L'Univers de Yuimen déménage !


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 Sujet du message: Re: Les Marais de Gutenborg
MessagePosté: Mar 3 Mar 2015 09:42 
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"Et puis merde !", beugle soudain Brukag, tirant son épée au clair. "Prêts ou pas, connards de Briz'Fass..."

"On arriiiiive !", l'interrompt la garzoke d'une façon presque chantée. "Z'avez intérêt à être bien cachés !", s'amuse-t-elle avant de réaliser quelque chose. "Euh nan, sinon on pourra pas les massacrer."

Le regard meurtrier du meneur la fait sourire alors que les autres grondent ou se figent, redoutant de manger la lame dans la tronche. Brukag a beau être exaspéré à chaque fois qu'elle ouvre sa boîte à crocs, il n'a en une poignée d'années jamais cherché à la faire taire pour de bon. C'est donc avec une joie affichée que Zu'Gash détache de son ceinturon le gros os entouré d'une bande de cuir lui servant de gourdin.

"Encore à trimballer c'te merde ? Jette ça et prend une arme en métal, bordel !", lui gueule le chef.

"C'te merde comme tu dis, c'est mon porte-bonheur. Tu t'accroches bien à ton slip en peau d'rat, toi.", nargue-t-elle, entendant à peine les autres parier sur le temps qu'il lui reste à vivre. "Plutôt m'péter les crocs que d'm'en séparer !"

"Ça, ça peut s'arranger !", hurle Brukag en commençant à mouliner.

Mais avant d'avoir pu mettre sa menace à exécution, l'un des éclaireurs Siffl'Crocs revient. Il est tellement couvert de boue et de vase que Zu'Gash le prend pour une grosse bestiole des marais. Heureusement pour lui, Brukag est dans sa ligne de mire.

"Bah bordel, c'est pas trop tôt ! Et il est où le sekteg ?", recommence à beugler le garzok en armure.

"Dans sa main.", commente la rôdeuse en apercevant une moitié de gobelin dans un sale état. "T'en a bouffé un morceau en route ?", blague-t-elle.

L'éclaireur soulève le corps qui est au choix une pelote d'épingles ou un truc qui a servi à tester des lames. En gros, il n'en reste pas grand-chose. Y'a que la tête de vraiment reconnaissable. Mais comme il était moche avant, pas facile de dire si elle a été épargnée ou pas.

"Ah ils le prennent comme ça !", s'égosille Brukag, postillonnant partout.

"Comme amuse-gueule ça aurait été moins sale. Tu m'diras, c'est peut-être c'qui z'ont fait du reste.", commente la peau-verte.

"Boucle-la Zu'Gash et avance !"

"C'est ça, partez devant, je vous suis.", lâche Luriol en bâillant assez pour qu'on voit jusqu'à son estomac. "Et file-moi le sekteg, j'ai rien bouffé depuis hier."

Et c'est sur le son particulièrement appétissant d'un garzok en plein décorticage de gobelin que les guerriers Siffl'Crocs avancent dans les marais. Au pas de course. Enfin, autant que peut l'imposer un meneur encombré par une armure, et de la boue vaseuse jusqu'aux mollets. Il faut bien une bonne heure de splatch et schlurp pour parvenir en vue de l'îlot où les Briz'Fass ont monté leur camp. Un peu plus loin, ils ont même des cages directement incrustées dans leurs charrettes. Et il y a quelques silhouettes dedans.

"Ben ça, c'est pratique.", admire Zu'Gash.

"Silence.", ordonne soudain Brukag.

"Non mais, j'dis ça..."

"Sérieusement, ferme ta grande gueule.", fait soudain le colosse en levant la main libre.

C'est vrai que maintenant qu'il le dit, à part le vague crépitement du feu et les bestioles des marécages se bouffant entre elles, y'a pas un bruit. Bizarre ça, même pour Zu'Gash. Ils ne se seront pas vraiment carapatés en sachant qu'ils arrivaient, quand même ? Bon, au moins, cela leur fait des esclaves à emporter sans se fatiguer. Après avoir donné l'ordre de fouiller le camp fait de tentes en peau vaguement cousues étendues sur des os ou des branches, le meneur se tourne vers l'éclaireur et l'empoigne.

Pendant qu'il cherche à en savoir plus en le secouant comme un arbre fruitier, Zu'Gash boude. Elle qui se faisait une joie de massacrer pour prouver à ce vieux crouton qu'elle était digne d'apprendre son art du tannage, voilà que les ennemis de toujours n'y mettaient pas du leur. C'est donc sans gêne qu'elle choisit d'ouvrir l'une des plus grandes tentes du camp.

"Pas d'baston, ça veut pas dire repartir les mains vides.", fait-elle, retrouvant son enthousiasme à l'idée de piquer des trucs.

La garzoke se lèche un croc, curieuse de voir ce qu'elle peut dénicher. Après tout, les Briz'Fass ont encore des artisans pas trop mauvais. Enfin, parmi ceux qui n'ont pas été butés dans les escarmouches, bien sûr.


