L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: Taverne "A la table du gros Néral "
MessagePosté: Sam 11 Déc 2010 16:00 
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Hughyt avait écouté assez attentivement ce que lui avait dit la personne. Il savait bien que ce n'était pas facile d'entrer dans ce genre de cercle. Il aimerait bien essayer de se faire un nom dans ce milieu mais pas en tant que joueur mais plutôt en tant que meneur.

Il réfléchit un moment, ne sachant pas trop s'il allait décider ou non de rentrer dans ce cagibi.

Les secondes passèrent rapidement et il se décida finalement à rentrer. Le thorkin avait compris qu'il lui faudrait sans doute passer quelques temps en tant que joueurs avant de prétendre devenir meneur. Il lui faudrait d'abord créer sa place. Un moment sans doute quelque peu difficile pour le thorkin qui n'aimait guère occuper les seconds rôles. Mais bon...

((Je dois avancer comme cela et doucement je ferais ma petite place dans ce monde fermé qu'est le jeu... Allons y, en espérant ne pas y perdre jusqu'à mon dernier vêtement...))

Le thorkin se dirigea vers la porte quelque peu anxieux tout de même.

Il l'ouvrit et entra. Il referma directement la porte en essayant de ne pas la faire claquer. Discrètement, il balaya la pièce du regard pour essayer de voir ce qui s'y tramait d'une manière générale et se faire une bonne idée de la manière dont c'était géré.

"Allons donc ? J'ai ouï dire que je pourrais me joindre à vous ? Puis je ? J'ai essayé quelques jeux déjà, mais je voudrais encore en découvrir , est ce possible ? "

Un silence pesant s'était installé après que le thorkin eût pris la parole. Il avait comme ainsi dire jeté un froid dans l'assemblée. D'innombrables paires d'yeux le regardaient et l'analysait. Tous voulaient savoir si ce petit bout d'homme était honnête ou s'il s'agissait d'une personne malvenue. Une petite voix au fond se fit entendre clairement :

Je pense que nous pouvons l'accueillir et essayer par le jeu de voir s'il est bien des nôtres ou s'il s'agit d'un bonimenteur. Il faudra quelque temps je pense mais, laissons le donc entrer.. je propose que tu viennes à notre table et que tu t'intalles comme tu le désires.

Le thorkin était un peu trop petit pour voir qui avait parlé. Il se dirigea vers la voix , prudent et curieux. Hughyt analysait tout ce qui se passait autour de lui avec pragmatisme. Il voulait découvrir diverses choses et surtout essayer de recopier ce concept ailleurs.

Allons, donc, viens,... ne fais pas l'anochin et viens donc t'asseoir pour te remettre en marche... allez donc

Oui, oui, j'arrive, je viens

Une fois arrivé à la table de jeu. Le thorkin regarda les joueurs présents d'un oeil curieux mais sans insistance. Il n'osait pas plus que ça regarder les gens, de peur d'en gêner quelques uns.

Il s'assit donc à la dernière place libre qu'on lui avait laissé.

Tu sais jouer ? ou non? Tu as déjà pris part dans ce genre de partie ?

Oui, je joue depuis que je suis tout petit... je n'ai jamais cessé de m'intéresser aux jeux et je veux découvrir ceux que je ne connais pas. Personnellement, je me suis plutôt concentré sur les jeux de dés et de hasard. Que me proposez vous ?

Je te propose une partie de cartes... je vais t'apprendre rapidement les règles mais saches d'avance qu'ici la triche n'a pas court et que le moindre fait de tricherie sera puni par une mort certaine ou un morceau de ton corps en donation. Tu n'auras sans doute pas le choix mais qu'importe, mettons nous donc à jouer.

Je commence. On distribue les cartes et puis le but du jeux et de deviner le nombre de plis que tu peux faire. Tu mises sur ton idée de départ. Tu essaie d'évaluer au mieux car si tu t'éloignes de plus d'un pli tu perd ta mise !!! Il faut jouer de ruse et de chance pour bien comprendre. N'hésites pas à perdre si cela te permet de ne pas téloigner de trop de ton idée de départ. Attention ! Il faut rester sur ces gardes car il arrive facilement qu'un autre joueur t'emporte dans la voie qu'il veut... et te fasses perdre délibérement... avant même... enfin, je parle trop comme toujours et je me rends compte que je te donne trop de trucs... tu ne vas pas commencer de manière équitable. Allons commencons... combien de plis penses tu faires ?


Sans me vanter, je penses pouvoir en faire... hum attends... les cartes se prennent comme lors d'une bataille classique, c'est bien cela ? (La personne acquiesca ) Alors, je dirais.... trois.. pas plus, pas moins. Je pense que j'ai bien dosé mon jeu et mes cartes ne sont pas des plus mauvaises je dois avouer.

La partie commença comme cela, chacun donnant une idée du pli qu'il allait faire. Pour la première jetée, aucune mise n'était demandée. Un avantage certain pour tenter de comprendre les règles et essayer de trouver les astuces. Hughyt appréciait réellement ce jeu : perdre ou gagner. Il fallait tout calculer. Une vraie mine d'or en perspective.

Les premières cartes furent abattues. Hughyt remporta le pli. Ensuite, les secondes et ainsi de suite.
Une partie était rapidement jouée. Quelques minutes à peine suffisaient.

Les comptes étaient aussi vite traités.

Le tour de table révèla des choses bien intéressantes :

Le meneur perdait de deux plis. Hughyt avait donné précisément le nombre de plis. Les autres avaient tous un pli d'écart. Un seul perdant. Le meneur baissa la tête, rassembla les cartes et les passa au thorkin :

"Bats donc les cartes et ne triche pas, cette fois il y aura une mise !!

Hughyt mélangea adroitement les cartes et donna le nombre nécessaire à chaque joueurs.

Combien mises tu ?

Ca, je pense que cela conviendra largement, non ?

Dit il en posant un petit tas de piécettes au centre de la table de jeu. Les autres suivirent aussi rapidement et tous regardèrent le tas de monnaie augmenter avec une envie certaine de gagner dans les yeux. Le plus fourbe essaya de miser un peu moins. Le meneur le vit rapidement et dit :

Arrêtes vil félon... Je t'ai averti à la dernière partie... je t'ai dis que si tu recommencais encore une fois, tu pleurerais toutes les larmes de ton corps et bien plus encore !!!! Il me semblait que cela avait été clair !!! Je te laisse UNE chance car nous avons un nouveau !!! MISE MAINTENANT ET TIENS TOI AU CALME !!!!!

Toi, tu te crois vite tout permis... bon, je reconnais que j'ai essayé mais je... enfin non c'est inexcusable , je n'aurais pas du agir de la sorte....

Reprenons !!

La partie reprit son cours, Hughyt ne perdit pas sa mise et remporta sa part du pot.

D'autres suivirent tout aussi rapidement et le temps passa... nul ne sait combien de temps les joueurs étaient restés attablés devant les monts de pièces et les cartes mais tous avaient gagné bien plus que leurs mises. Personne ne perdait cette fois... Qu'en serait il la prochaine fois?!

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 Sujet du message: Re: Taverne "A la table du gros Néral "
MessagePosté: Jeu 3 Mar 2011 18:46 
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Des jours s'étaient écoulés depuis sa dernière visite en ces lieux. Le thorkin savait bien qu'il fallait de temps en temps revenir là ou on se plaisait mais des soucis divers l'avaient tenu éloigné de ce lieu plein de charme, enfin, du moins selon Hughyt.

Etrangement, comme beaucoup de membres de son peuple, il aimait les endroits confinés et sombres, de préférence assez discrets. Hughyt était fier aujourd'hui. Sans raison particulière, cependant. Une fierté peut être déplacée, ou étrangère aux yeux des autres mais peu lui importait.

L'homme transportait toujours son matériel de jeux et de triche par la même occasion. Il n'avait pas encore prospéré dans ce domaine mais petit à petit il ferait sa place. Il en était intimement persuadé. Cette fierté venait peut être de là... la fierté d'avoir un projet, une envie. Même illégaux.

(( Il faut vraiment que je m'y remette rapidement, ces jours d'égarement ne doivent plus se produire. Non, Non, je risquerai de faire couler mon affaire et voir tous mes projets réduits à néant avant même le début de la mise en place. Il faut que je m'oblige à travailler même si cela ne me sied guère certains jours... Allons, allons, en marche...))

