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 Sujet du message: Re: Route entre Mertar et Dàrham
MessagePosté: Dim 3 Mar 2013 15:58 
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Intervention gmique pour Maltar


Une fois que tu l'eus rejoint, la naine reprit un bon rythme de marche, tout en chantonnant de joyeuses chansons naines.

" J'ai hâte d'arriver au village, je boirais bien une bonne pinte. "

Finit-elle par dire au bout d'un moment.

Et pour une fois, vous marchez sans qu'aucun incident ne se mette en travers de votre chemin.

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À votre service, pour le plaisir de rp !


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 Sujet du message: Re: Route entre Mertar et Dàrham
MessagePosté: Dim 31 Mar 2013 00:16 
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La fin du voyage fut sans encombre. Les collines laissèrent rapidement place aux vraies montagnes chapeautées de neiges du territoire nain, qui de droite et de gauche dominaient la vallée au fond de laquelle Maltar et Magda avançaient. De col en col, cheminant par de petits sentiers de muletier peu fréquentés, ils atteignirent la route principale pour Mertar, où avançaient d'autres groupes de voyageurs, de marchands et de soldats allant soutenir l'effort de guerre contre Oaxaca la félonne. Maltar, qui jusqu'alors tentait de faire valoir ses droits sur une juste récompense pour avoir sauvé deux fois la vertu de la naine, commença à se faire tout petit : il semblait être le seul gobelin à des lieux à la ronde, et au vu des regards que jetaient les badauds, il n'était pas le bienvenu. Sans la présence de Magda à ses côtés pour lui servir d'alibi, il doutait fort qu'on ne vienne lui chercher de crosses ou à fortiori, qu'on le laisse rentrer dans la cité souterraine... Sans parler de la crasse et du sang séché omniprésent sur sa tenue, qui ne devait pas aider. Il aurait dû récupérer les têtes des gobelins tués durant la nuit, comme preuve de sa bonne foi. Il aurait toujours pu essayer de passer pour un gobelin dégénéré désirant servir (d'où le "dégénéré) dans les armées s'opposant à Oaxca.

Vers la fin de l'après-midi, alors que le soleil commençait à décroitre, ils arrivèrent enfin aux portes de Mertar, encore plus navrantes de gigantisme que ne le croyait Maltar: pourquoi construire une porte de plus d'une dizaine de mètres de haut quand le plus haut des chariots en fait trois? Crétin de nains! Et un jour ils viendraient geindre parce qu'un dragon avait réussi à s'y engouffrer!

la suite ici

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Dernière édition par Maltar le Jeu 29 Mai 2014 00:42, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Route entre Mertar et Dàrham
MessagePosté: Ven 3 Mai 2013 17:44 
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Abean le Fujonien

« Nous avons devant nous un peu plus de deux jours de voyage pour gagner Dahràm. Autrefois nous aurions sans doute pu sans peine passer la nuit dans la plaine avec quelques précautions, mais maintenant… J’ai hésité entre risquer de nous faire surprendre dans notre sommeil et réaliser une marche forcée pour passer des montagnes jusqu’à la ville d’un traite. Cette seconde option m’a parue la meilleure, d’autant plus que le vent et le froid on dû pousser la plupart des maraudeurs à regagner leurs tanières, autant par confort que par manque de proies. Abean, tu es toujours aussi efficace dans ta partie ? »

« Je pense pouvoir affirmer qu’au cours des dernières années, je me suis même amélioré. »

« Bien, cela nous sera utile. Le jeune homme est relativement efficace, mais on pourrait faire mieux. Je veux que nous arrivions à Dahràm en un seul morceau. Les choses seront déjà assez difficiles comme ça lorsque nous aurons passé les portes, si nous les passons sans encombre… »

Les préoccupations de Caabon quittent rapidement la peu rassurante entrée en matière pour se reporter sur ce que le Fujonien, avec un respect presque tout religieux, lui a révélé juste avant leur départ, au point du jour, quand les premiers rayons balayaient l’étendue plate entre les montagnes. Agenouillé contre la glace, Abean a écarté la neige couvrant la glace, usant de ses bras velus comme d’un balai, et révélé dans la lueur de l’aube au Wotongoh les secrets de ce lac éternellement figé.

(Ils déposent là leurs morts… Combien reposent sous la glace ?... Combien de Fujoniens ? … Transporter le corps, ouvrir la glace, l’y glisser et… Peut-être se trouvent là ses aïeux… Pourtant il quitte avec nous ces montagnes, pour aller à Dahràm, traverser l’océan et ensuite ?... Qui sait quels dangers nous attendent sur le chemin et au delà… Son corps ne reposera pas là, dans la quiétude éternelle de ce lac de glace… Cache-t-il d’autres mystères que ces corps ? … Qui le sait ? … Je demanderais à Abean, un jour, si l’occasion se présente… Quel bel endroit pour dissimuler à jamais un trésor… Qui irait se risquer sous la glace ?... Quelle mort… Atroce…)

La descente de la montagne guidée par le Lykor ressemble étrangement à la conduite de Céendel : l’un comme l’autre ignore le concept de chemins tracés pour préférer des pentes neigeuses lisses d’apparence qu’ils ne se privent pas pour autant de sonder l’un comme l’autre. Cependant il est aisé de remarquer celui qui connaît le mieux la montagne et ses voies. Les détours imposés par le Fujoniens sont bien moins nombreux que ceux auquel fut contraint l’Hiniön lors de con ascension jusqu’au col, et Caabon apprécie à sa juste valeur ce changement, plus chargé qu’il est des peaux de bêtes récupérées dans l’abri. Le dénivelée met ses jambes et particulièrement ses mollets à rude épreuve, ainsi que ses nerfs : par trois fois il a manqué de glisser sur une plaque de glace, et la perspective de la chute lui laissa à chacune de ces occasions le cœur battant la chamade de trop longues minutes. La neige accompagne la marche du petit groupe de flocons épars, sans incidence sur l’état du terrain, juste de quoi leur rappeler que l’hiver a bien commencé et qu’ils ne pourront faire sans.

C’est sans encombre qu’à la tombée de la nuit ils parviennent sur les dernières pentes de la montagne, non loin des plaines désolées qui se présentent comme une étendue sombre aux yeux de Caabon. La nyctalopie d’Abean leur permet de continuer encore après que le soleil se soit couché derrière l’horizon, bien que leur rythme de marche s’en voie particulièrement ralenti par précaution. Les dernières éminences rocheuses offrent un abri contre le vent pour passer la nuit. Comme la précédente, Abean prend le premier tour de garde, Céendel le deuxième et le dernier échoit à Caabon, conscient de la faveur qui lui est faite : sa nuit ne se fait que d’un bloc, et il ne doit pas lutter contre l’épuisement du jour avant de pouvoir sombrer dans le sommeil, il lui est bien plus facile de continuer à marcher que de veiller lorsque ses paupières se font lourdes, le mouvement le tient éveillé.

« Un Hiniön, un Fujonien… Si je puis me permettre, vous n’allez pas faire très couleur locale à Dahràm… »

« Vous avez parfaitement raison. C’est pourquoi nous allons d’ici peu nous changer en individus bien moins recommandables. »

« Vous êtes un mage ? »

« Moi non. Abean oui, mais quand bien même, nous n’allons pas recourir à la magie. Nous allons user des nombreux cadeaux que Yuimen fait à ceux qui savent les reconnaître. »

« Pardon ? »

« Observer au lieu de parler est une technique éprouvée. »

Ainsi Caabon se tait-il et observe. De son sac Céendel tire deux pots taillés dans du bois, en tend un à Abean, puis tous deux ôtent les couvercles, la lumière rasante du point du jour révélant ainsi un contenu si sombre qu’il semble absorber les pâles rayons hivernaux. Les fins doigts blancs de l’Hiniön plongent dans ce qui se révèle être une pâte à la consistance du beurre mou, puis viennent au contact de sa joue, sur laquelle s’étale peu à peu la mixture, masquant la couleur d’origine de l’épiderme. A mesure qu’est appliquée la crème se répand comme une odeur d’huile végétale, comme si on avait pressé des graines, ainsi qu’un parfum prenant un peu plus les narines, dans lequel le Wotongoh perçoit l’équivalent olfactif de l’amer gustatif. Face à son air interrogatif, l’elfe blanc daigne apporter une réponse.

« C’est une plante des champs, l’aticine. Une courte tige, des fleurs clochettes gris-bleu, des feuilles fines et pointues. Mais sa racine est la plus intéressante. Elle est grosse comme un pouce, aussi longue, et plus noire que ta peau. On la coupe en lamelles que l’on fait bouillir pour obtenir une teinture qui selon la concentration permet de donner des couleurs sombres aux tissus. Si l’on met les lamelles à sécher, et qu’ensuite on les réduit en poudre très fine, et que l’on mélange cette poudre à de l’huile – personnellement je privilégie l’huile de sésame, qui cache une partie de l’odeur horrible de cette racine – on obtient une pâte qui colore de manière convenable poils, cheveux, peau, et qui ne part pas à la première averse, ni même à la deuxième d’ailleurs. A dire vrai, il nous faudra, frotter, et toi encore plus avec ton pelage mon ami… »

« Qu’importe. Là où je vais, il n’y a aucun membre de mon peuple pour prendre peu à la vue de la couleur de ma fourrure… Et je préfère de loin passer pour un Lykor noir que d’être arrêté aux portes de Dahràm. »

« Nous verrons. J’ai un peu d’argent, et j’ai pu sortir de la ville il y a quelques mois, alors qu’elle était déjà prise. Depuis… la discipline s’est peut-être un peu relâchée. J’ai cru comprendre qu’Omyre avait eu d’autres soucis ailleurs. Enfin nous verrons. Achevons de nous grimer, et mettons nous en marche. »

Aux portes de Dahràm

_________________
* * *



C'est par la sagesse qu'on bâtit une maison, par l'intelligence qu'on l'affermit ;
par le savoir, on emplit ses greniers de tous les biens précieux et désirables.
Proverbes, 24, 3-4


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 Sujet du message: Re: Route entre Mertar et Dàrham
MessagePosté: Mer 27 Nov 2013 17:54 
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Les 3 amis avaient marché le long d'un petit sentier longeant le fleuve qui coulait vers le sud durant six heures. Selon la carte de Bou, héritée de son père, il suffisait de suivre ce cours d'eau pour arriver à Mertar. Ne voulant pas trainer à Dahram, ils étaient partis directement après l'enterrement de Koa et prévoyaient de faire halte dans un minuscule village nommé Evernee, pour y passer la nuit et se ravitailler en nourriture. Le semi-elfe discutait avec Tim, tandis que Bou ouvrait la marche:

Je me demande tout de même comment Nal Hakeb a pu nous trouver dans un endroit comme Dahram.

A mon avis, ils surveillaient l'entrée de la ville. Et nous sommes très reconnaissables. En arrivant à Mertar il nous faudra redoubler de prudence.

La jeune femme avait pris un peu d'avance, ce qui permit aux deux hommes de parler à voix basse sans être entendus.

Et pour Bou, tu crois qu'on peut vraiment l'emmener avec nous jusqu'à Pohélis ? Je découvre chaque jours d'avantage à quel point notre quête est dangereuse. Elle a déjà perdu sa sœur, sincèrement je ne me le pardonnerais pas si elle devait être blessée, ou pire.

Elle est assez grande pour décider de son destin et je crois réellement qu'elle sait se défendre. Tu as déjà oublié la torgnole qu'elle t'a donnée à Dahram ?

Ca je risque pas de l'oublier. Mais quand même… Tu crois vraiment que c'est bien de l'entrainer dans cette histoire ?

Sincèrement, je pense que ses raisons ne sont pas moins bonnes que les nôtres. Et puis qu'est-ce que tu proposes ? de l'abandonner à Mertar en filant en douce ?

Et pourquoi pas ? Ca éviterait qu'elle se fasse tuer en nous suivant dans la gueule du loup...

Les deux hommes s'interrompirent, la jeune femme s'était tournée dans leur direction.

On est presque arrivés à Evernee. Le hameau se trouve derrière cette crête, droit devant. On pourra y acheter des provisions.

Il y a un armurier ? je dois vraiment acheter une nouvelle épée.

Ca m'étonnerait beaucoup. Par contre il y a peut-être un forgeron qui pourrait essayer de la retaper.