(Après)

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Dernière édition par Zu'Gash le Ven 6 Mar 2015 16:56, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Marais de Gutenborg
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La tente est propre, bien ordonnée, et plus bizarre encore, elle ne pue pas. À se demander si c'est bien garzok comme truc. Il y a une paillasse par terre et des morceaux de viande séchés pendant des appuis. Mais Zu'Gash s'en contrefout. Elle a trouvé mieux. Deux rouleaux épais. Ce sont des peaux qu'elle déroule sans ménagement, et qui la dépassent de loin en longueur.

La première est épaisse, venant d'un animal genre boeuf. L'autre est souple, magnifiquement travaillée mais elle pue un peu. Y'a comme une vague odeur de pisse dessus, mais la garzoke sait pourquoi. Une peau trempée dans un mélange à base d'urine prend une teinte comme celle-ci, très claire. Sauf que là, le cuir est d'un blanc parfait. S'en faire des habits serait complètement crétin, sauf en milieu couvert de neige. Se saper en clair dans des terres sombres, c'est se dessiner une cible sur la tronche.

"Mais ça, ça vaut son pesant d'yus !", glapit joyeusement la garzoke. "Merde alors. Si j'avais su qu'les Briz'Fass avaient d'si bons artisans, je s'rai..."

Un coup derrière la tête l'interrompt.

"T'as pas intérêt à finir cette phrase.", crache sèchement Brukag.

"Nan mais, reconnais quand même..."

"Ta gueule ! T'es dans mon clan, t'y reste !", beugle le chef en agrippant méchamment l'une des tresses de la garzoke.

"Ow ! Ow ! Oahé ! Du calme ! Tu t'venges pour l'coup du slip en rat ? C'est ça ?", chouine Zu'Gash avec un sourire gamin.

"J'aurais du t'buter quand je t'ai ouvert la tête !", râle-t-il en la lâchant assez fort pour qu'elle trébuche et mette un genou à terre.

"Tu radotes, chef. C'est la huitième fois qu'tu me sors c'te tirade en trois jours.", s'amuse la peau-verte en roulant les peaux, les arrimant à son sac puis inspectant un coffret. La brutalité de son meneur la laisse totalement indifférente.

"Grr ! Grouille-toi !", lâche-t-il avant de tourner les talons.

Elle aurait bien sorti joyeusement qu'elle irait plus vite sans être interrompue, mais le chef déguisé de métal est déjà dehors. Zu'Gash hausse les épaules et ouvre le contenant. Sifflement ravi. À l'intérieur, des outils de tanneur flambants neufs dont elle s'empare sans hésiter. Au fond du coffret, un tas de breloques inutiles. Des perles, des pots avec une crème puante qui ne l'intéressent pas. Elle se lève et fouille encore un peu. Son nez frétille quand elle soulève le tissu roulé servant d'oreiller.

Dessous, elle déniche un bracelet. Entièrement en os. Plus exactement, c'est une colonne vertébrale. Les différentes pièces sont si semblables qu'elles doivent appartenir à un même animal. Un serpent, probablement. Et il y a même des symboles bizarres gravés dessus. Zu'Gash n'aime pas les bijoux, surtout en métal, mais là, c'est différent. Ce truc mort lui plait beaucoup. C'est donc sans hésiter qu'elle le rive à son poignet sans arbalète, et se sert de ses dents pour resserrer le noeud du filin de cuir. Elle le regarde avec des étoiles plein les yeux et un sourire de gamine comblée.

Et d'un coup, c'est le bordel. La tente lui tombe dessus dans un craquement alors que des éclats de voix submergent le camp.

"Connards de Briz'Fass !", beugle avec rage Brukag. "Ramenez-vous !"

Vivement, Zu'Gash donne un coup de pied pour se dégager du tas informe et s'extirpe de la tente. Debout, elle se rend compte de la présence d'autant de guerriers Briz'Fass que de Siffl'Crocs. Les premiers semblant sortir de terre, le dos couvert de peaux boueuses. La peau-verte émet un sifflement admiratif à la stratégie, avant qu'un cri combattif ne parvienne à ses oreilles. Un jeune orc lui fonce dessus avec une lance courte, visiblement décidé à l'épingler.

Zu'Gash se laisse aller à un sourire carnassier et agrippe fermement son gourdin.

"Whouhou ! Parfait ! J'm'emmerdais !", rigole-t-elle, fléchissant les genoux. "Eh ! On compte les points Brukag ?", lance-t-elle à la ronde.

"Ferme-la et cogne !"

Zu'Gash émet un rire franchement amusé qui s'efface un peu quand la lance la frôle.

"Ouhla, gaffe, t'aurais pu m'blesser !", se moque-t-elle en regardant son assaillant. Et ce dernier n'a pas l'air d'apprécier la blague.

Son coup raté, il se redresse et se remet en position, couinant comme un porc auquel on aurait empoigné... Enfin, fait un truc pas agréable, quoi. La peau-verte tend son gourdin sur le côté, et invite d'un geste le jeune à recommencer. Elle est d'humeur à jouer.


