L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: L'auberge des voyageurs
MessagePosté: Jeu 16 Déc 2010 08:03 
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"Bain de minuit" au port
Rencontre de rue
Zombies Party
Le feux ça brûle !! et l'eau..

Sforgia était concentré pour tenir à distance les zombies pendant que la salle se transformait en brasé de mort-vivant.
Il ne entendit tout de même qu'on l'enjoignait à talonner l'homme masqué et la la femme.
(quoique tu fasse, fais le et maintenant .. tu as le choix entre te faire bouffer et les suivre)

Quand le couple partit, il leur emboita le pas en lançant ses armes de fortune dans la fournaise.

Il avait envie de lancer une ou deux plaisanterie pour détendre l'atmosphère mais s'abstient vu l'accueil que la demoiselle lui avait fait. Valait mieux attendre que tout ce calme pour faire les présentations.

Il les suivit en silence avec un zeste de méfiance entre son arrière garde et devant lui.
Ils se retrouvèrent sur le toit et enfin il se présenta :
Charmant accueil cette auberge, je la recommanderai pas sur un guide touristique... Je me présente Sforgia, mage et musicien. Et a qui ai je l'honneur ??

_________________
Je voyage vers là-bas en espérant arriver quelque part ou pas loin de par ici.
Sforgia, mage, lv 1


Dernière édition par Sforgia le Ven 24 Déc 2010 01:14, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: L'auberge des voyageurs
MessagePosté: Mer 22 Déc 2010 20:13 
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Précédemment, dans les ruelles.

Shôni ne s'attendait pas tout à fait à ça lorsque Barrock poussa l'épaisse porte de bois de l'auberge des voyageurs. Tout d'abord, c'était presque vide. Des dizaines de tables s'alignaient à travers la pièce, et seules deux ou trois étaient occupées par d'étranges personnages. Ils avaient tous l'air agressifs, mauvais. Le seul voyageur tourné vers l'entrée était un orque à la peau grise et dont les larges balafres de son visage empêchaient de distinguer sa bouche de son nez. Une immense hache, plus grande que Shôni, lui barrait fièrement le dos. Et le pire, c'est qu'il ne jurait pas avec le paysage. Bien au contraire, il semblait faire parfaitement partie du décor tant le tout était peu accueillant. Le reste de la taverne n'était pas mieux. Les murs jaunis, certainement par l'âge des lieux, étaient recouverts de tâches de différentes couleurs, on notait d'ailleurs une dominance inquiétante de rouge. De larges traînées de sang parsemaient les murs, voir même le plafond, c'était à se demander comment on avait pu jeter une pauvre victime aussi haut. Par chance, aujourd'hui les quelques clients n'avaient pas l'air de chercher la bagarre et discutaient entre-eux par petits groupes.

La jeune femme suivait Barrock qui avançait d'un pas vif jusqu'au fond de la salle où se trouvait le comptoir, plus propre que l'auberge entière. L'homme à la longue chevelure rousse frappa sur le bois du bar avec force afin de montrer sa présence, et c'est alors qu'une porte pivota derrière le comptoir. L'homme qui se trouvait dans son encadrement était aussi grand et fort que Barrock mais possédait, quant à lui, une crinière d'un noir sale incroyablement peu entretenue. Son nez était très gros, totalement disproportionné par rapport au reste de son visage, et ses yeux étaient d'un bleu clair des plus profonds, ce qui était assez paradoxal quand on s'attardait sur le reste de son physique plutôt disgracieux. Lorsqu'il aperçut Barrock, celui-ci se précipita sur le comptoir afin de lui serrer la main, ignorant totalement Kor et Shôni au passage.

« Mon vieux frère Barrock, c'est que j't'attendais pas de si tôt ! Ça me fait tellement plaisir de te voir, je m'demandais, comment ça va les affaires ? Dis, t'as entendu parler des morts ? Moi j'te l'dis, si j'en croise un dans mon auberge, il a intérêt à se tenir à carreaux ! »

Et tout deux éclatèrent d'un rire sonore qui fit trembler l'auberge. On aurait dit deux semi-géants, mais Shôni ne savait pas si ça existait réellement et considéra qu'il devait s'agir de deux humains d'une taille anormalement grande. Soudain, Barrock reprit un air sérieux, arrêtant brusquement de rire. Il s'accouda sur le comptoir et se pencha légèrement en avant afin que les clients de l'auberge ne profitent pas de ses quelques paroles :

« Wincox, j'aimerais te d'mander un p'tit service. La jeune mam'zelle que tu vois là, il la désigna d'un signe de tête, vient d'arriver à Dahràm et n'a pas un sous en poche. Tu pourrais ne rien lui réclamer pour la nuit et la laisser se restaurer à sa guise ? T'sais bien, j'peux par leur résister aux femmes ! »

« Allons mon vieux, tu m'connais, tu sais bien que ça m'dérange pas de te rendre un service ! Mam'zelle, si vous souhaitez dormir ici, il me faudrait simplement votre nom, que je puisse l'écrire sur le registre. Shôni ? Très joli nom. Installez-vous à table, j'vais vous envoyer la serveuse. »

Barrock, Kor et Shôni se dirigèrent alors vers une table proche du comptoir. La jeune femme était soulagée de pouvoir enfin se reposer, bien que le banc sur lequel elle s'était assise n'était pas des plus confortables. Pendant un petit moment, personne ne trouva la moindre chose à dire, et un silence gêné s'installa. On n'entendit des voix à leur table que lorsque la serveuse vînt leur demander ce qu'ils désiraient boire et manger.

« Qu'est-ce que messieurs et madame souhaiteraient manger ce soir ? Le patron m'a dit que vous étiez des petits privilégiés mes coquins ! »

« Ça m'étonne que vous nous le demandiez encore ! Mettez-nous trois de vos meilleurs jambons à la bière je vous prie ! Et plus vite que ça, remuez-moi ces fesses ! »

« Oh oh, tout de suite monsieur ! »

Et elle repartit aussi vite qu'elle était venue. C'était bien l'idée que Shôni se faisait d'une serveuse. Une femme mince, blonde, à la voix chaude et enjôleuse. Si Kor avait l'air d'être un homme tout ce qu'il y avait de plus classique, la jeune rôdeuse trouvait Barrock plutôt paternel, et côtoyer un homme avec un tel caractère l'apaisait, elle se sentait en sécurité pour la première fois de la journée. C'est d'ailleurs lui qui rompit à nouveau le silence.

« Alors comme ça, vous vous appelez Shôni ? C'pas très courant par ici. Dites, j'me demandais... Pourquoi vous êtes ici ? J'veux dire, vous nous avez dit vous-même que ça vous intéressait pas d'êt' là, et que vous veniez d'ailleurs, alors j'me demande ce que vous faites ici, à Dahràm. »

« Disons que j'ai eu quelques problèmes avec des bandits qui ont pensé que j'étais une bonne marchandise à revendre sur le marché noir de cette ville. J'ai réussi à m'échapper pour atterrir ici... Ce qui ne m'arrange pas car, comme vous pouvez vous en douter, ils sont dans cette ville et risquent de me retrouver. »

Barrock se mit à rire et rejeta ses cheveux roux en arrière. La jeune femme fut très étonnée d'une telle réaction de sa part. Il riait, pas d'un rire moqueur non, mais d'un rire sincère, profond. Il tapota de sa main gigantesque l'épaule de Shôni avec une certaine affection.

« Si c'que vous dites est vrai mam'zelle, ces bandits vous ont déjà oubliée ! Vous inquiétez pas, les brigands et voleurs se comptent par centaines ici. S'ils n'arrivent pas à leur but avec vous, ils y arriveront avec quelqu'un d'autre. Ils n'en ont que faire de courir après leurs cibles, il y a tant de victimes potentielles ! J'comprends que vous vouliez partir au plus vite, c'pas une ville pour une belle jeune femme comme vous, mais n'pensez pas que vous êtes poursuivie. »

« Il a raison vous savez, vous ne devriez pas être inquiète pour ça. Non seulement ils n'ont qu'à se baisser pour trouver de la marchandise, comme vous dites, mais en plus ils ne sont pas des plus malins, si vous voyez ce que je veux dire. Essayez plutôt de vous détendre un peu, demain va être une dure journée pour nous trois, prenez des forces ! Et bien voilà, qu'est-ce que je disais ! Voilà les jambons qui arrivent ! »

Wincox, accompagné de la belle serveuse blonde, arrivaient avec leurs plats. C'était une grosse pièce de viande informe baignant dans un liquide jaunâtre, si bien que Shôni était incapable de dire s'il s'agissait réellement de jambon ou si ça venait d'un autre animal tant ça ne ressemblait à rien. Ils déposèrent un plat devant chacun des convives et, après leur avoir souhaité le meilleur appétit du monde, repartirent derrière le comptoir. Barrock et Kor se jetèrent sur leur assiette, prenant la viande à pleines mains, mordant comme de véritables bêtes dans leur jambon. La jeune femme, quant à elle, essaya de ne pas trop se salir. En effet, elle n'avait pas d'autres vêtements et ne voulait pas devoir en racheter, elle avait trop peu d'argent pour cela.

Au final, ce n'était pas si mauvais que ça. Le jambon avait un drôle de goût avec cette bière et il était assez caoutchouteux mais c'était mieux que rien. La jeune femme était déjà très reconnaissante d'avoir pu avaler quelque chose sans avoir à payer le moindre yus pour ce repas. Repue, elle se laissa tomber en arrière sur sa chaise, son assiette à moitié vide. C'était beaucoup trop copieux pour elle, si bien qu'elle accepta lorsque Barrock lui demanda s'il pouvait terminer son jambon.

« Vous me demandez qui je suis, mais vous, d'où sortez-vous ? Je connais vos prénoms mais je ne sais rien de vos origines ni même de la profession que vous exercez. Si je dois me lancer dans un cimetière avec des morts à mes trousses, j'aimerais au moins savoir qui sont ceux qui vont assurer mes arrières ! »

« Et bien... Moi, je suis un simple commerçant. Tu te souviens de l'étalage devant lequel nous étions lorsque tu nous as abordés ? Et bien c'est moi qui l'ai construit, je suis menuisier. Barrock, lui, est un bûcheron. Du coup, on s'est mis à travailler ensemble, c'est plus facile. »

« Donc vous n'êtes pas des aventuriers ? Mais comment pensez-vous pouvoir défier les morts au cimetière si vous n'êtes ni guerrier, ni mage, ni que sais-je encore ? »

« Oh tu sais, si déjà on pouvait arriver à passer l'entrée, ça ne serait pas plus mal. Je n'ai pas pour prétention de vouloir arrêter ce fléau, je veux simplement pouvoir gagner un peu plus d'argent pour pouvoir développer mon commerce et, pourquoi pas, devenir menuisier à Kendra Kâr. »

« Je vois. Donc au final, vous avez autant besoin de moi que j'ai besoin de vous. »

« C'est un peu ça. On pensait pas trouver quelqu'un d'autre pour nous aider à aller au cimetière, m'voyez. Bon, il se fait tard mam'zelle, et moi j'ai b'soin d'me r'poser avant l'effort. Passez une bonne nuit. »

Il se leva de table et s'éloigna vers les escaliers, Kor fit de même, me laissant seule à la table quelques secondes. Je finis par les suivre, ne voyant par l'intérêt de rester seule dans une auberge aussi peu accueillante. Nous avions des chambres adjacentes. Kor et Barrock dormaient dans la numéro 5 et moi dans la numéro 6. Étrangement, la chambre était bien plus coquette que le reste de l'établissement, bien qu'assez petite. On avait pu y glisser qu'un lit aux couvertures épaisses et une petite table basse. Il y avait également une fenêtre qui donnait sur la rue, encore agitée à une heure si tardive. Elle ne resta pas longtemps à admirer la plèbe qui arpentait les rues de Dahràm car elle aussi était très fatiguée. La rôdeuse ôta ses vêtements en vitesse et se glissa dans les couvertures de couleurs pâles du lit. Elle s'endormit immédiatement.


_________________
Fiche de Shôni, rôdeuse de niveau 1.


Dernière édition par Shôni le Mar 4 Jan 2011 20:59, édité 4 fois.

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 Sujet du message: Re: L'auberge des voyageurs
MessagePosté: Sam 25 Déc 2010 14:21 
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Précédemment, dans l'auberge des voyageurs.

Lorsque la jeune rôdeuse se réveilla, le soleil ne s'était pas encore levé. Elle s'étira longuement, encore glissée sous les couvertures aux couleurs pastelles puis, avec un effort qui lui sembla difficile à fournir, posa ses pieds sur le sol de bois. Elle lança un regard circulaire afin de sonder la pièce malgré son obscurité. Ses vêtements se trouvaient sur la table basse, son sac près de la porte, rien d'autre n'était intéressant. Pendant qu'elle s'habillait, elle jeta un coup d'œil furtif à la fenêtre. Dehors, la rue n'était pas très animée, ce n'était pas étonnant d'un côté, il faisait encore nuit.

Elle prit son sac et poussa la porte qui pivota en un grincement sinistre. Le couloir était noir mais, par chance, on pouvait nettement distinguer les bruits de la cuisine qui se trouvait sous ses pieds, et c'était plutôt rassurant. Alors qu'elle s'apprêtait à prendre l'escalier afin de descendre dans la salle principale de l'auberge, un détail l'arrêta. La porte de la chambre voisine était grande ouverte. Bien sûr, cela ne l'aurait pas étonnée en temps normal, tout le monde a droit à une petite balade nocturne, mais le problème venait du fait que c'était la chambre de Kor et Barrock qui se trouvait être totalement vide.

