L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: La ferme abandonnée
MessagePosté: Mar 12 Oct 2010 23:11 
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La ferme abandonnée

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En allant à quelques mètres à peine au sud-est de Jarvron, vous trouverez cette étrange bâtisse inquiétante.

Nul dans le village ne sait pourquoi elle est ici et encore moins pourquoi elle fut abandonnée mais, ce qui est sûr, c'est que personne ici ne se risquera à l'explorer.

On raconte même que de temps en temps, un étrange chant se fait entendre.

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 Sujet du message: Re: La Ferme Abandonnée
MessagePosté: Dim 28 Avr 2013 04:57 
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<< Précédemment.

27. Banshees.


Le temps qu'ils parviennent à la ferme, la pluie s'était calmée bien qu'une légère et désagréable bruine subsistait et qu'une forte brise s'était levée. Au loin, le tonnerre grondait alors que la veille, aucun nuage ne se profilait à l'horizon. Le temps était décidément très changeant à cette période de l'année.

Ils arrivèrent devant un vieux portail en bois délabré par le temps. Un écriteau leur avait signalé de ne pas tenter de pénétrer dans la ferme mais, mission oblige, ils le firent tout de même.

Ils franchirent le portail de bois qui était à la limite de tomber en poussière et attachèrent leurs chevaux à un pommier qui avait poussé dans un coin de la propriété. Kronh détacha la corde du cou du Gobelin en lui signalant que s'il tentait de fuir par n'importe quel moyen, il le tuait. C'était aussi simple que ça.

Ils gravirent à pied le petit sentier dévoré par les mauvaises herbes en direction de la petite maisonnette qui se situait en haut d'une pente douce. Pendant qu'ils marchaient, des sauterelles et des criquets leur sautèrent dessus tellement il y en avait, au grand plaisir de Sump qui, toujours affamé, en mangea deux.
En croquant la tête du deuxième, quelque chose le fit se retourner et il crut distinguer un corps blanchâtre derrière le cadavre d'une vieille charrette qui s'enfonça dans les hautes herbes si rapidement que le Sekteg crut que son esprit lui avait joué un tour.

Ils finirent par arriver devant la maison.

C'était une vieille bâtisse construite avec de lourdes pierres grises au toit de chaume pourvu d'une cheminée elle aussi en cailloux. La maisonnette semblait pencher sur le côté comme si le poids des années était trop lourd à porter. En dessous des deux petites fenêtres couvertes de crasses et de poussières existaient les vestiges de ce qui avaient été des jardinières, maintenant remplies de mauvaises herbes et d'insectes.
Pour protéger ses dernières, le propriétaire avait installé des petites clôtures en bois plus petite que Sump, qui ne tenait à présent que par miracle.

Collé à la façade de droite, comme s'il s'appuyait contre la maison, un petit abri en bois qui devait servir de local à outils et qui était à tout point de vue rongé par les termites était là, sa porte entrouverte.

Il régnait dans ce lieu une ambiance silencieuse et lugubre et Sump avait la désagréable impression d'être observé.

Le premier, Kronh et ce sans marquer la moindre hésitation, montrant qu'il n'avait pas une once de peur, s'approcha de la bâtisse pour essayer de voir à travers les carreaux encrassés des lucarnes. Ne voyant rien, il tapota avec son index dans l'espoir de crée un peu d'agitation qui trahirait la présence de quelque chose de vivant.

Sump lui, mettait son incroyable ouïe à profit en tendant l'oreille pour essayer de capter des sons à l'intérieur, étant trop petit pour voir à travers les fenêtres. Il ne percevait qu'un léger bourdonnement.

Apparemment rien ne bougeait à l’intérieur.

"Bon, y a pas l'air d'avoir grand-chose là-dedans donc..." commença Kronh.

"Kronh ? Qu'est-ce que c'est que ça ?" l'interrompit Wace d'une petite voix.

Milicien et Gobelin se tournèrent vers l'endroit qu'indiquait la milicienne pour voir l'objet de sa soudaine frayeur.
Les yeux du gobelin s’agrandirent d'étonnement.

De derrière l'abri en bois était apparue une grande femme dégingandée et affreusement maigre vêtue de haillons grisâtre de ce qui semblait être dans le temps une belle robe blanche. Sa peau avait une couleur bleuâtre et ses cheveux, une sorte de touffe brune frisée et en pétard, faisait penser à la collerette que certains lézards hérissaient dans le but d'intimider leurs ennemis.
Ses yeux, beaucoup trop gros, semblaient jaillir de leurs orbites.
Avec une expression effrayante de neutralité, elle les regarda quelques instants sans rien faire.
Kronh dégaina son épée :

"C'est une Banshee ! Bouchez-vous les oreilles !" ordonna-t-il.

Avant que ses deux acolytes n'aient eu le temps de se poser des questions sur ce drôle d'ordre, l'horrible femme ouvrit grand la bouche découvrant une denture quasi-inexistante et poussa un horrible cri.

Aussitôt, Sump plaqua ses mains sur ses oreilles, s'accroupit par terre et tomba contre les petites barrières qui protégeaient les jardinières, ce qui les fit tanguer et craquer.

Ce n'était pas un cri mais un rugissement. Un rugissement horrible. Jamais le Sekteg n'avait entendu un son pareil. Il ne pouvait même pas le décrire. Il n'était ni grave, ni aigu, il était juste long et semblait sans fin.

La milicienne, elle aussi à genoux, semblait souffrir presque autant que lui.

Kronh, le seul à être resté debout, fonça vers la créature en hurlant pour tenter de couvrir le cris de l'abomination, épée brandit.
Arrivé à son contact et ignorant toujours le cri, le milicien abattit sa lourde arme sur la femme qui n'avait pas bougé d'un poil. On aurait dit qu'elle n'avait pas remarqué qu'un mastodonte en armure, bien qu'un peu plus petit en hauteur mais lui rendant pas loin d'une centaine de kilos, fondait sur elle.

Pourtant, alors que l'acier allait sans doute la couper en deux verticalement, elle se glissa sur le côté avec une agilité incroyable que son apparence décharnée ne laissait préjuger en rien et le colosse frappa dans le vide. À ce moment-là, la porte de l'abri en bois s'ouvrit complètement, laissant apparaître une deuxième femme approximativement dans le même état que la première sauf qu'elle était blonde et qu'elle avait un œil en moins, laissant une orbite vide et, profitant du fait que Kronh soit emporté par l'élan de son coup, le poussa avec ses deux mains.

Le cri ayant cessé au moment où la première Banshee avait évité le coup du milicien, Sump, se remettant tant bien que mal debout en se débouchant les oreilles, vit, médusé, le colosse s'envoler et retomber presque dix mètres plus loin dans les restes d'un champ, devant la maisonnette, aplatissant les hautes herbes.

Assurément ces vieilles peaux en avaient dans les bras.

"Olala..." gémit Wace, reculant de deux pas et dégainant son épée en constatant que les deux femmes se dirigeaient à présent vers elle et le Gobelin.

Elle lança une boule de feu mais, fatiguée après l'épisode des trolls, cette dernière manquait de puissance magique et la femme blonde la repoussa sans effort d'un revers de main.
Cette dernière allait ensuite se mettre à crier quand une hache de jet vint se planter dans sa frêle et osseuse poitrine, émettant un craquement et la faisant tituber. Toutefois, aucune gerbe de sang ne jaillit de la blessure pourtant profonde. Le sang était comme gelé dans son organisme. De plus, la créature ne prit même pas la peine de regarder l'arme plantée dans son corps, ni même de l'enlever. C'est comme si elle n'avait rien senti, et c'était peut-être bien le cas.

Kronh, debout, ses cheveux remplit de brindilles prit son heaume qui pendouillait à sa ceinture et le mit sur sa tête, puis il remonta en direction de la maison en ordonnant à ses deux acolytes :

"Wace, tu viens me filer un coup de main pour buter les deux merluches. Toi, Sump, tu entres et tu retrouves notre gars...y a pas l'air d'avoir de dangers la-dedans."

Wace hocha la tête et, n'hésitant qu'un court instant, se jeta sur une des femmes, son épée brandit.
Le colosse fit pareil et le combat fit rapidement rage.

Sump, résistant à l'envie de s'enfuir en courant tenta d'ignorer la bataille qui entraînait les belligérants un peu plus loin dans la propriété et actionna la vieille poignée de porte de la bâtisse avec toujours cette impression que quelque chose rôdait autour de lui.

Dès qu'il eut ouvert la porte, qui grinça fortement sur ses gonds, une horrible odeur de charogne, mélangée à celle du renfermé lui assaillit les narines. Il détourna la tête en toussant.

Il entendit Wace pousser un cri et Kronh jeter un juron. Bizarrement, cela lui donna le courage d'entrer dans la bâtisse. Fixant son casque sur sa tête, il fit un pas en avant.

Une fois à l'intérieur, malgré la pénombre qui régnait en ce lieu, son regard porta automatiquement sur le cadavre qui se trouvait à sa droite, dans un coin. Des tas et des tas de mouches le grignotaient et faisaient de lui leur nid dans un bruit que le Sekteg trouvait assourdissant.
Il jeta un regard circulaire à la salle. À droite, en plus du cadavre, était posé un tas incroyable d'anciens grimoires qui semblaient avoir des centaines d'années. Ils étaient recouverts d'une épaisse couche de poussière grisâtre et occupaient presque un quart de l'espace total. Derrière ces bouquins, collées au mur, des étagères en bois se tenaient là, croulant sous le poids des centaines de babioles et d'autres livres qui étaient posés dessus. Une d'entre elles était renversée sur le sol.

