Anastasie arrêta alors de se défendre face aux clones et observa les alentours à la recherche du vrai traqueur. Sentant que son illusion ne fonctionnait plus, celui-ci arrêta les faux assauts, mais pas les dédoublements. Il y avait maintenant quatre créatures parfaitement identiques autour d'elle. Tous avaient la même entaille de l'épaule droite aux côtes gauches, la même blessure au dessus de la hanche et les mêmes yeux brûlés à l'intérieur des mains. Et tous s'approchaient maintenant doucement d'elle. C'était un coup risqué, autant pour le traqueur que pour la jeune femme ; en admettant qu'elle ait le temps d'en toucher deux avant qu'ils ne l'atteignent, cela lui faisait une chance sur deux de toucher le bon et de s'en tirer en vie. Mais également une chance sur deux de rater son coup et de sentir de nouveau des griffes s'enfoncer dans son corps pour venir la priver de ses dernières gouttes de sang.

Mais elle n'avait pas vraiment le choix, les traqueurs étaient maintenant trop près d'elle pour qu'elle n'ait le temps de les tuer un par un sans risquer de prendre un coup dans le dos, et au vu de leur position, l'idée d'une fuite était peut être plus risquée encore que de les affronter. Aussi les attendit-elle stoïquement, les deux mains posées sur le manche de son épée, prête à en découdre. Ils attaquèrent tous les quatre d'un même mouvement, plongeant vers elle des griffes acérées. Visant les deux plus proches du coin où elle avait vu le véritable traqueur pour la dernière fois, elle effectua une attaque rotative à hauteur de leurs cous. L'épée traversa le premier sans la moindre résistance, puis vint se loger avec force dans une matière solide et visqueuse, pour resortir quelques centimètres plus loin, détachant la tête de son ennemi du reste de son corps. Les autres illusions disparurent immédiatement, et, lâchant un ultime soupir de soulagement, Anastasie se laissa choir au sol, vidée de ses forces.

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 Sujet du message: Re: Les terres cultivées autour de Kendra Kâr
MessagePosté: Lun 13 Juil 2015 09:29 
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Anastasie s'était endormie. Quand elle se réveilla, l'obscurité commençait tout juste laisser place à la clarté du soleil. Consciente d'avoir passé plusieurs heures allongée dans l'herbe de la petite plaine dans laquelle elle avait combattu, elle se redressa vivement et pris directement la direction du manoir. Elle eut bien du mal à se repérer dans les bois, mais l'automne ayant commencé son œuvre depuis déjà quelques semaines, la vue était partiellement dégagée, ce qui la mena assez rapidement jusqu'au domaine familial.

« Anastasie ! » hurlait la voix d'un garde. Puis d'un autre, et enfin celle de son père.

( Mince, ils ont remarqué mon absence, ils doivent se faire un sang d'encre. )

La jeune femme continua son chemin jusqu'à un soldat qui cherchait dans sa direction.

« Là ! » l'interpella-t-elle. « Je vais bien ! »

« Gaïa soit louée vous allez bien, » fit le jeune homme en se laissant aller à un soupir soulagé.

Il lui fit signe de le suivre. C'était un brave homme qui travaillait pour eux depuis près de deux ans. Anastasie avait toujours soupçonné qu'il avait un faible pour elle.

« Anastasie, je me faisais un sang d'encre ! » s'exclama son père en la voyant. « Où étais-tu passée ? »

Il était encore en chemise de nuit et avait de larges cernes autour des yeux.

« Père ! » lui fit-elle d'un ton enjoué, fière d'elle. « Je l'ai fait, j'ai tué le traqueur obscur ! »

Le noble écarquilla des yeux gros comme des soucoupes. Quelque chose semblait l'énerver.

« Quoi ?! » s'exclama-t-il à une Anastasie pleine d'incompréhension. « Tu l'as fait pour elle, n'est-ce pas ? Tu as risqué ta vie pour cette PUTAIN ! »

A mesure qu'il parlait son ton devenait de plus en plus rougeâtre et le sourire de sa fille fut bien vite remplacé par un masque de stupeur.

« Je le SAVAIS ! Tu l'aimes aussi, hein ?! Je vais l'éventrer ! Je vais l'étriper moi-même à cette déviante ! »
« Père, non ! » tenta de le calmer sa fille. « Ce n'est pas ça du tout, arrêtez ! »

Mais il était déjà entré dans une folie furieuse. Il prit la direction du manoir, mais le garde qui avait escorté Anastasie l'attrapa par le bras.

« Messire, je ne peux pas vous laisser faire cela ! »

Deux autres miliciens arrivèrent sur ces faits.

