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 Sujet du message: Le Lac Gelé d'Höd
MessagePosté: Lun 8 Nov 2010 14:41 
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Le Lac Gelé d'Höd


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Perdu dans les hauteurs proches du Col Blanc se trouve le grand lac gelé d'Höd.

Constamment gelé, ce lac que vous pourrez traverser sans risquer de briser l'épaisse couche de glace a une particularité ; il est le cimetière officiel de tous les Liykors Fujoniens de la région.

Pour chacun de leurs morts, ils font le chemin jusqu'ici, ouvrent la glace et immergent le corps. Corps dont on peut souvent apercevoir les silhouettes lorsque l'on se balade sur le lac, curieuse et inquiétante vision pour qui s'y promène sans être au courant.

Les nains connaissent l'endroit et ne s'expliquent ces silhouettes qu'en les considérant comme étant l'oeuvre de Phaïtos. Ils n'ont pas non plus tout à fait tort: des nécromanciens profitent souvent de ces corps pour leurs expériences...

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 Sujet du message: Re: Le Lac Gelé d'Höd
MessagePosté: Sam 27 Avr 2013 23:26 
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Une nuit en montagne

Plus de trois jours se sont avérés nécessaires pour rejoindre la destination de Céendenl. C’est durant la seconde partie de ce trajet que Caabon a pris conscience du gain de temps que les départs avant l’aube et les étapes prolongées jusqu’après la tombée du jour pouvaient apporter. Sans compter que marcher sur une bonne route dallée, pavée au mieux, tracée du moins, ou même arpenter les sentes d’un bois encore rebelle est un exercice autrement plus aisé pour un bipède humanoïde plus habitué à la vie dans les plaines et dans la cité que d’aller sur des chemins étroits, grimper des pentes abruptes et rocailleuses. Les bouquetins que les deux voyageurs ont aperçus évoluaient avec une aisance toute enviable dans cet environnement qui est depuis des siècles le leur. Sans compter que la neige n’arrangeait pas la progression, rendant certaines surfaces glissantes lorsque la nuit elles gelaient ; nuits qui se faisaient de plus en plus froide selon l’avis de Caabon, pour qui les températures ne devaient pas plus chuter sous peine de descendre sous le seuil de ce que ses couches de vêtements, ses couvertures et sa cape pouvaient rendre supportable. Aucun feu n’a été allumé. Parfois ils ont aperçu des lumières desquelles ils n’ont pas cherché à s’approcher, et dont ils ignorent encore la provenance.

Le lac n’a pas été atteint à la fin du quatrième jour. Le climat et le terrain ne sont pas les seuls à être en cause : Céendel ne voulait croiser personne, et cherchait des pistes en se fiant à sa mémoire, en devinant beaucoup, en se trompant parfois, ce qui obligeait les deux marcheurs à faire un détour, voire rebrousser chemin, quand ce n’était pas tout simplement l’escalade d’un éboulis qui a coupé une voie sans cela parfaitement viable. Et puis il y a eu le passage du col… Un obstacle qui a rallongé d’une demi journée leur voyage.

(Il doit exister dans les Montagnes des voies autrement plus praticables, au moins pour les animaux de bât des marchands… Mais des voies plus fréquentées peut-être… Pourquoi Céendel tient-il à ne croiser personne ?...)

« Nous y voilà… »

Les pentes semblent s’être écartées pour laisser une étendue parfaitement plate en leur sein, couverte d’une neige qui jamais ne doit fondre à cette altitude, même aux jours les plus chauds de l’été.

« Qu’est-ce que c’est que cet endroit ? »

« Nous sommes près du lac gelé d’Höd. Et voici celui que nous sommes venus rejoindre. »

En effet, une silhouette s’approche des deux voyageurs.