Au centre, pour couvrir les vieilles lattes du plancher, car la maison avait bien un plancher posé par-dessus les pierres du sol, avait été placé un tapis rond de la même couleur que les cheveux du Gobelin : rouge sang de bœuf, brodé de motif doré tandis qu'une porte en bois, identique à celle qu'il venait de franchir menait derrière la maison.

Enfin, à gauche, se trouvait une table de bois, qui était placée de travers, croulant elle aussi sous les paperasses diverses qui la jonchaient.
Juste en dessous de la fenêtre de gauche, un vieux et laid canapé jaune verdâtre troué de toute part se tenait devant une petite table basse sur laquelle était posée une carafe en poterie ainsi que la présence étrange d'un torchon tâché de sang.

N'en pouvant plus, le Gobelin baissa la tête pour essayer de se soustraire à l'odeur du lieu et c'est ainsi qu'il remarqua le petit bout de papier plié en quatre qui se trouvait à ses pieds.

Curieux et étonné, il le ramassa. Il était jauni par la vieillesse et était tâché de traces brunâtres.
Il le déplia maladroitement et plissa les yeux pour regarder le dessin assez bien fait d'une dague à la lame drôlement courbée. Plusieurs flèches la reliaient à des notes prises à la hâte.

Sump ne savait pas très bien lire, les habitants du petit hameau près de son ancienne forêt ne lui ayant appris que les bases de la lecture. Pourtant, un mot le frappa comme une pierre, un mot qui avait, tout comme les Orques, perturbé son sommeil mais d'une tout autre façon. D'une façon frustrante, dévorante.

Le mot relique.

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Sump


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 Sujet du message: Re: La Ferme Abandonnée
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28. Épée de relique.


Le soleil allait se coucher dans moins d'une heure quand Sump sortit de sa forêt pour se diriger vers une des petites maisons du minuscule cottage avoisinant la sylve.
Chargé d'un lapin bien dodu qu'il venait d'étrangler dans son terrier, le Gobelin de quatorze ans toqua à une porte peinte en vert vif.
Des bambins de moins de cinq ans débarquèrent alors et le saluèrent joyeusement en lui criant dans les oreilles sans le faire exprès et en tournant autour de lui. Personne ne savait pourquoi mais les enfants l'aimaient bien, lui, le Gobelin sauvage de la forêt qui puait et grognait tout le temps...

Lui ne les appréciait que très moyennement. Ils étaient bruyants et énervants.

Le Gobelin se retint d'ailleurs d'en mordre un ou deux, notamment celui, grassouillet, qui touchait d'un air dégoûté, sa prise.
Non.
Il fallait qu'il soit sage dans ce village s'il voulait que le troc se poursuive.

La porte s'ouvrit enfin sur une jolie jeune femme aux cheveux noirs comme la nuit retenus en arrière par un bandana lui aussi vert. Il s'agissait de Jasmine Vopu. Elle lui sourit :

"Oh, bonjour monsieur Sump ! C'est pour une coupe de cheveux c'est ça ?

Ce dernier hocha la tête en tendant le lapin qu'il tenait par les oreilles.

Sans aucune gêne ni aucune hésitation, la jeune femme le prit dans ses mains avec une mine ravie :

"Waw, vous vous êtes surpassé ce coup-ci ! Il est énorme ! Entrez donc vous mettre à l'aise !"

Sump se força à adopter une attitude détendue en pénétrant dans la maison. Il détestait les lieux clos et à chaque fois qu'il pénétrait dans un, il était obligé de lutter contre la vague de stress qui ne manquait pas de la submerger.

"Comme il me faut un minimum de lumière, on ne pourra pas faire ça dehors cette fois." lança Jasmine depuis la cuisine.

Comme d'habitude, Sump sortit une chaise de sous la table et grimpa dessus.
Jasmine revint avec une paire de ciseaux et un rasoir et se mit à l'ouvrage :

"Comme d'habitude ?" demanda-t-elle tout de même bien que sachant pertinemment la réponse.

"Oui."

Depuis qu'elle connaissait le Gobelin, la jeune femme lui avait toujours rasé la tête à zéro. Pourtant, elle était persuadée qu'un peu plus de cheveux sur le crâne lui iraient très bien aussi mais elle n'insistait jamais. Elle aimait bien les lui couper. Ils étaient étonnamment doux et arboraient une couleur étrange. Mais celle-ci était peut-être caractéristique de sa race, après tout.

Jasmine était la coiffeuse du cottage. Étant une ancienne apprentie, c'était elle qui savait le mieux exercer cette fonction dans la petite communauté mais elle élevait aussi des poules et deux chèvres puisque étant très petit, le cottage n'avait pas suffisamment de têtes à tondre pour lui permettre de gagner assez d'argent pour elle et son fils.

D'ailleurs, ce dernier arriva en trombe de sa chambre :

"Bonjour Monsieur Sump !" brailla-t-il faisant plisser les yeux du Gobelin.

(Pourquoi faut-il que ces gosses gueulent tout le temps ?)

"Bonjour." répondit toutefois le Sekteg.

Ce petit s'appelait Sammy. C'était un petit garçon surexcité aux cheveux bruns, au visage rond et aux jolis yeux verts. Il croquait la vie à pleines dents et avait la fraîcheur habituelle de la jeunesse.

Mais s'il était l'enfant préféré de Sump dans le tout le cottage, c'était parce qu'à chaque fois qu'il venait se faire couper les cheveux, ce garçonnet de sept ans lui racontait une histoire incroyable le faisant rêver d'aventures quand il rentrait dans sa forêt, seul, pour une nuit de solitude. C'était aussi un moyen de lui faire oublier sa claustrophobie pendant un petit moment.

Et aujourd'hui, Sammy semblait en forme.

"Monsieur Sump ? Savez-vous ce que c'est qu'une épée de relique ?" demanda le petit garçon en mimant avec succès un vieillard qui s'apprête à raconter une vieille histoire à un groupe d'enfants autour d'un feu.

Ravi, mais le cachant tant bien que mal, le Gobelin secoua la tête pendant que Jasmine souriait en coupant les mèches rouges de son étrange client.

"Eh bien il s'agit d'une arme. Mais attention ! Pas n'importe quelle arme. Il faut la mériter pour l'avoir ! Elles sont protégées par de véritables forteresses. Parfois un château, parfois une grotte. Pour l'avoir, il faudra vaincre tous les dangers, pourfendre tous les monstres, surpasser tout les pièges."

Comme d'habitude, des enfants étaient entrés dans la maison et écoutaient maintenant Sammy avec une grande attention, tout comme Sump, qui, aussi naïf qu'eux, buvait littéralement ses paroles.

"Si vous parvenez à atteindre l'épée de relique malgré tous ses dangers, alors...vous ne serez pas déçus. Comme je l'ai dit, ces armes ne sont pas n'importent quelles armes ! Elles sont magiques et ont des pouvoirs incroyables !"

À mesure qu'il avançait dans son monologue, Sump, les oreilles pointées à l'extrême, s'était peu à peu redressé sur sa chaise. N'ayant jamais rien eu dans la vie, l'idée que de tels objets existent réellement l'excitait.
Jasmine, amusée, dut lui tenir la tête pour ne pas le couper.

"Avec l'une d'elles, vous serez reconnu à travers le monde entier ! Tout le monde vous idolâtra ! Peu de personnes ont la chance de ne serait-ce qu'en voir une !"

Une petite fille rouquine l’interrompit en levant le doigts, comme à l'école :

"Mais à quoi elles nous servent ces armes ?"

Sammy la regarda avec l'air d'un professeur patient. Il soupira.

"Je viens de le dire. Une épée de relique est trèèès rare et trèèès difficile à obtenir !"

"Mais si on est une fille et qu'on s'en fiche des épées ?" insista la fillette.

Après une courte hésitation, le petit garçon enchaîna :

"Il y a sans doute autre chose que des épées de relique...euh...je sais pas...des peluches de relique peut-être ?"

La rouquine sembla satisfaite et il continua.

***

La nuit était tombée quand Sammy demanda au Gobelin qui, le crâne dégagé, descendait de sa chaise et pendant que les enfants rentraient chez eux :

"Alors monsieur Sump ? Vous allez tenter d'en chercher une, d'épée de relique ?"

"Non." lui répondit-il.

Le garçonnet sembla désarçonné par cette réponse aussi courte que décevante.

"Mais pourquoi ? Ça vous plairait pas d'en avoir une ?"

"Non." répéta le Gobelin.

Sammy lui jeta un regard noir après avoir été à nouveau désarçonné et lâcha d'un ton bougon :

"Vous êtes nul."

"Ça suffit Sammy, excuses-toi de suite !" intervint sa mère. "C'est quand même grâce à lui que tu vas manger du lapin ce soir alors un peu de respect !"

