Inscription: Sam 24 Mai 2014 15:23 Messages: 263
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Le soleil venait d'atteindre son zénith et la fête battait son plein, les invités nobles étaient tous venus pour le plus grand plaisir de leurs hôtes : déjà arrivaient des charrettes bien gardées transportant de larges meubles recouverts de draps, mais un oeil habile ou un enfant rusé parviendraient tous deux à distinguer de lourds coffres de bois scellés par de multiples verrous. Cette petite caravane se dirigeait ainsi en direction du manoir, leur escorte fendant les danseurs et les traînards dans une implacable avancée : les cadeaux arrivaient.
On vit alors un domestique s'échapper en petites foulées du manoir Kerbon en direction des ménestrels, leur murmurant quelques énigmes à l'oreille qui eurent pour effet de cesser immédiatement chants et mélodies, ralentissant brusquement la fougue du bal en plein air jusqu'à faire cesser les derniers couples de danser : un second bruit prit alors place, une porte grinçante qui attira bien vite tous les regards.
La porte du manoir, jusque là close, venait de s'ouvrir et avec elles apparaissait dans toute la splendeur le seigneur de Kerbon, un homme que le temps avait marqué et qui, au contraire de nombreux autres guerriers, s'était vu perdre de sa jeune carrure pour devenir plus frêle, plus rachitique. C'était cependant un homme juste au jugement bon, et aux connaissances très diverses avec un intérêt, selon les rumeurs, pour la magie : il n'avait cependant jamais pu faire quoi que ce soit de magique et ses études n'avaient dû être qu'informatives.
Les regards étaient tournés et les bouches closes, hormis quelques pipelettes déballant un flot de rumeurs incessantes à la moindre nouveauté : elles eurent matière à débattre lorsque, arrivé à la suite du vieux seigneur fatigué, un jeune homme s'extirpa de la noirceur du bâtiment, vêtu d'une cape en écureuil grise, d'une chemise à col noué aux manches bouffantes d'une couleur variant entre l'orangé clair et le jaune, engouffrée dans de somptueuses braies ocres orangées à dorures qui elles même plongeaient dans d'élégantes chausses d'un blanc éclatant : c'était une tenue des plus majestueuses pour une telle occasion, où il n'avait pas hésité à commander des tailleurs Ynoriens pour être sûr de la qualité de son travail !
Quelques applaudissements timides se firent entendre, puis emportés par la foule dans un brouhaha de mains s'entrechoquant et des diverses exclamations de joie à l'attention de l'élégant homme qui s'approchait, puis ce fut le bain de foules, les poignées de mains de petits bourgeois un peu trop insistant : l'hypocrisie rejoignait alors l'étiquette, et de faux sourires devenaient alors des marques de politesse sagement suivies, ce qui ne dérangeait pas particulièrement au vu du contexte.
Cette arrivée sonnait quelque chose d'important malgré tout : le début de la cérémonie, et pour Hector la préparation du banquet qui allait suivre, aussi deux cortège se firent bien vite, les uns plaçant bancs et fauteuils pour installer confortablement les leurs, les autres s'emparant de toutes les victuailles débarquées des greniers alentours pour les enfouir dans le manoir et ses cuisines. Le travail fut assez vite terminé et c'est avec une exemplaire discipline couplée à une ferveur religieuse que tous furent bien vite assis, exceptés bien entendus troubadours et ménestrels qui se chargèrent des notes douces pour la cérémonie, le raclement des bancs sur la terre battue sèche laissèrent place à quelques mélopées envoûtantes.
Même les souffles se faisaient hésitant et personne ne savait vraiment trop comment se faire le plus silencieux possible, la gêne était omniprésente mais la tradition exigée la meilleure tenue possible, aussi certains bourgeois un peu trop à cheval sur l'étiquette n'hésitèrent-ils pas à cesser de respirer, jusqu'à ce que l'apnée ne bleuit leur visage pour une timide inspiration !