Abean le Fujonien

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C'est par la sagesse qu'on bâtit une maison, par l'intelligence qu'on l'affermit ;
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Dernière édition par Caabon le Mar 30 Avr 2013 23:00, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Le Lac Gelé d'Höd
MessagePosté: Mar 30 Avr 2013 22:58 
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L'arrivée au lac gelé d'Höd

Le Fujonien s’avance vers les deux voyageurs d’un pas tranquille, visiblement peu affecté par le froid et la neige, portant pour seul vêtement un pagne sombre en fibres végétales, brodé de motifs rouge et bleus qui rappellent des silhouettes d’animaux des hautes montagnes. Peu gêné par la réverbération de la lumière sur l’étendue neigeuse il reconnaît l’elfe blanc et lui adresse un grand signe de la main, se faisant ainsi reconnaître comme un ami, au cas où l’Hiniön aurait pu en douter. Mais quel Fujonien aurait constitué une menace pour lui ? Arrivées face à face, les deux vieilles connaissances ouvrent les bras et se donnent l’accolade, échangeant quelques mots à mi-voix dans un dialecte que Caabon ne comprend pas.

« Mon vieil ami, qu’est-ce que cette créature qui t’accompagne ? »

« Oh ! C’est vrai que tu ne descends jamais de tes montagnes ! Voici Caabon, un jeune Wotongoh, un humain dont le peuple vit dans le continent du Nord, Nosvéris. Il a eu quelques problèmes à Kendra Kâr, alors je lui ai proposé de rejoindre mon expédition, et il a accepté de me suivre jusqu’en Nosvéris. Après… Il n’a rien décidé. Caabon, je vous présente Abean, un Fujonien maître de la glace qui nous accompagnera dans notre voyage. »

« Que la Déesse des glaces veille sur vos jours Caabon. »

« Euh… Vous de même… »

Le Wotongoh accompagne ce salut maladroit d’une légère inclinaison du buste, intrigué par cette nouvelle rencontre, interloqué d’entendre une voix si douce émerger d’une gueule d’animal, intimidé par un regard aussi sombre que le sien qui semble toutefois plonger jusqu’au fond de son âme pour y chercher des informations. L’homme résiste à l’épreuve et ne cille pas, ne baisse pas les yeux, malgré le vent froid qui le tiraille et fait monter des larmes. Apparemment satisfait, de cette confrontation, le Fujonien se retourne vers Céendel.

« Il fait froid, et vous avez tardé. J’ai reçu ton message, je m’attendais à te voir venir plus tôt. Je veillais au col, et je vous ai vu passer. Des chemins plus rapides que ceux que vous avez choisi d’emprunter m’ont permis de préparer votre arrivée. »

« Des chemins plus rapides ! Et tu n’as pas pensé que tu pouvais nous en faire profiter ? »

« Je suis désolé, mon ami, j’oublie parfois que les gens qui viennent jusqu’ici ne connaissent pas les montagnes… »

« Je plaisantais ! Je comprends parfaitement. Préparer notre arrivée dis-tu ? »

« Il y a une grotte, plus loin. Bien cachée. Ceux de mon peuple qui viennent honorer l’esprit de leurs ancêtres s’y reposent. Nous y serons seuls, mais au chaud, il y a de quoi allumer un feu, j’ai amené des tagnes. Je crois que les humains ne les aiment guère mais… »

« Peu importe le goût de terre des tagnes ! Manger quelque chose de chaud et dégeler mes mains près d’un bon feu me le feront oublier sans peine. »

« Venez, ce n’est pas loin pour qui sait où aller. »

Le Fujonien n’a pas menti, même si sa notion de proximité implique une heure de marche dans la neige, sur un chemin que lui seul parvient à repérer. Les pas dans les siens, l’Hiniön et le Wotongoh progressent avec une absolue confiance en ce guide au physique lupin. Le Lykor quitte soudainement une espèce de sente à peine marquée pour bifurquer vers une paroi rocheuse semblable à nombre d’autres croisées au cours de la marche. Son œil habitué au paysage, l’habitude ou simplement la connaissance de l’endroit lui donne un avantage par rapport aux deux néophytes du milieu, qui auraient pu passer devant l’entrée de la caverne sans jamais la remarquer.

A dire vrai, il s’agit plus d’un creux dans la roche que d’une caverne, idéalement situé, probablement creusé en des temps anciens, l’orientation permettant d’allumer un feu sans qu’il puisse être aperçu par un observateur extérieur lointain assure Abean. Plus petit que l’elfe et le Wotongoh, il pénètre par la faille en n’ayant qu’à baisser légèrement la tête tout en rabattant les oreilles sur son crâne ; les deux autres se plient plus, même trop pour ne pas risquer de s’ouvrir le crâne contre les aspérités du roc. Ils découvrent un espace quasiment circulaire, de surface étonnamment égale, organisé autour d’un foyer creusé à même la montagne, pouvant bien accueillir quatre Fujoniens, assez étroit pour les standards de races de plus haute stature. Outre les travaux de taille, les seuls signes d’une occupation par des êtres vivants sont des rouleaux de peau ainsi qu’un tas de bois mort, brindilles, lichens et galettes sèches d’un aspect brunâtre.

