L'Univers de Yuimen déménage !


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 Sujet du message: Re: Route entre Omyre et Dahràm
MessagePosté: Mar 24 Juin 2014 10:14 
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Ma première nuit dans ce nouveau corps me donne quelques douleurs articulatoires et musculaires, heureusement fort supportables. Pas tous les jours qu’on prend le double de son poids ! Une chance qu’avec l’apparence, je n’ai pas chopé l’odeur de transpiration rance que le cadavre avait. C’aurait certes fait plus authentique, mais c’aurait juste paru bizarre qu’un garzok soit écœuré de sa propre odeur. Le jeu d’acteur s’en serait retrouvé plus difficile.

Ce matin, heureusement, pas de groupe d’ennemis belliqueux et assoiffés de mon sang. Je suis seul dans mon petit bosquet. Enfin seul… Si l’on excepte le rat qui m’a volé la moitié de mes réserves de viande sèche en fouillant dans mon sac pendant que je dormais, mais à choisir, je préfère ça à la cohorte de garzoks. Ainsi, mon petit déjeuner est frugal. Une chance que je ne sois plus très loin de l’antique forteresse d’Oaxaca. Je déjeune vite fait, bois une longue gorgée d’eau, et remballe mes affaires pour partir, ajustant mon déguisement pour qu’il soit impeccable. Juste avant de partir, je lâche un renvoi terrible, qui fait trembler mes fondations.


(Hé ben ! T’es à fond dans le rôle.)


(Wah… J’sais pas d’où ça sort, ça.)

(Bah t’as vu la taille de ton gosier ? Pa étonnant que ça résonne autant.)

Sans plus tarder, je me mets en marche. Le ciel, bien que le soleil soit levé depuis pas mal de temps, alors que j’avance vers Omyre, est toujours aussi sombre qu’à mon réveil. Un épais couvert nuageux enveloppe le paysage dans des ténèbres presque éternelles. De quoi donner la pêche aux garzoks et sektegs qui n’aiment que peu la lumière du soleil.

C’est dans cet environnement sombre que j’arrive, avec ma tronche d’orque, à proximité de la grande ville noire…

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 Sujet du message: Re: Route entre Omyre et Dahràm
MessagePosté: Ven 12 Sep 2014 12:15 
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Me voilà en route pour ma ville natale, je vais enfin pouvoir montrer qui je suis. Il est grand temps que le sang coule pour une raison valable. J’ai accepté la voie de la prêtresse noire, mais dans cette course à la puissance tous les moyens sont bons. Je sais qui je suis tout au fond de moi, tout comme mes amis. J’en viens à me poser des questions d’un autre ordre, j’ai toujours jugé les actes d’Oaxaca comme maléfique. Parce qu’elle a toujours avancé en détruisant les choses et surtout que j’ai en quelque sorte toujours écouter les pseudos érudits des grandes villes comme Kendra Kar. Au final quand je regarde tout au fond de moi, je vois que je suis en train de faire exactement la même chose pour libérer mon peuple. Quand elle a conquis une partie des terres de Yuimen juste pour accomplir ce qui lui était le plus cher à son cœur.

Je veux d’un avenir meilleur pour mes frères et sœurs, mais sera-t-il meilleur si je ne réduis pas à l’état de cendre ce qui existe actuellement. Je me dois de détruire le pouvoir en place, d’exterminer les matriarches et surtout les anciennes croyances. Au final, je ne fais exactement pareil que celle que j’ai toujours voulu vaincre. Je vais provoquer la désolation juste pour mon égo surdimensionné, mais je me dois quand même d’aller jusqu’au bout. J’ai fait la promesse à Flora qu’un jour nous pourrions voir les Shaakts marcher à la lumière du jour sans avoir à craindre la moindre des représailles.

Au fur à mesure que je perçois la dualité de mon âme face au bien et au mal, plus je me rends compte qu’il y a un équilibre qui se forme. La neutralité est la meilleure des solutions, en effet pour tout acte vertueux effectué des hordes de monstres assoiffés de sang se lèvent. Par contre pour tout meurtre, carnage ou dévastation des êtres aux cœurs purs se dressent face à eux. Je me dois de voir le monde avec un regard différent. Je suis aujourd’hui l’un des êtres les puissants parcourant les terres de Yuimen, je me dois de respecter l’équilibre inscrit par la nature. Je suis le bien et le mal, je suis la lumière et l’obscurité, la vie et la mort,…

Soudain, je vois des yeux bleus apparaître devant moi et ces paroles :

Tu comprends enfin qui nous sommes réellement Daio. Nous sommes au cœur même de l’équilibre comme bon nombre de personnes que tu as rencontré jusqu’à maintenant. Certains font pencher la balance vers le bien et d’autres vers le mal. Ne crois pas que tu es un élément clef de l’équilibre, tu ne pèses pas plus lourd qu’une plume.

Michel se dresse devant moi et continu :

Je préfère quand tes actions sont en faveur du bien, mais nous n’avons parfois pas le choix que de faire ce qui est de plus obscure pour pouvoir avancer. Nous sommes là pour te conseiller dans tes choix avec Jack, après libre à toi de choisir celui que tu écouteras. N’oublies pas pourquoi tu fais ce que tu veux faire et respecte l’équilibre.

Il s’estompe et disparaît à nouveau. J’avance sur la route de Caïx Imoros, le regard vide et mon esprit plongé dans le royaume des songes. Je me dois de respecter un équilibre, contrairement à bon nombre le bien et le mal m’habite en permanence, ils se côtoient, ils dansent ensemble et par moment l’un prend le dessus sur l’autre ainsi mon destin sinue en permanence sur la ligne de la neutralité. Je me dois de montrer ce qu’est capable le déchiré, je me dois de montrer ma puissance à ce monde.

Soudain je vois des personnes me regarder fixement, elles sont pourtant rares à voyager sur ce chemin. Je ne leur prête pas attention, quand j’entends dans leurs paroles mon nom. Je m’arrête net et m’approche, je peux lire la peur dans leurs yeux. Ils tremblent comme des feuilles, si je fais le moindre geste, ils se sauveront immédiatement.

Comment savez-vous qui je suis ?

Un homme décide de prendre la parole et me dit d’une voix tremblante :

Vous êtes bien Daio Ichioama ?

Oui, pourquoi ?

Tous se reculent de moi et certains s’éloignent de plus en plus prêt à s’enfuir. Je commence à lever la main pour dire qu’ils ne craignent strictement rien quand ils se mirent à courir. J’ai juste le temps d’attraper par le haut de la tunique de celui qui m’a parlé. Je le soulève de terre quand celui-ci dégaine une lame. Il tente de me la planter en plein cœur. J’arrête la dague avec ma main, elle traverse mes chairs, je serre les dents afin de ne pas broncher. La colère m’envahi, je ne dois pas y céder. Je referme ma main meurtrie sur l’arme et l’arrache des mains de mon assaillant.

Ne me tuez pas.

Il m’attaque ouvertement et après il se met à pleurer, à renifler et à me supplier de ne pas le tuer. Qu’est-ce que ce délire ? Pourquoi ces gens sont terrorisés par moi ? Pourquoi m’attaquer aussi rapidement et ouverte ? Je le repose au sol et le regarde avec des yeux sévères:

Pourquoi m’attaquer ?

Vous avez vendu votre âme à Oaxaca. Vous portez sa marque, vous qui avez défendu Kendra Kar. Vous êtes comme tous les Shaakts, perfide et manipulateur.

Mon sang ne fait qu’un tour, je ferme mon poing meurtri et le lève prêt à frapper l’homme de toutes mes forces. Au fond de moi, j’entends la voix de Jack me hurler de cogner, de montrer qui je suis et de faire régner la terreur. Il serait tellement simple de frapper encore et encore, de lui faire cracher le sang, lui faire sauter les dents, lui broyer les os,… Mon poing tremble sous le mélange de l’excitation et de la retenue. Le sang se met à goutter tombant sur le sol en un rythme lent et régulier. Si je le frappe, je ne ferais que lui prouver qu’il avait raison, mais lui dire que j’ai fait ceci pour amener un équilibre serait me trahir du côté d’Oaxaca. Je suis convaincu que je suis observé en permanence.

J’abaisse ma main et lui dis :

Les nouvelles vont vites ici. A peine revenu que tout est su et surtout comme quoi j’ai rejoint les rangs d’Oaxaca. Alors je vais te dire autre chose que tu pourras aller dire partout, je suis le champion de Khynt.

Je vois son visage se décomposer au fur-à-mesure de mes paroles. Je saisis le par l’épaule et arrache une manche de sa tunique. Je me bande la main blessé et m’éloigne tranquillement. Une fois assez loin, des larmes naissent au coin de mes yeux. Je vais devoir vivre comme un paria exclu de tous afin de pouvoir réussir ce que je veux.

