L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: La Baraque du Rebouteux
MessagePosté: Mer 31 Mar 2010 14:34 
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La Baraque d'Alkrim le rebouteux


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Personne n'aurait parié que cet ancien nomade du désert se serait retrouvé guérisseur à bord d'un bateau de pirates, et pourtant... Il a vogué bien des années en mer, à guérir ses compagnons du scorbut et des infections, à panser des plaies et massacrer les gardes des navires marchands !

S'il s'est maintenant décidé à ne plus reprendre la mer, il reste connu dans toute la région comme étant le meilleur -le seul d'ailleurs- guérisseur de tout Dahràm, qui saura vous calmer vos fièvres, vous replacer un os ou vous prescrire une potion contre l'impuissance...si vous payez d'avance bien évidemment!

Bien sûr, certains clament haut et fort à la charlatanerie et on dit qu'il aime particulièrement soigner les belles jeunes filles par imposition des mains. Mais personne n'est parfait, n'est-ce pas ?

Sa baraque en bois humide quelque peu branlante -Qu'il aime à appeler son "cabinet"- fourmille d'instruments rouillés pas vraiment rassurants et de potions en tous genres...

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 Sujet du message: Re: La Baraque du Rebouteux
MessagePosté: Jeu 14 Oct 2010 23:47 
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Son effondrement se solda par un sommeil noir, profond, vide et glacial. Le néant. Durant ce temps qu'il était pour lui impossible de calculer, il était comme mort. Il se réveilla en sueur, les yeux soudainement ouvert grand comme s'il découvrais à nouveau ce qu'était cette sensation de regarder autour de soi, de ressentir ses sens.

Il ne reconnaissais rien de ce qui était autour de lui. Il n'était pas dans la rue. Il n'était pas chez lui. Et l'endroit était bien trop moche et puant pour être les Jardins de Gaïa. C'était peut-être les Enfers de Phaïtos finalement. Remarque, c'était toujours mieux que le néant éternel.

Il étais dans une petite salle plongé dans la pénombre, un filet de lumière léger arrivant de la pièce d'à côté. Dehors, il faisait apparemment nuit. Comment il le savait ? Simple. Les murs étaient en bois vermoulu et du vent s'infiltrait en sifflant dans les entailles.

Sur ces fameux murs, des étagères à la solidité semblant discutable portaient toutes sortes d'outils de fer à l'usage inconnu, de fioles vides et pleines, de champignons et autres herbes séchées, bref d'un capharnaüm impossible. Ce devait être un fou qui habite ici ou encore un... Une minute.

Ces murs en bois... Ces outils... Oh non !
Il réalisa : Il était dans la baraque du rebouteux. Qui avait bien pu l'amener ici ? Pourquoi ?
Un bruit de deux personnes en train de discuter calmement se faisait entendre à côté, il devait être là. Dommage, il se serait échappé aussitôt sinon.
Le rebouteux n'est pas connu pour sa grande générosité et il faisait payer cher ses soins, alors qui dans la ville avait pu être assez inconscient pour l'amener ici ?
Remarque, si le gentil samaritain voulait payer pour lui, il n'aurait pas cracher dessus non plus.

Quoi qu'il en soit, il fallait qu'il le sache, qu'il s'explique avec lui. Mercurio fit le mouvement de s'aider de ses bras pour se mettre en position assise sur la table matelassée sur laquelle il avait été allongé. Soudainement, la douleur jusque là muette se rappela violemment à lui à son bras et il ne put s'empêcher de rugir.

"Ha, il s'est enfin réveillé ! Alors on va voir ça avec lui !", fit entendre une vieille voix rauque depuis la salle d'à côté.

Deux bruits de pas vinrent rapidement vers sa direction, et un des intéressés semblait être soudain pris d'une quinte de toux étonnamment familière. Les deux individus ouvrirent la porte, et Mercurio les reconnut tout deux immédiatement.

Le rebouteux était naturellement l'un des deux concernés, ce qui était logique, après tout, c'est sa baraque. Mais le second, Mercurio ne s'expliqua pas vraiment de le voir ici... C'était le vieux clochard toussotant, le nuisible de ces nuits. Il ne put s'empêcher de réagir.

"Hé mais je vous reconnais ! Vous êtes le clodo de ma rue ! C'est vous qui m'avez traîné jusqu'ici ? Pourquoi ?"

Le clochard s'apprêta à parler, mais le rebouteux, la pipe au bec, s'interposa.

"Plus tard les explications. Le seul truc qui m'intéresse, moi, c'est de savoir combien vous êtes prêt à donner pour vos soins et ceux de monsieur Klaus ici présent."

"Combien je suis prêt à donner ? Je... Je n'ai pas de quoi payer, on vient de me voler le peu qui me restait d'argent !"

"Hé merde, c'est bien ma veine ça !", fit entendre la voix rocailleuse du clochard.

"Bon et bien messieurs, je suis désolé de vous dire que des sans-le-sou comme vous n'ont pas leur place dans mon cabinet. Donc si vous voulez avoir l'obligeance de déga..."

La voix du rebouteux se fit hésitante, puis se tut ainsi en plein milieu de sa phrase. Il dévisagea Mercurio comme s'il venait de faire une découverte extraordinaire.

"Attendez... Vous vous y connaissez en magie ?"

"Pas du tout, pourquoi cette question ?"

Le rebouteux continuait à le scruter.

"D'accord... Vous êtes un Humoran. Vous êtes nés à Dahràm ?"

"Mais qu'est-ce que c'est que ces questions débiles ?!"

"Répondez s'il vous plait."

"Oui oui, je suis né à Dahràm."

"Intéressant. C'est curieux, ici les fluides ont tendance à rendre les gens plus orientés vers les magies d'obscurité ou d'eau..."

Il se mit à se parler tout bas à lui-même en s'asseyant sur une chaise proche, la main droite massant son front :
"Bon. Par les ancêtres, qu'est-ce je fais ? J'étais le seul ici jusque là et ce benêt ne semble même pas savoir de quoi je parle... Remarque, avoir un gaillard comme celui-là pourrait m'être utile... Les gros bras radins me causeraient moins de soucis et s'il apprend vite, ça pourrait même doubler mon chiffre d'affaire..."

Le rebouteux continua à se parler seul durant un moment, exaspérant Mercurio qui n'y comprenait mot

"Je peux savoir ce que vous me voulez enfin ?!"

"Oui, écoute mon gars. Tes côtes sont cassés et l'une d'elle semble être, au moindre faux mouvement, prête à te perforer les poumons et te laisser à une mort atroce. Normalement, je ne dis pas ce genre de choses aux patients qui n'ont pas de quoi payer, ils peuvent vite devenir très chiants... Tu n'as jamais remarqué des trucs bizarres dans ta vie ? Genre des blessures qui se soignent plus vite chez toi ou chez tes proches ?"

"Mais non enfin !"

