L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: La Crique
MessagePosté: Jeu 13 Jan 2011 21:51 
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La Crique

Une arène de fortune s’était dressée le plus naturellement du monde. Bandits et pirates de bas étages encerclaient les combattants, braillant et beuglant en réponse à la tension du combat. Un vieux proverbe Wiehl dit que n’importe quel homme bon peut devenir une bête féroce entouré de ses semblables. Et là se n’étaient pas des enfants de chœur qui chahutaient, mais bien des coupe-jarrets ayant soif de sang. Ce duel n’était pour eux qu’un prétexte de plus de laisser libre court à leurs instincts les plus primaires.

Au centre du cercle, mots et coups volaient au rythme de la hargne du public. Les combattants semblaient être les acteurs principaux d’un combat de chiens : chacun jaugeait son adversaire en montrant les crocs, attendant patiemment une erreur de l’autre. Lorsque l’un des deux se décidait enfin à attaquer, tout se déroulait en un éclair. Les coups s’enchaînaient à une vitesse impressionnante, témoignant du niveau des deux opposants. La danse macabre de chacun équivalait celle de l’ennemi autant en parades qu’en estocs. Nul ne semblait décidé à céder ne serait-ce qu’un pouce de terrain à son adversaire, enrageant de plus belle les brutes servant de public.

Si la plupart des spectateurs semblait avoir perdu la raison, une minorité n’avait pas le cœur à profiter du spectacle tant leur niveau de nervosité était palpable. Après tout leur vie se jouait peut-être sous leurs yeux.

"Il fait n'importe quoi, il aurait pu blesser le blondinet dès le premier échange mais il l'a pas fait. Il veut pas le tuer, en tout cas pas tout de suite, Sirius a quelque chose derrière la tête. De toutes façons, même si il lui a mis une branlée maintenant, il est mal fichu, je sais pas si il va gagner."

"Il a intérêt ! S’il perd, on y passe tous. S’il survit, on a une petite chance de s’en tirer sans trop de casse." Suite à cela, Leoj augmenta d’un ton afin de se faire entendre du duelliste qui, à son plus grand regret, semblait être leur seul espoir. "Alors il va arrêter les ronds de jambes et embrocher l’autre clown vite fait bien fait."

Comme pour répondre à cela, le pont du navire se mit à s’animer. De sa place, le jeune homme ne pouvait qu’apercevoir le pont, les bords du navire camouflant la majeure partie de celui-ci. Des portes s’ouvrirent en grand du coté de la cabine du capitaine et des pas raisonnèrent bruyamment sur les planches du galion. Le remue-ménage engendré par les pirates se tue au fur et à mesure que les pas poursuivaient leur lente marche. Tous se tournèrent vers la passerelle dans un silence comme craignant l’origine de ce bruit. Même les combattants semblèrent suspendre leur affrontement, Renart quitta sa posture de combat, le regard pointé vers le bateau. Sirius posa à son tour son regard sur l’attraction du, tout en gardant toutefois un œil sur son adversaire.

Les pas se stoppèrent soudainement, dévoilant leur auteur par l’espace dans le bord sue lequel la passerelle était posée. Un homme barbu, la quarantaine, se tenait là en bombant le torse, arborant un sombre regard emplit de colère. Il était de carrure moyenne, exhibant un grand manteau rouge vif et un tricorne ébène. Son allure générale lui donnait des airs de nanti par la richesse et le raffinement de sa tenue : que se soit son gilet noir rehaussé d’or, ses bottes en cuir de haute qualité, son immaculée chemise brodée ou sa ceinture écarlate aux motifs distingués, tout semblait témoigner de son haut grade tant les autres sbires étaient sales et négligés. A sa ceinture trônait une rapière aux reflets d’or finement ouvragée, sa valeur dépassant sans doute celle cumulée de ses autres affaires. Il rompit le silence que sa présence avait engendré d’un ton sec, criant ses mots pour que chacun entende sa voie caverneuse.

"J’n’ai pas autorisé d’distractions durant le travail bande de débiles congénitaux !" Les brigands, qui quelques minutes plus tôt enrageaient, arboraient désormais la mine penaude de gamins prient en pleine bêtise. "Mais personne ne peut brailler la possession de ce joyau des mers sauf moi. La mort seule suffit pas pour supprimer un rat aussi prétentieux. Renart, humilie et éventre cette vipère sur le champ !"

Le combat reprit alors sous les acclamations des bandits envers celui qui avait parlé. Renart semblait galvanisé par l’ordre qui lui avait été donné, désormais c’était la volonté de son capitaine qui armait ses mains. La cacophonie des pirates se fit encore plus puissante qu’auparavant sous le regard dominateur du capitaine Vragdush.

La Crique

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"Si on ne prend pas son destin en main, nul ne le fera à notre place."


Dernière édition par Leoj le Sam 15 Jan 2011 00:46, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: La Crique
MessagePosté: Jeu 13 Jan 2011 22:57 
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Du haut de son navire volé, le vicieux Vragdush se préparait à assister au combat, toutefois sans vraiment frémir à cette idée, lui qui avait sûrement mené bien des hommes au combat, il voyait ses troupes dispersées devant une simple bagarre causée par un marin d'eau douce qui semblait avoir perdu la raison. Il prêta plus attention aux paroles qu'un de ses hommes présent à ses côtés susurra à ses oreilles. Les cachoteries achevées, le patron répondit au larbin par un sourire des moins rassurants. D'un geste il interrompit l'assaut que Renart voulait à tout prix lancer :

- En fait, non ! Cette joute, c'est comme une rébellion pour moi, pourriez pas vous r'mettre à bosser bande d'incapables ? Finissez-en vite avec ce borgne de mes deux, butez-le tous ensemble et faites-le bien souffrir ! C't'un ordre de Vragdush le Terrible !

Les badauds se fixèrent entre eux un instant à travers la basse mêlée qui avait jusque là captivé toute leur attention. Mon cœur se laissa empoigner par une main invisible à la vue des rictus sadiques sur leurs visages. Une bande de lâches qu'ils étaient, ils trouvaient sûrement plus amusant de venir me disséquer à plusieurs en se délectant de mes cris de pitié plutôt qu'à assister à une confrontation loyale. L'un d'eux, un peu plus grand quel les autres prit l'initiative, et fit le premier pas en ma direction, suivi d'une bonne dizaine de ces avortons, hurlant pour une bataille gagnée d'avance... Héhé.

- Comme si j'avais pas prévu ça !

D'un mouvement de doigt je désignai la bouteille de tord-boyau qui trônait au sommet de ma ceinture. Lorsque Gorilla me l'avait passé, elle était à moitié remplie, mais en ce moment, elle était quasiment vidée de toute liqueur. En vérité, rien que le fait de m'en être saisie constituait pour moi un gage de sûreté. Personne ne semblait remarquer, mes pendant le combat, je m'étais arrangé pour laisser une fine traînée d'alcool derrière moi. La bouteille pendue à trois fois rien à ma ceinture répandait à chaque pas son nectar gaspillé pour la bataille. Mes déplacements contre Renart n'avaient rien de bien naturel, je m'étais bougé de manière à tracer un cercle complet à l'intérieur de l'arène, les imbéciles qui s'y étaient risqués avaient déjà glissés dessus et découvert sa présence, mais c'était trop tard.

- Gorilla, torche !

- Quoi ?!

- Torche ! Bouge ton cul ! Torche !


Instinctivement, Gallion se précipita à l'entrée par laquelle il était arrivé et déroba un bout de bois au bout arrondi à la dépouille de notre jeune guide malchanceux et la frotta énergiquement contre les pierres de la grotte avant de me la lancer. La rattrapant par le bout à m'en brûler les doigts, je la brandis dans un geste décisif et la jetai avec fureur contre le sol mouillé par l'alcool. Stupeur générale, la détonation qui suivit ébranla Renart avec force et fit reculer d'un bond la foule affamée de meurtres, l'arène entière était désormais protégée par un immense mur de flammes, barrant le passage à une vingtaine de voleurs effrayés, tout en laissant la voie libre à mon groupe. Debout au milieu des flammes, je leur indiquai leur objectif de ma lame, hurlant à travers l'enfer brûlant du piège que j'avais concocté depuis le début :

- Courez ! Tous ! Attaquez Vragdush, maintenant !!

