L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: Quartier des marins
MessagePosté: Mer 24 Juin 2015 18:46 
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Zu'Gash n'a qu'à demander au premier venu où se trouve le lupanar de Cécilie pour qu'on lui pointe une bâtisse. Pas n'importe laquelle d'ailleurs. Entre deux tavernes miteuses, c'est le plus grand bâtiment du coin, faisant face à un quai garni de navires en tous genres. Et c'est le seul à deux étages, avec toutes les fenêtres fermées. Ou à barreaux, tiens. Faut croire que la maison est vraiment close pour le coup.

Quand elle y rentre, la gosse rivée à son bras, elle est accueillie par un tas de rires. Genre faucon qu'on étrangle. Et ça se course, et ça se marre. À moitié à poil ou carrément sans le moindre tissu sur la peau. Ça pue la vinasse aussi.

"Ce truc c'est l'meilleur bordel du coin ? Pourquoi pas.", fait-elle en se grattant le crâne. "C'est laquelle la Céci-machin ?"

Grosse douleur quand une lourde main gantée de fer s'abat sur son pif. La garzoke n'a rien vu venir et esquisse un pas en arrière sous le coup.

"Ow ! Ow ! Eh !", lâche-t-elle nasalement en s'éventant le nez.

Devant elle, un humain massif se tient. Plus grand qu'elle d'une bonne tête, il est carré de partout. Et il a une peau sombre, mais pas genre elfe. Plutôt style pain qu'on a laissé trop cuire. Chauve, assez jeune en fait, il a juste un petit bouc au menton et des yeux totalement noirs. Si la plupart des gens courent à poil, lui il a une solide épaisseur de cuir et de métal sur la peau. Et elle a bien senti le gant de fer.

"Insolente créature ! Penser que Dame Cécilie s'adonne à ces... Ces !", commence le grand bipède, menaçant de la frapper encore. La rôdeuse sourit en se tenant le pif. Que de souvenirs ces tartes surprises !

"Jhoriss !", lance une voix féminine, étrangement audible.

Ah ben oui, quand l'arrivante se pointe, plus personne ne bouge. Ou plutôt si. Ça se carapate dans tous les sens, en direction des étages. Elle est pourtant pas effrayante celle-la. Peau blanche, rouquine tirant sur le brun, un peu ronde surtout au niveau des mains. Comment elle fait pour marcher ? Une robe qui touche le sol, et qui traine derrière. Et quand elle lève la patte, on entend claquer ses semelles. En fait, elle a l'air montée sur des échasses. Ça ressemble à une humaine, mais pas vraiment en fait. C'est plus trapu, avec un pif évasé.

La peau-verte lâche son nez et hausse les épaules. Son regard rouge est attiré par le geste de Maya, tétanisée par la vue des deux énormes molosses accompagnant l'arrivante. Poils courts et noirs, petites pattes, queue courte mais une gueule énorme et garnie de jolis crocs. Et ça gronde en plus. Zu'Gash esquisse un sourire très con et se penche en avant. Elle se sent l'envie de jouer.

"Graaaaawr !", gueule-t-elle vers les bêtes, qui couchent les oreilles et grondent encore plus fort.

La garzoke ne se démonte pas et lâche la petite. Elle fait un pas en avant, fait gonfler ses muscles et pousse un cri animal et féroce, en mettant ses propres crocs en évidence. Les chiens contractent leurs muscles, comme prêts à répondre à la menace, mais ils cessent sur un ordre de l'arrivante.

"Assez ! Par tous les yus de Nirtim, vous allez me donner la migraine. Jhoriss ! Explique-toi !", fait la chose féminine en se massant la tempe.

"Cette personne a manqué de respect à l'établissement, Dame Cécilie. Et...", commence l'humain avant d'être interrompu par un geste sec.

"Mais je ne te parle pas de ça...", coupe la rouquine en se touchant le front, avant de regarder la peau-verte et la gosse. "Tu viens consommer, peau-verte ?"

"Moi ? Naaaan ! J'viens proposer ça.", lâche la rôdeuse en poussant la gamine à avancer.

"Tiens donc.", fait la maquerelle avant de venir voir Maya de plus près. Marrant. L'humain cramé porte la main à son fourreau dès que Zu'Gash fait le moindre geste. Même quand elle se cure le nez. "Elle est vieille.", constate la femelle, chose qui intrigue Zu'Gash. "Mais de toute façon, je ne prends plus de filles proposées par des garzoks."

"Ah ?"

"Ma maison tente tant bien que mal d'offrir un service de qualité.", commence-t-elle en tapotant la tête d'un molosse. La rôdeuse ne se cache pas pour se marrer, en repensant au bordel qu'elle a vu plus tôt. Ça n'arrête pas le discours de la rousse. "Et avec vous, on ne sait ni d'où elles viennent, ni ce qu'elles ont fait."

"Bah ! Dis-le de suite que t'en veux pas. M'fais pas perdre mon temps en causette, ma p'tite. Le vent, ça remplit pas une bourse, ni mon estomac."

"Insolente !", beugle le claquemuré en tentant de la frapper encore. Sauf que la rôdeuse anticipe, évite le coup et pointe son arbalète sous le menton de l'homme. Elle sourit en apercevant la gorge déglutir.

"J'y aurais mis un carreau, tu s'rais en train d'saluer Phaïtos pour moi. Et on a pas chassé l'bouloum ensemble. S'tu m'frappes, j'te l'rends, pigé ?", s'amuse Zu'Gash en ôtant son arbalète de poignet du menton sombre.

Alors qu'elle tourne les talons en agrippant Maya, Zu'Gash est interpellée par Cécilie.

"Minute ma grande. C'est vrai que je ne peux pas me permettre de prendre ta gosse comme ça. Mais on peut peut-être trouver un accord ? S'aider mutuellement ?"

"Mutequoi ?"

"L'une l'autre."

"Ah. Et comment ?"

"Suis-moi dans mon étude. Je vais t'expliquer.", fait la femme en tournant le dos, et poussant ses molosses à la suivre.

Zu'Gash regarde Maya. La petite n'est pas rassurée, mais elle a surtout un air vexé. Elle en serait presque mignonne à bouder d'avoir été traitée de vieille peau racornie à son âge. Bon, d'accord, la Cécilie n'a pas dit tout ça, mais c'est tout comme. Souriante, la rôdeuse emboite le pas. Pas grave si elle ne lui achète pas son esclave. Si elle lui propose un boulot qui paie bien, elle ne va pas cracher dessus.

Et ce serait encore mieux s'il y avait de la baston !


(Après)

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Dernière édition par Zu'Gash le Jeu 25 Juin 2015 21:37, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Quartier des marins
MessagePosté: Jeu 25 Juin 2015 21:36 
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La Cécilie l'emmene dans une grande pièce décorée d'un tas de tableaux, et de bibelots qui brillent. De grosses armoires là où il n'y a pas une grosse peinture toute moche. Un grand bureau en bois doré coupe la pièce en deux. Un grand fauteuil est calé derrière. Même le lustre au plafond est immense. Elle a un truc à compenser cette rouquine, là, c'est évident. Et pile devant le bureau, un petit tabouret ridicule. C'est là que la peau-verte est invitée à s'asseoir. Ce qu'elle fait, jambes fléchies tant il est bas. Maya attend derrière, sans chercher à se rebiffer. Faut dire que les deux cabots la lorgnent avec attention. Ce serait bien qu'ils y goûtent. La Cécilie serait forcée de la lui acheter.

