L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: Le port
MessagePosté: Lun 28 Avr 2014 19:24 
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Se réveiller après une telle partie est dur très dur ! Surtout sur un navire où ça tangue ! Mais bon c’est toujours que sur cette foutue plage… Au moins je sais que je me trouve dans un hamac cette sensation m’est familière ! Je reste là à contempler le plafond et décuver sec quand vient Marius.

« Hahahahahaha ben alors toi mon gars tu m’as vendu du rêve ! Pas trop mal aux cheveux ? »

« Huuumpff ! Je vais pas te mentir j’en ai pris une sacrée bigre ! J’espère que ton capitaine aime les soiffards ! »

« Hahaha t’inquiète pas pour ça… Viens suis moi il est ptête temps que tu le rencontre. Au fait bienvenue bord ! »

Sur ces bonnes paroles il me fait visiter le Lys Noir. C’est un brick : deux mâts gréés carrés : un navire parfait pour la course ! C’est le genre de bâtiment capable d’abriter une centaine d’hommes libres et bien armés avec un armement minimum pour favoriser la vitesse. Son tirant d’eau est suffisamment faible pour lui permettre de naviguer sur certains haut fonds ce qui est très pratique pour fuir un navire de guerre… La coque est peinte en rouge et noir tout ce que j’aime ! Sur le pont y règne un certain désordre mais cela n’est qu’un détail. Ouais hein, fallait pas s’attendre à un rangement impeccable de la part des ruffians qu’ils sont héhé ! Là il m’emmène dans la cabine de ce qui je pense ne doit pas être celle du mousse. Avant de rentrer dans la pièce où séjourne le capitaine on croise un jeune homme dos au mur. Son gabarit est classique il ne doit pas être plus grand que moi. Il porte un bandana qui n’empêche pas de distinguer ses cheveux longs et brun. Il porte une veste sans manche un pantalon rayé et déchiré. Il fume tranquillement sa pipe quand il nous adresse la parole :
« Ah c’est le nouveau ! Moi c’est Javier Esteban. Au fait Marius félicitation pour une fois que tu ne nous ramènes pas une prostituée mais bien quelqu’un d’utile ! »

« Hé doucement fillette elles au moins savent fumer la pipe ! »

Sur ces paroles si poétiques nous rions de bon cœur !

« J’en doute pas Marius mais bon apparemment le tabac se consume vite de par chez toi ! »

« Hahaha c’est pas ce qu’en dit ta femme ! »

Re rire gras,
(((j’avoue que ce genre de stupidités me plaît beaucoup j’ai décidément l’âme d’un gentleman.)))

« Bon ben je vais vous laisser au fait on m’a raconté votre soirée d’hier chapeau bas l’ami apparemment tu tiens la marée ! »

« Je voudrais bien en dire autant pour toi mais apparemment on fuit ses responsabilités fumer la pipe c’est bien encore faut-il tenir l’alcool ! »

« Argh ! Marius t’aurait donc tout raconté ? Le fourbe ! haha bon allez je vous laisse parler au captaine ! »

Là-dessus nous pénétrons dans la cabine du commandant. La pièce est bien éclairée, les murs sont peints en blanc os. Au centre de la pièce se trouve un bureau sur lequel on peut y voir des cartes marines et divers instruments de navigation. De grandes fenêtres donnent sur la mer. Un coffre est placé sur la droite, j’imagine qu’il contient les affaires personnelles du capitaine. Celui se tient d’ailleurs derrière le bureau. Il porte une longue veste rouge sombre ouverte sur une chemise elle-même légèrement ouverte sur son torse. Il porte un tricorne parsemé de plumes blanches. Son visage lui donne l’âge d’environ une trentaine d’années voir une quarantaine. Ses yeux respirent l’intelligence et la violence, tout ce que je respecte ! Une barbe bien fournie rajoute au charisme du personnage.

« Je suis le capitaine Keverne. Marius m’a parlé de toi… Tu as fait bonne impression mais je veux m’assurer que tu sois un tant soit peu marin ! Les ratés et les puceaux n’ont pas leur place à bord de mon bâtiment… »

« Euh enchanté moi c’est Vassily Nedresky, et bien figurez-vous que je suis Sang Pourpre, et par conséquent j’ai reçu la meilleure des éducations, j’aime la piraterie j’aime me battre et sentir le vent sur mon visage ! J’aime l’or et l’argent le rhum et les filles de joie ! Ce n’est point mon premier embarquement rassurez-vous ! J’ai déjà navigué et ce depuis l’âge de douze ans où j’ai servi sur les navires de mon peuple puis à mes dix-huit ans j’ai embarqué sur le Narval du capitaine Gaïl. Bien mauvais si vous voulez mon avis, il n’avait aucune ambition sans parler de son sens marin ! D’ailleurs il a réussi à perdre son bâtiment il y a peu sur les côtes de Darhàm ce qui m’a conduit de fil en aiguille jusqu’ici… »

« Huuuum, je ne dirais pas que tu inspires une grande confiance mais c’est justement pour ça que je te crois ! Sache que s’il s’avère que tu m’as menti et que par conséquent tu ne saches pas te rendre utile je t’arracherai les yeux pour la peine ! Sur ce vous pouvez vous retirer, au fait Marius fais transmettre le message au second paré à appareiller ! »

« Mais euh on n’est pas censé partir demain ? »

« Ses cuisses attendront ton retour Marius… »

« Hahaha d’accord capitaine ! »

Nous voilà embarqué pour ce qui me semble être une situation des plus captivantes.

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 Sujet du message: Re: Le port
MessagePosté: Jeu 1 Mai 2014 01:22 
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Nellia resta pensive, l'air dubitatif devant ces propositions elle effectua une légère moue avec sa bouche avant de prendre la parole. De ce genre de grimace que font les enfants indécis.

Le gros Néral peut-être...


Par la grande Moura, quel mauvais choix.


La voix qui venait de la couper était masculine, teinté d'un accent du sud. Nellia se retourna pour voir un jeune homme d'une élégance rare et d'une allure athlétique. Ses habits propres tombaient parfaitement sur lui, sa tunique couleur or, s'accordait avec sa cape carmin et son visage tanné par le soleil. Ses cheveux bruns et soignés semblaient flottés gracieusement au gré de la brise marine. Ses yeux ébènes vous jaugeant il s'avança lentement.


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Ces endroits sont des repères de pillards et de violeurs, je vous les déconseille.

Il esquissa un sourire, un air honnête et franc au coin des lèvres.

Je m'appelle Asthurian De La Oveira marchand et propriétaire de plusieurs bateaux. Ce serait un plaisir de vous accueillir dans ma demeure. J'habite dans le quartier de la résidence royale, ces rues sont sécurisées. Vous pourrez prendre un bain chez moi et vous restaurez gratuitement.

La vieille avait déguerpie, devant votre étonnement Asthurian continua.

Elle s'est enfuie, avec moi vous ne craignez rien de ses voleurs. Je suis une personne respectée et crains, bien que je n'ai jamais fait de mal à personne.

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 Sujet du message: Re: Le port
MessagePosté: Ven 2 Mai 2014 22:44 
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Le sauveur bellâtre



La vieille femme regardait tour après tour les deux femmes. Nellia ne répondit pas tout de suite. Le nom de l’auberge évoqué par la diseuse d’aventure trottait dans la tête de Nellia et ne l’inspirait pas vraiment. Elle en répéta pour elle ce dernier, quand une voix masculine à l’accent du sud l’interrompit, précisant le choix douteux.
Les deux étrangères se tournèrent par réflexe et dévisagèrent le jeune homme, qui s’approchait fièrement.
Il était charmant, un visage tanné par l’air marin, des yeux noirs pétillants d’intelligences et des cheveux bruns, longs tenus en catogan. Athlétique, il portait de forts beaux vêtements bien taillés et une cape flottante couleur carmin.

Il s’adressa aux filles leur justifiant ce qu’il avançait. Un sourire charmeur et il se présenta et les invita dans sa demeure.

N’Kpa pencha la tête, les nattes vinrent cacher la moitié de son visage, alors que son oeil visible brillait d’un reflet mordoré dans la pénombre. Elle détaillait le jeune marchand de haut en bas afin de s’en faire une idée. Elle était tendue, prête à bondir à la moindre alerte. Elle avait la bouche entrouverte, feulait doucement. Sa poitrine sous son pourpoint de cuir, montait au rythme de sa respiration nerveuse. Sauvage dans l’âme elle doutait de la sincérité du bellâtre et se méfiait. Son oeil cherchait autour un signe, des visages qui les observaient tout indice qui pourrait prouver que c’était un piège…

Elle se tourna brusquement, un mouvement en périphérie de sa vision l’avait attirée. La vieille femme venait de prendre ses jambes à son cou. Asthurian remarqua sans peine leur surprise et rajouta dans un effort de les rassurer qu’elles ne risquaient rien… tant qu’elles seraient en sa compagnie.

N’Kpa interrogea Nellia du regard. La voleuse elle aussi était sur le qui vive. Pour l’heure effectivement, elles étaient toutes les deux fatiguées et la promesse d'un bain plus un bon repas, si en plus c'était en toute sécurité, ne se refusait pas. Mais la proposition était trop alléchante pour repas cacher quelque chose.