Perdu dans ses pensées, Hughyt avançait vers le fond de la taverne, vers le lieu ou il avait joué une partie. Il savait bien que cela ne serait pas pareil mais... s'il voulait faire sa place, il se devait absolument de se faire connaître dans le milieu du jeu...

Il s'approchait du fond marchant droit devant. Il ne vit pas le mur qui lui aussi venait droit devant.

******** BOUM ********

Hughyt ne comprit pas directement comment il avait réussit à se retrouver les quatre fers en l'air et la tête encore plus proche du sol qu'à l'ordinaire.

GAAAAOOOO Aille... mais oh... que s'est il passé... pourquoi je... m'enfin... ma tête... je dois avoir une grosse bosse... cela ne me plaît pas. Avant de jouer allons donc boire une bière pour se remettre les idées en place !"

Parlant seul, il faisait l'attraction des badauds. Les gens le regardaient d'un air surpris. Quelque fois, ils étaient gênés par la chute mémorable du petit homme. Certains riaient sous cape mais tous évitaient de fixer le thorkin craignant sans aucun doute une réaction violente de la part de ce dernier.

Hughyt alla s'installer à une table et commanda une dive boisson. Une serveuse lui apporta et dit :

"Oh mais voila le tombeur... si je puis ainsi dire... alors pas trop mal vot'tête Monsieur le thorkin ? Allez buvez buvez et saoulez vous donc comme il se doit !!"

Hughyt rit aux éclats... s'étranglant dans une gorgée du liquide ambré... Décidément, il n'avait pas de chance... Encore un mauvais jour sans aucun doute.

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 Sujet du message: Re: Taverne "A la table du gros Néral "
MessagePosté: Lun 7 Mar 2011 15:11 
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Le thorkin buvait calmement le liquide ambré et se laissait aller dans ses pensées. L'alcool à forte dose ne lui faisait que rarement effet, mais cette fois, Hughyt avait une tête lourde et un regard perdu, morne.

Il est rare pour les gens de son peuple d'avoir une cuite ou même d'être ivres mais quand cela leur arrivait, ils ne faisaient pas les choses à moitié.

Le thorkin sombra dans un sommeil profond couché sur la table.

**************** Une paire d'heures passa ******************

((Mouais, je suis tout...enfin... mais que se passe t'il pourquoi ma tête semble vouloir exploser alors que le reste tourne rond... oh la sol s'approche puis s'éloigne... non mais qu'est ce que c'est encore que cette maudite magie. Une sorcière doit m'avoir jeté un sort. Seule une femme peut traiter ainsi un homme.))

Pensa t'il avant de se réveiller, brumeux.

Un breuvage sec...enfin, quelque chose pour me réveiller s'il vous plait... ma tête me tape comme le marteau d'une forge au bras d'un forgeron.

J'arrive, j'arrive. je vous porte ce dont vous avez besoin au plus vite mais... permettez que je finisse ce que je suis occupée de faire.

Cette voix, il ne la connaissait pas. Une autre serveuse, une personne qu'il ne connaissait pas. Arrivée à sa table, la serveuse posa une tasse chaude devant lui. Hughyt renifla d'un air peu convaincu le breuvage qui se trouvait sans ce récipient. Finalement, en confiance, il but ce truc chaud.

Oh mais on dirait un truc... pour les enfants... je n'aime pas mais je pense que cela sera efficace... allons allons... il faut que je me réveille.

La boisson faisait son petit effet et tout redevenait clair pour Hughyt. Il se souvenait bien de tout ce qui avait eu lieu.

Mais... Il avait oublié qu'une personne avait pris place à la table.

Enfin debout. Et dire que je pensais que vous résisteriez mieux à la boisson que cela. Et bien, je suis surpris. Je suis là pour vous proposer quelque chose. Etes vous disposé à m'écouter?

Qui êtes vous et que faites vous attablé à ma ta...enfin ici? Il n'est pas de coutume d'ainsi prendre la place alors que quelqu'un s'y trouve déjà... Me proposer quoi ?

Quelque chose qui vous plaira j'en suis sur.

Le thorkin n'accordait pas facilement sa confiance aux gens qu'il ne connaissait pas. Il se méfiait de cette ombre enveloppée dans sa cape brune. Qui était ce ? Que lui voulait cette personne ? D'autres questions encore taraudaient le jeune thorkin. Il parla d'un tn sec :

Alors que me voulez vous?

Savez-vous voler ?

Un temps long, un silence.

Je ne répondrai pas à cette question. Fourbe que vous êtes. Je sais que vous ne voulez pas m'aider... vous voulez m'ennuyer... partez donc de suite !

L'ombre ne bougea pas d'un iota et ajouta :

La confiance règne à ce que je vois... Je ne veux pas vous nuire, que du contraire. Savez vous voler?

Méfiant, le thorkin se leva et s'éloigna de la table... Il ne voulait pas avoir d'autres soucis encore.

Sur ce, je vous laisse...

Hughyt s'éloigna mais ne sortit pas de la taverne. Il prit juste une autre place au calme. Enfin, au calme relatif qu'on pouvait espérer trouver dans un lieu de boisson. Il but un deuxième breuvage étrange et réfléchit aux évènements qui venaient d'avoir lieu.

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 Sujet du message: Re: Taverne "A la table du gros Néral "
MessagePosté: Dim 20 Mar 2011 21:24 
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Hughyt avait passé un long moment dans cette taverne. Comme à chaque visite, il restait des heures et des heures durant dans ce lieu reconnu. Il savait bien que ce n'était certes pas l'idéal ni même une bonne chose mais peu lui importait.

Le seul soucis qui se posait actuellement pour le Thorkin était l'argent. Pue à peu son escarcelle diminuait sensiblement. Il savait qu'un jour, il devrait se remettre au travail , quel qu'il soit pour remplir à nouveau sa bourse et ne pas devoir mendier de manière minable en rue.

Ses pensées étaient toutes tournées vers cette idée et l'ombre revint sur le devant de la scène :

(( Je ne sais pas spécialement ce que me voulait cette personne mais... si je pouvais me faire facilement de l'argent et pouvoir continuer à manger et vivre normalement sans jamais craindre une disette faute de monnaie... hum ! Ne serait ce pas une bonne chose ? Je ne sais pas mais est ce quelque chose que je dois faire? Hum, je vais me renseigner... je me dois de voir ce que cette personne me veut...))

Le Thorkin se leva et rejoignit l'homme qui lui avait parlé. Il ne savait pas réellement vers quoi ses pas le portaient mais Hughyt voulait se lancer. Il devait gagner quelque mitraille pour pouvoir boire à satiété.

Arrivé à la table voulue, il s'assit discrètement, faisant mine de rien. L'ombre lui parla rapidement et dit :

Je savais que tu viendrais. Je ne doutais pas de ton envie de découverte et d'appât du gain. Mais il me faut te prévenir, si tu désires en connaître plus sur mon projet, il te faudra t'engager envers moi... envers nous. Cela t'intéresse toujours ?"

Le Thorkin réfléchit peu de temps et dit :

"Je... enfin, oui je suis intéressé. Puis je en savoir plus ?"
"Bien. Ecoutes moi bien alors mais ne montre aucun doute, aucun signe qui pourrait me dénoncer, désormais tu es tout aussi concerné que moi."

L'ombre s'approcha et Hughyt pouvait enfin voir le visage de cette personne. Il portait une capuche longue permettant de s'y dissimuler et de se déplacer incognito. Sous la lumière, il vit un visage couvert de cicatrices, marqué par une vie dure et difficile. Hughyt ne dit rien, il laissa l'homme poursuivre.

"Je me nomme Guilain, je suis membre d'une confrérie nommée Guil'or. Ce nom ne t'évoque rien, j'en suis presque sur. Et je l'espère d'ailleurs. Nous sommes une confrérie secrète. Peu de gens peuvent prétendre nous approcher et tu as été choisi par la majorité. C'est pourquoi, je me suis déplacé vers toi. Il paraît que tu es doué dans divers domaines : la ruse et la duperie n'auraient pas de secrets pour toi. Cela m'intéresse tout particulièrement. Ton envie de te lancer dans le jeu sera une bonne couverture pour nos activités. C'est essentiel et important. Ecoute moi bien. Il s'agit de trouver un point de chute pour l'argent, les objets et autres petites choses dérobées aux honnêtes citoyens. As tu compris ? Est tu partant ?"

