L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: Les ruelles de la ville
MessagePosté: Ven 11 Déc 2015 18:58 
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La petite fille sourit. La femme n'a rien senti, rien vu, rien fait. Tant pis pour elle ! À Dahràm, seuls les plus forts survivent. Ou les plus discrets. La petite fille est contente d'elle-même. Elle a effectué le mouvement adéquat sans ciller, et maintenant, voilà sa bourse plus lourde de...

(1, 2, 3, ...)

Trente yus. Elle a compté en continuant de marcher, regardant droit devant elle, simplement en faisant passer les pièces, une par une, de sa main droite à la gauche. L'autre est vraiment une imbécile pour ne pas remarquer qu'un tel poids s'en est allé de sa ceinture.

Heureusement pour Yurlungur, personne n'a eu l'air de remarquer son petit manège, ou tout du moins, personne ne semble vouloir aider la femme. La petite fille sourit, et, après avoir glissé toutes les pièces ainsi acquises dans sa propre bourse, elle jette négligemment la bourse désormais vide de la femme par terre.

Pas vu, pas pris, ma très chère amie...

Elle reprend sa chansonnette, sans vouloir tenter sa chance une deuxième fois. Elle continue de lorgner de temps à autres sur des ceintures décidément bien garnies, observant cependant, maintenant que son larcin journalier est effectué, plutôt les armes que la bourse. Le métal luisant attire bien souvent son attention... Et lorsqu'il n'y en a pas, c'est bien souvent parce que l'arme était cachée, et à ce moment là, il valait mieux ne pas s'approcher.

Elle tend l'oreille, espérant distinguer un cri de surprise derrière elle. Mais, malheureusement, rien ne vient. La femme est peut-être trop loin - ou trop idiote. Déçue, elle abandonne sa chanson. De toute façon, elle est arrivée.

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Dernière édition par Yurlungur le Dim 13 Déc 2015 07:21, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les ruelles de la ville
MessagePosté: Dim 13 Déc 2015 06:36 
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(( [:attention:] Certaines scènes de ce rp sont à très forte connotation sexuelle/violente/gore, aussi est-il recommandé aux lecteurs sensibles d'y réfléchir à deux fois avant d'en entamer la lecture.))

Juste avant d'arriver en haut, elle sortit de sa poche un Gloam qu'elle avait acheté plus tôt au marché. Enfin, acheter... ça se discutait. Elle coupa de quelques mouvements précis de sa dague la peau, qu'elle jeta en arrière, puis mangea le reste en ouvrant la porte. Un grand « BONK » et des cris de surprise vinrent la rassurer. Ce gag était pourtant trop connu... Il fallait vraiment que ces gars soient abrutis pour que ça marche encore. Elle repensa alors aux regards qu'elle avait perçus à son arrivée au Temple. Tout était sûrement lié. Le Grand Prêtre la connaissait sans doute mieux qu'elle ne le pensait s'il avait prévu tout ça. Mais quelle dépense ! Et sans doute pour des prunes. Elle ne se laisserait pas attraper, et connaissait la ville.

Une fois dehors, elle s'aperçut que le soleil était en train de se coucher. Toujours un plus pour se cacher. Mais, encore une fois, la fillette sentit des regards sur elle, encore plus distinctement que la dernière fois. Oui, c'était certain, il y avait quelqu'un... Voire même plus qu'un seul quelqu'un.

Elle se faufila dans les ombres, essayant tant bien que mal de s'y cacher et de quitter la ruelle. Mais, au lieu de reprendre la rue de tout à l'heure, qui était à cette heure presque déserte, elle emprunta une autre ruelle. Puis, de fil en aiguille, elle tournait, une fois à droite, une fois à gauche, une fois tout droit, de manière à semer ses poursuivants, le tout presque aléatoire, mais parfaitement contrôlé par la gamine, qui savait précisément où ces pas la menait. Du moins tant qu'il n'y avait pas d'obstacle.

Soudain, un homme se plaça sur son chemin. Il bloquait la rue, aussi fut-elle surprise dans un premier temps, mais elle ne s'arrêta pas, et bondit entre ses jambes. Suffisamment fine pour passer, elle fit une petite galipette au sol, se releva, reprenant pendant quelques instants son équilibre, et continua en courant, laissant l'homme abasourdi derrière elle, et bien vite couvert de reproches par ses compagnons qui l'avaient rattrapé à la hâte.

Elle prit alors un virage serré à droite, et s'engouffra dans une maison, qui n'était évidemment pas la sienne, par la fenêtre ouverte. Profitant de l'incompréhension de l'occupant, un marin, elle se jeta à ses pieds, et le supplia :

S'il vous plaît ! Des hommes affreux me pourchassent ! Ils veulent profiter de ma jeunesse pour me violer et ensuite me livrer à Phaïtos !