N’Kpa se redressa serra un peu plus la cape aux reflets métalliques de Khynt. Elle l'avait trouvée dans sa besace et lui permettait de cacher le maudit collier. Sa main chercha distraitement la poignée d’un de ses sabres. Elle souffla doucement pour se détendre. Avant de répondre son esprit perplexe chercha à croiser des regards soupçonneux, fuyants, des complices possibles. Elle observa dans les étages, les coins sombres, les escaliers.

(Effectivement, tu dois être craint pour te promener sans armes apparentes. Ou simplement as-tu des gardes du corps bien cachés. La vieille femme en tout cas c’est enfuie, ce qui veux peut-être dire que tu es bien plus dangereux que tu ne veuilles nous le faire croire.)

Une dernière interrogation passive vers Nellia. Elle écorcha volontairement le nom du marchand, afin de voir sa réaction, si cela provoquait une émotion, une colère, modifiait son expression.

Sire « La Oliviera », pourquoi ce geste, cette invitation? … Nous ne sommes rien ici… Alors pourquoi vous inquiéter, pourquoi vous intéresser à nous?

HRP : N’Kpa cherche ce que je décris

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 Sujet du message: Re: Le port
MessagePosté: Ven 9 Mai 2014 13:55 
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N'kpa ne remarqua rien d'étrange ou de louche dans le visage du jeune homme. Elle perçue cependant un fleuret attaché à sa ceinture et jusqu'alors dissimulé par sa cape. Il esquissa un sourire, amusé par la réaction de la shamane.

C'est "De la Oliveira", mais ce n'est pas grave appelé moi Asthurian.

il afficha une moue gênée pour la suite, ses joues rougirent et il répondit.

Madame je vous doit l'honnêteté et ne point caché mes désirs par de vil subterfuge.

Il avala sa salive avant de prendre son courage à deux mains.

Je ne veux pas vous mentir, vous êtes un rêve éthéré, une délicate vision qui m'a transpercé, alors que je vaquais à mes habituelles tache. De ce fait, je n'avais de cesse que de vouloir vous parler. Ma passion a pris le dessus sur ma moral et je me suis approché. J'ai entendu votre conversation j'ai donc lâchement sauté sur l'occasion. Je vous prie de m'excuser, madame, mais vous êtes ravissante et seul un fou ou un idiot pourrait vous ignorer.

Nellia éclata de rire et t'observa attendant ta réponse.

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 Sujet du message: Re: Le port
MessagePosté: Ven 9 Mai 2014 22:26 
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Le jeune dandy cachait bien son jeu, une arme fine et légère, un fleuret, pendait à son baudrier. Il sourit à l’attention de N’Kpa amusé par son manège. Il n’était pas dupe et reprit son nom correctement, avec un brin d’humour. Mais ce qui suivit désarçonna la Shamane.
Le jeune homme n’avait d’yeux que pour l’humoran, il s’empourpra et baragouina un style de phrase alambiquée que la Sauvageonne ne comprit pas. Elle pencha la tête sur le coté d’un air interrogateur. Dans son dos, Nellia commençait à pouffer, cachée derrière sa main qui recouvrait sa bouche. Ça commençait à agacer N’Kpa.
Asthurian déglutit et débita un monceau d’ineptie que le ton facétieux employé ne rendait pas très crédible. N'Kpa ne saisit pas l’ensemble du discours, mais suffisamment le fond.
Elle n’en croyait pas ses oreilles. Ses yeux n’était plus que deux têtes d’épingles noyées dans un puits couleur ambre. Sa jolie bouche pulpeuse, vermillon, était un gouffre capable d’engloutir une pomme d'où pointaient les canines.
Abasourdie par l’émotion, son esprit gambadait dans les limbes de la surprise et de l'incertitude. Quelques mois auparavant, elle aurait fui sans se retourner, affolée comme une biche traquée par un prédateur...

(Par Yuimen j’hallucine, que me chante ce merle?… Comment peut-il imaginer un instant une relation? … Ô mon Sirat, si tu étais là et entendais ça, comme il passerait un sale moment…) Elle sourit intérieurement.

Le trio resta figé quelques secondes. Le résulta était tellement surprenant que même des passants s’interrogèrent et parfois même échangèrent des messes basses.

Puis Nellia éclata de rire et dévisagea, moqueuse, sa compagne gênée. La moutarde commençait à monter.

Ô Nellia, pourquoi cette moquerie?… Je vais …

Son regard assassin se porta sur Asthurian. Dans son mouvement, le capuchon glissa et le manteau découvrit la silhouette athlétique de la Shamane moulée dans le pourpoint de cuir. Sa toison de nattes rouges, comme une crinière explosa sous la lumière du réverbère et l’éclat rouge de la pierre du collier scintilla à l’unisson du reflet de ses yeux. N’Kpa contrite ravala sa salive. Son regard se durcit un peu plus.

Sire Asthurian… je… NOUS acceptons votre invitation, mais j’y mets des conditions ; Qu’il soit dit sur votre honneur, que notre liberté et sécurité sera assurée ; Qu’à aucun moment vous ne chercherez à abuser de vos pouvoirs pour nous contraindre ou nous retenir… Elle laissa planer un silence et sa colère sortit Que Valyus vous foudroie si vous transgressez à ma demande !

N'Kpa se sentit vidée, épuisée par cette lutte intérieur. Tant de chose c'était passé en si peu de temps. Sirat et elle étaient à nouveau séparés et elle sentait la graine, source de son amour, germer dans son ventre qui ne connaîtrait peut-être pas son père... (Par Zewen, quels étranges destins, comme ils peuvent parfois se ressembler?... J'ai si peur que tu ne reviennes pas Sirat, si peur des cauchemars que nous avons eu et de ce qu'il en découlera... ) Elle craignait fortement le devenir de cette concession qu'elle accordait au jeune homme. Peut-être que la taverne même mal famée était préférable à la cage dorée du Dandy?
( Je ne dois pas lui laisser l'opportunité d'espérer une seule ouverture à mon coeur !...) dans l'émotion elle pensa dans sa langue natale :
( O Tinythanataë rafiki yangu ya zamaniaë, kama dunia inaweza kuwatatae tofauti na maïsha katika Cuilnäen kubwa misitu ... I missi kiliji pamojaë na marafiki yangü ... Nini kupata ...? Kama mimi üpendo kama mapitio, utamkumbatiaë yakaë ... sijui ambako mimi na ambapaë misitu kubwa ... Nini Chimeraë nilikuwa kutaka kupata ba yangu hata kujua? Nadhani wakati Sirat ingekuwa kuonekana na hakuniambiaë ambapo na wakati. Atashindwaë kitu na kusubiri ... Wakati mimi kupata wewaë, napenda kuvuta niji ya yake na lazima kuelezaë ishara yako na maumivë ya kichwaë mimi, Sirat udanganyifü ! )

Elle resserra sur sa poitrine le manteau afin de dissimuler le collier. Elle se méfiait trop de l'impact que cela pourrait occasionner si d'autres personnes l'apercevaient...


(((Traduction du texte : Ô Tinythanataë mon vieil ami, comme le monde peut-être si différent de la vie à Cuilnen... La grande forêt me manque et le village aussi ainsi que mes amis... Que devenez-vous?... Comme j'aimerai tant vous revoir, vous serrer dans mes bras... Je ne sais même pas où je suis et où se trouve la grande forêt... Quelle chimère j'ai eu de vouloir retrouver mon père? Quand je pense que Sirat l'aurait vu et qu'il ne m'a pas dit où et quand. Il ne perd rien pour attendre... Quand je te retrouverai, je te tirerais les vers du nez et tu devras expliquer ton geste et le mal de crâne que j'ai, Sirat le fourbe ! )))


suite dans le topic "les habitations" La maison du Dandy

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 Sujet du message: Re: Le port
MessagePosté: Jeu 18 Sep 2014 15:27 
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Je continu de chercher Xéolian, la détresse se fait ressentir en ce lieu. Les ruines laissent peu à peu place à une vision macabre. Les corps de pauvres âmes qui n’ont pas eu le temps de partir ou qui ne savait pas nager. Je demande à toutes les personnes présentent sur le site si elles n’ont pas aperçu mon destrier. Pour le moment, je n’obtiens rien de bien convaincant, certains me demandent même de les payer pour avoir cette information.

Je n’ai pas besoin de payer pour retrouver mon destrier, il est hors de question alors que je ne suis même pas sûr de l’information qu’ils seraient amenés à m’apporter. A force déambulé, je fini par trouver. Je tombe à genoux à côté de Xéolian, sa tête dépasse de sous un monticule de charpentes qui se sont effondrés lors du tsunami. Je pose mes mains sur l’encolure, je cherche désespérément le pouls en vain. L'énergie en moi devient complètement instable, ma tristesse agit sur tout mon corps. Je ne me contrôle pas, je suis à la limite à l'évacuer avec une expulsion de ki. Mes doubles la contiennent du mieux qu'ils peuvent. Michel me demande de reprendre mes esprits, de me calmer et surtout de ne pas faire n'importe quoi. Sur ses conseils, je me mets à respirer calmement, à me contenir et à évacuer ma tristesse comme il faut.

