L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: Les portes de Dahràm
MessagePosté: Jeu 21 Avr 2011 02:44 
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Intervention gmique pour Maltar



((( la suite aura lieu !)))

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À votre service, pour le plaisir de rp !


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 Sujet du message: Re: Les portes de Dahràm
MessagePosté: Dim 20 Mai 2012 18:04 
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Depuis les alentours de Darhàm.

Assis à même le sol, à une dizaine de mètres des portes est de la ville, l’elfe géante me fixait, immobile, impassible, fronçant les sourcils pour m’ordonner de me taire quand j’ouvrais la bouche. Je profitais de cette longue attente pour plus détailler ma ravisseuse. La première chose qui me frappai, outre sa taille immense, c’était son visage. A ma grande surprise il n’était pas comme je me l’imaginais, dur et orné de cicatrices. Je l’avais même un instant imaginé avec une moustache. Non, au contraire, son visage était finement dessiné, son nez fin, ses yeux d’un violet profond dans lequel je me noyais. Quand elle ne fronçait pas les sourcils elle avait un regard mélancolique, presque triste qui lui donnait un air inoffensif trahit par les taches de sang qui couvraient ses joues parfaites où venaient s’y déposer des mèches d’un blanc neige. Je me mis à sourire de béatitude devant cette apparition angélique que pourtant je haïssais pour m’emmener à mon trépas.

"Tu souriras moins une fois devant la grande prêtresse de Valshabarath. Et cesse de me fixer ainsi ou je te crève les yeux."

Je me figeai, ce n’était pas la voix ni la brutalité des paroles qui me tétanisait. C’était l’évocation d’un nom qui me terrifiait. Valshabarath, la déesse araignée. Mes yeux s’écarquillaient en imaginant l’horreur de me retrouver face à un monstre mi femme mi araignée et de finir en Rath'arghus avec comme membres antérieur un corps d’araignée.
A la pétrification suivie la panique, je me jetais à terre, tentant de m’enfuir en rampant comme un ridicule ver. Chose qui ne plut pas du tout à celle qui me surveillait.

"Que fais tu misérable ?!"

Elle se leva, furieuse et me cloua sur place en posant son pied sur mon dos. Je continuais de gigoter, apeuré, la suppliant de me laisser partir, lui jurant que j’irai me terrer dans une caverne et que plus jamais la société Shaakt n’entendrait parler de moi. Elle accentua la pression sur mon dos, coupant mon souffle.

"Pathétique. Pitoyable. Faible."


Elle crachait ces mots comme si c’était des aliments qui la répugnaient. Je suffoquai à présent, happant l’oxygène comme un poisson hors de l’eau. Ma vue se troublait et les insultes de la Shaakt continuaient de pleuvoir mais au ralenti. La pression se dégagea d’un coup, permettant à mes poumons de se remplir d’air que j’expirai à nouveau en toussant. Je me mis sur le dos, apercevant la deuxième Shaakt qui était sûrement la cause de ma survie.

"Tu vois je ne peux pas te laisser seule !"

Elle nous regardait d’un air courroucé mais s’exprimait d’une façon joviale. Ses courses c’étaient visiblement bien passée puisqu’elle traînait deux gros sacs qui semblaient bien remplis. Elle les lâcha avant de venir vers moi.

"Tu m’as l’air terrorisé mon pauvre."

Elle ricana et me mit assis, elle aussi, j’observai son visage pendant qu’elle inspectait ma jambe blessée. Son visage était plus rond que sa camarade mais ne manquait pas de charme, de petites cicatrices barraient sa joue droite et son menton. Ses yeux étaient également violet mais beaucoup plus brillant et sa chevelure rouge dépassait de plusieurs centimètres de sa capuche. Comme elle ricanait je pouvais voir ses dents ; blanc opalin au milieu du teint cendreux de sa peau. De petites dents, comme celle d’un enfant. Elle se releva et s’adressa à la géante.

"Bonne nouvelle ! Il devrait pouvoir marcher tout seul !"

Hellykin soupira.

"J’imagine que ça me laissera plus de place pour transporter les deux sacs."
"Oui !" répondit Linwen en riant et en tapant dans ses mains.

J’ignorai si Hellykin obéissait par dépit ou parce que la plus petite était sa supérieure mais elle s’exécuta, ramassant les deux sacs tandis que la plus petite venait me libérer les pieds et les mains pour ensuite me les attacher dans le dos et garder un bout de corde assez long probablement pour me tenir en laisse comme un vulgaire cabot. Je me laissais faire, encore trop effrayé et épuisé pour tenter quoi que ce soit. Elle m’ordonna ensuite de me lever, ce que je fis avec peine puis elle me poussa en avant, m’intimant à ouvrir la marche. J’avançai donc, précédant d’un pas boiteux les deux Shaakt qui me tenaient en laisse.

Vers la route entre Darhàm et Caix Imoros.

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 Sujet du message: Re: Les portes de Dahràm
MessagePosté: Mar 31 Juil 2012 04:22 
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Le torrent d'eau qui leur tombait dessus s'apaisa après deux petites heures, le temps qu'ils atteignent les portes de Dahràm. Après le retour de Jedidiah et Seymour auprès du groupe, Tinòndil fut chargé par Lou d'aller prévenir les gardes de leur arrivée. Une escorte pareille, accompagnée qui plus est d'un blessé grave ne serait peut-être pas la bienvenue. De plus, il ne fallait pas tarder: L'elfe était chargé de demander l'adresse d'un guérisseur pour Hern', en proie aux délires et aux gémissements dus à son état.

-Par Valyus nous y sommes! S'exclama Thorik à une centaine de mètres des portes. Tiens Bon Herny!

Depuis leur position Seymour aperçu distinctement Tinòndil les désigner pour justifier ses propos aux deux gardes. Il leur fit ensuite signe de se presser. Les Cerbères allongèrent le pas et enfin il purent pénétrer la ville. Mais avant, les gardes les arrêtèrent:

-Qui êtes-vous réellement, pourquoi cet homme est-il blessé? Demanda l'un d'eux, tenant fermement sa hallebarde droite.

Lou prit une voix courtoise qui ne lui allait franchement pas, si on le connaissait:

-Nous sommes marchands, pêcheurs et voyageurs. Nous venons à Dahràm en quête d'un guérisseur pour notre ami.

Seymour cacha un sourire amusé. Lorsqu'un des miliciens le fixa d'un oeil critique, il rétorqua avant tous propos:

-N'avez vous jamais vu un elfe croisé sang pourpre? C'est commun dans ma région. S'appuyant sur le mensonge de Lou, il ajouta: nous somme des pêcheurs hors-pair, les humains au Sang Pourpre viennent de la mer.

Ce n'était pas la première fois qu'on le dévisageait pour son physique peu commun. Le bâtard qu'il était sollicitait le regard de bien des curieux, mais il n'en avait que faire. Les valeurs que sa mère elfe lui avait enseignées ne prenait pas en compte le physique des gens, mais bien leur personnalité et leur capacité.

-Z'êtes bien armés pour des soi-disant marchands et pêcheurs, s'exclama l'autre milicien dans un rictus désagréable.