(Peut-être sont-ils déjà descendu, je devrais demander à Wincox où ils sont passés.)


Elle se mit donc à descendre l'escalier de bois avec la ferme attention de demander au tenancier de l'auberge où avaient pu passer ses deux compères. Son imagination commençait déjà à lui fournir des pistes toutes plus invraisemblables les unes que les autres. Peut-être étaient-ils partis, simplement, par peur d'aller au cimetière ? Ils avaient très bien pu se dégonfler durant la nuit. Ou alors, il se pourrait qu'ils y soient déjà... Pourquoi ne l'auraient-ils pas attendue ? Tout cela n'avait pas de sens.

La salle était totalement vide, pas étonnant si tôt ce matin. Kor et Barrock n'étaient pas là non plus mais, par chance, Wincox se trouvait bien derrière le bar, affairé à nettoyer quelques choppes de bière bien sales. Shôni s'approcha de lui en trottinant, plus vite elle lui aurait parlé, plus vite elle pourrait quitter cette bien sinistre auberge. Car si le tenancier avait l'air des plus inoffensif, sa clientèle, elle, n'avait pas l'air commode du tout. Lorsqu'il la vit approcher il leva les yeux et lui adressa un sourire fatigué.

« Où sont-ils ? La chambre est totalement vide, ils ne sont plus ici. Où sont-ils allés ? »

« Bien l'bonjour jolie demoiselle. Vous m'parlez de Kor et d'Barrock là ? Mais ces deux gars sont allés au cimetière, bien sûr. Où croyez-vous qu'ils soient ? »

« Je ne comprends pas, j'étais censée les accompagner, pourquoi seraient-ils partis plus tôt que prévu ? Est-ce qu'ils vous ont dit quelque chose ? »

« Allons mam'zelle, v'n'êtes pas l'genre de femme à traîner chez les morts, si vous voulez mon avis. Laissez à ces deux hommes la joie de fracasser quelques crânes. »

« Je devais les accompagner et je dois m'y tenir, c'est ma seule chance de partir d'ici. Où se trouve le cimetière ? »

« Et bien mam'zelle, ce n'est pas difficile. Sortez d'ici et suivez la grande rue jusqu'à l'eau, traversez le pont et remontez. Vous longerez le quartier des marins et passerez devant la forge. Avancez encore un peu et ce s'ra l'cimetière. Mais j'vous mets en garde, c'pas l'endroit rêvé pour une jeune femme comme vous. »

« Très bien merci. Excusez-moi, je dois partir. »

Et sans attendre la moindre réponse de la part du tenancier, elle recula et se sauva par la porte principale, courant le plus vite possible, espérant ne pas arriver trop tard.


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Fiche de Shôni, rôdeuse de niveau 1.


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 Sujet du message: Re: L'auberge des voyageurs
MessagePosté: Sam 8 Jan 2011 17:03 
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Les ruelles de Dahràm

Lorsque je pousse la lourde porte qui mène à l’auberge, je ne peux qu’être choquée devant un tel spectacle : Un épais nuage de fumée blanchâtre plonge la pièce dans ambiance étouffante. Une forte odeur d’alcool envahie mes narines. Je m’avance dans la salle nauséabonde jusqu’ à trouver une table, je m’y installe, la capuche toujours abaissée sur mon visage, et j’observe silencieusement ce qu’il ce passe autour de moi tandis que mon jeune ami se couche sur mes genoux.
Un regroupement de flibustiers se tient au fond de la pièce, ces hommes hideux, trapus et poilus qui sont armés jusqu’aux dents sembles êtres la cause de cette fumée étouffante, leurs rires et leurs cris résonnent dans toute la pièce tandis qu’ils boivent et fument jusqu’à en vomir …
Je viens ensuite poser mon regard sur le bar et ses alentours, c’est déjà moins sauvage … Mais, tout aussi intriguant : Des dizaines de tables poussiéreuses et abîmées, occupée par d’étranges hommes à l’allure inquiétante s’entassent entre le buffet et moi, ces mêmes hommes sont parfois en compagnie de femmes, très peu vêtue, au comportement aguicheur…

(Mais où est-ce que je suis … C’est ça les « auberges » humaines ? Je crois que j’ai due me tromper de porte …)Je commence sérieusement à m’inquiéter … Des Shaakts en ville, des flibustiers, des filles de joies … Il faut croire que nos vénérables érudits à Cuilnen n’avaient pas vraiment tord …
Alors que je suis sur le point de me lever et de quitter cette auberge miteuse et mal fréquentée, une des serveuses s’approche de moi :

« Je vous sert quoi ? »Devant le ton sec et froid de la serveuse mal accueillante, je reste muette un instant, je réfléchis sérieusement à mettre les voiles et déguerpir d’ici à toute allure, mais mon estomac a finalement eu raison de ma volonté, et je n’ai pu que prononcer :

« Je … Hem… Un repas chaud … Et euh... Quelque chose de correct pour mon compagnon… S’il vous plaît »
La serveuse ne peut s’empêcher de ricaner devant moi et la petite boule de poil bleue. Je ne peux que baisser la tête, déjà recouverte de ma capuche, et attendre sagement mon repas, dans toute cette anarchie.

Quelques dizaines de minutes plus tard, la même serveuse, sans plus de cérémonie, dépose une assiette, un petit bol et un bock en métal sur ma table avant de retourner à son service. Je me rue alors sur ce repas : un bouillon de légume où flottent quelques morceaux de viande. Malgré la crasse inquiétante qui s’accroche à mon plat, je ne peux m’empêcher d’engloutir la totalité de son contenu, de la même manière que le Bouloum à mes cotés qui se régale d’une étrange mixture. Rassasiée mais toujours blessée, il ne me reste plus que à trouver les services d’un docteur pour me remettre d’aplomb, mais … Je verrais ça demain, la douleur est supportable, et je commence à tomber de fatigue, il faut que j’aille me reposer.

Je me redresse en grimaçant et m’approche du comptoir de l’aubergiste, la boule de poils à mes talons.

« Excusez moi … J’aurais besoin de passer la nuit ici … »
« Pas de problème, ma petite dame … Si vous avez de quoi payer, cela va de soit … »
Je décroche la maigre bourse de ma ceinture et en retire les trois quarts sur le comptoir. Le tavernier me jauge un long moment et finit par récupérer les quelques pièces.
« C’est limite avec le repas … Mais ça ira pour ce soir, chambre quatre »
Je récupère la clé que le tavernier me tend en le remerciant avant d’emprunter des escaliers qui menacent de s’écrouler sous mes pieds … Pas très rassurant. J’arrive enfin devant une porte en bois gravée grossièrement d’un « 4 », je glisse la clé rouillée dans la serrure et ouvre la porte dans un grincement sinistre … Quel taudis !
La chambre est très peu meublée, juste l’essentiel, un lit et une commode, je dépose à terre mon sac, retire ma cape et le reste de mes vêtements pour enfin m’écrouler sur le lit.
Voilà des mois que je n’avais pas eu la chance de dormir dans un lit …
Il ne m’en faut pas plus pour m’endormir, la petite boule de poils bleue non plus, blottie contre moi.

_________________
Aïwen, Elfe blanc, Archère


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 Sujet du message: Re: L'auberge des voyageurs
MessagePosté: Lun 10 Jan 2011 20:53 
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Inscription: Jeu 30 Sep 2010 16:22
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Les rayons du soleil viennent doucement percer les rideaux de ma chambre, la caresse de l’hélianthe brulante perchée dans les cieux sur mon visage finit par me faire ouvrir les yeux … Lentement.
Je me redresse douloureusement, il est vraiment temps que j’aille voir un médecin … Après un long moment d’inertie, je quitte la douceur de mon lit, la chaleur de ses couvertures pour me rapprocher du bac d’eau posé sur le buffet de la pièce, qui je le rappel, est l’unique meuble qui la décore. Après avoir dénichée une étoffe de tissu, et l’avoir généreusement humidifiée, je me fais un brin de toilette … Ce n’était pas trop tôt, malgré que l’eau soit très fraîche, je n’hésite pas à y aller avec énergie. Le contact de l’eau sur mes plaies ne fait que réveiller la douleur, ca pique, c’est très désagréable … Mais il le faut Avec une certaine précaution, je retire le bandage de fortune tâché de pourpre de mon bras, et j’observe avec un certain dégout le résultat de ma rencontre dans la forêt des feuilles tristes … Ce n’est pas très profond, heureusement, mais la blessure recouvre la longueur de mon bras droit … Ce n’est pas beau à voir. Dans un faible gémissement, je recouvre cette vilaine entaille de l’étoffe qui me sert de gant de toilette.
Après cette petite séance de décrassage, je récupère ma tenue éparpillée en plusieurs pièces dans toute la chambre. Une fois dotée de tout mon attirail de cuir, ma cape et mon carquois, je m’approche du petit bouloum encore paisiblement ensommeillé, quelques caresses suffisent à le faire émerger, brave comme il est. Je vérifie ne rien avoir oubliée avant de quitter la poussière de cette cabine, et prendre les mêmes escaliers de la veille pour atteindre le rez-de-chaussée avec Smalt, mon petit compagnon, perché sur mon épaule. J’ai l’impression de ne pas me retrouver dans la même pièce que la veille : La fumée a disparue, les rires et les cris des bandits semblent être remplacés par de puissants ronflements en provenance de l’étage. Je me retrouve seule cliente dans cette vaste pièce, quelques serveuses s’occupent à tout mettre en ordre pour préparer le petit déjeuner. Je m’installe à la première table, et attend qu’une des serveuses s’approche.
Cette fois-ci, il semblerait que ce soit une nouvelle, encore toute fraîche, toute jeune, un sourire accueillant aux lèvres.

« Donnez-nous quelque chose pour tenir la matinée, s’il vous plaît »

La jeune fille s’incline légèrement, et sans un mot, se hâte de filer au comptoir pour y transmettre ma demande …
A peine quelques instant plus tard, je me retrouve avec une coupe regorgeant de fruits fraîchement cueillis …

(Décidément … Je ne suis pas dans la même auberge que celle où je me suis endormie il faut croire !)

Il ne nous faut que peu de temps pour vider la corbeille de son contenu, et après avoir déposés quelques pièces (Nous ne sommes pas des voleurs, après tout) Nous quittons l’auberge en quête d’un médecin…

_________________
Aïwen, Elfe blanc, Archère


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 Sujet du message: Re: L'auberge des voyageurs
MessagePosté: Ven 13 Mai 2011 02:21 
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Localisation: Tulorim
Baldur, ayant désormais les portes de la morne cité de Darhàm derrière lui, s'arrêta un instant pour contempler la vie agitée de la triste cité porturaire. Il resta ainsi quelques instants, le dos appuyé contre le mur de pierres grises et mousseuses d'une auberge, se tournant vers la foule qui, elle-aussi, entrait et sortait par les larges portes de la villes, en permanence surveillées par des gardes en faction examinant le peuple avec les mêmes yeux perçants et méfiants que le rôdeur encapuchonné. Pendant les quelques minutes de rêveries éveillées qu'il s'accordait, Baldur s'enivra du bruissement de la vie qui résonnait dans la lugubre cité, cette « vie » qui contrastait agréablement avec ces tristes murs gris et ce désespérant ciel de la même couleur. Là, une femme à la robe carmin, de port noble et altier, toute décorée de bijoux d'or et d'argent, taquinait la brute immense et tatouée qui lui servait sans doute de garde du corps en passant en lui tirant sur le bras, essayant de le convaincre de la laisser acheter d'autres bijoux et robe hors de prix ; ici, c'était un fermier, au visage ravagé par la guerre et la maladie, qui essayait de réparer la roue de sa charrette en laissant toute la ville – et peut-être le reste du continent, en réalité – entendre son mécontentement... Bien sûr, le brouhaha joyeux qui régnait en ce milieu de journée dans Darhàm n'enlevait pas la ténébreuse atmosphère qui régnait sur la ville.... Comme si cette dernière battait d'un cœur noir, porteuse de funestes nouvelles...

Esquissant un sourire narquois devant ce qui pour lui n'était que la façade d'âmes plus sombres que la nuit, Baldur imagina un instant la vie des gens qu'il observait... Cette riche femme à la robe rouge, par exemple, qu'il imaginait assassiner son mari en l'empoisonnant pour fuir avec son amant en emportant une immense fortune avec elle... Et ce paysan furieux, aux joues balafrées, qui était sans doute aller récupérer les armes et boucliers qui ornaient son pitoyable chariot sur un champ de bataille, plongeant sa dague rouillée dans la gorge des derniers agonisants. Une vision exceptionnellement morose et cynique, même de la part d'un homme aussi désabusé que Baldur, mais qui s'était avéré authentique lors de ces précédents voyages en Darhàm, à l'époque où il devait ravitailler sa mère en onguent et plantes magiques introuvables dans les marécages environnant...
Bien qu'avec le temps il ait appris à apprécier l'odeur âcre de la ville et ses parfums mêlés de sang, de fruits frais, de bières et cuir tanné, Baldur préférait la mélodie de la mangrove et ses arômes de plantes exotiques et empoisonnées... Tiré de ses pensées par le désagréable et incessant gargouillement de son propre ventre, Baldur se résolu à pousser la porte de bois du bâtiment d'où provenait maints rires et chanson. Sur une petite pancarte de bois, ballotant dans le vent s'engouffrant entre les ruelles de Darhàm, on pouvait lire « Auberge des Voyageurs »... Un nom vague, certes peu original mais qui se révélait efficace.

