L'Univers de Yuimen déménage !


Nouvelle adresse : https://univers.yuimen.net/




Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 134 messages ]  Aller à la page Précédente  1 ... 5, 6, 7, 8, 9
Auteur Message
 Sujet du message: Re: Les terres autour de Dahràm
MessagePosté: Dim 2 Oct 2016 15:43 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 15 Avr 2012 10:12
Messages: 23771
Localisation: Le monde d'Aliaénon
Intervention pour Insanis et Morgianna


La nécromancienne est légèrement prise par surprise, mais elle répond patiemment :

"Le dénommé Korben s'était rendu coupable d'hérésie. Il avait ensuite été pardonné mais s'est enfuit sans raison avant d'avoir pu être totalement absout. J'ai moi-même conduit l'expédition car en tant que maîtresse du culte, je dois veiller au respect de la loi de Phaïtos. Le bourreau a été un ancien ami de Korben, un certain Daemon. Je les avait recrutés ensemble. Si tu veux offrir son âme en offrande à Phaïtos, c'est ton droit."

Il hocha la tête à l'intention de Morgiana :

"En effet, ses crimes étaient graves. Il avait troublé le silence du temple avec grossièreté, malmené un membre du culte... Il à affirmé ensuite avoir rencontré un spectre sacré qui lui avait pardonné, mais sa fuite laisse à penser à un mensonge... Il n'aurait pas dû mourir, mais sa fuite à semée le trouble au sein de l'ordre. J'ai appliqué la loi, mais les blessures sont encore lourdes... et j'ai peur que ce ne soit que le début. C'est pour cela que Kadria à envoyé chercher Nibelung et Insanis : pour tenter de clarifier cette affaire."

_________________
Image

Merci et à Inès pour la signature
et à Isil pour l'avatar!
Le thème d'Azra
David le nerd


Haut
 

 Sujet du message: Re: Les terres autour de Dahràm
MessagePosté: Lun 3 Oct 2016 16:18 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mar 19 Jan 2016 23:05
Messages: 1257
Localisation: ...
J'attends la réponse de Merilian à mes questions en la regardant droit dans les yeux. Ces derniers brûlent d'une haine, d'une colère intense et à peine voilée. Mon corps lui-même exsude agressivité, tendu comme un arc, prêt à décocher ses flèches mortelles. Je suis animé par un unique désir de vengeance, plus rien d'autres n'a d'importance. Si les réponses de Merilian ne me conviennent pas, alors je passerai à l'attaque, déchaînant tout mon pouvoir contre elle. Puis ce sera le tour des Messagers... de tous, jusqu'au dernier. Surtout de ce Daemon... ce prétendu ami de Korben, lui qui l'a tué... Ce nom se grave dans mon esprit, Daemon...

J'espère ne pas devoir en arriver là mais sa soudaine déclaration quant à l'exécution de Korben ma mit dans tous mes états. Je ne le connaissais même pas... mais savoir qu'il était le frère de Nibelung me suffit amplement. J'aime ce nain et respecterai sa soif de vengeance. S'il s'avère que les Messagers sont bien les coupables et que leur raison ne me satisfait pas pleinement, alors je devrais le faire.

Une aura sombre me recouvre, telle les ailes repliée d'un corbeau. Mon visage est devenu un masque, celui du juge, celui du bourreau. La gentillesse a laissé place à un sentiment primaire et bestial. Un seul mouvement de travers, un seul mot qui ne me satisfait pas et je la tuerai.

La petite Morgiana s'avance, d'un ton calme elle essaie de me raisonner mais cela ne m'atteint pas. Je ne daigne même pas la regarder, car elle ne m'intéresse pas pour le moment. Mes yeux restent braqués sur l'autre... Merilian. Voyant que je ne réagis pas du tout, elle en vient à me tirer par le bras. L'animal qui gronde en moi veut la repousser mais... je me laisse finalement faire, ne souhaitant pas lui faire mal.

Je peine à me concentrer et la laisse parler, le regard rivé en coin vers la Maîtresse du culte. De nouveau Morgiana essaie de me raisonner, me demande de me calme, d'écouter ce que Merilian a à dire. Je la regarde alors... mes pupilles s’étrécissent.

"Écarte-toi... Ceci est hors de ta portée, tu ne peux pas même comprendre." lui dis-je d'une voix glaciale.

Je me tourne de nouveau vers la Gardienne du culte et m'avance jusqu'à être à quelques pas. Elle commence enfin à parler, confesse l'avoir pourchassé, me donne même le nom de son bourreau... Elle laisse entendre que Korben a été un hérétique. Dans mon crâne fuse de sombres pensées... Même s'il a été un hérétique, qu'il ne croyait pas véritablement à Phaïtos, en quoi est-ce punissable de mort ? Je désire en savoir plus en détail et le fait savoir à Merilian qui pour l'heure, explique à Morgiana que ce qu'a fait Korben était très grave, qu'il a défié les préceptes de Phaïtos en provoquant du bruit dans le temple. Elle ajoute qu'il a aussi malmené un membre et blasphémé.

Cette réponse me laisse perplexe... ébahi... J'en rigole même, d'incrédulité, un rire léger qui devient vite un fou-rire hystérique. Je m'approche encore de Merilian et d'une main sur son épaule, la force à me regarder. Mon visage exprime une colère sans borne ni frontière.

"Alors pour ça, il méritait de mourir ? Son seul vrai crime était de ne pas croire en Phaïtos ! Pourquoi ne pas l'avoir laissé vivre sa vie hors du culte ?! Vous ne trouvez pas que c'est exagéré ?!" hurlé-je avec fureur.

"Vous allez me conduire à Endor, vous allez aussi, ramener l'esprit de Korben, je dois lui parler. Je dois savoir ce qu'il en est réellement avant de décider quoi que ce soit." rajouté-je d'une voix sépulcrale.

Mon esprit est aux abois, tiraillé entre l'envie d'avoir une vraie famille et celle de venger l'être que j'aime pour la mort odieuse de son frère. Je suis totalement perturbé et lâche Merilian avant de crier une nouvelle fois. Toute ma frustration, toute l'impuissance que je ressens s'entends à travers ce hurlement. Je m'éloigne vivement, jusqu'à être loin de mes compagnons et me laisse aller... Tout le fluide que j'ai accumulé se libère sous la forme de centaine de particules explosives. Elles luisent d'un noir éclat, aussi sombre que la profonde nuit d'hiver. Je déclenche mon sortilège qui ravive encore ma colère. Les explosions se succèdent dans une cacophonie déchirante. La terre se ploie, s'y creusent de petits cratères, les arbres aux alentours sont soufflés par les multiples explosions et toute trace de vie disparaît dans un rayon de plusieurs mètres.

Des tremblements prennent d'assaut tout mon corps et je me retourne vivement avant de marcher, toujours loin de mes compagnons, dans la direction d'Endor.

_________________
Image


Merci à Inès pour cette magnifique signature !


Haut
 

 Sujet du message: Re: Les terres autour de Dahràm
MessagePosté: Lun 3 Oct 2016 20:13 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mar 2 Aoû 2016 00:22
Messages: 119
Localisation: Dahràm
Merilian répond avec patience que Korben était coupable d’hérésie, qu’il avait été pardonné mais qu’il s’était enfuit ensuite, sans raison valable. Elle avait conduit l’expédition car étant Maîtresse du culte, elle devait veiller au respect de la loi de son dieu. Le bourreau avait été un de ses amis, chose que je trouvai inacceptable. Comment pouvait-on orchestrer la mort de son ami, de son frère ?