"T'énerves pas, c'est pas bon pour tes poumons. Bon alors écoute imbécile, tu as des fluides de lumière en toi. Comment je le sais ? Parce que moi aussi, et c'est grâce à ses fluides que je sais soigner les gens. J'ai appris à les utiliser et les dompter, pas toi. Donc maintenant voilà ce que je te propose : Je soigne tes vilaines blessures et tu bosses pour moi. Je t'apprendrais à maîtriser tes fluides et tu me serviras d'employé à tout faire."

"Vous... Vous me proposez un travail ?!"

"C'est ça. Mais bon mes soins ne sont pas pour autant gratuit et le prix sera prélevé de ton salaire."

"Je... Je suis votre homme !"

Klaus, essayant d'étouffer son envie de tousser dans sa barbe grise, intervint :
"Hey mec, oublie pas que c'est un vieux grabataire qui a rassemblé ses forces pour te traîner jusqu'ici. Si j'l'avais pas fait, tu serais p't'être bien mort à l'heure qu'il est !"

"Et pour ça je vous en serait éternellement reconnaissant. Vous pouvez aussi faire quelque chose pour lui, rebouteux ?"

"Bien sûr, mais ça sera toujours ça de moins sur ton salaire."

"Peu importe, soignez-le !"

Le rebouteux fit miroiter ses talents et soigna les deux infortunés et, plus, tard, ils sortirent de son cabinet, Mercurio ayant promis de revenir le lendemain pour commencer son nouveau job.

"Merci mon gars d'avoir fait en sorte qu'il me soigne."

"Vous m'avez sauvé la vie, c'était la moindre des choses..."

"Oui et au fait, je pourrais te demander un autre service ?"

"Quel genre de service ?"

"Je n'ai nulle part où dormir ce soir..."

L'idée de laisser un inconnu rentrer dans son appartement ne lui plaisait guère et encore moins de partager sa couche avec ce mendiant... Mais Mercurio était encore dans la joie d'avoir enfin trouvé un nouvel emploi, bien qu'il n'ait pas bien compris toutes ces histoires de fluides et de soins. Dans sa tête, il allait surtout servir de garde du corps et de transporteur de matériel médicaux. Il accepta alors la compagnie du clochard pour la nuit.

"T'es un bon mec. Au fait, je m'appelle Klaus, ça te dérange pas si je te tutoie ?" lui dit-il en lui tendant sa main.

"Et moi c'est Mercurio, ravi que le destin t'es mis sur mon chemin Klaus. Et bien sûr qu'on peut se tutoyer."



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A propos, j'ai trouvé la morale de la fable que ton grand père racontait,
celle du petit oiseau que la vache avait recouvert de merde pour le tenir au chaud et que le coyote a sorti et croqué...
C'est la morale des temps nouveaux.
Ceux qui te mettent dans la merde, ne le font pas toujours pour ton malheur
et ceux qui t'en sortent ne le font pas toujours pour ton bonheur.
Mais surtout ceci, quand tu es dans la merde, tais-toi !

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Dernière édition par Mercurio le Jeu 11 Nov 2010 20:36, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: La Baraque du Rebouteux
MessagePosté: Dim 7 Nov 2010 17:33 
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Le lendemain matin, Mercurio quitta son appartement à l'heure convenue. Klaus dormait toujours sur le tapis qui lui avait servi de couche et Mercurio ne se sentait pas de le réveiller. Après tout, il n'y avait rien de bien important à voler ou à casser chez lui. Au fond, que Klaus, une fois réveillé, en profite ou pas, ce n'était pas sa plus grande inquiétude. Maintenant, il avait un travail et devait s'y tenir.

Il s'avança alors dans la rue d'un pas décide, direction la baraque d'Alkrim. Il frappa alors à la porte en bois et le guérisseur alla aussitôt lui ouvrir.

"Ah bien, te voilà gamin !"

Alkrim semblait content de le voir, avoir un apprenti semblait le mettre en joie, comme si cela faisait longtemps qu'il cherchait une personne capable de prendre sa suite. Mercurio n'eut pas le temps de dire un mot que celui-ci reprit :

"Bon alors première chose, tu vas me nettoyer les outils et le sol. Ça fait longtemps qu'ils ont pas été fait. T'as les balais et les chiffons dans le placard, là."

Mercurio s’exécuta silencieusement, cependant un peu déçu. Il s'attendait à apprendre à gérer ses nouveaux fluides et à soigner lui aussi, pas à servir de femme de ménage. Surtout que pendant ce temps, Alkrim ne faisait absolument rien à part fourrer sa pipe, tousser et le regarder faire.

De plus, la baraque était un vrai nid de saleté, le guérisseur ne devait pas en prendre très bien soin. La nettoyer n'en était que plus difficile. Des tâches séchées indéterminables sur la table d'opération, sur le sol et sur les murs, des toiles d'araignées énormes et de la poussière de partout, et c'était censé être un lieu de guérison ?

Mercurio ruminait intérieurement contre son sort. Et alors que le nettoyage lui prenait un sacré temps, aucun client ne s'était encore manifesté.

"C'est toujours aussi calme ici ? Pourtant à Dahràm, les gens à soigner ce n'est pas ce qu'il manque !

"Peut-être, mais les gens qui ont les moyens de payer, ça, ça manque pas mal. Les gens savent que s'ils n'ont pas de quoi me payer, ils n'ont rien à venir faire chez moi et n'ont plus qu'à prier Jeri pour qu'ils les soignent.

"Alors pourquoi ne pas baisser vos tarifs ? Ça vous rapporterait plus de clients et donc plus d'argent."

"Ecoute gamin, t'es bien gentil mais c'est encore à moi de gérer mes prix comme je le souhaite. Le fait est que je trouve plus intéressant de soigner cinq personnes par jour pour dix yus que dix personnes pour cinq yus. Au final je gagne autant et en me fatiguant moins."

Mercurio se tût. Le raisonnement d'Alkrim se défendait, même s'il en doutait un peu. Après tout, c'était lui le patron. Et pour Mercurio, du moment qu'il le payait, ça lui allait.



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 Sujet du message: Re: La Baraque du Rebouteux
MessagePosté: Mer 10 Nov 2010 23:21 
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Vers les milieux de l'après-midi, quelqu'un frappa à la porte de la baraque du rebouteux. Ces personnes venaient du port et étaient légèrement essoufflés. Ils étaient à l'autre bout du port et avaient maché vite un petit bout de temps avant d'enfin arriver à une vieille cabane. Fam'tie s'appuya contre le "mur" pour reprendre son souffle. Elle détailla leur groupe : il y avait Rorlug, un pirate alcoolique d'une quarantaine d'année qui la regardait d'un air fier et suppliant à la fois. Après avoir croisé son regard il se renfrogna et frappa sur la porte comme s'il voulait l'enfoncer. La rôdeuse sourit malgré elle avant de reprendre son air neutre - et froid et dur. Tuma était un woran tigré qui la dépassait d'une bonne tête et demi. Puissant, tout en muscle et en agilité, il était bestial et séducteur à la fois. En tout cas il ne se gênait pas pour la regarder d'un air insistant, ce qui lui fit coucher les oreilles en arrière.