-Si nous l'étions pas, aucun de nous n'aurait pu se sortir de l'embuscade dans laquelle notre ami n'est pas sorti indemne, rétorqua le chef. Si le chemin jusqu'à votre ville était plus sûr... ajouta-t-il sur un ton de reproche, miné d'une pointe de colère, nous n'en serions pas là, Messire.

Le mensonge de Lou sembla fonctionner. Peu enclin à discutailler de la sécurité de ce territoire, les miliciens les laissèrent passer.

-Abrutis! Mugit Lou une fois éloigné des portes.

Tous pouffèrent de rire.

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Seymour Gunjir, Demi-elfe au Sang Pourpre

⊗ Mercenaire des Cerbères ⊗


Dernière édition par Seymour le Dim 2 Sep 2012 17:40, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les portes de Dahràm
MessagePosté: Mer 15 Aoû 2012 04:23 
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Me voici actuellement devant les portes ouest de Dahràm, rien qu'à l'aspect je sens que cette ville est encore le même amas de raclures en tout genre que les dernières fois où j'en avais arpenté les rues. Cette immonde muraille branlante laisse toujours s'échapper cette même odeur pestilentielle, mélange de cadavres et de poissons pas frais, quel délice d'immondices !
Je n'ose pas encore rentrer dans dans la battisse, je me délecte de ce moment entendre le divin chant des vieilles prostituées, le cliquetis de quelques chaînes rouillées ou encore les râles de l'agonie poursuivant nos amis coupe- gorges, ce divin orchestre me comble de joie.
Je suis ravi de devoir exercer mes talents ici car ce trou à rats recèle tout un tas d’individus de la pire espèce, et je vais me faire un plaisir de nettoyer un peu plus les rues dégueulasses de Dahràm de quelques déchets supplémentaires.
Je m'échoue ici grâce à une lettre que l'on m'a fait parvenir par « coursier » il y a peu de temps de la part d'un ami humain nommé Renton, n'étant qu'à plusieurs journées de marche, je me suis fait un plaisir d’accourir pour me jeter dans la gueule du loup.

Lettre de Renton.M :

« Ils ont gueulé si fort
Qu'ils peuvent gueuler encore
Ils ont les culs devant
Et leurs rêves au mitan
Et puis l'âme toute rongée
Par des foutues idées
Y'en a pas un sur cent et pourtant ils existent
La plupart fils de rien ou bien fils de si peu
Qu'on ne les voit jamais que lorsqu'on a peur d'eux.

P.S : j'ai ouïe dire que tu étais chez nos amis de petite taille, penses à ramener de la charcuterie naine. »


Si je me souviens bien du dernier code de la résistance de Dahràm : « gueuler » signifie « chasser », « le cul » c'est « le résistant », « ronger » ce doit être en rapport avec le besoin et « exister » s'apparente à aider je crois.
Vue que tous les mots importants sont au pluriel le message est  : « ils chassent les résistants, nous avons besoin d'aide »
Puis «  Qu'on ne les voit jamais que lorsqu'on a peur d'eux » c'est une simple mise en garde normalement.
Quant au post-scriptum... Ce doit être seulement l'insatiable gourmandise de ce cher Renton, ce ne seront jamais les troupes d'Oaxaca qui auront sa peau mais bien son aimée bectance.

Je vais enfin pénétrer dans Dahràm, par mesure de précaution je vais me faire discret, il va me suffire de me faire passer pour un simple chaton, j’enlève donc mes vêtements et les enroule dans ma cape de dissimulation elfique, que je cache derrière quelque rocher, il ne me reste plus que ma chère pipe, « aiguille », que je glisse dans une doublure sous mon pelage, l'apparence que m'a donnée mon maître m'offre encore de divins avantages...

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"Ce qui est créé par l’esprit est plus vivant que la matière."


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 Sujet du message: Re: Les portes de Dahràm
MessagePosté: Dim 5 Mai 2013 23:55 
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Trois sombres silhouettes entre montagnes et plaines.

Les trois gardes de la porte ouest ne voient passer de moins en moins de voyageurs avec la mauvaise saison qui approche, aussi a-t-on jugé à l’échelon hiérarchique supérieur qu’ils sont assez nombreux pour leur office. S’ajoute à cela que personne n’aime rester dehors lorsque le froid vient s’insinuer sous les vêtements. Concession des nouveaux maîtres de la cité aux humains sur place : pas de Garzok ou de Sekteg pour veiller à maintenir la discipline. Quelques rapports remontent, mais que dire ? Par exemple qu’un groupe, composé d’un Lykor noir peu imposant mais bien grisonnant, d’un Skaakt et d’un humain aussi noiraud que les deux premiers, a passé les portes ? S’il fallait recenser tout ce qui passe par la porte… et tout ce que les gardes voient mais ne sont pas censés voir… Cela ferait beaucoup de travail. Le rapport est cependant une bonne menace pour soutirer quelques piécettes, histoire d’améliorer la solde : les gens qui se rendent à Dahràm aiment être discrets, le trio hétéroclite n’a pas échappé à la règle. Et puis après tout, se disent les gardes, si quelque chose vient à se passer, ils le sauront, et alors ils pourront éventuellement se souvenir que… Si la bouteille de gnôle qu’ils viennent d’ouvrir n’a pas quelque peu entamé leur mémoire.

La journée de marche a été longue, la nuit encore plus, et la matinée de marche s’est déroulée pour les trois voyageurs dans un état d’épuisement. Arrivée face à la ville, ils ne faisaient pas bonne mine. Céendel n’a pas protesté lorsqu’il s’est agit de verser un modeste pot-de-vin, Caabon ne pensait déjà plus à grand-chose et Abean se contentait de grogner pour correspondre à l’idée qu’il se faisait de ses lointains cousins noirs. C’est à la recherche d’un lieu où se reposer que le groupe s’est enfilé dans les ruelles de la cité.

« Où allons-nous ? Arriverons-nous vite ? Cet endroit pue. »

Les reniflements alternent avec de petits éternuements forcés, comme s’il cherche à se débarrasser de quelque chose coincé dans ses narines. Il semble à Caabon que le Fujonien se tient plus voûté, et exprime par son attitude un certain malaise.

(Ce n’est peut-être qu’une impression… Après tout, je ne le connais pas encore assez… Mais… Mais s’il ne s’est jamais rendu dans une ville ? … Quelle expérience ce doit-être que de commencer par Dahràm !... Cette ville pue !... Comme Kendra Kâr d’ailleurs, mais ici il y a quelque chose de différent… L’atmosphère probablement… Il n’y a pas cette impression de ruine à Kendra Kâr, les murs de tombent pas de décrépitude, on n’est pas immédiatement confronté à… On m’a bien battu à Kendra Kâr… Mais je ne sais pas… Ce doit être différent pour Abean… Vivre toute sa vie en montagne, dans les neiges… Il n’a pas connu cette odeur de poisson en décomposition, ces égouts à ciel ouvert, ces… Et s’il a l’odorat plus fin que le mien, qu’est-ce que cela doit-être ?... Une horreur, une véritable horreur…)

A l'Auberge des Voyageurs

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C'est par la sagesse qu'on bâtit une maison, par l'intelligence qu'on l'affermit ;
par le savoir, on emplit ses greniers de tous les biens précieux et désirables.
Proverbes, 24, 3-4


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 Sujet du message: Re: Les portes de Dahràm
MessagePosté: Dim 6 Avr 2014 19:27 
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-Ganéus nous attend non loin des portes de Darhàm.

