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 Sujet du message: Re: Les terres autour de Dahràm
MessagePosté: Dim 10 Juil 2011 15:03 
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-Woran! Tends ta patte.

Le capitaine Raven avait toujours ce timbre de voix neutre qui faisait vomir Aztai. On ne pouvait déceler aucune émotions lorsqu'elle ouvrait la bouche pour condamner, ordonner ou encore réprimander.
Depuis le début du crépuscule, le woran neige et le vieil homme avait élaboré un plan d'évasion. Alors que la nuit avait recouvert le continent, c'est à la lueur de quelques torches que Raven s'était jointe à ses prisonniers, un air perplexe creusant son visage blafard. Une expression qu'elle n'avait pas l'habitude d'adopté visiblement...

-Plus vite! Ordonna-t-elle alors que le fauve hésitait.

Il tendit sa patte gauche. A son majeur brillait un magnifique anneau volé au Monarque. En réalité, cette bague avait appartenu aux matriarches de son père, un héritage en quelque sorte. Directement, la femme éxamina avec attention le bijou.

-Où as-tu trouvé cela? Demanda-t-elle froidement. La perte de son timbre habituel donna un frisson au woran.

-Héritage, marmonna-t-il.

-Je reformule ma question. Comment est-tu entré en possession de cette bague?

Le coeur du woran s'accéléra. Se pouvait-il que le Monarque est un rapport avec le capitaine Raven? Les machoires d'un piège invisible semblaient se refermer...

-Réponds! Cria-t-elle. Achille en sursauta.

-Mon père me l'a donnée, mentit le fauve. Un lourd silence suivit cette déclaration. Il avait, en vérité, dérobé cette chevalière dans le manoir désormais en cendres du Monarque.

-Ton père? Aztai aquiésa. Très bien...marmonna la femme. Je pense, hum, que tu es un misérable petit menteur.

Le coeur du woran se serra, prit dans un étau. Achille semblait tétanisé à côté.

-Connais-tu Ambervalle, woran? Fit-elle, passant du coq à l'âne.

Cette question finit d'achever Aztai. Il y avait un lien. Comme un puzzle, les morçeaux se constituaient dans sa tête. Le but de cette armée, c'était la forêt woranne. Raven obéissait aux ordres du demi-elfe dégénéré, et conduisait ses hommes de l'autre côté des montagnes pour exterminer le village forestier...

-Jamais entendu parler, déglutit Aztai.

-Dommage, marmonna la femme. Eh bien dans ce cas tu n'es d'aucune utilité, vraiment. Je suis navré woran, mais tu vas simplement nous suivre et subsister dans cette cage, avec ton ami le vieux. Une fois arrivés à Ambervalle, car c'est notre destination (Aztai eut la nausée), tu pourras admirer le spectacle prévu.

-Quel spectacle? Demanda rageusement le fauve.

-tss tss tss, sois sans crainte, tu auras ton rôle à jouer, comme tous les worans présents là-bas...

L'estomac du woran neige se noua, son coeur se brisa. Alors que cette saloperie faisait volte-face pour se retirer, les larmes montèrent aux yeux d'Aztai. Tellement impuissant. Comme il l'avait prévu des mois plus tôt, il y aurait vengeance sur Ambervalle, par sa faute.
Achille vint poser une main sur l'épaule de son ami velu.

-Achille, fulmina le fauve, ce soir nous partons.

-Absolument mon jeune ami. De plus, (il se tordit le cou pour suivre Raven du regard) cette pauvre garce vient tout simplement de me montrer où nos affaires son soigneusement entreposées. Tu ne penses tout de même pas partir sans ton arsenal?

-Oh que non... j'apprécierais même qu'il goûte à la chair et au sang, cette nuit.

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Dernière édition par Aztai le Lun 18 Juil 2011 14:24, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les terres autour de Dahràm
MessagePosté: Dim 10 Juil 2011 19:56 
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Etrangement, le calme était plus présent ce soir là. Depuis que le tournoi mortel était terminé, la cohue générale se faisait moins imposante. La visite de Raven avait quelque peu rendu les choses... plus tendues. Aztai ne voulait cependant pas renoncer à leur plan d'évasion. Achille non plus, même s'il semblait moins sûr de lui.
A cette heure tardive, seules les quelques torches éclairaient le campement. Autours de leur cage, trop peu de gardes étaient présents. Cela faisait presque quinze jours qu'ils résidaient ici, Achille et lui, et la vigilance des soudards s'était endormie: la preuve de l'incompétence générale de ce campement militaire improvisé.

-Bon, commença le vieillard très concentré, on a pas le droit à une seule erreur.

-Naturellement, répondit le fauve.

-Répétons-le une dernière fois.

-Inutile! On le connais par coeur. J'ai pas envie de perdre de temps.

-Très bien, lâcha Achille.

Dégainant son couteau, il fit un clin d'oeil au woran et lui fit signe de commencer. Le coeur battant la chamade, Aztai eut un sourire tendu et s'allongea dans la cage, fermant les yeux.

-Allez! Murmura le vieillard.

Soudain, déchirant le calme de la nuit, Achille se mit à beugler comme un dément en frappant les barreaux de la prison.

-A l'aide! A l'aide! Le woran est en train de crever!

Entrant dans la peau de son personnage, Aztai simula les spasmes qu'un mourant peut avoir.

-A l'aide! A l'ai...

-La ferme! Hurla la voix trainante d'un soldat. Il t'arrive quoi le vieux?

-C'est le woran, je crois qu'il s'est empoisonné! Achille se tourna vers Aztai et fit dans un imperceptible chuchotement: C'est le gardien, il a les clés!

-Qu'est-ce que j'en ai à foutre? Répondit le soudard.

-Aie aie aie! Mais comprenez-moi! Si le woran meurt votre chef va me tuer aussi.

L'homme éclata d'un rire gras.

-Tenez! Tenez! Fit Achille avec un air désespéré. En réalité, Aztai le savait, il tendait une gourmette en argent. Un appât que le vieil homme avait gardé... C'est à ma fille! Elle habite Kendra Kâr! En paiement de votre aide!

Comme prévu, l'homme s'approcha. Sa cupidité sans remord le poussa bien évidement à voler le bijou. Les pas du soldat crissaient sur la terre alors qu'il s'approchait. Les yeux à demi ouvert, le woran neige vit parfaitement le soudard tendre la main. En un éclair, Achille laissa tomber le bracelet et saisit la main de l'homme, la ramenant dans la cage.

-Pitié!

C'était le signal.

-Lâche-moi, vieil homme sénile! Cria le soldat.

Malheureusement, c'était trop tard pour lui. Aztai bondit sur les genoux et attrapa l'autre bras de l'homme d'une patte. Il frappa ensuite de toute ses forces dans sa mâchoire. Achille, lui, avait déjà passé son autre bras (armé!) derrière le soudard et avait planté sa lame en plein dans le rein. L'homme aurait hurlé, d'ailleurs il avait ouvert grand sa bouche. Seulement aucun son n'en sortit...
Les deux prisonniers tenaient toujours le cadavre pour ne pas attirer l'attention. Le vieil Achille saisit les clés à sa ceinture et entreprit d'ouvrir la cage...
A une vingtaine de pas, une silhouette s'était arrêtée. Un soldat aussi. Aztai et Achille s'immobilisèrent net. par chance, il passa son chemin... Le grincement que fit l'acier sur ses gonds auraient pu réveiller tout le campement. Cela força les deux prisonniers à se hâter. Le woran fouilla le corps mort pour en dénicher une épée courte et une petite hache de lancer. Achille trouva son bonheur avec un deuxième couteau.

-Plus vite. Nos affaires sont dans cette tente.

Il pointa du doigt l'une des plus grandes. Si Raven n'y logeait pas, le lieutenant Maverick s'en serait contenter. Le vieillard et le woran avancèrent tels des ombres. Il zigzaguèrent entre les tentes pour ne pas emprunter la voie principale et se faire repérer. De plus, Achille avait eut la formidable idée d'enfermer le cadavre du soldat dans leur ancienne prison. Dans la nuit noire, il faudrait s'y prendre à deux fois pour voir le cadavre, en plus de savoir qu'elle enferme normalement deux prisonniers...

Mais alors qu'ils s'approchaient de l'habitation principale gardée par pas moins de quatre soudards, un cri déchira la nuit. Un cri d'alerte qui se propagea comme un feu de forêt dans le campement.

-Je crois que notre ami le cadavre s'est fait démasquer... Cachons-nous ici, pas loin de la tente de Raven.

-Avec un peu de chance elle sortira et nous pourrons nous infiltrer...

Enfin, l'alerte vint jusqu'à eux. Dans le silence et dans l'ombre, le fauve et le vieil homme observèrent la cohue se propager dans les rangs. Et puis, à la lueur des torches, les pans de la rente claquèrent pour laisser sortir le lieutenant Maverick, et non le capitaine. Enfilant un pantalon, une lame dans la main, la colère animait son visage barbu.

-Lieutenant! beugla un soldat, le woran et le vieillard se sont échapper!

Sur les lèvres du lieutenant se dessina le mot "échapper" en silence. Et puis, il explosa de fureur, hurlant des ordres et des insultes à faire pâlir un garzok. Finissant de boutonner son pantalon, le torse nu, il s'enfonça dans la nuit.