« Toi, là ! » fit Grégoire à l'un d'eux. « Dix-milles yus si tu emmènes ce malotru hors de ma vue ! Et toi la même somme si tu tiens ma fille en attendant que j'en ai fini avec cette putain. »

Les deux soldats se regardèrent avec incompréhension. Ils ne semblaient pas savoir ce que leur employeur voulait faire, mais cela ne les empêcha pas de s'exécuter devant les yeux ébahis d'Anastasie. Le premier assomma vivement le jeune homme alors que celui-ci lui jetait un regard médusé, comme ne croyant pas que cette tentative de corruption ait pu les atteindre, et le second attrapa les deux bras de la petite noble avant qu'elle n'ait pu faire quoique ce soit.

« Père ! Non ! Je vous interdis ! Je vous interdis ! »

Elle était prise d'une rage hystérique, à la fois désemparée et confuse. Elle se demandait où étaient son frère et sa mère, pourquoi ne venaient-ils pas en entendant tous ces hurlements ? Où étaient les autres gardes ? Personne ne venait et Anastasie commençait à craindre le pire pour son amie.

Son père pénétra par la porte d'un pas décidé alors que l'autre milicien prenait son collègue sur le dos pour l'emmener au loin.

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 Sujet du message: Re: Les terres cultivées autour de Kendra Kâr
MessagePosté: Lun 13 Juil 2015 09:30 
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Anastasie profita de l'absence de l'autre soldat pour envoyer sa tête en arrière, touchant le nez de son surveillant. Celui-ci la lâcha par réflexe et elle en profita pour se précipiter vers la porte de l'entrée à la suite de son père. Mais le soldat la rattrapa bien vite et la retint par le bras. Elle envoya son genou dans les parties génitales du garde mais l'attaque n'eut pas l'effet escompté : son entrejambe était protégée. Il la tira vivement vers l'arrière, la faisant chuter quelques mètres plus loin et se positionna devant la porte.

« Ne me rend pas la tâche plus dure qu'elle ne l'est déjà, petite, » lui fit-il d'un ton étonnamment doux.
« Mais il va la tuer ! » s'exclama la jeune femme.

La révélation sembla grandement perturber le soldat, mais, après ce qui sembla une éternité d'hésitation, il décida probablement que cela valait largement dix-milles yus car il campa sur ses positions.

Comprenant qu'elle n'avait plus le choix, Anastasie se redressa et dégaina son épée courte. Si elle le fallait, elle le tuerait ; elle se savait bien moins expérimentée que les gardes de son père, mais elle avait un avantage certain : s'il la tuait, il pouvait dire adieu à sa jolie prime.

Quand elle s'avança vers lui d'un pas décidé, l'homme sortit également son épée ; il était visiblement très nerveux à l'idée d'avoir à croiser le fer avec elle. On disait qu'il était toujours plus facile de se battre lorsque l'on souhaitait donner la mort que lorsque l'on tentait de l'éviter, et Anastasie comptait bien se servir de cela au maximum.

Elle esquissa une feinte sur la gauche avant d'effectuer une pirouette, visant le côté droit, comme elle l'avait fait quelques jours plus tôt à son professeur. Seulement le soldat était visiblement bien moins doué que Fitzekiel et se laissa avoir comme un bleu, prenant le coup de plein fouet. Son épaisse armure amortit très largement le choc, mais il chancela tout de même sur le côté, se réceptionnant tant bien que mal sur le mur à sa droite.

( Il me sous-estime, c'est un avantage supplémentaire pour moi. )

S'énervant, le soldat se redressa et l'assaillit de coup d'épées, la forçant à se concentrer sur sa parade. Il utilisait son arme à une main, ce qui donnait à Anastasie l'opportunité de parer ses attaques à deux mains sans subir de contrecoup trop violent dû à leur écart de force. Mais quand il l'eut suffisamment submergée, il profita d'une faille pour lui envoyer son poing en plein dans la figure. Elle recula de quelques pas, le nez en sang et sonnée, alors qu'il s'approchait de nouveau pour lui donner un second coup. Concentrant instinctivement sa magie au niveau de son visage, Anastasie fit apparaître une aura lumineuse qui vint grandement ralentir l'attaque de son adversaire, ne lui faisant du coup presque pas mal.

Elle profita du temps de surprise du soldat pour lui envoyer son épaule dans le thorax et recula vivement. L'aura avait disparue maintenant ; elle ne savait pas exactement comment elle s'était débrouillée, mais le sort s'était avéré efficace. Rassemblant ses esprits et ses fluides, elle tenta de ré-exécuter l'exploit. Elle transforma la force à l'intérieur de son corps en un amas d'énergie positive et essaya de l'appliquer à l'intégralité de son corps. Une couche de lumière sembla l'envelopper pendant quelques secondes, mais aussitôt qu'elle lâcha son emprise sur le sort, l'énergie s'évapora, la laissant sans protection.