Je pleure la perte de mon plus fidèle compagnon, mais j’ai été le plus imprudent. J’aurais dû te mener à l’écurie, tu serais encore en vie à l’heure actuelle. Je commence à retirer une à une les poutres qui emprisonnent son corps. A chaque morceau de bois, mon cœur se serre de plus en plus à force de voir l’état du corps chevalin. Des côtes de brisés, les chairs de déchiquetés,… tout ce qu’il faut pour retourner les tripes. Il est difficile de voir ce qui peut arriver à son meilleur ami.

Je fini par dégager son corps entièrement, je retire mon restant de cape et le pose sur Xéolian. Je pose mes bras sur lui et pose ma tête contre son flanc. Je me mets à pleurer, il avait une grande valeur pour moi, une valeur sentimentale et non financière. Je me relève et demande de l’aide à des passants afin de déposer sur une embarcation de fortune. Je la pousse du pied puis jette une torche dessus ainsi il aura des funérailles dignes de lui. Il restera toujours une pensée de lui tout au fond de mon cœur.

Les personnes qui me sont chères meurent au fur à mesure, je me dois de mettre un terme à tout ceci. Il est temps pour moi de prendre les devants sur mon destin.

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Trois êtres distincts pour une seule âme et une destinée


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 Sujet du message: Re: Le port
MessagePosté: Jeu 18 Juin 2015 15:31 
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Localisation: Sur la planête Aliaénon
Dahràm la cité des pirates s'étend sur les berges d'un estuaire se jetant dans une large baie. La ville est centrée autour de son port, bâtie sur la vase et le sable, où on est jamais à plus de quelques pieds de l'eau. En effet de nombreux canaux irriguent la ville, facilitant les transports. L'immense port accueille aussi bien les esclavagistes, les pirates, que les commerçants un peu louche. Ainsi cette histoire débute dans une des villes les plus mal famés du continent de Nirtim.

Plusieurs navires arrivent et repartent de la baie à une allure des plus réduite, car aujourd'hui pas un brin de vent. Sous un soleil caniculaire Deamon enchaîne les allers et retours sous le lent clapotis des bateaux au mouillage. Comme chaque jour il exerce en tant que docker sur les quais de Dahràm.

Chargé d'une lourde caisse sur le dos, un glissement le fait presque chuter de la planche menant au pont de la Perle Noire.

« C'était limite... »

Sous bonne surveillance, il descend la caisse dans la cale ne jetant aucun regard aux pauvres bougres d'esclaves enchaînés, destinés à Caix Imoros. De retour à la lumière, il plisse les yeux aveuglés par celle-ci, retrouvant la vue il constate qu'un garde Shaakts le fixe. Intimidé Deamon n'ose bouger. Son regard se fait plus insistant, il contemple ses yeux semblables aux siens avant d'afficher une expression de dégoût.
Les Shaakts sont éminemment racistes, alors quand ils rencontrent le mélange d'un des leurs...

« Qu'attends-tu misérable ? » lui demande-t-il d'un ton méprisant.

« Je... euh... Veuillez m'excuser ! »

Daemon détalle le plus vite possible avant que l'envie de l'embrocher chatouille l'elfe. Courant sur la planche, il rejoint son chef en pleine discussion sur le quai. Son interlocuteur est un officier du navire, un imposant elfe qui ignore complètement son arrivé.

« C'était la dernière caisse ! » Dit il, interrompant la conversation.

« Bien, c'tait aussi le dernier navire. Passe donc voir l'patron, c'est l'jour de paie. »

Après lui avoir adressé un large sourire, Deamon se dirige vers leurs entrepôts. Par une si radieuse journée, la foule est d'autant plus dense que d'habitude, la ville profite d'une importante mixité notamment due aux deux royaumes voisins. Les pirates sont vraiment inquiétants, ne parlons pas des Shaakts et Garzoks, heureusement tant de richesses transitent sur ce port qu'il est sévèrement gardé par les grands marchands.

Traversant un des nombreux marchés, Daemon s'arrête devant un étal de poissons grillés, la faim le lancine. Fouillant dans sa poche il ne trouve qu'une petite pièce, ce ne sera pas suffisant. (Tant pis, je mangerai plus tard.) Continuant sa route il aperçoit deux personnes peu recommandables : les frères Mercor.

(Ces deux-là ont vraiment une sinistre réputation, j'ai entendu dire qu'ils ont poignardé leur ancien capitaine, la mutinerie aurait tournée au carnage. Et celui de droite à vraiment la gueule cabossée...)

« Hey toi là, qu'est c'que tu regarde ? »

(Merde, il m'a remarqué !) Faisant mine de baisser les yeux, Daemon accélère le pas en changeant de direction.

« OH GAMIN !! »

(Je crois qu'il est saoul...)

« OOHHHH »

(Bon sang mais il me court après !)

Dans la panique Daemon prend ses jambes à son cou, slalome dans la foule, courant à en perdre haleine. D'un bref coup d’œil en arrière il aperçoit toujours ses poursuivants bousculant les passants. Il décide de changer de direction, vers le centre du marché, l'endroit est si fréquenté qu'ils ne pourront jamais le retrouver.

Essoufflé après un large détour, le voici devant l’entrepôt, c'était un large bâtiment de bois appartenant à une grande famille de marchands. La plus part des marchandises provenaient des sévices des corsaires. Le chef semble faire les comptes, l'énorme amas de bois lui servant de bureau est aussi grand que notre semi-elfe, il doit donc jouer des bras pour me faire remarquer car le vieux est sourd comme un pot.
Après avoir grommelé plusieurs choses incompréhensibles, il lui tend sa bourse pour la semaine.

(A croire que je suis la seule personne sobre des quais...)

Sans prendre le temps de saluer le vieux, qui de toute façon n'aurait rien entendu, Deamon prend la route de son logement, dans le quartier des marins.

A moi l'aventure!

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Dernière édition par Daemon le Sam 1 Aoû 2015 23:31, édité 3 fois.

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 Sujet du message: Re: Le port
MessagePosté: Sam 20 Juin 2015 01:19 
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Voici le chemin.

Le lendemain, il n'est pas retourné travaillé. Ne sachant que faire, il est quand même venu au port par habitude. Changer de vie c'est difficile.

Daemon a passé toute la journée les jambes branlantes au dessus de l'eau, observant les passants aquatiques au travers des eaux translucides du port. Il distingue divers poissons et crabes évoluant entre les roches. Comme un chat, il suit les battements de nageoire des yeux, hésitant à se jeter à l'eau. La faim le tourmente et toute ses économies lui ont été dérobées la veille. Sortir dans les ruelles de Dahràm de nuit avec toute sa réserve de yus, en y repensant, il se dit l'avoir cherché...
Porté par le courant, un énorme mulet arrive sous ses pieds et s’attelle à brouter quelques algues, rien à voir avec le fretin habituel. Deamon se penche avec attention... Plouf !
Le voici entre ses mains, mais l'animal se débat et ses écailles sont manifestement trop gluantes. D'un puissant coup de nageoire le mulet se libère de l'étreinte et dégage frénétiquement. De retour à la surface Deamon enchaîne les jurons. Le voici trempé jusqu'à l'os, arrivé en haut de la berge il se déshabille pour mieux sécher au soleil.

Les yeux clos, profitant de la chaleur estivale, un sentiment désagréable l'envahi. Une effroyable présence se fait sentir, Deamon à toujours été sensible aux fluctuations du fluide, mais c'est la première fois qu'il ressent une telle aura.
Il se retourne fouillant la foule du regard. (Mais d'où provient cette aura malsaine ? [...] Là, un grand homme encapuchonné !) Il ne l'a distingué qu'un instant au milieu de la cohue, mais aucun doute possible.

Il enfile ses vêtements dans la précipitation afin de suivre l'étrange homme.

L'ombre funeste.

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Dernière édition par Daemon le Jeu 16 Juil 2015 04:41, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Le port
MessagePosté: Mer 15 Juil 2015 17:37 
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Acte I - Un bien mauvais départ

La jeune femme remercia rapidement le capitaine d'un geste de tête avant de quitter le pont de son navire, espérant ne plus jamais y monter. Ce... pirate, elle ne trouvait pas d'autre manière de le qualifier, l'avait accepté à son bord lorsqu'elle avait besoin de quitter Gwadh, une personne normale, dans une situation normale aurait pu être reconnaissante d'avoir été "sauvée" ainsi, mais l'homme s'était vite rendu compte qu'elle était désespérée et qu'elle souhaitait quitter la ville rapidement, il avait lentement fait monter le prix de son passage, arguant les multiples difficultés qui ne cesseraient de s'accumuler sur le chemin de Dahràm, les pattes à graisser, le départ anticipé de Gwadh qui l'empêchait d'écouler convenablement sa marchandise...

Il la dépouilla, purement et simplement, de toutes les richesses qu'elle avait pu sauvé du raid sur sa demeure, seul l'anneau la représentant bien comme une fille des Auvryndar et les possessions qu'elle avait récupéré sur le cadavre d'un de leurs soldats se trouvaient encore en sa possession.

C'est avec un sentiment mêlé de rage et de soulagement qu'elle posa le pieds sur le ponton de sa destination, ses longues cuissardes et la cape dissimulant ses traits comme seuls indices visuels pour les spectateurs qui auraient pu la suivre du regard. En tant que Shaakt, elle savait qu'elle ne passerait pas inaperçue au sein d'une population majoritairement humaine, aussi profitait-elle du goût des habitants pour le secret afin de garder ses traits inconnus aussi longtemps que possible.

