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 Sujet du message: Re: Le Marché de Tulorim
MessagePosté: Ven 22 Avr 2016 22:34 
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Intervention pour Maâra


Le marchand se gratta le menton en inspectant l'équipement qui lui proposait sa cliente. Il observa vaguement l'étoffe tout en regardant du coin de l'oeil les autres clients aux alentours.

" 'Coutez ma p'tite Dame... D'ordinaire j'reprends pas trop les babioles des gens du coin mais c'est qu'elle est sympa et qu'suis d'humeur à faire un p'tit geste pour la peine. Allez, j'y dis que j'prends le tout qu'elle a pas b'soin et que j'y donne une bonne couverture en échange et que j'ajoute quelques pièces. "

Il fit une moue du visage, en écartant les mains grandes ouvertes, l'air de dire qu'il était réglo et qu'il n'avait rien à cacher.

" Et attention hein. Elle pourra pas dire qu'j'y ai donné une couverture bourrée de tiques hein. R'gardez un peu moi ça. J'sais même pas pourquoi j'ai pas gardé ça pour moi. Ah, sûr qu'un Baron il a la même ! "

L'air de rien, il présenta à Maâra une couverture pliée convenablement, si elle souhaitait l'inspecter, elle verrait qu'elle était exempte de salissure ou de trous, impeccablement cousue et chaude. Il posa le tout sur la table avec quelques pièces d'or.

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 Sujet du message: Re: Le Marché de Tulorim
MessagePosté: Sam 23 Avr 2016 11:13 
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Au premier coup d'œil, le marchand semble considérer les objets de Maâra comme des bibelots, presque des rebuts. Il les manipule tout de même, jaugeant de leurs réelles valeurs tout en continuant d'observer les autres clients potentiels. Quelque chose dans son regard change et l'idée que les rebuts des uns puissent être les trésors de autres ne doit pas être très éloignée de la réflexion qui parcoure son esprit, d'autant que sa cliente n'a pas l'air de vouloir trop négocier les tarifs, bien au contraire ; Maâra garde le silence et l'écoute d'une oreille distraite.
Bien que l'ayant surement classée dans la clientèle facile à rouler s'il le voulait, il l'informe que d'ordinaire il ne reprend pas ce type de babioles mais qu'il est d'humeur à faire un p'tit geste, d'autant qu'elle lui a l'air très sympathique … autant qu'un mur de politesse humble puisse l'être. Il accepte de lui reprendre le tout contre une couverture de bonne qualité et quelques pièces d'or en plus, prouvant là sa bonne fois qu'il gratifie d'un geste de bras théâtral.

Maâra prend en main la couverture qu'il lui tend, l'ouvre et l'inspecte tandis que le marchand continue l'éloge du produit ; garanti sans tiques, digne d'un baron … ou de lui-même. Bien que loin d'être une amatrice de beau tissu, l'elfe semble réellement ravie de la qualité de l'étoffe, épaisse et chaude, si propre qu'on la dirait à peine sorti de l'atelier d'un artisan de la ville, dépourvus de défaut ou de trous d'usure.

- C'est parfait Monsieur, je vous remercie, répond-t-elle en prenant les quelques pièces d'or sur le comptoir. Dans la gourde il y a de quoi récupérer quelques pièces d'or supplémentaires auprès de la dame qui vend des produits magiques, de l'autre côté de la fontaine.
Portez-vous bien, termine-t-elle en saluant l'humain d'une révérence un peu guindée.

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 Sujet du message: Re: Le Marché de Tulorim
MessagePosté: Dim 4 Déc 2016 13:50 
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Endar se préparant toujours à sa prochaine mission, décida de se diriger vers le centre de l'animation, le marché de Tulorim qui regroupait toutes sortes de personnes hétéroclites. Posant sa main sur le pommeau de son sabre d'une finesse inégalée, chose étrange au vu du précédent propriétaire qui doit manger les pissenlits par la racine depuis quelques temps à présent. Finalement à bien s'y souvenir, Gorzol et son chien de garde avaient été ses premiers ennemis lors de son aventure sur les contrées sauvages et indomptées d'Aliaénon. Il se rappelait combien il s'était senti vulnérable lorsque ses subterfuges avaient été découverts et où seule sa magie l'avait sauvé non sans avoir entamé une partie de sa vitalité au moment où il avait lancé ses sorts.

Aujourd'hui, Endar savait qu'il lui fallait apprendre de nouvelles techniques et formes de magie s'il voulait survivre de nouveau aux affres des guerres et des anciennes forces qui régnaient à présent sur Aliaénon. Sans connaître plus en avant l'impression, il savait que leur mystérieux commanditaire, Naral Shaam à n'en pas douter, serait de la fête et le shaakt ne connaissait encore guère ses propres plans et encore moins ceux de la déesse qu'il servait.

D'un œil expert, il fouilla le marché méticuleusement, écartant certains badauds au passage qui pestèrent à son encontre sans pour autant tenter de lever la main sur l'elfe. Arrivé près d'un marchand proposant des produits magiques, il s'y arrêta et mit de côté les parchemins qui n'étaient pas empreints de magie et ne servaient qu'à leurrer les néophytes pour s'intéresser à la véritable magie. Il fit signe au marchant et désigna les nombreux objets qu'il désirait, reconnaissant les éléments contenus dans les fioles et l'écriture sibylline de certains parchemins.

- Cette bourse bien remplie devrait suffire largement.


(Achat de:
- 1 parchemin sort de classe archer-mage "Dragon fléché"(500 yus)
- 3 parchemins sort de feu: "Feux follets", "Champs de flamme", "Comète" (1200 yus)
- 2 parchemins sort de terre: "Bouclier de terre", "Puissance terrestre"(800 yus)
- 2 parchemins sort d'ombre: "Cruelle obscurité", "Ombre tueuse" (800 yus)
- 1x1/4 fluides d'ombre (250 yus)
- 1x1/4 fluides de feu (250 yus)
- 1x1/4 de fluides d'eau (250 yus)
- 1x1/4 de fluides de terre (250 yus)

Total: 4300 yus)

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 Sujet du message: Re: Le Marché de Tulorim
MessagePosté: Dim 4 Déc 2016 21:51 
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Intervention pour Endar


Le marchand prend le temps de rassembler tout ce que tu demande et encaisse avec plaisir la somme.

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 Sujet du message: Re: Le marché de Tulorim
MessagePosté: Sam 23 Déc 2017 04:45 
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78. De ses propres ailes.