Figoliat était un tigre aussi impressionnant, musclé et visiblement aussi agile que Tuma, voir plus. À côté Nouk semblait maigrichon et petit, mais rebelle avec son anneau à l'oreille droite. Les deux tigres étaient côte à côte, formant un duo terrifiant et fascinant. Ensuite elle détailla son fils, son Wolfgang. Il avait les yeux gris acier, comme sa mère, mais aussi émotifs que ceux de son père, et pas froids et durs comme elle. Susiwan, malgré l'affreuse balafre pleine de pu et sale qu'elle avait à la figure, ainsi que son air maigrichon et sale - comme tous ceux qu'ils avaient libéré -, elle n'en restait pas moins une gamine de six ans toute mignonne, mais triste et recroquevillée. Elle était inconsciente dans les bras de sa mère et, s'il n'y avait eut le faible mouvement de sa poitrine, Fam'tie l'aurait crû morte.

Elle passa au reste du groupe, ceux qui les avaient suivi jusqu'ici. Il y avait un jeune woran sombre d'à peine dix ans. Il y avait aussi une jeune humoranne, une semie woranne sombre visiblement, de quinze ans à l'air rebelle et sauvageon, et deux humoran tigré, des jumeaux jeunes adultes. La sœur portait son frère avec difficulté : il avait les pieds dans un sale état, et c'était idem pour ses poignées et ceux de sa sœur jumelle. Et c'était tout. Elle se pencha vers sa fille, espérant un signe de vie de sa part.


"Pourquoi tu sembles tant tenir à ces bâtards ?"

Fam'tie redressa vivement la tête en entendant autant de dégoût au mot "bâtard". Le pire c'est qu'il parlait dans leur langue natale, ne laissant aucune chance aux autres pour le comprendre. Elle dit en commun :

"Ce sont mes enfants. Je te présente Wolfgang et Susiwan."

Son ton était froid et dure, elle n'avait visiblement pas apprécié le dégoût de Tuma envers les "bâtards". Il sembla choqué et continua en woran :

"Tu as… tu t'es faite violer…?"

(Mais il est bête ou quoi ? Si je m'étais faite violer je ne les aurais pas sauver !)

"Non, je me suis mariée avec un humain et j'ai eu deux enfants."


Le visage de Tuma était indéchiffrable.

"Génial !" fit l'adolescente, en woran elle aussi. "Ben ma mère c'était une prostituée et elle m'a abandonné lorsqu'elle m'a eu, et la plupart du temps c'est c'qui s'passe. Ment pas, t'as vendu tes fesses, pas vrai ?"

Le regard que lui lança Fam'tie la fit taire et elle parut légèrement apeuré ou intimidée (elle ne savait pas trop).

"La plupart du temps, peut-être. Mais pas pour moi. Je n'ai jamais donné mon corps pour de l'argent. Jamais."

Wolfgang tira la langue à l'adolescente. Tuma regardait Fam'tie d'un air indéchiffrable. Rorlug se racla la gorge et tout le monde se tourna vers lui et la porte… qui était ouverte. Elle jeta un bref coup d'œil à Nouk - qui se fichait pas mal de tout ce qui se passait autour de lui - puis elle regarda la personne à l'entrée. (Il est là à nous écouter depuis quand ?) Elle serra sa fille contre elle et détailla la personne de son regard dure et froid. Heureusement, ils avaient parlé en woran, donc l'autre n'avait pas pu comprendre. ...Si ?

(((Je te laisse décider pour les réactions et paroles du rebouteux, d'accord ?)))

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Je vous ai enfin retrouvé, mes enfants. Après un an de recherche, je vous retrouve enfin...! Plus jamais je ne vous laisserais être arraché à moi de nouveau, plus jamais...!

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Dernière édition par Alantlya le Sam 27 Nov 2010 21:49, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: La Baraque du Rebouteux
MessagePosté: Jeu 11 Nov 2010 20:34 
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Alors que Mercurio était encore occupé au ménage, des bruits de discussions vives se faisaient entendre au-dehors. Les murs en bois étant aussi fins que du papier à cigarette, le sujet n'aurait pas été difficile à entendre, si seulement ceux-ci parlaient la langue commune.

Mais ce n'était pas le cas, ceux-ci parlaient en langue woran. Alkrim, interloqué, lança à Mercurio :
"Ecoute petit, c'est d'la famille ou des amis à toi qu'on entend ? Parce que si tu crois que j'vais les soigner gratis parce que t'es apprenti maintenant, tu te fourres le doigt dans l'oeil jusqu'au coude !"

Alors que celui-ci partait ouvrir la porte, Mercurio répondit simplement :
"Non patron, je ne connais aucun de ces gens."

"...Mouais. Tu peux me traduire ce qu'ils racontent ?"

"J'aimerais bien mais j'ai été élevé par une humaine, je ne parle pas woran."

"Humpf, me voilà garni d'avoir embauché un woran qui n'en est pas un ! Bon, ça c'est le genre de clients agressifs que j'aime pas avoir. Le genre qui serait ptet tenté de me tuer si je refuse de les soigner si tu vois c'que j'veux dire. Donc, je veux que tu prennes un air méchant et si tu vois qu'à un moment ça chauffe, ton boulot c'est aussi de me protéger, ok ?"

"Ok patron."

Le rebouteux se tut alors et attendit sagement en fumant sa pipe que le groupe au-dehors ait fini de parler entre eux.

Mercurio, pendant ce temps, lâcha son balai et se rapprocha de l'entrée à son tour.
Que les clients soient de sa race ou pas l'importait peu, ses anciens boulots de videurs lui avaient appris à ne pas faire de différence à ce niveau-là. Il espérait juste ne pas avoir à se battre. Seul contre un groupe entier, il serait bien mal parti.

Alors que le groupe se tourna vers Alkrim, celui-ci lança d'un ton entre la condescendance et le mépris le plus total :
"Bien le bonjour chers clients. Si vous espérez recevoir des soins, voilà deux règles auxquelles il faudra vous plier : Primo, c'est dix yus par personnes, payables d'avance et ce n'est pas négociable. Deuzio, pas question que vous rentriez tous dans le cabinet. Seulement celui ou ceux à soigner et un accompagnant. Si vous avez un problème avec une de ses règles, rentrez chez vous prier Jeri. J'me suis bien fait comprendre ?"

Mercurio, à entendre ce discours, était surtout empli d'admiration. Il n'y avait pas à dire, Alkrim venait de prouver sa rigidité et son aptitude à s'adapter à des situations semblant au premier abord confuses. Certes ce n'était pas l'abnégation et la charité qui inondait son discours, mais Mercurio partageait avec lui cette insensibilité froide et utilitaire.