Les yeux rouges rencontrent ceux de la petite dame.

"Alors ?"

"Je vais faire court et compréhensible. L'un de nos gros client s'est mis en tête de... D'ouvrir ses horizons. Il a donc besoin d'un certain type de compagnie. Que nous ne pouvons pas lui fournir, hélas.", commence la patronne en jouant avec une mèche. "Il est généreux. Si tu lui rends visite, il te donnera le montant que tu veux et..."

"Hop ! Ma p'tite ! J't'arrête de suite.", fait Zu'Gash en se levant et soulevant sa tunique, dévoilant la large blessure. "Si t'as en tête c'que j'crois, t'vas être déçue."

"Cache-moi ça. Quelle horreur !", lâche la maquerelle en s'éventant. Elle fait une tronche si moche que la rôdeuse ne peut pas s'empêcher de sourire. "Pourquoi ai-je cru pouvoir traiter avec une garzoke... Pas même capable de... Rhaaa... Tu sais faire quelque chose ?"

"J'vois pas c'que ça vient foutre dans l'négoce d'la p'tite.", remarque Zu'Gash, en sentant que la femme veut noyer le poisson.

"Mais si ! Donnant-donnant ! Tu me files un coup de main, et en échange, je te prends la gosse."

"T'as pas pigé, Céci'.", clame la rôdeuse, chose qui fait tiquer la maquerelle. "J'm'en débarrasse pas, là. J'la vends. S't'as pas un yû vaillant. J'me barre et c'est tout. Avec elle."

"C'est toi qui n'a pas l'air de comprendre, dents pointues."

"Zu'Gash."

"Aucune importance."

"Bah quand même. J'ai un nom rien qu'à moi, autant s'en servir, pas vrai ?", rigole la peau-verte.

"Bon. D'accord. Zu'Gash... J'ai quelques questions à te poser."

Et la femme de l'assommer avec. Savoir si elle a de la famille, chose qui faire rire la rôdeuse et lui raconter son bannissement. Connaître ses intentions après avoir vendu l'enfant, et s'informer sur les drôles d'armes qu'elle a. Se sentant d'humeur frimeuse, la rôdeuse parle de son projet de piquer une boutique de tanneur à quelqu'un, ou de devenir mercenaire le temps de rassembler des yus, sans oublier les nombreuses rixes auxquelles elle a participé. À chaque réponse, Cécilie hoche la tête et son sourire s'accroît.

Après de longs instants d'échange, la rouquine finit par hocher la tête et se lever à son bureau.

"Je crois que j'ai trouvé ce qui peut nous convenir à toutes les deux. "

Cécilie lui parle de tripots secrets, où entre deux parties de cartes se déroulent des combats féroces, aussi bien contre des bestioles capturées un peu partout qu'entre guerriers. L'idée de tabasser quelque chose fait sourire la peau-verte, mais elle boude un peu à une certaine précision.

"Et parfois, le combattant que je présente doit savoir se coucher. Sans rechigner."

"Oais, mais nan.", répond la garzoke en se grattant le crâne. "J'aime bien la baston, mais s'coucher c'est pas marrant. Et ça paie combien ?"

"Plutôt bien.", fait la maquerelle en désignant les meubles.

"J'parle pour moi, si j'voulais.", sourit la garzoke.

"Toi ? Absolument rien.", répond la femme de la même manière.

"Alors ma p'tite, c'est sans moi.", fait aussitôt la peau-verte en se levant, et avisant Maya.

"C'est fâcheux... Mais, je ne te demande pas ton avis."

Cécilie agite une clochette, et deux hommes ressemblant à Jhoriss se pointent à la porte. Ils barrent le passage. Deux contre une ? Fastoche ! La rôdeuse agrippe son gourdin d'os, mais elle n'a pas le temps de le délier de sa hanche qu'elle sent le sol crisser. Elle se tourne vers Cécilie, qui vient d'agripper un levier. Le sol se dérobe sous les bottes de la garzoke. Par réflexe, elle prend appui sur le panneau de bois et se jette sur un rebord.

Loupé.

Zu'Gash se retrouve suspendue au-dessus du vide, ses bras en appui sur le parquet. Et qui font mal en plus ! Elle les a claqué contre le bois pour se retenir. Ses jambes raclent le puits auquel elle essaie de s'arracher. La gosse brune tente de se jeter vers elle, mais la main d'un humain agrippe sa tignasse. Un coup de pied derrière le genou, et Maya tombe par terre. La rôdeuse a un sourire crispé. C'est drôle, non ? Elle n'a rien vu venir ! Et la voilà qui peine à se maintenir, ses pieds cherchant un appui sur une paroi de pierre glissante. Elle jette un regard vers ce puits plutôt sombre, puis en direction de Cécilie qui arrive devant elle.

"Il y a une chose que j'ai omis de mentionner. Je déteste les garzoks. Je les ai toujours détesté. La seule chose qui me soulage à leur sujet, c'est quand ils se font bouffer par un tas d'animaux."

"Ah ? Y'a des bestioles en bas ?", demande tranquillement la peau-verte, pas perturbée par la chute à venir, mais un peu crispée à force de contracter ses muscles.

"Non. Enfin, pas directement au point de chute.", répond Cécilie en soulevant légèrement sa robe, et écrasant du talon une main de la tanneuse. "Maintenant, descends avant que je salisse trop ma chaussure."

"Héhé... Après toi !", gueule Zu'Gash, lançant sa main libre pour agripper le pied hautement chaussé. La femme hurle en se sentant déséquilibrée. Elle chute et est à peine tirée vers le trou que ses molosses se jettent sur Zu'Gash. "Eh ! Chacun son tour, les corniauds !", s'amuse-t-elle en lâchant le pied, pour frapper une gueule du revers. Son arbalète de poignet percute la tronche d'un chien, lui tirant un cri aigu. Et un clébard borgne, un !

Il réplique, enfonçant ses crocs dans l'arme et la secouant pendant que l'autre tente d'attraper la gorge de la garzoke. Cécilie se relève, outrée, et se met à lui balancer ce qui lui tombe sous la main. Un chien tire sur son arbalète, l'autre finit par lui mordre l'épaule, et la maquerelle lui lance un tas de choses, dont une carafe argentée dans la tronche.

Là, elle est dans la mouise.