( Mince, comment j'ai fait ça ? )

Elle était consciente de ne pas avoir beaucoup de temps. Tout ce que le soldat avait à faire, c'était l'occuper quelques minutes, alors qu'il fallait elle qu'elle se débarrasse de lui avant que son père n'ait le temps d'assassiner son amie d'enfance. Comme pour illustrer ses pensées, un cri se fit entendre à l'intérieur du manoir, c'était la voix de la mère de Marielle, et la jeune femme fut soudain prise de panique à l'idée qu'il pourrait déjà l'avoir fait ; la jeune femme s'énerva tout en manipulant ses fluides et par un procédé qu'elle aurait été bien en peine de s'expliquer, la magie se dota d'une forme presque solide lorsqu'elle l'appliqua autour d'elle, se maintenant là sans problème alors que le soldat lui redonnait un coup de poing qui vint frapper l'aura protectrice, la laissant cette fois presque de marbre. La protection était maintenant plus efficace et totale ; elle était prête à reprendre le combat.

Elle envoya une nouvelle fois sa tête dans le visage du soldat, blessant de nouveau son nez, puis lui assena un coup de talon dans le ventre pour le faire reculer. Elle se remit en position d'attaque, épée devant elle, et approcha de son adversaire avec prudence. Celui-ci s'énerva de nouveau et réitéra sa première stratégie, lui assénant coup sur coup pour la forcer à se défendre plutôt qu'à attaquer, mais, ayant appris de ses leçons, la jeune femme ne se laissa pas embarquer dans un échange de fer qu'elle ne pourrait pas gagner et recula finalement de quelques pas chassés pour laisser son adversaire donner un coup dans l'air. Elle se rapprocha alors bien vite et tenta de le prendre de côté, lui adressant une attaque plongeante vers son épaule gauche. Le soldat esquiva prestement et lui donna un coup de taille au niveau du ventre ; la lame pénétra l'aura lumineuse et vint douloureusement mordre sa chair sur plusieurs centimètres de long. Si l'aura lui avait bien servi lors de leur lutte aux poings, elle était presque un désavantage maintenant qu'ils avaient repris leur duel à l'arme blanche, le soldat pouvant alors se permettre de la viser sans risquer de la tuer.

Mais le sort n'allait pas l'entraver plus longtemps, avant même qu'elle ne songe à le stopper, il s'arrêta de lui-même, finissant par se dissiper dans l'air frais du matin.

( Mince, c'est pas illimité, ce truc là. )

Un second cri se fit entendre à l'intérieur, et cette fois c'était bien Marielle. Prise de panique et de rage, Anastasie s'avança vivement vers le soldat et lui envoya un coup d'estoc vers le ventre. Il para évidemment non sans mal, envoyant la lame vers le côté, mais la jeune femme en profita pour exécuter une pirouette et lui donner un autre coup, cette fois-ci porté à son cou. L'épée, manquant de puissance, se ficha de quelques millimètres dans la chair du soldat, qui la regarda d'un air étonné alors que du sang commençait à s'écouler de ses lèvres. La jeune femme retira l'arme du corps du milicien et le regarda tomber, horrifiée. C'était la seconde fois qu'elle ôtait la vie à un être humain, et elle n'y prenait toujours aucun plaisir.

(((Tentative d'apprentissage du sort Protection Solaire)))

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 Sujet du message: Re: Les terres cultivées autour de Kendra Kâr
MessagePosté: Lun 13 Juil 2015 09:32 
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Anastasie sortit de sa torpeur quand elle entendit d'autres cris de la part de Marielle. Ils provenaient de l'aile des employés. Elle se précipita à l'intérieur, à la recherche de son père et de son amie, aidée par les hurlements effrayés de la jeune femme. Mais elle arriva trop tard. Lorsqu'elle pénétra dans la chambre de sa camarade, celle-ci gisait sur le sol, dans une mare de sang, proche de sa mère. Son père se tenait au-dessus d'elle, le visage toujours aussi rouge de colère que lorsqu'il l'avait quittée. Lorsqu'il la vit, il tourna vers elle un doigt rageur.

« Et que ça te serve de leçon la prochaine fois que tu voudras baiser une autre femme ! »

Anastasie était confuse ; elle était partagée entre l'hébétude, la rage, la haine, la tristesse, la stupeur et des milliers d'autres sentiments contradictoires qui l'empêchaient de se défaire de cette simple expression hagarde. Comme animée par un automatisme instinctif, elle s'approcha simplement et doucement de son père et lui planta l'épée qu'elle portait encore à la main dans le ventre. Il la regarda sans comprendre, du sang coulant de ses lèvres, avant de s'effondrer dans le même mouvement que le soldat qu'elle avait tué même pas une minute plus tôt. C'est le bruit de la chute qui la réveilla.

