L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: La Baraque du Rebouteux
MessagePosté: Dim 30 Jan 2011 18:25 
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Après de longues pérégrinations et un combat contre des choses putréfiées dans des ruelles insalubres, Parnalia arriva plus morte que vive à une baraque de bois.
Celle-ci est sensée servir de cabinet au Rebouteux, personnage respecté à Dahràm pour sa science médicale et que Dame Lizza lui a conseillé d'aller voir pour se rendre utile.
Le vieil homme semble en effet prendre une part très active dans la part des soins donnés aux personnes luttant contre les mort-vivants pullulant en ville, et il aurait besoin d'un sérieux coup de main.

Pour Parnalia, cette cabane représente avant tout un refuge où elle pourra se poser le temps de réfléchir à sa situation, vu qu'elle ne connait rien à cette cité.
Flageolant un peu sur ses jambes, la femelle frappa doucement à la porte et tenta de se présenter d'une voix un peu lasse.

- Maître guérisseur ? Je m'appelle Parnalia. Dame Lizza m'a dit que je pourrai vous être utile. Puis-je entrer ?

N'obtenant aucune réponse, la liykor prit l'initiative de pousser la porte branlante.
La pièce, quoique assez propre était l'objet d'un désordre sans nom : instruments chirurgicaux, pots d'onguents... rien ne semblait être rangé à première vue.
De faibles râles provenaient du fond de la pièce où quelques silhouettes humaines semblaient reposer sur des grabats.
Parnalia entra précautionneusement dans la pièce.

- Maître Rebouteux ?

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 Sujet du message: Re: La Baraque du Rebouteux
MessagePosté: Mar 1 Fév 2011 19:03 
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Un toussotement attira l'attention de Parnalia, qui dirigea son regard vers un tas de chiffon appuyé contre un établis, lequel s'avéra être en fait un vieil humain.
Vieux, c'est bien le premier qualificatif qui venait à l'esprit lorsque l'on voyait de près ce personnage : un nombre infini de rides sur la peau, la bouche tordue en un rictus sévère, des yeux plissés mais attentifs à moitiés cachés par des bésicles crasseuses...
Le genre d'individu qui aurait semblé âgé quelle que soit sa race, malgré son dos toujours droit et la vivacité visible de ses gestes.
Emmitouflé dans son étrange habit de tissus entremêlés, le Rebouteux jeta un regard perplexe à Parnalia avant de prendre la parole d'une voix croassante.

- Dame Lizza t'envoie ici ? Je me demande bien pourquoi. Il est évident que tu n'as pas la carrure pour exercer les arts du soin, gamine. Moi je soigne les gens contre de l'argent et je ne prend pas d'apprentie.

Le museau de Parnalia se fronça de perplexité. Déjà, parce qu'elle avait pensé avoir passé l'âge qu'on l'appelle "gamine", et ensuite parce qu'elle ne comprenait absolument pas l'attitude de son interlocuteur.
Elle respira un grand coup et tenta tout de même de s'expliquer.

- Tout d'abord, je ne suis pas totalement ignore dans le domaine des soins : je sais faire des bandages, préparer quelques baumes, fabriquer des attelles... en bref le minimum vital à savoir lorsque l'on chasse souvent.
Ensuite, si Dame Lizza m'a envoyée ici, c'est parce que je l'ai convaincue que je pouvais me rendre utile contre le fléau qui ravage Dahràm en ce moment.
J'ai vu de quoi ces choses sont capables, j'ai même réussi à en détruire deux par chances en venant ici !
Alors, je vous en prie, laissez-moi me rendre utile ici, je sais, je sens que je dois le faire !


Le ton de son message avait peut-être été plus virulent que ce qu'elle avait prévu au départ, mais elle avait l'impression qu'il était passé.
Le vieil homme lui lança un regard indéfinissable, puis s'approcha d'elle dans un froissement de tissu avant de lui mettre une pichenette sur la truffe.
Ce geste surprit tellement Parnalia qu'elle tenta de faire un bond en arrière; cependant l'utilisation des sorts plus tôt dans la journée avait dû l'affaiblir plus qu'elle ne l'avait pensé car elle trébucha et s'étala par terre.
Le Rebouteux se détourna d'elle et retourna à son établi où s'étalaient des piles d'herbes étranges finement hachées. Il grommela des jurons presque distincts.

- Une gamine... ça fait des grandes phrases et ça ne s'aperçoit même pas que ça ne tient plus debout.

Le vieil homme tendit sans un mot un doigt noueux vers les grabats au fond de la pièce où reposaient plusieurs silhouette visiblement à bout de force, puis croassa à nouveau.

- C'est pas une auberge ici, mais tu n'es pas en état de repartir. Tu peux rester dormir mais je veux te voir décamper à la première heure, demain !

La liykor se remit sur ses pattes et partit se coucher sans un mot, incapable de comprendre l'attitude lunatique de l'ancien. Elle tenta de mettre au point une stratégie pour gagner les faveurs de son hôte et pouvoir rester, avant d'être finalement vaincue par un sommeil réparateur.

Il s'avéra en fin de compte que si le vieux n'avait pas besoin d'une apprentie, il avait l'utilité d'une assistante. Un marché fut passé : le gîte et le couvert contre une obéissance absolue au maître des lieux pendant toute la durée du séjour.
C'est ainsi que la vie s'organisa et Parnalia prit son mal en patience en estimant que toute expérience était bonne à prendre : ne fut-ce que durant les courses pour son mentor, elle pouvait commencer à se repérer dans les rues de la ville et à se familiariser avec sa vie grouillante.
Et si elle fut d'abord cantonnée aux tâches ménagères, elle ne tarda pas à se rendre indispensable pour le vieil homme pendant ses opérations : bandages, onguents, infusions et simples n'eurent bientôt plus de secret pour elle... du moins ceux que laissait voir le rebouteux. Son aide s'avéra surtout présence pour maîtriser de force des patients trop remuant ou par calmer par des chants doux et rauques l'agonie des quelques mourants que celui qu'elle apprenait à présent son maître ne pouvait sauver.

La fujonienne commença même à imaginer un nouvel emploi à sa magie de glace en voyant son maître employer des anesthésiques sur des blessures souffrant de plaies ouvertes : après tout son propre peuple n'utilisait-elle pas des compresses de neige pour geler les plaies en attendant de recevoir de meilleurs soins ?
Elle s'entraîna assidument, soir après soir, pour essayer de canaliser son énergie magique pour créer des sortes de compresses en essayent d'abord sur des rats.
Les premiers essais furent infructueux, les vermines finissant soient en glaçon géant suite à la congélation de tous leurs fluides, soit en petits morceaux suite à une rupture des chairs.
Parnalia finit par envisager une bonne méthode en s'inspirant du Rebouteux : plutôt que "d'injecter" la magie dans la plaie, pourquoi ne pas plutôt imaginer un onguent couvrant la paume de la main et s'étalant doucement sur la plaie ?
Là encore des essais furent nécessaires et la population locale de rongeurs en pâtit, mais au final Paranalia s'avéra capable de geler une plaie par contact non seulement sur des rats, mais également sur elle-même.
Le vieux montra une pointe d'intérêt pour les expériences de la jeune femelle, mais sans plus.

Enfin, au bon de douze jours à suturer des plaies et à pratiquer ses pouvoirs magiques, Parnalia estima le temps venu de retourner vois Dame Lizza pour qu'elle lui parle davantage de ce fameux maître de la glace d'Oranan.
Elle fit ses adieux au vieil homme.

- Merci de m'avoir accueillie, rebouteux. Ce séjour m'a été très précieux. Je ne vous oublierai pas, où que j'aille.

L'humain, qui lui tournait le dos et s'affairait à on-ne-savait-quoi, ne prit même pas la peine de se retourner.

- Cesse donc de dire des sottises et va-t-en, j'ai du travail.