Nuyan tendit une petite bourse en toile au gobelin.

"Bon, il y'a deux yus dans cette bourse, lui dit-il, tu vas l'accrocher à ta ceinture et nous on va essayer de te la piquer d'accord ?"

Méfiant à cause de tout ces regards narquois autour de lui, Sump s'exécuta cependant. Il se trouvait au milieu d'une ruelle plus larges que les autres mais non moins sale pour autant. Nuyan, Lena, Gil, Po et quelques autres étaient avec lui et avaient entrepris de lui inculquer les ficelles du vol de rue. Gobelin de son état, Sump n'avait pourtant jamais eu l'occasion de s'adonner à ce genre d'exercice. Les milieux urbains étant déjà très néfastes pour sa survie à la base, voler leurs habitants directement dans leur poche n'était pas une idée qui lui était venue. Cependant des petits humains y arrivaient parfois avec brio, pourquoi pas lui ?

"Fais comme si tu marchais vers moi." Lui dit Gil.

Le garçon et Sump s'avancèrent l'un vers l'autre. L'un regardant nonchalamment autour, l'autre ne le lâchant pas du regard, sur le qui-vive. Lorsqu'ils se croisèrent, Sump aperçut un léger mouvement au niveau de ses hanches ainsi qu'un frôlement presque imperceptible. Le gobelin dégaina à une vitesse prodigieuse.

"T...t'es malade, hoqueta Gil, la lame d'une dague dorée sous le menton, c'est qu'un entraînement bordel."

Sump le fixait avec une mine belliqueuse. Un entraînement certes, mais ses fameux deux yus lui appartenait quand même. Et on ne plaisantait pas avec ce qui appartenait à... Un sifflement taquin lui fit se détourner du visage effaré de Gil. Le coude appuyé contre un des murs encadrant la ruelle, Nuyan faisait sauter une petite bourse dans sa main, une satisfaction innocente sur le visage. Médusé, Sump jeta un coup d'œil à sa ceinture. Oui, c'était bien la sienne !

"Pas mal hein ? Ricana nerveusement Gil, et si tu baissais ta lame maintenant ?"


⌂⌂⌂



Ils se trouvaient maintenant sur la place du marché à l'heure du zénith. Il faisait un temps superbe et Sump savait désormais qu'il était au sein d'une bande de voleurs précoces dont les larcins étaient aussi diversifiés qu'audacieux. Et dont l'organisation était surprenante. Si Lena jouait les "muscles" lors des situations épineuses avec son habileté à l'arc, Nuyan se servait de sa verve pour attirer ou détourner l'attention pendant que Gil et les autres détroussaient de pauvres victimes sans défense. Cependant ce n'était pas pour rien que le rouquin était comme le grand frère parmi de ce groupe d'enfants-voleurs. Il était le plus âgé, le plus malin et surtout le plus habile voleur d'entre tous. Avec sa redingote trouée de toute part par exemple, il pouvait glisser un bras dans le pan du vêtement et subtiliser discrètement pain entier, fruit et autres tout en étant de dos aux victuailles qu'il chipait. Sump avait trouvé ça très fort.
Le premier coup du gobelin fut lui aussi très fort.
Nuyan et les autres lui avaient assurés qu'il était prêt à le tenter. Le vol était une seconde nature chez lui après tout et sa main gauche ne suffisait pas à le gêner suffisamment. On lui avait montré quelques techniques allant du discret vol à l'étalage quand le propriétaire regardait ailleurs à la découpe pure et simple d'une lanière de sacoche à même le dos des passants. Il était midi et le marché était bondé de toutes sortes de gens : Pauvres, bourgeois, moyens, résidents, étrangers, touristes. Cette diversité de proies en faisait l'heure idéale d'après Nuyan. Les vols faisant parti de la routine au marché de Tulorim, beaucoup de commerçants, en plus de reconnaître leurs voleurs, avaient parfois engagés des hommes pour les aider à surveiller leurs marchandises.

"Lorsque c'est des miliciens, c'est mieux parce qu'on les voit facilement avec leur emblème peinte partout, lui avait soufflé le rouquin en débarrassant sa casquette de quelques parasites, mais lorsqu'il s'agit de mercenaires sans signes distinctifs, c'est plus dur."

Le rouquin lui avait ensuite conseillé de s'en prendre à des non-résidents de la cité qui contrairement aux autres, n'étaient pas forcément sur leurs gardes, émerveillés par les marchandises proposées. Sump ne faisant pas la différence entre habitants, visiteurs, voyageurs ou autres, le jeune voleur lui avait discrètement montré du doigt un petit groupe de jeunes demoiselles enveloppés dans des draperies de soie aux couleurs vives :

"Les bouffeuses de riz là-bas... Elles sont pas d'ici c'est sûr."

On lui avait également précisé que ces dits "bouffeurs de riz" étaient bien souvent très dotés, se parant toujours de tissus et cailloux précieux. Sump s'était donc approché à petits pas, sa résolution faiblissant à chaque mètres. Il se lançait dans une autres prises de risques encore moins productive que les autres. Ne pouvait-il donc pas résister à l'appât du gain ?

Ses cibles, pour la plupart féminines, s'extasiaient sur des sortes de minuscules rongeurs mit en cage.

"On s'en sert pour éliminer les insectes qui détruisent nos champs." leur expliquait le commerçant d'un air savant sans toutefois être vraiment écouté par ces dames qui n'avaient d'yeux que pour les bestioles.

Sump était maintenant dans leur dos alors quelles poussaient des petits cris aigus et des gloussements. Il s'interrogeait sur la manière de procéder. Devait-il utiliser une lame pour couper la lanière d'un de leur sac à main ? Cela lui semblait être une bonne option.

À tord.

Au moment où sa main se déplaçait vers Grifoniss, la lame-miroir d'un sabre étincela devant ses yeux. Un fin guerrier vêtu d'une armure légère venait d'apparaître à ses côtés, fixant un point devant lui alors que son arme chatouillait le nez du gobelin qui ne bougeait plus d'un iota. Les yeux de celui-ci firent des allers-retours entre l'acier et le visage de l'homme, impassible à l'extrême. Il avait le même teint jaunâtre et les même yeux tirés que les dames qu'il paraissait protéger. Après quelques secondes de flottements, Sump prit le risque de reculer lentement, les mains en évidence pour bien montrer qu'il ne comptait plus sortir son arme. Le type resta immobile mais finit par ranger son sabre lorsque le gobelin eut effectué quelques pas de plus en arrière. Encore sous le choc, Sump revint dans le petit coin à l'écart où l'attendait ses professeurs de vol. Ils semblaient tous avoir trouvé la situation très comique. Nuyan affichait une mine de culpabilité amusée alors que Po se tordaient de rire.

