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 Sujet du message: Re: La Crique
MessagePosté: Sam 23 Oct 2010 19:07 
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[:attention:] Certaines scènes sont violentes et sanglantes [:attention:]

A la sortie de la forge la Sindel avait été frappée d'une envie folle de se promener. L'air de la ville était saturé d'odeur et les alentours de Tulorim étaient variés. Il aurait été dommage de ne pas en profiter.

Le soleil tombait, l'astre brûlant éclairait les herbes qui dansaient allégrement au grès du vent. Au loin les vagues s'écrasaient sur les roches en faisant naître d'éphémères couches d'écumes parfumées d'iode. Le vent de l'Est apportait des odeurs étrangères venant des champs. On pouvait remarquer un paysan armé d'un ustensile à faucher les blés que Silmeria ne connaissait pas. Les hommes et femmes rentraient chez eux après cette journée de labeur pour passer du temps autour d'une soupe. Or elle personne ne l'attendait, et Silmeria souriait à la mélancolie et la solitude dont elle était la proie. Il y avait Hrist, bien évidement et les liens qui unissaient les deux femmes étaient aussi solide qu'un diamant tout droit dégagé de son bain de lave. La Frémissante était tellement différente, mais si proche que ça suffisait bien souvent à combler la solitude. Les amis étaient un luxe, elle ne pouvait plus vraiment s'offrir ce genre de frivolités.

L'ambiance était féérique. De petites fleurs blanches omniprésente sur les rivages dégageaient de petite boulettes de pollen blanche qui dansaient dans les airs en parfumant merveilleusement le ciel. Le vent soufflait délicatement sous les cheveux blonds de la femme qui contemplait le large et les nuages. Au dessus de la mer planaient quelques oiseaux marins friands de viscères de poissons que les pêcheurs jetaient dans la mer à leur retour. Tout était délicat et calme, Silmeria revivait, loin de la ville et sa foule éternelle. Quoique si la ville entière brûlait, tout serait plus calme. Elle rangea cette idée malsaine dans un coin de sa tête et jeta un oeil sur le paysage et le rivage.

Au sommet de la crique une femme en robe et un homme s'étreignaient. Un couple aussi avait quitté le vacarme de la ville pour y préférer le rivage et la douceur du soir. L'univers se rafraichissait et le couple ne cessait ses embrassades amoureuses. Au point de créer un sentiment de rage sur la jeune Sindel qui serrait le pommeau de la dague fraichement achetée. Une brusque bourrasque fit virevolter les pétales et grains de pollen dans une danse céleste qui tourbillonnait autour de la robe de Silmeria. L'oeil de Silmeria se teignait de violet lentement et le regard s'aiguisait violemment, une flamme de haine alimentait ce regard comme une spinelle démoniaque. Le duo était face à la mer et à quelque pas du précipice. L'homme tournait le dos à la tueuse qui s'avançait à pas de loup des deux amants. Elle entendait malgré le vent contraire les murmures enflammés des deux amoureux qui partageaient leurs lèvres et s'embrassaient tendrement au couché du soleil. L'homme fut brusquement arrêté dans sa passion et son souffle confus alerta sa chère et tendre. Une paysanne. Hrist avait enfoncé la quasi totalité de la lame vrillée au niveau du cœur de l'homme. La sculpture et le fil de la lame aurait promis des guérisons aussi longues que difficiles s'il n'était pas déjà voué à une mort certaine. Hrist dans un élan de rage plongeait davantage la lame jusqu'à ce qu'on puisse voir l'extrémité en sortir. Elle maintenait violemment l'homme par les cheveux. Il criait et à mesure qu'elle tournait et retournait la lame à la force du poignet ses râles étaient étouffés par le sang qui ressortait à la façon d'un geyser de sa bouche. La jeune amoureuse ne comprenait absolument rien et commençait à pleurer avant de provoquer un hurlement strident. Le cri alerta Hrist qui lâcha sa prise à moitié morte pour frapper la jeune fille du revers de la main. La gifle fit tomber la jeune femme qui rampait en arrière vers le large et le précipice. Le corps de son amant était par terre, il rotait du sang et son pied raclait le sol par spasmes. La mare de sang allait en grandissant sur les fleurs blanches. La jeune femme sanglotait, sous le choc - un véritable cauchemar - la soirée avait été si belle, et voilà qu'elle se terminait dans le sang et la tragédie. La paysanne approchait dangereusement du bord, elle tenait à s'éloigner le plus possible de celle qui sortait son épée longue pour aller vers le corps gisant de son aimé. Lame vers le bas, les deux mains sur le manche de l'arme. Elle plongea le fil de la mort dans la gorge de l'homme qui ne cria pas. Une petite fontaine se sang chaud sortait à faibles bouillons. La gorge était ouverte et quelques herbes et pétales se collaient au liquide salvateur qui s'échappait des trois nouveaux orifices de la dépouille tiède.

Les yeux violets se fixèrent alors sur la femme qui s'était arrêtée à quelques centimètres du ravin. Hrist rangea la dague violette sous les protèges-hanches de son armure bustière. Elle avait toujours à la main la lame Elfique encore maculée du sang de l'amant. Les pétales dansaient dans le ciel qui revêtait de merveilleuses teintes d'or sous les derniers rayons du soleil couchant. Les oiseaux chantaient et les parfums se mélangeaient à l'odeur du sang neuf. Les joues gonflées de larmes, la jeunette fixait les yeux de Hrist qui marchait à sa rencontre. Brusquement et contre tout attente celle-ci se mit à implorer Hrist. Elle s'était redressée pour tomber à genoux et se prosternait devant celle qui quelques secondes plus tôt ruinait son amour. La jeune enfant demandait sa clémence, elle racontait son enfance, explicitant chaque détail raté de sa vie. Hrist ne comprenait absolument pas en quoi ces propos allaient lui offrir un espoir d'être épargnée, or la femme y mettait tellement de cœur qu'elle semblait plus bouleversée par le danger aux yeux de violette qu'à la mort de ce qui semblait être son époux ou amant. Elle cessa de fixer le sol et ses yeux larmoyants allèrent à la rencontre de la blonde. La paysanne lui saisit le jupon en multipliant ses suppliques. Hrist la dégagea rapidement d'un coup de pied et observa la jeune fille en larme crier et baver sur sa manche. Elle était rouge comme un nourrisson qui réclamait sa première affection ou son premier repas. Coïncidence, Hrist comparait la femme avec un bébé, c'était alors que la femme en question rampait jusqu'à elle en implorant sa pitié car elle était enceinte.
Hrist eut un léger mouvement se surprise et recula de deux pas pour que sa triste victime ne puisse la saisir une seconde fois.

