L'Univers de Yuimen déménage !


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 Sujet du message: Re: Le port
MessagePosté: Mar 17 Mai 2011 22:29 
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Fuir...

Le plus loin et le plus rapidement possible...

Car ce n'était pas deux hommes emmitouflés dans leurs épais manteaux noirs qui attendaient le rôdeur devant l'Auberge des Voyageurs, mais deux corps se vidant de leurs sang sur le sol humide et froid de la rue Darhàmoise. Deux cadavres accompagnés d'une douzaine de gardes de la milice locale et d'un individu, chauve, laid et à la barbe plus hirsute que la fourrure d'un ours malade que Baldur aurait pu reconnaître entre milles : l'Aubergiste. L'homme ne lança qu'un seul regard en direction du « marécageux » qui venait d'apparaître au coin d'un bâtiment, mais le rôdeur sût immédiatement et instinctivement y déceler toute la noirceur, la méprise et la haine que l'Aubergiste lui vouait... Mais apparemment, Baldur n'avait pas été assez rapide à disparaître dans les ombres protectrices des ruelles de la cité obscure, puisque derrière lui tonnait l'écho des armures et des épées des soldats qui avaient déjà commencé leur poursuite avec comme chien de chasse le tavernier lui même... Ne s'arrêtant de courir, pas même pour se repérer dans la cité, Baldur ne pouvait qu'entendre ce que le vent et l'écho lui rapportait des aboiements de ses poursuivants. " Attrapez moi c'chien galeux d'marécageux ! C'est lui l'homme à abattre ! Sa mort cont'les réserves d'bières du vieux Taylor ! " hurlait l'aubergiste à plein poumon, accompagnés des grognements bestiaux des gardes qui l'accompagnaient...

Ainsi, voilà quel était le destin tragique de Baldur ? Avoir survécu aux sortilèges de sa mère, à une malédiction antique, aux dangers des marais pour finalement être éventré dans une ruelle sombre pour la promesses de quelques tonneaux de bières ?... Être ainsi considéré ne plaisait en rien à Baldur qui, tout en fuyant, essayait de mettre au clair son esprit fourvoyé par les promesses sucrées de son « ancienne amie » Azur. Son rôle à joué dans ce mystérieux échange était évident, et Baldur soupçonnait l'Aubergiste comme étant un homme de la guilde de la voleuse vu la facilité de cette dernière à le convaincre d'offrir repas et repos à un « marécageux » dans son genre... Désirait-elle éviter de partager la grosse somme que lui avait promis Tradatore ? Somme qui se trouvait entre les mains quelque peu avare de son « ami » Baldur ? Sans doute, mais encore fallait-il que Baldur en soit sûr avant de se lancer dans la vengeance.

Sûr, et en vie...

Les portes de la cité ayant été fermée pour la nuit, le rôdeur était bel et bien pris au piège dans la cité endormie. S'il ne parvenait pas à semer ses poursuivants, il finirai tôt ou tard par être rattrapé et sans doute mis à mort immédiatement – Baldur n'aimait pas vraiment aborder cette possibilité... Alors qu'il arrivait de nouveaux près des docks, où seuls quelques marins léthargiques, cuvant leurs bières et se reposant de leurs aventures nocturnes, traînaient encore sur les jetées en pierres... Sans nul doutes des hommes chargés de surveillés les stocks des marchands mais qui ont préférés les distractions offertes par l'alcool et les cartes plutôt que l'ennui d'un poste de sentinelle. Derrière lui, la course de la garde de la ville ne s'était pas arrêtée, mais il semblait qu'il y avait moins d'hommes qu'à l'origine... S'étaient-ils séparés pour couvrir plus de terrain ?... Une chance pour Baldur qui commençait à se résoudre à devoir vendre chèrement sa vie.
Mais l'heure n'était pas encore aux combats, Baldur avait des questions en mal de réponses... Continuant sa course jusqu'au port marchand, le rôdeur finit par se perdre dans un dédale d'étals, d'étoffes et de fourrures. Un labyrinthe de comptoirs de bois et de tissus à vendre, un endroit qu'on ne pouvait trouver plus parfait pour se cacher. Baldur, encouragé par cette chance semi-divine, saisit immédiatement l'opportunité et sauta derrière un des innombrables comptoirs qui bordaient les quais étroits, allant s'emmitoufler entres les pièces de lins noires et les fourrures d'ours empuanties... Il ne pouvait guère plus voir ce qu'il se passait sur les quais proche, mais il pouvait entendre.

Baldur écouta, son cœur battant, le rythme des pas qui s'approchaient de plus en plus.
Une voix, rocailleuse et à peine articulée que Baldur reconnue immédiatement, tonna dans l'air. " Cette ordur'd'marécageux doit pas être bien loin ! Faut qu'on l'trouve et qu'on l'tue ! Pourquoi vous vous arrêter là ?" Une autre voix, grave et austère, lui répondit :
" Allons, Adago, la nuit est déjà avancée et nous n'avons plus beaucoup de temps devant nous. Cette clé détenue par ce « Baldur »... Est-elle vraiment nécessaire pour ouvrir les égoûts ?" Baldur, caché entre les étoffes, porta la main à sa ceinture... C'était cette simple clé rouillée qu'ils cherchaient ?... « Adago » l'Aubergiste, quant à lui, répondait...
" Nan, j'connais une entrée qui me permettra d'récupérer les caisses en f'sant l'tour par l'intérieur. C'est pas loin, mais f'dra que j'passe par les citernes, et ça pue là d'dans. " " Alors tu passeras par les citernes." Adago tenta de négocier, mais la voix lui interdit " Je devrais te trancher la gorge pour être à la solde de cette garce d'Azur, mais j'ai besoin de ce que m'a promis Tradatore. L'aube se lève dans trois heures et avec elles les Oaxiens, je veux cette cargaison dans une demi-heure ou je te ferai écarteler moi-même. Tu as compris Adago ?" " Ouais ouais ! J'ai compris ! Pas la peine de me menacer !"

Azur ? Voilà que son nom revenait dans la discussion... Adago était donc un membre de la guilde d'Azur, ce qui explique son accès « gratuit » aux services de luxe de l'auberge. Mais... Pourquoi Azur se risquerait-elle à coopérer avec la garde, elle qui est si versée dans les arts illégaux ? Dans quelle énième machination Baldur s'était-il laissé entraîné, lui qui ne désirait pas se risquer à de telles manœuvres et complots ? Baldur, discrètement, jeta un œil entre les étoffes de soies et de satin... Il vit Adago s'enfuir en courant, vers l'Ouest, tandis qu'une demi-douzaine d'hommes en armes et armures lourdes, arborant sur leurs tuniques les armes de la cité Darhàmoise, restait près des étals des marchands. Tous étaient casqués à l'exception d'un homme, aux cheveux court et brun, au regard dur et déterminé et à la très fine et très entretenue barbe noisette. " Capitaine, vous êtes sur qu'on peut faire confiance à cet homme ?" demanda un garde. " Oaxaca a déjà commencé l'oppression de Darhàm. Si on ne fait rien toute la cité tombera sous leur joug... Si je dois passer par les guildes de voleurs et de contrebandiers pour empêcher ces charognes de contrôler notre cité, je le ferai. Maintenant, plus de questions et trouvez moi ce « Baldur », j'ai besoin de savoir ce qu'il sait sur cette catin d'Azur." " Oui capitaine."
Ces mots dits, la dizaine de soldats qui accompagnait le « capitaine » se séparèrent et quittèrent les docks pour s'enfoncer dans les ruelles de la villes. Baldur, surpris que personne n'ai pensé à fouiller les quais marchands, se remémora ce que son instinct de chasseur lui avait appris... On ne cherche jamais le gibier qui se trouve devant notre porte. Il ne restait désormais sur les docks que le Capitaine de la Garde et un autre individu casqué et armé, probablement un lieutenant... Préférant jouer la carte de la prudence, Baldur commença à émerger de la montagne de fourrures et de tissus, écoutant attentivement la discussion des deux hommes. " Azur... Ce n'était pas cette femme, responsable de l'incendie des entrepôts militaire de la Garde il y a deux ans ?" " Oui Lieutenant. C'est une femme dangereuse, mais lorsqu'on l'a capturée, je lui ai appris à ne plus se moquer de la milice de Darhàm... Deux mois, l'étincelle de volonté qui brillait dans ses yeux n'a disparue qu'après deux mois à être fouettée ou accueillir entre ses cuisses la moitié des gardes des remparts. Elle m'a ensuite « convaincue » de lui laisser la vie sauve, et j'ai pensé que je pourrai profiter de sa « docilité » pour l'utiliser contre les Oaxiens... Bah ! Cette chienne n'a pas hésité à relancer ses embuscades contre la garde à peine une semaine après sa libération." répondit le capitaine, sa voix s'emplissant de haine et de mépris à l'énonciation de ces évènements. " Nous n'avons plus le temps de jouer au chat et à la souris. Oaxaca est une bien plus grande menace que la maison de passe qu'elle appelle sa « guilde ». Tradatore m'a promit potions et onguents pour mes hommes..." Baldur réalisa alors la raison pour laquelle le marchand était accompagné de seulement trois hommes pour transporter douze caisses... Il allait en laisser sur place pour les gardes... "... Je récupère la marchandise, j'égorge cet Adago et j'irai ensuite donné l'ordre de condamner les portes de la ville. Personne n'entre ou ne sortira, et je passerai au fil de l'épée tous ceux qui oseront essayer... Ensuite, nous mènerons une campagne contre tous ceux qui empoisonnent Darhàm : les bandits, les Oaxiens, les fanatiques religieux. Darhàm n'est que chaos et anarchie, je dois apporter l'ordre... Et si l'ordre se trouve dans le sang d'Azur ou de ce « Baldur » ou je ne sais quoi, alors nous le verserons sans hésiter..."

Tout venait d'être dit, ou presque... Seule les questions concernant la trahison d'Azur taraudaient encore l'esprit de Baldur. Mais elles viendront après... Après que le rôdeur ait assuré de se sauver du piège qui se refermait doucement sur lui. Il n'allait pas se résoudre à être ainsi condamné à mourir, piégé dans les ruelles de la cité ou des mains de gardes illuminés par des idéaux de libertés ou d'ordres... Non, Baldur devait survivre, il le fallait...

Dans un crissement métallique, l'épée quitta son fourreau en fourrure, son pommeau fermement tenu entre les gantelets sombres du rôdeur. Machinalement, Baldur caressa la lame dans sa longueur, s'assurant de sa finesse et de son tranchant. Ses yeux étaient rivés sur les deux hommes en armures, le capitaine observant les quais ouest, son lieutenant scrutant l'horizon ténébreux. Il allait devoir agir vite s'il voulait que le sang répandu de ces deux hommes assurent sa liberté. A l'image d'une panthère s'approchant de sa proie incrédule, Baldur se glissa comme une ombre hors de l'enchevêtrement de toiles et de bois, s'avançant à pas feutré jusqu'au lieutenant, toujours debout près du bord du quai... Baldur leva la lame en approchant sa main du dos du soldat. Entre le plastron et les tassettes de fer se trouvait la seule faille exploitable, une ouverture sur la chemise de maille du soldat. D'un geste souple et vif, la lame brisa les anneaux de fer pour percer la chair, cassant la colonne vertébrale du soldat sous la puissance de l'estoc... Pris par surprise, le soldat ne hurla qu'après le coup, au moment où Baldur, retirant l'épée de la blessure saignant déjà abondamment, poussa l'homme du bord du quai. Tombant dans l'eau noire et glacée qui martelait les pierres de la jetée, le lieutenant Darhàsmois coula rapidement, lesté par le poids de son armure, pour ne plus jamais remonté de cet océan d'onyx...