« Je vois que vous brûlez toujours les bouses que vous trouvez ! »

« Nous brûlons ce que nous trouvons, mais nous faisons peu de feu, sinon pour cuire les tagnes et les galettes que nous faisons avec des racines. Nous ne souffrons pas autant du froid que vous. J’ai récolté ce maigre combustible, je doute que ça tiendra la nuit mais ce sera déjà ça… »

« Je te remercie pour cette attention. Nous l’apprécions à sa juste valeur. »

(Ainsi les récits d’aventuriers s’étant risqués dans les montagnes l’hiver ne mentaient pas… On brûle bien les bouses des ruminants… J’espère que l’odeur ne m’empêchera pas de dormir… Enfin… tant qu’il y a du feu…)

Les brindilles furent enflammées à l’aide du briquet à amadou de Céendel, puis alimentées avec le lichen étonnamment lent à se consumer, et enfin les bouses. Le feu ne réchauffe que peu l’atmosphère mais suffit à faire cuire les tagnes que le Fujonien a tiré de sa besace, grosses racines peu engageantes avec leur peau noire et fripée, ainsi que des tranches du bloc de lard emporté par Caabon dans sa petite poêle de voyage ; le foyer ne durera pas assez longtemps pour faire fondre de la neige et cuire les légumes secs, aussi les voyageurs s’en passent-ils.

« Tu as amené ce que j’avais laissé ? »

« Oui, tout est là. Tu as bien fait, il va faire encore plus froid pour descendre. »

« C’est pourquoi je comptais sur toi. Merci encore. Caabon. Retenez donc cette leçon de vie, peut-être vous sera-t-elle utile : plutôt que de vous encombrer toujours d’un matériel qui vous ralentirait et vous serait en bien des lieux inutiles, sachez le confier à des gens en qui vous avez une grande confiance. De telles personnes sont rares, mais lorsque vous en trouvez une, ne vous perdez pas en scrupules. »

« Céendel a raison, vous lui demanderez certes un service, mais vous lui montrerez également combien vous l’estimez par des actes. Mais soyez d’autant plus sûr dans vos choix que l’objet vous est précieux. »

Le Wotongoh hoche tranquillement de la tête en dégustant ses lanières de lard sur une tranche de pain, se forçant à manger des tranches de tagne chaude épluchée, malgré leur goût terreux. L’eau est dispensée par la fonte de neige qui remplit les gourdes vides après avoir attendu un peu auprès des flammes mourantes. A la tombée du jour, l’elfe et le Wotongoh sont enveloppés dans leur couverture, couverts par les peaux de bêtes, prêts à s’endormir pour regagner un peu de sommeil tandis qu’Abean prend le premier tour de garde.

Trois sombres silhouettes entre montagnes et plaines.

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 Sujet du message: Re: Le Lac Gelé d'Höd
MessagePosté: Dim 12 Juil 2015 20:09 
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C'est pour qui la fessée ?


La journée de marche fut longue et éprouvante. Car ce que les Garzorks parcouraient en un temps donné, les courtes jambes d'une enfant elfe n'en faisaient que la moitié. Et c'est donc en fin de journée qu'elle parvint enfin à l'étendue d'eau indiquée sur l'itinéraire des soldats omyriens. Posant son fatras dans la neige, Haple fit rouler ses épaules menues, endolories par la corde du tambour. Non pas qu'il soit bien lourd, son coffre de résonance ne contenant que quelques miches de pain et tranches de lard congelées, mais l'enfant elfe n'avait pas encore roulé sa bosse d'aventurière et sa peau blanche avait la tendresse d'une brioche au lait.