" Vous êtes vraiment pathétique... "

à ces mots, la femme releva le visage auréolé de larmes et de peur. Elle recula de nouveau vers le large. Le vent cachait ses expressions en glissant ses cheveux devant sa face, Hrist approchait, sentant Silmeria en elle observer attentivement le spectacle. Le bord du ravin était à quelques centimètres encore une fois. De petits morceaux de terre tombaient dans le vide suite à l'activité et le recul de la triste mère qui s'arrêtait pour ne pas tomber. Que pouvait-il bien se passer dans la tête de celle-ci. Elle se savait acculée, au bord du gouffre et c'était le cas de le dire. Derrière elle des rochers affutés depuis la nuit des temps par les vagues, devant elle la lame brillante des derniers éclats de soleil... Sa victime ne pouvant se résoudre à faire un choix, Hrist plongea le plus vite possible la lame sous la poitrine de la future mère qui ne le sera jamais. La douleur plia son corps en deux et elle retenait un cri étouffé. Un râle continu sortait de sa bouche tandis que Hrist retira l'épée avant de pousser ce corps à demi-mort dans le vide. Le glissement de la femme entraina plusieurs pierres et on pouvait entendre ce soir là un être vivant s'écraser dans un bruit mou sur les rochers. Puis les vagues ... Hrist prêta de nouveau son attention à la nature qui l'entourait. Le cycle de la renaissance était merveilleux, les oiseaux allaient se repaître des corps en compagnie des rongeurs et aux charognards que la nature avait à offrir. Le soleil n'était qu'un petit morceau ardent au loin et les étoiles perçaient le voile sombre du ciel en hauteur. Les pétales volaient toujours, seuls témoins du meurtre ils offraient à la belle un ballet nocturne sous les derniers feux du ciel.

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 Sujet du message: Re: La Crique
MessagePosté: Lun 25 Oct 2010 02:38 
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La nuit est calme, presque comme la mort, la mort que tu viens d'offrir au jeune couple. Tu es là, au bord de la falaise, seule et les pieds dans le sang. Seuls les bruits de la mer contre les rochers, du vent dans les arbres et d'un hibou solitaire viennent troubler le silence qui règne en ces lieux. Enfin, depuis quelques secondes, tu n'es plus seule à profiter de ce spectacle morbide, un homme, tout de noir vêtu et le visage caché par un capuche est tourné vers toi. Sans un mot, il s'approche de toi d'un pas lent avant de s'arrêter à quelques pas de toi.

"Incroyable mademoiselle, peu de gens son capable d'une telle cruauté, vous me seriez bien utile..."

Sa voix était douce et envoutante, contrastant étrangement avec l'allure inquiétante du personnage, mais toujours est-il que l'homme semble attendre une réaction de ta part, car il ne dit plus rien et ne bouge plus, les bras croisés, il te regarde, enfin il semble te regarder, car son visage n'est pas discernable.

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 Sujet du message: Re: La Crique
MessagePosté: Lun 25 Oct 2010 03:00 
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Hrist ne s'attendait pas à un témoin. Elle se tourna brusquement et défia l'intrus de son épée. Les derniers rayons sur soleil se reflétaient sur le métal immuable. La Sindel observait ce qui semblait être un homme. Il s'était adressé à elle d'une voix sirupeuse, trop aimable pour avoir quelque chose d'honnête. Quoiqu'il en était, Hrist songea un instant à ajouter un troisième corps au festin des animaux de la faune locale.

Or, cet étrange individu n'avait exprimé aucune crainte, aucun mouvement de recul face à la lame qui se tenait devant son visage encapuchonné. Les bras croisé et baignant dans la pénombre nocturne, ce sinistre drille sortait de nul part. Hrist et Silmeria avaient pourtant pris un soin tout particulier à vérifier qu'aucune présence ne viendrait à être témoin de l'assassinat. Elle ne savait trop que faire, il n'avait rien d'autre à faire que d'attendre une réponse. Qu'avait-elle à perdre au final. Elle réfléchit quelques secondes. Il se pouvait bien qu'on lui propose un contrat visant à tuer quelqu'un. Elle s'imaginait surtout qu'un homme qui viendrait l'accoster suite à ce qu'il venait de voir n'allait pas lui proposer une tâche honorable. Un piège peut être ?

Elle n'en saurait probablement rien avant d'avoir répondu quelque chose. Ce avant quoi, elle rangeait l'épée dans le fourreau en daim lentement. Ceci fait elle se tourna vers la mer, quittant son interlocuteur du regard. La mer était de jais et le reflet du ciel noir au loin jusqu'à l'horizon semblait être éternel. Il mélangeait sa robe à celle de l'océan immense en ensemble, ne faisaient plus qu'un.

" Que voulez-vous de moi..."

Sa voix était lasse, elle ne désirait pas particulièrement se faire apostropher à la suite de sa promenade, mais il se pouvait bien qu'elle en tire tôt ou tard un certain profit. L'argent était en loin sa motivation mais elle n'était pas dupe. Elle en avait besoin pour subvenir aux besoins de Silmeria en les siens en parallèle. Silmeria elle ne présentait rien de bon quant à ce mystérieux étranger.
( Il ne m'inspire rien... Trop poli pour être honnête. )

( Crois moi bien... S'il n'a pas déjà appelé la garde et qu'il nous propose quelque chose, c'est qu'il est loin d'être honnête. )

Silmeria au fond de son âme n'avait rien d'autre à faire que de confirmer les dires de la Frémissante. Il se pouvait probablement qu'ils tombent sur un terrain d'entente. Hrist tournait légèrement le visage, juste assez pour distinguer l'ombre de l'homme qui se mêlait peu à peu et davantage avec la nuit. Lui faisant signe qu'elle l'écoutait et attendait qu'il dévoile plus avant sa proposition nocturne.