Ne prenant pas le temps d'imaginer le soldat se débattant vainement avec les sangles de son armures tandis qu'une eau sombre et frigorifiée s'infiltrait dans ses poumons, Baldur faisait volte face en direction du capitaine de la garde qui, lui aussi, s'était retourné. Dégainant une lourde masse d'arme à ailettes et se protégeant derrière un large pavois de fer marqué des armoiries de la cité, il prépara sa garde, prêt à faire payer au rôdeur le meurtre du lieutenant." Ainsi la chienne s'est décidée à montrer les crocs... Je veillerai personnellement à ce que cette putain reconnaisse enfin sa place dans ce monde... Après t'avoir fait bouffer tes propres trippes !" S'esbroufa le capitaine dans un rire moqueur, sa voix semblant dégouliner d'une haine sous forme liquide. Il se jeta ensuite en hurlant en direction de Baldur qui profita de la lenteur du soldat pour esquiver son coup de masse qui fracassa les pierres du quai. Malgré son agilité et son endurance, Baldur n'arrivait pas à trouver suffisamment de temps pour attaquer la gorge ou le cœur de l'homme sans que son arme ne soit déviée au dernier moment d'un coup de bouclier ou ne vienne qu'érafler la solide armure de fer. Fort heureusement, son armure légère lui permettait d'esquiver presque chaque coup qu'essayait de lui porter le capitaine. Le duel était spectaculaire, la cape sombre virevoltante de Baldur semblant comme danser dans le vent à l'image de son épée qui harassait sans relâche le solide capitaine de la garde, dont l'armure brillait sous la lune du soir. Devant le mur de talent et d'expérience qui se dressait devant lui, la logique aurait dicté à Baldur de fuir, mais le capitaine avait des projets qui allaient à l'encontre de l'instinct de survie du rôdeur...

Un instinct qui commençait à lui chuchoter d'utiliser la force massive du soldat contre lui... A coup de feintes et de parades, ponctués par quelques éventuelles tentatives de taillades toujours déviées par ce large pavois marqués par des combats autrement plus intenses, Baldur guidait progressivement le capitaine vers les étals des marchands... L'homme arrêta un instant ses assauts, comme flairant le piège. Le rôdeur saisit alors cette opportunité pour glisser vers son flanc droit, là, il fit tournoyer son épée dans la main avant de l'abattre de toute sa force contre l'arrière de la jambe du soldat. Coupant mailles et sangles avant d'entamer la chair, arrachant un cri au capitaine qui se retourna vivement, manquant de décapiter Baldur d'un coup de bouclier. L'attaque avait néanmoins réussie, et bien que légèrement blessé, le capitaine était déséquilibré par le poids de ses protections... Sans compter sa jambe droite maintenant exposée après que la sangle de sa jambière ai été tranchée...

Mû par la rage d'avoir ainsi été blessé, le capitaine enchaînait les moulinets avec sa lourde masses que Baldur ne pouvait espérer stopper avec son épée au risque de la voir se faire pulvériser... Il attira donc le soldat fou furieux vers les étals de marchands ou sa rage dévastatrice finit par provoquer sa perte. Sa masse en effet vint frapper un morceau de bois qui retenait une séries de poutre retenant étoffes et soies récemment teintes et en train de sécher. S'effondrant sur le capitaine, les pièces de tissus s'enchevêtrèrent dans son armure, l'empêchant de se mouvoir correctement... Baldur n'hésita pas plus d'une seconde : profitant de l'occasion, il se faufila encore une fois derrière le soldat en effectuant une large balayette avec son épée, un mouvement qui se termina exactement au niveau du genou droit du soldat, disloquant les os, les tendons et le cartilage. Déséquilibré et fou de douleur, le capitaine emmêlé dans les étoffes trébucha et s'effondra... Une fois encore, la lame qui se glissa dans son dos perça l'acier et la maille, les chairs et les muscles, le clouant au sol et scellant son destin.

Crachant le sang et la bile qui lui remontait de l'estomac, le capitaine se mit à rire nerveusement, se sachant d'or et déjà condamné à se vider de son sang en cette sombre nuit Darhàmienne... En cette cité qu'il avait voulu protéger... " … Ne pas aller assassiner un autre capitaine de la garde pour les beaux yeux d'une laronne gauche et débauchée... " dit doucement Baldur, réalisant l'écho ironique de ces paroles prononcées quelques heures avant à peine. Le rôdeur, l'épée ensanglantée à la main, s'approcha du corps du capitaine, dégageant les couvertures qui couvraient son visage. Tout en écoutant les derniers mots de l'homme dans une profonde indifférence, Baldur dégaina la fine dague pendant encore à sa ceinture. " Aarrrh... Gh... Cette catin sans honneur sait choisir... les assassins... qui sont à son image... Ah... Ah ah... Dommage... Oaxaca vous trouveront, toi et cette putain d'Azur... Darhàm tombera..." Plaçant la dague sous la gorge du soldat délirant, Baldur, sans une once de remords, trancha la chair. Le sang lourd et sombre du Capitaine de la garde se rependant sur les soies colorées, teintant les étoffes safranes, mauves et azures de la même teinte carminée... Coulant jusqu'aux pierres du ports où il glissa entre les pierres en formant de longues arabesques rouges...

Mais... L'heure ne semblait guère se prêter au recueillement. Baldur devait impérativement partir de Darhàm. Il ne venait que de retarder la condamnation des portes de la ville... Demain, il devrait contacter un armateur pour quitter la cité par la mer.

Derrière lui, une voix rocailleuse et à peine articulée, que Baldur reconnu immédiatement, tonna dans l'air...

" Que Gaïa m'suce la queue..."

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 Sujet du message: Re: Le port
MessagePosté: Jeu 19 Mai 2011 00:19 
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" Que Gaïa m'suce la queue..."

Adago se tenait là, immobile, comme tétanisé d'effroi, à environ trente pas de Baldur, toujours courbé au dessus du cadavre encore chaud du capitaine de la garde. Le visage du tavernier passa du rouge rubicond au blanc laiteux, sa bouche devint molle et ses mains commencèrent à trembler, faisant tomber la lourde caisses de bois frappé d'un dragon de cire qui, en s'écrasant, libéra une séries de bouteilles aux contenus colorés... Comme si l'homme voyait devant lui les morts se réveiller. " J'savais qu't'allait apporter que des problèmes à Darhàm... Mais tu m'chopera pas ! T'crèvera avant l'lever du soleil !" hurla-t-il avant de tourner les talons et de s'enfuir gauchement. Si l'Aubergiste était rempli de fiel et de haine, son masque finit par tomber pour révéler sa vraie nature de lâche et d'opportuniste... Car il n'hésitait pas à faire tomber étoffes et tonneaux sur le chemin du rôdeur encapuchonné qui le poursuivait, trop heureux de voir enfin là l'opportunité de récupérer de précieuses réponses quant à ses questions et de pouvoir enfin clouer cette langue hypocrite... Malgré les hurlements d'Adago qui voyait Baldur gagner de plus en plus de terrain sur lui, rien ne s'éveillait dans la ville endormies, comme si ces inquiétants cris d'angoisses étaient devenu une partie du folklore nocturne habituel Darhàsmois...

Après quelques minutes de courses à travers les docks silencieux et plongés dans les ténèbres, Baldur parvint finalement à rattraper Adago. Fort de son agilité et de son endurance, le rôdeur parvint à effectuer un magistral placage sur le tavernier, et en moins de temps qu'il ne fallait pour dire « À l'assassin », le tavernier était immobilisé par une solide clé de bras et menacé d'une dague glissée sous son cou de taureau. " … Tu bouges, tu cris, tu m'insultes, tu me mens et cette nuit sera ta dernière... As-tu compris ?" lança Baldur d'un ton aussi glacé que la lame de son épée. " R...Racaille de marécageux... Qu'est c'qu'tu m'veux ! " aboya Adago, se tortillant comme il pouvait sur le sol humide et poussiéreux. " … Des réponses à certaines questions … Mens-moi, et tu finira comme le capitaine, à te vider de ton sang pendant toute la nuit... " gronda le rôdeur avant de traîner son otage jusqu'à ce qui semblait être un étal de poissonnier... Il y avait derrière le comptoir encore puant de la pêche de la veille tout une séries de couteaux et de hachoirs menaçant, les outils parfaits pour un interrogatoire musclé... Calmant le tavernier qui essayait de se débattre à coup de poing et de genoux, Baldur finit par lui plaquer le visage contre une table en bois pour ensuite étendre son bras dans sa longueur...

L'instant d'après, la lune se refléta sur la lame d'un hachoir qui vint s'abattre – à la terreur d'Adago – à quelques centimètres de ses doigts...

" D'abord, parle moi d'Azur... A-t-elle souhaité ma mort ?" commença Baldur, toujours aussi froid et distant qu'un lac de montagne  " Fils de... !" aboya le tavernier, paniqué  " Ta charogne d'amie n'en avait rien à faire d'toi ! T'aurai pu crever qu'elle en aurait pas perdu l'sommeil !... Nan ! Elle a pas d'mandé ta mort ! Mais j'avais b'soin de ta foutue clé pour récupérer c'qu'm'avais promis Tradatore !... T'es qu'un marécageux, on aurait pas pleuré ta mort !" une phalange d'index tranchée et quelques hurlements de douleur plus tard, le rôdeur recommença interrogatoire, d'un ton beaucoup plus agressif et impatient. " Qu'est ce que Tradatore vient faire là ? Qu'est ce qu'il t'avait promis ?"  " Aarhrhhhg... Phaïtos t'plongera dans les Abysses... Ordure... Grrahr... Tradatore a fait un marché avec les Oaxiens... Il devait empoisonner les cargaisons d'potions et d'cataplasmes pour la garde pour l'affaiblir. Moi, j'devais servir d'intermédiaire... J'gagnais la protection d'Oaxaca et un paquet d'Yus dans l'histoire..." D'un geste lent, Baldur leva à nouveau le hachoir à poisson vers le ciel, intimant le tavernier à continuer son récit...  " Tradatore cherche qu'à s'faire une fortune sur c'te guerre entre Darhàm et Oaxaca ! Y m'a contacté parc'que j'remplaçait l'Wilcox Taylor à l'Taverne des Voyageurs et qu'j'étais dans la guilde des contrebandier d'cette traînée d'Azur !... Ouais ! M'en fout qu'cette ville crâme avec ses habitants !... Argh ! J'devais just'servir d'intermédiaire ! Relâche-moi !" Avec la chute du couperet tomba aussi deux nouvelles phalanges sanguinolentes... Retenant avec peine l'envie de vomir qui montait dans sa gorge, Adago se résolu à devoir avouer toute la vérité...  " Enfoiré d'marécageux...! Argh... D'accord ! D'accord ! J'suis un espion d'Oaxaca...! J'devais m'infiltré dans c'te ville maudite pour détruire tout'tentative d'résistance. J'ai commencé par empoisonner la bière d'Wilcox, j'ai r'pris l'établissement quand il est tombé m'lade... Ensuite j'ai appris qu'i'traficait avec d'contrebandiers.... Rhg... J'ai r'joint la guild'Azur... C'te garce savait comment r'pérer les failles dans les remparts d'la cité pour faire passer l'contrebande ou les criminels, alors j'ai envoyé l'plan des remparts à Oaxaca. Mais y restait qu'la garde d'la ville et ce taré d'capitaine pour encore espérer combattre. J'devais récupérer l'fioles empoisonnées s'soir et envoyer le reste des plans des remparts à Tradatore après !... Rgh... C'est bon maintenant ! R'lâche moi maintenant !" grogna le traître d'aubergiste, les larmes aux yeux d'avoir vu trois de ses doigts se faire mutiler... " Ta tête r'joindra l'trône de Phaïstos comme le reste d'cette cité ! Y vont commencer à met' la ville à feu et à sang ! Argh...! Toi et ta catin d'Azur, vous vous f'rez égorger ! Et cette chienne pass'ra entre les pattes de tous les orques d'Nirtim avant d'se faire éviscerer !... "

Baldur en savait désormais beaucoup... Beaucoup trop même. Son crâne était envahi d'images de guerres, de complots et de machinations auquel il avait inconsciemment pris parti. Une rivalité entre deux cités probablement lié à la lutte d'influences entres pirates, contrebandiers et marchands Oaxiens et Darhàsmois, appuyé sans doute par quelques illuminés religieux. Voilà donc le rôdeur devant l'impasse, et il devait se résoudre à fuir le plus vite possible Darhàm avant que la cité ne brûle des feux de la guerre entre rebelles et soldats. Las... Baldur était particulièrement las de se trouver encore une fois dans une nouvelle tragédie...