« Père ! Non ! Père ! »

Elle se jeta près de lui, ses sentiments faisant soudain rage à l'intérieur d'elle, provoquant des sanglots incontrôlés. A cela venait maintenant s'ajouter la culpabilité d'avoir enfoncer une lame de soixante centimètres dans l'estomac de son père.

( La magie ! ) pensa-t-elle soudain.

Son état d'hébétude avait complètement ruiné son processus de pensée, si bien qu'elle ne pensait que maintenant à utiliser ses fluides pour les soigner. Seulement elle avait déjà utilisé trop de magie lors de son précédent combat, elle n'aurait la force que pour un seule sort et il y avait trois victimes. Un rapide coup d’œil à la mère de son amie lui confirma qu'il n'y avait plus rien à faire pour elle, mais elle semblait déceler quelques mouvements de respiration chez Marielle. Elle était paniquée, incapable de choisir entre son amie et l'homme qui l'avait mise dans cet état là mais qui était son père. Les larmes coulaient le long de ses joues, brouillant sa vue en plus de son esprit. Anastasie manipula les fluides à l'intérieur d'elle jusqu'à obtenir une puissance régénératrice qui permettrait à l'un des deux de survivre. Laissant son instinct choisir, elle porta les mains au plafond et laissa sa magie la guider. Une boule lumineuse jaillit et redescendit à hauteur des yeux d'Anastasie. Puis, comme animée d'une volonté propre, elle se dirigea vers Marielle et pénétra dans sa blessure, réparant les tissus à une vitesse prodigieuse. La jeune femme toussota, reprenant doucement conscience, alors que la petite noble se laissait tomber près de son père, inconsolable.

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 Sujet du message: Re: Les terres cultivées autour de Kendra Kâr
MessagePosté: Jeu 30 Juil 2015 03:15 
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Mais Cawen ne semblait pas forcément connaître avec précision les plans de Lord Andrew et sa réponse fut quelque peu évasive :

"Sans doute parce que nous serons plus en sécurité dans les montagnes... et puis, on cherche le trésor de Tal'Raban, donc c'est sûrement dans la région d'Omyre."

(Avec des sans doute et des sûrement qui ne sont que de suppositions, on ne va pas aller bien loin…)
(Ne t'appuie pas sur elle. La réponse est sous tes yeux et terriblement enfantine.)

Itsvara eut une petite moue et soutint son front de ses deux mains, la tête penchée par-dessus le Livre.

(Aynores, cynores, les airs… Serait-ce au sommet d'une montagne ? Une invention humaine ? Qu'ont-ils donc pu inventer ?)

Elle reprit la lecture, une fois encore, mais rien ne se dégageait du texte à part la certitude de lire un amas d'idioties. Elle soupira et ferma les yeux.

(Mais pour vraiment comprendre, il faut essayer de saisir le fond de l'histoire… Serait-ce dans le port, une grotte sous-marine ?)
(Tu es ridicule. Tu ne cherches pas la clé, là, tu tentes vainement et stupidement d'interpréter le texte.)

Une nouvelle grimace déforma le visage d'ordinaire si impassible de la Sindel.

"Il n'y a aucun code simple. Genre changer des lettres en d'autre lettres... Si c'est un code compliqué... et bien justement il doit y avoir une clé. Cette clé qui se cache dans cette page... Bon sang, c'est là, sous nos yeux ! C'est sûr !"

D'être ainsi interrompue dans ses réflexions crispa Itsvara, et plus encore quand Cawen rajouta, agacée :

"Puisque vous êtes une experte en lecture, trouvez donc ! Il n'y a rien de mathématique dans ce charabia..."

"Taisez-vous et laissez-moi réfléchir."

Si Cawen rajouta un mot, Itsvara n'en entendit pas un son. Les mains collées sur ses oreilles, elle étouffait le ronronnement du moteur, les bruits ambiants et ne perçait plus que sa respiration et les battements de son cœur. Elle marmonnait et avançait à tâtons dans son raisonnement.

"La clé. La clé et non l'interprétation.
Comprendre… fond de l'histoire… vérité… au commencement."


(Pas mal. Tu tiens quelque chose.)
(Laissez-moi !)

Sa tête dodelinait. Elle lisait et relisait encore ce texte sans en percevoir les arcanes. Et chaque tentative manquée l'agaçait autant qu'elle l'inquiétait.

"Qu'appelle-t-il le fond ? La fin ?
Rancœur début. Rancœur vraiment. Outils soyons.
Non, non, non…"


Sa mâchoire se contracta, elle détestait être ainsi bloquée par une énigme du genre. Plus encore si elle avait été écrite par un humain. Pire encore ! Par un humain nécromant.
Impensable. Inacceptable.

"Dans l'autre sens, peut-être ? Ou le fond serait le milieu ? Mais comment estimer ce qui est le milieu ?
Ou le début du milieu ? Il y a des propositions dans chacune des phrases… Ah non, dès la deuxième cela ne fonctionne pas."