D'un pas léger, longuement appris et révisé, Aleskander s'avança dans l'allée qui lui avait été laissée libre, désormais entouré d'invités le dévorant du regard, rongés par l'envie et l'admiration. Le dos droit, le menton légèrement relevé et le regard imperturbable, celui-ci s'avança d'une démarche relativement lente, au rythme de la musique qui planait en ces lieux, avant de se figer à deux pas des prêtres et de l'autel, accueilli par leurs chaleureux sourires et leur pilosité capillaire défaillante. Tout d'abord, rien ne se passa, le jeune Aleskander restant ainsi planté face aux religieux, les invités se retenant d'émettre le moindre son, et la personne la plus importante du moment se faisant désirer : on perdit alors tout sens de l'étiquette et les plus bavardes n'hésitèrent pas à échanger avec leurs voisins/voisines, cherchant à savoir qui irait se placer aux côtés du jeune homme debout si il venait à se retrouver seul. Pour la bourgeoisie, toutes les opportunités étaient bonnes à prendre !
Enfin, la musique s'aggrava, plus solennelle, tandis que les bavardages s'estompaient aussi sèchement qu'à l'arrivée du petit soldat : les portes du manoir qui avaient précédemment recrachés le seigneur Kerbon et son gendre venaient maintenant d'enfanter une beauté vêtue de blanc, sa longue robe à traîne soutenue par quelques chanceux enfants, son bras enroulé dans celui de son vieux père : un large voile opaque de l'extérieur mais à travers lequel elle pouvait néanmoins voir masquait jusque là son visage, ses traits restant un mystère aux yeux des inconnus. Pour le reste, elle avait la taille fine, une silhouette agréable bien que plutôt petite, mais elle restait avant tout une jeune fille qui allait devenir femme, guère plus âgée que le jeune homme qui l'attendait.
Elle emprunta alors aux côté de son père le même trajet que celui emprunté par Aleskander, et lorsque celui ci se retourna enfin, ce fut le seigneur Kerbon qui s'empressa de saisir son poignet et lover sa main dans celle de sa fille, un sourire apaisant sur le visage : si tout le monde s'en tenait au côté cérémonial, lui voyait bien que les deux jeunes gens étaient au comble du stress le plus intense. Si intense que le gendre Kerbon peinait même à avaler sa salive, et plus le temps passait plus il se retenait douloureusement de cesser à des tics nerveux, se rogner les ongles, s'entortiller les doigts, gigoter inutilement...
La main dans la main, le couple s'avança alors vers l'un des derniers pas qui les séparaient du grand prêtre. L'érudit à l'âge avancé prit alors la parole : "Mes chers enfants, vous avez décidés dans votre amour de vous unir aux yeux de la déesse Gaïa, de lier vos âmes dans un serment que seule la mort pourrait jamais briser. C'est une décision importante que vous prenez donc aujourd'hui, et vous en connaissez maintenant la mesure, c'est pourquoi si l'un d'entre vous souhaite s'opposer à cette union sacrée, il doit en faire le choix maintenant ou jamais." conclut-il alors. Pas une voix ne vint troubler le silence. "Nous sommes donc tous présents et témoins de votre éternel amour devant notre déesse, et c'est par la prière que nous la supplierons de joindre vos âmes à jamais." finit-il enfin.
Lâchant la main de sa promise, Aleskander défit doucement sa cape et vint la poser devant l'autel, sur le sol dur que sa femme allait fouler de ses genoux, tandis que lui supporterait la rudesse de la terre battue. Ce fut le prêtre qui reprit les mains des deux jeunes pour les bander ensemble : le reste de la cérémonie ne fut que longues prières et supplications, remerciements et supplications, jusqu'à ce que le dernier mot religieux ne fut chanté par le chœur des invités.
La prière terminée, le mari et sa femme se relevèrent soigneusement avant de se faire face, sous le regard bienveillant du haut prêtre et du seigneur Kerbon ravit d'avoir enfin un successeur. Doucement, ils délièrent leurs mains et la bande glissa doucement à terre, tandis que le voile de la mariée se faisait doucement relever, dévoilant un teint pâle et noble, des traits communs mais non dénués de charme et des yeux pétillants de bonheur : sans autre forme de religion, leurs lèvres se joignirent dans un long baiser.
A ce moment, il n'existait plus de noblesse, plus d'étiquette, et plus de religions : les invités hurlèrent leur joie en brandissant leurs mains en l'air, explosant de bonheur pour les deux Unis, même les nobles furent les premiers à siffler et s'esclaffer devant l'émotion de la scène. La famille Kerbon accueillait en ce jour un nouveau membre parmi eux, et lorsque le vieux seigneur viendrait à mourir, il serait aussitôt remplacé par un nouvel homme fort qui prendra à son tour en charge les lourdes responsabilités qu'impliquent le titre de seigneur.