Le Gobelin sortit de la maison et se dirigea vers sa forêt d'un pas rapide.
Si.
Il voulait en avoir une. Évidemment. Mais il ne pourrait jamais.
Ce genre de choses n'étaient pas faites pour lui et il n'était pas fait pour ce genre de choses. Il le savait.

Alors Sammy l'appela depuis le seuil de sa maison :

"Moi quand je serais grand, j'en chercherais une ! Et j'en aurais une ! Je viendrais vous la montrer Monsieur Sump ! Vous verrez !"

Sans répondre, ni même faire un signe, le Sekteg l'avait fixé quelques secondes puis s'était enfoncé dans sa forêt, les oreilles basses.

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Sump


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 Sujet du message: Re: La Ferme Abandonnée
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((( [:attention:] Certaines scènes de ce rp sont à forte connotation sexuelle/violente/gore, aussi est-il recommandé aux lecteurs sensibles d'y réfléchir à deux fois avant d'en entamer la lecture.)))

29. Peau-Blanche.

Un large sourire diabolique se dessina sur les lèvres du Gobelin alors qu'il continuait de contempler le papier. Ainsi donc il y avait une relique en ces lieux ? Un de ces objets incroyablement rarissimes dotés de pouvoirs encore plus incroyables et méconnus dont lui avait parlé Sammy ?

Sump plissa les yeux pour lire un mot griffonné à côté de "relique" dans un coin de la feuille : Grifoniss.
Le Gobelin fronça les sourcils. Grifoniss ? Qu'est-ce que ça pouvait bien...

Il ressentit alors des picotements sur la nuque et la porte se referma inexplicablement derrière lui dans un grincement sinistre puis dans un "blam". En sursautant, le Gobelin se retourna farouchement mais il ne put rien distinguer d'autre qu'une gueule garnie de crocs dégoûtants de sang séché et de salive noirâtre.

Plaquant ses mains ou ses pattes contre les épaules du Gobelin, la créature lui fit perdre l'équilibre et ils tombèrent tous deux sur le sol, faisant craquer le vieux plancher de la ferme et faisant voler des tonnes de poussières mais aussi des tonnes de mouches.

C'est dans ce chaos de saleté et d'insectes que Gobelin et créature se livrèrent un combat sans merci au sol. Sump, bouclier en avant, tenant loin de son visage celui de son adversaire, à califourchon sur son bassin qui, claquant ses mâchoires en poussant des grognements de colère, tentait de passer outre ce mur de bois pour croquer à pleine dent la douce chair du Sekteg.

Balançant une de ses mains griffue et pleine d'hémoglobine séchée d'au moins trois jours, la créature parvint tout de même à tracer trois traits de feu entre la tempe et l’œil droit du Gobelin.

Celui-ci poussa un grognement en tentant de détourner la tête, du sang menaçant de couler dans son œil mais à ce moment, la bête au-dessus de lui écarta violemment le bouclier et griffa le torse du Sekteg, déchirant sa tunique déjà en bien piteux état.

L'adrénaline et la colère qui commençaient à monter aidant, Sump, dans un grognement, planta son caillou d'un coup sec dans la cuisse de son assaillant, faisant gicler de minces filets de sang et hurler de douleur la créature qui, d'un violent revers de main, enleva l'arme de sa cuisse et de la main du Gobelin par la même occasion. Celle-ci rebondit sur le sol et alla se cacher sous la table basse où était posée la carafe d'eau.

Heureusement pour Sump, son adversaire, après l'avoir désarmé, se releva, ignorant apparemment la douleur de sa blessure toutefois profonde et bien sanguinolente pour observer de ses yeux vicieux d'un noir profond sa proie qui lui donnait plus de fil à retordre que prévu.

Le Gobelin se leva aussi tant bien que mal et tous deux commencèrent à se tourner autour. C'était l'occasion pour Sump d'observer cet adversaire aussi inattendu que sauvage.

Légèrement plus petit que lui, il était aussi plus épais et avait une peau très pâle, presque blanche. De forme humanoïde, il possédait toutefois de trop longs bras comparés à son corps si bien qu'il devait mettre une main au sol pour être parfaitement à l'aise, tel un singe.

Son visage, qui arborait un hideux faciès, était barbouillée de sang séché, de même que ses pieds et ses mains. Ces dernières se terminant par de fines griffes aussi affûtées que ses dents.

Sans armes, les chances de victoire du Gobelin chutaient considérablement. Il allait devoir utiliser ses propres dents pour se défendre, doutant d'avoir assez de force physique pour faire autrement. Ça allait être une véritable boucherie, un duel à mort où les deux combattants allaient s’entre-dévorer tel des animaux.

Malgré l'image horrible d'un tel combat, ce n'était pas du dégoût que ressentait le Gobelin mais bien de la peur.

En effet, si les Sektegs ne vivaient jamais en solitaire, c'était pour une bonne raison : Ils ne faisaient souvent pas le poids. La race Gobeline n'ayant aucun avantage pour le combat, contrairement à leur cousin Orques, ils étaient surtout faits, de par leurs sens particulièrement aiguisés et leur haute agilité, pour s'enfuir et éviter les combats justement.

Sump était donc dans une très mauvaise posture.

"Qu'est-ce que tu veux ?" tenta de discuter le Sekteg.

En guise de réponse, Peau-Blanche fonça en avant. Instinctivement, le Gobelin leva son petit boulier, prêt à se défendre, prêt à encaisser un choc, prêt à défendre sa maigre vie de Gobelin, prêt à... rien ne se passa.
Le Gobelin grogna en essuyant le sang qui commençait à dégouliner dans son œil.

(Une feinte).

Peau-Blanche recommença ce manège deux fois jusqu'à que Sump décide de faire pareil.
Imitant la créature, il fit un pas en avant en poussant un cri, faisant mine de vouloir attaquer mais c'est à ce moment-là que son adversaire attaqua pour de bon, se ruant une seconde fois sur le Sekteg, cette fois-ci crâne en avant.
La tête chauve et blafarde de la bête termina sa course dans l'abdomen de sa proie. Celui-ci, surpris par la vitesse de son assaillant, n'avait pas eu le temps de parer et, le souffle momentanément coupé, il tenta toutefois de rester debout malgré les deux mains ennemies qui essayent de le faire tomber en arrière en le soulevant.

Ils parcoururent ainsi deux mètres, dérivant un arc de cercle vers la droite avant que le Gobelin ne trébuche sur les livres qui jonchaient le sol, près du cadavre attaqué par les mouches. Quand les deux teignes heurtèrent lourdement les grimoires, il y eut une nouvelle explosion de mouches et de poussières et s'ensuivit alors un véritable roulé-boulé.

Sortant du coin des livres, ils roulèrent jusqu'à la table en bois, et, passant en dessous, renversèrent une chaise.
C'est Peau-Blanche qui se retrouva une nouvelle fois au-dessus quand ils s'arrêtèrent et allait encore essayer de dévorer son ennemi sauf que cette fois-ci, Sump lui planta son index dans l’œil.
Sous la douleur et la surprise, la créature se releva en poussant un cri aigu mais se cogna la tête à la table. Profitant des maigres instants de faiblesse de la créature, le Gobelin lui balança deux coups de talons dans son estomac et s'éloigna à quatre pattes de son adversaire avant de se relever à la hâte, laissant tomber son écu de bois, pour se ruer vers la table basse afin de récupérer son précieux caillou sans lequel il ne pouvait tout simplement pas espérer tuer Peau-Blanche sans risquer de graves blessures.

Ce dernier s'étant déjà repris, se rua vers le Sekteg en hurlant, animé par une rage incroyable. Sachant qu'il n'aurait pas le temps de prendre son arme sous le petit meuble, le Gobelin attrapa la carafe, qui était bizarrement à moitié pleine d'eau, par la poignée et, de toutes ses forces, se retourna pour l'envoyer dans la tempe de son ennemi créant ainsi une explosion d'eau et de morceaux tranchants de poterie.

À moitié assommé, Peau-Blanche tituba en arrière et se rattrapa à un pied de la table pour ne pas tomber. Ignorant l'entaille qu'un morceau de poterie avait tracé sous une de ses paupières, Sump se jeta à terre et récupéra son précieux silex. Après quoi il fonça sur Peau-Blanche qui était peu à peu en train de retrouver son équilibre et lui asséna un coup sur l'arrière du crâne, arrachant un gros bout de chair.

Peau-Blanche poussa un horrible cri qui blessa les sensibles tympans du Gobelin qui, en grognant, le mit sauvagement à terre avant de s’asseoir à son tour sur son bassin puis, avant que la créature n'ait eu le temps de faire quoi que ce soit, lui frappa sèchement le visage avec son arme, finissant de défigurer la créature déjà bien moche. Sans savoir si ce coup avait suffit, le Sekteg lui en donna deux autres au même endroit.

Alors, Peau-Blanche, dans une tentative ultime et désespérée, planta les griffes de sa main qui n'était pas coincée sous le genoux du Sekteg dans l'épaule de celui-ci qui tenait Peau-Blanche par la gorge. Étouffant un cri de douleur, ce dernier rabattit son caillou tranchant. Encore, encore et encore, sans desserrer les mâchoires, éclatant le crâne de son assaillant, faisant gicler des gouttes de sang un peu partout et ce, jusqu'à ce que la main griffue de la créature qui glissait le long de son bras ne tombe sur le sol, inerte, laissant trois derniers sillons sanglants assez profonds sur la peau verte du Sekteg qu'il avait cru être sa proie.