Puis elle s'effondra en sanglots aux pieds de la bonne femme qui venait de descendre de l'étage, alertée par les cris, s'aggripant à sa robe miteuse. Tout cela était une comédie habilement jouée, mais il faudrait faire vite. Elle se releva soudainement, et désigna par la fenêtre ses poursuivants qui passaient.

Ils sont là ! À l'aide !

Le mauvais côté des choses, c'était que les hommes la remarquèrent, et enfonçèrent la porte de la petite habitation pour rentrer. Le bon côté, c'était que le couple présent semblait assez convaincu par le manège de Yurlungur, et assez remonté par le défonçage de la porte de leur modeste logis.

La petite fille était déjà montée à l'étage, et vit deux enfants terrifiés la regarder arriver. Elle entendit en bas leur père crier en donnant un grand coup de poing, et le bruit caractéristique d'une poëlle qui s'abattait sur un crâne. Elle allait gagner du temps, c'était certain.

Mais la petite fille avait laissé la folie s'emparer d'elle lors de cette fuite, et la vue de ces enfants laissés seuls, bien plus jeunes qu'elle, ne déclencha qu'une seule envie en elle, celle de la mort. Un garçon et une fille... Une bien belle offrande. Voilà ce que Phaïtos attendait, et que ses danses n'avaient pas réussi à combler !

Elle s'approcha d'eux, un sourire apaisant sur le visage, et les prit dans ses bras, leur disant :

Ne vous inquiétez pas... Je suis là... Vous n'avez plus à avoir peur désormais...

Et, d'un coup net, elle trancha leurs deux nuques, déchiquetant une partie de la colonne vertébrale et leurs carotides respectives. Ils n'eurent pas le temps de crier qu'ils étaient déjà morts dans ses bras. Elle se releva et rit, la robe maintenant tachetée du sang des deux enfants. Entièrement prise par sa folie, elle lécha le sang de sa lame, appréciant l'arrière-goût métallique. Elle aimait ce goût, et resta quelques instants immobile, debout devant les deux corps juvéniles.

Puis, elle s'accroupit et déchiqueta le corps de chacun des deux enfants, extrayant avec des mains rougeâtres leurs cœurs respectifs. Elle les prit, et les fit rouler en bas de l'escalier, puis se mit à rire, entendant les cris d'horreur provenant d'en bas.

Avant que les combattants n'aient le temps de monter, elle se pencha par la fenêtre, et observa la ruelle. Apparemment, tous les hommes de main du Grand Prêtre étaient déjà rentrés, mais l'un d'entre eux ressortit pour vomir au-dehors.

Elle en profita, et sauta sur lui. Le corps amortit sa chute, et il s'effondra sur le coup dans son propre vomi. Se relevant rapidement, elle adressa un rictus souriant, digne de la folle qui avait pris sa place, aux hommes à l'intérieur, voyant le marin pleurer, effondré au sol, devant les deux cœurs, et la femme évanouie. Les autres hommes ne virent qu'avec surprise la petite fille derrière eux, certains ayant déjà commencé à monter les escaliers, mais elle referma rapidement la porte pour s'enfuir en courant.

Le goût du sang restait dans sa bouche tel la récompense divine de Phaïtos pour son crime, qu'elle avait commis pour Lui. Elle riait en traversant les rues maintenant complètement sombres, effrayant les quelques passants qui restaient. Au milieu de cette noirceur, personne ne la voyait distinctement, et elle ne voyait personne, mais fonçait. Elle ne faisait plus attention à rien, et courait simplement.

Soudain, elle déboucha sur le port, et une lumière blanche la submergea, maintenant que les maisons ne cachaient plus le ciel. La lune était levée, pleine et trônant dans le ciel étoilé, et elle s'arrêta enfin dans sa course folle, arrivée à un lieu où elle ne pouvait plus avancer. Elle distinguait tout presque aussi bien qu'en plein jour, ses yeux s'étant pendant sa course habitués progressivement à l'obscurité ambiante, et la lumière des astres l'aidant à voir autour d'elle les bateaux amarrés, et quelques marins effondrés au sol, ivres.

Elle se retourna vers la ville, prête à rentrer, et là, sortant tranquillement de l'ombre, un homme l'attendait. L'appel de Phaïtos se fit plus fort, à moins que ce ne soit que l'appel de sa propre folie. Cette âme devrait rejoindre les Enfers, cette nuit.

Suite : ici

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 Sujet du message: Re: Les ruelles de la ville
MessagePosté: Mar 2 Fév 2016 02:03 
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Darhàm est une ville en effervescence, ses rues sont agitées, sales, malodorantes. L’atmosphère de violence qui y règne se mêle à l’humeur festive des pirates pour donner un mélange détonnant. Un de mes anciens amis voyait en Darhàm une énorme taverne. Ce qui n’est pas si éloigné de la vérité.