(Après)

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Dernière édition par Zu'Gash le Mer 11 Mar 2015 15:41, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Marais de Gutenborg
MessagePosté: Mer 11 Mar 2015 15:41 
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Le Briz'Fass est un jeune, torse nu, des poils partout et des crocs de travers. Zu'Gash sourit tant sa face de porc l'amuse. Elle le perd quand la lance fonce vers son genou. Le fer la frôle sans toucher. En réponse, la peau-verte tente d'abattre son gourdin sur l'arme. S'élève le son du choc os et métal. Le coup frappe, faisant vibrer la hampe, mais franchement pas assez fort pour l'arracher des mains de son adversaire. Le garzok fait un pas en arrière pour se stabiliser, comme la rôdeuse. Son opposant ne fait pas attention et percute du talon un piquet de tente. Il baisse les yeux pour voir ce qu'il a touché.

Plus vive que lui, Zu'Gash lève son arbalète de poignet à l'instinct. Pas de pot, il est si près que pour le louper, la peau-verte aurait du viser en l'air. Le carreau file, venant percuter le flanc à découvert. La pointe s'enfonce dans la chair comme dans un bon steak, tirant un grondement porcin de la face de truie. Faudrait être stupide pour croire que ce bobo arrêterait un garzok. Et il le prouve en changeant le positionnement de ses mains puis se lançant en avant. Le carreau doit le gêner, son fer dévie assez pour que Zu'Gash anticipe le coup et se jette sur le côté. Le Briz'Fass poursuit sa course, dégommant une tente plus loin.

"Bwahaha ! T'as d'la vase dans les yeux ?", se fout la rôdeuse en tendant son gourdin avec moquerie.

Tout autour, le combat fait rage. Brukag couine sauvagement en décapitant un garzok à proximité, d'un mouvement circulaire. La rôdeuse émet un sifflement admiratif et tape sur sa jambe pour applaudir. Métal contre métal, hurlements et cris enragés contre couinements douloureux. Le coin sent le sang, en plus de la puanteur normale. Les forces semblent à égalité. Quand un Siffl'Croc perd une main, un Briz'Fass perd un pied. Ca gicle, ça s'engueule, ça se tape dessus. Aussi joyeux qu'un retour de chasseurs quand tout le monde a la dalle !

Totalement distraite, la garzoke ne voit pas son adversaire revenir. Une douleur intenable la submerge, lui fait faire un bond brutal sur le côté puis la fige. Le tout lui arrachant un hurlement court mais puissant. Même elle a du mal à garder son air amusé en voyant la lance plantée profondément dans le haut de sa cuisse. Le garzok à l'autre bout respire par à-coups, comme ayant effectué une course rapide. Immédiatement, Zu'Gash boude et transpire à cause de la douleur. Elle place un carreau sur son arbalète. Pas d'occasion pour tirer. Le jeune pousse sa lance plus avant. Coincée, la rôdeuse doit faire un pas de côté. Elle n'est pas débile. Si elle reste immobile, la lance va finir par percer son épais cuissot de part en part. Elle ne pourra plus marcher pour rentrer au camp ! Et là, bonjour l'engueulade ! Brukag lui passera un tel savon qu'elle en sentira le propre sur dix générations !

"Oaïe ! Aieuh ! M'pousse pas ! J'te suis ! Oahé !", lâche-t-elle en bondissant pour suivre le rythme.

Elle n'a pas peur. Elle ne s'amuse pas non plus. Sa tête cherche une solution. Elle a envie d'en découvre, surtout maintenant que ce con a percé son pantalon. Le premier truc portable qu'elle a fait elle-même ! Le salopard ! Elle décoche un carreau, mais le mouvement est prévisible, et le garzok la pousse juste assez pour la gêner et s'en protéger. Son liquide vital coule depuis la plaie de plus en plus profonde, chose qui commence à l'agacer. Un habit trempé dans le sang pue et attire les bestioles ! Surtout ici !

Zu'Gash rassemble son envie de lui meuler la figure et appose un autre carreau sur son arbalète. L'arme le lance presque immédiatement, mais la même chose se reproduit. Pire, à force de la pousser, le Briz'Fass la fait revenir vers le champ de bataille. Il faut qu'un coup perdu manque d'assommer le jeune pour qu'elle parvienne à retirer violemment le fer. Mauvaise idée. Sa plaie s'agrandit. Elle a mal, mais cela l'excite et l'amuse beaucoup. Son cœur cogne avec la vigueur d'un garzok attendrissant sa viande.

"Oh la vache. Oh ça coule... Alors toi mon gars, tu vas r'gretter ça !", fait-elle en rechargeant son arme, son sourire revenu.

Avec une patte dans cet état et face à une meilleure allonge qu'elle, Zu'Gash sait que sa seule chance reste son arbalète de poignet. Suffit de le viser et de faire mouche. Ce sera amusant ! Après tout, ce type bouge plus bizarrement qu'un sekteg coursé par un petit garzok affamé !