Le guerrier écouta son instinct qui lui intimait d'attendre l'aube et de partir sur le premier navire marchand venu... Mais il y avait aussi cet écho lointain, à peine perceptible, qui répétait sans cesse ce même mot : lâche... Lâcheté ? La survie n'est pas de la couardise, personne ne se souviendra de son fabuleux assaut raté contre l'armée Oaxienne pour sauver les beaux yeux d'une amie gauche, débauchée et incroyablement voluptueuse...

Azur ?...

Voilà encore ses pensées tournées vers cette femme, à croire que Baldur soit tombé sous son charme exotique ou une autre elferie du genre. Mais si Darhàm brûle, Azur mourra dans les flammes...

Baldur ne savait plus quoi faire, quoi décider... Son âme réclamant d'un côté d'aller aider celle sans qui il ne serait pas l'homme qu'il est aujourd'hui, celle à qui il a appris la survie, et celle qui lui a appris à vivre. De l'autre son instinct sauvage qui lui commandait de fuir la cité avant qu'elle ne sombre, de ne pas risquer sa vie à des causes vaines et futiles, de ne pas s'attacher à aucun être foulant le sol de cette planète sans affaiblir encore plus son esprit par de nouvelles divagations philosophiques...

Sous ses mains gantées et ensanglantées s'agitait encore le traître Oaxien, essayant désespérement de se défaire de l'emprise de son bourreau... Le visage hideux du tavernier dégoûtait Baldur, qui avait besoin de laisser sa colère d'avoir encore une fois été manipulé s'exprimer pleinement... Il allait apprendre à cette ordure de quoi est réellement capable un homme qui n'a rien à perdre et rien à gagner... Un homme dont la patience venait d'être mis à bout...

Un homme furieux...

Agrippant l'arrière du crâne chauve et huileux du faux tavernier, Baldur frappa la tête d'Adago avec force contre le comptoirs de la table, une fois, deux fois, trois fois, quatre fois... Jusqu'à temps que le petit craquement visqueux qui se faisait entendre devint de plus en plus fort, jusqu'à ce que la mâchoire de l'homme finisse par se détacher pour pendre lamentablement sous son visage grimaçant de douleur et de désespoir. D'un geste vif et précis, Baldur se saisit de crochets dont l'utilisation, à l'origine, était destinée à l'arrachage d'écailles... Coinçant la tête de l'aubergiste sous son bras, le rôdeur planta les crochets encore humide et puant de sang de poissons dans la langue rouge d'Adago qui hurlait comme un désespéré. Ne faisant pas attentions aux regards suppliants et pleins de larmes que lui lançait l'Oaxien, le guerrier des marais enfourna sa main dans la gorge béante de son otage...

Il saisit entre ses doigts ensanglantés la langue visqueuse et blessée qui semblait se débattre comme une anguille sur le point de mourir...

Il tira... De toute ses forces... Étouffant de son poing les cris qu'Adago essayait de pousser...

Un claquement humide se fit entendre, et les doigts du rôdeurs arrachèrent la langue du traître, manquant de noyer l'homme dans son propre sang... Baldur jeta l'organe mutilé au sol, lança un dernier regard sur le pitoyable et sanglotant corps d'Adago qui vomissait sang et bile en regardant bêtement dans la paume de sa main droite les doigts et la langue mutilés... Rapidement, le rôdeur fouilla la sacoche du tavernier qui n'opposa aucune résistance quand Baldur sortit du sac de toile quelques vélins lourds, attachés par un sceau de cire sombre arborant le même motif de dragon que sur les caisses de tout à l'heure...

Retenant la nausée qui remontait de son estomac d'avoir accompli telle monstruosité sous le coup de la colère, Baldur se résolu enfin à fuir, entendant au loin l'écho des bottes des soldats venant de découvrir le cadavre de leur capitaine, emportant avec lui les quelques parchemins mystérieux récupérés dans le sac d'Adago... Il n'avait plus la volonté de penser, il ne désirait plus que fuir, que trouver un endroit où se reposer de cette soirée cauchemardesque...

" Son silence contre ma survie... Son silence contre ma survie..."

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 Sujet du message: Re: Le port
MessagePosté: Jeu 2 Juin 2011 23:49 
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Darhàm, cité sombre et ravagée...
Darhàm, perle noire de Nirtim...

Darhàm, aux éclats d'onyx, d'obsidienne, d'ébène et de jais...


C'était les mots qu'avait prononcés Azur pour peindre le portrait de la ténébreuse ville à Baldur, le rôdeur du Sud. Elle lui avait décrit les splendeurs de la vie nocturne, le calme impérial qui régnait sur la cité lorsque dans les rues ne rôdent plus que les voleurs, volés, assassins et assassinés... Là, entre les brumes et les embruns d'une mer couleur nuit, on pouvait contempler le reflet blanc d'une lune de platine, accompagnée des millions d'éclats d'argent des étoiles, visible lors des soirées claires et fraîches. Dans les lumières orangées se tamisant par les volets des habitations délabrées voltigeaient frénétiquement des papillons de nuits aux existences éphémères, tandis que dans les rues se mouvaient des ombres, hantant continuellement les rues et ruelles de la magnifique cité... De temps à autre, un hurlement étouffé ou le chant d'un ivrogne venait casser le calme souverain régnant sur Darhàm, mais bien vite le silence et les brumes retombait sur la cité sombre...

Douce est la nuit Darhàsmoise, véritable reflet de son âme...

Debout sur les quais de pierres grises du port de Darhàm, Baldur contemplait le tableau sublime d'une mer de charbon se mêlant à un firmament couleur corbeau... Seul le reflet ondulant d'une pleine lune d'un blanc rayonnant donnait relief à cet avant-goût de l'infini, à ce spectacle du néant..

S'emmitouflant dans son nouveau manteau de fourrure - « cadeau » d'Azur pour remplacer sa cape noire, Baldur observait du coin de l'œil la demi-elfe en grande discussion avec le robuste capitaine d'un des navires amarré au port... Elle était accompagnée de quelques hommes en armures de cuirs cloutées surveillant les alentours, leurs mouvements frénétiques et leurs mains crispées autour de la garde de leurs armes trahissant leur nervosité... Le rôdeur du Sud laissa égarer son regard le long de la coque du grand bateau se balançant lentement entre les paresseuses vagues, se surprenant à demander inconsciemment à Moura de veiller sur sa traversée...

Une lueur orangée illumina peu à peu les reflets obscurs de l'eau clapotante, attirant l'attention de Baldur... Instinctivement, il se retourna et se figea ; son sang glacé par le théâtre effroyable et majestueux d'une aube enflammée se levant sur Darhàm. Des braises virevoltantes dansaient dans le ciel éclairé par les flammes qui léchaient l'horizon, au loin, donnant au souffle glacé une nouvelle et étouffante chaleur... Petit à petit, le chant du choc des épées contre les armures emplit à son tour l'atmosphère, s'ajoutant à la mélodie des grognements bestiaux qui provenaient du quartier est de la cité... On ne pouvait guère voir plus que les toitures enflammées au loin, mais le regard troublé d'Azur donna au cœur de Baldur la réponse qu'il redoutait...

Darhàm brûlait...

Se retournant furieusement en direction de la demi-elfe, toujours tétanisée par le spectacle des flammes et de la fumée tourbillonnante, il attrapa vigoureusement l'épaule de la voleuse, l'arrachant de ses pensées. "... Azur !... Il est temps..." murmura-t-il, la gorge noué. "Oui, mon Baldur... Je sais..." répondit machinalement Azur avant de ravaler une larme. "... Darhàm... Ma Darhàm... Deux jours que tu y dors et déjà elle brûle, mon Baldur... Mais le temps n'est plus aux adieux, n'est ce pas ? Nous devons agir vite, sans quoi Oaxaca gagnera notre guerre, et nous ne voulons pas ça..." "... Non, nous ne le voulons pas..." dit Baldur, essayant de cacher la mélancolie qui s'instillait dans son cœur par une façade railleuse. Azur détourna le regard et dit, entre deux rires sonnant abominablement faux... " Ce... Ce navire s'appelle l'Hirondelle, il appartient à une guilde de mages installées à Tulorim, un de leurs port d'attache. Ils partiront dans moins de quelques minutes... Grimpe maintenant ! Va-t-en vite... Disparaît de Darhàm avant qu'Oaxaca ne vienne te prendre toi aussi...!" Essayant de se dérober sous l'étreinte du rôdeur, Baldur attrapa fermement la demi-elfe par le bras avant qu'elle ne disparaisse... Le regard dur et froid du guerrier rencontra celui troublé et ému de la voleuse...

Marquant d'un fer rouge sa mémoire de la couleur magnifique des yeux de la demi-elfe, Baldur ramena le bras vers lui et enlaça tendrement celle qui fut son amie, sa sœur et son amante... Son cœur se brisa en sentant contre sa poitrine les sanglots étouffés d'Azur.. Calmement, le rôdeur caressa la tête de la voleuse avant de relever son doux visage déjà mouillé par les larmes...

Affûtant sa voix comme un forgeron le ferait pour une lame, Baldur assura, de sa voix grave et dure... " Tu es une louve, Azur... Protège les battements de ton cœur, rappelle-toi de mes... de nos enseignements et tu verras l'aube de demain, ainsi que toutes celles qui se lèveront après mon départ..."

Retour... Avant mon retour... Et avant mon retour...
Pourquoi ces mots refusaient de quitter sa gorge...?


Essuyant gauchement ses joues humides, Azur eut un mouvement fulgurant et happa tendrement à nouveau les lèvres du rôdeur... Baldur se laissa encore une fois envoûté par le sel de ses lèvres et le sucre de sa peau, ce goût si délicieux... Si fugitif... Quelques secondes plus tard, la demi-elfe et ses compagnons disparaissaient entre les ombres, ne laissant derrière eux que de doux souvenirs s'estompant dans un air chargé d'une odeur de bois et de chair brûlés... Le hurlement rauque d'un marin hélant Baldur le tira de ses rêveries éveillées... Grimpant la fine passerelle de bois qui séparais le quai du pont du navire, Baldur remarqua une chose ronde et chaude qui avait été déposé dans sa main sans qu'il ne s'en rende compte... Ouvrant la paume, le rôdeur découvrit un petit bracelet fait de perles de bois noires et brillantes, sculptées en petites boules tourbillonnantes, reliées à une douzaines de plumes de faucon un peu éfaufilées... Souriant machinalement à la vu du maigre cadeau, Baldur se retourna une dernière fois, cherchant ne serais-ce qu'une silhouette qui se détacherait de la Darhàm enflammée...

Rien...

Quelques minutes plus tard, le fier navire au nom significatif larguait les amarres, glissant silencieusement sur l'eau noire d'une mer étrangement calme... Darhàm s'éloigna peu à peu, jusqu'à devenir une simple luciole lumineuse à l'horizon avant de disparaître, engloutie par les ténèbres et les brumes nocturnes... Laissant Baldur seul avec ses sombres pensées...