La lyikor referma la porte branlante de la cabane derrière elle sans insister. Mais au moment de s'éloigner, elle aurait juré avoir entendu un soupir de satisfaction provenir de derrière la porte. La jeune femme-louve s'en fut vers le quartier des marins et le repaires de Dame Lizza, le sourire aux lèvres.

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 Sujet du message: Re: La Baraque du Rebouteux
MessagePosté: Sam 26 Fév 2011 20:04 
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Un besoins urgent de soins - 5.

Un besoins urgent de soins - 6.


Fam'tie était assise avec sa fille dans les bras, son fils assis à côté d'elle et son fils adoptif debout, appuyé son le "mur" de la cabane. L'humoran sombre finit par venir s'installer près d'eux. La woranne ne le remarqua même pas tant elle était plongée dans ses pensées. (Alors, voilà… Tu sais, quand les bandits nous ont attaqué… Et bien, ton papa, Argodan Yedinen, est mort en combattant pour vous protéger. J'ai essayé de le sauver mais il n'y avait aucun guérisseur, je n'ai rien pu faire. Moi-même j'ai survécu grâce à un coup de chance. Mais, mon fils, ces dernières paroles étaient pour nous. Il a dit… il m'a dit… Non, il m'aura coupé depuis belle lurette en me hurlant "Nan, c'est pas vrai ! Papa il est pas mort !" Bon ! Euh… Et si je commençais par tout lui expliquer et que je ne lui disais qu'à la fon qu'Argodan est mort depuis un an ? Hmm… Il risque de m'en…)

"On s'fait chié !"

Fam'tie eut un léger sursaut et regarda l'adolescente. Elle l'avait surprise. (Comment ça se fait qu'elle soit là ?) L'adolescente lui lança un regard farouche. Visiblement elle attendait une réponse. La rôdeuse se reprit.

"Euh, oui, c'est vrai. Mais on a pas grand-chose à se dire, non ?"

"…"

"…"

(Qu'est-ce que je disais.) La woranne soupira et retourna dans ses pensées. Enfin, voulut retourner dans ses pensées.

"Je m'appelle Jo."

Fam'tie leva les yeux vers Jo.

"Et moi Fam'tie Gress, je suis enchantée."

Elles se regardèrent et se firent un sourire en coin. Tuma, qui ruminait dans son coin, s'avança d'un pas et ouvrit la bouche pour parler… juste au moment où le garde du corps du rebouteux vint vomir sur l'un des tigres. Les enfants éclatèrent de rire, Fam'tie sourit avec les yeux tandis que son expression restait neutre, Tuma Gress fit une moue dégoûtée et prit un air révolté en voyant que c'était son tigre et le pirate poussa un cri de frayeur. Le pauvre Rorlug était lui aussi plongé dans ses pensées en attendant son tour et le bruit d'un type vomissant avait attiré son attention. C'est ainsi qu'en tournant la tête il s'était retrouvé nez à museau avec Nouk. L'humain se pissa dessus tant il eut peur. Le tigre fut surpris et sursauta, avant de montrer les crocs. Non mais ! On ne le faisait pas sursauter lui. Figoliat poussa un grognement furieux.

"Espèce de larve d'humoran, comment oses-tu salir le pelage de mon compagnon avec ton misérable vomi ?! Figoliat, fais-lui ravaler cette injure !"

Fam'tie mit précipitamment Susiwan dans les bras d'un Junio hilare puis se précipita sur le dos du tigre pour le retenir.

"Fam'tie, que fais-tu ?!"

La voix de la woranne fut calme et son visage resta neutre. Par contre son regard lançait des éclairs.

"Je t'empêche de perdre la queue en tuant un homme sans défense par l'intermédiaire de ton compagnon d'âme. Le meurtre est un crime, aurais-tu oublié les leçons de Sulik ? Je trouve que tu t'énerves bien vite pour si peu…"

Tuma parut d'abord se mettre encore plus en colère, puis il se détendit.

"Pardon…"

Il voulut continuer à s'excuser et se justifier mais à la vue du regard que lui lança la rôdeuse, il se dit qu'il valait peut-être mieux pas. Il rappela son tigre et elle se releva, le ventre et le torse couvert du vomit de l'humoran guérisseur. Elle se tourna vers lui et vérifia qu'il n'avait aucune blessure, le visage neutre et le regard dur.

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Je vous ai enfin retrouvé, mes enfants. Après un an de recherche, je vous retrouve enfin...! Plus jamais je ne vous laisserais être arraché à moi de nouveau, plus jamais...!

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Dernière édition par Alantlya le Mar 19 Avr 2011 22:31, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: La Baraque du Rebouteux
MessagePosté: Dim 27 Mar 2011 01:24 
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Les Fluides du Rebouteux



La Purification du Rebouteux




Mercurio était vraisemblablement arriver comme un cheveu sur une soupe pas très appétissante et fit immédiatement les frais de son manque de contrôle gastrique par l'agressivité du maître qui avait purement et simplement ordonné à son tigre de l'attaquer. Heureusement, une Woranne du groupe usa d'autorité pour vite calmer cette courte folie.

L'Humoran se retrouva pris au dépourvu. Cette Woranne venait de lui sauver la vie après tout ! Mais il se sentait bien trop mal à l'aise dans cette situation pour partir dans un élan de gratitude et se devait de se retirer rapidement pour évaporer cette soudaine tension. Il lâcha donc un :

"Je suis désolé, je... Je vais vous chercher une serviette pour le nettoyer et vais reprendre les soins."

Sur ce dire, il s'éclipsa chercher la serviette promise dans le cabinet du Rebouteux.

"Hé gamin, si tu supportes pas la vue du sang, crois-moi que tu ne vas pas faire long feu ici !"

"C'est pas ça, c'est que..."

"Ouais ouais, ben quel qu’en soit la raison, apprend à contrôler tes reflux gastriques gamin, sinon ça va pas être jouable."

Sur cette menace qui finissait de l'enfoncer, Mercurio ne répondit pas et alla récupérer une serviette. Aussitôt fait, il l'amena silencieusement au maître du tigre et rentra pour continuer les soins.

Il retrouva donc les pieds de son patient, finissant d'enlever les gênes. Puis le voilà confronté à devoir utiliser pour la première fois la magie. Il rapprocha ses mains comme l'avait fait précédemment le Rebouteux, mais en termes de concentration, il avait du mal à savoir comment procéder pour être efficace. Il songea durant quelques instants sans rien obtenir, puis demanda finalement à Alkrim :
"Patron ?"

"Oui gamin ?"

"A quoi est-ce que je dois penser exactement pour que ça marche ?"

"C'est simple, il te suffit de prévisualiser le soin que tu veux faire. Là il s'agit de désinfecter la plaie, puis de recréer l'épiderme. Après il faut que tu trouves ton propre moyen de déclenchement. Pour moi c'est un automatisme maintenant, mais avant je faisais comme si je donnais mentalement un ordre à la blessure. Après ça dépend des gens. Il y en a qui récitent des sortes d'incantations qu'ils ont eux-même inventés ; ça sert à rien en fait mais ça peut aider. D'autres encore prie Gaïa ou Jeri, à voix haute ou intérieurement. D'autres ferment les yeux pour s'imaginer le processus de guérison voulu, aussi."

"Il faut que je trouve mon créneau quoi."

"T'as tout compris."

*Bon... Blessure ! Que ta chair s'assainisse et ta peau se referme !*, remua-t'il dans ses pensées.

Aussitôt ordonné, Mercurio constata ce qui s’apparentait à une douce chaleur envahir ses mains et une lumière blanche jaillissant faiblement de ses paumes.

"Hey, c'est tout simple en fait !"

"Qu'est-ce que je te disais ? 'Faut pas croire bonhomme, maîtriser sa magie de soin c'est assez simple en fait, une fois que tu sais comment te concentrer et gérer ton flux. Ça crève un peu parfois, mais ça s'arrête là. Non, le plus compliqué, c'est de savoir ce qu'il faut faire et comment il faut le faire. Et ça, je te l'apprendrais. Le seul truc avec la magie de soin et la magie en général d'ailleurs, c'est qu'il faut en posséder les fluides, c'est tout ! A partir de là, y a jamais rien de bien difficile !"