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 Sujet du message: Re: Route entre Omyre et Dahràm
MessagePosté: Sam 13 Sep 2014 11:30 
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Je suis donc maintenant connu sur tout Nirtim comme étant un traite à l’ordre en place. Peu de personnes peuvent comprendre que pour arriver à tout ce que l’on veut, il faut accepter ce choix. Je suis donc recherché par des assassins Shaakts pour ma traîtrise vis-à-vis des matriarches et maintenant pour couronner le tout ma tête doit être mise à prix par la cité blanche. J’espère juste que la rumeur que je suis le champion de Khynt se repende assez rapidement pour décourager bon nombre de chasseur de prime.

(Par contre ceux qui viendront, seront certainement puissants.

Donc intéressant.)

Dans ma mélancolie, Jack arrive à me tirer un sourire avec son enthousiasme dans l’hypothèse d’un combat aussi intense. Il adore le combat, l’arène était un régal pour lui. J’admets que cela me manque quelque peu. De sentir l’odeur du sable chaud, d’entendre les hurlements de la foule, l’excitation à chaque coup, le sang qui coulait,… Je ne pourrais pu jamais remettre les pieds dans l’arène de Kendra Kar, déjà que j’ai été banni pour l’exécution d’un nain et maintenant que j’ai la marque d’Oaxaca, je ne pense pas que je sois le bienvenu.

(Je pense que cela pourrait-être une force pour toi d’avoir la marque d’Oaxaca. Tu pourrais jouer le soldat infiltré.)

Michel n’a pas tort, mais jouer sur le tableau de l’infiltration présente un risque non négligeable. Je ne sais pas encore ce qu’implique ce tatouage, ils peuvent peut-être me suivre à la trace ou encore savoir ce que je fais et dis. De plus, je me retrouve avec deux orbes que je n’ai aucune idée à quoi elles peuvent servir. J’en tiens une dans le creux de ma main, mais je n’en sais pas plus pour le moment. Je regarderais ceci plus tard, pour le moment je dois accélérer sérieusement le pas pour rejoindre Dàrham puis Caïx Imoros.

Le chemin est terriblement ennuyeux, la solitude est pesante surtout après avoir vécu une aventure entourée de nouveaux et anciens compagnons. La nuit commence à tomber, il est temps pour moi de m’installer dans un coin pour me reposer quelque peu. Je m’éloigne du chemin et m’adosse à un affleurement rocheux. J’espère qu’il n’y aura pas une quelconque créature ou chasseur de prime qui viendra me déranger dans la nuit. Soudain Jack apparaît et sourit un instant puis fini en me faisant un clin d’œil. Si j’ai bien compris, j’ai mon garde du corps pour la nuit. Je m’endors tranquillement.

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 Sujet du message: Re: Route entre Omyre et Dahràm
MessagePosté: Dim 14 Sep 2014 22:57 
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Une petite pluie matinale vient me réveiller tranquillement, mais froidement. Au moment où je commence à ouvrir les yeux, mon cher camarade Jack me donne des coups de pieds dans les jambes pour me secouer. Je le regarde et grogne, il aurait pu trouver une autre solution. Il se met à rire puis disparaît en disant que c’est à lui de se reposer maintenant. Je dois donc me débrouiller seul pour le reste du chemin si en prime, il se réveille, je pense qu’il sera le plus désagréable au monde.

Il faut que je trouve une solution afin de me rendre méconnaissable, je commence à être trop connu. Il est quand même intéressant de noter que mon nom fasse trembler bon nombre de personnes. Je veux bien faire beaucoup de choses pour passer inaperçu, mais je ne veux pas non plus me défigurer sauf si cela reste la dernière et unique solution.

De plus le passage à Dahràm ne risque pas de me simplifier la vie, une ville rempli de racaille et si je suis reconnu. Je n’ose pas imaginer le nombre de timbré qui vont tenter de me tuer. Michel apparaît et marche à mes côtés. Nous commençons à discuter sur divers moyens de devenir méconnaissable. Au final nous ne ressortons qu’une idée qui pourrait être valable en l’état des choses actuelles. Je défais ma cape et la déchire en la moitié. Je commence à m’entourer le visage avec, mais mes cheveux représentent un obstacle. Mon double me regarde et dégaine sa hache. Je ferme les yeux et incline légèrement en signe d’approbation. Il saisit la queue de cheval que je possède et la tranche nette d’un coup de hache.

Je fini par dissimuler mon visage et regarde Michel. Celui-ci se met à rire et me demande si cela n’est pas forcément plus inquiétant que de me montrer à visage découvert. Je lui réponds que nous devons donc nous dépêcher pour nous rendre à Dàhram afin de savoir. Il disparaît en me lançant le soin de nous diriger rapidement vers la ville. Je rattache les lambeaux de ma cape. Maintenant que je suis plus léger sans mon casque et mes bottes en acier. Je vais pouvoir courir plus rapidement et il est temps de voir si mes capacités physiques sont plus important avant ce voyage sur l'île des 13.

Dahràm me permettra aussi de récupérer Xéolian et donc de me déplacer beaucoup plus vite par la suite. La nuit commence à tomber, je ne veux plus perdre de temps, je me dois de continuer.

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 Sujet du message: Re: Route entre Omyre et Dahràm
MessagePosté: Ven 28 Nov 2014 00:57 
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«H'reda... H'reda.»

« Tu sais, poulette, répéter son nom ne mènera à rien. »

Après une longue route sur les chemins escarpés, Hrist avait trouvé un vieil abri de berger. Une maisonnée de pierre empilées les unes sur les autres, totalement dépourvues de mortier mais l'âge avait fait pousser un épais lierre autour des pierres qui avait ralenti et empêché la chute de celles-ci. L'intérieur était recouvert d'une poussière de sentier et d'un antique fourrage qui avait été adopté par de nombreux insectes. Il y avait même quelques os de rongeurs morts il y avait des mois. C'était bien suffisant et elle avait connu bien pire.

« Je ne suis pas vraiment avancée... »

Elle avait finit par ouvrir le parchemin cacheté. Ses questions planaient toujours, le message avait été rédigé dans une langue qui lui était totalement inconnue et malgré ses années passées à lire des ouvrages divers lors de sa jeunesse, elle ne parvenait pas à reconnaitre le moindre mort.

« Je n'arrive même pas à en déterminer la langue. »

Ses yeux fixaient le vide. Le vent griffait la pierre et hurlait à l'extérieur. Entre ses doigts, un petit lapin gisait, mort. Elle avait profité du pouvoir de Cèles pour l'attirer et le tuer pour s'alimenter, mais elle ne le portait pas à ses lèvres. Elle appuyait doucement sur son corps mort encore chaud et son pelage douillet, les yeux toujours rivés dans le vide.

« Je doute. La milice m'a envoyé bien loin pour résoudre un problème dont j'ignore tout. Je crois que je ne voyais pas mon ascension de cette façon. »

« Je comprends. Oaxaca est pas venue te féliciter et te donner une tape dans le dos. Je serais toi, je lui flanquerai ma botte où je pense ! Non mais. »

Cèles disait vrai. Hrist avait été trop gourmande sur ce fait, elle s'en rendait compte à l'instant, perdue dans les sentiers poussiéreux et abandonnés dans un nébuleux voyage.

« Hum. Tu sais, quand tu étais dans l'arène et que tu as pu tuer les deux immenses guerriers ? Et bien, toute la foule avait crié, tu es encore portée par la voix de ceux qui t'admirent et qui ne vois en toi qu'une féroce machine à tuer. Cette fois-ci, c'est tout différent. Tu n'as plus de public, tu es dans l'ombre, mais il faut garder cette rage de toujours qui t'anime. Toutes les trahisons, tous ces traumatismes qui te hantent la nuit. Tu n'as pas oublié ta captivité, plus jeune à Omyre lorsque tu te faisais torturer, encore et encore.»

Hrist hésita à relever ses manches. Elle se savait recouverte de cicatrices, la plus visible était d'ailleurs sur son visage, du menton jusqu'à la lèvre, mais le plus douloureux c'en était la cause. Elle n'avait pas osé se défendre, étant trop faible ou ayant refusé de se battre, elle s'était laissée faire lorsque l'orque lui ouvrait doucement le visage. L'esprit était plus fragile que la chair.

« Tu as été bafouée, rouée et cordée, mais lorsque tes yeux se sont ouverts, tu as mis fin à ce cauchemar, tué tes bourreaux d'une façon terrifiante avant d'exposer leurs coeurs au public... Et puis après tu pris la fuite parce que dans la lutte, les rideaux avaient pris feu, puis la maison et la moitié du quartier et une bonne partie de ses habitants... »

« Le gobelin brûlé ne fait pas partie des bons souvenirs d'un nez. »

« Ce que je veux dire, c'est que tu vas devoir user de ton passé. Tes souffrances sont ton plus grand pouvoir, elles alimentent ta haine, une terrifiante colère qui touche tout ce qui vit au monde, même les Dieux. C'est grâce à ta haine et ta fureur que tu es vivante aujourd'hui. »

Hrist fixa toujours le néant.