Survivrait-elle au lendemain...? Était-ce là tout ce que Baldur pouvait faire pour venir en aide à celle qui était sa compagne, son élève, sa maîtresse, son amie, son amante et sa sœur...? N'y avait-il pas moyen de trouver un moyen pour épauler cette cause perdue depuis Tulorim...?

Trouver de l'aide pour les beaux yeux d'une larronne gauche et débauchée ?

Glissant le braclet de perle à sa ceinture, Baldur effleura la surface froide et bosselée de sa boussole dorée ornée d'une tête de lion rugissante. Détachant l'objet de sa cordelette, le rôdeur passa machinalement son doigt le long du relief des boucles de la crinière du lion doré... Un léger frisson parcouru son échine lorsqu'il sentit au bout de sa main une vibration électrique. Calmement, il ôta le loquet de la boussole et l'ouvrit...

Baldur s'étouffa...

Une surface aussi noire que la nuit recouvrait le cadran de la boussole, tandis qu'une aiguille rouge se balançait furieusement en direction du Sud... En direction de Caer Durmael... Ainsi, le rôdeur avait bel et bien la confirmation d'une crainte plus grande encore que la mort d'Azur. Une angoisse que son cœur refoulait, que son âme refusait d'admettre...

Une voix rocailleuse et amicale résonna derrière Baldur, lui demandant si tout allait bien, que sa couchette était prête et qu'un peu d'eau ne lui ferait pas de mal.

Acquiesçant machinalement de la tête, Baldur suivit le marin à la grosse barbe grise vers les cales du navire, observant une dernière fois la lune ronde et brillante qui diffusait sa douce lumière aux alentours...

Aube nouvelle qui se lèverait demain... Aube qui sera marquée par le sang de Darhàm...

---

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Baldur
Rôdeur ; [Lvl 5]


Dernière édition par Baldur le Jeu 14 Juil 2011 06:08, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Le port
MessagePosté: Mer 29 Juin 2011 20:50 
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Localisation: Dahràm
C'était une nuit où de gros nuages noirs et menaçants cachaient la lumière de la lune. Sköll courrait à travers les grands arbres de la forêt. Le sang affluait dans ses pattes alors qu'il tentait de rattraper sa proie, un Bouloum qui avait eu le malheur d'attirer son attention avec son cri si distinctif et d'ouvrir son appétit. Évitant les obstacles sur son passage, il se rapprochait lentement et sûrement de sa cible. Un simple bond et il pourrait conclure cette chasse, mais le jeune liykor noir voulait faire durer son plaisir et la terreur de son dîner. Complètement obnubilé par ses instincts de prédateur, il fit abstraction du grognement venant de sa droite qui lui intimait d'arrêter. Alors qu'un immense poids s'abattît sur son côté droit et le propulsa au sol, il s'extirpa finalement du sommeil.

Deux fentes écarlates s'ouvrirent et vinrent percer l'obscurité de son logis. La première chose qu'il remarqua à son réveil fut un horrible mélange d'odeur de poisson, de transpiration, d'alcool, de tabac et de viande en décomposition. Réprimant une grimace de dégoût devant la puanteur, il prit le temps d'inspecter l'endroit qui lui servait de cabine depuis plus d'une semaine. L'immense humanoïde était étendu sur une vieille toile déchirée qui avait été rapiécée à de nombreuses reprises. En effet, comme en témoignait les autres traces de griffes sur le plancher de bois, les nuits du jeune liykor noir étaient agitées. C'était un problème récurrent qu'il traînait déjà depuis quelques années. Peut-être qu'il devrait consulter un herboriste? Après tout, il existait probablement une plante ou un autre remède miracle qui pourrait l'empêcher de détruire le mobilier. Il existait également la solution magique, mais il devrait évidemment commencer par vaincre sa paranoïa de la magie.

S'extirpant de son lit de fortune, il fit attention à ne pas se cogner la tête sur la poutre qui se trouvait juste au-dessus. Il avait déjà récolté suffisamment de bosses à cet endroit. De nombreuses caisses étaient disposées un peu partout dans la cale: on retrouvait surtout des fourrures en provenance du nord. Il effectua quelques mouvements dans le vide pour délier ses muscles, puis se gratta l'arrière de l'épaule pour tenter d'y déloger les puces qui s'y dissimulaient sans aucun doute. C'était difficile de faire le nettoyage quand on voguait sur la mer. Le roulis du navire lui donnait toujours autant la nausée et il se concentra fortement pour garder le contenu de son estomac dans son estomac. S'appuyant sur la montagne de caisses la plus proche, il partit en quête de ses effets personnels en se servant de son excellente vision nocturne. Il les trouva rapidement là où il les avait laissé, juste à côté des restes de son repas de la veille.

Quelques secondes à peine et il portait de nouveau son attirail habituel et un sac qui contenait ses déchets. C'est-à-dire une sorte de demi-pantalon couvrant ses cuisses, une ceinture tout ce qu'il y a de plus ordinaire, une épée bâtarde et des épaulettes en cuir. Il portait un pantalon pour satisfaire les conventions sociales des autres races qui n'appréciaient pas qu'il se promène sans vêtement. Alors qu'il se dirigeait vers l'échelle qui lui permettrait de rejoindre le pont, il remarqua avec amusement qu'un bras à moitié dévorée gisait non loin de la cargaison de tabac. Ses babines s'entrouvrirent pour dévoiler sa dentition étincelante dans une sourire carnassier, puis il le ramassa avec la ferme intention de le jeter par-dessus bord avec les autres restants de son souper. Il n'aimait pas vraiment la viande en décomposition et selon les prédictions de l'équipage, ils arriveraient finalement à Dahràm dans la journée. Il aurait donc tout le loisir de manger un bon morceaux de viande fraîche en ville.

Quittant la cale par l'échelle, il déboucha finalement sur le pont où l'équipage effectuait ses tâches habituelles dans la bonne humeur. À peine son énorme tête de loup était apparue sous le soleil que les conversations se tarirent et que les marins s'éloignèrent de quelques pas tout en le fixant avec nervosité. Leur réaction était prévisible, puisque la journée précédente, ils avaient été attaqués par d'autres pirates. Ce qui en soit n'était pas un problème, puisque la plupart des marins étaient des monstres de la pire espèce qui tueraient des enfants sans hésiter. Non, leur nouvelle crainte venait du partage du butin qui avait suivi où Sköll avait dévoré l'un des pirates ennemis comme collation. Voir l'équivalent d'un loup géant dévorer un être humain qui aurait pu être eux n'avait probablement pas été un spectacle très réjouissant. Évidemment, il ne s'était pas arrêté là et avait ramassé une bonne partie de l'argent grâce à ses techniques d'intimidation, à son expertise dans l'art du chantage et à son talent suspicieux dans les jeux de hasard. Il aurait bien tenté d'atténuer leur peur avec son fameux sourire, mais il avait la solide impression que cela produirait l'effet inverse. Ne leur prêtant aucune attention, Sköll, temporairement aveuglé par la lumière, se dirigea lentement vers la proue du Wodanaz tout en essayant d'ignorer les mouvements de balancement. À peine eut-il le temps de déverser le contenu de son sac dans l'océan qu'une nouvelle vague de nausée l'assaillit et le força à se vider les tripes pendant une bonne dizaine de minutes.

(Je déteste l'océan.)

Son activité fut interrompue, lorsqu'il reçut soudainement un coup sur le haut du dos. Se retournant pour confronter son agresseur, il fut accueilli par le sourire éclatant de la personne la plus dangereuse qu'il n'ait jamais rencontré. Il s'agissait de nul autre que du capitaine du navire, Illyriel, une aniathy qui était toujours de bonne humeur et qui le traitait comme un gros chien. Il se souvenait encore de leur première rencontre où elle avait essayé de grimper sur son dos pour lui gratter les oreilles. Inutile de dire que le jeune liykor n'avait pas été très coopératif. Crachant une dernière fois dans l'océan, il saisit la bouteille la plus proche et se rinça le gosier.

« Qu'est-ce que tu veux? »

Techniquement, Sköll était sous les ordres de cette demi-portion pour tout le voyage. Selon les règles de leur accord, il les avait aidé à piller des navires marchands et en échange, il pouvait les accompagner gratuitement jusqu'à leur destination commune. Malgré les points négatifs dont Illyriel faisait partie, le guerrier avait sauté sur l'occasion de ne pas avoir à dépenser son argent qui disparaissait toujours à vue d'oeil. Il ne regrettait pas sa décision, même s'il aurait bien aimé attacher la petite peste dans la cale. Il était peut-être un peu trop dure avec elle. En vérité, il appréciait sa personnalité éclectique et ses comportements bizarroïdes. Cependant, il n'avait toujours pas oublié le jours où elle avait voulu le dresser et lui apprendre des tours.

« Arrêtes de salir mon magnifique bateau. Et appelle-moi Capitaine!»

Elle avait dit cela tout en prenant un ton de voix qui se voulait autoritaire, mais qui lui donnait plutôt l'allure d'une princesse trop gâtée. L'immense boule de poils qu'était Sköll jeta un regard au bateau sur lequel il se trouvait, puis il fixa de nouveau la gamine qui semblait être tombée dans le sucre à sa naissance. De quel navire parlait-elle? Il n'en avait aucune idée. Un simple grondement sourd s'éleva de sa gorge pour exprimer son désaccord. Le Wodanaz était un vieux rafiot à moitié pourris. C'était tout bonnement étonnant qu'il n'ait toujours pas coulé. Peut-être que la magie était impliquée dans cette histoire? Si c'était le cas, il préférait ne pas le savoir. Évidemment, s'il disait vraiment ce qu'il pensait, il aurait le droit à un discours d'une heure sur les vertus du bateau. Heureusement, il fut sauvé par Rémiz, l'officier en second, qui arriva au bon moment pour les informer que Dahràm était en vue. Il n'oublia pas non plus d'assassiner Sköll du regard. Comme réponse, celui-ci ouvrit la gueule dans un baillement sonore qui dévoila par la même occasion son impressionnante mâchoire. Depuis le premier jour, les deux êtres ne pouvaient pas se sentir et ils en étaient presque venus aux coups à plusieurs reprises. Alors que le capitaine repartait avec son second, Sköll qui n'avait définitivement pas le pied marin retourna à son activité usuelle, la gueule penchée au-dessus de l'eau.

Ce n'est qu'une heure plus tard qu'il retrouva enfin le sol. Ses adieux avaient été rapides au grand soulagement des pirates qui s'étaient empressés de le maudire dans leur barbe une fois qu'il fut descendu. Parfois, les humains pouvaient être de vrais crétins; Sköll, avec ses sens supérieurs, pouvaient aisément entendre leurs insultes. Heureusement pour eux, le prédateur s'en fichait royalement et était plutôt préoccupé par son estomac qui criait sa faim et la ville qui se dressait devant lui. Dahràm était un nid de vipères. Ou du moins, c'était ce que tous ses amis pensaient de la cité portuaire. Avec son expérience sur le Wodanaz, Sköll était tenté de les croire. Surtout que le port offrait déjà une vision de ce qui l'attendait: des groupes d'esclaves traités comme des troupeaux, des femmes légèrement vêtues qui divertissaient des pirates en quête de plaisirs charnels et des ombres qui ne laissaient rien présager de bon. Si Sköll observait avec incrédulité un spectacle qu'il n'avait pas vu depuis Pohélis, les regards curieux, intéressés et nerveux des habitants se tournaient vers le nouvel arrivant. Ce n'était pas tous les jours qu'un liykor noir débarquait dans la ville. Ce dernier qui remarqua rapidement l'attention qu'il suscitait se dirigea vers la ruelle la plus proche avec la ferme intention de trouver de la nourriture.