Les yeux rouges parviennent à attraper ceux de Maya. Toujours aussi bizarre cette gosse. Elle a l'air inquiète. À sa place, la garzoke trouverait la situation comique. Si le pied d'un humain carré ne la maintenait pas par terre. Zu'Gash jette un regard par-dessus son épaule mordue, avisant le trou. Le clébard qui lui tire le sang recule, et rouvre la gueule, visant sa tronche. L'idée de se faire déchirer la gorge l'excite. Elle tente de se maintenir, mais c'est sans compter sur l'autre molosse. Ce con s'agite si fort qu'il rompt les attaches de l'arme de jet. Il la secoue comme un débile. Et quand il lâche prise, l'objet percute l'autre chien.

Sourire sur faciès à crocs. Cet abruti de molosse frappé a bondi en avant avec un cri de pucelle. Ou alors ça vient de la maquerelle. Marrant. Sauf qu'il a percuté la Garzoke au passage, la privant d'un appui. Elle lutte pour tenir, mais glisse, lâche prise et s'enfonce dans le puits. Elle chute plusieurs secondes, atterrit le fion en premier sur le dos du clébard, rebondit dessus et roule au sol. Sa tête heurte des barrières métalliques. Et la trappe se referme, retirant toute lumière des lieux. Assise, Zu'Gash frotte sa bosse en devenir.

"Bah merde alors.", ricane-t-elle. "Elle est super dure en affaire, celle-la ! Elle m'garde ma gosse, et moi j'hérite d'son tas d'puces. Eh ? T'es vivant l'corniaud ?", fait-elle en poussant le corps du molosse noir du bout de la botte.

Couinement du chien. Elle prend ça pour un oui. Son épaule la pique un peu, et elle a chaud là où son arbalète a été arrachée. Mais l'important n'est pas là. Y'a des barreaux, d'accord. Mais elle est tombée où, en fait ?



(Après)

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Dernière édition par Zu'Gash le Lun 20 Juil 2015 19:46, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Quartier des marins
MessagePosté: Sam 4 Juil 2015 12:06 
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Fait sombre là-dedans, mais vu qu'il y a une torche pas si loin, on y voit un peu. Zu'Gash est tombée dans une sorte de cellule. Deux portes. Une donnant hors de sa cage, l'autre sur un corridor bizarre. Autour, il y a d'autres cellules, donnant sur le couloir de barreaux, comme la sienne. Et c'est quoi ces bruits et ces formes à côté ? Ça pue dans l'coin, genre la crasse animale et la fiente de grosse bête. La rôdeuse se lève et tout connement, pousse la porte de sa geôle. Qui s'ouvre sur le couloir de barreaux. L'autre, par contre, reste fermée.

"Héhé, j'en connais quelqu'z'uns qui vont s'faire engueuler.", s'amuse-t-elle en se frottant le crâne d'une main, et choppant son gourdin de l'autre.

Dans son dos, le clébard se remet à gronder. La peau-verte lui montre les crocs, et dès que le chien tente de lui chopper la jambe, il se prend un revers de gourdin dans le pif. Cri de pucelle. C'était donc bien c'te bestiole la première fois aussi. À force d'entendre les femmes du bordel, il s'est mis à les imiter. Normal. La garzoke en ricane, jusqu'à ce qu'une voix rauque, genre quelqu'un qui a un truc coincé dans la gorge, l'interpelle.

"Peau-verte..."

Yeux rouges vers la cellule à sa droite. Une silhouette poilue et courbée se tient près de la porte close. Un regard plus rouge que le sien, une taille de bien deux mètres, même penchée en avant. Une gueule ouverte sur des crocs clairs. Zu'Gash plisse les yeux et s'approche un peu. Ce truc est comme un énorme chien noir, bipède, sans tissu sur la fourrure. Et c'est quoi ça ? De la peinture rouge qui part de sa truffe noire jusqu'entre ses oreilles, et sur son poitrail.

La rôdeuse se désigne du doigt, et reçoit en retour un signe lui disant d'approcher. Elle a à peine fait un pas qu'un bras vif passe entre les barreaux. Réflexe, esquive, la main griffue se referme dans le vide. Grondement contrarié de la créature.

"Lou-pé !", s'amuse la rôdeuse avant de regarder le couloir et de commencer à s'éloigner.

"Attendre ! Peau-verte !", gronde la bête en se collant façon boule de bouse lancée contre un mur aux barreaux, chose qui fait s'arrêter la rôdeuse. "Peau-verte partir chasser ?"

"Zu'Gash. J'ai comme qui dirait du gibier en vue, oaip.", fait-elle en se raclant la tempe de son gourdin.

"Peau-verte libérer."

"C'pas qu'm'faire bouffer par une grosse bête m'gên'rait, hein ? Mais j'suis occupée là. Et toi, t'es bien là où t'es."

Le gros chien noir émet un son contrarié, secoue les barreaux avec assez de force pour réussir à en ébranler un. Pas mal. Mais y'a pas d'doutes que le grand méchant loup ne ferait qu'une bouchée de la rôdeuse.

"Liykor faim ! Deux-pattes empêcher entrer territoire ! Liykor sortir ! Chasser ! Manger !"

"Territoire ?", lance la garzoke, une idée venant sous sa tignasse malgré la peine de la bosse. "Genre, c't'endroit sous terre, c'est ton terrain d'chasse ? Tu connais l'coin ?"

Signe positif de la bête. Glapissement et grondements qui font marrer la rôdeuse. Après tout, elle est en train de causer avec un loup de deux mètres. C'est dingue c'qu'un coup à la tête peut faire croire. Au moins, ça l'amuse dans cette situation bizarre.

"Eh ? Ca t'dit un échange ? J'te sors d'ta cage, j'te file à bouffer, et tu m'montres la sortie ?"

L'estomac du truc répond à sa place. La bave qui tombe de sa gueule aussi. La rôdeuse tend sa main libre entre les barreaux, pour une poignée de main tranquille. Et gnap ! La gueule pleine de crocs qui se referme dessus ! Ça fait mal ! Ça fait très mal ! Ça... Ah ? Ah ben non, en fait. Le machin liykor a juste pris sa main dans sa gueule et agité la tête. Quand le loup la lâche, Zu'Gash tire la langue sur le côté.

"J'venais d'la laver c'te main.", dit-elle en essuyant la bave sur sa cuisse. "Attends."

Les yeux rouges examinent la porte. L'est vraiment con c'grand chien. Y'a qu'un petit loquet à faire coulisser pour débarrer la sortie. Ce que la peau-verte fait. La porte est à peine ouverte que le loup bipède sort, montrant une rangée de crocs parfaits. La rôdeuse en boude une seconde avant de croiser le regard du chasseur. Ah ? On lui aurait menti ?

Zu'Gash fléchit les jambes, prête à esquiver un coup. Sauf que le grand loup l'ignore. Il renifle vivement, se penche, passe vite à côté d'elle, droit vers la cellule dont elle sort. À peine le temps de cligner des yeux que le chienchien de Cécilie, tombé avec elle dans le puits, émet un couinement déchirant. Court, aigu, unique. Et après, c'est un lot de "scriitch", "rip", "floc floc" et "sluuurp" qui s'répercute sur les parois. L'odeur du sang et des viscères qui s'répandent parvient aux narines encore douloureuses de la garzoke.

