L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: Milice de Dahràm
MessagePosté: Ven 29 Aoû 2014 08:24 
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Le visage du vieil homme s’illumina d’un sourire paternel lorsque la féline se blottit dans ses bras. Nellia, elle, avait repris du poil de la bête et déjà emboitait le pas de l’autre homme vers la sortie. Le majordome attrapa la main de N’Kpa et la tira à sa suite.
Le parcours dans le dédale de couloir la perdit, alors qu’étrangement le feu se propageait et embrasait le bâtiment. (Comment un simple feu de paille dans une geôle souterraine peut-il se propager ainsi?) Toujours tirée par le majordome, dont-elle ne connaissait pas le nom, ils débouchèrent à l’extérieur sans avoir croisé qui que ce soit, ni entendu aucune alerte.
La Shaman allait de surprise en surprise, La vieille servante était. Là, sans lui laisser le temps de dire un mot, elle la serra dans ses bras dodus et l’embrassa chaudement.
Elle échappa un « ma belle… » et les fit monter dans une charrette qui les éloigna très vite du brasier de l’hôtel de la milice, d’où commençait à sortir et crier les hommes.
Elle ruminait de ne pouvoir assouvir sa vengeance… Le nabot s’en sortait que trop facilement…

Dans le fracas des roues de la charrette sur les pavés, la vieille femme observe les deux filles et ajoute « vous allez changer d’identité et prendre un bateau. »

Tout au long de cette fuite, des tas d’interrogations s’était succédées, que l’urgence de la situation avait repoussé à plus tard. Maintenant N’Kpa se sentait plus sereine pour les poser et elles sortirent en cascade.

Madame? … Merci pour votre intervention… Mais qui êtes vous vraiment tous les trois? (((en parlant du troisième homme))) Pourquoi vous préoccupez vous de nous, où allons nous? Que se passe t-il dans cette ville? ... Comment avez vous pu nous sortir de là avec autant de facilités? … N’Kpa jeta un regard mauvais à Nellia. Elle ne lui pardonnait pas son abandon, qui, sans l’intervention de leurs sauveurs, les aurait emmené toutes les deux vers l’échafaud. Cette gourgandine n’était qu’une poche pleine de vide…
Le nabot m’a avoué avoir assassiné Asthurian... J'ai été assommée quand je voulais descendre le prévenir de l'attaque... … un petit silence puis … Madame, je me suis jurée de faire payer à cet homme la mort d’Asthurian, mais aussi le reste… Je suppose que cela ne sera pas possible et qu’aussi nous avons perdu nos affaires?…

Un pincement la saisit, un long soupir... Elle repensa à quelques objets sentimentaux, comme la mèche de Sirat, qu'elle avait peut être perdue pour toujours et d'autres babioles. Son esprit s’évada quelques secondes vers son amour qu’elle croyait perdu dans les limbes du monde de Phaistos.

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 Sujet du message: Re: Milice de Dahràm
MessagePosté: Ven 5 Sep 2014 20:31 
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La vieille te regarde avec tendresse, une larme au coin des yeux.

Il payera sois en sûr. Asthurian était mon fils, quand nous l’avons eu avec Alfred , le maitre qui était sans héritier à décider de l’adopter. Mon petit vivait dans l’insouciance, mais nous ne sommes pas dupes des jeux du roi et la révolte gronde en silence.

Elle se retourne et te tend un sac.

Voilà vos affaires, elles y sont toutes plus une petite bourse, pour vous aider dans votre fuite. Vous allez prendre un navire, il part pour Tulorim, donner moi une nouvelle identité, je vous présenterais comme des sœurs de la Sororité de Selhinae.

Nellia te prends la main. Tu sens de la chaleur et une profonde culpabilité.

Isabelle

Dit-elle tout bas. Diane opine de la tête et t’observe attendant une réponse.

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 Sujet du message: Re: Milice de Dahràm
MessagePosté: Sam 6 Sep 2014 10:06 
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N'Kpa allait de désillusion en surprise quand la vieille femme lui avoua qu'Asthurian était son fils. Ses yeux s'arrondirent et la honte s'empara de sa personne en voyant les larmes poindre sur le visage de la mère. Comment avait-elle pu être soupçonneuse de la loyauté du jeune homme, du dévouement de la vieille femme?
D'un autre coté, elle ne connaissait pas ces gens. Elle avait appris dans son long voyage aventureux à se méfier des rencontres fortuites. N'en avait-elle pas souffert depuis le début et encore maintenant? ... Elle avait perdu sa naïveté des premiers jours de son grand voyage.

***


N'Kpa comprenait que Nellia et elle se retrouvaient au milieu d'une guerre civile latente et d'événements plus sombres les uns que les autres qui allaient probablement bousculer le monde connu...
Le cauchemar commun d'il y a quelques mois, qui l'opposait à Sirat dans une grande bataille, avait gravé son esprit au fer rouge et lui laissait croire que l'histoire était en marche vers un destin funèbre. Elle ne pouvait oublier ce rêve qu'ils avaient eu tous les deux et son coté prémonitoire et dramatique. Il avait été si puissant, si réaliste...
Ce qu'elle venait de vivre, l'enlèvement, l'ile mystérieuse, la chasse des Treize, la mort de Lillith, la rencontre de Daïo et les autres, la trahison ou le sacrifice de son amour pour embrasser le dessin de Khynt, le raz de marrée, la destruction d'une partie de Darham, le meurtre d'Asthurian, leur condamnation sommaire et le collier qui ornait leur cou... Tout ça n'était-il pas les signes avant coureurs d'un conflit qui embraserait tous les peuples du monde connu et inconnu?...
A Darham, elles avaient été prises et condamnées à cause de ces foutus colliers qui ornaient leur cou et dont-elles ne pouvaient se séparer. Sa main monta machinalement à l'objet.

Son esprit fila vers l'image d'un Sirat resplendissant sous le soleil, entouré des pêcheurs avec qui il allait embarquer pour une chasse en haute mer. Il lui faisait signe et souriait avant de sauter dans l'esquif balloté par la houle au bord la plage du petit village. C'était des instants de bonheurs, simples et brefs qui avaient marqué leur vie et dont le souvenir s'estomperait bien trop rapidement. Aujourd'hui qu'était-il devenu son grand guerrier au pelage de feu, où était-il, pensait-il à elle et avait-il ne serais-ce qu'un soupçon de regret de l'avoir abandonné, elle et sa propre descendance?... Elle avait l'impression que cela faisait des mois qu'ils étaient séparés...
(Dès que je pourrais, j'irais demander l'aide d'un devin pour savoir s'il est en vie et où il est... Et j'irais le chercher...)

***


Le temps s'égrainait, interminable, dans le cahot et le bruit des roues du chariot sur les pavés. Elle n'avait pas grand chose à dire, pour soulager la douleur de la vieille femme. Elle avança juste une main douce et compatissante, quelle posa sur celle de la vieille femme.

Diane, puisque telle était son nom, sourit, se tourna et sortit leur besaces et leurs armes. Elle leur précisa avoir glissé une bourse et leur décrit comment elles allaient quitter la ville dévastée.

Une profonde joie illumina enfin le visage de la Shaman. Une joie simple de retrouver les quelques objets qui lui tenaient à coeur, dont la petite natte rousse qu'elle n'avait pu rendre à Sirat et qu'elle pressa contre son coeur.

Diane rajouta qu'il était préférable qu'elles prennent une nouvelle identité pour fuir. Qu'elles seraient présentées comme des soeurs de la Sororité de Selhinaë en partance pour Tulorim.
N'Kpa qui n'avait pas de connaissance du monde géographique, ni historique, se senti un peu perdue.
Soudain elle sentit la main chaude de Nellia se poser sur la sienne… Elle se tourna, la fusilla du regard et retira sa main. Elle ne lui pardonnait pas sa lâcheté… Elle se concentra sur les questions qui lui brûlaient la langue.

Madame, où est Tulorim et qui sont les soeurs de la Sororité de … ? Elle n'avait pas retenu le nom complet. un petit moment passa et Nellia choisit Isabelle. N'Kpa ne répondit pas tout de suite, alors que Diane attendait. N'Kpa ne savait ni lire, ni écrire. Mais elle plongea dans ses souvenirs des traditions orales de son peuple d'origine et lorsqu'elle releva la tête le son chantant de son surnom en Woran sortit de ses lèvres : Kuun H'unaya ! … (((prononcer : kououne H'ounaya ))) Elle ne rajouta rien de plus, pas d'explication… Ses yeux mordorés luisaient dans le noir.