Ce fut l'instinct animal de Sump qui l'avait fait agir. Son côté survivant qui lui avait dicté ce qu'il devait faire : éliminer la menace.

Essoufflé, le Gobelin resta quelques secondes accroupi sur son ancien adversaire puis, en soupirant, se releva. Il ramassa le papier qui avait voltigé près du canapé puis se retourna vers le cadavre de Peau-Blanche. Son ventre émit un gargouillement.

Oui, le Gobelin avait faim et la chair fraîche de la créature qu'il venait de tuer faisait crier son estomac. Toutefois, il s'ébroua. Il devait trouver la relique, pas se remplir la panse...et l'aventurier disparu bien sûr...Surtout ne pas oublier l'aventurier disparu.

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Sump


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 Sujet du message: Re: La Ferme Abandonnée
MessagePosté: Mer 1 Mai 2013 01:39 
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30. Inspecteur Sump.


Sans perdre une seconde de plus, Sump débuta ses recherches. Il commença par aller jeter un coup d'œil au cadavre pour voir si ce n'était pas l'homme qu'il cherchait. En s'approchant, il mit son bras luisant de sueur après le combat devant son nez et sa bouche pour se protéger un peu de l'odeur qu'il ne pouvait décidément pas supporter.

Des mouches vinrent se poser sur divers endroits de son corps. Sans prendre la peine de les chasser, il s'accroupit devant la masse de chair remplie d’œufs et d'asticots jaunâtres qui se faisaient un véritable festin.

En mastiquant une poignée de ses vermisseaux, le Gobelin déduisit rapidement que la dépouille n'était pas humaine : elle avait plusieurs gueules remplies de dents pointues et une longue queue se terminant par un dard très long et très affûté.
Mais si ce n'était pas l'aventurier disparu, il s'agissait sûrement de la créature qui l'a blessé. Le Sekteg se releva et se dirigea vers la table basse et examina le torchon. Il n'était pas simplement tâché de sang, mais avait été complètement imbibé.

C'était pour ça que la carafe avait été remplie d'eau. L'intrigant, après s'être fait blesser par la créature, avait dû se soigner avec ce qu'il pouvait.

Le récipient n'était sûrement pas plein quand il était arrivé. Il avait dû aller le remplir...
Le Sekteg se tourna vers la porte qui menait à l'arrière de la maison. Le petit point d'eau !

Il traversa la pièce, tourna la poignée et ouvrit la porte. Le vent frais vint lui caresser le visage et un grondement de tonnerre retentit au loin. Le Gobelin prit une bouffée de cet air frais puis examina le sol. Comme il l'avait prévu, des traces de gouttes de sang étaient présentes et menaient jusqu'au petit étang rempli de mauvaises herbes. Le Sekteg suivit la piste sur quelques pas avant de percevoir un bruit et un mouvement sur sa gauche.

En tournant la tête, il vit une espèce de grosse poule à écaille verte qui était en train de sortir d'une cage collée à la maison par une brèche dans le grillage. Dans le clapier était présent différents ossements...sûrement d'autres poules.

Sump et la créature se regardèrent un instant puis elle se rua sur lui en émettant un cri aigu et en agitant ses ailes dragoniennes. Pas téméraire et épuisé après sa rixe avec Peau-Blanche, le Gobelin fit demi-tour en dérapant dans la terre et fonça vers la bâtisse.

Il entra à nouveau dans la maison et claqua la porte. La grosse poule, furieuse, donna des coups de bec à cette dernière...ou peut-être de dents. Le Sekteg avait cru en apercevoir des pointues. Il ignorait que les poules en étaient dotées mais celle-là ne semblait pas être une poule normale. Toutefois, il ne s'y attarda pas plus que ça.

Laissant l'étrange mais nerveux volatile s'exciter, il se concentra à nouveau sur sa tâche.

L'aventurier, après s'être fait blesser par le monstre maintenant mort, était allé chercher de l'eau à l'étang et était ensuite revenu se panser sur la table basse.

Sump se gratta l'arrière du crâne et épongea la sueur sur son front avec son poignet. Le sel de la transpiration lui brûla la blessure qu'il avait près de l’œil.

(Pour trouver l'aventurier, je dois savoir où est la relique...)
conclut-il dans sa tête.

Il essaya de se mettre à la place de celui qui l'avait cachée. Si lui, Sump, avait un objet pareil et qu'il voudrait le planquer, qu'est-ce qu'il en ferait ? Il la mettrait sûrement dans le trou sous l'arbre mort de sa forêt, là où il mettait toutes ses affaires dans le temps. Le temps où les petites filles restaient dans leurs villes et que les aventuriers n'allaient pas dans les fermes abandonnées...

Le Gobelin souleva un côté du tapis rouge qui était au sol pour voir s'il n'y avait pas une quelconque cachette, ou trappe, soulevant par le même temps de la poussière et affolant les mouches. Une de ces dernières rentra dans une de ses oreilles. Il la chassa en grognant, agacé et en lâchant le tapis qui retomba lourdement au sol. Il n'y avait rien.

Il chercha ensuite dans et derrière les étagères, sous le canapé et sous les grimoires...rien. Pas de "trou", pas de relique et pas d'aventurier non plus...

Le Gobelin sentit le désespoir monter en lui mais il se refusait d'abandonner. C'était sa chance d'avoir enfin quelque chose de vraiment précieux, d'avoir quelque chose qui ait vraiment de la valeur. Et ce serait bien la première fois...il ne voulait pas laisser passer cette occasion.

Alors, en tentatives désespérée, il longea les murs en les tapotant, espérant trouver un trou caché ou quoique ce soit d'autre. Et alors qu'il passait derrière la table, quand il passa sa main sur les pierres, ces dernières s'écartèrent sur le côté dans un grondement presque semblable à celui du tonnerre, faisant reculer et sursauter le Sekteg, pour créer une ouverture, une sorte de passage.

Éberlué par sa propre chance, Sump distinguait, de l'autre côté, une autre pièce mais vraiment toute petite. L'obscurité n'y était pas complète mais presque.

Claustrophobe, il n'osa pas entrer tout de suite mais le passage se referma de la même façon qu'il s'était ouvert. Craignant d'avoir perdu sa seule chance de trouver la relique, il plaqua sa paume sur les pierres au même endroit que précédemment et le passage se rouvrit identiquement à la première fois.

En soufflant, le Gobelin pénétra dans l'annexe. Les pierres se refermèrent derrière lui et aussitôt, une vague de stress incroyable l'envahit tout entier, faisant ruisseler la sueur sur tout son corps.

Par sécurité, il rouvrit le passage juste pour être sûr qu'il n'était pas pris au piège puis se concentra sur ce qu'il y avait dans la minuscule pièce. en plissant les yeux, sa vision gobeline, encore renforcée par sa vie sauvage lui permettant de distinguer les nombreux papiers collés au mur. Des articles de journaux, des lettres mais se concentra surtout sur la trappe ouverte à ses pieds et qui menait vers le bas, sous la terre, dans un endroit encore plus sombre que celui dans lequel il se trouvait actuellement.

Le cœur battant à tout rompre, il eut soudain envie de faire demi-tour, d'attendre que Kronh en ait finis avec les Banshees pour qu'il le rejoigne et qu'il explore ce lieu horrible avec lui.

(Non...la relique est à moi...s'il vient avec moi, elle sera pour lui. Il voudra la garder.)

C'était cela qui le faisait rester. C'était cela qui le força à mettre un pied sur la première marche de pierre de l'escalier qui menait en bas.

A la troisième marche, il mit la main dans la poche de son pantalon en haillons et prit le collier de Luda et le papier jauni entre ses doigts et les serra. Il ne savait pas pourquoi mais ces deux objets lui redonnaient du courage et lui insufflaient de la force.

Petit à petit, il parvint jusqu'en bas. Haletant, il était très mal à l'aise mais dans un effort de volonté se força à se calmer.

(La relique...pense à la relique.)

Quand ses yeux se furent habitués à la pénombre, le Sekteg découvrit qu'il était dans une sorte de cave qui formait une pièce en dessous à gauche de l'escalier. D'énormes caisses de bois étaient là ainsi qu'une charrette en bois clair où d'antique sac de riz ou de blé étaient posés dessus.

Il entendit aussi les bruits caractéristiques des rats tandis que sur le sol, une immense traînée de sang conduisait du mur d'en face à celui sous l'escalier.

En suivant la trace, il découvrit une silhouette assise, adossée contre les pierres du mur. Prudemment, et silex brandit, il se rapprocha jusqu'à la distinguer un peu mieux.

C'était un homme.

Il avait de longs cheveux bruns et bouclés qui tombaient en mèches sur son visage et avait le front haut et lisse. Ses yeux foncés fixaient le vide, un filet de sang séché avait coulé sur son menton. Il était mort.

Et pour cause, en l'examinant un peu mieux, Sump découvrit qu'une large et monstrueuse plaie barrait son torse et son estomac, montrant les entrailles au grand jour.

L'aventurier disparu. Kronh avait donc raison...il était bel et bien mort...et depuis un peu de temps d'après l'odeur.