"Je l'avais pas vu, désolé !" Pouffa Nuyan.

Pas grave ! Sump aurait juste pu avoir la tête tranchée ce midi-là.

Le gobelin fit quelques nouvelles tentatives mais qui ne s'avérèrent pas plus fructueuses. Nuyan expliquait cela par le fait qu'étant un gobelin, et dans une ville réputée pour ses vols qui plus est, il attirait trop facilement l'attention. De plus, depuis qu'il avait manqué de se faire raccourcir, Sump se montrait cent fois plus prudent, ce qui avait tendance à énerver le minuscule et fou furieux Po. Ce dernier et malgré son jeune âge, tentait des coups d'une audace incroyable dont un des plus subtil fut d'aller quémander quelques pièces aux jeunes femmes que le gobelin avait essayé de truander quelques instants plus tôt. Au lieu de sortir son sabre, le guerrier avait regardé aux alentours tandis que les gentes dames donnaient aux garçonnets des gémissements attendris, des petites caresses, des friandises et des yus. Facile quand on était un mignon bout de chou, cela l'était moins quand on avait la trogne de Sump. Ce dernier n'était parvenu à voler, en tout et pour tout, qu'un gros saucisson. Et en plus il découvrit qu'il détestait cela. Il le laissa aux gosses qui le dévorèrent.

Alors que Sump comptait améliorer son ratio en profitant du remue-ménage qu'avait déclenché d'autres enfants des rues en volant un vendeur d'alcool, Po lui secoua le poignet. Comme souvent lorsqu'il souriait, le petit garçon avait l'air diabolique. Cette fois-ci, cependant, une excitation ainsi qu'un amusement prononcé brillait dans ses yeux :

"Viens voir ! Ils vont se faire un bisou !"

Le gobelin se laissa entraîner à l'angle de la ruelle et tout deux glissèrent un œil derrière le mur. Face à face Lena et Nuyan se trouvaient là, pas forcément à l'aise.

"Ça fait tellement longtemps qu'ils se tournent autour ces deux-là." expliqua le petit garçon, concentré sur la scène qui se déroulait sous ses yeux.

Le rouquin avait enlevé sa casquette et se grattait nerveusement la tête :

"Écoute, pour hier soir... j'ai un peu réfléchis et je crois que je me suis mal expliqué..." Bredouilla-t-il, ne tenant pas en place.

Elle prit un air dégagé :

"Ah bon ?" Dit-elle comme si elle ne voyait pas de quoi il était question mais la teinte de ses joues la démentait.

Il la regarda enfin en face et prit une voix soudainement intense et claire :

"Ouais...Je veux vraiment pas que tu partes en fait. J'ai besoin de toi."

Elle rougit encore plus et son regard descendit au niveau de ses chaussures :

"C...C'est vrai ?" bredouilla-t-elle.

Il acquiesça et lui prit les mains ce qui la fit lever les yeux vers lui à nouveau. Leurs visage se rapprochèrent alors lentement l'un de l'autre pendant que Po trépignait comme un dingue et que Sump, les yeux plissés, appréhendait ce que les deux jeunes gens étaient sur le point de faire...

À cet instant Gil déboula derrière les deux espions et se planta entre eux tous. Nuyan s'éloigna précipitamment de Lena en se raclant bruyamment la gorge alors que Gil prenait la parole :

"Eh, dit-il, vous serez peut-être contents d'apprendre que le vieux Schlaïd vient de rentrer ?"

Suite.

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Sump


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 Sujet du message: Re: Le marché de Tulorim
MessagePosté: Mer 27 Juin 2018 18:42 
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- I -


Le garzoke l’observa approcher avec une certaine indifférence, le regard dans le vague. Il était semblable à ce qui lui fût décris : une peau verte émeraude parcourut de tatouages à l’encre bleu, une longue tresse noire qui, dans sa position assise, courait derrière lui. Sur de grands tapis étaient exposés des défenses en ivoire, des fourrures mauves et blanches, et on pouvait deviner à l’arrière, dans l’ombre de la toile, la gueule d’un imposant crâne saurien.
Meraxès examina les marchandises et s’accroupit à la hauteur de l’orque.

« Vous n’auriez pas des peaux de serpent ? »

Le regard de l’orque croisa le sien, puis glissa à l’oblique sans s’arrêter sur la milice. Il finit par répondre que peut-être bien, d’un air dégagé, qu’il devait entrer pour en savoir plus. Meraxès acquiesça et s’introduisit dans la tente. Une silhouette trapue se dessina devant lui et l’invita à le suivre. Ils sortirent au dehors, dans un espace exigu entre les retombes du marché, et s’engagèrent dans une haute tente seulement accessible par ce défilé.

Meraxès mit quelques instants à s’habituer à la pénombre. L’intérieur de cette nouvelle tente était vaste et aménagé dans le confort, et se divisait en plusieurs pièces dont certaines n’étaient pas visibles. Un homme maigre habillé d’une longue robe se glissa alors jusqu’à lui. Il avait la peau bronzée du peuple du désert, le crâne rasé et les mêmes symboles bleus que le garzoke tatoués sur son visage. Ses pupilles étroites, ses ongles taillés et le sifflement ténu qu’il adoptait pour lui parler, achevaient la ressemblance avec un serpent. Le mystérieux mage se fendit d’un sourire inquiétant et demanda ce qui l’amenait.

« Je suis à la recherche de parchemins pour étudier, ainsi que de fluides. On m’a dit que je pourrais trouver cela ici. »

L’orque qui l’avait accompagné était encore présent et manifesta sa présence d’un grognement. L’endroit devait être secret, réservé à des cercles très fermés, et la venue d’un inconnu, même disposant du mot de passe, ne semblait pas l’enchanter.
Le mage avait froncé les sourcils et dévisageait Meraxès. Son regard fusa alors sur la peau verte, puis sur lui, puis sur la peau verte, avec un hochement de tête. Un second grognement suivit et ils furent seuls. Le marchand invita l’hinïon à s’installer et précisa sa demande.

« De quoi disposez vous ? »

Un ricanement lugubre lui répondit.