Avançant lentement au sein de cette population grouillante sur les quais de la cité pirate, elle se dirigea vers des quartiers plus adéquats à la préparation d'un voyage.


Suite dans l'écurie

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Récit - #4080BF
Parôles - #8040FF


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 Sujet du message: Re: Le port
MessagePosté: Mar 25 Aoû 2015 19:05 
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Aeglos passa les derniers jours sur le Sirena, le voyage aurait été agréable s'il n'était pas à bord d'un navire pirate commandé par un capitaine imbu de lui-même, narcissique, buvant comme un trou et de surcroît extrêmement raciste. La destination était Dahràm, il la connaissait de réputation seulement, une ville remplie de forbans sans foi ni loi adeptes de piraterie et en plus esclavagistes à la solde d'Oaxaca, la demi-déesse sombre, fille de Thimoros et d'une humaine sans aucun doute sadomasochiste.

Il aurait bien aimé utiliser la magie mais ses chaînes étaient faites en un alliage qui inhibait son don. Un tel matériau un peu trop cher pour un simple pirate selon lui. Gark le Garzok ne l'avait pas quitté des yeux dans la soute du bateau pendant toute la traversée. Il avait bien essayé de lui soutirer quelques informations, l'Orque ne lui répondait, lorsqu'il le faisait, que par des grognements donc la conversation tournait courte.

Au loin ses longues oreilles effilées captèrent le bruit des vagues percées par les rames des esclaves et le sifflement des fouets. Puis le temps semblait s'arrêter et même le Garzok commençait à s'inquiéter de ce silence surnaturel, puis des cris retentirent avant que l'atmosphère devint de nouveau silencieuse.

- Hé Gark ! Bouge-toi et libère moi espèce de peau verte imbécile !

Le Garzok grogna et lorsque le premier assassin atteignit les cales, il balança sa lourde hache pour écraser l'impertinent, puis il reluqua le mage d'un regard aussi vide que sa tête sans aucun doute, mais Gark finit par le libérer, brisant les chaînes d'un seul coup de son énorme hache. Le Garzok fonça en direction du pont supérieur, aplatissant ses ennemis du même coup, courant sans peur sur les cadavres de ses anciens compagnons. Aeglos le suivit de très près jusqu'à déboucher tout comme lui sur le pont supérieur où il y vit une vingtaines de corps ensanglantés dont celui du capitaine qui était pendu au mât de misaine.

Le Sindel en avait des morts et le pitoyable esclavagiste méritait largement la mort tout comme le reste de l'équipage, seuls les esclaves méritaient sa pitié. Il y vit également les assaillants, des Shaakts armés de kriss ou d'épées à une main dentelées. Gark s'occupa de leur cas faisant fi des armes qui lui entaillaient sa peau verte aussi rêche que du cuir tanné. Le Sindel ferma les yeux et puisa dans sa magie mais aussi dans la haine envers les Shaakts. Des images défilèrent à toute vitesse lorsque la magie coula à flot dans ses veines. Le sort qu'il désirait lancer était à sa portée, il l'avait lancé pour la première fois lorsqu'il eut cinquante six ans et qu'il était encore un apprenti prêtre Maenauster à Tahelta au service de la déesse de la glace. Un souvenir lancinant lui revint un mémoire, c'était son dernier combat avec les prêtres de Sithi ayant revêtus leur armure magique pour l'occasion. Il rouvrit les yeux, sentant la magie former une aura glaciale autour de lui, les planches de bois sur lesquelles il était commençaient à geler alors qu'il levait ses bras vers les cieux tourmentés par des nuages gris.

( Déesse Yuia, accordez votre bénédiction à votre paladin dévoué ! )

Deux femelles shaakts armées de kriss esquivaient les attaques répétées du colosse Gark et passèrent la muraille défensive qu'il représentait avant de s'élancer jusque dans sa direction. Les mots qu'elles prononcèrent n'étaient nullement des paroles de paix, il n'avait pas besoin d'un traducteur pour comprendre cela. L'urgence de la situation fit palpiter son cœur plus fort et le taux de concentration de sa magie explosa, libérant quelques rares grêlons qui déroutèrent les pirates shaakt, permettant au Garzok d'en éliminer une dizaine. Il accentua sa prise sur la magie et une pluie continuelle de grêlons de la taille d'une petite balle tomba autour de lui blessant parfois mortellement ceux qui n'étaient pas encore morts.

Le sort touchait aussi son allié de circonstance mais c'était un Garzok alors à quoi bon s'en soucier. Les voiles se déchiraient sous la chute toujours plus fracassante de la grêle et cela en tua cinq au bout d'une dizaine de minutes. Totalement fatigué par ses sorts, il s'écroula sur le sol inconscient. Lorsqu'il se réveilla, il se trouva dans le port de Dahràm, à côté d'un Gark dont la peau était comme déchiquetée de toute part mais bien vivant. Autour d'eux, d'autres Garzoks discutaient ou plutôt gueulaient comme des porcs qu'on égorge. Sans étonnement, les Garzoks l'empoignèrent pour le diriger sans doute dans leur quartier, puis il vit Gark enlever une plaque d'égouts et lui lança en langue commune:

- Amuse toi bien oreilles pointues, nous verrons si tu peux survivre à cet environnement !

Il poussa un grognement et ces méprisables Garzoks le jetèrent à l'intérieur sans ménagement. Son corps heurta les tuyaux et le choc lui coupa le souffle. Il était bien loin de sa vie luxueuse même si assez monacale de Tahelta.
Une nouvelle voie s'ouvrait à lui: survivre à Dahràm et aux égouts qui allaient devenir sa nouvelle demeure.

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 Sujet du message: Re: Le port
MessagePosté: Dim 13 Déc 2015 06:47 
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L'homme s'avançait, une épée à la main droite. Il était vêtu d'une armure brillant d'un éclat terne face à la beauté des étoiles, et ses vêtements étaient sales. Son visage trahissait une profonde colère, les cheveux mi-longs bruns volant au vent. Tout en lui, que ce soit l'expression, le poing serré, ou la posture, les épaules relevées, montraient sa froide amertume.

DÉMONE ! cria-t-il.

Comment ça ?

Tu es un monstre ! J'ai vu ce que tu as fait à ces deux enfants. Tu ne mérites pas de vivre.

La petite fille lui sourit, mais il ne pouvait sûrement pas le voir. La lune était derrière elle, et son visage restait dans l'ombre.

Est-ce à toi de juger qui doit vivre et qui doit mourir ?

Ces deux gamins n'avaient rien fait ! Ils avaient toute leur vie devant eux ! Mais pourquoi ? Pourquoi tant de violence en un être si jeune ?

Elle baissa la tête, et laissa échapper un soupir conciliant, nettement distinctible, ce qui sembla agacer l'homme, hors de lui.

Ces deux enfants, si tu les a examinés, portaient des marques de coup à plusieurs endroits. En particulier, les bleus étaient nombreux au niveau de la tête. Cela prouve que leurs parents les battaient. Tu penses qu'ils ne sont pas mieux maintenant, dans le domaine de Phaïtos ? Là-bas, il n'y a pas de violence.

Si tu avais fait plus attention à ma manière de les tuer, tu te serais aperçu qu'ils sont morts sur le coup. Il n'ont pas souffert. La preuve : vous n'avez entendu aucun cri. Enfin, pas avant que je jette les coeurs en bas...


L'homme gardait une expression révulsée en l'observant, mais ne répondit pas.

À moins que tu n'aies pas eu le courage de les regarder !

C'en est trop ! Je les ai vu... Les enfants... Leurs parents... J'ai aussitôt caché les corps pour qu'ils ne les voient pas. Sais-tu ce que cela fait de voir ses propres enfants assassinés ?!

J'imagine que c'est comparable à voir ses propres parents tués.

L'homme, surpris par la répartie, resta coi un moment.

Mais je n'ai pas toute la nuit. Tu sembles obéir à un code d'honneur assez strict, si tu veux mon avis. En tout cas, tu n'es pas d'ici, c'est certain. La morale n'existe pas, ici. Tu dois venir... De Kendra Kâr, je dirais.

Le silence de son interlocuteur confirma ce qui n'était qu'une hypothèse. Elle fit comme si elle était tout à fait à l'aise, et s'assit tranquillement sur l'un des poteaux court qui servaient de point d'accroche aux bateaux une fois au port.

Kendra Kâr, donc. Et pourquoi travailles-tu pour le Grand Prêtre de Phaïtos ? J'imagine qu'on t'a envoyé de Kendra Kâr, mais il est surprenant de voir un jeune homme aussi honorable que toi partir pour kidnapper une jeune fille, et ce pour un sacrifice lors d'un rituel à la gloire du Dieu de la mort.

Elle menait son raisonnement, précisant bien tous les arguments logiques, de manière à renverser la situation. De ce qu'elle avait déjà vu, l'autre était assez idiot pour répondre à ses questions sans l'attaquer directement. Si ce n'était elle qui l'achevait, ce serait quelqu'un d'autre. Au moins, avec elle, ce serait doux... Quoique.

Tu n'es pas qu'une simple petite fille ! Tu es une assassine ! Une meurtrière !