Darhàm est hétéroclite avec ses bâtisses aux architectures venues de tous les horizons. Des maisons arborent des arches élancées et des pointes vertigineuses tandis que d’autres se confortent dans leurs modesties, avec des structures trapues, basses. La morsure du vent charriant l’humidité de l’océan jusqu’ici ronge le bois, le fait pourrir, obligeant ses habitants à remplacer régulièrement les planches de bois.

Au-moins les bâtisses en pierre se prémunissent de cet effet indésirable, bien que cela expose ladite demeure à être peu à peu dépouillée de ses roches les plus facile à extraire. La plupart des maisons sont peintes à l’aide de couleurs criardes, formant un patchwork de teintes allant du bleu au jaune en passant par le vert…

Je suis brusquement ramené à la réalité quand un charriot transportant je ne sais quoi passe devant moi. Une odeur pestilentielle s’en dégage et m’arrache un cri de dégout aussitôt réprimé quand je vois des regards se braquer sur moi. Autant ne pas attirer l’attention.

La foule est dense et se frayer un chemin s’avère difficile. Je suis obligé de jouer des coudes pour avancer. Je décide d’emprunter l’une des ruelles pour progresser plus facilement et tourne à droite, fendant avec peine l’amas compact que forme tous ces gens.

Je traverse la ruelle en me hâtant tandis que j’entends derrière moi des bruits inquiétants. Comme des poids tombant sur le sol. Je regarde les toits qui se rejoignent presque, ne laissant qu’un petit espace. Une fine raie de lumière parvient jusqu'à moi et c'est là que j'aperçois des formes sombres qui se tiennent en hauteur. Je commence à marcher plus vite, la peur m'hurle de fuir. J'entends des bruits venant d'en haut et de derrière, quand j’ai la bonne idée de regarder par-dessus mon épaule je ne peux pas empêcher mon cœur de battre à tout rompre. Je me maudis pour ma malchance…

Des adolescents armés de barres de fer et d’épée rongées par la rouille se tiennent derrière moi. D’autres entreprennent de tomber devant moi, cherchant à boucher toutes les issues. Le gang infantile se rapproche avec lenteur, quelques uns jouent avec leur arme de fortune, la faisant virevolter en l’air avant de la rattraper d’une main. Ils affichent tous un air belliqueux et semblent prêt à en découdre. J’en vois certains qui sont à peine sortit de l’enfance…

(Oh misère... Pourquoi ce genre de chose n'arrive qu'à moi.)


Je sais ce qu’il me reste à faire, avant que le guet-apens ne soit tout à fait prêt je me retourne et en criant un strident « Courage fuyons ! » commence à fuir comme un dératé.

Je bouscule l’un de mes agresseurs qui tombe par terre, manquant de peu de m’entraîner dans sa chute. Ce petit con a agrippé le pan de ma tunique mais j’arrive in extremis à échapper à sa poigne.

Je sais de quoi est capable ce genre de jeunes, poussés par la faim et l’envie de changer de vie. Tabasser à mort quelqu’un n’est généralement pas un problème et fuir reste donc ma seule option.

Bien que je ne puisse me targuer d’être musclé, mes jambes elles, font ma fierté. Je distance rapidement les truands impubères en empruntant divers passages et escalade un petit muret pour atterrir dans une minuscule cour. Je tends l’oreille mais n’entends plus mes poursuivants et m’accorde une petite pause. A force de courir sans regarder où je vais, je risque de me perdre.

Je regarde autour de moi mais la seule issue semble être le petit mur que j’ai escaladé. J’entreprends une nouvelle fois la montée et une fois redescendu de l’autre côté cherche à rejoindre l’une des artères principales afin de me repérer.

C'est à ce moment que j'entends une voix aiguë crier, un des gamins m'a repéré et invective ses camarades. Presque aussitôt apparaît au bout de la ruelle trois silhouettes malingres. L'un d'eux brandit vers moi son épée et charge en m'hurlant de rester là.

(Comme si j'allais t'écouter p'tit gars...)

Un choc brutal à l'arrière de mon crâne me laisse à genoux, la vision floue. Un des enfants a dû se glisser derrière moi pour m'asséner ce coup en traître... Les trois autres mettent ce temps à profit pour m'encercler, me menaçant avec leurs armes.

L'un se détache et vient se planter devant moi. Il a un peu de barbe au menton et doit sans doute être le chef désigné de la meute. Il me défi du regard. La tension monte progressivement.

"Donne nous tes yus maintenant ! Sinon on te tue !"