En même temps qu'il parlait, Mercurio était tout content de réussir à soigner convenablement son premier patient. La blessure s'était doucement soignée et refermée et tout semblait bien se passer.

Pendant ce temps, Alkrim refermait par magie sa chirurgie encore inexpliquée. Pourquoi faire une opération à coeur ouvert pour un problème de rouille dans le sang ? Quoi qu'il en était, ses soins étaient finis et le patient encore inconscient. Il alla vérifier le soin de Mercurio et son silence acquiesçait cet essai concluant.

"Bon, c'est bien gamin, tu t'en sors bien. Pour les marques de menottes de tout ce beau monde, je m'en occupe, t'as pas encore le niveau pour t'occuper du tri sanguin et encore moins pour opérer. Tu te contenteras de regarder et ne nous refais pas le coup de la digestion inversée !"




Le Coeur du Rebouteux

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A propos, j'ai trouvé la morale de la fable que ton grand père racontait,
celle du petit oiseau que la vache avait recouvert de merde pour le tenir au chaud et que le coyote a sorti et croqué...
C'est la morale des temps nouveaux.
Ceux qui te mettent dans la merde, ne le font pas toujours pour ton malheur
et ceux qui t'en sortent ne le font pas toujours pour ton bonheur.
Mais surtout ceci, quand tu es dans la merde, tais-toi !

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 Sujet du message: Re: La Baraque du Rebouteux
MessagePosté: Mar 19 Avr 2011 22:28 
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Un besoins urgent de soins - 7. ~Épidémie de vomissement~


L'humoran s'excusa et partit immédiatement chercher des serviettes. Fam'tie se retourna vers Tuma Gress.

"Tu vois, il ne l'avait pas fait exprès."

Son ton était plus doux et presque amusé, sans doute pour détendre l'atmosphère autant que les nerfs du coureur des plaines car son regard était toujours aussi inexpressif, tout comme sa face. Wolfgang, sa sœur dans les bras, regardait sa mère sans qu'aucune émotion ne transpire de son visage. Par contre son regard humide trahissait son inquiétude. Même s'il avait été séparé pendant un an de sa mère il savait qu'elle était fortement agacée, peut-être même en colère. Effectivement, Fam'tie avait vraiment l'impression que Tuma était simple d'esprit, un gamin se prenant pour un adulte. (Non seulement il montre le mauvais exemple à mes gamins mais en plus il a failli commettre un crime irréparable sous nos yeux. Il ne se souvient plus de nos lois ? D'ailleurs, où se trouve notre clan ? Au départ j'ai pensé qu'il était sûrement le seul rescapé car il n'était pas là-bas au moment du massacre… Mais un woran comme lui, qui était déjà adulte alors que je n'étais qu'une enfant, aurait fait un mauvais esclave. Et il n'était pas seul, où est passé la personne qui l'accompagnait dans son exil rituel ?) Voilà plus ou moins toutes les questions que commençait à se poser Fam'tie. Le guérisseur garde du corps revint avec une serviette, qu'il donna à Tuma. Enfin… que Tuma lui arracha des mains avec un regard assassin. Il commença à nettoyer son tigre avec des gestes brusques. Fam'tie regarda autour d'elle. Wolfgang et Junio s'étaient assis et la regardait. Susiwan était allongée de tout son long sur les genoux des deux garçons et Jo faisait connaissance avec Nouk à grands coup de grimace. Le pirate, par contre, était assis dans son coin d'un air boudeur à compter ses piécettes restante et à regarder la bande de "tigre" avec méfiance. (Il me fait penser à un vieux avar dont on menacerait le trésor.)

La rôdeuse se détourna de ces petites scènes pour voir comment avançaient les soins et, par la même occasion, demander une serviette pour s'essuyer en passant sa tête par la porte. L'humoran du guérisseur n'avait donné qu'une seul serviette, et c'était à Tuma qu'il l'avait donné. Malheureusement il avait oublié Fam'tie qui, par son intervention, s'était recouverte de vomi. Elle vit que l'une des patients avait le cœur ouvert… et comprit pourquoi l'humoran avait vomi. Elle-même sentit le contenu de son estomac faire demi-tour. Une main devant la bouche pour s'empêcher de tout vomir, la woranne dut faire appel à tout son contrôle pour ne pas imiter l'humoran. Ce qu'elle arriva à faire… de justesse !

"Par Yuimen…! Pourquoi… il… Elle est morte ?"

Pour une fois le visage de Fam'tie exprimait quelque chose : un dégoût profond accompagné d'une nausée visiblement difficile à contenir. Nouk vint se frotter contre ses jambes en ronronnant (((trouvant l'odeur très alléchante xD))) et Jo passa elle aussi sa tête par contre.

"Oh par les dieux…"

L'adolescente eut un haut le cœur et partit en courant vers… quelque part, pour vomir en toute tranquillité sans doute.

"Mais qu'est-ce que vous avez tous à vomir dans tous les sens comme ça ?" s'exclama le mal léché de service.

Les rires des deux garçons lui répondirent, ainsi qu'un bruit peu alléchant de vomissement.

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 Sujet du message: Re: La Baraque du Rebouteux
MessagePosté: Ven 29 Avr 2011 22:06 
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Le Coeur du Rebouteux




Le Rebouteux donnait une impression de passion malsaine pour son métier. Voir cette tête trop curieuse repartir avec un bruit de déglutition lui arracha un sourire amusé, sans pour autant perturber son travail.

"Héhé, on dirait que tu n'es pas le seul estomac fragile présent !"

Mercurio se tut, ne sachant pas vraiment s'il y avait quelque chose de pertinent à répondre sur cette remarque. Alkrim ne s'éternisa pas non plus, reprenant son sérieux.

"Bon alors gamin, ce que tu vois là, c'est le coeur. A l'exception des gobelins qui l'ont plutôt centrés, toutes les races que je connaisse l'on toujours eu vers la gauche. Après le nombre de battements est aussi important, mais c'est une autre histoire. Bref, le coeur pompe le sang qui circule dans le corps. Sang qui transporte tout ce qu'il nous faut pour vivre. Le problème, avec la rouille qui s'incruste dans le sang, c'est qu'en circulant, elle se transforme et se multiplie. Et puis après les nerfs chargent, on en perd le contrôle. Contractions, spasmes, convulsions et éventuellement mort. Donc nous, pour éviter ça, il faut qu'on agisse sur un maximum de surface sanguine. Et comme le sang passe toujours obligatoirement au niveau du coeur, c'est le terrain idéal. La subtilité du truc, c'est qu'en tant que soignants, on ne peut pas détruire cette rouille, mais on peut la rendre inoffensive. Par contre, vaut mieux éviter de se tromper de cible, sinon ça empire les choses. Et crois-moi, c'est autre chose qu'une accélération de la reconstruction des chairs comme celle que tu viens de faire. Regarde."

Alkrim se concentra brièvement, les mains calmes autour du coeur battant. Ce qui était jusqu'alors une simple lumière blanche diffuse devenait une sorte de projection véloces de petites piques lumineuses filantes à toute allure.

"Et voilà."

Mercurio reposa son regard, presque déçu.

"Bon, par contre je l'ai fait sur cette personne uniquement parce qu'elle était déjà inconsciente hein... On va pas s’embarrasser de ça avec les autres, je commence à en avoir marre. S'ils ont d'autres problèmes, ils reviendront... Avec encore plus d'argent ! Héhéhé ! Enfin bon, dis aux autres que ceux-là sont ok et qu'on puisse enchaîner, histoire de pouvoir en finir."

Mercurio s’exécuta sans broncher, sans réflexion aucune.