-Retrouvez-moi ces deux abrutis! Hurla-t-il. Je les veux tous les deux, morts ou vifs!

Achille leva le menton, lança un regard à droite puis à gauche.

-Allons-y! Chuchota-t-il.

Les deux hors la loi percèrent les ténèbres, veillant à ne faire aucune mauvaise rencontre. Le lieutenant avait laissé un seul garde auprès de sa tente... qu'Achille abattu d'un lancer magistral, dans son rein gauche.

-Tu n'arrêtes pas de me surprendre...

-Entres! Vite!

c'est dans un véritable palace qu'ils venaient d'entrer. Un lit immense avait été entreposé au centre. Sur la droite une table regorgeait de mets appétissants qui donnèrent envie au woran neige. Sur la gauche, une pile d'arme et de document s'entassaient. Dans ce tas de ferraille, Aztai aperçu son sac de toile sur lequel reposaient ses deux épées. Il fouilla rapidement le sac et en dénicha ses épaulettes flamboyantes.
Il poussa un soupir d'extase en voyant cela, en plus de sa cape tigrée. Aussi, il remarqua deux fioles qui n'étaient pas là lors de sa capture. Elles contenaient un liquide semblables à de l'eau. L'une était au moins deux fois plus grande que l'autre...

-Aztai! il faut partir!

Au plus vite qu'il le pouvait, il enfila ses pièces d'armure, le plastron, les plaques... il laissa la cape et les épaulettes dans le sac de toile. Il attacha ses fourreaux, vérifia que les lames coulissaient correctement.

-Magnifique, murmura-t-il. Il se sentait revivre.

-En effet, c'est magnifique, murmura une voix rocailleuse à l'entrée de la tente.

Les deux prisonniers firent volte-face. Un soldat leur barrait la route. Mais avant qu'il n'est pu avertir ses camarades, l'un des couteaux d'Achille l'avait fait taire...

-T'es un chef, vieil homme! S'exclama Aztai, admiratif du vieux malin. Celui-ci éclata de rire.

-Filons!

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Dernière édition par Aztai le Lun 18 Juil 2011 14:31, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Les terres autour de Dahràm
MessagePosté: Sam 16 Juil 2011 00:45 
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Cela aurait relevé du miracle si le soldat qui gisait à l'entrée de la tente ne se serait pas fait repéré. Malheureusement il en fut autre. A peine le woran et le vieillard eurent mit le pied dehors qu'une dizaine de soldats accouraient vers eux. Ils étaient encore loins mais le surnombre plomba le moral d'Aztai.

-Ne nous laissons pas abattre!

Prenant son ami fauve par le bras, il le tira sur la droite. Comme si Thimoros était à leurs trousses, ils circulèrent à toute vitesse entre les abris, étalages et autres structures.

-Nous devons trouver une forêt et elle est au sud! Cria Achille dans sa course. Malgré son âge avancé, sa rapidité et son agilité étaient admirable.

Jetant des regards partout où ils pouvaient, les cris de leurs poursuivants s'amplifiaient sans cesse.

-S'il nous rattrape je ne pense pas que l'on passera la nuit, haleta Aztai.

-Je n'y retournerait pas!  Hurla Le vieillard. Par ici!

Il bifurqua sur sa gauche, puis tout de suite sur sa droite. Pendant des minutes interminables, ils s'enfoncèrent dans le campement, en vue de se cacher dans la forêt. Les soldats qu'ils croisaient, s'ils ne dormaient pas, n'avaient pas le temps de réagir. Ce n'est qu'après qu'ils saisissaient leurs armes et ajoutait leurs beuglement à ceux des autres.

Soudainement, les tentes laissèrent plus de place aux arbres. Ici, Aztai et Achille ne marchaient plus sur une terre battue mais plutôt sur un lit constant de feuilles. Derrière eux, on aurait pu croire que le camp entier s'était lancé à leur poursuite.

-Je sens la liberté droit devant! Fit Achille, tout sourire.

Une bonne minute plus tard ils faisaient enfin face à une immense lisière de forêt. Malgré la pénombre, on ne pouvait douter de la taille du massif végétal. Un autre bon point, la cohue militaire qui les poursuivait s'estompait peu à peu. Alors qu'ils allaient pénétrer le sanctuaire de la liberté, un tambourinement de sabots survint sur leur gauche. Un cavalier lancé à pleine vitesse vint leur couper la route. Il y eut un scintillement, le mouvement de quelque chose que l'on abat, et un cri horrible de douleur...
Faisant demi-tour, le Lieutenant Maverick, seul et muni de son fouet, chargea cette fois-ci un Aztai pétrifié: devant lui gisait le corps meurtri de son ami Achille.

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Dernière édition par Aztai le Lun 18 Juil 2011 14:36, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les terres autour de Dahràm
MessagePosté: Dim 17 Juil 2011 20:45 
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Dans un tintement métallique, le woran neige dégaina ses deux lames. Alors que le le lieutenant Maverick faisait demi-tour pour charger Aztai, celui-ci fut réanimer de voir Achille faire un mouvement. Il n'était pas mort au moins... Dans un roulement de sabot digne de celui du tonnerre, le cheval s'approchait inexorablement de sa cible, prêt à la piétiner... Le jeune fauve se jeta sur le côté, esquivant de justesse sa fin, le fouet bardé de fer sifflant à ses oreilles. Il se dégagea de son sac de voyages, libérant ses mouvements. Alors que le vieil homme faisait mine de se relever, Aztai coursa le cheval pour ne pas le laisser faire demi-tour. Anticipant un tel acte, Maverick dégaina à son tour sa lame. Avec l'agilité d'un cavalier expert, et ce n'était pas peu dire vu son gabarit, il mit pied à terre en pleine course. Si Aztai avait affronté des ennemis pour le moins massif lors des joutes mortelle, Le lieutenant n'avait pas volé son grade sur ce point de vue... Toujours dans son élan, le fauve abattit son épée courte comme un marteau. Le choc de la parade résonna dans tous ses os. Ce qu'il craignait plus que l'épée, c'était le fouet bardé de métal. Cet instrument démoniaque lui avait laissé des plaies tout juste refermés, mais qui criaient encore de douleur...
Derrière lui, le woran neige entendit son ami approcher, ce qui lui redonna confiance. A deux contre un, même le lieutenant ne pourrait faire face facilement. Cependant, ce moment d'inattention fut la brèche parfaite pour le colosse barbu. Le fouet vint lécher le flanc d'Aztai pour y ouvrir une plaie impressionnante. La douleur eut l'effet d'un choc électrique; Aztai résista et tenta de décapiter son adversaire d'un revers plein de haine... Mais encore, Maverick anticipa et porta un coup d'épaule dans la mâchoire du woran neige qui alla s'écraser dans la terre. Cette offensive soudaine aurait dû être fatale pour Aztai, si Achille, dans un « Han! » hargneux n'avait pas envoyé un de ses poignards. La riposte permit au woran de se relever alors que la distance se faisait entre lui et le lieutenant. Il posa un regard sur la plaie sanguinolente et serra les crocs sous l'effet de la douleur qui lui lançait.

-Tout va bien? Demanda Achille, un couteau dans chaque mains.

-Je m'amuse comme un gamin, répliqua Aztai ironique.

Son vieil ami était salement blessé. Le même fouet avait déchiré sa tunique pour marque sa peau, sur le bras et l'épaule. Le sang perlait à grosses gouttes. Face à eux, le lieutenant affichait un sourire triomphant. Il avait paré le couteau avec une facilité écoeurante.

-Qui aurait cru que moi, le lieutenant Maverick, serait le vainqueur du « Woran », comme ils t'appellent tous. Il faisait référence bien sûr au palmarès de gladiateur qu'Aztai s'était fait. Tu sais, continua Maverick, que ta réputation à fuit jusqu'à Dahràm... Nous avons accueillit de nouveaux volontaires dans l'armée, et certains sont là que pour toi. Ils veulent affronter la bêbêtte poilue. Dommage d'écourter leur plaisir... tu ne sortiras pas de camp, mais tu n'y rentreras pas non plus car je vais t'achever ici. Et toi aussi d'ailleurs, fit-il en désignant Achille.

Il lança un regard aux alentours. Apparemment, aucun soldats n'avait trouvé le « Woran », et Maverick ne fit pas mine d'appeler du renfort...

-Seul! Ajouta-t-il.

-La vanité... murmura Achille. Elle conduira tous les hommes à la mort.

-Lui le premier, répondit le woran neige.

-Lui le premier, répéta le vieil homme. Sa réponse fut couverte par un hurlement guttural: Maverick repassait à l'assaut.

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Dernière édition par Aztai le Lun 18 Juil 2011 14:42, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les terres autour de Dahràm
MessagePosté: Dim 17 Juil 2011 21:51 
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La lueur des quelques torches projetèrent sur le crâne tatoué de Mavreick des ombres menaçantes. Le colosse barbu ressemblait à un démon tout droit sortit des enfers... On était pas si loin de ça remarqua le woran. Achille ne se défila pas lorsqu'il chargea. Malgré son âge, sa volonté était d'acier, et son cœur, d'or. C'était un homme admirable, et Aztai aurait voulu faire sa connaissance non pas dans un cage d'acier mais ailleurs. Malheureusement le hasard en avait décidé ainsi. Cependant, leur toute jeune amitié les confrontait à un défi de taille: le lieutenant responsable de leur capture. Cette idée raviva la flamme de la haine, et plus profondément de l'amour. Aztai ne pouvait perdre ce vieux malin. Il chargea le premier, refusant de voir le colosse fondre sur eux, et sur Achille. Le lieutenant levait déjà sa lame, et son fouet allait bientôt s'abattre dans un sifflement.