Le semi-elfe laissa ses amis prendre un peu d'avance, il trainait un peu la patte. La légère démangeaison qu'il avait ressentie au niveau de son épaule s'était transformée en une douleur sourde et constante.

Tu as l'air de bien connaître cet endroit ?

Oui j'y venais fréquemment quand j'étais petite, avec mon père. Mais ce n'était qu'une étape sur la route de Mertar.

Le groupe dépassait la première maison, quand ils aperçurent un drôle d'attroupement. Une caravane de marchands semblait de passage et avait déployé ses stands sur la place du village. Tim et Bou s'intéressèrent aux marchandises proposées. Il y avait même un stand vendant différentes armes de plus ou moins bonne facture. Le jeune humain repéra une épée sortant du lot et entreprit de négocier son prix. Pendant les pourparlers, Sild était resté à côté d'eux sans rien dire. La jeune femme qui l'observait discrètement depuis leur arrivée au village, se tourna soudain vers lui et posa une main sur son front.

J'en étais sûre, tu es brûlant de fièvre.

Le semi-elfe tenta de s'écarter, prétendant que ce n'était rien, mais elle ne le lâcha pas.

Ce n'est pas rien ! Je dois voir ta blessure, elle est certainement infectée.

Mais non, une bonne nuit de sommeil et ça ira mieux demain.

Qui est la guérisseuse ici ? Au vu de ta fièvre et la vitesse à laquelle ta température est montée, si je ne fais rien, demain tu seras en plein délire, ou peut-être même inconscient. Allons à l'auberge.

Couché sur un lit de la petite chambre qu'ils avaient loué, le rodeur laissa son amie retirer son bandage humide de pus et inspecter la blessure. Finalement elle fouilla dans son sac et sortit une petite gerbe d'herbes séchées qu'elle jeta dans un verre d'eau.

Bois, ça te feras dormir et ralentira la fièvre. Je pense que les eaux souillées des docks ont infecté la plaie. Il va me falloir certaines herbes pour te soigner. J'en aurai pas pour long.

Elle se leva et se dirigea vers la porte de la chambre, aussitôt suivie par Tim. Le rodeur ferma les yeux et se laissa emporter dans un sommeil sans rêve.

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 Sujet du message: Re: Route entre Mertar et Dàrham
MessagePosté: Ven 6 Déc 2013 17:36 
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Le lendemain lorsqu'il se réveilla, le rodeur était seul dans la chambre. Il remarqua qu'on avait changé son bandage et qu'il n'avait plus du tout mal à l'épaule. Avec précaution il fit quelques mouvements, sans ressentir de douleur particulière. Il décida d'être cependant prudent avec sa blessure, il fallait éviter de la réouvrir. Regardant par la fenêtre, il constata que l'après-midi était déjà bien entamée. Après s'être rapidement habillé, il descendit dans la grande salle de l'auberge. Le tavernier l'accueillit avec chaleur et lui servit un repas.

Installé au bar, le semi-elfe mangeait avec appétit quand une conversation derrière lui attira son attention.

Je n'aime pas cela… On m'a signalé la présence d'une bande de pillards écumant la région entre ici et Mertar. Des orcs.

Oui mais qu'est-ce que tu veux faire Louis ? Si on retourne à Dahram sans avoir honoré notre commande, autant mettre tout de suite la clé sous la porte. Moi je crois qu'on devrait prendre le risque. Après tout ce ne sont que des rumeurs, on est même pas sûr qu'ils sont vraiment la… Et puis en comptant notre escorte, nous sommes tout de même plus de quinze à pouvoir défendre le convoi.

à la dérobée, le rodeur observa les deux hommes qui parlaient. Le dénommé Louis, clairement le plus âgé, avait les tempes grisonnantes et portait une fine moustache. À première vue il devait avoir environ 40 ans. Son interlocuteur, un grand gaillard au regard intelligent, paraissait plus jeune. Tous deux étaient vêtus de tuniques de voyage en peau de daim, un bien clairement luxueux.

Le semi-elfe avala la dernière bouchée de son repas et se dirigea vers leur table.

Excusez-moi messieurs, je n'ai pu m'empêcher d'écouter votre conversation. Je crois comprendre que vous vous rendez à Mertar ? Je me nomme Sildarim et avec mes deux compagnons, nous nous rendons à Kendra Kar. Si cela vous sied, nous serions heureux d'intégrer votre escorte jusqu'à Mertar. Cela rendrait notre voyage plus sûr. Evidemment, nous savons parfaitement nous défendre.

Les humains se tournèrent vers lui et restèrent silencieux un moment, l'observant attentivement. Finalement satisfait de leur impressions, ils répondirent:

Ca pour une coïncidence ! Je me nomme Louis Castella, et ce jeune homme est mon associé Igor Torver. Effectivement, nous nous rendons à Mertar et j'avoue que je trouve votre proposition intéressante. Vous êtes un semi-elfe si je ne m'abuse ? j'ai souvent entendu parler des prouesses martiales de votre race. Cela pourrait s'avérer précieux car depuis quelques semaines, les orcs pullulent dans la région, c'est une véritable fourmilière.

Sildarim sourit devant le compliment, l'homme en face de lui avait un sens de la courtoisie très développé et savait mettre ses interlocuteurs à l'aise.

Et bien, selon moi, les semi-elfes ne sont pas meilleurs combattants que n'importe quelle autre race du continent, mais effectivement je serais heureux de mettre mes talents à votre disposition pour ce voyage.

Donc, vous êtes bien conscient que le trajet restera dangereux, même si vous vous joignez à nous ? De plus nos chariots nous ralentissent et il faudra bien 4 jours pour atteindre la ville. En faisant le trajet seuls, vous pourriez diminuer cette durée de moitié. Délors pardonnez-moi, mais je comprends mal votre motivation à vouloir nous rejoindre.

Et bien mes compagnons et moi sommes sur les routes depuis de nombreux jours et la perspective d'avoir un peu de compagnie et de pouvoir éventuellement passer un peu de temps dans un chariot est intéressante. La durée du trajet n'est pas un problème.

Alors l'affaire est entendue ! Nous levons le camp demain à l'aube. En cas d'attaque, notre escorte actuelle est composée d'une dizaine de mercenaires engagés à Dahram, plus les membres de notre convoi.

C'est parfait. Je vais de ce pas informer mes compagnons. Nous vous retrouverons au lever du soleil sur la place du village. Que la nuit vous soit douce messires.

Le rodeur prit congé et sortit de l'auberge. Il devait trouver ses amis.

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Dernière édition par sildarim le Sam 11 Jan 2014 01:30, édité 4 fois.

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 Sujet du message: Re: Route entre Mertar et Dàrham
MessagePosté: Ven 13 Déc 2013 13:43 
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Cela faisait maintenant trois journées qu'ils avaient quitté Evernee. Bou et Tim n'avaient émis aucune objection à l'idée de voyager en compagnie des marchands.

Le convoi avançait lentement, dans les derniers rayons du soleil disparaissant derrière la montagne, illuminant la région d'une lueur rose-orange. La caravane comprenait cinq chariots et une vingtaine de membres. Louis Castella ouvrait la voie, guidant son attelage d'une main de maître. Le marchand conversait avec Igor qui maintenait une mule à sa hauteur.

Juste derrière, roulait Thorga le vendeur d'arme. C'était un homme immense, roux dont le visage était marqué d'une cicatrice sur la pommette gauche. A ses côtés voyageaient sa femme et ses fils.

L'attelage suivant se distinguait par sa petite taille et son étrangeté. Tiré par deux poneys, on aurait pu le décrire comme un assemblage de ferraille et de tuyaux. C'était l'atelier mobile de Guy Perbor, un alchimiste Sinari. Le personnage n'avait pas grand-chose en commun avec les membres de sa race, à part sa petitesse. Il n'était pas spécialement ventripotent, ne prenait que trois repas par jour, et seulement quand son activité le lui permettait. En plus, il adorait inventer des objets à l'utilité parfois plus que douteuse. On disait cependant qu'il possédait une intelligence supérieure à la moyenne.

Les deux chariots restants appartenaient à des marchands humains qui voyageaient avec leur famille. Sild n'avait cependant pas vraiment eu l'occasion de faire leur connaissance. Quant à l'escorte engagée par les marchands, ils n'avaient pas dû s'échanger plus de trois phrases depuis le début du voyage car les mercenaires préféraient rester dans leur coin, ce qui convenait très bien à Sild et ses amis.

Immobile au sommet d'un à pic rocheux surplombant la passe, le semi elfe, très droit sur son hongre, observait pensivement le coucher de soleil sur les montagnes. Tout était calme aux alentours. On lui avait prêté cette monture pour patrouiller durant son tour de garde. À côté de lui, Bou avait mis pied à terre et examinait le sol, tenant d'une main la bride d'un deuxième cheval. La jeune femme avait troqué sa robe, peu pratique pour la marche, contre une tenue plus adaptée. Elle parla avec agacement, faisant sursauter le rodeur:

SILD tu m'écoutes ? Tu as déjà vu ce genre de traces ? C'est bien celles d'un warg ?

Il la rejoint, s'agenouillant à côté des marques dans la terre.

Je ne crois pas. C'est trop petit et pas assez profond. Je pencherais plutôt pour un simple loup.

Ca date de quand à ton avis ?

Difficile à dire, je dirais 2 ou 3 jours, pas plus. En tout cas ce n'est pas un éclaireur orc, aucune chance.

Mais pourquoi Igor aurait-il prétendu cela alors ?

Je ne sais pas. Il s'est certainement trompé. Très franchement, c'est sûrement un bon marchand, mais à mon avis comme pisteur il ne vaut pas deux clous.

En effet, peu de temps auparavant, Igor avait alarmé toute la caravane en revenant d'une patrouille au triple galop, prétendant avoir aperçu les traces d'un éclaireur orc sur l'éperon au-dessus d'eux. Le marchand avait même exigé que le convoi adopte un placement en cercle pour la nuit, afin de faciliter sa défense.

Quand Sild et son amie rejoignirent le campement, ils trouvèrent Louis Castella, assis près du feu. Tout autour d'eux, plusieurs marchands s'étaient couchés autour du feu pour passer la nuit un peu plus à l'abri du froid. Ils firent part au marchand de leur découverte.

C'est étrange, je connais Igor et ce n'est pas le genre à s'alarmer pour rien. Je pense qu'il vaut mieux qu'on reste en alerte, d'ailleurs j'ai demandé à plusieurs marchands de renforcer notre escorte pour la nuit, juste par sécurité. En tout cas, pour votre part, votre tour de garde touche à sa fin. Vous avez bien mérité une bonne nuit de sommeil tous les deux. Je vous suggère d'aller vous restaurer, puis d'aller dormir. La journée de demain s'annonce longue et difficile. La route descendant vers Mertar est abrupte et dangereuse.

Les deux amis écoutèrent son conseil, bientôt rejoint par Tim. Après leur repas, l'humain les conduisit un peu à l'écart du reste des dormeurs. Bien caché par des fougères, il avait trouvé l'entrée d'une petite caverne ou ils seraient parfaitement à l'abri du vent et du froid, directement à coté des chariots.

Au milieu de la nuit, c'est une sensation de malaise qui réveilla Sildarim. Assoupis à coté de lui, ses deux compagnons dormaient d'un sommeil profond. Sans faire de bruit, il se leva et approcha de l'ouverture de la caverne, jetant un coup d'œil à l'extérieur. Tout était calme. Ne voyant rien de suspect, le semi-elfe allait retourner vers sa couche, quand soudain un détail attira son attention: de cet endroit, il aurait dû apercevoir les gardes surveillant la route descendant vers Mertar, mais il n'y avait personne. Intrigué, il sortit. Quelque chose ne collait pas. Pourquoi les sentinelles avaient enfreint leurs ordres et abandonné leur poste ? Une attaque des orcs ? impossible ces créatures étaient connues pour ne pas faire dans la discrétion. Si le campement avait été attaqué, l'alarme aurait forcément été donnée. De plus en plus interloqué, le rodeur aperçut l'un des mercenaires de garde agenouillé dans l'herbe à 20 mètres de sa position, tenant de masquer sa présence. De quoi se cachait-il ? à première vue tout paraissait calme. A cet instant, les yeux du rodeur se posèrent sur une forme sombre sur le sol à l'orée de son champ de vision. Courbé dans la nuit sombre et aussi discret qu'une souris, il approcha et reconnut immédiatement le cadavre de Thorga, le vendeur d'arme, baignant dans son sang. Avec horreur il découvrit qu'on lui avait tranché la gorge. Le cerveau du rodeur tournait à toute vitesse: Que s'était-il passé ? Pourquoi le garde n'avait-il pas donné l'alarme s'ils avaient été attaqués et que faisait-il à ramper ainsi dans les hautes herbes ?

il n'y avait qu'une seule explication:

(l'attaque n'est pas venue de l'extérieur du campement)

Les derniers événements s'entrechoquaient dans l'esprit du semi-elfe: la soi-disant présence d'un éclaireur orc proche du camp dont ils n'avaient trouvé aucune trace, le placement du convoi en un cercle défensif sans menace apparente, et finalement l'assassinat du forgeron par l'un des mercenaires engagés par Igor, qui rampait maintenant en direction du centre du convoi. Quelque chose de très vilain se préparait, c'était certain.