Elle qui s'demandait quoi faire du toutou de la maquerelle, la question est réglée. Retournant sur ses pas, la garzoke s'appuie contre le montant de la porte en barreaux. Le liykor est accroupi, arrachant des bouts de chair au corps chaud.

"C'est bon l'chien ?", rigole-t-elle avant de se faire gronder dessus par le gros loup noir, tenant un long os entre les mâchoires, et lui jetant un long regard par-dessus son épaule. "Oh, flippant... Ça va, j'vais pas t'le piquer ton tas d'viande. J'ai d'jà bouffé."

N'empêche, la scène est bizarre. Voir un chien ressemblant à un loup baraqué s'faire bouffer par un loup ressemblant à un humain très poilu, ça s'voit pas tous les jours. Merde, trop tard. Ce n'est que maintenant que la rôdeuse se demande si elle n'aurait pas pu se faire quelque chose d'intéressant avec la peau du clébard. Tant pis.

Le liykor avale trop vite, s'étouffe, recrache une esquille d'os et se remet à bouffer. Quand il se lève, essuyant sa gueule du revers du bras, il glapit.

"Pas assez."

"On trouv'ra d'autres trucs en ch'min, non ?", lâche la rôdeuse en fixant distraitement le crâne que le loup finit de lécher. Ca ressemble donc à ça un crâne de corniaud sans peau ni chair ? "Au fait. Tu bouffes souvent des trucs qui t'ressemblent ?"

"Bête sentir comme deux-pattes... Bête pas comme liykor. Bête perdre cœur animal. Bête proie. Proie chassée. Chasse mangée.", répond le loup gigantesque en léchant sa fourrure entre chaque tirade.

Et pourtant, à l'entendre, il a l'air déçu le gros toutou. Normal, en fait. Ce n'était pas de la chasse, ça. C'était de la prise de repas chaud, prêt à la découpe. Nouveau signe du grand loup lui indiquant le couloir. Pour le moment, le marché semble tenir.

Mais Zu'Gash préfère garder son gourdin en main. On n'sait jamais. Le garzok cru, c'est p'têt' bon après tout.


(Après)

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Dernière édition par Zu'Gash le Lun 6 Juil 2015 18:45, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Quartier des marins
MessagePosté: Lun 6 Juil 2015 10:40 
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Ne te fait pas d'illusions.

Daemon retire son long manteau en suffoquant, luttant contre la chaleur accumulée dans son appartement. Sans plus attendre, il ouvre en grand sa fênetre pour introduire la fraîcheur nocturne. Soufflant un peu sur son lit, il ne tarde pas à prendre de quoi écrire à la lumière de la lune. Son héritage Shaakts est très utile la nuit tombée, la faible luminosité ne l'affecte pas comme le commun.

Il commence à dessiner une carte avant que sa mémoire ne s'estompe. Le nécromancien est décidément très bavard, Daemon n'a pas eu besoin d'insister pour connaître l'emplacement de la relique. De toute façon, il ne pouvait se douter qu'il y en a réellement une. Le lieu en question se trouve dans une grotte du duché des montagnes. Donc un long voyage en perspective, il devra parcourir le pays jusqu'au sud, et surement gravir les montagnes afin d'atteindre les pays du sud.

En griffonnant le papier, le doute investit Daemon : est-ce une bonne décision de quitter Dahràm ?

(Qu'est-ce que je fais ? Je m'apprête à traverser le continent, gravir des montagnes, risquer ma vie... Uniquement car deux tarés croisés dans une ruelle, qui en passant ont bien failli m'assassiner, m'ont indiqué une soi-disant localisation de relique... De plus cette mission est vraiment louche, pourquoi m'envoyer moi, un sombre inconnu à leurs yeux.)

Après tout le travail sur les quais de Dahràm lui convenait. Bien que convaincu du contraire, il s'est attaché à cette ville. Ces dernières années étaient douces sur les pavés des quais. Le bonheur est fait de petites choses. Au fil du temps il pourrait, pierre par pierre, se bâtir une cité d'allégresse.

(Il me suffit d'économiser encore un peu, et... Ah, oui, c'est vrai...) Daemon redresse la tête face au souvenir l'assaillant, son visage se brise au son de l'écho du sekteg rebondissant inerte sur le sol, cette peur, son impuissance...

(Plus jamais... A quoi bon rester ici, personne ne m'attend dehors, et je n'ai rien à accomplir ici. Certes le voyage sera périlleux, mais je dois venger mon clan. Tout homme doit mourir, autant assouvir mon destin. Demain, je pars en direction des montagnes!)

Finissant nerveusement sa carte, il l'enroule et la range dans un petit baluchon après avoir rassemblé ses effets pour le voyage. Contrit par ce lendemain incertain, il s'endort non sans mal.

Un dernier regard en arrière.

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Thème : Catacombae - Mussorgsky


Dernière édition par Daemon le Jeu 16 Juil 2015 04:48, édité 3 fois.

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 Sujet du message: Re: Quartier des marins
MessagePosté: Lun 6 Juil 2015 18:44 
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Le couloir de barreaux en rejoint un plus large. À vue de pif, le nouveau fait une grosse forme ronde autour d'une pièce. Et ça sent encore plus mauvais. Ah ? Normal, y'a une poignée de rogneurs dans l'une des cages. Comment c'te cruche de Cécilie a fait pour chopper ces bestioles ? La rôdeuse a essayé une fois, et le machin s'est effrité à son contact. Elle est tombée où au juste ? Non mais, vraiment ?

Il y a une grosse porte double devant le loup noir et la peau-verte. Et c'est quoi ce bruit ? On dirait une engueulade en plus fort, comme si des dizaines de gars se prenaient le chou en même temps. Et là, un gros "sprotch" qui se fait entendre, puis plus rien. Ah si, une foule à moitié rigolarde, et à moitié en gueulante. La peau-verte jette un oeil au liykor dont le poil s'est hérissé. Il tape sur la porte massive, la griffe, tente même de mordre le bois.

"T'as la dalle à c'point ?", se marre la rôdeuse.

"Territoire après. Terre plate. Sable rouge. Sang !", glapit le louloup en se mettant à baver encore.

Et d'un coup, venant d'au-dessus de leur tête, une voix d'humain.

"Que ? C'est quoi c'bazar ? Liykor et garzok ? Mais c'est pas sur l'programme ça !", grommelle-t-il en matant une tablette de bois et des feuilles.

Le bougre vêtu comme un riche, avec des cheveux gris en frisettes, leur marche dessus. Enfin, sur les grilles recouvrant les barreaux du couloir. Maintenant qu'elle y fait gaffe, le corridor n'est qu'un petit passage dans une pièce plus grande. Elle voit les murs en pierre autour, et des escaliers en bois permettant de grimper sur le plafond en grille. Et à côté, voilà que se pointent trois autres gars en protections de cuir. Avec des lances. Et qui les passent dans la grille, genre pour leur piquer la tronche !

"Eh oh ! Pas b'soin d'me r'façonner l'nez, c'est d'jà fait ! Si j'dois avancer, suffit d'le dire, hein ?", ricane la peau-verte.

