L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: L'auberge des voyageurs
MessagePosté: Dim 15 Fév 2015 16:24 
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Comme je m'y étais attendu, ce ne sont pas les lieux de débauche qui manquent par ici. Je ne sais pas combien de temps mon harney et moi passons sous la pluie redoublant de force, mais nous finissons par trouver l'enseigne indiquée. L'auberge des voyageurs, preuve que ce n'est pas parce qu'on fait dix fois ma taille qu'on est foutu de trouver des noms originaux. L'établissement a au moins la décence d'avoir des avancées de toit permettant à mon oiseau de s'abriter. Je le nourris avec un bon lot de baies, percevant le son lointain du tonnerre. Mon corps en frissonne instinctivement. Oui, après la magie, l'épreuve au sanctuaire et ces saloperies de mouches, je pense pouvoir affirmer que je déteste tout ce qui a trait à l'énergie électrique...

Un renouveau de pluie amène des figures pressées, donc peu attentives, aux portes de l'auberge. Et quand deux masses vivantes et carrées suivent des directions opposées, il faut s'attendre à ce que leur rencontre fasse du bruit. Ajoutons à ceci les qualificatifs de saouls, de pirates et de gens trempés, et on obtient un combat de rue dans la boue, parce que ni l'un ni l'autre des géants n'accepte de baisser les yeux. L'avantage, c'est que je n'ai pas besoin de me casser les ailes pour ouvrir la porte. Attentif, quelque peu sur le qui-vive en fait, je déploie mes membres de plumes et pénètre dans la bâtisse.

Mon arrivée ne suscite aucune réaction des grands imbéciles attablés. Et pour cause, une bagarre générale semble tout juste avoir éclaté, attirant l'attention vers l'autre côté de la salle. Le spectacle que je m'étais attendu à voir à Yarthiss se produit en fait ici. Insultes, mobilier qui vole, armes de jet qui se plantent dans le bois, coups de poing ratés animent la pièce et me poussent à trouver refuge quelque part. Sur la droite, au-dessus du comptoir que le gérant contourne en quatrième vitesse, la poutre est soutenue par deux étais de bois. Rasant le mur, je m'y pose et m'y immobilise. Le seul mouvement à mon niveau vient des gouttes de pluie chutant de ma tenue. Immédiatement, je braque mes yeux sombres vers la grande salle.

Il n'y a en fait qu'une grosse poignée de pugilistes en action. J'identifie deux thorkins à cause de leur pilosité faciale et leur taille, un elfe sombre, et le reste est difficile à définir. À vue de nez des humains plus ou moins bâtards. Le tenancier que j'ai vu se déplacer n'est pas allé intervenir directement, mais il attire mon attention sur un petit groupe près de l'âtre. Mes yeux se plissent alors qu'un élan glacial se répand dans mon torse.

Deux formes vraisemblablement humaines sous capuches. Une silhouette les dépassant de loin, chevelure mi-longue et blonde, que j'ai du mal à détailler entre les ombres du feu et la distance. Mais mes yeux sombres sont surtout attirés par plus familier. Deux paires d'ailes coloris poussière. Une tenue florale rouge et une autre blanche. Je reconnais ce chignon détesté de loin. Elles n'ont pas changé. Les deux laideronnes rencontrées à Bouh-Chêne. Les camarades de la femelle dont j'ai brisé l'aile en chemin. Cela ne signifie qu'une chose. La tête blonde et elfique doit appartenir à Luovik, le meneur de ces mercenaires à cause de qui je suis ici.

Une discussion entre ce dernier et le tenancier prend place alors que, cette fois, c'est un tabouret qui vole sur plusieurs mètres, percutant une table d'ivrognes. Je demeure immobile, vérifiant juste qu'aucun regard ne se pose sur mon perchoir. L'hinïon semble approuver quelque chose et se lève. Le semi-elfe interrogé ne m'a pas menti. Même pour un elfe blanc, sa taille est grande. Il domine tous les présents. Armure légère elfique, maintien confiant et assuré, je le vois porter la main à sa ceinture et en décrocher son ocarina.

( S'il croit à ce racontar stupide de musique adoucissant les... )

Mes pensées sont interrompues par la mélodie lente qui a du mal à se faire entendre d'abord, puis va crescendo. Non, je me trompe. Ce n'est pas sa musique qui se fait plus puissante, c'est le brouhaha qui cesse. Mes yeux me trompent où l'atmosphère autour de lui a changé ? Les géants semblent s'alourdir peu à peu. En fait, tous les êtres dans un rayon de quelques mètres piquent du nez. Certains chutent même au sol, ou pour les attablés, dans leurs boissons.

( Par mes ailes ! Qu'est-ce donc que cette magie ? )

Je ne sais pas si c'est parce que je suis trempé, empli de colère froide ou simplement à bonne distance, mais je ne suis pas affecté par la somnolence des protagonistes. Au moins, le jeu a été calmé. Fier de lui, l'elfe pâle repousse avec une élégance horripilante et vantarde sa chevelure. Il secoue l'épaule du tenancier, le réveillant et tendant la main comme pour réclamer un dû. Encore un être vénal. Sauf que l'aubergiste semble proposer autre chose. Pendant que les cibles de la magie émergent de leur torpeur peu à peu, le gérant revient avec... Une femelle au bras... Peau basanée, tignasse noire, oreilles un peu en pointe, hanches larges et ondulantes sous robe écorce, corsage qui pousse ses mamelles immondes à la vue de tous. Vue sa façon de roucouler envers l'hinïon, pas de doutes possibles. C'est une catin. Comme toutes les femelles en fait, mais celle-la semble en avoir fait son gagne-pain.

Je sens ma peau se hérisser. Rester là à observer ces imbéciles me fait perdre à la fois du temps et de la patience. Sauf que je ne peux pas me présenter dans la face de ma cible, pas quand elle est aussi bien entourée. Il me faut attendre l'occasion. Nul doute qu'un amateur de chair dans son style va vouloir profiter de sa récompense rapidement. Rien que de penser qu'il va toucher à ce corps rond et mou sans la moindre trace de muscle me donne la nausée.