(Après)

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Dernière édition par Zu'Gash le Dim 15 Mar 2015 12:15, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Marais de Gutenborg
MessagePosté: Ven 13 Mar 2015 14:29 
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La rôdeuse tremble sur ses appuis. Son bras à arbalète se lève visant son adversaire au hasard. Forcément, le tir rate totalement. Pire, il ricoche sur le sol et égratigne la jambe d'un Siffl'Croc. Zu'Gash n'a pas le temps d'y réagir. La lance file une nouvelle fois dans sa direction. Le fer plonge, droit vers son bras à gourdin. Pressé de bien faire, le jeune retient son coup un instant de trop. C'est suffisant pour que la peau-verte appuie sur sa jambe valide et fasse un pas de côté. Son gourdin frappe le fer, l'écartant d'elle. De nouveau, elle fait un bond pour prendre de la distance et trébuche sur un cadavre décapité. Elle garde son équilibre de justesse et appose un nouveau carreau sur son arme. Elle a du mal à bouger, elle, et doit faire de même avec son adversaire. Sa joie d'en découdre envahit ses muscles, comme regorgeant d'énergie.

Grondant, sifflant, le lancier repositionne son arme et se prépare à lui fondre dessus. Tempes qui cognent, sueur qui pique, Zu'Gash sent tout son être se tendre face au danger. Et elle sourit comme une abrutie, ravie de ce qui se passe. Elle décoche un projectile chargé de son envie de l'arrêter, qui égratigne à peine la jambe visée. Alors que l'arme lui file dessus, poussée par le jeune, la rôdeuse a le réflexe d'enjamber vivement le cadavre. Pris par surprise, le lancier ne parvient pas à ralentir sa course. Il se prend les pieds dans le corps, est largement esquivé par la garzoke et s'étale lamentablement au sol. Son arme lui échappe et roule devant son nez.

"Ben alors ? Faut faire gaffe où on met les pieds !", nargue la garzoke en rassemblant son envie d'en découdre.

Elle a eu de la chance, et elle le sait. La charge l'aurait touchée, elle n'en mènerait pas large. Elle prend alors le temps de faire appel à sa puissance physique, bien décidée à mettre ce jeune hors combat. Arbalète au poignet, elle vise son bras, décidée à l'épingler au sol. Un soudain mouvement lui fait lancer le projectile, mais elle rate totalement, occupée à esquiver un moulinet d'épée. Un autre Briz'Fass se tient juste à côté d'elle, une grosse coupure au front déversant une cascade sanguine dans sa face.

"Eh ! De quoi j'me mêle ?", boude Zu'Gash en tordant la bouche.

Le guerrier ne réplique que par un cri bestial, ramenant son arme en un arc-de-cercle contraire. La rôdeuse tente de parer avec son gourdin. Elle s'est fait avoir. L'épéiste coupe son mouvement avec habileté. Il ramène son arme depuis son coup de taille et la plonge en estoc dans le torse de Zu'Gash. La lame percute ses côtes droites sous sa clavicule, ripe et s'enfonce dans sa chair, traversant la musculature sous son épaule. Un coup violent, inattendu, horrible. La rôdeuse en a le souffle coupé. Son côté attaqué sauvagement perd sa puissance et saigne abondamment. Ses doigts lâchent le gourdin.

Un bref rire dépité lui échappe. Elle sourit de façon carnassière. Brutalement, la femme à crocs force sur son membre et agrippe la lame de sa main nue, faisant couler son sang davantage. Son bras a du mal à lui obéir, mais elle s'en fout. Elle tend son arbalète vers la jambe de son agresseur, cherchant encore une fois à l'épingler avec sa volonté guerrière. Le carreau part et se fiche profondément dans le mollet de l'épéiste. Et le voilà qui couine à son tour. Injures, retrait brutal de l'épée lacérant la peau de la main, et hurlement bestial de son agresseur.

Zu'Gash a la tête qui tourne. Elle plaque ses phalanges intactes contre son épaule, mais c'est insuffisant. Il a du couper quelque chose d'utile en ôtant son cure-dent, parce que son bras refuse de lui obéir. Une chance que l'arbalète soit de l'autre côté ! La peau-verte grimace quand elle prend la mesure de sa plaie.

"Merde. Comment j'vais tanner mes peaux sans mon bras...", fait-elle pour elle-même à travers le chaos du combat. "Hein ducon ?!", hurle-t-elle à l'épéiste avec un sourire tordu par la douleur.

Zu'Gash sait parfaitement qu'elle est dans la mouise, mais cela ne lui fait rien. Pas de peur pour sa peau, pas de colère parce qu'elle a mal, juste la sensation vivifiante du combat. Même si elle est clairement du côté des victimes. L'épée du guerrier virevolte et se dirige en un mouvement de revers vers sa gorge. La rôdeuse lève son arbalète par réflexe.

Là, ça va faire mal.



(Après)

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Dernière édition par Zu'Gash le Ven 13 Mar 2015 15:12, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Marais de Gutenborg
MessagePosté: Ven 13 Mar 2015 15:12 
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Et "clunk" le son du métal contre le métal.