(C’est monstrueux ! Celui qui a fait ceci a-t-il pu seulement dormir en sachant qu’une personne qui lui portait de l’affection est morte, et que c’est lui qui l’a tué ?)

C’est donc un Messager le coupable, si je comprends bien. Si être un Messager signifie devoir être capable de trahir son ami, je n’en ferais pas partie. Néanmoins, je me tus en entendant Merilian lui assurer qu’offrir son âme à Phaïtos en offrande était son droit. Elle hocha la tête à mon discours, puis m’assura que ses crimes étaient graves, ayant troublé le silence du temple et malmené un membre du culte. Ayant affirmé avoir rencontré un spectre sacré lui ayant pardonné, on le laissa tranquille mais sa fuite semblait prouver le contraire. Qu’il n’aurait pas dû mourir, mais que sa fuite avait semé le trouble au sein de l’ordre. Kadria aurait envoyé chercher Nibelung et Insanis pour clarifier l’affaire.

Insanis, lui, ne semble m’écouter. Il me dit, d’une voix à glacer le sang, de m’écarter, que je ne pouvais pas le comprendre. Il pose sa main sur l’épaule de Merilian, et je m’approche pour les séparer au cas où, mais Insanis commence à crier que ce n’était pas une raison pour le tuer, que son seul crime était de ne pas croire en Phaïtos. Il demande pourquoi ne pas l’avoir laissé vivre sa vie hors du temple. Puis, semblant se calmer, d’une voix d’outre-tombe il nous dit de l’amener à Endor, pour convoquer l’esprit de Korben, voulant connaître sa version avant de décider de quoi que ce soit. Il lâche Merilian avant d’hurler de fureur et de s’éloigner pour lancer un sortilège, rasant la vie aux alentours avant de partir, nous laissant sur place. Je me retourne lentement vers Merilian, et d’une voix glaciale et cruelle, je lui parle :

- « J’avais juré de ne pas prendre parti…et je le ferai. Cependant, je prends parti pour la justice qui guide mon dieu et la vérité qui guide le monde, alors écoutez-moi bien. Je veux la vérité. Pourquoi ne pas avoir laissé ce malheureux vivre ? Il y avait une autre raison, car blasphémer n’en est pas une, ne pas croire en un dieu non plus et malmener un membre de l’ordre encore moins. Dites-moi pourquoi Korben vous importait autant. »

J’essaye de me calmer, mais rien n’y fait, l’injustice apparente de cette mort me révolte, et je ne peux laisser faire. Je ne peux pas rejoindre des gens ainsi.

- « Et…pourquoi est-ce son ami qui l’a tué ? Un ami, c’est comme ta famille. Ça te rend plus fort et n’hésite pas à te montrer tes faiblesses, là où les autres ne diront rien. Et si les Messagers ne la connaissent pas, moi j’ai une règle… »

Mon regard sombre se pose sur elle, et mes yeux fichés dans les siens, je réplique, martelant mes mots :

- « On ne trahit pas sa famille. »

Je me retourne, et court dans la direction qu’Insanis a prise, arrivant à sa hauteur mais restant silencieuse. Il n’avait pas besoin de parler, et je le soutins dans sa peine, en silence.

_________________


Haut
 

 Sujet du message: Re: Les terres autour de Dahràm
MessagePosté: Lun 3 Oct 2016 20:36 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 15 Avr 2012 10:12
Messages: 23771
Localisation: Le monde d'Aliaénon
Intervention pour Insanis et Morgianna


Merilian hésita un instant, pris la main de Mendax et la retira. Gawien s'approcha, protecteur. La nécromancienne soupira :

"Rejoindre un ordre et travailler pour lui, se déclarer adepte de Phaïtos... et pourtant ne pas suivre les lois, blasphémer, piller les catacombes et finalement s'enfuir comme un voleur sans explication est un crime. S'il ne croyait pas en Phaïtos, il n'avait qu'à le dire. Il aurait touché une récompense pour son aide et serait parti. Mais il a voulu rester. Donc il devait suivre la loi. Il a eu l'opportunité de se racheter. Il l'a saisie, puis il s'est enfui."

Elle lança un regard noir à Morgiana :

"C'est lui, qui a trahi la famille. Nous avions proposé de l'accueillir et il a préférer prendre ce qu'il pouvait et s'enfuir en pleine nuit. Ne croyez pas que la sentence m'ait fait plaisir, car je l'avais moi-même recruté. Il est mort en guerrier et a été enterré avec les honneurs. C'était le mieux que j'ai pu faire. Quand à son âme, je ne l'ai pas retrouvée. Pourtant, j'aurais en effet souhaité le questionner."

_________________
Image

Merci et à Inès pour la signature
et à Isil pour l'avatar!
Le thème d'Azra
David le nerd


Haut
 

 Sujet du message: Re: Les terres autour de Dahràm
MessagePosté: Lun 3 Oct 2016 20:47 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mar 19 Jan 2016 23:05
Messages: 1257
Localisation: ...
Je fulmine toujours, bercé par une colère sourde, oscillant entre l'anéantissement et la haine pure. Je ne peux rien y faire de plus, pour le moment en tout cas et cela me plonge dans un état peu enviable. Je pense à Nibelung, à ce qu'il aurait fait... je pense aussi à mes propres valeurs... sont-elles vraiment en adéquation avec ce culte des Messagers ? J'en éprouve de plus en plus de doute et cela me fait mal au cœur.

J'entends des bruits de pas derrière moi et sans me retourner, comprend qu'il s'agit de Morgiana. Je n'arrive même pas à penser à autre chose que cette atroce vérité proférée par la gardienne du culte.

(Ce Daemon est un homme mort... et il va souffrir, atrocement.)

Je vois que la petite messagère marche à mes côtés en respectant mon silence et je tolère sa présence, me contentant de poursuivre ma route. Ne sachant plus que penser, je me plonge dans un mutisme protecteur et avance tout droit.

Au bout d'une dizaine de minutes, ma voix résonne soudain et d'un ton monocorde annonce :

"Je l'aimais ce fieffé imbécile... et je lui voue toujours cette adoration. Savoir que ma nouvelle famille a pu se rendre coupable d'un tel acte échauffe mon sang... me rend perplexe, furieux. Massacrer le frère de l'être aimé, je ne peux le tolérer... je ne saurais me lier à ce que j'ai plus envie de qualifier de bande de malandrins qu'autre chose."

Je me parle plus à moi-même qu'à Morgiana. Dire ceci me soulage, m'autorise à poser à plat les idées confuses qui fusent et vrillent dans mon esprit accablé.

_________________
Image


Merci à Inès pour cette magnifique signature !


Haut
 

 Sujet du message: Re: Les terres autour de Dahràm
MessagePosté: Mar 4 Oct 2016 18:12 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mar 2 Aoû 2016 00:22
Messages: 119
Localisation: Dahràm
Merilian reprend encore, en réponse à ma question, que le dénommé Korben travaillait pour l’ordre, et était adepte de Phaïtos, du moins jusqu’à ce qu’il pille les catacombes, blasphème contre un dieu en lequel il croyait et s’enfuisse sans aucune explication. Que s’il ne croyait en Phaïtos, il n’avait qu’à le dire et il aurait touché une récompense puis serait parti. Il avait voulu rester, et avait eu l’occasion de se racheter, qu’il l’avait saisi puis s’était enfuit.