-Aztai!

Comme une scène de déjà vu, les lames s'entrechoquèrent, La lanière de cuir s'abattit de nouveau. Cette fois-ci, elle ne vint pas flirter avec son flanc, mais s'enroula autours de son bras. Le lieutenant afficha un signe de surprise. Pourquoi? Simplement parce que le woran neige tenait fermement le fouet dans sa patte. Sacrifiant un membre au prix d'une douleur sans limite, Aztai s'était emparé de l'arme de torture, lâchant son épée courte. Si Maverick ne le lâchait pas, il resterait emprisonné, laissant ainsi le champ libre au vieillard.

-Achille, tues-le! Hurla Aztai, de douleur et de rage. Le sang coulait déjà à flots sur son bras. Son corps lui criait de lâcher, son courage l'ignora.

Le vieil homme s'était lancé. Dans moins d'une seconde Maverick allait mourir. Malheureusement, ou heureusement, il fut contraint de lâcher son fouet, et tenta un coup d'épée que le woran neige para. Reculant en trébuchant , il parvint tout juste à esquiver le piège. Achille fendit le vide... Aussitôt, il posa une main sur le torse du fauve et le força à reculer un peu.

-A moi! Cria-t-il.

Maverick avait pu mettre quelques pas entre lui et ses adversaires. Prit de court, il ne pu esquiver le couteau lancé par le vieil homme. Le métal s'enfonça dans sa cuisse gauche et il lâcha un grognement haineux. Toujours dans sa course, Achille ne se contenta pas du minimum. Arrivé à un mètre de lui, il bondit tel un félin, son autre poignard armé. Instinctivement, le lieutenant pointa son épée sur son assaillant...

-Non! S'égosilla le woran neige.

Son vieil ami ne pu esquiver une telle riposte. Il s'empala net sur l'épée brandie, qui le transperça au niveau de l'abdomen. Dans un craquement assourdissant, Aztai vit distinctement le métal s'ouvrir une voie dans son dos, déchirant la tunique d'Achille. Dans un ultime geste, le vieil homme parvint à toucher sa cible en plein dans son épaule. Il avait enfoncé, jusqu'au pommeau, le métal dans la chair, puis avait tourné le manche de façon à laisser une plaie dix fois plus douloureuse. Aussitôt, Maverick lâcha son épée dans un hurlement.
Achille ne s'était pas encore écroulé que le woran neige avait suivit le mouvement. D'un geste emplit de haine il porta une estoc, visant le cœur du soudard. Au dernier moment, celui-ci parvint à lever son bras valide devant. Sans difficulté, la lame transperça l'avant-bras puis, déviée, vint perforer son autre épaule. Tombant en arrière, le colosse s'écrasa dans un hurlement à déchirer les tympans.
Aztai jeta un coup d'oeil au corps inerte de son ami. La tristesse vint le remplir comme jamais. Mais les larmes ne coulèrent pas... Il n'y avait, sur sa gueule de fauve, que de la place pour la colère. Il fondit sur la future dépouille de Mavrick. Celui-ci avait le bras crucifié sur l'épaule. L'épée s'était enfoncée dans la terre lors de la chute. Les bras rendus inutilisables, le lieutenant était aussi inoffensif qu'un enfant. S'agenouillant sur son ennemi, Aztai saisit le couteau d'Achille encore dans la chair et le planta une deuxième fois au même endroit, près de la clavicule.

-Espèce d'ordure! siffla Maverick, la sueur ruisselant sur son front.

Un deuxième coup vint transpercer le haut de sa cuisse gauche, puis sa cuisse droite. D'autre lacérations rageuses vinrent après celles-ci.

-Me tuer ne rendra pas les choses plus simples, fit-il entre deux hurlements. Raven peut vider tout Dahràm pour te retrouver et te tuer.

-Qu'elle la vide! Répliqua Aztai. Il enfonça la lame dans l'avant bras encore intact du colosse. S'il le faut, j'écraserais tous les Darhans!

Le lieutenant ricana malgré son état.

-Et Oaxaca? Tu la tuerais?

Dans un dernier geste de colère, le fauve écorcha l'arrière des chevilles, déjà meurtries de Maverick, au niveau des tendons

-S'il le faut, oui! Cria-t-il, couvrant le hurlement du barbu.

Enfin, il posa sa patte sur son crâne tatoué, il ouvrit de ses griffes cinq entailles de belles tailles.

-Ajoutes ceux-là à ta collection! Fit-il avant de se relever.

Il arracha sa lame encore enfoncée dans l'épaule de son ennemi.

-Alors tues-moi! Gémit Maverick.

-Pas de mort glorieuse pour le "Lieutenant" Maverick... Un héros tel que lui doit vivre!

Aztai fit volte-face. Au loin, des silhouette accouraient. Laissant le lieutenant invalide, il ramassa son sac, rengaina ses lames et accourut vers Achille.

-Je lèverais une armée pour t'étriper, toi, et tous les worans d'Ambervalle.

Cette phrase fit frissonner Aztai mais il ne répondit pas. Les intentions de Raven étaient claires à présent...
Il retira, non sans dégoût, l'épée enfoncée dans le ventre d'Achille. Les yeux mis-clos, celui-ci tremblait comme une feuille. Trop de sang avait déjà coulé. Il saisit délicatement son ami et le posa sur son épaule.
Une première larme...
Les soldats étaient encore loin mais Aztai ne se retourna pas. Avec rapidité et délicatesse, il s'enfonça dans la forêt, pour se fondre dans la nuit.
Une deuxième larme...
Achille poussa un gémissement. Aztai l'entendit distinctement:

-Aztai...

-Oui. C'est moi, répondit le fauve la gorge serrée.

-Nous... partons enfin?

Oui mon ami...

Une troisième larme...
Le woran ne s'arrêta sous aucun prétexte. Virant à gauche puis à droite... Il circula dans l'obscurité de la forêt.

-Ainsi je vais...

Aztai ne répondit pas.

-Non, Aztai, fit faiblement le vieillard en entendant un bruyant reniflement. Soyons heureux, nous sommes libres!

-Nous sommes libre, chuchota le fauve, abattu. Son esprit vagabondait, ses pas le portait où bon leur semblaient.

-Je vais mourir en homme libre...

-Achille, je...

Il fallait être fou pour dire le contraire. C'était déjà surprenant qu'il vive encore...

-Je vais... commença Achille, je vais...

Mais il ne termina pas sa phrase...

-Mourir en homme libre. Conclut Aztai dans un sanglot.

Fin du Chapitre 4

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Dernière édition par Aztai le Lun 18 Juil 2011 15:10, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les terres autour de Dahràm
MessagePosté: Lun 18 Juil 2011 12:57 
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Couché face contre terre, je n'osais plus bouger un cil. J'avais passé les dix dernières minutes dans un êtat catatonique. Transis de froid, recrachant l'eau de mer de mes poumon au rythme de mes spasmes. J'aspirais avidement le peu d'aire que je pouvais, essayant tant bien que mal d'oublier mes nombreuses écorchures réveillés par les cailloux qui jonchait la terre où je me trouvais. Lorsque les vague me léchèrent de nouveau les pied, je me mis sur mon séant, le coeur au bord des lèvres et constata ma situation.
S'aurait put être pire. J'était gelée, se qui restait de mes habits gorgés d'eau alourdisaient mes mouvement et je me trouvais dans un endroit inconnu. Mais j'étais vivant ! Bon sang, je crois que jamais de ma vie je ne me suis sentit autant vivre. Je me trouvais seul, pour la première fois de ma vie, sans maitre, sans ordres. C'est cette pensée qui finit de m'arracher à mon hébétement. J'étais libre. Les quelques mois passés succesivement en tant que pêcheur puis pirate malgré moi n'était pas ce qu'on aurait pu appeler la liberté. Mais se retrouver a moitié nu, loin de tout et de tous sur une plage de gravier, cela était pour moi nouveau, comme une seconde naissance.
Si on pouvait donner un nom à la misère, je pense que, à ce moment, le mien lui aurait été comme un gant. Kenrag le misérable. Mais je n'avais pas conscience de mon état, n'ayant jamais connu autre chose que la malnutrition et l'asservissement pour moi je n'étais plus qu'un Homme libre. Je posais instinctivement mes doigts sur l'anneau nasale qui témoignait de toute ma vie. Mon seul bien. Et quel triste bijoux ! Il représentait tout ce que je pocédais et toute ma vie. Si je m'étais réveillé en m'apercevant qu'il n'était plus là alors peut-être aurais-je sombré dans la folie, celle de ne pas savoir qui j'étais, je serais devenu un fantôme...
Mais la vie coulait au travers de mon corps et je me mis debout rapidement, balayant du regard la mer et ses alentours.