« Bon... Tu te le bouffes, ton lapinou ?»

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La petite ombre de la Mort à Elysian.

Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
Au milieu des cercueils,
Où la Mort Noire tient le registre des trophées qu'elle a conquis.


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 Sujet du message: Re: Route entre Omyre et Dahràm
MessagePosté: Sam 29 Nov 2014 00:21 
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La route était longue et difficile. Hrist ne voulait pas s'arrêter et malgré sa monture exténuée, elle n'avait pas fait de halte de la journée, ce n'était que lorsque le cheval s'était rebellé non loin d'un point d'eau que la femme décida finalement de camper ici.

Le terrain était à l'abri des regards, un petit point d'eau qui s'était creusé au milieu du courant, non loin du chemin mais dissimulé derrière un monticule de roches rendues lisses par le vent. L'eau y était potable, dans le doute, elle attendit que son cheval ne la boive avant de s'y mettre à son tour.

« Partir pour quelques jours sans provision digne de ce nom n'était pas très futé. »
« La chasse nous va si bien. »
« Tu n'y connais rien, à la chasse. Je fais venir un lapin ou un bouloum et toi tu lui dévisses la tête, rien de plus. »

Hrist était dans une sorte de passage à vide, un mélange de doutes et d'espoirs. Elle se rendait de plus en plus compte que sa nouvelle vie n'avait rien à voir avec l'ancienne. Les contrats de meurtre étaient faciles, elle pourfendait un noble de temps à autre et gagnait de quoi tenir des semaines à Tulorim.

Elle avait beau y penser et y repenser, elle ne comprenait pas comment elle en était arrivée là. Peut-être était-ce la mort ?

Quoiqu'il en était, les routes étaient désertes et jusqu'à présent, elle n'avait rencontré personne. La mer n'était plus loin, elle sentait les embruns la nuit et entendait de temps en temps le chant criard des mouettes. Cette nuit la, elle s'endormit non loin de son cheval, à même le sol, les yeux vers les étoiles.

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 Sujet du message: Re: Route entre Omyre et Dahràm
MessagePosté: Sam 28 Mar 2015 11:46 
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Le sol commence à devenir un poil plus résistant sous les bottes. L'air pue moins le cadavre mais n'a rien d'une brise propre. Le soleil est presque couché, ce flemmard, et un beau "plouf" vient briser les "spouitch spouitch" de la marche en marécage. Zu'Gash s'arrête et jette encore une fois un regard par-dessus son épaule. La fillette d'une douzaine d'années est encore vautrée dans la fange. Sauf qu'elle commence à s'y habituer. Cette fois-ci, elle a pensé à se servir de ses mains plutôt que de sa tronche pour amortir sa chute.

C'est que ça finit par apprendre les esclaves. Mais sa tunique à la garçonne n'a plus rien de son coloris clair et bleu. Maintenant, elle est bouse, comme sa longue tignasse noire. Mais la garzoke s'en fout. Tant que les peaux que la gamine porte ne sont pas salopées, tout va bien. Lanterne élevée, la peau-verte avise la petite avec son sourire moqueur sur la tronche.

"Oais, nan, mais quand même ça devient saoulant. J'savais qu'z'étiez pas costauds les humains, mais au bout d'quinze fois, même moi ça me fait plus marrer.", lâche la rôdeuse, se contredisant dans un grand éclat de rire en s'approchant.

La fillette se raidit quand la grande main l'agrippe au bras encore une fois. Elle va finir par développer de la corne à force ! Mais l'esclave n'articule pas un mot. Si ça se trouve, elle est muette. Ou alors elle ne connait pas la langue commune. Ce serait bizarre, mais après tout, l'ancien clan de la garzoke avait bien un guérisseur qui brillait dans le noir.

La poigne de la peau-verte relève l'enfant dans un geste brutal. L'orque grimace un peu à la sensation de tiraillement de sa blessure au ventre. Elle en sourit aussitôt. Si ça fait mal, c'est qu'ça guérit ! Enfin, si Luriol a bien fait son boulot et qu'ça veut pas dire qu'elle a une sangsue collée dans les boyaux. La fillette se redresse sous le poids des rouleaux de peau et des provisions, tente un pas en avant et retombe à genoux.

"Ben alors ?", fait la peau-verte en haussant un sourcil. "T'as pas fait un pas qu't'es encore par terre ?"

L'esclave demeure étrangement digne, fixant les bottes de la garzoke. Elle sursaute quand, quelque part dans la pénombre les entourant, elle entend comme un glapissement. Ses yeux noirs tentent de scruter les alentours. Pour rien, forcément. Il fait aussi noir que dans le slip en rat de Brukag ! Pas qu'elle ait voulu le savoir, hein ? C'était un accident. Et ça avait été franchement dégueulasse.

Zu'Gash agrippe le poignet de la fillette et la soulève. Sauf que la petite n'a plus de forces dans les jambes. Et elle retombe dans un "splatch" entre tonalité d'eau boueuse et raclement de gorge avant mollard.

La rôdeuse gratte son crâne à deux tresses de sa main libre. Elles ne peuvent pas s'arrêter là, y'a que de la vase dans le coin. Pas envie de se lever couverte de limaces ou autres bestioles des marais. Et puis, Zu'Gash a encore la forme, elle ! Elle pourrait bien marcher une bonne journée de plus ! Décidément, les humains sont des créatures bien faiblardes. À se demander comment ils sont censés être des gêneurs pour les chienschiens d'Omyre. Quoique, les garzoks là-bas sont des citadins. Sont pas foutus de faire dix pas sans s'essoufler dans des armures de métal.

"Allez, debout. On arrive à la sortie des marais.", indique la rôdeuse en tendant le pouce derrière elle.

La fillette demeure tétanisée, à scruter les ombres. Zu'Gash lève ses yeux rouges au ciel étoilé qui s'amène, puis avise le bagage de l'enfant.

"Bon, ben reste là alors. Et viens pas m'emmerder quand tu te seras fait bouffer.", lance-t-elle en agrippant rudement le sac où les rouleaux de peaux et les vivres se trouvent.

Elle l'embarque vivement sur son épaule et reprend la route, sans adresser un regard à la petite. Après tout, une esclave infoutue de se rendre utile peut bien crever là. Cela lui fera moins de yus à gagner en ville, mais ça retardera les créatures des marais mangeuses de garzoks. Reste à savoir si les bestioles s'intéresseront à cette gamine à la peau sur les os. Sauf que ce n'est pas son problème. Tant que Zu'Gash a ses jolis rouleaux, de quoi bouffer et ses bottes neuves, elle gardera son grand sourire sur la tronche.

"Splitch splitch splitch" ! En quelques pas s'arrachant à la boue, la petite a trouvé la force de bondir et de s'arrimer au bras à arbalète de la rôdeuse. Cette dernière la regarde en haussant un sourcil. Capricieuse cette esclave. Elle avait l'air de ne pas pouvoir faire un pas de plus, et la voilà qui bondit comme un lapin à l'idée de se faire bouffer. Elle est débile. Ce serait pourtant plus simple pour elle de se faire boulotter là plutôt que de faire tout le trajet, juste pour être vendue dans un bordel à Dahràm, non ?

La gamine agit comme une sangsue. Ou une entrave quelconque. Les deux bras autour du membre supérieur de la rôdeuse, elle tremble et trempe tout ce qu'elle touche. Elle lui fait penser à une souris. Mais qui couinerait pas. Y'a juste un grondement soudain qui se fait entendre. Une fois. Et encore une autre. Et ce n'est qu'au bout de la sixième que Zu'Gash comprend ce qui se passe.

"Ah ben ? Parce qu'en plus faut que j'te donne à bouffer ?", sourit la garzoke en baissant son regard sur l'enfant. "Tu m'as fait un putain d'cadeau empoisonné, Brukag. M'en souviendrai !", lâche-t-elle en se tournant vers le chemin parcouru, et éclatant d'un rire porcin au passage.

La gamine lève vers elle des yeux ronds, se tenant l'estomac d'une main.

"On avance encore un peu, et j'verrai quoi t'filer.", annonce la peau-verte. "Mais s'tu t'casses la gueule encore une fois, t'aurais plus qu'à l'rêver ton repas. Faut apprendre à marcher et se démerder à ton âge !", se moque ouvertement la rôdeuse, reprenant son allure à grands pas lourds et inélégants.

Un autre grondement commence à se faire entendre. Zu'Gash se marre, la lanterne métallique élevée au niveau de ses épaules. Faut croire que les estomacs ça peut communiquer. La peau-verte commence aussi à avoir la dalle ! D'ailleurs, ça a quel goût déjà un humain ?


(Après)

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Dernière édition par Zu'Gash le Jeu 7 Mai 2015 18:39, édité 3 fois.