Elle se remit droite sur sa chaise et s'étira légèrement, les yeux rivés sur le texte.
Le temps passa, il fila même, ses yeux commençaient à se fermer et la bougie avait déjà été changée deux fois.

(Tu me déçois. La réponse est tellement simple que tu n'y penses même pas…)

Elle sortit son carnet, son nécessaire d'écriture et griffonna quelques mots, puis reprit chaque phrase, en prenant le temps de lui accorder une calligraphie soignée.
À peine était-elle parvenue à la deuxième phrase, et plus exactement à la majuscule de la deuxième phrase, qu'elle écarquilla les yeux et s'exclama :

"Aussi simple ?! Non…"

Sans plus de cérémonie, elle aligna les majuscules les unes à la suite des autres.

T R E S O R T À L R À B A N

"Par Sithi ! Ces humains sont si médiocres et basiques ! Pour un trésor il n'a rien trouvé de mieux que de le cacher ainsi ?!
C'est forcément un piège…"

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 Sujet du message: Re: Les terres cultivées autour de Kendra Kâr
MessagePosté: Jeu 30 Juil 2015 14:13 
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Cawen se montre particulièrement soulagé, tandis que juste à ce moment là, Andrew reviens dans la cabine :

"J'espère pour vous que vous avez trouvé..."

"Oui, s'exclame Cawen. Il faut regarder les premières lettres de chaque phrase ! Maintenant va en enfer, avec ton bouquin pourrie !"

Il vous arrache le livre des mains et s'en va en ricanant. Cawen se tourne vers toi, l'air épuisé :

"Bon, tu as une idée pour nous échapper ?"

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 Sujet du message: Re: Les terres cultivées autour de Kendra Kâr
MessagePosté: Lun 3 Aoû 2015 13:47 
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Sa phrase sitôt achevée, la porte de la cabine-cellule s'ouvrit et laissa apparaître la silhouette de Lord Andrew. Il resta sur le pas de porte et passa son regard de l'une à l'autre, enjoué :

"J'espère pour vous que vous avez trouvé…"

Sans aucune doute espérait-il une réponse négative, pour appuyer son autorité, son contrôle même, sur ces deux femmes. Mais Cawen, aussi soulagée que rageuse lui répondit immédiatement :

"Oui ! Il faut prendre les premières lettres de chaque phrase ! Maintenant, va en enfer avec ton bouquin pourri !"

Itsvara se pinça les lèvres et soupira, tête basse, tandis que le geôlier leur reprenait le livre cupidement et quitta la pièce sombre, le rire éclatant de rosserie.

Le bougie continuait de danser sur la table désormais occupée par les seules affaires de la Sindel qu'elle regardait, pensive.
Il n'y avait pas si longtemps, ses journées se partageaient entre ses études à la bibliothèque, ses copies de compte-rendu de diplomates, ses dévotions et ablutions au temple de Sithi ainsi que ses promenades dans la campagne environnante, à observer, avec un détachement très elfique, le travail et les attitudes des paysans.
Ses fréquentations se limitaient au cercle familial et aux personnes travaillant avec elle, les changements étaient rares et étaient très formatés. Sa décision de quitter cet environnement idéal était le résultat d'une réflexion poussée et nécessaire et se retrouver ainsi enlevée, par deux fois déjà, par des malfrats dont la cupidité n'avait d'égal que leur infamie et leur perfidie, la confortait dans le besoin qu'elle avait eu de s'y confronter. Les causes d'une telle attitude lui échappait et elle avait bien conscience qu'elle n'en trouverait probablement jamais la réponse dans les livres qu'elle avait eu l'occasion de feuilleter.
Et puis, il y avait cette fille, et Gabriel. Des personnes ambivalentes, dont les valeurs changeantes étaient sans conteste régies par leur intérêt personnel mais dont les racines puisaient dans un réservoir de frustration, de colère, de malheur. Étaient-ils condamnables ? Comment le juger ?

Elle repoussa son carnet et dévisagea Cawen. Celle-ci était visiblement à bout de forces, physiques et mentales, et s'affaissa dans la chaise de fortune avant d'engager un semblant de conversation avec la sindel :

"Bon, tu as une idée pour nous échapper ?"

Cette manie que ces pauvres hères avaient de la tutoyer la lassait. La notion de respect hiérarchique leur était visiblement inconnue. Une multitudes de réponses lui traversèrent l'esprit et elle se contenta de simplement lui dire :

"Sans cynores ou aynores, je ne sais pas voler. Peut-être votre ingéniosité nous permettrait de planer jusqu'au sol, mais je doute que vous puissiez le faire sans matériel et temps de réflexion…
Je me demande surtout, pour le moment, comment vous vous êtes débrouillée pour vous mettre dans telle situation."