"Oui, j'ai bien compris. Je m'en doutais quelque peu au vue de vos questions mais... que devrais je faire précisément ? Je doute que mon entrée au sein de votre confrérie ne soit pas soumise à une condition, un test d'entrée.."

"Il suffit pour le moment, tu en sais bien assez. Ton intérêt pour notre cause est une bonne chose. Je te recontacterai en temps voulu pour te mettre au courant. Je te prie, prends ceci."

Guilain tendit un petit sac. Hughyt le prit et le mit discrètement dans sa poche.

L'homme se leva et quitta la table sans plus adresser un mot au Thorkin.

Quelques temps plus tard, Hughyt ouvrit le paquet et y découvrit une petite dague en métal. Ce n'était pas à proprement parler une arme mais plutôt un symbole, peut être un objet permettant de se reconnaître, ou alors est ce un moyen de marquer les nouveaux venus,... Le Thorkin n'en savait rien. Pour éviter que cet objet ne soit vu, il le cacha dans une de ses poches et se leva pour sortir de la taverne.

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 Sujet du message: Re: Taverne "A la table du gros Néral "
MessagePosté: Mar 3 Jan 2012 14:51 
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Suite du cimetière


Ander avait demandé à ses deux hommes de monter la garde devant la porte de la taverne. Vectelion n'aimait pas fréquenter ce genre de lieux publiques, surtout en compagnie d'Ander. Si ce porc avait des ennuis, et il en avait, Vectelion ne voulait pas y être mêler.
Alors que l'homme au chapeau s'asseyait au coin de la pièce, à l'ambiance plutôt oppressante, Ander était partit prendre à son compte deux verres. Vectelion observa un instant le patron, un certain Néral, qui avait l'air mauvais. Autours de lui, plusieurs clients. Ce genre de personne qui parle la tête basse, d'une voix mystérieuse. Des "affaires". A Dahràm tout le monde semble impliqué dans des problèmes où la vie ne tient pas une valeur des plus importantes. Non loin de là, une fenêtre. Les passants paraissent maussades, inquiets. Cette angoisse omniprésente et insupportable, Vectelion en avait l'habitude.

-Parlons, je n'ai pas trop le temps, fit Ander en s'asseyant.

Il fit glisser une pinte de bière vers son "employé", et commença:

-Les affaires ne vont pas très bien. j'aurai besoin de toi pour un travail important.

-Espionnage? Capture? Avança Vectelion en sirotant une gorgée.

-Elimination.

Ander sortit discrètement de sa poche une bourse qu'il tendit à Vectelion. Celui-ci la saisie et jeta un coup d'oeil. il y avait plus que d'habitude. Il interrogea du regard son interlocuteur.

-Une cible importante. Si ce n'est LA cible importante. C'est un trafiquant d'armes, et aussi d'esclaves. j'ai fait affaire avec lui il y a un moment, mais nous avons eut un malentendu. Je souhaite l'éliminer.

Vectelion avala une autre gorgée pour s'éclaircir les idées. Ce genre de mission n'était pas sa tasse de thé, mais l'argent lui tendait les bras. Il réfléchissait déjà à quoi il pourrait le dépenser...

-Alors? S'impatienta Ander en voyant Vectelion silencieux.

-C'est d'accord. Annonce.

-Il s'appelle Rowl. Un petit homme, dodu, toujours accompagné de deux ou trois hommes surarmés. Il a des soucis et il le sait. Enfin bon il sort jamais seul.

-Je peux le trouver où?

-Partout où il y a des esclaves et des armes qui se vendent, hum, illégalement.

-J'ai pas encore vu de vente d'esclaves légale, souleva Vectelion en buvant une énième gorgée.

-Prends l'argent avec toi, fit Ander avant d'avaler d'une seule traite son verre.

-Rowl... marmonna Vectelion.

Ander se leva et jeta un regard alentours.

-Je te retrouve où une fois le travail accomplit?

Ander eut un air amusé.

-Je te retrouverai 'Ctelion t'en fais pas. Remplit ton boulot.

Il s'engagea vers la sortie, d'un pas pressé. vectelion soupesa sa bourse. Ce n'était pas dans l'habitude d'Ander de payer avant d'avoir la sûreté du travail accomplit. L'esprit un peu réchauffé, l'encapé se leva à son tour et suivit le chemin de la sortie.

Suite

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 Sujet du message: Re: Taverne "A la table du gros Néral "
MessagePosté: Sam 25 Aoû 2012 21:27 
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Chapitre 1: Personne ne joue avec un Goont

Hivann avait fait beaucoup d'efforts en arrivant à Darhàm. Il est vrai que pour n'importe quel homme, cela aurait paru dérisoire. Mais pour une personne de son âge ayant passé la majorité de sa vie à exercer des métiers aussi importants pour toute une République, son arrivée dans la "Ville du Crime" lui avait posé quelques problèmes.
Il l'aurait juré à chacun de ses enfants: il commencerait à travailler de manière honnête. C'est ainsi qu'il commença à se remettre à l'alchimie, mais il sembla que ses connaissances en termes de potions l'avaient quitté avec la magie. Il essaya alors différents travaux. Au port, il portait des caisses tout au long de la journée. N'y trouvant pas son compte, que ce soit financièrement ou en termes d'expérience, il essaya de se trouver une utilité dans les boutiques de magie. Mais personne ne veut d'un magicien sans fluides. Enfin, il tenta de devenir messager. C'est en étant persuadé qu'il était midi alors qu'il n'avait pas dépassé la barre des dix heures qu'il perdit patience.

Deux fois, il dénonça des résistants aux partisans d'Oaxaca. Ces deux fois, il fut payé grassement. Mais cela ne suffit pas. Il ne put que louer pour trois mois sa chambre et celle de ses enfants qui, eux, s'entretenaient d'eux même. Taé était toujours en déplacement. Lùthian travaillait à la forge (chose à laquelle tenait Hivann, car il ne voulait ni risquer la vie de son fils comme mercenaire, ni la risquer comme représentant de l'ordre). Enfin, Sujima revenait le soir, toujours nourrie, mais ne voulait jamais dire ce qu'elle avait bien pu faire pour s'en sortir la journée. D'une certaine manière, cela importait peu pour l'ancien mage. Ce qui leur fallait avant tout, c'était accumuler suffisamment d'argent pour partir et vivre dans une ville plus sécuritaire et plus riche. Les Goont ne pouvaient pas se contenter d'un tel taudis.

Aussi, il entra dans cette fameuse taverne. A la table du Gros Néral. Il ne lui fallut pas longtemps pour savoir ce qui s'y tramait. Mais il savait qu'il lui faudrait beaucoup de temps avant de savoir comment atteindre le propriétaire de ce bouge infâme. Dès le matin, il s'y était installé, dans un coin, le temps d'observer l'endroit. Et vraiment, il n'y avait rien de notable. Seulement des hommes sales, ingurgitant l'alcool dès l'heure du réveil, et déjà saouls avant même le déjeuner. Jusqu'à seize heures, il eut l'occasion de voir trois bagarre, dix verres cassés, et juste une personne désireuse de rencontrer le gros Néral. Celle-ci, un peu trop impétueuse, fut battue, dépouillée, privée de son index droit et jetée hors de ce qui était devenu un étable de loup jetant la carcasse d'une brebis.
A seize heures, cependant, quelque chose arriva. Rien qui ne put permettre à Ser Goont de rencontrer Néral. Mais quelque chose de suffisamment important, beau, et déroutant, pour lui permettre de changer sa situation actuelle. De nombreux sifflement s'étaient fait entendre. Une femme était entrée. Il ne discerna pas immédiatement son visage, car la lumière de l'extérieur traversait la porte de manière si appliquée qu'on ne pouvait voir que sa silhouette. Elle se dirigea immédiatement vers lui, sans une seule once d'hésitation. Pendant un instant, il prit peur et se prépara à s'arme de sa bouteille de vin (goûtée et recrachée). Dans l'ombre, il la reconnut enfin.

"Tôhko..."

Un enlacement s'en suivit, presque ostensible. Cela faisait des mois que Goont n'avait pu voir un autre membre de sa famille. Ce rapprochement sembla dissuader les brigands envieux du vieil homme. Ils s'assirent autour de la table et parlèrent face à face, enfin, pour la première fois depuis son exil.

"Comment as-tu fait pour me retrouver?"