La nuit était tombée sur la ville et ses alentours, plongeant les deux cavaliers dans la pénombre, guidés par les rayons de lune. Leurs montures au pas côtes à côtes, les derniers kilomètres avaient été pour l'encapé que réflexion, appréhension et soulagement il fallait le dire. Les mots d'Alanaël trottaient dans sa tête, et s'il n'y avait encore accordé aucune réponse, tous deux savaient pertinemment que Vec' accepterait. D'ailleurs avait-il le choix? C'était comme une dette envers le Kor Sand'hor, et à voir ses méthodes de travail il n'était pas tombé dans la cour des petits.

-Seuls lui et vous êtes au courant de mon existence alors? Récapitula l'encapé.

-Hum, c'est quasiment le cas.

-Qu'est-ce encore? Rétorqua Vectelion.

-Tous vos commanditaires sont morts de la main de mes hommes... tous sauf un.

Sous le silence de son interlocuteur, l'elfe enchaîna:

-C'est plus pour la forme qu'autre chose je dois l'avouer. Vous souvenez-vous d'un certain Ander?

Vec' n'eut pas besoin de fouiller dans sa mémoire longtemps; Un homme bedonnant et bien vivant, à plusieurs reprise l'encapé avait "nettoyé" pour lui:

-J'ai effectué ma dernière tâche pour lui, avant que tout ce bordel ne me tombe dessus...

Il expliqua brièvement:

-Toute cette histoire à commencé à cause de lui! Se souvenant des mots de Valtor avant qu'il soir en route pour Omyre, il ajouta d'un air perplexe: Ander est mort, le capitaine m'en a fait part. Je me souviens aussi que la cible de mon dernier contrat n'était autre que moi, Ander à fait en sorte que je tombe dans une embuscade pour me livrer à la milice. Je devais en savoir trop sur ses minables combines...

Se remémorer le fiasco dans lequel il avait été mêlé raviva une colère vengeresse en lui. Alanaël prit un air amusé:

-Haha, il semblerait que Valtor vous ai mentit sur ce point. Ander n'est qu'un petit chef, une vermine comme il y en tant à Darhàm. Il se raccroche à la revente d'arme, son réseau ne s'étendant pas au delà de la ville et ses alentours. Accordez leur un peu de pouvoir, un peu d'argent, et les voilà au dessus de tout le monde! En tout cas cette crasse subsiste toujours, vivant de ses petite combines.

-Pourquoi l'avoir épargné?


-Vous connaissez déjà la réponse, Monsieur Vectelion, fit l'elfe avec un sourire en coin.

L'encapé pouffa:

-Oui, oui... vous ne l'avez épargné, vous me l'avez laissé.

-Tout juste, c'est à vous d'honorer notre partenariat par sa mort, c'est à vous d'apposerr votre décision. Deviendrez-vous mon ombre, Monsieur Vectelion? lança-t-il d'un air amusé.

L'encapé porta la main à l'intérieur de son manteau et dégaina lentement le surin finement aiguisé. Observant le reflet de la lune dans la courte lame, il était décidé:

-Je vous remercie, c'est une manière assez noble d'en terminer avec cette histoire...

-Et d'en commencer une autre! Au final, seul vous en aurez le pouvoir. Prenez sa vie et nous irons de l'avant, prenez sa vie... et soyez mon arme.

-Très bien, fit fermement Vec' en rengainant. Quand cela doit-il être fait?

-Cela dépend de votre ambition à vouloir m'accompagner, et de ce fait accompagner la famille des Kor Sand'Hor.

Alanaël put lire sur le visage de l'encapé l'appréhension à l'évocation de ce nom:

-Si cela peut vous rassurer, Ganéus et moi-même resterons les seuls à vous connaître. Sans compter qu'il n'y aura pas d'autre commanditaires, du moins pas aussi généreux que moi.

-Ainsi vous ne prendrez pas le parti de me présenter au reste de vos compagnons?

-Quand on se façonne un bras armé de votre profil, Monsieur Vectelion, la discrétion est de mise. Je ne vous ai pas effacé de Darhàm pour vous remettre sous les feux de la rampes, et nous avons tous deux besoin d'une carte secrète.

L'offre était d'or et Vectelion ne pouvait se voiler la face plus longtemps. La sécurité promise par Alanaël avait prouvé sa valeur avec brièveté et férocité lors de sa capture: la garde de son convoi décimée sous ses yeux. Ces Kor Sand'hor était sa carte secrète, comme lui le serait pour l'elfe.

-Là-dessus nous nous rejoignons, murmura l'encapé avec satisfaction.

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 Sujet du message: Re: Les portes de Dahràm
MessagePosté: Jeu 10 Avr 2014 04:10 
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Une dizaine de minutes plus tard, Alanaël marqua enfin la fin de leur voyage. Tenant Kalyn par la bride, Vectelion laissa son regard se balader sur les hauts remparts de Darhàm, pleinement remit de ses repères. Il sentait déjà les effluves fétides des rues mal entretenues de ce repère à bandits. Préférant reporter son attention sur Alanaël, il fut curieux de voir son compagnon accroupit, comme cherchant quelque chose. N'osant briser le silence, Vec' l'interrogea du regard lorsqu'il se releva:

-Nous n'avons pas trop de retard.


Sans chercher à comprendre, l'encapé l'observa approcher de l'encolure de Garet, son cheval. Posant doucement sa main sur le museau, il émit un discret sifflement non loin de l'oreille de sa monture, comme s'il souhaitait communiquer avec lui. A la surprise de Vectelion, Garet leva le museau et poussa trois renâclements, avec une seconde parfaite d'écart entre chaque. L'homme tourna un regard amusé vers Alanaël qui ne commenta pas. S'en suivait de cette amusante scène un bruissement de feuillage, Vec' se mit instinctivement en alerte.
Un visage familier apparut, enveloppé d'une capuche reliant des habits couleurs nuit. Un arc dans la main, le rôdeur s'approchait de l'elfe sans accorder un regard à l'encapé.

-Kor Alanaël! S'exclama Ganéus à demi-voix, saluant son supérieur en posant ses deux mains sur l'arc.

"Kor"? Cette désignation indiquait-elle une place particulière dans cette famille, Vec' n'aurait pas la réponse tout de suite.

-Des nouvelles? S'enquit prestement l'elfe.

-Pas encore,
répondit le rôdeur en renversant sa capuche, dévoilant ses cheveux bruns mi-longs. On attend simplement sa mise à mort.

Son ton était neutre au possible alors qu'il accordait enfin un regard à l'encapé:

-Vous savez quoi faire.