( Pas de précipitation surtout. Tête à tête banal avec un être imbu de lui-même et vénal... Comme autrefois. )

Un rictus s'affiche sur mes traits au ressenti familier qui m'envahit. Cet hinïon me dégoûte.



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Dernière édition par Nessandro le Dim 1 Mar 2015 18:28, édité 4 fois.

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 Sujet du message: Re: L'auberge des voyageurs
MessagePosté: Dim 15 Fév 2015 19:17 
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Dans l'atmosphère tiède et puante maintenant que j'y fais attention, je commence lentement à sécher. Pas assez vite, car le cuir de mes habits me colle plus férocement qu'une femelle cupide mariée à un vieil époux riche. Et j'attends, contraint d'assister au spectacle pathétique des femelles aldrydes tellement enivrées qu'elles dansent sur la table. Pendant ce temps, le ménestrel joue de son instrument, la catin posée sur ses genoux avec un air faussement charmé. Ma rage commence à gronder de plus en plus fort.

Enfin, après une interminable farandole de choppes et d'assiettes fumantes, l'hinïon se décide à lever son postérieur. La gueuse à son bras, il se dirige tranquillement vers un escalier montant. Le sourire faussement courtois qu'il offre à sa proie me révulse. Je m'apprête à me mouvoir pour chasser un engourdissement, mais mon instinct me fait subitement arrêter mon geste. Bien m'en prend, car les humains sous capuche arrêtent le couple avant que leur silhouette n'ait disparu. Des mouvements connus. Les parasites demandent apparemment de quoi payer autre chose, et l'hinïon n'a pas l'air enclin à répondre favorablement.

( Encore un contretemps... )

Mes yeux sombres glissent vers la table où la femelle en rouge est affalée, visiblement endormie du sommeil de l'ivrogne. L'autre, la manieuse de foudre, est en équilibre instable sur la hanse d'un récipient à alcool. J'ai plus pressant à faire que de me venger d'elle et reporte mon attention sur les grandes gens en pleine discussion, mais ils n'ont pas l'air enclins à bouger. Un souffle contrarié m'échappe. La vision de cette silhouette claire manquant de choir, ma haine envers elle parce qu'elle m'a électrocuté au village lutin, et savoir qu'elle a posé sa sale patte sur le protecteur achèvent de me décider.

Personne ne m'a remarqué. J'en profite. Mon arme de jet sort de ma manche et monte à mes lèvres pendant que je concentre mon énergie physique dans mon abdomen. Des géants se déplacent entre elle et moi, et je ne veux pas la rater. L'exercice me rend mon calme, ma froideur, mon envie de la détruire, et je place ma volonté dans ma fléchette. Sans mouvement inutile, je lance le projectile dans sa direction, lui faisant contourner une silhouette qui se redresse. Le trait file, mu par ma volonté, et percute l'idiote dans le dos. L'élan est suffisant pour que cette pauvre imbécile déjà chancelante choit tête la première. Je devine sa sale tronche heurter le bord rigide du récipient puis plonger dans le liquide.

( Merci pour l'idée Ger... Gre... Poivrot de Yarthiss. On dirait bien qu'une aldryde peut se noyer littéralement dans l'alcool. )

Cela ne sera vrai que si personne ne la tire de sa situation avant. Coup d’œil rapide à ses compagnons. Ces derniers reçoivent un petit sac, se tapent la main, puis approchent du comptoir. Je les vois s'y installer, parler au tenancier et en esquisse un rictus satisfait. Pas un seul des imbéciles du lieu ne semble avoir vu ce qui s'est passé. Bien fait pour cette laideronne.

Je prends lentement une bonne inspiration, lève le nez vers le plafond puis le tourne en direction des escaliers. J'attends encore un peu. Ce Luovik sait manier quelque magie. Mieux vaut attendre qu'il se soit imprudemment défait de ses équipements pour saillir sa garce avant d'aller le cueillir. Regard circulaire sur la salle pour m'assurer que les soiffards ont tous le nez vers la table, puis je décolle de mon abri. Montant vivement, je me déplace au-dessus des lustres, projetant mon ombre trop haut pour la faire remarquer. Deux battements d'aile et je plonge vivement dans l'accès menant aux chambres, visiblement chanceux de n'y croiser personne.

Reste maintenant à trouver laquelle de ces pièces abrite l'hinïon.



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Dernière édition par Nessandro le Dim 1 Mar 2015 18:33, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: L'auberge des voyageurs
MessagePosté: Mar 17 Fév 2015 16:06 
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Mes ailes me conduisent dans un couloir bardé de portes. Elles sont tout de même proches, ne laissant que peu de doute sur la taille moindre des chambres. D'un autre côté, pour ce que l'on y fait, pas besoin qu'elles fassent la moitié de la bâtisse. La plupart des portes sont ouvertes, donnant sur des pièces vides ou parfois en train d'être vaguement balayées. Il me faut être prudent. Quand bien même ceux qui récurent le sol n'ont pas de raison de m'importuner, cela reste des géants. Je hausse un sourcil en découvrant que les panneaux pivotants n'ont pas de serrure. Impossible d'y jeter un œil pour repérer ma cible.

Contrarié une nouvelle fois, je tends la spirale auditive auprès des portes closes. La première se remplit d'un écho violent. Un ronflement si puissant que la paroi en vibre. J'en grimace. Je sais qu'il pleut et fait sombre, mais ce doit encore être le début d'après-midi. Délaissant l'endroit, je vole à la porte fermée suivante. Je n'y entends d'abord rien pendant de longs instants, quiétude perturbée seulement par les bruits du commis nettoyant une salle proche et les échos de la pièce principale. Une mélodie se fait soudain entendre, le son d'un instrument à vent. Des éclats de voix entre peur et amusement, mais hélas féminins, s'élèvent. Le son rythmé s'interrompt et des rires prennent la place.

Je me pose, regardant l'interstice assombri entre le bas de la porte et le sol. À peine la hauteur de ma main. Un petit rongeur pourrait passer, pas moi. Par contre, l'éloignement des sources de lumière produit des ombres utiles. Je n'ai guère le temps de m'y intéresser davantage que j'entends le commis rassembler ses affaires. Pas d'autre choix. Je me colle prestement au montant de l'accès, inspire puis emploie ma sombre magie pour me glisser dans l'ombre. Poussant mon pouvoir, je passe sous l'obstacle et me retrouve dans la chambre. L'endroit est si mal éclairé que je parviens à poursuivre mon déplacement jusqu'à un petit meuble.