Baldur entra donc dans l'auberge baignée dans la douce lumière dorée des bougies éparpillées sur les tables et le comptoir. L'odeur du houblon se mêlait à celle à celle du bois des tables, tandis que l'air résonnait des clameurs des ivrognes et, bien sûr des voyageurs. Beaucoup de clients s'étaient amassés autour de quelques tables, dans un coin de la taverne près d'une cheminée allumée, pour y disputer des parties de cartes visiblement ponctuées régulièrement par la découvertes de tricheurs ou de mauvais perdant. Le reste de la salle, plus calme, semblait peuplée de mercenaires silencieux ou de personnages s'imaginant l'être. Un cadre parfait, mais un brin caricaturel, pour le début d'une mauvaise histoire d'aventurier...

S'approchant du comptoir, Baldur ôta sa capuche, laissant sa crinières de cheveux tressés s'étendre dans son dos, tout en dévisageant le tenancier... Un homme à l'apparence rustre et ferme, à la barbe poussiéreuse et au regard désabusé. En voyant Baldur s'approcher du comptoir, l'aubergiste fit une moue moqueuse en esquissant un sourire narquois...
"Bière..." lâcha Baldur d'une voix sèche et indifférente
"J'sers pas les marécageux..." répondit aussi sévèrement le tenancier, croisant les bras autour de sa poitrine de taureau. "Tes vêtements sont r'couvert d'fange et d'vase, tu vas faire moisir le bois des chopines..."
Les deux hommes croisèrent leur regard, chacun essayant de poignarder ou de foudroyer son interlocuteur. Baldur ne quittait pas le tenancier des yeux, et inversement. Son apparence était celle certes d'un vagabond émergeant tout juste d'un marécage, mais il avait soif... Et faim... Et ce n'est pas un abruti d'aubergiste mal léché qui lui refusera de quoi se restaurer...
"J'ai dit : Bière... C'est une auberge pour les voyageurs, n'est ce pas ..?" répondit Baldur, durcissant encore un peu plus le timbre de sa voix. "Pour les voyageurs ouais... Pas pour les marécageux. T'ressemble à un mendiant, et j'autorise pas les mendiants à v'nir boire la bière d'mon auberge."
Perdant patience, Baldur finit par sortir de sa besace une petite bourse qu'il laissa tomber sur le comptoir en bois, produisant un petit cliquetis métallique aisément reconnaissable."'J'ai soif et je veux une bière.. J'ai suffisamment d'argent pour te payer, toi et ce que tu considère comme boisson buvable dans cet établissement..."
"Et moi j'dis que j'sers pas les marécageux..." Grogna l'aubergiste, jaugeant du coin de l'œil la bourse posée sur son comptoir. Regardant une dernière fois Baldur de manière condescendante, il finit par soupirer, comprenant que l'étranger ne partirait pas de son établissement... "J'vais appeler une fille...Trouv'toi une table... Et reste pas trop longtemps de mon auberge... Marécageux... " conclu-t-il en s'esquivant à l'autre bout du comptoir, où un habitué un peu imbibé commençait à entonner une joyeuse chanson paillarde en essayant de peloter une jeune serveuse lassée et fatiguée...

Obtempérant aux demandes du tavernier et récupérant sa bourse, Baldur alla s'installer près d'une petite table, bien cachée dans un coin d'ombre, uniquement éclairé par les langues rougeâtres des flammes dansant dans la cheminée proche. Là, en attendant qu'on vienne enfin prendre sa commande, il prit dans ses mains la petite boussole dorée qu'il portait habituellement accrochée à sa ceinture et commença à la faire tourner entre ses doigts, auscultant méthodiquement, avec une extrême attention, toutes les balafres et marques qui entaillaient la surface brillante... C'était un petit cylindre d'environ cinq centimètres de diamètres et ne dépassant pas les quatre centimètres de hauteur. Une fine fente coupait l'objet en son centre, tandis qu'une magnifique tête de lion ouvragée, à la crinières magnifiques faites d'arabesques et de boucles en reliefs qui s'étendait comme une cascade sombre sur la surface laiteuse et polie de la boussole.. Affichant une expression ouvertement hostile, la figure de lion montrait les crocs, comme prêt à happer le doigt du malheureux qui déshonorait sa royale personne. Ses yeux, enfin, fait de deux petites pierres précieuses nichées dans ses orbites, venait chercher ceux de Baldur pour ne plus lâcher son regard assassin de lui... C'était comme... Comme si la représentation du lion allait prendre brusquement vie et bondir hors de sa prison métallique pour étancher sa soif de sang dans une sanglante partie de chasse...

Baldur s'apprêtait à glisser à forcer le loquet de la boussole pour l'ouvrir quand, sortant discrètement de l'ombre, une silhouette élancée et féline s'avança vers la table. Relevant la tête vers l'impromptue apparition, Baldur esquissa un sourire...
"Mais... Qu'est ce qu'on a là...? Ne serais-ce pas mon Baldur, encore perdu dans jungle de Darhàm…?"
Ah... Cette voix... Mielleuse et mélodieuse, qui berce et envoûte... Mais qui possède ce timbre si particulier, aussi subtil qu'une fine brise d'été dans une forêt... Ce petit écho rocailleux qui sonnait comme un avertissement glacial. Ah oui... Cette voix de mante religieuse, cette perle de Darhàm, Baldur saurait la reconnaître entre des centaines. Dans un murmure complice, Baldur salua son interlocutrice...
"... Azur …"

_________________
Baldur
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Dernière édition par Baldur le Sam 21 Mai 2011 18:18, édité 3 fois.

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 Sujet du message: Re: L'auberge des voyageurs
MessagePosté: Ven 13 Mai 2011 21:57 
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"... Azur ..."

Qui était Azur ?... C'était une femme aussi belle que dangereuse, à l'image de ces vagues fabuleuses qui se forment lorsqu'un orage gronde en mer, aussi dévastatrices que majestueuses. Une véritable sœur pour Baldur, qui l'avait rencontré pour la première fois il y a maintenant six ou huit ans de cela, à un âge où il était encore un jeune cerf impétueux et impatient, toujours prêt à fuir les marécages pour goûter aux joies de la vie citadine de Darhàm. A l'époque, celle qu'on nommait déjà Azur – en raison de ses yeux lumineux, aux reflets bleutés splendides – n'était qu'une petite voleuse maladroite et cynique, profondément déçue dans la nature humaine qui l'avait amenée dans ce monde. La jeune femme, née d'une mère elfique violée par un soldat humain, se battait contre la vie et le destin qui aurait pu depuis des années la mener vers les chemins sombres et vicieux de la prostitution ou de la mort. Azur était une combattante féroce, qui se riait de sa misère et de la mort qui planait toujours sur elle...

C'était aussi l'époque où Baldur voyageait de plus en plus régulièrement vers Darhàm, profitant de l'absence de son ensorceleuse de mère pour profiter des joies de la vie urbaine. Un jour qu'il cherchait quelques herbes médicinales sur le marché, une figure encagoulée se glissa derrière lui et d'un coup de dague coupa le cordon de sa bourse avant de se noyer dans la foule... Mais, c'était sans compter sur la perception de chasseur forestier du rôdeur qui commença à poursuivre cette capuche qui s'éloignait vers le dédale de rues et de canaux de Darhàm. Renversant les passants et les étals de marchands, Baldur poursuivit la voleuse pendant une heure entière avant de finalement réussir à l'acculer sous un pont... Bondissant sur la jeune femme et la renversant de tout son poids, il dégaina sa dague et la cala sous la gorge fraîche et lisse d'Azur...

Une première rencontre qui aurait très bien pu être la dernière, si Azur n'avait pas proposé un petit compromis à Baldur ce jour là... Connaissant nombres de marchands de Darhàm et ayant utilisé ses charmes pour s'attirer leurs faveurs, elle proposa au rôdeur en colère de lui laisser sa nuque tranquille en échange d'un approvisionnement gratuit en plantes et onguents magiques. Baldur, impressionné par la résilience d'Azur et retrouvant dans ce marché une part de sa propre philosophie mettant la survie de l'individu au dessus des intérêts personnels, accepta. Quelques mois plus tard, Azur et Baldur étaient devenus comme frère et sœur, bien plus proche que ne le fût le rôdeur avec ceux de son propre sang. Ah, le souvenir de ces longues et voluptueuses nuits, assomés par l'effet narcotique des nombreuses plantes « éxotiques » qu'Azur récupérait pour un usage plus... « personnel »... Et ces nombreuses fois où le rôdeur apparaissait en sauveur inopiné de la situation, faisant semblant de plonger son épée dans le cœur d'Azur devant les yeux médusés des poursuivants de la voleuse, appartenant le plus souvent à la garde de la ville, pour mieux la voir rire aux éclats une fois les gêneurs partis...

Mais malgré leur lien très étroit, oscillant entre amitié et fraternité, jamais l'amour n'avait touché leurs cœurs et jamais n'avaient-ils partagés le même lit. Car tous deux voyaient en ce sentiment naïf une faiblesse qu'il fallait abandonner si l'on voulait survivre... C'est d'ailleurs pour cette raison que Baldur – et Azur – savaient que si l'un d'entre eux devait mourir, ce serait toujours l'autre...

Mais voilà que la voleuse se représentait devant lui, désormais une femme à la beauté saisissante et exotique, sa peau nacrée s'illuminant de reflets ambrés dans la lumière des flammes. Son visage, aussi fin et délicat que celui d'une elfe, au maquillage très discret, conservant ce masque glacial et distant qui lui donnait cet air de fruit défendu... Ses cheveux, enfin, noirs aux reflets bruns, agréablement tressés et illuminés de perles colorées. Et ces yeux en amandes, bleus électriques, qui fouillent dans l'âme de Baldur alors qu'il se noie dans cet océan azur.

"Mon Baldur... Que je retrouve une fois encore dans ma Darhàm préférée à deux doigts d'assommer un aubergiste un peu grognon..." dit Azur, un petit sourire complice naissant entre ses lèvres fines et s'installant elle-même à la même table que le rôdeur.
" Toujours à tout voir et tout entendre, n'est ce pas ?... Depuis quand sais-tu que je suis ici ?" répondit Baldur, rendant à la jeune femme son sourire
"Depuis que tu as passé les portes de cette ville, mon naïf ami. Après deux ans d'absence, aurais-je eu tort d'espérer revoir mon Baldur à moi ? Allez ! Raconte moi tes aventures marécageuses ! Quelles ruines as-tu encore trouvée dans la mangrove brumeuse ?" fit Azur, affichant une moue boudeuse trahie par l'étincelle d'excitation brillant dans ses yeux lapis-lazuli.
" La mienne..." rétorqua Baldur, étouffant le rire railleur qui naissait dans sa gorge pour mieux profiter de l'expression d'incompréhension qui se lisait maintenant sur le doux visage d'Azur. " Caer Durmael, le château de mes ancêtres, n'était qu'une farce. Pas de coffres pleins d'or antique et de coupe en platines, pas d'épées magiques et d'armures elfiques, non. Juste des cadavres qui ont refusé de mourir et qui arpentaient désormais les lieux, avide de chair et de sang."
" Mais... Qu'est ce qu'il s'est passé alors ?" s'enquerra Azur, curieuse.
" Après avoir perdu mes frères, j'ai brisé un miroir magique qui maintenait les morts-vivants « en vie »... Quand je suis retourné dans la cahute maternelle, j'y ai trouvée ma mère en train de préparer un sortilège étrange... Les murs étaient recouverts de signes peints avec le sang d'hommes dont les ossements ornaient désormais le sol. Je n'ai pas attendu de connaître le destin que Zewen ou ma mère me réservaient, j'ai plonger un couteau dans le ventre de ma mère, récupéré ce que je pouvais et... Me voilà, à Darhàm, à me demander pourquoi une femme nommée Azur veut en connaître sur la vie d'un rôdeur." confia finalement le rôdeur, un sourire aux lèvres, essayant désespérément de trouver de quoi rire dans cette histoire.
" Mon pauvre petit Baldur..." soupira Azur, semblant être attristée d'apprendre la nouvelle. " Ne t'inquiète pas, on efface bien vite le souvenir des mères que l'on aime pas... Je te paye ton repas de deuil, tiens, si ça peut te réconforter. Mange donc, mon Baldur, parce que l'aube d'une nouvelle vie se lève sur l'horizon nocturne."