"Je suis allé à l'auberge où vous vivez en ce moment. Vous n'êtes pas difficile à repérer. Il y a très peu d'Ynoriens à Dahràm, et encore moins de gens assez riches pour porter ce que vous portez."

Hivann n'avait cessé de porter de beaux habits, tout comme ses enfants. Il revêtait un beau kimono de soie rouge sombre, avec les motifs dorés de plusieurs fleurs de lotus dont la tige naissait sur le bout de sa manche droite pour s'épanouir sur son épaule. Outre ce bel habit, il fallait dire aussi que la pierre frontale et les lunettes lui apportaient inévitablement un visage qu'on ne pouvait oublier.

"Je comprends les risques. Mais ces vêtements sont tout ce qu'il nous reste. Je ne veux pas me priver de ça, et je ne veux surtout pas priver ton frère et tes soeurs de ça. Et ce n'est qu'un logement provisoire. Dès que j'aurais assez d'argent, je partirai."

"C'est pour ça que je suis venu jusqu'ici. J'ai appris ce qu'il se passait dans cette ville. Par rapport au culte d'Oaxaca. Vous n'êtes pas en sécurité. Vous devez partir vite. Je sais que j'ai tenu à ce que tu reprennes un travail honnête, mais tu n'en auras pas la capacité ici. Surtout sans magie..."

Un silence s'en suivit. Hivann soupira avant de répliquer en regardant vaguement son verre vide.

"Écoute Tôhko. Je l'avais compris bien avant que tu viennes pour m'aider. Je suis dans cette taverne pour ça. Et je ne veux surtout pas t'impliquer dans ces affaires. Vous avez suffisamment souffert comme ça."

"Je ne suis pas idiote, je sais bien pourquoi tu es là ! Mais si tu dois gagner de l'argent de manière officieuse, tu ne dois pas le faire...
(elle se mit à chuchoter) avec le gros Néral... Ou n'importe quel mercenaire que ce soit."

Elle se rapprocha, prenant le ton de la confidence. Elle était si proche qu'elle lui murmurait presque dans l'oreille. Hivann fronçait les sourcils et serrait les poings. C'était plus que ce qu'il avait pu imaginer.

"Je ne veux pas t'imaginer dénoncer des gens aux troupes d'Oaxaca. Tu n'es pas assez immoral pour ça. Mais je sais ce que tu peux faire. Aider les résistants. Ils ne font pas que jouer à cache-cache tu sais. Ils ont des moyens. Je ne suis pas ici que pour livrer des potions à la boutique magique aux Lampions. Je vais aller les rencontrer et leur vendre du matériel. Il parait que certains groupes se trouvent dans les égouts et à quelques autres endroits. Je n'en sais pas plus, mais en travaillant pour eux, tu sauras te faire un nom qui aie de la valeur, mais tu gagneras aussi de l'argent. En partant, on recommencera à te faire confiance."

Une sueur froide coula sur le crâne de Goont. Ce n'était pas seulement le danger et l'implication de sa fille. C'était la déception qu'il lui aurait encore apportée si elle avait su. Si elle avait su pour ces deux petits résistants, des petits plaisantins encore torturés dans les ruelles alors que leur seule erreur avait été d'évoquer leurs idées. Pas même une agression envers un représentant d'Oaxaca ou un petit stratagème pour dégrader les instruments de torture qui jonchaient les rues. Juste une idée.
Tôhko, comme tous ses enfants, étaient différents du monde entier. Car ils étaient les seuls à réussir à le déstabiliser avec des mots. Ils étaient les seules personnes qu'il avait peur de décevoir. Lâchement, il se renferma dans le silence. Il ne s'agissait plus d'entreprendre ce qui lui rapporterait le plus sans que cela ne touche ses enfants. Il s'agissait de ne plus les décevoir. Exceptionnellement, il ne répondit alors qu'un minuscule "oui". En prononçant ce seul mot, il sentit déjà que cela allait le mener vers une voie tortueuse qu'il allait tragiquement regretter. Même s'il avait toujours eu une grande maîtrise de sa vie, cette conversation avait fait sentir le mage totalement impuissant.
Les épaules basses, les yeux vers le sol, l'engouement de Tôhko l'agressait.

"J'étais sûr que tu ferais le bon choix! Tu n'as jamais été du genre à faire ces sacrifices uniquement par profit! Écoute, je ne peux pas organiser une rencontre maintenant, mais je ferais en sorte qu'ils prennent contact avec toi bientôt. Ils te donneront quelques tâches. Je suis sûr que très vite, tu auras de quoi partir, et ils te seront reconnaissants pour toujours! Je suis vraiment fière de toi... Ah! Et..."

La belle Ynorienne farfouilla dans son sac à dos, bien trop gros pour lui. Le temps qu'Hivann relève les yeux en tentant de reprendre son plus beau sourire, elle tenait un cadeau des plus étonnants. Le mage identifia la chose comme étant l'encensoir qui appartenait à sa famille depuis des générations. Il ne s'en était pas beaucoup servi, mais ce n'était qu'en quittant la République Ynorienne qu'il s'était rendu compte à quel point ce genre d'objet pouvait lui manquer. Avec le recul, ce n'était pas un instrument d'une valeur exceptionnelle, même si l'argent et ses belles arabesques pouvaient en donner l'impression, mais il avait servi à beaucoup d'usages magiques. Lui-même l'avait énormément utilisé lors de ses initiations en magie. Si son sourire n'était au début que de façade, il devint immédiatement sincère, et il manqua de laisser couler quelques larmes quand il frôla la chaîne qui suspendait l'objet.

"Tu n'as pas idée d'à quel point cet objet m'était cher, Tôhko... Tu es bien ma fille..."

"Si, justement, j'en avais bien une idée. C'est pour ça que je l'ai racheté. Tu n'auras qu'à l'allumer ce soir, ça te détendra et tu seras en conditions pour demain ! Mais maintenant, nous devrions partir je crois..."

Effectivement, avoir offert un si bel objet avait attiré quelques regards encore une fois envieux du vieil homme. Ensemble, ils sortirent, la fille tenant le bras de son père. Devant la porte de la Table du gros Néral, ils s'enlacèrent de nouveau.

"Fait bien attention à toi. Je n'aime pas te savoir dans cette ville. J'espère te revoir très tôt demain."

"Ne t'inquiète pas, moi non plus je n'aime pas cet endroit. C'est pour cela que je ne suis pas seule.


Elle jeta un coup d'oeil presque au hasard dans un coin de la ruelle où ils se trouvaient. Deux hommes répondirent d'un hochement de tête, rassurant immédiatement Hivann. Après une énième embrassade, elle partit en se fondant à travers les badauds. Pour le Ser Goont, la journée était déjà terminée. Il savait déjà quand on lui attribuerait des tâches et s'en satisfaisait, mais malgré tout, il ne pouvait s'empêcher de ressentir un malaise vis à vis de ce qu'il avait fait. Du moins, ce qui en était un véritable dans la taverne devenait simplement une légère pointe d'inconfort alors que Tôhko s'éloignait. Il savait qu'en rentrant dans sa chambre miteuse, il en ferait fi en profitant des ses nouveaux encens et du possible opium que sa fille avait sans aucun doute dissimulé dans l'urne.

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Multi de Ziresh et Jôs.

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 Sujet du message: Re: Taverne "A la table du gros Néral "
MessagePosté: Dim 3 Jan 2016 09:07 
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Ils se regardaient dans les yeux. Aucune torche n'était allumée, mais ils parvenaient à savoir où était l'autre. Leurs souffles amples et rapides après cette course résonnaient dans la petite pièce, chacun assis sur sa couche. Ce fut Sephon qui brisa le silence.

Merci.

Elle leva un œil vers lui, sans parvenir à distinguer quoi que ce soit d'autre qu'une forme indistincte.

De rien.

Il poussa un soupir, puis demanda :

Pourquoi l'as-tu tué ?

Je ne sais pas.

Il n'insista pas. Elle se coucha et s'endormit rapidement. Lui s'approcha pour recouvrir le frêle corps de la petite couverture. Il dormirait sans, cette nuit.

***


Lorsqu'elle s'éveilla, elle vit que Sephon avait allumé une torche. Elle l'en remercia d'un sourire, même s'il ne pouvait pas le voir. Celui-ci lui apporta une petite gamelle et la laissa manger.

Je n'ai plus de travail.

Tu vas me dire que c'était un travail avec le gros Néral ? J'aurais plutôt dit un esclavage, mais chacun sa vision après tout.