Se relevant un peu sa vue perçante lui permit de repérer plusieurs autres hommes embusqués autour du campement: les fameux mercenaires étaient tous là.

(Ils sont en embuscade autour du camp !!! A quoi joue donc Igor ?)

En réalité, le rodeur commençait à entrevoir la situation: Igor comptait profiter de l'arrivée imminente du convoi à Mertar pour éliminer l'ensemble de la caravane et s'approprier les biens et marchandises transportés. Pour un seul homme cela représentait une véritable fortune. Si c'était cela, il devait agir au plus vite. Les mercenaires n'allaient pas tarder à se jeter sur le reste des marchands endormis et sans défense. Il fallait donner l'alarme et les réveiller avant que leurs assaillants ne soient sur eux.

C'est alors que le semi-elfe ressentit un picotement sur son poignet droit. Machinalement, il voulu se gratter le bras quand il constata qu'il n'était pas capable d'effectuer le moindre geste. Il était paralysé. Privé d'équilibre, il tomba en arrière et sa tête cogna sur le sol. Deux ombres apparurent alors dans son champ de vision. Le rôdeur se sentit gagné par la terreur à la vue de l'une d'entre elle, mais ce n'est que lorsqu'elle parla qu'il comprit pourquoi:

Bonjour Kenvar. Cela fait bien longtemps que je te cherche.

C'était Lizmyar, et elle avait finalement retrouvé sa trace.

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Dernière édition par sildarim le Sam 11 Jan 2014 01:43, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Route entre Mertar et Dàrham
MessagePosté: Ven 10 Jan 2014 17:39 
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Sildarim sentit qu'on lui liait les mains dans le dos et qu'on le fouillait.

Ou se trouvent ses affaires ? Je vous avais dit qu'il transportait un objet de grande valeur pour moi.

N'ayez aucune inquiétude, prêtresse, nous allons attaquer le camp d'ici un instant. Ses affaires sont là-bas.

Sildarim sursauta violemment. Contre toute attente, c'était la voix de Louis Castella qui venait de résonner. Le marchand nota sa surprise. Il rit doucement et se campa devant le semi-elfe, toujours maintenu par deux combattantes shaakts.

Tu as l'air surpris de me voir, Sildarim. Tu pensais avoir Igor devant toi ? Oui c'est vrai que le campement est actuellement encerclé par ses hommes. Mais comme tous les mercenaires, ils ne servent que celui qui paye le plus. Quant aux traces sur la falaise, c'est moi qui lui ai fait croire que c'était celles d'un warg et l'ai poussé à insister pour mettre le convoi en cercle défensif alors que tout le monde est convaincu qu'il n'y a aucun orc dans les environs.

Je ne comprends pas… qu'avez-vous à gagner de cette mascarade ?

Tout en posant sa question, le rodeur remarqua que les liens de ses poignets semblaient mal serrés. Confiant dans le sortilège de la prêtresse, la shaakt qui avait fait les nœuds ne s'était pas appliquée. Elle devait ignorer que le sort de Lizmyar ne durait que quelques minutes.

Hé bien vois-tu, il y a dans le chargement que nous transportons un diamant d'une valeur inestimable. Une gemme qui, à elle seule, vaut dix fois l'ensemble du convoi. Cette gemme est convoitée par un puissant seigneur de Mertar. Ce fou y accorde tellement d'importance, qu'il a accepté de payer les trois quarts du montant convenu d'avance pour être certain qu'elle lui revienne. Malheureusement ces Torkins ne sont pas stupides. Si je me présente là-bas en disant que nous avons été attaqués et que la gemme a été volée, je ne donne pas cher de ma peau. Par contre si l'un des survivants parvient miraculeusement à s'y rendre et accuse Igor d'avoir attaqué le convoi et volé la pierre, ils ne penseront jamais à me poursuivre. Je pourrai ensuite doubler mon profit en la vendant à un autre acquéreur. C'est pour cette raison que j'ai monté cette mise-en-scène pour que tout l'accuse.

Et elle dans tout cela ?

Par hasard, j'ai rencontré la prêtresse Lizmyar à Dahram. Elle était à la recherche d'un certain semi-elfe en fuite qui allait certainement se rendre à Mertar. J'ai donc accepté de lui prêter mes yeux en échange d'une récompense très généreuse pour toute information menant à ta capture. Et comme tu peux le voir, la chance m'a souri. Le plus ironique c'est que je n'en ai plus besoin car dans un mois, je serai le commerçant le plus riche de la contrée…

Il ne finit pas sa phrase car Sild lui avait brutalement envoyé son genou dans l'entrejambe. Le traitre s'écroula en gémissant.

Tu pourras t'acheter une nouvelle virilité avec tout cet argent, ordure !!

TSSTSS Kenvar, tu as toujours besoin d'être éduqué on dirait. Je m'en réjouis d'avance, mon amour. Humain, si vous avez fini vos pitreries, vous pourriez peut-être ordonner l'assaut et récupérer ce que je vous ai demandé ?

Tant bien que mal, le marchand se releva et fit un signe à ses hommes. Le rodeur les vit se mouvoir en rampant sur le sol, ils n'étaient qu'à une dizaine de mètres des marchands endormis. C'est à cet instant que le semi-elfe profita d'une inattention de la prêtresse pour se libérer de ses liens et de son bâillon, courant à toutes jambes en direction du camp.

ALERTE, REVEILLEZ-VOUS, ALERTE !!!!

Le rodeur esquiva l'attaque d'un mercenaire et se précipita vers les chariots. Plusieurs marchands venaient d'émerger du sommeil et s'étaient saisis de leurs armes. Juste à temps pour contenir le premier assaut des traitres. Il s'ensuivit une violente mélée. Rejoints par Lizmyar et ses gardes du corps, la lutte ne tarda pas à pencher en faveur des assaillants, meilleurs combattants que les marchands. L'arrivée de Tim et Bou n'y changea pas grand-chose. Sildarim vit Igor s'écrouler, une méchante blessure au flanc.

Le rodeur qui avait récupéré des armes sur un cadavre proche combattait deux mercenaires quand soudain il aperçut Bou, à genou. La jeune femme avait lâché son arme et se tenait la tête. Elle avait manifestement reçu un coup et était sans défense face à son adversaire qui appliqua sa lame sur sa gorge.

Le rodeur poussa un cri de rage, bouscula ses adversaires et fonça en direction de son amie. Il savait cependant qu'il n'arriverait jamais à temps pour la sauver. Il vit une perle de sang goutter de son cou. C'est alors que comme au ralenti, une flèche sombre vint se planter dans le crâne du tueur qui lâcha son arme. Sild constata avec soulagement que la blessure de la jeune femme était superficielle. Une deuxième flèche transperça le cœur d'un marchand qui tentait de fuir non loin de lui. Le rodeur se jeta au sol tandis que les mercenaires qu'il combattait un instant plus tôt s'écroulaient à leur tour. Relevant la tête, il aperçut une vingtaine de silhouettes venant de la route en direction de Dahram. Il reconnut immédiatement l'uniforme de la confrérie Nal Hakeb. Ils fonçaient droit sur sa position, aucun doute, il était repéré.

(décidément, c'est la grande soirée des retrouvailles)

La confrérie en avait après lui, il devait donc les attirer loin du campement, c'était la seule manière de protéger ses amis.

Avisant son sac, abandonné à quelques mètres, il s'en saisit et se précipita en direction du versant de la montagne menant à Mertar. Plusieurs flèches volèrent autour de lui, mais aucune ne l'atteint. Il nota cependant avec satisfaction que le groupe se lançait à sa poursuite et se détournait du campement, tandis que les derniers mercenaires fuyaient vers les montagnes en se faisant tailler en pièce par les marchands. L'attaque de la confrérie avait au moins eu le mérite de sauver définitivement le convoi.

Il fonça en direction d'un bosquet proche. Les bois lui offriraient un double avantage car ils représentaient un raccourci, la piste obliquant vers l'ouest pour les contourner et permettraient à l'agile rodeur de facilement semer ses poursuivants. Il pénétra entre les arbres touffus.

L'orée de la forêt n'était plus très éloignée quand soudain quelqu'un lui sauta dessus par derrière. catapulté dans les hautes herbes, il tentait de se relever quand un lourd fardeau le plaqua définitivement au sol. Peniblement il tourna la tête et vit qu'il avait affaire à une shaakt, l'une des suivantes de Lizmyar. Immobilisé sous la guerrière, il voulut tirer son arme, mais elle l'en empêcha. Tandis qu'il essayait de se débattre, elle lui attrapa fermement la nuque et posa une main sur la bouche pour l'empêcher d'émettre le moindre son, chuchotant à son oreille:

Cesse de gigoter, imbécile, tu vas nous faire repérer. Un 2ème groupe de tueurs surveille la piste, juste au sud de notre position. Si je ne t'avais pas arrêté tu te serais directement jeté entre leurs griffes. Ils te cherchent.

En effet, tout autour d'eux, par le nord et le sud, des bruits de pas se faisaient entendre. Heureusement les hautes herbes les cachaient bien. Sild cessa de lutter et fit un geste à la shaakt pour lui faire comprendre qu'elle pouvait le relâcher. Elle s'écarta et lui fit signe de le suivre. Le semi-elfe était perplexe, cette shaakt lui évoquait quelqu'un, mais il n'arrivait pas à saisir qui. Elle le conduisit vers le sud-est en en large détour pour éviter la route. Finalement ils se relevèrent. Au loin se profilaient les montagnes abritant Mertar.

Avant d'aller plus loin, j'aimerais comprendre quels buts tu poursuis. C'est toi qui a mal fait les nœuds qui me retenaient tout à l'heure ? Tu voulais que je m'échappe… pourquoi trahis-tu ta maîtresse ainsi ?

Elle n'est pas ma maîtresse. Lizmyar ne constituait qu'un moyen de te retrouver, grâce à la marque qui te lie à elle. La vérité c'est que nous cherchons la même chose: retrouver ton mentor.

Jonweld ? Quel rapport avec toi ?

La shaakt leva alors la main, et retira l'anneau à son majeur. Immédiatement son teint changea et ses traits se modifièrent légèrement. Sildarim ne put retenir une expression de surprise, il avait maintenant devant-lui une elfe verte qui lui souriait.

Une babiole bien utile cet anneau. Et... Merci de m'avoir sauvé la vie à Hidirain ! Dit Miradlis.

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 Sujet du message: Re: Route entre Mertar et Dàrham
MessagePosté: Mer 24 Juin 2015 18:45 
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Introduction


(((Quelques heures après avoir fait ses adieux à son père et à ses amis.)))


"Bon ! Il est temps que je m'active sinon je ne vais jamais arriver à franchir le torrent avant la nuit."

Je suis décidé à arriver à Dàrham le plus tôt possible. Mais je sais pertinemment qu'un accident est vite arrivé en ces terres abandonnées. Embuscade de gobelins, chute de rochers, crevasse, la liste est longue... Je dois impérativement agir prudemment tout en conservant un rythme de marche correct.

Le vent se lève à l'horizon, des nuages noirs apparaissent. Je remarque que les oiseaux partent à toute allure vers le nord, comme effrayés par la tempête qui approche.