Un mouvement attire mon attention.

( Mes yeux... )

Pile en face de moi, le lit ressemblant davantage à une planche épaisse sur pieds supporte la catin. La main de l'elfe est en train de délacer et ouvrir la tenue de cette dernière, chose qui fait monter de la bile dans ma gorge. Vision d'horreur. Je m'efforce de scruter le géant blond. Il a ôté ses équipements, et maintenant que j'y fais attention, son instrument est sur ma gauche, posé sur un siège. Bref, il est désarmé, mais je veux avoir la certitude de son identité. Si Justinien n'a pas trouvé la force de me mentir, alors ce profil que je regarde devrait...

( Et de un, et de deux. Voilà les deux cobras d'argent mordant son lobe. )

Au moment où l'elfe plonge dans la gorge de la femelle, mon dégoût devient si fort que je décolle violemment de ma cachette. Le visage amusé et extasié de la porteuse de mamelles se tourne dans ma direction. Et quand elle ouvre les yeux, réalisant que je suis là, elle émet un cri surpris. Grimaçant, je lisse ma spirale pour stopper la vibration honnie qui la dévale. J'ai ruiné l'ambiance semble-t-il, car ma cible finit par suivre le regard de la garce et me découvre. Yeux ronds, plutôt clairs, il me scrute.

"Luovik ?", interroge-je avant qu'il n'ait dit un mot.

L'hinïon semble reprendre contenance et s'agenouille sur le lit pendant que la catin remonte ses habits ouverts.

"Dites-donc vous, l'aldryde, on ne vous a jamais appris à frapper ?", me fait-il en passant une main assurée dans sa tignasse.

"Me fais pas perdre mon temps, l'elfe. Es-tu Luovik ?", me répète-je froidement.

"Ce n'est pas la politesse qui vous étouffe. Et d'ailleurs, comment êtes-vous entré ?", continue-t-il en esquivant ma question encore une fois.

"Ne teste pas ma patience, hinïon...", menace-je. "Justinien et Sol'Aïna ont essayé avant toi."

Je décèle l'écarquillement des yeux du géant à ces noms. Il jette brièvement un coup d'oeil vers ses équipements, mais je me tiens entre eux. Avant qu'une idée stupide ne lui vienne, je reprends la parole.

"Tu ne m'intéresses pas. Seules tes réponses m'importent. Et cette entrevue pourrait t'être... Profitable.", fais-je en tapotant ma sacoche assez fort pour faire tinter les nombreuses pièces qui s'y trouvent. Bien entendu, c'est un mensonge. Je ne donnerais jamais un yû à une tête d'ahuri que je méprise grandement.

"Eh ! Intéressant.", réplique le géant avec un sourire presque carnassier et confiant. "Je suis bien Luovik, et comme tu peux le voir, je suis occupé."

Tiens ? Il a abandonné la politesse à son tour. Un hypocrite, encore. Et le voilà qui passe un bras autour des épaules nues de la femelle. Cette dernière ne m'a pas quitté des yeux depuis mon apparition et me détaille beaucoup trop à mon goût. Je la poignarde du regard et décèle un mouvement de recul, bloqué par l'accolade de l'elfe. L'atmosphère est tendue, mais pas pour moi. La contrariété continue de s'accumuler. Il ne pourrait pas me répondre simplement ? Il croit sincèrement que parce qu'il a un visage agréable et un sourire de charmeur il vaut mieux que les autres ?

"Est-ce pour un travail ?", s'enquiert le blond sans détacher son regard de ma sacoche.

"Non. C'est lié à une capture précédente."

"Ah. Si ce n'est pas pour une partie de chasse urgente, je ne prends pas. Sors donc. Je ne parle de toute façon jamais affaires quand je suis en charmante compagnie.", s'amuse le géant en déposant un baiser sur la pommette féminine, sans me quitter du regard pour autant.

Narquois l'imbécile. Il a pourtant fréquenté des aldrydes, même femelles. Il devrait avoir appris depuis le temps à ne pas sous-estimer les êtres de petite taille. Sauf si ces congénères à la voix haut-perchée étaient encore plus inutiles que je le pensais. Ma contrariété se change en frustration puis en haine sourde.

Mes yeux sombres se posent sur la catin dont l'air confiant, presque triomphant dans les bras de son mâle, me fait plisser les yeux. Luovik sourit avec une pointe de moquerie devant mon silence puis fait un geste de la main, comme pour me chasser. Vexé, amer, j'écoute des échos violents monter à mon esprit.

"Tiens donc.", souffle-je sans la moindre once d'animosité, malgré l'envie de meurtre montant dans ma poitrine.

La corruption croit à mesure que l'idée de mon prochain geste se clarifie. La morsure fiévreuse agrippe ma gorge. Le coloris charbon monte jusqu'à ponctuer ma mâchoire à l'aplomb de ma spirale auditive. Cette femelle est un obstacle. Une existence sans valeur derrière laquelle il se cache. L'elfe pense avoir gagné. Erreur. Sans une parole, je tends mon bras lié à l'orbe sombre devant moi, provoquant tressaillement et alourdissement de l'air. Froidement, je matérialise mes fluides. Ma main noire se manifeste, ombre fulgurante s'arrimant sans ménagement à la gorge de la catin. Minable, cette dernière panique et se débat, frappant accidentellement l'elfe.

Certainement bouffée par les maladies que son activité rend inévitables, ou simplement parce que c'est une femelle tout juste bonne à remuer des hanches, ma puissance noire fait plus encore que ce que je lui demande. Regard direct, glacé devant son tourment, j'assiste à la scène sans sentir mon visage ne serait-ce que tressaillir. La gorge féminine enserrée s'enfonce brutalement, cédant sous la pression magique. Yeux révulsés, écume aux lèvres, la laide créature émet un gargouillis immonde puis tombe raide morte. Une marque noire persiste sur sa peau pendant quelques instants avant de se dissiper à son tour.