Et tu le savais sûrement lorsque l'on t'a confié la mission de m'enlever, c'est cela ?

La réaction de recul de l'homme montrait bien l'avantage qu'elle avait pris. Il ne sut que répondre, et elle ajouta, malicieuse :

Tu vois, tu es tout aussi coupable que moi. Je propose que nous rentrions chacun de notre côté chez nous, et que nous reprenions notre vie normale. Allez, il se fait tard, et il faut dormir maintenant.

Mais l'homme ne réagit pas. C'était sans doute un peu trop gros. Au contraire, il s'avança, brandissant sa lame. La petite fille frémit, voyant se dévoiler des muscles saillants, empoignant avec assurance la lame. Elle l'avait peut-être sous-estimé...

Je n'ai pas de chez moi, comme tu dis. Mais si je te tue... Je serai un sauveur pour cette ville. Et à ce moment-là...

(Ça y est, il divague.)

(Tiens-toi prête.)

Bon. Fin des pourparlers. Tu vas mourir, gamine.

Plus ridicule, c'est possible ?

Elle rit, provocatrice, et aussitôt se retourna pour s'enfuir en courant, vers les entrepôts.

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Dernière édition par Yurlungur le Dim 13 Déc 2015 20:17, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Le port
MessagePosté: Dim 13 Déc 2015 07:26 
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(( [:attention:] Certaines scènes de ce rp sont à forte connotation sexuelle/violente/gore, aussi est-il recommandé aux lecteurs sensibles d'y réfléchir à deux fois avant d'en entamer la lecture.))

Passé l'instant de surprise, l'homme se mit à lui courir après, poussant un juron. Il lui cria de s'arrêter pour l'affronter en face – comme si elle n'avait que ça à faire. Elle aurait bien aimer le tuer, et son état d'esprit de justicier sauveur l'agaçait au plus haut point, mais il était indubitable qu'il était bien plus fort qu'elle. Même s'il était avéré qu'il s'agissait d'un imbécile, elle avait pu jauger, à la manière avec laquelle il tenait son épée, et à sa carrure, qu'elle n'était clairement pas de taille, sans mauvais jeu de mot. La fuite était la meilleure solution, et elle adressait en courant des excuses à Phaïtos.

Yurlungur espérait le semer dans les entrepôts, entre toutes les caisses de cargaison qui y étaient stockées. De plus, elle pourrait au pire s'enfuir dans les ruelles, qu'elle connaissait sans aucun doute bien mieux que lui. Si de jour elle n'avait pas pu lui échapper, elle y arriverait bien de nuit.

Elle avait pris une bonne avance, mais, arrivant au premier bâtiment, la porte était, naturellement, cadenassée. Elle se saisit de son pendentif, et en extirpa un bout de métal rouillé, jusque là habilement coincé et caché dans le bois qui le composait, pour traficoter la serrure. Après quelques instants de stress, l'homme s'approchant de plus en plus, un déclic caractéristique lui permit de faire tomber la lourde chaîne au sol et d'ouvrir la porte.

Elle s'y glissa, et évita de justesse un coup d'épée que l'autre lui portait, arrivant déjà derrière elle. Sans plus attendre, elle fonça vers la droite, puis se mit à zigzaguer entre les cargaisons aussi silencieusement que possible. Si, à l'extérieur, la lumière de la lune ne lui permettait pas de bouger discrètement, ici, elle se retrouvait avantagée.

L'homme eut à ouvrir la porte en plus grand pour passer à son tour, émettant ainsi un long grincement strident qui permit à la jeune fille de cacher le bruit de ses pas, et lorsqu'il fut enfin à l'intérieur, la fillette s'était déjà éclipsée dans les ombres. Il regarda autour, sans parvenir à distinguer où est-ce que la petite fille se trouvait. En rage, il hurla :

Montre-toi !!!

Yurlungur s'était arrêtée de courir, et écoutait. Elle se trouvait sur un coffre, accroupie, légèrement en hauteur, cachée par deux rangées de caisses. Il ne bougeait plus – ou du moins il ne le faisait plus avec précipitation et fracas comme jusqu'à présent. L'essentiel serait de le mener à l'intérieur le plus possible, pour qu'elle puisse ensuite ressortir par l'entrée. Elle pourrait aussi essayer d'escalader pour sortir sur le toit, mais c'était risqué.

Elle perçut quelques bruits provenant de l'entrée, et soudain, la lumière d'une torche éclaira la pièce. L'homme en avait simplement récupéré une, accrochée au mur, et l'avait allumée. Cela changeait la donne, et malheureusement pas en la faveur de la petite fille.

Elle restait accroupie, entendant les pas de l'homme et voyant les ombres se mouvoir tandis qu'il déplaçait la torche. S'il s'éloignait de quelques mètres de plus de la sortie, ce serait formidable... Mais il s'arrêta.

Je n'ai qu'à monter la garde en attendant que tu veuilles bien te montrer, si c'est comme ça !

Il ne semblait plus vouloir bouger. Quel abruti ! Et si on le trouvait là le lendemain matin, le cadenas crocheté ? Elle se glissa lentement par terre, sans émettre le moindre bruit, et chercha à tâtons au sol, jusqu'à trouver une petite pierre. Elle la soupesa, et la glissa dans sa poche, avant d'en chercher d'autres. Au bout de quelques minutes, elle en avait déjà plusieurs dizaines, mais il serait ardu d'en avoir d'autre sans quitter la cachette. Puis, elle observa, laissant furtivement apparaître ses yeux par dessus les caisses. Où devrait-elle, au mieux, l'envoyer ?

Elle remarqua alors un élément singulier, qui pourrait bien l'aider. Elle en avait déjà vu, mais avait toujours plutôt craint ces objets, peu sûre de leur fiabilité. Mais maintenant, ça pourrait bien lui servir.

Elle se glissa doucement jusqu'à lui, doucement, et une fois arrivée, l'observa plus en détail. Une idée germa. Prenant une pause, elle réfléchit, un plan s'échafaudant dans son esprit. Finalement, elle pourrait bien réussir à le tuer, s'il était aussi idiot qu'il l'avait montré. Un grand sourire apparut sur son visage, les derniers détails se précisant. Phaïtos serait content de la malice de sa fidèle.

Elle se faufila une nouvelle fois derrière les caisses, pour se cacher proche de l'entrée. Mais son but n'était pas la fuite. Si elle pouvait le tuer, elle le ferait. Prenant l'un des petits cailloux dans sa poche, et vérifiant rapidement que l'homme ne regardait pas dans sa direction, elle le lança à l'endroit où elle se trouvait juste avant. Un petit son, distinct bien que faible, se fit entendre dans tout l'entrepôt, jusqu'ici silencieux.

L'homme se leva aussitôt, et, flairant le piège, ne s'approcha que de quelques pas vers l'endroit.

Puis, Yurlungur envoya un projectile derrière lui. Il sursauta, et se retourna. Le même bruit se fit entendre à sa droite, puis à sa gauche, derrière, devant, et son assurance semblait fondre comme neige au soleil, ne parvenant pas à déterminer où est-ce que la gamine se trouvait réellement.

Mais, néanmoins, il faisait un pas à chaque petit bruit. Il avançait généralement vers le son, mais elle pouvait s'arranger pour le faire seulement se tourner vers l'endroit sans le faire bouger en envoyant presque simultanément deux cailloux. Ou alors, elle pouvait envoyer le caillou proche de lui pour qu'il s'en écarte, de surprise. Il faisait tout de même attention à ne pas trop s'écarter de l'entrée, et à toujours la garder visible. Il suffisait pour Yurlungur de prendre tous ces éléments en compte, plutôt simples, pour pouvoir le faire avancer, progressivement, comme une bête docile.

Pas à pas, elle le mena là où elle voulait qu'il soit. Elle sourit en pensant à la bêtise de l'homme. Tous ces bruits, parfois arrivant en même temps à deux endroits différents, ne lui faisaient-ils pas flairer un quelconque piège à plein nez ? Et pourtant, il bougeait... S'il n'avait pas eu cette rage envers elle, Yurlungur aurait bien tenté de le manipuler, jouant le rôle de la petite fille innocente, pour servir ses desseins. Mais de toute façon, elle aurait eu à le tuer, un jour ou l'autre. Et il était inutile de songer maintenant à des possibilités mortes dans l'oeuf.

Tout était en place du côté de l'homme qui la traquait. La partie la plus dangereuse du plan arrivait, puisqu'elle devait essayer d'arriver au contact sans qu'il ne bouge. Mais il regardait dans la bonne direction, c'est-à-dire à l'opposé d'elle-même. Elle n'aurait donc pas de mal à le faire si elle utilisait l'effet de surprise.

Elle prit une grande respiration, sa dague en main, et fonça. Il se retourna, l'entendant arriver, mais elle était déjà sur lui. Elle bloqua son coup d'épée prévisible de sa dague, ou plutôt, elle le dévia, sa force physique étant bien inférieure à celle de son adversaire.

Dans un même temps, elle glissa son autre main dans le sac du guerrier, adroitement, et saisit un objet assez gros pour tirer un grand coup. Tout le contenu du sac vola dans l'entrepôt, le sac lui-même se déchirant. Le fracas des objets tombant au sol fut accompagné par le cri de surprise de l'homme.