J'avais à manger.

Elle ne répondit pas.

Et puis, maintenant, je ne peux plus sortir. On va me chercher, me trouver, me tuer.

Elle arqua un sourcil interrogateur – qu'il ne vit pas plus.

Tu m'en veux ?

Ce fut à son tour de ne pas répondre. Ils restèrent là, sans rien dire. L'atmosphère était pesante et le silence s'installa tranquillement. La petite fille se mordit la lèvre, ne sachant que faire pour rassurer l'homme. Soudain, elle eut une idée.

Attends. On n'a qu'à aller voir le gros Néral pour nous faire pardonner.

Tu... Tu te sens bien ? Il essaiera de te tuer à vue.

Mais non. Je le connais, j'ai déjà travaillé pour lui...

Elle plissa les yeux, ajoutant au passage :

Certes pas de la même manière que toi je suppose. Enfin ! Il m'aime bien, je crois. Je n'ai qu'à lui proposer mes services pour me faire pardonner, et t'acheter, au passage. Comme ça, il n'aura aucune raison de t'en vouloir puisque tu ne lui appartiendra plus.

Tu es sérieuse ?

J'ai l'air de blaguer ?

Très drôle.

Il fronça les sourcils, un peu décontenancé, et se coucha.

Je te laisse faire alors. Je vais rester ici quelques temps et puis... Je verrai. Si tu échoues, je partirai sans doute de Dahràm.

Elle faillit lui demander où il partirait, mais se retint à temps. Tout comme elle, il avait sans doute passé une grande partie de sa vie à Dahràm. Où aller... Là où ses pas le porterait, tant qu'il serait encore en vie.

***


La petite fille s'avança sans peur dans la Taverne. Elle repéra immédiatement les vrais clients, qui ne lui prêtèrent aucune attention, et les autres, qui lui lancèrent des regards emplis de haine et de ressentiment. Elle chercha du regard le gros Néral, mais il n'était pas là, naturellement. Adressant un grand sourire à l'un de ces hommes dont les yeux lui lançaient des éclairs, elle s'approcha de lui et s'assit à sa table. D'un air joyeux, elle demanda :

Je pourrais voir le Gros Néral s'il te plaît ?

Tu vas voir Phaïtos, surtout !

Le poing de l'homme avait frappé la table. Le regard de la fillette se durcit et son sourire disparut.

Où est-il ? J'ai besoin de lui parler.

L'homme resta un instant coi, n'osant répliquant pas. Il ne faisait aucun doute qu'il connaissait la réputation de tueuse de la petite fille et qu'il savait qu'elle était dans les petits papiers du boss – du moins jusqu'à hier.

Par ici.

Il se leva et la guida jusqu'à une porte derrière le comptoir, qu'il ouvrit avec une clé qui pendait à sa ceinture. Il la laissa entrer, et referma derrière elle. Elle connaissait le chemin. Sifflotant, la fillette descendit les escaliers en sautillant. Comme au Temple de Phaïtos... Autant se mettre en condition. Elle déboucha dans un couloir faiblement éclairé par quelques bougies. Dans son dos, l'homme murmura :

Crève, salope...

Elle sourit et répliqua :

J'ai entendu. Un jour... Tu regretteras tes paroles.

Elle lui adressa un regard froid. L'homme prit une expression blême et remonta rapidement les escaliers. Elle se retourna et pouffa. Comme si elle allait se souvenir de tous ceux qui avaient médit sur elle. Sans hésitation, elle se dirigea vers la troisième porte à droite, toqua et entra sans attendre davantage. Face à elle dans son bureau se trouvait le fameux Gros Néral. Il la regarda arriver, arquant un sourcil interrogateur, tandis que derrière lui deux hommes de main bien costauds s'avancèrent, un dernier armant un pistolet droit sur elle. Mais le Gros Néral leur fit savoir que c'était inutile, stoppant leur envie d'une main levée. Il désigna la chaise en face de lui et elle s'y assit.

Tu m'as coûté trois hommes, petite.

Je sais. Mais ils m'ont cherché. Et puis, un seul est mort, n'aggravons rien.

Il eut un soupir agacé et poursuivit.

Et un de mes esclaves s'est libéré par ta faute.

Je viens justement à ce propos. Je vous prie tout d'abord d'accepter mes excuses pour cet incident regrettable...

Elle s'inclina avec grâce face au gros homme, un sourire amusé aux lèvres. Il ne s'agissait que d'une façade, certes, mais cela avait le don de rendre moins supérieurs ses interlocuteurs. Le Gros Néral commençait à être sur les nerfs. Il demanda :

Et que viens-tu faire ici, au juste ? Me narguer ?!

Pas du tout ! Au contraire, je vous offre mes services. En échange de quoi... On oublie la soirée d'hier. Et vous me cédez l'esclave.

Ça fera deux cents cinquante yus.

Déjà, un esclave coûte deux cents yus, et celui-là est aveugle, donc au maximum cent yus. Ensuite, je te laisse me proposer ce que tu veux, je le ferai. C'est un peu cher payé pour un décès, non ? Je te le prends gratuitement.

Il fronça les sourcils, se gardant un petit moment de réflexion.

Pourquoi lui en particulier ?

Disons que j'ai une dette envers lui. C'est quelque chose que je préférerais ne pas aborder. Et puis, ça tombe bien, il est aveugle. Par conséquent, je te l'échange contre un petit boulot. Enfin, petit... C'est à toi de voir.

Il s'enfonça dans son fauteuil, croisant les doigts. Il réfléchissait à l'offre et elle se tenait sur ses gardes. Un malheur pouvait si vite arriver si le Gros Néral le souhaitait... et chez lui, personne ne viendrait récupérer son cadavre. Finalement, il brisa le silence en annonçant :

Très bien. J'accepte.

Il saisit une clé accrochée à sa large ceinture et ouvrit l'un des tiroirs de son bureau pour en sortir un vieux parchemin usé. Il chercha de son doigt boudiné la ligne qui l'intéressait et sourit en entourant de sa plume l'un des noms.

Je veux que tu tues cet homme.

Il arborait maintenant un large sourire, tendant à Yurlungur la feuille où il avait entouré le nom de la victime.

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 Sujet du message: Re: Taverne "A la table du gros Néral "
MessagePosté: Lun 11 Jan 2016 01:55 
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La petite fille arriva comme convenu alors que le Soleil disparaissait tout juste à l'horizon. Elle n'était pas rentrée à la maison et se sentait assez fière de cette fugue improvisée. Elle avait après tout réussi à subvenir à ses besoins sans problème : une pomme piquée sur cet étal, un pain ici et et un gloam importé de Kendra Kâr là. Ce faisant, elle avait pu décharger un bon nombre de vendeurs de petits aliments qui encombraient leurs étals.

Même sans avoir beaucoup mangé, elle n'avait pas faim. Elle entra dans la Taverne du Gros Néral et lança discrètement un regard à l'intérieur. Avant qu'elle ne le remarqua, un homme encapuchonné lui tira le bras sur le côté et l'emmena vers l'arrière-boutique en longeant le mur, veillant à passer tel une ombre et à cacher la fillette derrière lui. Elle ne parvenait pas à distinguer son visage et ne put dire s'il s'agissait de la même personne que ce matin, mais préféra ne pas opposer de résistance et le suivit sans mot dire.

Ils passèrent la porte derrière le comptoir et ils descendirent les escaliers, lui la lâchant enfin. Arrivés au sous-sol, elle préféra le suivre de près. Il n'allait pas au bureau du Gros Néral, qu'elle connaissait, mais plus loin. Finalement, il s'arrêta et sortit une clé pour déverrouiller l'une des nombreuses portes espacées le long du couloir. Ils entrèrent et elle put remarquer ce qui semblait être une armurerie. Du métal luisait à la lumière d'une faible torche et il y avait même un miroir à un mur.

Que fait-on ici ? Vous voulez m'offrir une arme ?

Elle avait dévoilé sa pensée à voix haute, toute excitée qu'elle était. Mais l'homme, sans lui répondre, se détourna des armes pour saisir une cape identique à celle qu'il portait, en version réduite. La déception se lut immédiatement sur le visage de la gamine, qui ne sut comment prendre cela. C'était une provocation de lui montrer toutes ces armes et de se rabattre sur une vulgaire capuche. Mais l'homme n'était pas de cet avis et lui lança la cape, attendant qu'elle l'enfile, toujours coi. Elle ronchonna et s'exécuta.