Un court silence, puis : Et vous, qu'allez vous devenir, venez vous avec nous, comment vous remercier?

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 Sujet du message: Re: Milice de Dahràm
MessagePosté: Ven 12 Sep 2014 13:38 
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Diane te sourit, elle ne te répond pas et sort de la carriole. Dehors ‘lair marin vous taquine les sens, il n’y a aucun bruit. Nellia te regarde les larmes aux yeux.

Les sœurs sont une communauté, un refuge pour les femmes. On pourrait y aller.

Elle baisse la tête et reprend.

Enfin, toi moi je me suis conduite comme une lâche je ne mérite pas d’y pénétrer. Je suis désolé, pardonne moi. Cette île et cette histoire, j’étais à bout de force. Merci de m’avoir sauvé.

Son visage dégouline, tu sens une femme à bout de nerf, épuisé et sincère dans ses regrets.
Diane vous coupe, elle vous intime de sortir en silence. Dehors dans la lumière naissante du matin et dans l’obscurité latente de la nuit encore présente, vous découvrez un ponton en lambeau. Le raz de marée à laisser des traces partout sur le port. Une frégate vous attend. Un homme opulent, mal peigné, la barbe naissante, habillé d’une tunique bariolé vous attends sur le pont.

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 Sujet du message: Re: Milice de Dahràm
MessagePosté: Dim 14 Sep 2014 08:45 
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La vieille femme ne répondit rien. Elle se contenta de descendre du chariot qui s’était arrêté.

N’Kpa entendit un reniflement, se tourna pour découvrir une Nellia en pleure. La gamine qui se la jouait à la dure, craquait. Les tensions retombants, elle sentait s’éloigner d’elle sa compagne d’infortune. Bien sur elles ne se connaissaient pas vraiment, elles n’avaient pas eu le temps. Elles avaient juste partagé l’infortune d’un enlèvement et des aventures, séparées, sur une ile de fous, prit une coque de noix ballotée dans une furieuse tempête, arriver dans une ville peu accueillante et être recueillit par un nobliau qui fut assassiné, pour terminer dans une geôle sombre et sordide, accusées de meurtre, où leur sort était joué.
Bien sur elle n’avait pas réagit et c’était laissée gagner par le désespoir, abandonnant sa propre vie et celle de sa compagne… Elle avait les capacités, le dons de se libérer. N’Kpa l’avait exorté à le faire, mais rien en cet instant n’avait réussi à lui donner le courage de le faire. Elle avait honte… Et le miracle improbable était arrivé.
Alors, elle avait besoin de se racheter, de se refaire une image plus propre, de retrouver un peu de chaleur humaine… La Shaman allait-elle la pardonner et lui offrir se besoin de se sentir utile, appréciée? … Nellia répondit à la question de la Shaman :

Les sœurs sont une communauté, un refuge pour les femmes. On pourrait y aller.


Un petit silence, après avoir baissé la tête, elle poursuit :

Enfin, toi moi je me suis conduite comme une lâche je ne mérite pas d’y pénétrer. Je suis désolée, pardonne moi. Cette île et cette histoire, j’étais à bout de force. Merci de m’avoir sauvé.

N’Kpa, la toisait de haut, la bouche serrée, les yeux luisant d’une lueur peu affable, les bras noués sur sa poitrine.
La pardonner?… Elle en était capable, mais là, maintenant?…
Plus que jamais, la jeune femme avait cru y rester. S’il n’y avait pas eu l’intervention de Diane et du vieux majordome, dans quelques heures, elles se seraient retrouvées toutes les deux pendues comme une grappe de raisin et tout aurait été fini. Mourir en soit n’était pas une catastrophe. Elle savait, de par ses croyances Taurion, se réincarner… mais… Avoir survécu à tant de danger pour finir comme ça était insupportable… rien que d’y penser.
Et puis il y avait cette vie qui poussait en elle. Comment imaginer se sacrifice, le produit d’un amour sincère et fort, déjà tuer dans l’oeuf par la disparition du géniteur? Enfin sa propre quête était un échec. Elle était passée très prêt de retrouver son père. Sirat ne lui avait pas dit où et quand il l’avait rencontré…
Alors lui pardonner, là maintenant? (Soit maudit Zewen, vil escroc, toi qui joue avec les fils de la vie des créatures… non, se serait trop facile… Il faudra du temps et que tu me prouves le mériter…)

N’Kpa écoute, mais ne dis mots, quand retentit la voix de Diane les invitant à descendre du chariot.

La Shaman posa ses pieds sur les pavés humides et apprécia l’air frais marin gorgé d’iode. Elle jeta rapidement un regard sur le lieu de leur arrivée.
Les stigmates de la catastrophe occupaient l’espace, dans un capharnaüm d’immondices et de
débris de toutes sortes. Des navires avaient été projetés, fracassés, certains éperonnés par un autre gisaient éventrés. Des bâtiments avaient été emportés, ne laissant que ruines et désespoir. Un silence bienfaiteur régnait sur le quai ravagé par le raz de marrée.
Là au milieu de rien, un semblant de ponton de bois provisoire avançait timidement au dessus de la surface de l’eau calme comme un bras squelettique. L’ombre fantomatique d’un navire se découpait sur une aube rosissante.
Un homme opulent les surveille du haut du pont.

Madame, vous resterez un mystère pour moi graver dans dans ma mémoire en souvenir d’un trop court moment très agréable et d’une rencontre étonnante. Je regretterai toute ma vie ce qu’il c’est passé ici et ne cesserai de prier Gaïa, pour que sa lumière vous accompagne dans ses temps sombres. Que les dieux vous soient cléments…

Elle étreignit la vieille femme, puis attrapa sa besace, ses sabres et le bâton et se dirigea vers l’homme sur le pont sans se retourner…

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 Sujet du message: Re: Milice de Dahràm
MessagePosté: Lun 15 Sep 2014 20:08 
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Je me file directement sur les quais pour éviter de retomber nez à nez avec le garde tout à l’heure. Ces derniers sont complètement ravagés, la vague qui a frappé la ville ne semble pas avoir fait les choses dans la demi-mesure. Une certaine angoisse me serre le cœur quand je pense que je ne parviendrais pas à retrouver Xéolian. Les probabilités qu’il ait survécu, sont très faibles. Je vois que beaucoup de monde s’acharne à déplacer du bois, à assembler,…

Ils ont mis à contribution les chevaux pour extraire les poutres des anciennes maisons, les débris les plus lourds,… Je m’approche d’un homme et lui demande s’il n’avait pas vu un hongre noir à la crinière blanche et aux yeux reflets rouges. Il réfléchit quelques instants et me répond qu’il ne sait pas que j’aurais peut-être un peu plus de chance plus loin.

Je continu de déambuler quand soudain j’aperçois des visages connus. Il s’agit de N’kpa et de Nelia, elles sont au bout d’un ponton provisoire, je me demande si elle a revu SIrat depuis que nous sommes tous partis dans notre coin. Je me glisse entre les personnes, puis l’interpelle en passant prêt d’elle.

C’est moi Dirzton

Je préfère lui dire qui je suis de cette façon, parce que mon écharpe dissimule tout de mon visage.

(j’espère qu’elle ne va pas cherché à te déchiqueter)

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 Sujet du message: Re: Milice de Dahràm
MessagePosté: Lun 15 Sep 2014 22:02 
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Le ciel noirâtre cédait sa place petit à petit à l’embrasement de l’aube naissante. N’Kpa progressait sans se retourner vers le navire d’où les lorgnait un homme opulent, mal rasé et hirsute aux habits exubérants. Soudain une impression instinctive la fit se retourner dans un mouvement rapide sur la défensive, crocs et griffes sorties. Elle s’attendait à voir Nellia prise de colère lui fondre comme un oiseau de proie pour lui filer une trempe.
A la place, un être au visage emmitouflé dans ce qui reste d'une cape, un corps d’ascète, des muscles noueux et puissant, un teint sombre, armé jusqu’aux dents et une odeur qu’elle reconnaissait.