Au loin s'élevait les dernières voluptes de fumée, témoignant de la bataille inégale entre le navire pirate et les gardes cotiers. Ici et la sur la place, des morceau de planches brisés. Je fit quelques pas observant l'horizon, lorsque mon pied buta douloureusement sur quelque chose. Je baissa les yeux sur ce qui semblait être un coffre, du moin en avait-il l'apparance sous de grosses algues vertes qui lui faisait une drole de robe. Après l'en avoir débarassé, je l'ouvrit.
La petite cassette était remplit de pièces. Une cinquantaine au bas mot. Un sourire se fit visible sur mon visage, après tout, peut-être que c'était mon jour de chance. Je posais mon butin prêt de moi, et me déshabilla pour essorer mes habits. Le soleil était encore haut et, étendu sur les rocher, ceux-ci auraient tôt fait de sécher. Je pris le temps de regarder vers les terres. Je découvrit des plaines à perte de vue et, au loin, ce qui semblait être une route mal entretenu. Je pris rapidement la décision de la suivre.
Remetant mes habits sec, mais à l'odeur douteuse, j'enfournais les Yus dans ma giberne et me mis en route. Je me rappel encore de mon êtat d'esprit, j'étais heureux comme jamais. Je n'ai d'ailleurs pas gardé mon calme très longtemps. Explosant, je me mis a crier en m'élançant vers la route à en perdre l'haleine.




Image


Il était déja une heure avancée lorsque j'ateignit la route. Le soleil avait laissé place aux nuage, et un souffle de vent me glacait régulièrement les os. De larges cloques avaient déjà fait leurs apparitions sous mes pieds nu lorsque j'entendis les voix non loin de ma position.
Un homme au timbre aigu et arogant donnait ses ordres à deux gobelins enchainés. Il se trouvait à une centaine de mètre et je distinguais sous le pied droit de l'individu une silhouette familière...


"Allez raclures enchainez moi ça plus vite que ca, il doit y en avoir d'autres dans le coin et j'ai pas de temps à perdre, plus vite !"

Accompagnant ces mots, il donnait des coups de la pique qu'il tenait à deux mains dans le dos de son prisonnier. Capif que je reconu en m'approchant. A chacun de mes pas le visage de Garoy m'apparaissait plus netement. Il s'agissait d'un des pirates. Apparement il avait lui aussi réusie à sortir vivant du rapace mais, épuisé, il n'avait probablement pas put échaper au chasseur d'esclave qui parcourait les alentours en quêtes de proies facile. La bataille navale, aussi courte fut elle, avait du l'attirer comme une mouche est attiré par la fiante. Je pestais. L'esclavage m'avait retrouvé bien vite. Mais cette fois si, j'avais les moyen de mis soustraire.

Lorsqu'il me vit, les bras balant sur la route non loin de lui, l'homme ricanna sournoisement, dévoilant dans un rictus son visage mauvais. Il appuya brutalement sur les plait de Garoy qui gémissait sous la lourde botte de son agresseur.


"Tien tien, tes venu rejoindre ton copain ? Mais c'est quoi ce teint tout blanc, t'a pas peur quand même !"

Le rire ignoble des deux gobelins enchainés l'un à l'autre accompagna ces paroles.

"Allez me chercher ça les deux imbéciles"

Tout en parlant, il mit debout Garoy dans les yeux duquel une lueur d'espoir était née lorsqu'il me reconnu, espoir qui se mua rapidement en un puissant coup de poing dans le visage de l'esclavagiste qui, sous le coup et la surprise, tomba au sol en lachant un juron. Je ne pus retenir un sourire, qui ne s'évanouie pas lorsque je vis les deux vermines s'arrêter pour regarder leur maitre, les yeux rond. Leurs corps chétif avaient le don d'endormir la prudence et c'est ce qui m'arriva alors que je me jettais sur elles.

On dit des gobelin qu'ils son fourbes et vif. Je l'appris ce jour la à mes dépend, lorsque, alerté par le crie de rage que je poussais, l'une d'elle me fit un croc en jambe qui me fis m'étaler de tout mon long. Elles ne firent pas plus de cérémonie avant de m'enfoncer leurs dents dans la cuisse. Je poussais un nouveau hurlement, de douleur cette fois. Pareille à des dards, les morsures me piquaient au sang. Sans me relever plus, je me concentrais, autant que je le pu, pour faire appel au don que je m'étais juré de développer.

Plissant les yeux et levant les bras en faisant des gestes qui se voulaient esotheriques, j'en invoquais mentalement aux puissances des vent et de la foudre pour chatier ces misérables rats de mes pates. Je pensais vraiment alors, que la magie fonctionnait ainsi, mais pour le coup mes efforts et mes gromelement n'urent pour seul effet de faire piafer mes deux assailants.

Je ne dus la vie sauve qu'à ma bonne fortune, car les gobelin, me voyant au sol incapable de me défendre contre elles et gravement amoché, se détournèrent pour aider leur maitre. Je me souvien encore du regard de l'une d'elle, me toisant avec dépit, à l'instar d'un repas qu'elle n'aurait pas l'ocasion de finir puis, ses yeux exorbités lorsque, se retournant, elle se fit traverser de par en par. Garoy, dans un geste d'harponneur acomplie, avait lancé la lance qui lui avait lacéré les chaires en faisant mouche, le gobelin d'effondra au sol dans un gargouillement imonde. Au pied de mon sauveur se trouvait l'esclavagiste, le visage encore figé par l'effroi que le pirate avide de meurtre lui avait causé juste avant de mettre fin à sa vie.

L'autre gobelin, encore non loin de moi commença à crier en essayant de s'enfuir. Mais, encombré par son ancien compagnon, il n'arrivait pas a avancer bien vite, le corps inerte et alourdis par le trépas au bout de sa chaine trainant molement à sa suite.

En serrant les dent, je me relevais, ignorant la douleur insistante venant de ma jambe. Je prit la lance à deux main et tira, l'arrachant au corps verdatre dans un bruit inomable d'esquilles d'os craquantes. Dans le même mouvement, je mis fin a la vie du second gobelin. Il retomba inerte, la lance fiché dans son dos...



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 Sujet du message: Re: Les terres autour de Dahràm
MessagePosté: Mar 19 Juil 2011 02:56 
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III/ Chapitre 5: Le chagrin du gladiateur

Il était déjà plus de midi lorsqu'Aztai consentit à ralentir la marche. Depuis sa fuite, jamais il n'avait relâché le corps de son ami défunt. Son poids semblait s'être allégé, comme si son âme s'en allait peu à peu rejoindre les cieux...
Le woran neige était sortit de la forêt avant l'aube. Marcher toute la nuit dans un endroit si sombre avait eu quelque chose d'effrayant, et en même temps rassurant. Bien sûr, ses poursuivants ne l'avait jamais rattrapé. Quand à Maverick, ce salop, il vivrait encore longtemps. Le fauve avait prit soin de ne blesser aucun point vital, mais il avait lacéré tout les organes nécessaires à la validité d'un être. Le lieutenant ne pourrait marcher correctement avant des mois, voir des années. C'était le prix qu'il devait payer. La mort était un chemin trop facile. Celui de la souffrance, on cherche à l'éviter dans tous les cas.

Le chagrin fendait le coeur d'Aztai, mais il ne s'arrêterait que lorsqu'il serait en zone sûr. C'est-à-dire loin du campement et de Darhàm. D'ailleurs il avait aperçu la ville à l'horizon. Prenant à l'est à la sortie de la forêt, il avait sillonné les plaines en quête d'un endroit... paisible. Ces quelques semaines emprisonné l'avait affaiblit. Sans l'aide d'Achille il ne serait jamais parvenu à vaincre Maverick. D'ailleurs, il ne serait même jamais sortit de cette cage maudite...

Les problèmes s'ajoutaient aux problèmes. En plus d'avoir un elfe cinglé en guise d'ennemi, une folle avait pour but de liquider Ambervalle, la cité woranne proche de Kendra Kâr. Ce puzzle maléfique s'était parfaitement emboité. Il fallait retourner prévenir les siens. Il retrouverait son père, Waor et les autres. Sans oublier Héwana, ancienne marionnette du Monarque, elle aussi victime de son sadisme. Malheureusement, c'est sans son nouvel ami qu'il rentrerait... De nouveau emplit de tristesse, le woran neige s'accorda une pause. Il déposa Achille avec délicatesse dans l'herbe. Sans la tâche vermeil sur son ventre, on aurait pu croire qu'il dormait... A tous moments, le fauve s'attendait à ce que le vieux filou se réveil.

Inspirant à fond l'air plutôt humide, Aztai déposa son sac et ses armes. Il était à environ un kilomètre d'une route principale, dans un endroit très feuillu. Un endroit idéal pour y cacher quelque chose, ou enterrer quelqu'un... Cette idée donna la nausée au woran neige. Ses jambes se dérobèrent et il laissa s'échapper un sanglot. Qu'en aurait pensé le vieil homme? Aztai ne pouvait balader éternellement son cadavre. Même si son désir aurait été de l'incinérer près des siens, à Ambervalle, c'était impossible.