« Alors… des parchemins de rituels et d’invocations de lumière, et d’ombre. Et si vous disposez de fluides de glace et d’eau, je serai aussi preneur de sortilèges attenants. »

Un sifflement de satisfaction suivit, mais le marchand précisa disposer de tout, sauf de sorts lumineux, et il s’éclipsa. Il revint les bras chargés de rouleaux dans des étuis, ainsi que des fioles. Il présenta ses manuscrits anciens avec beaucoup de patience et Meraxès en sélectionna beaucoup.


- III -


(((Achat de divers articles :
Fioles de fluides :
- Fluide d’eau ¼ (x2) : 500 yus - (250x2)
- Fluide de glace ¼ (x2) : 500 yus - (250x2)

Parchemins de sorts élémentaires :
(Ombre)
- Vague de désespoir : 400 yus
- Puissance Obscure : 400 yus
(Eau)
- Flaque : 400 yus
- Assèchement corporel : 400 yus
- Geyser : 400 yus
- Raz de marée : 400 yus
(Glace)
- Barrière de glace : 400 yus
- Blizzard givrant : 400 yus
- Froid intense : 400 yus
- Miroir : 400 yus
- Touché glacé : 400 yus

Récapitulatif :
1000 yus en fioles de fluide
4400 yus (11x400) en parchemins de sort élémentaire
Total TTC : 5 400 yus.
)))

_________________
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Thème de Meraxès

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Dernière édition par Meraxès le Sam 14 Juil 2018 16:57, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Le marché de Tulorim
MessagePosté: Sam 30 Juin 2018 08:41 
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L’homme ricana une dernière fois en voyant ton choix, et dans un nouveau grognement te montra de ses doigts la somme due, qu’il puisa de ta bourse avant de te laisser partir avec tes achats.

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 Sujet du message: Re: Le marché de Tulorim
MessagePosté: Mer 4 Juil 2018 18:23 
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Au marché !


Malgré mes vingt centimètres, j’étais sortie grandie de cette aventure passée dans un autre monde. L’état des pauvres ères, la misère des gens, les us et coutumes des autres peuples que j’avais rencontrés, ainsi que la charité des uns envers les autres m’avaient permis entre autres de soupeser la chance que j’avais d’habiter un monde tel que Yuimen et de relativiser sur le sens de la vie elle-même. Ce fut donc dans un état d’esprit serein que je m’apprêtais à arpenter les rues de Tulorim suivie de près par Pataud.

Je n’avais pas encore mis les pieds sur le sol de pierre de la rue principale que je me rappelai à quel point les rues pouvaient être bondées de gens en cette période de la journée où le soleil approchait de son apogée. Ma petite taille ne me permettait pas d’y circuler librement sous peine de me faire écraser par une botte renforcée ou un sabot bien ferré. Je montai donc sur le dos de Pataud et il profita de l’espace de la cour de la milice pour courir et prendre son envol. Si ça démarche était maladroite, il en était autrement de son aptitude à voler.

Je le laissai se dégourdir quelques minutes à son propre rythme puis je le dirigeai vers le centre de la ville en direction du marché. Je le fis atterrir sur le toit d’une petite chaumière devant le marché. De là, je pourrais chercher un étal où j’achèterais quelques petites baies rafraichissantes à grignoter pour moi et quelques morceaux de légumes pour Pataud.

Ce fut donc assise sur le toit de chaume, mon canard à mes côtés que j’observai les gens circuler dans ce marché bien achalandé.

Accroupis au sol, non loin d’une table de fruits, des gamins de moins de dix ans jouaient avec de petites billes colorées au grand dam d’un marchand grognon qui tentait de les chasser arguant que leur présence éloignait les clients potentiels. Juste à côté s’était installée une dame qui vendait les œufs frais de son poulailler et à sa gauche se trouvait un boucher qui présentait ce qu’il appelait de belles pièces de viande. Et plus loin, je pouvais voir des marchands de vêtements, d’armures et d’équipement divers. Même si le présentoir du boulanger s’avérait le plus appétissant par les délicieuses odeurs de pain chaud qui s’en dégageaient, mon attention se reportait toujours sur les enfants occupés à jouer malgré les protestations du commerçant mécontent. J’avais grandi dans une famille où je côtoyais quotidiennement non seulement mes frères et sœurs, mais également un grand nombre de cousins et cousines. Voir ces enfants s’amuser me rappelait mon enfance et me rendait quelque peu nostalgique.

Répondant aux gargouillements de mon estomac, je me levai et grimpai sur le dos de Pataud. Il lui suffit de quelques coups d’ailes pour se rendre sur le pavé tout près de l’étal de fruits et légumes. Alors que je descendis de ma monture, une fillette aux cheveux bruns tressés me fit un grand sourire, son voisin, un garçon rondouillet aux cheveux bruns foncés, légèrement plus âgé, affichait plutôt une mine surprise. Je devais être la première lutine montant un canard qu’il voyait.

Cette fois, je n’eus pas besoin d’attirer l’attention sur moi, le marchand de légumes, un beau barbu plutôt bien en chair et de taille moyenne pour un humain, m’avait vue atterrir. Tout en se penchant dans ma direction, de sa belle voix grave, il me demanda ce qu’il pouvait faire pour moi. Afin de mieux voir ses produits, je sautai sur un petit banc placé tout près. De là, je pus admirer son bel éventaire de fruits et de légumes. J’entendis alors Pataud caqueter, mais je ne m’en occupai point, j’avais d’abord quelques achats à faire.
« Je prendrai d’abord quelques carottes pour mon canard. Celles que vous avez précoupées feraient bien mon affaire. Pour moi, j’aimerais bien quelques fruits. »

Tout sourire, de ses yeux pétillants noirs. Il me proposa :

« J’ai tout plein de beaux raisins verts, ils sont succulents. Pour ma part, j'ai rien bouffé d'autre de la journée. Demain j'aurais pas de problèmes de digestion. »

Termina-t-il dans un beau rire sonore, tout en me tendant un beau raisin charnu. Je le ramassai, sentis ses doux arômes puis en pris une croquée. Il s’avérait juteux et plus que succulent.
« J’en prendrai bien une grappe s’il vous plait. »

Le marchand me tendit alors un petit paquet de carottes et ma grappe de raisins que je rangeai dans mon sac avant de lui tendre les quelques yus demandés.

Mes emplettes terminées, je me tournai vers Pataud, mais il n’y était plus.