"Avancer ? Ah non alors ! Après, c'est le lâcher de rogneurs pour nettoyer la place, le combat à mains nues entre deux varrockiens, sur lesquels on envoie les cocatrix si c'est trop long. Retournez en cage, vous.", fait l'homme en grognant détester qu'on ne le prévienne pas des changements dans son programme.

Et que ça se plaint, et que ça grogne. Ah non, ça, c'est le liykor en fait. Le loup noir a tant la dalle qu'il agrippe une lance des crocs et la tire assez fort pour amener l'humain avec. Et "crac", un pif qui s'éclate, et "sprotch" le fer de lance qui passe en sens inverse, se plantant dans le bide de l'étalé. Arf ! Et v'là qu'ça dégouline ! C'était bien la peine qu'elle se lave, tiens ! Et si ça crie, on n'l'entend pas. C'est couvert par les gueulantes venant du monde à côté.

Les lanciers finissent par râler, rameutant d'autres gars identiques ou presque. Le riche lève le nez de sa tablette quand les portes des cages sont ouvertes une à une, libérant des bestioles à leur suite. Rogneurs, cocatrix, et même des saloperies de hérissons bondissant vers eux.

"Va y avoir du monde dans c'couloir !", lance la rôdeuse en préparant son gourdin.

Grand sourire à crocs, jusqu'à ce qu'un des poulets manque de peu lui chopper la cheville. Et qu'il évite son gourdin en se jetant contre un hérisson, avec lequel il se prend le bec. Le grand louloup n'hésite pas et plonge sa lance dans une des volailles, l'embrochant sur le coup. Grosse bagarre d'animaux dans le couloir. Pour une fois, la peau-verte est perplexe. Genre, aucune des créatures ne s'en prend à elle. Elles se tapent joyeusement sur la tronche, entre elles.

Les humains au-dessus tentent de pousser les bestioles à attaquer, mais ça loupe complètement. Les rogneurs se barrent ou se changent en poussière au contact. Les coqs veulent picorer les hérissons. Les machins à piquants bondissent partout, tapant aussi bien les leurs que les parois. Et vive la nature !

La peau-verte se met à bouder, totalement ignorée, alors que le canidé bipède dévore tranquillement le volatile encore gigotant.

"Vraiment pas drôle. Ça s'ra fini avant qu'j'en éclate un... Eh ! Le vieux ! C'est par où la sortie ?", gueule la rôdeuse à l'intention du frisé.

Sauf qu'il ne l'écoute pas. Il agrippe d'une main le col d'un garde et le secoue, lui crie dessus, l'accusant de ruiner sa liste parfaite. Et les autres porteurs de lance de tenter de les séparer. Bref, un sacré bordel... Merdeuuuh ! Le bordel ! Maya ! C'détail lui était sorti de la tête ! La peau-verte tente d'ouvrir la double porte, mais le passage reste bloqué. Apparemment, c'est pas par là.

Ses yeux rouges partent vers la droite où d'autres couloirs rejoignent le leur. Et pendant ce temps, le liykor plonge de temps en temps la lance dans le combat de bestioles, faisant la gueule quand ça tombe sur une boule de piquants.

"Bon ben, j'vais voir ailleurs si j'y suis.", fait Zu'Gash en assénant une claque dans le dos du chien, chose qui manque le faire s'étouffer avec sa proie.

Elle allonge les pas en se grattant une tête douloureuse. Encore une double porte fermée, et une autre, et encore. Il lui faut plusieurs minutes pour faire le tour et revenir à son point de départ. Le liykor vient d'entamer un troisième poulet cru, si elle en croit les deux becs par terre, et la tête sortant de sa gueule. Demi-tour. La rôdeuse décide d'emprunter un couloir un peu en montée. À grands pas, elle finit par se retrouver devant une autre porte à deux battants, sauf qu'elles sont faites en barreaux, et sont retenues par une belle grosse chaine et un cadenas. Coup d’œil au travers.

Une sorte de bâtisse en bois, avec des caisses un peu partout, des cages vides et une poignée d'humains jouant aux cartes sur une table branlante. Le passage donne sur une sorte de grosse remise avec une énorme porte coulissante en bois.

"Hep !", fait-elle pour attirer leur attention, et éclatant d'un rire porcin quand la surprise en fait tomber un d'sa chaise. "J'ai b'soin d'un peu d'air. On m'ouvre ?"

L'expression conne des gars se change en indifférence. Elle entend vaguement une réponse du style "on fait entrer, mais pas sortir, même quand ça cause". Bon, va falloir qu'elle se démerde seule, sauf si le louloup a fini de grailler. Et comment il peut bouffer ça ? Les poulardes sont pleines d'écailles en plus ! Encore une fois, elle revient sur ses pas. La situation l'amuse moins. Si elle pouvait taper sur quelque chose, ça l'aiderait !

Elle est à peine en vue de la fourrure noire qu'un coup brutal est donné à la double porte.

"On est fermé !", lance-t-elle, hilare.

Elle remarque alors l'agitation du liykor. Le chasseur renifle et griffe le bois. Ah oais. Le coup de l'autre côté a été assez violent pour créer un espace vers eux. En levant le nez, Zu'Gash aperçoit la poutrelle amochée, qu'on fait coulisser au sommet de la porte pour la maintenir fermée. Suffirait de la finir pour ouvrir.

"Passe-moi ta lance.", dit-elle en tendant la main, pour se faire gronder dessus. "Quoi grrr ? Tu veux ouvrir, oui ou nan ?"

Calant son gourdin d'os entre ses cuisses, parce que faudrait pas qu'le gros toutou le prenne pour un truc à ronger, Zu'Gash chippe la lance et la plante à deux mains dans la poutrelle. Une fois, une deuxième et hop ! Un bout de bois pété ! Et "spaff" en double alors que le liykor pousse les battants de bois et se jette sur la bestiole la plus proche.

La rôdeuse lève le pif, avisant de très hauts murs de bois, derrière lesquels y'a un tas d'gens assis. Du sable au sol, du sang, des cris. Ah. Pigé !

C't'une arène souterraine !



(Après)

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 Sujet du message: Re: Quartier des marins
MessagePosté: Ven 10 Juil 2015 19:07 
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L'arène est un genre de grande cour ronde, sableuse, qui crisse quand on marche. Et y'a un d'ces bordels ! Enfin, normalement. Là, le public à bien trois ou quatre mètres au-dessus regarde comme un tas d'couillons le liykor accroupi, en train de boulotter... C'est quoi ? Un bras ? La rôdeuse se gratte la tempe de son gourdin, en cherchant une sortie. Y'a bien d'autres portes comme celle qu'elle vient de franchir, mais faudrait aussi les défoncer. Et à part se changer en mouche, le seul autre moyen c'est par les grands murs. Et ça fait raide sans prises.