"Messieurs dames, on en a fini avec ceux-ci. Aux suivants !"



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 Sujet du message: Re: La Baraque du Rebouteux
MessagePosté: Dim 8 Mai 2011 19:54 
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Fam'tie Gress resta au seuil de la porte, attendant la réponse à sa question. Mais cette réponse ne vint pas. Le vieux parlait à l'humoran sans s'occuper d'elle. La rôdeuse soupira et se dirigea vers Tuma, qui avait fini de nettoyer Figoliat.

"Puis-je ?" elle pointa du doigt la serviette.

"Tu comptes la lui rendre ? Vu ce qu'il a fait j'ai une forte envi de garde cette serviette." lui dit le woran en lui donnant la serviette.

(Exaspérant…!) "… J'ai du vomi sur moi" (l'aveugle.) rajouta-t-elle en pensé avec un sourire mental.

Tuma sembla se rendre compte qu'elle était couverte de vomi et les deux garçons commencèrent à rire. Jo revint en s'essuyant la bouche et en se tenant le ventre. L'adolescente jeta un regard dégoutté vers la cabane et dit :

"Je crois que je préfère rester avec mes marques de fer."

La tigrée ne dit rien. Elle comprenait parfaitement et doutait fortement de la nécessité à faire soigner Wolfgang et Junio. Mais le rebouteux avait été efficace pour sa fille. Susiwan n'avait même pas une cicatrice. Il fallait juste attendre que les poils repoussent.

"Pourquoi ?"

"Parce qu'ils pratiquent des guérisons à cœur ouvert."

L'humoran sombre mima qu'elle s'ouvrait la poitrine puis un cœur battant avec sa main. La mam' regarda ses garçons et vit leur mine dégoûté. Le woran sombre tirait la langue en poussant des "beurk", des "beuah" et autres onomatopées exprimant le dégoût. Wolfgang quand à lui se contentait de froncer le nez, les oreilles couchées en arrière. Fam'tie s'approcha de sa fille et la prit dans ses bras avec douceur. L'humoran du vieux revint pour leur annoncer un "aux suivants" qui fit place à un silence gêné. Rorlug toussa pour attirer l'attention et s'approcha du guérisseur garde du corps. Bien évidement il n'avait rien écouté à la conversation, trop occupé à compter l'argent qu'il lui restait. Il entra en déboursant la somme qu'avait réclamé le vieux pour un soin (((de fausses pièces, bien sûr !))) L'adolescente et Tuma restèrent sur place, ne souhaitant visiblement pas aller se faire ouvrir la poitrine.

"Dois-je vous rappeler que j'ai déjà payé ?" leur rappela-t-elle d'une voix calme et

Tuma Gress, Jo, Junio et Wolfgang échangèrent un regard puis se dirigèrent vers l'entrée de la cabane et tout cette belle troupe de woran se mit à la file indienne en attendant son tour. Soudain la rôdeuse entendit des voix murmurer derrière elle. Intriguée, elle se retourna et vit un petit groupe d'environ trois worans tigrés. Une femelle poussa un mâle et celui-ci s'approcha de la mère d'un air respectueux. Il s'inclina en tendant les bras. Il tenait un paquet. Il parla dans la langue des worans :


"Pour vous remercier de nous avoir secouru, acceptez ceci."

Surprise, Fam'tie Gress prit le paquet avec difficulté. (((elle tient sa fille dans ses bras)))

"Euh… Merci…"

"Accepteriez-vous aussi de houx rejoindre ?"

[color=#FF800]"Non."[/color]

La réponse fut prononcée d'une voix calme mais rude, d'un ton sans équivoque. Le tigré parut déçu et fit "non" de la tête aux deux autres. Sur une dernière salutation respectueuse, ils s'éloignèrent dans les rues de Dahràm. La femme allait commenter à haute voix lorsqu'elle sentit quelque lui tirer la manche. Elle se retourna et vit un humoran. Celui-ci lui jeta presque les deux bracelets en cuir qu'il tenait avant de prendre la poudre d'escampette. (Qu'est-ce qui se passe ? C'est noël ?) Le rire de Tuma la surpris.

"Et oui, c'est ça d'être un héro qui sauve tout le monde, on reçoit des cadeaux alors qu'on ne demande rien. Hahaha !

(Ah, d'accord. Je comprends mieux. Ça devait être des esclaves.) Sans plus chercher à comprendre la tigrée se retourna vers la cabane pour voir avec qui les rebouteux avaient fini, qu'elle puisse enfin partir manger un morceau puis aller dormir. Car même si la journée n'était pas finie elle n'avait pas mangé, ou très peu, et sa journée avait été bien chargée.

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 Sujet du message: Re: La Baraque du Rebouteux
MessagePosté: Jeu 26 Mai 2011 13:06 
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Le Coeur du Rebouteux



Le Quotidien du Rebouteux




Mercurio regarda les trois patients se mettre en file devant la porte, étonné de voir qu'il en restait tant. Il leur tint un regard circonspect et hurla en direction d'Alkrim.

"On en a encore quatre !"

"Ils sont tous conscients ?"

"Ça m'en a tout l'air !"

"Parfait, comme ça on va pas s'embarrasser de leur ouvrir la poitrine à ceux-là ! Qu'ils entrent tous !"

Les trois concernés rentrèrent ; ils n'avaient pas l'air très rassurés.

"Comment on fait pour la rouille si on ne passe pas par le coeur ?"

"Le plus gros de la rouille est toujours au niveau des marques, c'est celles-ci que je vais rendre inoffensives."

"Je peux essayer ?"

"Non, tu es loin d'être prêt pour t'atteler à un travail aussi minutieux. Pour l'instant, tu te contenteras de la reconstruction des chairs ; tu as besoin d'exercice."

Aussitôt dit, le Rebouteux fit s’asseoir l'un après l'autre le reste des patients en expédiant le tout. Il avait envie d'en finit et ça se ressentait dans sa gestuelle devenue soudainement plus rapide et brusque alors que Mercurio se chargeait des chairs en faisant au mieux pour suivre le rythme.

Dans la précipitation, le travail était bâclé. Le nettoyage post-magique était brusque, aidé d'un grand renfort d'alcool et d'un grattage brouillon, il ne se préoccupait même plus de la douleur qu'il pouvait occasionner. L'usage de la magie demandait toujours un effort mental un peu décalé de son état d'esprit qui, en plus de le contrarier, commençait à lui donner des maux de têtes. Maux de têtes qui allaient en s'aggravant au fur et à mesure de la reconstruction des chairs.

Alors que les premiers patients avaient été lentement mais sûrement soigné, il ne leur fallut pour ceux-ci pas plus d'un quart d'heure pour finir de s'occuper de ces quatre-là.

L'enchaînement a épuisé Mercurio qui, à la fin, s'affala sur une chaise, totalement vidé.

Alkrim ne réagit pas à la réaction de l'humoran ; il était lui aussi passé par là.

Il se contenta de ramener les patients vers sa porte en lâchant un dernier discours :
"Bien bien, vous voilà tous bien soignés maintenant, comme promis. Les inconscients finiront pas reprendre conscience et votre pelage repoussera normalement. Je pense que maintenant, si vous avez besoin de soins rapides et efficaces, vous saurez à qui vous adresser. Sur ce, m'sieurs 'dames, bonsoir !"

Alkrim ferma sans douceur sa porte, sortit d'un placard une bouteille de liqueur d'algue locale de faible facture et deux verres avant de venir auprès de son apprenti.

"Ah, ça c'est ce que j'appelle une journée fructueuse !, dit-il en ramenant une chaise aux côtés de Mercurio et de s’asseoir dessus.

Mercurio ne réagit pas à cette phrase, regardant son nouveau patron affichant un sourire satisfait et remplissant les verres.

"Notre dernière petite accélération t'a vidée hein ? C'est normal, c'est le métier qui rentre, fais pas la gueule ! Allez, maintenant on va se vider cette bouteille pour décompresser !"