« Pataud ? » M’écriai-je en vain tout en m’étirant le cou pour le retrouver. Toujours juchée sur le petit tabouret, je m’adressai aux enfants, leur demandant :
« Avez-vous vu dans quelle direction est parti mon canard ? »

Tous les enfants me répondirent : « Non » en chœur, à l’exception de la plus petite, la fillette aux cheveux nattés qui me fit oui de la tête tout en me pointant le kiosque du boucher situé à deux tablées de là.

Prestement, je sautai de mon perchoir et courus vers l’endroit pointé par la gentille petite fille. À peine rendue à son kiosque, je vis mon canard, une petite cordelette autour du cou qui l'empêchait de prendre la fuite. Lorsqu’il me vit, Pataud se mit à cancaner de plus belle. J’allais donc me précipiter vers lui, lorsqu’un homme décharné et tout en longueur s’interposa.

« Holà ! On ne touche pas à ma marchandise ! »

Je le dardai alors d’un regard noir et je m'écriai:

« Il ne s’agit pas de votre marchandise, mais de ma monture ! »

L’homme croisa les bras et d’un air sûr de lui, il me demanda :

« Et qu’est-ce qui me prouve qu’il est à vous ce canard ? Avez-vous des papiers prouvant votre propriété ? » Dit-il en élevant la voix.

Je n’en croyais pas mes yeux, cet homme malhonnête qui avait visiblement volé mon canard à mon insu avait le culot de me traiter comme une vulgaire voleuse. Et pour en rajouter, voilà que la vendeuse d’œufs s’en mêla.

« Petite voleuse ! » S’écria-t-elle alertant du coup tous les kiosques aux alentours. « Tu n’as pas honte de vouloir voler ainsi un honnête marchand ? »

Je ne me laissai pas intimider par ces menaces, je tenais trop à mon protégé pour l’abandonner ainsi. Par contre, je voulais régler ce petit problème sans user de force. Je cherchai donc du regard le sympathique marchand de fruits. Il m’avait vue atterrir non loin de lui, il pourrait plaider en ma faveur. Je le cherchai, mais en vain, il demeurait introuvable. Ses raisins avaient peut-être eu raison de lui et il était sans doute parti poser une pêche.

((( 1 131 mots)))

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Dernière édition par Guasina le Dim 12 Jan 2020 14:49, édité 4 fois.

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 Sujet du message: Re: Le marché de Tulorim
MessagePosté: Dim 23 Sep 2018 21:51 
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Pour retrouver le marché, outre les indications de Rolund j'ai le mouvement naturel du commerce, la clameur et les odeurs. Des chariots à bras, des débardeurs chargés comme des mules, convergent eux aussi vers le sud, tandis que d'autre se dispersent dans la ville. Sud puis est, avait dit le marin, pas moyen de se tromper. Le marché est un organe essentiel pour la ville ; lequel, voilà la question. Plutôt poumon, plutôt cœur, plutôt tripes ? Avant de m'avancer dans les rues je me suis assuré que ma bourse est solidement cachée dans une poche intérieure de mon manteau, que les cordons de mon sac sont solidement noués et inaccessibles pour des mains lestes, prévenu des risques que la ville, plus qu'ailleurs, faisait courir au voyageur peu attentif à ses biens.

L'atmosphère de la ville me semble différente de celle de Kendra-Kâr. Je perçois dans le fond de l'air une chaleur inhabituelle tempérée par l'air marin, une sécheresse que je n'ai pas connu en Nirtim. Bien sûr certains étés accablaient tout ce qui vivait, rien à voir cependant avec ce que m'ont raconté les marins sur le comté de Wiehl. Les saisons sont bien plus clémentes pour les habitants de cette terre et il faut gagner les montagnes pour retrouver les fraîcheurs auxquelles je suis habitué.

On m'ignore, ou presque. Je saisis parfois un regard glisser sur mon visage, là où la main morte a flétri ma peau, noire marque qui ne s'en va pas, ne change pas, malgré le temps qui passe. Ce n'est rien cependant. Ici comme ailleurs, nombreux sont ceux qui vaquent à leurs occupations sans trop prêter attention à leurs contemporains, par souci de tranquillité sans doute. Etre ignoré, voilà une bonne chose. J'ai l'air d'un étranger, je m'en rends compte, à ma vêture, à l'étoffe épaisse, à la coupe de mes vêtements. Alors que personne ne me propose de services me permet au moins d'éviter d'être pris pour un pigeon, embarqué dans une arnaque que je ne mesurerai pas. Il y en a d'autres comme moi, fraîchement débarqués, tranchant sur la populace locale, qui se dirigent peu ou prou dans la même direction. J'imagine que tant que je ne sortirai pas des chemins où les étrangers sont attendus, je ne risquerai pas grand chose. Les ruelles entre les bâtiments de brique me semblent plus fraîches que la grande avenue et je parierais bien qu'en leur ombre je ne serai pas tout à fait bienvenu. D'ailleurs, je finirais sans doute par me perdre.

Il y a de quoi se dépayser dans cette ville. On construit différemment ici et je serais curieux de savoir de quel bois ils font leurs charpentes. Les toits ont une pente bien plus douces, la brique, nue ou passée à la chaux, donne des tons ocres ou blanchâtres, d'une certaine clarté au soleil. En arrivant en vue du marché, dont je perçois la rumeur bien avant de bifurquer, une longue perspective s'ouvre à moi par dessus les étals, me faisait réaliser qu'une aussi grande ville n'est défendue par aucune muraille. Même après avoir vécu à Shory, j'ai du mal à concevoir une ville ou village sans une enceinte défensive, ne serait-ce qu'une palissade.

Le marché est grand. Bien plus que ce que je m'imaginais au premier abord. J'ai l'impression qu'il obéit à une organisation qui pour l'instant m'échappe. Entre les étals, plus ou moins permanents, de toile, planches, chariot, tapis et tentures, des allées plus ou moins larges divisent des îlots. De bout en bout, des gens marchandent, de tous âges et même de toutes races, je dois bien l'avouer. Il m'a même semblé frôler un shaakt en pénétrant dans cette grande soupière commerciale.

Je prends le parti de considérer cette grande place comme un bois dense qui m'est encore inconnu. Rien ne me permet de me repérer, et je manque d'informations, alors autant se laisser aller à la déambulation. J'ai le temps, le soleil n'est pas encore haut dans le ciel, aucun impératif ne me presse. Je saurai bien me repérer par rapport aux points cardinaux, trouver une sortie au besoin. Pour tout le reste, mes pas me mèneront sur les chemins, je trouverai des boucles, des repères, passerai une fois, deux fois devant l'un d'eux, comprendrai mes erreurs. Au final, il me paraîtra plutôt petit ce marché, une fois que j'en aurai un peu plus la forme en tête. J'aurai aussi déjà jeté un œil aux marchandises et aux commerçants, peut-être aurai-je plus tard une idée de vers qui m'orienter pour quitter la ville. Au pire, je me rabattrai sur les tavernes.