Elle me jeta un regard noir, puis reprenant ce que j’avais dit, déclara que c’était lui qui les avait trahis. Que l’ordre avait voulu l’accueillir mais qu’il avait préféré prendre ce qu’il pouvait et s’enfuir. Elle m’assura que la sentence ne lui avait pas plu, car c’était elle qui l’avait recruté, mais qu’il était mort en guerrier et avec les honneurs qui lui étaient dûs, qu’elle avait fait de son mieux pour lui. Elle m’annonça aussi, en réponse à Insanis -probablement parce qu’il y avait plus de chances qu’il m’écoute moi- que son âme n’avait pas été retrouvée.

Je me rends compte de ma méprise, et décide de croire ce qu’elle dit.

- « Je m’excuse Merilian. Le caractère injuste qui m’apparaissait de cette mort m’a amenée à des conclusions trop hâtives, et au moins tu as la preuve que si je vous considère comme ma famille, je ne vous trahirais pas. Je vais essayer de calmer Insanis. »

Je lui souris, et retourne près d’Insanis. Consciente qu’il n’a pas besoin de mes paroles pour le moment et que la colère l’aveugle, je cherche comment lui présenter les faits, mais il se met à parler, disant aimer un imbécile, et toujours lui vouer cette adoration. Je comprends qu’il parle de Nibelung, et le laisse continuer à parler, consciente qu’il n’attend pas vraiment de réponse. Il dit que savoir que ce qu’il considère comme sa nouvelle famille à fait ceci échauffe son sang, qu’il ne saurait se lier à ce qu’il considère comme une bande de malandrins. Je saisis l’occasion, et me racle la gorge pour commencer à parler.

- « J’ai posé quelques questions à Merilian…et il me semble que tu te méprends Insanis. »

Je suis consciente qu’il y a peu de chances qu’il m’écoute, mais sinon il ne le fera jamais.

- « Vois-tu, après que tu sois parti, j’ai demandé à la Maîtresse de l’ordre quelques précisions, et si pour eux Korben était important, c’est qu’il était membre de l’ordre. Il croyait donc en Phaïtos, et a blasphémé contre lui. Il a pillé le Castel d’Endor, et est parti sans explications. Il a malmené un de ses frères, un des Messagers. Néanmoins, Merilian m’a assuré l’avoir enterré avec les honneurs. Et comme tu n’es pas resté, tu n’es sans doute pas non plus au courant que Merilian a déjà tenté de convoquer l’âme de Krben pour savoir ce qu’il a fait. Tu vas probablement me dire que Merilian peut m’avoir menti, mais sinon tout ceci n’a pas vraiment de sens. Et quelque chose me dit que je peux croire en Merilian. »

Je me tus, attendant sa réaction, mon regard fiché dans le sien, à l’attente du moindre mouvement qui pourrait me permettre de comprendre Insanis à l’instant présent.

_________________


Haut
 

 Sujet du message: Re: Les terres autour de Dahràm
MessagePosté: Mer 5 Oct 2016 21:22 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mar 19 Jan 2016 23:05
Messages: 1257
Localisation: ...
Après que j'ai parlé, je vois Morgiana qui s'apprête à répondre, se raclant la gorge et se lançant finalement. Elle m'explique avoir discuté avec Merilian, qu'elle pense que je me trompe et me redonne les explications fournies par la gardienne du culte. Je me raidis aussitôt puis soupire, bien conscient qu'elle n'y est pour rien, qu'elle ne fait que ressortir bêtement des arguments donnés par une femme sans scrupule.

Quand je tourne la tête, je la vois qui me scrute avec intensité, ses yeux captant chacun de mes mouvements. Je ne sais trop que lui répondre, partagé entre l'affection que je lui porte et l'envie de l'envoyer chier, elle qui me redit ce que Merilian m'a déjà asséné. Je me laisse un temps pour réfléchir tout de même, sachant très bien que m'emporter ne va m'emmener à rien, que je dois réfléchir froidement, à tête reposée.

J'essaie malgré ma colère d'analyser les choses froidement. Korben est mort, mais c'est lui qui aurait tout provoqué... je ne peux savoir ce qu'il s'est passé exactement mais il est clair que les choses ne sont pas nettes.

"Peut-être... je ne sais pas quoi dire, ni quoi penser. Il me faut du temps." lui-dis-je, me forçant à sourire en terminant ma phrase.

Je m'apprête à continuer quand une voix soudaine nous interromps, une voix rauque et abrupte, un ton que je reconnaîtrais entre tous...

"Halte là !"

Mon cœur se met à battre à bâtons rompus, semble presque vouloir s'extirper de ma cage thoracique pour s'envoler, loin... très loin. Mon sang pulse dans mes veines, déborde, devient brûlant tandis que ma gorge s'assèche tel le désert baigné par un soleil éclatant.

"Je... Nib'... Que... Pourquoi ?" arrivé-je finalement à dire.

"Mendax ? C'est surprenant... d'te revoir ici."

Alors qu'il finit de parler, d'autres nains sortent des fourrés et viennent s'installer en arc-de-cercle autour de Nibelung. Ils arborent tous un air belliqueux, empreint de cette assurance mal placée du guerrier.

"Je rentre chez... moi. Enfin, je crois. J'y vais également et surtout pour... éclaircir la mort de Korben." dis-je en m'affalant alors au sol, sanglotant.

Je suis totalement bouleversé par cette soudaine apparition, mon cœur est aux abois, me hurlant d'aller m'excuser, de le supplier de me pardonner. Ma dignité elle, m'ordonne de ne rien en faire et je ne sais comment réagir. J'ai en face de moi l'être aimé, tant désiré... le nain qui a hanté mes rêves et mes fantasmes, mes nuits et mes jours. Qu'il soit ici, partageant le même air, le même sol que moi me donne des frissons courant le long de mon dos.

Nibelung fait alors un geste aux autres nains et s'avance, s'agenouille devant moi et me pose une main sur l'épaule. Il a l'air gêné puis... s'excuse. Il m'implore de lui pardonner sa réaction, me confesse avoir énormément pensé à moi ces derniers-temps. Je le connais, trop bien même, pour savoir que cet aveu de sa part a du lui coûté beaucoup. Je n'attends alors, pas une seconde de plus et le prends dans mes bras, pleurant à chaude larme.

"Je suis désolé Nib' ! Je t'aime, je ne voulais te perdre ! C'était juste... trop... simplement trop... J'avais peur de mes sentiments, peur de ta réaction, de notre avenir..."

Il me rend alors mon étreinte et éclate lui aussi en larme avant de se relever, de s'essuyer d'un coup de manche et de me prier de l'excuser un instant. Il se tourne alors vers ses camarades et leur annonce comme de rien qu'il va m'accompagner, pour l'honneur, se sent-il apparemment de rajouter.

J'entends des plaintes dans le groupe mais celui que je prends pour le chef s'avance à son tour et serre à la façon des guerriers la main de Nib' avant de lui annoncer qu'il n'a rien de plus à dire mais qu'il a été fier de combattre à ses côtés.

"Moi aussi Jorg ! J'espère qu'on va s'revoir !"

Il se détourne ensuite et me fait signe d'approcher.

"Je suis content de te revoir mon beau. Mais on va avoir besoin de parler, de nous, de Korben, c'est important je pense."