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Blood and Darkness are only tiny fragments of the world.
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 Sujet du message: Re: Le port
MessagePosté: Jeu 1 Sep 2011 14:37 
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Localisation: quête 30
Soudain un petit bonhomme me percute, et file sans s'excuser en direction d'un rassemblement, me ramenant aussi sec dans le monde réel. Mon masque m'étouffe, j'ai l'impression de manquer d'air, mais l'enlever ici, entouré d'autant de spectateur, certains curieux m'observant même, intrigués par mon accoutrement et mon malaise passager. Je me ressaisis et tourne le regard vers le rassemblement, feignant d'y prêter attention afin d'échapper à ce désagréable sentiment de suffocation. Respirant de tous mes poumons, je me joins à la foule, qui s'abreuve des paroles d'un Hérault :

« Votre attention, nobles paladins, paysans pouilleux, fiers chevaliers du chaos et culs-terreux des basses campagnes.
Dans les profondeurs de la terre, là où la pierre morte ne laisse rien passer, au plus profond des entrailles des mondes, un riche extracteur de minerai voit ses mineurs disparaître dans d'étranges circonstances. Voyant par la même occasion la motivation de ses hommes diminuer, il s'interroge.
Sir Sitröm se dit prêt à engager au prix fort dix mercenaires de toutes régions qui se prétendraient capables de résoudre le problème qui fait tant souffrir son économie et ses affaires.si il y a parmi vous, hommes et femmes sensibles à cette offre, veuillez vous diriger vers le navire La Veuve des mers , La capitaine choisira les meilleurs! »


Je me retourne vers Depheline, mon regard plongeant dans le sien, pétillant d'excitation, retrouvant presque toute ma bonne humeur. Je lui lance:

« C'est notre chance Depheline! Notre chance de se faire beaucoup d'or, un nom et de quitter ce trou puant ! Allons-y! »

À peine ma phrase terminée, que je me dirige déjà dans un ondoiement de cape et de cheveux roux vers le bâtiment flottant, promettant l'aventure aux braves. Oubliant le malaise perçu plus tôt, il devait sans doute s'agir de la dissipation de la potion revigorante du mage. Cela passerait sans doute bien vite et ne devait pas me freiner dans mon élan.

_________________
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Serpent Ménestrel (origine Voleur) Niveau 15
    "Oaxaca contre-attaque." (Quête 30)

    Réputation :
    ¤ Il est beau ¤ Une navigatrice dans la quête 27
    ¤ Il est fantastique ! ¤ Un tavernier de Dahràm
    ¤ rchhhtll blll rll !! ¤ Le dieu pieuvre des mines de Lebher
    ¤ Il est trop rapide pour moi ¤ Le Dragon Noir d'Oaxaca
    ¤ Il m'a faite danser, et j'ai aimé ça ¤ Silmeria, l'anima noire


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     Sujet du message: Re: Le port
    MessagePosté: Jeu 1 Sep 2011 14:37 
    C’est avec intérêt qu’elle s’approcha de ce regroupement impromptu pour en apprendre plus. Serpent était bien évidemment à ses côtés, lui aussi curieux. Soudainement, l'avancée de ses pas lui semblait durer une éternité, comme si toute la fatigue du monde venait de s’abattre sur ses épaules, et c’est alors que les paroles du magicien de la boutique lui revinrent en tête. L’effet de la potion venait de se stopper et le contrecoup était des plus rudes…

    Il était question d’enquêter sous terre pour le compte d’un très riche personnage et de suite, cette nouvelle attira l’attention de la demoiselle épuisée. Comment allait-elle donc bien pouvoir prouver ses capacités dans l’état dans lequel elle se trouvait ? Jetant un coup d’œil au voleur, elle avait également constaté qu’il était dans le même état, ses épaules courbées alors qu’habituellement il faisait toujours preuve d’un bon maintien. Mais à l’inverse de cet intrépide trop confiant en lui, la magicienne préféra rester à l’extérieur quelques minutes pour reprendre son souffle qui venait à lui manquer tandis que son cœur palpitait étrangement et que sa tête lui tournait. La course effrénée pour fuir les Garzoks dans les rues l’avait rattrapée avec du retard, mais elle avait fini par exiger son dû…

    « Notre chance va... attendre... un peu... que je sois... en état... de montrer ce dont je suis capable... »

    Et avec cette tenue toute trempée, il y avait fort à parier que son allure n'allait pas faire très bonne impression. Elle n'avait pourtant pas le choix que d'y aller ainsi sous peine de voir l'occasion de s'enrichir leur glisser entre les mains. Kendra Kâr allait donc probablement être pour une autre fois, si les deux amis étaient retenus pour faire parti de l'aventure...

    Suite dans le bateau...


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     Sujet du message: Re: Le port
    MessagePosté: Lun 26 Sep 2011 22:37 
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    Inscription: Mer 2 Juin 2010 17:19
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    Quand ils arrivèrent au port les quatre compagnons jetèrent des regards pleins d'espoirs à tous les grands bateaux visibles. Leurs sourires s'évanouirent pourtant peu à peu quand Zarachy les dirigea vers une sorte de caraque de couleur très terne.

    Le bois était assez sombre et les voiles de couleur marrons et noirs. La proue était une sorte de très grosse tête de serpent, dont la bouche ouverte laissant voir quatre crocs et une langue fourchue. La sinistre sculpture était d'une unique couleur très sombre proche du brun, ce qui lui donnait un aspect peu rassurant.

    Fluron émit un faible gémissement apeuré à la vue du sombre navire et agrippa un bout de la cape à Raftael.

    Quand ils arrivèrent juste à côté Sevothyr constata que le bateau était quand même de taille respectable, même s'il n'était pas aussi grands que certains navires de riches commençants, il devait bien mesurer une trentaine de mètres.
    Arrivé devant la passerelle Zarachy jeta un long regard circulaire sur les alentours.

    "On ne monte pas ?" Demanda Sevothyr.

    "J'attend une autre personne avant de partir, une prometteuse recrue. "

    Le demi-elfe ressentie sans savoir pourquoi une pointe de jalousie, mais ne dit rien. Soudain un homme corpulent, chauve et à la barbe noire fit son apparition au-dessus du pont :

    "Zarachy ! "

    "Valès ?"

    "Il est déjà arrivé ! Vous pouvez monter."

    L'homme aux cicatrices fronça les sourcils et gravit la passerelle, suivi des quatre compères. Arrivés en haut tous virent « la prometteuse recrue » qui attendait à côté du dénommé Vales.

    Fluron en poussa un petit cri de surprise, Sevothyr et Raftael s'arrêtèrent net, chacun perdant momentanément son expression habituel ; le sourire narquois pour le premier et la mine impassible pour le second, quant à Ernest il se contenta de détailler l'individu en question d'un regard curieux.

    Devant eux se tenait Noctar, l'humoran sur qui ils avaient parié dans le quartier des marins se tenait tranquillement devant eux, les bras croisés.

    "Je peux savoir comment tu as su que c'est ce bateau que nous allions prendre ?" Demanda Zarachy qui soudain dévisagea sa « prometteuse recrue » d'un regard suspicieux.

    "C'est par celui-là que vous étiez venus il y a deux semaines" La tonalité de sa voix était très spéciale, bien spécifique à sa race. "Je vous rappelle que je passe la plus grande partie de mon temps sur ce port et dans les alentours, un bateau comme le vôtre n'échappe pas à mes yeux."

    Valès la mine un peu dépitée commenta :

    "Bah..... il est discret pourtant.."

    "Justement....trop. "

    L'homme aux cicatrices éclata de son rire caractéristique, semblable au rugissement d'un ours et assena une claque sur l'épaule de l'humoran qui chancela sur le coup:

    "Bienvenue à bord. "

    Il tourna la tête vers le dénommé Valès.

    "Je suppose que le capitaine est dans sa cabine ?"

    "Oui, il gère des comptes et il remontera dès qu'il aura fini."

    "Bien, que les hommes se préparent, on lève l'ancre tout de suite. "

    Ce dernier hocha vivement la tête et couru sur le pont en beuglant des ordres à droite et à gauche.
    Zarachy tourna la tête vers ses cinq nouvelles recrues et leur fit signe de le suivre. Il les amena vers le fond de la caraque et se dirigea vers une petite cabine. En marchant, Sevothyr, tout comme ses compagnons, jetait des regards à droite et à gauche, observant tout ce qui se passait autour d'eux. Une vingtaine de marins à la mine patibulaire courraient à leur poste pour se préparer au départ, le pont était assez large, il devait faire une dizaine de mètres.

    L'homme aux cicatrices ouvrit la porte de la minuscule cabine où ne se trouvait qu'un escalier qu'ils dévalèrent. Arrivés en bas, ils faisaient face à deux pièces dont la porte étaient fermées.

    "Voici la chambre du capitaine et la mienne, prenez garde à ce qu'on ne vous y surprenne pas, à moins que vous ne vouliez terminer le voyage au fond de la mer où les poissons se nourriront de vos restes bien sûr. "

    Il éclata de nouveau de son rire caractéristique, suivi de Fluron qui força un rire mal assuré, croyant visiblement à une plaisanterie. Sevothyr quant à lui se demandait sérieusement s'il s'agissait là d'humour ou pas.
    Zarachi tourna les talons, s'engageant dans un long couloir qui faisait presque toute la longueur de la caraque et qui donnaient sur de nombreuses portes.

    "Les chambres" Ils traversèrent la quasi-totalité du couloir et s'arrêtèrent à la cinquième porte en partant de l'autre extrémité. 'Noctar tu dormiras ici avec quelques-uns des marins.'' Il désigna la porte qui se trouvait à sa droite et pivota pour leur faire face. "Quant à vous quatre vous dormirez ensemble dans celle-ci. " Il pointa son doigt sur la porte qui faisait face à celle qu'il venait de désigner.
    "Déposez vos affaires et occupez vous comme bon vous semble, moi je serais sur le pont. "

    Il commença à partir mais s'arrêta au bout de deux pas.

    'Ah dernière chose.''

    Il pointa son index vers l'extrémité du couloir, à l'opposé de là où se trouvait sa chambre et celle du capitaine, et où se trouvait une pièce qui était fermée avec un gros cadenas.

    "Troisième endroit interdit, si on vous surprend ne serait ce qu'à toucher au cadenas je clouerais vos mains sur la porte afin de dissuader les prochains téméraires. "

    Croyant à nouveau à une plaisanterie Fluron émit un petit rire forcé qui s'évanouit vite quand il remarqua la mine de ses compagnons qu'il ne s'agissait sûrement pas d'une blague.

    Zarachy regagna l'escalier tandis que Noctar entra dans sa chambre sans un mot.

    "Bon..... " Dit Sevothyr, interrompant le silence pesant qui s'était installé.

    Il poussa la porte de leur chambre et entra. La pièce était assez petite, sur sa droite et sur sa gauche se trouvaient deux couchettes superposées. En face de lui, en dessous d'un hublot sale se trouvait une petite caisse où ils pouvaient mettre leurs affaires.
    Il inspira profondément et jeta son sac sur la couchette qui se trouvait en hauteur, sur sa droite et escalada la petite échelle qui lui permettait de gagner le lit qu'il s'était approprié. Il fit attention de ne pas se cogner la tête contre le plafond qui était assez bas et s'allongea sur le dos sur les couvertures miteuses.
    Il joignit ses mains derrière sa tête et entendit les autres rentrer dans la pièce.

    Sans parler ils choisirent leurs couchettes, Raftael en dessous de Sevothyr, Ernest prenant l'autre lit superposé, Fluron en dessous de ce dernier.
    Soudain ils sentirent la caraque bouger, tous tournèrent vivement la tête vers le hublot et virent que le bateau commençait à quitter le port. C'était comme si le malaise laissé par les avertissements de Zarachi s'évanouirent subitement, Ernest poussa une petite exclamation et courut hors de la cambre pour regagner le pont, Fluron sur ses talons.
    Raftael et Sevothyr, désormais seul dans la pièce, étaient restés sur leur lit, leur yeux tournés vers le hublot, le regard dans le vague, tout deux un mince sourire aux lèvres.