Interloqué, Vectelion garda le silence, préférant s'en référer à Alanaël. Même si ce qu'il savait lui suffisait pour s'exécuter, il n'en perdrait pas une miette pour en savoir plus. Retournant son attention, l'elfe lâcha un dernier sourire:

-Je ne vais pas vous apprendre votre métier, Monsieur Vectelion. Nous nous retrouverons ici même quand Ander sera mort.

-Revenez au crépuscule, j'ai assez d'une journée pour retrouver mes repères dans cette jungle.

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 Sujet du message: Re: Les portes de Dahràm
MessagePosté: Lun 28 Avr 2014 17:31 
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Localisation: Darhàm
Se réveiller sur une plage de sable peut être agréable, cela peut l’être oui. Mais pas quand c’est le naufrage et la mort de tous vos compagnons qui vous y a amené. Ce genre de réveil rappel un peu le lendemain de soirée trop arrosé à la taverne d’un port… Sauf que là ça pue le goémon et la chair fraîche. Aussi étrange que cela puisse sembler dans mon malheur je me suis retrouvé sur une plage non de la ville de Dharàm… Ça aurait pu être pire et ainsi me réveiller près d’une ville elfe où je n’y aurai guère rencontré de personnes amical.

Ainsi j’arrive devant les portes de la ville des bandits. La grande porte si on peut l’appeler comme ça ressemble à n’importe quelle grande porte de n’importe quelle autre cité. En effet elle est composée d’une herse en métal épaisse protégeant une porte en bois sur laquelle on peut y voir divers motifs entrelacés les uns sur les autres représentant tantôt des tentacules d’un quelconque animal tantôt des courants marins. Les murs ou ce qui en reste sont couverts de lichen et sont un assemblage disparate de bois et de pierres remplis de moisissure. Ce qui frappe le plus en arrivant à Dhàram c’est l’atmosphère si étrange qu’elle dégage. Avant même d’y pénétrer on y entend le bruit des mouettes et des corbeaux qui j’en suis sur festoient sur la place publique. Une odeur de sel d’algues et de poisson vous frappe les narines. Les bruits aussi sont significatifs, il y règne un brouhaha hors du commun une résonnance de sons des plus disparates allant des cris des marchands des pêcheurs ou des habitants en général au hurlement des victimes de la milice sur la place publique. Avant de pénétrer dans la cité des pirates il me faut patienter dans une file d’attente qui semble interminable. Il s’agit pour les troupes d’Oaxaca de contrôler si nous sommes des espions ou des résistants la perspective de s’attirer les foudres de ces poètes dans l’âme ne tente guère je veux surtout trouver un emploi une manière de gagner de l’argent … Des gens d’arme empêchent toute personne de quitter la file, file composée de tous les rebuts des campagnes environnantes ainsi que de nombreux nécessiteux.
Vient alors mon tour de passer au contrôle. Se dirige vers moi un homme grand de taille et large d’épaules. Il porte une cuirasse en métal légèrement moins rouillée que celle de ses compagnons ce qui doit en faire le chef. A cela s’ajoute un casque en cuir bouilli. On est tout de suite impressionné par sa moustache broussailleuse et mal rasée qui lui donne un air de brute au relent d’alcool ce qui j’en suis persuadé doit être fort près de la réalité.
« Ton nom et vite… »
Pris de court car encore un groggy je réponds
« euh Vassily Nedrasky »
« Et tu viens faire quoi ici ? J’ose espérer que tu n’es pas un prêcheur ou pire encore un sal espion à la solde de Kendra kâr »
« Votre méfiance est toute naturelle mon brave mais en fait non, déjà je ne puis guère me fondre dans la masse d’une ville comme Kendra Kâr ayant quelques démêlés avec la justice locale… Ils n’ont guère apprécié que mon activité professionnelle consiste à alléger les cales de leur navire de tout ce qui est précieux… Bon faut dire aussi qu’on allégeait les navires de l’équipage, ce qui il faut l’avouer ne créer point de liens amicaux. »
« Hahaha un vrai sang pourpre alors ! Bon, bon j’imagine que ça ne sert à rien de te garder trop longtemps ici j’imagine que tu ne comptes pas aller à Dharàm pour y faire du tricot. »
« Diantre vous êtes perspicace ! Non en effet le navire sur lequel je servais en tant qu’humble matelot vient de sombrer ce qui fait que je me retrouve sans travail or cette ville est une véritable aubaine pour toute raclure comme moi ! »

[color=#FF0000]« C’est bon les gars on le laisse passer, et dis donc si un jour on se recroise on pourra se vider un godet ! Histoire de quoi ! »[/color]

(((Je savais bien que le margoulin était porté sur la distillation !)))

« Et comment ! Ce ne sera pas un mais au moins quatre qu’il nous faudra boire ! »
« Bon allez fille y a encore du pauvre à attendre »
Sur ces bonnes paroles je pénètre officiellement dans la ville la plus malsaine du monde ce qui signifie donc la plus parfaite !

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 Sujet du message: Re: Les portes de Dahràm
MessagePosté: Lun 15 Sep 2014 12:47 
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Localisation: En déperdition dans les mains de GM14
J’arrive à courir, à marcher plus longtemps qu’avant. Mon endurance et ma résistance a augmenté au fur à mesure. Ma progression dans la nuit est importante, le jour se lève et je ne ressens pas encore les effets de la fatigue. Je parviens enfin aux portes de la ville de Dahràm. Il y a des plus en plus de personnes. J’entends des rumeurs comme quoi un immense tsunami a ravagé le port de la ville. Il a dû se passer exactement la même chose qu’à Omyre, des morceaux de l’île où nous étions, ont provoqués ce cataclysme.

J’espère que Xéolian n’a rien, je m’en voudrais si je perdais mon meilleur compagnon d’une façon aussi bête. De plus, je l’ai laissé sur les quais avant que nous partions. Le seul espoir que j’ai, c’est que son instinct l’a sauvé. Il va déjà me falloir pénétrer dans la ville avant de commencer mes recherches.

Il y a des gardes aux portes, ils semblent contrôler quelques personnes. Une fois arrivé à leurs hauteurs, l’un d’eux m’arrête et me demande :

D’où venez-vous ?

Omyre, le port a été ravagé comme votre ville. J’en ai profité pour m’extirper de l’esclavagisme que j’y ai connu.

Vous ne vous foutez pas un peu de nous ? Un esclave avec vos armes, j’ai le droit d’y croire.

Il s’agit des armes de mon tortionnaire qui est mort dans un éboulement. J’en ai profité pour prendre son équipement, je n’allais pas m’enfuir les mains vides.

Oui puis vous avez été nourri comme les autres vu la masse physique que vous avez. Vous allez commencer par retirer votre écharpe et montrer votre visage.

Je ne pense pas que ceci soit possible. J’ai été grièvement brûlé et vous risqueriez d’avoir une vision d’horreur. De plus voir mon visage ne vous changera pas grand-chose.

Si essayer de savoir si vous êtes un de ceux qui sont à l’origine de ce désastre. Il paraît qu’une troupe d’aventuriers ont défiés Oaxaca et que certains l’ont même rejoins.

Et biensûr vous connaissez leur nom et leur visage à tous.

Biensûr, nous avons reçu des descriptions. Je trouve que vous vous défendez drôlement.