"Oui bien sûr, pour l'heure, il faut déjà qu'on aille au château, nous pourrons parler en chemin. Ah j'ai failli oublié..." Je me tourne vers Morgiana et la désigne d'un bras "Voici Morgiana, une fidèle de Phaïtos, promise à rejoindre l'ordre des Messagers."

Nibelung se fend d'un sourire amical et se ploie en deux, mimant grossièrement une révérence avant de déclarer :

"J'ne dirais rien... mais ce culte semble bien..."

"Arrête Nib'. Cette histoire ne la concerne pas. Nous devons régler ça avec les principaux instigateurs de cette macabre affaire."

_________________
Image


Merci à Inès pour cette magnifique signature !


Dernière édition par Mendax le Ven 7 Oct 2016 19:23, édité 1 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: Les terres autour de Dahràm
MessagePosté: Jeu 6 Oct 2016 18:04 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mar 2 Aoû 2016 00:22
Messages: 119
Localisation: Dahràm
Insanis semble peu disposé à m’écouter, et je vois bien que j’ai mal choisi mon moment. Se forçant à sourire, il me dit avoir besoin de temps pour réfléchir et me renfrogne, bien consciente qu’il a du mal à me croire. Une voix nous interrompt alors, une voix brute et je sursaute, surprise de voir un nain s’approcher et Insanis balbutier le nom de son amant, Nibelung. Alors c’est lui.

Cependant, Nib’, comme mon compagnon aime à l’appeler, le nomme « Mendax », ce qui ne fait pas réagir Insanis, bien au contraire. Et là, le discours de Nad’ et de Meredith me revient en tête. Un prostitué aurait tué sa patronne et se serait enfuit. Or, il m’a confié avoir été un prostitué. Il était tendu à Dahràm, comme s’il haïssait quelque chose. Alors le prostitué dont parlait Nad’…c’est lui ?

La moue triste sur le visage de mon amie me revient en mémoire, ses jolis yeux gris embués de larmes et encadrés par ses longs cheveux bruns et soyeux me donnent envie à moi aussi de pleurer. Alors que la brume des souvenirs enveloppait mon esprit, je ne remarquai pas que d’autres nains sortaient des fourrés ou ils étaient tapis. Insanis, lui, tombe à terre en sanglotant, et je me précipite auprès de lui pour veiller à son confort, l’installant sur mes genoux afin qu’il ne subisse pas l’inconfort du sol sous sa tête. Il balbutie encore, disant rentrer à la maison, et qu’il y allait aussi pour éclaircir le mystère de la mort de Korben.

Nibelung, lui, s’avance et s’agenouille avant de s’excuser, de lui narrer avoir beaucoup pensé à lui ces derniers temps. Je les regarde, et me sens de trop dans ce beau tableau. Cependant, Insanis n’a toujours pas quitté mes genoux, et je ne peux pas le laisser par terre. Alors en attendant, je caresse ses longs cheveux, attendant qu’il se lève pour me retirer. Il ne tarde pas à le faire, prenant le nain dans ses bras, pleurant et pleurant qu’il est désolé, qu’il ne voulait pas le perdre, qu’il avait peur de leurs sentiments, de leur avenir…je lève les yeux au ciel, écœurée par tant d’amour, qui le fera forcément souffrir. Je réprime l’envie de soupirer et de souffler, pour ne pas gâcher ce que je suppose être leur moment de retrouvailles et de joie, même si les questions que je me pose brûlent mes lèvres, et que la colère commence à m’envahir. Je me lève alors, et essuie mes jambes, pour enlever les saletés, pendant que les deux à côté se prennent dans les bras, et pleurent, et…

Nibelung se lève et remercie un nain, qu’il nomme Jorg, avant de demander à Insanis d’approcher. Je tends l’oreille, pour savoir si ça peut être utile, mais…non, ça ne l’est pas puisque l’amant d’Insanis lui dit qu’ils auraient besoin de discuter de leur couple et de Korben, ce à quoi Insanis déclare qu’ils devaient pour l’heure aller au Castel, et me présente en tant que fidèle, chose à laquelle j’acquiesce, avant d’entendre la suite : je serais promise à rejoindre les Messagers.

Mon regard se fit plus dur, plus sombre, avant d’être noir de rage quand Nibelung me fit une révérence foireuse en faisant un petit commentaire sur ce qu’il pensait des Messagers, avant qu’Insanis l’arrête et lui dit que je n’étais pas mêlée à cette histoire.
Je décide alors de feindre la bonne humeur, et sourit à Nibelung.

- « Enchantée de te rencontrer Nibelung ! Mendax, ou Insanis, je ne sais plus, a l’air de beaucoup tenir à toi, sois en sûr ! »

Cette phrase pleine de sous-entendus était dite sans la moindre animosité, et je guettai la réaction d’Insanis…ou Mendax.

La route allait être longue. Mais obtenir de lui des explications aussi.

_________________


Dernière édition par Morgiana le Lun 10 Oct 2016 16:32, édité 1 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: Les terres autour de Dahràm
MessagePosté: Ven 7 Oct 2016 19:39 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mar 19 Jan 2016 23:05
Messages: 1257
Localisation: ...
Après avoir présenté Morgiana, ou plutôt pendant… je ressens une nouvelle fluctuation de son humeur. Son regard perd de sa chaleur, devient froid à faire peur… Mais cela ne dure qu’un instant. Comme tout esclave, elle sait masquer ses émotions, bien qu’elle manque encore de pratique à mon goût. Elle se pare alors d’une mine joyeuse qui ne me leurre pas une seconde et dans un même temps, se dit enchantée de rencontrer Nib’, avant de rajouter en m’appelant par mon ancien et mon actuel prénom, qu’il est clair que je tiens à lui.

Cette phrase n’est pas agressive mais non dénuée de sous-entendus, ce qui me fait tiquer.

« Attends-moi un instant Nib’, je dois parler rapidement à Morgiana. » dis-je à Nib’ en lui tenant le bras alors qu’il hoche simplement de la tête en haussant ses massives et sculpturales épaules.

J’emmène alors à quelques pas Morgiana et la fustige du regard, les mains posées sur les hanches.

« Je ne sais pas ce qui te passe par la tête, mais si tu as quelque chose à dire, dis-le, clairement. Je n’aime guère les faux-semblants, je laisse ça à ceux qui y sont obligés de par leur condition. Et pour devancer une éventuelle agression, oui je m’appelais Mendax, oui je ne te l'ai pas dis, et peut-être t’en parlerais-je un jour, sache seulement que cela fait partit de mon ancienne vie. »

Je prends la peine de lui parler car je n’ai guère envie qu’elle et Nib’ s’entredéchire comme chien et chat pendant le voyage. Je connais mon nain, il peut être rustre mais possède une générosité et un altruisme sans faille, ainsi qu’un courage insensé. Il n'hésite pas à se mettre en danger pour aider ceux qu'il considère comme ses amis, même sa vie...

(C’est aussi pour ça que je l’aime… Lui qui est si parfait, contrairement à moi. Il est ma lumière quand je suis son papillon de nuit.)

J’espère vraiment que Morgiana va se détendre ou je sais ce que je devrais faire. M’éloigner, du-moins temporairement, d’elle. Je l’apprécie mais ne risque pas de nuire à mon idylle avec Nib’ pour ses beaux yeux.

_________________
Image


Merci à Inès pour cette magnifique signature !