C’est moi Dirzton

La jeune femme, penche la tête toujours sur la défensive. Son coeur bat la chamade sous sa poitrine compressée par l’armure de cuir. Elle halète avec force et surprise.
Un maelström d’émotions, d’images toutes plus contradictoires les unes que les autres défilent comme un éclair dans sa mémoire. Leur confrontation devant Khynt, la sphère qui l’emprisonne, sa propre colère contre l’homme mi-métal, et la décision de son compagnon, son refus de l’abandonner et soudain le silence, le néant, jusqu’au moment ou un mal de crâne la réveille sur un bateau… Elle fait un mouvement agressif, vers le visage couvert, prise d’une tempête ravageuse… La colère explose dans une rage incontrôlée.

Dirzton? Daïo?… Pourceau immonde, fils du néant, qu’as tu fait, où est Sirat, l’as tu assassiné après avoir accepté les promesses mielleuses de Khynt? Je … te … hais!…

… Quelques secondes passent, ou elle reste tétanisée par l’émotion les bras tendus et armés pour griffer, les yeux exorbités et larmoyants… Elle réalise l’énormité de la chose, la chance qu’elle a d’apprendre ce qu’il est advenu du géniteur de son futur enfant.

… Pardon… dit-elle tout bas… Pardon Dirzton, je… enfin… comment es-tu arrivé ici? Que c’est-il passé là bas? As… as-tu vu Sirat, qu’est-il devenu?… Est-il m…

Elle tourne la tête et s’aperçoit du risque qu’elle prend à rester en plein milieu et crier comme un ours…

Daïo, je… je ne peux rester là, nous sommes recherchées, viens on embarque, on aura le temps de bavarder, je dois savoir, tu dois me dire… et ... ce que tu fais ici comment tu es arrivé?…

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 Sujet du message: Re: Milice de Dahràm
MessagePosté: Mer 17 Sep 2014 09:30 
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N’Kpa se met à me hurler dessus d’une manière complètement démesuré, elle m’accuse d’avoir tué Sirat en acceptant la promesse de Khynt. Moi qui voulais rester discret et ne pas ébruiter ma présence ici.

(elle a du caractère la petite, un vrai roquet.)

Malheureusement pour moi, sa petite scénette ne va pas me facilité les choses, des têtes se tournent vers nous. Maintenant mon identité secrète ne l’ai plus beaucoup, elle s’excuse et commence à me poser de nombreuses questions. De plus, elle est recherchée et me propose d’embarquer avec elle. Je préfère encore affronter un dragon que son caractère versatile. Je vois plusieurs soldats se diriger vers nous ainsi que quelques mercenaires. Je les entends parler de la Woranne et pas de moi. Ils n’ont pas l’air particulièrement aimable, si je dégaine mes lames, je pense que cela n’aidera pas.

Ecoute N’Kpa, Sirat est encore en vie, il a voué allégeance à Oaxaca. Ce qu’il a fait c’est parce qu’il t’aime, j’ai partagé la même chose que lui à l’époque. Alors profite du cadeau qu’il t’a fait, la vie. Parcours le monde pour le retrouver, ne l’abandonne pas. Maintenant monte sur ce navire pour que je puisse virer la passerelle et retenir quelque peu ces personnes.

Je ne sais pas comment je vais faire sans prendre le moindre risque vis-à-vis de la milice, mais bon la vie est fait ainsi.

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 Sujet du message: Re: Milice de Dahràm
MessagePosté: Mer 17 Sep 2014 13:29 
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Evidemment, la jeune femme n’avait pas mesuré l’impact de sa crise de nerfs. Des gens semblaient s’intéresser au trio sur la passerelle. N’Kpa était estomaquée, Sirat était vivant et ce fou avait engagé sa vie auprès des sbires de la maudite. Daïo avait raison, il lui apportait l’espoir q’un jour peut-être elle pourrait le retrouver, le sauver… Il l’exhorta à filer au plus vite avant que les miliciens ne rappliquent en trop grand nombre.

Elle s’approcha de lui, l’enlaça une larme à l’oeil, une joie au coeur.

Merci, DIrzton… J’espère que toi aussi tu trouveras ce que tu cherches. Que Yuimen éclair tes pas et veille sur ta santé. Adieu !

Elle se tourna et fila d’un pas rapide vers le navire, enjamba le plat bord d’embarquement et jeta un dernier regard à l’étrange Shaakt… Elle s’abstint de chercher Diane et le vieux majordome qui s’éclipsèrent. Derrière elle les marins s’activaient pour larguer les amarres et déferler les voiles. Le temps était compté...



Le départ de Darham et vogue les damoiselles

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Dernière édition par N'Kpa Ithilglî le Dim 21 Sep 2014 23:04, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Milice de Dahràm
MessagePosté: Jeu 18 Sep 2014 09:33 
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N’kpa m’écoute et monte sur le navire. Ses derniers mots furent pour que je me protège et que Yuimen veille sur moi. Je ne suis pas convaincu qu’un dieu puisse me protéger à l’heure actuelle, même si je confiance en Rana, j’ai vendu mon âme. Je dis le plus bas possible :

Fais attention à toi N’Kpa, que nos efforts ne soient pas vain.

Je dégage la passerelle en faisant semblant de glisser dessus, cette dernière tombe à l’eau. Je me retourne vers les miliciens qui se dépêchent de rappliquer par ici. Cela risque d’être drôle si je veux m’en sortir indemne et surtout sans tuer et blesser. Je regarde autour de moi, si je ne peux pas trouver quelque chose qui puisse mettre utile. Il ne me reste qu’une solution, heureusement que le ponton n’est pas bien large.

Je me dirige vers eux en leur disant

Vous vous rendez compte comment elle m’a agressé, je n’ai jamais vu quelqu’un crier de la sorte.

Je fais semblant de trébucher, j’étends les bras afin d’emmener un maximum de miliciens avec moi. J’arrive à en faire tomber deux ou trois, une fois au sol les suivants essaient de continuer de passer. J’agrippe le suivant en faisant semblant de relever, mais je l’envoie à l’eau.

Non mais vous vous rendez compte, elle aurait pu me déchiqueter, son regard m’a terrifié. Je n’ai jamais vu une cinglée comme elle. Sauvez-moi, je vous en prie.

Je parviens à me relever, quand soudain je me fais cueillir par un coup de poing magistral dans les gencives. Je me retrouve déséquilibré et tombe dans l’eau. J’en profite pour disparaître sous la surface, s’ils ne me voient plus, ils finiront par me chercher ici et pas ailleurs. L’eau est trouble, un poisson n’y verrait pas à un mètre. Il y a bien longtemps que je n’avais pas pris un bain de la sorte, mais bon je pouvais au moins faire ça pour Sirat.

Je nage sous l’eau sur une distance d’environ une centaine de pas. Je sors de l’eau sur une berge, le liquide dégoulinant de partout. Je regarde l’horizon et aperçois le navire de N’Kpa.

Bonne chance.

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 Sujet du message: Re: Milice de Dahràm
MessagePosté: Mar 21 Juil 2015 21:01 
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Les sons lui revinrent en premier, puis se furent les odeurs et enfin les sensations... Des cris sourds résonnaient à ses oreilles alors que ses tempes battaient d'une douleur lancinante, portant une main à sa tête, elle la retira bien vite lorsque ses doigts fins se posèrent sur la zone douloureuse.

Elle bascula lentement sur le côté, l'ensemble de son corps endolori, avant de s'asseoir tant bien que mal. Durant toute l'opération ses muscles protestèrent, restés trop longtemps au même endroit, le sang recouvrant des chemins oubliés, il provoqua une vague de fourmillement dans ses extrémités...

Que dire si ce n'est que l'échec semblait la poursuivre ? Incapable de venir à bout de la moindre petite frappe malgré tous les avantages qu'elle avait réuni de son côté ? Vashalbarath était une déesse joueuse, mais également sadique...

La jeune Shaakte se retint de jurer, cela ne faisait pas partie de son éducation, mais surtout ça ne pouvait rien lui apporter de bon, qui sait lorsqu'une divinité se penche sur un mortel ? Avec la sienne, cela semblait toujours être au mauvais moment.