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 Sujet du message: Re: La Crique
MessagePosté: Lun 25 Oct 2010 03:42 
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Quand il te voit ranger ta lame, l'homme émet un petit rire suivi d'un "Sage décision", puis il s'approche de toi, toujours d'un pas lent et dans sa démarche, on peut voir qu'aucune crainte ne l'habite, tu ne l'effraie pas le moins du monde, malgré le crime atroce que tu viens de commettre. Il est maintenant juste en face de toi et te susurre à l'oreille : " Tu n'aimerais sans doute pas finir comme ces deux la"

Il s'approche du bord de la falaise et s'y assoit. L'homme reste ainsi silencieux une bonne minute, contemplant la mer et le ciel étoilé, sans bouger, puis il daigne enfin te répondre, mais sans même se tourner vers toi.

"Tout dépend ce que tu es prête à faire jeune fille..."


Il ne ne prend même plus la peine de te vouvoyer.

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 Sujet du message: Re: La Crique
MessagePosté: Lun 25 Oct 2010 15:19 
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Lorsque l'étranger s'approcha de Hrist et lui susurra à l'oreille, elle fut frappée d'un frisson de dégout. Il lui parlait d'une voix de serpent, un humain qui la prenait de haut, voilà de quoi la mettre en tout et pour tout hors d'elle. Hrist se méfiait. Elle observait les plaines désertes. N'y avait-il rien d'autre que l'homme ? C'était probablement un piège, et ce rat allait l'y conduire. Il y avait peu de chance... La garde ne se comporte pas de cette façon et ne s'embarrasse pas de leurre. La milice se contente plutôt de débouler avec un contingent d'homme et cerner la cible afin de l'embarquer dans les cachots ou l'exécuter sommairement dans une ruelle sombre.

Ce singulier personnage avait une haleine affreuse. Il était maintenant assis en face de la mer et chacun de ses mouvements tranquilles étaient un défi qu'il lançait à la Frémissante. Silmeria elle et pour la première fois aurait aimé que Hrist l'assassine. La Douce n'était pourtant pas folle des bains de sang mais elle semblait avoir une aversion envers cet humain encore plus forte que celle aux yeux de violette.

L'encapuchonné fixait le néant et la mer. En face de ce chaos au teintes de noir magnétique, il demanda à Hrist jusqu'où elle pourrait aller. Elle aurait bien été tentée de lui planter une lame entre les deux omoplates et le laisser choir pour s'écraser sur le roc. Quelle différence après tout. Mais elle garda un comportement étonnement réservé. Silmeria se doutait quant à elle que l'homme jouait dangereusement avec sa vie et s'interrogeait :
( Hrist ! Cet humain, d'où tient-il cette incroyable assurance ! )

( N'aie crainte... )

Les pétales volaient au clair de la lune timide. La frémissante observait l'ombre assise face à l'océan. Elle écoutait le bruit du vent caresser les feuilles, la symphonie de la mer et de l'écume qui éclatait. Derrière elle, les lumières de la ville et son activité nocturne. En face d'elle un mystère qui allait se dévoiler.

Elle répondit simplement :

" Et bien, tout dépendra de ce que vous avez à offrir... Jeune homme. "

Elle termina sa voix avec un ton mesquin, un mélange de moquerie et de provocation qui annonçait d'ores et déjà une relation excessivement tendue entre les deux protagonistes.

Après un léger instant elle enchaîna et demanda l'identité de celui qui venait de l'accoster. Elle appréciait savoir à qui elle avait à faire.

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 Sujet du message: Re: La Crique
MessagePosté: Lun 25 Oct 2010 15:32 
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L'homme éclate d'un rire franc lorsque tu l'appelles "jeune homme" et il se relève, toujours hilare et se retourne vers toi, les bras grand ouvert.

"Et bien personnellement je travail pour l'argent, d'autre le fond pour la gloire ou pou leur plaisir, je peux t'offrir tout cela"


Il passe à côté de toi, avec sa démarche grâcieuse et souple, puis finit par se retourner.

"Sinon, je peux très bien t'offrir la mort"

Cette fois le ton de sa voix est bien différent, il fait froid dans le dos et tu peux apercevoir à la lumière de la lune, un sourire carnassier barré son visage.

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 Sujet du message: Re: La Crique
MessagePosté: Lun 25 Oct 2010 15:54 
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Hrist était presque aux anges. Un sourire aussi sadique que celui de l'homme fendait son visage angélique. La lune éclairait les deux personnages dans une ambiance des plus malsaine. Une armée de morts vivants attaquant la ville n'aurait pas été plus sinistre que ces deux adversaires potentiels.

Elle lui répondit donc d'une voix des plus glaciale.
" Vous pourriez essayer. Si vous avez les compétences que vous me vantez, en quoi vous auriez besoin de moi humain ?"

Elle lui fit part de son indifférence, en règle générale ça avait tendance à énerver les humains. Hrist lui tourna le dos et avança vers un petit rocher qui ressemblait à un escargot géant sous la pâle lumière du ciel.
L'avancée silencieuse, elle brisa le néant en tranchant d'une voix tout aussi distante :

" Je ne recherche en rien la gloire, le plaisir ne regarde que moi et je n'ai cure du reste. L'argent seul serait bienvenue. Le reste n'est que douce frivolité.

Elle s'asseyait sur le rocher. Celui ci était couvert de mousse gonflée d'eau cristalline. Elle croisait les jambes en penchant légèrement son corps en avant et observait son interlocuteur. Silmeria elle ne désirait en rien reprendre le contrôle. Des deux femmes elle était la plus nerveuse, et Hrist était débordante de pulsions sadiques. Elle n'avais jamais été insultée de la sorte or elle semblait trouver un plaisir et une excitation morbide à cette rencontre. Elle n'avait pas l'occasion de converser avec ceux qu'elle désirerait tuer. Elle aimait par dessus tout faire frémir ses adversaires. La Frémissante, son surnom ne lui était en rien volé.

" Me prendriez-vous à tout hasard pour une mercenaire ?"