Fronçant les sourcils, Sump se tourna vers le mur où démarrait la traînée de sang. Ce mur avait sûrement le même mécanisme magique et surnaturel que celui plus haut.
Toutefois, le Gobelin réfléchit deux secondes. Le gus mort qui était à ses pieds avait réussi à se débarrasser du monstre aux gueules multiples et à la queue piquante en se blessant légèrement ou en tout cas pas assez gravement pour que cela puisse l'empêcher de continuer ses recherches.

Le fait est que la chose derrière le mur ait réussi à le battre démontrait qu'elle n'était pas ridicule ou que dans tous les cas, le Sekteg ne faisait pas le poids. Il s'imaginait, ouvrant le passage et se faire ensuite déchirer et dévorer par une armée de "Banshees".

Déçu mais résigné, le Sekteg regarda un peu l'équipement du macchabée. Quitte à ne pas pouvoir acquérir la relique, autant partir de cette ferme avec un joli butin.

Une bourse bien remplie était attachée à sa ceinture et il avait une cape d'une matière étrange. Il se saisit des deux puis son regard perfide s'arrêta sur les bottes de l'aventurier. Elles étaient bizarres. Elles dégageaient une sorte d'aura. Sump eut la conviction qu'elles avaient quelque chose de spécial et de toutes façon, il était pieds nus et des chaussures ne pourraient pas lui faire de mal.

Il les prit donc elles-aussi et mit le tout dans son sac, histoire que les miliciens, rabat-joie comme ils étaient, surtout Kronh, ne lui ordonnent pas de tout leur remettre.

Pressé de sortir de cet endroit sombre et sous terre, le Gobelin se dirigea vers l'escalier puis s'arrêta alors qu'il allait monter la première marche.

Il regarda derrière lui pour jeter un dernier coup d’œil vers le mur... derrière cet obstacle se trouvait un objet sacré et magique...

Il laissa échapper un soupir. C'était dommage...pas de relique finalement. Il avait pourtant commencé à vraiment y croire...mais comme il l'avait pensé il y a trois de cela : ce genre de choses n'étaient pas faites pour lui et il n'était pas fait pour ce genre de choses.

Alors il entendit la grosse voix de Kronh retentir à l'étage, qui l'appelait. Un sourire dément, presque démoniaque se peignit sur les lèvres du vicieux petit Gobelin. C'était le parfait bouclier humain...juste ce qu'il lui fallait.

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31. Viston Marchecompte.

"Grenouille ! T'es là ?"

Sump remonta rapidement les marches, rouvrit le passage en pierre et découvrit le milicien qui semblait encore plus immense dans la petite maison :

"Ici." dit simplement le Sekteg.

À peine étonné, Kronh se faufila dans le passage à la suite du Gobelin. Il avait une blessure assez moche sur la lèvre inférieure, un filet de sang qui coulait de quelque part de son crâne jusque dans le cou et son armure était cabossée à divers endroits.

"Bien joué pour le Traqueur et le passage secret." le félicita froidement Kronh en descendant les marches.

"Et Wace ?" s'enquit le Gobelin derrière le milicien.

Celui-ci le regarda par-dessus son épaule pendant quelques secondes puis lâcha :

"Comme si tu en avais quelque chose à foutre...Tss !"

Une fois en bas, Sump lui montra où était le cadavre. Kronh s'accroupit auprès de lui puis se releva mais ne fit rien.
Sump alla lui parler du mur magique d’où la trace de sang commençait mais il se prit une violente taloche derrière le crâne qui le projeta en avant et qui faillit le faire tomber sur la dépouille du macchabée.

"Ça te fait plaisir de voler les morts, raclure de fonds de latrines ?"

Visiblement, le colosse avait remarqué l'absence de bottes sur l'aventurier.

"Il ne s'en servira plus..." tenta de se défendre le Gobelin qui s'écarta tout de même du géant en se frottant la tête.

"Ah ouais ? Et sa famille, t'y a pensé ? Tu crois pas qu'ils voudraient qu'on leur redonne les affaires ?"

Le Gobelin baissa les oreilles pour faire croire qu'il était touché mais en faites, il s'en fichait royalement. Pour lui, c'était une des lois de la nature : ce qui appartenait aux morts appartient aux vivants.
Le milicien continua toutefois sur sa lancée :

"Tu vaux pas mieux que les mouches à merde de là-haut. Tu me rendras le tout une fois que tout ça sera terminé et crois-moi, n'espère pas redevenir un Gobelin libre avant..."

Un chant majestueux l'interrompit soudainement, faisant se figer les deux "compagnons".

Il s'agissait d'une voix de femme aussi limpide que puissante qui semblait traverser les lourds murs de pierre comme s'ils n'avaient été que du papier. Voici donc ce qu'entendaient parfois les habitants de Jarvron...Il n'y avait vraiment pas de quoi se plaindre...c'était magnifique. Le Gobelin était comme figé. Si vingt minutes plus tôt, il avait écouté le son le plus horrible qu'il n'ait jamais entendu avec les Banshees, il écoutait à présent le plus beau. Et de loin.

Même le puissant Kronh que rien ne semblait pouvoir arrêter ne bougeait pas d'un poil.
Au bout d'une minute il se décida toutefois à se remuer. Il se dirigea vers le mur d'un pas rapide et déterminé.

Les oreilles basses en terme de soumission, Sump le suivit tout en restant en retrait. Après un moment d'hésitation où il se demandait comment faire pour ouvrir le passage, le milicien appuya sa grosse main calleuse sur les pierres.

Comme prévu, elles s'écartèrent identiquement à celles d'en haut en émettant un grondement sourd et Sump fut alors ébloui par la lumière qu'il régnait dans la pièce suivante.

C'était une grand salle au plafond haut, au moins quatre ou cinq fois plus grande que la maisonnette, et ses murs comme son sol, étaient faits en lourdes pierres carrées. Cela rappelait une sorte de cachot. Mais un beau et un incroyable cachot alors.

En effet, de chaque côté de la pièce était entassés des tas et des tas de pièces d'or brillantes ainsi que des objets comme des couronnes, des sculptures, des bijoux mais aussi des pierres précieuses et quelques armes qui semblaient aussi rares que magnifiques.

Au centre, un étroit tapis rouge menait jusqu'à une volée circulaire de trois marches toujours en pierre où était installé une sorte de trône rouge. Ce dernier était face au mur du fond devant une peinture de ce qui semblait être une femme blonde au bord d'une falaise, dominant une mer déchaînée et se confrontant à un ciel orageux et grisâtre.

Ils distinguèrent un bras sur un des accoudoirs. Juste à côté, une immense harpe dorée jouait apparemment toute seule et c'était apparemment elle qui chantait aussi.
Après tout ce qu'il avait vu au cours des deux derniers jours, le Sekteg en fut à peine étonné.

Toute la scène était éclairée par un gigantesque et magnifique lustre doré rempli de bougies qui semblaient éternelles.

Kronh s'arrêta et croisa les bras tandis que le Gobelin restait légèrement en retrait derrière lui.

Quelques secondes plus tard, sous un mouvement de la main de l'inconnu sur le trône, la harpe fit silence puis une voix caverneuse retentie :

"Joli, n'est-ce pas ?"

Kronh dressa un sourcil avant de répondre, en regardant en l'air :

"Très jolie salle, ouais, surtout le lustre. Ça a dû être coton pour l'installer non ?"

"Je parlais du chant." répliqua l'inconnu.

"Oh..."

"C'était la voix de ma femme...et c'était sa harpe...il s'agit d'un instrument magique très rare qui a la faculté d'utiliser la voix de son dernier possesseur pour jouer l'ultime morceau joué..."

Il y eut un court moment de silence que Kronh interrompit :

"Vot'femme...elle est morte ?" dit-il d'un ton dénué de toute émotion.

Moment de silence.

"Oui."

"Ben ma mère aussi, voyez ?" le milicien désigna le Gobelin avant de poursuivre : "Et la sienne aussi... ce que je veux dire c'est que la mort de votre épouse, pour horrible qu'elle soit, ne doit pas vous servir d'excuse pour ce que vous faites..."

Au grand étonnement du Gobelin et du colosse, l'inconnu ricana :

"Et qu'est-ce que vous croyez que je fais ?"

Kronh répondit du tac au tac :

"Vous assassinez des gens... ils ne sont pas responsable de la mort de votre épouse et ça ne vous la rendra pas..."

Le mystérieux personnage se leva doucement de son trône et le Gobelin sentit le milicien se tendre d'un coup.
Il était grand. Au moins la même taille que Kronh et avait les épaules très carrées sur lesquelles était posé un épais manteau brun qui accentuait encore sa carrure. Sur le crâne, il portait un large chapeau de voyageur.

"J'adore...vous les nouveaux candidats vous ne comprenez jamais rien..." lâcha-t-il.

Le milicien lança un regard au Sekteg :

"Candidat ?" répéta Kronh.

L'inconnue contourna son trône pour se mettre en face des deux acolytes et enleva son chapeau en descendant les trois marches, dévoilant pour la première fois son visage.

Kronh leva les sourcils, l'air étonné et étouffa un juron alors que Sump, oreilles maintenant dressées, recula d'un pas, les yeux exorbités de surprise.