Levant la tête, elle découvrit ses environs, des murs froids et une banquette de bois dur seulement soutenue par deux chaînes lourdement ancrées dans le mur. Une assiette de bois l'attendait sur le sol, son contenu froid depuis longtemps n'émettait qu'une vague odeur incapable de la renseignée sur ce qu'il pouvait bien se trouver à l'intérieur. A réflexion faîte elle ne préférait pas se poser la question et entreprit de goûter ce "délice", obligée de recourir à ses propres doigts pour saucer le liquide à l'aide du pain rance qui l'accompagnait.

Elle ne se trouvait visiblement pas dans les geôles les plus propres de la région, mais au moins disposait-elle d'un minimum de confort.

Alors qu'elle retourner s'asseoir sur sa couchette, le désespoir planant au dessus de son âme, elle finit par entendre un bruit dans le couloir sur lequel semblait donner la porte de sa cellule.

Des pas, résonnant légèrement sur la pierre nue du sol, résonnèrent à travers le bois de sa porte avant que ne surviennent des bruits plus métalliques, le cliquetis de clés se heurtant l'une l'autre alors qu'une troisième tournait lentement dans la serrure.


~ Il est l'heure de sortir princesse.

~ Qu.. Où.. Où suis-je ?

Sa voix sonnait rauque entre les parois de sa prison alors que l'air irrité sa gorge sèche, elle avait dû rester longtemps inconsciente pour se retrouver dans cet état.

~ Dans les geôles de la milice de Dahràm, vous n'étiez visiblement pas à la hauteur de vos espérance.

A ces mots, à la douceur étrange de ce ton elle leva les yeux, découvrant un autre Shaakt lui faisant face, grand, fin, les traits illuminés par un sourire narquois qu'elle connaissait bien... Il se moquait d'elle, comme elle se serait moquer d'un des siens s'il avait échoué aussi lamentablement, leur genre n'était pas prompt à la compassion et encore moins envers l'échec.

Il entra dans la cellule avant de venir lui saisir le bras, sa poigne forte lui enserrer le triceps tel un étau dont elle doutait pouvoir se sortir sans se briser l'os, aussi ne tenta t-elle rien, il était trop tard de toute manière.

Il la fit sortir de la cellule avant de la guider dans le couloir, ses yeux se posant de temps à autre sur elle pour venir accentuer sa honte, il la méprisait et s'amusait de son état, mais il la mena malgré tout jusqu'aux portes de la milice, la relâchant d'une simple poussée dans la rue avant de refermer la lourde porte derrière lui.

Immédiatement elle se retrouva aveuglée par le soleil battant, après plusieurs jours dans l'obscurité, toute l'habitude qu'elle avait pu prendre dans son maigre séjour en ville s'était évanoui et ses yeux de nouveaux souffraient de la morsure brûlante du soleil. Tentant de rabattre sa capuche sur son visage, elle se rendit compte qu'elle ne portait plus sa cape. Or un malheur arrivant rarement seul, on ne lui avait pas rendu son arme non plus...

Comme elle pouvait s'y attendre, elle sortait bien plus pauvre qu'elle n'était rentrée au sein des geôles d'une ville aussi crapuleuse et c'est maintenant sans ressources qu'elle devait se diriger vers sa destination. Perdant patience elle prit la direction des portes de la ville, plus rien ne la retenant ici.



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Récit - #4080BF
Parôles - #8040FF


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 Sujet du message: Re: Milice de Dahràm
MessagePosté: Dim 3 Jan 2016 09:12 
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La petite fille se promenait, tranquillement, dans les rues de Dahràm. Elle avait rôdé toute la journée, l'air de rien, autour de la caserne des miliciens de Dahràm. Le Gros Néral lui avait bien désigné sa cible et donné toutes les informations dont elle aurait besoin. Et une petite fiole de poison en prime. Le « Doigt de Phaïtos »... Ce nom lui plaisait bien.

Les ordres étaient clairs. La milice était sous le commandement d'Oaxaca et le Gros Néral ne souhaitait pas s'attirer les foudres de la Déesse, discrétion serait donc le maître-mot. La cible était unique, un sergent monté bien trop vite en grade selon le tenancier de la taverne. D'autant plus qu'il prenait des libertés qui étaient de trop et qu'il fourrait un peu loin son nez dans certaines des affaires du Gros Néral qui devaient mieux rester secrètes. Mais ça s'arrangerait bientôt, pensa-t-elle en souriant.

Elle avait déjà enduit les deux dagues qu'elle portait du poison. Le liquide était incolore, mais avait vite séché dessus. Elle espérait que ça marcherait, même si elle ne souhaitait les utiliser qu'en dernier recours. Elle fixa à nouveau la bâtisse, espérant repérer ledit sergent, un certain Dronen Pidur. On le lui avait décrit rapidement et elle saurait le repérer facilement par son accoutrement et ses manières. Il était orgueilleux, irrespectueux – sauf envers les capitaines bien sûr – et surtout, hautain. On lui avait donné le descriptif d'un homme haïssable, à la chevelure blonde et les yeux verts. Avec une barbe de quelques jours, il faisait presque deux mètres et pesait entre soixante-dix et quatre-vingt kilos.

Elle avait la fiole dans sa poche. On lui avait précisé qu'il fallait une goutte pour quinze kilos, soit à peu près cinq gouttes pour la victime. Et pour elle, trois gouttes. Elle soupira. C'était dans le contrat : si elle se faisait attraper elle devait se tuer elle-même avec le poison. Faute de quoi Sephon mourrait, elle mourrait elle aussi d'une mort plus lente, et le Gros Néral aurait des problèmes avec la milice. Ce serait dommage, tout de même.

Elle vit soudain ce qui ressemblait bien à ce sergent sortir. Il était accompagné de trois autres miliciens, qu'il écoutait à peine, préférant adresser un compliment un poil vulgaire aux attraits d'une donzelle qui passait. C'était lui, si l'on se référait à la description biaisée qu'elle en avait eu. La petite fille s'approcha, modelant son expression pour la rendre un peu anxieuse.

S'il vous plaît, monsieur !

Elle se donnait un air pitoyable, abattu, les yeux gonflés de (fausses) larmes qui émouvaient d'ordinaire toute personne possédant un brin de compassion. Le sergent la regarda de haut et répliqua :

T'es trop jeune, p'tite. Reviens me voir dans cinq ans ! J't'accepterai p'têt, si t'es assez belle.

Elle parvenait à contenir une réplique mordante qu'elle aurait aimé donner à l'homme, mais garda le même visage abattu et s'approcha encore un peu.

J'ai... J'ai besoin de vous monsieur ! On m'a vanté vos mérites et j'ai quelque chose de très important à vous dire. S'il vous plaît !

La flatterie était trop grosse pour être gobée, mais le sergent éclaira son visage d'un grand sourire et répliqua :

On me connaît donc ? Écoutez bien, bande de rats puants ! Vous devriez témoigner un peu plus de respect au sergent Pidur ! Même les enfants connaissent mon nom désormais ! Alors vos railleries, vous savez où vous pouvez vous les mettre.

Il continua de se vanter comme cela quelques minutes devant les miliciens qui l'accompagnaient, s'atirant leurs regards exaspérés, eux qui ne pouvaient malheureusement rien faire face à leur supérieur. Et derrière lui, la petite fille avait gagné un petit sourire en coin.

Alors, vous allez m'aider ? Je ne peux pas vous en parler ici, il faut que nous allions à l'intérieur.

Très bien. Suis-moi, p'tite.

Il avança et conduisit fièrement Yurlungur à travers les couloirs du bâtiment. Une fois entré dans son bureau, son expression changea du tout au tout et il se servit un verre de vin avant de s'affaler dans son fauteuil derrière son bureau, laissant la fillette debout.

Bon, faisons vite, j'ai pas toute la journée.

Oui, bien sûr, bien sûr. J'ai entendu parler... de quelque chose de terrible. C'est absolument effrayant. Il y aurait un complot envers... envers vous, monsieur.

Il arqua un sourcil interrogateur, portant le verre à ses lèvres pour en boire une gorgée.

Envers moi ?

Absolument. On cherche... Oh mon Dieu ! C'est trop horrible pour être vrai... On cherche à vous tuer !