Elle posait les questions. Avant de savoir ce qui allait se passer, elle désirait en savoir plus sur l'inconnu qui n'avait toujours pas daigné donner son nom. Non seulement elle n'appréciait guère qu'on fasse fi de ses demandes, ce personnage se montrait insultant. Quelle plaisir cela aurait été de lui enfoncer la dague au fond de la gorge pour lui faire ravaler ces propos.

L'heure n'était en rien à la tuerie. Il se montrait menaçant mais jusqu'à présent n'avait en rien fait preuve de ses capacités. Comme beaucoup d'humains qui proposent une mission il désirait peut être bêtement faire preuve d'une pseudo-autorité afin de montrer que c'était lui qui donnait les directives et elle qui en échange d'argent remplissait les ordres.

Hrist avait dit quelques semaines plus tôt à Silmeria qu'elle ne répondait qu'aux ordres d'une entité divine qu'elle ne nommerait pas. Au vue de ses actes une chose était sûre, elle ne répondait pas à Yuimen. La Frémissante ne se montrait pas toujours inflexible. La vie monotone de Tulorim la lassait peu à peu. Elle désirait autre chose en attendant une prochaine missive Divine.

" Commencez par me nommer par mon nom. Hrist. Ensuite nous irons plus avant sur votre proposition. Je ne demanderai que de l'argent...
Encore une fois, jusqu'où ira votre gratitude à une femme inconnue qui travaillerait pour vous... "


Elle termina, fit un léger mouvement de main lui indiquant de répondre et attrapa une petite herbe haute afin de jouer avec tandis qu'il lui répondait. Elle enroulait la tige verte autour de son doigt, la déroulait et recommençait jusqu'à ce qu'il finisse des dires.

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 Sujet du message: Re: La Crique
MessagePosté: Lun 25 Oct 2010 16:14 
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L'homme ne perd pas son sourire quand tu t'adresses à lui, il pousse même la provocation jusqu'à venir se tenir juste devant toi. Tu peux voir une puissante aura d'un noir bleuté l'entourer petit à petit. L'atmosphère devient lourde, oppressante, il saisit ton menton délicatement et tu peux enfin voir son visage. Un bel homme dans la force de l'âge, quelques rides, une cicatrice sur la joue droite et des yeux d'un bleu aussi profond que les océans, voila tout ce que tu peux discerner.

"Il y a des choses qu'un homme ne peut pas faire ma belle Hrist...Et tu me semble pleine de talent, pourquoi n'aurais-je pas le droit de m'amuser en regardant une jeune femme tuer ?"

Il reste ainsi, attendant ta réponse.

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 Sujet du message: Re: La Crique
MessagePosté: Lun 25 Oct 2010 16:32 
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L'homme s'était avancé vers Hrist qui discrètement caressait la lame violette du bout des doigts. A mesure que celui-ci marchait, une légère lueur se dévoilait. Semblable à une flamme bleutée qui venait d'éclore, elle entourait l'homme d'un aura démoniaque et suivait le moindre de ses mouvements. Cette lumière n'avait qu'une seule source : La magie !

( C'est un mage ! )
La voix de Silmeria était si vive qu'elle aurait pu percer l'âme de Hrist et faire éclore en son visage une émotion. Elle se devait de rester strictement indifférence à l'individu qu'elle semblait déjà haïr. Alors s'il s'avérait être un mage... Cela ne ferait jamais qu'augmenter l'aversion naturelle des deux femmes envers les humains et mages. L'ombre bleu était face à Hrist et tendit sa main pour capturer son menton. Les expressions naissantes apparurent sur le visage de la Frémissante pour au final ne rester que des émotions mortes nées. Elle fronçait légèrement les sourcils et plissait ses yeux pour découvrir le visage éclairé de magie. Ses cheveux d'or virevoltaient sous l'emprise et les fluides aériens de la magie. Les pointes de ses mèches se rebiquaient et se tordaient à tel point qu'ils parurent l'espace d'un instant bouclés à la chute. Elle concentrait son attention sur l'homme à mesure que la magie s'intensifiant et éclairait de plus en plus l'atmosphère.

C'était en réalité un homme mûr. Ce qui expliqua son hilarité suite aux propos : "Jeune homme"
Il avait un visage normal mis à part un indice : une cicatrice qui indiquait qu'un jour il s'était montré peut être trop hautain. A quand la prochaine se disait Hrist. Il maintenait fermement le menton de la femme ce qui l'empêchait de détourner le regard, elle aimait tourner le dos au gens, or elle n'avait plus qu'à fixer le bleu azur de ses yeux et répondre.

( Hrist, finissons en au plus vite... )
Cette voix indiquait à Hrist que Silmeria était avec elle et qu'elles consentaient à accepter la requête de l'étranger. Et au final, que risquait-elle de particulier. Il s'agissait de tuer, tant qu'il s'agissait d'humains ou de mages, ça ne posait aucun problème.
L'homme voulait s'amuser, il la provoquait en la réduisant à une distraction. Au final, elle faisait l'inverse de ce qu'il voulait, elle aurait très bien pu s'emballer et se lancer dans un combat à mort avec cet imprudent. Or, il se pouvait qu'il devienne une bonne poire et qu'il puisse récompenser ses services à mesure que ça ne soit pas un piège.

" Il va durer longtemps votre petit jeu ? Dites moi de quoi s'agit et nous trouverons un arrangement intéressant. "

Elle pianotait sur le poignet de l'homme de ses doigts graciles en appuyant de plus de plus fort avec une certaine délicatesse pour l'inciter à lâcher prise et garder ses distances.
C'était pas spécialement évident d'avoir l'air crédible en parlant lorsque quelqu'un vous maintient fermement le menton, non loin de là. Les contacts répugnait Hrist, alors en plus venant d'un homme, un humain, un mage. Et pourquoi pas un orc lépreux qui lui ferait des avances ?

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 Sujet du message: Re: La Crique
MessagePosté: Lun 25 Oct 2010 18:39 
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L'homme se redresse et semble fouiller un instant sous sa cape. Il te lance une petite bourse.

"Rejoins moi à la cité blanche, je t'expliquerai tout là-bas, voici de quoi payer le trajet de l'aynore et un petit cadeau....Vois ça comme un acompte ."