Alors qu'elle balaie l'arène du regard, un truc l'intrigue. Debout au milieu d'un bon lots de corps de gobelins piétinés et recroquevillés, il y a une espèce d'énorme sanglier qui fait presque sa taille. Truc immonde, avec des défenses partout sur la gueule. Les yeux rouges de la garzoke brillent. Ça pue, ça gratte le sable, et ça l'excite. Un brok'nud. Elle n'en a vu que des têtes en trophée, et des échantillons de cuir. Mais quel cuir !

"Encore d'autres victimes ? C'était pas prévu, ça !", gueule une voix... Faiblarde en fait. On dirait celle d'un morveux qui n'a pas mué. Ça part dans les aigus, et ça y reste.

Pendant que le louloup lève la truffe en se léchant les babines, il se met à scruter quelque chose vers le sanglier. Ah ben tiens ? Il a des rênes et une selle ce machin. Qui pourrait être assez con pour monter là-dessus ?

"J'vais leur péter la tronche ! Mais j'veux un bonus !", refait la voix de gosse.

Et là, catastrophe. Zu'Gash en voit le propriétaire. Sur le dos de la bête. Il est barbu ! Brun ! Carapaçonné comme un de ces cons de chevalier ! Et il est immense ! Ah ? Non, en fait. C'est juste un putain de thorkin, avec un bol en métal sur la tête et des plaques de fer collées au corps par des cordes. Et pour faire croire qu'il tient une lance, il tient... Ben une lance, en fait. La rôdeuse se fige, à le mater comme une demeurée.

"Squick."

Ça monte...

"Squick squick."

C'est incontrôlable.

"Mais tu vas avancer, crétin d'animal ? Charge ! Charge !", gueule le nain en sautant assis sur sa selle... En secouant les rênes de haut en bas... Pendant que ses pieds font l'contraire. Le "squick", c'est l'cri du cuir, parce que ses pattes sont trop courtes pour atteindre les flancs du sanglier et les taper. C'est trop... C'est trop !

"Bh... Gh... Kh ! BUWAA ! Hahaha ha ha ! Oh putain ! Haha ! Oh merde ! Uhahaha ! Ghrrr ! ", éclate la rôdeuse, pliée d'un rire de porcelet, devant la tronche débile du faux chevalier en armure. Et il cause avec sa voix aiguë ! Et il saute encore ! Et y'a encore le squick !

"Pourquoi tu riiiiis !", s'excite le barbu en la désignant de sa lance. "J'vais t'refaire le portrait ! J'vais te transpercer la carcasse ! Je..."

Il n'a pas fini sa phrase que le loup noir a fini de le prendre à revers. Zu'Gash a à peine le temps d'essuyer les larmes lui salopant la tronche que le louloup passe à l'action. Avec un "groouw" dominant les gueulantes du public enfin réveillé, il saute sur le cul du sanglier.

"Oh oh."

Le bestiau ressemblait à un gros cochon en bois. Ben si on ajoute sur son popotin un louloup encore affamé qui veut se payer un gros jambon, ça l'sort d'son état d'larve ! La peau-verte a juste le temps de se jeter sur un côté. Bordel, ça charge vite ces trucs quand ça flippe ! Gligli le sanglier se met à galoper, et ruer comme un con pour éjecter le liykor. Hop et hop ! Gruiiiik de la bête pendant qu'le thorkin essaie de se tourner vers le chasseur. Sauf qu'il a des cordes qui le rattachent à la selle et l'empêchent de pivoter.

Zu'Gash n'est pas si débile. Tenter de frapper ce machin galopant avec son gourdin serait aussi efficace que d'vouloir chopper de l'eau avec un tamis. Vive, elle attache son arme à son ceinturon et ramasse la lance. Et un saut ! Et un autre !

"Vas-y louloup ! Lâche pas l'morceau !", encourage-t-elle, sur le point de se marrer encore.

Enfin, jusqu'à ce que cochonou-pas-content soit orienté vers elle. Prête, elle esquive la charge et enfonce la lance droit devant elle. Et "crac" la lance qui lui pète entre les doigts ! Et "sbaff" le coup de défense qu'elle bouffe dans le flanc sur un virage imprévu du lard couinant. Elle grimace un peu, tâte son ventre et sourit. Tout va bien, les points sont encore là. Par contre, elle a beau mater le sol, y'a rien qui ait l'air assez costaud pour percer la peau de cette bestiole.

Le nain couine encore plus fort. Le liykor vient de se hisser jusqu'à lui et s'apprête à lui arracher la tête ! Oui ! Oui ! Oh ? Et non. Môssieur sanglier trouve plus drôle de ruer encore une fois. Et "youuuuh", le vol-plané du chien bipède ! Et "badaboum", l'atterrissage. Et pendant que Gligli continue de tourner comme un con dans l'arène, c'est le public qui se met à gueuler. Ah oais, joli boulot mon cochon. Il vient de propulser un liykor noir affamé pile dans les gradins. Enfin, dans le gras du gradin.

Cris de terreur, fuite en désordre. Le public tente de se carapater. Et ça ne marche pas très bien. "Scraatch", des vêtements qui se déchirent. "Splatch", le sang qui gicle. "Clang clang" font les bottes des gardes en apparaissant. Un joyeux bordel ! Mais ça n'aide pas la rôdeuse. Elle doit toujours se barrer de là, elle. Et le meilleur moyen, c'est encore d'utiliser Gligli ! Qui continue de galoper le long du mur, sourd aux "squick squick" du nain qui s'énerve.

La peau-verte tend son poignet à arbalète vers le nain, visant sa tronche. Elle déclenche le tir, et... Et rien, chose qui la fait marrer. Ça lui revient, son arme est restée chez Cécilie. Merde alors. Sur ses gardes, Zu'Gash se prépare à éviter une autre charge. Elle attend. Et elle attend. Et son sourire commence à tomber. Gligli préfère commencer à creuser le sol à force de tourner à toute vitesse dans l'arène. Et quand il a l'air de vouloir s'arrêter, le nain la ramène, et sa voix de couillon le fait repartir.

Seule solution : faire fermer sa gueule au thorkin. Reste à voir comment !


(Après)

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Dernière édition par Zu'Gash le Sam 11 Juil 2015 16:11, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Quartier des marins
MessagePosté: Sam 11 Juil 2015 16:10 
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Un truc ! Un machin ! Quelque chose à lui jeter à la tronche ! Zu'Gash mate les corps des gobelins. Y'a des boucliers qui trainent, des épées rouillées et quelque chose qu'elle connait. Des bolas. Et l'exemplaire le plus proche qu'elle voit fait briller ses yeux. Les cordes sont de bêtes lanières en cuir tressé, mais logées dans des creux des poids. Et quels poids ! Comme son bracelet de vertèbres. Tous en os. C'est dégueu, mais c'est super beau ! Et c'est enroulé autour de la trogne d'un sekteg. Quand on sait pas s'en servir, on touche pas !

Et pendant que Gligli continue de tourner sur le sable, sourd aux gueulantes du thorkin, et que les gardes se font repousser par le louloup, la rôdeuse cherche à chopper l'arme de jet. Qui s'accroche, la bougresse ! Pas le choix. Elle choppe son gourdin et fracasse la caboche déjà pétée du cadavre. Et encore des bottes dégueulassées. Mais au moins, elle a son projectile ! Où le loger ? Tenter de stopper la course du sanglier géant en lui entravant les pattes ? Nan. D'abord ce serait moins drôle, et pas sûr que les cordes soient assez robustes. Le gros cochon a quand même des mollets comme des troncs d'arbre !