"Quelle compagnie ?", rétorque-je avec une indifférence glaciale.

Je sens mon calme poindre doucement maintenant que le regard qui m'énervait le plus est vitreux. Affaire réglée. À présent, il a intérêt à répondre à mes questions s'il ne veut pas que je passe mes nerfs sur son joli minois. Après tout, un œil ou un nez en moins n'empêche pas de vivre. Sauf peut-être quand l'apparence est le seul argument de vente.



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Dernière édition par Nessandro le Dim 1 Mar 2015 18:40, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: L'auberge des voyageurs
MessagePosté: Jeu 19 Fév 2015 14:54 
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D'abord interdit à cause du corps partageant sa couche, l'elfe finit par me jeter un regard où se lit une forme de rébellion. Mais il sait que pour appuyer son attitude, il lui manque ses affaires. Il demeure donc assis et ferme respectueusement les yeux de la femelle. Aucune trace de panique dans son geste, juste un sérieux traduisant qu'il a compris que j'arriverai à mes fins, quel que soit l'obstacle. Nos regards se rivent l'un à l'autre une poignée d'instants, et je ne flanche pas. Il me sonde, comme pour trouver quelque chose mais qui n'existe pas.

"Assassin.", accuse-t-il d'un ton crispé.

"Esclavagiste.", réplique-je froidement.

"Je suis mercenaire.", se défend-il. "Si mon contrat inclut d'attraper quelqu'un contre de l'argent, je le fais."

"Joue pas sur les mots. M'en contrefous. Je n'ai besoin que de tes infos."

L'elfe a l'air encore plus confus maintenant. Sa tactique du "c'était les ordres" ne fonctionne pas avec moi. J'ai donc toute son attention. Il tente tout de même de se donner de l'aplomb en voulant me tenir tête.

"Les renseignements ont aussi une valeur. En or, généralement.", me fait-il.

"Pfff ! Ha ! Hahaha ! Ha...", ris-je amèrement et brièvement avant de retrouver ma froideur et mon sérieux. "Toi aussi, tu te crois en position de négocier ? Tu ne serais pas le premier. Et tes prédécesseurs ont maintenant beaucoup de mal à marcher."

Là encore, l'hinïon sonde mon expression. Je ne bluffe pas. Justinien m'a donné ces informations parce que ma dague-croc dansait allègrement dans sa chair. S'il me faut délier la langue de cet énergumène de manière identique, je le ferai. Le seul souci est que cela me retarderait, et que le faire crier pourrait alerter les imbéciles enivrés en bas.

"Mais je sais me montrer compréhensif.", fais-je avec neutralité. "Tant que tu ne me pousses pas à bout.", ajoute-je en inclinant la tête vers le cadavre encore chaud.

"...Qu'est-ce que tu veux ?", finit par demander l'hinïon, réalisant qu'il est coincé, et sans doute résolu à coopérer.

"Dae'ron.", lâche-je avec brutalité. "Le mâle aldryde capturé en territoire kendrain par ton groupe, il y a quelques jours de cela."

L'elfe se fait silencieux, comme pesant quelque chose mentalement. Je crois deviner mais je patiente tout de même en le dardant d'un regard froid et sombre. Son expression s'alourdit. J'ai presque l'impression qu'il pense à quelqu'un en particulier et qu'il lui en veut beaucoup. Tant mieux. Moins il se contrôle, plus simple il sera à manipuler.

"Je ne vois pas de qu...", commence-t-il.

"N'essaie même pas.", l'interromps-je. "Tout ton maintien te trahit. Parle. Plus vite tu l'auras fait, plus vite je te laisserai en... Charmante compagnie.", grince-je.

"Et qu'est-ce que tu comptes faire si je te le dis ? "

"Pas tes affaires.", réponds-je vivement.

"Si.", fait-il avec aplomb. "Cela concerne mon plus gros client."

"Oh, on progresse.", souffle-je. "Qui et où ?"

"Minute. Jure-moi d'abord que tu ne t'en prendras pas à mon commanditaire. Il n'y est pour rien.", m'informe-t-il, défendant l'inconnu ou cherchant peut-être à gagner du temps.

"Je veux récupérer l'aldryde.", avoue-je doucement en pensant au brun. "Il n'aurait jamais du se trouver là...", m'entends-je dire avec une pointe de regret que je chasse d'un mouvement de bras. "Je suis venu pour Dae'ron, rien d'autre.", déclare-je avec force et conviction.

Luovik demeure quelques instants à me regarder, semble penser à quelque chose, puis me sourit. J'ai comme une infime impression de danger en le voyant faire, sans parvenir à savoir pourquoi.

"Soit. Si tu penses laisser mon client en vie, je ne vois pas où est le problème.", annonce-t-il tranquillement. "L'aldryde a été livré au propriétaire d'un cabinet de curiosités. Un ynorien vivant avec son assistant, installés dans une résidence privée. Tu ne peux pas la rater. C'est le seul bâtiment qui ait une enceinte et un large portail, pas loin de la porte Est. Mais ne me demande pas plus...", ajoute-t-il en détournant inexplicablement le regard."Je ne suis jamais allé plus loin que la cour."

"Te voilà bien loquace.", commente-je avec une pointe de suspicion.

"Eh ! Je suis un elfe d'affaires. Je sais encore discerner où je m'y retrouve le plus.", me fait-il avec une confiance renouvelée.

"Si tu me mens, je reviendrai te rendre visite.", menace-je sans animosité.

"Cela semble... Logique. Mais mentir n'est vraiment pas dans mon intérêt. Un commanditaire se remplace. Ma vie, pas vraiment.", me fait-il, reprenant contenance ou alors masquant son trouble avec habileté.

"Bien raisonné.", conclus-je en avisant la fenêtre contre laquelle la pluie cogne durement.

Alors que je m'y déplace, une part de moi s'agite, perplexe. J'ai ce que je suis venu chercher, mais une voix difficile à entendre gronde dans un coin de ma tête. Quelque chose comme un besoin non satisfait. Alors que je tente de dénouer mon ressenti, des coups brutaux sont frappés à la porte. La voix derrière s'excuse de déranger, mais est alarmée. La femelle aldryde en blanc a été retrouvée dans sa choppe, apparemment trop tard, et une fléchette entre les omoplates. Cela y est, je sais ce qui me chagrine.