Je ne vis pas leur réaction à cause de la vivacité du feu, qui rendait tout trouble derrière lui, c'était à eux de jouer maintenant, j'avais fait ma diversion. Cherchant un accès, je me mis à courir vers la position présumée du navire de Vragdush, mais je fus arrêté par la lame d'une fauchette. Renart n'avait pas abandonné, il était resté avec moi au sein du cercle infernal et mettait un point d'honneur à finir ce combat entre hommes. Le visage grisé par de légères brûlures, il hurla tel un loup déchaîné :

- C'est pas fini, Heartless ! T'as plus nulle part où fuir !!

Il me porta un énième coup, qui fit son effet. Il me frappa avec le sommet non-tranchant de son arme pour me faire reculer, et recommencer le combat. Il voulait pas abandonner ce mec... pas que ça me déplaisait.

- Tenace hein ? T'as toujours pas envie de partir ?

Il déglutit et cracha un mollard sur le sol en planches du quai de Vragdush. Rien au monde ne comptait plus pour lui que cet affrontement qui l'avait fort agacé, c'était une question d'honneur, il devait me tuer sans jamais fuir, sinon il aurait perdu la face à tout jamais.

- Même pas en rêve...

Un petit instant de contemplation précéda le premier pas de l'ultime affrontement que nous devions nous livrer, parce qu'après tout, nous n'avions rien de mieux à faire, je savais que Gorilla et les autres étaient déjà en partance pour le navire et qu'ils étaient probablement en train d'en découdre avec les quelques rares sous-fifres qui étaient restés aux côtés de leur maître. Un rictus orna mon visage. La chaleur était étouffante, l'air difficilement respirable, la tension à couper au couteau. Toutes les conditions étaient idéalement réunies de mon côté. Renart sourit aussi à la vue de mon épée en garde, cette fois il n'était plus question de tours de passe-passe enfantins, c'était un combat à mort comme on les aimait.

- T'es décidé à t'battre, donc ?

- Te fais pas d'illusions, c'est juste pour passer le temps, et je supporte pas ta gueule.

- Moi non plus.

- T'aimes les combats comme ça, pas vrai ?

- Ouais, et toi alors ?

- Moi ?


Je sentis très distinctement mon cœur qui battait la chamade, j'étais excité, mes instincts primaires se délectaient de cet instant. Deux ennemis, un victorieux, la règle des hommes. Je crois bien que c'est à ces instants que je suis le plus macho. Je relevai mon sabre au niveau de ma bouche et léchai lentement son tranchant avec le bout de ma langue, de long en long, j'appréhendais déjà le goût amer et acide du sang, mais pourtant, que c'était bon !

- .... J'adore ça !!!

Le geste partit tout seul, mes jambes s'élancèrent comme les pattes d'une panthère courant après sa gazelle, et Renart fit de même, l'arme brandie. Tous deux nous engageâmes dans un duel enragé, au beau milieu de ce magnifique enfer.

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 Sujet du message: Re: La Crique
MessagePosté: Sam 15 Jan 2011 00:45 
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La Crique

[:attention:] Attention, rp à caractère violent [:attention:]


Les flammes dévoraient les planches du ponton, le peu d’ordre qui jusque là existait chez les bandits avait laissez place à l’anarchie la plus totale. Tous hurlaient, certains à cause de leurs brulures, d’autres écumant de rage en tenant position face aux trois seuls responsables qu’ils pouvaient atteindre. La soudaine volte-face de Vragdush avait légèrement prit le trio au dépourvu, mais le borgne avait sortit un as de sa manche et c’était là leur seule chance de salut. Qu’importe la taille du dragon, s’il est décapité alors il mourra, point final. Toutes les organisations suivent la même règle, tuez en le chef et elle s’effondrera comme un château de carte.

Leur objectif était bien sûr le capitaine sur son navire, mais pour l’atteindre il leur faudrait contourner le brasier et éliminer les obstacles se dressant sur leur route. Aussi se lancèrent-t-ils à l’assaut du navire avec l’implacable volonté de faire tomber une certaine tête. Le nain se jeta sur le premier mur d’adversaire qui se dressait face à eux, brisant leur ligne désorganisée de sa hache pour permettre aux autres d’avancer. Gallion se fraya un chemin sous la chaleur écrasante en tranchant le menu fretin lui barrant la route. Leoj le suivait comme son ombre malgré la souffrance qu’il ressentait au niveau de la cuisse. Arrivé au pied de la passerelle, les quelques pirates descendus du navire leur avancé. Ces derniers furent bientôt rejoints par d’autres qui fermèrent le cercle de lames autour d’eux. Aucun n’osait attaquer en premier, de peur de perdre un membre face au gorille. Dos à dos, le vieux marin et Leoj se sentirent piégés. Toutefois ce sentiment s’envola bien vite.

"Oh et pis merde. Allez on fonce dans le tas !"

"Hun ?"

Le géant se jeta vers la passerelle, décrivant de larges mouvements de sa lame et effrayant les pauvres malfrats pris entre l’acier de son sabre et la colère de leur capitaine. Ce dernier les auraient sans doute tués aussi sec s’ils avaient osé fuirent et remonter à bord. Pris entre deux feus, certains tombèrent sous les coups de l’adversaire, d’autres préférèrent se jeter à l’eau d’eux-mêmes. Leoj restait dans le dos de Gallion tout en faisant face au ponton sur lequel les pirates refermaient prudemment leur étreinte. Une fois la passerelle débarrassée de tous les sbires, les deux hommes échangèrent leurs places respectives. Quand le colosse fit face aux sous-fifres, ces derniers reculèrent d’un pas de stupeur. Sans doute s’attendaient-ils à se ruer derrière le duo quand il aurait foncé pour prendre la tête de leur chef.

"Désolé d’vous décevoir, mais vous vous restez là. Vas’ y, moi je m’occupe de ces guignols."

"Ok, bonne chance."

"Garde ta chance pour toi, d’mi-portion." Dit-il en affichant un court sourire avant de se jeter tête la première au pied de la passerelle, effrayant les pirates comme un gamin s’amuserait à effrayer des pigeons.

Leoj sauta sur le pont, mais à peine avait-il fait un pas dessus qu’un violent coup l’atteignait au ventre, le mettant à genoux. Un homme à sa gauche se releva, un gourdin en bois dans les mains et un air satisfait lisible sur son visage. Une main saisit alors son poignet, le forçant à lâcher sa dague tandis qu’une autre exerçait une pression sur sa nuque, le maintenant dans cette position de soumission. Les deux hommes de main devaient être cachés là depuis le début, depuis l’arrivée du capitaine sur le pont.

"Alors comme ça c’est ma tête qui t’intéresse. On va voir quelles têtes vont faire tes petits copains une fois des tripes répandues à leurs pieds. Hahaha" Le rire de Vragdush ressemblait davantage à un glas aux oreilles de Leoj.

"Cahen ! Dabel ! Gardez ce ver comme ça, on va faire un petit exemple pour ces rats d’égouts."

L’homme debout devant Leoj acquiesça, lâcha son gourdin et vint s’emparait du seul bras libre de Leoj. Puis ils forcèrent ce dernier à se plier à la volonté de leur chef. Vragdush semblait mettre en scène une petite pièce de théâtre, et c’est seulement une fois tout en place qu’il prit la parole en s’adressant de sa puissante voix à ceux restés sur le ponton.

"Ecoutez bien bande de pitoyables larves, voilà se qu’il en coûte de me faire face à moi, Vragdush le Terrible."

A ces mots, Gallion jeta un regard vers le navire. Les forbans, qui jusqu’alors cherchaient à supprimer leur adversaire sans prendre trop de risque, reprirent confiance et se contentèrent de reformer un cercle autour de lui en riant. Ils n’étaient plus très nombreux, la plupart étant soit morts ou blessés suite à l’incendie et aux attaques des intrus, sans oublier les quelques autres ayant tout simplement fuient. En face le navire, derrière le feu et de part et d’autre des bandits, cette situation n’était clairement pas à l’avantage du colosse.