"Arrête de pioncer debout, abrutie !", lui beugle Brukag, sa propre épée parant celle du guerrier.

"Wow.", lâche avec une douloureuse admiration la peau-verte. "Superbe entrée, chef !", s'amuse-t-elle en faisant un pas en arrière.

Ignorant sa tirade, Brukag contre la défense du guerrier et dans un mouvement souple tranche net le bras armé. L'épéiste hurle avec colère, sa main coupée se resserrant davantage sur la garde de sa lame. Un autre mouvement du garzok en armure. Un autre bras qui tombe, puis c'est la tête qui vole. Brukag a l'air de très mauvais poil. Et son équipement brillant a pris quelques coups.

"Siffl'Crocs ! Achevez-moi ces enflures !", hurle le meneur en brandissant son épée.

Zu'Gash jette un coup d'oeil à la ronde. Ceux qui se tiennent debout sont majoritairement des membres de son clan. Les autres ne paient pas de mine. En gros, la bataille a l'air de tourner en faveur des siens. Elle émet un rire amusé avant que le poing de Brukag ne s'abatte sur son crâne.

"Y'a pas de quoi rire !", lui crache-t-il à la figure. "Leur grande gueule de chef n'était pas dans le lot ! L'enfoiré !", hurle le garzok avec rage.

Zu'Gash s'en amuse. Quand le porteur d'armure râle, il a tendance à oublier totalement ce qui l'entoure. Et ça se voit. Son épée taillade aussi bien le cadavre qu'il vient de faire qu'une tente proche. S'il ne faisait pas face à la peau-verte, elle s'en serait pris un coup aussi. Un mouvement attire l’œil de cette dernière sur sa gauche. Le lancier est encore en vie et se retourne vers eux, la bave aux lèvres.

"Euh. Brukag.", commence Zu'Gash en voyant le jeune relever sa lance.

"Ta gueule ! Je râle !"

"Oui mais là...", tente-t-elle en pointant son arbalète vers le garzok un instant perdu. Et ce gamin rive son regard porcin au flanc du chef.

"Tu la boucles ? J'ai pas fini !"

"Non mais pour une fois...", essaie encore Zu'Gash en rassemblant son énergie physique, décidée à stopper la charge évidente du Briz'Fass.

"T'as fini de m'interrompre ? T'es toujours comme ça, infoutue de fermer ta boîte à crocs quand je..."

"Dégage !", hurle la rôdeuse en décochant son tir, accompagnant son mouvement d'un pas maladroit pour contourner la masse du meneur.

Le carreau chargé de son souhait d'épingler son adversaire percute le bras du jeune. Le projectile ne fait qu'affaiblir le membre principal de l'attaquant. La charge reste lancée. Le fer ralentit à peine mais tombe vers le bas. Pas assez vite.

Mélange entre "slash" et "sprotch". La pointe de la lance se fiche dans le bas-ventre de la garzoke. Debout, celle-ci sourit difficilement. Elle lève son bras à arbalète, décidée à planter un carreau dans la face du gamin. Celui-ci voit le coup venir et donne un élan à son arme. Le fer se retire en partant sur la gauche de la jeune femme, découpant sur le côté la plaie déjà importante. Pulsation cardiaque violente. Souffle qui se bloque. La rôdeuse tombe à genoux, plaquant sa main armée contre son ventre.

Sa vision se trouble. Elle devine à peine la silhouette de Brukag bondir en avant et découper le lancier en plusieurs morceaux. Vaguement, la voix du chef lui parvient, mélange de jurons et d'insultes envers elle. Elle sent qu'il la secoue, chose qui la fait grimacer davantage.

"Eh... Pour une fois... Qu't'aurais du... M'écouter.", s'amuse-t-elle entre deux gémissements. Courbée en avant, appuyant sur sa blessure de son bras valide, elle transpire à grosses gouttes. "Mes tripes saignent pas... Par le bon trou.", commente-t-elle en voyant de moins en moins bien. La chaleur de son sang se répandant sur sa peau.

La dernière chose que ses oreilles en pointe entendent vaguement, c'est Brukag beuglant d'amener ce bon à rien de Luriol. Sa survie dépend de cette feignasse de guérisseur ? Bon, cette fois-ci, c'est clair.

Elle est foutue !



(Après)


Tentative d'apprentissage de la CCAJ Epinglé.

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Dernière édition par Zu'Gash le Dim 15 Mar 2015 12:23, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Marais de Gutenborg
MessagePosté: Sam 14 Mar 2015 13:59 
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Ça pique. Ça pue. Ça fait super mal. Zu'Gash oscille entre conscience et inconscience. Son regard rouge décèle des silhouettes, des sons, puis tout s'estompe encore et encore. Quand elle parvient à aligner deux pensées, elle se demande vaguement ce qu'elle a mal digéré. Elle crève de chaud, puis de froid. Elle rêve et cauchemarde en succession, incapable de trouver le moindre repos. Même sa nature optimiste et enthousiaste a du mal à émerger. Son regard sanguin finit quand même par s'ouvrir. Première chose que sa vision floue lui apporte : une tête d'ours aux yeux vides, rivée à sa poitrine. Lourdement, la garzoke relève son bras intact et tapote la fourrure lui servant de couverture.