( Je vais peut-être devoir rebrousser chemin... Non ! Pas question. Comment père va-t-il m'accueillir si je rentre la queue entre les jambes pour une simple tempête ? )

Je mets de côté mes appréhensions et d'un pas décidé je continue de marcher vers le nord. Après quelques heures, je vois apparaître le torrent qu'il me faut traverser. Un vestige de pont le surmonte encore et, ne voulant pas être trempé avant de dormir, je l'escalade à moitié pour finalement arriver de l'autre côté. Tout fatigué que je suis, je ne suis pas assez courageux pour aller plus loin mais pourtant...

La tempête prend de l'ampleur, c'est de plus en plus dangereux, une pluie drue commence à tomber et le vent me fouette le visage. Si je m'endors sans être à l'abri, qui sait ce qu'il adviendra de moi ? Puisant dans mes dernières ressources, je pars à la recherche d'un abri, dusse t-il être précaire je n'en ai cure, c'est forcement mieux que de dormir face contre terre.
Un peu plus loin, j'aperçois une petite niche creusée à même la paroi de la montagne. Je dois me tasser mais au moins pour un temps je suis à l'abri du vent et des intempéries.

(((Le lendemain matin.)))


La tempête est passée, un grand ciel bleu m'accueille en cette superbe matinée. Je sors de mon paquetage un peu de viande séchée pour reprendre des forces et continue à marcher en direction de Dàrham.

Après quelques nouvelles heures de marche, alors que la plaine s'offre mes yeux, je fais une rencontre singulière. Un homme s'approche de moi en claudiquant.
Tout à coup sur mes gardes, je l'observe avec prudence. Sa main droite est zébrée de cicatrices et enserre une cane en bois noueux, alors que sa main gauche commence à se lever en guise de salut.

"Bien le bonjour maître Thorkin. Que fait donc un représentant de votre race en dehors de sa montagne ?"

(Mais qu'est-ce qu'il veut..? Me voler ? Me tuer et me laisser sur le bas côté de la route ? )

"J'ai envie de voir du pays."

((( D'ordinaire très amical et ouvert , Korben préfère se méfier des inconnus qu'il est amené à rencontrer sur la route.)))

"Vous n'avez pas l'air très causant. Quelque chose vous tracasse ?"


"Mais mêler vous d'vos miches ! Je ne connais même pas votre nom. Et que me voulez vous d'abord ?"


"Et bien...Pour parler franchement, j'ai espoir que vous ayez en votre possession un petit peu de nourriture que vous seriez prêt à me donner car j'ai très faim..."


Un brusque courant d'air écarte l'un des pans de la tunique usée de l'inconnu et dévoila le moignon qui par le passé faisait office de jambe gauche. A la vue de ce spectacle, le sang de Korben ne fait qu'un tour.

"Je...Je... J'dois y aller ! Dé.. Désolé !" s'exclame t-il à demi retourné alors qu'il court aussi vite que ses courtes jambes lui permettent vers le nord.

(Mais c'est pas vrai ! Pourquoi ma première rencontre se déroule t-elle ainsi ?! Il peut pas avoir deux jambes comme tout le monde !? )


Après un long moment course affolée, je commence à avoir un point de côté, je ralntis un peu le rythme. Au final cette rencontre infortune m'a permise de gagner beaucoup de temps. Au loin se dessine la cité de Dàrham... J'entame la dernière portion de route qui me sépare de la ville en chantant des chansons naines. Une me reviens toujours. Mon père la chantait presque tous les soirs :

Voici l'histoire d'un nain capable
De courir vite, et de voyager loin
Dans son épopée formidable
Nous le suivrons une bière a la main

{Refrain}
Nous sommes les nains sur la montagne
On creuse le jour, on boit la nuit
Et on aime pas ceux de la montagne

Un jour mon ancêtre Gurdil
Fut envoyé creusé dans la forêt
Y'avais soit disant du mithril
Si y en avait on sait pas ou y s'trouvait.

Il fit sa cabane en bordure d'un bois touffu peuplé d'elfes sylvains
Des gens qui bouffent de la verdure
Evidemment ça fait pas de bon voisins.

{Refrain}
Nous sommes les nains sur la montagne
On creuse le jour, on boit la nuit
Et on aime pas ceux de la montagne

"Arrière! Tu n'es pas bien venu!"
Lui dirent les elfes, en lui jetant des pierres.
Voyant que tout était foutu.
Il prit la fuite en suivant la rivière.

Il fut recueilli par des fées
Ondines bleues bullants sur le rivage
De l'eau de pluie lui fut donnée.
Il recracha -Pouah- tout dans leur visage

{Refrain}
Nous sommes les nains sur la montagne
On creuse le jour, on boit la nuit
Et on aime pas ceux de la montagne

Gurdil, traversant les fougères
Il arriva près d'un village humain
Bien sur, qu'on y vendait d'la bière.
Mais aucun homme ne voulait servir un nain.

Gurdil, massacra le patron
D'une taverne, a coups de tabourets
Puis il rentra a la maison
Et de la mine il ne ressortit jamais.

{Refrain}
Nous sommes les nains sur la montagne
On creuse le jour, on boit la nuit
Et on aime pas ceux de la montagne

Amis restons bien a l'abris
Mangeons buvons dans nos maisons de pierres
La haut, c'est peuplé d'abrutis
Aller patron ressert donc une bière.

(Source : Mon Ancêtre Gurdil de Pen Of Chaos. )

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Dernière édition par Korben Bière Brisée le Sam 1 Aoû 2015 22:23, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Route entre Mertar et Dàrham
MessagePosté: Jeu 30 Juil 2015 05:09 
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Je regarde la position du soleil dans le ciel, il ne va pas tarder à faire nuit. Le vent se lève brusquement, des grondements lointains se font entendre, peut-être un orage qui approche. Les branches des arbres qui encadrent le chemin de terre semblent s’animer tout autour de moi. Je suis pris d’un léger frisson, la zone à traverser est marécageuse et est immense, s’il faut en plus effectuer ce périple avec le semi-elfe comme fardeau et un orage je crains le pire. Mais qu’importe étant donné qu’à la clef un trésor m’attend.
Peu à peu, le sol devient vaseux, nous entrons réellement dans le marécage. C’est un spectacle de désolation qui s’offre à nous. Un lieu d’effroi, tout y est plus ou moins mort. Mais pourtant je ne perds pas espoir, il me suffit de regarder vers le sud, les montagnes qui m’ont vu grandir, mon foyer… Je ressens un léger pincement au cœur, j’ai hâte de revenir avec ces promesses de richesses.

« Bon aller magne toi l’semi-elfe, on a de la route et j’ai l’impression qu’un orage vient vers nous. »

Il me dit qu’il me faut être plus patient avec lui. Mais ce n’est pas avec de la patience qu’on va arriver rapidement à destination alors je continue de le brusquer et pour l’impressionner je sors ma hache et le menace avec.

« Souffre en silence et marche ! J’te dis qu’on a de la route… Et pas la peine de lever les yeux au ciel comme ça j’ai bien compris que t’es pas content. Mais va falloir t’habituer nah ! »

(Décidemment c’bien un elfe. Aussi geignard et maigre que ceux que m’décrivait mon paternel.)

Mes bottes s’enfoncent plus profondément à chacun de mes pas, ce marécage est un vrai supplice. Je commence à haleter, le visage rouge de l’effort que je dois fournir pour avancer, pas à pas. Ma cotte de maille et mon embonpoint n’arrange rien… Il est certain que pour l’semi-elfe tout est plus simple avec son poids plume. Je le vois d’ailleurs me regarder et glousser en silence.

(Encore une raison d’pas l’aimer tient. En plus il n’avait même pas d’bière quoi… Rahh qu’est-ce que j’donnerais pour une bière, avec sa mousse blanche et crémeuse, sa belle couleur ambre…)

Remotivé à l’idée de boire une bière, je prends sur moi et continue d’avancer tant bien que mal. Le sol est traitre, il y a des endroits creusés naturellement, et là me vient une idée de vengeance. Le semi-elfe qui est si fier de lui n’va surement pas aimer tomber dans ce marécage. Je commence à rire dans ma barbe en m’imaginant sa réaction : Ses yeux me lançant des éclairs et prêt à sortir de leurs orbites, la veine au niveau de sa tempe qui gonfle inexorablement. Ah il est bon de trouver des petits réconforts dans la vie de tous les jours. Le semi-elfe se met à observer quelque chose, il me tourne le dos.

(Parfait…)

Je crie un grand : « Oups ! » Tout en le poussant de mes deux paumes vers l’avant, ne s’y attendant pas, il ne résiste guère, pousse un hurlement et tombe la tête la première dans la tourbière.
J’ai un énorme fou rire, je me tiens les côtes, n’en pouvant plus.

(Aha ! Je n’ai pas rigolé autant depuis la chute de ma tante.)

Le semi-elfe se retourne, il est trempé, sale, et dorénavant, une horrible odeur se dégage de lui. Il darde son regard furieux sur moi et peste à propos des nains. Puis il me crie dessus et m’insulte d’idiot de nain sans morale. A ces mots, je n’arrive pas à me contrôler et je repars pour une crise de fou rire.

« Moi au moins je suis sec ! » Lui dis-je pour l’énerver davantage

Quand il entend ça, une expression funeste se peint sur le visage de Daemon, sa bouche se crispe et quand je vois ça je n’arrive toujours pas à me contenir, je rigole de nouveau à gorge déployée. Mais un événement va venir jouer le trouble-fête. Un trait de lumière aveuglant dans le ciel , puis un bruit assourdissant. Oh rage, oh désespoir, pourquoi t'acharner contre moi ! La pluie commence à tomber, les gouttes ruissellent entre les poils de ma barbe et de mes cheveux.

(Je vais encore devoir lisser ma barbe avec cette maudite pluie…)

J’entends le semi-elfe se moquer de moi, je n’ai même plus le courage de répliquer, trop occupé à maudire la pluie qui s’abat sur moi. Elle devient d’ailleurs de plus en plus forte cette pluie. Si je rajoute à cela le fait que le soleil se soit couché, et qu’on n’y voit plus grand-chose, cette expédition tourne au cauchemar… Un cauchemar en compagnie d’un elfe en plus.
Pour une fois nous sommes d’accord, il est tard, nous sommes trempés, et il commence à faire froid avec tout ce vent. Mais alors que nous avions le moral dans les chaussettes, j’entends Daemon crier :

« De la lumière, là-bas ! »

(Raahh, je suis trop petit pour voir la lumière dont il m’cause, essayons de sauter pour voir.)

Je commence à sauter pour apercevoir cette lueur d’espoir mais rien n’à faire je n’y parviens pas. Je décide donc de courir sur le chemin vers cette prétendue lumière pour finalement distinguer un pont en bois dominant la rivière. Il est branlant, un craquement sinistre se fait entendre quand je le traverse à toute allure. Un peu plus loin, se profile la forme d’un petit village monté sur des pilotis. Je cherche des yeux ce qui devrait, dans ce trou à rat, correspondre à l’auberge, mon nez s’ouvre et se met à flairer une quelconque odeur d’alcool. Là ! La grosse bâtisse, c’est elle, c’est certain ! Mes mains tremblent, enfin j’allais avoir le droit de me reposer, de boire ma bière au chaud et à l’abri des intempéries. Je cours encore plus vite et entre rapidement à l’intérieur du bâtiment.

A peine entré, je sens les effluves de la bière, retrouve l’atmosphère typique des tavernes. Je ne prends pas même le temps de bien choisir ma place, ou de regarder en détail la décoration, tout ce qui m'importe c'est ma gorge sèche ! je salue les autres clients et crie au tavernier avec un sourire :

« Une Bièère ! » avant d'aller m'accouder au bar

Les autres piliers de taverne me regardent tous, étonnés, ils n’ont pas dû voir beaucoup de nains. Le tavernier me sert ma bière que j’attrape aussitôt. Je bois tout d’une traite, de la mousse et de la bière commencent à couler le long de ma barbe, et s’infiltrent dedans. Je repose mon verre, lâche un rôt retentissant et regarde les autres habitués. Ce sont des pécheurs pour la plupart, l’odeur qu’ils dégagent est forte mais celle de la bière l’est encore plus et reste dominante ici. Un des hommes assis près de moi n’a pas l’air commode. Il est maigre et sec, sa peau est constellée de traces qui se détachent sur sa peau pale. Son regard agressif en dit long, il ne doit pas aimer les étrangers. Il continue de me fixer tout en lissant sa moustache noire avec sa main droite, l’autre tenant son verre. C’est seulement après un moment que je remarque qu’il n’a plus qu’un œil, il n’y a plus qu’une orbite vide là où se trouvait le deuxième. Son nez est tordu, sûrement un habitué des bagarres. Il finit par cracher par terre en me dévisageant et quitte la taverne. A ce moment le semi-elfe entre et vient s’asseoir à mes côtés.