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 Sujet du message: Re: Route entre Omyre et Dahràm
MessagePosté: Lun 30 Mar 2015 22:50 
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Quand les bottes de la rôdeuse tapent le sol du sentier défoncé, il fait nuit noire. Il n'y a que la lanterne métallique de vraiment visible. Et encore, la peau-verte en a diminué l'intensité. Pas folle. La voie qui relie la cité noire et celle des pirates est toujours plus ou moins habitée. Et généralement, par des gens qu'on aime pas voir. Détrousseurs, lépreux, prêcheurs et assassins s'emmerdant tellement qu'ils tuent le premier qui croise leur route. Et cette fois, elle n'a pas le clan autour d'elle pour donner le change. Un sourire demeure sur sa face à crocs. Zu'Gash fait un pari avec elle-même, se demandant sur quoi elle va tomber en premier.

"Poc ! Tac tac..." La petite a trébuché sur une pierre, l'envoyant ricocher plus loin. Elle se retient au bras musclé mais la rôdeuse s'en fout. Ce qui l'emmerde, c'est ce bruit. Un frottement. La gosse traine tellement des pieds que la tanneuse se demande quand le cuir va lâcher. Quel gâchis. Aucun respect pour le boulot de l'artisan celle-la !

Tout autour, les bruits des bestioles nocturnes des marais se font entendre. Grenouilles, criquets, piaillements de prédateurs ailés ou pas. Bref, l'endroit désert est loin d'être silencieux. Et si on ajoute les grondements d'estomacs, la symphonie est complète !

"Bon, ça suffit.", clame soudain la rôdeuse, faisant sursauter l'esclave.

Sans ménagement, elle la tire hors de la voie ponctuée de trous et de flaques, l'amenant près de buissons rachitiques. Pas une feuille dessus, mais pas d'épines pour autant. Parfait pour s'y adosser. La grande main de la garzoke pose rudement la lanterne, déploie le couchage, s'y pose de tout son poids et s'empare d'un morceau de pâte trop cuite. Elle mord dedans, grimace puis mâchouille et rote si fort qu'elle en fait sursauter la fillette. Debout comme une conne, la petite se tient le coude sans bouger. Elle a des yeux ronds, comme un petit rongeur apeuré.

Zu'Gash arrache un autre morceau épais mais l'avale trop vite. Elle tousse, expulsant sur la fourrure l'aliment qui a failli l'étrangler. Pas question ! Elle l'empoigne, le frotte contre sa cuisse et le reprend en bouche. En voyage, tant qu'ça s'est pas changé en poussière, la bouffe, ça se bouffe !

"Ben alors ?", fait la peau-verte en avisant la silhouette de la gamine. "J'croyais qu't'avais la dalle.", ajoute-t-elle en tendant son biscuit amer entamé dans sa direction.

L'esclave fait un petit pas en arrière, masquant sa bouche. La rôdeuse hausse un sourcil. Elle en fait des manières cette morveuse pour un peu de salive ! Ou alors c'est le biscuit qui lui revient pas. Elle a pas tort. Luriol sait soigner. Par contre, pour ce qui est de faire cuire quelque chose sans cramer toute la végétation du coin, c'est pas le meilleur. Et le plus drôle, c'est que ce qu'il veut cuire finit toujours à moitié cru et à moitié brûlé. Tout un art ! Mais il fait des efforts pour mettre des herbes pas trop pourries pour masquer l'odeur infecte. C'est déjà pas mal !

Zu'Gash lève le nez, mâchant bruyamment la bouche ouverte. Elle observe l'esclave. L'enfant se tient les bras. Elle grelotte. Normal. Il fait nuit, il fait froid, et à force d'être tombée dans la flotte, ses fringues sont gorgées d'eau. Si la gosse reste comme ça, elle va chopper du mal. Et une esclave déjà pas foutue de mettre un pied devant l'autre qui tombe malade, c'est un gaspillage de yus à court terme ! La garzoke prend une décision. Elle coince sa bouffe entre ses crocs, se redresse un peu, choppe la gamine et l'attire à elle.

Une fois la fillette agenouillée entre ses jambes étendues, Zu'Gash agrippe la tunique humide et lui ôte sans ménagement. Elle fait de même avec le pantalon, grognant quand le vêtement résiste au niveau des bottes. Autant la gamine est tétanisée en perdant sa tunique, autant l'attaque contre son pantalon la fait se débattre vigoureusement. Ses petits poings fermés s'agitent maladroitement. C'est drôle. Elle ne sait pas du tout ce qu'elle tape. Le vide, la plupart du temps. Et elle ne fait franchement pas le poids contre la garzoke rigolarde.

"Assez joué. T'arrêtes de gesticuler ou j'te déboite les épaules.", fait la rôdeuse après avoir mastiqué un bout de son biscuit tombé.

La menace fonctionne. Elle en profite pour examiner le corps de profil de la petite. Enfin, les zones que ses petits bras ne parviennent pas à couvrir. Immonde. Une peau pâle, lisse, parfaite. Ponctuée de boue à cause des chutes, mais pas la moindre cicatrice ni trace de coups ou d'égratignures. Ah ? Par contre... En un battement de cils, Zu'Gash a attrapé une brindille, l'a faite chauffer et l'a appliquée. Une paire de sangsues chute du dos clair. La rôdeuse les choppe, les renifle puis les balance avec force. Les bestioles s'éclatent dans un bruit dégueulasse sur le chemin.

La gamine se recroqueville quand la poigne de la garzoke la fait se tourner vers elle. La tête brune est baissée. Les bras masquent la forme pas encore là de sa poitrine.

"Enlève tes pattes de là. On est deux filles, t'as rien que j'ai pas. Enfin presque.", s'amuse la peau-verte en avisant la zone sous le nombril de la gamine. "Mais j'compte pas te piquer tes boyaux. J'ai assez à bouffer dans l'sac."

Les yeux rouges parcourent la peau et découvre une tâche de naissance sur son sein gauche. Pas facile à voir, la fillette se penche en avant, tremblant de tout son corps. Elle ne chiale pas, mais n'en a pas l'air loin. Satisfaite, Zu'Gash décide de saper la petite avec une de ses tuniques de toile. Le vêtement est trop grand. La gosse nage dedans. Brutalement, la garzoke fait encore se tourner la petite, ramasse son biscuit, et plaque le dos de la gamine contre elle. C'est toujours aussi chaud les morveux ? Première nouvelle. Au moins, entre la fourrure et la gamine, pas besoin de faire un feu pour la nuit.

Zu'Gash émet un bâillement sonore avant de plaquer rudement un fruit sec dans les mains de l'esclave. Sans un mot, elle-même se remet à mordre dans sa pâte trop cuite, les oreilles pleines des gueulantes des insectes du coin. Quel bordel ça peut faire ces petits machins ! Contre elle, la fillette cesse peu à peu de trembler et mord enfin dans le fruit. Toujours pas un mot, même quand le côté acide de la bouffe doit lui garnir la gueule. Bah, au moins elle ne se plaint pas. Pas comme les innombrables esclaves femelles que la rôdeuse a déjà côtoyé.

Appuyée contre le buisson, la garzoke émet un rot sonore, se racle la gorge et crache sur le côté. Deux fois. Elle se mouche dans ses doigts, les essuie contre sa jambe et recouvre la forme de la gamine de ses longs bras. L'enfant tressaille, se raidit, mais ne dit toujours rien.

"Pionce vite. On r'part avec le soleil.", lâche la peau-verte avant de bâiller à s'en tirer les larmes. "Et pas d'conneries. J'ai pas l'sommeil lourd."

Zu'Gash diminue encore l'intensité de la lanterne et regarde en l'air. Le ciel est dégagé, la lune est haute, et y'a pas un souffle de vent. Elle esquisse un sourire amusé. C'est un temps idéal pour une embuscade nocturne. Reste à savoir si quelqu'un a eu la même idée. Rien pendant une poignée de minutes, sauf la silhouette de la petite qui s'affale contre elle. Infoutus de rester réveillés plus d'une journée ces humains. Enfin, au moins, la rôdeuse va avoir la paix pendant quelques heures. Et elle n'a perdu qu'un fruit sur son lot de bouffe.

Si elle pouvait marcher toute seule, elle serait pas si mal cette petite !


(Après)

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Dernière édition par Zu'Gash le Jeu 7 Mai 2015 18:51, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Route entre Omyre et Dahràm
MessagePosté: Dim 5 Avr 2015 11:20 
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(3)



Bâillement guttural et mouvement brutal réveillent la gosse en sursaut. L'aube se pointe, faisant se lever la rôdeuse avec une grimace. Premier constat, elle a mal au bide. La petite a pesé de tout son poids sur elle en pionçant. Deuxième truc, elle a du se poser sur une pierre. Son fion est tellement défoncé qu'elle ne le sent même plus en se levant. Ce qui est sûr, c'est qu'elle est pas prête de reposer son postérieur par terre, fourrure ou pas !