Ce public faisait face à la scène suivante : sur le pont au niveau de la passerelle, à quelques mètres à peine d’eux se tenait Vragdush triomphant, la lame de sa rapière sous la gorge de Leoj. Ce dernier était à genoux, les bras maintenus à l’horizontale par les forbans qui l’avaient stoppé, chacun d’eux avait une de leur main tenant le poignet du jeune homme et l’autre appuyant sur son épaule. Ainsi entravé Leoj n’avait aucune chance de se libérer. Le capitaine pirate avait fait en sorte que son prisonnier soit vu de profil par les spectateurs afin que ceux-ci ne puisse en louper une miette.

(J’ai vraiment le don de me retrouver dans les situations désespérées aujourd’hui. J’aurai mieux fait rester au plumard ce matin.)

"Ce gamin à oser croire qu’il pouvait m’abattre, moi le capitaine Vragdush. Pour cela je le condamne à souffrir jusqu’à se que mort s’ensuive." Les paroles suivantes ne furent plus audibles pour l’assistance car le corsaire les réservait à sa proie.

"On dirait que mes subordonnés t’ont déjà donné du fil à retordre. Bien voyons ça."

La lame parcourait le visage de Leoj en suivant les marques de coups laissées par le gros bandit des égouts. Puis elle descendit d’un geste vif au niveau de sa blessure à a cuisse. Le fil de la lame trancha aisément le bandage improvisé rougie par le sang, découvrant à la lumière du jour les plaies occasionnées par la dague ophidienne. Un fin filet de fluide humain coula des chairs exposées à l’air libre.

"Ainsi donc tu as été victime de ce poignard avant de le voler, finalement l’autre idiot n’été pas aussi empoté qu’il en avait l’air."

(Il doit parler du lâche qui nous à servit de guide.) "Je croyais qu’il l’avait reçut pour son efficacité." Répondit Leoj en serrant les dents, l’air marin n’ayant pas son pareil pour raviver la douleur d’une plaie ouverte.

"T’as entendu parler de ça, c’est vrai que pour les plans il été doué le p’tit mais au combat il valait pas un clou." Ricana le vieux gredin. "Bon assez causé, passons aux choses sérieuses."

Le pirate commença à lacérer la peau de Leoj de manière aléatoire : un instant son arme tranchait la surface d’une joue, l’instant suivant elle courrait le long d’un bras ou encore du torse. Il soutirait à sa victime à chaque taillade des cris que cette dernière tue du mieux qu’elle put, pour ne pas accorder au forban la jouissance du spectacle de sa souffrance. Gallion assistait à cela impuissant, s’il avait fait ne serait-ce qu’un pas en direction du tortionnaire, Leoj serait mis à mort et tous se seraient jetés sur lui.

"C’est trop long !"

Le pirate plongea la lame de sa rapière en plein dans la plaie à la cuisse de sa victime ensanglantée, lui arrachant un fort cri de douleur. La lame transperçait la chair de part en part, toutefois le flot de sang qui en coulait n’était pas assez important pour provenir d’une artère. La lame commença alors à briller d’un éclat doré. A la vue de cela les hommes de main lâchèrent prises et reculèrent de deux bons pas. Ils connaissaient cet éclat et en souriaient d’avance. La tête et les bras de Leoj pendaient mollement, comme s’il avait sombré dans l’inconscience. Vragdush arborait un grand sourire et ses yeux reflétaient une lueur sadique.

Le temps paraissait comme suspendu, une seconde semblait paraître une heure. Leoj leva lentement la tête et quand il croisa le regard du pirate il sut ce qui l’attendait. Tout à coup la lame fut parcourue de brillants éclairs qui pénétrèrent le corps du jeune homme par sa blessure. Un hurlement inhumain sortit de sa gorge quand il fut traversé par ces foudres. Ses muscles se contractèrent et il resta là, immobile, la tête levée vers le ciel dans une expression indescriptible.

La seconde suivante, les muscles se relâchèrent, la tête retomba pour fixer le sol. Des volutes de fumée s’élevaient de son corps, ses longs cheveux retombèrent devant ses yeux. Les planches l’entourant arboraient une légère teinte noircie. Il semblait qu’il était mort là, à genoux, aux pieds de l’être abjecte qui riait à gorge déployée juste devant lui. Gallion était sans voix face à cela, ne sachant comment réagir.

"Bon, assez rit."

Le pirate se saisit de la poignée de son arme pour l’ôter de ce corps inanimé. A son plus grand étonnement son geste fut retenu. La main de Leoj s’était refermée sur sa lame, l’empêchant ainsi de la retirer. Le sang versé par cette main courrait le long de la rapière.

"Vous seriez mignon tout plein avec cette épée là plantée dans le cul."

A cet instant, la tête de Leoj se releva d’un seul coup, son visage était en partie caché derrière ses longs cheveux noirs. Mais Vragdush entraperçut quelque chose qui le fit reculer de plusieurs pas, stupéfait. L’un des hommes de mains, qui jusque là s’étaient tenus à distance, se jeta vers Leoj pour le maîtriser à nouveau. L’homme était déjà derrière lui, le jeune homme se releva brusquement en tournant sur lui-même, la rapière toujours plantée dans la cuisse. D’un même élan, la paume de sa main blessée vint s’écraser en plein dans le visage de l’homme qui en fut projeté en arrière, le nez brisé.

Tous les spectateurs étaient abasourdis par ce à quoi ils avaient assistés. Gallion se remit vite de ses émotions et vit là une opportunité de se débarrasser des bandits l’encerclant. Il fonça comme à son habitude. Les pirates étaient sous le choc d’avoir vu leur terrible capitaine reculer face à un gamin. Un combat à sens unique s’engagea. Le vieux marin avait prit l’avantage psychologique sur eux, si bien qu’ils ne savaient s’il fallait fuir ou se battre. Aussi Gallion ne fut-il pas témoin de se qui suivit.

De la main droite, Leoj ôta sèchement le bout de métal lui mordant les chairs. De la gauche, il rejeta en arrière les cheveux qui lui masquaient le visage. Désormais celui-ci un tout autre air qu’auparavant, sa bouche s’étirait en un grand sourire sadique. Quant à ses yeux, ils avaient laissait place à deux orbes noirs qui brillaient d’un éclat malveillant.

A quelques mètres gisez l’homme de main qui se tenait le nez en proférant des jurons à tout va. A ses coté, l’autre homme semblait s’inquiétez de son état. Leoj le remarqua et il ne dut pas attendre bien longtemps avant de s’en servir à ses fins.

"Comment t’as put osé faire ça à mon frangin ? Tu vas nous l’payer !"

"C’est ton frangin ? Ah, je savais bien que cette tête de taré que vous avez tout deux ne pouvez être que d’famille." Leur jeta Leoj en reculant le plus tranquillement du monde.

"Vas’ y Dabel ! Crève moi cette enflure !" gueula l’homme au sol.

L’homme se saisit de son gourdin qui était non loin et il chargea. Cela ne sembla pas inquiéter l’homme aux yeux noirs qui ne cesser de sourire. Son assaillant n’était qu’à un ou deux pas lorsque Leoj se décida à réagir. Son énergie se concentra aux niveaux de ses poumons et l’instant suivant un brouillard de ténèbres sortit d’entre ses lèvres pour l’entourer lui et son agresseur. Ainsi Leoj n’eut aucun mal à esquiver l’attaque d’un simple pas sur le coté. Son adversaire s’était arrêté dans le sombre nuage et toussait fortement. Le nuage rétrécit alors à vue d’œil et Vragdush put assister depuis sa place au sort de son sbire. Sous ses yeux terrifiés, le brouillard se mouvait comme doué d’une vie propre et il s’insinuait dans les narines et la bouche de Dabel. Ce dernier chercher à expulser ce phénomène de ses poumons mais sans succès.