C'était donc un moment crucial de la vie d'Aleskander : il devenait aujourd'hui noble, connu et devenait la cible de nombreux espoirs, le futur seigneur Kerbon allait sans doute bientôt crouler sous les requêtes, puisqu'on voyait en sa jeunesse un véritable renouveau pour sa famille.
Aujourd'hui, il était marié, et c'est en cette occasion qu'il ouvrit le banquet d'un geste vers les tablées installées en marge de la cérémonie par quelques domestiques : Hector et sa bedaine furent les premiers à s'installer, rapidement suivis par un véritable petit mouvement de foule, ou l'on manquait de se marcher sur les pieds pour atteindre les places les plus enviables : près des mariés !
Ce furent cependant les nobles qui furent les premiers gratifiés de cet honneur, tandis que le reste serait essentiellement des bourgeois plus influents : hommes et femmes étaient ici séparés; quelques coquetteries avaient bien lieu mais cela restait rare; les hommes mangeaient entre eux et buvaient ensemble tandis que les femmes s'emparaient des parts de nourriture les plus fines. Les domestiques et les prêtres mangeaient eux un peu à l'écart, tandis que les ménestrels recevaient quelques parts de viande et de vin avec l'obligation de continuer à jouer pendant le repas : ils n'étaient donc mélangés à aucun groupe social.
Nombre de volailles avaient trouvé la mort dans cet événement des plus importants, et nombre de poulets et perdrix, canards et oies bien grasses s'étalaient au service de tous : les femmes se voyaient servir en premier des parties les plus blanches, les hommes des ailes et des cuisses tandis que les domestiques se voyaient offrir les carcasses, ce qui n'était pas une mauvaise chose puisque même séparées de la plupart de leur chair, il restait encore énormément à manger sur des bêtes aussi engraissées ! Pour aider à faire couler toute cette viande blanche, les femmes se voyaient offrir quelques fruits pressés à la main, et les hommes, sauf religieux, pouvaient arroser leur joie dans des vins de vigne locales, gorgés de soleil et au goût sucré, certains se voyaient déjà rougir et, vers la moitié du repas, on en voyait déjà énormément s'esclaffer pour des broutilles ou raconter quelques anecdotes cocasses de leur vie. L'ambiance était à la bonne humeur, et seul le conseil des nobles restait assez calme.
Hector donnait quelques conseils de sexualité à Aleskander : "Assures toi qu'elle soit comblée chaque soir, et si tes reins tiennent le mois tu auras un successeur" disait-il, décochant parfois quelques toux du jeune nobliau. Antoisnes de Colgivre reprenait alors en sermonnant le seigneur Qualth : "Il est encore assez jeune pour s'amuser sans successeur, et pour le moment suffisamment amoureux pour vivre de quelques baisers, vieux porc !" marmonnait-il alors qu'Hector venait amicalement lui bousculer l'épaule, de deux hommes gloussant un instant devant le jeune homme désarmé.
Wiltreth, le seigneur voisin, s'était lui placé d'un point de vue plus stratégique, et également à la droite du jeune Kerbon, lui susurrant entre deux accalmies sexuelles : "C'est quelque chose, d'être seigneur, mais tu es prêt à endosser ce rôle, non ? Il va te falloir jouer des coudes pour garder ta tête par moments.." souffla-t-il avec un air hésitant entre la menace et le conseil important, ce qui lui valut quelques mauvais regards de ses camarades de noblesse. Il haussa un instant les épaules et s'envoya une gorgée de vin, son verre étant prestement rempli par un domestique pressé.
A la gauche, ce fut le sire DeVulpin qui prit la parole : "Il est vrai qu'un poussin peut pousser les autres hors du nid pour avoir tous les vers, ou inciter les autres à faire le grand saut avant l'heure..." décocha-t-il, sa remarque acerbe ne tombant pas dans l'oreille d'un sourd puisque Wiltreth se redressa, bombant le torse avec une respiration accélérée, broyant Edgar de son regard inquisiteur avant de nerveusement se saisir d'une coupe de vin qu'il engloutit aussi sec, marmonnant quelques injures inaudibles.