Il place la pointe de sa lame rouillée sur ma gorge, l'éraflant légèrement. Un fin filet de sang s'en échappe et je le sens couler le long de ma gorge. Une peur grandissante s'empare de moi, me plonge dans une léthargie et paralyse mes membres. Elle me domine totalement, je ne suis plus qu'un pantin dont les fils ont été sectionnés. Je pleure de dépit, ma vie va t-elle se terminer ainsi ? Tué par quelques gamins sans scrupules ?

La douleur s'empare de moi, l'enfant a planté sa lame dans ma cuisse. Elle n'est pas suffisamment enfoncée pour m'empêcher de marcher mais juste assez pour m'infliger un mal cuisant. Je regarde ce spectacle, impuissant, mon corps est secoué de spasmes. L'enfant m'hurle dessus mais je n'arrive pas à articuler le moindre mot. De nouveau il place la pointe de sa lame sur ma gorge, l'enfonce un peu et provoque un autre saignement. Je le sens plus abondant mais malgré tout... Malgré la souffrance, je ne parviens pas à agir ni à parler.

Une violente claque me fait tomber à moitié à terre, la lame s'appuie sur ma nuque. La menace est claire, si je ne fais rien, je vais mourir. Le sang dans mes veines pulse avec frénésie, mes pensées se focalisent sur ma survie. Sur la seule chose importante.

Je suis toujours mort de peur mais je sens quelque chose de différent... Une émotion nouvelle m'envahie, une pensée qui jusque là ne m'avait jamais effleurée.

(Tue le.)

(Tue le !)

Je suis soudain emporté dans une euphorie mortelle et d'un coup de pied fait tomber l'assaillant le plus proche. Sa tête heurte le sol mais il ne lâche pas son épée. Ses yeux sont injectés de haine et ça tombe bien ! Ce petit meurtrier en puissance va périr de mes propres mains ! Je braque ma volonté sur lui, me sens envahir par un flux d'énergie qui se déverse par mes doigts tendus.

Une sorte de brume sombre se dirige alors vers la gorge de ma cible. Elle convulse et prend finalement la forme d'une main... Comme le sort de la vieille Nescia... Je ne me laisse pas distraire et continue de bander ma volonté comme la corde d'un arc. La main fantomatique serre avec force et l'enfant commence à suffoquer tandis que ses camarades effrayés s'échappent en courant à toute jambes.

Il brasse l'air de son épée mais je reste hors de portée. Son visage devient rouge, puis perd toute couleur, ses yeux sont exsangues... Le corps s'abat sur le sol et reste là, inerte.

L'euphorie me quitte et j'ai l'impression de me réveiller après un cauchemar. Je chancelle, totalement épuisé, et m'accorde quelques minutes.

Je sais que j'y ai été contraint, mais tuer un gosse... Je réprime un relent de dégoût et me rassure en pensant qu'il ne l'est finalement pas forcement. Peut-être n'est-il qu'évanoui. Et puis je dois essayer de voir le bon côté des choses. J'ai acquis un pouvoir qui va me permettre de me défendre, ce n'est pas si mal...

Je regarde ensuite le ciel et mes yeux s'écarquillent quand je vois le soleil décliner.

(Si ça continue je vais être en retard... Pas sûr que cet Edward Tatch le prenne bien.)

Malgré la douleur provoquée par la blessure superficielle à ma cuisse, je me mets à courir en espérant arriver à temps à la taverne du Gros Néral.

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Merci à Inès pour cette magnifique signature !


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 Sujet du message: Re: Les ruelles de la ville
MessagePosté: Dim 21 Fév 2016 03:07 
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Liniel était partie se promener sous les étoiles pour cette nuit, observant la lune trônait sans égale dans le ciel étoilé. Depuis l'attaque du bateau, elle n'avait pas repris contact avec le Gros Néral. Ce dernier reviendrait vers elle lorsqu'il aurait oublié en partie l'échec de leur mission et elle se livrait en attendant à des activités plus discrètes, comme le vol à la tire. Mais elle ne parvenait pas à chasser de son esprit le visage défait de la gamine qu'elle avait rencontrée pendant cette aventure lorsque le Gros Néral l'avait chassée. Elles avaient passé une nuit d'entraînement ensemble et, malgré le peu de temps passé ensemble, une forme d'amitié était apparue entre l'Humaine et la Semi-Elfe.

Récemment, elle avait vu des Gardes venir investir la maison close de Martha. Celle-ci était bien sûr sous la protection du Gros Néral qui avait empêché tout débordement, cependant Liniel savait pertinemment pourquoi ils étaient là. Elle avait pu se maintenir à couvert, cachée parmi les filles, pendant son excursion sur le bateau pirate, mais pas Yurlungur, que tous les pirates ou presque avaient pu remarquer. Et Liniel avait dérobé à un membre de la Milice un parchemin comportant un portrait de la petite fille... Maintenant, elle se demandait bien ce qu'elle était devenue.