Première chose qu'elle fait, après avoir éjecté la gamine de ses jambes, c'est d'avaler un morceau. Et d'en filer un à la petite. Elle ne mange toujours pas des masses et la boucle encore. C'est bien, mais c'est chiant aussi.

"Tu pourrais pas gueuler pour voir ? C'silence, ça m'gave.", lance la rôdeuse en roulant le couchage du pied. Pas de réponse, sauf un signe de tête négatif de la gamine.

Zu'Gash s'y intéresse le temps d'un échange de regards puis s'en fout, ramassant ses affaires. Pas qu'elle ait envie de se faire gueuler dessus, mais ne pas entendre son nom dans la bouche beuglante de Brukag lui manque un peu. Juste le temps qu'elle ramasse son sac et laisse l'autre à la petite, en fait. La fillette a à peine la chance de remettre ses fringues tâchées et de se charger des fourrures que la rôdeuse reprend la route, mâchonnant encore un biscuit dégueulasse mais qui cale.

Milieu de matinée sur sentier défoncé. Pas un rat. Bizarre. Soit les brigands en tous genres pioncent encore, soit elle a du bol. Elle l'a à peine remarqué qu'au détour d'un virage, elle aperçoit un chariot. Enfin, ce qu'il en reste. L'air pue la charogne, et il ne faut pas longtemps pour comprendre pourquoi. Le véhicule en bois et à deux roues est renversé, criblé de flèches pétées. La mule au sol est bourrée de mouches et de vers. Dommage. Un peu plus fraiche et elle l'aurait bien dépecée. Sauf qu'elle a déjà bouffé et que boulotter des vers qui passent leur temps à gigoter en bouche, ça n'amuse pas longtemps.

"Merde alors. J'ai perdu mon pari.", fait Zu'Gash en regardant aux alentours.

Pas un bruit aux environs, et vu l'état de la carcasse, l'attaque s'est produite depuis un moment. Si c'était bien une attaque, d'ailleurs. Mais à en juger par les traces parallèles sur la gorge de la bête de somme, ça a du être le cas. Animal sauvage ou griffes métalliques par contre, impossible à dire.

"Héhé, voyons voir.", s'amuse la rôdeuse en lançant son sac à la fillette et s'approchant de la charrette. Vu qu'un trio de caisses poisseuses encore là, possible qu'il s'y trouve encore des trucs.

La garzoke agrippe son gourdin et éclate joyeusement les couvercles de planches qui lui résistent. Bon, elle se prend des échardes dans la main et manque de se taper sur un doigt, mais elle parvient à ses fins. La première contient un lots de gourdes en tous genres. La plus grosse est ouverte et reniflée par la peau-verte. Il y a là-dedans un liquide sentant les fruits. Une goutte sur sa langue manque de la brûler. La rôdeuse la tire sur le côté, sourit et avale une rasade.

Aussitôt après, des larmes lui montent aux yeux. Elle tousse, souriant comme une imbécile en se frottant le visage.

"Buwaaah ! Ça ! C'est... Pas d'la... Piquette !", s'amuse-t-elle en refermant la gourde. "T'en veux, morveuse ?", demande-t-elle en affichant un sourire hilare à l'air apeuré de la petite. Elle lie le contenant à sa ceinture, non sans continuer à se marrer.

Elle s'est trouvée une bonne dose d'eau-de-vie, sans doute pas faite par l'aubergiste du coin. Parce qu'elle arrache ! Même la gueule d'une garzoke endurcie ! Curieuse, cette dernière renifle les autres gourdes, mais elle n'a pas autant de chance. Cela pue le vinaigre ou les essais ratés.

La deuxième caisse est à peine remplie de tessons. Si cela a été de la vaisselle en terre cuite, cela ne se voit plus. La seule chose de pas trop inintéressante là-dedans, c'est une lame de couteau en os. Le manche en bois a souffert et s'effrite sous les doigts. Pas décontenancée, Zu'Gash improvise. Elle ramasse deux morceaux de planchette et se dirige vers l'un des buissons jouxtant la voie. Elle en casse un morceau, se servant de la sève gluante et puante comme liant. Sauf que le bois de l'arme griffe. Amusée, la rôdeuse retourne farfouiller dans les restes de la charrette. Elle déniche un long cordon type lacet, qu'elle enroule fortement autour du manche.

"Attrape !", lance-t-elle en même temps que le couteau à la fillette. "Trop petit pour moi, mais une vraie épée pour toi !", se moque-t-elle dans un rire animal.

Dangereux d'armer une esclave ? Naaaaan ! Suffit de lui souffler dessus pour qu'elle tombe cette gosse. Pas un petit couteau qui va y changer grand-chose ! Et sur ce, elle continue sa fouille. Rien d'intéressant. De petits cailloux marqués comme son bracelet d'os. Des bouts de tissu déchirés, et ce qui semble avoir été une longue écharpe. Semble, parce qu'elle est déchirée en partie. Zu'Gash l'observe. Un machin elfique ça. Y'a pas de vent, et pourtant ça flotte quand même. Brutalement, la rôdeuse l'agrippe et tire dessus, finissant la rupture. Ce truc n'est pas désagréable sous les doigts. Souffle nasal intéressé. Zu'Gash finit par enrouler la partie intacte autour de son cou. Au moins, ça tient chaud. Elle roule puis lance l'autre morceau à la fillette. Des bouts de tissu, ça peut toujours servir.

"Allez, on s'barre."

La gamine cherche visiblement à comprendre son geste, mais la rôdeuse est déjà passée à autre chose. Y'avait trop de bons trucs dans ce chariot. Bizarre que personne n'ait même pensé à ouvrir ces caisses. Et si c'était un piège, ceux qui l'ont tendu ont raté leur entrée. Quand même, Zu'Gash a l'impression qu'un truc cloche.

Ça doit venir de l'atmosphère calme. Aucun grondement ou hurlement garzok énervé. Pas de bestiole des marais se faisant égorger. C'est juste... Un poil trop tranquille.


(Après)

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Dernière édition par Zu'Gash le Jeu 7 Mai 2015 19:00, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Route entre Omyre et Dahràm
MessagePosté: Ven 10 Avr 2015 18:19 
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(4)



Zu'Gash bâille de temps en temps. Elle s'emmerde franchement. Toujours pas le plus petit pillard à l'horizon alors qu'elle avance sur un sentier défoncé, bordé d'arbres et de broussailles grisâtres. Un "toc" lui fait rabaisser le nez sur la route et jeter un regard par-dessus son épaule. La gamine a réussi l'exploit de se prendre le pied dans la seule racine émergeant du sol. Mieux, elle y a laissé sa botte et sautille sur un pied.

"Tombera ? Tombera pas ?", s'esclaffe la rôdeuse en la voyant faire.

L'esclave grimace. Résiste. Saute maladroitement. Une fois. Deux fois. Et... Elle dévie, entrainée par son sac jusqu'à tomber à genoux. Zu'Gash a retenu son souffle, curieuse de voir l'issue, et éclate de rire en la voyant au sol.

"T'es débile ! Pourquoi t'as pas posé l'pied par terre ?", rugit-elle sur un ton moqueur. "Allez grouille. On a pas qu'ça à faire."

Sur ce, elle se retourne et s'éloigne d'un bon pas. Elle a à peine fait quelques mètres que le bruit de buissons qu'on traverse brutalement la fait se retourner. Un machin avance rapidement vers la gamine encore à terre. Zu'Gash ne réfléchit pas. Elle lève le poing, cale un carreau et le décoche. Le projectile passe largement à côté de la chose, ricochant plus loin sur le sentier. Son sifflement fige l'arrivant dans son attaque, détournant brièvement son attention sur la peau-verte.

"Morveuse, j'te conseille de bouger. Fissa.", lance la rôdeuse en attrapant un autre projectile.

Elle n'a jamais vu un machin pareil. Un truc qui ressemble vaguement à un bipède entre humain, elfe et sekteg. Couleur de peau dans les tons tristes du coin virant lentement à celle du sol. Pas un poil sur l'caillou. Des oreilles un peu en pointe, mais surtout une gueule couverte de sang sec. Ah oui, et des doigts se finissant par de grosses griffes. Aussi.

Attrapant instinctivement la petite manivelle, Zu'Gash réarme son arbalète de poignet. La gamine se redresse enfin. Ses yeux sombres s'arrondissent en voyant la chose qui fait sa taille. Elle tremble. Ouvre la bouche. Semble vouloir crier mais se plaque les mains sur la tronche et se retourne vers la peau-verte. Elle n'a pas le temps de faire un pas que la bête lui saute dessus, la plaquant face au sol. Plus précisément, en plantant ses griffes dans le paquetage qu'elle porte dans le dos.

"Eh !", gueule la rôdeuse. "Pas touche à mes peaux !"