Dans tout ce ragoût d'humain, un morceau attire cependant mon attention. Une altercation, comme il y en a eu tant d'autres... sauf que deux quidams semblaient invectiver du vide, une femme traitait une autre de voleuse, sans que je puisse voire la prise à parti. Par curiosité, je me rapproche et comprend mieux, à ma grande surprise, la scène en train de se jouer. Une petite silhouette, que j'aurais prise d'un coup d'oeil trop rapide pour une poupée, tenait tête à ces deux marchands, pour une affaire qui, me semble-t-il des brides que j'ai perçu, tourne autour d'un canard. Pour ce que je connais de ce peuple, ce pourrait bien être une lutine. Je sais qu'il en existe des communautés en Nirtim, même si je ne m'en suis jamais trop rapproché. Une fois, un petit groupe s'est arrêté à une auberge de Shory tandis que j'y hivernais et je n'avais pas cherché à m'en approcher.

La situation est assez originale pour que je ne passe pas mon chemin. Si en effet la lutine est une voleuse, je suis bien curieux de voir comment ces deux humains traiteront plus petit qu'eux. Me mêler de ce qui ne me regarde pas, c'est une chose, laisser ceux qui se croient fort abuser de leur position... c'en est une autre. Après tout, il peut y avoir là-dessous un début d'injustice.

Une fois assez près, mon œil de chasseur remarque immédiatement quelque chose d'assez surprenant. Il y a bien un canard dans l'affaire, tenu par une ficelle par l'homme. Sans doute l'objet du litige. Des bestioles comme celle-ci, j'en ai abattu au vol, dépecé, mangé. Comme celle-ci... pas tout à fait. Je note un tout petit détail, qui m'intrigue et me pousse à intervenir.

« Dites moi... C'pas commun c'que vous vendez-là comme canard... L'avez pas mal harnaché... Un vrai p'tit travail de cousette qu'c'est là... C'pas pour manger, pour sûr, qu'vous lui avez mis un si beau harnais. Pis des rênes... En plus d'une ficelle ? Ca fait beaucoup non ? » Et me tournant vers la lutine, j'en profite pour lui tendre une perche. « En fait, voyez, j'pense que c's'rait plutôt pour quelqu'un d'vot' taille, tout c't'attirail, sauf vot' respect. »

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 Sujet du message: Re: Le marché de Tulorim
MessagePosté: Dim 30 Sep 2018 17:27 
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Coup monté ?


Dans une ville que je connaissais à peine, en plein milieu du marché achalandé, je me sentais seule et désespérée, face à deux méchantes gens qui, dépourvus du moindre scrupule, tentaient de me séparer de mon protégé que j’avais tendrement nommé Pataud.

Ce canard colvert représentait bien plus pour moi qu’une simple monture, il n’était ni plus ni moins mon rejeton. Je lui avais d’abord évité de terminer dans le ventre d’un loup affamé. Je l’avais ensuite porté alors qu’il était bien au chaud et inconscient du danger environnant dans sa coquille tachetée. Aussitôt l’œuf éclot, en mère attentionnée, je l’avais nourri, lavé et protégé. Je lui avais même appris à voler. De son côté, il m’avait tenu compagnie, portée sur son dos et fait découvrir les beautés de la nature vue d’en haut. À regret, je m’en étais séparée quelques jours le temps que je porte secours à de pauvres gens d'Elysian, mais j’étais revenue saine et sauve et nous nous étions retrouvés. Et voilà qu’alors que j’avais le dos tourné, occupée à faire l’achat de bonnes choses à manger, qu’on s’était emparé de lui.

Je faisais donc face au boucher mécréant et à l’impétueuse vendeuse d’œufs qui s’était effrontément imposée comme défenderesse du grand boucher aux petits yeux mesquins et qui m’accusait grossièrement de malhonnêteté. Le marché était devenu silencieux, plus aucun marchand ne vantait les mérites de ses produits, plus aucun passant ne cherchait l’aliment frais ou le vêtement à bon prix et même les enfants ne jouaient plus avec leurs billes colorées. Tous les gens de la grande place s’étaient rassemblés autour de nous et ils attendaient fébrilement la suite comme des spectateurs avides assistant à un spectacle grandiose, à une démonstration de prouesses.

(L’un d’eux a sûrement vu ce qui s’est passé… pourquoi personne ne raconte-t-il pas la vérité ?)

Toujours présente pour me faire la réplique, ma Conscience me répondit :

(Ils ont peur qu’on s’en prenne à eux s’ils prennent ta défense… Ne leur en veut pas, ce sont de petites gens.)

Ma Conscience parlait des habitants de Tulorim comme étant de petites personnes alors que je semblais pourtant le seul être de petite taille dans ce marché.

(Petites gens ? Ce n’est vraiment pas le temps de se moquer de moi, là !)

Ce à quoi tout en douceur, elle me répondit promptement :

(La grandeur d’une personne s’évalue à la richesse de son âme et non pas à la dimension de son corps… Certains sont nés petits et le resteront toute leur vie, alors que d’autres grandiront à travers leurs expériences vécues.)

Peu importe ce que me racontait ma Conscience, je n’avais pas le temps de discuter avec elle, je devais récupérer mon canard.

Dévisageant le boucher au grand nez, j’allais faire un pas en avant lorsqu’une voix d’homme se fit entendre.

D’un ton calme et détaché, l’homme aux allures de voyageur, si l'on s’en référait à son habillement et au gros sac qu’il portait, s’adressa au boucher. Il trouvait curieux qu’un canard, destiné à être mangé, porte des rênes et un harnais, faisant remarquer que ces accessoires semblaient faits à la main. Puis, se tournant vers moi, il affirma que cet attirail était plutôt conçu pour quelqu’un de ma taille. Cet homme barbu qui venait de me dévoiler son visage non seulement balafré horizontalement du nez à l'oreille gauche, mais aussi marqué par une empreinte noire de main lui couvrant une partie du côté droit, venait de m'offrir l'opportunité de m'en sortir sans violence par ses propos censés.