Laissant choir au sol l'objet utilisé, elle recula vivement, se plaçant elle-même au bon endroit. L'homme, dans un premier temps, se jeta au sol pour récupérer des objets, mais bien vite il se releva, trop furieux pour se contrôler.

Il avança d'un pas vers elle, mais il était déjà trop tard. Tous les plans de la gamine se déroulaient comme prévu. Lui était maintenant disposé comme elle le souhaitait, et le fait qu'il se soit jeté au sol lui avait permis de sa placer correctement. Elle sourit. N'était-ce pas magnifique ?

Elle lança alors sa dague, droit devant elle. Presque surpris par ce qui semblait être une action désespérée, l'homme l'évita sans peine, n'étant déjà pas sur la trajectoire du lancer. Il regarda la fillette, maintenant désarmée, et un rictus de victoire s'étala sur son visage. Il avait gagné.

Mais cela ne semblait pas frapper la gamine, qui continuait de suivre la dague, un grand sourire aux lèvres. L'homme se retourna juste à temps pour la voir trancher net une corde tendue au fond. Ne comprenant pas l'objectif, il ne put pas voir la caisse, qui était jusque là suspendue en l'air, lui tomber dessus.

Écrasé d'un coup sous son poids, il en eut le souffle coupé, et lâcha son épée. Le choc avec le sol fut rude, son menton frappant durement les dalles de pierre. La moitié inférieure de son corps, et le bas de son dos, étaient maintenant coincés sous la pression de la caisse, mais il n'était pas mort, simplement sonné, et très certainement blessé. Le fracas avait empli l'entrepôt, contrastant avec le silence relatif qui y avait régné jusque là.

Yurlungur s'avança tranquillement vers lui, et prit son épée en main. Cette dernière était bien trop lourde pour elle, et elle n'aurait, en temps normal, jamais pu l'utiliser. Mais maintenant, son adversaire gisait au sol, et elle n'aurait aucun mal à le toucher. Il était sans doute conscient de la situation, des convulsions l'agitant, et les pieds de la gamine s'offrant à son regard atterré. Elle leva l'épée, et annonça, aussi fort que possible :

Phaïtos ! Thimoros ! Recevez ce présent !

D'un coup net, elle lui trancha la gorge, le narguant d'un dernier sourire. Puis, elle contempla cette masse inerte, il y a quelques minutes encore plus forte qu'elle. Il fallait croire que la force seule ne faisait pas tout.

Elle marcha jusqu'à sa dague, qui s'était plantée dans le poteau en bois, au-dessus de la manivelle qui avait servi à hisser la caisse, et la replaça dans sa manche, discrète et mortelle. Ce n'était pas elle qui avait tué cet homme, mais l'objet le lui pardonnerait bien.

Elle songea alors que le bruit de la chute avait dû alerter des marins, ou même peut-être une patrouille. Elle se dépêcha donc de revenir à côté de la caisse, non pas pour le corps même, qui ne l'intéressait plus, mais pour les objets tombés de son sac. Il devait certainement avoir sur lui de l'argent, et quelques objets intéressants.

Après quelques minutes de recherche, et quelques trouvailles intéressantes, elle se retourna d'un coup, repérant une vive lumière, et vit avec stupeur une caisse s'enflammer. Elle ne put que crier, à elle-même :

La torche !

Avant de s'enfuir en courant, emportant tant bien que mal les divers objets qu'elle avait pu examiner. Bien vite, d'autres caisses s'enflammèrent à leur tour, et l'incendie se répandit, fulgurant. Elle sortit précipitemment, et vérifia que personne ne l'avait vue. Déjà, elle entendait des bruits de pas qui venaient, rapides.

Puis, laissant aux marins le soin d'éteindre l'incendie, lorsqu'ils l'auront remarqué, elle courut une dernière fois , contournant un autre entrepôt, puis empruntant des ruelles obscures, évitant à tout prix les rares passants, et finit par arriver chez elle, essoufflée, la nuit déjà bien avancée. Elle s'affala sur son lit, épuisée par la folle journée, mais heureuse.

Elle avait vaincu le Grand Prêtre.

Elle avait servi Phaïtos, en lui sacrifiant ce guerrier qui prétendait, à tort, Le servir.

Elle avait gagné trente yus, aussi, et avait failli l'oublier.

Elle contempla ses mains, recouvertes de sang coagulé. Celui des deux enfants, et celui du guerrier aussi, en moindre mesure. Dans sa bouche, le goût du sang avait disparu, mais de tout façon, elle n'avait plus faim. Elle savait qu'elle ferait mieux de sa changer, de se laver un peu de toute cette crasse, avant que sa mère ne la découvre dans cet état. Mais elle était fatiguée. Et puis, elle n'était encore qu'une petite fille. De longues journées comme celle-là étaient éreintantes pour son corps enfantin.

Ses yeux se fermèrent inconsciemment, les cris croissants provenant du port la berçant. Et, bien vite, un ronflement doux s'éleva dans la pièce.

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 Sujet du message: Re: Le port
MessagePosté: Sam 19 Déc 2015 11:20 
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La petite fille avait couru un moment à travers quelques ruelles, et lorsqu'elle s'était retournée, le Rebouteux ne la suivait plus. L'avait-il seulement suivie au début ? Il était déjà étonnant qu'il sorte de sa cabane, alors bon... Après quelques instants d'attente, au cas où, elle fut déçue par ce jeu qui s'achevait trop vite, et se remit à marcher normalement.

Dommage... Enfin bon.

Elle avançait sans trop savoir où elle allait. Le vieil homme lui avait demandé de travailler, pour gagner de quoi le payer. Mais elle n'avait jamais travaillé ! Elle pourrait bien essayer de voler les passants, mais bon... C'était, de manière générale, plutôt risqué. Et puis, si elle y allait trente yus par trente yus, elle n'était pas sortie de l'auberge.

Elle réfléchit. C'était bien trop dur de travailler, pour ce que ça rapportait ! Mais c'était trop dangereux de voler... Que faire alors ?

(Tuer?)

Elle sourit à cette pensée incontrôlée, et se relâcha. Elle ferma les yeux, se concentrant sur ses autres sens. Elle respira l'air de Dahràm, le seul qu'elle connaissait, écouta les bruits discrets qui caractérisaient la ville, elle se sentait vivre, sentait Dahràm vivre elle aussi, et se laissa porter par ses pas, inconsciemment, rouvrant les yeux.

Ses pas la menèrent, étrangement, au port. Elle remarqua alors que l'entrepôt dans lequel elle avait, plus ou moins, déclenché un incendie, s'était en partie effondré, en cendres. Avait-on retrouvé le corps du guerrier ? Elle ne connaissait même pas son nom, mais elle s'en fichait éperdument. Il était mort maintenant, de toute façon. Elle restait là à observer le résultat de son combat, lorsqu'elle entendit un cri derrière elle. Un marin la fixait, l'air hagard, balbutiant :

Hé, gamine ! Mais je te reconnais ! Mais oui, c'est toi qui était à côté de l'entrepôt qui a brûlé l'autre soir ! Je t'ai bien vu, tu en es sortie précipitamment, et juste après, il a pris feu !

Mais qui était-ce donc ? Elle se jeta sur lui, lui disant à mi-voix à se taire, mais il continuait de plus belle, en reculant en titubant, n'arrivant même pas à tenir debout.

Ah ! À l'aide ! La pyromane d'l'autre soir m'en veut !

Elle lui donna un bon coup de poing dans les côtes, et l'homme, qui était de toute façon déjà à moitié ivre – en plein journée ! –, s'effondra au sol. Elle s'étonna de l'effet de son coup, mais le ronflement du marin lui montra bien que seul l'alcool était responsable de la chute de l'homme. Malheureusement, ses cris avaient attiré une patrouille, qui arrivait cliquetante sous des armures métalliques.

Elle se retourna, poussant un juron, et essaya de cacher son visage, puis elle courut à toute vitesse le long des quais, espérant les semer. Mais en lançant de rapides regards derrière elle de temps à autres, elle voyait les gardes la rattraper, inexorablement. Ses muscles étaient encore fatigués par les courses d'hier, et elle le sentait bien.

Elle voulut prendre dans une ruelle et leur échapper dans la ville, mais un garde lui bloqua le passage. Elle évita de justesse un coup de lance, pour repartir aussitôt sur les quais. Mais elle savait que, si elle continuait comme ça, elle allait arriver au bout du port, et être bloquée par les remparts : à ce moment là, elle se ferait attraper, et rien ne pourra la sauver.

Que faire, que faire ? Elle regardait autour d'elle, désespérée, en continuant de courir. Voyant des chargements être portés par quelques hommes sur un bateau, elle en bouscula quelques uns vigoureusement, faisant tomber le tout au sol. Elle les évita rapidement, n'écoutant pas leurs insultes. Cela ralentit un peu ses poursuivants, mais ils rattrapèrent rapidement leur retard.

Soudain, elle remarqua une échappatoire. Sur le côté, de l'eau sale coulait dans une bouche d'égout, entrouverte, avec à côté, un marin qui regardait à l'intérieur. Sans plus hésiter, elle l'ouvrit complètement d'un grand coup de pied, et descendit à l'intérieur, sans que l'homme qui semblait monter la garde n'ait le temps de réagir.