Départ d'un autre carreau. Encore loupé. Cette fois, Zu'Gash ne joue plus. À force de rater, elle va finir par toucher ses affaires ! Elle tire son gourdin d'os et pousse un cri bestial. La chose de chair braque ses petits yeux sur la gamine, puis la garzoke. Elle comprend qui est l'plus féroce et ouvre une gueule pleine de petits crocs pointus à son tour. Elle ne touchera pas un cheveu de son esclave sans avoir d'abord boulotté de sa matraque en os !

"Tu tombes bien, j'm'emmerdais. Approche ! Quoi qu'tu sois.", sourit la rôdeuse en pointant la chose de son arme.

Zu'Gash se lèche un croc et fléchit les genoux. Elle sent ses plaies tirer et s'en amuse. Quoi de mieux qu'un bon handicap pour s'amuser à fond ?


(Après)

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Dernière édition par Zu'Gash le Lun 13 Avr 2015 13:07, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Route entre Omyre et Dahràm
MessagePosté: Lun 13 Avr 2015 13:06 
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La bestiole se redresse, un pied sur le dos de la fillette. Ses petits yeux fixent la garzoke. Un pas maladroit vers elle. Un deuxième. Zu'Gash garde le sourire. Cette chose semble incapable de marcher vite. Elle boîte. D'un coup, mouvement vif, animal. La créature saute vers elle, toutes griffes dehors ! Réflexe. Pas de côté. Le truc à poil la loupe. Ses griffes percutent une pierre du sol dans un crissement ignoble. La peau-verte réplique vivement. Son gourdin vole à la rencontre du crâne de la chose. Raté. La bête ensanglantée s'aplatit au sol, évitant l'assaut.

Zu'Gash bondit en arrière, mettant ses jambes hors de portée des griffes. Elle commence à s'amuser. La chose est immonde à regarder, mais elle sait se battre. Combien de créatures se sont fait arracher la tronche par ces griffes ? Le sang de la rôdeuse s'échauffe. Son énergie physique aussi. Elle attend. Un geste vulgaire provoque son adversaire.

"Viens voir mon porte-bonheur de plus près !", tente la peau-verte, campée sur ses appuis et continuant son geste défiant la chose d'approcher.

"Kshiiii !" Sifflement entre dents acérées. Le prédateur se ramasse puis fonce vers l'avant, tendant une main griffue vers le ventre de la garzoke. Le gourdin contre l'assaut, déviant la main rougie vers le haut. Garde ouverte, opportunité de frapper. Zu'Gash ne s'en prive pas. Elle ramène violemment son arme contre la tronche de la bête. Os contre joue manquant d'épaisseur. "Sbaf" ! "Hiss " ! Et deux pas chassés de la chose. Elle n'a pas aimé le coup. Pas du tout. Elle s'énerve.

Ou pas ?

La voilà qui se détourne et plonge entre les buissons grisâtres.

"Oh ! Tu pars déjà ?", lance la rôdeuse avec une petite moue déçue.

Cinq battements de coeur. Deux de cils. Pas un bruit. Zu'Gash soupire et boude. Dommage. Elle tourne toute son attention vers la gamine, s'en rapprochant à grands pas. Sa poigne à arbalète la remet debout.

"Tu comptes la remettre un jour ta godasse ?", demande la garzoke en avisant le pied nu de la fillette.

La petite la scrute avec un air boudeur. Pas longtemps. Ses yeux s'écarquillent, sa bouche s'ouvre mais pas un son n'en sort. Sauf si elle sait faire le bruit de buissons qu'on pète en se griffant dessus. Zu'Gash se tourne et pare la petite branche épineuse s'abattant sur elle. Réflexe, mais mauvais choix. Une main griffue en profite. Elle la percute de plein fouet, traversant la protection de cuir au bas de ses côtes. Son souffle se bloque sous le choc. Elle sent trois des cinq griffes plantées dans sa chair, tirant le sang. Rudement, elle repousse la gamine, l'envoyant rouler au sol.

Sa volonté de combattre se rassemble dans son bras. Une grimace souriante reste plaquée sur sa tronche. Joli coup. Bien douloureux comme il le faut. Le gourdin chargé d'énergie physique s'abat contre le poignet à portée. Et le loupe totalement. L'agresseur bondit en arrière, arrachant ses griffes au passage. Zu'Gash devine son sang couler. Elle ricane, amusée de s'être fait surprendre comme ça. Depuis quand les monstres savent ruser ?

"Alors là, bravo !", lance-t-elle, tenant son flanc blessé. "T'es moins débile qu't'en a l'air."

Seul un sifflement furieux répond à son commentaire. La bête bipède lèche ses griffes, les lavant du sang qui s'y trouve. Beurk. Le sang frais ça a un goût de fer. Dégueulasse. Ce truc sait se battre, mais il doit avoir un palais incapable de faire la différence entre bouse et viande. Et puis, ça reste son sang à elle !

"Jouons ! Jouons ! Mais si t'approches encore une main, j'te la pète, pigé ?", lance Zu'Gash avec amusement.

Peur ou colère d'avoir été touchée ? Nan, c'est plus drôle de se battre si sa vie est l'enjeu principal, pas vrai ? Les yeux rouges de la peau-verte fixent les mains griffues. Sans elles, cet adversaire sera bien moins emmerdant. C'est décidé ! Le but du jeu à partir de maintenant va être de lui péter les phalanges sans se faire déchiqueter en premier !

Après tout, un jeu sans conditions de victoire n'est pas amusant !


(Après)

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Dernière édition par Zu'Gash le Ven 17 Avr 2015 18:29, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Route entre Omyre et Dahràm
MessagePosté: Ven 17 Avr 2015 18:27 
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Zu'Gash mouline, faisant tourner son gourdin d'os. Elle se lèche un croc. La bête vaguement humanoïde siffle. Elle hésite. Pas la garzoke. Succession de pas rapides, énergie physique qui se concentre dans son bras. Arme qui s'abat. Dans le vide. La bestiole évite le coup une fois. Une autre. À la troisième, elle réplique. Ses griffes cognent l'arbalète dans un tintement métallique. Souffle nasal de la rôdeuse. Dommage, l'arme n'était pas chargée.

Yeux rouges visant les mains griffues. Le gourdin en manque une de peu. Pourtant, la bête semble gênée. L'énergie combattive de la peau-verte a l'air de l'avoir atteint. La chose intrigue la garzoke. Elle sourit, amusée par ce détail. Sans chercher à vraiment toucher son adversaire, elle avance, frappant le vide. Sauf que la gêne ne se voit plus. Il faut croire qu'elle a besoin d'être concentrée sur ce qu'elle fait pour que ça marche. La galère ! Devoir penser pour se battre. Si c'est pas con comme idée...

"Bon, allez.", commence Zu'Gash. "T'arrête d'esquiver, que j'te finisse ?"

Sifflement de la créature. Les deux adversaires font des pas de côtés. Cette danse ennuie la peau-verte. Elle veut lui ruiner les doigts, rien de plus ! Nouvelle attaque du gourdin. Nouvelle esquive. Contre-attaque de la chose qui parvient à déchirer la manche de cuir. Zu'Gash gronde. Cette saloperie a encore abimé sa tenue ! Réagissant subitement, la garzoke parvient à frapper la main encore proche. Un simple coup. L'énergie de combat ne s'est déclenchée qu'après. Pour rien.

De la sueur commence à dévaler le front entre vert et bronze. Les blessures de Zu'Gash la fatiguent. L'utilisation de sa puissance physique aussi. Mais elle veut gagner son jeu ! Pulvériser les phalanges de la chose ! D'accord, elle aurait pu lui ruiner la tête à une ou deux reprises, sauf que ce n'est pas son but. Lui péter les mains. Lui retourner les griffes. Ça, c'est un défi amusant !

Nouveaux pas chassés. La bête semble encore en forme malgré les échanges vifs. Elle n'a pas l'air de vouloir abandonner. Zu'Gash non plus. Elle sent son coeur frapper fort, ses narines lui amener un air plus froid et poussiéreux. L'animal la traque de ses yeux puis se lance à l'attaque. Un coup horizontal évité. Un deuxième visant son épaule paré de justesse. Un troisième si fort qu'il manque de la faire tomber.

"Eh ! Mollo ! C'est à moi d'te buter, pas l'contraire !", s'esclaffe la garzoke en interceptant les griffes contre son gourdin.

Une ouverture. Elle en profite. Sa volonté combattive dans le bras, elle vise la main tardant à se retirer. L'os percute un doigt, tirant un cri guttural de la créature. Presque !

"Et un point pour Zu'Gash !", clame la rôdeuse, tout en faisant un pas en arrière.

Elle y parvient peu à peu. Son coup et le déclenchement de son énergie se font en même temps. Reste à mieux viser. La bête gronde, ses muscles se tendent. Elle se prépare à sauter ? Zu'Gash anticipe et ramène son gourdin en protection. Une putain de ruse, encore. Son adversaire change ses appuis et fond en courant sur elle. La rôdeuse réagit, abaissant son arme brutalement vers le crâne chauve. Son poignet dévie, percuté par un poing fermé.