"Toujours à tirer la gueule, toi.", souffle-t-elle dans un murmure à la peau de bête.

La dernière fois qu'elle s'est réveillée en cette malodorante compagnie, c'est lorsque Brukag lui a ouvert le crâne avec une pierre. Enfin, il y a eu la fois où elle s'est pris un tronc d'arbre dans le dos, et quand une bestiole des marais a voulu lui faire visiter son terrier aquatique, aussi. Bref, elle est donc là, allongée sur le dos, dans la tente de Luriol.

Ses souvenirs reviennent, tout comme de la douleur, surtout au bide. La rôdeuse se redresse sur les coudes. Son bras droit lui dit non en la laissant retomber. Juste à côté du rouleau servant d'oreiller.

"Aww.", sourit la peau-verte. "Au moins, j'sens mon corps."

Elle refait une tentative, mais en prenant appui uniquement sur son bras gauche. Elle a mal partout, y compris à la tronche. Ses joues sont un peu gonflées, comme lorsque le chef lui colle des mandales. Il l'a peut-être fait. Premier constat quand elle s'assoit, elle n'a plus une once de fringues sur elle. Tant mieux, comme cela, elle peut voir clairement son corps abimé. Enfin clairement, autant que le permet la lanterne mourante oubliée dans un coin. Juste à côté de ses frusques ensanglantées d'ailleurs.

Sa blessure à la cuisse est refermée en lui laissant une marque visible. Comme une grosse brûlure. C'est bien du Luriol ça, à expédier un travail qui l'emmerde. Il a juste du lui caler un peu de son baume qui pue et cramer le reste. Mais au moins, ça marche. La plaie le long de son torse est bardée d'un fil noir ou marron. Elle peut bouger assez normalement son bras et resserrer la main. Elle manque juste de force. Son regard sanguin descend sur son ventre. Lui aussi est piqué de plusieurs gros points bien moches. Elle va avoir une très grosse cicatrice, mais au moins, elle est en vie. Ce qui n'est pas si mal vus les coups bouffés. D'un autre côté, elle est curieuse de savoir ce qui l'aurait attendu au royaume de Phaïtos.

"J'ai soif.", déclare-t-elle à voix haute. Personne ne lui répond.

Oreilles verdâtres qui se tendent à la recherche d'un son. Qu'elle trouve. Une discussion sur un ton plutôt bas en fait. Des garzoks qui causent sans gueuler, c'est nouveau. Tellement incroyable que la rôdeuse oublie la faiblesse de son bras garni des vertèbres de serpent et se lève. Sa tête tourne mais elle reste debout, à se curer l'oreille violemment pour faire cesser le sifflement. Peau d'ours sur les épaules, elle se dirige vers la sortie.

"... C'que j'me tue à t'dire."

"Merde... Merde merde merde !", s'élève une voix de garzok familière. "Et t'aurais pas pu faire sans ?"

"T'fais chier Brukag. J'ai d'jà pu sauver sa carcasse en m'forçant les fluides pendant deux jours. C'est pas c'que tu voulais ?", lâche Luriol en ponctuant sa tirade d'un énorme bâillement. Chose qui le fait s'illuminer un peu, d'ailleurs.

"Si. Mais j'pensais pas qu'ça tournerait comme ça."

Zu'Gash arbore un sourire jovial et écarte les pans de la tente de son bras valide, triomphante.

"C'est moiiiii !", annonce-t-elle en levant la main puis s'esclaffant en voyant les tronches d'ahuris des deux garzoks. "Ben quoi ? Z'avez vu une banshee ?"

"Tu vois ? Increvable. Mais pour le reste, c'est ta décision, chef.", fait Luriol en tapotant rudement l'omoplate de Brukag. "J'vais bouffer et pioncer. Après tout c'bordel, j'veux la paix au moins une semaine. Alors faites gaffes à vos miches.", ajoute-t-il avant de bailler encore.

Le garzok en armure émet un râle énervé, mais le guérisseur est déjà loin. Casque sous le bras, dévoilant une tête rasée à l'exception d'une unique tresse partant du milieu du crâne et descendant sur son oreille gauche, Brukag la darde d'un regard sombre. Ah tiens ? Il fait nuit. Son observation est interrompue par la tranche de main du chef, s'abattant sur le milieu de sa tête.

"Oaille ! Mais quoi ?", fait la rôdeuse en ayant du mal à retenir la peau et se frotter le cuir chevelu.

"Abrutie. Inconsciente. Pauvre débile.", lui plaque le grand gaillard dans la figure, mais sans sa hargne habituelle.

"Ça va pas ? T'as avalé un truc pas frais ?"