Je m'empare de ma sarbacane pendant que l'attention de l'hinïon est détournée. Mon énergie combattive est sollicitée, et au moment où Luovik semble comprendre que je suis impliqué, un rictus me vient. Je n'en avais pas après lui tant qu'il détenait des informations. Mais j'avais oublié un détail. Il est le chef de cette troupe, a enfermé mon congénère dans une vulgaire souricière, et porte donc la responsabilité de tout ce que j'ai enduré pour arriver jusque-là. En bref, je le déteste.

Nos regards se croisent, mais il n'a pas le temps de faire autre chose qu'esquisser un bond vers ses équipements. L'une de mes fléchettes le percute en plein mouvement. Elle frappe sans retenue à l'épaule, lui tirant un bref glapissement douloureux. Ma puissance martiale est telle qu'il bascule sous l'impact et tombe du lit tête la première. La pièce étant étroite, il heurte violemment un meuble bas. Quand je vole au-dessus de lui sans me presser, je le découvre étourdi, luttant pour ne pas perdre connaissance, mais bien en vie. Une poussée de haine me vient, et je cherche quelque chose à lui lâcher à la figure, quand mes yeux remarquent l'ocarina. Une idée cruelle, parfaite pour une punition mémorable, me vient. Agrippant ma dague, je me laisse descendre au niveau de sa main directrice.

Sans ménagement, j'épingle sa paluche au sol et plonge résolument le croc dedans. J'aurais pu lui couper la langue à ce ménestrel, mais je me contente des liens vivants lui permettant de se servir de sa sale patte. Son bras tressaille à chaque impact, mais il n'émet pas un son. Sous le choc, sans doute. Je n'ai pas touché aux gros vaisseaux, mais une flaque rouge se forme quand même, maculant mes bottes. Le tambourinement à la porte se renforce, bientôt accompagné d'inquiétude vocale, alors que je retire ma lame sanglante de sa chair.

"Un conseil.", lui dis-je en m'approchant de son oreille pointue, sans savoir s'il est conscient ou pas. "Restez tous hors de ma route car ma clémence a ses limites."

Mes armes rangées, je vole vers la fenêtre et l'ouvre sans ménagement. À peine assez large pour mon envergure, le battant vitré est brutalement repoussé par une bourrasque. La vitesse est suffisante pour que la matière remplissant le quadrillage métallique se brise en partie à l'impact. Glacée, l'eau que je me prends dans la figure ne me calme pas. Je plonge à l'extérieur alors que mes spirales m'apprennent que la porte est enfoncée.

Je sais maintenant où me rendre mais je ne parviens pas à chasser une pointe d'appréhension. Quelque chose dans ce qu'il m'a dit cloche. Mon instinct en est persuadé, mais j'ai du mal à voir quoi.



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 Sujet du message: Re: L'auberge des voyageurs
MessagePosté: Ven 19 Juin 2015 16:07 
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(2)



Après un tour dans une boutique pleine de lanternes en papier, Zu'Gash affiche un sourire encore plus grand et con que d'habitude. Elle a troqué cette peau bizarre contre une cape tachée et moche, mais faite d'un cuir remarquable. Et ses petites pierres sont des breloques magiques aussi. D'accord, elle n'a pas gratté un yû sur place, mais elle s'en fout. Elle est de bonne humeur, c'est tout ce qui compte. Bon, elle a aussi la dalle, mais c'est pour ça qu'elle avance dans cette rue.

La main dans le dos de la gamine, elle pousse celle-ci vers une porte ouverte. La bâtisse sent la viande, la bibine, un peu le sang et la sueur aussi. Bref, une auberge ouverte au tout-venant, quoi. Zu'Gash ne perd pas de temps et s'avance vers le comptoir, où un humain à tablier est en train d'enfoncer la tête de quelqu'un dans une assiette. Pleine, l'assiette. D'une soupe ressemblant à... À quoi au juste ? Ça parle d'un truc pas frais, apparemment.

La rôdeuse s'en fout et pousse la gosse plus fort quand celle-ci se fige, apeurée par une soudaine rixe qui éclate. Les crocs de la peau-verte se dévoilent. Ça gueule, ça pue, ça s'castagne, comme à la maison ! Enfin, avant qu'elle se fasse virer du clan. Dommage qu'elle ne soit pas là pour ça. Elle se sent l'envie de faire tâter de son gourdin à quelques pifs.

Le patron n'est pas regardant quand elle demande de la bouffe pour la gosse, et une chambre pour la décrasser. L'enflure veut par contre lui faire payer un supplément pour la fournir en eau chaude. Rire gras de la garzoke.

"D'puis quand y'a b'soin qu'l'eau soit chaude pour s'laver ? Z'avez des goûts d'luxe dans c'te cité ! T'veux m'faire payer l'savon aussi, patron ?", s'esclaffe-t-elle tout en faisant s'asseoir la fillette sur un tabouret. "Tu bouffes, et j'te lave."

MAYA lève vers elle un regard humide, mais elle obéit. Bien. Et pendant que la gosse bouffe comme si elle avait rien avalé depuis deux mois, la rôdeuse choppe un reste de pain oublié, et regarde la salle. Y'en a qui pioncent sur leurs tables, d'autres qui font des blagues pourries. Il a du s'passer des trucs dans cette auberge, parce que des poivrots ricanent en se prévenant de faire gaffe à leur chopine, au cas où ils y trouveraient un piaf. Ou un truc avec des plumes.

La peau-verte aperçoit une silhouette à laquelle elle fait signe. Ondulant des hanches, une femme humaine, à la gueule si enfarinée que ça se barre à chaque pas, la rejoint. Une robe rayée vaguement rouge, qui pousse ses mamelles vers le haut, écourtée au niveau des genoux, une longue tignasse raide d'un roux éteint et des yeux noirs. Le petit sourire qu'elle a se perd après l'avoir examinée.

"'Scuse ma grande, j'm'occupe que des messieurs. Mais j'peux t'adresser à quelqu'un, si ça t'tente.", fait la femme avec une moue désolée.