Il se retourne et sans plus un mots s'en va, disparaissant petit à petit dans les ombres, te laissant seule avec le cadavre à tes côtés.

(((HRP: La bourse contient de l'argent qui ne sera pas ajouter à ta fiche, mais qui te permettra de prendre l'Aynore Tulo==>KK sans perdre de Yus, il contient aussi un petit pendentif en forme de dague accroché à une chaine en or Pendentif de la dague obscure (Maitrise SA +2). Tu peux écrire tout le voyage jusqu'à KK en libre, je t'impose juste le fait que, dans l'aynore, tu dois entendre une discussion sur le sujet de la quête, à savoir la maladie qui frappe les champs )))

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 Sujet du message: Re: La Crique
MessagePosté: Lun 25 Oct 2010 22:15 
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Hrist attrapa la bourse d'un réflexe. Sans même l'ouvrir, elle la soupesa et observa l'étranger s'éloigner peu à peu pour enfin disparaître dans les ténèbres.
C'est alors qu'elle ouvrit la bourse, il y avait des petites pièces qui s'entrechoquaient dans le silence de la nuit, et du bout des doigts, elle sentie une petite chaînette qu'elle retirait. On pouvait voir à la lumière de la lune qu'il y avait un pendentif au bout de la chaîne. Une petite dague symbolique à la forme qui défiait le génie des forgerons.

Hrist soupirait... Elle se demandait bien ce qui pouvait empêcher cet homme de lui dévoiler en quoi il avait besoin de ses services. Il cherchait une femme, cruelle... Or la raison, elle était aussi immuable que le noir qui l'entourait et que le métal qui avait percé le cœur de l'homme devenu carcasse à deux pas d'elle. La future charogne avait le visage éclairé par la lune, la bouche ouverte par laquelle s'était échappé le sang déjà à demi-coagulé. La gorge ouverte profondément et les yeux qui observaient le ciel et ses étoiles.

La Frémissante se penchait légèrement vers lui et souri

" Qu'est ce que vous en pensez vous ?"

Elle ricanait. Parler à un mort sous la lune, encore un peu et elle serait prise pour une fanatique ou une nécromancienne.

"Bien sûr qu'il n'en pense rien, les morts ne pensent pas..."
Elle malaxait la petite sacoche de cuir qui contenait les pièces et s'amusait à faire tourner la chaine autour de son doigt comme une enfant.
C'est pendant quelques minutes qu'elle resta sur place à écouter le bruit et les murmures du monde. Un hibou cassait le silence de temps en temps d'un hululement nocturne. Un bruit d'ailes s'entendait par la suite dans les fourrés pour reprendre sa course et s'éteindre au loin. La nuit aux alentours de la ville, il n'y avait en rien besoin d'observer. Elle ne le savait que trop bien. Il suffisait simplement de savoir se poser, écouter les paroles des arbres, les caresses du vent dans les cheveux. Le cri plaintif des mouettes au large, faisant festin d'un banc de petits poissons coincés à marrée basse dans un banc de sable.

La nature était en elle même prédatrice. Pourquoi ne serait-elle pas ainsi, après tout, elle faisait également partie de la nature, à supposer qu'on oublie le système de races instauré par les humains. Des insectes attirés par la faible chaleur de Silmeria et de Hrist tournaient d'un vol exacerbant autour d'elle. Elle envoyait la paume de sa main à l'aveugle pour montrer que non elle n'était pas une charogne et que le repas se situé à côté. Hors de question d'être l'amie des mouches.

Le cadavre lui en était infesté. Les insectes déjà aux noces grouillaient dans la bouche et là où la plaie était encore suintante.
Festin nocturne des vermines, Hrist ne supportait déjà plus le bourdonnement infernal des insectes. Un jour elle trouverait peut être aussi le moyen de s'en débarrasser. Peut être qu'en brûlant les champs et les alentours durant la sécheresse de l'été... Elle savait que ça lui pincerait l'âme, elle ne pouvait pas cacher ses instincts naturels, du moins, ceux de Silmeria. Elfe jusqu'au bout des cheveux, elle entretenait une belle relation avec la nature et savait l'écouter. Et la haïr.

Elle soupira une dernière fois et se dirigea vers la ville où les hurlements de citoyens mécontents se faisait entendre à cause des taxes. Elles observèrent une dernière fois la lune se cacher derrière les nuages, comme si elle même voulait éviter le regard terrible de la Frémissante pleine de rage à la suite de cette rencontre.

_________________
La petite ombre de la Mort à Elysian.

Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
Au milieu des cercueils,
Où la Mort Noire tient le registre des trophées qu'elle a conquis.


Némésis d'Heartless


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 Sujet du message: Re: La Crique
MessagePosté: Lun 1 Nov 2010 11:21 
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Prologue


Impureté, faiblesse, souffrance et solitude. Tout cela lui importait peu… Parce qu’à cet instant précis, rien ne valait la crique de Tulorim surtout lorsque l’aube aux doigts de rose écrasait la mer en épousant sa courbe calme à l’horizon. Seul le bruissement des vagues mourant sur la côte venait rompre le silence dans un va et vient caressant.

Le vent chatouillait sa peau pâle comme pour fendre son visage d’une quiétude nouvelle, et Maël souriait. Il se sentait bien, il n’avait plus mal parce que la mer a ce pouvoir de chasser les peines. Il était seul parce que rejeté mais il s’en moquait, après tout il le méritait… Il était trop différent, trop sauvage. Ses yeux remplis du reflet des nuages qui léchaient le ciel, il enfouissait ses pieds nus dans le sable froid de la plage. Il finit par se laisser choir, et bien en place sur son séant il ferma les yeux pour oublier…

Pour oublier qui il était ou bien pour être quelqu’un. Il ne le savait pas vraiment. Par habitude il frictionna son talon gauche où une grosse ecchymose bleue gâchait la blancheur linéaire de sa peau depuis trop longtemps. Plus ronde que la lune et presque aussi grosse qu’un poing, elle lui rappelait ce qu’il avait été, ce qu’il avait fait. Elle lui rappelait le jeune Maël, fils d’Elestra, ce jeune homme qui avait été entraîné aux armes, à l’épée, qui s’occupait des jeunes enfants et leur racontait de belles histoires pour remplir leur monde onirique. Mais ce Maël était mort, il ne savait plus tout à fait comment, ni pourquoi. Ce souvenir indéfini et brumeux poissait son âme depuis plusieurs dizaines d’années déjà.