    (Ca y est...) Se dit Sévothyr, il sentit les battements de son coeur s'accélérer légèrement. Enfin il allait débuter une nouvelle vie, mais quel genre de vie ? Qu'est-ce que l'avenir lui réservait ? Il n'en avait strictement aucune idée, mais cela ne pourrait pas être pire que ce qu'il avait vécu jusqu'à maintenant se disait il. Et en même temps le fait de ne pas savoir du tout dans quoi il se lançait avait quelque chose de très excitant. C'était l'appel de l'aventure !

    "Dans quoi m'as-tu embarqué ?" Entendit il Raftael dire.

    Le demi-Shaakt ne put s'empêcher d'émettre un petit rire, chose qu'imita le bel humain, ce qui surpris assez Sévothyr, lui qui le connaissait d'un naturel assez impassible et qui imaginait son ami plus inquiet qu'autre chose vis-à-vis de cette entreprise.
    Quelques minutes s'écoulèrent en silence, tous les deux regardant à travers le hublot la mer défiler sous leur yeux.

    "C'est louche quand même, je me demande bien ce qu'il cache."

    Sevothyr, du haut de sa couchette ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel.

    "Et alors quoi ? Il s'agissait de leur réserve probablement, ils ne nous connaissent pas et se sont sûrement des marchands qui viennent ici pour faire du commerce, donc c'est normal qu'ils gardent leur stock sous clef.
    Et après tout peut être qu'au fond il plaisantait juste quand il disait ça."
    (Cela dit c'est vrai que je serais curieux de savoir ce qu'il y a derrière cette porte...)


    ".. Tu penses vraiment tout ce que tu viens de sortir là?"

    ".... Là n'est pas la question, le problème est que tu as tendance à voir le mal partout dans cette affaire alors que c'est sûrement la meilleure chose qui nous arrive dans notre existence, arrête de penser pour une fois et profite du voyage!" Répondit Sevothyr avec un mouvement d'humeur. " Mais tu n'as qu'à aller tripoter ce cadenas si ça t'intrigue tant que ça, comme ça quand je sortirais si je vois tes belles mains orner la porte je saurais qu'il ne blaguait pas.

    De toute façon il est trop tard pour revenir en arrière."


    -> Cette mer, cette ancienne barrière

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     Sujet du message: Re: Le port
    MessagePosté: Sam 11 Mai 2013 15:31 
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    Des bulles et encore des bulles. Des algues qui ondulent. Et au milieu, l'elfe fendait les flots. Liberté !
    Elle sortit la tête et respira. La ville était toute proche, maintenant. Suivant les vagues, se laissant presque porter avec ses jambes fatigués, Leyna s'approcha des quais. De l'eau, on ne voyait que des piliers de bois qui se perdaient dans la nuit.
    Un poisson passa à côté et happa un vermisseau. Il fut immédiatement attiré vers le haut. Curieuse, Leyna remonta aussi. Elle sembla jaillir des flots d'une puissante détente et se trouva accoudée au quai.

    « Moura ! »

    Le jeune pêcheur, un adolescent au visage marqué par la petite vérole, en eut la mâchoire tombante. Les deux êtres issus de mondes différents se regardèrent, mais bientôt, le garçon prit la fuite, laissant son seau de poissons sur place.
    Leyna termina de grimper sur le ponton et regarda dans le seau. Ces poissons s'étaient laissés avoir...

    « Vous avez une seconde chance. » murmura-t-elle comme un mère gourmandant gentiment ses enfants.

    Et elle renversa le seau dans la mer.
    Puis, la jeune semi-elfe se tourna vers les lumières du bateau qui s'éloignait. Avaient-ils remarqués qu'elle était parti ? Sans doute pas encore... mais ils le verrai bien assez vite !

    « Moura. » déclara-t-elle, satisfaite.

    Elle se tourna ensuite vers la ville. Les dernières gouttes d'eau glissaient en perles étincelantes sur le bois. Elle était presque entièrement sèche. Le contacte de l'eau était bon, mais Moura était en Moura, et elle était maintenant sur Yuimen.
    De quelques pas souples et amples, elle vint à la terre comme un enfant qui renaît, car le vie dans l'eau et la vie sur la terre étaient bien deux vies différentes. Elle fredonna un petit air doux pour se donner du courage et s'engagea à la découverte de cette ville, trop récente pour que la mémoire collective de son peuple, de toute façon un peu flou, lui soit d'une grande aide.
    Mais peut-être pourrait-elle trouver le peuple de son père, ici ?

    Le soleil avait presque disparut au delà l'horizon. Dormir dans les rue ? Non. Elle devait s'enfoncer dans la ville.
    Triste odeur... Cet endroit était sinistre.
    Ses pensées se tournèrent vers la déesse de la force, maîtresse des eaux. En fait ses pensées étaient presque toujours tournées vers elle. Leyna serait-elle à la hauteur ? Pouvait-elle vraiment être à la mesure de cette reine des flots, elle qui était fragile comme le roseau ?
    Avoir confiance en soit. Elle n'était pas dépourvu d'atout non plus. Elle ne démériterait pas !

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     Sujet du message: Re: Le port
    MessagePosté: Dim 19 Mai 2013 11:38 
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    C'était tout de même bon de respirer à nouveau le plein air. Leyna fredonnait et les gens s'écartaient devant elle. Il y eu quelque regards égrillards mais Brendan et son épée dissuadaient sans problème toute entreprise.
    Ils ne furent pas long de trouver le Cormar, il s'agissait d'un bâtiment de taille moyenne destiné à la pêche. Une famille de pêcheurs l'avait péniblement fait construire espérait maintenant faire fortune grâce aux grands filets que pouvait emporter le bateau.
    Par conséquent, ils avaient demandé au temple d'envoyer un liturge pour sacrer le lancement.

    Brendan, qui connaissait sa place dans ce genre de cérémonie, se posta à proximité de Leyna tout en lui laissant la place pour agir à sa guise. Puis, il se dressa fièrement, silencieux et protecteur.

    Leyna se tourna vers la famille de pêcheurs qui attendait. Il y avait un homme, une femme, deux grands garçons, un petit et une petite fille. Il attendaient.
    Elle sentit une légère panique l'envahir. Que devait-elle dire, déjà ? Sa mémoire earionne faisait comme à son habitude des siennes quand à retenir les événements récents.
    Elle devait pourtant dire quelque chose. Ils attendaient, et une certaine gêne s'installait dans l'atmosphère.

    Elle renonça.

    Elle étendit les bras devant elle et se mit à chanter. Elle chanta la gloire de la déesse bleue selon un antique rituel maintenant depuis longtemps oublié. Elle appela la clémence de la déesse selon un autre. Elle mêla les paroles et les rites en un fondu que nul n'avait jamais connu, créant son propre rituel. La force de la chanson... oui c'était bien aussi une manière dont la déesse devait s'exprimer ! Tant de puissance dans de simples paroles...
    La mémoire lui revint sur les derniers gestes et elle désigna d'un mouvement ample le bateau qui devait être mis à la mer, prononçant les dernière paroles.

    Elle se tourna vers la famille pour s'excuser de ce lancement peu protocolaire, mais ils riaient et pleuraient, la remerciant de tout leur coeur. La femme répétait sans cesse au milieu de ses larmes :

    « C'est Moura qui vous envoie, c'est Moura qui vous envoie... »

    Leyna se sentit un peu embarrassée, mais très fière. Elle répéta :

    « Moura ! »

    Et une dizaine de voix lui répondirent le même nom sacré. Elle réalisa alors seulement qu'un véritable attroupement s'était formé. Elle entendit plusieurs marins murmurer que c'était elle la chanteuse du temple, la voix de la déesse. Autant d'honneur était terriblement gênant, mais elle ne pouvait s'enfuir, elle se contenta donc de prendre ça comme une nouvelle épreuve de la déesse, dont elle se sortirait en gardant le sourire du mieux qu'elle pouvait.

    Mais une voix s'éleva :

    « Païens ! Pourquoi écoutez-vous ces chants de sirènes ? Ne comprenez-vous pas qu'ils ne sont fait que pour vous envoûter ? Moura est partie depuis longtemps et baptiser un navire en son nom est aussi illusoire que de la baptiser au nom des esprits de Yuia ! Il n'existe plus qu'une seule déesse sur votre territoire... »

    La foule, subjugué par la voix puissante et autoritaire, s'écarta pour laisser passer un homme en robe grise.

    « … la très grande et la très sainte Brytha ! »

    Leyna ne savait qui l'impressionnait le plus. Cet homme à la voix d'or ou le chevalier à l'armure d'argent qui l'accompagnait. Brendan porta la main à son épée en murmurant :

    « Les adeptes de Brytha... une déesse malfaisante qui prétend remplacer tous les dieux... »

    Leyna le regarda avec incompréhension. Qu'est-ce que cela voulait dire ? Comment une telle chose était-elle possible ?

    « Nous ne devrions pas rester... ils peuvent être dangereux. »

    Mais la semi-elfe regardait, subjuguée et horrifiée, l'homme qui continuait à blasphémer. Beaucoup de marins le regardaient d'un air mauvais, mais certains semblaient prêter attention à ses dires.
    Que faire ? Le chevalier gris avait une armure si bien polie qu'il étincelait sous le soleil, mais elle doutait qu'il s'agisse d'un chevalier d'opérette, et elle ne voulait pas mettre Brendan en danger. Elle décida de s'approcher doucement et déclara d'une voix chargée d'émotions :

    « Voyons, monsieur... pourquoi ces paroles si tristes ? »

    Cela pris le prédicateur à court. Il cria :

    « Arrière, hérétique ! »

    D'une poussée de la main, il la rejeta en arrière et elle manqua de tomber. Des exclamations outrées montèrent de l'assistance.

    « Est-ce donc là tout ce que vous avez à proposer ? Allons, que le bateau rejoigne son avenir, qu'il tangue sur les vagues et que se taise les mauvaises paroles. Moura seule jugera ici. »

    Aussitôt, la famille marins se précipitèrent pour porter le cheval des rouleaux sur l'immensité qu'il devrait maintenant sillonner.
    Les fanatiques de Brytha crièrent et le chevalier voulut s'avancer pour arrêter la mise à flot et forcer les gens à écouter son maître, mais Leyna se déporta calmement devant lui et il s'arrêta, hésitant, conscient qu'il risquait de fâcher encore plus l'assistance. Le monde resta un instant en suspens...

    … et il y eut une explosion d'éclaboussures. Le bateau était à l'eau, et Leyna sentit un pincement de cœur, comme si elle venait de mettre au monde un enfant.

    Le mage gris, comprenant qu'il n'avait pas remporté une grande approbation en perturbant un rituel très cher aux habitants de Darhàm, préféra se retirer. Hélas, il ne faisait aucun doute qu'à forces de discours, il remporterait des adeptes. Les gens aimaient la nouveauté. Parce que le monde actuel est mauvais, ils s'imaginaient que toute nouveauté ne peut qu'être bonne.

    Leyna secoua la tête et retourna vers le temple en laissant les pêcheurs fêter l’événement. Brendan lui emboîta le pas.

    « Tu m'as fait peur ! Bon sang, ces types sont cinglés ! Mais tu leur as donné une bonne leçon ! »

    Si seulement c'était vrai... Il faudrait se renseigner sur cette Brytha. Existait-elle vraiment ? Pourquoi ces gens étaient-ils aussi hargneux même alors que leur vie n'était pas en danger ? Trop de questions, trop de tension... son esprit n'arrivait plus à suivre. Elle laissa échapper un sanglot, et aussitôt, Brendan fut sur elle pour la rassurer. Étrange sensation. Son armure était désagréable, mais son soutient dissipait les ennuis tel le vent qui dissipe la brume matinale.
    Au bout d'un moment, elle le repoussa et lui sourit :

    « Moura. »

    Il sourit aussi, et ils rentrèrent ensemble au temple.