Pendant une bonne heure, Aztai fit des allers et retours afin de trouver des branches sèches. Avec son butin, il concocta un lit de bois pour son ami sur lequel il l'allongea. Une heure encore et sa dépouille fut recouverte de feuilles sèches, trouvées un peu partout. Plus une seule parcelle de peau n'était visible à présent. Le woran neige s'empara d'un couteau du vieil homme et le posa sur le buché improvisé...
A l'aide d'un silex, Aztai créa une torche en frappant une de ses lames dessus. L'ultime geste était le plus dur. Après, tout serait finit et il pourrait repartir vers les siens. C'est sans aucun doute ce qu'aurait souhaité le vieillard...
Les larmes lui brouillant la vue, le jeune fauve se décida à embraser le bucher. Dans un soupir emplit de chagrin, il vit le feu prendre pleinement vie au contact du bois sec et des feuilles. Lâchant non sans peine sa torche artisanale, le woran neige s'agenouilla et contempla les flammes lécher le corps de son ami. Elles s'élevaient haut dans le ciel gris, emportant avec elles les restes d'un homme si simple, et si bon.

-Père de la Flamme, murmura Aztai, garde son âme près de toi. Guide Achille à travers les ombres de la mort, afin qu'il repose dans la sérénité la plus pure...

Jusqu'à ce que la dernière braise ne meure, le woran neige pria Meno en souvenir de son ami, mort en homme libre.

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 Sujet du message: Re: Les terres autour de Dahràm
MessagePosté: Mar 19 Juil 2011 13:26 
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Concentrant son ki dans la paume droite de sa patte, Aztai envoya son poing sur le tronc de l'arbre. Dans un craquement assourdissant, il relâcha toute sa concentration et son énergie. Un cercle s'était creusé dans le bois, autours du coup porté qui avait légèrement enfoncé le tronc. Sans Achille, la maîtrise de son ki serait nulle. D'ailleurs, il ne se douterait même pas de son existence. En hommage à son ami, il voulait laisser une trace de son passage. Marquer ainsi l'arbre le plus proche du bucher, désormais éteint, consolait le woran neige.
La fatigue l'envahit soudainement, mais il ne s'évanouit pas comme la première fois. S'accordant une minute de répit, Aztai saisit son sac. Il enfila, pour la première fois depuis qu'il les avait trouvés, les magnifique épaulettes. A peine le contact fut fait que le fauve sentit déferler en lui comme une vague de courage et de fierté. Le métal, forgé dans le but de ressembler à une flamme rougeoyante, resplendissait sur ses épaules. Par dessus ce trésor, il enfila sa cape tigrée, capable de le dissimuler s'il restait immobile et concentré. Il attacha ses fourreaux, vérifia que les lames coulissaient correctement, et mit son sac en bandoulière. Il regarda une dernière fois les cendres sur le bucher mort.

-Hé bien adieu, murmura le woran. Et merci. Repose-toi, tu l'a amplement mérité.

Il fit volte-face, le coeur lourd et brisé. Le noeud qu'il supportait, au niveau de son estomac, ne s'était pas dénoué. Dans quelques heures, le crépuscule tomberait sur Nirtim. Reprenant sa route vers l'est, Aztai avait pour objectif de franchir la forêt de Cuilnen. Où du moins de longer sa lisière, pour ne pas s'aventurer trop dans les montagnes... Ensuite il franchirait les trois fleuves pour retrouver le royaume de Kendra Kâr, et retrouver les siens.

Depuis sa fuite, la veille, le campement de Raven avait dû se mettre en marche. Déplacer une telle masse d'homme ne devait pas être simple. Si l'armée passait par l'est, elle pourrait rattraper le woran neige... Mais la traversée des fleuves la ralentirait constamment. Si elle passait par l'ouest, le chemin promettait aussi d'être long... La dernière option restait les montagnes. Mais diriger une telle armée à travers les Duchés était le meilleur moyen de perdre inutilement des hommes. Tout cela laissait un peu de temps à Aztai. Sans aucun doute il faudrait évacuer Ambervalle. Mais faire son retour et annoncer une telle nouvelle blasait le woran neige. Cependant, il en allait de la sécurité des worans, et de tous ceux qu'il chérissait; Rudy, Waor, l'Ancien... Sans oublier Gaora et les autres. Penser à la belle woranne blanche raviva le coeur d'Aztai, et le força à accélérer le pas...

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 Sujet du message: Re: Les terres autour de Dahràm
MessagePosté: Jeu 21 Juil 2011 02:11 
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La nuit avait été courte mais reposante. Se savoir en totale (ou presque) sécurité pour dormir était primordiale pour regagner ses forces. Loin des soudards, de la haine et du sang... Un soleil timide éclairait les plaines de Darhàm; timide, mais plaisant. Additionné à la fine brise qui flottait dans l'air, le woran neige se sentait quelque peu apaisé. Certes la douleur morale subsistait, mais aussi la douleur physique. Les blessures reçues ces derniers jours torturaient Aztai. Il fallait serrer les crocs lors de certains mouvements.
Le fauve trouva, à son grand bonheur, un large cour d'eau sur sa route. C'est à l'abri des regards que, nu comme au jour de sa naissance, le puissant félin plongea tête la première. Se débarbouiller du sang coagulé dans sa fourrure, c'était comme balayer les heures sombres qu'il avait connu dans le campement de Raven. Il en profita pour remplir ses deux gourdes, vides bien sûr, et repris d'une bonne marche son chemin.

Lorsque le soleil afficha midi, le ventre vide d'Aztai se fit entendre. N'ayant ni la volonté ni la force de chasser, il grignota un peu de son temps pour fabriquer un collet, mais aussi tenter d'attraper quelques poissons insouciants dans une rivière. Pour tout avouer, le woran n'était pas maître dans l'art de confectionner les collets, les cannes, mais dans son ancienne tribu, la survie en milieu sauvage était primordiale. Son piège terrestre ne donna rien... mais il pu, avec agilité, se contenter d'une belle carpe.

L'estomac à demi rassasié, le fauve reprit sa route vers l'est. Alors qu'il réfléchissait à un moyen plus efficace de calmer sa faim, quelque chose attira son regard à l'horizon. Il faudrait encore quelques heures pour atteindre ce qui ressemblait à un petit château. Du moins, c'est l'impression que donnait la structure qui s'élevait dans les plaines...

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 Sujet du message: Re: Les terres autour de Dahràm
MessagePosté: Ven 18 Mai 2012 17:38 
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Depuis la route entre Darhàm et Omyre

Le jour était en train de se lever. Comme prévu nous arrivions à Darhàm.

"Nous y voilà. Darhàm. On se retrouve porte Est dès que possible. Evites de te faire remarquer."

Hellykin haussa mollement les épaules. La petite Shaakt l’imita et pénétra dans la cité. Je n’étais pas rassuré à l’idée de rester seule avec la plus grande. Elle semblait très nerveuse et facilement irritable. Elle longea les remparts sans rien dire jusqu’à ce qu’on arrive au fleuve. Je ne pu m’empêcher de lui demander comment nous allions traverser. Elle me répondit que je devais me taire sous peine de perdre ma langue. Elle remonta ensuite le long du fleuve jusqu’à trouver une embarcation surveillée par quelques pillards. Elle resta à distance respectable pour ne pas se faire voir. Elle me déposa dans les hautes herbes et se pencha vers mon oreille pour chuchoter.

"Ecoute moi bien pitoyable traître. J’en ai pour une minute. Si quand je reviens tu n’es plus ici, je te retrouverais et je couperai tes membres l’un après l’autre pour te les faire manger."

Je déglutis quand elle se recula pour me fixer droit dans les yeux.

"Va tu essayé de t’enfuir ?"

Je fis non de la tête. Elle ajouta un "Bien" avant de s’éloigner. Je me mis à ramper pour apercevoir l’embarcation. Hellykin était accroupi et avançait dans les hautes herbes, restant invisibles aux yeux des bandits qui ne se doutait pas que bientôt la foudre tomberait sur eux.
Telle une lionne, elle guettait le moment propice. Deux bandits était assis à une table comptant et partageant leur dernier butin. Deux autres surveillaient leur embarcation en savourant leur dernière herbe à pipe. La Shaakt empoigna le manche de son épée dissimulée sous son immense cape. Elle chargea, parcourant les longs mètres qui la séparaient des bandits en deux bonds. L’un deux, assis à la table, n’eu même pas le temps de prévenir son compagnon de ce qui approchait. Sa tête roula sur le sol dans une expression mêlant surprise et effroi, tranchée nette par l’immense lame de l’elfe qu’elle maniait d’une seule main. Elle empoigna dans la seconde le corps décapité pour l’envoyer sur le voisin de table qui cria d’effroi et s’écroula sous le corps sans vie de son compagnon. Elle renversa ensuite la table pour le neutraliser le temps de s’occuper des deux autres pillards qui couraient vers elle épée à la main. Le plus rapide tenta un coup d’estoc. Hellykin se mit de profil, évitant ainsi la pointe de l’épée. Elle lui saisit le poignet et lui envoya un puissant coup de genoux dans l’estomac qui coupa le souffle à l’attaquant. Elle lui extirpa son épée de la main et le laissa tomber à genoux avant de lui planter l’épée dans la nuque en parant l’attaque du dernier bandit à l’aide de sa grande épée. Le pauvre forban préféra fuir plutôt que de se frotter à cette géante. Il courra en hurlant et en pleurant. Hellykin le laissa s’échapper et se dirigea vers le bandit coincer sous la table et le cadavre de son ancien compagnon. Je la vis lever son pied au-dessus de la tête de l’homme hurlant et suppliant. Je fermai les yeux jusqu’à ce que les cris cessent. La terrible Shaakt revint ensuite vers moi et ricana quand elle remarqua que je m’étais déplacé.