"Faut que t'arrêtes de me prendre de haut comme ça. J'ai construit un aynore seule et sans disposer de vos supers formations…"

"Ça ne répond pas à la question. Comment avez-vous fait pour fréquenter un tel individu ? Vous ne semblez pourtant pas le porter en grande estime."

"Il est venu me chercher… Il avait la possibilité de m'obtenir un réacteur fluidique. Il a tenu parole… J'ai tenu la mienne. Et voilà."

Itsvara reprit à mi-voix :

"Et voilà…"

Une tempête mentale tourmentait l'elfe. Peut-on tout accepter pour atteindre son objectif ? Peut-on considérer cette bâtarde comme étant digne de confiance ? Dispose-t-elle réellement d'une intelligence évoluée si elle en arrivait à se faire ainsi manipuler par un vulgaire humain ?
Elle retournait les faits dans tous les sens et ne parvenait pas à en affiner la direction générale.

(Tout dépend de l'objectif, non ?)
(C’est-à-dire ?)
(La fin justifie les moyens.)


"Pourquoi avoir voulu faire cet appareil ?"

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 Sujet du message: Re: Les terres cultivées autour de Kendra Kâr
MessagePosté: Dim 9 Aoû 2015 21:28 
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"Pourquoi pas ?" lui répondit-elle très spontanément, avec une simplicité qui déconcerta Itsvara.
Cette jeune femme, à l'expérience et à la connaissance si juvéniles, parlait de ces merveilles technologiques comme une personne aurait pu annoncer : J'ai eu envie d'apprendre à danser ; Comme si construire un appareil du genre pouvait germer la tête du commun des mortels.

Itsvara n'accorda qu'une moue songeuse à cette justification interrogative et la sang mêlée poursuivit :

"Tout le monde en parle comme des prodiges extraordinaires, mais le plus dur c'est juste de trouver le matériel adéquat. Le reste se calcule facilement."

(Insolente !)
(Tu ne fais pas si bien dire.)

Cette explication eut tout de même pour effet d'attiser un peu plus encore la curiosité d'Itsvara qui, paradoxalement, se désintéressa de son interlocutrice et entama une nouvelle page d'écriture non sans avoir pris le temps d'en parcourir rapidement les dernières réalisées.

"Le processus mental développé par le sujet est tout à fait sibyllin pour ne pas dire anarchique. Il oscille entre naïveté, sagacité et ignorance simpliste.
Il est à noter, pour une première approche, que le sujet démontre une capacité certaine à la réflexion intellectuelle et à l'appréhension de données complexes. Cette aptitude n'apparaît pas comme le fruit d'une éducation ou d'un effort particulier mais, plutôt, comme une gratification naturelle, sans doute liée au sang sindel.
Par ailleurs, d'après les éléments qu'il m'a été donné d'observer, le sujet dispose d'accointances avec la magie. Sans certitude, je pense avoir reconnu le sort qu'Il utilisa contre moi. Cela reste à confirmer mais la réaction de Lord Andrew me permet d'étayer mon hypothèse."


Elle reposa sa plume et tourna la tête vers le semblant de fenêtre.
Au loin, des montagnes découpaient la toile sombre de la nuit et seules quelques touches de lumière étaient disséminées dans la vallée, répondant aux étoiles qui luisaient sur le voile nocturne.
Bien que la nuit fût avancée, la fatigue n'affectait pas les deux femmes chez qui la peur, l'excitation et la colère tourmentaient leur esprit et leur corps.

Cawen tenta vainement de lire par-dessus l'épaule d'Itsvara qui reprit conscience de sa présence. Sans lui adresser un regard elle ferma son carnet et, le regard tourné de nouveau vers l'extérieur, elle annonça à mi-voix :

"Pour s'en sortir, il faut isoler ce Lord Andrew. Il semblerait qu'il soit capable de vous maîtriser. En est-il de même avec ses deux bœufs de compagnie ? Gabriel, le jeune homme qui l'accompagne pourra peut-être nous aider… Il me doit au moins ça."

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 Sujet du message: Re: Les terres cultivées autour de Kendra Kâr
MessagePosté: Dim 9 Aoû 2015 21:38 
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Elle te regarde écrire, l'ai décontenancé, ne sachant comment prendre ton comportement.

A tes dernières paroles elle répond :

"Andrew est plus que compétent, oui. Même isolé, il ne sera pas vaincu à la loyale... Mais... vous connaissez le gamin ? Ça pourrait être notre chance ! On pourrait réussir à s’enfuir grâce à lui ! Il faudrait réussir à le contacter"

Puis, sautant du coq à l'âne, elle te regarde d'un air dubitatif avec un geste vers le carnet.

"Vous êtes vraiment bizarre... mais moi aussi. Je me suis toujours demandé si c'était parce que j'étais à demi grise, justement... Est-ce que vous croyez que mon intelligence vient de votre race ?"