Elle éclata en sanglots, se cachant le visage dans ses mains. Et dire que le complot, c'était elle qui le menait ! Elle parvenait à peine à garder un visage morose face à l'ironie de la situation et reprit le contrôle après quelques instants de faux sanglots atterrés.

Allons bon. C'n'est pas si grave, p'tite. Tu vas m'dire qui cherche à faire ça, nous les trouverons et tout ira bien.

Je... J'ai peur, monsieur. Ils me tueront s'ils savent que j'ai fait ça.

Il parut agacé, puis affirma :

N't'inquiète pas, la milice te protégera.

Sauf votre respect, monsieur, j'aimerais une garantie autre que votre simple parole.

Il eut un tic du sourcil gauche tandis que son visage s'assombrissait et que ses doigts tapotaient le bureau nerveusement. Au bout de quelques instants, il se décida à fouiller dans ses tiroirs et en sortit un parchemin. Il saisit sa plume et commença à écrire. Quand il eut fini, il tendit le parchemin à la petite fille.

Voilà une attestation comme quoi tu es sous ma protection désormais et que toute personne te cherchant des problèmes aura affaire à la milice de Dahràm. T'es satisfaite ?

Elle lut rapidement le parchemin et le plia pour le fourrer dans une poche et répondit, s'inclinant au passage :

Oui monsieur, merci beaucoup monsieur.

Alors ? Qui cherche à m'tuer ?

C'est un homme qui vit dans le quartier des marins. Son nom est Thegozert et il s'agit d'un grand empoisonneur... connu de ceux qui savent où chercher. Depuis peu, son commerce est ralenti par l'emploi que vous faites en ville. Il a donc prévu de vous éliminer dès qu'il le pourra. Mais il n'est pas seul ! Il a de nombreux contacts avec des pirates et des mercenaires sans vergogne, qui lui fournissent de quoi préparer ses poisons. Ils ne le laisseraient pas se faire avoir facilement, et il faudra les compter aussi.

Le sergent commença à noter l'histoire complètement inventée de la fillette. Elle suivait sa plume du regard, un petit sourire apparaissant sur son visage tandis qu'il retrempait sa plume dans le pot d'encre presque vide. Elle n'aurait qu'à broder encore un peu et ça irait tout seul...

Il loge dans la quatrième maison à gauche lorsque vous prenez la troisième ruelle en remontant le fleuve à partir de la baraque du Rebouteux, vous savez, ce vieil homme qui soigne les gens. Sa maison paraît abandonnée, mais ce n'est pas le cas : il habite au sous-sol. On raconte qu'il possède de nombreux pouvoirs magiques de sorcellerie et qu'il est très puissant. D'autant plus qu'il a piégé l'accès à son antre, aussi bien de pièges physiques que magique. Et puis...

Elle entendit avec satisfaction un grommellement et s'interrompit.

J'n'ai plus d'encre. Attends-moi ici, j'vais en chercher.

Il sortit de la pièce et aussitôt Yurlungur saisit le verre pour y verser les huit gouttes demandées. Elle remit le reste de la fiole, qui était encore à moitié remplie, dans sa poche, et se rassit, essayant de faire disparaître sa joie. La mission était presque réussie. Le sergent rentra à nouveau, un pot d'encre à la main. Il se rassit et finit d'écrire ce que la fillette lui dictait.

Et puis... On dit qu'il sait invoquer des démons, des serviteurs de Phaïtos lui-même ! Je ne crois pas qu'il ait de contacts avec le Temple de Phaïtos, mais le Dieu sombre essaiera de le garder en vie pour servir ses sombres desseins, j'en suis assurée ! Parfois, on dit qu'il a un frère avec lui, si bien qu'on croît qu'il est à plusieurs endroits à la fois. À moins que ce ne soit de sa magie, encore !
Je... Je ne crois pas savoir autre chose sur lui. Je vous suis très reconnaissant d'assurer ma protection en ces heures troubles où votre vie est en péril.


Oui, oui, d'accord.

Il se saisit du verre de vin et avala le fond qu'il restait. Yurlungur garda une mine soucieuse et lui reprocha, une teinte ironique se percevant dans sa voix :

Monsieur, vous feriez mieux de ne plus boire grand-chose à présent. Le complot est en marche et Thegozert cherchera à vous empoisonner par tous les moyens.

Merci p'tite, tu peux t'en aller maintenant.

Elle se leva doucement, sautillante, mais resta dans la pièce. Elle souhaitait voir la mort de l'homme arriver. Afin de gagner du temps, elle commença à le combler d'éloges à moitié vraies.

Monsieur, je vous serai éternellement reconnaissante. Vous ne savez pas quel fardeau vous m'ôtez des épaules.

Mais c'est rien, allez, dégage.

Oh non, ce n'est pas rien, je vous assure. Ce que vous faites pour moi est proprement formidable.

Le sergent s'aggripa soudainement à son bureau, pris de vertiges, sans répliquer. Un sourire apparut sur le visage de la fillette. Elle annonça, triomphale :

Ma mission est désormais accomplie. Je n'ai plus qu'à partir et vous laisser accomplir la vôtre.

Att-Attends... Aide-moi à m'asseoir... Une p'tite fatigue...

Oh, mais vous devez vous moquer. Un homme comme vous n'est jamais fatigué, si ?

Il s'effondra à terre. Elle laissa s'échapper un petit rire cristallin et s'approcha de lui, un grand sourire aux lèvres.

Au revoir, sergent.

Tu... Je...

Elle s'approcha du bureau et saisit le parchemin écrit par le sergent où tout le tissu de mansonge qu'elle lui avait dicté était retranscrit. Elle le déchira en plusieurs morceaux et le fourra dans sa deuxième poche, puis revint vers le corps du sergent Pidur.

Son visage était devenu rouge et la petite fille toussota un peu et plaça ses mains sur ses joues avec un air horrifié. Puis elle cria, un cri aigü qui raisonna dans toute la pièce, et se laissa tomber au sol. Aussitôt, deux hommes entrèrent et virent le sergent effondré au sol, la fillette perdant conscience. On mena le sergent à l'infirmerie et un des milicien resta veiller sur Yurlungur. Elle rouvrit les yeux au bout de quelques minutes, bégayant.

C'est... C'est... Je... Aff-Affreux !

Calme-toi, gamine, tout va bien.

Le sergent... Il va m-mourir !

Mais non, mais non...

Et moi aussi !

Elle sortit l'attestation pour la montrer au milicien.

Qui me protégera, maintenant ? Oh...

L'homme l'aida à se relever et lut, fronçant les sourcils, le parchemin.

[color=BF6060]Attends-moi là.[/color]

Il sortit rapidement de la pièce, emportant le manuscrit, et elle resta seule. Elle observa un peu la pièce vide, époussetant ses vêtements. Puis elle attendit.

***


On avait décidé de laisser la petite fille sortir de la milice, en lui demandant de venir les voir si jamais elle avait des embrouilles, afin qu'ils s'en charge. Mais elle ne doutait pas un instant que dès le lendemain, ils auraient oublié son existence. Sa piècette avait paru assez réaliste pour que personne ne doute d'elle et ces mercenaires ne regretteraient pas le sergent. Le marché qu'elle avait passé avec lui serait bien vite oublié. Il lui avait simplement servi à se faire disculper de l'empoisonnement. C'est vrai après tout : pourquoi une fillette sous la protection d'un sergent irait-elle le tuer ?

La nuit tombait. Elle passa dans les ruelles et se rendit chez le Gros Néral. Elle avança au comptoir et annonça :

Mission accomplie.

Le tavernier lui demanda :

Il reste du poison ?

Non.

Tant mieux. De toute façon, il n'aurait eu d'effet que sur la cible.

Elle écarquilla les yeux. Le Gros Néral se moquait-il ? Ou bien était-ce le tavernier qui mentait ? Sans rien répliquer, elle retourna chez Sephon.

***


Tu es libre.

Il leva un regard vers elle et répondit :

Merci.

Je n'ai plus rien à faire ici, je suis guérie. Je m'en vais. Tiens, je te laisse ça. Il paraît que ça s'appelle le « Doigt de Phaïtos », tu sauras mieux l'utiliser que moi.