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Playlist de Mercurio

A propos, j'ai trouvé la morale de la fable que ton grand père racontait,
celle du petit oiseau que la vache avait recouvert de merde pour le tenir au chaud et que le coyote a sorti et croqué...
C'est la morale des temps nouveaux.
Ceux qui te mettent dans la merde, ne le font pas toujours pour ton malheur
et ceux qui t'en sortent ne le font pas toujours pour ton bonheur.
Mais surtout ceci, quand tu es dans la merde, tais-toi !

--------------------
Jack Beauregard (Henry Fonda), Mon nom est Personne, écrit par Sergio Leone, Fulvio Morsella et Ernesto Gastaldi


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 Sujet du message: Re: La Baraque du Rebouteux
MessagePosté: Mar 28 Fév 2012 16:06 
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Les Adieux de Klaus



La Mort du Rebouteux




Après ces premières leçons, Mercurio resta un élève assidu du Rebouteux, qui lui appris tout ce qu'il savait sur la médecine, la magie de soin et l'initia aussi en la croyance de Jeri.

Mais Alkrim devint rapidement plus qu'un simple maître. Cet homme avait eu une vie dure et au moins aussi solitaire semblable à celle que l'humoran lui-même vivait, et semblait le regretter. Ayant été réduit en esclavage par un clan du désert de l'est avant d'être vendu à un équipage pirate pour ensuite s'enfuir lors d'une escale à Dahràm. Il avait ensuite construit cette baraque de ses propres mains. Aussi depuis des années il resta dans une misanthropie certaine, ne soignant que pour s'enrichir. Mercurio fut la personne la plus proche qu'il connût depuis des décennies et devint vite pour lui le fils qu'il n'avait jamais eu et, de même, Alkrim devint pour Mercurio le père qui lui avait toujours manqué.

Une complicité se créa entre eux, chacun s'inquiétant pour l'autre et n'hésitant pas à aider l'autre sans retour. Une chaleur humaine qui manquait cruellement à Dahràm avait vu le jour entre ses deux curieux personnages qui ne se serait même pas regarder la figure dans un autre contexte.

La vision de la vie de Mercurio avait grandement changé, depuis qu'il s'était attaché à cet homme et à ce métier d'assistant qu'il apprit à aimer en apprenant que Dahràm n'était pas juste un ramassis de fripouille, mais de gens plus ou moins perdus et désespérés tout comme lui, qui ne savaient quel sens donner à leur vie. Il avait à ce moment, certainement pour la première fois de sa vie, quelque chose à perdre.

Un père spirituel, un métier qu'il appréciait...

Il se mit à prendre goût aux choses, dès fois même à celles qu'il détestait autrefois. L'agréable sensation du souffle du vent marin dans sa fourrure, le ravissement de se sentir chez soi dans la vieille baraque dont il apprit à aimer jusqu'aux trous dans les murs, le spectacle matinal des quais qui s'éveillent à la rosée...

Il sut voir autre chose que ce que la façade des gens laissait à penser. Alkrim le premier, qui aimait à se faire passer pour quelqu'un de dur pour qui le commerce passait avant les soins, fut peu à peu démasqué par Mercurio. Le pauvre bougre était comme ça parce qu'il avait appris à se méfier, parce qu'il était envahi par la peur, mais en creusant une peu, on pouvait découvrir un être plein de d'empathie, de tristesse et de regret.

Il se passa trois courtes années où Mercurio réapprit à s'aimer et à aimer la vie avant qu'un nouveau drame n'arrive, un matin parmi tant d'autre. Il se rendit dans la baraque et trouva le cadavre inanimé d'Alkrim sur le sol. La mort semblait avoir été soudaine, une crise cardiaque sans doute.

Mercurio se retrouva ainsi de nouveau seul. Klaus était déjà parti depuis près deux ans, et maintenant c'était au tour d'Alkrim. Il lui fallut un temps pour se remettre de ce décès, sombrant dans un alcoolisme quotidien qui n'arrangeait rien.

Mais il se reprit en main, inspiré par la mauvaise fortune qu'avait connu Klaus et la volonté qu'aurait eu Alkrim à son égard.

Ainsi, pendant un temps, Mercurio devint lui-même "Le Rebouteux". Il soigna ceux qui se présentaient, mais rester dans cette baraque si riche en souvenir était pour lui un insupportable calvaire. Emotionnellement, Mercurio était à bout. Il était le seul qui était resté, et se sentait étouffé chez lui et dans son "cabinet". Il devait changer d'air. Et vite.



La Destinée Corsaire

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Playlist de Mercurio

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 Sujet du message: Re: La Baraque du Rebouteux
MessagePosté: Jeu 2 Aoû 2012 04:37 
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Adossé à la Baraque du Rebouteux, Seymour attendait patiemment, mais anxieux. Pataugeant dans la boue, sous le désagréable crachin, d'autre faisaient les cent pas: Chester, Bud. Jedidiah et Thorik était partis plus loi, dans une discussion au sujet inconnu. Enfin, Rannek polissait sa hache à même la rue. Les yeux curieux et parfois effrayé des passants lui soutirai parfois un rire ou deux.
Là, sous l'ambiance glauque de Dahràm, entre les crissements réguliers de la pierre sur métal de la hache, Seymour tentait de percevoir depuis la baraque des informations. Tinòndil et Lou avait emmener la civière eux-même jusque dans la maison. le Sang Pourpre n'avait pas vu le visage de l'hôte, mais il semblait renommé dans la ville du vice.

Le temps fut un ennemi angoissant. Jusqu'à la sortie du chef et de l'elfe, les entrailles de Seymour étaient compressées par une main invisible. Plusieurs patrouilles miliciennes passèrent devant eux, les fixant du regard. Bud s'était installé à côté de Rannek, il s'était emparé d'une lanière de cuir pour affuter ses glaives. Chester marchait toujours, son visage lunaire gonflé par le doute.
C'est lorsque la quatrième ou cinquième patrouille passa qu'un soldat s'arrêta et vint à leur rencontre, se détachant de son groupe.
Il regarda tour à tour Rannek et Bud aiguisant leurs armes, jeta un coup d'oeil suspect à Seymour et demanda à Chester d'approcher.

-Que faites-vous ici? Il y a déjà près d'une heure que vous attendez.

Un silence pesant s'installa. Les Cerbères ne pouvaient dire la vérité. C'est d'un air naturel que Rannek se redressa:

-Oh, ici (il désigna la maison du pouce) c'est bien un guérisseur?

-En effet.

-Eh bien, nous sommes en salle d'attente.

-Jamais rien entendu d'aussi idiot rétorqua le soldat. Et que faites-vous à affuter vos armes en publique. Vous ne faites pas partie de la milice n'est-ce pas?

-Oh certainement, répondit Rannek en empoignant calmement le manche de sa hache. Nous on fait le boulot que votre roi ne peut confier à des gens comme vous. Et entre nous, ce n'est pas peu dire vu que vous faites déjà un travail Titanesque.

Le ton qu'avait employé le colosse, ce mépris prononcé sur la fin, ça n'allait pas plaire au milicien. Seymour resserra discrètement son arc, au cas ou il fallu courir.
Le soldat posa la main à sa ceinture, proche de son épée. Il se pencha en avant et chuchota:

-Faites vos affaires vite fait. Je ne veux plus vous revoir trainer dans les rues. Ah, aussi, évitez de sortir la nuit, avec tous ces gens malfamés il pourrait vous arriver malheurs....

-Oh mais je suis sûr que vous serrez là pour empêcher cela, vous, soldat modèle.

-En vérité, je paierai pour faire partie de vos agresseurs...

Le milicien fit volte-face et s'en alla retrouver sa patrouille. Le coeur battant, Seymour observa Rannek cracher par terre et susurrer:

-Pourris par la corruption et le vice.