"Tu vois Vragdush, la perte de sang-froid mène à la souffrance." Leoj le regardait trembler, amusé. Il se mit à lentement décrire un cercle autour de l’homme s’étouffant. Il semblait ne pas être gêné de la perte de son sang qui continuait à couler de ses plaies, ignorant jusqu’à sa blessure à la jambe. "Tu aurais put me tuer d’un seul coup tout à l’heure, quand j’étais à ta merci. Mais non ! Tu as préféré me faire souffrir avant ça. Je ne t’en blâme pas cela dit. Non, je te reproche juste d’avoir loupé ma mort."

"Tu comprends, la mort doit être le grand final d’une vie. Et toi tu utilise un sort que tu ne semble pas complètement maitriser. Je pourrais le prendre mal tu sais ?"

Leoj jeta un regard en arrière, et prit le gourdin des mains de Dabel. "Merci mon brave." Suite à quoi il se dirigea vers l’homme au nez brisé qui tentez de se relevez. Sitôt l’homme sur pied, le sombre mage lui asséna un violent coup de gourdin en pleine tempe sans lui laissez une chance d’esquiver. Sa victime assommée sur le coup, il la regarda un instant en laissant son arme choir.

"Cahen, c’est ça ? Attend moi là sagement, je dois d’abord m’occuper de ton cher frère."

En revenant aux cotés de Dabel, qui suffoquait à genoux, Leoj ramassa la dague dont il avait été désarmé plus tôt et joua un peu avec tout en marchant nonchalamment. Puis il s’adressa au capitaine pirate qui avait perdu de sa superbe. Ce dernier se retrouvé dos au mur, sans une chance de pouvoir fuir ce mage dont il ne connaissait rien et qui le terrorisait. De quoi était-il encore capable ?

"Tu sais, la douleur dont tu m’a fait cadeau à réveiller mon intérêt pour la vie. Et comment se sentir davantage en vie qu’en souffrant. … Je vais te montrer." Son sourire s’étira alors en un rictus maléfique. Il s’agenouilla aux cotés de Dabel en commentant tranquillement. "Vois tu, cet homme est en train de se faire lacérer les poumons par mes ténèbres. Oh, pas de grandes entailles comme celles dont tu m’as couvert. Juste de minuscules coupures, mais suffisamment nombreuses pour transformer ses poumons en filets à crevettes. Ensuite mon pouvoir s’infiltrera dans son sang et infligera ce sort à l’ensemble de ses autres organes."

Puis Leoj raffermit sa prise sur son poignard et l’enfonça doucement dans le torse du pauvre homme qu’il maintenait solidement par l’épaule. Dabel ne pouvait crier, ses poumons ne brassant que des ombres. Un fin filet de sang coula lorsqu’il retira son arme, mais autre chose s’échappa de la blessure : de sombres volutes dégringolèrent sur le sol, comme si la pesanteur agissait sur ces ténèbres.

"Le sang est nécessaire à la vie, mais c’est en le laissant nous échapper que l’on se sent vivant. Ironique non ?"

L’oxygène remplaça petit à petit les ténèbres dans les poumons de l’infortuné pirate, mélangé au le sang il forma une mousse rosée aux commissures des lèvres et aux abords de la double plaie de Dabel. Leoj lâcha son épaule et le laissa chuter le corps sur le coté, après quoi le mage se releva.

"Je pari que si Dabel pouvait parler, il confirmerait mes propos de sa récente expérience. Dommage qu’elle lui soit fatale."

"Pour moi, toute cette douleur est un moteur, motivant mes actes et célébrant la vie, c’est quelque chose qui se doit d’être partagé." Puis il se dirigea doucement vers le forban qui était paralysé par la peur. "A ton tour de connaître ce plaisir."

Cela eu l’effet d’un électrochoc sur le vieil homme, il voulut reculait et se heurta au bord du vaisseau. Pris au piège, il se mit à balbutier quelques phrases pour sauvait sa pitoyable existence.

"Non, non je t’en supplie, je te donnerai tout ce que tu veut. Tiens, vous êtes venus pour ce bateau n’est-ce pas ? Prenez-le, je vous l’offre." En même temps que de déblatérer ses bêtises, Vragdush se déplaçait latéralement, suivant le bord du navire pour atteindre la passerelle.

"Tiens prend ma bourse, si t’en veut plus y’en a dans ma cabine, vas ‘y fait comme chez toi …euh… t’est chez toi en plus." Il arracha la bourse qui pendait à sa ceinture et la jeta aux pieds de Leoj, puis il se mit à semer ses effets personnels derrière lui, comme autant d’offrandes pour le sombre mage qui s’avançait à pas lent vers lui, un air amusé sur le visage.

"Garde ma lame … je t’en fais cadeau … Prend aussi mon manteau, mon gilet et mon tricorne, ils sont parfaits pour un capitaine … Mon bracelet à des propriétés magiques … il est à toi … t’en veut plus ? Ah, je sais ! J’te donne mes bottes, attend un instant, … je les ais piqué à un marchand Kendran, elles vont te plaire."

Tout cela ressemblait à une farce grotesque exécutée par un vieux clown sans intérêt. Mais Leoj stoppa sa progression et laissa l’homme accéder à la passerelle, bien sûr celui-ci descendit aussi vite qu’il le put. Le feu s’était propagé sur le ponton, désormais seule une petite surface de celui-ci n’était pas en flammes.

"J’ai tout perdu."

A peine avait-il fait trois mètres que Vragdush tomba nez à nez avec un colosse, il fut si surprit qu’il en lâcha un cri et que sa vessie réagit également, à sa manière bien sûr. Gallion venait en effet d’achever le dernier bandit à sa portée et se rendait à bord pour aidait Leoj. Face à lui, se tenait un petit barbu avec une calvitie avancée, habillé seulement d’une et d’un pantalon trempé, rien d’autre. Le gorille dévisagea l’homme, il semblait l’avoir déjà vu quelque part mais il n’arrivait pas à savoir où. La voix de Leoj vint mettre un nom sur ce visage.

"C’est Vragdush ! Il est à toi !"

Le pirate surprit se retourna en direction du galion, mais Leoj avait déjà disparu. Une seconde plus tard, un sabre sortait de son torse et la vie s’échappa de son corps. Le colosse retira son arme de son dos et l’ex-corsaire chuta à genoux, le coup suivant fit volait sa tête par delà les flammes. Ainsi disparut Vragdush le Terrible, malheureusement pour lui il n’avait de terrible que le nom. Tout le reste n’était que du vent, ne commandant ces pirates que grâce à son jeu d’acteur et à sa faible magie. Personne ne pleurera sa mort et son souvenir s’effacera des mémoires aussi vite qu’il était apparut.

Gallion rangea son arme à son coté et grimpa la passerelle pour comprendre comment Leoj s’en été tiré. Une fois sur le pont, il découvrit un corps ensanglanté gisant non loin, du sang en grande quantité et diverses affaires dispersées sur le pont. Quant à son jeune camarade, il le trouva près des portes qui menaient aux entrailles du navire. Il était là, couvert de blessures et de sang, assis sur le ventre d’un gars. Il jouait à planter sa dague dans le pont, ses vêtements en lambeaux. Un détail frappa le vieux marin : un bracelet en os ceignait son poignet droit. Bah, peut être était-il là avant. Après tout, il n’y avait jamais fait attention. Le jeune homme ne semblait pas souffrir aussi Gallion ne s’en inquiétât pas. Il s’avança vers Leoj en se questionnant au sujet du corps sur lequel il trônait.

"Dit, qui c’est c’type là ?"

Sans lever la tête Leoj répondit le plus naturellement du monde, "Le frère de l’autre allongé là-bas."

"Ah, et qu’est-ce qui les as tués ?"

En réponse Leoj ouvrit sa main droite, aussitôt les restes de ténèbres répandus dans le corps de Dabel s’animèrent et sortirent du corps. Ils filaient en de fins nuages d’ébène, passant au dessus du colosse qui croyait halluciner, pour se réunir finalement dans la paume sanglante de du mage. Une fois toutes les ombres réunies, Leoj ferma brusquement la main pour les disperser.

"Celui-là est mort pour l’exemple."

Puis il leva sa dague et trancha la gorge de son siège. Un flot de sang jaillit, condamnant Cahen à ne jamais se réveiller.