(Bon il serait préférable de calmer les tensions, j’ai aucune envie d’me retrouver à dormir dehors avec ce temps.)

Je monte sur le comptoir et crie : « Tournée générale pour tous ! Et que ça saute bwahaha ! » Tout autour de moi, les visages s’éclairent, un des pécheurs m’donne une claque amicale dans le dos et crie que le premier à chercher des ennuis à son ami l’nain aurait d’abord affaire à lui.
Cinq bières plus tard…

« Eh…euh.. Où j’en étais ? » Demandais-je en n’écoutant pas la réponse, passant déjà à autre chose

Un pécheur commence à me défier, il mise sur le fait que je ne serais jamais capable de boire dix bières à la suite. Je jubile intérieurement, si je gagne il m’assure payer toutes mes dépenses ici, et si je perds, ce qui n’arrivera pas, je devrais payer ses dettes accumulées auprès du tenancier depuis plusieurs années.
« Dix bi..Biè..Binouze ? Quand tu veux j’te les boiiis ! Aller qu’on m’ramène mes bières !!! »

Ouvrant grand la bouche, je laisse s’écouler le divin breuvage directement dans ma gorge, je refis le même geste cinq fois de suite. Arrivé à la septième bière, je commence à vaciller, mais rien ne peut empêcher un nain de boire ses bières, je continue de boire, lâche un énorme rôt et me tape sur les pectoraux.

« Qui c’est l’chef merde, hein.. ? C’est moi le…» Je ne parviens pas à finir ma phrase et sens mon corps basculer vers le bas. Je tombe lourdement, gémit, et me met à genoux. Je reprends mon souffle doucement et me rassois pour constater que l’elfe est partit.

(Tant mieux ça va m’faire des vacances.)

Je commande une nouvelle bière, et cette fois, je la savoure lentement. Quand tout d’un coup, je sens un liquide couler le long de ma cuisse, je crois voir du sang, mon esprit n’est pas clair, j’ai peut-être trop bu, ou alors j’ai été attaqué et empoisonné. Je ne sais plus quoi penser, ma vue se trouble, je cherche le coupable, le voilà qui s’écarte rapidement.

« A l’assassin ! »
Voilà ce que je crois hurler, mais tout ce sort de ma bouche est simplement un flot d’inepties. Je me précipite sur lui, encore une fois la vérité est tout autre, je m’affale la tête la première par terre. Le pécheur qui m’avait précédemment juré qu’il me protégerait se penche vers moi. Je l’entends crier, je commence à m’adosser au comptoir, j’ai la tête qui tourne… Le pécheur donc, hurle qu’il ne fallait pas s’en prendre à son ami nain, il se saisit d’une chaise, regarde un des clients, il n’est même pas sûr qu’il s’agisse du prétendu agresseur de son ami Korben mais son cerveau embrumé par l’alcool ne parvient pas à trancher, il lui assène un coup de chaise dans le dos et un craquement se fait entendre ! La chaise brisée, on entend le tavernier crier qu’il va falloir la lui rembourser. Puis, en un instant, c’est le bordel ! Je me relève tant bien que mal, grimpe sur le comptoir, et saute dans la mêlée en criant : « Baaastooon !!! »

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 Sujet du message: Re: Route entre Mertar et Dàrham
MessagePosté: Jeu 30 Juil 2015 15:46 
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Un gros écureuil...

Daemon et Korben marchent depuis l'aube toujours plus au sud. Les voici à présent dans une immense zone de marais. Le paysage sans relief s'étend à perte de vue, dominé par les silhouettes imposantes des montagnes Thorkines. Les sommets visibles peu avant, sont à présent happés par une masse sombre et menaçante. Tandis qu'un vent puissant se lève, le crépuscule commence à pointer le bout de son nez, inondant l'ouest de couleurs rosées.

La route n'est pas très constante, elle serpente entre les points d'eau, disparaissant en certains endroits. Daemon tremble de la tête aux pieds et affiche un visage pâle creusé de cernes noirs. La journée de marche n'a pas été de tout repos, le nain avance à un sacré rythme. Il ne semble pas s'essouffler et passe même tout son temps à beugler pour un oui ou pour un non.

Ils arrivent à présent dans une zone marécageuse plus dense, des arbres morts ponctuent la végétation foisonnante au bord des tourbières, la route se fait boueuse et Korben semble commencer à s'embourber. Il perd patience :

« Bon aller magne-toi l’semi-elfe, on a de la route et j’ai l’impression qu’un orage vient vers nous. »

Facile à dire, Daemon est épuisé et sa blessure le gêne affreusement. Ce vent de face n'arrange pas les choses, il semble se glisser sournoisement sous tous ses vêtements, le glaçant jusqu'au os.

« Essaye de m'attendre un peu, je t'en prie ! Tu avances beaucoup trop vite. »

Le nain agacé de se débattre dans la boue, se retourne et le menace en brandissant sa hache.

« Souffre en silence et marche ! J’te dis qu’on a de la route… »

Daemon lève les yeux au ciel désespéré, priant pour que Phaïtos ou Thimoros le foudroient sur place.

« Et pas la peine de lever les yeux au ciel comme ça, j’ai bien compris que t’es pas content. Mais va falloir t’habituer nah ! »

Profitant de l'enlisement du nain, Daemon souffle un peu, s'emmitoufle dans son grand manteau noir et reprend la route. Tandis que Korben stagne, Daemon le dépasse sans être entravé. Le col de son manteau dissimulant son visage jusqu'aux yeux, il lui adresse un regard et émet un petit pouffement en le voyant à présent rouge et fulminant.

Content d'avoir pu fermer le clapet de la demi-portion, Daemon s'arrête au bord d'une tourbière afin de mieux l'examiner. Il croit distinguer au fond de ses eaux saumâtres un crâne... Il s'approche, se penche légèrement et en effet, la dépouille d'un pauvre bougre stagne ici. Des armes rouillées sont encastrées entre ses cotes, et des petits poissons semblent s'être installés dans sa boîte crânienne. Ils entrent et sortent des orbites, en se touchant les flancs de manière amoureuse. Sa contemplation est interrompue par un petit ricanement, un coup brutal lui fait perdre l'équilibre, pour finir dans un grand plouf.

Le nain hurle de rire sur la berge, il émet de grands bruits nasaux et se tient le ventre. Trempé et humilié, Daemon se retourne pour lui adresser un regard furieux... Vexé, il s'extirpe de l'eau pour déclarer :

« Idiot de nain ! Vous-êtes infâmes ! »

A ses mots le nain redouble d'hilarité, Daemon l'aurait bien frappé, mais si il prend la mouche...

« Moi au moins je suis sec ! »

Et le voici repartit à rire, il a même le hoquet à force. C'est alors qu'une intense lumière les éblouit, quelques secondes après, un grondement signale le début d'une pluie torrentielle. Korben a cessé de rire, affichant une moue blasée au milieu de sa barbe et ses cheveux roux trempés. C'est à présent Daemon qui rigole à gorge déployée en le pointant du doigt.

(Merci Phaïtos!)

La pluie battante les forces à accélérer le pas, les belles couleurs du soir ont laissé place à l'obscurité. A présent le chemin est difficile à suivre, Daemon manque plusieurs fois de chuter à nouveau dans un plan d'eau. Le bruit de la pluie sur la végétation camoufle les jurons du nain qui ne sait plus où se mettre. Les voici dans de beaux draps. Daemon est à bout, il n'aurait pas dû solliciter les dieux pour clouer le bec du nain, il se dit d'ailleurs que Thimoros a répondu.

Le froid commence à s'installer, intégralement trempé, Daemon désespère pour enfin apercevoir une lueur entre les roseaux. Il doute un instant, mais il la distingue de nouveau au milieu des ténèbres et du chaos.

« De la lumière, là-bas ! »

Korben n'ayant pas la hauteur requise pour l'apercevoir, commence à sautiller et beugler. Sans perdre de temps, ils se précipitent sur le chemin pour enfin découvrir un petit pont en bois surplombant une douve. Au-delà, la silhouette d'un village se dessine, une dizaine de masures s'étendent au bord de l'eau. De la lumière s'échappe de deux d'entre elles, Daemon invite le nain à se diriger vers la plus massive, avant de constater qu'il galope déjà vers les bâtiments.

Il le rejoint et constate plusieurs barques amarrées à un ponton. En effet, la ville est entièrement bâtie sur pilotis. Arrivé à la première demeure, un pont rejoint la seconde et ainsi de suite. Le nain sautille sur les passerelles pour enfin s'engouffrer dans ce qui semble être l'auberge. Daemon ne prend pas le temps d'observer le village plus en détail et rejoint son compagnon.

Une fois la porte passé, une dizaine de personnes l'observent. Daemon affiche un air gêné, alors qu'une grande flaque d'eau s'étend à ses pieds. Korben n'a pas perdu de temps, déjà au comptoir avec une choppe à la main. En saluant brièvement l'assemblée, qui semble essentiellement composée de pêcheurs autochtones, Daemon s'assied à coté du nain et réclame une chambre et un bain. Le tenancier lui indique qu'il va devoir attendre un peu pour un bain chaud, alors Daemon commande une bière, tout comme Korben ayant déjà vidé sa première.

(Il n'avait qu'une minute d'avance, ce goinfre!)

Korben interrompt l'hôte dans son service, et se dandine pour monter sur le comptoir. L'attention de la pièce se concentre sur lui, qui dans un grand geste glorieux annonce :

« Tournée générale pour tous ! Et que ça saute bwahaha ! »

Cris de joies et acclamations, autant dire qu'il a réussi son coup, car les pêcheurs qui affichaient une attitude froide sont à présent levés et trinquent à sa santé. Daemon assiste à la scène en riant paisiblement. Il constate que Korben est dans son élément, lui qui est insupportable depuis sa rencontre. Il se plaît à l'observer faire des pitreries pour amuser la galerie.

Alors que les verres s'enchaînent, Korben commence un défi avec un pêcheur. Boire dix bières à la suite... A ce moment le tenancier signale à Daemon que son bain est coulé. Il s'extirpe discrètement de la pièce tandis que les encouragements envers Korben font rage.

Un escalier de planches trouées l'amène à l'étage, il y découvre une petite chambre composée d'un hamac, un semblant de meubles, une bassine d'eau chaude, un bac, ainsi qu'une fenêtre. Un vrai luxe ! Daemon retire directement tous ses vêtements et verse l'eau bouillante.

Quel plaisir, il n'aurait jamais crus finir sa soirée dans un tel confort. Il s'immerge, pour ensuite s'asseoir confortablement. Alors qu'il s'apaise, des hurlements proviennent d'en bas, suivit d'un bruit de chaise brisée.

(Surement Korben qui fait des siennes... M'enfin... Je n'ai plus la force de me soucier de ça.)

Il se demande ensuite si ils ne sont pas égarés, car il n'a aucun souvenir d'un village sur pilotis lors de ses vagabondages dans la région. Son village natal lui manque, Korben acceptera-t-il un détour pour assouvir sa nostalgie?

A présent des bruits jovials remontent de la taverne.

(Décidément...)

Une fois l'eau refroidie, Daemon étend ses vêtements et s'installe dans le hamac. Les bruits festifs et la pluie fouettant le toit n'entravent en rien sa somnolence, qui se transforme rapidement en un lourd sommeil sans rêves.

Eau calme

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Dernière édition par Daemon le Dim 27 Sep 2015 17:16, édité 6 fois.

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 Sujet du message: Re: Route entre Mertar et Dàrham
MessagePosté: Ven 31 Juil 2015 13:35 
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La bagarre avait eu raison de la plupart des clients, qui sans demander leur reste étaient rentré chez eux. Seul les plus braves étaient encore débout... Mon frère de bière et moi.

« Je te répète que le monstre géant n'est pas dans ton lac! Il est dans ma montagne ! » Dis-je avec conviction

Mon ami de beuverie me regarde, il donne un coup de poing sur le comptoir, manque de perdre l'équilibre et pointe un doigt vers moi.