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 Sujet du message: Re: La Baraque du Rebouteux
MessagePosté: Sam 13 Nov 2010 13:53 
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Fam'tie regarda le vieux bonhomme s'adresser à eux d'un ton entre la condescendance et le mépris total. La woranne sembla s'en foutre complètement, même si elle aurait préférée un autre ton. Par contre Tuma n'apprécia pas du tout, et l'adolescente non plus. En même temps (((et en commun))) ils commencèrent à invectiver le vieux, qui devait être le guérisseur.

"Ne me parlez pas sur ce ton, humain !"

"Non mais oh, le vieux ! Tu me parle correctement, hein !"

Fam'tie coucha les oreilles en arrière. C'était quoi leur problème à ces deux là ? Elle fit taire Tuma avec un regard mais ça ne marcha avec la gamine, qui reporta son agressivité sur la woranne. Wolfgang et le petit woran sombre feulèrent vers elle, l'air de dire "un plus de respect envers ma mère" pour l'un, et "soit plus gentille avec notre sauveuse" pour l'autre. Tuma leur vint en aide et l'adolescente, qui se rendit vite compte que tout le monde était contre elle, se renferma dans un silence boudeur. Bien ! Maintenant elle pouvait parler au guérisseur.

"Ma fille est inconsciente et mal en point, vous pouvez la guérir s'il vous plaît ? Nous avons de quoi payer…"

Elle mit délicatement sa fille dans les bras du pirate puis sortit la bourse de l'assassin de sa poche.

"N'oublie pas, j'ai la moitié moi !"

Fam'tie ne répondit rien mais le regard qu'elle lui fit valait toutes les paroles : "J'avais dit peut-être".

"En fait la plupart d'entre ont besoins de soin…"

Et c'était vrai : ils avaient tous des bleus et des plais sales, sans compter qu'ils étaient maigres comme des clous ! Enfin… tous sauf Fam'tie. Non, pas le pirate ! Lui il avait une coupure à la gorge et son nez semblait cassé et avait saigné. Fam'tie calcula mentalement combien il faudrait payer pour tous les guérir. Il risquait de ne plus en avoir assez pour le pirate. Mais bon, il avait de l'argent lui... Elle redonna au pirate la bourse qu'elle lui avait prise dans la ruelle. Donc, ça ferait… soixante Yus ! Elle vérifia la bourse. Ouf ! Il y avait même plus, et heureusement ! Elle donna l'argent au vieux bonhomme.

"Ma fille puis le jeune woran tigré d'abord, s'il vous plaît…"

Sa fille, une humoran de six ans, avait une vilaine blessure allant du milieu du front jusqu'à la mâchoire, en passant par l'œil, surement causé par une lame. Il était évident que personne n'avait ni soigné ni lavé la blessure et celle-ci avait au moins un jour, voir deux. La blessure s'était infectée et quelques mouches avaient eu l'idée d'y pondre. Pour le jeune woran, elle parlait bien évidement des faux jumeaux, dont le jeune woran avait les pieds mal en point. Bref, rien de bien appétissant ! (Je ne voudrais pas être à sa place ! Berk !) Le pirate entra avec Susiwan dans les bras. Fam'tie dit tendrement à son fils :

"Reste ici avec Nouk, s'il te plaît, je vais rester à côté de ta sœur…"

"Non ! Maman !"

Il semblait prêt à éclater en sanglot malgré ses efforts pour se retenir.

"Mon chéri, Maman a peur pour Susiwan. Je reviens, ne t'inquiète pas. Nouk te protégera."

Mais Wolfgang ne semblait pas d'accord pour quitter sa mère et se fit comprendre à grand renfort de cris et de pleurs qui déchiraient le cœur de sa mère. Il venait à peine de la retrouver et ne voulait pas le perdre de nouveau. Elle se tourna vers l'intérieur de la baraque, d'où Rorlug le pirate sortait.

"Je peux entrer avec mon fils ?"

Elle prit se dernier dans ses bras. Il était plus lourd que sa sœur ! Quand Fam'tie commença à s'avancer vers l'intérieur de la baraque, ce fut au tour de Nouk de l'embêter et de vouloir absolument la suivre, et avec Figoliat en plus ! Avec un soupir résigné, Fam'tie resta à l'extérieur… et Nouk entra. (R'oh ! Ce n'est pas vrai ! Ils ne peuvent pas se tenir à carreau ?) Au moins Figoliat ne l'avait pas suivis…! Le tigre partit rejoindre la fille de sa compagne de route et surveilla le vieil guérisseur. Il resta prés de Susiwan et, pour ne pas aider, il semblait absolument vouloir lécher la blessure de la gamine. Il regardait les guérisseurs avec une méfiance qui sautait aux yeux et se montrait très protecteur (((ce qui est plutôt étonnant de la part d'un tigre, surtout qu'il n'était pas encore lié avec Fam'tie. Mais allez savoir ce qu'il lui avait traversé la tête !)))

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Dernière édition par Alantlya le Dim 8 Mai 2011 19:52, édité 4 fois.

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 Sujet du message: Re: La Baraque du Rebouteux
MessagePosté: Lun 15 Nov 2010 00:00 
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Les prix d'Alkrim avait beau être élevés, Mercurio fut surpris de voir que la pilule était aussi bien passé avec l'étrange troupe qui se présentait à la porte et la grosse bourse de yus qui venait de changer de main et dont Alkrim surveillait attentivement qu'il n'y manque pas une pièce. A en voir son air ravi, la somme devait y être. Guérisseur, ça paye bien apparemment !

Lorsque la woranne qui parla pour le groupe voulu rentrer dans la baraque avec sa fille inconsciente, son fils insista pour la suivre et ce qui devaient être leurs tigres domestiques faisaient des aller-retours gênants pour le vieil homme qui commençait clairement à perdre patience.

Mercurio, voyant le vieil homme un peu dépassé par la situation, intervint :
"Besoin d'aide patron ?"

Alkrim ne lui répondit pas, préférant dialoguer avec la woranne :
"Madame, si j'ai des règles, c'est pas pour rien. Prenez votre gosse avec vous si vous voulez, mais j'veux pas de vos bestioles dans les pattes pendant que je travaille. J'suis le seul guérisseur de la ville et votre fille a l'air bien mal en point, donc si vous voulez que je puisse la soigner comme il se doit, j'ai besoin de calme autour de moi d'accord ?"

Mercurio s'approcha du rebouteux pour bien montrer sa présence, bras croisés et l'air vigilant. La situation n'était pas forcément des plus tendues, mais l'expérience lui avait toujours appris qu'un air dur et neutre pouvait parfois régler plus de chose qu'un long discours.




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 Sujet du message: Re: La Baraque du Rebouteux
MessagePosté: Ven 19 Nov 2010 22:47 
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C'est bizarre, le vieux pensait comme elle : c'était beaucoup trop agité dans le coin ! Elle se planta devant son fils, qui sembla prendre peur. Elle le gronda dans un murmure :

"Tu ne bouges pas, sinon Maman va se mettre très en colère !"