L'inconnu était un squelette. Son manteau, ouvert , qui tombait jusqu'à mi-cuisse, laissait apparaître les os de ses côtes et de sa poitrine qui étaient d'un blanc ivoire immaculé alors que son crâne, maintenant visible, était en fait une tête toute lisse de la même blancheur que les os plus bas.

Emprisonnée dans la cage thoracique, une drôle de flamme orangée et jaune brulait magiquement et s’intensifiant quand le squelette parlait.
Pour compléter le tableau, il avait un épais pantalon vert kaki dont les pans étaient rentrés dans d'imposantes chaussures de voyage usées jusqu'à la corde. Il était soutenu au maigre os de son bassin par une grosse ceinture.

"Je vais vous expliquer..." commença l'étonnant personnage en jetant son chapeau loin sur le côté. "Tout d'abord, je me présente : je m'appelle Viston Marchecompte et je suis mort il y a maintenant deux cents ans."

Ayant repris son cynisme et son assurance habituels, Kronh émit un sifflement faussement admiratif que le dénommé Viston ignora avant de poursuivre :

"C'est à mon père qu'appartenait cette ferme. D'ailleurs, je devais devenir fermier moi aussi et ainsi poursuivre la lignée...sauf que moi, élever des poules et des cochons, ça ne m’intéressait pas...Ce qui m'intéressait, c'était la richesse et, dans une moindre mesure, la célébrité."


Curieusement, il s'étira et Sump sentit que l'agacement commençait à pointer son nez chez Kronh.

"Je suis donc parti de chez moi à la recherche de trésors, de merveilles. Je suis même devenu une sorte de pirate, les trésors de la terre ne me suffisant plus...et j'ai commencé à obtenir une certaine renommée ainsi qu'un surnom : la Pie. Allez savoir pourquoi...Puis vint le jour où j'ai volé un objet dans un temple de Thimoros...une sorte de pierre noire comme la nuit, très belle...très jolie..."

"Pas très intelligent ça..." commenta le milicien.

"En effet..." répondit Viston en marchant nonchalamment et doucement vers eux. "Et pour cause, tout les prêtres de ce temple s'y sont mis pour me coller une malédiction, comme quoi, quand l'heure viendrait, mon âme ne sera pas en paix, ne partirait pas au ciel où je ne sais où...je serais condamné à protéger mon trésor des visiteurs dans votre genre...des visiteurs tout court d'ailleurs et ce pendant l'éternité...Super, non ?"

Kronh fit un pas en avant et le squelette s'arrêta :

"Hop hop, je te vois venir mon gars..." dit-il. "Nous on est de la milice de Dehant, on cherche pas à se battre, on va juste t'emmener dans une cellule et..."

"Je ne peux sortir de cette salle, sinon, c'est comme-ci mes os prenaient feu et je souffrirais le martyre jusqu'à que je retourne ici. Le seul moyen pour que je sois en paix, c'est de me tuer. Une vraie saloperie ces malédictions hein ?"

Le milicien plissa les yeux :

"Donc il faut que je te tue pour que cette histoire soit définitivement terminée, c'est ça ?"

"C'est ça...il n'y a pas d'autres moyens...si et je dis bien "si", parce que c'est pas gagné, tu parviens à me vaincre, mon trésor est à toi."

En disant ces mots, un panneau de pierre se décala sur le côté au fond de la salle en glissant dans un bruit sourd, découvrant un passage vers une sorte de couloir de pierres qu'on devinait éclairé par des torches. Presque au même moment, une imposante hache noire à double tranchant sertie de pierres précieuses rouge sorti sans prévenir de sous les tas de merveilles.

Kronh, qui n'avait jeté qu'un regard blasé au nouveau passage secret, fit une moue admirative lorsqu'il vit l'arme atterrir dans les mains de Viston.

"Pratique."

Sump, lui, avait à peine regardé ce dernier tour de passe-passe. Il fixait le couloir de pierre. Il devait sûrement conduire jusqu'à la fameuse relique...

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Sump


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MessagePosté: Ven 3 Mai 2013 13:49 
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32. Sur le chemin du pouvoir.


Kronh dégaina sa grande épée du fourreau qu'il avait à son dos :

"Grenouille, tu vas maintenant voir comment trente ans d'épée peuvent battre à plate couture deux cents ans de hache ..." railla le milicien en s'avançant, en garde.

Viston, les trous d'obscurité qu'étaient ses orbites, fixés sur son adversaire, ne bougeait pas, lui aussi en garde. Sa tête de mort ne laissait passer aucune émotion mais on devinait qu'une flamme d'excitation et de cruauté aurait volontiers brillé dans ses yeux s'il avait eu un regard.

Le premier, Kronh se jeta sur son ennemi en hurlant. Les lames s'entrechoquèrent et restèrent bloquées l'une contre l'autre. Les deux titans se livrèrent à un court bras de fer mais aucun ne céda de terrain à l'autre mais Viston envoya un vicieux coup de talon dans le plexus solaire du milicien qui rompit et recula. S'il n'avait pas eu son armure, il aurait sûrement au moins eu le souffle coupé.

Au lieu de ça, le colosse sourit et lança :

"Ah, tu veux la jouer comme ça ? Très bien, mon pote !"

Et les lames se heurtèrent à nouveau.

Sump, qui n'avait pas bougé jusque-là, se mit soudain en mouvement. Il posa son sac près du mur derrière lui et marcha le long du tas de pièces pour contourner le titanesque combat auquel se livrait les deux mastodontes. Ces deux derniers, tellement ils étaient concentrés, ne s'aperçurent même pas de lui, faisant tournoyer leurs armes comme si elles n'avaient rien peser et si vite que leurs gestes étaient presque flous. le Sekteg en profita d'ailleurs pour voler quelques yus alors qu'il entendit Kronh demander :

"Et ta femme, alors ? Elle n'a rien à voir dans l'histoire en faites !"

Ce à quoi le squelette répondit au milieu des bruits de lames et dans l'absurdité totale :

"Euh...non."

Le Gobelin se surprit à avoir envie de lever les yeux au ciel, comme le faisait Wace.
D'ailleurs qu'était-il advenu d'elle ? Il doutait qu'elle soit morte, autrement le milicien serait au moins en colère, or il ne semblait pas l'être.
Il se donna une claque mentale. Ce n'était pas le moment de penser à ce genre de détails insignifiants ! D'une il s'en fichait de Wace, qui n'était rien pour lui et de deux, il n'y connaissait rien aux Humains.

Il continua donc son chemin vers le dédale, un sourire diabolique et vicieux se peignant lentement sur son visage à mesure qu'il approchait du but. Il ne pensait qu'à ça. Il ne pensait même plus à sa phobie des lieux clos.
Et soudain, ce fut le silence.

Le Sekteg, craignant d'être découvert, se tourna vers les deux belligérants pour voir où est-ce qu'ils en étaient juste à temps pour voir Viston repousser la lame du milicien avec violence et lui planter la sienne dans la clavicule avec un grand arc de cercle vertical. Le coup fut tel que l'armure, pourtant solide, du milicien céda et des fontaines de sang jaillirent du bras du colosse qui lâcha un bref cri de douleur avant de se reprendre.

Le Sekteg serra les dents. S'il voulait avoir une chance d'obtenir la relique, il fallait que ces deux-là s'entretuent ou qu'au moins ils se battent assez longtemps pour qu'il puisse s'enfuir avec son trésor.

Il passa à côté du trône et des rois marches et arriva devant le dédale pendant que Kronh poussait un nouveau cri, plus long.
Il ne s'arrêta pas tout comme il ne se retourna pas. Il y était presque.
Il entra dans le boyau en courant, sa claustrophobie, soudain revenue, le faisant s’essouffler et respirer difficilement. Il avait l'impression de manquer d'air.

S'il ne se répétait pas le mot relique en boucle dans sa tête, il se serait déjà enfui depuis longtemps... en effet c'était ce mot, cette idée de devenir enfin quelqu'un qui lui donnait la force de continuer.

Alors, il s'arrêta devant un virage serré, si serré qu'il le distinguait à peine. Sur le mur en face de lui, il y avait d'étranges reflets bleutés qui se mélangeaient à la lueur des torches pendant qu'il entendait le fer se heurter au loin ainsi que les ahanements des deux combattants.

Il prit une grande inspiration, comme s'il s'agissait de sa dernière et prit le virage.

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Sump


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MessagePosté: Jeu 9 Mai 2013 03:14 
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33. Le retour du cauchemar.


Sump déboucha dans une autre pièce. Elle était de taille moyenne et vide à l'exception d'une sorte d'autel de pierre sur lequel était posée une magnifique arme flavescente. Derrière, il y avait un large étendard rouge et doré sur lequel était représenté un oiseau ainsi que plusieurs étagères contenant de jolis pots étrangement propres.
Toutefois, le Sekteg remarqua à peine toutes ces choses et ses yeux ne s'attardèrent pas longtemps non plus sur la relique malgré sa beauté que la distance n'arrivait pas à cacher.

Son regard porta immédiatement sur ce qui semblait garder la pièce contenant le véritable trésor de Viston Marchecompte.

N'en croyant pas ses yeux, le Gobelin recula, apeuré.