-Inutile de chercher les crosses, je te rappelle que le dernier contrat en date c'était d'attaquer un convoi Dahran. Je les trouve bien gentils de nous laisser entrer dans leur ville après ça...

-Ils sauront jamais que c'est nous...

-Il peuvent, intervint Seymour. Si l'escorteur à qui Lou à laissé la vie parle, là on pourra sortir les armes. Il avait un cheval en plus, pas difficile pour lui de revenir jusqu'à Dahràm.

Le Sang Pourpre jura à voix basse. La pitié dont ils avaient fait preuve les rattraperait peut-être tous...

-J'ai tué le cheval, déclara Rannek. Vous aviez pris les devants, moi aussi. Le soldat était promit à sa libération, je lui ai pas laisser un moyen de locomotion quand même.

-Il y a encore un jour j'aurai protesté sous cet aveux. En vue de la situation je t'en suis reconnaissant.

Derrière eux la porte du Rebouteux s'ouvrit enfin.

_________________
Image

Seymour Gunjir, Demi-elfe au Sang Pourpre

⊗ Mercenaire des Cerbères ⊗


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 Sujet du message: Re: La Baraque du Rebouteux
MessagePosté: Sam 19 Déc 2015 11:16 
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(( [:attention:] Certaines scènes de ce rp sont à forte connotation sexuelle/violente/gore, aussi est-il recommandé aux lecteurs sensibles d'y réfléchir à deux fois avant d'en entamer la lecture.))

La petite fille se promenait, heureuse. Elle avait décidément eu beaucoup de chance de tomber sur ce guerrier le soir précédent ! Maintenant, grâce à lui, elle allait avoir une vraie armure... Enfin un peu de joie dans ce triste monde. Petit à petit, ses pas la ramenèrent jusque chez elle. En refermant la porte, elle entendit sa mère tousser à côté, et blêmit. Elle n'avait plus d'argent pour la soigner. Elle se laissa glisser le long du mur, et finit assise au sol. Quelle idiote. Le forgeron avait sans doute déjà commencé son travail sur l'armure, et il n'accepterait pas de rendre l'argent.

Comment allait-elle faire maintenant ? Elle se mit les mains sur le visage, gémissant. Elle était dans le pétrin jusqu'au cou, c'était le cas de le dire. Et le Rebouteux... non, il n'accepterait jamais de soigner sa mère sans une forme de paiement. Elle fouilla dans sa bourse. Il lui restait encore une quarantaine de yus. Soit ce qu'elle avait réussi à dérober à une femme dans la rue la veille, plus l'argent économisé par sa mère.

Un nouveau toussotement la fit sursauter. Elle toussait bien plus fort que le matin même, et il lui faudrait beaucoup de soins pour s'en sortir, estimait, peut-être à tort, la fillette... Elle se leva, et décida, la mort dans l'âme, de préparer quelque chose à manger. Il restait encore quelques fruits pas trop moisis qu'elle était allée chercher il y a deux jours, et un bout de jambon, qui lui datait un peu plus. Et puis, il y avait les restes de lentilles d'hier midi, aussi. Elle emmena tout ça avec elle, et l'amena jusqu'au lit de sa mère.

Cette dernière ne fit aucun commentaire quant à l'absence du Rebouteux. Elle mangea doucement, la petite fille la servant à la cuillère. Elle lui coupa des bouts de viande à la dague, se servant elle aussi pendant que la malade mastiquait. C'était un peu faisandé, mais ça donnait du goût, après tout. Et ils n'avaient pas les moyens de se payer de la viande tous les jours. Surtout si elle faisait des achats aussi insensés que celui de ce matin... Elle éplucha également un fruit pour sa mère, et le coupa en morceaux assez fins pour qu'elle le mange sans problème. Le deuxième, elle le garda pour elle, mais croquait directement dedans.

Une fois cela fait, elle sortit dehors. Il lui faudrait quelque chose pour transporter sa mère. Elle marcha un peu dans le quartier, simplement désert. Tous les habitants devaient être en train de travailler à cette heure. Ou de mendier dans un lieu plus fréquenté.

Dans une ruelle sombre, elle vit un homme qui transportait des objets divers, suivi par sa petite famille : une femme, un bébé dans les bras. Il poussait le tout sur une large brouette, et opérait sûrement à un déménagement. De toute façon, ici, personne n'allait l'en empêcher, puisque personne ne vérifiait jamais. La seule chose qui intéressait la fillette était la brouette. Elle regarda à droite, à gauche. Personne.

Elle sortit sa dague, et lui sauta dessus. Au bout de quelques instants, il ne bougeait plus. La femme en arrière poussait de petits cris stridents, qui agacèrent la jeune fille. Elle y remédia bien vite. Le bébé dans ses bras avait roulé au sol, et pleurait maintenant à chaudes larmes. La fillette le prit dans ses bras, et le berça doucement.

Tout va bien, mon petit... Tu vas rejoindre papa et maman.

Sans le moindre état d'âme, elle lui enfonça la dague dans le crâne. Les pleurs s'arrêtèrent instantanément, et la ruelle retrouva son calme. Elle avait procédé au tout très sérieusement, et avait réussi à ne pas s'en mettre partout, même lorsqu'elle avait achevé le bébé. Il y avait sûrement quelques petites gouttes de sang qui avaient giclé sur elle, mais ce n'était pas visible. Autour d'elle, personne n'avait assisté au meurtre. Poussant les trois corps dans l'ombre, elle saisit la brouette miteuse en bois, vida tous les objets de la défunte famille sur eux en guise de tombe, et la ramena, vide, chez elle.

Cette scène, violente et brutale, elle l'avait effectuée rapidement, sans dévoiler la moindre émotion. Un peu comme une banalité. Il lui fallait la brouette, et ces gens ne la lui auraient pas donnée si elle avait simplement demandé. Elle était simplement passée à la vitesse supérieure dès le début.

(Je ne te savais pas si cruelle ! Tu me ressembles beaucoup, tout compte fait.)

Elle ne répondit pas à la voix, faisant comme si elle n'avait rien entendu.

Une fois dans la chambre, elle prit d'abord la couette, pour aménager la brouette confortablement. Sa mère frissonna, prenant froid, mais Yurlungur la fit rouler doucement dessus. Ensuite, elle l'emmena dans sa chambre pour prendre sa propre couverture, qu'elle utilisa pour la recouvrir. Ainsi prise en sandwich, elle ne risquait pas de trop souffrir du voyage, certes court, mais tout de même fatiguant pour une malade.

Une fois bien emmitouflé, la femme se rendormit. La petite fille se sentait un peu lasse, mais sortit. Elle emprunta exclusivement des rues désertes, évitant la foule avec le plus de soin possible. De temps à autres, un petit râle émergeait de la brouette, et elle faisait alors un peu plus attention, roulant plus doucement, évitant les nids de poule, faisant en sorte de ne pas trop secouer.

Et, enfin, elle arriva à la cabane du Rebouteux, sans trop d'encombres. Ses bras commençaient à fatiguer, ses muscles n'étant après tout que ceux d'une petite fille, et le poids de sa mère, bien que maigre, assez conséquent. Elle toqua à la porte. La porte s'entrebâilla, et un regard scruta l'extérieur, alerte. La fillette savait qu'il s'agissait du Rebouteux, et le fixa, durement. Il lui ouvrit, mais se plaça en plein milieu, l'empêchant de passer. Elle soupira et déposa la brouette, pour ses bras.

Eh bien... On a besoin de mon aide maintenant, petite ?

Il lui adressait un sourire ironique, et elle n'y répondait pas, restant glaciale. L'homme, loin de s'arrêter là, leva un doigt sur son visage.

Tu la vois, l'éraflure que tu m'as faite ? Elle n'a pas encore guéri. Je ne suis pas sûr de pouvoir faire quoi que ce soit pour toi tant qu'elle n'aura pas disparu...