« Mais je te juuuuure que je l'ai vu ! Merde, si même toi, copain… Pas m'croire... va le monde ? »

« Mais puisque j'te dis qu'l'est dans ma montagne ! Peut pas se dédou..doubler..Ou alors il a un… jumeau maléfique ! Oui c’est logique ! Non ? Rahh sais plus.» dis-je en me prenant la tête des deux mains

« Mais peut-être qu’on parle pas du même…Toi tu m’causes d’un monstre de montagne, et moi d’un d’lac, c’est… Heu.. C’est pô pareil ! » Me dit-il en secouant son verre de droite à gauche

« Bah il est comment ton monstre ? » je lui demande d’un air curieux

« Pire que ma femme le matin au réveil » dit-il en s'esclaffant

Nous nous regardons, puis nous rigolons de concert. Mon camarade de beuverie en a les larmes aux yeux et m’sort :

« Et le pire c’est que c’est vrai ! »

De nouveau, nous éclatons de rire, tout en tapant de nos poings sur le comptoir en bois, qui est d’ailleurs, le temps d’une soirée, devenu le lit d’un des clients n’ayant pas trouvé la force de rentrer chez lui.

« Non mais écouute !» Me beugle-t-il

« Il est immense, sa tête n’est qu’une masse grotesque de tentacules… Son corps est écailleux, et il possède de terribles griffes aux pattes postérieures et antérieures. Dans son dos, il a de longues et étroites ailes noires. »

« Faut tu…. Faut tu m’montres ça ! Au galop ! »

« Bah monte sur mon dos j’serais ton fidèle destrier hi haaaan ! »

Je grimpe tant que bien que mal sur le comptoir, je me sens invincible, d’un bond je tente de sauter sur le dos de mon camarade mais hélas; je me rétame sur le sol de manière grotesque. Ne perdant pas mon entrain, je grimpe de nouveau sur le comptoir, demande à mon compagnon de s’approcher et m’installe sur son dos de façon précaire, les deux mains posées sur ses épaules.

« En route !»

Mon destrier temporaire imite le hennissement du cheval et commence à courir. . J’ai gardé dans ma main une des choppes de la taverne. Elle est depuis longtemps vide, mais il est hors de question de la lâcher, c’est un trophée ! J’suis remué, l’impression d’être sur bateau voguant sur une mer déchainée, alors je crie tout ce qui m’passe par la tête histoire d’oublier c’bateau.

« L’homme alla voir une fille de joie ! Il lui demanda : Combien pour une nuit avec.. .Mooiiiii !? Tout dépendra de la taille de ton engin ! Il lui montra et lui dit… Bordel j’suis pas un foutu nain !

Le spectacle de cette course est des plus ridicules. Un homme ivre, qui court en tenant à peine sur ses jambes, et qui zigzag dangereusement avec sur son dos un nain qui crie à tue-tête des insanités sans queue ni tête.

L’homme d’un coup sec, s’arrête, je perds l’équilibre et m’étale par terre.

« Aaaah, Mais, pouvais pas prévenir bon saaang ? »

« Désolé… » Qu’il me dit, tout en se tenant le ventre.

« J’crois que l’heure est venue …Faut vidanger… »

Il commence à vomir devant moi, éclaboussant au passage mes chaussures...

(Même pas capable d’se retenir… Ahahaha ! )

« Bon.. Et ton..Monstre ? Où qu’il est ?! » Lui dis-je en beuglant

« Je te l’ai diiit ! C’est un monstre de montagne… Heu de lac… Il vit dans la flotte, va falloir prendre ma barque. Et.. pas de bruit on va passer devant chez moi… Si l’autre s’réveille elle va m’faire un scandale. » Dit-il en agitant les bras, et en me montrant la direction à prendre

« Le monstre ? »

« Nooon crétin ! Ma régulière… L’est chiante en c’moment. »

« Ah d’accord… » Que je lui réponds en souriant bêtement

Il continue d’avancer, cette fois je déambule à côté de lui. Nous arrivons devant une des petites maisons avec une barque attachée devant. J'essaye de me faire discret quand je l'entends hurler : "Voilà c'est ma piauule!". Je commence à rire en lui demandant si le projet initial n'était pas de se montrer discret. Il me répond toujours à haute voix "Si si chuuutt, va pas réveiller ma régulière ! ».
Il continue de parler fort, si fort… Je tente de le faire taire mais cet imbécile n’arrive plus à s’arrêter.
« Tu verras le monstre… Gigantesque ! Capable de te… »

Il est interrompu par un grincement. Ce grincement il ne le connait que trop bien, c’est celui de sa porte qui s’ouvre, il n’a jamais trouvé le temps de la huiler comme il faut. Une tête hirsute dépasse du seuil de la porte. Ce qui m’est donné à contempler n’est pas beau à voir : Les cheveux en bataille, des yeux à moitié fermé, un nez étrangement pointu et les oreilles décollées.

(Sans doute sa femme…)

Lentement, elle sort, et vient se poster devant son homme les mains posées sur ses hanches. Elle est vêtue légèrement, une petite robe qui laisse ses jambes exposées. Sur ses épaules est posé un châle qui a été tricoté sommairement, je peux y voir plusieurs trous.

« J’attends une explication ! Tu devais rentrer tôt, et voilà que tu débarques en plein milieu de la nuit, complétement saoul, tu fais énormément de bruits, et en plus tu es accompagné d’un sinaris qui n’a pas l’air frais non plus. »

« Chériiiie ! N’insulte pas mon ami… »

« Oui je suis un nain Madame ! Pas un Sinaris » Crache le mot « Sinaris » avec dégout

« Peu importe ! Geralt, tu vas dire au revoir à ton ami et le laisser sur la rive, puis rentrer avec moi à la maison. » Dit-elle d’un ton autoritaire qui ne souffrait d’aucune réplique

« Maiiis…T’rends pas compte… Dois lui montrer l’monstre ! » Répond Geralt d’un ton suppliant

« On en a déjà un devant nous bwahahaha ! »

(Oups...Je l’ai dit à haute voix ?)

« Pardon.. ? J’ai bien entendu !? » Crie-t-elle, son visage rouge de colère

« L’est temps de s’éclipser… Cours derrière moi. » Me chuchote Geralt

Il se retourne d’un coup sec, manque de basculer dans la flotte et saute sur sa barque, puis me crie : « Cours si tu veux vivre mon bon ami ! Elle va te dévorer ! » Il se dépêche de dénouer le lien qui relie la barque au ponton et une fois que je suis arrivé dessus, se propulse grâce à sa rame.

« A l’aveeeeenture compagnon ! Allons trouver c’monstre ! »

Geralt pagaie, malgré son état, il s’en sort bien, il a l’expérience de naviguer en état d’ivresse.
Rapidement nous arrivons au centre du lac, il retire sa rame de l’eau, la pose dans la barque et me fait signe d’attendre sans faire de bruit en mettant son doigt devant sa bouche.
« Le grand monstre va surgir d’un coup tu vas voir. » me chuchote t’il en approchant son visage, je sens son haleine, mélange de vomi et de bière, pas terrible.

Une heure plus tard

« Bon ton monstre il est peut-être malade, ou il fait un régime bwahahah ! »

« Non mais j’ai compris ! Le monstre du lac, il est pas dans l’eau, l’est sur terre. » Me répond-t-il avec aplomb

Il recommence à pagayer, je vois bien qu’il fatigue mais je dois conserver mes forces ! Y’a un monstre à chasser après tout. On accoste bientôt et, titubant je vais sur la terre ferme, Geralt essaie d’accrocher la barque comme il peut à un tronc d’arbre frappé par la foudre.

« Bon l’monstre doit pas être loin… T’as qu’à l’appeler ! » me dit-t-il avec un grand sourire.
Je m’échauffe la voix et crie : « Viens t’battre le monstre…Si t’es un nain ! »

Au début, rien ne se passe, mais très rapidement, nous entendons des cris stridents. Ils proviennent de plusieurs endroits à la fois. Et les choses à l’origine de ces cris se rapprochent rapidement, je tombe à genoux et pose mes mains sur mes oreilles, persuadé que ma tête va exploser. Puis tout s’arrête, je n’entends plus rien excepté le bruit que nous faisons avec Geralt en respirant. Ce silence est angoissant, annonciateur d’un danger imminent… Je me relève doucement, et observe les alentours.

La lune est cachée par les nuages ce qui me complique la tâche mais je finis par apercevoir des mouvements. Je n’ai pas le temps de réaliser ce qu’il se passe que j’entends Geralt hurler. Je me tourne vers lui et ce que je vois me fais l’effet d’une douche froide… Geralt hurle en se débattant contre d’invisibles adversaires, je ne parviens pas à les distinguer clairement. A la place de ses yeux, je ne vois que deux trous emplis de sang, et il a des traces de morsure et de déchirure partout sur le visage. Il me supplie de l’aider, je m’équipe de ma hache mais je sais pertinemment qu’il ne survivra pas. J’ai déjà vu trop de camarades blessés à mort pour espérer que Geralt soit l’exception.

Mais je dois le venger ! Pour sa femme, ses gosses s’il a eu le courage d’en faire, ainsi que tous les villageois. Il est impensable de les laisser courir un tel risque en laissant ne serait-ce qu’une de ces créatures en vie. Quand j’arrive au niveau de Geralt, je sais ce qu’il me reste à faire. Il faut que j’abrège ses souffrances.

« Désolé mon ami. » Dis-je les larmes aux yeux

Puis d’un coup net, je lui plante ma hache dans la colonne vertébrale, il tombe, mort.

(Te faire ça aura été la dernière atrocité commise par ces monstres.)

Je sèche mes larmes d’un revers de main, et je serre le manche de ma hache. S’il y a une chose que j’ai apprise avec mon père, c’est de ne pas exploser en plein combat, je pleurerais la mort de Geralt après. Pour l’instant, il me faut réussir à identifier mes agresseurs. J’en entends un derrière moi, là où est posé le cadavre, je fais volte-face et scrute le monstre. J’en ai déjà vu dans un des bestiaires de mon père. Aucun doute possible, ce sont des Elyds. D’après le bestiaire elles peuvent se montrer dangereuses en groupe et sont très rapides. Le nombre de cris m'indique qu'ils sont une dizaine. L’elyd qui est posé sur le corps ne s’occupe pas de moi, ce qui me laisse un petit temps de répit pour l’observer et essayer de trouver un point faible. Il doit mesurer dans les 50 centimètres, si on additionne cela à sa vivacité, il ne va pas être évident de le toucher lui ou ses congénères.

(Comment faire… ?)

Un elyd vole à toute vitesse vers moi interrompant ma réflexion, il essaie de me lacérer le visage qui n’est nullement protégé, au dernier moment je lève ma main en guise de protection. Il parvient à m’arracher un bout de chair et repart aussitôt en arrière. Je nettoie le sang qui coule de l’entaille sur ma main à l’aide de mon pantalon.

(Il ne faudrait que pas que le sang rende le manche de ma hache glissant.)

J’attends que les elyds s’approchent de nouveau, je vais bien réussir à en trancher dans l’tas. Un cri résonne à gauche, un autre à droite et enfin un venant de derrière.

(Parfait, venez petits enfoirés, je vais vous découper !)

Je me prépare, et sentant le moment opportun arriver, commence à tourner en agrippant le manche, j’entends une sorte de cri plaintif, et une gerbe de sang atterrit sur mon visage. Les deux autres elyds continuent de m’attaquer rageusement, un des monstre s’approche dangereusement, il a essayé de se faire oublier mais je balance mon poing en avant et le propulse contre le sol. Il tombe rudement, je ne me pose pas de question, et d’un coup de pied, je l’écrase contre la terre.

(Déjà deux en moins, il devrait en rester huit.)

Le dernier du trio semble confus, son corps reste en suspension, je ne vois que ses minuscules ailes en mouvement. Je décide de parler de ça à un spécialise si jamais j’en croise un. Pour le moment je dois continuer de me focaliser sur mon combat, et tandis que j’approche de l’elyd immobile, un autre se projette, il vient du haut, il a dû voler suffisamment haut pour que je ne le voie pas arriver, il fond sur moi à une vitesse impressionnante, avant que je ne fasse quoi que ce soit, il est sur mon visage. Il commence à me mordre le nez avec rage, je tiens ma hache à une main et de l’autre essaie de dégager l’elyd qui s’acharne sur mon nez. Je lui choppe une aile et tire d’un coup sec, j’entends un craquement et je me rends compte, au vu de l’angle étrange que fait l’aile, qu'elle est brisée. Le monstre tente de se débattre mais il est trop tard. Je le projette à mes pieds, et abat ma hache avant qu’il n’ait le temps d’esquisser un mouvement. Je souffle un peu et remarque que l’autre elyd n’a toujours pas bougé, c’est vraiment étrange… Comme s’il attendait sa mise à mort. Mais au final qu’importe la raison de son immobilité, je donne coup de hache horizontal et le tranche en deux.