Partir. Partir et fuir avaient été les uniques solutions qui s’étaient offertes à lui. Fuir son peuple, fuir sa mère … Tout ça pour quoi ? Pour se fuir lui-même, pour fuir Maël. Parce que ce personnage assis dans le sable n’était plus personne, juste une entité. Peut-être même plus vivante. Son regard était vide, un peu trop d’ailleurs, il n’était plus qu’une ombre errante. Comme la mer et son ressac, ses pensées assaillaient son esprit souffrant et ne cessaient de le tourmenter. Il ne pouvait que songer à cela même s’il ne s’y autorisait pas, parce que tout le reste était vide : son visage avait perdu l’éclat de son sourire elfique, la bonté avait totalement disparu de son âme et son cœur était creux de sentiments.

Un éclat fit ouvrir ses yeux et coupa court à ses sinistres pensées. Le soleil éclatant perçait enfin la croute bleutée du ciel pour y faire une apparition lumineuse et flamboyante. Le mince rayon sorti des flots emplit de chaleur ce corps musclé. L’esprit malade du jeune homme s’embrasa lui aussi : de malveillance, de haine … Et plus profondément de désespoir.

Presque excité par les nouvelles ambitions qui l’animaient, il se rechaussa hâtivement et d’un mouvement vif mais sûr se leva pour tourner le dos à la crique qui baignait à présent dans les premières lueurs du matin, douces comme une mère.




Merci à Elris pour le premier paragraphe!!

_________________
¤¤¤ Maël Tin, Guerrier, Lvl 1 ¤¤¤

Présent actuellement ... à Tulorim


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 Sujet du message: Re: La Crique
MessagePosté: Mar 11 Jan 2011 23:16 
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- Alors c'est ici.... y'a du monde...

Inconscient du danger, je m'avançai dans le nuage de résidus cendrés produit par mon entrée fracassante. Ma silhouette vieillie par l'anneau magique se précipita calmement vers un beau paquet d'ennuis. Devant moi se dressait une immense grotte de calcaire, parsemée de rochers sans nom, certains accrochés au plafonds, d'autres à même la terre, et d'autres encore au fin fond de la mer qui coulait doucement par ici. Une vive lumière m'éblouit et ma main passa inconsciemment devant mon unique œil, blessé par le soleil. J'étais dans une caverne immense, unique ouverture d'une grande falaise dans la crique de Tulorim, là où tous les pirates faisaient leurs premières manœuvres maritimes, l'endroit où je rêvais de naviguer par moi-même le premier jour où j'aurais acquis mon rang de capitaine, un sentiment amer me noua la poitrine, quand je pensais à cette pauvre épave que j'avais acheté par pure bêtise aveugle, j'avais envie de vomir. Mais devant moi se dressait aussi un imposant galion, pas encore signé. Au début, il n'avait rien de bien frappant, mais je réalisai soudain que, lorsque la lumière chatoyait la peinture bleuâtre qui délimitait l'estrade entre le pont et la coque, que l'infime reflet azur qui s'en échappait n'était nulle autre que l'âme de ce bâtiment, un esprit bleu, trop sombre pour le ciel, trop clair pour la mer, ce galion brillait en bleu, et, sa coque toute en longueur laissait penser au tranchant d'une lame acérée, c'était un navire rapide et imposant, qui se prenait sans broncher les courants d'air brusques et froids émanant de l'entrée de la cave interdite aux étrangers. Entre moi et ce navire, il y avait un campement tout entier, qui tenait sur des barils flottants, un petit quai juste pour cette splendide embarcation. Et sur ce quai... une vingtaine d'hommes constituaient le rempart entre moi et cette lame bleutée. Bien sûr, c'était le plus gros des bandits qui s'y trouvait, et le chef ne devait pas être ne reste, c'était mon dernier affrontement avant la gloire, et même sous ce corps croulant, je ne pouvais me résoudre à faiblir. L'un d'eux, plus rapide à la détente, m'interpella en hurlant à tire-larigot :

- Hé ! T'es qui toi ? Qu'est-ce que tu viens foutre là, vieux connard ?!

- Cet éclair turquoise...

- Hein ? Tu racontes quoi là ?


Mon sabre bien haut levé, je désignai le galion qui reposait à plus de cinquante mètres de moi. J'avais repris mes esprits, tout était devenu bien plus clair que clair. D'un mouvement négligent, je retirai la chevalière à mon doigt et la jetai dans l'eau, bien loin, pour ne plus jamais la revoir. Tout aussi rapidement, j'arrachai la barbe blanche qui me grattait le menton depuis un bon quart d'heure et secoua la tête pour faire tomber le surplus de cheveux blancs, j'étais redevenu Heartless, pile à l'heure. Non loin me suivaient Leoj, Thunar et Gallion, réagissant différemment à ce qui semblait être un élan de folie, ils n'avaient pas tout à fait tort. Dans un élan téméraire, je leur lançai mes mots à la figure :

- ... Il est à moi ! Et je péterais la gueule à tous ceux qui veulent m'empêcher de m'en emparer, capiche ?

- Amusant, je suis votre homme !

Un homme seul traversa avec assurance la foule de badauds assoiffés de sang qui nous avait encerclés. Son bandana rouge sang le distinguait déjà de tous ces empaffés, et son sourire narquois le rendait aussi détestable qu'arrogant. Son visage bronzé par le soleil et déformé par la soif de sang lui donnait cette allure presque intimidante, mais sa démarche faussement stylisée et les armes qu'il trimballait avec lui, deux petites faux à main liées par une chaine, tendaient à dévoiler son côté si extravagant et provocateur, c'était un bouffon, comme moi, c'était pour cette raison que je me méfiais de lui plus que des autres. Un coup de vent balaya ses cheveux blonds et ses yeux marrons me dévisagèrent un instant. Il nous avait rejoint au centre de l'arène humaine qui s'était formée autour de nous, et elle l'acclamait. Il se présenta, sûr de son succès.