"Content du spectacle traître ? Ce n’est même pas la moitié de ce qui t’attend à Caix."


Elle me souleva et me mit sur son épaule comme à l’accoutumer puis elle me lança dans le bateau qui nous permit de traverser le fleuve. Sa nervosité avait disparu. Elle semblait sereine, le bain de sang l’avait calmé. C’est moi qui étais terriblement nerveux à présent. Si seul un carnage pouvait l’apaiser. Sur qui se défoulerait elle quand on traverserait les régions désertes séparant Darhàm de Caix Imoros.

Vers les portes Est de Darhàm

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 Sujet du message: Re: Les terres autour de Dahràm
MessagePosté: Mer 28 Nov 2012 19:20 
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Voilà plusieurs jours que j'étais partie de Kendra Kâr. J'avais laissé ma mère qui avait finalement accepté mon destin, enfin elle me le faisait croire. J'étais sa fille unique et j'imagine que de laisser partir sa progéniture parcourir le monde pour retrouver cet homme qu'elle avait haït, devait lui déchirer le cœur. Elle venait de se remettre de la mort de son mari, mon père, du moins celui qui m'avait très bien élevé. Voilà quelques mois qu'il était parti et nous commencions vraiment à reprendre le dessus. J'étais donc partagée entre le malaise de laisser ma mère seule et l'envie voire l'obligation de retrouver mon père biologique, Cervantes de León.

Je me posais toujours les mêmes questions, celles que je me posais déjà lorsque j'avais appris la nouvelle. Où le trouver ? Comment réagirait-il et surtout comment réagirais-je ? Devrais-je vraiment succéder à cet empire de piraterie ? Devrais-je aimer ce père que je n'ai jamais vu ? Le détester ?

Je me perdais facilement dans mes pensées, ce qui fit que le voyage m'avait paru moins long que je l'avais imaginé. Par contre, je ne pensais pas que vivre, ou plutôt survivre dehors était si dur, si inquiétant. J'avais décidé de faire le voyage avec Goliath, et ce fut clairement une excellente décision. Goliath, de son vrai nom Nicolaï Kossovitch était un immense colosse de 2m10, ancien soldat humain qui était devenu un éminent conseiller à la cour de mes parents. J'ignorais quel âge il avait mais son visage grave, ses cheveux poivre et sel et ses nombreuses cicatrices témoignaient de l'expérience du gaillard.

Ainsi donc, heureusement qu'il était là, car je n'avais pas vraiment pensé à ma survie. Je savais me battre, naviguer, lire, compter, danser et tous pleins de choses que font les personnes de mon rang, mais je n'avais pas les compétences pour allumer un feu en pleine nature, chasser, dormir à la belle étoile, me diriger vers Dahràm...

Dahràm, voilà notre destination. Je ne connaissais que de nom, de par ce que j'avais appris et lu. Endroit plutôt malfamé où les brigands sont monnaie courante dans ce port de marchand. Forcément, c'était aussi réputé pour être un repaire de pirates, donc quoi de mieux que là-bas pour aller chercher des informations sur l'un des plus fameux.

Nous approchions de la ville, le soir tombait et nous avions beaucoup marché aujourd'hui pour terminer les derniers kilomètres.


« Il faudra aller directement à l'auberge et ne pas traîner dans les rues, surtout le soir »

Je regardais Goliath et lui sourit. Évidemment, je ne voulais pas traîner, j'avais trop mal aux pieds pour ça. Il y avait pas mal de monde autour de la ville, des groupes de mauvais bougres. Certains vendaient toutes sortes de choses, d'autres ivrognes se battaient au milieu d'un rond de personnes, d'autres encore restaient muets et nous dévisageaient. Je préférais avancer derrière Goliath, tête baissée, sans attirer l'attention.
Malheureusement un groupe de quatre hommes sales emmenés par un homme avec un chapeau à plume vint à notre rencontre.


« Alors ? On vient faire du tourisme ? Visiter not' bonne vieille bourgade ? »

Goliath prit de haut celui qui parlait.

« Nous ne voulons pas de problèmes. »

« Oh ! Z'avez entendu ça les gars ? Ils veulent pas de problèmes. Mais on est pas là pour en faire. »

L'homme penche la tête et me reluque de la tête au pied.

« C'est que tu as amené une belle plante avec toi mon gars. Tu serais pas du genre partageur ? Mes gars et moi on te promets de pas la casser. »

Goliath mit le main sur la garde de son épée rangée et s'interposa.

« Hé tout doux, je croyais que tu voulais pas de problèmes, c'est juste pour s'amuser. »

Mon garde du corps s'approcha du brigand après avoir pris quelque chose dans sa poche. Il déposa ensuite discrètement une petite bourse de cuir dans la main du malfrat.


« S'il vous plait. »

L'homme au chapeau fit signe à ses hommes de s'écarter et nous offrit un large sourire.

«  Bienvenue à Dahràm ! »

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Dernière édition par Alice De León le Ven 25 Oct 2013 21:16, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Les terres autour de Dahràm
MessagePosté: Sam 8 Juin 2013 09:35 
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La route s'étendait droit devant, ligne directrice vers de grandes découvertes ? Ou fil de vie s'achevant dans le danger et la mort ? En vérité, la jeune semi-elfe s'en souciait guère. Lorsque son esprit ne battait pas la campagne, il se focalisait sur le livre et ses traductions. Aidé de sa mémoire immémoriale, elle arrivait de mieux en mieux à comprendre la langue écrite des anciens earions. Elle devait reconnaître que les annotations de la part du Grand Pontife l'aidait bien aussi. Sa cause semblait tout à fait honorable. Ayant été plusieurs fois dans ces ruines, il s'était mis en tête de traduire tout ce qu'il pouvait. Il avait découvert dans la bibliothèque de Lebher que d'autres earions y avaient travaillés et des pans entiers de murs gravés de la cité avaient été traduit, mais les ruines étaient vastes et partiellement enterrées. Il avait donc trouvé une région encore non traduite et s'était attelé à la tâche. Il semblait que dans ces premières pages du livre, il avait encore du temps à lui, aussi, il passait beaucoup de temps à méditer pour retrouver d'anciens souvenirs, mais aussi à comparer à d'autres traductions, qu'il fallait parfois corriger.
Le secteur auquel il s'attaquait était en mauvais état, mais il avait bien vite découvert qu'il s'agissait d'une sorte de temple-bibliothèque. Une assemblé où des sages de Moura se réunissaient pour discuter des secrets du culte. Sur le mur, avait été gravé une série de textes complexes qu'il interprétait comme des prières et des récits mythologiques, hélas souvent incomplets.

Leyna laissait son esprit dériver sur ces lignes merveilleuses. Que penser de cela ? Le Grand Pontif disait : « Quelle merveille que ces textes anciens, qui nous révèlent à quoi ressemblaient les mythes aux origines. Je vais déjà pouvoir réécrire la légende de la première incarnation de Moura, elle n'y est pas décrite comme nous la connaissons, mais pourtant, les gens de l'époque devaient en avoir meilleur mémoire... »
C'était en effet extraordinaire. Et Leyna décida d'apprendre tout l'alphabet antique à partir de cette légende, l'un des écrits les mieux conservés.

C'est alors qu'ils furent interrompu par une troupe de Garzok. Ces créatures, vêtues de cuir et portant de sinistres armes noirâtres, devaient être en patrouille. Il n'y avait pas si longtemps, discuter avec eux aurait été inconcevable, mais ils étaient maintenant les maîtres de la région, et avaient installés un campement militaire pour l’attester.
Les brutes semblaient nerveuses :

« Qu'est-ce que vous faites ici ? » aboya celui qui devait être le chef.

Il portait une inquiétante épée dentelé et son visage portait un grand nombre de balafres.

« Nous voyageons pour le compte du temple de Moura. » expliqua le prêtre.

Les garzok s'agitèrent et leur chef plissa les yeux. Leyna ne savait quoi faire, en fait, elle ne désirait rien d'autre que de reprendre son étude. Elle ne prêtait même pas attention aux chevaliers qui crispaient la main sur leurs épée. Mais le prêtre insista bien sur le fait qu'ils étaient en mission pour le temple.
Le temple de Moura était allié à Omyre, de même que la ville de Darhàm, conquise depuis quelques temps déjà. Cependant, tout le monde savait qu'il fallait mieux éviter de se mettre à dos le clergé de Moura, les adeptes de la déesse pouvant passer de la douceur à la férocité furieuse en moins de temps qu'il ne faut pour le dire.
Finalement, les garzok les laissèrent passer en précisant qu'ils informeraient leurs supérieurs du voyage. Leyna secoua la tête et se remit à ses études.

Le soir, ils se rassemblèrent autour du feu. Les chevaliers s'activèrent à monter le camps, et Brendan en profita pour s'étonner du comportement agressif des soldats noirs.