Avec un sourire, il s'adressa ensuite directement à Aleskander : "...Mais un jeune poussin ne peut pas pousser tout le monde en même temps, il doit mûrir un peu avant cela. Et pour cela, il lui faut un véritable mentor." murmura-t-il alors. Un instant de latence passa avant que le jeune Kerbon n'arque un sourcil intrigué, attendant impatiemment quelques explications. "Votre beau-père m'a gracieusement offert le gîte et le couvert pour éduquer un peu son gendre, et maintenant que vous êtes un véritable Kerbon vous allez pouvoir devenir un véritable seigneur. Profitez bien de votre nuit de noce car nous commencerons demain. A ce propos...". Sa voix s'étouffa alors qu'il se levait d'un geste rapide, s'élançant en direction des charrettes pour enfoncer un bras entier dedans, farfouillant à travers quelques sacs pour finalement tirer un long objet enroulé dans un velours âgé aux bords effilés. Étonnamment, il portait les armoiries de la famille Kerbon.
Aleskander se leva à son tour sous l'oeil attentif des nobles autour, puis se dirigea à son tour vers le mystérieux présent. On pouvait voir facilement son intérêt pour un tissu frappé de son nouveau blason, et l'on voyait aussi facilement le visage de Wiltreth se déformer en même temps que celui d'Hector, mais pas pour les mêmes raisons. Surpris, le seigneur Qualth se leva et pointa Edgar du doigt : "Ah non ! Si nous en venons aux cadeaux, faisons le tous ensemble ! Vous ne nous prendrez pas de vitesse, misérable canin !" clama-t-il avant d'éclater d'un rire franc, tirant son banc en arrière et emmenant de force le sire de Colgivre dans son retrait.
Hochant la tête avec un léger sourire, Aleskander invita les 4 seigneurs à le rejoindre, tandis qu'il recevait son premier cadeau des mains du seigneur DeVulpin. Avec l'application d'un érudit découvrant une relique, il défit soigneusement le linceul brodé pour dévoiler la coque particulièrement complexe d'une épée, de nombreux anneaux et filaments venant créer une garde particulièrement étudiée témoignant d'une finesse et d'un savoir faire unique. Cependant, aucune information sur sa provenance, même si la finesse elfique se faisait grandement ressentir. La fusée était, elle, sculptée pour que ses doigts viennent se lover dedans confortablement et les quillons assez reculés pour permettre à une main gantée de venir tenir cette arme : ce n'était pas une épée de cour mais bien une rapière, au tranchant aiguisé et à l'estoc redoutable. Sur le pommeau était inscrit le fameux blason de la famille Kerbon : le tissu avait dû servir de modèle.
Nombre de compliments émanèrent de la foule bourgeoise, et dans un geste chaleureux le jeune Kerbon serra généreusement la main d'Edgar, ce dernier le gratifiant de quelques tapes amicales dans le dos.
Antoisne siffla bruyamment, couvrant un instant la foule pour intimer l'ordre au servants de décharger sa charrette, souriant à Hector le temps d'un regard tandis qu'une malle se faisait apporter jusqu'à lui. "Ouvrez le" soufflèrent les deux camarades en pouffant d'excitation, le seigneur Qualth n'hésitant pas à pousser Aleskander vers le meuble, qu'il ouvrit avec quelques difficultés, débloquant le dernier verrou avant de relever d'un geste rapide le toit du coffre. La foule retint un instant son souffle tandis qu'il plongeait dans le conteneur, en tirant un objet pour le moins inattendu : aux traits plus ou moins fidèle, il s'agissait d'un buste grandeur nature, en bois brut finement sculpté d'une manière typique de Colgivre.
L'ouvrage n'était pas léger mais avec l'aide d'Hector, il parvint facilement à le mettre sur son unique pied, comparant un instant son visage à celui qui avait été représenté : "Je me suis inspiré de quelques descriptions d'Hector, alors tu te doutes qu'il m'a fallut imaginer un peu !" ricana-t-il, sous le regard toujours intrigué d'Aleskander. "Tu sais ce que c'est ? C'est pour tenir une armure !" renchérit Hector, cherchant peut-être à se défendre des viles accusations de son partenaire. "Et je te vois venir, continua-t-il, tu n'as pas d'armure à y présenter ! Eh bien c'est le moment que je te montre MON cadeau !" rugit-il fièrement, le torse bombé alors que son coffre s'approchait. Comme le précédent, Aleskander eut un peu de mal à défaire ses entraves, mais n'hésita pas non plus à ouvrir d'un coup sec l'oeuvre de bois massif. Avec une bouche entrouverte de surprise, et sous le regard jubilant du seigneur Quarth, il s'empara du butin qui l'attendait, portant à sa tête dénudé un casque scintillant, au métal neuf et particulièrement bien entretenu : l'acier rutilant réfléchissait cependant les rayons du soleil et il était difficile de l'examiner, sinon que c'était une salade, que le forgeron ne s'était pas privé de sculpter de divers motif formant des bandes sur ses contours, et qu'enfin sa gorge était protégé par une lanière de cuir dans laquelle il s'engouffrait pour l'enfiler, le poids du casque tassant cependant un peu sa tête dans un air presque enfantin.