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 Sujet du message: Re: Les terres cultivées autour de Kendra Kâr
MessagePosté: Mer 12 Aoû 2015 19:27 
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Ines et gezabel sortirent de la milice rapidement. La rouquine attrapa alors les rênes d’un cheval et grimpe dessus, hissant l’elfe avec elle. Les cris, mêlés entre surprise et colère, des miliciens s’estompent rapidement dans un murmure, happé par le vent grisant dans leurs cheveux. Au galop, Traversant les ruelles, bousculant les passants les deux cavalières arrivent bientôt aux portes de la ville. Le monument majestueux se dessine, esquissant sa garde et son vas et viens qui s’écartent devant le déboulées des deux femmes. Là encore des soldats tentent bien de s’interposer, mais l’embardé des deux amazones n’a clairement pas vocation de s’arrêter. Quelques flèches tardives claquent sur le pavé derrières elles. Très vite elles se retrouvent seules sur la route pavé, le canasson ne relâchant pas son effort sous les coups de buté de l’aventurière.

Un Trio à pied se dessine alors, et plus elles se rapprochent, plus l’assurance de touché au but se précise. Les trois hommes se retournent alors, l’air belliqueux.

http://orig06.deviantart.net/38b4/f/200 ... icbolt.jpg

et deux

http://img00.deviantart.net/1a0e/i/2012 ... 3b87sdoive

Le premier est le chauve d'Inès, elle le reconnait et il tient son coffre, les deux seconds s'écartent de lui afin d'entourer les deux aventurières. Il est clair maintenant que le conflit est inévitable.

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 Sujet du message: Re: Les terres cultivées autour de Kendra Kâr
MessagePosté: Mer 12 Aoû 2015 22:01 
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Devant ta réponse, elle sourit :

"Je l'ai soupçonné, mais alors, j'aimerais avoir une réponse sûr... Du coup, j'aimerais que vous répondiez à cette question :

Je place une pièce sous un gobelet parmi trois, sans que tu puisses voir lequel. Je te demande de m'indiquer au hasard sous lequel se trouve la pièce.

Quand tu m'indiques un gobelet... j'en révèle un autre. Il n'y a rien en dessous.

Maintenant je te propose de changer ton choix si tu veux. Il ne reste que deux gobelets cachés. Vas-tu changer d'avis ? Ou garder ton choix ? Ou cela n'a-t-il pas d'importance ?"


Elle attend avidement ta réponse, ayant visiblement hâte de savoir ce que tu répondrais. De l'exactitude de ta réponse, allait beaucoup dépendre l'opinion qu'elle aurait de toi.

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 Sujet du message: Re: Les terres cultivées autour de Kendra Kâr
MessagePosté: Ven 14 Aoû 2015 02:19 
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Itsvara ne cacha pas sa déception quand Cawen lui affirma qu'il lui semblait impossible de neutraliser Andrew par un affrontement loyal et c'est à peine si elle accorda un quelconque intérêt à la question qui suivit.

"Mais… vous connaissez le gamin ? Ça pourrait être notre chance ! On pourrait réussir à s'enfuir grâce à lui ! Il faudrait réussir à le contacter."

Décidemment, cette bâtarde était très instable. D'un côté elle était capable de comprendre et appliquer les sciences sindeldi, de l'autre, elle s'extasiait devant des banalités.

(Bien sûr que je le connais… Comment veut-elle que je l'appelle par son prénom, sinon ? Et puis, si je parle de lui en réponse à son inquiétude pour s'échapper, c'est bien évidemment parce qu'il pourrait éventuellement nous aider. Qu'elle est niaise !)

Elle grimaça, pensant sérieusement à ajouter ces constations dans son carnet, mais une nouvelle intervention de la demie-elfe l'interpella.

"Vous êtes vraiment bizarre... mais moi aussi. Je me suis toujours demandé si c'était parce que j'étais à demi grise, justement... Est-ce que vous croyez que mon intelligence vient de votre race ?"

(Par Sithi ! Elle est pénible !)

Sa bouche marqua un rictus d'impatience et son ton signala son agacement.

"Bien évidemment ! Quelle question stupide !
Bon, si vous n'avez rien de plus constructif à dire, nous pouvons nous coucher et nous reposer."


Elle rangea son carnet et son nécessaire d'écriture et, tandis qu'elle se levait cherchant de quoi faire ses ablutions, elle surprit le sourire amusé, voire taquin, de Cawen. Celle-ci reprit donc la parole avec un air mutin à la limite de l'orgueil.

"Je l'ai soupçonné, mais alors, j'aimerais avoir une réponse sûre... Du coup, j'aimerais que vous répondiez à cette question :

Je place une pièce sous un gobelet parmi trois, sans que tu puisses voir lequel. Je te demande de m'indiquer au hasard sous lequel se trouve la pièce.