Parcourant les berges du regard, Haple nota avec déception l'absence de tentes, de feux de camp ou de tout autre signe de vie. Jusqu'à ce qu'un mouvement furtif à la périphérie de son champ de vision ne lui fasse tourner la tête. Une silhouette lupine venait d'émerger de la neige à quelque mètre du lac et s'ébrouait pour se défaire de la poudre froide prise dans son pelage de même couleur. Avec soulagement, Haple observa la créature se désintéresser d'elle et se diriger vers la berge pour reprendre le cours de sa journée interrompu par l'intruse. C'est alors une enfant rassurée et brûlant de curiosité qui partit à sa rencontre remettant son tambour en place avec une grimace de douleur.

...


Qui es-tu ? ” lança-t-elle à tue-tête alors qu'elle était encore loin.
Aucune réaction. Agacée mais pas le moins du monde reboutée, Haple accéléra le pas et une fois parvenue à moins d'un mètre, articula d'une voix impérieuse :
QUI... ES...TU ?!
Alors, la créature à l'apparence d'un loup tourna lentement son museau vers l'enfant. Celle-ci, contre toute attente, n'avait pas peur bien que les crocs blancs pointant derrière des babines aux moustaches givrées auraient dû l'inciter à la prudence. Un sentiment de déjà-vu rendait cependant la vision plus familière qu'effrayante. Et finalement, la gueule s'ouvrit et une voix où frisait l'incrédulité lui répondit :
Sérieux ...?”, puis après un temps de réflexion, “Connaître Elfes peau-comme-neige Moi... Différent Toi...

Le Liykor se redressa sur ses pattes postérieures avec souplesse, surplombant son interlocutrice de tous son haut, puis examina avec attention la frêle enfant qui l'avait aussi imprudemment hélé.
Pas Peur...?
Peur d'un pleutre qui se cache à l'arrivée d'une enfant, certainement pas” rétorqua-t-elle de manière cinglante.
Le pleutre en question ne semblait pas amusé par la langue acérée de la petite. Pas du tout. Et il fit volte-face dans un silence digne.
Hé, loup, ne me tourne...

Mais cette fois Haple n'eut pas le temps de finir sa pique. La créature prit appui sur ses jambes arquées et, d'un fantastique saut périlleux arrière, passa derrière la petite elfe avant de lui asséner un coup de pied sec dans le dos qui l'envoya voler dans la neige. S'étouffant dans la poudreuse, la peau du visage éraflée par la fine couche de givre de surface, l'enfant sonnée s'entendit dire d'elle:
Insolent Toi
Et le sang montant au visage, l'elfe furieuse se releva d'un bond face à son agresseur et lui cracha ces mots au visage :
Tu m'as blessé, loup, tu vas le regretter !
Et avant que l'acrobate ait eu le temps de réitérer la correction, l'enfant le darda de ses yeux plissé par la concentration et projeta sur lui toute la colère qu'il suscitait en elle. (Qu'il s'étouffe dans la fange !) Aussitôt, la cible de son ire chancela portant une patte à sa gorge velue et l'elfe malicieuse observait avec satisfaction le pelage d'un blanc immaculé de son adversaire s'enliser dans une boue visqueuse qui semblait suinter par tous ses pores. Mais la complaisance était prématurée : D'un brusque mouvement de ressort, le Liykor propulsa sa patte antérieure en avant, déchirant l'air de ses griffes puis lacérant la joue de la mage de terre. Cette fois, la fillette ne se releva pas.

...


Haple tétanisée n'osait plus bouger. Couchée dans la neige, elle regardait son propre sang infuser un à un les cristaux blancs d'une couleur rubis. Dans son dos, elle entendit s'éloigner le râle de l'acrobate retrouvant son souffle ; elle ne s'estimait cependant pas tirée d'affaire. Soudain un craquement sec, comme du verre brisé, la fit sursauter. Et s'ensuivirent des bruits d'éclaboussures et des grognements saccadés. Enfin le silence s'installa...laissant le vent froid apaiser les tensions.
Lever Toi” déclara une voix autoritaire où ne perçait néanmoins nulle menace.
Et la petite obtempéra, se tenant la joue d'une main rougie. D'un signe de patte, le vainqueur l'invita à le rejoindre. Il avait creusé un trou dans l'épais bouchon de glace qui recouvrait la surface du lac pour se laver de la boue magique. (Comment ?!) Et amusé par l'incrédulité de l'enfant, le Liykor s'expliqua :
Fort Moi... Un peu”, avant de conclure en fronçant ses sourcils broussailleux, “Magie Puissant Toi...