Elle posa la fiole de poison au sol et tourna les talons. Il la laissa partir sans rien dire, se remettant à la préparation d'onguents et de potions. Bien vite, elle fut de nouveau dans sa chambre miteuse, ayant filé à travers la nuit telle une ombre. Elle sortit le parchemin qui lui garantissait sa protection et le déchira lui aussi. Puis elle sortit les autres bouts de parchemin qu'elle avait gardés et les répandit tous dans sa pièce. Enfin, elle ferma les yeux et s'endormit.

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 Sujet du message: Re: Milice de Dahràm
MessagePosté: Dim 21 Fév 2016 02:48 
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Les heures avaient passé et la Milice s'était apparemment retirée sans trouver ce qu'elle cherchait – à moins qu'elle n'eût jamais cherché Yurlungur. Cette dernière s'était ainsi promenée dans les rues de sa ville, observant les passants et leurs expressions, leurs manières et leurs occupations. Cette activité était futile mais plaisante et se prêtait admirablement bien à passer le temps.

Le premier à intéresser la fillette fut une sorte de guerrier à l'armure étincelante, accompagné de ce qui ressemblait à un mendiant, mendiant qui suivait tous ces pas. Après diverses pérégrinations, il fut enfin révélé à l'observatrice qu'il s'agissait du « fidèle écuyer » du chevalier – selon les dires de ce même chevalier. Elle pouffa en voyant justement ce « fidèle écuyer » lui demander trois fois plus qu'il n'en fallait pour acheter une breloque romantique à l'un des marchands ambulants, tendant dans un sourire édenté la breloque sans la monnaie à son chevalier. Le couple qu'ils formaient était si archétypal qu'il occupa Yurlungur toute la matinée, se demandant toutefois ce que ce prétendu chevalier venait faire à Dahràm.

Elle les laissa cependant en début d'après-midi pour aller se sustenter aux frais d'un vendeur sur la place publique. Le décharger de quelques fruits et d'une tranche de viande sur son étal était un geste de compassion que la fillette accomplissait avec joie. Elle n'avait pas souvent de la viande fraîche et si ce jambon semblait un poil avarié, il n'en restait pas moins appétissant. Elle savoura son repas en cachant les fruits de son vol dans ses poches, au sens propre comme au figuré, continuant à marcher doucement.

Finalement, son regard s'arrêta sur une femme aux airs débonnaire, le ventre gras et les habits riches. Elle était entourée de deux jeunes femmes plus fines – heureusement pour elles – et d'une sorte de garde à l'air absent, le visage en partie masqué sous un casque en métal. La grosse femme, recouverte d'une sorte de maquillage blanc affreux, avançait dans en fulminant à l'adresse de ses deux filles suivantes, ses joues claires s'empourprant. Yurlungur les suivit, pouffant. Si les deux jeunes femmes essayaient de paraître impliquées dans les malheurs de ce qui semblait être leur mère, le soldat restait de marbre et les suivait sans mot dire. La fillette les suivit aussi, avant de se rendre compte du lieu où ils se rendaient.

Ils avaient quitté la grande rue pour avancer dans des passages moins fréquentés, où un nombre non négligeable d'hommes armés passaient. Maintenant qu'elle s'y était engagée, il aurait parut louche de la part de la fillette de reculer, ce que sa raison lui dictait néanmoins. Car au bout de la ruelle, il y avait l'entrée du bâtiment de la Milice qu'ils longeaient déjà. Faisant profil bas, elle continua cependant son chemin, espérant qu'on ne la remarquât pas.

Du coin de l'œil, elle vit la grosse dame entrer dans la Milice, continuant à pester et à proférer des insanités à l'attention de voleurs absents, sûrement bien au chaud dans une taverne de la ville, profitant de leur méfait. Yurlungur avança, continuant son chemin pour aller vers le port. Deux ruelles s'offraient à elle : l'une proche débouchait sur la Taverne du Gros Néral, l'autre un peu plus loin allait directement au port. Elle se mordit la lèvre, quelques gardes patrouillant encore autour de la Milice. Finalement, elle préféra éviter ce qui lui rappellerait son ancien employeur. Elle avança, tremblant presque.

Une main se posa sur son épaule et elle se retourna, les yeux implorants, se dégageant brutalement avant de serrer les poings en signe de défi à l'attention de cet agresseur.

« Mais... Hé ! Qui es-tu, au juste ? On ne passe pas devant la Milice sans dévoiler son visage, petit. »

On pouvait sans aucun doute qualifier la fillette de chanceuse. Certes, elle était tombée sur un milicien, mais ce dernier n'avait apparemment pas participé à sa traque ce matin : n'était-ce pas un coup du destin ? Elle voyait justement dans sa main un parchemin froissé sur lequel reposait peut-être sa figure. Elle ne lui répondit pas et essaya de se dégager pour s'éloigner. Il lui saisit le poignet et fut vite rejoint par l'un de ses camarades.

« Que se passe-t-il, ici ? »

« Lâchez-moi ! »

Elle donna un grand coup de genou dans l'entrejambe du milicien qui la tenait. En temps normal, cela produisait des effets remarquables et cette tactique, qu'on pouvait sûrement appeler opportuniste, avait déjà fait ses preuves. Mais malheureusement pas contre un homme qui portait une pièce d'armure par-dessus ses bijoux de famille. Une douleur fulgurante la fit hurler et le milicien surpris lui arracha sa capuche, dévoilant son visage à la face du monde.

Elle tira sa dague afin de se préparer à combattre. Si l'on voulait la chercher, il faudrait d'abord qu'on l'attrappe et elle ne se laisserait pas faire. Mais cette détermination fut de bien courte durée. Alors qu'elle essayait d'attaquer le milicien en face d'elle qui se dérobait à chacun de ses coups en fuyant et en appelant à l'aide, d'autres accoururent et elle vit sa fin venir. Ou plutôt, elle ne la vit pas, puisqu'un choc dur sur l'arrière de son crâne la fit sombrer dans l'inconscience sans qu'elle se rende compte de ce qui lui arrivait.

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Dernière édition par Yurlungur le Dim 21 Fév 2016 02:57, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Milice de Dahràm
MessagePosté: Dim 21 Fév 2016 02:56 
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((( [:attention:] Certaines scènes de ce rp sont à forte connotation sexuelle/violente/gore, aussi est-il recommandé aux lecteurs sensibles d'y réfléchir à deux fois avant d'en entamer la lecture. )))

Des voix confuses parvenaient encore à la fillette pendant son inconscience. Le monde restait absurde et illogique autour d'elle, tournant dans sa tête et frappant ses tympans selon une rythmique aléatoire. Le sol n'existait plus, elle flottait dans un espace si grand qu'il dépassait l'entendement. Au loin, elle entendait des hurlements de souffrance, des éclats de folie et des râles incoercibles. Ce lieu sentait le sang, mais ce lieu n'était pas réel. Une voix s'adressa à elle, rudement. Elle n'en comprit pas le sens et retomba dans les limbes de l'inconscience.

***


Lorsqu'elle se réveilla pour de bon, la pièce dans laquelle elle se trouvait était sombre, uniquement éclairée par une petite torche dans un coin qui la narguait de sa lueur pathétique. Sa tête lui faisait mal, presque autant que ses poignets maintenant attachés à de lourdes chaines. Elle était ainsi suspendue le long d'un mur, les chaînes trop hautes maintenant uniquement ses pieds au sol, habituellement réservées à des torturés de plus grande stature. Elle se débattit un petit peu avant de s'arrêter aussi net. Les muscles et articulations de ses bras étaient déjà douloureux et meurtris au possible, tirés depuis des heures entre son propre poids et ces entraves. Elle était presque nue, uniquement vêtue d'un pagne peu décent. Ses vêtements habituels avaient disparu.

Elle leva un regard empli de peur et d'angoisse sur le décor macabre qui l'entourait. Accolés au mur opposé, divers instruments étaient exposés, que ce soient des pinces rouillées, des piques ou des fouets, de la plus simple bande de cuir à celle bien plus raffinée comportant des échardes en métal encore rouges du sang de leur précédente victime. Ça et là, divers ensembles de torture se présentaient aux yeux perclus de frayeur de la petite fille, le métal luisant doucement mais la plus grande partie restant dans l'ombre, ce qui ne les rendait que pire dans l'imagination épouvantée de Yurlungur. Sur une table, à côté des piques, ses vêtements déchirés étaient éparpillés, apparemment retirés à la hâte de la future suppliciée.