À ces mots, qui me redonnaient espoir, je fouillai dans mon sac à la recherche du restant de la pelote de laine qui avait servi à me confectionner le harnachement de Pataud. Même si je tentais de chercher calmement, une certaine fébrilité m’habitait et je ne trouvai pas le petit bout de laine grise qui aurait pu prouver mon innocence. Mais qu’à cela ne tienne, le nouveau venu avait apporté des arguments solides à ma cause. Et malgré son apparence qui aurait pu en repousser plus d'un, il dégageait une bienveillance qui me redonna confiance de retrouver mon ami ailé.

M’adressant à la fois au voyageur, au marchand malhonnête et au reste de l’assemblée, tout en faisant un pas vers mon canard, je déclarai.

« Cet attirail sert effectivement à orienter mon canard dans la direction souhaitée en plein vol ! »

Cette femme joliment rondelette aux pommettes saillantes et aux lèvres charnues et qui semblait experte dans l’élevage des poules s’interposa en me barrant le passage.

« Balivernes que tout cela, cet homme est son complice ! Nous sommes témoins d’un coup monté ! »

Sans me préoccuper de la femme qui faisait obstacle entre moi et mon canard, j'avançai sans m'arrêter.

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Dernière édition par Guasina le Jeu 9 Jan 2020 03:05, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Le marché de Tulorim
MessagePosté: Dim 9 Déc 2018 16:26 
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La lutine a confirmé mon intuition. Pas besoin d'être grand clerc pour comprendre qu'un canard harnaché n'a rien à voir avec une volaille à plumer. Autre ville, mêmes ennuis... Les gens d'ici seraient-ils assez chicaneurs pour emmener tout ça devant la milice, ou pire... Ce que j'ai entendu sur le navire ne me rend guère confiant. Qu'on me demande pourquoi je préfère me perdre dans les forêts et les montagnes : les bêtes sont bien moins dangereuses, à leur manière, que mes semblables.

Bon... adieu tranquillité et résolution pacifique... Voilà que la vendeuse qui avait déjà rameuté le chaland veut faire du scandale. Non contente d'avoir braillé à qui voulait l'entendre aux alentours que la lutine était une voleuse, la voilà qui m'accuse d'être un complice ! Ah c'est trop fort. Je débarque de mon bateau et les gens du cru me marchent déjà sur les pieds ! Faudrait quoi ? Passer son chemin dès qu'on tombe sur ce qui a des airs d'injustice, ici comme ailleurs ?

« Ecoutez-moi, la mégère ! Ch'ais pas c'que vous croyez faire, avec vot' jactance. P'têt' qu'y faudrait y penser, et pas qu'un peu, avant d'brailler des accusations. Savez quoi, j'pourrais l'payer c'canard. Sa p'tite propriétaire p'têt' aussi. J'ai travaillé dur pour gagner chaque sous avec lequel payer, et même si j'dois les laisser filer dans les grosses pattes d'un homme de loi ou d'un milicien, j'préfère comme ça qu'enrichir des vrais voleurs. »

Avant qu'elle puisse en placer une, je poursuis en prenant à témoin les quelques chalands s'étant attroupés pour assister au spectacle.

« J'viens d'débarquer. Alors c'est ça, Tulorim ? Chaque marchand qui vous vend un œuf a derrière son étal un clerc pour vous gratter une note toute propre attestant qu'c'est maint'nant à vous ? Et on vous facture le supplément combien ? Au prix de l'encre, du parchemin, de l'écrivaillon ? »

Quelques passant ricanèrent à l'image, d'autres lancèrent quelques noms de commerçants en ajoutant qu'ils les soupçonnaient d'intégrer de tels coûts dans leur prix de vente.

« Vot' panier rempli, c'est au jeu d'la course que vous jouez ? Ah la cuisinière doit avoir d'sacrés mollets, s'y faut qu'elle retrousse son jupon pour détaler à toutes jambes avant qu'un marchand l'attrape par la manche pour lui dire qu'le poisson, elle l'a ramassé sur son étal. Eh vous madame ! C'est le cou gras d'une oie que j'vois dépasser ? Eh filez, filez ! Voyez le scandale pour l'prix d'un canard ! Imaginez c'que ça donnerait pour c'que vous avez ! Filez, à moins qu'vous ayez un papier !»

La dame désignée rit à pleine gorge, faisant mine de prendre le départ, et ses voisins lui lancent des encouragements. Un, même, propose de parier si elle arrivera à gagner sa maison sans être accusée de vol. Des mots, des mots... S'il faut parler, je peux. Je convaincrai pas un juge, mais je suis certain que parmi tous ces gens, il n'y a pas que des amis de ces deux malhonnêtes. Et puis pour balancer des accusations, il y en a qui ont de la gueule. Mais pour assumer les conséquences immédiates de leurs actes, moins. Intimider une femme, ça ne me dérange pas. Pas plus que de lui coller une rouste, comme à n'importe qui la cherchant assez pour me mettre en colère. Alors je me rapproche un peu, histoire qu'elle puisse lire sur ma face que je ne plaisante pas. Sans doute ma sale gueule l'impressionne-t-elle déjà assez, avec la main noire bien découpée, puisqu'elle recule d'un pas alors que je m'avance.

« Ecoutez-moi bien. Appelez la milice si ça vous chante. La hache a ma ceinture n'a pas coupé que du bois, et j'ai pas envie d'me faire emmerder par une profiteuse malhonnête comme vous. Avant d'accuser les gens d'vol, d'mandez vous si y pourraient pas d'venir meurtriers, quitte à faire. C'te journée elle va bien finir. Z'allez vendre vos œufs, vous occuper d'vot' commerce et laisser les voyageurs en paix. Clair ? »

Comme la lutine se rapproche de son canard, je prends la peine de bouger à peine histoire de bien occuper l'espace histoire qu'aucun de ses idiots n'ait dans l'idée de la retenir. Tout est dans la posture. Je me tiens assez droit, la main sur le fer de ma hache, espérant que personne ne douterait de mes mauvaises intentions.

« Quelqu'un pour m'accuser d'vol ? Qu'on règle ça pour de bon. Un duel, tiens ? Qui pour risquer sa p'tite vie tranquille de marchand ? »

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Dernière édition par Jager le Jeu 3 Jan 2019 19:07, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Le marché de Tulorim
MessagePosté: Lun 17 Déc 2018 02:33 
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Décidément, ma grand-mère avait encore raison lorsqu’elle disait que les apparences étaient souvent trompeuses. Et la preuve en était juste en face de moi et se personnifiait en cette marchande de volaille et cet homme fraîchement arrivé à Tulorim. Si celle-là se remarquait d’abord par sa beauté qui attirait sans aucun doute la clientèle masculine, elle était d’une malhonnêteté et d’un entêtement déloyal. Alors que ce chasseur balafré, marqué au visage d’une empreinte de main était venu à mon secours afin de me rendre justice sans que je lui en fasse la demande.