Souffle coupé, Zu'Gash écarquille les yeux. L'avant-bras de la bête bondissante monte subitement sous sa mâchoire. Effet uppercut. Grosse douleur. Son surpris. La garzoke perd ses appuis. L'instant d'après, coup brutal lui enfonçant les griffes entre les pectoraux. La bête accompagne sa chute au sol. Incrédule, la rôdeuse sent les genoux de la créature contre son abdomen. Elle contracte son bide, atténuant la douleur au moment du choc. Cette saloperie l'a prise de court. Pas mal, vraiment pas mal pour un maigrelet dans son genre !


(Après)

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Dernière édition par Zu'Gash le Ven 17 Avr 2015 18:45, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Route entre Omyre et Dahràm
MessagePosté: Ven 17 Avr 2015 18:45 
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La peau-verte finit par grimacer et bouder. Le jeu n'est plus amusant. Et elle a une foutue pierre qui lui laboure le dos ! Sa main à arbalète agrippe celle plantée contre son torse. Elle frappe la tête de la chose avec son gourdin. Ou elle essaie. Sauf que son poignet tremble à cause de la blessure. Son adversaire le ressent à peine. Sourire moqueur.

"Dégage d'là ! T'crois... Quand même pas...", ricane-t-elle en plaquant son arme en travers du torse nu, le maintenant autant à distance que possible. "Qu'j'vais laisser un... Poids plume... M'grimper d'ssus !"

La main libre du prédateur s'arrime à son bras tendu, griffant tout ce qu'elle peut atteindre. C'est que ce gringalet tout sec en a de la force ! Et il schlingue du bec ! Pire qu'un Siffl'Croc bourré qu'aurait r'bouffé son dégueulis ! Zu'Gash ricane. Elle sent ses bras perdre en tonus. Elle ne va pas pouvoir le contenir longtemps. Ce truc pourrait gagner la partie ? Mais elle ne sait même pas si ça porte un nom c'machin !

Les griffes ne parviennent plus qu'à l'érafler. Sauf que le maintenir à bout de bras la crève. Peu à peu, le poids et la persistance de la chose la rapprochent. La rôdeuse sent venir des questions amusantes. Est-ce que ça va être un coup mortel par les griffes ou la bête va réussir à lui déchiqueter la gorge avec ses crocs ? Ou alors elle va se faire labourer le torse jusqu'à c'que son cœur tout bruyant se retrouve à l'air ? La créature est de plus en plus près. La peau-verte sourit, excitée par ce qui va se passer.

"Laisse-la !", gueule une petite voix inconnue, en insistant sur le dernier son.

Les yeux rouges de la garzoke assistent à un spectacle bizarre. Pendant que la voix hurle, y'a comme un nuage noir qui agrippe le cou de son agresseur. Les griffes se retirent vivement. Elles se plaquent contre la gorge nue de la créature, comme si celle-ci étouffait. Zu'Gash agit à l'instinct. Réunissant ses forces, elle se redresse si brutalement qu'elle éjecte son agresseur. Il roule par terre, suivi de près par la rôdeuse en nage.

Le bipède finit par se redresser, mais n'échappe pas au coup de gourdin dans la face. Un craquement accompagne le saignement de son visage. La peau-verte boude. Un point de pénalité. Elle n'a pas cassé ses mains. Oh ? Ah ! La bête se maintient la tronche, gardant une autre patte griffue en parade. La garzoke sourit.

"C'est gentil !", clame-t-elle en rassemblant ses forces.

Elle vise. Son énergie de combat parcourt son bras. Coup rapide, plus précis. Choc du gourdin d'os contre ceux de la main tâchée de son sang. Craquement dégueu et cri de douleur de la bête. Zu'Gash a réussi. Vu la tronche de la paluche, il n'y a plus un os entier dedans. Elle a gagné. Plus de raison de se retenir ! La bête étourdie évite un coup de gourdin en se baissant, mais pas le revers. Et pan ! Droit dans les dents ! Qui pètent sous l'impact, en plus.

La créature est étourdie et claudique. Elle a l'air de vouloir aller se planquer dans les buissons.

"Oh là, pas question !", rigole la peau-verte.

En quelques pas, la rôdeuse a rattrapé la chose. Elle la fait trébucher et s'étaler de tout son long.

"Ça a été drôle.", commente-t-elle en levant son arme puis l'abattant de toutes ses forces contre la tempe de la bête.

Gros craquement genre éclatement. La boîte crânienne n'a pas aimé le coup. Zu'Gash tire la langue. Son gourdin est tout tâché de rouge. Sa tenue aussi. Et elle a un gros coup de barre. Elle pousse le corps sans poils du bout de la botte, s'amusant des derniers soubresauts.

"Ben mon cochon... J'sais pas c'que t'étais, mais t'as ruiné mes fringues.", constate la peau-verte en s'accroupissant puis poussant la tête éclatée avec le bout de son arme. "Bizarre ta peau. J'suis sûre qu'j't'ai vu changer d'couleur. Est-ce que ça marche même quand t'es crevé ?"

Elle incline la tête avec une expression curieuse et plonge la main dans son sac. Elle n'aura sa réponse qu'une fois la peau extirpée du corps de ce bipède traqueur. Ses doigts se referment sur son couteau de tanneur. Elle fronce le nez. La peau-verte a mal partout. Et elle saigne à plusieurs endroits, aussi. Mais elle est soudain intriguée par un truc. Son regard rouge se braque sur la fillette. Mains contre la gorge, cette dernière la regarde. Elle a l'air pâle, genre fatigué en fait. Mais qu'est-ce qu'elle a foutu à par se casser la gueule, au juste ?

Attends voir. Cette voix tout à l'heure et ce nuage noir bizarre... Ce serait pas à elle par hasard ?


(Après)


(Tentative d'apprentissage de la CCAA "La main du géant")

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Dernière édition par Zu'Gash le Jeu 7 Mai 2015 19:24, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Route entre Omyre et Dahràm
MessagePosté: Sam 25 Avr 2015 15:45 
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(8)



La rôdeuse renifle bruyamment puis crache à côté du cadavre chaud. Elle l'agrippe puis commence à faire une entaille de sa gorge à son fion, puis le long des membres. Ce truc est encore moins gras qu'elle le croyait. Heureusement qu'elle n'a jamais eu l'intention d'le becter. Y'a rien dessus !

Pendant qu'elle s'affaire, elle bouge la tête, faisant craquer son cou.

"Dis voir la gosse.", fait-elle brusquement, chose qui surprend la gamine. "J'suis pas encore totalement tarée. C'est bien toi qu'a causé, là, nan ?"

Bref regard vers elle, mouvement de tête positif de l'esclave, retour au boulot. Qu'est-ce qu'il pue ce truc ! Bon, d'accord, un cadavre c'est censé sentir la mort, mais quand même. Il a bouffé quoi en dernier ? Elle donnerait bien un coup de lame dans les viscères pour savoir, mais ça ruinerait son travail. La tanneuse ne met pas longtemps à dépouiller le truc de sa peau. Reste à savoir si sa capacité à changer de couleur fonctionne même sans son proprio.

Debout, Zu'Gash s'avance vers la gamine en grattant la peau tranquillement. Elle ne regrette pas d'avoir piqué cet outil de tanneur à ces salopards de Brizz'Fass. La gosse pâlit, apparemment terrorisée. En la voyant encore tombée sur le cul, la peau-verte se marre.

"Nan mais t'as peur d'quoi, là ? Elle est morte c'te bestiole.", fait-elle en braquant la peau sans poils dans la tronche de la gosse. "Mais c'est vrai qu's't'y r'garde bien, ça r'ssemble presque à d'la peau d'humain. Me d'mande ce que c'était qu'ce truc."

D'un coup de pied, elle rend enfin sa botte à la petite et bouge un peu son bras lacéré. Ca pique. Faudra sans doute qu'elle crame ses blessures si ça s'arrête pas de saigner. La petite finit par se remettre debout.

"Allez, en avant. Et cause un peu. J'sais qu'tu peux l'faire.", lance la garzoke en abaissant les yeux sur la fillette.

Sauf que cette dernière fait un mouvement si vif et négatif de tête qu'elle s'étourdit. Elle est con cette morveuse, mais elle est drôle. On dirait un petit animal trouillard. Ce sera moins amusant sans elle, une fois revendue à Dahràm. Pourtant, elle semble avoir moins peur en retenant le bras à arbalète de la rôdeuse.

"Quoi ? Tu vas encore tomber ?", ricane la grande femme, et plus encore quand la petite évite désespérément d'entrer en contact avec la peau fraiche.

Succession de gestes maladroits, de mouvements de tête baissée, et au final, la gosse prend l'initiative de toucher un des trous sanguinolents de la tunique.

