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![Attention [:attention:]](./images/smilies/attention.gif)
Certaines scènes de ce rp sont à forte connotation violente/gore/sexuelle, aussi est-il recommandé aux lecteurs sensibles d'y réfléchir à deux fois avant d'en entamer la lecture.)))
«
J'ai dit fermement, » fit sobrement le géant en désarmant Anastasie d'un petit coup de poignet nonchalant.
La jeune femme ramassa l'arme et se remit en position, maintenant son épée en main de toutes ses forces.
«
J'ai dit fermement, je t'ai pas dit de te casser les os dessus. Tu dois pouvoir la garder en main en cas de choc mais si tu la tiens comme ça tu ne dévieras jamais l'arme de l'autre. »
Et comme pour illustrer ses propos, il flanqua un énorme coup d'épée dans la lame de son élève qui sentit le choc se répercuter tout le long de son corps.
«
Le but pour une fille de ta carrure va être de laisser les attaques de ton adversaire glisser le long de ton arme pour les dévier sans prendre le choc de plein fouet. T'as pas les épaules pour un simple rapport de force. »
Anastasie sentait des fourmis parcourir ses membres suite à la démonstration de son professeur. C'était le cinquième jour d’entraînement, et tout ce qu'ils avaient fait était de revoir inlassablement les différentes postures de combat et positionnement de l'épée et de donner des coups dans le vide. Aussi, lassée de ne faire rien d'autre que de brasser du vent, la jeune femme avait demandé à Fitzekiel de passer aux choses sérieuses ce jour là ; elle le regrettait presque.
«
Ne baisse pas ta garde. Si j'étais un ennemi tu n'aurais pas le temps de te remettre de ton choc ; après chaque coup tu dois te remettre en position. »
La petite noble s'exécuta immédiatement, repositionnant son épée face à elle.
«
Bien, attaque moi maintenant. »
Appliquant les conseils qu'il lui avait donné les jours précédents, la jeune femme asséna plusieurs coups vifs en direction de son professeur, tâchant de le toucher aux jambes. Voyant tous ses assauts déviés, elle attrapa son arme un peu plus fermement et donna un virulent coup vers les hanches de son adversaire, qui para sans problème, déversant un nouveau choc dans le corps de la frêle noble.
«
N'essaie pas de prendre l'ascendant physique sur quelqu'un qui fait deux fois ton poids, tu dois essayer de me prendre de vitesse et ne frapper fort que lorsque je suis incapable de parer. »
Se remettant automatiquement en position pour faire face au géant, Anastasie hocha la tête en signe de compréhension avant de revenir à la charge. Coup à la jambe gauche, à la jambe droite, estocade au bas du ventre, elle essayait d'utiliser sa petite stature pour donner des coups vifs à des endroits difficiles à défendre pour un colosse de la taille de Fitzekiel.
«
Bien, » fit celui-ci, visiblement satisfait.
Anastasie avait été oisive toute sa vie, et chaque entraînement était pour elle un véritable calvaire, mais elle était remplie de fierté à chaque mot d'encouragement de son nouveau professeur. D'autant que ces quelques journées avec lui avaient amplifié ses sentiments d'admiration et de désir à son égard, éclipsant totalement ses envies passées de se retrouver en compagnie du Duc qui l'employait.
La jeune femme feinta sur la droite avant d'effectuer une pirouette dans le sens contraire et de viser les côtes droites du géant ; il para l'attaque sans grande difficulté mais esquissa un hochement de tête approbateur avant de mettre un terme aux échanges d'un signe de main.
«
Tu es plus douée que tu en as l'air. »
Elle retint un sourire franc.
«
Bien, les échauffements sont terminés. Tu voulais passer aux choses sérieuses ? Touche moi une fois et tu as gagné. Mais j'irais plus fort que précédemment, je te malmènerais, te giflerais, te botterais littéralement le cul s'il le faut ; si tu échoues, on repart aux bases pendant une semaine. »
Anastasie hocha la tête et se remit en garde, prête à défendre ; face au stress, elle crispa ses mains autour du manche de son épée et le géant bondit sur l'occasion. D'un revers de main il désarçonna la jeune femme en entrechoquant leurs armes, comme précédemment ; profitant de l'inattention que le choc provoqua, il la baffa très fort, la faisant tomber à genoux sur le côté. Déboussolée, elle sentit le goût du sang couler dans sa bouche. Fidèle à ses promesses, Fitzekiel lui envoya un coup de talon dans les côtes, la faisant rouler à terre, le souffle coupé, alors que son arme restait sur place. Le voyant s'approcher au pas pour continuer ses assauts, la jeune femme rassembla ses forces pour se redresser vivement en roulant vers l'arrière. Pour les entraînements, elle revêtait la cuirasse de cuir que le géant lui avait laissé lorsque sa robe s'était retrouvée trempée ; le vêtement lui permettait, en plus de se mouvoir plus facilement, d'encaisser des coups qu'elle n'aurait jamais pensé recevoir de sa vie quelques semaines plus tôt.