En effet, sur sa joue droite, une partie de sa barbe était bien plus courte, et laissait apparaître une courte cicatrice rouge. Un 'cadeau' importun de Yurlungur, que le guérisseur n'avait pas du tout apprécié. Cette dernière ne réagit pas à la provocation de l'autre, et resta là, encaissant sans un mot, fermée.

Et tu crois que tu vas m'intimider comme ça ? Tu es dangereuse, et personne ne veut de toi. Sais-tu pourquoi ta mère te garde ? Parce qu'elle est folle, elle aussi, voilà pourquoi !

La petite fille sentait la rage bouillir en elle. Elle savait pertinemment que sa mère était un peu folle, tout comme elle, elle en avait conscience, mais elle ne l'avait sans doute jamais accepté. Être ainsi exclue de la société de par son état mental ne lui plaisait pas, du tout. Ses muscles se raidirent, et elle était prête à bondir, mais se contrôla.

Mais de toute façon, tu t'en fiches, n'est-ce pas ? Tu n'es qu'une assassine, voilà ce que j'en sais. Les rumeurs se répandant plus vite que toi tu ne fuis, tu sais. Tu ne pourras pas toujours leur échapper. Continue comme ça, mets-toi tout Dahràm à dos, et bientôt, tu finiras dans le caniveau, morte.

Ce discours moraliste finit par agacer plus qu'autre chose Yurlungur, qui tourna les talons, reprenant la brouette en mains. Cela surprit le Rebouteux.

Mais... Où vas-tu ?

Elle ne lui répondit pas et continua son chemin. Alors, étonnamment, elle entendit des bruits de pas rapides, et sentit une main se poser sur son épaule.

Attends. Montre-moi ta mère.

Le Rebouteux l'emmena, elle et la patiente, à l'intérieur. Il souleva la femme pour la placer dans un vrai lit, et la recouvrit des deux couches apportées avec la brouette. Pendant qu'il examinait la malade, lui faisant ingurgiter au fur et à mesure divers breuvages étranges, la gamine ne parvenait pas à s'expliquer le geste du guérisseur. Il ne lui avait même pas demandé d'argent, et de ce qu'elle en voyait, il ne tentait pas non plus d'abuser de sa mère.

Il s'en occupait, simplement, calmement, et consciencieusement, prenant sa température avec la main, mélangeant divers composés pour obtenir un breuvage satisfaisant. Lorsqu'il faisait boire quelque chose, il le faisait avec douceur, remontant un peu le haut du corps, et inclinant la tête en arrière, afin de faire couler le liquide dans la gorge. C'était assez astucieux, et la petite fille n'avait jamais eu l'occasion d'observer ce genre de manœuvres de si près. Elle regardait avec la plus grande attention, curieuse.

Il se redressa, et se tourna vers Yurlungur, annonçant son verdict :

Ne t'inquiète pas. Elle sera remise d'ici peu.

La gamine, au lieu de le remercier, demanda brutalement :

Pourquoi faites-vous ça ? Je n'ai pas d'argent pour vous payer, vous savez.

Il la regarda, un air triste dans les yeux. Sans répondre directement à la question il expliqua :

Tu sais, c'est moi qui t'ai donné naissance, en quelque sorte. J'ai aidé ta mère à accoucher, le regard de ton père sur les épaules, lorsqu'il était encore en vie, et puis, je le connaissais plutôt bien, tu vois... Bon, la situation a beaucoup changé depuis, mais...

Tu ne saisis vraiment pas ?


Elle ne saisissait vraiment pas, et son expression ne changea pas.

Tu as été élevée bien durement, petite. Enfin bon, peut-être que tu comprendras, un jour. Mais sache que je ne fais pas ça pour toi, bien au contraire. D'ailleurs, puisque tu en parles, combien as-tu sur toi ?

Elle regarda dans sa bourse pour paraître crédible, et mentit, sans changer le moins du monde son expression :

Dix yus.

C'est bien peu. Donne-les moi. Pour tous les soins, ça fera cent yus. Et sois heureuse que ce ne soit pas plus ! Je ne suis pas aussi généreux en temps normal. Tu n'as qu'à me laisser, maintenant, tu as d'autres choses à faire. Comme aller travailler quelque part pour gagner les quatre-vingt dix yus qui te manquent.

La petite fille tendit les dix pièces à l'homme, mais ne bougea pas. Il ne le remarqua pas dans un premier temps, mais lorsqu'il s'en aperçut, après plusieurs minutes, il parut agacé.

Qu'est-ce que tu fais encore là ? Allez, va-t'en.

Je ne vous fais pas confiance.

Elle avait prononcé ces mots comme s'il s'agissait d'une vérité universellement reconnue, pour laquelle il n'y avait pas besoin de preuve. Le Rebouteux la regardait maintenant avec des yeux devenus écarquillés par la surprise.

Quel toupet ! Et que te faut-il de plus, au juste ? Je sauve ta mère pour trois fois rien, et te propose de ma payer après coup en plus !

Vous allez profiter de mon absence et de son incapacité à se défendre. Vous avez parlé des rumeurs tout à l'heure, eh bien celles qui concernent vos rapports avec les femmes sont assez... crues.

Il fronça un sourcil, et affirma, sérieux, sans démentir la rumeur soulevée par la fillette :

Je te jure que je ne le ferai pas. Mais c'est perturbant de te voir dans mon cabinet, et...

Cabinet ?

Vas-tu donc me laisser finir ? Tu n'es pas une patiente, et n'as donc pas ta place ici. C'est tout.

Elle lui adressa un faux sourire, presque grimaçante, et répliqua, à brûle pourpoint :

Et qu'est-ce qui me dit que vous respecterez votre promesse ?

Rien ! Rien de plus que le fait que j'accepte de soigner ta mère presque gratuitement, au regard des tarifs que j'applique en temps normal !

Ne souhaitant pas plus discuter, et l'air énervé par la discussion et l'absence de reconnaissance chez la petite fille, il la saisit par un bras pour la jeter dehors. Mais aussitôt, la gamine le mordit. Il hurla, secouant sa main meurtrie, et lui beugla :

Mais ! Tu vas voir si je t’attrape !

Seulement en entendant ces mots, un vrai sourire apparut sur les lèvres de Yurlungur, qui le provoqua :

Essaie donc seulement !

Et elle quitta les lieux à toute vitesse, semblant oublier subitement que sa mère était encore à l'intérieur, toute emportée par le jeu qui s'offrait à elle.

Suite : ici

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 Sujet du message: Re: La Baraque du Rebouteux
MessagePosté: Lun 11 Jan 2016 01:51 
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La petite fille revint à l'aube chez le Rebouteux. À cause de Sephon, elle avait failli oublier sa mère. Elle toqua à la porte, attendit quelques instants, puis le vieil homme lui ouvrit.

Bonjour, Yurlungur. Comment vas...

Bonjour.

Ne souhaitant pas continuer cette discussion à peine entamée davantage, elle se glissa entre le Rebouteux et le mur pour entrer. Alors qu'elle s'avança, il tenta de la bloquer, le geste de sa main accompagné d'un petit : « Hé ! » mais elle parvint à lui faire un croche-pied et il chuta à terre, lui laissant le loisir de le passer sans trop de problème. Elle rigola, d'un rire claire et aigu, qui résonna quelques instants dans la pièce, avant de se retourner et de parcourir l'endroit du regard. Elle repéra immédiatement sa mère, allongée sur un lit. Sans un bruit, elle s'approcha, un grand sourire aux lèvres, et lui sauta soudainement dans les bras.

Maman !

La femme se réveilla, écarquilla les yeux avant d'enlacer à son tour la fillette.

Ma petite Yurlungur...

Après quelques instants de silence, un toussotement se fit entendre, qui brisa le charme de l'instant. La femme leva des yeux plus durs sur le Rebouteux et la petite fille tourna la tête, encore dans les bras de sa mère, pour lancer un regard qu'elle espérait identique à celui de sa génitrice.