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     Sujet du message: Re: Le port
    MessagePosté: Sam 22 Juin 2013 14:00 
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    Leyna se laissait porter par le flot de la foule. La jeune semi-elfe en arrivait à fermer les yeux pour s'abandonner à cette marée humaine, savourant le plaisir de laisser son être vagabonder, entraîné par le courant plutôt que luttant à reflux.
    Puis, finalement, elle cessa pour reprendre l'éternelle lutte du monde. De nouveau, elle s'efforçait de se tailler un chemin vers...
    … vers quel but, déjà ?

    Maudite mémoire ! Elle avait déjà oublié pourquoi elle était partie dans les rues de Lebher... Non, ça ne ressemblait pas à Lebher... Où était-elle ?
    Un moment de panique la submergea. Elle était perdue en terre étrangère ! Tout ces gens qui se pressaient lui voulaient-ils du mal ? Ils n'avaient pas l'air antipathiques, mais peut-être cachaient-ils leurs intentions.
    Elle tenta de calmer sa respiration qui se faisait haletante. Le flot continuait, intarissable, l'emmenant vers une destination inconnue. Non, même pas vers une destination. Ils la traînaient ici et là, jouaient avec elle comme un chat avec une souris. Elle ne pouvait s'échapper !

    De lourdes mains d'acier s'abattirent sur ses épaules. Elle cria tandis que l'inconnu la forçait à se tourner vers lui.

    « Où étais-tu passé ? »

    Il semblait contrarié. Qu'avait-elle fait ? Comment lui échapper ? Elle tenta de se dégager.

    « S'il vous plaît, laissez moi partir, monsieur ! »

    L'homme d'acier la regarda, incrédule, puis ajouta :

    « Leyna, c'est moi, Brendan... »

    Brendan... Ce nom lui évoquait quelque chose.
    Peu à peu, la mémoire lui revint. Cela faisait... près d'une semaine qu'ils avaient découvert un livre magique et mystérieux dans les ruines d'Ernestör. Près d'une semaine que le temple faisait les pied et des mains pour le récupérer. Leyna attendait anxieusement les rapports, se demandant s'il y avait encore une chance... En attendant, elle n'avait pas grand chose à faire et son esprit, sans objectif, battait plus que jamais la campagne. Brendan semblait s'inquiéter et tenait à la suivre partout pour veiller à ce qu'il ne lui arrive pas malheur.

    Elle secoua la tête. Vivement que le temple trouve enfin une piste !

    Elle laissa son regard errer sur l'eau. Elle n'avait pas remarqué qu'elle était arrivé au bord des pontons. Elle releva les yeux vers le chevalier et lui sourit pour faire comprendre qu'elle allait mieux. Puis, sans prévenir, elle sauta à l'eau.
    Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas nagé. Sentir l'eau couler sur son corps était un bien qui lui semblait vitale. Elle fit quelques tours sur elle-même, puis, une pointe vers le large avant de revenir bien vite. Ses poumons lui brûlaient... voilà qui était agaçant. Si seulement elle avait pu rester durablement sous l'eau comme certains de ses ancêtres !
    Lorsqu'elle sentit qu'elle était proche de se noyer, elle remonta et s'accouda à un quai.
    Brendan était à quelque pas.

    « Tu commençais à me faire peur ! Tu ne devrais pas rester aussi longtemps sous l'eau... »


    Elle soupira :

    « Moura... »

    Moura n'était hélas pas tendre avec ceux qui la parcourait... Il manquait...

    « Rana ! »

    « Quoi ? »

    Leyna sortit de l'eau sous le regard un peu ahuri des passants, toute ruisselante dans sa robe d'écailles. Elle avait au moins quelque chose à faire ! Aller chercher la magie de la reine des airs ! Celle-ci se réservait contrôle de la vie, seule une alliance permettrait de rejoindre la mer à l'envie...

    Elle se précipita à grand pas vers la boutique, toujours suivit du chevalier qui avait depuis longtemps cessé de se faire des illusions sur sa santé mentale.

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     Sujet du message: Re: Le port
    MessagePosté: Ven 27 Sep 2013 14:37 
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    Le Tranchécume est un beau bâtiment pour qui apprécie les critères nautiques de rapidité et de maniabilité. En dehors de cela, rien dans son aspect n’invite particulièrement à la contemplation : toutes les pièces du navire sont de bonnes factures, ouvrage de charpentiers de marine chevronnés, mais aucune n’arbore les finitions et les sculptures qui dotent d’un certain charme, et surtout d’une personnalité propre, bien des bâtiments ; figure de proue absente, voiles d’un blanc cru passé au grisâtre au fil des années, arborant ça et là quelques points signe d’avaries légères, bois patiné. Ce n’est pas pour autant que le capitaine laisse aller son bien à la décrépitude. Pont briqué, cordages régulièrement inspectés, toutes les pièces de métal graissées et entretenues pour parer à la corrosion marine, c’est par autant de petites marques que relèvera l’œil attentif que se mesure la qualité de l’homme, et sa compétence dans le poste qui est le sien.

    Ces détails échappèrent à Caabon, qui n’eut pas au premier regard une opinion favorable du Tranchécume. Lorsqu’il s’ouvrit à Céendel de cette méfiance première, ce dernier se contenta de sourire, et de lui enseigner quelques rudiments de marine pour lui faire prendre conscience de son erreur. Chose faite. Mais le Wotongoh n’aime guère ce nouvel habitat provisoire, pourtant promesse de découvertes insoupçonnées. De l’autre côté de l’océan, bien plus loin au Nord, plus loin que peut porter son regard, se découpent les falaises de Nosvéris, destination de la troupe dont jusque là il n’a rencontré qu’un membre, s’il excepte l’Hinïon et le Fujonien. La perspective de fouler le sol d’un nouveau continent ne suffit pas à apaiser l’odeur nauséabonde du port, le roulis léger du navire à quai qui porte la promesse d’un mal de mer peu engageant sitôt les amarres largués, la promiscuité de l’équipage, l’enfermement et l’ennui.

    Céendel et Abean partagent une cabine à la poupe, en vis-à-vis de celle du capitaine ; toutes deux donnent sur un petit espace ouvert faisant office de carré, où le capitaine et ses invités prennent leur dîner sur une table de roulis, couverte le reste de la journée de cartes côtières et maritimes, et d’instruments divers. Un espace de la cale est dédié au stockage des provisions et des matériaux nécessaires à l’entretien du navire et à la réalisation de réparations de toutes sortes, un second, ménagé sur un faux pont, fait office de quartier de l’équipage, et la cale proprement dite au centre dédiée au transport de marchandises de toutes sortes. Pour la mission de transport qui sera la sienne, le Tranchécume a vu son ventre aménagé pour accueillir quelques passagers : une fausse cloison a été montée pour séparer les hamacs des quelques caisses et tonneaux de marchandise embarqués. Le confort est sommaire, l’intimité inexistante, aussi Caabon profite-t-il de la solitude pendant qu’il en est encore temps.

    Le délai avant le départ, sauf incident notable ou retard des membres de la troupe attendus, a été fixé à une semaine. Les matelots prennent des tours pour s’occuper de l’entretien du navire à quai et des gardes, et passent le reste de leur temps à profiter des joies plus ou moins douteuses que le port a à offrir à la faune locale. Le Wotongoh s’assure leur sympathie en remplaçant l’un ou l’autre selon les occasions de faire la fête en groupe qui se présentent. En échange, ces hommes de mer lui apprennent la vie sur un voilier, les manœuvres, les nœuds, quelques jeux pour passer le temps, car Céendel lui a formellement interdit de descendre à terre. Lui et Abean s’imposent la même réclusion : leur couleur et leurs races les rendent par trop repérables dans la ville ; pour Caabon, il ne s’agit que de sa jeunesse et de son innocence.

    A trois jours du départ, la pluie s’est mise à tomber. Fine, insidieuse, de la bruine glacée une bonne partie de la journée pour revenir à grosses gouttes, elle rend le vent glacé qui souffle du Nord encore plus insupportable, et tout séjour sur le pont particulièrement inconfortable. Rien n’indique qu’elle cessera avant que le Tranchécume prenne la mer. Sous sa cape de cuir doublée de fourrure que Théoperce lui a offert, Caabon attend à sa manière, assis sur le pont, à l’abri relatif d’une toile huilée. Il refait des nœuds, repasse dans sa tête quelques poèmes courtois qui lui semblent bien distants de sa situation actuelle, sculpte au couteau des morceaux de bois flottés conservés dans la cale. Lorsqu’il sera relevé, il ira entendre les récits d’Abean, l’histoire de ce peuple lupin dont il ignore tout, et peut-être aura-t-il droit à une démonstration sommaire de magie.

    La veille du départ, bien après que le soleil se soit couché derrière les murailles en décrépitude de la ville, six silhouettes vinrent grossir le nombre de passager du Tranchécume. Tout l’équipage était à bord, prêt à larguer les amarres à l’aube. Les pots de vin avaient été versés afin que tout se déroule sans anicroche, et qu’aucune poursuite ne s’engage sous un quelconque prétexte sitôt les eaux du port abandonnées. Les six humanoïdes déposèrent leurs sacs et leurs armes dans leurs nouveaux quartiers de fortunes, se glissèrent dans les hamacs tout habillés, sans même accorder un mot ni un regard au Wotongoh qui les dévorait des yeux. Trois humains, deux Sindeldi, un Hinïon ; ce dernier souffla la lampe à sa portée, et le noir retomba. Des respirations lentes et profondes montèrent dans l’obscurité, et Caabon laissa de côté ses interrogations pour à son tour se laisser aller au sommeil.

    A peine le soleil levé, alors que la lumière offre une bonne visibilité pour éviter les quelques récifs au large de la ville portuaire, le Tranchécume laisse derrière lui Dahràm pour Nosvéris, en se dirigeant en premier lieu vers l’est, afin d’échapper au vent du Nord qui n’a de cesse de rabattre les navires vers le continent, et les froideurs du continent des glaces en sus. Malgré l’activité sur le pont, Caabon dort encore et rêve.