(Encore six.)

Je reçois des cailloux au visage, une des pierres me frappe la tempe, je suis un peu sonné, je commence à faire quelques pas hésitants. Les elyds décident d’attaquer de concert, deux me font face tandis que les quatre autres me tournent autours. Une des créatures plonge sur moi, c’est trop facile… Il ne peut s’agir que d’une diversion mais ai-je le choix ? J’effectue un ample mouvement et la coupe en deux, mes deux mains étant sur le manche de ma hache, mon visage est sans défense. Une d’elle lance un nouveau cri strident et vient me mordre l’oreille tandis qu’une autre se pose sur mon visage et d’un coup de griffe, me crève l’œil droit. J’hurle de douleur ! Le sang coule abondement sur mon visage, il entre dans ma bouche et me laisse un arrière-goût salé. Je sens la fatigue prendre le pas, mes bras fatiguent de devoir manier cette hache, et le voyage à travers les marécages a été éprouvant.

(Il va falloir que j’en finisse rapidement si je ne veux pas m’évanouir.)

Elles continuaient leurs efforts pour saper mes forces, m’affaiblissant petit à petit. Je suis extenué, mais à la vue du corps de Geralt, sur la rive, ma colère se ranime, une haine froide m’envahit, mes muscles trouvent une nouvelle force. Mon regard devient de braise, mes lèvres se serrent. Je dois encore m’habituer à la perte de mon œil droit mais j’essaie de ne pas y penser. Je fonce en faisant tournoyer ma hache, surpris de ma charge, deux élyds seulement arrivent à éviter le coup dévastateur que je porte. Mais elles ont beau être intelligentes, ce ne sont que des bêtes, voulant profiter de mon handicap, elles passent par mon côté droit mais je m’y attendais et au moment décisif je pivote mon buste, et d’un même mouvement abat ma hache de droite à gauche, tranchant les deux dernières créatures.

Je suis épuisé, je ne souhaite qu’une chose, ramener Geralt auprès de sa femme et boire pour oublier. Il va m’en falloir beaucoup… Je traine son corps par les chevilles, le dépose dans la barque et commence à m’installer. Je dois faire d’énormes efforts pour faire avancer la barque malgré les algues qui agrippe la rame, mais au bout d’une trentaine de minutes je reviens au village guidé par les lumières déposées sur les pontons. Je fais un dernier effort et porte le corps de mon ami devant sa maison. Je n’ai pas le courage d’annoncer ce qu’il s’est produit à sa femme, et mon œil me fait un mal de chien. Je dois trouver de l’alcool pour nettoyer la plaie, je me décide donc de retourner vers la taverne. Pas un chat dans la salle principale, je prends un des verres posés sur le comptoir, et verse son contenu sur un fin morceau de tissu que je récupère également sur le comptoir. Je me l’applique, ça m’arrache un grognement, il faut dire que c’est extrêmement douloureux… Mentalement et physiquement épuisé, je ne cherche pas à gagner la chambre du semi-elfe, je vais m’allonger près de la cheminée et m’installe en boule pour essayer de trouver le sommeil.

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 Sujet du message: Re: Route entre Mertar et Dàrham
MessagePosté: Lun 10 Aoû 2015 03:34 
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La pluie battante.

Daemon se réveille désagréablement, il a froid et sa couche est humide. Après un bref moment d'égarement le lieu lui revient en mémoire, les marais, le village sur pilotis. Il s'extirpe rapidement du hamac et examine sa blessure. La douleur lointaine le rassure. Un bref coup d’œil par la fenêtre lui indique la source de ses frissons, un brouillard à couper au couteau s'abreuve des eaux stagnantes. Après s'être habillé, il descend dans la salle commune, la veille pleine de clients, ce matin déserte. Il cherche derrière le comptoir, le tenancier n'est pas en vue. Il dépose néanmoins le prix de la chambre. A son grand étonnement, ce qu'il avait prit pour manteau déposé au pied de la cheminé s'avère être le nain.

(Il a dû se prendre une sévère cuite.)

La malice se lit dans son regard. Il fouilles et trouve un seau, passe la porte pour arriver sur le ponton. On ne vois pas à trois mètres... Il s’agenouille et prend de l'eau, entre dans la taverne et balance le seau sur le nabot !

Daemon hurle de rire tandis que le nain sursaute de surprise, extirpé de son sommeil. Mais en distinguant son visage, l’hilarité de Daemon passe à l’effroi. Korben est couvert de blessures, de griffures, et son œil... Sont œil est crevé !

« V... Votre œil maître nain ! Que c'est-il passé ? »

Le nain se lève, étrangement conscient.

« Rien...Absolument rien. »

Sa tête commence à faire des petits cercles et il tombe en pâmoison. Daemon se précipite vers lui, le barbu affiche vraiment une sale mine. Il lui saisit le bras et l'aide à se relever, non sans difficultés.

« Partons d’ici rapidement, c’est plus prudent. »

Daemon comprend que la situation est sérieuse, sans chercher à la discerner plus en détails, il passe en vitesse au bar pour reprendre ses yus et sort rapidement. Le nain titube mais semble savoir où aller. Sans un mot, ils arrivent devant une petite maison de pêcheur. Korben indique la barque, Daemon saute dedans, mais aucune rame... Il remonte et fouilles les environs, il découvre alors un cadavre. Un homme pareillement griffé, déchiré, les yeux percés. La situation est très claire, il continu à fouiller et enfin la trouve.

Au même moment un grincement provient de l'habitation, une femme assez moche sort et commence à hurler.

« C'est à cette heure que tu rentre ? »

Elle les dévisage, légèrement surprise, insistant sur Korben. Elle semble chercher quelqu'un du regard et finalement baisse les yeux pour apercevoir la débouille adossé au mur. Elle hurle, hurle de tous ses poumons.

« A l'assassin! A l'assassin ! »

Sans vraiment réfléchir Daemon la fait taire d'un violent coup de rame sur la tempe. La femme s’étale sur le sol en silence. Il remonte dans la barque, suivit de Korben qui s'installe et s'allonge aussitôt. Daemon cale la rame à l'arrière du bateau, et accroupit, commence à godiller silencieusement pour fuir camouflé par la brume.

Il navigue un long moment au hasard, après quelques heures le brouillard s'estompe et dévoile une immense étendue d'eau calme ponctuée de petites îles et d'arbres morts. Debout à manœuvrer, il chante doucement une chanson provenant des abysses de sa mémoire, tandis que la plate déchire ce formidable miroir pâle.

Île nébuleuse

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Dernière édition par Daemon le Dim 27 Sep 2015 17:43, édité 4 fois.

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 Sujet du message: Re: Route entre Mertar et Dàrham
MessagePosté: Jeu 13 Aoû 2015 11:13 
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(Je n'ai pas trouvé comment l'supprimer totalement désolé.)

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Dernière édition par Korben Bière Brisée le Lun 24 Aoû 2015 21:56, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Route entre Mertar et Dàrham
MessagePosté: Dim 16 Aoû 2015 12:26 
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(6)



Le temps passe. La nuit se fait plus sombre. Cela ne dérange pas vraiment la peau-verte, mais les deux humains ralentissent, infoutus de voir où ils mettent les pieds. Ils sont pourtant dans une belle plaine, éclairée par une lune presque pleine, et pas loin d'un fleuve. C'est pas comme si une crevasse allait s'ouvrir sous leurs bottes ! La rôdeuse continue d'un bon pas, et finit par sentir une traction sur son bras. La gosse viendrait encore de se casser la gueule ? Ah non, mais c'est bien elle qui l'a rattrapée.

"Quoi ? T'as b'soin d'crème contre les ampoules ?", lâche la garzoke en s'arrêtant, manquant de peu être percutée par Marius.

Signe négatif de la petite, qui pointe l'autre humain. L'encapuchonné ne fait pas le moindre effort pour masquer son bâillement. Et que ça se plaint d'être crevé, et d'avoir la dalle, et qu'il faudrait s'éloigner un peu de la berge pour ne pas croiser de pillards.

"T'es un homme ou un mulot ? J't'entends faire un bruit chiant d'puis d'taleur. S't'as la force de t'plaindre, t'en as encore pour avancer.", lâche la peau-verte avant d'esquisser un sourire. "Mais tu veux p'être que j'te porte !"

Marius se tient d'un coup raide comme un piquet. Il maugrée un truc dans la barbe qu'il n'a pas et avance, les rênes en mains. Il tente de bousculer la rôdeuse au passage, mais ce couillon le regrette. Ben oais, c'est qu'y'a du muscle sous c'te protection. C'est pas un gars en robe et un tiers moins large qu'elle qui risque de la déséquilibrer ! Et le voilà qui tape des pieds en avançant. Le con. C'est clair qu'y'a pas plus discret que d'cogner des pattes et d'envoyer bouler toutes les caillasses du chemin qui s'efface.

N'empêche, c'est pas con comme idée. Pas d'envoyer paitre les pierres, mais d'porter l'un des autres. C'est qu'ils se trainent ! Surtout la gamine avec ses petites pattes. Zu'Gash la regarde, dévoile ses crocs, une idée marrante en tête. Elle se penche, colle un bras derrière les épaules de Maya, l'autre derrière ses genoux, et avant que la petite ait pu réagir, la voilà portée dans les bras de la peau-verte.

Zu'Gash éclate de rire. Nan mais c'est vrai, elle fait une gueule ! Genre que quelqu'un la tient à bout de bras au-dessus d'un ravin. Elle finit par s'en remettre et s'agite, genre qu'elle veut descendre. Elle tapote de ses petits poings fermés contre la poitrine de la garzoke, qui s'en contrefout et avance presque en sifflotant. Enfin, jusqu'à ce que Maya vise juste et appuie contre l'épaule mordue par le clébard de Cécilie.

"Eh, ça pique, ça.", déclare l'orque en s'arrêtant et lâchant les pieds de la gosse, qui se retrouve debout plutôt brutalement. "S'tu voulais pas, fallait l'dire !"

"Roooaaaah !"

"Mais nan, pas toi. La p'tite.", explique Zu'Gash en levant les yeux vers son front. Avant de se rappeler que Maya ne peut pas parler en voyant ses yeux noirs et son air blasé. "Ah oais, merde, ça m'était sorti du crâne. Allez, l'autre couillon n'nous attends pas."

La rôdeuse se remet en marche. Elle n'a pas fait une dizaine de pas qu'elle jette un regard par-dessus son épaule, voyant la petite trainer derrière. Et en posant les pieds bizarrement en plus. Quand celle-ci la rejoint, la grande patte de la peau-verte se pose sur son crâne.

"T'sais, t'fais chier tout l'monde en jouant les costaudes. S't'as mal aux pieds, c'pas la peine d'faire semblant qu'non.", dit-elle en tirant un peu la tignasse pour voir le visage de la petite.

"Raaah !"

"T'entends ? Même Aroroa l'dit ! Allez, viens j'vais t'porter.", annonce la peau-verte, ne rencontrant qu'une moue peu motivée de la gosse. "C'te tronche. Bon ben, t'préfères m'monter sur l'dos ?", propose-t-elle en se retournant et mettant un genou par terre.

Maya hésite encore un peu, mais après avoir entendu l'autre crétin engueuler sa mule encore arrêtée, elle se colle au dos large de la peau-verte. Zu'Gash agrippe fermement ses gambettes de moucheron, les cales sur ses hanches, et se redresse. La petite se colle contre son dos, serrant les bras autour de son cou pour ne pas tomber. La rôdeuse tire la langue, surtout quand Aroroa se fait entendre.

"C'est bon ? Tu t'tiens ?"

"Roaaah !"

"J'cause à la p'tite, pas à toi.", s'esclaffe la rôdeuse.

"Ah ! Roah ! Rooohaaaa !"