J'avançais donc vers ma progéniture ailée et la vendeuse d’œufs m’aurait sûrement barré la route une fois de plus si ce chasseur n’était pas intervenu de nouveau. Perdant un peu de sa politesse, mais conservant un calme exemplaire, ce fut d’une voix ferme et forte qu’il apostropha la dame. Il la qualifia ni plus ni moins de mégère et lui signifia sans ambages qu’elle accusait à tort et à travers. Il rajouta même qu’il avait de quoi payer l’oiseau pour régler la situation, mais qu’il préférait et de loin appeler la milice et de payer à eux les frais encourus.

Pendant ce discours, je m’étais rendu jusqu’à Pataud et le maigre boucher penaud avait retiré lui-même la cordelette qui encerclait le cou de mon canard. Il avait compris bien avant sa consœur que sa malhonnêteté n’était pas appropriée. Soulagée de l’avoir retrouvé, je pris le cou de Pataud dans mes bras et je collai mon visage contre le sien pendant que lui caquetait sans trop comprendre ma soudaine caresse.

Pendant ce temps, l’homme qui avait sauvé la situation poursuivait ses accusations. Une foule s’était formée autour de lui et de la femme fautive et les gens l’écoutaient avec attention et je fis de même. Il venait tout juste d’arriver à Tulorim et cette fâcheuse situation l’avait grandement déçu, mettant en doute l’honnêteté des marchands. Certains spectateurs riaient de bons cœurs et certains nommèrent des commerçants qui chargeaient des frais d’opération en sus de la marchandise.

La vendeuse d’œufs sentait la défaite et ne disait plus rien. Sans user de violence, le nouveau venu remporta haut la main la joute verbale.

Pataud sur mes talons, je m’avançai vers eux afin de mettre fin au spectacle. Si j’avais, au départ, détesté la femme, je la prenais à présent en pitié. Tous ces gens qui n’avaient même pas levé le petit doigt quelques minutes plus tôt, qui avaient peur d’elle, se ralliaient à présent au grand homme. Et si un autre individu, encore plus costaud, ayant un charisme encore plus envoutant se présentait et m’accusait, changeraient-ils encore de camp ?

Alors que l’homme avait fait quelques pas vers la femme et la proposait en duel, je m’approchai de celui-ci. Une fois tout près, je tirai sur le bas de son pantalon afin d’attirer son attention vers moi. Je tenais à le remercier de son intervention.

« Je suis Guasina Roquin, je vous remercie d'être intervenu. »

La vendeuse profita de la diversion que je créai ainsi pour retourner à son étal, ramasser son attirail et ses produits et quitter le marché. De toute façon, elle ne vendrait plus rien aujourd’hui.

Il se pencha vers moi et me répondit qu’il se nommait Jager et que ce fut un plaisir pour lui d’avoir cloué le bec à des marchands malhonnêtes.
Je souris à sa remarque, puis lui fis une demande.

« Comme vous, j’arrive tout juste à Tulorim et j’ai l’estomac dans les talons. Que diriez-vous de partager un repas avec moi ? »

Alors que l’homme acquiesça, je précisai.

« Mais je dois d’abord faire un petit achat, vous m’attendez et on y va ensemble ? »


Jager décida de m'attendre, il allait en profiter lui aussi pour faire quelques achats.

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 Sujet du message: Re: Le marché de Tulorim
MessagePosté: Lun 17 Déc 2018 02:44 
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Achat


Le dénommé Jager ayant accepté mon offre, il ne me restait plus qu'à faire mon achat.

Je n’eus pas besoin de faire de détour pour trouver ce que je cherchais. Tout juste derrière moi se trouvait un étal plein de gourdes et de fioles de toutes les couleurs, les tailles et les formes. Je m’approchai donc d’un petit tabouret qui était situé tout juste à proximité et grimpai sur le premier barreau horizontal, puis je me hissai tout en haut en escaladant l’une des pattes. Une fois sur le siège du petit banc, je hélai la vendeuse, une jeune femme à la chevelure brune ramassée en une longue tresse qui mettait de l’ordre sur son étal.

« Bonjour madame ! J’aimerais vous acheter une gourde afin d’y mettre mes différentes potions. J’en voudrais une de ma taille qui pourrait en contenir le plus possible s’il vous plait »

Lui demandai-je tout en ouvrant ma petite bourse.

((( Achat de : Grande Gourde magique [E=3] (Contient [E=0/16] de potions. Le liquide bu est choisi mentalement par le personnage lors de l'absorption dans la gourde. Liquide contenu : /) : 150 yus )))

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Dernière édition par Guasina le Jeu 9 Jan 2020 03:13, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Le marché de Tulorim
MessagePosté: Lun 17 Déc 2018 11:39 
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Intervention GM pour Guasina


La jeune femme sursauta et lâcha un léger cri de surprise en entendant cette voix surgie de nulle part, puis, après avoir vainement regardé autour d'elle pour en découvrir l'auteur, son regard se posa enfin sur la petite Lutine et elle s'exclama:

"Oh! Vous m'avez fait peur!"

Avisant alors la bourse que tenait Guasina, son sens du commerce prit le pas sur sa surprise et elle marmonna pensivement:

"Une gourde magique dites-vous? C'est que... celles que j'ai sont plus grandes que vous... à moins que... attendez une minute j'ai peut-être quelque chose pour vous."

Elle farfouilla dans une malle se trouvant derrière elle, sourcils froncés et se demandant à elle-même où elle avait bien pu fourrer l'objet qu'elle recherchait, puis elle finit par brandir triomphalement une toute petite gourde de cuir clair ornée de jolis filigranes argentés représentant des feuilles:

"Voilà! Vous avez de la chance, un Lutin de Tuiles-aux-Rimes me l'a vendue il y a à peine une semaine! Je peux vous la céder pour 150 yus, marché conclu?"


En échange de la somme requise elle remit la gourde magique à la petite Lutine, l'observant avec une curiosité mal dissimulée mais s'abstenant néanmoins de lui poser des questions indiscrètes.

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