Le reste de l'armure était similaire, un métal éclatant que les artisans avaient frappé du blason Kerbon, et qui était parcouru de sculptures représentant des ronces épinées, serpentant sur la cuirasse, les solerets, les gantelets et même les espallières qui allaient avec. C'était pour Aleskander une armure de parade, et il n'avait de toute façon aucune notion de lourds vêtements ou même de guerre, c'était donc un habillement destiné à épater avant d'être efficace. Habilement, il plaça peu à peu chaque pièce d'armure à sa place, les attachant solidement à l'aide des lanières omniprésentes, puis remercia tour à tour le seigneur Qualth et le seigneur de Colgivre, serrant avec un grand enthousiasme leurs mains tandis que Wiltreth préparait en dernier son cadeau, sans coffre ou sans grand faste.
Le seigneur voisin s'approcha doucement du jeune Kerbon, tenant dans ses mains une pile de livres différents qu'il posa sur l'un des coffres refermés, désignant chaque ouvrage à mesure qu'il les lui tendait : "Si tu préfères les activités saines de la vie telles que la lecture et le savoir aux barbaries en armure rutilante, siffla-t-il à l'intention des deux autres seigneurs, je te présente quelques oeuvres intéressantes. Ici, tu as un ouvrage sur les relations diplomatiques de notre continent, il est assez récent et tu ne devrais pas rater grand chose. Il me semble que notre ventripotent invité t'ai déjà cédé ses routes commerciales, alors voici plutôt un recueil d'explorateurs confirmés sur les différents lieu de notre beau monde, de la sombre Omyre à la chatoyante Ynorie. Enfin, si tu aimes l'histoire, voici les chroniques des familles de seigneurs Kendran -attention il est particulièrement lourd, voilà.- et pour finir, si tu es comme ton beau père attiré par les étrangetés d'érudits de bibliothèque, voici un petit traité sur les quelques magies connues de ce monde. Tu n'apprendras pas à jeter des flammes, mais tu sauras qui le fait, il y a de nombreux mages dans ce monde, et la magie peut-être un atout." conclua-t-il, laissant le jeune marié recouvert de papiers enrobés de cuir, ne sachant pas vraiment par ou commencer. Faute de pouvoir serrer des mains, il le remercia d'un hochement de tête au sourire gêné, tandis qu'il se délestait de ses possession pour un domestique.
Le reste des cadeaux étaient des biens de moindre valeur, des vaisselles, quelques petits bouquins de chevet sur la religion et les légendes actuelles, certains offrirent tout de même quelques animaux pour venir garnir la ferme de la seigneurie, d'autres offrirent plutôt leurs présents à la mariée, et ce fut alors un déluge de produits de soins esthétiques, parfois plutôt originaux mais souvent très classiques, et bientôt la transition entre les deux fut complète, laissant sa femme se charger de la réception des présents tandis qu'il amenait les siens au manoir via quelques servants.
Le ciel s'assombrit doucement, quelques torches allumées venant tout de même éclairer les invités fatigués qui préparaient tranquillement leur retour, et lorsque les derniers nobles furent remerciés, il n'y avait bien vite plus personne à Castel Puyval, et les traces de la fête avaient finalement disparu grâce à un rangement rigoureux. Les domestiques, exténués par de tels efforts, avaient été congédiés et dormaient d'un sommeil lourd dans leurs masures.
Dans le manoir, c'était tout pareil, le seigneur Kerbon s'endormant l'esprit tranquille en rêvant à sa succession, tandis que le jeune Kerbon s'occupait de l'assurer, pour finalement sombre comme tout le monde dans un repos bien mérité.PRECEDENT << >> SUIVANT
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Dernière édition par Aleskander Kerbon le Mar 10 Juin 2014 14:55, édité 1 fois.
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