Les deux étrangers se regardèrent dans le blanc des yeux pendant de longues minutes que n'interrompait seulement le clapotis des gouttes de sang tombant sur la glace.
Imprudente aussi... Vouloir Toi avec Eux ?” relança l'acrobate en désignant d'une patte les profondeurs du puit creusé.
Et Haple sursauta lorsque, se penchant sur l'eau, elle y aperçut une silhouette floue dérivant à mi-hauteur. Le cadavre était l'image même de son interlocuteur pour autant que l'obscurité des eaux turbides le laissait entrevoir. Haple déglutit en observant ce spectacle qui lui rappelait inévitablement sa responsabilité dans le sort funeste de ses géniteurs, puis secoua la tête en réponse, bien qu'elle savait la question être purement rhétorique. Enfin, le Liykor s'accroupit, en équilibre sur ses mollets velus et indiqua à l'elfe de nettoyer sa blessure à l'eau du lac. Haple, que le mutisme neutre de l'inconnu rassurait, s'approcha du trou de glace et se pencha pour cueillir de l'eau dans la paume de sa main avant de s'asperger le visage d'eau mordante. Elle n'était tout de même pas rassurée de livrer ainsi sa nuque aux crocs puissants du “loup” blanc et suspectait celui-ci de maintenir intentionnellement à son esprit d'enfant butée le rapport dominant-dominée qu'il avait instauré.

Quand elle eut fini sa toilette et que l'eau astringente eut ralenti l'écoulement de sang, Haple se redressa et attendit la suite. Celle-ci vint sans attendre, l'inconnu ayant visiblement médité sur la conclusion à apporter à leur altercation.
Pas loup... Liykor” et il dessina d'une griffe un entrelac de courbes et de lignes dans l'air. “Aller où Toi ?
Et Haple de lui répondre d'une voix faible mais stable :
...Ouest...
Non” répondit le Liykor en fronçant à nouveau des sourcils “Venir Avec Moi Toi
Haple fut déconcertée l'espace d'un instant... Voulait-il se joindre à elle ? Auquel cas, pourquoi pas, il avait l'air de savoir se battre. Ou bien voulait-il qu'elle le suive dans son propre périple ? Et comme si celui-ci pouvait suivre le questionnement intérieur de l'enfant, le Liykor répéta :
Avec Moi
Hors de question...” rétorqua l'elfe avant de rajouter d'un ton qu'elle espérait déférent “...Liykor.
Elle ne s'était pas affranchie de son carcan normatif en Anorfain pour se fondre dans l'ombre du premier venu. (Non, je continue à l'Ouest. On verra bien où ça me mènera)
Et, contre toute attente, le Liykor indiqua en toute simplicité d'une patte pointant derrière l'épaule de la petite :
Ouest

...


Se sachant congédiée, heureuse de s'en sortir à bon compte, Haple se leva et salua d'un signe de tête le Liykor avant de retourner vers ses affaires tombées pêle-mêle dans la neige. Alors qu'elle harnachait à nouveau son tambour contenant ses vivres, elle entendit des crissements de pas derrière elle. Allait-il la suivre finalement ? Non, il lui apportait une gourde remplie à l'eau du lac. Parvenu tout près d'elle, il tendit une griffe vers son visage et effleura la plaie qui parcourait sa joue...
Regret” déclara-t-il dans un souffle de buée, avec l'oeil examinateur d'un peintre ou d'un sculpteur, comme si l'idée d'avoir dénaturé la pureté de ce visage enfantin le perturbait plus que le fait d'avoir faillit la tuer.

Sur ce, il lui plaça la gourde entre les mains et la poussa légèrement sur l'épaule pour l'inviter à continuer son chemin. Et une fois, eut-elle le dos tourné, le Liykor déposa subrepticement un léger paquet dans le coffre du tambour avant de regarder, une étincelle noire dans ses yeux calcultateurs, l'intrépide ingénue s'éloigner aveuglement dans la direction qu'il lui avait indiquée... plein Sud, droit sur une grotte aux histoires bien connues des locaux.

(((la gourde est déjà dans ma fiche perso)))
>>Brain freeze

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