Joignant la parole aux gestes, Azur héla la serveuse et passa une commande plus proche du festin royal que du repas de voyageur, à la grande surprise de Baldur qui n'avait jamais vu son amie démontrer tant de générosité. Après quelques minutes, le repas arriva : des assiettes de charcuteries diverses et variées, un poulet entier parfumé d'épices, tout luisant d'une appétissante graisse dorée, du pain et quelques tomates farcies aux légumes ; le tout accompagné bien évidemment d'un grand pichet de bière ambrée à l'arôme étourdissant. N'ayant pratiquement mangée que des baies et de la viande crue depuis son départ de la cabane « maternelle », Baldur se jeta sur le poulet comme un prisonnier sur sa dernière pitance. Azur, de son côté, observait calmement la scène, reposant paisiblement sa tête sur la paume de sa main, dérobant de temps à autres quelques morceaux de jambon et de rosette implorants de l'assiette de Baldur. Entre deux bouchées, néanmoins, Baldur eut le temps d'articuler une curieuse question... " Qu'est ce que tu me veux, Azur …?"
" Allons, mon Baldur... Nous sommes amis. C'est dans mon rôle de te voir repu et réconforté du... de la disparition de ta famille."
" Bah !... Au moins, j'ai ouvert la porte de la cage où j'étais enfermé depuis ma naissance. Je me réjoui plus d'être encore en vie et libre de mes mouvements que d'avoir laissé ma mère se vider de son sang sur le sol de sa hutte maudite..."
" Quelle cruauté !..." fit Azur en riant, amusée par la mauvaise humeur de son ami. " … Effectivement, tu n'as plus aucunes chaînes entravant tes ailes, mon Baldur. Et ça veut dire que tu vas sûrement accepté de me rendre un... petit service... Maintenant que tu es libre..."
" Encore quelques attentions généreuses venant de ta part et je me serai inquiété que tu ne m'ais encore rien demandé, Azur." s'amusa Baldur, reposant la carcasse du malheureux poulet dans sa gamelle de bois, tournant désormais son attention vers le pain frais et la bière parfumée. " De quoi as-tu besoin, ma louve ?"
Comme soulagée de pouvoir enfin aborder le sujet, Azur s'ébroua, s'éclaircit la gorge et commença son récit à voix basses, pour que les oreilles indiscrètes ne l'entendent pas...
" L'Azur que tu as connu a... profondément changée. Avant, elle n'était qu'une fille de la rue, volant pour manger, fuyant la garde et changeant de toit plus souvent qu'elle ne trouvait un repas convenable... Lorsque tu m'as connue, je commençais à peine à vendre mes services aux marchands de Darhàm en mal de mystères à éclaircir sur les mouvements de leurs concurrents.

Avec le temps, j'ai appris à me rapprocher des gens qui le méritait... Les hommes ne sont pas compliqués à manipuler, tu sais, quelques battements de paupières, une jolie tunique, et ils sont tous prêt à croire que les femmes les trouvent séduisants et puissants... Par exemple, un capitaine de la garde n'aurait jamais pu se résoudre à exécuter la belle voleuse qui avait assassiné son principal fournisseur de drogues magiques, si douée pour tenir sa langue concernant ses petites affaires illégales... Du moins, jusqu'au moment venu où elle l'a déliait pour son plus grand plaisir... Qui plus est, il avait toujours besoin d'une... « impartiale observatrice » dans le monde des ombres...

L'Azur à donc tracé son chemin dans la nuit de Darhàm, à coup de dague, de poison et d'informations... Il y a deux ans, j'ai monté ma propre guilde de mercenaires et j'ai enfin pu me payer une vraie maison, avec un vrai lit dans le quartier des ports. Mais j'ai désormais un emploi du temps particulièrement chargé, et je crois que certains magnats de la contrebande Darhamienne commencent à douter de ma « loyauté » envers eux... J'aurai donc besoin de ton aide pour régler quelques affaires en cours avec l'un d'entre eux...

Alors, mon Baldur... Vas-tu te résoudre à aider ton amie Azur à se sortir d'un énième mauvais pas...?"


Dernière édition par Baldur le Sam 4 Juin 2011 03:11, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: L'auberge des voyageurs
MessagePosté: Sam 14 Mai 2011 22:37 
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"Alors, mon Baldur... Vas-tu te résoudre à aider ton amie Azur à se sortir d'un énième mauvais pas...?"

Avec un sourire, Azur plongea ses yeux félins dans ceux inquisiteurs de Baldur, se mordant la lèvre inférieure en attendant sa réponse. Le rôdeur, terminant son royal repas, posa le coude sur la table et commença à jouer machinalement avec un cure-dent... S'il connaissait le penchant qu'Azur avait pour lui faire résoudre des problèmes qu'elle pourrait très bien gérer seule, il savait aussi qu'elle ne lui demandait rien sans raison. C'était une femme ambitieuse, jouant très souvent avec le feu au risque de se brûler les ailes... Quelqu'un cherchait peut-être à lui faire du mal ? Ou peut-être n'étais-ce qu'une querelle avec l'un de ses nombreux ténébreux « associés » du monde souterrain...? Baldur faisait confiance en Azur pour garantir sa propre survie, et il se demandait ce qu'il pourrait bien tirer comme bénéfice à se mêler de l'empire obscur qui règne officieusement dans Darhàm. Après quelques minutes de réflexion, Baldur lâcha dans un soupir :
"... Ça dépendra de la manière dont mon amie Azur payera son ami Baldur pour la sortir de cet énième mauvais pas …"
" Allons, mon Baldur, t'ai-je déjà déçu quand au payement de tes services...? Tu aura de l'or, bien sûr, beaucoup ! Ainsi que tout ce que tu voudras récupérer dans les caisses que je vais te demander d'aller livrer à Mashurae Jadaes Tradatore, cette nuit-même, au port." expliqua rapidement Azur, avec cette vitesse et cette efficacité qui distingue les vrais mystérieux commanditaires de ceux qui apparaissent dans les mauvaises histoires d'aventuriers, tout encapuchonnés et nimbés de mystère, toujours à la recherche d'un grimoire égaré ou d'un petit bijou magique...
" C'est tout …?" dit Baldur, surpris et quelque peu déçu de la simplicité de la mission. " Tes caisses ne sont pas remplis de poudre noire prête à exploser ? Ton marchand n'est pas un assassin qui tentera de m'égorger ? On ne va pas me demander d'aller assassiner un autre capitaine de la garde pour les beaux yeux d'une laronne gauche et débauchée ?"
" Ah ah ! Mon Baldur, ta mauvaise humeur m'avait terriblement manquée... Non, rien de tout ça. Tu dois juste d'assurer que le marchand paye sa marchandise et récupère ses caisses en bon état, si possible discrètement vu que les gardes de la ville ont toujours cette désagréable habitude d'empêcher la contrebande de plantes médicinales, de potions artisanales et d'onguent magiques entre les murs de la cité." expliqua en gloussant discrètement la jeune femme avant de se ressaisir, approchant alors son buste de Baldur, lui-même toujours assis nonchalamment sur sa chaise en bois. "... Alors, tu acceptes ? Contre de l'or et peut-être un petit cadeau de ton amie Azur ?"
" … Hrm … Si l'or que tu me fais miroiter n'est pas encore des fausses pièces marquées de ton visage de filoute … J'accepte." grogna Baldur en agitant mollement la main. " Magnifique ! Mais tu ne peux décemment pas te présenter à un des plus riches marchands de la ville avec une cape qui sent la chèvre et la fange... Tu représentera ma guilde ! Tu te dois de faire bonne impression !... Allez... Viens, je te paye la baignoire, l'eau chaude et les vêtements." s'exclama Azur en tapant joyeusement dans ses mains. Ses yeux bleu électrique brillant d'une étincelle nouvelle, comme si les rouages d'une machination inventée par ses soins commençaient à se mettre en branle dans un harmonieux concert métallique...

Se levant brusquement et entraînant par la manche le rôdeur allant de surprise en surprise devant tant d'attentions, Azur guida Baldur vers les escaliers de l'auberge avant de le pousser à monter les marches pendant qu'elle échangeait quelques mots – ainsi qu'une lourde bourse en cuir – envers le tenancier, furieux de voir un « marécageux » salir la réputation de son établissement par sa présence même. L'affaire réglée, elle poussa le rôdeur peu enjoué à l'idée de passer des heures à ramollir dans une bassine d'eau plus ou moins chaude jusqu'à une petite chambre, au bout d'un couloir éclairé par des nombreuses fenêtres. La jeune femme finit par pousser le rôdeur dans une petite chambre grise et poussiéreuse, où une grande baignoire circulaire en bois, visiblement le vestige d'un ancien tonneau destiné à accueillir la bière et le vin, paressait au centre de la pièce. Un petit tapis de roseaux tressés reposait sur le sol, tandis que des fourrures humides et poisseuses étaient pendues à ce qui semblait être un paravent. L'air était chargée d'une chaleur étouffante tandis qu'un parfum entêtant de bois moisi, de savon et sueur agressait les sens de Baldur... Ce dernier se tourna vers sa compagne, une moue boudeuse et plaintive, suppliant Azur de revenir sur sa décision et qu'après tout ça ne le dérangeais pas de sentir le chien mouillé...

Vingts minutes plus tard, Baldur maudissait le jour où il avait décidé de venir à Darhàm, la tête à moitié immergée dans une eau tiède et trouble, le regard perdu sur ses doigts de pieds qui dépassait de l'eau crayeuse. Pendant quelques instants, il se demandait ce qui lui valait tant d'attention de la part d'une « amie » comme Azur... Un repas... Un bain... Une mission...? Essayait-elle d'instiller un climat de confiance pour mieux le poignarder dans le dos après ? N'avait-elle pas appris de la philosophie du rôdeur lui-même, à savoir que la survie de l'individu doit l'emporter sur l'empathie qu'il peut porter à ses connaissances...? Laissant échapper un grognement qui se transforma en grosses bulles chaudes, Baldur se laissa aller à se détendre dans ce bain chaud et terriblement relaxant... Laissant de temps en temps son regard s'égarer sur le corps endormi d'Azur, allongée sur un petit tas de fourrures d'ours et de loups. Un moment, Baldur contempla une nouvelle fois ses formes agréables et discrètes sous sa chemise noire et ses braies sombres rayées de blanc, sa poitrine menue gonflant silencieusement sous l'étoffe de nuit, la peau laiteuse de ses bras nus laissées à la vue de tous dans un abandon lascif... Ah, et ces cheveux parfumés, parsemés de perles colorées comme le seraient les étoiles dans la toile de la nuit... Mais sur ce charmant tableau se trouvait aussi les marques d'une vie qu'Azur a combattu depuis sa naissance pour la conserver... Là, à la base de sa nuque et sur ses bras, les marques de coups de fouets qui ont déchirés sa peau fine et délicate... Ici, sur son ventre, ce couteau à la lame large et recourbée, toujours rangé dans son fourreau de velours sombre, prêt à être dégainé...

Mais Baldur s'interdisait ce genre de rêve éveillé, car Azur était aussi un fruit défendu ou du moins que le rôdeur se prohibait de mordre... Il ne pouvait laisser son esprit de prédateur et de survivant se distraire par de tels... chimères et fantasmes. Azur était comme une sœur pour lui, une sœur tout à fait capable de lui loger une dague entre les deux omoplates si elle avait besoin de sa mort pour arriver à ses fins... Une capacité à se détacher émotionnelle des gens que Baldur lui-même lui avait appris...

Au bout d'environ une heure d'immersion, Baldur se sécha et s'habilla rapidement, renouant les lacets de son inséparable chemise noire, attachant la boucle dorée de sa ceinture sur ses braies sombres et enfilant une splendide cape ébène, effectivement beaucoup plus propre et élégante que son ancienne, que lui avait offert Azur. Il attacha aussi autour de sa poitrine un ceinturon destiné à accueillir des fourreaux pour couteaux de lancer, bien que cela faisait très longtemps qu'il avait pratiqué ce genre d'exercice et qu'il n'avait aucun couteau sur lui. Ajustant ses gantelets en cuir usé autour de ses poignets, vérifiant la graisse sur son épée et enfilant autour de son annulaire gauche un petit anneau argenté emprunt d'une faible magie tellurique, Baldur réveilla son adorable dormeuse...

Menant son compagnon vers le port, Azur confia à Baldur les derniers détails de l'échange qui devait avoir lieu près des docks, cette nuit même, sur les coups de minuit. Les caisses de potions de contrebandes sont entreposées derrière une grille d'égouts dont la clé sera confiée à Baldur. Lorsque le marchand viendra récupéré ce qui lui est dû, il devra ouvrir les égouts, ramener les caisses auprès du marchand, récupérer l'argent de l'échange et revenir à l'Auberge des Voyageurs où deux des hommes d'Azur l'attendront. Une mission simple, potentiellement bien payée et qui permettrait à Azur de régler quelques affaires en cours avec une autre guilde de mercenaire rivale...

Arrivée devant les docks où devraient avoir lieu l'échange, Azur tapota sur l'épaule de Baldur, ses lèvres affichant un large sourire, avant de disparaître dans les ombres comme une chatte dans la nuit...
Mais...

Pourtant...

Baldur avait comme un mauvais pressentiment...

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Baldur
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 Sujet du message: Re: L'auberge des voyageurs
MessagePosté: Dim 2 Sep 2012 18:21 
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Le Rebouteux garderait Hern' les dieux seuls savaient combien de temps. Dans l'après-midi grisâtre et pluvieux, le reste des Cerbères s'étaient retrouvé à l'auberge des voyageurs, tenu pas Wincox.

Plusieurs fois déjà Lou avaient conduit ses protégés dans cette tavernes plutôt louche. Même s'il y régnait une atmosphère pesante, tous cautionnaient cet endroit. C'était ici, lorsqu'une mission provenait d'un Dahran, que tous se réunissaient pour planifier leurs plans. Lou en bout de table; les autres tout ouïe, argumentant, se contredisant. Tout cela autours de plusieurs tournées de bières, cervoises, rhum ou vins, les esprits s'échauffaient et souvent, lorsque le crépuscule se levait, l'alcool avait fait son bonhomme de chemin, détendant les mercenaires. Ils avaient quartier libre tant que Lou leur permettait, profitant de ces moments pour se détendre. Ils invitaient régulièrement, Seymour le premier, une ou deux prostituées à la tablée, plus quand certains avaient les moyens ou le charme. Tout se beau petit monde s'amusait, riait, buvait, loin des tourments, de l'illégalité de leur travail. Ainsi Seymour aimait-il vivre, ainsi il aimait profiter des plaisirs de la vie.