Soudain, un cri lointain attira son attention et elle s'arrêta. C'était un son bien faible et aucunement humain, mais il fut bien vite rejoint par d'autres semblables. Intriguée, elle escalada la face d'une maison pour monter sur les toits et observer. Là, deux formes volantes tournèrent dans le ciel avant d'atterrir et de disparaître entre les maisons, non loin du Temple de Thimoros.

Liniel faillit ne pas y prêter garde et repartir se coucher. Si les prêtres du Dieu invoquaient des démons, c'était à leurs risques et périls. Mais un hurlement lui glaça le sang et l'arrêta net. Elle se retourna vers l'origine du cri, là où s'étaient posés les deux gros oiseaux. Ce cri, c'était le cri d'un enfant, d'une fillette même. Prise par un doute affreux, elle courut, vers l'origine de ces hurlements, priant pour qu'elle se trompe. Mais ceux-ci se répétaient et ne laissaient pas la place au doute. Finalement, alors qu'elle parvint non loin de leur origine, deux formes volantes s'envolèrent à nouveau dans les cieux, les cris sauvages continuant, provenant d'eux.

Elle les suivit du sol, jusqu'à arriver proche du lieu de chute. Là, elle ne put retenir une larme en reconnaissant la fillette en question et en voyant son état. Elle s'approcha et la prit son visage couvert de sang caillé dans ses mains, au-dessus du corps du défunt volatile.

« Yurlungur... Yurlungur, réponds-moi... »

Elle entendit derrière elle le dernier oiseau se relever et saisit la dague de la petite fille pour se jeter sur le volatile et le tuer en quelques coups bien placés, émettant à chaque fois des grognements de rage. Puis elle se retourna vers la gamine, pleurant à chaudes larmes en silence pour replacer la dague dans sa main. Si seulement elle avait été là pour la protéger ! Elle s'approcha de la petite fille et perçut dans un soupir :

« Sephon... »

« Quoi ? Qu'est-ce que tu dis ? Yurlungur, réponds-moi ! Où ! »

« Rue... du troll noir... »

« Qu'est-ce que tu veux dire ? Reprends tes esprits, je t'en prie ! Réponds ! »

Mais la petite fille s'était tue. Liniel, plaçant sa main devant la bouche entrouverte de la fillette, perçut encore un souffle, discret mais présent. Presque affolée, elle prit le corps léger de la gamine entre ses bras et l'emporta avec elle jusqu'à la rue du troll noir. Cette dernière se situait non loin de la Cour-aux-Rats et la Semi-Elfe savait naturellement où aller pour le trouver. Après une marche de quelques minutes, elle se retrouva au bout de la rue, ne sachant où aller. Il s'agissait d'un cul-de-sac mais Yurlungur avait prononcé un autre mot, ou plutôt un nom : Sephon.

« Sephon... Sephon... Mais il n'y a rien qui s'appelle Sephon ici ! Sephon ! SEPHON ! »

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 Sujet du message: Re: Les ruelles de la ville
MessagePosté: Dim 3 Avr 2016 17:16 
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Dahràm.
Ville humaine enchaînée et pervertie par Oaxaca, ses Shaakts et ses Garzoks.

Je ne sais pas ce qu'il m'a pris de vouloir atterrir ici. Peut-être est-ce mon désir de dépenser mon gigantesque pécule suite à la quête accomplie avec succès... Ou peut-être est-ce mon côté sombre et obscur qui semble s'être développé durant ses péripéties.
Quoi qu'il en soit, il est trop tard pour faire demi-tour. La porte magique disparaît derrière moi, et je me retrouve dans une ruelle bien trop sombre à mon goût.

Me voilà donc dans une ville dont je ne connais pas grand-chose, à part les nombreuses histoires circulant à son propos. Plus j'y pense, et moi cela me rassure. J'ai néanmoins de la chance, il fait encore jour. Il doit être à peu près la mi-journée. J'ai encore du temps pour me trouver une situation à peu près stable.
Perdu dans mes pensées, j'en oublie le Silnogure que j'ai ramené des volcans.
Il demande mon attention en se frottant légèrement à ma jambe droite.

Je connais bien ces bêtes. Elles sont bien familières à ma race, et je me plais à la regarder un instant. Kemenlartëa, du mois de la terre. Il est entièrement gris, avec un pelage plutôt court. Il me fait un instant penser à une ombre grise filant au vent. Je sais que les Kemenlartëa sont plutôt têtus et ne supporte guère les ordres.
J'imagine que sa compagnie va de temps à autre être plutôt compliqué, mais je m'y ferai.