Le passage vertical était étroit et les gardes lourdement armés allaient avoir de la difficulté à passer. Elle profita de cette chance pour essayer de les distancer, entendant au-dessus l'homme lui crier quelque chose qu'elle ne comprit pas, puis être poussé sans ménagement par un garde qui arrivait déjà. L'échelle rudimentaire en bois qui servait à descendre craquait à chaque fois qu'elle descendait d'une marche, se laissant presque tomber, et d'autres craquement au-dessus s'y ajoutèrent rapidement.

Arrivée en bas, elle vit avec un léger étonnement un homme, une torche à la main, fouiller par terre. Il avait déjà trouvé quelques pièces, et en cherchait apparemment d'autres, qu'il avait dû faire tomber. Sans le moindre état d'âme, elle saisit la torche à deux mains, et le poussa dans l'eau, donnant un coup de pied violent dans ses parties intimes. Ce dernier, surpris, lâcha en criant de douleur le bout de bois, et tomba, le son strident s'arrêtant soudainement.

N'ayant pas le moins du monde l'envie d'attendre qu'il remonte à la surface, la fillette fonça directement par l'un des passages qui se présentaient à elle. Elle essayait d'avancer rapidement, sans oser courir, de peur d'une part de chuter dans l'eau sale en glissant, et d'autre part d'éteindre la torche qui lui servait de seul repère par la même occasion.

Derrière elle, les gardes étaient arrivés en bas, mais n'avaient aucun torche. Ils hésitèrent, et elle, ne voyant aucune lumière s'allumer derrière, elle en profita pour les distancer. Arrivée à une intersection, elle prit le deuxième passage à gauche.

Elle continua de courir, ralentissant, les quelques cris derrière elle de temps à autres la faisant sursauter et accélérer lorsqu'elle les percevait, mais ils étaient de plus en plus ténus et lointains. Elle prit à droite, puis tout droit, et encore à droite, continuant ainsi son chemin aléatoire sous Dahràm. Elle arriva, au bout du compte, à une intersection de canaux assez loin sous la surface, tous les passages qui lui restaient accessibles remontant.

Elle s'y arrêta, pour prendre une pause. Elle leur avait échappé, c'était certain, et ils iraient ensuite interroger l'ivrogne pour savoir ce qu'il avait vu. Comme il avait trop bu, justement, ils allaient peut-être abandonner leurs recherches, et la laisser en paix. Elle resta là quelques minutes, à reprendre son souffle. Dans les égouts, l'eau coulait doucement, produisant un bruit somme toute assez fort, se répercutant sur les parois de pierre. De temps à autres, une gouttelette tombait du plafond, et s'écrasait contre le sol, le bruit se répercutant dans toutes les directions.

Après quelques minutes, elle se releva, et s'apprêta à repartir en arrière, lorsqu'elle aperçut très rapidement quelque chose bouger dans l'eau. Elle se figea, observant l'eau, mais tout semblait calme et normal. Avait-elle rêvé ? Elle balaya l'air de sa torche, fixant l'endroit, mais il n'y avait plus rien. Pourtant, il lui semblait bien avoir vu une forme, indistincte mais massive, remonter le courant.

Elle resta méfiante, et décida, pas à pas, de tout de même essayer de repartir en arrière, tout en gardant un œil sur l'eau trouble. Elle fit quelques pas dans le passage, et un nouveau mouvement, accompagné d'un clapotis, se fit entendre juste à côté. Sans attendre d'autres preuves de la présence d'un danger, elle se mit à courir, droit devant. Derrière elle, une bête aquatique se mit à émettre des cris stridents, avançant vers elle.

Ce ne fut que lorsqu'elle arriva à l'intersection suivante qu'elle se retourna, tirant sa dague. Elle avait entendu la bête se rapprocher de plus en plus, la rattrapant, et elle savait qu'elle n'était pas assez rapide pour la fuir. Mais, au vu du monstre, elle allait peut-être regretter sa décision de l'affronter en face...

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 Sujet du message: Re: Le port
MessagePosté: Dim 3 Jan 2016 09:04 
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Yurlungur avait enfilé son armure et portait par-dessus des vêtements presque neufs. Elle ignorait que le forgeron avait des talents de couturier, mais était satisfaite du résultat. L'armure était adaptée à son corps et suffisamment discrète et fine pour qu'on ne remarque pas qu'elle en porte une en-dessous de ses habits. La protection idéale !

Elle se contemplait elle-même, heureuse, tout en marchant. Il n'y avait rien qui laissait apparaître l'armure et, obnubilée, elle se laissait, comme à son habitude, porter par ses pas. Elle finit par déboucher au port. Aussitôt, elle se fit méfiante. Et si on la reconnaissait, comme la dernière fois ? Bon, aucun marin bourré à l'horizon. Elle avança en sifflotant, longeant les tavernes. Le Soleil s'en allait déjà... Et il laissait la place à diverses choses pas très agréables pour qui n'y était pas habitué. Mais elle, personne ne la remarquait ici. Elle parvenait à se fondre dans l'environnement et puis, on la connaissait. Ou, du moins, on l'apercevait de temps à autres, ce qui suffisait à la plupart des marins pour considérer qu'elle n'était pas dangereuse.

Soudain, un homme atterrit devant ses pieds, expulsé de la Taverne du Gros Néral. La petite fille ne prêta pas attention au malheureux, mais fit une légère révérence devant celui qui s'avançait au-dehors, pas encore satisfait d'une simple expulsion.

Qu'est-ce que tu crois qu'tu fais ici ! Ton travail est merdique ! Alors tu dégages !

Le « Gros Néral » était toujours aussi enrobé. Il était étonnant qu'il sorte lui-même pour virer un de ses ''employés'' – quoique, il n'avait pas grand chose à craindre à Dahràm, et puis il fallait bien se défouler de temps en temps. Toujours fulminant, il rentra dans sa Taverne sans même jeter un regard à la fillette, tandis que quelques malfrats, sur un geste de sa main, s'avancèrent vers l'homme à terre pour le dépouiller. Elle s'apprêtait à repartir, lorsqu'une faible voix lui parvint.

Yurlungur...

Elle se retourna et vit le visage de Sephon disparaître alors qu'un des hommes de main du Gros Néral se penchait sur lui.

Hé ! Arrêtez, vous !

Elle s'avança et poussa sans ménagement le malfrat qui, surpris par la violence de la petite fille, tomba dans la boue du bas-côté. Les deux autres s'écartèrent un peu et sortirent leurs armes de leurs fourreaux, commençant doucement à sourire d'un air torve.

Tu vas le regretter, fillette...

Sans même prendre le temps de leur répondre, elle se jeta sur l'un d'entre eux, la dague déjà à la main, et profita de l'effet de surprise pour l'érafler sévèrement au bras gauche. Elle s'accrocha à lui et l'entraîna dans sa chute, s'arrangeant pour se placer au-dessus. La tête de l'homme cogna violemment le sol de pierre et il s'évanouit. Elle en profita pour récupérer sa dague et se releva en vitesse. Mais ne fut pas assez rapide.

Le dernier détrousseur l'attrapa par derrière, plaquant sa main gauche sur son cou et la soulevant du sol, tandis que la lame de son sabre s'approchait dangereusement du frêle cou de Yurlungur. Elle suffoqua, manquant subitement d'air, mais donna tout de même un coup de coude dans les côtes de l'homme, qui émit un gémissement pitoyable. Elle chuta à nouveau au sol, l'atterrissage se faisant cette fois bien plus brutal. Elle se releva à grand-peine, encore sonnée, et reçut un coup de masse dans les côtes. Un filet de sang s'échappa de ses lèvres et elle se retrouva au sol. Ils étaient trop nombreux pour qu'elle ait la moindre chance, donc elle devrait fuir. Mais Sephon...

Elle roula d'instinct sur le côté juste à temps pour éviter une lame qui aurait pu la couper en deux et se releva, voyant ses deux adversaires devant elle et le dernier à terre, apparemment assommé par sa fonction d'amortisseur lorsqu'elle lui avait sauté dessus. Elle gardait les deux lames brandies devant elle, mais tremblotait un peu. Autour d'eux, un rond de marins curieux s'était formé, la rixe et surtout la présence d'une petite fille amusant. Elle recula doucement... et perdit l'équilibre lorsque le corps de Sephon, encore à terre, bloqua sa retraite. Elle battit des bras un instant et s'écrasa au sol. Il n'en fallait pas tant pour que les deux autres se remettent à attaquer.

Alors que celui à la masse arrivait droit sur elle, il eut la mauvaise surprise de sentir le pied fin de la fillette s'enfoncer dans ses parties intimes, la jambe de Yurlungur, à défaut de sa dague, passant à travers sa garde. Il ne put cependant arrêter son élan et chuta à son tour à côté sur le corps de Sephon, qui émit un petit gémissement.

Yurlungur leva juste à temps ses deux dagues pour bloquer le coup d'épée du dernier combattant. Ses deux lames croisées bloquaient celle de l'homme, qui se rapprochait cependant petit à petit, la force du malfrat étant bien supérieure à celle de la petite fille. Et à côté, l'homme à la masse se relevait lentement...

Elle mobilisa toutes ses forces pour repousser un grand coup la lame, avant de rouler sur le côté et éviter le coup fatal. En colère face à ces adversaires, elle recula encore, les provoquant tandis qu'ils s'approchaient ensemble d'elle.