« Il y a eu une défaite au col de Luminion, il y a peu, expliqua le prêtre, je pense que c'est pour ça qu'ils sont un peu sur les nerfs. Il faudra être méfiant, ils pourraient envoyer une expédition pour nous chercher dans les ruines et s'assurer que nous ne complotons pas contre eux... »

Les deux chevaliers hochèrent la tête d'un air maussade. À deux, les tours de garde promettaient d'être long. Pour sa part, Leyna nota l’événement comme une bonne nouvelle. Les serviteurs d'Oaxaca méritaient la souffrance, mais il fallait aussi admettre que cette défaite faisait peser des risques sur eux et sur Darhàm.
Pour se changer les idées, le prêtre proposa à Leyna de raconter ce qu'elle avait compris du livre pour l'instant, précisant que lui même n'avait pas encore eu le temps de se mettre à la lecture.

Alors, la voix de la jeune femme s'éleva pour raconter la légende qu'elle connaissait maintenant par cœur.

« Ils étaient deux, ils étaient quatre, ils étaient cinq, ils étaient dix,
loué soit la déesse sans vice,
mais leur vie était sans avenir
perdu étaient les petits êtres voulant la servir
leur vie était compté, à cinq ils étaient retombés.

Alors quatre fois ils appelèrent le nom de Moura,
Et elle entendit, répondant à l'appel une fois et une fois encore,
Ses enfants avaient besoins d'une protection une fois encore.
« La vie est toute faite de combat ! »
Et quatre fois sonna la vérité dans ses mots.

« Courez, arrachez les vie, crainte doit être sur nos ennemis. »
Et une fois de plus, à la primeur de ces sentences, la vérité prenait vie.
Avec la rage de vaincre, les serviteurs attaquèrent à un contre quatre leurs ennemis,
Et les tocsins sonnèrent la victoire sur les honnis.
Vers les hauteurs, la voix de Moura monta huit fois et la tempête répondit.
Évidente et unique réponse elle était.
« La rage de la déesse est ici. »
Clama la forte, et à la fin, et de trouver la vérité à la fin de ses dires, nul ne doutait.

Les earions de la venue de la déesse s'enchantèrent,
Et lui dédièrent plus que jamais leurs prières.
Car tous doivent le savoir :
C'est en face que s'exprime pleinement le savoir,
Par derrière, seul le mensonge et le déshonneurs attendent.
Et par devant, le sang sacré déversé avant que l'ombre ne s'étende.
Tels sont les enseignements de la déesse,
Et à travers eux, son peuple aura, pour croître et dominer, la force et l'adresse. »


Le silence tombe sur le groupe, rompu par Lannec :

« Euh... j'ai rien compris, c'est quoi ce charabia ? »

Le prêtre plissa les yeux :

« On dirait une réécriture de la légende de la première incarnation de Moura utilisée comme prétexte pour rappeler ce qu'elle attend de ses serviteurs... Mais en effet le texte est étrange. »

Leyna hocha la tête :

« Si Grand pontife soit l'homme, des erreurs il a pu commettre... Mais peut-être en réexaminant le texte, là-bas, la lumière se fera. »

Pourtant, à force de lire ce texte et les commentaires du Grand Pontife, elle en était arrivé à la même conclusion que lui : Ce texte ressemblait à de la pseudo-poésie de bas étage. Soit ils faisaient erreur sur la traduction, soit il y avait quelque chose derrière.

Les chevaux avançaient au pas et il leur fallut encore une journée pour arriver à destination. Le soir, ils virent la vaste colline d'où émergeaient le complexe de ruines. Il n'était pas difficile de deviner qu'il ne s'agissait que d'une infime partie de l'ancienne cité.

« La chance est avec nous ! déclara le prêtre. Les garzok ont dû renoncer à nous suivre. Nous allons installer le campement dans les ruines. »

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 Sujet du message: Re: Les terres autour de Dahràm
MessagePosté: Lun 21 Oct 2013 17:44 
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C'est une douleur des plus aiguës qui réveilla l'encapé. Totalement plié en deux, les spasmes l'empêchaient presque de respirer, il en oublia même qu'il était encore en vie. Dans l'espoir de réguler son pouls et de contenir son angoisse il se rallongea, sa position initiale, les yeux clos.

(Vivant...)

Sa dernière carte lui avait sauvé la vie: promettre une information pour prolonger son souffle un peu plus longtemps. Après quelques minutes de concentration, il régula sa respiration pour éviter de lui tirer d'autre spasmes. Il palpa un bandage lui entourant le tronc, se résignant enfin à prendre conscience de sa situation. Ses yeux tombèrent sur un plafond bas, des poutres de moyenne facture contenaient la pierre, pas une fenêtre en vue. La seule source de lumière était posée à côté de sa paillasse de fortune, à même le sol. Tout laissait à penser que la cellule se trouvait sous terre, car oui, Vectelion se voyait toujours comme un prisonnier. Sa veste et son chapeau gisaient non loin de là, jetés négligemment.
Le reste n'était que poussière et vide.

Avant de se laisser à nouveau envahir par le désespoir de retrouver une certaine liberté, Vec' se mit à réfléchir à un plan, analysant d'office la tragique fin de son voyage. Les rôdeurs, s'ils en étaient réellement, étaient eux aussi en quête de Daguiero et savaient pertinemment qu'il ne s'agissait pas de Vectelion.
L'encapé leur avait promis le nom du capitaine, et il devrait le donner certainement, mais après? Ses nouveaux geôliers n'auraient qu'à le tuer... il fallait trouver une astuce, une garantie. Attendant de voir débarquer quelqu'un, Vec' tenta de se replonger dans le sommeil pour ignorer sa blessure.

---


-Oui, c'est certainement pas Daguiero. Même avec les deux jambes coupées il aurait pu s'échapper...

Vectelion leva difficilement une paupière. A la lueur de la lampe il discerna deux silhouettes qui le scrutaient. Il reconnu vaguement son agresseur, à ses côtés se tenait un autre rôdeur.

(Un elfe?) Reconnu Vectelion.

-Il tient peut-être une information capitale, nous l'avons laissé se reposer pendant ton absence.

L'encapé reconnut bien là voix de l'homme qui avait manqué de prendre sa vie. Malgré son état de faiblesse il captait chaque mots avec attention, conscient qu'il n'était pas sortit d'affaire.

-On peut dire que tu t'es fais avoir, pour le coup. C'est une information encombrante que tu as ramenée là... où s'est déroulée l'attaque?

-L'une des routes principales d'Omyre, à trois heures d'ici.

-Tu as pris en embuscade une garnison de Dahràm avec quinze de tes hommes, sembla récapituler calmement l'elfe. Un risque qui aurait pu te coûter cher, vu le poisson que tu ramènes.

-J'en ai assez de courir après un fantôme, s'énerva le rôdeur. Cet homme dit connaître le frère de Daguiero, cette raclure l'aurait envoyé crever à sa place.

-Hum... une information à exploiter, je te laisse faire ça rapidement. Lorsqu'il sera mieux remit, enchaîne-le il ne s'agirait pas de le laisser courir.

L'elfe fit mine de se retirer lorsque Vectelion prit sa chance, ayant attentivement écouté leur échange. Il tendit le bras en sa direction et l'appela:

-Hé... fit-il dans un râle. Valtor... Valtor, c'est son frère.

N'en disant volontairement pas plus, il se garda et se replongea dans le silence, attendant surtout la réaction de l'elfe. Ce dernier l'avait écouté par dessus son épaule, il hocha positivement la tête en signe de réponse et s'en retourna par la porte grinçante.

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Dernière édition par Vectelion le Mar 29 Oct 2013 14:58, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Les terres autour de Dahràm
MessagePosté: Lun 21 Oct 2013 18:39 
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Ne pas voir la lumière du jour fut une réelle perte de repair pour Vectelion. Depuis l'entretien qu'avait eut les deux rôdeurs, personne n'était venu l'interroger. On changeait simplement son bandage, lui apportant le stricte minimum d'eau et de nourriture. Il moisissait ainsi dans sa cellule depuis peut-être cinq ou six jours lorsqu'enfin un visiteur fit son apparition. Un peu d'animation dans sa convalescence ne lui ferait pas de mal...

C'était le rôdeur à la queue de cheval, celui qui l'avait poignardé:

-Comment te sens-tu?

Vectelion pouffa de rire, affichant une franche ironie dans sa réponse. Il se releva sur le coude pour faire face à son agresseur sauveur, s'attirant un spasme de douleur:

-Plantez-vous une dague et attendez, vous saurez.

Ignorant presque la réponse de son prisonnier, le rôdeur vint s'accroupir prêt de la paillasse, cherchant le regard de Vec':

-Il semble que ce Valtor soit capitaine de Dahràm.

-Facile! Coupa Vectelion. C'est moi qui vous ai donné l'information... vous savez, juste après m'avoir indiqué que mon destin était de mourir, simplement... minablement.

Un silence pesant tomba alors. L'encapé avait été franc et c'est sûr un ton ferme qu'il avait prononcé ces mots. Ne détournant son regard à aucun prétexte de son geôlier, il lui fit bien comprendre qu'il n'aurait pas le reste si facilement.

-Ganéus, lâcha alors le rôdeur.

-Vectelion, répondit l'encapé en soutenant le duel.

-Pardonnez ma précipitation, fit Ganéus en montrant le bandage de Vec', mais ne laisser aucun témoin est une règle d'or à laquelle je suis particulièrement attaché... pour en avoir déjà fait les frais.

-Sous entendez-vous que je mourrai avant de sortir d'ici?

-Cela va dépendre de la nature de vos informations, car vous avez une dette envers moi.