"J'retiens. Mais c'pas pour ça qu'j't'ai appelé.", se marre la peau-verte. "J'ai ça sous l'coude. T'saurais pas où j'peux en tirer un bon prix ?", ajoute-t-elle en désignant MAYA.

"J'fais partie des indépendantes dans l'coin, ma puce. Mais j'ai pas encore fait ma bonne action du jour."

L'humaine se penche et attrape le menton de la petite. Elle efface une goutte de sauce de ses lèvres, fait pivoter sa tête, soulève sa tignasse. D'abord raide comme un piquet, la fillette brune finit par frapper du revers la main de la catin. La rousse ouvre des yeux ronds puis sourit, avant de plaquer ses doigts sur le torse de la petite.

Par réflexe, Zu'Gash agrippe le poignet de l'enfant, l'empêchant de sortir sa dague de son étui. MAYA grimace, mais elle ne dit rien pour autant. C'est bizarre. Elle pourrait pourtant foutre un sacré bordel en utilisant sa magie noire là où il y a plein de monde. Bon, elle pourrait y passer aussi à cause d'un ivrogne en panique, mais c'est un détail ça.

"Elle manque d'formes, mais elle est mignonne. Et avec son p'tit caractère, ça pourrait plaire à Cécilie. C'est une des plus grosses maqu'relles du quartier des marins. Fais entendre ta voix, petite ? "

"J'te l'conseille pas.", s'esclaffe encore la rôdeuse. "Elle cause pas beaucoup, mais quand elle le fait, ça laisse des traces."

La catin avise la face à crocs puis hausse les épaules. Elle lui conseille de faire gaffe. Tenter de berner la Cécilie sur la marchandise, c'est risquer gros. On dit que les derniers qui s'y ont tenté le coup ont fini dans les écuelles de ses chiens, pour ceux qui ont eu de la chance. La fillette grimace, luttant contre des larmes tout en finissant son assiette.

La garzoke ne se défait pas de son sourire. Elle sait maintenant à qui s'adresser. Avec du bol, la Cécilie pourra lui filer un petit boulot en plus. Mais d'abord, finir son quignon de pain et aller décrasser la gamine. Et elle aussi en fait. Faudrait pas que la porte du bordel lui soit claquée au pif parce qu'elle a une tache de boue de trop sur la trogne. Et puis, il faut aussi qu'elle jette un œil à l'état de ses blessures.


(Après)

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Dernière édition par Zu'Gash le Lun 20 Juil 2015 19:29, édité 3 fois.

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 Sujet du message: Re: L'auberge des voyageurs
MessagePosté: Lun 22 Juin 2015 19:03 
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(Avant)

(3)



Scène qui fait marrer Zu'Gash. Doigts verts qui gigotent comme des asticots. Gamine apeurée retranchée dans un coin de la pièce, et finalement la masse de la garzoke qui se jette dessus. Avec un bruit d'animal. Juste pour la faire flipper, la gosse. Elle est marrante à pointer sa dague vers elle en tremblant. Mais ce ne sont pas les deux estafilades que MAYA lui fait aux mains qui arrêtent la peau-verte. Et hop ! Une tunique poussiéreuse en moins pour une petite chargée comme un sac ! Et plouf, une gosse toute humide dans sa bassine ! Et splatch, une portion de la carafe versée sur sa tronche.

Pourquoi elle grelotte comme ça ? Le patron a fait l'effort de leur filer de l'eau à la même température que la bâtisse. Et même du savon blanc. Il n'a jamais du servir. Quoique si. Y'a comme une trace de dents dessus.

"Fais de la place.", dit la rôdeuse en retirant ses fringues.

Sauf que la petite reste comme une conne à la mater. Et qu'elle sursaute dès que la peau-verte fléchit un muscle.

"Qu'est-ce t'as à tirer cette tronche ?", lâche la garzoke à ce visage pâle. Et la gosse de lentement lever le doigt, pointant les fils noirs fermant la plaie énorme de son bide. "Ah ça ? J'en ai d'autres, là.", fait-elle fièrement en montrant son aisselle. "Ah ben merde ! Mes poils ! Y m'a rasé la peau c'con d'guérisseur ! J'l'avais pas r'marqué !"

Zu'Gash défait ses tresses et agite sa crinière. Ça se voit qu'elle est comme ça depuis un moment. Elle a beau s'ébrouer, le gras maintient le tout en place. Avoir la tignasse attachée c'est pratique, mais ça finit par tirer. Et donner mal à la tête.

La garzoke prend place dans le bac, la gosse face à elle, à genoux et entre les siens. Raide comme un piquet.

"C'est pas chaud. Ça ira p't'êt' mieux si j'pisse dedans." L'expression horrifiée puis dégoûtée de la gosse fait partir la rôdeuse dans un immense éclat de rire, façon porc. "Mais j'rigole ! J'suis pas con à c'point ! Et j's'rai obligée d'aller en chercher d'la propre."

La gamine semble se reprendre. Et la voilà qui boude en couvrant sa poitrine inexistante. Zu'Gash en profite pour l'asperger de nouveau et se mettre à frotter le savon sur sa tignasse. Pendant qu'elle s'affaire, elle sent les doigts de la gosse lisser ses points au bide.

"Curieuse ?" Crispation, puis petit signe de tête savonnée. "Un coup d'lance. L'connard m'la mise profond. Et c'con l'a r'tiré en virant sur l'côté, tu vois ?", fait-elle en traçant le sens de la marque. "Ça a giclé. J'pouvais plus t'nir debout."

Les yeux noirs de la gamine sont happés par la blessure. Elle la lisse timidement du bout de l'index. Sans trembler. Pas drôle, ça. Tiens ? Encore une nana adoratrice de cicatrices ? Ben elle en fera des heureux au bordel. Les mecs qui s'sont fait tailler le gras, c'est ce qu'il y a de plus répandu, après tout.

Pendant qu'elle décrasse la gosse, la peau-verte raconte comment elle a eu certaines marques. Une morsure dans les marais sur le bras. Des traces de sangsue sur les mollets. Le résultat de volées données par le tanneur du clan. Qui avait oublié qu'il tenait encore son couteau, parfois.