Elle constata que la cape lui était parfaitement ajustée. Elle dégagea ses cheveux, préférant les laisser à l'air libre, mais son accompagnateur lui rabattit brutalement la capuche de la cape sur la tête.

Mais-euh !

Cependant, elle n'osa pas faire quoi que ce soit d'autre et garda la tête cachée. En regardant dans un miroir, elle fut stupéfaite de constater que son visage était devenu complètement invisible dans l'ombre de la capuche. Mais l'homme ne lui laissa pas plus de temps pour se contempler et sortit. Elle trottina pour rattraper son pas rapide.

Qu'est-ce que je fais là, au juste ? Pourquoi vous m'avez donné cette cape ?

Le son de sa voix résonnait dans le couloir désert et silencieux et une voix féminine lui répondit froidement :

Ferme-la.

Yurlungur fut stupéfiée. C'était bien une femme qui lui avait répondu ? À la fois docile et étonnée, elle suivit sans mot dire sa guide. Ils descendirent de nouveaux escaliers – dont Yurlungur ignorait l'existence jusqu'à ce jour –, et encore d'autres. Le dernier couloir était bien moins long et seules trois portes s'y trouvaient. La femme se dirigea sans hésiter vers celle la plus à droite.

Dans la pièce spacieuse, seule une table était éclairée, autour de laquelle quelques autres personnes vêtues de capuches identiques étaient rassemblées. À vue de nez, il y en avait six ou sept, mais la pénombre rendait ce calcul difficile. La petite fille trembla. Que faisait-elle donc là ? Mais elle n'eut pas le temps d'y réfléchir davantage et la main de sa guide la saisit au bras pour l'emmener jusqu'aux dernières places encore vides. Soudain, le Gros Néral émergea de l'ombre.

Bien. Maintenant que nous sommes tous là, nous allons pouvoir commencer. Vous êtes neuf. Il est inutile de chercher à connaître l'identité de l'un de vos homologues, vous n'en aurez pas besoin. La phase préliminaire est simple : une fois la mission achevée, vous n'êtes jamais venus ici aujourd'hui et vous n'avez jamais participé à cette discussion ou mission. Bien.

Il avait énoncé ces quelques phrases comme une formalité et personne ne sembla s'en étonner. Seule Yurlungur, sous sa cape, tremblotait. Autour de la table, toutes les personnes présentes étaient sans aucun doute des adultes au vu de leur taille. Une main rassurante se posa sur son épaule. C'était sa guide, qui avait ressenti son angoisse. La fillette reprit le contrôle d'elle-même et se mit à inspirer et expirer de manière ample et lente, les yeux fermés et continuant à écouter. sur la table, l'index boudiné du Gros Néral montra sur une carte de Nirtim un itinéraire maritime.

Il y a cinq jours, un vaisseau est parti de Kendra Kâr avec une cargaison précieuse. Le vaisseau avait pour destination Bouhen, afin d'y entreposer ladite cargaison. Le fait est que des serviteurs d'Oaxaca ont réussi à obtenir la nature de cette cargaison et le trajet qu'elle prendrait. Ce qui nous a permis de le découvrir aussitôt après.

Au cours de la journée de voyage vers Bouhen, le lieutenant Xenair en personne a envoyé des centaines d'oiseaux de sa création attaquer le bateau pour le détourner de son itinéraire. Le bateau a été la proie de ces escarmouches incessantes pendant à peu près deux jours, peu à peu dévié de son itinéraire. La quasi-totalité des créatures furent vaincus durant ce laps de temps, mais le vaisseau se retrouva entre Oranan et Omyre, au nord-ouest du continent.


Le doigt changea de place pour désigner l'endroit sur la carte.

Là-bas, une petite ribambelle de pirates aux ordres de Xenair attendait le vaisseau déjà affaibli et le vainquirent rapidement. Ils prirent la direction de Dahràm, pour amener la cargaison au camp des forces d'Oaxaca. Là-bas, l'un des officiers de Xenair l'attend pour le récupérer et le ramener à son maître. Demain dans la journée, les pirates devraient accoster. Au port, ils effectueront la transaction avec la Milice qui apportera la cargaison au campement. Pour cela, ils ne sont pas assez équipés et préféreront ne pas courir de risque donc envoyer quelques uns des leurs à la Milice. La transaction se déroulera donc au port même.

Il retira son index de la carte et lança un regard aux personnes présentes.

Commençons maintenant avec les choses sérieuses. Le but est bien évidemment de récupérer l'objet sans attirer l'attention. Pour cette mission, vous aurez tous un numéro de code.

Il désigna l'encapuchonné à sa gauche et prononça :

Numéro un.

Puis il désigna successivement toutes les personnes présentes dans le sens horaire en leur attribuant un numéro. Yurlungur se vit attribuer le numéro sept et sa guide le numéro six.

Vous recevrez également tous une petite fiole de poison. Que vous utiliserez si vous vous faites attraper.
Entre le moment où le bateau accostera et où la Milice arrivera au port, nous aurons entre vingt et trente minutes. Huit, c'est-à-dire numéro huit, s'est déjà infiltré dans la Milice. Il les retardera au mieux. Pour cela, il emmènera neuf avec lui, pour le faire passer pour un criminel tout juste arrêté. Une fois à l'intérieur, huit laissera neuf s'échapper de manière à faire passer ça pour un incident. La Milice en sera gênée.

Pour plus de sécurité, deux, trois et quatre resteront dans les rues de Dahràm entre la Milice et le port. Vous devrez arrêter tout pirate qui tentera de venir jusqu'à vous. Un sera quant à lui placé dans les égouts pour surveiller que personne ne passe par là.

Pendant ce temps, six aura pour objectif de distraire les pirates restés proches du bateau. Ainsi, cela fait, sept s'infiltrera à l'intérieur pour récupérer la cargaison. Six sera couvert par cinq.


Il se tourna alors directement vers la petite fille qui s'était remise à trembler. Fort heureusement pour elle, cela ne se voyait pas dans la pénombre ambiante.

La cargaison en question est contenue dans un coffret. Il faudra sans doute chercher ledit coffret, mais là où il y aura des gardes, il y sera. L'unique objectif est de récupérer le coffret. D'après les informations dont nous disposons, il doit faire entre quarante et soixante centimètres de long, pour une vingtaine de haut et de large.

Il se tut et la pièce redevint silencieuse. Puis, sans d'autres indications, il se leva et quitta la pièce. Peu à peu, tous les convoqués en firent autant et sortirent sans mot dire. La petite fille se retrouva seule, seule six restant encore. Après quelques instants, cette dernière s'adressa à Yurlungur :

Tu trembles encore. Allez, viens.

La fillette se retourna et s'agrippa à la manche de la femme.

Je... Je ne sais pas nager.

Celle-ci en parut estomaquée et répondit après quelques secondes d'ahurissement :

Comment ? Tu es sérieuse ?

Elle se mit à réfléchir et la petite fille baissa piteusement les yeux au sol.

Est-ce que tu serais capable de monter sur le bateau en t'accrochant aux amarres ?

Euh... Peut-être... Mais je...

Ça ira. Viens avec moi.

Sans attendre de réponse, elle se dirigea vers la sortie. Yurlungur s'empressa de la suivre à son tour. Dehors, il n'y avait plus personne. Ils quittèrent les sous-sols puis la Taverne et la femme l'emmena dans son repaire.

Suite : ici

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 Sujet du message: Re: Taverne "A la table du gros Néral "
MessagePosté: Lun 11 Jan 2016 02:18 
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Elle arriva dans la Taverne du Gros Néral sans sa cape, qu'elle avait laissée chez elle, ni la capuche qu'elle avait récupérée sur le bateau. On la laissa passer jusqu'aux escaliers qui s'enfonçaient sous la terre et elle les descendit, cette fois seule. Elle traversa les longs couloirs jusqu'aux seconds escaliers et fit de même jusqu'aux troisième. Elle déboucha à nouveau dans le dernier couloir.

Même sans cacher son identité par la cape, elle entra dans la pièce de la réunion. Là, presque tous les participants à la mission étaient là, capuche sur le visage. Seul un manquait. Le Gros Néral tapotait furieusement des doigts sur la table.

Te voilà ! De ce qu'on m'a expliqué, ce n'est pas du joli ! Laisser échapper ce coffre ! Alors que ce trésor d'une valeur inestimable se trouvait sous tes yeux !