Devant lui se trouvait l'Orque géant à la tâche rosée et au masque noir qui lui était apparu hier dans la forêt, à cause des spores hallucinatoires d'une plante. Il avait toujours ses deux énormes et monstrueuses armes : Un sabre éméché doré et un gigantesque goupillon.
Cet Orque avait longtemps hanté les cauchemars du Gobelin sans qu'il ne sache vraiment pourquoi.

Du haut de ses trois mètres de haut, le monstre le fixait en souriant.

Éberlué, le Gobelin regarda aux quatre coins de la pièce pour voir s'il n'y avait pas la fameuse plante au pollen hallucinatoire à laquelle il était habitué mais il n'en vit aucune.

"C'est impossible !" plaida le Sekteg, tremblant.

Alors, il se ressaisit soudain. S'il réfléchissait un peu, cet Orque ne pouvait pas être réel. Il ne pouvait pas avoir vu l'avenir ou quoi que ce soit d'autre et le fait qu'il ait rêvé de ce monstre et qu'il soit à présent face à lui aurait été une très grosse coïncidence.

Le Sekteg fronça les sourcils. Il était tout proche de son but et il n'allait certainement pas abandonner à cause une simple image que son esprit lui soumettait. Aussi effrayante et criante de réalisme soit-elle.

Alors les tremblements de son corps cessèrent et il répéta, plus sûr de lui et d'un ton empli d'une certaine rancœur et d'une certaine sournoiserie :

"Non c'est impossible !"

Puis il se mit à avancer d'un pas sûr en criant pour vaincre la terreur qui l'habitait vers le monstre qui le regardait sans bouger :

"Tu ne peux pas être là ! Tu n'existes pas ! C'est dans ma tête !"

Le petit Gobelin s'arrêta à quelques mètres de l'Orque et soutint son regard avec une lueur de défi dans les yeux.
Alors, pour la première fois, l'Orque bougea, sortant de cette image figée qui était toujours apparu de lui dans les songes de Sump.

Son sourire s’agrandit, dévoilant une redoutable dentition aussi effrayante que désordonnée et il rétrécit soudain doucement de plusieurs mètres jusqu'à atteindre la taille de Kronh qui se battait toujours dans la salle d'à côté, puis prononça d'une voix rocailleuse et grave, résonnant dans l'esprit du Gobelin qui n'en menait pas large :

"Tu crois que je ne suis pas réel ?"

Sursautant, Sump se reprit rapidement et affirma fermement, mais en tremblant :

"Tu ne l'es pas."

L'Orque grogna et abattit son sabre sur la petite créature qui lui faisait face dans un revers puissant que Sump crut avoir déjà vu. Se retenant de se rouler en boule, ce dernier ferma très fort les yeux et serra les poings, droit comme un "i".

Il rouvrit les yeux et constatant qu'il était toujours vivant, sourit en regardant à nouveau fièrement le Garzok.

Celui-ci émit une sorte de grognement sourd satisfait puis dit à voix basse en commençant à devenir transparent :

"Je ne le suis pas maintenant, c'est vrai...mais au fond de toi, tu sais très bien que j'existe, pas vrai ?"

Sump serra les mâchoires mais ne dit rien. Ne surtout pas écouter ce qui sort de la bouche de cette hallucination...

Il fixa dans les yeux le monstre jusqu'à qu'il disparaisse complètement.

Le Gobelin ferma les paupières dans un soupir de soulagement puis les rouvrit. Il découvrit alors qu'une mince brume fantomatique bleue turquoise baignait la salle à la hauteur de ses cuisses.
Sump en conclut que c'était elle qui était responsable de son hallucination. Il devina que ce devait encore être quelque chose de magique...
Il grogna en se dirigeant vers l'autel sur lequel reposait l'objet de ses convictions.
Il avait eu sa dose de magie pour des années, ces derniers jours...

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Sump


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34. La fin d'un long combat.


Sump se rapprocha doucement de l'autel de pierre.
Enfin.
Enfin il allait pouvoir la voir, la toucher, la prendre, l'admirer.
La relique. L'objet qui allait faire de lui quelqu'un. L'objet qui allait le rendre respecté aux yeux de tous.
Ignorant l'étrange brume bleue qui flottait à ses pieds, s'accrochant à ses jambes, tout comme le bruit des deux combattants, au loin, il avait sur le visage une expression perverse. Les yeux agrandis par l'envie de pouvoir, la bouche ouverte, figée dans un sourire haletant, de la bave manquant de couler sur son menton, il était dans un état second.

Plus rien autour ne semblait avoir de l'importance, plus rien autour ne semblait importer.
Seul la dague dorée comptait.

Quand il fut devant l'autel, refusant de la toucher tout de suite, de se précipiter, il se contenta de la contempler.

C'était une très belle arme. Elle était de couleur dorée avec des reflets gris. Sa lame, impressionnante de taille et de grâce, dessinait une courbe qui allait vers le bas puis qui remontait, créant un harmonieux crochet. Son fil semblait souffrir d'aucune imperfectibilité et semblait tellement tranchant que l'arme en paraissait presque menaçante.

La garde représentait une tête de griffon, comme-ci le feu que crachait la créature était en fait la lame elle-même.

Enfin, la poignée, fine et délicate, était aussi courbée.
Le tout étant apparemment fait dans le même alliage comme-ci la dague avait été forgée en un seul morceau...ce qui était peut-être le cas d'ailleurs.

Image

La faible lueur qu'elle dégageait se reflétait dans le noir des yeux du Gobelin, créant deux points de lumière dans l’obscurité.
Un filet de bave coula finalement sur le sol de la bouche ouverte du Sekteg.

Ce n'était pas tant le fait de voir une arme aussi magnifique qui le mettait dans cet état, c'était le fait que cette dite arme soit pour lui.
C'est à cause de cette béatitude qu'il ne vit pas les faibles éclairs noirs et mauves qui apparaissaient çà et là autour de la relique.
C'est aussi à cause de cette béatitude qu'il n'entendit pas plus les crépitements que ces éclairs émettaient. Sa main gauche, verte et sale, se dirigea lentement vers la délicate poignée de l'arme pour la saisir.

Mais au moment où ses doigts se refermaient sur elle, il y eut une explosion mauve et noire parsemée d'éclairs qui claqua et qui projeta le Gobelin quatre mètres plus loin.
Celui-ci tomba sur les pierres et dans la brume. il se redressa rapidement, ébahis et complètement réveillé, ignorant la douleur qui fusait de son coude qui avait heurté les dalles avec violence.
Il regarda sa main et plissa les yeux.

La paume de sa main était noire, comme si elle était grillée, toutefois il ne ressentait aucune douleur...
Peu porté sur l'esthétisme, il ne se préoccupa pas plus de l'apparence de son membre.
Après avoir vérifié qu'il pouvait le bouger normalement, il se releva en grognant et se rapprocha à nouveau de l'autel.

Sorti de sa torpeur, il remarquait bien distinctement les éclairs et leurs crépitements électriques. Ils formaient une sorte de bouclier sphérique autour de l'arme.

Le Seketg fronça les sourcils. De son ouïe admirablement aiguisée, il percevait un léger murmure qui semblait raisonner doucement dans toute la pièce et qui était en fait composé de plusieurs voix d'enfants :

"Il te reste une tâche à accomplir...Le travail n'est pas complet...Il te reste une tâche à accomplir...Le travail n'est pas complet..."

Sump haussa un sourcil et soupira, un peu désespéré en laissant s'affaisser ses frêles épaules :

(Qu'est-ce qu'il y a encore ?)

Alors, un grand bruit et un grand cri venant de la salle d'à côté le fit sursauter puis ce fut le silence. Sump devina qu'un des deux combattants venait de périr. Il en déduisit que c'était Viston car il entendit Kronh éclater de rire et hurler sa victoire, l’écho de sa grosse voix se répercutant contre les murs de pierre.

Le Gobelin lança un nouveau coup d’œil à l'arme dorée.
Il n'y avait plus d’électricité orange autour d'elle.

Alors il avança doucement sa main droite tremblotante, et, serrant les dents et fermant très fort les yeux, il saisit la poignée d'un coup, préparé à une nouvelle explosion.

À son grand soulagement rien ne se produisit à part l'apparition d'une vague de puissance dans tout son corps. C'était comme-ci il se réveillait, un beau matin, en pleine forme après une bonne et longue nuit de sommeil.

Il ressentait la puissance animale de l'arme. Non, pas animale... Une puissance de prédateur tandis que sa paume s'habitua directement à la poignée. Le poids était idéal et bien que la dague semblait un peu grande comparée au Gobelin d'un mètre vingt-cinq, ce dernier ne doutait pas de pouvoir s'en servir correctement.

Ça y était, elle était à lui !

Alors il remarqua la ceinture et le fourreau, accrochés à un crochet en bois lui-même planté dans la pierre de l'autel.

"Parfait." dit-il tout haut, au comble de l'excitation, tout sourire et en affichant un rictus diabolique sans qu'il ne s'en rende compte.

_________________
Sump


Dernière édition par BreadOOney le Ven 26 Aoû 2016 08:34, édité 4 fois.

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 Sujet du message: Re: La Ferme Abandonnée
MessagePosté: Sam 11 Mai 2013 02:43 
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35. Le dernier obstacle.