Étrangement, celui-là a l'air un peu différent.

Alors qu'un homme passe devant nous en nous jetant un regard curieux mêlé d'un dégoût étrange, le Silnogure, comme saisi de peur, se cache derrière mes jambes élancées.
Peureux ? Étrange. Je vais l'appeler Keïl. Cela sonne un peu Sindel.

Je marche alors dans les ruelles sales typiques d'une telle ville. Keïl se contente de me suivre bien sagement, sans trop faire de bêtise. Je ne peux pas l'empêcher d'aller renifler quelques flaques d'eau maronnasses salis par je ne sais quel détritus.
Je marche un peu au hasard. Les indications marquées çà et là sont confuses.

Ma priorité est d'identifier les runes qu'on m'a offertes. Je n'en sais pas plus à propos de ces étranges pierres. Tout ce que j'ai appris lors de ma formation militaire, c'est qu'elles pouvaient se révéler très puissantes. J'imagine que cela aura un coût, d'en apprendre plus à ce niveau-là.

Je vais donc commencer par ça.

C'est après quelques minutes de marche, en silence et en regardant un peu partout, que je trouve ce que je cherche : Une boutique magique. Le bâtiment à l'air d'en un état lamentable et je me demande quelques secondes si ce n'est pas un piège à touriste ou je ne sais quoi.

Prenant mon courage à deux mains, j'entre dans le bâtiment, Keïl sur mes talons.

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Eva d'Arkheval, Demi-Elfe, Enchanteresse de Glace
Baratume Vorn, Humain, Coureur des Plaines

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 Sujet du message: Re: Les ruelles de la ville
MessagePosté: Mar 9 Aoû 2016 15:36 
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En entrant dans la ville, je me mets donc à la recherche d’un temple de mon dieu. Mais je ne connais pas cette ville, alors il faut que je demande à une personne. Je scrute la rue, à la recherche de quelqu’un qui peut m’indiquer le bon chemin, et qui n’a pas l’air trop louche. J’ai une once de bon sens, je tiens à ma vie, qui plus est, si je fais la fière face à plus puissant, j’irai rejoindre mon dieu bien plus vite que prévu, et pas exactement comme je l’espère. Je cherche donc une personne assez sympa pour ne pas m’envoyer bouler, et qui a cinq minutes à perdre.

Je vois une femme, une jeune femme à peine plus âgée que moi qui sort d’un endroit, le “Rat Lubrique” d’après ce qui est marqué sur la devanture. Très peu vêtue, trop peu vêtue même, je me vois mal lui demander mon chemin. Et pourtant, je m’approche d’elle en espérant qu’elle soit un peu sympa.

“Excuse-moi…” dis-je pour capter son attention.

Elle, ou plutôt la toile de peinture qui lui sert de visage se retourne vers moi. Son visage s’éclaire en me voyant, comme si elle savait ce que j’allais demander.

“Je cherche…” continuai-je avant de me faire couper la parole.

“Oui ma chérie, je vois bien ce que tu cherches, j’ai compris ! Viens avec moi, je vais t’y emmener !” me répond-elle d’un air entendu.

Comment le sait-elle ? Je n’ai même pas dit où je voulais aller ! Enfin ce n’est pas grave, c’est même tant mieux, je dois éviter de tout expliquer. Elle me tire la main pour m’entraîner avec elle, et je la suis avec joie.

“C’est tant mieux que vous ayez compris, j’avais un peu peur de vous demander…” expliquai-je timidement.

“Mais il n’y a pas de raison ! Allez, viens avec moi !” me dit-elle en riant.

Je marche donc avec elle, devenant son ombre, avant d’atteindre...l’endroit d’où elle est sortie.

“Allez, vas-y, entre !” me pousse-t-elle.

Donc en fait elle ne m’a pas comprise.

“En fait, je crois que…” tentai-je d’expliquer.

“Allons, ne fais pas de chichis, et entre ! Tu auras toutes les réponses à tes questions là-dedans !” rit-elle.

Je me laisse faire, un peu dépitée. Mais en même temps, peut-être que quelqu’un sera plus à même de me renseigner là-dedans.

[385 mots]

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 Sujet du message: Re: Les ruelles de la ville
MessagePosté: Sam 13 Aoû 2016 23:28 
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[:attention:] Certains propos de ce texte peuvent choquer par leur vulgarité. A réserver aux lecteurs avertis.