- Z'en avez du cran, les gars ! Épatants, franchement ! Mais vous ne pourrez pas aller plus loin, j'vais vous disséquer en public, on s'fout pas de la gueule de Vragdush comme ça. Qui je tue en premier alors ?

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- Au fait, j'm'appelle Renart, enchanté !

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Dernière édition par Heartless le Mer 12 Jan 2011 21:12, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: La Crique
MessagePosté: Mer 12 Jan 2011 17:28 
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Les Egouts

(La vache ! Ils sont bien plus qu’un petit groupe de malfrats.)

La grotte était assez large et haute pour y faire tenir un petit entrepôt. De nombreuses stalactites pendaient au plafond surplombant la mer qui recouvrait le fond de la cavité. Une ouverture juste assez large pour y faire passer un galion apportait lumière du jour et air marin en ces lieux. Aux quelques stalagmites présentes aux abords de la caverne étaient solidement harnachés les pontons flottants des bandits, ils avaient usé à ses fins nombre d’amarres sans doute afin que la marée n’emporte leur installation sommaire au large. Aux pontons étaient amarrés quelques barques de pêches et un magnifique galion aux reflets bleutés. Quelques ponts de cordes et de planches reliaient pontons et rive, dans le but de pouvoir rejoindre les quelques cavités naturelles. Celles-ci semblaient avoir été aménagées en entrepôt de stockage ou en pièces à vivre par les pirates depuis plusieurs années déjà.

(L’endroit idéal pour la contrebande, assez loin de la ville pour être à l’abri des autorités et relié aux égouts pour inonder chaque coin de la cité de leurs produits illégaux.)

"... Il est à moi ! Et je péterais la gueule à tous ceux qui veulent m'empêcher de m'en emparer, capiche ?"

(Quoi ? Mais il est fou ! A quatre contre vingt on a aucune chance !) La stupeur se lisait sur le visage de Leoj.

"Bon on a plus le choix, même en le baffant jusqu’à ce soir il n’changera pas d’avis." Souffla Gallion en faisant un pas en avant.

Tandis que le borgne et un pirate disant s’appeler Renart se défiaient du regard, tous se préparaient à l’affrontement qui semblait inévitable. Leoj raffermit sa prise sur l’arme qui n’avait quitté sa main depuis qu’il l’avait hotté de sa jambe. Sa blessure ne lui permettrait probablement pas de s’enfuir le cas échéant, aussi la seule option valable à ses yeux était de faire confiance aux capacités de son groupe.

"J’espère juste que ta force ne réside pas uniquement dans tes mots, Heartless."

La Crique

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Leoj / Fanatique / Humain (Wiehl)
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"Si on ne prend pas son destin en main, nul ne le fera à notre place."


Dernière édition par Leoj le Jeu 13 Jan 2011 21:52, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: La Crique
MessagePosté: Mer 12 Jan 2011 19:42 
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- Gorilla, viens voir.

Je lui fis signe du doigt et Gallion s'approcha, un peu inquiet. Il me rejoignit au centre du cercle infâme qui menaçait chacun d'entre nous d'une mort un peu trop violente à mon goût. Il ravala sa salive, moi aussi j'étais tendu au milieu de tout ce monde. La seule chose qui les maintenait en arrière, c'était l'assurance de celui qui se faisait appeler "Renart". Celui-là, il astiquait les lames aiguisées de ses faux en vue d'un bon petit combat, il semblait prendre plaisir à un affrontement contre notre petit groupe, désespérément inférieur en nombre. Quand le vieux loup des mers arriva à ma hauteur, je pointai son manteau du doigt et lui adressai une requête assez particulière en temps de combat :

- T'aurais pas encore un peu d'alcool sur toi ?

- Toujours... ivrogne de mes deux.

- Sans déconner. Passe pour voir, abruti.


Dans un grognement, il me remit la boisson ravageuse, le tord-boyau qui l'avait mis dans tous états il y avait un peu moins d'une heure. Je soulevai la grosse bouteille en direction du soleil, à-demi visible à partir de mon point de vue.

- Elle est à moitié pleine...

- Quoi ? C'est pas assez pour toi ?

- Nan, c'est parfait... Leoj, Thunar, Gorilla, reculez.


D'un geste hautain je les renvoyai en arrière, je voulais prendre ce duelliste en combat singulier, j'avais d'autres plans pour les trois qui m'avaient jusque là accompagné. Je retirai le bouchon du tord-boyau et m'enfilai une gorgée bien sentie. Pouah, c'était pas de l'alcool de tapette, je grimaçai rien qu'aux premières augures de son arôme enivrant. Puis, chose qu'à l'instant, personne ne comprit, je rangeai la bouteille à ma ceinture, là où je laissais traîner ma rapière, en l'inclinant légèrement, presque à l'horizontale. Achevant de la caler sur mon vêtement, je me plaçai à au moins trois pas d'écart du goupil provocateur. La bataille avait commencé.

- Tu veux pas reculer, hein ?

- Pourquoi je l'ferais ?

- .... Chais pas.

- Cette discussion était fort intéressante.

- Mais de rien.


On avait tous deux dégainé nos armes respectives, mais chacun attendait de l'autre qu'il fasse le premier pas. Un long silence prôna sur la tension environnante, et ça m'agaçait vraiment au plus haut point. Déjà que je faisais des efforts considérables pour cacher mon angoisse aux yeux de ce que je voulais un jour appeler mon "équipage", je ne voulais pas perdre face à cet enfoiré en frappant le premier. Je serrai les dents et elles grincèrent en silence dans ma bouche, le moindre geste de sa part m'aurait servi de prétexte pour lui en mettre une. Ce salaud semblait se moquer de moi à chaque instant, un sourire indélébile sur son visage, mais je risquais ma vie moi, il avait quoi à perdre lui ?

- Euh... j'suis pas pressé hein.

- Moi non plus.

- C'est que... le bordel ouvre dans une demi-heure alors...

- Faux, il ouvre vers vingt-et-une heure.

- Habitué ?

- Pas mal ouais.

- T'as déjà essayé Neige ?

- Je les ai toutes faites, même Calice.

- Quoi ? Mais t'es malade ! C't'une vieille pie, Calice !