"Et celui-ci ne l’était pas jusqu’à maintenant."

Gallion était sous le choc, Leoj avait égorgé un type de sang froid juste sous son nez. Lorsqu’il leva les yeux pour le regarder, le colosse put alors voir ses yeux d’onyx. Ni une, ni deux, il empoigna Leoj par ce qui restait de son col et le souleva du sol jusqu’à lui faire face.

"Mais qu’est-ce qui t’ait arrivé, nom de diouste ?"

"Je me suis juste débarrassé du poids mort qui me servait de conscience."

"Mais t’est taré ou quoi ?" Là-dessus, le vieux marin colle une baffe au mage dont la tête suit le mouvement tant Gallion y avait mis de force. La main du géant frôla la larme de lune pendant à l’oreille du jeune homme, ce qui eut pour effet de l’activer. Le bijou brilla l’espace d’une seconde d’une lueur argentée.

"C’est bon ou il t’en faut une autre pour te remettre les idées en place ?"

"C’est bon, c’est bon, arrête maintenant."

Le gorille vérifia la couleur des yeux de Leoj, ils avaient reprit leur couleur normale. Aussi posa-t-il le jeune homme au sol. Mais étrangement, toutes les blessures qui semblaient ne pas l’affecter une minute plutôt lui faisait désormais souffrir le martyre. Leoj chuta ne pouvant supporter la station debout. Aussi Gallion banda rapidement ces blessures avec la première chose qu’il trouva, la chemise de l’homme qui venait d’être égorgé.

Une fois les saignements stoppés, le veux loup de mers s’affaira à balancer les corps par-dessus bord. Puis il se mit à préparer le navire à la hâte pour le départ. Laissant Leoj adossé à un mur, celui-ci souffrait de multiples coupures peu profondes sur une bonne partie du corps. Quant à sa jambe elle allait relativement bien. La foudre de Vragdush avait en effet cautérisé une bonne partie des chairs en se déversant dans son corps. Sans cela, il serait peut-être mort de la perte de son sang.

On aurait dit que Gallion faisait tout à la fois, il paraissait évident qu’il était à sa vraie place sur un navire. A un moment, il passa voir l’état du blessé et il posa alors la question à laquelle Leoj n’avait pas de réponse.

"Mais qu’est-ce qui va pas chez toi ?"

Port de Tulorim

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"Si on ne prend pas son destin en main, nul ne le fera à notre place."


Dernière édition par Leoj le Dim 16 Jan 2011 20:20, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: La Crique
MessagePosté: Sam 15 Jan 2011 18:11 
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- Pfffff..... Pffffff..... T'es pas mauvais.... Héhé....

- Toi.... Pfffff.... Pareil......


Nous reprîmes notre souffle presque en même temps, le combat avait déjà duré plus d'une dizaine de minutes sans vainqueur. Tout ça à cause de l'inconscience d'un borgne et de l'arrogance d'un blond. Les gouttes de sang répandues sur le sol humide semblaient alimenter davantage les flammes ardentes autour de nous, qui se resserraient inéluctablement, comme des étaux infranchissables, des pièges à loup inévitables. L'air était suffocant, respirer devenait aussi difficile que de porter un coup. Nous nous étions tous deux infligés des blessures aussi douloureuses que les crocs d'un chien, les crocs de la violence harponnaient nos bras, nos jambes, nos cous, nous étions les marionnettes d'un théâtre funeste, les pantins enfumés en train de bouillir dans la marmite de Thimoros. Pendant un instant, nous étions en enfer.

- Il ne reste plus beaucoup de temps, tes potes doivent déjà t'attendre en enfer.

- Compte pas trop là-dessus.

- Et tu crois qu'ils peuvent faire quoi contre une vingtaine d'hommes, aussi dépravés soient-ils ?

- Ils font ce que tout l'monde fait, abruti : ils se battent. Si ils meurent maintenant, ça voudra dire que personne n'était à la hauteur... Mais j'm'inquiète pas pour eux.

- Comment ça ?

- J'ai pas le droit. Avant ça, je dois devenir capitaine.

- Attends, capitaine ? T'as fait tout ça juste pour ça ?

- Ouais... Rêve d'enfant.

- T'es prêt à risquer la vie de tes camarades pour assouvir les ambitions d'un gosse ?

- T'y es pas, pas du tout. Ce sont eux qui sont autour de moi maintenant mais... je leur ai jamais demandé de me suivre, ils l'ont fait tout seuls.

- Mais... pourquoi ?

- J'te l'ai dit... Rêve de gosse.

- J'arrive pas à te comprendre.

- T'occupes. Je plongerais jusqu'en enfer, et en-dessous si c'est pas assez profond.

- T'es en enfer là, tu vas faire quoi ?

- Ça aussi je l'ai déjà dit. Ce que tout le monde fait !


Sur ces mots, sans réfléchir, je fonçai sur lui, sabre brandi vers l'avant, dans un cri de guerre un peu trop vaillant pour mon image. Cela ne le surprit pas de ma part, à peine avais-je couvert la moitié de la distance qui nous séparait que la pointe son arme fonça en direction de mon visage. De justesse, j'esquivai son coup ascendant qui marqua ma joue droite jusqu'à l'œil, c'était le seul qui me restait, heureusement que je ne l'avais pas perdu. J'avais légèrement décalé ma tête pour contrer le coup, je ne devais pas effectuer de geste brusque de peur de perdre du terrain et de relancer la douleur qui me tiraillait sur la gauche, qui brusquait encore mes nerfs sous forme de brûlure. Son arme, tenue par la chaîne, partit effectuer sa rotation vers le haut, c'était ma chance. D'une main, je la saisis et rompit le mouvement, réduisant à néant sa tentative de combinaison, le pauvre bougre était bloqué, sa chaîne ne servait plus à rien. Je tentai de lui porter le coup décisif avec ma rapière, un coup transversal sensé lui déchirer le torse. Mais cet enfoiré avait su l'éviter en cassant littéralement son épaule pour décaler un peu plus son corps et éviter de plus grandes blessures. La coupe blessa uniquement son épaule au niveau du cou, mais ce n'était qu'une égratignure, bien qu'il se soit déboîté l'épaule dans le processus. Le sourire sadique qui orna son visage à ce moment là me fit frissonner, avant que je ne m'en rende compte, sa faux restante pénétrait déjà mon abdomen. J'eus à peine le temps de coincer la lame dans ma paume, la fauchette s'était plongée bien profondément dans mon ventre, sous mes côtes, mes entrailles hurlèrent de douleur. Ma main saignante retenait le fer entre ses doigts, lacérés peu à peu par la force que son dernier bras m'opposait, glissant doucement son étreinte froide en coupant ma paume déjà éprouvée par le combat. Si ça continuait à ce rythme, il allait me transpercer complètement. Mais ça n'allait pas assez vite à son goût et il me plaqua presque contre le mur de feu, pour me cramer, car c'était plus joli et plus rapide. Comble de la malchance, ma bouteille déversa le peu d'alcool qui restait et attisa les flammes qui me brûlèrent le dos à une vitesse infernale, si bien que ma chemise se rompit à cet endroit pour laisser voir mon dos noirci par la chaleur. J'émis un hurlement de douleur à faire trembler tous les démons du monde. Bon dieu que c'était intense ! Ce n'étaient plus les crocs des loups ou les griffes des guépards, j'étais comme embroché par le sceptre du roi des Enfers. Mais il était hors de question d'abandonner, ni ici, ni maintenant, mourir en cet instant même aurait été pire pour moi que toutes les souffrances du monde, et je ne pouvais me résoudre à accepter l'idée de défaite, pas même l'espace d'un instant !

Ce n'était pas un instant d'héroïsme, ni rien d'autre, peut-être aurait-ce été mes dernières volontés, ou bien pouvait-on inscrire cela sur une lettre d'amour. Tout ce que je savais, c'était que la douleur ne s'était pas fait muette, elle était toujours là mais elle me poussait à aller de l'avant. Je savais ce que je devais faire. Alors que Renart, le regard sombre, mettait toutes ses forces en œuvre pour m'attirer vers l'enfer, je prononçai ces mots, qui me revinrent soudain à l'esprit :

- Je... J'ai déjà dit ça...