La respiration de la fillette s'accéléra tandis qu'elle perdait son calme. Les murs recommencèrent à tourner autour d'elle pendant quelques instants avant qu'elle ne perçoive un rire à proprement parler machiavélique, le rire d'une personne qui se moquait d'elle, de ses peurs et de ses angoisses. Le rire était celui de la voix dans sa tête, mais il résonnait comme réel entre les murs de la salle de torture. Tout en continuant à trembler, elle calma petit à petit les battements de son cœur, contrôlant tant bien que mal sa respiration, les dents serrées en signe de défi à l'Autre. Qu'elle n'aille pas croire que son hôte se montrait incapable de protéger le corps qu'elles partageaient... Yurlungur restait la seule maîtresse à bord. Elle ferma les yeux pour réfléchir quand soudain, la porte s'ouvrit.

Le bourreau, accompagné d'une créature étrange, entra. C'était un homme à la stature fine, le visage recouvert par un masque noir pointu, laissant uniquement apparaître deux yeux bruns vifs et une bouche peu souriante. Le reste de son corps restait invisible sous un habit austère brun encadrant un buste élancé et des jambes puissantes. À côté de lui, un homme-oiseau de Xenair avançait, plus grand d'une trentaine de centimètres et l'air supérieur. Il aurait pu paraître majestueux s'il n'avait été difforme, le corps couvert de plumes jaune pisse et l'allure exagérément chaloupante, créature des airs forcée de se restreindre à la terre. Il se tenait bossu, le bec crochu avançant méchamment en avant, tandis que dans ses yeux brillaient une lueur maligne. Ses bras restaient cachés dans son dos, mais on pouvait apercevoir à leurs extrémités des serres effilées. Quant à ses jambes, elles étaient puissantes et musclées mais tout aussi repoussantes que le reste de son être.

« Elle ne s'est pas encore réveillée et ne semblait rien avoir sur elle. Mais les pirates l'ont vue et sont formels : c'est bien elle qui était sur le bateau. Je vous assure, messire, qu'un grand nombre des troupes de la milice sont à la recherche des autres, mais celle-ci ne devrait pas être difficile à faire parler. Nous aurons bien assez tôt récupéré cette relique. »

À travers les paroles du bourreau transparaissait un certain malaise qu'il n'arrivait pas à cacher totalement. La créature semblait en être consciente et ne dit rien, hochant simplement la tête tandis que la fillette s'efforçait de rester immobile, ayant entrouvert un œil pour pouvoir les observer. Lorsqu'ils étaient entrés, elle s'était simplement relâchée au dernier moment afin de simuler une inconscience. L'obscurité ambiante aidait à cette illusion mais il était probable que le bourreau allume d'autres torches lorsqu'il se mettrait au travail.

« Eh bien, messire, je vous assure que tout est sous contrôle. Vous l'avez vue, j'espère que vous êtes satisfait... Et je suis tout à vous si vous avez la moindre requête. »

L'oiseau s'approcha de la fillette suspendue, fixant un regard d'acier sur elle. Cette dernière ferma les yeux et ne perçut que le souffle rauque de la respiration fétide de la bête à côté d'elle, espérant que cette situation ne dure pas trop longtemps. Ses nerfs étaient à bout et elle craignait voir son manège dévoilé par un tic involontaire à ce monstre qui ressemblait beaucoup trop à la créature qu'elle avait affronté sur le bateau pirate. Un reniflement tout proche faillit la faire frémir tandis que l'oiseau mémorisait son odeur puis elle entendit les bruits de pas qui s'éloignaient et se détendit peu à peu.

Elle rouvrit timidement les yeux. L'oiseau était parti et le bourreau refermait la porte derrière lui, semblant également soulagé que cette visite n'ait pas duré trop longtemps. Il s'approcha alors de la gamine comme s'il attendait qu'elle se réveille. Yurlungur n'allait pas flancher maintenant et resta bien calme et immobile. Elle perçut un soupir et l'entendit faire quelques pas en arrière. Il s'approcha du mur opposé et saisit le fouet le plus simple dans ses mains, avant de le carresser affectueusement en revenant vers elle. Brutalement, il donna un coup qui arracha un hurlement de douleur à la petite fille, surprise par cet acte de violence.

« Il est inutile d'essayer de me faire croire que tu étais encore inconsciente. Ce genre de choses, je le vois. J'imagine que tu as entendu toute la conversation et que tu as compris que je t'ai fait une fleur en faisant comme si tu étais inconsciente avec l'autre. Tu vas répondre bien gentiment à mes questions, compris gamine ?

Alors en premier lieu : étais-tu sur le bateau hier après-midi ?
 »

La fillette leva un regard apeuré sur son tortionnaire. L'homme avait dit lui-même que des pirates avaient confirmé que c'était bien elle et se prendre des coups de fouet par pure fierté ne l'emballait en rien. Elle répondit par un timide :

« Oui. »

« Bien. Tu comprends vite, dis-moi, tu iras loin... Enfin, continuons. As-tu volé des objets sur ce bateau ? »

Yurlungur se mit à réfléchir vite. Coopérer signifiait ne pas se prendre de coups de fouets, cependant elle avait clairement compris qu'ils n'avaient pas trouvé la capuche sur elle, ce qui était étrange puisqu'elle la portait justement lorsqu'elle s'était fait arrêter. Elle pouvait encore essayer de conserver la relique si elle s'en sortait bien. Mais avant de réussir à s'en sortir bien, il faudrait réussir à s'en sortir vivant.

« J'aimerais... J'aimerais une garantie. »

Un regard étonné de la part de son bourreau lui répondit, sa surprise étant visible même à travers le masque inquiétant qu'il portait. Le regard de la fillette se fermit et elle continua :

« Si vous m'assurez que vous me laisserez tranquille après, je dirai tout. Je peux vous dire tout ce que j'ai pris là-bas, avec qui j'étais, tout. Mais laissez-moi m'en aller après, je vous jure que... »

Un coup de fouet répondit à sa requête, l'interrompant dans son explication.

« Je peux avoir tout cela sans t'accorder cette garantie, petite. Alors tu vas me dire immédiatement ce que tu as volé, un point c'est tout. »

« Mais vous pourriez très bien me tuer après ! »

« Oh, non. Je ne suis pas là pour tuer, au contraire. Avec moi, tu ne mourras pas, tu peux en être certaine. »

Des yeux exorbités et un sourire dément étaient apparus sous la capuche de l'homme tandis qu'il prononçait ces mots en fixant la petite fille. Cette dernière eut un mouvement de recul qui fut bloqué par le mur derrière elle. Ce duel de regard continua quelques instants puis l'homme leva son fouet, s'apprêtant à frapper. Elle cria avant qu'il en ait le temps et il stoppa bienheureusement son coup lorsqu'il l'entendit prendre la parole.

« D'accord ! J'ai pris... J'ai pris un coffre. Mais le coffre est tombé dans l'eau et je n'ai pas pu le récupérer ni son contenu. Après, j'ai aussi pris un couteau dans la soute et... et une rapière ! Mais j'ai dû laisser la rapière peu après parce qu'elle n'était pas pratique. »

« Voilà... Très bien. Tu vois, quand tu veux ? Bon. Pourquoi étais-tu sur ce navire ? »

« On... On m'avait demandé d'aller chercher un trésor dessus. Mais pour me récompenser, ils m'ont dit que je pourrais prendre tout ce que je trouverais aussi. C'est pour ça que j'ai pris le couteau... Mais j'ai laissé le couteau chez moi et vous n'avez dû trouver sur moi que ma dague. »

Le bourreau avait saisi un parchemin sur le côté et s'était mis à écrire avec une plume noire sur l'une des tables de torture, hochant la tête. Yurlungur attendit quelques instants qu'il eut fini cela, tremblant toujours autant. Sans qu'elle s'en aperçoive, quelques larmes avaient coulé le long de sa joue et glissaient lentement le long de son épiderme presque nu. Elles s'en détchèrent finalement et vinrent s'écraser au sol à ses pieds, le son résonnant dans le sous-sol dans lequel elle était enfermée. Puis le bourreau releva la tête, des yeux faussement rieurs et un sourire hypocritement doux sur le visage. D'un mouvement sec du bras, il donna à nouveau un coup de fouet à la petite fille, puis encore un. Le décompte s'engrangea dans la tête de la victime, les coups s'enchaînant sans qu'un repos ne semble vouloir lui être donné. Lorsqu'il s'arrêta après quelques minutes, la petite fille s'était arrêtée de compter, le corps lacéré par des marques rouges déjà sanglantes.