Mais ça avait juste le mérite de la rendre encore plus casse-couilles. Et puis pourquoi elle venait me prendre la tête avec son « Pas par là ! » ? Bon, il fallait bien l'avouer, j'étais complètement paumé mais...Nan, j'avais beau refuser de l'admettre, à ce moment là, j'avais besoin de la drôlesse, même si ça me saoulait d'avance de devoir me la coltiner. Les gosses, je les avais vraiment en horreur. Ça cause tout le temps, ça chiale pour un rien, c'est pas foutu de se démerder, en bref ça sert franchement à rien. Mais là, la p'tiote pouvait m'empêcher de trimarder pour rien, comme un ver solitaire dans les entrailles d'un clochard. M'arrêtant net quand elle m’interpella, je me retournai une nouvelle fois vers elle. Pas la moindre foutue trace de peur dans ses yeux. Soit elle en cachait une sacrée paire dans son froc, soit elle était vraiment cramée du ciboulot. Je ne m'en rendais pas encore compte à cet instant, mais elle commençait à m'intéresser la p'tite donzelle. Je lui fis un signe de la main pour lui demander de s'approcher.

« T'as l'air d'connaitre le coin. Ramène ton cul par là morveuse et mont' moi l'chemin. J'cherche un endroit où pioncer quelques temps. »


Elle trottina vers moi, souriant...Pourquoi elle souriait bordel ?! J'lui avais demandé d'me montrer la route, pas promis de l'adopter. Sur le coup, j'dois bien vous avouer que j'avais pas bitté une seule seconde ce que ce sourire voulait dire et avec le recul...Nan, c'est pas important au final. Bref, reprenons. La gamine s'avançait vers moi, tout sourire, pendant un instant, j'ai même cru qu'elle allait me prendre la main, ce qui lui aurait juste valu une paire de torgnole sur le coin du pif. Elle n'en fit rien, non. Elle se posa juste devant moi, mains sur les hanches, sans arracher cette saloperie de rictus joyeux de sa face toute crade.

«Suis-moi. »

Pas de blabla inutile, ça avait le mérite de me plaire, tout n'était peut-être pas perdu chez cette mioche. Elle avançait d'un pas tranquille, sans même vérifier que je la suivais bel et bien. Elle allait droit au but, encore un point pour elle. Ce p'tit bout de femme prépubère commençait sérieusement à m'intriguer, à m'intéresser. Bordel ! Moi ? M'attacher à un rejeton ? Plutôt laisser mes couilles mariner dans du jus de viande avant de m'allonger à poil dans un chenil. Et pourtant. C'était la première fois que je voyais une fille comme ça. Directe, qui sait fermer sa gueule. Enfin...

« Ton nom ? »

Voilà, c'est le genre de chose que je voulais pas entendre. Les gens mes les broyaient sévère avec mon nom. Ils pouvaient pas juste faire ce que je leur demandais, ou me donner du boulot sans me faire chier avec ça ? L'Estropié, Le Manchot, Aigle Brutal – celui-là était franchement salé quand même – Le Sanglant, tout ces noms m'allaient très bien. J'm'en tamponnais le coquillard avec un lutin ! Aucun intérêt ! Mais bon, elle était pas plus chiante que ça et elle me servait de guide. J'pouvais au moins lui donner un semblant de réponse...La vérité au final.

« J'en ai pas. Ou plutôt, m'en souviens pas. Appelle-moi comme ça t'chante. »

Elle s'arrêta net, sans prévenir. On était d'ja arrivé ? J'en doutais forcément. On était encore dans une de ces ruelles gerbantes sans la trace du moindre pégu. D'un seul coup elle se retourna son regard à la fois triste et joyeux. Pourquoi est-ce qu'elle me sortait ses yeux de merlan battu ? Se grattant l'arrière du crâne, elle se mit encore une fois à sourire.

« Moi non plus ! »

Puis elle sembla réfléchir.

« J'en trouverai un ! »

Je ne pigeai plus rien ! Ou plutôt si, mais...Non, j'étais paumé. Pour peu, j'aurais même esquissé un semblant de début de signe de joie avec ce qui me servait de bouche. Qui était-elle putain ? Pourquoi avait-elle croisé ma route et pas celle du prochain pécore qui serait passé par là ? Je pigeai clairement pas pourquoi elle avait décidé de me suivre, de m'aider. Et cette...Gentillesse ? Bordel mais d'où ça sortait ? A bien y réfléchir, ça puait le traquenard à plein nez, mais en même temps...BORDEL ! Pourquoi je n'arrivai plus à l'envoyer chier ? Pourquoi je n'avais plus envie de lui montrer à quoi pouvait ressembler son intestin avant de lui en faire un collier et de la pendre avec ? Ca me dépassait, me frustrait, m'énervait. Mais quelque chose me bloquait. Cette gamine. Chier !