Retour à la première idée, faire taire le nain. Elle lève la main, commençant à faire tourner l'arme. Et "zouh" ! Et "vup vup vup" les poids ! Et "clang" quand elle loupe largement. L'est rapide le cochon ! Zu'Gash sourit, se sentant défiée.

"Eh ! L'nabot ! On joue ? Si j't'éclates, j'prends ton brok'nud !", gueule-t-elle avant de courir ramasser son arme.

C'est con qu'il n'y ait pas une grosse ficelle pour le ramener à elle une fois lancé. Mais il volerait moins bien. Elle a à peine repris possession des bolas qu'un truc la perturbe. Gligli s'est calmé.

"Tu t'es foutue de moi ? Ben crèèveuuuh !", couine le nain en dirigeant la bête droit sur elle.

Ça galope ! Ça galope ! Ça... Ça se met à tourner sur lui-même comme un abruti. Gligli n'est pas content. La faute au "squick squick" ! Ah oui, et au fait que le nain vient de s'emmêler la lance dans les rênes, donnant l'ordre au porc gabarit banquet de tourner en continu sur sa droite. La rôdeuse sent monter un éclat de rire qu'elle a du mal à contenir. Sans blague ! On dirait un d'ces cons d'corniaux cherchant à s'attraper la queue ! Moralité : laisser les p'tits conduire, c'est pas une bonne idée.

La peau-verte en profite. Elle suit le déplacement de ses yeux rouges, fait tourner les bolas vivement. Encore et encore. Excitée, souriante comme une crétine, elle lâche le projectile. Vole vole ! Et "clang ! Baf baf !" font les poids en s'enroulant autour de la tête casquée, et frappant dessus. La demie-portion s'écroule ! Enfin, elle devrait, mais avec toutes ces cordes qui l'empêchent de tomber, c'est pas l'cas. Gligli tourne sur lui-même encore un peu, trébuche sur un corps de gobelin, puis s'arrête.

"Eh ! J'ai gagné !", crie la garzoke en sautillant sur-place.

Et puis le sanglier gerbe.

"Pouah ! Ça peut prendre des cuites un brok'nud ?", lâche-t-elle en avisant la flaque verdâtre.

Bruits de bottes à sa gauche. Des gardes se pointent ! Elle en sourit, se sentant prête à en découdre, avant qu'un bruit de chute n'attire son attention. Le louloup vient de sauter dans l'arène, et pas dans le meilleur état. Il a perdu quelques touffes de poil sur la joue et les bras. Il s'empare de la lance du nain et pointe les couillons en armes, restés comme des cons en haut des gradins.

"Territoire de liykor ! Personne chasser chasseur !", gronde-t-il avant de se retourner vers les autres gardes, statufiés dans l'arène. Faut dire qu'un chien deux fois plus large et haut qu'eux, visiblement en rogne et encore affamé, ça impressionne ! Pas la rôdeuse, par contre.

"Amuse-toi bien, mon louloup ! Zu'Gash se barre !", annonce la peau-verte en se hissant sur le dos du cochon.

Impossible de se débarrasser du nain, son matériel de tanneur ne serait pas assez costaud pour couper les cordes. Par contre, elle récupère les bolas d'os. C'est que ça peut être pratique pour chopper du gibier à deux ou quatre pattes ! Elle agrippe les rênes, se tenant accroupie derrière le thorkin. Gligli grogne, secoue méchamment la tête. Et pof ! Un garde qui tentait de la rejoindre se mange un coup de défense ! Estoc d'ivoire. Oups. Ce con reste empalé dessus...

Bah, pas grave !

Zu'Gash tire les rênes, se penche un peu, et donne un grand coup de talon dans le fion du sanglier. Aucune réaction. Il a le cuir dur, ce couillon ! Avec un cri, la garzoke recommence, plantant sa botte aussi profond que possible dans la peau à plusieurs reprises. Et "gruiiiik" fait la bête avant de finalement démarrer au quart de tour. La peau-verte tangue. Elle est secouée super fort. Heureusement qu'elle peut placer ses pieds entre les cordes du nain ! Sur lequel elle se vautre deux fois.

Gligli n'obéit pas. Il court sans s'arrêter dans le sable. Enfin, jusqu'à ce que le liykor pousse un hurlement féroce. Là, le sanglier fait moins le fier. Il s'arrête d'un coup, fixe le chasseur, renifle de son gros groin, puis dans sa cervelle se fait sans doute un lien genre "y va m'bouffer !". Demi-tour de l'animal qui fonce sans regarder, mais qui répond quand la peau-verte lui massacre la gueule à force de tirer sur les lanières. Elle a le cœur qui cogne en continu pendant quelle le mène vers la remise où les autres cons ont refusé de lui ouvrir.

Pataclop pataclop ! Blam ! Chting ! Uwaaa !

Soit tour à tour, le galop du sanglier, les portes barreaux enfoncées, la chaine qui pète et les joueurs de cartes se faisant d'ssus en s'jetant hors du ch'min. La rôdeuse se tourne à demi, souriant de tous ses crocs.

"Salut les gars ! J'fais qu'passer !", beugle-t-elle avant de partir dans un grand éclat de rire.

Le Gligli épouvanté fonce droit devant, manquant épingler des ivrognes du quartier des marins. Elle chevauche un brok'nud émergeant d'un entrepôt, sur le dos duquel se trouve un thorkin bardé de métal et dans les vappes, en trimballant le cadavre d'un garde sur une défense. Ah oui, et on entend encore quelques cris de panique venant du tripot voisin.

C'est marrant, nan ?

"C'pratique un cochon d'combat. Faudra qu'j'm'en choppe un neuf... Bon, j'devais faire quoi déjà... Ah oui ! Maya ! Elle m'sort toujours d'la tête c'te gosse. C'est fou, hein ?", lance-t-elle au nain incapable de lui répondre.

La rôdeuse sourit déjà, mais à la pensée de la tronche que va tirer Cécilie en la voyant débouler, elle éclate d'un rire gras. Elle a beau détester la ville, qu'est-ce qu'elle se marre depuis son arrivée !


(Après)

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Dernière édition par Zu'Gash le Lun 20 Juil 2015 20:18, édité 3 fois.

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 Sujet du message: Re: Quartier des marins
MessagePosté: Lun 20 Juil 2015 13:06 
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Et ça galope sur les pavés mal foutus du quartier des marins. Et ça tourne encore et encore. Ben ouais, Zu'Gash est sortie d'un entrepôt après un moment sous terre. Elle sait que le bordel ne doit pas être loin, mais comme elle ne reconnait pas le coin, elle déboule dans la rue. Gligli secoue la tête, faisant tomber la porte à barreaux qu'il avait sur la gueule pendant une quinzaine de mètres. Par contre, le cadavre du garde ne bouge pas.