Ecoutez, je suis épuisé, je viens aider à reconstruire et vous me cassez les pieds à l’entrée.

Soudain un de ces collègues vient le chercher en lui disant qu’ils ont un suspect et qu’il faut l’escorter jusqu’au cachot. Il me regarde et me dit :

Circulez.

(J’ai eu de la chance pour une fois.)

Je pénètre dans la ville et me dirige vers les quais.

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Trois êtres distincts pour une seule âme et une destinée


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 Sujet du message: Re: Les portes de Dahràm
MessagePosté: Dim 15 Fév 2015 00:33 
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Localisation: [Quête 34] Kendra Kâr



Nul bipède géant ne s'intéresse au banal vol d'un oiseau, surtout quand un ciel sombre lâchant une pluie lourde s'obstine à faire croire à une nuit certaine. Lentement, j'amène mon harney noir et bleuté à se poser. J'ai choisi un point particulier pour cela, un créneau de l'une des tours de la cité, près des portes. Dahràm. Ma destination. Quelque part ici se trouve ma prochaine cible, que je ne dois pas tuer malgré la haine que j'ai à son égard. J'ai besoin de ses informations d'abord. Tandis que ma monture secoue le bec après avoir été frappée par une goutte, je me tourne vers mes ailes, avisant le chemin que j'ai parcouru.

Je ne pense déjà plus à la femelle aldryde et au semi-elfe que j'ai grandement blessés, mais je revoie quelque peu mon voyage depuis. Sans ce boulet vivant à trainer, la route a été des plus simples, surtout quand l'animal qui me porte peut aussi voler. Du moins, elle aurait du l'être. Mais à peine ai-je quitté les montagnes que le temps s'est obscurci, et mes deux jours de voyage ont été pénibles. Vent par rafales ou absent, eau froide malgré la saison, cuir trempé me collant à la peau et écarts à faire au-dessus des campagnes n'ont pas amélioré mon humeur. Peu d'endroits où s'abriter aussi. J'ai du passer mon repos contre mon oiseau dans l'un des rares arbres encore debout, quand mes cauchemars sanglants me laissaient tranquille.

Dans la campagne où les herbes font parfois ma taille, j'ai vu des groupes de grandes gens s'écharper sans ménagement. Un autre s'est fait balayer lors d'un assaut contre des charrettes. Le fleuve que j'ai survolé était ponctué d'embarcations où des frictions avaient lieu aussi. Plus curieux encore, j'ai vu dans certaines étendues laissées sans cultures des choses saugrenues. Quelques carcasses d'animaux que je n'ai pas reconnu, finissant de pourrir, mais surtout des navires dont la coque était parfois fracassée contre un arbre ou un rocher.

Un pays étrange, et rempli d'abrutis s'il est de coutume d'essayer d'utiliser des bateaux sur la terre ferme, mais surtout sans foi ni loi. Cela me plait et en même temps me fait froncer les sourcils. Cela signifie que je peux perdre mes fléchettes dans de la chair si j'en ai envie, mais je ressens une inquiétude grandissante. Je suis venu ici pour porter secours à Dae'ron, le mâle aldryde capturé par un groupe mercenaire. Et apparemment vendu à habitant de cette ville que je regarde en ce moment avec mépris. Un lot de bâtisses informes, construites ou reconstruites avec des matériaux morts. Une juxtaposition de tombeaux où ces géants insupportables de races diverses prétendent vivre.

La pluie tombe sans discontinuer sur mon casque, ruisselant contre mes ailes, et alourdissant mes habits de peau tannée. Que je déteste mais auxquels j'ai fini par m'habituer, hélas. Plus besoin de me préoccuper de nettoyer ma tenue maintenant, et l'eau a le bon goût de masquer la puanteur certaine du lieu. Mon visage a beau demeurer impassible, la corruption nourrie par ma colère et ma haine trahit mes pensées en mordant de plusieurs taches charbon la base de mon cou. Ma main noircie se pose dans mon dos, sur le métal froid de Plume d'Argent, la javeline du protecteur aldryde arrimée au bagage de ma monture. Ce ciel noir m'apaise. Le contact glacé aussi.

( Avec un temps pareil, l'hinïon que je cherche doit se trouver à l'abri dans son repaire préféré. Et il n'y sera sans doute pas seul. )

Mes yeux se plissent, et je tente d'apercevoir l'auberge que le géant dont j'ai tailladé le gras a mentionné. Vu le rideau d'eau qui choit, c'est peine perdue. Claquement de langue contrarié. Retour de la mauvaise humeur. Au moins, je suis à peu près maître de moi et arrive à réfléchir. Mais cela n'empêche pas une pointe d'angoisse de demeurer dans mon sternum à l'idée que je perds du temps. Je m'efforce de garder un rythme de respiration calme. Je vais avoir besoin de toute ma tête si je dois affronter ma cible, surtout en lieu fermé.

Ma main rendue claire par son lien avec l'orbe de lumière tapote le cou de mon harney. L'oiseau émet un sifflement agréable et répond à ma demande quand je l'incite à décoller. Je scrute alors les ruelles irrégulières des lieux, cherchant une enseigne m'indiquant cette soi-disant auberge du voyageur. Le plus simple est hélas de m'abimer les yeux sur des silhouettes de matelots venant du port pour se pochetronner allègrement avant de repartir.

( Vue la tronche de la cité, ce genre de bicoques ne doit pas manquer. )

Au moins, j'ai l'avantage de pouvoir voler au-dessus des toits, écourtant mon temps de recherche. Avec de la chance, je n'aurai pas besoin de salir mes yeux sur chaque recoin boueux de cette ville pour trouver l'endroit.



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"Être libre, c'est ne pas s'embarrasser de liens."


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 Sujet du message: Re: Les portes de Dahràm
MessagePosté: Ven 5 Juin 2015 16:03 
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Localisation: He ho ! On rentre vers l'château !
(Avant)

(1)



Les voilà enfin ces murs ! Pas trop tôt ! Avec la gamine qui se raccroche à elle en chouinant, même la garzoke commence à fatiguer. Faut dire que MAYA est dans cet état depuis qu'elle a pigé être en route pour une maison de passe. Les yeux humides, le nez qui coule, les pieds qui trainent. Elle aurait presque l'air malade avec sa peau qui devient super pâle.

Aux portes, il y a quelques humains. Pas des gardes. Z'ont pas d'casque, pas d'épée sortie et surtout ils picolent. Et bien en plus. Y'a tellement de bouteilles vides qu'il y en a un qui trébuche dessus. Et roule, et roule et paf le type sur le dos façon araignée. Ses bras et ses jambes qui battent l'air, cognant les autres au passage. Et vlan, bagarre d'ivrognes.

La rôdeuse les regarde au passage, beuglant un encouragement en poussant la gosse dans la ville. Pas que ça à faire après tout ! Elle est stoppée par un humain large qui fait à peu près sa taille, presque chauve, et avec une armure en cuir. L'air méchant, il demande si elle vient d'Omyre. Un simple non sans préciser qu'elle arrive des marais, et le grand débile lui fout la paix. Il doit attendre quelqu'un sans connaître sa tronche. Il a une tête d'abruti, et est pourtant le moins minable qu'elle ait croisé. Dahràm promet de franchement l'amuser !