Mais cet après-midi n'était pas à la fête. Avec hern' en moins, les festivités étaient absentes. Malgré leurs verres respectifs posés devant eux, il n'y avait pas de tape dans le dos, de "c'est ma tournée". Il n'y avait pas de fausse querelle, pas d'insultes lancée d'un bout à l'autre de la table, non, pas de cris de joies ni de larmes, pas de blagues salaces sur les filles de joie souvent présentent, il n'y avait d'ailleurs aucune fille de joie...

Seymour avait la tête posé dans la paume de sa main, occupé à suivre de l'autre une fissure dans le bois de la grande table. Lou s'efforçait d'expliquer, de ressasser et de construire des idées pour coincer leur ennemi, mais sans grande conviction. Même Thorik, toujours motivé, se contentai simplement de descendre sa bière, en silence. C'était comme si, une fois assis, ils se rendaient vraiment compte de la gravité de leur situation.
Et puis, en plein milieu de son argumentation, Lou s'interrompit, une pointe de colère dans la voix:

-Et merde! N'en parlons pas aujourd'hui!

A la surprise de tous, il se leva et s'adressa au patron:

-Wincox, sers-nous ce que tu as de plus fort! C'est ma tournée!

Lou n'interrompait que très rarement ses réunions. Même si elles se terminaient souvent sous les joies de l'alcool, le principal avait toujours été dit. Seymour se redressa, curieux de savoir ce que le tavernier leur rapporterait.

-Lou, ça va? Demanda Tinòndil, anxieux.

-On a besoin de penser à autre chose, souffla-t-il. La fin de cette journée ne sera pas dédiée au ressassement d'idées noires et à l'accomplissement de notre vengeance. Buvons et amusons-nous!

Il tapa du poing sur la table, réveillant ses mercenaires. Il fini sa pinte d'un trait, obligeant chacun à faire de même. Les effluves d'alcool, suite à ce levé du coude formidable, requinquèrent le Sang Pourpre. A l'approche de Wincox, Tous exclamèrent leur joie, même Tinòndil pourtant si réservé à l'habitude.
Depuis un large plateau circulaire en bois, le propriétaire déposa sur la table une bouteille ainsi que huit minuscules verres, à la contenance d'une gorgée. Intrigués par le contenu de la bouteille, de l'eau à l'évidence, ce fut Chester qui s'exclama:

-Je m'attendais pas à boire de la flotte comme alcool fort.

-Moi non plus, renchérit Jedidiah, pourtant toujours en désaccord avec Chester.

Wincox eut un sourire avant de servir le liquide dans chaque verre et de le distribué à chacun des Cerbères. Il restait silencieux mais visiblement impatient. Il refusa de leur dire ce que c'était avant qu'ils ne gouttent. A l'odeur, Seymour ne pu définir ce que le petit verre contenait

-Suis capable d'ingérer des litres de bière, déclara Thorik le nain, suis 'bin capable d'avaler ce p'tit machin!

-Bon, commença Lou, à Hern'!

Il leva son verre et tous l'imitèrent. D'un coup d'un seul, et sous les yeux amusés de Wincox, il descendirent le contenu.
Avec une pointe d'angoisse, Seymour avala en une gorgée le liquide... et manqua s'étouffer en reposant son verre. La première vague était comme si des millier d'aiguilles lui traversait la gorge, lui brulant la bouche. Il fut prit comme ses compagnons d'une quinte de toux, alors que les aiguilles laissaient place à une bouffée de chaleur les obligeant à expirer tout l'air de leur poumon. La scène était comique: Tinòndil, Rannek et Lou étaient les moins affectés par le breuvage, quoique sévèrement secoués. Chester retenait des hoquets incontrôlables et Thorik le nain observait la bouteille avec intérêt, débitant une phrase en langage des nains. Jedidiah respirait avec force, jamais Seymour ne l'avait vu le teint si écarlate. Enfin, Bud s'était levé et s'efforçait de faire les cent pas, les mains sur les hanches.
Après quelques secondes Wincox, à la vue de ses clients bien secoué par son breuvage, éclata d'un grand rire, contagieux évidement. Ce fut Rannek, le colosse, qui l'interrogea en servant à nouveau les petits verres:

-Par Kubi, d'où sors-tu cette liqueur?

Il était vrai que jamais dans sa vie Seymour n'avait goutté une telle chose. Sa gorge, à l'approche du deuxième verre, criait encore de douleur. Son esprit allait s'embrumer peu à peu dans les effluves du vice alcoolique dont ils étaient tous si friands. Il allait descendre un deuxième trait de la liqueur transparente lorsque Wincox leur expliqua:

-C'est un ami qui vit sur Nosvéris qui la fabrique, il s'appelle Verrus Khahâ.

-Et ce truc a un nom?

-Oui. Comme tout le monde apparentait cela à de l'eau fortement alcoolisée, il à décidé d'appeler ça la "Verrus Eau de Khahâ", mais tout le monde abrège le nom et appelle ça la "V'eau d'Khahâ"!

_________________
Image

Seymour Gunjir, Demi-elfe au Sang Pourpre

⊗ Mercenaire des Cerbères ⊗


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 Sujet du message: Re: L'auberge des voyageurs
MessagePosté: Mar 4 Sep 2012 00:39 
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Localisation: Mertar
Depuis l'auberge où il logeait, Hivann n'avait absolument pas ralenti le pas. Il ne s'agissait pas seulement de Lenny qui avait manqué de respect à sa fille. C'était un message. Un message du groupe avec lequel il allait travailler. Et cela signifiait qu'ils se moquaient de lui et qu'ils se sentaient bien plus puissants. Car pour que l'on permette à un jeune garçon aussi inexpérimenté d'entreprendre une démarche aussi dangereuse et irrespectueuse que d'attaquer sa fille, c'était sans aucun doute que ce groupe pensait encore que le mage était faible. Mais ils se trompaient. Peut-être que ce dernier n'avait pas récupéré tous ses fluides, mais cela importait peu. S'il ne réagissait pas maintenant face à cet outrage, il ne serait pas seulement la risée de Dahràm: il allait mettre le nom des Goont au bas de l'échelle.
Durant toute sa marche (qui devenait presque une course), Wjran lui expliquait quel genre de personne était Lenny. C'était un petit voleur sans prétention qui grandissait tous ses exploits. Chose dont Hivann se doutait déjà un peu. Il était faible et apparemment, on ne l'avait jamais vu se battre sérieusement. En revanche, l'auberge des voyageurs était un endroit peuplé de personnes toutes malfamées. C'était là, le réel danger. Mais cela ne freinait pas l'Ynorien qui tenait à sa vengeance. Et il savait aussi que ses compagnons l'aideraient désormais. Il n'avait qu'à en finir avec une seule personne: ses mercenaires n'auraient qu'à écarter les hommes autour de lui.

Arrivés devant l'auberge, le groupe s'apprêtait déjà à entrer sans faire dans la finesse. A vrai dire, Hivann ne cherchait pas à faire joli. Il fallait que l'on voit ce qu'il allait faire à ce garçon. Mais le groupe fut stoppé net par Tôhko, qui, contre toute attente, ne voulait repousser le châtiment qui attendait le jeune Lenny.

"Tu devrais attendre que l'encens fasse effet, peut-être..."

Ainsi donc, la jeune Ynorienne comprenait enfin les démarches de son père. Aussi inhumaines pouvaient-elles paraître, Tôhko avait eu l'occasion de voir par elle-même que ces actions étaient bel et bien justifiées. Le vieil homme lui sourit malgré tout, même s'il ressentait quelque chose d'assez complexe en lui. Il était à la fois heureux qu'elle comprenne, mais aussi peiné par le fait qu'elle se rende compte d'une telle manière que le monde était pourri et que c'était bien cela qui le forçait à agir ainsi. Il lui répondit calmement.

"Ton encens a débloqué mes fluides, mais je n'en suis pas dépendant maintenant. Il me permet simplement d'optimiser mes pouvoirs. Merci en tout cas. Ça me touche que tu comprennes."

Sur ces mots, il abandonna progressivement son sourire et fixa la porte. Elle n'était pas bien lourde. Ce bâtiment n'en avait pas besoin après tout. C'était les gens qu'il y avait derrière qui constituaient la protection de cet endroit. Il fallait seulement qu'ils comprennent qu'il ne s'agissait bien que d'une seule personne. Pas des truands arrivant pour tuer tout ce qui bouge.
Hivann prit une grande inspiration. Son cœur battait à cent à l'heure. Même s'il avait été un mage très puissant autrefois, il n'avait entrepris une telle chose que d'attaquer de lui-même une personne lui ayant fait outrage. Avant, il se contentait de jouer sur ses relations, l'argent et la manipulation en général. Mais là, il ne pouvait pas utiliser ces privilèges là. Car il n'avait plus ce même pouvoir. Enfin... Quand bien même cela lui semblait tout nouveau, cela ne signifiait pas qu'il n'avait pas envie de remplir ce petit contrat qu'il avait donné à sézigue.
Il ouvrit violemment la porte en la tirant vers lui. Au-dessus, la clochette sonna, avertissant toutes les personnes présentes de l'arrivée du Goont. Seule Tôhko, pas vraiment bonne combattante, avait décidé d'attendre à l'entrée. Mais les mercenaires, eux, avaient encadré le mage et avaient tous dégainé leurs armes.

"LENNY! hurla Hivann de sa voix de stentor.

Le monde semblait avoir cessé de tourner. Chaque aventurier se contentait de regarder ce qu'il se passait. C'est ce silence là qui trahit justement le petit Lenny qui s'annonça en renversant une chaise maladroitement. Il était au fond de la salle et essayait manifestement de s'enfuir. Il avait l'air tellement désespéré qu'en voyant la porte occupée par les mercenaires, il prit l'escalier qui menait vers l'étage. Une entreprise qui fit pester le vieux mage qui réalisait à quels points certains sorts lui manquaient, notamment celui d'Ascenseur qui lui aurait permis d'atteindre les hauteurs sans trop perdre de temps.
Il dû donc se résoudre à lui courir après. Il hurlait son nom et lui ordonnait de s'arrêter, mais ce n'était qu'avoir trop d'espoir. Jamais il ne s'arrêterait. L'éventualité d'une fuite n'était pas à prendre. Mais en arrivant à l'étage qui faisait mezzanine, c'est un coup de lâche qui qui accueillit Hivann. Le dos du pied, protégé par une chaussure d'un cuir assez fin, avait comme giflé le grand mage. Un petit coup, pas vraiment puissant, mais suffisamment bien donné pour manquer de le faire tomber dans les escaliers.

La colère lui monta à la tête en même temps que ses fluides de terre. Mais il n'avait pas encore l'occasion d'utiliser sa magie comme il l'entendait. Déjà, le petit Lenny était proche de lui et s'apprêtait à lui asséner un coup de couteau au visage. Les exercices de souplesse quotidiens de Goont démontrèrent enfin leur efficacité à ce moment, lorsqu'il réussit à se pencher en arrière sans tomber. Il eut d'ailleurs l'occasion de ramasser la choppe d'un aventurier (un Sekteg) pour l'en détourner de son usage principal: tel un véritable barbare, il leva le récipient au-dessus de sa tête pour l'abattre violemment sur l'épaule du garçon. Une attaque qui le forcer à laisser tomber son couteau et qui l'imbiba du breuvage immonde.
Il s'apprêta à donner un second coup, mais quelque chose le tira en arrière. Il s'agissait bien entendu du dit aventurier qui n'avait pas apprécié que l'on vienne le priver de son breuvage. Et contrairement à ce que l'on aurait pu imaginer, ce n'est pas l'un des mercenaires qui vint en aide au mage: il se sauva lui même en cassant le nez du Sekteg avec la choppe.
Alors que le petit personnage s'affalait violemment sur la chaise, Goont le pointait de son récipient.

"RESTE ASSIS!"

Une attention que l'Ynorien n'aurait pas dû prendre, malheureusement. Lenny s'était relevé pour se jeter contre sa taille. La charge fit chuter le mage bedonnant qui vit se lever autour de lui une demi douzaine d'habitués de l'auberge. Mais ils se rassirent tous quand les mercenaires se manifestèrent enfin, pointant leurs armes contre les gorges des personnes trop impétueuses. Une véritable arène s'était alors formée autour de Goont et du jeune homme.
Toutefois, cela ne signifiait pas que le mage s'en sortait mieux. Il était allongé sur le dos, avec un véritable chien fou en train de se déchaîner sur son visage. Cela dit, sa force était telle qu'il avait l'impression de ressentir de sales gifles, ni plus ni moins. Il aurait sans doute mieux faire de ramasser son couteau avec son bras encore valide pour le planter dans la gorge du mage. Car en frappant sans réfléchir de la sorte, il ne vit pas qu'en l'espace de dix secondes, une stalactite de pierre s'était formée à partir de la fumée de l'encensoir et de la poussière du sol... Les fluides de Ser Goont s'étaient tant accumulés avec sa colère qu'ils avaient comme explosé en provoquant cette formation anormalement rapide de la roche. Même la Pierre d'Oubli luisait d'une lumière pourpre incroyablement intense.
Hivann avait cessé de protéger son visage. Ses bras s'étaient levés, les paumes à quelques centimètres des tempes de son ennemi. Puis, d'un coup, il les abaissa avec force, accompagnant son geste comme d'un cri de guerre.