Maintenant debout mais toujours désarmée, la jeune femme évita les contacts avec le colosse en se déplaçant en pas chassés, comme il le lui avait appris quelques jours plus tôt. Comprenant qu'elle tentait de le contourner pour récupérer son épée, son professeur s'approcha de celle-ci pour y envoyer un coup de pied, l'envoyant au fond de la grange dans laquelle ils s’entraînaient. Anastasie tenta de continuer ses manœuvres jusqu'à lui laisser suffisamment de place pour passer derrière lui et aller jusqu'à son arme, mais Fitzekiel restait inlassablement sur son chemin. Les esquives durèrent encore un petit moment, la jeune femme étant trop vive pour le colosse mais n'osant pas s'approcher. Consciente qu'elle serait épuisée bien avant lui à ce rythme, elle tenta une ruse ; elle s'arrêta quelques instants, positionnant ses bras en direction de son adversaire, et, chargeant ses mains de lumière, envoya un rayon lumineux dans sa direction. Y voyant là une attaque magique, Fitzekiel s'écarta vivement, laissant le temps à la jeune femme de courir jusqu'au fond de la grande pour récupérer son arme. Elle s'estimait heureuse de ne pas avoir touché le géant avec cette magie, ne sachant rien faire d'autre de ses fluides que des sorts régénérateurs ; lui redonner le peu d'énergie qu'il avait consommé depuis le début de leur entraînement ne ressemblait pas à une bonne méthode pour emporter ce défi.
Maintenant de nouveau armée et bien plus préparée que précédemment, Anastasie se rapprocha de son adversaire avec précaution, gardant son épée fermement en mains, mais prête à la manier avec souplesse. Elle avait atrocement mal aux côtes et au visage et était physiquement éreintée, s'étant fatiguée un peu plus en faisant usage de la magie, aussi songea-t-elle à ruser de nouveau pour écourter le duel, mais elle savait que la feinte qu'elle venait de faire ne refonctionnerait pas – d'autant que son trait de lumière s'était arrêté sur les murs de la grange sans rien détruire, ce qui n'avait certainement pas échappé au géant, probablement conscient d'avoir été l'objet d'un coup d'esbroufe.
Ils étaient maintenant à seulement deux pas l'un de l'autre, et Anastasie, désireuse de prendre l'initiative, plongea vivement sur un flanc du guerrier pour lui donner un coup d'estoc. Ses réflexes hors du commun ne lui firent pas défaut, il s'écarta d'un simple pas en arrière et envoya son genou en direction du ventre de la jeune femme. Dans un automatisme qui la surprit elle-même, la petite noble s'écarta sur le côté, se déséquilibrant par la même occasion mais évitant l'attaque du géant. Celui-ci déplia sa jambe pour atteindre la jeune femme du bout de son pied, qui recula avec instabilité sur plusieurs mètres avant de se vautrer au sol. A peine eut-elle le temps de relever la tête que Fitzekiel était au-dessus d'elle, prête à lui flanquer un autre coup de pied, qui s'annonçait lui bien plus violent, mais la jeune femme arracha la dague que l'homme gardait à la cheville d'un coup sec, entaillant légèrement son mollet dans le même mouvement.
«
Touché. »
Le colosse resta planté là pendant quelques secondes, impassible avant de lâcher un simple « Ha. La petite pute ». Anastasie afficha un sourire radieux avant de se redresser pour faire face à son professeur. Elle était pleine de sueur, et pour une raison qui lui échappait, elle était tout à coup particulièrement excitée.
(
Curieux, après qu'il vienne de me frapper violemment, je ne m'arrange vraiment pas. )
Prise d'une pulsion particulièrement incontrôlable, la jeune femme se laissa tomber dans les bras du guerrier en feignant un moment de faiblesse avant de se raccrocher fermement à lui ; elle le voulait. S'apercevant du manège, le colosse se laissa aller à quelques caresses à des endroits bien ciblés avant de se reprendre et de la repousser délicatement, laissant un amère sentiment de frustration à Anastasie, qui fronça les sourcils. Il la voulait, clairement, mais il ne semblait pas vouloir entreprendre quoi que ce soit. A son interrogation muette, Fitzekiel lui répondit d'un haussement d'épaule.
«
Je suis le prisonnier du Duc. Je ne suis pas certain qu'il soit très judicieux pour moi de déflorer sa future femme. »
La petite noble afficha une moue boudeuse avant de faire les cents pas devant lui.
«
Je ne suis plus très sûre de vouloir de lui, vous savez. »
Le géant secoua la tête.
«
Il n'y a pas que ça. Je t'ai sauvé, dans les bois. Une expérience de mort imminente rend les gens plus enclin à ressentir des sentiments imaginaires. Ce serait profiter de ta faiblesse. »
«
Eh bien profitez-en ! » s'irrita-t-elle, soudain très à l'aise à l'idée de laisser paraître ses désirs au colosse.
«
Tous les mercenaires ne sont pas des violeurs en puissance, » répondit-il d'un ton neutre.
Anastasie lui jeta un regard assassin avant de quitter la grange d'un pas énervé.