Wolfgang hocha vigoureusement la tête et Fam'tie se redressa pour dire à Tuma :

"S'il te plaît, tu veux bien faire en sorte que Figoliat et Nouk se tienne tranquille et en dehors de la cabane ?"

Le woran haussa un sourcil, puis les épaules. Il dit quelque chose dans une langue qui semblait être le mélange entre du woran et la langue des tigres, langage qu'elle ne comprit pas. Figoliat s'allongea aussitôt aux côtés de son maître, mais Nouk ne semblait pas être du même avis et il coucha la tête en arrière en montrant les dents, ce que ni Figoliat, ni Tu ma ne semblait apprécier. Argrh ! Ils n'allaient pas se battre ici ?! Mais Nouk reportait déjà son attention vers Susiwan. Ouf ! Fam'tie se tourna vers le gamin woran.

"Quel est ton nom ?"

"Junio…"

Fam'tie lui sourit.

"Julio, tu veux bien rester avec mon fils ? Il s'appelle Wolfgang…"

Le petit woran sombre hocha la tête et se mit à côté de Wolfgang. Ils échangèrent un regard prudent. La tigrée regarda l'adolescente, qui regardait le tout dans un silence mi boudeur, mi amusée. Les jumeaux, eux, se parlaient à voix basse, doucement, d'un ton doux et réconfortant. Ils attendaient sagement leur tour. Fam'tie rendit à Rorlug sa bourse, mais il resta prés de la cabane, souhaitant sans doute soigner les petites plaies qu'elle lui avait fait et qu'il s'était fait tout seul. Bon ! Il ne restait plus qu'à aller chercher Nouk… (Si seulement j'étais une coureuse des plaines ! Comment je vais le convaincre moi ?) C'est alors qu'elle vit l'humoran dans la cabane. Elle haussa un sourcil et le regarda d'un air neutre. (Ah ? Un garde du corps ?) Elle haussa mentalement les épaules puis reporta son attention vers Nouk, dont elle s'approcha malgré le petit cri mi plaintif, mi effrayé de son fils. Junio entoura Wolfgang d'un bras protecteur et lui murmura quelque chose à l'oreille, ce qui sembla un peu calmer le jeune humoran, qui hocha lentement la tête et fit un demi sourire. Fam'tie s'agenouilla devant Nouk et planta son regard gris et froid dans celui, ambre et chaud, du tigre. Celui-ci redressa les oreilles et poussa un ronronnement à la tigre, une sorte de "Rrr" tout doux. Puis il reporta son attention sur Susiwan. La woranne posa sa main sur la tête de son tigre et l'attira doucement vers elle, tout en chantonnant doucement une berceuse woranne (((en woran, bien évidement))). Elle avait oublié la moitié des paroles et en inventait souvent, revenant tout aussi souvent au refrain pour masquer son ignorance, le tout d'une voix douce et rassurante. Le tigre rechigna à abandonner la gamine. Il prit la manche de la tigresse bipède dans sa gueule et la tira vers sa fille. Fam'tie soupira et resta accroupie prés du vieux guérisseur, lui laissant un maximum de place possible, Nouk dans les bras. Ainsi elle assistait à la guérison et était aux premières loges… La tigrée jeta un rapide regard vers la porte, espérant voir son fils. Mais Tuma était accoudé au cadre de la porte, regardant l'humoran du guérisseur d'un air froid et mauvais. Fam'tie glissa à l'humoran garde du corps, tout en regardant sa fille :

"Ne faites pas attention à lui. Je ne sais pas ce qu'il lui arrive mais il semblerait qu'il cherche la bagarre pour se faire les nerfs…"

(Et je le comprends un peu… Rester esclave, même un jour, c'est horrible…! Mais au point de provoquer tout le monde…)

Elle glissa son museau dans la fourrure de Nouk, sans lâcher Susiwan du regard, et celui-ci lui offrit un "Rrr" rassurant.


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 Sujet du message: Re: La Baraque du Rebouteux
MessagePosté: Lun 29 Nov 2010 22:27 
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Mercurio vit alors la woran s'approcher de lui, s'excusant pour la conduite agressive d'un woran de son groupe.

Il lui répondit froidement : "Qu'il passe ses nerfs dehors et ne fasse pas de grabuge ici. Le patron a besoin d'espace et de silence pour..."

Il n'avait pas fini sa phrase que le rebouteux posa sa pipe, jeta un oeil sur la gamine endormie et toucha mollement le bras de Mercurio avant de pointer du doigt un placard en bois usé et lui dire :
"Bon gamin, maintenant que c'est plus calme ici, regarde dans le placard là-bas. Normalement, il doit y avoir une potion blanche bouchée avec un gros G écrit dessus. Ramène-la, on va devoir l'utiliser. Et sur l'étagère juste à côté, il y a un petite flasque grise. Tu l'amènes aussi. Tu vas enfin avoir ta première leçon."

"Bien patron."

Mercurio s’exécuta, intérieurement content d'enfin pouvoir servir à quelque chose de concret.

En le voyant arriver, Alkrim lui choppa la flasque des mains, l'ouvrit, en bu et en versa le reste sur la blessure de la jeune inconsciente.

Mercurio le regarda sans comprendre.
"Heu... Il y avait quoi dans cette flasque ?"

Alkrim rigola et lui mit la flasque vide sous le nez. Une forte odeur d'alcool lui vint au nez et par réflexe, il repoussa la flasque et le vieillard.
"Alors, ça te dit rien ?"

"C'est... C'est de la gnôle !"

"Hé oui mon p'tit, du bon tord-boyaux bien de chez nous. Je l'distille moi-même. Faudra que je te montre tout ça un jour. Enfin bref, c'est parfait pour nettoyer les plaies infectées en tout cas ! Heureusement qu'elle est dans les pommes, sinon je parie qu'elle nous ferait un foin pas possible !"

"Vous ne pouvez pas soigner ça tout simplement avec vos pouvoirs de guérisseur ?"

Alkrim le regarda d'un air condescendant, puis lui répondit :
"Ecoute gamin, là on a sept patients dont celle-ci qui est quand même bien amoché. Enchaîner les guérisons les unes sur les autres, c'est crevant. C'est pour ça que souvent, on va devoir s'aider d'autres éléments avant ou après. Et puis il y a aussi les maux que tout guérisseur du monde ne pourra jamais soigner avec ces seuls pouvoirs."

"Comme quoi ?"