"Boucle-la et écoute-moi.", commence le chef avant qu'un mouvement d'un Siffl'Croc n'attire son attention. Un guerrier avec un bandage sur le nez lève un tonnelet, en lampe une grande gorgée puis déambule. Il est bourré, et il se met à chanter. Mal.

Agrippant une tresse défaite de Zu'Gash, Brukag la ramène dans la tente du guérisseur. Là, il pose son casque et croise les bras. Il fait la tronche, mais pas dans sa forme habituelle.

"Pourquoi t'si sérieux, chef ? T'vas m'engueuler parce que j'suis pas rentrée sur mes deux guiboles ?", fait la peau-verte avec un sourire.

"J'réfléchis là.", lâche le guerrier avant de se tourner vers elle. "Savoir si j'te bute, si j'te bannis du clan ou si j't'assomme avant d'te laisser dans les marais."

"T'préviens pas avant d'faire ça d'habitude.", remarque la rôdeuse en haussant un sourcil. "Crache le morceau. Y'a un problème ?"

"Oais. Luriol t'a sauvé la peau."

"Et c'est le problème ?"

"Arrête de m'interrompre, bougre d'empotée !", grogne le chef.

"Ohla oh ! Ca va, ça va. Continue patron.", s'amuse Zu'Gash en levant les mains de façon joueuse, lâchant la peau de bête. "Reviens là, toi."

"J'te la fais courte. Tu vas avoir du mal à marcher. Ton bras est pas passé loin d'être foutu. Et t'es plus vraiment une femelle, la moche."

"Ma jambe paie pas d'mine mais ça v... Hein ? Quoi ça, plus une femelle ?", demande Zu'Gash, comme percutée encore une fois à la tête.

"Le coup qu't'as pris dans l'bide. Ça a failli t'tuer. T'étais trop abimée.", déclare Brukag avec une telle gravité que la rôdeuse a l'impression de porter son poids sur ses épaules.

"T'es en train d'me dire...", fait-elle en attendant la suite.

"Qu'tu pourras jamais faire de p'tits."

"Oh... Ah bon ! Ah c'est que ça ! Putain tu m'as foutu la trouille !", s'esclaffe la garzoke devant un Brukag stupéfait.

"Non mais, tu piges c'que j'te raconte ?"

"T'inquiète chef, j'ai jamais aimé les gosses. Sauf rôtis. J'comptais pas en faire. À part si l'clan était en pénurie d'viande.", blague-t-elle avant de voir le visage sévère du guerrier.

"Je vais reprendre, pour qu'ça pénètre ton crâne.", fait-il en massant son front plat. "On lève le camp dans quelques heures. Tu peux plus courir. Ton bras va mettre des plombes à r'trouver sa force. Celui qu'tu voulais pour maître a choisi un aut' type. T'es une femelle incapable de faire le moindre petit. Conclusion ?"

"Euh... J'suis dans la boue-ze ?", parvient à réfléchir la garzoke avant d'esquisser un sourire. "Donc ? T'as décidé quoi ?"

"J'viens limite de déclarer qu't'étais devenue un poids mort et tu tires encore cette tronche ?"

"J'vais pas m'mettre à chialer. J'dois encore avoir un bout d'caillou qui m'bloque les canaux d'larmes.", fait-elle en levant l'index, désignant un point sur sa tête.

"T'es con, franchement."

"Et donc ? Ta décision chef ? J'vais pas rester à poil sous c'te peau d'ours pendant deux lunes. J'reste ? J'pars ? Ou tu m'crèves ?"

Le colosse la scrute longuement puis pose la main contre son fourreau. L'autre vient sur la tête de la rôdeuse. Elle l'ébouriffe puis agrippe sa tignasse fermement. L'éclat de la lame arrive aux yeux de Zu'Gash. Brukag prend une longue inspiration, comme pesant une décision. La peau-verte attend, amusée de le voir troublé à ce point. Elle n'a pas peur, elle anticipe. S'il veut la tuer, un geste et c'est terminé. Et il ferait bien de se grouiller. La faiblesse, c'est pas bon pour un meneur de tribu.

Ses crocs clairs se dévoilent dans un sourire.



(Après)

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Dernière édition par Zu'Gash le Dim 15 Mar 2015 12:36, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Marais de Gutenborg
MessagePosté: Sam 14 Mar 2015 23:53 
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(8)



Zu'Gash boude depuis deux bonnes heures. De sa main à arbalète, elle attrape la poignée de mèches que Brukag lui a coupé. Un geste incompréhensible. La seule chose qu'il ait dit d'intéressant après avoir prélevé une partie de sa tignasse est qu'il la virait du clan. Il ne voulait pas que Luriol fasse la gueule. Après tout, le guérisseur a passé deux jours sur sa carcasse. La buter après ça était très con. Mais il ne pouvait pas garder un parasite dans le groupe.

La rôdeuse abandonne sa bouderie et sourit en brandissant la lanterne fade de son autre bras. Au moins, quand elle ira chasser maintenant, ce sera pour elle. Pas de pique-assiette, pas d'uppercut pour arriver à attraper un bout de viande, pas de dernier morceau tellement cuit qu'on s'en casse les crocs. Même chose pour les peaux qu'elle va préparer ! Tout pour sa pomme !