Le temps sembla se figer lorsque le projectile atteint sa cible en plein front. C'était comme tirer un carreau d'arbalète à bout portant. A la différence qu'un carreau n'est pas censé se briser lorsqu'il frappe sa cible... Ici, la pierre s'était ramollie en percutant le front de Lenny. Le coup ressemblait alors d'avantage à la bille d'une fronde. En tout cas, la stalactite avait disparu après avoir projeté le jeune garçon cinq bons mètres plus loin.
Lorsqu'Hivann se releva, il put voir que son adversaire arborait désormais sur son front un bel hématome sanguinolent. Il était d'ailleurs encore très sonné et clignait fortement des yeux, sans être capable de se relever. Ce n'était pas une victoire pour autant.
Le grand Ynorien se mit au-dessus de sa victime et décrocha son encensoir de sa ceinture. Le faisant tournoyer comme un fléau, il assénait encore et encore l'arme improvisée. Le frapper avec cet encensoir de famille, c'était comme signifier littéralement que la ligné des Goont le punissait pour son outrage.

"A QUOI TU PENSAIS ESPÈCE D’IMBÉCILE? TU T'ES PERMIS DE PARLER COMME ÇA A MA FILLE! MA FILLE! JE VAIS TE CREVER POUR ÇA!"

Après une longue minute de tabassage. Il s'arrêta. Son kimono était complètement tâché du sang du pauvre Lenny. Mais cela ne l'empêcha pas d'aller plus loin. Il l'attrapa par le col, alors qu'il était à peine conscient et lui hurla de nouveau dessus.

"QUEL EST MON NOM?" répéta-t-il trois fois.

Ce n'est qu'après un coup de poing dans le ventre que Lenny répondit faiblement, dans un soupir:

"Goont..."

Autour de lui, des voix commençaient à s'élever. Et ce n'était pas pour l'aider. On criait à Goont qu'il faisait une gosse erreur. Qu'il allait se faire des ennemis en continuant de la sorte. Mais le mage n'en prit pas compte. Pas plus que les mercenaires qui l'accompagnaient. Pour seule réponse, il attrapa le bras meurtri de Lenny et le traîna impitoyablement sur plusieurs mètres. Jusqu'aux escaliers. Du haut, il jeta le corps du pauvre jeune qui, lorsqu'il atterrit plus bas, semblait être devenu une poupée désarticulée. Mais il criait encore. Cela ne fit toujours pas apparaître une once de pitié dans les yeux du bourreau.

Il s'apprêta à descendre pour le martyriser encore un peu plus quand il sentit encore une fois une emprise sur son épaule. Un humain, cette fois-ci. Et vu son teint, il était de la Phalange de Fenris.

"Ne faites pas ça!"

Encore une fois, Goont s'en fichait. Il se défit rapidement de lui et rejoint bien vite le pauvre Lenny qui attendait son sort. Cette fois-ci, il ne lui parla pas. Il l'attrapa par le bras, forçant encore un autre cri, et aplatît son visage contre la dernière marche des escaliers. Le mage entendit encore une autre sommation... En réponse, il regarda l'homme blanc, déterminé. Puis il frappa d'un coup net derrière la tête du gamin qui s'évanouit immédiatement.
Une bonne dizaine de dents vinrent s'éparpiller sur les dalles de l'auberge, et le sang ruisselait maintenant entre elles. Quant à Lenny, il avait définitivement perdu sa belle gueule. Au moins, maintenant, il aurait sans doute plus de crédit lorsqu'il irait raconter toutes ses aventures fictives.

Les mercenaires descendirent de l'étage et les aventuriers reprirent presque tous leurs places. Ceux qui étaient restés debout regardaient le mage, sans savoir quoi dire. Mais le stratège savait quoi leur faire dire.

"Quel est mon nom?" demanda-t-il calmement cette fois-ci.

Un ange passa. Mais il n'eut pas à réitérer la question. Cinq fois, de voix discrètes, mais toutes différentes, il entendit son nom résonner dans l'auberge. Maintenant, on le connaissait, et on pouvait le craindre.

"Vous êtes tous impliqués. Le prochain qui ose ne serait-ce que frôler mes enfants ou hausser le ton avec eux... N'aura pas droit à autant de clémence."

La respiration saccadée, grasse et bruyante de Lenny soutenait encore un peu plus le silence qui se tenait ici. Tous comprenaient qu'il ne s'agissait pas simplement d'un règlement de compte ou d'une bagarre de bar. C'était une mise en garde.
Ils passèrent alors la porte d'entrée, dans le même silence mortuaire qui avait suivi l'outrage de Lenny dans la cour du Grand Lamin. Seul un mot avait su briser le silence alors qu'ils s'éloignaient.

"Goont..."

_________________
Multi de Ziresh et Jôs.

Ser Hivann Goont, Archer-Mage niveau 10.


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 Sujet du message: Re: L'auberge des voyageurs
MessagePosté: Lun 17 Sep 2012 17:54 
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Inscription: Jeu 23 Fév 2012 16:30
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Localisation: Dahràm
J'entre dans un établissement que je connais très bien, « L'auberge des voyageurs », quelqu'un qui n'a pas envie de se faire remarquer pour une quelconque discution ou transaction, peut prétexter de venir ici pour une simple passe, les prostituées étant régulièrement parquées ici.
Comme je le pensais ce lieu est toujours fréquenté par la même clientèle, de piteux mercenaires en recherche du premier contrat qui peut se présenter à eux aussi maigre qu'il peut être et bien sûr résident toujours ici les épaves de Dahràm qui sont au rhum ce que l’ermite est à la solitude.
Derrière ce comptoir se trouve toujours ce bon vieux Wincox taylor, un homme bon, il doit bien être un des derniers hommes dans cette ville portuaire aux allures de fosse collective qui se soucie de son prochain.
Je m'avance nonchalamment avec mon allure de petit chat, je passe entre les pieds de table et les corps alcoolisés qui jonchent le sol, pour arriver derrière le comptoir.
Je tire sur le pantalon du maître des lieux pour rester discret, il me remarque et ce grand benêt se met à aboyer :
« Dégage le Chat ! Ou tu finiras comme condiment pour la soupe ! »

Dégouté je réponds en me cachant contre quelques bouteilles pour ne pas attirer l'attention:
« Taylor, c'est moi, Cara ! »

Mon interlocuteur surpris se retourne et violemment se jette à terre, l'homme maintenant à quatre pattes me chuchote :
« Hey, ça fait une paye mon Grand, on t'attendait avec impatience, on va enfin pouvoir agir. »

« Grand »... son humour me laissera toujours sans voix, Je lui rétorque intrigué et blasé :
« Est il véritablement nécessaire que je sois présent pour que vous puissiez agir ? »

Gêné il m'avoue :
« Bah tu connais l'organisation, si je puis dire, elle est loin d’être organisée, tu arrives à motiver les résistants et à les empêcher de faire n'importe quoi et pourtant c'est pas une mince affaire. »

Avant même que je puisse répondre à ce qui me semble être un compliment l'homme reprend :
« M.R est à la 12ième, demande la grosse Berta et il t'ouvrira. »

Je remercie ce brave Taylor et me dirige en direction de la chambre dite, je vérifie encore une fois que personne ne porte attention à ma présence et je frappe à la porte, en demandant :
« La Grosse Berta ? »

On m'ouvre, j’entrevoie la fine silhouette de ce grand gaillard de Renton, cela me remplit de joie et d'appréhension, cet homme a une vieille tendance à s'attirer tous les ennuis possibles et imaginables, mais bon c'est un ami.
Une main abrupte me prend par le collet et me jette dans l'étroite pièce, autour de moi se trouve une dizaine de personnes s’entassant les unes sur les autres, je me relève sort ma pipe et monte sur la minuscule table située au beau milieu de cette pathétique assemblée.

En cœur les résistants exprimèrent leur joie d'une façon complètement inutile et dangereuse :
« OUAAAAAIIIII ! »

Je dois contenir un tels excès de stupidité, ces hommes sont sensés manœuvrer dans l'ombre, on exécute les leurs dehors en ce moment même et ils se permettent de risquer de se faire repérer pour une telle futilité.
Rapidement je dégaine « aiguille » et la lance sur mon cher ami Mark Renton, la lame vient se placer entre son lobe et sa boucle d'oreille, cette action eut l'effet escompté et mon public se calma aussitôt.
Un lourd silence couvre maintenant la salle et Mark prend la parole le premier :
« Bien visé Cara, cela te... »

Avant qu'il ne puisse finir sa phrase je lui réponds :
« j'ai raté mon jet ! »
Un nouveau mutisme général, me donne l'impression d'assister à une oraison funèbre, il faut l'avouer j'ai peut être assassiné leurs enthousiasme.
Maintenant que mes troupes indisciplinées se sont quelque peu calmées nous allons enfin pouvoir entamer une discussion sérieusement :
« Ce n'est pas tout, mais j'aimerai que vous m'expliquiez en quoi je peux vous aider ? »

Quelque regards s'échangent et dans un consensus silencieux mon ami Mark prend la parole:
« Les troupes d'oaxaca on décidé de nous évincer définitivement, nos sabotages répétés ont fini par les excéder et ils veulent maintenant avoir totalement la main mise sur Dahràm. »

Si les exécutions continuent au même rythme il n'y aura bientôt plus de résistance à Dahràm, il va falloir frapper un très grand coup pour leur donner un peu de répit.
Il va nous falloir agir rapidement j’espère qu'il ont dors et déjà une stratégie en tête :
« Je vois, avez vous un plan ? »

« oui, enfin nous en avons au moins les bases, j'ai l'espoir qu'avec ton savoir faire nous pourrons arriver à un résultat concluant. »

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"Ce qui est créé par l’esprit est plus vivant que la matière."


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 Sujet du message: Re: L'auberge des voyageurs
MessagePosté: Mar 5 Fév 2013 16:22 
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Il n'y avait pas beaucoup de monde dans l'auberge. Deux vieux matelots, identifiables par le bandeau écarlate qu'ils arboraient sur leur tête, se tenaient assit côtes à côtes devant l'âtre crépitant qui distillait sa chaleur dans toute la pièce principale. Sous le regard goguenard d'un imposant Garzok avachit à une table près du comptoir, un serveur s'évertuait de lui apporter une imposante plâtrée de bouillie sans la renverser. A par cela, la pièce était vide, et Armand progressa sous le regard calculateur du tenancier qui tentait visiblement de jauger combien de Yus possédait le potentiel client qui venait de faire son entrée. Avançant vers ce dernier, il s'essuya le front d'un revers de la manche, s'adaptant à l'atmosphère chaude de l'établissement, qui contrastait parfaitement avec le froid de l'extérieur.

« Un filet de Naval. Et... du sang de Thimoros. »

Faisant glisser le prix de sa commande sur le comptoir taché de graisse, Armand fila sans attendre de réponse vers l'une des nombreuses tables libres. Il savait comment ça se passait dans les établissement de Darhàm. Se faire discret et payer d'avance, c'était le meilleur moyen de ne s'attirer aucun problème. Et à l'heure actuel, il ne cherchait rien d'autre que le réconfort d'une bonne plâtrée de viande et d'une dose d'alcool fort. Même s'il n'était jamais enthousiaste à l'idée de se séparer de ses Yus, il savait que se mettre à dos les gérants des établissements d'une ville comme Darhàm était le meilleur moyen de finir à la rue, délesté de sa bourse, ou dans un caniveau, la gorge tranchée.
Pourtant sa sécurité n'était à l'heure actuel pas son soucis principal, et tandis qu'on lui servait sa commande et qu'il s'apprêtait à entamer son repas tout en se frottant les mains, il ne distingua pas les nouveaux venus.
Arrivants en même temps qu'une femme à la tenue indécemment légère suivit par un homme mal à l'aise, – qui devait être vraisemblablement son client – trois individus encapuchonnés se dispersèrent dans la pièce.
Si les deux premiers venus montèrent à l'étage sans faire de vague, le trio qui les suivaient sortirent leurs armes et se dirigèrent, l'un vers les marins, l'autre vers l'Orque, et le dernier vers Armand.
Pointant son épée dans la direction de notre rescapé, l'homme interrompit ouvertement son repas, qu'il venait d'entamer goulûment.

« Ta bourse, sur la table, maintenant ! »

Sa réaction se fit attendre, car, faisant mine de terminer sa bouchée, il se mit à jauger celui qui le menaçait, tout comme la réaction des autres clients.
Le Garzok éclata d'un rire gras et audible, tandis que les marins s'empressaient d'offrir leurs maigres possessions à leur ravisseur. Le tenancier quant à lui, semblait jauger la situation calmement, une main dissimulé sous son comptoir.