Alors ? Qu'est-ce que ça fait d'être un lâche qui n'est pas capable de battre une simple petite fille sans l'aide de son pote ? Vous êtes pitoyables, les gars !

Elle expirait sa haine dans ses paroles et commença à les insulter. Elle savait qu'elle était exténuée et ne respirait plus qu'à pleins poumons, le simple fait de parler la fatiguant encore un peu plus. L'air frais de la nuit lui mordait la peau et le faible éclat de la pleine lune venait lui montrer des visages blafards, prêts à la tuer dès qu'elle baisserait sa garde. Et dans sa tête, la voix qui habituellement prenait le relais dans ces situations critiques était absente.

Les deux hommes ne semblaient pas vouloir s'arrêter. Elle se tut et s'immobilisa. Aussitôt, craignant une ruse, l'un des deux resta en retrait, tandis que l'autre, son épée à la main, s'avança. Elle le regarda, commençant à sourire, et quelques murmures étonnés se propagèrent dans l'assemblée de marin. C'est alors que le malfrat à la masse s'écroula au sol, assommé par Sephon qui venait de se relever. L'autre ne put s'empêcher de se retourner pour voir ce qui se passait et cela causa sa perte.

Il n'eut pas le temps de faire autre chose. La petite fille était déjà sur lui et lui lacéra le torse, avant de saisir sa tête à deux mains et de la tordre sur le côté dans un craquement effroyable. Il ne bougeait plus. Sephon prit la main de Yurlungur et l'entraîna dans les ruelles sombres, se frayant avec force un chemin parmi les spectateurs du combat.

Elle courut avec lui, reprenant ses esprits. Elle ne faisait plus attention à ce qui se passait autour d'elle et s'accrochait uniquement à cette main qui la guidait. Devant elle, Sephon se guidait à partir des bruits qu'il percevait et de sa main libre qui frôlait le mur. Dans une pareille obscurité, n'importe quel manant était aussi désavantagé que lui pour ce qui était de la vue. Ils arrivèrent à la Cour-aux-Rats, remplie de pauvres hères qui les freinèrent, agrippant à leurs vêtements, mais ils se dégagèrent avec violence et poursuivirent leur route. Jusqu'à arriver au bout de la ruelle sombre, écarter rapidement la plaque, et s'engouffrer dans les ténèbres en refermant le passage derrière eux.

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 Sujet du message: Re: Le port
MessagePosté: Lun 11 Jan 2016 02:04 
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La petite fille fut réveillée le lendemain matin par une main qui la secouait doucement. Elle vit le visage de Liniel, sévère comme à son habitude. Elle se redressa et se frotta un instant les yeux.

Déjà ?

Dépêche-toi, nous n'avons pas que ça à faire.

Sans que d'autres paroles soient échangées, la petite fille se leva, se passa un peu d'eau sur son visage, mangea une pomme que Liniel lui avait apportée et remit finalement sa cape. Le visage à présent caché, elle suivit la Semi-Elfe dehors, pareillement vêtue. Si le ciel s'éclaircissait déjà, le Soleil n'était pas encore visible et bien qu'elles se trouvaient dans la ville, Yurlungur se doutait qu'il n'était pas encore levé.

Elles marchèrent quelques instants jusqu'au port. Là, ils essayèrent de repérer cinq, celui censé couvrir Yurlungur. Liniel se retourna brusquement et la petite fille, voyant cela, put constater qu'il était là. Ou du moins était-ce sûrement lui, les personnes ainsi encapuchonnées se faisant rares. Il ne prononça que quelques mots :

Je suis prêt. Je vais me cacher quelque part pour observer. Vous n'avez qu'à rester en repos pendant ce temps.

Aussitôt, il se tourna vers l'une des bâtisses qu'il se mit à escalader, pour disparaître dans une fenêtre. Yurlungur le regarda faire, impressionnée. Mais Liniel la tira par la main pour la faire venir et elle dut abandonner son observation. Ensembles, à côté des quais encore déserts alors que les premiers rayons de Soleil pointaient tout juste à l'horizon, elles entrèrent dans ce que la fillette savait être une maison close. Elle ne put retenir une expression de dégoût, que son accompagnatrice ne put heureusement pas voir.

Une fois entrés, Liniel enleva sa capuche et s'avança. La remarquant, une jeune femme blonde bien courtement vêtue s'adressa à elles :

Bienvenue, Liniel... Tu nous amènes un client ? C'est un peu tard...

Son ton était suave et elle gardait un sourire qui sonnait faux.

Ce n'est pas pour ça que je suis là. Mais j'ai un gros coup en préparation. Laisse-moi parler à Martha.

Bien sûr... Par ici, porte du fond... Et toi, mon beau, si jamais tu souhaites revenir, je t'en prie, je me chargerais personnellement de toi...

C'est une gamine.

Cela cloua le bec à la prostituée qui les laissa passer par une porte discrète dans un coin qui débouchait sur un couloir. Yurlungur et Liniel se rendirent directement jusqu'à la porte indiquée, bien que Liniel n'eut sans doute pas besoin de cette indication. Elles entrèrent sans toquer dans la pièce sombre, uniquement éclairée par la lumière tamisée de quelques bougies cachées derrière des rideaux, et une femme aux cheveux grisonnants et à la vieillesse plus ou moins adroitement camouflée par divers artifices les regarda entrer, d'abord un grand sourire commercial aux lèvres, qui disparut bien vite lorsqu'elle reconnut la Semi-Elfe.

Liniel. Ça faisait un bail. Que me veux-tu, encore ?

J'ai besoin de tes filles. Un vaisseau arrivera dans la journée et il faut bien distraire les marins épuisés après leur long voyage.

Je ne te demanderai pas pourquoi. Qu'est-ce que j'y gagne ?

Ce que tes filles pourront prendre à ces marins. Ce sont des pirates, j'imagine donc qu'ils ont un peu d'argent avec eux s'ils accostent à un port. En plus, c'est ton homme lui-même qui a demandé à ce qu'ils soient bien servis.

Martha et Yurlungur arquèrent simultanément un sourcil pour des raisons différentes.

Que me veux encore ce forban ? Qu'il aille à Phaïtos !

Elle se leva et tourna le dos à ses hôtes. Puis elle se retourna et annonça :

Très bien. Mais sache que je lui ferai payer le prix fort.

Liniel lui sourit et répliqua :

Ce n'est pas vraiment mon problème, plutôt le sien.

Elle se tourna ensuite vers Yurlungur.

Attends-moi ici avec Martha. Je vais me préparer.

La petite fille attendit, bien enfoncée dans le fauteuil à disposition des invités. Martha était toujours debout et tourna le dos à la fillette pour prendre sur un meuble ce qui ressemblait à un tuyau de verre relié à une cloche recouverte de tissu. Elle inspira dedans et relâcha à l'air libre un halo de fumée puis revint vers Yurlungur.

Et toi, quel est ton rôle dans cette histoire ? Qu'est-ce que tu fous avec Liniel au juste ?

Je n'ai pas à vous répondre.

La femme sembla surprise que ce soit une petite fille qui lui réponde de sous la cape et se remit à fumer. L'air devint bien vite vicié et la fillette toussota. Après quelques minutes, Liniel revint et invita Yurlungur à la suivre.

Merci, Martha.

Cette dernière ne répondit pas, toujours de dos, et ils quittèrent la petite pièce. La tenue de Liniel était changée du tout au tout. Elle gardait une longue cape, mais pas la même. En-dessous, ses vêtements étaient très légers et laissaient apparaître des formes avantageuses. La fillette était partagée entre la répugnance d'un tel style vestimentaire et l'admiration quant à la métamorphose de la Semi-Elfe.

Elles arrivèrent rapidement dans une autre salle où se trouvaient une douzaine d'autres filles de joie pareillement vêtues, cachant à moitié leur apparence dépravée sous le même genre de capes. Yurlungur se sentit mal au milieu de cette assemblée à laquelle elle n'appartenait en aucun cas.

Très bien, les filles. Nous on va surveiller dehors et on vous préviens quand ils arrivent.

Sans qu'elle ne lui donne l'autorisation, la gamine se rua à l'extérieur pour reprendre un peu de souffle frais. Liniel la rejoint peu après.

Tu vas bien ?

Oui, oui, ça va.

Elle sourit et la laissa quelques instants tranquille, écoutant sa respiration saccadée. Puis elle annonça :

Bon. Il doit être par là.

Elles sursautèrent lorsque le bruit d'une chute molle se fit entendre derrière elle. Elles se retournèrent et virent l'encapuchonné se redresser. Silencieusement, ils acquiescèrent tous les trois et lui repartit immédiatement après. Tout était enfin prêt. Il n'y avait plus qu'à attendre. Liniel s'apprêta à rentrer, mais Yurlungur la retint.

Je préférerais... Je préférerais rester à l'extérieur pour guetter la venue du bateau et me préparer au calme.

Comme tu voudras.

Liniel rentra à l'intérieur à nouveau, laissant la petite fille seule et terriblement angoissée dès lors qu'elle repensait à ce qu'elle aurait à faire.

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Dernière édition par Yurlungur le Lun 11 Jan 2016 02:10, édité 1 fois.

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