"Héhé, ben l'impuissance et la stérilité, par exemple, pour prendre les plus cocasses. Tu crois vraiment qu'il suffirait que je mette la main sur quelques verges molles et que je fasse un peu de lumière pour que POUF ! monsieur se mette à avoir la vigueur d'un minotaure et aller briser quelques hymens d'un seul coup ? Ou sinon, il y a encore tout ces chauves qui me demandent de << soigner leur tête >> pour que des cheveux leur repoussent. C'est l'intérieur de leur tête qu'il faudrait soigner ouais ! Être chauve ce n'est ni une blessure, ni une maladie, par les bourses de Thimoros ! Et les amputés, tout ça... Faut pas croire, c'est pas si simple que ça la guérison garçon !"

Mercurio voyait dans les yeux d'Alkrim une certaine passion refoulée pour son métier. Le vieillard, à son bavardage, devait manquer depuis longtemps d'un interlocuteur qui s’intéresse à son métier et le considère. Il comprit alors que son arrivée en tant qu'apprenti était une source de joie que le vieillard, qui jusque là se gardait bien de l'exprimer et jouer l'indifférence. Mais les rires et l'entrain d'Alkrim à lui apprendre tout cela trahissait ses émotions.

Mercurio souriait en écoutant le vieillard déblatérer. Sa vivacité soudaine faisait plaisir à voir.



Le Soin du Rebouteux

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A propos, j'ai trouvé la morale de la fable que ton grand père racontait,
celle du petit oiseau que la vache avait recouvert de merde pour le tenir au chaud et que le coyote a sorti et croqué...
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Ceux qui te mettent dans la merde, ne le font pas toujours pour ton malheur
et ceux qui t'en sortent ne le font pas toujours pour ton bonheur.
Mais surtout ceci, quand tu es dans la merde, tais-toi !

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 Sujet du message: Re: La Baraque du Rebouteux
MessagePosté: Mer 1 Déc 2010 19:20 
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Kaeras toqua à la porte de la cabane du rebouteux en disant :

"Il y a quelqu'un ?"


On entendit un "entrez" entre deux toussotement. Kaeras poussa la porte et fit signe à Azdren d'entrer. Elle le suivit ensuite et entra à son tour. Elle vit un étalage d'objets rouillés ainsi que de flacons divers et variés. Etait-ce réellement le cabinet du fameux "docteur" de Darhàm ?

Elle vit alors Alkrim se retourner vers l'entrée. Son regard passa rapidement du vieux prêtre à sa poitrine. Elle se sentit mal à l'aise, comme si le rebouteux était capable de voir à travers ses vêtements.

Elle désigna alors Azdren et dit :

"Je vous amène un blessé, j'espère que vous pourrez faire quelque chose pour lui."


Alkrim continuait de la regarder et prit la parole :


"Ce ne sera pas gratuit, ton père doit être content d'avoir engendré un si jolie plante. Comme je suis bon seigneur et que ton père n'a pas l'air très riche, je suis prêt à lui faire une réduction à condition que tu veuilles bien que je t'ausculte. Tu n'as pas l'air en forme jeune fille."


Kaeras toussota rouge de honte mais reprit :

"Hum... Deux choses, je me sens très bien. De plus ce n'est pas mon père. Je ne l'ai rencontré que quelques instants auparavant. Je suis sûr qu'il a de quoi vous payer.


Se tournant vers Adren, elle ajouta :

"N'est-ce pas ? Enfin... Ce n'est pas que je m'ennuie, mais je vais vous laisser aux bons soins du rebouteux... Au revoir, ce fut un plaisir de vous rencontrer. Si vous voulez discuter dogme n'hésitez pas à passer au temple de Phaïtos."


Kaeras retourna en direction de la sortie et fit un signe de la main pour dire au revoir. Elle attendit la réponse d'Azdren avant de refermer la porte.

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Comment se prétendre humaine si l'on n'accorde plus d'importance à sa propre humanité ?


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 Sujet du message: Re: La Baraque du Rebouteux
MessagePosté: Jeu 2 Déc 2010 10:34 
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Azdren ne se sentait pas franchement dans son assiette. Le combat contre les zombies (dont il n'avait réchappé avec Kaeras que par miracle) avait dû agrandir la blessure que lui avaient infligé les fripouilles de l'auberge.
Et en effet, lorsqu'il porta la main au flanc de son chasuble, il fut surpris de constater la quantité de sang qui le poissait.

Pourtant il se trouvait devant un dilemne, comment retenir la fille ? La réponse était simple, il ne le pouvait pas.
Mais au moins à présent savait-il où elle se réfugiait : le temple de Phaïtos. Il n'aurait qu'a lui rendre une petite visite quand il serait remis et que son accès au flux divin serait à nouveau ouvert.

Il fit donc un signe de la main à Kaeras tout en lui répondant d'un air las, essayant de réendosser le costume de vieil homme qu'il avait laissé choir pendant le combat :


"Vous pouvez y aller à présent, jeune fille, et merci de votre aide. J'espère que Phaïtos vous sera clément et que nous nous reverrons."

Il regarda sortir la silhouette mauve de la fantasque jeune femme. Il n'eut cependant pas le temps de méditer sur sa situation car le rebouteux le pressait.

"Alors, tu as de quoi payer, le vieux ?"

"Bien sûr que j'ai de quoi payer, espèce de charlatan. Et je te ferai remarquer que je n'ai que trente ans."

"Quoi ? Pas possible !

Il l'ausculta alors longuement et se rendit à l'évidence.

"Eh bien, tu es passé par les enfers, toi !"

"Tu ne crois pas si bien dire... Bon, et ces soins ?", dit-il en faisant rouler quelques yus sur la table.

"C'est bon, allonge-toi. Je vais te recoudre."

Le rebouteux allongea son patient sur une table et lui fit retirer son chasuble. Il jeta un coup d'oeil rapide sur la cage de fer à la ceinture d'Azdren mais ne pose pas de question.
Il commença par lui badigeonner la plaie d'un onguent pour la désinfecter avant de commencer à recoudre pendant que l'ex-grand-brûlé serrait les dents.
Une fois le travail terminé, il posa un cataplasme sur la plaie et ordonna à son patient de s'allonger dans la pièce d'à côté. Azdren y resta plusieurs heures, savourant un repos bien mérité.

Enfin il paya près de vingt yus, une véritable escroquerie, pour les soins et sortit dans la rue. Encore mal assuré sur ses jambes, il se mit en quête d'une auberge pas trop chère où passer la nuit.

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 Sujet du message: Re: La Baraque du Rebouteux
MessagePosté: Sam 4 Déc 2010 13:58 
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(J'aurais pensé qu'il le prendrait mal, mais… et ben non.) Toujours la truffe dans le cou de Nouk, elle observa le guérisseur et son garde du corps commencer à s'occuper de sa fille. (Ah ? Il l'aide ? Bon, ben… ce doit être un apprenti qui fait les gardes du corps lorsque c'est nécessaire alors…) La rôdeuse haussa un sourcil en voyant le guérisseur boire une grande gorgée du liquide avant d'en mettre sur la plaie de sa fille. Ah… de la gnole…! Fam'tie était sincèrement surprise qu'on fasse une telle utilisation de l'alcool. Elle attendit la suite mais elle ne vint pas. Le vieux se contentait de raconter sa vie sans s'occuper de Susiwan. Elle se racla la gorge.