Kronh était , au milieu de la pièce, à genoux, les bras croisés sur le pommeau de son épée et le menton reposant sur ces derniers.
Il rigolait tout seul devant le corps inerte de Viston qui avait le crâne explosé en plusieurs morceaux.
Le milicien avait une profonde blessure à la jambe qui tâchait son pantalon et son nez semblait cassé.

"La vache, pour une belle baston, c'était une belle baston, nom d'une..."

Il s'interrompit en apercevant le Gobelin qui avait resurgi du couloir et qui s'avançait à présent doucement vers lui.
Le regard de Kronh porta immédiatement sur la magnifique et gracieuse arme que le Sekteg avait dans sa main droite. Il en avait vu des armes, mais alors des comme celle-là...

"C'est un beau canif que t'as là, Grenouille..." lança le milicien en se relevant avec difficulté et en poussant un ahanement.

Sump s'arrêta pour dévisager le colosse. Il était toujours impressionnant mais beaucoup moins que quelques minutes plus tôt. À présent, il avait l'allure d'un vieillard, et était obligé de s'appuyer sur son épée pour tenir debout. Il dégoulinait de sang.

Le Gobelin le trouvait presque pittoresque.

"Tu sais que tu vas pas pouvoir la garder, hein ? T'en est conscient de ça ?" continua Kronh avec un ton légèrement espiègle. "C'te joujou ainsi que tout ce que t'as piqué à l'aventurier reviendra soit à sa famille soit à la milice de Dehant..."

Le Gobelin s'attendait à ça et son visage s'assombrit. Pour rien au monde il ne donnerait sa relique à qui que ce soit. À partir de maintenant, c'était la sienne.

Le milicien sembla comprendre ce qu'il avait en tête car il éclata d'un rire tonitruant qui s'acheva par une exclamation de douleur.
Tout en se tenant les côtes, il lança au Gobelin :

"Qu'est-ce que tu veux faire d'autre, de toute façon ? Comment tu comptes..."

Alors, sans crier gare, Sump tenta de se ruer vers la sortie mais le milicien lui bloqua l'accès en se mettant trois mètres devant le mur magique. Prenant appui sur sa jambe blessée, il glissa sur le tapis rouge qui était au sol et se retrouva de nouveau sur les genoux.

"Qui est-ce qui a vraiment mérité cette arme dorée à ton avis, Grenouille ?" cria le colosse, haletant. "Un minable petit Gobelin prisonnier ou un milicien Humain ayant terrassé deux Banshees pratiquement à lui tout seul et ayant vaincu le gardien des lieux, un gars s'étant entraîné deux fois plus que je ne le serais jamais, te sauvant deux fois la vie par le même temps ?"

Sump baissa les yeux et les oreilles. Il y avait une grosse part de vrai dans ce qu'il disait...Jamais il n'oserait raconter à Sammy comment il avait obtenu cette relique...laissant quelqu’un d'autre affronter tout les dangers à sa place...

"Alors ?" insista Kronh, un douloureux rictus sur le visage.

Sump regarda la relique puis son visage se durcit à nouveau. La relique revenait à celui qui l'avait trouvé et à celui qui réussirait à la garder. Le mérite n'avait rien à voir là-dedans.

"Toi, tu as eu tout ce que tu voulais tout le temps !" cracha le Sekteg avec difficulté et rancœur. "Rien que ton épée doit valoir cinq fois tout ce que j'ai ! Moi j'ai jamais rien eu..."

Kronh ne parut pas compatir, au contraire :

"Tu crois que j'ai fait comment pour avoir tout ce que j'ai ?" lâcha-t-il."Tu crois que tout m'est apparu comme par enchantement ? J'ai été aux frontières de la mort plusieurs fois, mon gars, et tu n'imagines même pas tout ce que j'ai vécu ! Alors ton petit discours apitoyant, tu peux te le..."

"ELLE EST À MOI !" beugla Sump, perdant son calme sous la panique avant de se ruer à toute vitesse vers le milicien.

Celui-ci réagit immédiatement en levant sa grande et massive épée au-dessus de sa tête.

"T'AURAIS PAS DÛ, GOB'LIN DE MERDE !" hurla-t-il.

Il paraissait clair qu'en fonçant droit sur son adversaire comme un possédé, Sump n'allait réussir qu'à se faire couper en deux. En effet, le colosse, bien que grièvement blessé, était un redoutable guerrier doublé d'un solide dur à cuire.

En un éclair, Sump repensa alors à son combat contre Peau-Blanche, le "Traqueur" comme Kronh l'avait appelé. La créature lui avait fait croire à plusieurs reprises qu'elle allait attaquer et au moment où Sump avait légèrement baissé sa garde, elle avait frappé.
Le Gobelin décida de tenter approximativement la même chose, mais à sa façon.

À moins de deux mètres de distance avec son opposant, Sump fit mine d'attaquer à droite en faisant un pas dans cette direction. Aussitôt le milicien changea son coup vertical en un revers en diagonale mais le vil Gobelin bondit alors sur la gauche, arrivant au niveau de l'épaule de son adversaire et trancha à l'aveuglette.

En combattant chevronné, Kronh réussit tout de même à toucher son assaillant.
Soudain pris d'une douleur atroce, le Sekteg roula à terre, non loin de son sac qu'il avait posé près du mur un peu plus tôt et, hébété, porta la main à son oreille en contemplant avec surprise l'autre bout qui gisait à terre.

Sa main ne tarda pas à se couvrir de sang.
Kronh, lui, les mains plaquées au sol, voulut hurler, mais il se rendit alors compte qu'une horrible plaie lui barrait la joue, commençant de la commissure droite des lèvres jusqu'au lobe de l'oreille. Un flot de sang se répandit bien vite sur le sol, dégoulinant de l'horrible gouffre.

Tenant son oreille coupée qui ruisselait elle-aussi d'hémoglobine, le Sekteg ramassa son sac et se précipita vers le mur, vers la sortie de ce lieu de sang et d'horreur.

Mais le milicien ne comptait pas rester là à s’apitoyer sur son sort. En proie à une fureur démente, il poussa un hurlement en ramassant son épée d'une main tandis qu'avec l'autre, il tentait de boucher le flot de sang qui s'échappait de sa terrible blessure :

"Oh putain...ahh... AUTANT TE DIRE QUE CA VA CHIER GRENOUILLE !"

Malgré son état, Kronh semblait à peine éprouver la douleur et sembla garder l'esprit bien clair...Il s’agissait vraiment d'un pugnace...

Complètement paniqué, le Sekteg plaqua sa paume pleine de sang sur le mur qui s'ouvrit, beaucoup trop lentement à son goût, dans un grondement sourd.

À quatre pattes, Kronh se releva avec difficulté et d'un pas chancelant, se rua à la poursuite du Sekteg qui mettait les bouts vers l'escalier.

Sump gravit les marches en glissant et trébuchant à plusieurs reprises tout en sentant la présence oppressante de son ennemi derrière lui qui ne cessait de l'insulter de sa grosse voix. Apparemment la rage avait fait oublier à ce dernier toutes les blessures que lui avait infligées Viston, le gardien des lieux :

"Si je t’attrape, je te bouffe, Grenouille !"

Le Gobelin sauta littéralement hors de la cave en passant par la trappe puis envoyant toutes ses affaires par terre, se précipita derrière le lacet, contre le mur où des tonnes de papier étaient accrochées.
Entendant les pas ainsi que la voix gutturale du milicien et luttant contre la douleur qui fusait du côté droit de sa tête, il se mit à soulever la lourde trappe de pierre, ignorant aussi toutes les gouttelettes de sang qui tombaient çà et là.
Grognant sous le poids, il réussit à soulever le battant à la verticale et au moment où la tête du colosse fou surgissait de la cave, le Sekteg, puisant dans ses dernières forces, le poussa dans un ahanement. La lourde trappe de pierre tomba sur le crâne de Kronh avec un bruit sourd et bref.
Ce dernier dégringola dans les escaliers d'après le bruit que faisait son armure puis ce fut le silence.

Sump, assit, adossé contre le mur, essoufflé, étreignit son oreille douloureuse d'une main. Il se força à inspirer plusieurs fois mais le repos fut de courte durée.

En effet, il entendit la voix féminine de Wace de l'autre côté du mur de pierre magique qui conduisait à la maison de la Ferme Abandonnée.

Il se releva tant bien que mal en soupirant, mit la dague dans son sac, la faisant rejoindre les bottes, la cape, son silex et la ceinture puis ouvrit le passage.
En le voyant, la milicienne porta une main à sa bouche en poussant un cri aigu. Elle avait une grosse éraflure sur le visage, à côté de l’œil et ces lèvres étaient tuméfiées :

"Par Gaïa, Sump ! Qu'est-ce que ..."

Alors que le passage se refermait derrière lui, le Gobelin, chancelant et luttant contre les vertiges dû à la perte de son sang, articula dans un souffle ressemblant à un murmure :

"Pas entrer, plein de monstres, Kronh est mort...il..."

Puis il s'évanouit. Il sentit la jeune femme le rattraper avant qu'il ne heurte le sol et sa voix lointaine crier :

"Kronh mort ? c'est impossible ! Sump ? ...Sump !"

La suite.

(((Tentative d’apprentissage de la CCSA "Feinte" qui avait un peu débuté ici à partir du "Qu'est-ce que tu veux ?" .)))

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Sump


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