Haut
 

 Sujet du message: Re: Les terres autour de Dahràm
MessagePosté: Lun 10 Oct 2016 16:17 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mar 2 Aoû 2016 00:22
Messages: 119
Localisation: Dahràm
Juste après avoir rempli mes mots de sous-entendus vicieux et perfides, et après avoir mimé la joie d’avoir rencontré celui que j’ai envie de fusiller du regard, je remarque qu’Insanis ne semble pas se méprendre sur mon humeur actuelle, et même qu’il m’a percée à jour.

Il s’excuse alors auprès de son amant qui acquiesce avant de me traîner par le bras comme une enfant de cinq ans. Je me débats, et résiste à l’envie d’abîmer ses bijoux de famille. Il m’explique ne pas savoir ce qui me passait par la tête, mais que si j’avais quelque chose à dire, il fallait que je le dise, car il n’aimait pas les sous-entendus.

Il me confirme aussi s’être appelé Mendax, et qu’un jour peut-être il m’en parlerait. A cette annonce, j’ai envie de lui rire au nez. Je la connais déjà son histoire. Mais consciente que cela ne m’aidera pas, je me contentai de le regarder, sachant que la lune qui montait dans le ciel rendait la couleur de mes yeux encore plus étrange et plus perçante, ce qui mettait généralement les gens mal à l’aise. S’il devenait mal à l’aise, peut-être qu’il ne me regarderait plus dans les yeux avec tant d’honnêteté et il détournerait son regard, me laissant en paix.

J’entrouvris légèrement les lèvres, afin de commencer à parler, puis me ravisai et me tus, avant de baisser la tête, puis de le regarder dans un étrange mélange de tristesse pour lui. Pas de la pitié, mais bien de la tristesse.

J’ôtai alors sa main de mon bras, et enlevant la manche de mon habit de fortune, je regardai mes bleus et mes cicatrices de coups pour voir si je n’en avais pas eu de nouveaux lorsqu’il m’avait traîné, et remettant ma manche, je le regardai dans les yeux, emplis d’une tristesse infinie.

- « Tu ne peux pas comprendre. »

Je passai outre son barrage, et la Maîtresse arrivant, j’hésitai à aller près d’elle, avant de décider de partir devant, dans la fraîcheur de la nuit et l’obscurité des ombres. Me coulant dans les ténèbres, entre les arbres et les plantes, je progressai dans la forêt, impatiente d’arriver à destination, et de m’éloigner de ce couple qui me mettait si mal à l’aise.

Au bout d’un moment, constatant mon avance respectable sur eux, je m’asseyai et tentai de comprendre la raison de mon malaise face à eux. Faisant le vide dans ma tête, je compris que c’était de la jalousie. Pas de la jalousie par rapport à Mendax, non, mais de la jalousie devant ce que je n’avais jamais pu éprouver moi-même, ce que personne ne ressentait pour moi. J’avais envie d’être aimée, comme tous les humains, et sous couvert des tortures amoureuses que Judal m’avait fait subir, j’avais repoussé ce besoin de toutes mes forces.

L’être humain a besoin d’être aimé dans son milieu. Oui, il a besoin de ne pas être seul, de sentir qu’il est apprécié. L’être humain est fragile oui. L’être humain est pitoyablement humain. Et je ris doucement, amèrement, avec la lune pour témoin, devant notre faiblesse.

Comment des créatures si faibles et si insignifiantes telles que nous avaient pu survivre dans cet écosystème fragile et injuste qu’est la vie ? Oui, décidément nous sommes tombés bien bas. L’être humain est tellement fragile qu’il a besoin d’un mensonge comme l’amour pour se protéger lui-même de l’affreuse vérité et justifier sa reproduction et ses échanges de salive avec d’autres.

L’amour est un mensonge. C’est quand on vous en fait baver, mais qu’on vous dit que vous serez réconforté à la fin, alors que c’est faux. Comme l’âne est attiré par la carotte accrochée à un bâton, et qu’on s’en sert pour le faire bouger, les humains sont attirés par ce grossier mensonge qu’est l’amour, et qui sert à les faire vivre parce qu’ils espèrent. Ce beau gâteau est un gros mensonge, un beau mensonge aromatisé à l’espérance.

L’espérance. C’est l’ingrédient commun de tous les gâteaux que les humains, et même plus que les humains, avalent, et qui finissent par conduire les plus lucides à l’indigestion du désespoir.

Mais je ne veux pas tomber. Je ne veux pas de ce gros gâteau. L’hypocrisie et se mentir à soi-même, je veux en faire un régime. Je ne tomberai pas. Et si je dois tomber, ce sera d’une autre faiblesse. Je me protégerai des mensonges, apportant cette vérité, et triomphant là où les autres seront tombés pour leurs compagnons.

Les voyant arriver, je me relevai et les rejoins en murmurant ce qui serait désormais une de mes devises :

- « Le gâteau est un mensonge. »

_________________


Haut
 

 Sujet du message: Re: Les terres autour de Dahràm
MessagePosté: Lun 10 Oct 2016 21:30 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mar 19 Jan 2016 23:05
Messages: 1257
Localisation: ...
Alors que le ciel se pare d’un châle à la teinte bleue nacrée et que les yeux célestes s’ouvrent devant nous, un léger vent me fait frissonner. C’est à cet instant que je perçois le changement des yeux de Morgiana. Ils sont de véritables prismes où miroitent les couleurs, semblent à même de lire en moi comme dans un livre ouvert…
Je n’aime guère ce regard.

Il me glace le sang et j’ai l’impression de voir celui de ma mère… Elle, que j’ai tué, massacré, torturé. Cette gamine me renvoie en pleine gueule, de plein fouet, les images atroces de ma nuit de démence où j’ai baigné dans la violence et la barbarie la plus primaire. Elle s’apprête à parler mais se ravise finalement et je continue de me perdre dans mes souvenirs quand sa voix déchire finalement le silence.

Son visage est un masque de tristesse quand elle déclare que je ne peux comprendre. Le mien se trouve être celui de l’étonnement et de l’incrédulité. Moi ? Ne pas pouvoir comprendre… ? Sans parler d’âge, ce qu’elle a vécue, je l’ai aussi expérimenté. Peut-être que les conditions n’étaient pas les mêmes mais la conclusion est revenue au même. Elle comme moi, avons, sommes, des esclaves.

Des êtres serviles, privé d’une liberté salutaire. Elle comme moi avons échappé à ce destin et c’est pour ça que j’ai voulu croire que nous pourrions être proche. Mais son soudain revirement de comportement quand est arrivé Nib’ m’énerve. Je la vois qui part sans rien ajouter et avance tout droit, sans se soucier de nous, de moi.

« Fait comme bon te semble. J’ai essayé d’être gentil et voilà comment je suis remercié ? Bonne route, Messagère. » lui dis-je alors qu’elle s’en va, ma voix mêlant l’irritation et la colère.

Nib’ qui m’entend hausser le ton vient alors vers moi et mes traits s’adoucissent aussitôt, mon cœur recouvert d’un baume réparateur. Je lui murmure que ce n’est rien, que Morgiana a décidé d’être seule et que c’est en soit tant mieux car ça va nous laisser le temps et l’occasion de parler.