Quand tu m'indiques un gobelet... j'en révèle un autre. Il n'y a rien en dessous.

Maintenant je te propose de changer ton choix si tu veux. Il ne reste que deux gobelets cachés. Vas-tu changer d'avis ? Ou garder ton choix ? Ou cela n'a-t-il pas d'importance ?"


Le même sourire orna le visage d'Itsvara. La jeune fille souhaitait, de toute évidence, évaluer l'intellect de son interlocutrice. La démarche était louable, quoique légèrement offensante ; Comment pouvait-elle douter de la supériorité cognitive de la Sindel ?

"Vous êtes presque adorable", lui assura-t-elle d'abord sans afficher la moindre affabilité. Elle réfléchissait, non à la réponse, mais plutôt à la forme qu'elle devait lui donner. Une réponse courte ou complète ?
Cawen maintenait son sourire un tantinet trop provocateur pour Itsvara.

Elle opta pour l'entre-deux :

"Je change d'avis pour augmenter mes chances.
Et si nous en avons terminé avec ces petits jeux ou joutes pour aujourd'hui, autant dormir. Il me faut trouver une solution pour contacter Gabriel et fausser compagnie à ces messieurs de bien mauvaise éducation."

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 Sujet du message: Re: Les terres cultivées autour de Kendra Kâr
MessagePosté: Mar 18 Aoû 2015 16:28 
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Depuis la route entre Kendra-Kâr et Mertar

« Au delà de nos montagnes embrumées,
Portés par le vent et par la mer,
Ils s’en allaient, découvrir des contrées,
Détruites par le sang et par la guerre
Leurs lames puissantes frappaient les boucliers,
Horde vengeresse, ils mirent à terre,
Leurs ennemis fuyant, désemparés… »


Tout à coup, Godril arrêta son chant, il avait la sensation d’être suivi. Il se retourna subrepticement et hâta, le pas. Il venait d’entrer dans une grande étendue agricole et pouvait déjà apercevoir en partie Kendra-Kâr. Les champs étaient divers, là ou ne poussait pas du blé ou du houblon, différentes céréales prenaient leur place, donnant un ensemble de couleurs désuni. Depuis plusieurs heures, le Thorkin suivait un petit chemin, sûrement tracé par les allées et venues des laboureurs du coin. Il espérait atteindre la cité avant midi, bien que le soleil soit presque à son zénith. La présence qu’il sentait lui déplaisait et il prit une allure encore plus rapide, à la limite de la course. Le Thorkin décida également de couper à travers champs pour finir son périple plus rapidement.

Il s’élança donc, ne prêtant presque plus d’attention à son environnement. Le fracas de son équipement ne lui laissait pas la possibilité d’avancer discrètement pour esquiver les hypothétiques ennemis sur sa route. Il entendit alors loin derrière lui un sifflement aigu suivi de cris :

« Il vient de passer par là, sa piste est encore fraiche ! »

Son visage se figea, il tourna la tête et commença sa plus belle course, la peur au ventre. Il entendait des bruits à une centaine de mètres derrière lui, il se dit qu’il n’avait plus le temps d’atteindre Kendra-Kâr sans qu’ils ne le rattrapent, il devait se décider et vite !A la sortie d’un champ, il se retrouva sur un petit chemin et le suivit sur quelques mètres avant sauter dans un bosquet, il s’allongea à plat ventre derrière des rochers et stoppa sa respiration.

À peine dix secondes plus tard, cinq ou six personnes passèrent devant son abri provisoire. Il attendit qu’ils soient passés et relâcha sa respiration puis marqua une courte pause. Qui étaient ces hommes et que lui voulaient-ils ? Ces questions lui envahissaient l’esprit tandis que le sang martelait dans ses tempes et que sa douleur au thorax se ravivait. Il sortit de sa cachette et observa le sol, dans leur course effrénée, ses poursuivants avaient fait tomber quelque chose, un simple petit médaillon en argent. Il soupesa sa trouvaille et l’observa minutieusement. Ce n’était pas du vrai argent, trop léger, c’était sûrement du toc. Après cette déduction, il ouvrit le médaillon et y trouva le visage d’une jeune femme, d’apparence Kendran à première vue mais certains détails ne collaient pas. Le visage dessiné était rosé et assez joli, les cheveux de la femme étaient bruns, ses oreilles longues et pointues et elle avait de beaux yeux couleur émeraude.

« Dans quelle merde je me suis fourré encore ! », s’exclama-t-il avec violence.

Il choisit de reprendre sa route à travers les champs avec une allure plus modérée. Plus il pensait à ce qui venait de lui arriver, plus il se posait des questions. Il arriva finalement, après une heure ou deux de marche, aux portes de l’imposante cité.

Vers les grandes portes de Kendra-Kâr

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