"Eh, c'est déjà percé. Mets pas ton doigt dedans.", prévient la rôdeuse, pas spécialement contente qu'on essaie d'agrandir le trou dans sa protection.

Finalement, après de longues minutes d'un jeu pas drôle pour la fillette, Zu'Gash lui prête la gourde remplie d'eau-de-vie. La suite est très loin d'être agréable. Déjà que les plaies à vif c'est pas sympa, mais les faire tamponner avec de l'alcool fort, même en quantité diluée, ça vous fait gueuler sa garzoke ! S'il y avait encore la moindre bestiole chassable et boulottable dans le coin, elles ont du flipper et filer à l'autre coin du territoire.

Laissant le corps derrière elles après cette expérience bien douloureuse pour tout le monde, les deux voyageuses avancent. Zu'Gash cause encore et encore, se prenant à un jeu de devinettes. La gosse parvient à lui faire comprendre qu'elle est comme cet animal noir avec une rayure blanche. Sauf qu'au lieu de se défendre en éjectant un truc qui schlingue de dessous sa queue, elle balance de la magie noire en causant. Ça explique qu'elle la boucle tout le temps. Bon, au moins, ça a servi la rôdeuse. Elle voyait bien les griffes lui transpercer la couenne une ou deux fois de plus sans son intervention.

L'ennui, c'est que la magie, c'est pas vendeur. La noire surtout. Est-ce que le moindre bordel va accepter de lui racheter une gosse qui peut faire pourrir les boyaux de quelqu'un d'un seul mot ? Pas sûr. Mais ce serait marrant à voir. Combien de temps un type mettrait à claquer si ça lui arrivait ? Et ça marche mieux sur ces petites natures d'elfes ou sur les humains ? Faudrait tester. Juste pour savoir.

Toujours pas la moindre idée de son nom à la gosse. Elle a bien essayé de dessiner des symboles, le genre qu'on trouve dans les machins plein de papier relié, mais Zu'Gash n'y pige rien. Pour elle, ce sont juste des formes bizarres. Il y en avait quatre. Un zigzag qu'on pourrait couper en deux et qui serait pareil des deux côtés "M", une sorte de pointe avec un trait dedans "A", une empreinte de piaf sauf qu'il lui manquerait un doigt "Y" et encore la pointe avec le trait.

Le reste du chemin jusqu'au soir est chiant. Pas un pillard à l'horizon, pas un voyageur sur lequel grogner, pas même un sekteg paumé à dévorer. Le hurlement de Zu'Gash a du porter plus loin qu'elle le pensait, en fait. Vivement qu'elle atteigne la ville parce que là, elle s'ennuie déjà ! Le seul truc qui a changé un peu, c'est que la gosse a moins peur d'elle. Genre, elle lui tient la main. C'est ça ou alors elle s'assure juste de ne pas se vautrer encore une fois. Finalement, elle est peut-être moins couillonne qu'elle n'en a l'air, cette MAYA.


(Après)

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Dernière édition par Zu'Gash le Jeu 7 Mai 2015 19:25, édité 3 fois.

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 Sujet du message: Re: Route entre Omyre et Dahràm
MessagePosté: Jeu 7 Mai 2015 11:24 
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Au milieu de la journée suivante, il y a un poil plus d'agitation. Les murs de Dahràm sont en vue, et des petits groupes armés de bric et de broc se tapent joyeusement sur la gueule. Autant la gosse a l'air terrorisée par les coups de dague et de gourdin dans les tronches, autant Zu'Gash s'en amuse. Elle va même jusqu'à asseoir son postérieur endolori par une autre nuit au sol sur un arbre couché. La gosse sous une main, un biscuit dégueu dans l'autre, elle mâchonne et regarde.

Il y a cinq individus qui se tapent dessus, trois autres qui observent et deux chariots tirés par de vieilles mules pleines de puces. L'un des deux a une roue brisée, d'ailleurs.

"Eh !", interpelle-t-elle un autre badaud à capuche, la bouche pleine. Et miom, crac et slurp. "S'battent pourquoi ?"

Et le gars couvert de désigner le chariot abimé après l'avoir détaillée des pieds aux crocs, expliquant vaguement un problème de responsabilité. Ah ? C'est tout ? S'arracher la gueule à coup de lame parce que personne veut s'farcir la note ? C'est chiant en fait. Au moins le sang gicle. Oh, et hop un doigt en moins ! Et zou le bout de bois qui fracasse une tempe.

Traction sur le bras. La gosse, MAYA, tente de l'inciter à se remettre en route. Zu'Gash bâille, crache par terre et se relève.

"Bon ben, amusez-vous bien !", ricane-t-elle avant de s'arrêter au niveau de l'encapuchonné. "Au fait, t'connais pas l'adresse d'un bon bordel, par hasard ?"

Même masqué par la capuche, la rôdeuse peut deviner le regard tout con de l'humain. Il prétend ne pas connaître Dahràm et ne pas s'intéresser le moins du monde à ces choses de basse exa... Exta... Tra ? Bref, aux activités des catins.

"Bwahaha ! T'inquiète, vieux !", fait-elle en assénant une claque dans le dos de l'homme, manquant le faire tomber par terre. "Ça finira par venir ! T'as essayé avec une sekteg ? Ou un, hein ? Faut savoir s'montrer curieux avant d'claquer !", conseille la peau-verte avant d'éclater de rire à la tronche outrée du bonhomme.

Et pendant que la bagarre se calme, en laissant quelques blessés par terre, la garzoke se remet en route. Elle est talonnée par la petite de longues minutes. Quand enfin les murs sont à portée, elle dévoile ses crocs dans un sourire enjoué.

"Enfin arrivée ! Ben putain, pas trop tôt.", fait-elle avec une pointe de fierté. "Allez, j'te r'fourgue à une maqu'relle et j'vais m'trouver du boulot."

En l'entendant, l'esclave vire coloris cadavre. Elle tente de s'écarter vivement de la garzoke, qui la rattrape aisément par le col.

"Oh ! Tu crois faire quoi, là ?", s'amuse la peau-verte en la ramenant si fort que la petite tombe. Encore. Et qu'elle a les larmes aux yeux, cette presque muette. "Qu'est-ce qu'tu croyais ? Qu'j't'emmenais voir du pays ? Allez, debout la gosse."

Les lèvres de la petite se séparent. Ses yeux noirs la scrutent. Ah ben tiens, maintenant qu'elle y fait gaffe, c'est vrai qu'elle en a de jolis yeux cette petite. Avec du bol, ça augmentera son prix. Ah ouais mais, pour ça, faut qu'elle la boucle. Ce serait trop con qu'elle balance encore sa magie noire dans la tronche de la patronne.

"Me r'garde pas comme ça, va. Reste tranquille jusqu'à c'que j'te vende, et cause du merdier après. M'en fous, j'me s'rai déjà faite payer.", déclare tranquillement la garzoke en tapotant sa bourse.

Elle agrippe le poignet de l'enfant et la remet sur ses pieds. La petite a un air entre prête à claquer de trouille et envie de lui coller son couteau d'os entre deux côtes. L'idée semble tourner dans la tête brune. Et sa main suit, d'ailleurs. La rôdeuse s'en aperçoit et s'en amuse grandement.

"Ah ouais, c't'une idée. Tu peux m'planter aussi et t'barrer pénarde.", sourit-elle sans la lâcher. "Après, faut qu'tu sois sûre de ton coup, et qu'tu puisses t'démerder sans moi. Moi, j'veux juste te vendre dans une maison spéciale. Pas t'dépuc'ler l'arrière-train dans la boue ou m'servir d'tes tripes dans un temple. Héhé, à toi d'choisir !", déclare Zu'Gash avec excitation en étendant les bras, l'invitant à mettre son idée à exécution.

La gamine serre les dents et s'empare de son couteau en os. La peau-verte sourit de plus belle, le cœur battant, surexcitée par ce qui va se passer. La gosse lève l'arme, visant la poitrine de la rôdeuse. Elle tremble et arrête son geste avant de l'avoir exécuté. Zu'Gash pousse un souffle déçu puis frotte vigoureusement la tignasse noire.

"T'vois ? T'es pas assez costaude. Allez, ramène-toi. Faut qu'j'te décrasse et qu'j'te file à bouffer d'abord. Même aveugle, une maqu'relle voudrait pas d'une souillon puante comme toi.", explique-t-elle en raccrochant le couteau au pantalon de MAYA.

La gosse renifle mais finit par acquiescer. Plus bizarre encore, elle enlace le bras de la peau-verte et y fourre sa tronche. Elle va lui foutre de la morve en plus ! Bah, pas grave. Sa tunique percée est déjà tachée de sang après tout. Va falloir qu'elle se décrasse aussi, ou s'occupe au moins ses fringues.

Alors qu'elle se dirige vers la porte de la cité, une double question sans réponse s'amène dans la tête à crocs. À quand remonte sa dernière toilette ? À l'hiver dernier ou celui d'avant ?


(Après)

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