La gosse propre, elle sort de la cuve et se cache sous un linge. Et puis, elle a l'idée bizarre d'aider la peau-verte à se laver. La crasse est si incrustée qu'elle doit utiliser une brosse épaisse pour la déloger. Zu'Gash est intriguée par la sensation. C'est quand même la première fois que quelqu'un la lave. Bon, y'a sans doute eu la bonne femme qui lui a donné naissance, mais ça remonte. Elle lève ses yeux rouges au plafond, y remarquant une toile d'araignée entre deux poutres.

Sourire de conne sur la tronche. C'est que les petites mains de la gosse lui font vachement de bien en lui grattant la tête comme ça. Elle pourrait presque pioncer. Et splatch ! L'eau froide la tire du rêve éveillé. Oh la sale gosse ! Et elle en sourit en plus ! Jusqu'à ce qu'elle la voit. La peur prend le dessus. Elle commence à reculer.

"T'inquiète. J'l'ai pas volé.", commente la garzoke avant de faire un geste vif, et d'éclabousser la petite. Cri de souris. Zu'Gash choppe la main que la gosse à en protection et la ramène dans la flotte. Avec le linge.

La petite se débat, frappant la peau-verte d'eau. Et que j't'arrose ! Et qu'tu l'fasses ! Au final, elles foutent un tel bordel qu'un gamin avec seau, linges et balai ouvre la porte. Pas discret le gosse. Plus enfant, mais pas homme pour autant, et qui les regarde comme un con.

"J'savais qu'j'avais oublié un truc.", lâche la peau-verte en se levant et filant à grands pas vers l'intrus. Sans la moindre pudeur, elle agrippe la porte et choppe de quoi se sécher sur l'épaule du laquais. Il doit bosser comme petite main à l'auberge. Elle lui tourne le dos et agite ce qu'elle a prit. "Allez, sors. Ce s'rait con qu'tu prennes froid, gamine."

La porte claque brutalement. Et au boum et paf dehors, le morveux a tout lâché pour prendre la fuite. Ou pour aller s'vider quelque part. A c't'âge-là, ce ne serait pas étonnant.

Vêtues, les deux voyageuses finissent de s'équiper.

"T'sais qu't'aurais encore pu t'débarrasser d'moi gamine ? T'avais l'occasion d'me planter ou d'me trancher la gorge, là.", fait-elle en rendant la dague.

La pièce s'assombrit d'un coup, alors que la voix de la gosse s'élève.

"Pas gamine ! Maya !"

Les yeux rouges balaient la pièce. Fait aussi noir que dans l'postérieur d'un garzok tombé dans la boue. Elle siffle quand la magie noire se dissipe, à peine perturbée par la démonstration. C'est à ça que ressemble sa voix ? Quand elle parle, hein ? Pas quand elle hurle pour sortir la garzoke d'une étreinte avec un monstre.

"Ma-i-ia ? Maya ? Ca se prononce comme ça tes symboles ? Marrant, j'l'aurais pas cru.", fait Zu'Gash en se grattant le menton. "Allez, en route, Maya !", lâche la peau-verte en poussant l'enfant vers la sortie.

La rôdeuse s'est bien amusée avec la gosse, mais ça reste une esclave. Et une esclave, quand c'est pas vendu assez vite, faut l'entretenir. Et ça coûte cher, surtout à c't'âge où ça doit bien bouffer pour pousser.

Quand même, elle est bizarre cette enfant. Elle sait ce que la rôdeuse compte faire d'elle, et pourtant elle ne cherche plus à se barrer. Plus étrange encore, elle lui prend la main et la serre gentiment. Si elle croit que faire ce genre de geste la détournera de ses projets, elle se fourre le doigt dans l'un de ses jolis yeux.


(Après)

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 Sujet du message: Re: L'auberge des voyageurs
MessagePosté: Mer 31 Aoû 2016 12:27 
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(Venant de la Forge)

Boctrakz entra dans l’auberge. On aurai dit un bar. Il y avait des gens qui dansaient, qui criaient et rigolaient. Mais il y en avait qui ne disaient rien. C’était des criminels. Boctrakz dit au chef de l’auberge :

-Bonjour, une chambre.
-4 Yus.

Boctrakz lui donna les 4 Yus.

-Chambre N°5.
-Ok.

Il se fit tard. Boctrakz partit se coucher à la Chambre N°5. Il ouvrit la porte et il vît un homme debout de dos.

-T’es qui toi !? Dégage de ma chambre !

L’homme se retourna et son visage était horrible. Il avait la peau déchirée et un œil manquant.

-Coucou petit ! HAHAHAHAHA !! Tu es dans ma chambre, alors si tu ne veux pas mourir, tu dégage. Sinon, je te tue dans les 3 secondes qui suivent ! 1…2…3 !

L’homme pris son couteau et couru vers Boctrakz pour le tuer (Jet de dés), celui-ci ne s’était même pas rendu compte, qu’il avait un couteau planté dans le ventre (-5 PV : 15 PV). Boctrakz pris son couteau et le lança en direction du tueur. (Jet de dés) Le tueur reçu le couteau dans sa gorge. Il saignait énormément ! Boctrakz envoya un énorme coup de pied sur la tête du meurtrier (Jet de dés) mais celui-ci esquiva et planta son couteau dans la jambe de Boctrakz (- 2 PV : 13 PV). Boctrakz envoya un autre coup de pied (Jet de dés) et cette fois-ci, il réussit. Boctrakz pris son couteau et s’approcha de l’homme. (Jet de dés) Il frôla l’homme. Celui-ci pris son couteau (Jet de dés) et essaya de trancher Boctrakz, mais il esquiva et envoya à l’homme un coup de pied dans sa tête. Boctrakz envoya 5 énormes coups de pied sur la tête de l’homme qui était à moitié mort. Boctrakz pris son couteau et trancha un B sur le ventre de l’homme. Après cette lutte, il s’installa dans le lit et pouvait enfin dormir.....
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Les portes de Dahràm : les-portes-de-dahram-t323-30.html

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Mon silence peut tuer... Boctrakz, Sektegs, Voleur