L'estomac de Zu'Gash se fait entendre. Mais pour bouffer, faut des yus. Vendre la gamine serait le plus rapide, mais sale comme elle l'est, aucune maquerelle n'en voudrait, même pour vider les pots de chambre. Y'a donc besoin d'aller refiler une ou deux peaux en magasin, passer par une auberge décrasser la petite, puis trouver un bordel plutôt riche.

Zu'Gash fronce le pif. La ville, ça a toujours été moche. Celle-là est encore plus bizarre avec ses baraques faites de tout et n'importe quoi. À se demander comment certaines tiennent debout. Et brooom, un toit qui glisse et s'éclate dans la rue d'à côté. Aller s'enfermer entre des murs, quelle idée à la con. D'une, tu ne vois pas d'où arrivent tes ennemis. De deux, pour peu qu'un magicien fasse l'imbécile, et y'a plus d'mur pour tenir ton toit. Et de trois, déplacer une paillasse ou une peau, c'est quand même plus facile qu'une bâtisse. 'Sont vraiment trop cons les citadins.

La rôdeuse trouve que ça pue franchement. Même pour elle, habituée à l'haleine du clan ou la puanteur des cadavres, l'odeur la rebute. Peut-être parce que le mélange entre pisse, sueur, dégueulis et poissons pourri se retrouve partout. En plus, la boue d'ici s'accroche plus aux bottes que celle des marais. Et les gens qui y vivent, alors là... Entre deux marins bourrés qui chantent faux, des femelles pas fraiches exhibant leurs mamelles au tout-venant, et les gosses des rues foutant le bazar, y'a pas à dire, c'est pas l'meilleur quartier. Mais qu'ils y viennent ! Ils feront connaissance avec son porte-bonheur en os !

L'idée d'aplatir un nez rouge fait rire la garzoke. Sa gueule est si grande ouverte qu'elle s'étrangle sur une mouche de passage. Enfin, c'était gros pour une mouche. Et ça croquait sous la dent. Reniflement, crachat verdâtre au sol. Tant que c'était pas une chiure de mouette, pas de quoi s'y attarder.

Au détour d'une ruelle, un gosse plus petit que MAYA percute la rôdeuse. Aie ! En plein dans la blessure en guérison de son bide ! Ça saigne pas ? Non ? Bah alors, ça va. Surprise de Zu'Gash quand la fillette aux longs cheveux bruns se jette à corps perdu sur le gamin et le plaque au sol. C'est pas son poids à elle qui pourrait le blesser, mais elle porte encore les peaux. C'est que ça, ça fait du poids. Déjà qu'elle est pas bien épaisse. Et pourquoi elle a fait ça, c'te gosse ?

"Eh ! T'as beau êt' jeune, tu vas pas les prendre quand ils savent à peine marcher, hein ?", s'esclaffe-t-elle avant d'apercevoir quelque chose dans les mains de la petite. "Ah bah ?", s'étonne-t-elle en découvrant sa bourse.

Ah oui, elle n'est plus à sa ceinture. La garzoke ne l'avait même pas remarqué. Elle a l’œil cette gosse. Tranquillement, avant que d'autres rats aient la même idée, la peau-verte ramasse son petit sac. Le garder à la ceinture, c'est pas malin. Faudrait pas qu'ça recommence. Elle tire alors les cordons, tout en marchant résolument sur la main du morveux.

"Fais gaffe où tu mets les pattes, toi. Coquin.", fait-elle avec une voix mielleuse qui la débecte elle-même. La minauderie, c'est vraiment dégueulasse.

Elle accroche le sac à son cou, le laissant pendre sous sa tunique. Sa grande main relève l'esclave brune. À peine debout, le gamin cherche à se carapater, mais ne s'en tire pas sans un coup de pied bien senti dans le fion. C'est fou comme un tire-laine détale encore plus vite avec un peu d'élan. La grande main de Zu'Gash se pose sur la tête de la fillette et l'ébouriffe.

"T'as l’œil, gamine. Garde-le, ça peut t'servir plus tard.", sourit la grande brute avant de pousser la gosse. "Allez, une échoppe pour m'faire un peu d'fric, et on enchaine."

Grands yeux de la petite MAYA. Et la voilà qui se remet à renifler. Ben quoi ? Elle ne croyait quand même pas qu'empêcher un voleur de lui piquer ses yus allait changer quoi que ce soit à son avenir, non ?

Y'a pas à dire, c'est con un gosse.



(Après)

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Dernière édition par Zu'Gash le Ven 3 Juil 2015 15:22, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les portes de Dahràm
MessagePosté: Jeu 25 Juin 2015 16:36 
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Alentour de Dahràm-Un soir de pleine lune


Les remparts de Darhàm, haut d'une dizaine de mètres, se découpent sur le ciel d'un bleu profond éclairé par la pleine lune. Quelques nuages sont là et se déplacent au gré du vent.
Des torches installées précairement sur quelques parties des remparts montrent l'état de délabrement avancé de la construction : Des planches de bois pourrissantes non remplacées, des pans entiers du mur manquant. Même la végétation n'est pas entretenue, des plantes grimpantes recouvrent la plupart des meurtrières les rendant par le fait inutilisable.

(Tout ceci est honteux. Père n'a surement pas connu Darhàm dans cet état de décrépitude...)


Néanmoins il était trop tard pour faire la fine bouche et trouver un autre endroit où séjourner. Je fais mine de ne rien remarquer et continue donc d'avancer vers la ville et aussitôt arrivé à hauteur de la porte, j'entends une voix me héler. Un garde à l'allure patibulaire s'approche. Ses longs cheveux gras lui retombent sur les épaules, ses sourcils sont broussailleux. Sa barbe est mal entretenue, et là où elle n'est pas suffisamment épaisse, je peux voir des boutons purulents. Il me scrute sans me lâcher une seule seconde, et tandis que sa main droite tient la torche, l'autre est négligemment posée sur son menton orné d'un bouc taillé en pointe. Il n'a pas d'arme, surement trop coûteux à entretenir, et son plastron en cuir bouilli est cabossé.

"Que fait un nabot comme toi dehors à cette heure ?" demande le garde d'un ton rude.

"Je ne cherche pas d'ennuis Garde, simplement un endroit où dormir , me restaurer, et pourquoi pas passer un moment en galante compagnie."

"Peut-être que ce sont les ennuis qui vont te trouver..."

"N'essaie pas de m'intimider, laisse moi passer sans faire d'histoire, je t'en serais gré."

"Passer ? Bien sûr que tu peux passer, mais avant... Il te faudra t'acquitter de la taxe."

"Depuis quand une taxe est exigée pour entrer dans cette ville, pardon ce trou à rat ?"

"Depuis que je suis de service. Maintenant, il est tard, si tu n'acceptes pas de payer, alors tu peux dégager !"

"Tu n'as pas le droit d'exiger ça de moi ! Hors de mon chemin garde de pacotille."