- Quoi ?

- Je... plongerais jusqu'en enfer !


Je lâchai mon épée et saisis son arme avec mon autre main tremblante. Nous forçâmes tous deux dans un duel de force, que je remportai aisément grâce à mes deux mains valides. Puis, j'ôtai la lame d'un coup, dans une effusion de sang qui aveugla mon adversaire. Un instant plus tard, c'était le coup de boule. J'avais pris mon élan et ma tête alla se cogner avec férocité contre la sienne nos quatre yeux se mirent à divaguer et tout devint trouble momentanément. Ce fut là que, dans un autre cri strident, je balançai mon poids contre celui du renard énervé et, l'entraînant dans ce qui passa pour de la folie, nous disparûmes tous deux à travers le mur de flammes. Nos silhouettes enflammées sortirent du quai et allèrent se plonger dans l'eau froide, soulevant vapeur et fumée noire. Gallion, attiré par le bruit du plongeon, accourut en notre direction, affolé et inquiet de l'issue du combat. Il se hâta jusqu'aux abords du quai, et fixa l'eau avec une mine inquiète, la sueur perlait son front tandis que son esprit se demandait si son ami avait réussi à prouver sa valeur. De nombreuses et longues secondes passèrent avant que, sans prévenir, une main ensanglantée surgisse des abîmes et s'accroche aux planches suintantes, en se crispant de douleur.



- Heartless !

Une main puissante agrippa mon poignet et me hissa jusqu'à la surface. Je n'arrivai pas tout de suite à distinguer le sourire béat de ce stupide gorille, mais je savais quels ordres donner.

- Remonte-moi plus haut, imbécile !

Il grimaça et souleva tout mon poids au-dessus de la mer ténébreuse. Que sa surprise fut grande lorsqu'il distingua clairement, tenu par mon seul bras, les chevilles mouillant dans l'eau, la silhouette inconsciente d'un renard, le plus vivace qu'il ne m'ait jamais été donné de voir. Conscient de mon geste, il me reposa sur le sol et je m'écroulai à genoux, laissant tomber la carcasse de l'adversaire vaincu à mes côtés. Mais, là non plus, je n'étais pas prêt à tomber, je ne fis qu'une réclamation ingrate, alors que je me relevais péniblement sur mes jambes épuisées :

- Ton sabre, Gorilla.

Il obéit sans rien demander en retour et me laissa passer. Le pas boiteux, je m'avançai en direction de l'énorme galion bleu rougi par le sang de Vragdush, en adressant un sourire confiant à Leoj, qui semblait en avoir bavé autant que moi. Serrant puissamment l'épée de Gallion entre mes doigts, j'écorchai la coque splendide de mon futur navire, à la surprise de tous. Les interrogations de Gorilla étaient vaines, je ne répondis qu'après avoir entaillé plusieurs fois le bois et, d'un coup d'une horizontalité presque parfaite, souligné le mot que j'avais écrit au sabre à la surface de la coque, MASAMUNE.

- Ce navire est le Masamune, et j'en suis le capitaine ! Gorilla, ramène Renart dans la cale et installe-le bien. Thunar, débarrasse-nous des corps, jette-les à la mer. Leoj, largue les amarres, nous partons !

- Oui mon capitaine !
hurla bruyamment mon compagnon, s'y prêtant un peu trop au jeu.

D'un geste distingué, je lui rendis le sabre qu'il rangea à sa ceinture, tout en s'emparant solidement du goupil vaincu. Je me traînai ensuite jusqu'au sommet du ponton d'embarquement, en faisant une petite tape à l'épaule de Leoj, mêlée à un clin d'œil, lui signifiant clairement que, si il le désirait, il pouvait faire partie de mon équipage, à part entière. Avant de faire mon premier pas sur le pont du navire, je leur dis, à demi-voix basse par dessus mon épaule :

- ... Et merci, bande d'enfoirés.

La douleur n'était plus, elle ne représentait plus rien pour moi, alors que je contemplais, rêveur, le pont qui, désormais, était mien. A ma grande surprise, ce n'était pas comme ça que je m'imaginais ce moment, plein de rires, de pleurs, de jurons déplacés, de larmes d'extases... non, il n'y avait qu'un bonheur fier, celui d'un homme devant sa gloire, celui d'un enfant en face d'un rêve. J'étais écorché, brûlé, frappé, étourdi, trempé, frisquet mais j'étais sûr de ma voie. Je me plaçai au bout du pont de proue, à admirer l'horizon, plus petit qu'un cheveu et pourtant si vaste une fois qu'on y arrive. Le soleil caressa doucement mon visage alors que le fier navire peint de bleu se libérait de sa grotte. J'étais devenu Heartless, capitaine du Masamune.

---> Le port

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 Sujet du message: Re: La Crique
MessagePosté: Lun 2 Mai 2011 17:57 
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Je suis sur un petit promontoire, surplombant de quelques mètres une plage de galet, doucement remué par de légères vagues. La mer est calme et l’air, iodé, immobile.

Je descends sans difficulté, et vérifie rapidement qu’il n’y a personne aux alentours. Cela fait, je me débarrasse de mes vêtements, et me dirige vers l’eau.
Celle-ci est froide, douce morsure après le soleil brûlant. Je m’avance puis m’élance ; l’eau me recouvre un instant, m’irrite les yeux. Je n’ai jamais nagé que dans des rivières ; ici, du sel, agressant ma gorge, et de l’eau à perte de vue, rapidement sans fond.
Les restes d’alcools s’allient au plaisir de la nage, et je me sens enfin bien, nageant sans élégance, me laissant couler, puis me débattant pour remonter, jouant finalement, profitant de la sensation de liberté.
Je nage pendant encore une demi-heure, et, finalement réveillée, mais calme, je rejoins la plage.

Une fois à peu près sèche, et rhabillée, je remonte sur la lande. Là, confortablement installé à l’ombre d’un arbuste torturé, se trouve une femme d’une quarantaine d’année, faisant tranquillement des ronds de fumées à l’aide d’une pipe de bois sombre. Au premier regard, je remarque ses cheveux, étonnamment courts pour une femme, noirs ; puis ses yeux, perçants et à moitié clos, noirs également. Et… Ce visage m’est familier. Ce n’est que quand elle se tourne vers moi, me saluant d’un sourire, que je la reconnais : elle était à ma table, hier soir… Nous avons un peu discuté, mais son nom comme le reste est perdu au milieu de brumes alcoolisées.

D’un geste, elle m’invite à m’asseoir à ses cotés ; après un instant d’hésitation, je la rejoins. Quelques bouffées de fumés plus tard, elle range sa pipe, et se tourne vers moi :

« Tu ne devrais pas te balader seule par ici. Kendra Kâr et ses bonnes gens est loin…

((( Une pointe mépris pour les bourgeois… Mais visiblement pas contre moi. Intéressant. La question est : que lui ais-je raconter hier soir ?) Elle sait au moins d’où je viens. )))

Quoi ? Je pourrais faire de mauvaise rencontre ? Quelqu’un m’espionnant pendant ma baignade, par exemple ?

Tu ne devrais pas te moquer, petite. Car selon l’heure et la personne, je peux être une très mauvaise rencontre. Même si j’ai peu de témoins pour ça.


((( Elle a l’air sérieuse… Qui est-elle ? Je suis sûr qu’elle m’a dit ce qu’elle faisait… Idiotie d’alcool ! Je vais devoir lui donner un peu de vérité.)))

Je suis désolé, mais… Disons que mes souvenirs d’hier sont un peu confus… Vous êtes ?


Tu ne m’étonne pas, petite. Tu m’as déjà surprise hier en réussissant à remonter seule dans ta chambre. Je suis Sadia ; je suis milicienne, mercenaire parfois ; et assez souvent au pied levé, en train de boire. Et, plus rarement, je chaperonne de jeune écervelée, qui ensuite me vouvoie pour me faire croire que je vieillis.