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 Sujet du message: Re: L'auberge des voyageurs
MessagePosté: Sam 31 Déc 2016 14:48 
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Inscription: Mer 28 Déc 2016 01:07
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Apparemment le retour au monde civilisé était plus déroutant que prévu. Le voilà qu’il marchait depuis son arrivé en ville. Trop de temps passé en forêt l’avait marqué, bien profondément qu’il le soupçonnait. Même entouré de murs, il cherchait à se repérer aux arbres. Il le savait au plus profond de lui, il aurait dû revenir il y a bien longtemps…

A force de tournait en rond, il finit par tomber sur une boutique de vêtement. Les quelques Yus provenant de l’ermite lui permirent de se débarrasser des loques qu’il supportait depuis trop longtemps, ces haillons ne feraient que lui rappeler la forêt. Une chemise, une veste et un pantalon neuf suffiraient-ils à changer de vie ? Certainement pas, mais il fallait bien commencer quelque part. La qualité n’était pas au rendez-vous. Les coutures grossières, le tissu de mauvaise qualité, l’ajustement de la taille discutable… Peu de qualificatifs faisant l’éloge de sa nouvelle tenue ne venaient à l’esprit de Lliurat. Au moins le noir opaque du tissu était cohérant entre les différentes pièces. Surement le même tissu…

Toujours était-il qu’il tournait en rond. Combien de fois avait-il traversé le fleuve ? Il connaissait la voile de ce navire… Encore ce marchand ? La vie est plus simple sous la surface de la terre… En levant les yeux, il aperçut ce qu’il cherchait, enfin, il se souvint de ce qu’il cherchait. Une auberge ! A force de marcher dans ce lieu inconnue et étrange, il en avait oublié son but ultime : un repas civilisé ! Il poussa la porte de l’établissement et entra.

L’auberge était bondée, surement un gage de qualité pour l’établissement. Il parcourrait les lieux à la recherche d’une place libre où savourer son premier repas civilisé depuis plus de quinze ans. Voilà un tabouret libre entre ces deux humains… peut être pas ! Et là ? C’est donc ça un Garzok ? Comment trouver l’appétit au contact de cette chose ? Un tonneau et un tabouret dans un coin, ça sera parfait. Il se dirigea vers cette place de choix. Il passa sa cape sur le tabouret et le dessus du tonneau, ce n’était pas l’idée qu’il se faisant de la civilisation, mais il s’en contentera bien.

« … »

Plusieurs minutes passèrent… parmi toutes les créatures présentes dans l’auberge y en avait-il au moins une qui y travaillait ? Dans ses souvenirs, les esclaves qui ne s’affairaient pas instantanément au service des hôtes étaient fouettés. Il devait s’agir d’une coutume humaine. Mais pourquoi perdre autant de temps alors que leur vie est si courte ?

« Qu’est ce qu’y prend ? »

Le serveur venait de se présenter à lui. Un humain. Ca mange quoi un humain ? Les esclaves de sa mère se régalaient avec les restes du repas, certains se battaient même quand de la viande restait. Il y avait de l’espoir.

« Ce que vous faites de mieux comme repas chaud. Et du vin. »

L’humain disparut sans dire un mot. C’est à peine s’il regarda l’elfe noir durant la commande, il n’y avait donc rien à espérer comme signe de politesse, et surement rien non plus au sujet de la rapidité du service…

« … J’te l’dis ! Ca arrivera ici aussi ! Cette foutue déesse noire gagne en force !
- Tant qu’j’ai mon or ça change rien pour moi. Tais-toi et bois ! Arrête de t’prendre la tête pour des choses que tu comprends pas.
- J’ai vu ce qui se passe à Nosvéris. Les temples se remplissent, même ici ! Et ils ne veulent que du sang… »

Un plat fumant venait de surgir sur le tonneau, interrompant le skaakt dans son écoute des deux humains, des marins d’après l’odeur. Un plat de… c’est ça que les humains appellent de la viande ? Il venait de comprendre l’engouement des esclaves pour les restes… Le serveur restait à côté de l’elfe, la main tendue, attendant le paiement. Pour ça au moins il ne trainait pas… Lliurat paya l’humain qui, après un comptage minutieux des pièces, disparut à nouveau sans prononcer un mot, en tout cas rien de compréhensif.

Lliurat était à présent en tête à tête avec son plat. Les yeux écarquillés, le visage impassible, il se rendit à la raison. Il fallait arrêter de chercher une explication à son plat. Au moins ça ne provenait pas d’un buisson, il y avait du nouveau. Il remplit sa coupe de vin et en bu une gorgée afin de se donner du courage. Peine perdue…

Durant tout le repas, son esprit était occupé par les paroles des deux marins. Il avait entendu parlé de cette déesse noire à plusieurs reprises. Mais étrangement, ce n’étaient pas les rumeurs colportées au travers du continent, jusque dans la forêt, qui attiraient son attention. Ce n’était pas à Oaxaca que lui faisait penser le terme Déesse Noire, mais Valshabarath, la déesse de sa mère et de ses sœurs.

Il n’avait plus approché de temple de la déesse depuis son exil. C’était clair dans son esprit, voilà le point de départ de sa nouvelle vie, celle qu’il aurait dû connaître, celle qu’on lui a volé. Il ne trouverait pas de temple dédié à Valshabarath dans une ville d’humain, par contre il aurait plus de chance de rencontrer celui de Thimoros.

Il venait de finir son assiette. Ce plat n’avait pas porté la gastronomie humaine bien haut dans son estime, il lui tiendrait au corps pendant un moment cependant. Il finit la cruche de vin, rinçant le goût de viande bouillie qu’il gardait en bouche. Il se leva et parti en direction de la porte, la route du temple de Thimoros s’ouvrait à lui. Il le sentait venir, il allait encore tourner pendant un moment dans la ville avant de le trouver. Il s’arrêta, regardant autour de lui à la recherche d’un être lui indiquant la route. Toutes ces créatures, elles l’entouraient, mangeant, buvant, parlant… Il avait vu trop d’humain pour la journée, il fallait qu’il sorte, il trouvera bien sa route d’une manière ou d’une autre…

_________________
Lliurat Ganeikis - Rôdeur


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