Je suis navré d'interrompre ces retrouvailles si émouvantes, mais puisque vous êtes guérie, Trisha, il faudrait songer à me payer et à partir.

Trisha écarta doucement sa fille qui s'assit sur le lit et se leva. Son teint restait un peu pâle, mais elle parvint à se tenir droite sans aucune aide. Ses cheveux noirs n'étaient pas coiffés, mais tombaient naturellement et gracieusement sur ses épaules, faisant écho à la noirceur de ses yeux. Ainsi, elle parvenait presque à atteindre la taille du Rebouteux. Yurlungur la regarda, admirative, s'avancer vers l'homme en modifiant son expression. Lorsqu'elle fut toute proche, c'était un air fatigué qui avait pris place sur son visage, néanmoins accompagné d'un sourire reconnaissant.

Très cher, je vous suis extrêmement reconnaissante de m'avoir guérie. J'ai bien cru ne jamais en sortir ! Allez, venez, que je vous embrasse.

Le Rebouteux soupira, mais se laissa faire. La formule était uniquement de courtoisie et la femme ne fit que le serrer du bout des doigts contre elle.

Je suis malheureusement navrée que l'argent que vous a déjà donné ma fille ne suffise pas. Vous savez bien dans quelle situation nous sommes depuis la mort de... Vous comprenez, n'est-ce pas ?

Ses yeux s'étaient embués à l'évocation de cet événement. Il était pourtant ancien et la fillette ne put qu'admirer la facilité avec laquelle sa mère faisait venir ces larmes factices pour toucher l'homme. Elle qui dévoilait d'ordinaire un cœur insensible aux malheurs des autres, usait de moyens tout à fait remarquables dès lors qu'elle-même était en péril. Yurlungur tenta de se faire pleurer, mais le seul faciès qu'elle put faire apparaître fut une expression de tristesse à moitié crédible. Le Rebouteux fixa Trisha et répliqua :

Je ne peux pas soigner des gens pour leurs beaux yeux. Dix yus, ce n'est pas assez. Et j'ai demandé à Yurlungur de rapporter de rapporter de l'argent.

Mais comment voudriez-vous donc qu'une gentille petite fille comme elle trouve cet argent ?

Yurlungur se leva et s'approcha, un air de chien battu sur le visage. Le Rebouteux commença à s'énerver et ses pommettes se teintèrent d'une couleur rougeâtre.

Ne vous moquez pas de moi, Trisha ! Vous savez très bien ce que Yurlungur fait en ville ! Et...

Il suffit !

Le ton s'était fait cassant et le regard de la mère était désormais glacial. Ces deux mots stoppèrent net la colère du Rebouteux.

Ces genres de choses sont dues au traumatisme que ce pauvre enfant a subi lors de la mort de... Je préfère ne pas en parler et vous le comprendrez aisément. Je vous prierais de ne pas nous importuner davantage à ce sujet, qui est bien trop sensible pour que je n'en fasse point une affaire publique.

Yurlungur ne savait pas quelle expression adopter – ou essayer d'adopter – pour parfaire le discours de sa mère. Un air mélancolique ? Jovial ? Elle opta pour l'indifférence et continua d'écouter la conversation, s'agrippant à la robe de nuit noire de sa mère. L'excuse que cette dernière avait trouvée renversait le rapport de force du tout au tout, ce que le Rebouteux confirma par un air embarrassé.

Je ne voulais pas... Enfin, Trisha... J'ai bien besoin de vivre !

S'il vous plaît, mon cher. Vous n'allez tout de même pas démunir encore plus la pauvre famille que nous formons ? Je sais que vous n'êtes pas comme cela.

Eh bien... Si.

La réponse était franche et eut de quoi surprendre la femme, qui ne sut quoi répondre. Dans un autre milieu social, ce serait passé. Ici, non. L'instant de surprise qu'elle montra permit au Rebouteux de se ressaisir, rassuré par l'absence de réaction face à sa réponse qu'il avait rendue la plus franche possible.

Par conséquent, je vous demanderais une somme de quatre-vingt dix yus.

Il posa ses deux mains sur ses hanches et prit un air sévère, lorsqu'on toqua à la porte. Il laissa s'échapper un juron d'une voix à peine perceptible, déçu d'avoir été interrompu dans son instant de victoire et s'approcha de la porte.

Oui, oui, j'arrive...

Il l'ouvrit directement et blêmit. Puis recula, doucement, pas à pas, laissant entrer deux visiteurs.

Je... Je ne vous attendais pas. S'il vous plaît... Laissez-moi un peu de temps...

L'heure est l'heure, Rebouteux. Évacue tes blessés hors d'ici et rends-nous l'oseille. Le patron t'a déjà accordé une semaine de trop.

Les deux hommes étaient vêtus de larges capuches noires qui couvraient leurs visages et dont l’extrémité traînait à leurs pieds. L'un d'eux s'avança vers la mère et la fille.

Veuillez sortir je vous prie. Cette affaire est privée... Mais...

L'inconnu releva sa capuche, laissant apparaître un visage familier à la petite fille. Elle reconnaissait là l'homme de main du Gros Néral, qui l'avait conduite à lui. Et à qui elle avait accessoirement promis la mort. Elle chercha à se cacher derrière la grande robe maternelle, désirant fort peu qu'on la reconnaisse et que sa mère sache qu'elle avait des liens avec le Gros Néral. Mais l'homme l'avait bel et bien reconnue.

Tu es là, gamine ? Je me souviens de toi, inutile de te cacher dans les jupes de ta mère... littéralement.

Monsieur, je vous prierais de bien laisser ma fille en-dehors de toute affaire vous concernant.

Votre fille ? Mais dis-donc, l'assassine, on va peut-être pouvoir se venger maintenant que le Gros Néral n'est pas là pour te protéger.

Arquant un sourcil, Trisha lança un regard étonné à sa fille, qui détourna le regard, rougissant. Mais alors que l'homme souhaitait dégainer une lame, l'autre encapuchonné stoppa son geste et dit d'une voix calme :

Le Gros Néral t'attendra à la Taverne, ce soir, au crépuscule. Partez, maintenant.

Ce fut au tour de la fillette d'arquer un sourcil. Avant qu'elle ne puisse répondre, le Rebouteux s'interposa.

Attendez ! Cette femme me doit quatre-vingt dix yus ! Et je dois avoir le reste quelque part !

La scène devint un poil confuse. Trisha s'apprêta à partir sans écouter l'appel du Rebouteux, tirant sa fille par la main, mais l'homme encapuchonné retint la fillette. L'autre homme de main, toujours pas calmé, en profita pour dégainer véritablement sa dague et s'approcher, l'air menaçant, mais n'eut pas le temps de faire quelques pas avant de se recevoir une bouteille sur la tête, qui l’assomma. Les trois spectateurs lancèrent un regard ahuri au Rebouteux.

Ben quoi ?

Trisha tira plus fort Yurlungur, mais l'homme ne lâchait pas. La petite fille se retrouva un instant suspendue en l'air et poussa un cri, avant de se dégager violemment elle-même de l'emprise des deux adultes. Elle lança des éclairs au Rebouteux avant de répondre à l'attention de l'encapuchonné :

Très bien. Je viendrai ce soir. Et si c'est un boulot pour moins de quatre-vingt dix yus, ce sera tant pis pour le Gros Néral !

Sans demander son reste, elle s'enfuit en courant. Elle venait d'avouer juste devant sa mère qu'elle faisait des boulots pour le Gros Néral, soit ce qu'elle aurait voulu éviter le plus au monde. Sans aucun doute, elle allait être privée de sortie ce soir et il lui faudrait trouver un moyen de se rendre tout de même à la convocation du Gros Néral, sinon c'était cuit. Tout compte fait, elle ferait mieux de flâner en ville entre temps, sans rentrer à la maison. Au moins, comme ça, elle n'aurait pas à affronter sa mère. Une larme de rage coula sur son visage.

Suite : ici

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