"Excusez-moi de vous déranger, messires… Ce que vous racontez là est fort intéressant, mais si vous pouviez en même temps vous occupez de ma fille, ça m'arrangerait."

La tigrée entendit quelqu'un renifler dédaigneusement et elle tourna la tête. Tuma… Mais qu'avait-il bon sang ?! Elle jeta un coup d'œil à Junio et Wolfgang. Ils bavardaient tout bas entre eux, visiblement inquiets et préoccupés. Elle les voyait jeter des coups d'œil fréquents à Rorlug et au guérisseur. Son cœur se serra. Son fils commençait à se remettre de sa surprise… allait-il la questionner où avait-il tout vu ? Ça remontait à si loin et pourtant la woranne s'y revoyait comme si c'était hier. Non, ils n'avaient pas vu. Il allait forcément lui demander son était son père. Elle poussa un soupir et revint à sa fille. Mis à part son soupire las, rien ne laissait entrevoir l'inquiétude de Fam'tie. Elle avait une apparence neutre, un regard neutre et… Oh, quoi que, peut-être bien qu'il y avait une étincelle d'inquiétude dans son regard, mais rien de plus. En fait, et à juste titre, elle semblait s'inquiéter sur l'état de sa fille et uniquement sur ça. Fam'tie lança un nouveau regard à Wolfgang et Junio. Wolfgang dévisageait le pirate et Junio semblait attendre quelque chose. Puis le fils de la rôdeuse dévisagea le vieux. Finalement il secoua la tête et les deux enfants se tournèrent vers elle, les yeux pleins de question. (Comment vais-je pouvoir lui expliquer ça ? Comment va-t-il réagir ?) Le pirate sembla mal à l'aise, sans doute à cause des deux gamins. Les jumeaux attendaient toujours leurs tours et l'adolescente… Ben, elle était où ? Bah, ce n'était pas son problème…! Fam'tie jeta aussi un coup d'œil à Tuma. Quel âge avait-il lorsque ses parents étaient morts…? Son âge ? Non, un peu plus sans doute… Donc il devait avoir au moins la trentaine. Et son tigre, Figoliat ? Étaient-ils liés ? Tuma était-il un coureur des plaines ? (Sans doute, vu comment ils sont tous les deux…) Elle se retourna vers sa fille et les guérisseurs, les observant avec attention tout en essayant de ne pas gêner.

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 Sujet du message: Re: La Baraque du Rebouteux
MessagePosté: Lun 6 Déc 2010 01:10 
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Le Soin du Rebouteux




La woran, spectatrice du bavardage, rappela Mercurio et Alkrim à l'ordre.
A la grande surprise de l'humoran, Alrim réagit cette fois-ci de manière tout à soumise, en baissant la tête.

"Excusez-moi, je m'égare..."

Après un court silence durant lequel il s'était mis à regarder dans le vide, pensif, il reprit :
"Bon, donc gamin, je te la fais courte ; sur ce genre d'entaille, lorsqu'elle est aussi vieille, tu hésites pas à badigeonner d'alcool. S'il y avait eu des vers, des débris ou d'autres éléments, il faut virer tout ça de l'intérieur, sinon les chairs cicatrisent autour de ses saloperies. Faut faire gaffe aux oeufs aussi, les oeufs de mouche, de ver, tout ça. On les repère vite, c'est comme des petits points blancs au milieu des chairs. Et s'il y a ses saloperies d'oeufs, faut pas chercher, faut gratter jusqu'à la chair saine parce qu'il peut y en avoir des cachés sous la surface. C'est assez dégueulasse mais c'est nécessaire parce que si les larves commencent à bouffer de la chair saine, le patient aura une de ces douleurs !"

Le Rebouteux stoppa sa leçon, rigola un coup tout seul comme s'il se rappelait d'un souvenir amusant, puis repris :
"Enfin bon, une fois que c'est fait, c'est là qu'intervient notre magie de soin. Et pour ça, un peu de concentration dans les mimines et hop ! Mais pas n'importe comment, faut d'abord penser à assainir les chairs infectés puis après et uniquement après à cicatriser le tout ! Te laisse pas éblouir par la lumière, approche-toi de la plaie et regarde..."

Mercurio s’exécuta, approcha sa tête de la plaie et Alkrim commença à approcher sa main droite grande ouverte qui commençait à scintiller de magie blanche. Il l'arrêta à moins de cinq centimètres des chairs.

"Voilà, regarde bien. Tu vois ? Là, les chairs infectés dégonflent et deviennent moins noires. Ça veut dire qu'elles revivent et sont enfin débarrassées de ses saloperies. Donc maintenant, il faut aider le corps à accélérer le processus de recomposition du tissu puis de la peau. Là, le tissu interne repousse... Voilà... Et il ne manque plus qu'à faire pousser la peau."

Mercurio ne voyait pas vraiment ce qu'il se passait sous cette main, mais il n'en dit mot pour faire plaisir au vieillard, mimant juste un acquiescement de la tête à chaque fin de phrase.

"Et hop ! C'est fait, et en plus avec la magie, aucune cicatrice ! Par contre, pour ce qui est de reprendre conscience ou de la repousse des poils, ça, ça ne dépend pas de moi !"

Il se tut et parla en direction de la woran.

"Voilà, cette gamine est guérie mademoiselle ! Son petit somme risque de durer encore un petit moment, et je lui garantie un bonne gueule de bois au réveil à cause de la gnôle qu'elle a dans le sang mais ça devrait aller. Bon, à qui le tour maintenant ?"

Mercurio regarda la potion avec le G qui n'avait pas bougé. L'espace d'un instant, il pense qu'Alkrim avait oublié quelque chose et il lui signala aussitôt :
"Patron, et cette potion, vous vous en êtes pas servi pour la soigner..."

"T'inquiètes pas gamin, je sais ce que je fais. Bon alors, à qui le tour ?"

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 Sujet du message: Re: La Baraque du Rebouteux
MessagePosté: Sam 11 Déc 2010 16:01 
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Fam'tie écouta les explications du vieil guérisseur avec un stress évident. Que comptaient-ils encore faire subir à sa fille ? Lorsque le vieux se tourna vers elle et lui dit que sa fille était guérie, la rôdeuse se rapprocha de l'enfant. Effectivement, à part des poils en moins il ne restait aucune trace de la terrible cicatrice.

"Merci, Monsieur…"

Elle prit Susiwan dans ses bras et sortit de la cabane. Les faux jumeaux prirent sa place. (((Comme je l'ai déjà dit, le frère a les pieds en très mauvais état et la sœur le soutient. Ce sont des humorans tigrés jeunes adultes.))) Nouk suivit sa compagne de route. Une fois dehors, Wolfgang et Junio vinrent à sa rencontre. Les deux garçons regardèrent comment se portait la gamine puis ils échangèrent un regard. (Oh, non…!) Junio hocha la tête en direction du fils de la rôdeuse, puis le garçon se tourna vers sa mère et baissa la tête. Il demanda quelque chose dans sa barbe et Fam'tie ne le comprit pas.