Merci, Sadia. J’ignore si votr.. ta protection sera utile aujourd’hui, mais la compagnie est toujours agréable.
Et, même si cela me fait du mal de le reconnaître, il est vrai que je ne sais pas me défendre… Cependant, plutôt que de rester terrée dans une ville remplie de patrouille de milice, je préfèrerai apprendre.


Ce n’est pas aussi simple… Apprendre à se battre est long et incertain. Un adversaire peut toujours utiliser une botte inconnue, on peut toujours mourir sur un coup du destin.

Comme on peut vivre. Je ne pense pas que tu arriveras à me convaincre de me marier et d’être une bonne épouse, en sécurité chez elle. Mes parents ont essayé pendant longtemps, et le résultat n’est pas des plus satisfaisants.

Oui, je peux voir ça...

Le silence revient un instant. Je vois deux choix qui s’offrent à moi : fuir cette femme, qui en sait peut-être trop sur moi… Ou lui faire confiance, la sonder, savoir ce que je lui ai dit... Et pour ça, il faut que je lui demande. Ce qui est des plus supect.
Mais fuir ? Je ne suis plus sur Nirtim. Le risque n’est pas absent, mais je ne peux pas fuir toute ma vie.

Sadia… Je me demandais… Qu’est-ce que je t’ai dit sur moi hier soir ?


Pas grand chose. Que tu venais d’arriver à Tulorim, depuis Kendra Kâr…Que tu as le vertige en aynore. Oh, et le numéro de ta chambre je crois, et pas mal de propos incohérent. Pourquoi ?

Disons que j’ai quelques détails de ma vie que je préfère garder pour moi. Je n’ai pas intérêt à ce que certaines personnes me retrouvent.

Et tu m’as donné ton vrai nom ?


Je ne sais pas… Sous quel nom me suis-je présentée ?

Hum… Non, j’ai une meilleure idée. Tu veux apprendre à te battre ? Je peux t’apprendre les bases, et après te recommander à d’autres qui pourront te former. En échange, je veux un nom aujourd’hui, et une histoire plus complète au fur et à mesure de ton apprentissage.

Une histoire contre un service… C’est alléchant. Un peu trop. Pourquoi ferais-tu ça ?

J’achète ton histoire. Si tu veux savoir pourquoi, il faudra acheter la mienne. Mais je ne suis pas sûr que tu aies de monnaie d’échange. La question est là : es-tu capable de me faire confiance ?

Je peux toujours essayer, Sadia.
Je m’appelle Iris. Enchanté.
»

suite

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 Sujet du message: Re: La Crique
MessagePosté: Dim 29 Mai 2011 20:27 
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Localisation: Entre Oranan et Bouhen
Je marchais les pieds dans l'eau, mes chaussures dans la main droite et le pantalon relevé jusqu'aux genoux, je n'hésitais pas à me rafraichir les orteils qui ont eu si chaud.
(Pourquoi l'eau est-elle salée, j'ai si soif) pensais-je.
Je continuais pourtant à avancer, il fallait que je rejoigne la ville et que je comprenne ce qu'il s'était passé dans mon village. Il fallait que je venge ma jumelle et ma mère.
(Il faut que ces salauds paient ce qu'ils ont fait. Ils m'ont arrachés ma moitié, ils ont détruit l'enfant que j'étais.)
Des couples s'embrassaient un peu plus loin.
(Ils ont surement peur de l'eau) pensais-je avec amusement. (Moi je suis seul, je serai toujours seul maintenant. Ils ont bien de la chance d'avoir encore de l'innocence, moi je l'ai perdu peu à peu, d'abord à la mort de mon père il y a presque dix et puis il y a quelques jours, lors de mon dix-septième anniversaire, lorsque des humains sont venus nous massacrer. Maintenant la compagnie d'être intelligent me pèse plus qu'autre chose. De toute façon les gens n'en valent pas la peine. Seule Gretala en valait la peine, mais ils l'ont tuée, il me l'ont arrachée, ma jumelle, ma moitié, mon autre moi-même.)
Soudain épuisé, je décidai de m'arrêter, je posai mon sac sur le sol sablé et je m'assis.
(Ça fait du bien de se reposer, enfin, ça doit faire deux jours que je marche.)
Je m'allongeai et fermai les yeux.

"Eh, p'tit gars, c'est pas un endroit pour passer la nuit"

J'ouvris les yeux, j'avais dû m'endormir un moment car le soleil était descendu et il ne tarderait pas à faire nuit. Un vieil homme puant le poisson était penché sur moi, sûrement un pêcheur.

"Désolé, je m'en vais" dis-je calmement pour ne pas m'attirer d'ennui.

"Vaudrait mieux pour toi"

"Vous savez où je pourrais passer la nuit ?"

"Il y a l'Auberge du Pied Levé à l'entrée de la ville, tu peux pas la rater"

Je hochai la tête, l'homme s'en alla sans rien rajouter. Je me levai, renfilai mes bottes et m'aspergeai le visage d'eau salée, elle était assez fraiche, ça faisait du bien de se sentir plus frais. Je repris mon sac que je passais en bandoulière et quittait la plage d'un pas rapide.

----> L'Auberge du Pied Levé

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 Sujet du message: Re: La Crique
MessagePosté: Dim 13 Mai 2012 19:25 
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Prologue :


A cet instant même, rien ne valait la crique de Tulorim. Le passé et tous ses ennuis n’étaient rien face à tant de beauté et de quiétude. A l’horizon, l’aube nouvelle caressait délicatement la mer, donnant l’illusion que cette étendue infinie flottait dans l’air. Le bruissement des vagues mourant sur la côte avait quelque chose d’apaisant.

Maël regardait cette mer impassible avec admiration. Il restait coït devant ce tableau divin. Le vent chatouillait sa peau pâle et tordait son visage en un sourire unique. Depuis qu’il avait quitté Dehant, jamais il ne s’était senti aussi bien qu’aujourd’hui. Il avait beaucoup marché pour rejoindre Tulorim qui s’étendait maintenant dans son dos. Durant son voyage, il avait rencontré un certain nombre de personnes, s’arrêtant de village en village pour travailler et faire provision.

Tulorim. Il y avait tant aspiré, en avait tant rêvé. L’impression du vide, d’une quête achevée, d’une nouvelle forme de liberté lui donnait ce sentiment de calme profond, à l’image de la mer. Mais comme elle, de nouveaux remous naissaient déjà en lui, ses désirs l’assaillaient comme autant de vagues. Il se sentait bien ici, sur cette plage, comme chez lui. Il n’avait plus de maison, mais l’impression que le monde lui appartenait le rassurait grandement. Il n’avait plus mal, la mer aillant ce pouvoir particulier de chasser les peines et de panser toutes les plaies.

Ses yeux remplis du reflet des nuages qui léchaient le ciel, il enfouit ses pieds nus dans le sable froid de la plage, souriant toujours d’avantage. Il fermait les yeux, profitant de l’air iodé qu’il aspirait à pleins poumons avant d’avoir à entrer dans la froide Tulorim, à la recherche de quelque indice, d’une trace, minime soit-elle, qui lui permettrait de retrouver ces vils assassins, ayant tué sans foi ni loi son unique famille. Comment avait-on pu toucher à la tendre Elie ? Ils lui ont volé son enfance, ils lui ont volé sa vie. Elle ne méritait pas d’être là. Maël la vengerait, oui, il la vengerait et alors -seulement alors- il serait libre.

La chaleur écrasante du soleil réveilla son corps, le réchauffant à mesure qu’il montait dans le ciel. Il vint accabler Maël, faisant ressurgir en lui le souvenir poisseux d’un départ hâtif qu’il n’avait pas désiré. Il avait tout quitté, tout perdu : sa tranquillité, sa maison, ses amis. Ces amis qui n’avaient pas eu le courage de venger les leurs, trop lâches pour le rejoindre dans sa traque. Hirur qui était pourtant si fort avait été si faible devant la disparition des siens ! Et Arya, avait-elle si peu de cran et de bravoure ? Des lâches, rien que des lâches !

A ce sentiment d’abandon, l’éclat qui avait illuminé le visage de Maël quelques minutes auparavant disparut pour laisser place à une grimace tordu, symbole de sa rancœur.