"Place ! Cochon en furie !", gueule la peau-verte en se marrant quand deux ivrognes se jettent l'un contre l'autre pour fuir, s'assomment et sont juste contournés par le sanglier géant.

Après une poignée de minutes, la rôdeuse sent le gros jambon sur pattes commencer à donner des signes de fatigue. Faut dire qu'avec un thorkin bardé de métal, un corps d'adulte sur les défenses et la garzoke, ça fait du monde, même pour lui. Heureusement, elle finit par retrouver la façade à plusieurs étages du bordel. Et super, la porte est ouverte ! Ah ? Pas pour longtemps. Une main vient d'agripper la poignée.

"Ferme pas !", lance-t-elle, avant d'apercevoir la gueule ahurie de Jhoriss. Qui s'empresse de faire l'inverse. "Oh, le con ! Accroche-toi bien l'nabot !", fait-elle au nain, en orientant l'animal droit vers la porte.

"Tagada ! Tagada ! Bam ! Paf ! Et cling ! Et hop !"

Gligli a obéi jusqu'au bout. Il a foncé droit dans la porte. Sauf qu'elle est pas assez haute. Du coup elle tombe, le nain qui commence à se remettre mange le cadre dans la gueule, juste avant que la rôdeuse ne saute et roule au sol. Et ça crie à l'intérieur. Des voix de femmes, d'hommes, et de choses pendant que le sanglier tourne ses défenses comme un con dans la pièce d'entrée.

Armée de son gourdin, Zu'Gash entre dans le bâtiment, mettant tout son poids sur la porte. Sous laquelle y'a ce péteur de pif de Jhoriss. La peau-verte rigole.

"J't'avais prévenu.", lance-t-elle en avisant les autres crétins de la salle, fuyant le cochon en montant sur des meubles, ou se planquant derrière rideaux et mobilier quelconque. Elle lève le nez, porte la main à sa bouche et se met à hurler. "Maya ! J'suis rentréééééée !"

Gros silence pendant que le garde à peau charbon s'extirpe de la plaque de bois. En haut, une porte s'ouvre en grinçant. Au sommet des marches, c'est une Cécilie avec la tignasse en bataille qui se pointe. Et elle a des marques de griffures sur la gueule aussi. Elle n'a pas le temps d'ouvrir sa boîte à caries que Maya jaillit de la salle, mais est rattrapée par le poignet. Elle serre le bagage où sont attachées les peaux de la rôdeuse. Qui s'en fout un peu sur le coup, tant elle cherche à comprendre ce qu'elle voit.

Zu'Gash pointe le gourdin vers la gamine, en haussant un sourcil. La petite est coiffée avec une tresse roulée en chignon, porte des chaussures... De fille, en fait, et plus dingue, elle a même une robe bleue à manches courtes, et descendant à mi-mollet. Elle a la joue un peu rouge et gonflée. Elle a du s'en manger une dans la tronche, la p'tite. Bah, ça forge le caractère ! N'empêche...

"Beuh ? Quel est l'imbécile qui t'a attifée comme ça ? "

La gosse pointe Cécilie qui tente de remettre ses crins en ordre, avant de se figer en voyant les dégâts du bordel. La rôdeuse se fait poignarder du regard. Et ça l'amuse encore plus.

"Toi ! Qu'est-ce que ! Où ! Quand as-tu ?", enchaine-t-elle en virant de plus en plus rouge.

"Va falloir bosser ta façon d'causer, Céci'. J'ai rien pigé. Allez, grouille la gosse. On s'barre.", fait-elle en incitant Maya à la rejoindre.

"Pas question ! Elle est à moi !"

"Ca m'va. S'tu m'la paies."

"Non, je ne te dois rien, peau-verte !", siffle la mégère.

"Zu'Gash. Et tu m'dois son poids en yus s'tu veux la garder. C'MON esclave.", réplique la rôdeuse en faisant tourner son gourdin.

"Des preuves ! Des preuves, sale créature. Tu as quoi que ce soit pour le prouver ? Titre de propriété ? Certificat de vente ? Document de médecin attestant de son état de santé ?", déballe la maquerelle pendant que Maya ouvre ses grands yeux noirs vers le cadavre toujours accroché à Gligli.

"Hein ? Ti de quoi ? Bah, m'en fous. Soit tu m'l'achètes, soit j'la r'prends. Clair, non ?", répond Zu'Gash en s'avançant vers l'escalier.

Le Jhoriss finit par se relever. Sauf que la rôdeuse ne se fait pas avoir deux fois. En un revers, elle vient de lui éclater le nez de son gourdin. L'homme recule d'un pas. Ça saigne pas mal pour un pif aussi petit.

"Une gueule pour une gueule, vieux. Sans rancune, hein ?", lâche la peau-verte avant de rire et de se diriger vers les marches. "Dent pour dent. Céci', j'te dois une morsure d'la part d'ton corniaud."

La maquerelle se met à beugler à la garde, sauf que personne ne bouge à cause du brok'nud. 'Sont cons ces gens. C'qu'un pauv' sanglier paumé dans un salon. Avec un thorkin qui est toujours dans les vappes.

"Tu veux pas la lâcher ?", demande la rôdeuse.

"Non ! Gardes ! Qu'est-ce que vous attendez ! Jhoriss ! Jhoriss !"

"D'accord. Maya ! À toi d'jouer.", lance la garzoke à la fillette, qui la scrute avec incompréhension. "Vas-y ! Cause !", rigole la peau-verte en lui tendant les bras.

Maya renifle, commence à grimacer puis elle se penche.

"Zu... Zu'Gaaaaash !", fait l'enfant de sa petite voix.

L'instant d'après, toute la zone qui l'entoure est plongée dans le noir. Cris de panique qui s'élèvent. Injures et bruits de bois aussi. Quelque chose chute et dévale les escaliers, venant s'éclater contre la table face aux marches. Juste après, un poids tombe dans les bras de la rôdeuse. De petites mains, une odeur de cuir tout frais, une peau toute douce. Pas de doutes, c'est la gosse !

La peau-verte la prend sur son épaule et se dirige vers la sortie. Elle fait d'la magie, mais c'est un peu merdique. Le sort commence déjà à se dissiper. Alors qu'elle marche sur la porte au sol, la rôdeuse ne peut pas s'empêcher de vouloir en rajouter une couche. Elle gonfle la poitrine, se tourne, et imite le hurlement du liykor noir. Dans la pièce, un gruiiik effrayé retentit... Suivi par le bruit de meubles défoncés et des cris de catins en panique.

La gosse sur l'épaule, Zu'Gash jaillit du bordel, bouscule un passant et file à grandes enjambées. Son bide tire, son épaule mordue par le molosse la pique, mais elle s'est bien marrée. Elle rigole encore entre deux foulées, en se dirigeant vers les premières ruelles qu'elle voit.

Et elle a récupéré son bien ! Enfin, dans un drôle d'état quand même. Et voilà, ça chiale maintenant. Ah, les mômes !


(Après)

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