« Je t’aime Nib’, mais je suis d’accord, il faut que nous parlions. Je tiens donc à être sincère, il est maintenant établi que les Messagers ont exécuté Korben mais… il semble qu’ils aient eu une bonne raison. Je ne sais plus vraiment que penser… Je veux faire partie de cette fratrie, mais s’ils pratiquent sans une bonne raison le fratricide, alors bien sûr je me devrais de réviser mon souhait. »

Mon aimé me regarde avec tristesse et soupire avant de déclamer :

« Korben était une tête brûlée et je veux, je vais, venger sa mort, sauf s’il est avéré qu’il s’est rendu coupable d’un crime vraiment odieux. J’ai toujours du mal à digérer que tu souhaites les rejoindre. Mais je te veux, toi, ta compagnie, ton humour et ton charme, ta générosité et ta tendresse. Pour l’heure, je ne sais non plus que penser, il va falloir mettre ça au clair mais l’on dirait qu’on va devoir attendre d’être à Endor. »

J’acquiesce avant de me baisser et de l’embrasser fougueusement.

« Le goût de tes lèvres m’avait manqué mon beau… La vie n’avait plus la même saveur sans toi. Le soleil brillait moins, les oiseaux chantaient faux… Mais t’avoir à présent auprès de moi me rend plus fort, plus confiant, et je ne veux plus jamais te perdre. Comme tu l’as compris, l’on va devoir attendre d’être à Endor mais sache… que je n’irais pas à l’encontre de ta décision, et que je te suivrai. »

Il me regarde avec passion et me rend mon baiser, ses lèvres charnues rencontrant les miennes, sa langue entamant un langoureux ballet avec la mienne… Je me sens vivant, immortel. Plus rien ne peut m’abattre, plus rien ne peut me blesser car je suis avec l’être aimé. Il est mon rempart contre le monde, ma lumière, mon phare dans la mer tumultueuse qu’est la vie.

« Je t’aime aussi Mendax… Je dois d’ailleurs te dire… je sais que tu l’aimais bien… Groseille a été… tuée. Je n’ai pas su la protéger… Nous avons été attaqués par des brigands et elle est partie d’une flèche dans la tête. Je m’en suis tellement voulu… Ce jour-là, j’ai beaucoup pleuré, après avoir tué tous les hommes, bercé par une rage brute et renversante. Il fallait que je te le dise… »

La nouvelle m’attriste réellement, me chagrine profondément… J’appréciais la compagnie de cette naine et regrette de ne pas avoir pu lui dire au revoir plus sereinement mais ceci fait partie du cycle de la vie et je trouve du réconfort dans l’idée qu’elle a maintenant rejoint Phaïtos avant de se réincarner.

« C’est triste… je m’en veux de ne pas avoir pu lui dire au revoir… ne serait-ce qu’une dernière fois… »

J’étreins avec force Nib » dans mes bras, puis… trop heureux de l’avoir retrouvé, le prend par la main et l’entraîne à l’écart prétextant à Merilian que je souffre atrocement et que je vais vomir puis les rejoindre, elle et Morgiana un peu plus loin sur la route. Sans même attendre de réponse, j’emmène Nib’ dans les sous-bois jouxtant la route et y trouve un tapis de feuille et de mousse sur lequel je l’entraîne.

Quelques cris nocturnes percent le silence mais rien d’autre ne vient contrarier cette ambiance féerique. Des rais de lumières lunaire percent le couvert des arbres et nous fournissent un éclairage suffisant tandis que j’aide mon nain à se défaire de son armure. Il m’aide à son tour tandis que mes yeux dévorent son corps divinement formé, ni trop musclé, ni trop sec.

Ses puissants bras me saisissent et il m’embrasse à nouveau avant de me faire m’allonger. J’en décide pourtant autrement, reliquat d’une vie de catin et me place sur lui, désormais totalement nu, tout comme moi. J’entreprends alors de faire naître chez lui le désir et caresse ce qu’il aime à appeler son colosse à un œil.

Je le chevauche alors qu’il est au mieux de sa forme et cela dure… dure… encore… Il n’y va pas brusquement et je ressens un intense plaisir. J’en viens à penser que je l’aime et que cela doit en être la cause car jamais je n’ai ressenti une telle satisfaction… Pendant ce qui me semble une éternité, l’instant se prolonge puis arrive finalement la jouissance et nous nous regardons sans parler, plongés dans une mutuelle contemplation.

Après plusieurs minutes, l’on décide de se rhabiller et nous nous remettons en marche jusqu’à rejoindre Morgiana et Merilian. Je sais que nous ne sommes plus très loin d’Endor et cela m’emplit d’espoirs et de craintes formant un curieux mélange, c’est toutefois avec l’être aimé que j’y vais et un grand sourire fleurit sur mon visage.
Je laisse dériver mon regard qui ne se pose que quelques secondes sur Morgiana avant de repartir vers Merilian à qui j’annonce que Nib et moi sommes prêt à repartir.

_________________
Image


Merci à Inès pour cette magnifique signature !


Haut
 

 Sujet du message: Re: Les terres autour de Dahràm
MessagePosté: Mar 11 Oct 2016 18:03 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mar 2 Aoû 2016 00:22
Messages: 119
Localisation: Dahràm
Je ressasse sans cesse et sans égard pour mon âme torturée les mots de mon bourreau du jour, Insanis. Ou Mendax.

« Fais comme bon te semble. »

Je ne comptais pas en faire autrement, mon cher.

« J’ai essayé d’être gentil et voilà comment je suis remercié ? »

Tu as été gentil, ça a été gentil de te soucier de moi mais si je ne t’ai pas obligé à te confier à moi je voudrais te rappeler que moi non plus. Je n’ai donc pas à te remercier. Et te confier mon passé ne devrait pas être considéré comme une récompense.

« Bonne route, Messagère. »

Je ne suis pas une Messagère, mon cher Bourreau. Je suis moi. Je suis le corbeau.

Et ces mots, ainsi que l’envie de les enrayer et ma tentative désespérée de me convaincre moi-même, me tentent irrémédiablement. Oui, je suis tentée par le démon. Je suis tentée par l’envie de me blesser encore et encore avec ces mots, si blessants et pourtant si attirants. Et j’ai bien l’impression que lui aussi, a envie de se torturer. Pourtant, son amant l’en empêche.

Aimer n’a aucune utilité. Aimer te donne un point faible. Aimer n’est pas une force. Pourquoi sont-ils si nombreux à se resservir une part de Mensonge ? Se mentir à soi-même est donc une torture si douce ?

Je les vois s’embrasser et mon cœur se serre, parce que je suis la seule à être consciente de la réalité. Ça me fait si mal, de connaître la vérité. D’avoir compris notre faiblesse, de me rendre compte de ma faiblesse. J’ai une misérable envie de pleurer comme un enfant. Mais ma fierté m’en empêche, et la tête basse mes larmes coulent intérieurement pendant que j’affiche un semblant de sourire tremblotant qui ne tromperait même pas un aveugle.

Je ne suis pas trompée une seconde par son « j’ai envie de vomir » et un sourire ironique s’affiche sur mon visage quand j’entends des cris d’extase un peu plus tard. Dégoûtée, me sentant moi aussi malade, je m’éloigne pour vomir, réellement cette fois. Je dois être pâle comme un linge, car je me sens vraiment malade, moi. Je pleure de douleur, j’ai mal au cœur et ma tristesse ne fait qu’ajouter à cette souffrance. Quand ils reviennent, je reviens moi-aussi, me cachant sous ma capuche, même si mes soubresauts et ma respiration entre coupée ne trompe personne.