"Tu penses vraiment pouvoir faire quelque chose contre moi le nain ?Tu n'es...Pas de taille !"

Le garde rigole à sa propre blague et repris aussitôt son air sérieux.
La tension continue de monter entre les deux protagonistes. La hache dans le dos de Korben devient de plus en plus tentante pour lui... Mais il ne peut se résoudre à tuer ce garde pour une affaire d'extorsion. Certes il y est question de son argent, mais ce n'est pas non lus un sauvage.

(Je vais devoir y venir aux mains si ça continue... Il l'a bien cherché cela dit.)

"Bon maintenant laisse moi passer ou je te donne une correction."

"Si tu me touches... Tu auras toute la garnison sur le dos."

" Va chier !"

D'un geste fluide, je me défais de mon arme et fonce tête baissé dans le garde qui, sous la violence du choc, se plie en deux et tombe à terre. Peinant à reprendre son souffle, le garde met un genoux à terre, et leve sa main pour demander un répit.

"Tu es décidé à me laisser passer sans plus me causer de tort ?"

"Tu...tu .."

Le garde respird douloureusement, il commence à tituber vers la porte et une fois à côté de la tourelle la surplombant, demande de l'aide.

"Venez m'aider ! Un nain veux me tuer sans raison aucune !"

J'ai à peine le temps de réaliser ce que vient de faire ce con, que deux autres gardes sortent du bastion, aussi chichement équipé que le premier. Mais au final , qu'importe l'équipement, ils sont trois, et très rapidement, ils m'encerclent.

"Tu va déguster ! Taper un garde de la ville, c'est s'en prendre à tous les gardes."

Un des trois hommes m'agrippe par les bras, et le premier garde s'avance, il balance un crochet du droit en direction de mon ventre. Un craquement sinistre se fait entendre, et le garde hurle.

"Aaah ! Ma main ! J'ai mal... Ce maudit nain porte une cotte de maille sous ses vêtements."

Profitant de ce moment de relâchement, je balance ma tête en arrière, en direction du menton du garde qui me retient. Il lâche lui aussi un grand cri et me laisse libre de mes mouvements. Mais...Ils étaient trois, le dernier garde, retenant la leçon, me frappe de sa main gantée la joue droite. Je crache le sang qui s'est accumulé dans ma bouche et je me prépare à affronter le dernier garde en état de combattre, tandis que les deux autres comatent.

"Tu n'va pas t'en sortir à si bon compte nabot."

"Je n'ai fais que me défendre ! Votre ami a voulu m'extorquer de l'argent pour avoir le "divin privilège" d'entrer dans la cité." Lui dis-je d'un ton sarcastique.

"Qu'importe tes mensonges ! Tu as agressé un garde dans l'exercice de ses fonctions. Pour cela tu va payer."

Je prends une grande inspiration , et passe à l'attaque en chargeant vers le garde mais il semble que mon action était prévisible, et d'un bond sur le côté il esquive ma charge. Puis il abat son pied dans mon dos pour me faire tomber. Heureusement je réussi à reprendre mon équilibre et je lui fais de nouveau face. Décidant de changer de tactique, j'attends qu'il s'approche. Je laisse mon regard braquer sur lui, attendant le bon moment pour attaquer.
Au bout de quelques secondes il lance un nouvel assaut, il essaie de me frapper au niveau des tempes pour me sonner et prendre un avantage décisif, mais je prends soin de dévier ses coups, toujours en attendant le bon moment pour abattre mon poing. Une nouvelle offensive de sa part, je commence à être mal en point mais j'ai repéré chez lui une faille. Il lève toujours son bras gauche vers moi quand il s' apprête à me frapper avec sa main droite ce qui le laisse pour quelques secondes vulnérable. Et justement il recommence à lever le bras gauche, et au moment d'abattre son poing droit, quand plus rien ne protégeait son visage je bondis en avant pour le frapper au menton. Il tombe en arrière et c'est à ce moment donné du combat que je comprends qu'il me faut en finir. Je balance mon pied dans son nez, lui brisant, puis un autre, dans la tempe, cette fois il s'évanouit pour de bon.

Après ce rude combat à mains nues, je récupère ma hache et décide de partir car d'autres gardes peuvent arriver. Épuisé je m'éloigne de Dahràm, déçu... Cette deuxième rencontre n'a pas été idéale non plus. Mais je ne désespère pas, la troisième va peut-être être la bonne...

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J'suis tête en l'air... Merci à Dame Itsvara pour c'te superbe signature !


Korben's Song.


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 Sujet du message: Re: Les portes de Dahràm
MessagePosté: Dim 1 Nov 2015 21:17 
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Aeglos était enfin libéré des égouts et tentait désespérément de rejoindre les portes de cette maudite Dahràm, cité remplie de pirates, de dégénérés et de prostituées. Le Sindel était loin du faste de la cour de Tahelta, de ses banquets avec ses amis concepteurs d'Aynore et ceux de l'armée du Naora pour échapper à la vie monacale auprès du grand prêtre des Maenausters ainsi qu'à ces traîtres de prêtres de Sithi. Il avait voyagé dans différents mondes et il s'en était toujours sorti alors pourquoi en serait-il différemment sur le continent de Nirtim ? Ses habits étaient assez crasseux pour pouvoir se faire passer pour un clochard mais ses oreilles effilées et sa peau laiteuse contrastaient avec la populace locale et les agents de la demi-déesse sombre, progéniture infâme de Thimoros et d'une humaine démente surveillaient cette cité de débauche avec une extrême minutie et ne prenaient pas des pincettes pour torturer des Sindeldi perdus. Une bruine envahit les rues de la cité maritime mais celle-ci ne dissuada pas les habitants de cheminer à travers les avenues et les ruelles dont le pavais était couvert de purin et d'animaux en décomposition. En bref, un décor paradisiaque pour un mécréant mais un véritable enfer pour un elfe gris, de surcroît un mage. Il essaya de se rassurer en se disant qu'en moins d'un mois, il serait en Nosvéris, à admirer les belles montagnes à la neige éternelle et à suivre la voie des fidèles de la déesse de la glace et de la beauté, Yuia. Néanmoins, le ciel gris et les relents d'air salin, de corps pourris et de poissons séchant sur des étendoirs dans le quartier des marins. L'alcool et l'urine baignaient aussi cet air malsain et pesant. Si Bouhen n'était déjà pas une ville des plus agréables, Dahràm remportait le prix de la ville la plus sale. Avisant une toile laissée sur le sol, il s'en servit comme châle pour cacher ses attributs elfiques. Se fondant dans la foule en se voûtant à cause de sa haute taille du fait de sa race et faisant mine de s'appuyer sur sa canne comme un vieillard, il passa aussi rapidement que possible la porte nord de Dahràm, il crut y arriver jusqu'à ce qu'une peau verte ne l'arrête. Son visage était démoli, son nez se rapprochait plus du groin du porc qu'autre chose. Il était dépourvu de cheveux et avait perdu son œil droit.

- Toi ! Le vieillard ! Arrête-toi un peu ! beugla-t-il de sa voix cassante.