Il se leva et laissa s'échapper sa colère sur la petite fille qui resta debout devant les autres, immobile. Elle aurait voulu se justifier, mais savait que c'était inutile avec le Gros Néral. Aussi resta-t-elle silencieuse, encaissant les insultes. Après quelques minutes, l'homme se calma et demanda :

Tu es devenue muette ? Allez, parle, qu'on rigole ! Voyons voir ta défense !

Elle releva la tête et expliqua :

J'avais réussi à ouvrir le coffre.

Des regards stupéfaits lui répondirent aussi bien que des paroles.

Mais alors... Pourquoi ?

Il ne contenait rien.

Un murmure d'étonnement parcourut l'assemblée des encapuchonnés.

Enfin, rien de valeur. Un leurre, une simple capuche miteuse s'y trouvait.

Le Gros Néral se leva et s'approcha, la prenant par les épaules.

Pourrais-tu... me décrire cette capuche ?

Bien sûr. Elle était brune, l'air vieille tout de même. J'ai été étonnée de voir qu'elle était encore presque intacte alors que le tissu était clairement vieux. Et puis... Je ne sais pas. C'est tout. Elle avait juste l'air banale. Il n'y avait rien non plus à l'intérieur de celle-ci, même s'il m'a été ardu de voir dedans.

Le Gros Néral la secoua par les épaules.

Et où est cette capuche, maintenant ?

Yurlungur faillit répondre qu'elle l'avait chez elle, mais fut surprise par autant d'attention et d'impatience. Il ne l'avait jamais prise par les épaules ainsi et elle était loin de le considérer comme un père, au contraire. Cette capuche ne pouvait pas être le trésor recherché, mais pourtant...

Pourquoi ? Je l'ai laissée dans le bateau après avoir ouvert le coffre. Celui-ci ne m'a servi que de leurre pour le monstre volant qui devait ignorer que le coffre ne contenait pas...

Soudain, ses pensées s'éclaircirent. Le capitaine lui-même avait sauté à l'eau pour récupérer le coffre. Alors que, s'il y en avait bien un qui savait que celui-ci n'était qu'un leurre, c'était bien lui. Ce qui signifiait donc... que ce n'était pas un leurre, mais le véritable trésor. Le Gros Néral se mit à lui crier dessus :

Triple idiote ! C'était ça ! Tu l'as eue dans tes mains, la capuche d'Alem ! Et tu l'as laissée là-bas !

Il était devenu entièrement rouge et la petite fille gardait des yeux écarquillés, stupéfaite, sans oser dire quoi que ce soit de plus. Les autres participants à la mission restaient silencieux. Soudain, le Gros Néral se retourna vers elle et pointa la porte.

Pars. Pars ! Et ne reviens pas ! Je ne veux plus te voir. Pars !

Elle ne se fit pas prier et quitta la pièce. Elle remonta les premiers escaliers, puis repensa à la discussion. Ça ne pouvait pas être vrai. Elle remonta les deuxièmes et se fit la même réflexion. Elle remonta les troisièmes et demanda au barman un verre d'alcool fort. Celui-ci n'eut aucun remords à servir cela à une gamine. Elle avait bien besoin de ça pour accepter sa chance. Elle but le verre cul-sec, puis quitta la Taverne, en marchant. Elle rentra chez elle, titubant. Une fois à l'intérieur, elle lança un regard suspicieux sur la capuche. Sa mère, malgré sa promesse, était partie se coucher.

Yurlungur laissa la capuche à distance un moment et préféra se concentrer sur les choses qu'elle connaissait. Elle finit donc son repas puis se releva et s'approcha de l'objet. Elle l'examina encore. Rien ne montrait sa qualité. Comment savoir si ce n'était pas réellement un leurre ? Elle essaya de l'enfiler, mais ne perçut rien de spécial, aussi la retira-t-elle quelques instants plus tard. Elle l'emmena avec elle dans son lit et l'examina à la lueur des étoiles qui passait à travers le toit en ruines. Et là, cette lueur si particulière révéla un nom inscrit dans la couture. « Alem. »

Elle s'endormit, serrant contre elle en souriant cette capuche si précieuse et repensant à l'histoire qu'elle avait contée à sa mère. Le génie emprisonnait méritait sa peine car c'était un méchant génie. Et finalement, c'est elle qui récupéra sans le savoir l'artefact, tous les autres s'étant trompés, aveuglés par leur cupidité.

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Dernière édition par Yurlungur le Dim 21 Fév 2016 02:40, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Taverne "A la table du gros Néral "
MessagePosté: Mar 2 Fév 2016 17:24 
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Je franchis la porte massive de la taverne du Gros Néral en trombe et m’étale par terre. J’ai les poumons en feu et respire avec difficulté. Je me redresse péniblement, mon nez a accusé le choc et me fait mal. Ma cuisse me lance douloureusement, je vois le sang qui tâche mon pantalon, le cercle va en s'élargissant. Quand je palpe ma jambe, l'entaille semble peu profonde, elle sera vite amenée à cicatriser si je ne fais pas n'importe quoi.

Tout autour de moi, dans cette salle à la taille modeste, des tables sont disposées çà et là et quelques clients y sont attablés. Ils me regardent comme si j’étais un animal curieux. Mais je n’en ai cure, soulagé d'être arrivé à l'heure… Mon naturel revient pourtant vite au galop et je ne peux pas m’empêcher d’être gêné. J’entends également quelques rires qui me poussent à me draper dans une fierté mal placée avant de déclarer bien fort :

« « Les jeux sont fait ! C’est le sol qui a gagné ! »

J'entends de nouveaux des rires et des moqueries dans l'assistance, apparemment ma prestation a été appréciée... Mon visage est devenu rouge sous l’effort et sue à pleine goutte. Les gens continuent de me regarder comme si j'étais une bête de foire quand je décide de me relever. Je m’essuie rapidement le visage avec une manche et ne sachant trop où aller, commence à avancer sans conviction vers le comptoir en pierre qui me fait face.

La cuisine doit être derrière car des effluves sucrées et des odeurs de pommes confites s’en échappent abondamment. Un âtre dans lequel crépite bûches et braises est placé au centre de la pièce et pourvoi une chaleur bienvenue.

Une des serveuses vient finalement m’accoster et d’un ton affable me demande ce que je désire. Je la regarde dans les yeux. Cette femme est belle avec ses longs cheveux pareils à la paille mais je ne peux pas me permettre le moindre retard.

« Je dois rencontrer monsieur Tatch.»

L’expression de la jeune fille se crispe, elle me sourit nerveusement et me demande d’attendre au comptoir. Je la vois qui comme un petit moineau part à toute vitesse vers la cuisine.

Elle revient quelques minutes plus tard, un homme à ses côtés. Celui-ci me dévisage avant de m’adresser un signe de la main. La serveuse se précipite vers l’un des clients qui l’appelle tandis que je rejoins le pirate. Il ne m’adresse pas la parole et me conduit à travers la cuisine.

Je vois le cuisinier et son commis hacher les viandes, couper les légumes avec un rythme ahurissant. Ils ne s’occupent même pas de moi, ils doivent être habitués tous deux à voir apparaître dans leur cuisine des étrangers.

L’homme de main d’Edward Tatch ouvre une porte dissimulée par un épais pan de tissus et descend un escalier de roche, je ne tarde pas à la rejoindre. Les pierres suintent l’humidité, rendant les marches glissantes.

J’aboutis alors dans une grande salle enfumée. Une épaisse table trône au milieu de la pièce, des hommes à l’air patibulaire sont postés de part et d’autre.

Une voix perce le brouillard et m’ordonne de m’asseoir. Le timbre est grave, impérieux. Cette personne est de toute évidence habituée à voir ses ordres exécutés aussitôt donnés.

Je m’installe en face de cet homme qui fume la pipe et prend le temps de l’observer. Il est vieux, ses traits sont burinés et sa peau porte les stigmates causés par le ravage perpétuel du temps. Ses cheveux neigeux s’enchevêtrent dans son épaisse barbe blanche et encadrent son visage. Ses yeux cernés de rides brillent d’une lueur d’intelligence qui vient contraster son apparence générale. Il porte un bandeau de tissus et de cuir ainsi qu’un épais manteau rouge strié par des coutures d’or.

Edward Tatch me crache alors une épaisse bouffée de fumée et pose sur la table un coutelas doté de dents pointues et acérées ainsi qu'une vulgaire clef en fer.