Chassant ces démons par un revers de manche sur son front, Maël sortit ses pieds du sable maintenant tiède, enfouissant sa tristesse et son amertume au plus profond de lui. De nouveau, son cœur était creux de sentiment. C’est ainsi qu’il tourna le dos à la mer paisible et prit le chemin de Tulorim, prêt à découvrir cette ville inconnue et à y retrouver les assassins de son heureuse quiétude dont on disait qu’ : « ils venaient de l’ouest des terres ».

_________________
¤¤¤ Maël Tin, Guerrier, Lvl 1 ¤¤¤

Présent actuellement ... à Tulorim


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 Sujet du message: Re: La Crique
MessagePosté: Sam 27 Aoû 2016 08:03 
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<<< Précédemment.


72. Face à Tulorim.


"C'est ici qu'on va se séparer, Gobelin."

À l'ombre de quelques épineux, Sump et son compagnon Nain surplombaient une magnifique crique cernée de falaises et d'eaux turquoises que faisait étoiler le soleil à son zénith. Tulorim était toute proche le long de la côte.

"Je devais te conduire à Tulorim, voila qui est fait." Continua le Nain les yeux rivés sur l'horizon. "Moi je vais continuer vers l'Ouest reprendre ma chasse au vers."

Profitant de cette pause à l'ombre, Sump n'écoutait pas vraiment. Il appréhendait déjà son futur tour en ville. Sur son bouc blanc, le Thorkin se retourna :

"Je ne veux plus jamais avoir à faire avec toi."

Puis comme pour attirer l'intérêt du gobelin, il poursuivit en élevant la voix :

"Je ne veux plus jamais te voir, je ne veux plus jamais te croiser, je ne veux plus rien. T'as compris ?"

Le visage du Thorkin était fatigué, triste et las. Sump ne comprenait toujours pas le problème mais n'était pas surpris pour autant de cette attitude. Les rares personnes qui réussissaient à l'apprécier un tant soit peu n'y parvenaient jamais bien longtemps.

"Je ne sais même pas pourquoi m'sieur Nimbé s'échine tant à vouloir t'aider. Tu es mauvais, tu ne mérites pas tout ce que les gens font pour toi." Poursuivit le Nain avant de se retourner vers le paysage pour pousser un petit rire sans joie : "Ça non alors..."

Sump jeta un coup d'œil en direction de Tulorim. C'était la prochaine grande épreuve qu'il allait devoir affronter. Il avait un peu le trac mais ce n'était rien comparé à ce qu'il avait ressenti lorsqu'il avait dû pénétrer dans Yarthiss.

"J'ai dû tuer un môme pour te sauver avant-hier." Reprit Rondolpho d'une voix douloureuse. "Tuer un môme parce que tu n'a pas voulu écouter, toi et ta maudite fierté. Un môme qui avait un petit frère qui se retrouve maintenant tout seul. Oh je ne dis pas que c'était des enfants de Gaïa ces deux-là... mais je pense qu'ils méritaient davantage la vie que...Oh et bordel, cette nuit avec les miliciens..."

Rondolpho secoua la tête avec dépit et honte.

"Par l'Étincelle j'aurais dû les laisser t'emmener ! J'aurais dû !" pesta-t-il violemment en faisant sursauter Sump.

Le Nain repartit d'un petit rire amer :

"Mais j'avais fait une promesse pas vrai ? À toi et à m'sieur Nimbé..."

Il porta la main à sa besace et en sortit son outre d'alcool vide et la contempla un instant.

"Au moins grâce à toi, murmura-t-il, j'ai compris. J'ai compris que la boisson me perdra. C'est elle qui m'a fait accepté cette quête. Autrement jamais je me serais avancé. Escorter un Sekteg jusqu'à Tulorim pour le sauver d'une malédiction pouvant le tuer, ah ! Si j'avais su que ma vie allait prendre une direction aussi merdique je..."

Il ne termina pas sa phrase et resta un instant silencieux avant de jeter rageusement son outre dans la crique.

"La boisson de Kubi voile les choses, voile leur véritable apparence. Quand je t'ai rencontré à Dehant je trouvais qu'on se ressemblait. Vraiment. Deux voyageurs un peu différents et un peu solitaires essayant de vivre leur vies sans faire de vagues...Mais je me trompais. Toi, tu es comme tous les Gobelins. Tu salis tout ce que tu touches. Tu es un être dénué de tout sentiment, de tout honneur, de toute loyauté. Même ce pauvre bougre avait davantage le droit de vivre que toi. Tu n'es pas quelqu'un de fréquentable...Pourquoi je l'ai tué ?"

Sans faire de bruit Sump tira ses rennes vers la gauche et son poney noir se mit en marche alors que le Nain continuait ses jérémiades :

"J'aurais pas dû, ça valait pas le coup, mais qu'est-ce qui m'a pris... J'avais promis de ne plus le faire... J'avais promis..."

Sans un mot Sump s'éloigna au pas, laissant le Thorkin là, au bord de la crique tout en se faisant la réflexion que l'aide du costaud Nain n'aurait pas été de trop pour affronter l'intimidante cité. Maintenant il était de nouveau seul et pour la première fois de sa vie il le regrettait. Parce que quand il se retrouvait seul, les choses avaient la fâcheuse tendance à se compliquer.

Suite.

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Sump


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 Sujet du message: Re: La crique
MessagePosté: Sam 7 Juil 2018 00:35 
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- II -


Les bras chargés de rouleaux, Meraxès s’était extirpé du vacarme. Il trouva la mer sans mal, en suivant la pente, et longea les fortifications pour trouver la fameuse crique de Tulorim : un long ruban de sable qui s’étendait jusqu’aux falaises. Son esprit rêveur s’égara parmi les promesse du sorcier reptile, qui n’avait pas trahi sa réputation en lui fournissant des textes rares et en allégeant considérablement sa bourse.

Il s’assit sur le vestige d’une coque retourné et profita un instant du glissement paisible des vaguelettes du soir, qui s’étiraient et se retiraient en long ressac. Il sortit alors ses fioles de fluide aqueux. Il examina son contenu à travers la lumière crépusculaire. Cela avait tout l’air d’être de l’eau.

Cela n’avait pas de goût... insipide, si ce n’était ce léger relent octarine. Un instant de doute l’investit alors… Lui aurait-on joué un tour ?
Il fit preuve de patience et tenta de refluer son appréhension pour rester en éveil, mais alors que le soleil épousait l’horizon, il ne tint plus, bondit de fureur et balança la fiole vide dans la mer. Elle rebondit sur l’onde et sombra plus loin, cependant, une vision fugitive le rendit perplexe. Il lui avait semblé que les flots s’étaient déformés d’une étrange manière à son approche… Il approcha une main du miroir sombre, et d’étranges remous apparurent. Il réalisa alors qu’il suait. Ses aisselles trempaient, chose rare, pour un elfe. Il n’avait pourtant pas chaud et était resté immobile un long moment…

Il engloutit alors la seconde fiole. Une sensation liquide envahissait son corps ; les vagues se modifiaient en sa présence. Il venait bel et bien d’acquérir une nouvelle magie. Il retrouva alors son séant, ses rouleaux, et déploya son muutos de lumière. Son corps irradia d’une lumière iridescente, qui variait et se réverbérait sur le sable comme des aurores.

Il se plongea dans les écrits anciens, engloutît des flots de connaissances sur le comportement de l’eau, son omniprésence, son invocation et sa manipulation. Le parchemin collait à ses doigts, les symboles dansaient sous ses yeux et de nouveaux paragraphes apparaissaient parfois subrepticement, comme si le papier devinait ses lacunes et cherchait à l’éclairer. Les arcanes apparurent ainsi sur le manuscrit magique, sa lecture devint un abyme, une expérience unique et insondable.

Quand il eut fini… le parchemin était vierge.

Il dressa alors une main vers la berge et souleva un flot qui se déversa sur la plage. Avec un sourire de satisfaction, il fit tinter ses fioles de glace et passa à la suite.


(((Ingestion de toute ses fioles de fluide de glace et d’eau, et apprentissage de tous ses sorts de glace, d’eau et d’obscurité en parchemins.)))

- IV -

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