Ses yeux étaient maintenant rougis et les larmes avaient formé des torrents dans ses joues, torrents qui venaient chuter le long de la montagne de son corps. Mais nul Soleil n'éclairait cette montagne si ce n'était cette lueur blafarde cachée derrière le bourreau. Ce dernier était en train de caresser son fouet tâcheté de sang comme on félicite un animal qui a bien agi, sans jeter un regard à la torturée. Il n'avait pas l'air de se préoccuper le moins du monde de la souffrance de sa victime, dans le cœur de laquelle une rage sourde prenait forme en constatant ce mépris obvie.

« Tu es certaine de m'avoir tout dit, n'est-ce pas ? Tu sais que je serais très en colère si jamais tu ne m'avais pas tout dit. Et mon fouet le serait aussi ! »

Sa voix tremblait de rage et de colère, ses yeux répondant à cette émotion par une lueur de haine. La petite fille comprit soudain pourquoi il faisait cela. L'homme n'aimait pas les siens, c'était certain. Il semblait entretenir une forme de rancune envers l'humanité toute entière, rancune qu'il déversait sur la petite fille en l'instant présent. Cette dernière était à la fois terrifiée et fascinée par cet amalgame d'émotions négatives qui ressemblait tant à celles d'ordinaire éprouvées par la voix dans sa tête, et un rictus scindé apparut sur son visage, voulant à la fois rire et pleurer. Le bourreau se calma et proposa :

« Très bien. Maintenant, tu vas me décrire très précisément la personne qui t'a embauchée. »

Cette fois, la fillette lui sourit franchement sans rien répondre. Elle le fixa ainsi avec un regard presque endormi, fatigué mais surtout méprisant à son tour. Il leva les yeux sur elle, vit ce regard provocateur et sa bouche se tordit. Il leva son fouet, s'approcha et frappa la gamine, encore et encore. Elle hurla à chaque fois, refusant de trahir le Gros Néral et ses anciens compagnons, succombant à la fierté qu'elle avait voulu refuser il y a peu. Quitte à mourir, ici ou là-bas, ça ne faisait pas grande différence. Elle allait devenir une voleuse réputée, qui aura refusé de vendre les siens à son âge. Elle jubilait d'avance du sort qui l'attendait et son corps pleurait, pleurait, pleurait. De toutes ses pores, des larmes coulaient, qu'elles soient de sang ou d'eau. Puis elle perdit conscience, son fin corps dépecé.

***


Lorsque la petite fille revint à elle, le bourreau était parti. La première chose qu'elle sentit fut une douleur extrême sur ses plaies encore ouvertes qui parcouraient désormais son corps. Ni son ventre, ni ses membres ou même ses seins naissants n'avaient été épargnés, la laissant meurtrie et souffrante dans ce lieu maudit. Elle laissa échapper un râle tandis qu'elle essayait de se redresser. Malgré ces périodes d'inconscience répétées, elle n'avait pas eu l'occasion de véritablement dormir depuis ce qui devait faire maintenant un ou deux jours. Mais le bourreau n'était pas là et il fallait en profiter. Si elle se sentait faible, une rage intérieure lui donnait de l'énergie, une énergie si puissante qu'elle ne l'avait encore jamais ressentie auparavant. Elle ferma les yeux et se mit à réfléchir.

D'ici peu, que ce soit dans quelques minutes ou dans plusieurs heures, le bourreau allait revenir et ce ne serait pas pour parler de la pluie et du beau temps. Il s'agissait d'un bourreau professionnel et elle doutait qu'il l'ait torturée pendant qu'elle était inconsciente. Maintenant, il fallait qu'elle s'échappe. Elle rassembla ses forces, se décontractant au plus. Elle pouvait y arriver. Ses plaies la faisaient souffrir mais elle pouvait résister à cette douleur, et même l'utiliser pour se nourrir. Nourrir sa haine, sa rancune. Préparer sa vengeance.

Puis d'un coup, elle ramena ses mains à elle : ou plutôt, elle ramena son corps à ses mains. En exerçant une pression suffisante, il devrait être possible de se détacher. Elle se replia en position foetale, essayant de tirer davantage sur la chaîne de sa main droite. Elle estimait grandes ses chances de pouvoir faufiler sa main à travers l'anneau de métal, ses poignets étant tout de même bien plus fins que ceux d'un torturé lambda.

Finalement, elle sentit frotter doucement la peau de sa main contre ce métal qui la lui brûlait. Elle se crispa et continua. La première phalange de son pouce bloquait sa main et commençait sérieusement à lui faire mal mais elle continua, rassemblant sa volonté. Et d'un coup, l'anneau céda. Son poignet passa entre, une belle bande de peau se faisant au passage écorcher, mais cela avait peu d'importance. Elle chuta et n'évita de se heurter au sol que grâce à la seconde chaîne qui la retenait, mais qui céda du même coup.

Elle se releva difficilement et se dirigea directement vers la porte. Avant d'entendre des pas arriver. Elle blêmit et courut jusqu'à ses chaîne pour s'y agripper. Là, l'homme entra à nouveau. Il titubait et semblait avoir bu beaucoup. Les yeux de la gamine le fixaient encore, une rage tenace brillant dans ses yeux tandis qu'elle imaginait la mort de cet homme, mort qui se rapprochait inéluctablement. Ses doigts serraient les chaînes et elle faisait comme si. Comme si elle était encore prisonnière. Comme si elle n'avait aucun moyen de se protéger. Comme si son bourreau était en sécurité.

« Alors, t'es réveillée ? -hips- C'est bien, on va continuer... Mais attends d'voir un peu... »

Il prit son fouet et leva son bras. Et il l'abaissa alors que Yurlungur lâchait les chaînes de chaque côté, venant cueillir le bout du fouet sous le regard incrédule de son bourreau. Le bout de la lanière en cuir la frappa au visage, mais elle n'en avait cure. Sur son visage, une expression de victoire était apparue et elle tira d'un coup sec avec toutes les forces qui lui restaient le fouet vers elle. Le bourreau le lâcha mais tomba en avant à ses pieds. Sans plus de mesure, elle se jeta sur lui et commença à placer ses mains de chaque côté de son frêle cou.

Puis elle se mit à serrer, gardant le corps serré contre elle grâce à ses deux jambes. Elle serrait, une lueur de folie dans son regard, écoutant avec délectation les gargouillis qui s'échappaient encore de la gorge de l'homme. Elle serrait fort, mais se contenait au plus afin de faire durer cet instant béni aussi longtemps que possible. Afin de faire durer sa vengeance éternellement. Afin de libérer toute sa rancune. Au bout d'un moment, elle tenait encore le cou entre ses deux mains mais l'homme s'était arrêté de se débattre. Elle le secoua un peu, mais il ne bougeait plus et ne bougerait plus.

Elle se releva, levant ses deux mains devant elle. Elle avait accompli son destin.

« Libérée... »

Elle s'approcha de la table du fond, sur laquelle étaient encore posés ses vêtements. Il y avait là tout, à l'exception de sa capuche et de sa dague. Retirant son pagne sans pudeur, elle remit ses vêtements. Le tissu s'accrochait à ses plaies mais elle n'en avait que faire.

« Délivrée... »

Elle se dirigea vers la sortie, lançant un dernier regard méprisant sur le défunt bourreau, dont le corps gisait à présent sur ce sol sale. Le bourreau lui avait donné des coups de fouet au cas où elle lui aurait menti, ce qu'elle avait effectivement fait. Mais cela aurait-il changé grand-chose si jamais elle avait directement dit toute la vérité ? Elle sourit, cynique, et conclut d'un ton ironique :

« Je ne mentirai plus jamais. »

Puis elle sortit.

Suite : ici

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