"Splotch" et "plouf". L'ancienne Siffl'Croc se retourne vers la petite forme qui la suit. Elle souffle entre ses dents de devant, chassant une mèche marron de son visage.

"Eh ! J't'ai déjà dit d'faire gaffe où tu mets les pieds. Les peaux qu'tu trimballes m'sont précieuses, pigé ?", lance la garzoke en élevant un peu l'objet éclairant pour y voir mieux.

Avant de la jeter du camp, Brukag lui a refilé un tas de trucs. L'une de ses tuniques de cuir bouilli en premier, le genre qu'il utilisait tout le temps avant de passer au métal. Pas de tente mais un couchage assez épais. Il lui a laissé les deux peaux qu'elle a chipé au camp des Briz'Fass. Curieuse, elle a a demandé ce qu'il comptait faire puisque l'autre chef ne s'était pas pointé. Elle n'a reçu comme commentaire qu'un simple "C'est pas les oignons d'une bannie."

Là, des bottes sans trous aux pieds, elle fixe avec une esquisse de sourire le dernier cadeau de son ancien chef. Une gamine humaine. La fillette doit à peine avoir un peu plus d'une douzaine d'années. Et elle est aussi moche voire plus que la garzoke. De longs cheveux noirs jusqu'aux omoplates, une peau pêche se teintant de rosé sur les pommettes. Des habits de garçon aussi. Une chemise blanche trop grande pour elle et une tunique bleue. Une sorte de pantalon large enfoncé dans des chausses hautes. Et des iris noires comme la nuit.

Sauf que c'est pas une ynorienne. Pas les yeux en longueur ni de petite taille. Si on oublie sa trogne de gamine, ses deux têtes de moins que la rôdeuse la font passer pour plus âgée. Et surtout elle a tendance à se tenir droite comme un piquet.

La fillette n'a pas prononcé un mot. Ni quand Brukag l'a sortie de la charrette-cage piquée aux Briz'Fass, ni quand elle s'est cassée la gueule dans la boue. Zu'Gash n'est même pas sûre qu'elle sache parler. N'empêche, c'est fragile les humains. Fous-leur deux rouleaux de peau tannée et un petit sac de provision sur le dos, et ils ne tiennent plus debout ! Pas d'entraves. Pas besoin. La rôdeuse a été claire dès le début. Elle peut tenter de se faire la belle, mais les marais n'en feront alors qu'une bouchée. Depuis, l'humaine brune tente d'avancer dans les pas de la peau-verte. Et se plante une fois sur deux.

"À partir d'quel âge on sait marcher dans ton peuple, gamine ?", s'amuse la blessée en attrapant la petite et la soulevant de la mare.

La fillette lui lance un regard de tueur. Avant de se rappeler qu'être irritante pouvait être dangereux. Nez qui plonge, mais maintien droit. Son manège ne dure pas. Elle panique au son de quelques amphibiens proches. La brune trébuche et se rattrape en ceinturant la rôdeuse.

"Ben par mes crocs.", fait Zu'Gash avec une petite grimace douloureuse. "Tu sens pourtant pas la vinasse. Si tu t'casses la gueule tous les trois pas, c'est pas d'main la veille qu'on va arriver à Dahràm."

Lanterne levée, la garzoke voit la petite lui lancer une expression entre crainte et interrogation. Zu'Gash ne rajoute rien et lui tourne le dos, reprenant sa marche. Brukag ne lui a pas filé cette enfant pour lui tenir compagnie mais parce qu'il n'avait pas envie de se séparer d'une des rares mules encore capable de marcher. Et les autres esclaves genre hinïon et bâtards worans valent trop cher pour que le clan affaibli s'en sépare.

Être bannie a un court instant ennuyé la rôdeuse, mais elle s'en est déjà remise. Après tout, elle peut maintenant aller où elle le veut et faire ce qu'elle veut sans risquer de prendre une tarte à quatre doigts et une phalange dans la face. Nan, vraiment, elle en vient à se demander pourquoi elle ne s'est pas tirée avant. Bon, que Brukag la prenne dans ses bras assez fort pour la faire suffoquer l'a quand même surprise, mais c'est bien la seule chose. Et il s'est empressé de la frapper ensuite. Ça, ça pourrait lui manquer.

Une fois à la ville des mercenaires, Zu'Gash sait qu'elle sera sans doute grandement rétablie. Elle pourra revendre cette petite à un bordel quelconque et se faire quelques yus. Après, elle avisera. Trouver quelques boulots rapides, dénicher un tanneur pas très futé qui perdra sa boutique aux cartes ou autre chose ! La garzoke n'est pas spécialement regardante, et ces opportunités l'excitent !

Reste à tracer la route vers ce soleil levant. Sans se faire bouffer avant, bien sûr. Et en compagnie de son joli bracelet d'os ! De son gourdin porte-bonheur ! De son arbalète chargée et...

"Plouf !"

De la gamine trempée.



(Après)

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