"Oui, bon, à toi aussi alors. Attention les filles, ça va secouer !", prévient Zu'Gash avant de lancer ses genoux vers l'avant en de grandes enjambées.

C'est pas la démarche la plus jolie, mais c'est la plus efficace. Et sbaff, l'encapuchonné qui se prend un coup de boule de la part de la mule. Et la bestiole de partir en direction du fleuve. C'est con, mais la peau-verte a l'impression que l'animal a fait un sourire genre foutage de gueule.

Eh ben putain, elles ne sont pas rendues avec un guide pareil !


(Après)

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Dernière édition par Zu'Gash le Ven 6 Aoû 2021 10:51, édité 3 fois.

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 Sujet du message: Re: Route entre Mertar et Dàrham
MessagePosté: Mer 19 Aoû 2015 20:58 
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J’ai l’impression d’être plongé dans un lac glacé, j’ouvre les yeux et voit l’semi-elfe devant moi, un seau à la main.

(Mais il va s’prendre ma main dans la gueule lui !)

Il a un grand sourire accroché aux lèvres et commence à se gausser de moi. Je suis dans un triste état. Mon œil crevé me lance douloureusement, et les multiples griffures laissent par endroit ma chair exposée. L’autre me regarde et me donne l’impression d'être inquiet pour moi. Il s'enquiert de mon état de santé, s'interrogeant sur l'événement responsable de la perte de mon oeil.


« Rien...Absolument rien. » lui répondis-je en évitant son regard

J’essaie de me relever, mais à bout de force je retombe misérablement sur le plancher. Le semi-elfe me tend une main secourable et une fois debout, il me soutient.

Je dis à voix basse : « Partons d’ici rapidement, c’est plus prudent. »

Il me regarde d’un air méfiant mais ne me pose plus de question. Nous sortons de la taverne et traversons le village en direction de la barque de mon défunt ami. Elle est amarrée au ponton, j’ai eu peur l’espace d’un instant de l’avoir laissé dériver au gré du courant. Daemon saute à l’intérieur à la recherche des rames, il revient en haussant les épaules et se dirige vers la maison du pêcheur. Il tombe rapidement sur le cadavre de mon ami, observe son visage scarifié, ses orbites vides… Il se détourne et continue d’inspecter les alentours à la recherche de notre sésame. Au même instant, le grincement familier se fait entendre. La porte s’ouvre et la femme sort en criant

« C'est à cette heure que tu rentres ?! »

Puis, ne voyant que Daemon, et moi elle commence à regarder autour à la recherche de son mari. Elle finit par baisser les yeux et voit la dépouille.

« A l'assassin! A l'assassin ! » crie-t-elle

Daemon flanque un coup dans la tempe de la femme avec le plat de sa rame, elle tombe à terre, inconsciente. Pendant ce temps je marche lentement vers la barque et tombe à moitié dedans. Des sacs amortissent ma chute, je plonge rapidement dans un profond sommeil.

*Rêveries d’Sieur Korben*

Le panorama qui se déroule sous mes yeux ébahis se révèle magnifique : d’un côté se dessinent les montagnes qui, tels des géants tutélaires couronnés d’une ample chevelure arborée, bornent et veillent hiératiquement sur l’horizon. Leurs flancs rocailleux sont baignés par la lumière du jour tandis que des cours d’eau serpentent entre les éboulis et les arbustes.
De l’autre, une vaste étendue d’eau agitée par des vagues atteignant plusieurs mètres de hauteur et dont les couleurs changeantes provoquent chez moi un sentiment d’euphorie. Je me sens choir lentement, comme une plume dérivant au gré du vent, je m’approche inexorablement de l’océan, qui semble prêt à m’avaler tout entier. Je m’enfonce graduellement dans les flots, jusqu’à être totalement immergé. Pendant ma descente viennent me frôler de drôle de poissons, les formes et les couleurs varient d’une espèce à une autre. Je contemple avec émerveillement ce qui m’entoure, tout y est harmonieux et paisible… Je jette un coup d’œil en bas, ce que je vois est sidérant. Je me trouve immergé dans l’océan et pourtant, voilà que sous mes pieds se déploie le ciel qui était au-dessus de ma tête il n’y a pas un instant.

La chute cette fois est bien plus brutale, mais le sol qui m’attends en bas se trouve être gélatineux et m’épargne diverses fractures. Je me relève tant bien que mal, je suis encore sonné mais poussé par quelque chose d’indéfinissable, je décide de poursuivre ma route. J’arrive bientôt au niveau d’un croisement, un panneau à multiples branches indique différentes directions :

Vers l’Est, ton destin sera funeste

Vers le Nord, t’attends peut-être un trésor

Vers le Sud, n’attend rien d’autre que de l’ingratitude

Vers l’Ouest s’ouvrira à toi le chemin céleste

« Bon y’a pas à tortiller du cul hein ! Allons vers l’Nord. » dis-je d’un ton ravi

Je m’aventure vers le Nord avec entrain, quand soudain se dessine au loin un lac entouré de pins. Je reprends mon chemin tel un pèlerin, tout en chantant un refrain sur mes futurs gains. Quand j’observe le lac, ses reflets oscillant entre l’or cuivré et le roux m’emplissent de joie !

« Oh putain c’de la bière ! Bwahaha ! »

J’arrive sur la berge en courant, buvant avidement mon content. Ma barbe a trempée dans la bière, elle dégouline sur mes guenilles. Je me relève, lâche un retentissant rôt et m’étire, quand subitement, je sens le sol se dérober et je m’écroule par terre.

« Bordel de… Il s’passe quoi là ? »

Je me remets debout tant bien que mal, l’esprit embrumé par la bière. L'incident aussitôt occulté je regarde vers le ciel et crie :

« Bon et maintenant ? Une pluie de pièce d’or peut-être bwahaha ! »


A peine ai-je émis cette suggestion qu’une pluie de pièces s’abat sur moi. En quelques secondes un amas d’or s’est formé autour de moi.

« Je baigne dans l’or ! Manque plus qu’une naine pour que le tableau soit parfait ! »

J’attends le miracle, qui n’semble pas décidé à arriver, au lieu de ça je ressens de nouveau les vibrations qui secouent le sol et moi avec. Mes pièces foutent l’camp, comme absorbées par le lac. Une sorte de siphon s’y crée au milieu, engloutissant tout ce qui est dans son rayon, je me sens aspirer par cette bouche béante.
J’ouvre les yeux pour apercevoir Daemon en train de me réveiller.

« Noooon ! Mes pièces ! Mon or, ma vie ! Je suis ruiné…»

Je darde un regard accusateur sur l’demi-elfe et essaie de rassembler mes esprits.

« On est où ? J’ai dormi longtemps ? »

Daemon me fixe et me demande de me lever, d'après lui il va nous falloir prendre un chemin détourné car il se révèle impossible de continuer à remonter la rivière.



« Chier encore une forêt… » prononçant le dernier mot avec dégoût

Tout ce que j’vois c’des foutus obstacles. Y sont encombrant et aussi utile qu’les elfes ces arbres… Sans parler de ces maudites fougères qui m’empêche d’avancer en tout tranquillité.

(Bon il suffit ! Elles vont voir c’est qui l’patron !)

Je sors ma hache et commence à trancher à tout va. Je continue de regarder devant moi mais l’horizon est obstrué d’arbres.

(Décidément une forêt c’beau uniquement quand ça crame.)

Le silence est rompu de temps à autre par les questions que me pose Daemon. J’suis pas d’humeur et systématiquement je l’envoie balader. Le reste du voyage fut interminable mais au bout d'un moment nous franchissons l’orée de la forêt pour accéder à une route de terre qui semble délaissée. Rapidement je sens la pente s’élever, nous gravissons la bute et arrivons au sommet. Je sens mon cœur battre la chamade. Des formes familières se dessinent dans le lointain… Je reste immobile, occupé à contempler ces titans de pierres qui se découpent dans le ciel. Le simple fait de les voir me donne des frissons qui me parcourent l’échine.

« Korben ? »

« Oui ? » lui répondis-je d'un ton apaisé

Je sens son regard dans mon dos mais subjugué par la beauté des montagnes, je ne parviens pas à détourner mon regard. Il semble un peu gêner de me demander une faveur, celle d'effectuer un détour pour atteindre son village. Voyant que je n'oppose aucune réponse à sa demande, il insiste en m'indiquant que seulement quelques heures nous sépare du village.

Je me retourne et lui répond : « Hey ! C’est pas dans le contrat ! »

Voyant mon refus, il n'a d'autres moyens que d'insister en mettant en avant le fait de devoir dormir dans la forêt si je me refuse à l'accompagner...Je décide de changer d’plans. Dormir dans une forêt ? Brr quelle horreur.

« Dormir dans la foret à cette heure !? Quelle horreur ! Allons-y elfe de malheur. »

Il me regarde d’un air courroucé et me corrige immédiatement : « Semi-elfe ! » puis commence à dévaler la pente joyeusement. Je le rejoins et l’regarde, il reste immobile.

« Qu'est-ce que tu fais planté là !? »

Il me regard d'un air absent et m'indique qu'il était simplement perdu dans le fil de ses pensées.

On arrive à un croisement, Daemon m’indique un petit sentier entouré d’arbres et de ronces. On le traverse rapidement pour déboucher devant des falaises. Deux titanesques statues vaguement humanoïdes marquent la fin de la piste. Elles sont hideuses, avec l’œil planté au milieu d’leurs fronts. Un escalier serpente entre les statues et monte vers les montagnes. Nous arrivons devant une grande porte en bois entourée par des murs constitués de bûches. J’observe Daemon qui essaie vainement de l’ouvrir. Je ricane et m’approche à mon tour, je pousse, d’abord doucement puis de plus en plus fort mais rien n’y fait ! Cette porte n’a pas envie de nous laisser entrer. Je sors ma hache et commence à frapper de toute mes forces, des fissures apparaissent mais ce n’est foutrement pas assez rapide. J’accélère le rythme. L’elfe essaie de passer par le côté, je lui hurle :

« Tombe pas hein !? »

Il ne prend pas la peine de me répondre et reste concentré sur sa progression, mais le voilà qui commence à perdre pieds ! Il se rattrape de justesse tandis que le sol se dérobe sous ses pieds.Je le vois céder peu à peu mais je suis trop petit pour l’atteindre et le ramener.

(Chaque jour y’a des gens qui crèvent. Ah mais… Et mon or ! )

J’essaie d’avancer vers lui pour l’aider et à ce moment-là, une main jaillie du trou par lequel Daemon essayait de grimper, elle l’agrippe et le ramène à l’intérieur. J’observe la scène médusé.


J’crie : « Vous allez m'ouvrir un jour !? »

« C'est pas trop tôt ! Qui êtes-vous ? La maman du pleurnichard ? »

Elle me regard en souriant à demi et m’réponds :

« Olwë, la grande tante du pleurnichard. Enchantée. »

« De même madame. » je réponds en mimant une révérence.

« Venez, ne perdons pas de temps, allons-nous installer. Nous avons tant de choses à nous dire. »

On entre dans le village guidé par la tante de l’autre. Y’a au moins vingt bicoques en bois, un potager en plein milieu. La tante de Daemon nous montre un vieux temple, c’est son foyer.

« Je vais vous servir un thé. »

Je laisse mon regard trainer sur la pièce faiblement éclairé. La femme revient avec deux tasses de thé, je la regarde et lui demande :

« Vous avez de la bière ? Et de la viande ? »

« Navré maître nain, je n'ai que des plantes et des infusions à vous offrir. Mais fouillez dans la cuisine, derrière vous. »

Je marmonne dans ma barbe et m’dirige vers la cuisine à la recherche d’un truc comestible. Au bout d’un moment je désespère de ne rien trouver et part dormir. Le lendemain matin tandis que les rayons du soleil me couvrent de leurs chaleurs, je me lève et vais réveiller l’demi-elfe en lui foutant des coups d’pieds. Il pestifère à mon encontre et me demande de patienter encore un peu.

Je m’éloigne en maugréant et vais m’assoir près de la sortie du village, attendant que Daemon en finisse avec sa tantine.

_________________
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J'suis tête en l'air... Merci à Dame Itsvara pour c'te superbe signature !


Korben's Song.


Dernière édition par Korben Bière Brisée le Lun 5 Oct 2015 13:18, édité 1 fois.

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