_________________


Haut
 

 Sujet du message: Re: Les terres autour de Dahràm
MessagePosté: Jeu 13 Oct 2016 17:00 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mar 19 Jan 2016 23:05
Messages: 1257
Localisation: ...
L’amour est l’âme de l’humanité. Aimer, c’est exister, c’est être. Nous sommes là grâce à l'amour de ceux qui nous ont donné la vie, nous sommes le reliquat d'une passion réciproque entre deux êtres. L’Homme a besoin de ce sentiment qui l’aide à ne pas céder à la bestialité tapie en lui. Eprouver cette sensation nous donne la force de vivre, elle existe depuis que le monde est monde, c’est la seule passion qui ne souffre ni passé ni avenir car elle se contente d’être, elle qui est intemporelle, immortelle... Comme la haine, l’amour est liée à l’Homme le plus intimement possible, comme notre ombre l’est à notre corps.

Je ne me suis jamais senti plus vivant qu’en aimant Nib’ qu’en partageant sa compagnie, qu’en éprouvant pour lui ce sentiment si bouleversant. Tout me semble plus beau, rien ne peut m’atteindre. Je suis dans un état de béatitude exaltant, bien plus puissant que ce sentiment de dévotion mêlée au respect que je voue à Phaïtos ou à n’importe quelle déité.

Le monde lui-même me semble plus beau, l'air que je respire plus pur. Je me prends à tout observer d'un œil romantique, poétique. Les géants sylvestres dont les frondaisons s'affolent sous le joug du vent, les chants des oiseaux posés sur leurs branches... les moutons blancs qui voguent dans le ciel avec frivolité, formant parfois de bien étranges symboles...

Mais Morgiana semble ne pas vouloir comprendre. Je sens bien que depuis l’arrivée de Nib’, elle s’est faite plus distante, et cela m’attriste autant que ça m’énerve. Je sens bien qu’elle ne me dira rien et cela m’ennuie, alors je dois bien m’avouer vaincu, pour l’heure. Pour l’instant, je vais profiter de Nibelung, cela m’emplit déjà d’une joie intense et jouissive !

Je me prends alors à le contempler. Son visage exprime une forte détermination qui dissimule une grande douceur. Ses yeux sont des puits d’émeraudes, pareils à des forêts luxuriantes et profondes, sauvages et indomptées. Je m’y plonge et cela me donne le vertige, je perds pieds et me laisse bercer par la beauté de ce regard. Il est l’écho de mon âme sœur, celui qui a trouvé le chemin vers mon cœur, m’a offert le bonheur. Je ne peux imaginer passer sans lui ne serait-ce qu’une heure… il est ma drogue, ma vie. De lui je suis entiché, de lui je ne peux me passer. Il est mon être aimé, celui qui par sa seule présence illumine les sentiers tortueux de la vie.

Alors que la lune trône dans un ciel d’ébène où luisent un millier d’œil qui nous épient depuis les profondeurs insondables, j’entends les bruissements dans les fourrés, les cris aigus des chouettes. Le chemin s’élève progressivement, nous fait grimper le dos d’un géant endormi dont la peau verdoyante ondule, bercée par un léger vent. A l’horizon se dresse les gardiens tutélaires et immortels. Ils bornent le lointain, veillent sur cette portion du monde qui leur a été octroyé par Yuimen.

Je sais que là-bas siège le castel d’Endor, repaire des Messagers du corbeau. J’espère réellement y trouver là-bas une bonne raison d’abandonner cette idée de vengeance. Je nourris secrètement l’espoir que Korben se soit bien rendu coupable d’un crime impardonnable. Une famille m’ouvre les bras, je n’ai guère envie d’y renoncer. Cependant, je sais en mon âme et conscience que si l’explication sur la mort de Korben ne me convient pas, je serai obligé d’agir avec Nibelung pour venger son frère.

Le voyage continue ainsi durant de longues heures, alors que j’échange de brefs regards avec Nib’, les paysages défilent et nous arrivons bientôt dans les duchés. Endor n’est plus très loin…

_________________
Image


Merci à Inès pour cette magnifique signature !


Haut
 

 Sujet du message: Re: Les terres autour de Dahràm
MessagePosté: Sam 3 Déc 2016 19:10 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 6 Déc 2015 20:43
Messages: 309
Localisation: Aliaénon
Précédemment : ici

Yurlungur marchait en contemplant les étoiles. Celles-ci rayonnaient de leur céleste éclat dans la noirceur de la nuit et venaient conforter la petite fille dans la satisfaction qui l'étreignait alors qu'elle rentrait pour de bon à Dahràm, avançant difficilement du fait de la douleur de ses plaies. Mais une fois là-bas, elle trouverait facilement Liniel et celle-ci lui enlèverait les bouts de verre qui restaient dans sa chair, puis elle prendrait un peu de repos pour repartir du bon pied.

C'était en effet un étrange optimisme qui l'enveloppait alors qu'elle regardait en souriant la face de la Lune. Elle avait bien entendu certaines légendes concernant une divinité lunaire, mais ce n'était pas à celle-ci qu'elle adressait sa joie : simplement à la faune et à la flore, au ciel et à la nuit, aux constellations et aux astres qui l'observaient en ce moment même. Que pouvait-elle rajouter ? Venir crier qu'elle avait vaincu, qu'elle vaincrait encore et que rien, jamais rien ne pourrait terrasser sa volonté et son être serait, au-delà de la simple présomption qui s'en dégageait, la pire manière pour briser à jamais cet instant de grâce dans lequel elle était plongée.

Aussi souriait-elle simplement en avançant sur les routes calmes et endormies. Il n'y avait pas de brigands et, même si elle pourrait certainement se faire tuer si elle était trouvée ainsi blessée sur les routes, l'épaule déboîtée et l'esprit embrouillé, elle n'en avait cure. Un intime instinct lui soufflait que cela n'arriverait pas.

Son sac, toutefois, commença à l'encombrer. Elle le saisit, en extirpa deux des épées courtes qu'elle avait récupéré l'autre jour face à cette idiote de nécromancienne et, constatant qu'elles étaient bien trop rouillées, elle les laissa tomber dans une flaque d'eau au bord du chemin. Elle les salua une dernière fois et repartit, un poids en moins sur les épaules.

Mais la fatigue revint, chassant petit à petit l'adrénaline et elle décida d'écarter les hautes herbes du bas-côté pour s'éloigner de la route et, quelques mètres plus loin, elle s'effondra sur la terre palpitante en sentant son cœur battre la chamade dans sa poitrine. Ah ça oui, si Enulcard avait effectivement été un homme comme elle l'avait supposé en premier lieu, elle aurait pu éprouver de forts sentiments envers lui... Qu'étaient son âge et son sadisme en comparaison de l'élégance et de la prestance dont il – ou elle – avait fait preuve ? C'était bien Aethalin qui l'avait sauvée, elle, lorsqu'elle était tombée, elle en était certaine. Et qui lui avait offert cette bague...

Elle la saisit et la regarda scintiller à la lueur cosmique puis, après avoir profité du spectacle, elle l'enfila. Son cœur était comblé et sa raison ensommeillée : plénitude et sérénité avaient envahi son corps pour lui faire atteindre un état de pur bonheur que ne touchent que de rares personnes au cours de leur existence.

(Yurlungur...)

Était-ce le râle du vent dans les herbes qui s'adressait à elle ?