    La plaine est balayée par un vent du Nord, qui sur son passage soulève de lourds manteaux neigeux, les emporte vers le ciel en tourbillon, si bien que le soleil transparaît à peine au travers, sphère lumineuse aux contours vagues, ne diffusant aucune chaleur. La morsure de l’air glacial, renforcée par les rafales incessantes, pénètre Caabon jusqu’aux os, sans pourtant entraver ses mouvements ; il a connu le froid, l’engourdissement, les sensations diminuées des extrémités, mais rien de tout cela ne l’affecte : le vent et la glace ne sont que douleur pour son corps nu. Cependant, il ne fait qu’avancer. Autour de lui, rien que le désert, lisse, sans aspérité, sans la moindre congère, le moindre dôme blanc, le blizzard a raboté le monde, et peine sur le Wotongoh. Mais son heure viendra. A chaque pas il se sent plus léger. Ses oreilles ne sont déjà plus. Il lève vers ses yeux les deux mains déjà rongées : la peau s’en va par flocons de neiges, laissant sous elle la chair à nu d’où ne sourd pas la moindre goute de sang. Il marche encore. Et lorsqu’il baisse ses yeux il peut apercevoir ses organes et leurs couleurs étranges. Combien de temps avance-t-il encore vers le Nord ? Assez pour qu’il n’y ait plus qu’un squelette animé par une force aussi étrange que le mal de ce monde. Mais rien ne résiste au vent et au froid, pas même l’os. La moelle part en dernier, rapide, comme une ombre soufflée par l’aube. Sa conscience lui survit, ses sens également. La froid ne mord plus, il caresse ; le vent ne harcèle plus, il berce. Et les voix se font entendre, prodiguant un chant de réconfort dans une langue inconnue, mais dont le sens pour Caabon est limpide : « Le Vent et la Glace veillent sur leurs enfants… »

    Vers Nosvéris : premier jour

    _________________
    * * *



    C'est par la sagesse qu'on bâtit une maison, par l'intelligence qu'on l'affermit ;
    par le savoir, on emplit ses greniers de tous les biens précieux et désirables.
    Proverbes, 24, 3-4


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     Sujet du message: Re: Le port
    MessagePosté: Mar 22 Avr 2014 12:40 
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    Musique d'ambiance


    Vous arrivez au port, très vite apparaissent en ligne d'horizon les enchevêtrements de maisons éclectiques. Darham ne ressemble à rien, en tout cas rien que tu es connue auparavant. Elle est surprenante, comme construite en dépit d'une logique commune, mais plus en respectant chaque goût personnels de chaque habitant. Les vagues frappent la coque et font craquer le bois. Les bateaux sont nombreux, tu perçois, les bruits venant de leurs équipages qui les manœuvrent, des navires énormes se frôlent et entrant et sortant du port. Une activité digne d'une fourmilière survolté transporte celui-ci. Des hommes déchargent des cargaisons, d'autres boivent, discutent des femmes abordent les uns, des enfants slaloment entre tout ce monde chamarré.
    Nellia et toi descendez enfin sur la terre ferme, l'équipage vous ignore déjà et commence sa danse de décharger des barriques et caisses en bois. Personnes ne semble pas prêter attention à vous, vous êtes seule parmi une foule dense et en pleine activité. Si tu avances le port s’élargit et devient une grande place, des charrettes partent dans diverses rues. Un canal coupe la ville en son centre et s'engouffre dans son sein.


    Hrp : vous avez accosté entre le 9 et le 11.
    lien vers la carte : plan-de-dahram-t2556.html#p62610

    _________________
    La LOI : c'est ICI !
    Qui? Quoi? Comment? Pourquoi? Serait il possible? : C'est ici!
    Pour une action de grâce : Ici!
    Corrections GMiques de vos Rp : C'est !


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     Sujet du message: Re: Le port
    MessagePosté: Mar 22 Avr 2014 22:58 
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    LE PORT DE DARHAM partie 1 (NIRTIM)

    L'arrivée au port se profila le soir du deuxième jour après avoir essuyé une tempête qui avait épuisé l'équipage et les deux jeunes femmes.
    Alors que le soleil disparaissait à l'ouest derrière les collines qui surplombaient la ville, que les ombres s'agrandissaient, il était frappant de découvrir le débordement d'activité. De nombreux navires de tous types, de la barque de pêche aux vaisseaux à trois ponts, véritables murailles de bois, entraient et sortaient, se croisaient dans des manoeuvres parfois audacieuses. À chacun de héler l'autre plus fort que son voisin, échanges braillards et cacophoniques de centaines de gens…
    Derrière entre les masses de voiles occultant l'horizon, apparaissent les premiers toits, enchevêtrements hétéroclites d'une succession de constructions anarchiques. La chape de fumée s'échappant des cheminées s'étiole doucement loin au-dessus de la ville, emportée par le vent marin du soir.
    En plus des bruits, des cris, ordres, engueulades… ce qui surprend, ce sont les odeurs qui environnent le lieu, mélange d'air iodé, d'huile, de goudron, de bois, tissus mouillés, pourritures, sueur et épices…
    Le navire, se fraye un chemin hasardeux jusqu'à un quai et finit par s'immobiliser après un temps qui parut interminable à N'Kpa.
    Instant de stress ou toute erreur pouvait causer la perte d'un ou plusieurs navires, mettait le capitaine en effervescence. Ce dernier ignora l'existence des jeunes femmes jusqu'à la fin et ne leur adressa aucune parole, ni regard. Une fois amarré, il donna ses ordres et quitta le navire. Mr Gibs reprit le commandement, houspillant les marins pressés de débarquer leurs marchandises. Ils toucheraient après leur salaire à dépenser dans les bouges du port et pourraient prendre leur "perm" durement gagnée.

    Elles furent ignorées, comme transparentes, deux simples fantômes dans la foule… Elles ne le savaient pas, mais ici on évitait de poser trop de questions et l'ile des treize était encore plus un sujet tabou, un secret connu de beaucoup mais passé sous silence, même si la ville était vouée à la maudite déesse...

    Les quais n'étaient qu'une fourmilière où se croisaient marchands, négociants, marins, manoeuvres, charrettes, animaux de bâts et de bouches et aussi faune peu recommandable… La misère côtoyait l'opulence et la milice qui patrouillait n'avait rien d'engageant. Tous avaient une face patibulaire. Dans la milice bien présente, se distinguaient Shaakt, Orques, humains, groupes de mercenaires qui ne ménageaient pas la distribution de baffes et coups de fouet.
    Malgré cela, de nombreuses marchandises s'entassaient partout. Tractations, pots de vin taxes et impôts, trafics divers se réglaient sur les quais au grand jour. Femmes, gosses et hommes de tous genres et toutes nationalités se côtoyaient, couraient s'invectivaient, sans que personne ne prête gare à l'autre… en apparence. La population était bigarrée et d'autres races côtoyaient l'humanité.

    Lorsqu'elles posèrent leurs pieds sur le quai, N'Kpa eut un pincement au coeur et se retourna vers le navire. Ce dernier était le lien, le dernier pont vers son amant resté sur l'ile.
    (Sirat? ... fait attention à toi... je te retrouverai j'en fais le serment par mes ancêtres... De toute façon tu devras t'expliquer pour la bosse que tu m'as faite... et tu as croisé mon père, sans m'expliquer où et quand, je n'ai pas oublié... je t'aime... )
    Nellia avait revêtu sa cape légère et recouvert sa tête de son capuchon, elle avait dissimulé ses effets dessous. Seuls ses yeux brillaient, observaient dans l'ombre de la capuche. Elle ne disait rien et marchait souple et détachée aux côtés d'une N'Kpa en pleine panique.
    N'Kpa elle, avait renfilé son pourpoint, ses chausses et ses gants sous son brassard. Elle avait séparé la bourse rebondie en plusieurs plus petites poches formées de bouts de tissus de voiles et en avait dissimulé dans différents endroits sur elle. Elle tenait le bâton à la main s'en servant de bâton de marche, prêt à l'emploi si besoin. Les sabres étaient attachés ensemble sur sa besace, jetée sur son dos dessous la cape. Elle était gênée par le collier, bien trop voyant. Pour ce faire, elle l'avait dissimulé avec une cape légère trouvée dans la cabine. Elle avait rabattu elle aussi sur sa tête le capuchon.

    Les quais s'élargissaient en remontant le port. La ville était séparée en deux par un bras de rivière canalisé. D'où elles se trouvaient, un pont surchargé de chariots, de piétons, enjambait le canal. Les deux jeunes femmes avançaient parmi la cohue, ne sachant où aller, si ce n'était de quitter au plus vite le port.

    Le soleil avait disparu et les fenêtres crasseuses des bâtisses s'illuminaient dans le noir qui plombait rapidement la cité. Les bâtiments étaient pour la plupart délabrés, décrépis et les odeurs de remugle empestaient. Les égouts en pleine rue n'arrangeaient rien. Les rats couraient et se disputaient pour un crouton, nullement dérangés par la cohue ou les mendiants, infirmes et vieillards qui peuplaient les recoins. Des rues étroites, sombres et inquiétantes s'enfonçaient au sein de la cité et restaient très animées à cette heure précoce.

    L'humoran n'appréciait guère tout ce ramdam, ce monde qui grouillait et les harcèlements de mendicité ou autres. Elle n'avait de cesse que de craindre les regards qui se posaient sur elles. Étrangement, elles n'avaient pas été agressées... Enfin, pas encore. Elle était tellement tendue qu'elle sursautait à chaque bruit, ou voix trop fort. Les villes étaient un grand stress pour elle, ici son ressenti dépassait son entendement.
    Elle saisit la main de Nellia un peu plus à l'aise et d'un air presque implorant lui glissa une question :

    Où va-t-on aller? Je… Je n'apprécie pas vraiment cet endroit et les gens qu'on y trouve... sortons vite d'ici...

    Elles étaient fatiguées par la traversée, elles avaient faim et elles étaient crottées. N'kpa souhaitait vraiment prendre un bain, se laver les cheveux, ôter le sel qui collait encore à sa fine toison. Elles avaient été jetées dans une ville sans la moindre indication. Nellia n'avait que quelques enseignements théoriques sur celle-ci et ce qu'elles découvraient n'étaient pas des plus rassurants.
    La Shamane tremblait presque, furetant du regard tout ce qui tournait autour d'elles… Trop de mauvais souvenirs de ses passages dans les villes hantaient son esprit... Ici c'était multiplié par dix...

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     Sujet du message: Re: Le port
    MessagePosté: Jeu 24 Avr 2014 13:12 
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    Nellia te regarda avec un sourire espiègle. Elle répondit favorablement en te serrant la main aussi.

    un bain et un vrai repas ne serait pas de refus. Il doit bien avoir une auberge dans cette ville. Ne t'en fais pas nous sommes toutes les deux.

    _________________
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    Qui? Quoi? Comment? Pourquoi? Serait il possible? : C'est ici!
    Pour une action de grâce : Ici!
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     Sujet du message: Re: Le port
    MessagePosté: Jeu 24 Avr 2014 22:45 
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    Messages: 984
    Direction une auberge partie 2


    Les yeux de Nellia pétillèrent et un sourire espiègle s’afficha sur son visage. Elle serra la main de l’Humoran. Elle proposa un repas et un bain et chercha à rassurer N’Kpa.

    Oui tu as raison, il doit bien y avoir un coin pour nous reposer. j’ai vraiment besoin d’un bain… sans sel… Et j’ai une faim de loup. Elle esquissa un sourire timide.

    Il fallait demander son chemin. Errer dans cette ville sans destination était courir le risque de mauvaises rencontres.
    La jeune femme soupira et chercha un visage qui l’inspirait… Nellia l’observait et cherchait de son coté.
    Leur pas les avaient amené plus loin sur le port. Elles n’avaient pas vraiment quitté les quais. Elles suivaient le canal et les quartiers marins.
    Soudain, une vieille femme les aborda sans qu’elles ne s’y attendent. Et naturellement N’Kpa eut un moment de retrait… Nellia resta sur ses gardes.

    Deux tourelles en mal d’un pigeonnier. Deux destins qui se croisent et deux avenirs qui se séparent dans l’incertain des fils de Zewen… je vous observe depuis un petit moment et je me dis qu’vous z’avez b’soin d’un peu d’aide. Pour une petite piécette j’peux vous l’offrir?

    N’Kpa penche la tête sur le coté, de dessous sa capuche, comma à chaque fois qu’elle est interloquée. Elle jette un oeil à Nellia, retire de son brassard une pièce qu’elle montre à la vieille femme, sans lui donner.

    Euh ! Si Zewen m’assurait de pouvoir retrouver quelqu’un en chair et en os, il se pourrait que je soit plus généreuse. Mais pour l’heure, peut-être que si tu nous menais à une auberge correcte où on peut prendre un bain, manger et dormir sans être déranger, tu auras déjà ce que je te montre.

    Oh ! méfiantes les ‘moiselles…

    La vieille pie de son oeil torve crache par terre.

    Top là ma fille, vous avez deux auberges ici à Darham la sanglante. L’auberge du voyageur ou la taverne du Gros Néral… Choisissez et je vous y guide.

    Qu’en penses-tu Nellia?


    Suite du dirigé GM16

    _________________
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    Dernière édition par N'Kpa Ithilglî le Ven 2 Mai 2014 07:57, édité 1 fois.

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