« Bon, on va rester là à glander ou tu vas t'décider à r'prendre la route ? J'aimerais éviter de prendre racine dans la merde, surtout qu'si on croise un connard, j'suis pas spécialement en état pour la castagne. »


« Par là ! »

En plus, elle était pas du genre à chouiner à la moindre petite saloperie envoyée. Ce qui, si elle comptait me filer l'arrière train, n'était pas plus mal...Quoi ? Mais pourquoi j'envisageai ça ? Foutre merde ! Je ne connaissais rien de la p'tiote et contrairement à mes habitudes, j'avais envie de savoir. MOI ! J'avais envie de parler, de la connaître. J'avais envie d'en apprendre plus sur elle. Pourquoi elle m'aidait ? Qu'est-ce qu'elle foutait toute seule et pouilleuse dans la fange de Dahram ? Et ce que j'avais VRAIMENT envie d'une telle compagnie ? Est-ce que j'étais vraiment prêt à assumer les emmerdes que ça pouvait m'attirer ? Plus tard...Plus tard.

« On est arrivé ! »

« T'es sérieuse ? »

Ca ressemblait en rien à une auberge ou à quelque chose s'en approchant. Elle se tenait, droite et toute fière devant une porte en planches moisies, qui tenait à peine sur deux gonds rouillés. Pas d'enseigne, pas de bruit, pas d'ivrognes repeignant les murs du contenu de leur estomac. Pas de chicane. Rien.

« Chez moi ! »

Quoi ?! Elle parlait sérieusement ?

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 Sujet du message: Re: Les ruelles de la ville
MessagePosté: Dim 4 Déc 2016 12:23 
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Yurlungur fuyait les ombres au milieu de la nuit. Elle se retournait et croyait voir, cachée par là, Asmodée qui la poursuivait, puis elle repartait, courait à en perdre l'haleine et s'effondrait dans le caniveau. La douleur qui la perforait était atroce et rien ne la faisait partir : mais dès qu'elle s'approchait des lumières qui brillaient dans l'obscurité de la ville, elle avait peur qu'on la voie pleine de sang et couverte de la marque de ses crimes. Elle avait peur et elle fuyait le monde pour se réfugier dans les ombres, comme elle en avait toujours eu l'habitude.

Le cycle ne finissait pas et toute la nuit, elle courut. Cela ne dura pas qu'une nuit : elle avait l'impression que les Dieux jouaient avec elle en retardant la venue du Soleil, en l'observant fuir sans parler, se moquant d'elle à grands éclats dans leurs palais d'or et d'argent. Et elle fuyait, prise en étau entre la peur et le désespoir.

Elle se sentait fondre, tout son être dépérissait alors que se figeait sur ses traits la marque la plus profonde d'une angoisse terrible. Ses cris se perdaient dans l'immensité des cieux, ses pas ne tentaient que vainement de s'éloigner de la rancœur de la terre que rejoignaient les corps dont elle avait ôté la vie. Et toujours, Asmodée essayait de la rattraper, de la raisonner, de lui expliquer qu'elle ne faisait ça que pour son bien et son bonheur...

Bonheur effacé, disparu, qui s'était estompé telle une vulgaire illusion. Elle ne contrôlait ni ses mouvements de débandade animale, ni ses pleurs qui faisaient fuir les passants et cauchemarder les enfants endormis. Elle était le diable aux deux visages qui rôdait dans la ville, semant la peur et le désespoir dans la traînée funeste de sa folle course.

Elle tenta de chasser Asmodée à de maintes reprises, puis enfin, l'affronta pour de bon. Au milieu de l'obscurité, elles luttèrent longtemps, elle la supplia de partir, la renia elle et tous ses “biens”, refusa toutes ses louanges et regretta ouvertement l'ouverture de la prison et l'offre d'un nom. Elle la maudit de toute son âme, elle la détesta de tout son être, elle lui intima de partir, de partir à jamais et de ne plus jamais revenir. Mais Asmodée continuait à résister : Yurlungur promit qu'elle se donnerait la mort si elle ne partait pas dès à présent.

Devant elle, la présence hallucinée recula.

« Dans ce cas, j'attendrai ta venue. Lorsque tu auras besoin de moi, il te suffira de venir me chercher et je serai de retour. Adieu, ma vieille. »

Et sur ces paroles, elle s'en fut, laissant Yurlungur se tasser dans un coin obscur, emplie d'une solitude extrême.

Lorsqu'enfin le Soleil apparut à l'horizon, chassant les ombres de la nuit, elle osa s'approcher du fleuve qui traversait la ville pour nettoyer son visage et ses mains, puis ses vêtements. Mais lorsqu'elle tenta d'enlever la noirceur sanguine qui avait imprégné ses cheveux, ceux-ci restèrent indélébilement marqués. Elle essaya encore et encore, jusqu'à remarquer son reflet qui lui souriait, carnassier. Elle reconnut Asmodée, prit peur, s'enfuit à nouveau.

Suite : ici

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