« Tu es donc l’homme-pute que Meretricem affectionne tant ? »

Je le regarde et dis timidement :

« Je… C’est-à-dire… Oui ? »

Edward me rend mon regard et commence à rigoler grassement avant de se reprendre.

« Parfait. Cette grognasse gère pour moi le rat lubrique… Qui ne me rapporte plus autant qu’avant. J’ai bien sûr des yeux et des oreilles partout, je sais très bien que ce foutu bordel est toujours autant fréquenté ! » Il tape avec fracas sur la table, faisant tomber des verres et des couverts « Alors toi l’homme-pute, tu vas l’espionner pour mon compte. T’es dans ses bonnes grâces, ce n’en sera qu’plus facile. Si tu vois quoi qu’ce soit, tu me crèves cette salope c’est compris !» Il rugit presque, son visage devient pourpre à cause de la colère.

J’essaie d’appréhender l’importance de la situation mais cela s’avère compliqué. Un des plus puissants pirates de Darhàm, mon propriétaire, me demande d’espionner pour lui, et peut-être même de tuer ?

(Bon il va falloir la jouer fine)

« Bien sûr je m’exécuterais avec joie… Mais… Et pour ma récompense ? »

J’entends un bruit sur ma droite, un crissement métallique, à gauche j’aperçois un éclat lumineux réverbéré par une lame mise à nue.

(On dirait que j’en ai trop fait…)

Edward Tatch s’exclame alors, figeant presque le temps à l’exception de sa propre personne.

« Rengainer vos armes. La catin a de l’audace, j’aime ça. » Il s’interromps et d’une voix devenue glaciale continue à mon intention « Mais il n’y a qu’un pas entre l’audace et l’effronterie. Quant à ta récompense, ne la devines tu pas ? »

Je regarde ce qu’il a précédemment posé sur la table. Je réalise alors que cette clef est une image, elle représente ma liberté. En revanche, je ne comprends pas ce que symbolise le coutelas. Ou plutôt j’ai peur de comprendre, une mutilation, la mort, qui peut savoir ce qu’un esprit malade comme celui d’Héraclès peut concevoir.

Dans tous les cas je ne peux pas me permettre de déraper à nouveau et d’un ton soumis lui réponds :

« Merci. Je vais faire ce que vous attendez de moi dès que je rentrerais. »


Edward Tatch opine de la tête et d’un geste de la main me fait signe de partir. Je m’empresse de réagir et sans demander mon reste, pars en direction de mon lupanar.

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Merci à Inès pour cette magnifique signature !


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 Sujet du message: Re: Taverne "A la table du gros Néral "
MessagePosté: Dim 4 Déc 2016 12:05 
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Lorsque Liniel arriva, les hommes de main qui veillaient à l'entrée de la taverne s'éloignèrent. Elle était connue pour ses services autant que pour sa facilité à utilises ses armes et, malgré la présence de Yurlungur, ils ne semblèrent pas suffisamment téméraires pour songer à arrêter la Semi-Elfe au regard noir. Elle ne prit même pas la peine d'aller voir le patron et se dirigea immédiatement vers l'arrière-boutique. La petite fille la suivit jusqu'à une petite pièce exiguë où un couvert impeccable était dressé, comme dans un véritable restaurant gastronomique destiné à des invités de marque.

Un majordome de pure tradition apparut alors que la femme et l'enfant s'asseyaient en face du fauteuil sur lequel trônait un majestueux “N” et il hocha la tête en voyant Liniel.

« Le maître arrive. »

Et il disparut.

Tendant la main pour saisir celle de la petite fille, la Semi-Elfe lui adressa un sourire rassurant. Puis elle la retira, et le Gros Néral entra.

« Liniel. Yurlungur. »

Le ton posé du gros bonhomme était agrémenté d'une expression de parfaite assurance. La porte se ferma seule derrière lui alors qu'il vint s'installer en face d'elles, sans qu'aucun garde du corps n'ose l'accompagner pour cette entrevue.

« Je crois que c'est la première fois que je te reçois ici, toi, fit-il à la gamine qui découvrait les lieux richement ornés. Mais dites-moi, mesdames, que me vaut l'honneur de votre présence ? »

Il éclata d'un rire mesuré et l'on sentait une pointe d'interrogation même à l'intérieur de celui-ci. Le privilège de discuter avec lui en privé, sans doute, n'était réservé qu'à des situations urgentes ou conflictuelles, car il valait mieux ne pas abuser du temps du Gros Néral.

« Ça, c'est à toi de nous le dire, répliqua méchamment Liniel. »

Le propriétaire haussa un sourcil sans répondre et saisit un verre doré pour le remplir de vin et le porter à sa bouche en attendant. Sans la moindre once de malaise, il but donc, gorgée par gorgée, l'exquis breuvage qui semblait venir de loin, dans un silence qui aurait pu être complet s'il n'y avait ces quelques cris étouffés qui venaient d'à côté. Il devait y avoir une rixe sur le port ou dans la taverne, mais cela était trop lointain pour inquiéter aucune des trois personnes qui se toisaient en silence.

« Tes hommes sont venus chez moi ce matin, finit par éclater Yurlungur, et je veux savoir pourquoi ! Qu'est-ce que j'ai fait pour attiser à ce point ta colère ? Tu m'as reniée pour avoir échoué, soit, mais j'ai souffert sous les griffes de la Garde. Ils m'ont traqué et lorsque ce n'étaient pas eux, c'étaient tes chiens à toi ! J'ai dû fuir Dahràm, j'ai dû laisser ma mère seule. Et aujourd'hui, alors que j'ose revenir pour voir si elle va bien, pour m'excuser auprès de toi en songeant que ta colère devrait être passée, je vois deux hommes qui vont chez moi pour voir ma mère ! Alors pourquoi ? Pourquoi tu lui en veux à elle, qui ne t'a rien fait ? »

Elle s'était levée au cours de son reproche rageur, ses poings s'étant abattus sur la table alors qu'elle fixait hargneuse le trop calme interlocuteur qui ne daignait pas laisser d'émotion transparaître sur son visage.

« Il est vrai que j'en ai peut-être un peu trop fait, admit-il. Mais ces hommes ne sont pas les miens, très chère. »

L'étonnement frappa la gamine en même temps que la flatterie, elle se rassit. Si ce n'étaient pas les siens, à qui obéissaient-ils ? Et elle avait été appelée “très chère”... Elle qui n'avait eu droit qu'à des “petite” auparavant. C'était une forme d'honneur, sans doute, mais elle était trop stupéfaite pour oser répondre quoi que ce soit.

« Cela m'intrigue qu'on tente de prendre de l'influence sur mon territoire, continua-t-il. Et encore plus qu'on essaie de me voler mes agents sur le terrain en faisant pression sur leur famille... »

Il se servit à nouveau du vin, laissant le temps à la petite fille d'intégrer le message. Elle faisait à nouveau partie de cette grande famille qu'il avait fondé, lui, le Gros Néral, et cela n'était pas déplaisant. Mais elle attendait la suite.

« Très bien. Allez-y toutes les deux, voir de quoi il retourne. Je vous laisse le soin d'éliminer la menace. »

Il finit son verre et le posa avant de se lever. Yurlungur voulait partir aussi, mais la Semi-Elfe à ses côtés la retint, laissant le Gros Néral passer devant. On entendit ses pas lourds s'éloigner un instant, puis Liniel se leva à nouveau, indiquant :

« Fais-moi confiance pour le protocole... très chère. »

Elles s'échangèrent un clin d'œil et s'apprêtèrent à quitter les lieux mais Liniel l'arrêta une fois de plus pour ajouter :

« Calua est là-bas, d'ailleurs. »
« Comment ça ? s'insurgea Yurlungur. »
« Tu croyais que je ne savais pas où est-ce que tu habitais ? C'était bien présomptueux de ta part, j'ai bien des contacts dans la ville. Il m'a semblé bien plus intéressant de laisser ce bon à rien aux soins de ta mère. Enfin, je doute qu'on lui ait fait le moindre mal, il sait courir plutôt vite, le bougre. »

Et sur ces paroles, elles quittèrent les lieux et se dirigèrent vers le nœud du problème, les capuches rabattues sur leurs têtes. Il était temps de montrer au Gros Néral qu'il avait eu raison de leur accorder sa confiance, et de prouver à ces intrus qu'ils n'avaient rien à faire par ici.

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