(Yurlungur... C'est moi,) reprit l'Autre.
(Oh, vraiment, si tu pouvais savoir comme je suis heureuse !) la coupa-t-elle en se roulant en boule, fermant les yeux pour s'endormir. Il n'y avait pas de raison que l'Autre n'en soit pas au courant.
(Malheureusement, mon bonheur à moi n'est pas complet.)

Cela aurait pu jeter un froid dans la discussion interne, mais Yurlungur, toujours enthousiaste, reprit égayée en mimant mentalement Enulcard :

(Je sais me montrer magnanime. Si tu m'en parles, c'est que je peux y faire quelque chose !)
(Yurlungur, j'ai besoin d'un nom.)

Cette fois-ci, la petite fille se tut, stupéfaite.

(Yurlungur, je me sens disparaître. Je suis dévouée à ta survie, à notre survie, mais petit à petit, mon âme tend à s'éloigner de ce corps. Tu en es la maîtresse, c'est certain, et je crois que je vais disparaître si tu ne fais rien. J'ai besoin d'un nom, Yurlungur, il en va de ma survie.)
(Mais... Je...)
(Tu as de la chance, toi ! Tu l'as toujours su, ton nom, tu as grandi avec : et ce corps est le tien. Nous nous le partageons, mais à combien de moments de douceur ai-je eu le droit ? Tu ne sais pas ce que c'est que de sentir que l'on disparaît petit à petit, à jamais ! La mort de ton père m'a éveillée et m'a menée à toi, mais je suis ta prisonnière et je dépéris. Si tu souhaites me voir mourir, laisse-moi donc crever en paix... Mais je te le demande, Yurlungur, j'ai besoin d'un nom.)

Un instant de répit s'installa et, après quelques instants de réflexions, une pensée émergea.

(Asmodée. Tu t'appeleras Asmodée.)

Et, leurs deux âmes lovées l'une contre l'autre dans ce corps meurtri, l'assoupissement les gagna et les propulsa, heureuses, jusqu'aux plus lointains confins de l'imagination onirique.

***


« Hé, ho, petite ! »

La voix grave et pressante d'un homme d'un certain âge tira la petite fille de ses rêveuses élucubrations et, craignant un danger tout proche, elle roula sur le côté et se releva en dégainant sa dague. Mais il n'y avait rien de ce côté-là, et elle ne se retourna que lorsque la voix revint de derrière :

« Euh... Je suis là, ma petite. »

Prenant aussitôt une posture hostile, elle le pointa du bout de son couteau en observant cet homme. Il s'agissait à l'évidence d'un marchand qui parcourait ces terres, conduisant une caravane traînée par deux chevaux dociles aux yeux cachés. Il portait une barbe légère, semblant atteint d'une bonhomie agréable. Ses vêtements, sans être riches, démontraient une aisance évidente et il fixait la gamine d'un air inquiet. La fillette se rendit compte de son manque de crédibilité face à l'homme et hésita sur la marche à suivre. Il se dirigeait vraisemblablement vers Dahràm et son origine humaine ne laissait pas de doute quant à ce fait, aussi pouvait-elle sans problème lui demander de se joindre à lui afin de tester les qualités du bijou d'Enulcard, mais il était également tentant de procéder à une exécution publique. N'avait-il pas osé la tirer de son doux sommeil ?

Mais un galop qui se rapprochait la tira de ses réflexions et un guerrier attentif surgit de derrière la caravane, brandissant épée bâtarde et arborant une armure qui laissait songer quant à son expérience sur le champ de bataille.

« Il y a un problème, mon sieur ? demanda-t-il en fixant ostensiblement Yurlungur. »

(Vas-y, amuse-toi,) indiqua Asmodée.

« Oh, s'il vous plaît ! lança Yurlungur en se jetant aux pieds du sieur en question. S'il vous plaît, je suis perdue, je suis assassinée, on m'a coupé la gorge, on m'a tout dérobé ! »

C'était tout à fait le discours que tiendrait une folle, ou une toute juste éveillée encore confuse.

« Tu as fait un cauchemar, ma petite, pas d'inquiétude... commença le marchand en s'approchant. »
« Attention, sieur Galrond ! intervint alors l'autre preux chevalier. Vous savez que des brigands rôdent dans les alentours, nous ne devons pas rester ici longtemps, et si j'étais vous je... »
« Mais vous n'êtes pas moi, le coupa Galrond, et cette pauvre enfant est toute seule perdue. Allons, monte donc, je vais t'emmener à Dahràm, ajouta-t-il en ne pouvant résister à l'expression suppliante de désespoir de Yurlungur. Mais dis-moi, comment as-tu atterri là ? »
« Oh, c'est une longue histoire ! se lamenta l'intéressée en sautant agilement aux côtés du marchand tout en ignorant les regards méfiants du chevalier qui ne fit toutefois aucun geste envers elle. Non, je ne me ferai plus jamais avoir, vraiment. Vous seriez un grand seigneur de me ramener chez moi, par là-bas. J'ai été recrutée pour accompagner une expédition de marchands à travers ces terres. »

Elle désigna d'un geste lent de la main les herbes qui dansaient sous le vent, les bosquets qui tapissaient les environs et les monts qu'on distinguait au loin, entre les nuages, alors que la caravane se mettait en marche à nouveau.

« Je suis fort aise d'avoir été recueillie avant qu'un méchant ne m'ait trouvée, vous savez. Qui sait ce qui aurait pu m'arriver ! Si l'un de ces méchants qui ont attaqué notre expédition m'avait attrapée... »

Galrond émit un petit son de stupeur et son mercenaire s'éloigna un peu pour vérifier que tout allait bien.

« Nous avions pour objectif de partir de Dahràm pour arriver jusqu'à Caix Imoros où nous aurions vendu quelques armes. Idéalement, nous nous serions même rendus jusqu'à Shory, ce qui aurait été fantastique... »

Elle laissa son regard se perdre dans les méandres de souvenirs inventés de toute part, cherchant une suite crédible.

« Mais cela n'aura jamais lieu. Jamais plus je ne quitterai Dahràm, je peux vous l'assurer ! Hier, dans la journée, des brigands sans foi ni loi nous ont attaqué. Nous n'avions que peu de défense et l'ordre fut de donner de se séparer. Je suivis l'un des convois, mais nous fumes à nouveau pris en embuscade par un groupe, sans doute affilié, qui se tenait prêt non loin ! Alors que l'acier chantait et tuait, j'ai pris mon courage à deux mains et je me suis enfui. Pendant une éternité, hier, j'ai couru à travers la lande ! fit-elle avec un soupir en remarquant avec satisfaction que son public était toute ouïe. Mais je crains que nous ne soyons séparés à jamais. »

Elle haussa les épaules et se tourna vers lui, un sourire discret sur les lèvres.

« Je vous remercie encore de m'avoir prise avec vous... »
« Je t'en prie. Tu n'as qu'à te reposer, si tu le souhaites, nous serons à Dahràm d'ici quelques heures tout au plus. »

Suite : ici

_________________


Thème musical


Haut
 

Afficher les messages postés depuis:  Trier par  
Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 134 messages ]  Aller à la page Précédente  1 ... 5, 6, 7, 8, 9


Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 0 invités


Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets
Vous ne pouvez pas éditer vos messages
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages

Aller à:  
Powered by phpBB © 2000, 2002, 2005, 2007 phpBB Group  

Traduction par: phpBB-fr.com
phpBB SEO

L'Univers de Yuimen © 2004 - 2016