« Tu te trompe de personne mon gars. J'ai pas un sous vaillant sur moi, je crois que j'ai tout dépensé pour ce repas, que j'aimerais terminer en paix. »

Sa réponse ne sembla pas satisfaire son ravisseur, qui commençait à jeter des coups d’œils nerveux à ses compagnons. Malgré le foulard qui dissimulait son visage, il paraissait jeune et surtout imprévisible. Il avait cette attitude de quelqu'un à qui l'on avait assuré que tout se passerait comme sur des roulettes et qui se rendait compte, un peu trop tard, de se qu'il était en train de faire. Le peu de calme qu'il conservait s'effondra à l'instant ou le Garzok fit voler la table, derrière laquelle il se trouvait, en plein dans la tête du brigand qui se tenait devant lui l'épée au clair.
Armand retint un rire face à l'amateurisme, et surtout au manque de chance des ravisseurs, avant de se concentrer de nouveau vers son nouvel « ami ».

« Je crois que ton copain a besoin d'aide ! »

Il n'en fallut pas plus pour que l'homme, ou plutôt le jeune homme, ne quitte des yeux l'énorme Orque et prenne une décision.

« Tu va me donner ton or de gré ou de force !»

Prenant son épée de ses deux mains, il la fendit en direction d'Armand qui, agrippant son verre, s'écarta vivement de la lame, qui vint ricocher contre la table.

« Très bien, tu l'aura voulu sale chien galeux ! »

Avalant cul sec son verre, il le lança au sol tout en sortant sa dague. Mais penser que l'alcool le ragaillardirait fût la pire idée qu'il eut. Car si le sang de Thimoros était réputé, c'était bien pour ses effets assommants, et il dût se retenir de régurgiter ce qu'il venait de consommer, ce qui permit à son agresseur de porter un nouveau coup, cette fois bien plus efficace.
Car si pour continuer le mouvement de son épée il n'eut pas l'occasion de retourner la lame, elle ne frappa pas moins avec force sa cible qui, à défaut d'être tranché, tituba et s'éclata au sol face au plat de l'épée qui s'écrasait sur son épaule.
Cette chute brutale eut le don d'accélérer encore les effets de l'alcool surpuissant qu'Armand venait d'ingurgiter et c'est en rampant qu'il parvint à se remettre debout, s'aidant tant bien que mal du mur contre lequel il s'était avachit.

« Ça... ça va se payer... »

Agrippant sa dague, il fit volte face, s'apprêtant à porter une attaque. Si l'auberge tournait légèrement sous ses yeux, c'était les hurlements provoqués par l'Orque qui le mettaient le plus mal à l'aise. Il percevait les bruits bien trop fort et ses yeux s'embuèrent d'un voile flou l'empêchant de se concentrer sur le petit voleur qui s'approchait de lui.
Sa gorge le brûlait et la chaleur du tord-boyau qu'il avait ingurgité commençait à se rependre dans tout son corps. Tant et si bien qu'il avorta son projet d'attaque vengeresse pour focaliser son attention sur l'épée qui, de nouveau, fendait vers lui.
Nul ne sait si c'est l'ivresse quasi instantanée provoqué par le sang de Thimoros ou ses nouveaux penchants masochistes qui le poussèrent à agir ainsi, quoi qu'il en soit, il décida que la meilleur manière de contrer l'attaque qui lui était portée fut de se précipiter en avant. Son action eut l'air de surprendre son assaillant car le coup ne porta pas aussi fort qu'il aurait dût et ce qui aurait put se changer en coup mortel ne provoqua qu'une entaille mineur sur le torse d'Armand. Il en profita pour bloquer la lame de son bras libre tout en jetant son corps vers le bandit, projetant sa main armée droit vers la gorge de sa cible.
Et son attaque porta ses fruits car, même si elle ne fût pas mortel, comme il l'aurait voulu, elle fit jaillir un flot de sang qui obligea sa victime à lâcher son arme entravée pour venir stopper l’hémorragie.

« Haaaaarg ! Aidez moi ! »

Le son qu'il produisit était entrecoupé par le gargouillis provoqué par la blessure, mais restait compréhensible. Néanmoins, il ne fallait pas compter sur la clémence d'Armand qui, tenant sa propre blessure d'une main, plongea une nouvelle fois son poignard, cette fois dans le dos du jeune hors-la-loi qui tentait de se rapprocher de la chaise la plus proche.

« Je crois que l'alcool m'empêche de réfléchir. Il me semble que... »

Il entrecoupa sa phrase pour enfoncer sa lame jusqu'à la garde, se penchant un petit peu. Le fracas d'une chaise se fit alors entendre, tandis que l'Orque assommait le dernier bandit encore debout. Puis le silence retomba. Tous observaient Armand avec une attention morbide.

« … que tu as tenté de me tuer ! »

Alors, il fit pivoter son poignard et, d'un coup de pied, le libéra, alors que le voleur s'effondrait au sol dans un vagissement. Mis à part les meubles brisés du côté du Garzok, la pièce était miraculeusement restée intacte. Exception faite de la marre de sang dans le coin ou se trouvait la table d'Armand, ainsi que l'hémoglobine tapissant les murs. Il se sentit soudain très seul, et particulièrement fatigué, tandis qu'il se penchait pour ôter le foulard recouvrant le visage de sa victime. Un enfant. Encore plus jeune qu'il ne l'aurait pensé.

« Toi... T'a dût avoir une sale journée ! »

C'était l'Orque, qui observait avec dégoût le corps désormais inerte du jeune voyou. Désormais debout, Armand distingua avec désespoir la tunique du colosse : il s'agissait d'un milicien. Et ce dernier sembla remarquer l'expression que provoqua l’armorie qu'il arborait.

« Ho, t'en fait pas... C'était des méchants voleurs après tout. Personnellement je me serais contenté de l’assommer, comme les deux autres, mais au moins ça fera un bon exemple. »

Tout en parlant, il traîna les deux bandits inconscients contre le mur et les positionna assit.

« Et pour ce qui est du ménage, ces deux la vont s'en occuper, je vais y veiller. »

Il se mit à tâtonner dans la poches des deux hommes dont il parlait et en extirpa deux bourses qu'il fit disparaître dans son veston en grognant.
Armand quant à lui, n'osait pas parler. Il avait trop souvent connu le cachot pour risquer de contrarier un milicien, qui plus est aussi massif que celui là.

« En tout cas t'a un sacré sang froid. Tu devrais peut-être penser à rejoindre la milice, haha ! »

Puis, sur cette dernière phrase, il se mit à tenter de réveiller ses anciens adversaires à coup de grandes baffles. Armand ne demanda pas son reste et, hochant la tête vers le tenancier, il sortit de la taverne, non sans un dernier regard vers le Garzok.
Tandis qu'il quittait l'établissement, le claquement des énormes mains du milicien résonna une dernière fois.

« Ha, celui la se réveil ! »

Rejoindre la milice... peut-être n'était-ce pas une mauvaise idée !



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 Sujet du message: Re: L'auberge des voyageurs
MessagePosté: Mer 8 Mai 2013 20:53 
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Fort heureusement pour le Fujonien, le lieu vers lequel se dirige Céendel se trouve pour ainsi dire à côté de la porte. L’enseigne de l’Auberge des voyageurs se balance à quelques pas seulement de l’entrée de la ville, comme pour capter plus de clients possibles exténués par la route et assoiffés par la marche. La façade a dû être un jour blanchie à la chaux mais les intempéries, les éclaboussures de boue, le temps et les différents actes de vandalisme mal effacés ont imprimé une couleur bien moins propre et bien moins attrayante.

La porte poussée, le regard qui englobe la salle ne peut que confirmer l’opinion que l’on peut se faire de l’établissement depuis la rue. Basse de plafond, sans doute pour rogner à sa construction sur les matériaux, des poutres noircies par la fumée des chandelles de suif, des lampes et des pipes des usagers, sans oublier la crasse qui devait s’y déposer, les murs guère plus engageant, la salle commune est garnie de tables disparates, rondes pour les plus petites, rectangulaires pour les plus grandes, entourées de chaises pour les premières, de bancs et tabourets pour les secondes. Tout le mobilier oscille entre la patine de l’âge et le relief du passage des usagers : là un pied manque et a été remplacé en toute hâte par un morceau de bois flotté grossièrement taillé, ici un plateau a été entièrement gravé de dessins plus ou moins grossiers, à tous les sens du terme, un soir de beuverie, et partout les économies ménagères se font sentir. Que les quelques filles plus tout à fait jeunettes servent la pisse d’âne qui fait office de bière pour le commun des consommateurs sans tarder est incontestable, qu’elles veillent à ce que la monnaie change de main à chaque consommation est indéniable, mais il faut à l’observateur attentif chercher longtemps le moment où elles passeront un coup de chiffon sur une table en la débarrassant.

Le Fujonien et le Wotongoh sur les talons, Céendel se dirige vers le comptoir où un homme maigre comme un jour sans pain, qui du fait de sa grande taille aurait pu brosser les solives s’il n’avait pas été frappé d’une redoutable calvitie, le regard dur, les joues caves. Visiblement mécontent qu’on l’interrompe dans ses tentatives pour essuyer des chopes avec un torchon qui n’a pas vu le battoir depuis des lustres, il daigne tout de même lever les yeux lorsque l’Hiniön grimé l’interpelle.

« Qu’est-ce vous voulez ? »

« Je cherche Yboi Rimas, il m’a dit que je pourrais le trouver ici. »

« Yboi Rimas… Connais pas… Si l’est pas dans la salle, l’est pas ici. »

« Un humain, du comté de Wiehl, châtain clair, les yeux bleus, moyennement grand. Il a probablement loué une chambre ici. »

Deux yus ont fait leur apparition sur le comptoir, pour disparaître sous la paume du tenancier.

« Mait’nant qu’vous en parlez… Foutue caboche ! Une vraie passoire ! L’a loué une chambre vot’ zig. J’l’ai pas vu descendre c’matin. Z’y voulez quoi ? »

« Il travaille pour moi. »

« Si z’avez un compte à régler, pas chez moi ! J’vous préviens, j’veux pas d’embrouilles… Clair ? »

« Tout à fait clair. Où se trouvent les chambres ? »

« Montez l’escalier. L’est dans la 3 y m’semble. »

Un signe suffit à Céendel pour s’assurer que ses deux compagnons sont toujours sur ses talons, et en gravissant des marches traîtresses, ils parviennent à l’étage. Un couloir qu’éclaire à peine deux lucarnes à ses extrémités traverse l’établissement sur sa longueur, et des deux côtés s’aligne des chambrettes, étroites au vu de l’espacement des portes. Le groupe s’arrête face à la 3, et l’Hiniön frappe contre le panneau de bois trop mince, malgré les bruits éloquents qui se font entendre jusque dans le couloir.

« Je finis mon affaire et je suis à vous. »

Les grognements reprennent de plus belle, avec des ahans d’effort et les gémissements, voire couinements dans certains cas, qui devaient nécessairement faire écho, par plaisir sincère ou par conscience professionnelle. Quelques minutes plus tard, le silence de la pièce fait écho à celui des trois individus en train de patienter, et quelques paroles ponctuent de concerto de passe. Une femme un peu rondelette mais accusant de belles formes, un visage ovale ni marqué ni défraichi, un peu échevelée, sort la première, retenant grossièrement ses vêtements qu’elle prend le temps de mieux ajuster avant de descendre. Un homme s’adosse à sa suite dans le cadre de porte.

« Qu’est-ce que vous me voulez. »

« C’est moi imbécile, Céendel ! »

« Ben merde alors ! »

La figure carrée, tannée par le soleil, du ressortissant du comté de Wiehl se fend d’un sourire, effaçant ainsi le soupçon teinté de menace qu’exprimaient ses traits quelques secondes auparavant. De la taille de Caabon, plus large d’épaule cependant, il cache sous ses vêtements d’hiver, aux teintes brunes et vertes, une musculature acquise au maniement des armes.

« Tu t’amuses bien ? »

« Ben quoi ? Quand tu m’as donné la bourse, tu m’as pas dit qu’elle d’vait pas servir à vider les miennes. T’as dit d’en faire bon usage, j’en ai fait bon usage. »

« Oui, oui. Certes. Ce n’est pas très important. Qui est arrivé ? »

« Le Tranchécume est à quai, avec tout son équipage, la marchandise déchargée et vendue. Jered et Kerali sont en ville, j’’ai pas d’nouvelle d’Umao, ni d’Amorfir, Unylas et Laraeli. Pour ces trois là, j’pense qu’ils vont arriver à la toute fin du délai. C’pas l’genre à être en r’tard, mais traîner à Dahràm, pour eux, en c’moment… Bref. Y doivent être aussi futé qu’toi pour s’faufiler. J’dois transmettre un message aux deux qui sont là ? »

« Oui. Nous allons nous installer sur le Tranchécume. Reste ici jusqu’au jour de l’embarquement, et continue de te faire discret. Je suis un peu en avance, je pensais arriver dans les derniers, mais… Il nous reste une semaine. Dis aux autres de ne pas rallier le navire tout de suite, je ne veux pas attirer l’attention. Je te recontacterai, par un des matelots je pense. »

« Ok chef, pas d’souci. On fait comme ça. Vous voulez pas rester prendre un p’tit verre avant d’repartir ? »

« Non, ça ira, merci. Il te reste assez d’argent ? »

« Oui, ça ira très bien. Les putes coûtent pas si cher que ça, faut pas croire. »

« Pour ça je te fais confiance. Tant que tu ne chopes rien qui te mette hors d’état de combattre… »

« Pas de risque ! Je sais où me fournir ! »

Sur le Tranchécume

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* * *



C'est par la sagesse qu'on bâtit une maison, par l'intelligence qu'on l'affermit ;
par le savoir, on emplit ses greniers de tous les biens précieux et désirables.
Proverbes, 24, 3-4


Dernière édition par Caabon le Ven 27 Sep 2013 14:39, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: L'auberge des voyageurs
MessagePosté: Dim 12 Mai 2013 18:37 
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Inscription: Mar 7 Mai 2013 22:32
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Localisation: Aeroland
Leyna reparut à l'entrée de l'auberge. Lieu étrange, et trop loin de la mer nourricière qu'elle aimait tant. Mais le sang pourpre l'avait intrigué et elle avait envie de le revoir. Elle entra donc discrètement.
La pièce était peu éclairée et sinistre. Leyna était comme un rayon de lune avec sa robe argenté, et tous les regards se tournèrent vers elle.
Les commentaires allaient bon train, mais elle n'y prêta pas attention. Elle alla trouver le gérant pour commander une chambre, aidé du maigre pécule qui lui avait été accordé au bateau.
Bien sûr, sa commande se résuma à :

« Chambre ? »

Mais le gérant, Wincox Taylor, avait l'habitude des gens bizarres.