"Pardon ? Je n'ai pas entendu. Parle plus fort. Parle sans peur."

Le ton de Fam'tie se voulait rassurant mais on sentait une pointe de peur dans sa voix.

"Maman… Il est où Papa ?"

Les yeux de la woranne se humidifièrent. Elle resta silencieuse puis regarda autours d'elle. Tuma la regardait.

"Il…"

Non, décidément Tuma semblait s'intéresser de trop près à cette conversation.

"Plus tard, mon chéri. D'abord le Monsieur dans la cabane va te soigner, et toi aussi Junio. Ensuite je te dirais où est Argodan."

Le jeune woran sombre s'avança légèrement, semblant hésiter à parler. Elle lui sourit.

"Oui ?"

Le woran hésita puis demanda d'une petite voix :

"Je peux rester avec vous …? J'ai perdu mon papa et ma maman."

"Mais bien sûr ! Je ne vais pas t'abandonner ici tout seul ! Tu peux rester, ne t'inquiète pas."

Junio sembla soulagé et il s'approcha de la petite famille. Tuma eut un reniflement dédaigneux devant cette scène mais Fam'tie ne le remarqua pas. L'adolescente le regarda méchamment.

"Pff ! Rabat-joie !"

Ils échangèrent un regard mauvais puis la jeune humoran sombre se tourna vers l'intérieur de la cabane pour vérifier si les guérisseurs en avaient fini avec les jumeaux.

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 Sujet du message: Re: La Baraque du Rebouteux
MessagePosté: Jeu 16 Déc 2010 11:38 
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Les Fluides du Rebouteux




La petite fille fut prise par la woranne, qui sortit aussitôt pour laisser rentrer deux humorans, un mâle et une femelle. Les deux avaient un besoin apparent de soin, leurs marques de menottes étant visiblement profondes. Mais les pieds du mâle l'empêchait aussi de marcher convenablement.

Alkrim ne broncha pas, disant juste : "Monsieur, si vous voulez bien vous allonger... Mon apprenti va s'occuper de vos pieds."

*Quoi ? Moi ? Mais je ne sais pas comment on fait ça !*

Mercurio était soudainement envahi d'un stress évident. Sa position de spectateur, jusque là, lui était bien confortable. Après tout, il suffisait d'apporter quelques affaires et de faire oui de la tête lorsque le vieillard lui racontait quelque chose. Mais là, tout d'un coup, il était envahi d'une responsabilité qui lui semblait immense et paradoxale : Alors qu'il y avait quelques jours, il se sentait pouvoir tuer quelqu'un de sang froid pour quelques pièces, le voilà maintenant dans l'inquiétude totale de ne pas arriver à soigner cet inconnu !

*Bon, ne pas montrer mon inquiétude, comme quand j'étais vigile. Rester pro, droit et avec un visage neutre.*

Malgré sa volonté de rester tranquille, la lutte intérieure de Mercurio était visible comme le nez au milieu de la figure. Heureusement pour lui, Alkrim reprit, en montrant la potion au G majuscule :
"Bon, tu va devoir utiliser ça."

Mercurio, ne voulant pas faire de bêtise, demanda :
"Je le mets sur ses pieds ?"

"Non imbécile, c'est pour toi, bois !"

*Il se moque de moi ou... ?*

"Bois, j'te dis !"

*Ah, apparemment non...*

"Mais... C'est quoi ?"

"Ça va t'aider à développer tes capacités de guérison, c'est un fluide de magie de lumière. Fais-moi confiance, par Gaïa, je vais pas t'empoisonner non ?"

*Ça se tient*

Aussitôt dit, Mercurio avala le contenue de la potion d'un seul trait, ne pouvant tout de même se rassurer sur l'effet qu'elle aurait sur lui.

En bouche, la potion qui brillait d'une lumière blanche n'avait absolument rien de spécial. Pas de goût particulier, pas de sensation étrange... Rien ! On aurait juste dit... de l'eau vaguement sucré. Une sensation de picotement arriva au niveau des mains... Et ce fut tout.

Lui qui s'attendait à une expérience magique unique, il fut assez déçu, regarda le flacon, haussa les épaules et le reposa, sans faire le moindre commentaire.

"C'est bon, tu as tout bu ?"

"Heu... Oui."

"Bien, tu va t'occuper des pieds de celui-ci, moi je m'occupe de leurs grosses marques aux poignets. Comme il y a un risque que de la rouille se soit infiltré dans leur sang, ce que je vais faire est assez compliqué à comprendre, mais je te l'enseignerais à une autre occasion. Pour les pieds, fais comme je viens de faire tout à l'heure. Tu vires toutes les saloperies et tu utilises ta magie de guérison pour d'abord purifier les chairs, les recréer et ensuite la peau. Tu peut utiliser de l'alcool en premier temps, si ça peut t'aider. C'est pas très dur, mais si tu sens que tu fais une connerie, appelle-moi."

Mercurio n'était pas vraiment sûr de lui, mais comme il aimait à le faire croire, il répondit :
"Ça devrait aller patron."

Alors qu'Alkrim sortait un attirail improbable d'instruments coupants pas très rassurant, Mercurio faisait de son mieux pour rester concentrer sur les pieds de l'humoran.

*Alors... Enlever les saloperies*

Il s'attela donc à enlever les poils embourbés dans les chairs devenues noires, encrassées de terre, de gravillons. Ne se voyant pas beaucoup avancer et faire mal au patient, il déchanta et alla chercher une flasque comme il en avait vu temps tout à l'heure et l'appliqua sur la plaie, silencieusement. Il jeta juste un coup d'oeil à côté, voir ce qu'Alkrim faisait à la patiente. Celui-ci l'avait apparemment endormi et avait inexplicablement ouvert son torse, le coeur étant visible et continuant à battre. A cette vision, celui de Mercurio ne fit qu'un tour.

"Patron, je crois que...", dit-il en se tenant le ventre.

"Oh non... Va dehors pour ça !"

Mercurio se mit alors à marcher rapidement vers l'extérieur, et à peine fut-il dehors qu'il vomit sans regarder où. Et ce fut un tigre qui en fit les frais.



La Purification du Rebouteux

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Ceux qui te mettent dans la merde, ne le font pas toujours pour ton malheur
et ceux qui t'en sortent ne le font pas toujours pour ton bonheur.
Mais surtout ceci, quand tu es dans la merde, tais-toi !

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Jack Beauregard (Henry Fonda), Mon nom est Personne, écrit par Sergio Leone, Fulvio Morsella et Ernesto Gastaldi


Dernière édition par Mercurio le Dim 27 Mar 2011 01:28, édité 2 fois.

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