Aeglos tenta de continuer, faisant mine de ne pas être concerné par l'appel d'un patrouilleur, cependant bien vite, le factionnaire courut jusqu'à lui et donna un coup de pied sur son bâton, le renversant, la face contre la terre humide. N'osant pas bouger, le soldat lui donna d'autres coups de pieds en ricanant, puis s'éloigna en grognant dans sa langue. Il semblait qu'il l'avait pris pour sa victime et s'était légèrement amusé sur lui. Se relevant rapidement en se tenant les côtes, il quittait enfin Dahràm.

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 Sujet du message: Re: Les portes de Dahràm
MessagePosté: Mar 16 Fév 2016 22:47 
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Inscription: Mar 19 Jan 2016 23:05
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Après une heure de marche je peux enfin voir se dessiner les portes de la ville. Mon cœur s’emballe, pour cause, je sais que d’ici peu de temps, ce cloaque ne sera plus qu’un lointain souvenir. Je dois prendre un nouveau départ, me choisir un nouveau nom serait déjà un bon début mais je n’ai pas d’inspiration.

(Adieu les séances forcées, les brimades et autres joyeusetés !)

Je suis enfin libre, délivré d’une cage dorée qui m’emprisonnait, empoisonnait mon âme. Je savoure cette pensée à la manière d’un grand cru.

Je continue d’avancer la tête baissée afin de m’éviter des tracas et fends la foule compacte qui est agglutinée devant les arches. Je joue un peu des coudes, provoque quelques grognements mais parviens finalement devant les gardes. Ils semblent blasés, eux pour qui la journée se résume bien souvent à rester en position, et à attendre. Qui ne baillerais pas d’ennuis avec ça ? Dès que je me suis extirpé de la masse grouillante, j’entreprends de courir vers l’extérieur.

La plaine qui me fait face est balayée par un vent furieux, animant cette crinière végétale, lui ordonnant de rester fièrement dressée. Il me suffit d’élever le regard pour qu’il embrasse un nouveau paysage tout aussi magnifique. Les montagnes s’imposent à l’horizon, intangibles et immortelles, telle les gardiennes muettes d’un monde en constant mouvement. Elles défient le temps en le regardant droit dans les yeux, symbolisant la victoire dont l’Homme ne pourra jamais que rêver.

Je me détache de ce spectacle et aspire une grande bouffée d’air frais. J’ai l’impression de revivre, le vent recelant une saveur depuis longtemps perdue de vue, oubliée. Pendant quelques secondes je reste immobile face au vent violent et ressens alors le besoin impérieux d’hurler ma joie, de l’exprimer aussi fort que possible. J’ouvre grand la bouche et me laisse totalement aller, j’ai l’impression d’être un enfant qui crie en pensant obtenir une réponse du ciel. En chacun de nous sommeil une bête avide de liberté, la mienne en a été trop longtemps privée.

Je termine en invoquant le nom de mon sauveur, je me prosterne et déclare avec ferveur :

« Ô Phaïtos, Dieu des dieux, toi qui a légué à de pauvres mortels un don si puissant, je t’implore d’accepter ma prière. Toi qui m’a sauvé d’un destin peu enviable, je te jure de me vouer à ton culte. Moi, le misérable, fait une promesse solennelle, gloire te soit rendu. »

Une fois ma prière terminée je me redresse de tout mon long et contemple, avide de liberté, le monde qui s’offre à moi, qui n’ai jamais connu que la servitude.
Je réalise soudain que le temps joue en ma défaveur et entame le périple jusqu’à Kendra Kâr. Tout ce que je sais tient à quelques indications comme quoi Kendra Kâr se trouve être à l’opposé de Darhàm. En soit rien de compliqué, si j’exclus les risques liés aux rencontres avec des monstres ou des bandits.

(Ou des bandits chevaucheurs de monstres... terrifiant !)

Pendant un long moment je marche sans croiser âme qui vive, puis, la chance tourne finalement et je peux apercevoir à quelques mètres un chevalier équipé d’une armure rutilante, sa monture broute l’herbe à quelques pas.

Je me dirige aussitôt vers lui, me présente et d’un ton plein d’espoir lui demande sa destination. Il me zieute avant de rétorquer :

« Kendra Kâr mon mignon, bien que je ne vois pas en quoi cela t’intéresse. »

Mes yeux s’illuminent et avec un sourire matois, m’agenouille face au chevalier.

« Je pourrais devenir, le temps d’un voyage, ton… Ecuyer ! T’aider à retirer ton armure après une longue journée, te… Soulager si tel est ton souhait. »

Cette dernière proposition ne m’enchante guère, pour cause, l’homme n’est pas beau avec ses traits burinés et sa voix rauque, pourtant, c’est sans aucun doute la seule chance d’atteindre rapidement Kendra Kâr pour retrouver l’amulette.

Le chevalier éclate alors d’un rire tonitruant.

« Nul besoin de vendre ton cul mon mignon. En revanche, m’aider pour mon armure, aller chercher de l’eau et du bois pour le feu, là tu m’intéresses bien plus ! »

Il me tend alors sa main et je l’aide à se relever. Il est plus grand que moi, d’au-moins une tête et sa barbe est mal taillée, m’évoquant un taillis broussailleux.

« Au fait, moi c’est le chevalier Gaudium. »

Ce nom résonne avec férocité dans mon esprit, il me rappelle à un passé lointain et révolu, comme une réminiscence. Mes parents m’avaient appelé ainsi, avant de me vendre… Ce nom est le mien, mon vrai nom. Je décide de ne rien dire au chevalier Gaudium pourtant je me sens secoué. Moi aussi avant j’avais droit à un nom me définissant…

(Pourquoi ne pas en choisir un nouveau alors…)

Je réfléchis, laisse mon esprit dériver et me fixe finalement sur un nom. Insanis. Ce nom m’appartient désormais, me désigne comme un être à part entière que je compte dorénavant utiliser. Mendax n’était qu’un nom d’usage, donné par des monstres, il ne me convient plus.

Il finit par me faire signe d’y aller et grimpe sur son destrier avant de me tendre une main secourable. Le trajet débute sous les meilleurs auspices.

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Merci à Inès pour cette magnifique signature !


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 Sujet du message: Re: Les portes de Dahràm
MessagePosté: Dim 21 Fév 2016 03:15 
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Précédemment : ici

Les deux silhouettes s'avançaient à travers la nuit. Elles marchaient sans un mot, s'approchant des portes de la ville. Elles savaient qu'elles ne pouvaient plus rester à Dahràm. Lorsque à la fois le pouvoir officiel et le pouvoir officieux se liguaient contre soi, il fallait partir. Dans le ciel, les étoiles, multiples yeux célestes, observaient ces deux passants qui filaient à travers la ville déserte à cette heure-ci. L'animation était forte, sans doute, du côté du port, mais elles n'y étaient pas.

« Je connais un endroit où nous pourrions nous cacher en attendant. C'est non loin de la ville et complètement abandonné. »

La petite fille leva les yeux aux cieux. Elle observa la noirceur de l'éther, l'éclat de ces drôles de lumière qui se reflétaient dans ses larmes. Elle acquiesça simplement et elles partirent sans un regard en arrière.

Suite : ici

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