Complètement prit de court, Vectelion s'empourpra de colère:

-Quel culot!

-Je vous ai sauvé la vie n'est-ce pas? Quoiqu'il devait arriver, cette cage vous aurait conduit à la mort si ce n'est pire. De plus, je vous ai évité quelques ennuis supplémentaires en enfermant le cadavre désarmé d'un des soldats morts avant notre départ.

-Comme si cela allait suffire...

-S'il s'agit réellement d'un complot personne ne verra le subterfuge, l'illusion devant l'illusion. Et puis j'ai fait en sorte de rendre le visage de ce chien méconnaissable, reculant au maximum les ennuis.

Vectelion devait reconnaitre que le rôdeur disait vrai. A part Valtor, qui connaissait le visage de Daguiero? Personne, et comme l'encapé et la discrétion ne faisait qu'un depuis des décennies, il pourrait retrouver un certain gout de liberté...

-Vous cherchez Daguiero... fit-il calmement, en pleine réflexion. Sa capture ne se fera pas sans l'aide de son frère, qu'il peut vous fournir indirectement. J'ai des informations, avança-t-il, c'est très certainement ce qui m'a valu cet allé simple pour la mort.

Avouer à Ganéus que Valtor lui-même lui avait donné ces informations semblaient peu crédible, même si cela avait été dans le simple but de faire souffrir un peu plus l'encapé. En prenant soin de s'écarter un peu de la vérité, il espérait affermir ses chances.

-Vous traquiez Daguiero avant votre capture?

Le silence fut court, Vectelion sauta sur l'occasion, mettant les deux pieds dans le plat. il se rappela des propos du rôdeur avant qu'il ne se fasse poignarder:

-Oui... la prime est belle n'est-ce pas?

Ganéus réfléchit un instant, laissant Vectelion aménager son petit mensonge pour se rapprocher idéologiquement de son geôlier. Jamais en vérité il n'avait chassé des primes aussi importantes, préférant la simplicité et les risques moindres... là il se présentait comme un vrai chasseur de prime capturé par le frère de sa proie.

-Vectelion, murmura alors le rôdeur le menton sur le genouJe n'ai jamais entendu parler d'un chasseur de prime de ce nom courir les rues de Dahràm.

-La discrétion est une vertu dans mon métier, vous devez le savoir vous qui semblez loger sous terre, fit-il en scrutant le plafond. Êtes-vous des fugitifs? Des pirates! Non, ils sont trop fiers pour savoir se noyer dans le silence...

-Alors je vous écoute, lança Ganéus en se relevant, entamant les cent pas, concentré.

-Je désire une chose, tenta l'encapé dans l'espoir d'attirer la curiosité du rôdeur.

Non, il ne demanderai pas la liberté, Vectelion préférait étoffer un peu plus l'idée qu'il traquait Daguiero depuis un moment:

-Laissez-moi participer à sa traque, concrètement. Avant que Ganéus ne réplique il enchaîna: La prime est pour vous, qui que vous soyez. Je souhaite participer à cette tuerie...

Ce dernier mot en disait longs sur ses fausses intentions, mais il allait sans aucun doute dans le sens de Ganéus qui souligna les faits:

-Et ainsi profitez d'une brèche quand vous serez dehors. Non, vous nous aiderez depuis cette cellule, avec vos informations. La tuerie sera au rendez-vous, soyez-en certain, en attendant nous vous gardons.

Vectelion voulut répliquer mais se ravisa au dernier moment. Il ne tenait pas autant de renseignements qu'il le prétendait mais bon... il ferai avec.

-Qu'il en soit ainsi, élaborons votre plan d'attaque alors, déclara-t-il.

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Dernière édition par Vectelion le Mer 30 Oct 2013 01:56, édité 3 fois.

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 Sujet du message: Re: Les terres autour de Dahràm
MessagePosté: Mer 23 Oct 2013 02:58 
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Vectelion se relevait pour la énième fois de sa paillasse, encore faible. Tenant son flanc à peine cicatrisé, source interminable de spasmes douloureux, l'encapé ne tenait plus ainsi confiné. Quel paradoxe... malgré ce "marché" conclut avec Ganéus, il restait un prisonnier de pacotille enchaîné à la pierre de sa cellule.

Vingt jours, aux dires de son unique interlocuteur. Vingt jour que Vectelion croupissait dans l'attente, les méninges en ébullition.

Il n'y avait que la présence du rôdeur (s'il en était un) qui lui donnait encore le courage de se lever. Une morne routine s'installait, Vectelion avait prit le temps de s'approprier la situation, d'anticiper les évènements à venir sous toutes leurs formes. Son petit stratagème pouvait le mener loin et les portes de la liberté n'étaient pas tout à fait closes. Entre ces quatre murs de pierre, sous terre, un vent de sécurité planait tout de même: assis au fond de sa prison, Vec' participait sans trop de risque à la traque de son ennemi actuel... Valtor.
Ganéus et ses amis cherchaient Daguiero, Vectelion leur avait livré son frère. Pisté par les rôdeurs depuis, le capitaine restait sa menace principale. Si l'avenir le poussait de nouveau dans les rues de Dahràm, l'encapé ne désirait pas l'avoir à ses trousses... mais lorsqu'il avait exposé l'idée à son geôlier, ce dernier avait été catégorique: la milice restait une zone interdite, sous aucun prétexte il ne s'en prendrai à l'armée...

Chaque jours sans soleil, sans lumière et sans nuit, apportait des nouvelles stagnantes de leur stratégie, jouant par la même avec la vie de Vectelion. La vue de l'anneau d'acier à son pied lui rappelait sans cesse que Ganéus n'était pas son allié, et que lui demeurait simple prisonnier... rien ne retiendrai encore la dague du rôdeur.
Le pistage de Valtor prenait du temps, la difficulté n'était pas moindre rappela Ganéus:

-Il semble avoir un rythme d'activité fort important. Valtor est sans cesse en train de courir les rues de Dahràm, vacant ici et là. Son attitude laisse à penser qu'il cherche à ne pas être suivit, et qu'il sait comment faire. Pour avoir semé plusieurs fois mes hommes, on se demande s'il ne soupçonne pas quelque chose...

Allongé sur sa paillasse, Vectelion rappliqua:

-La nouvelle de ma disparition lui serait-elle parvenue? Ou vos hommes se sont fait pincés...

Le silence se posa.

-Valtor est corrompu jusqu'à l'os... ce n'est pas vraiment surprenant au final, conclut-il. Le pire scénario à venir est qu'il s'éloigne de Dahràm pour une quelconque mission. Vous comptez procéder comment pour la suite?

Ganéus prit un air embarrassé, entamant les cent pas comme à son habitude. Visiblement préoccupé, Vec' se demandait si les responsabilités du rôdeur n'interféreraient pas dans leur stratégie.

L'elfe, à son réveil... qui était-il? L'encapé se retenait de poser la question, laissant du temps au temps. Pour l'instant, il attendait la réponse de Ganéus:

-Voilà ce que l'on sait... C'est un gradé... très haut gradé. S'attaquer à lui c'est s'attaquer à tout Dahràm, même pire! Les chances de le surprendre en compagnie de Daguiero son minimes, et inutile de se reposer sur ses clients.

-Ses clients? S'interrogea Vectelion. Vous voulez dire ses soldats.

-Non, ses clients. Valtor trempe dans l'échange de prisonniers.

-Ça explique la facilité avec laquelle je me suis retrouvé dans trois cages différentes en cinq jours, dont une avec des roulettes...

-Il se rend souvent au port... il marchande avec les pirates de Fort Grise-Écume.

-Belle information, s'étonna Vectelion.

Lorsqu'il tourna la tête en sa direction, Ganéus arrêta de faire les cents pas et le fixa:

-Je suis en relation avec les pirates de Fort Grise-Écume, lâcha-t-il.

Vectelion ne laissa pas s'échapper l'occasion d'en savoir plus, toujours en quête d'information, toujours en quête d'une pièce à son puzzle.

-Vous seul ou vous tous? Interrogea-t-il, évoquant ses amis qui avaient été à l'embuscade.

-Hum... c'est compliqué.

-L'elfe est impliqué aussi?

Ganéus s'arrêta, interloqué.

-Gardez vos questions je n'y répondrai pas. L'information est une mine d'or pour qui sait en user, elle peut soumettre un peuple, pousser une armée à la mort.

Il s'approcha en croisant lentement les bras, sa voix vibrante d'une fierté soudaine:

-Vous prétendez être chasseur de primes, laissez-moi vous qualifier d'amateur. Pour répondre à un seul de vos doutes, ainsi qu'à la question que vous m'aviez posée à votre arrivée: nous ne sommes pas des fugitifs, nous ne sommes pas des pirates... ni des voleurs, ni des chasseurs de têtes, rajouta-t-il. Nous sommes tout cela à la fois, Monsieur Vectelion.

Réduisant l'encapé au silence, Ganéus fit volte-face et s'en retourna vers la porte:

-Un clan... même mieux.

Voilà qui termina d'achever le quarantenaire atrophié du ventre, déconcerté par ce qu'il venait d'entendre. Baissant les yeux, jamais il ne s'était frotté à ce genre d'individus, préférant la solitude. D'autres questions explosèrent dans sa tête mais Ganéus tirait déjà la porte:

-Une ancienne famille, la seule depuis toujours.

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