« Si c'est pour louer à quelqu'un d'autre après, je prend une commission. »
prévint-il.

Leyna secoua la tête et tendit l'argent. Une chambre lui fut indiquée, qu'elle rejoignit sans retourner les regards douteux qui lui étaient adressés.
Le lit était inconfortable mais, malgré ses airs de princesse, elle était habituées à dormir à la dur, cela ne la gênait donc pas.

Elle retira son escarboucle et l'inspecta soigneusement. Elle savait que les cristaux étaient imparfait, ce n'était pas un saphir de grande qualité, mais elle remarqua pour la première fois que cette imperfection donnait l'impression de voir une silhouette en effet. Une femme ? Un dauphin ? Peut-être une sirène ? Impossible à dire.
Épuisé par cette soiré mouvementé, elle se laissa aller dans le lit et s'endormit dans sommeil bercé par les flots de l'imaginaire, mais aussi de la mémoire collective des earion dont elle avait miraculeusement hérité malgré son sang mêlé.

Elle nageait, nageait sans fin de ses pattes palmées. La voix l'obsédait. Moura, Moura, Moura... inlassable, la voix appelait à la lutte, à la survit. Chants et suppliques devant le poisson sacré. Leur peuple était en grand danger...
Et elle vint. Naissant du corps du poisson, la glorieuse, l'invincible...

Tuer, défendre, aider, réduire...

Ils explosèrent de joie. Le peuple earion allait naître et prospérer sous la protection de la déesse de la force.

MOURA !!!!

Leyna se réveilla. Le cri n'en était pas la seul raison. Un intrus. Quelqu'un était entré dans sa chambre.
L'esprit encore emplis des échos de son rêve, elle se sentait prête à frapper, à se battre...
Elle rejeta le drap miteux et bondit sur sa proie... qui l'intercepta juste à temps.

« Dit donc ! C'est une manie de me sauter dessus ? »

C'était Valgan, visiblement assez amusé de la situation. Leyna haussa les épaules et oublia l’événement. La lumière commençait à filtrer par les rideaux. La nuit avait semblé courte, le nouveau jour se levait... le moment était venu.
Elle montra l'escarboucle et le sang pourpre avant d'incliner la tête d'un air d'interrogation. Il haussa les épaules :

« Je te trouve bizarre. Tu parais simple d'esprit... mais je ne pense pas que ça soit vraiment le cas. J'avais un peu trop bu hier, et tu m'as fait penser à une vieille légende qui cours dans ma tribus. Il y est question de l'envoyée de Moura qui sera issu des deux ascendances et qui portera une pierre renfermant la déesse. Ce ne sont que des délires mystiques d'une époque oublié. Il n'en reste plus grand chose aujourd'hui, et le peu qu'il reste s'est déformé. Mais tu m'as fait pensé à ça. »

Il éclata de rire :

« C'est ridicule, mais maintenant, quand je te vois, fragile et innocente, je me sens un peu l'âme d'un chevalier protecteur. Tant que je suis en ville, tu pourras rester prêt de moi, tu seras en sécurité, d'accord ? »

Leyna resta silencieuse. Elle avait du mal à assimiler tout ça aussi vite. Elle ignorait totalement l'existence de cette légende, et pourtant elle en savait long sur les contes de la mer !
Sans doute n'était-ce en effet qu'une légende perdue, mais il semblait qu'avoir un protecteur pourrait être utile dans cette ville.
Finalement elle sourit et tendit la main. Valgan la serra. Au moins aujourd'hui, ils seraient partenaires.
Ils descendirent prendre un repas, et Leyna remarqua avec satisfaction que les regards qui pesaient sur elle se faisaient moins insistants.

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 Sujet du message: Re: L'auberge des voyageurs
MessagePosté: Lun 28 Avr 2014 18:10 
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Localisation: Darhàm
Oui alors la taverne justement ! Après moult chemin où je croise toute sorte de collègues en devenir je me rends à la fameuse Auberge des voyageurs ! Aaaaaaaah cette odeur forte de rhum d’urine et de vomit me prend tout de suite le nez avant même d’y pénétrer et me rappel certaines des meilleures soirées de ma vie (où justement je ne me rappelle pas de tout) le brouhaha est fort et annonce la perspective de s’acoquiner avec l troupe ! Je pénètre donc à l’intérieure de cette pièce aux mystères. La taverne est bien plus spacieuse qu’on ne pourrait l’imaginer, de nombreuses tables sont réparties un peu aléatoirement dans le reste de la pièce. Un feu inonde la pièce d’une leur chaleureuse depuis une cheminée sur la gauche, au fond à gauche un petit orchestre joue de la musique folklorique avec un rythme entrainant et fort jovial. Les clients d’alcoolisent avec entrain et ripaillent dans un mixte entre joie violence et manque total de moral. La perfection en fait. Je me dirige vers le comptoir où le tavernier un certains Wyncox Taylor sert à boire à divers personnes dont un garzok fortement musclé qui ne m’a guère l’aire sympathique voire même franchement très antipathique ! Je repère aussi un homme qui semble avoir beaucoup trop but. Il est de corpulence moyenne ne possède pas de cheveux et s’est fait pousser les bacchantes d’une couleur jaune paille (ou pisse c’est selon). Il porte une armure de cuir traversée par une ceinture fourreau pour une arme qui ne laisse aucun doute sur son métier. Un sabre. Je sais par conséquent qui je dois aller voire pour obtenir un embarquement. Mais bon là encore il faut la jouer subtile ce n’est pas le tout de le vouloir… Première chose à faire se prendre un godet et s’accouder non loin du bougre. Je porte mon verre aux lèvres quand le gars fait le premier pas…

« Hey mais qui voilà !! Hé les gars matez moi qui voilà ! Un Sang pourpre ! C’est qu’ils sont plutôt rare par ici hein mon ptit gars ! »

Et sur ce il me claque le dos ! Et se retourne vers ses camarades de beuverie de rixes et de piraterie en leur faisant des signes tout sauf subtil de venir le rejoindre.

« A ce que je vois on ne vient pas seul »

« Hahahaha pour sûr que non! Dans deux jours on repart en mer ! On va se farcir du marchand bien dodu et toi qu’est-ce que tu fous là ? J’imagine que t’es pas un simple pêcheur ni même un de ces abrutis de marchand ! »

« Diantre un collègue ! Ben figure toi que si je suis en ville actuellement c’est que le navire sur lequel je servais le Narval s’est échoué il y a de ça un jour ! Au fait comment t’appelles tu compagnon de beuverie ? »

« Marius Renly ! Je suis quartier maître sur le Lys Noir ; et là t’a une grande partie de l’équipage ! »

« Enchanté les gars moi c'est Vassily Nedresky, pour le coup je vous paye tous une tournée ! Parce que je vous aime bien hahaha ! »

(((J’ai vraiment bien fait de dépouiller le corniaud)))

Les verres s’enchaînent les sujets de conversation aussi on est tous bien souls je ressens tout le plaisir et l’excitation de la fête ! A un moment donné un type qui passe renverse mon verre ce qui a l’effet de me donner envie de me battre ! Je ne sais pas pour vous mais purée qu’est-ce que ça fait du bien de se défouler ! Il doit mesurer à vue de nez 1 m80 soit un peu plus grand que moi, il porte une chemise tressée en lin de couleur rouge un pantalon qui a bien souffert et un petit poignard à la ceinture. Ses cheveux sont coupés court de couleur noire et porte une petite moustache de la même couleur. Il a, un malheureusement pour lui, un long nez aquilin ; enfin pour l’instant il en possède un.
Je ne lui laisse pas le temps de parler je lui décroche un crochet court dans le nez, ça lui apprendra à ce malandrin de gâcher du rhum. Très vite la taverne s’enflamme tout le monde se tape dessus c’est groupe contre groupe les tables volent les chaises aussi et l’orchestre continue à jouer ce qui donne une ambiance survoltée. Je reprends donc ma petite activité sur le monsieur en question je lui saute dessus en le plaquant au sol ; il se débat bien le bougre, tant mieux ! Il me met un coup bien placé au niveau du foie, j’ai mal mais ça passe, on se remet debout l’un en face de l’autre… On sait tous les deux que c’est une bagarre pas un duel je pense même qu’au fond de lui il le sait et là il prend son pied !
Je me mets ainsi en garde malgré l’alcool dans le sang !
L’adrénaline a ça de bon qu’elle vous fait vite décuver quand il le faut et là il le fallait !
Il fait de même levant assez maladroitement les mains de manière à se protéger le menton avec la droite… J’ai déjà pratiqué de nombreuses bagarres et pas que dans les bars ! Ma garde est traditionnelle mais efficace, mes mains peuvent parer chasser et remiser avec aisance. Mes jambes sont ainsi placées avec le pied gauche en avant et le droit en arrière. Je sautille sur les pointes de pied pour retrouver ma vigueur et mes déplacements si vifs. J’envoie un premier gauche rien de puissant juste vif, il se protège en bloquant le coup avec son avant-bras gauche ; décidément j’ai choisi du challenge ! Je renchaine avec un double gauche pour qu’il monte sa garde, c’est à ce moment que choisis d’envoyer un direct du droit dans les côtes. Ça touche, haha un point pour moi. Il se remet vite de la surprise et tente d’attaquer, il envoie deux gauches en direction de mon visage, j’avoue être surpris par sa vitesse mais pas de panique je pars la deuxième attaque avec ma gauche et contre avec ma droite ; hop retouché.
Il enchaîne quelques autres attaques en tentant de varier, mais j’ai eu le coup d’œil je sais ou sa garde s’ouvre et plus important je commence à avancer, ça veut dire que je presse vers un des coins du mur de l’auberge malgré le chaos qui continue à s'amplifier sous les rires du tavernier. Je réussis à le coincer, c’est bon il est à moi ! Je change alors de garde en adoptant une posture en latéral les mains plus hauts pour mieux bloquer, et justement je bloque et je remise, puis vient mon tour d’attaquer j’attaque le ventre, dans un premier temps gauche feintée au niveau du visage puis droite au plexus contraction du reste du corps avec les bras qui se resserrent, ce qui me permet de placer l’uppercut au niveau du foie. L’uppercut gauche dans le foie se voit naturellement suivi d’un crochet gauche directe dans le visage et enfin l’uppercut droit dans le menton vient clore les réjouissances !
Ayant terminé avec celui-ci je décide de continuer la bagarre avec mes collègues de soirée. Ainsi c’est la mêlée générale je vois Marius en prise avec le garzok ce qui n’est pas à son avantage, qu’à ne cela tienne ! Je sais que contre la musculeuse bestiole je ne peux guère rivaliser à la manière de tout à l’heure, je change donc de tactique je me saisis d’un tabouret et m’approche sans me faire voir par la chose qui s’apprête à frapper mon possible futur ami de toutes ses forces Marius. Je ne sais pas trop si elle a entendu ou senti quoi que ce soit en tout cas moi j’ai très bien entendu le choc crâne et tabouret, et bien figurez qu’il n’a pas eu la chance de se relever de cette fortuite rencontre !
C’est donc après un long moment de bagarre où les godets et les bourre pifs ont volé que nous décidons de sortir de l’auberge. Il faut savoir que j’ai œil au beurre noir du sang plein la bouille et j’ai dut me casser une incisive ! Que du bonheur quoi !
Alors qu’on titube dans les ruelles en se rendant au port Marius commence à me parler :

« Hahaha, ben mon gars toi tu sais faire la fête je t’apprécie de plus en plus ! Tiens faudrait qu’on remette ça un de ces quatre mon brave ! »

« Ô diantre ce n’en sera que mieux ! Par contre j’ai une requête, puis je te l’exposer ? »

« Vas-y toujours ! Mais si ‘est pour me toucher les parties je t’arrache le visage ! »

« Hahahahaha non mon ami, vois-tu je n’ai plus de boulot depuis que le Narval a coulé et je ne sais pas faire autre chose que pirate marin et voleur, ainsi je voulais te demander si tu veux bien accepter la présence d’un sang pourpre ! »

« Héééé mais en voilà une bonne idée ! Ecoute ce qu’on va faire on va aller au Lys Noir là on dort et demain tu verras le capitaine… »

« J’accepte ta proposition ! Allons donc dormir mais avant faut que j’aille régurgiter mon repas ! »

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