- Elle a de bons restes, c'est dans les vieux bols qu'on fait les meilleures soupes.

- Tu préfères les vieilles donc ?

- ..... Ferme là.

- Pardon ?

- Montre un peu d'respect pour tes aînées, connard !




Premier coup, enfin. Quoique le sien était arrivé un peu à l'improviste. Renart se jeta sur moi tel un loup affamé et, avec une grâce surprenante, il bascula sa faux de droite pour la balancer comme une masse, puis m'attaqua avec un coup tranchant en balançant cette lame grâce à la chaîne de fer qui reliait ses deux fauchettes, il en résulta un coup à longue portée qui manqua de me découper à la diagonale si je n'avais pas évité son coup d'un pas de côté juste où il faut. Gardant mon épée en retrait, je me préparai à éviter le second assaut. Tout se passa en moins d'une seconde. Il rattrapa sa faux en main droite à la fin du coup et s'approcha d'un pas chassé de ma direction pour m'affubler d'un coup parfaitement horizontal, résultant de la détente qu'exerçait son bras gauche sur celle de droite, qui servit une nouvelle fois à me porter un coup aussi dangereux que le précédent. J'esquivai en me courbant aussi bas que possible, à tel point que je me mis à genoux, par précaution. A ma grande surprise, sa vivacité n'en resta pas là et il était déjà dans les airs, fauchettes jointes et levées, pour terminer son enchaînement par un troisième coup. Je profitai de l'appui que mes jambes pliées avaient sur le sol pour bondir sur la droite, là où j'étais à l'abri de l'écrasement acéré qu'il me réservait. Ses pointes s'enfoncèrent profondément dans le sol et il se retrouva en position de faiblesse : il était coincé et je l'avais sur le flanc. Or, je n'esquissai même pas la moindre agression envers lui, et gardait ma rapière pointée vers le sol. Temps mort, Renart s'était relevé et il ne daignait poursuivre ses assauts, il était encore essoufflé de ses efforts.

- Pfff... Qu'est-ce que tu fous ?

- J'me bats.

- Pourquoi t'attaques pas ?

- Hein ?

- Tu m'prends pour un faible ?!

- Héhé... ça dépend.


Il perdit patience. Le rusé, d'une frappe vive, m'écorcha la joue. Coup de chance, son coup était destiné à embrocher ma tête, c'était dans cet objectif qu'il m'avait attaqué du côté gauche, mon angle mort, car mon œil était aveugle de ce côté. Il ne jouait plus avec sa chaîne et m'engagea au combat rapproché, là où ma rapière perdait de son utilité face à ses armes courtes. Cette fois je pouvais la lever, l'esquive devenait bien trop ardue pour s'y risquer, la parade était plus appropriée. Il combinait sans relâche des coups à gauche puis à droite, il était énervé, ça se sentait. Je serrais les dents en déviant ses coups l'un après l'autre, mais il commençait irrémédiablement à m'étouffer en voulant y aller au corps-à-corps, la distance fatale. Il eut raison de moi à plusieurs reprises et mon incompétence me valut quelques blessures superficielles au niveau du torse et des bras, il visait le haut sans se préoccuper des jambes, il voulait ma tête. Lorsque nos corps se sont touchés, il bondit en arrière et retenta ses coups à longue portée, car ils couvraient plus d'espace et il m'avait usé au corps à corps. Il frappa sans attendre, un grand coup vertical que j'évitai sans trop grand mal, mais il avait deviné mes mouvements et, dans un tour de passe-passe, il dévia son coup. Par ce procédé il coupa mon flanc gauche, l'entaillant douloureusement bien que le sang qui en coulait n'était pas une trop grande perte. Une seconde pause suivit. Nous nous remettions à papoter alors que, discrètement, je me déplaçais vers la droite, formant un arc de cercle à l'intérieur de l'arène hurlante.

- Alors, c'est qui le minable maintenant ?

Je lui répondis en cachant ma fatigue soufflante.

- Ce s'rait pas moi par hasard ?

- T'as raison, crétin ! Avoue ta défaite et suicide-toi avant que je m'énerve vraiment !

- Pas envie.

- Tu préfères un dépeçage en règle ?

- C'est pas marrant si y'a que moi qui bouge...

- Quoi ?

- T'arrête pas d'frapper le vent, bourricot, tu m'donnes froid !

- Et toi, quand vas-tu te décider à frapper ?!!


Pas chassé, puis tranche. Renart ne changea pas sa tactique et tenta un coup similaire au tout premier du combat, un coup diagonal pour réduire l'espace entre nous. C'était mon occasion de lui montrer que j'étais pas là non plus pour plaisanter. Contrairement à ses attentes, je me rapprochai à pas de course et me précipitai de moi-même au corps à corps, son domaine. Du tranchant de mon sabre je déviai sa chaîne qui s'enroula autour et de mon poing gauche, je le cognai d'un puissant uppercut dans les règles de l'art que m'avaient apprises mes nombreuses baston à la taverne. Le coup fit mouche et sa tête bascula en arrière, tout son corps se retrouva en déséquilibre et, dans une jetée de sang nasal, il retomba sur ses fesses, sonné comme si il avait descendu un tonneau de bière en une traite. Son arme retomba toute seule en glissant de ma lame. Insulté, il passa sa manche sous son nez pour cacher le sang qui coulait, tandis que ma main à moi recouvrait mon côté gauche qui s'était trop lancé suite à mon coup de poing.

- Pffuhuhu... Alors, heureux ?

- Espèce de... !

- Allez, fais pas ta gamine, c'est ce que t'avais demandé, non ?


Les pauses se faisaient plus longues et moins calmes. En spectateurs, mes trois compagnons admiraient la scène. J'entendis les commentaires de Gorilla, perdus dans la cacophonie des cris de haine des voleurs :

- Il fait n'importe quoi, il aurait pu blesser le blondinet dès le premier échange mais il l'a pas fait. Il veut pas le tuer, en tout cas pas tout de site, Sirius a quelque chose derrière la tête. De toutes façons, même si il lui a mis une branlée maintenant, il est mal fichu, je sais pas si il va gagner.

_________________
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Dernière édition par Heartless le Sam 15 Jan 2011 18:25, édité 1 fois.

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